Revue des sciences du mois de novembre 2006
- La logique et le temps
- Les régulateurs du système immunitaire
- Alerte sur un climat irrespirable !
- Concevoir l'univers comme un ordinateur ?
- Le paradoxe de Darwin (au-delà du cauchemar)
- Les dangers de faibles doses d'uranium
- L'orgasme féminin inutile, vraiment ?
- L'irrégularité de l'évolution
- Le cerveau numérique

La principale nouvelle du mois, c'est qu'avec l'augmentation de l'effet de serre, l'atmosphère pourrait devenir assez rapidement irrespirable. Il faudrait vraiment arrêter les conneries maintenant ! Malgré toutes les incertitudes qui restent, et qui sont effectivement très grandes, le risque de plus en plus vraisemblable d'une catastrophe majeure déclenchée par le réchauffement climatique exige une réaction immédiate de nos sociétés. En effet, les conséquences pourraient en être beaucoup plus graves qu'on ne l'a dit jusqu'ici, et même que ne le montre le film de Al Gore "Une vérité qui dérange" déjà dépassé, puisque cela pourrait aller jusqu'à une extinction de masse par asphyxie !
On n'en est pas là, certes, et rien n'est sûr, mais possiblement dans une centaine d'année seulement on pourrait commencer à manquer d'oxygène. Il faut vraiment se secouer, se réveiller de notre torpeur collective et de notre course à l'abîme ! Réduire les vols aériens semble une priorité mais c'est tout le pétrole et le charbon qu'il faudrait arrêter d'utiliser pour éviter l'emballement et passer au solaire au plus vite. Sinon, les méthodes envisagées pour nous protéger du pire paraissent un peu folles pour l'instant, comme de vouloir obscurcir le ciel ! Il est toujours délicat d'intervenir dans les régulations naturelles, il faudrait commencer au moins par ne pas aggraver la situation en continuant comme si de rien n'était !
Article pour Multitudes no 27
Il faut enfoncer le clou, l'écharde dans la chair, car on tombe toujours au pire à s'enivrer de mots et se faire une image trop idéalisée de soi-même comme des autres. "Qui veut faire l'ange, fait la bête" disait déjà Pascal, mais l'histoire nous a appris que c'est surtout la porte ouverte à toutes sortes de barbaries, dans la négation de l'existant au nom d'un monde futur supposé purifié de tout négatif !
C'est peu de dire que notre
La situation apparaît sans issue. C'est comme si nous avions atteint nos limites ! Il faut revenir en effet sur la raison profonde d'un échec patent, qui n'est pas seulement le mien, mais celui du mouvement social dans son ensemble, et même de la démocratie tout aussi bien que d'Internet dont l'irruption remarquée sur la scène politique a tout de même tournée court, manifestant sa volatilité extrême ! Il faut se persuader que cet échec ne trouve pas ses causes dans nos ennemis, dans la force de l'économie ou la puissance d'un patronat animé des plus mauvaises intentions, mais bien en nous-mêmes, puisqu'il relève en dernière instance d'un déficit intellectuel, déficit théorique et idéologique flagrant, responsable de la dispersion de nos forces et de l'absence de projet commun.
Invité par les Alternatifs à parler du revenu garanti le 26 août à Auch, j'ai d'abord dénoncé la dispersion actuelle des forces politiques et le manque total d'alternative responsable de l'absence de débouché du mouvement contre le CPE.
En réfutant les bases individualistes du libéralisme grâce à la psychologie expérimentale, Jacques Sapir met en évidence la complexité des rapports de l'individu avec le collectif et l'organisation. Ces courts extraits devraient permettre d'avoir un abord plus réaliste de "l'économie comme problème de cohérence multi-critères et multi-niveaux", plutôt que simple équilibre entre l'offre et la demande, ainsi que d'une société organisée et diversifiée dont les statistiques, trop uniformisantes, ne peuvent rendre compte (ce que montrait déjà 
A l'évidence, le progrès technique s'emballe (omniprésence des réseaux, télésurveillance, biotechnologies, nanotechnologies, etc.) jusqu'à pouvoir nous menacer dans notre existence même. L'optimisme technologique n'est plus de mise devant les dérives, les déceptions et les nuisances qui se multiplient. Il faut absolument dénoncer, avec Jacques Ellul, l'obscurantisme du "bluff technologique" qui prétend résoudre tous nos problèmes et nous faire accéder à l'épanouissement individuel, ou même une surhumanité (si ce n'est l'immortalité), tout aussi bien qu'à une véritable intelligence collective qui brille surtout par son absence, jusqu'à présent du moins !
Sommes-nous seuls sur la Terre ou bien existe-t-il d'autres vies extra-terrestres ?
On m'a demandé une petite note sur les champs quantiques. Bien sûr je ne suis pas compétent pour cela mais il faut bien dire que ce qu'on trouve sur le sujet (sur
La désorientation actuelle est totale, au moins dans la mouvance antilibérale tiraillée entre différents archaïsmes plus ou moins inquiétants et sans véritable projet, prête à se vouer à tous les saints... C'est pourtant un besoin impérieux, en politique, d'avoir une vue claire de ses buts, mais il faut bien dire que la conjoncture est déroutante. En effet, ce n'est pas sur un seul front qu'on doit se battre (la globalisation néolibérale) alors que la mutation historique que nous vivons est à la fois politique, économique, écologique et cognitive ! C'est donc sur ces 4 fronts qu'il faudrait avancer pour redonner sens à la démocratie et à la politique en luttant contre un libéralisme destructeur sans retomber pour autant dans un totalitarisme criminel. Voie étroite et difficile, pleine de contradictions mais qui est de notre responsabilité collective. Nous n'avons pas le droit d'échouer si on veut garder une petite chance d'éviter le pire et de sauvegarder notre avenir commun. Il faut se persuader que les causes de l'échec ne sont pas la méchanceté et l'égoïsme de nos adversaires mais bien notre propre bêtise et l'insuffisance de nos propositions.
Qu'est-ce que le temps ? Qu'est-ce que l'espace ? Carlo Rovelli
Il est toujours difficile de dire la vérité mais il y a des sujets plus difficiles encore, où l'on n'ose dire autre chose que ce qu'on doit dire (il y a même des lois qui voudraient nous interdire de dire la vérité !). C'est un peu comme lorsque la pédophilie a pris soudain la place du mal absolu dans l'imaginaire social, au point que certains aient pu s'imaginer investis d'une mission, assez en tout cas pour en prendre à leur aise avec la vérité, jusqu'au premier scandale judiciaire... Chaque fois que la vérité est bafouée et qu'on hurle avec les loups, on fait plus que s'en mordre les doigts. Vérifier les faits ne relève pas d'une complaisance coupable, c'est le préalable à toute prétention de juger.