L’accélération technologique

nbicLa critique de la technique fait partie des fondements de l'écologie depuis Ellul mettant en cause le système technicien ou Illich les monopoles radicaux de la mégamachine et plaidant pour des outils conviviaux. Avec Gorz, la critique se fait plus politique d'un nucléaire incompatible avec la démocratie et de techniques hétéronomes opposées à celles qui nous donnent plus d'autonomie (passant d'une critique de la technique à une critique du travail et de la subordination salariale). Après-coup, on ne peut que constater à quel point cette critique de la technique a pu être exagérée mais surtout qu'elle a échoué sur toute la ligne, ne parvenant pas à infléchir en quoi que ce soit une évolution technique qu'on subit entièrement et dont nous sommes beaucoup plus spectateurs qu'acteurs.

Le rattrapage actuel de la Chine rappelle l'échec de la Révolution Culturelle à suivre sa propre voie, avec ses propres techniques, d'avoir oublié les principes d'un matérialisme historique si dénigré alors que le progrès technique bouleverse les rapports sociaux comme jamais et s'impose très matériellement au système de production comme, en son temps, la machine à vapeur à l'industrie. En fait, ce qui rend désormais si tangible le caractère impersonnel et inéluctable de l'évolution technique, c'est bien son accélération dont on n'a encore rien vu, étant donné ce qui nous attend dans les prochaines années. Ce déferlement incessant suscite inévitablement une levée des résistances individuelles et ce qui devient simplement une critique des nouvelles techniques soumises à des comités d'éthique absolument sans autre effectivité qu'un très léger retard dans leur adoption. Il n'y a pas à s'en étonner, la résistance à l'évolution fait partie intégrante de l'évolution, de sa robustesse, mais sans autre effet qu'éphémère et très localisé. On peut empêcher localement des infrastructures, interdire des OGM (mais importer du soja modifié), tenter de sortir du nucléaire, réglementer à tour de bras mais pas empêcher partout dans le monde ces techniques d'être employées et perfectionnées, jusqu'à devoir s'y convertir malgré nous.

Il est en effet impossible d'oublier ce qu'on a appris, notre histoire étant celle d'un savoir cumulatif dans les sciences et techniques. L'évolution technique est largement darwinienne, guidée dans l'après-coup par l'information, l'extérieur, le milieu et non par les individus qui l'explorent, prenant ainsi véritablement le relais de l'évolution génétique qu'elle accélère déjà. Au même titre que l'évolution de l'espèce, mais pour des temps nettement plus réduits, l'état des techniques constitue le marqueur d'une époque et de notre être-au-monde, des transformations auxquelles nous sommes confrontés dans notre existence historique concrète et singulière, le vrai passage du temps qu'on ne rattrape jamais. Il vaut mieux le savoir et savoir que ça n'est pas près de s'arrêter, que nous ne pourrons ni sauter du train en marche ni faire barrage de notre corps à la vague qui nous engloutit.

L'accélération de l'évolution technique vient en premier lieu de l'informatique, passée à la vitesse supérieure avec la micro-informatique mais surtout depuis l'internet dynamisant un ensemble de domaines de recherche dont la "convergence NBIC" (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et sciences cognitives) - ou ce que le groupe ETC nomme de façon plus imagée le petit BANG (Bits, Atoms, Nanos, Gènes) - constitue un tel changement d'échelle qu'on a supposé que cela devait mener à un développement exponentiel de l'amélioration des performances humaines, ce qu'on a appelé "la singularité technologique" mais aussi le transhumanisme. Ces perspectives, si éloignées des préoccupations immédiates des "vrais gens", semblaient effectivement assez irréelles jusqu'ici mais il faut avouer, au regard des avancées les plus récentes qu'elles ont acquis de plus en plus de crédibilité, sans aucun égard pour les velléités d'y échapper.

Impossible de vraiment prévoir les prochaines découvertes ou innovations, les véritables ruptures qui vont se produire mais du moins ma revue des sciences mensuelle permet de se faire une idée des voies de recherche qui sont encore expérimentales mais pourraient être accessibles à tous d'ici quelques années, en premier lieu la nanomédecine et l'ingénierie génétique. Il semble à notre portée de prévenir infections et cancers par ces nouveaux types de traitements homéopathiques, tout comme d'allonger la vie à des durées déraisonnables (même si on n'en est pas encore à "vaincre la mort"). On n'échappera sans doute pas à des hommes génétiquement modifiés grâce à la technique désormais éprouvée de l'édition de gènes avec la méthode CRISPR déjà appliquée avec succès à des macaques (il y a aussi la méthode TALEN). On commencera à s'attaquer à des maladies génétiques mais le désir d'augmenter nos performances ne saurait tarder. Cet homme amélioré se mêlera-t-il à la population ou voudra-t-il se différencier comme espèce ? Pour le reste, les facilités de bricolage de l'ADN font des biotechnologies la plus grande menace, plus encore que le nucléaire, aux mains de biohackers mal intentionnés ou de quelque savant fou, mais il y a bien peu de moyens pour l'éviter et, malgré toute notre technologie, avec la surpopulation et l'intensité des échanges, nous ne sommes de toutes façons pas à l'abri de pandémies fulgurantes...

La neurologie n'est pas en reste, balayant les restes de spiritualisme au profit de mécanismes cognitifs assez triviaux mais permettant de progresser rapidement dans la lecture des pensées comme dans le contrôle par la pensée ou sa modification par électrostimulation, optogénétique, des puces implantées ou toutes sortes de drogues ciblées, jusqu'à la manipulation de la mémoire. On pourrait même lire dans un cerveau au repos des pensées de la veille et il est envisagé très sérieusement de greffer une tête sur un autre corps (après l'avoir fait avec des singes) ! Il faut modérer ces énumérations qui peuvent affoler en vain étant donnée les limitations actuelles mais qui nous obligent quand même à vivre avec ces réalités nouvelles.

Le numérique, qui est au coeur de l'accélération technologique, se développe à une vitesse époustouflante sur toute la planète et dans les pays les plus peuplés, jusqu'aux plus pauvres. Il devrait finir par plafonner une fois que l'ensemble de la population sera connectée mais n'arrêtera sans doute pas de changer trop rapidement de formes à notre goût. Pour l'instant, les drones commencent à peupler notre ciel et "l'internet des choses" devrait se généraliser rapidement (avec, notamment, nos smartphones ou accessoires connectés et la domotique), ouvrant l'ère des machines apprenantes. Certainement pas de quoi améliorer les choses sur le plan de la surveillance généralisée (qu'on peut tromper si on ne peut s'y soustraire) ! L'analyse des big data constitue incontestablement un saut cognitif dont il est difficile de prendre toute la mesure, donnant accès à des adaptations presque en temps réel, voire prédictives. Ces régulations cybernétiques non contraignantes mais se réglant sur les données permettent notamment ce qu'on appelle des "villes intelligentes", rapprochant un peu plus ces organisations apprenantes d'organismes vivants. Les entreprises bien sûr sont les premières intéressées, devenant encore plus flexibles et réactives (on dit agiles!).

Sinon, la rapidité de développement des voitures autonomes a été surprenante et bien qu'ils se soient fait attendre plus qu'on ne croyait, on devrait assister les prochaines années aux véritable débuts de l'invasion des robots, ce qui ne devrait pas être si effrayant, notamment au service des personnes âgées ou malades. Un fort chômage pourrait cependant résulter des changements brutaux introduits dans la production et les services. Non pas tant que les robots détruiraient l'emploi plus que l'industrie avant mais parce qu'ils ne devraient pas laisser le temps d'adaptation nécessaire pour éviter un "chômage frictionnel" de masse (ce qui devrait pousser à adopter un revenu garanti). Des professions qui pouvaient sembler aussi protégées que les enseignants ou les médecins en seront sans doute gravement affectées. On devrait voir aussi de plus en plus d'exosquelettes et il faut ajouter les imprimantes 3D qui vont de l'impression d'organes à celle de bâtiments ou de voitures, de quoi menacer encore un nombre considérable d'emplois.

Difficile d'évaluer à quelle vitesse ces glissements de terrain vont se produire mais il faudra bien y faire face un jour ou l'autre et y trouver des solutions car cette économie ne peut se passer de nous, elle est basée sur le développement humain, l'autonomie, l'humanité enfin que n'auront jamais les machines (il y a obsolescence de nos compétences pas de ce qu'on a de plus humain). Ce qui est déjà notre présent en tout cas, et malgré tous ses ratés, c'est la prise en charge inévitable par la communauté mondiale de la régulation écologique et climatique (voire la géoingénierie), ce que devrait renforcer le début de conquête de l'espace (sinon la colonisation de la mer?) et qu'il ne faut pas sous-estimer dans le tableau.

Il ne s'agit pas de se faire peur avec des visions de science-fiction toujours très éloignées de réalités moins dramatiques, plus complexes et contradictoires, mais qu'on le veuille ou non, c'est bien ça notre avenir, avec des robots, des cyborgs et des transhumains, avec pas mal d'horreurs comme toujours et quelques bons côtés aussi à ne pas négliger (des villes plus vertes ? une vie locale renouvelée ? un travail plus épanouissant ? une vieillesse moins pénible ?), en tout cas si loin d'un retour en arrière espéré par la plupart, tout autant que du paradis vanté par des technolâtres qui font mine d'avoir voulu ce qu'ils n'ont fait qu'accompagner tout au plus, sans jamais en maîtriser le cours erratique. Vouloir revenir à l'origine, c'est ce que toutes les sociétés ont voulu faire, il y a donc toujours eu des technophobes et on l'est sans doute tous un peu, attachés à la sauvegarde de notre monde vécu (même des anciens programmeurs refusent les nouvelles façons de programmer), mais cette attitude n'est plus efficiente et il est bien ridicule de critiquer les nouvelles technologies pour les adopter ensuite comme tout le monde. Nous sommes pris dans l'accélération de l'histoire et de la technique, ce qui a déjà changé complètement l'humanité, comme elle a changé tant de fois du tout au tout (l'existence précède l'essence).

Loin d'une harmonie avec la nature (la merveilleuse complémentarité du prédateur et de sa proie!) le rapport du vivant et de son milieu est d'une déstabilisation mutuelle comme la vie dès ses débuts remodelant la terre et modifiant l'atmosphère (l'oxygène en premier lieu). Le savoir que nous en avons, en temps réel, change pourtant la donne et ne nous laisse pas le choix d'un laisser-faire fatal. Même si on n'y a peu de prise pour l'instant, il n'est pas absurde de penser qu'à bien être informé, on se sente obligé de sauvegarder les conditions de notre survie (passage de l'entropie à l'écologie) ! Le rôle qu'on peut y jouer n'est pas négligeable à condition de ne pas le surestimer ni se tromper d'avenir en s'engageant dans des impasses et d'impossibles utopies. Ce qui est impossible, c'est de se réfugier en dehors de l'histoire, cette histoire qui est la nôtre.

(pour un dossier d'EcoRev')

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88 réflexions au sujet de « L’accélération technologique »

  1. Les spéculations fébriles se multiplient :

    Autour de 2040 émergeront des machines dotées de la capacité du cerveau humain. Et d'ici à la fin du siècle, elles nous dépasseront en intelligence, ce qui poussera l'homme à vouloir "s'augmenter" par tous les moyens. Imaginez si de tels robots, plus forts que nous, ayant accès à l'intelligence artificielle et à l'impression 3D, connectés et contrôlant Internet, existaient… Leur pouvoir de manipulation serait quasi illimité. Quand "BigDog" aura un fusil d'assaut M16 dans les mains, il vaudra mieux ne pas se promener en forêt!

    http://www.lejdd.fr/Economie/Entreprises/Laurent-Alexandre-La-strategie-secrete-de-Google-apparait-652106

    • Cet article sur Google en fait trop et il n'y a aucun secret pour une stratégie bien affirmée mais, ce qui est amusant, c'est que c'est suite à sa lecture qu'on s'est dit qu'il fallait faire le point sur ce qui nous attend car sans vouloir en faire trop, on ne peut nier tout ce qui se prépare.

      • Cet article fait pas mal fantasmer les tendances complotistes où Google serait le repère d'illuminatis. D'un côté, il est reproché aux entreprises de ne pas investir dans la recherche pour se mettre les profits dans la poche des dirigeants et actionnaires, et quand une entreprise assez audacieuse investit et prend des risques, alors ça va pas non plus...

        Il ne s'agit pas de dire que Google n'a pas des zones d'ombre, mais qu'elle a le culot quand même de risquer ses capitaux dans des technologies aux issues incertaines à moyen terme.

  2. "Ce qui est impossible, c'est de se réfugier en dehors de l'histoire, cette histoire qui est la nôtre."
    Je me demande si au contraire , l'histoire humaine n'est pas la recherche permanente d'une histoire en dehors de l'histoire. Si nous ne passons pas notre temps à construire un monde artificiel, pour échapper au monde réel . Ne serait ce pas le refus qui est le moteur de l'histoire ? Les peuples primitifs qui ne cherchent pas à créer un monde à leur désir évoluent très lentement en s'accommodant du monde tel qu'il est.
    Peut on échapper à l'idée que l'évolution humaine n'est pas si simple ,c'est à dire ne coïncide pas seulement à l'accumulation des progrès et connaissances techniques ?
    Et ces progrès techniques ne nous démontrent ils pas toujours qu'ils ressemblent étrangement à un tas de sable qu'on remonte à son sommet et qui indéfiniment redescend à sa base ?

    J'avoue me sentir plus proche des indiens d'Amérique que de ceux qui les ont mis dans des réserves.
    Il me semble aussi qu'il doit y avoir un chemin étroit écologique et humain entre l'immobilisme et le progrès ; mais pour l'instant les progrès que je vois sont souvent issus et au service de dominations et d'enrichissements déraisonnables ou rendent stupides et sans saveur la vie sur terre.
    Il y a effectivement une évolution " matérielle" des choses à laquelle on ne peut échapper , mais cette évolution est imbriquée dans le mystère de ce que nous sommes . On ne peut la considérer comme une réalité "naturelle" qui va de soi et est inéluctable ; nous sommes toujours sujets et acteurs et tout s'entremêle .
    Simplement , vérité de la palisse , il est plus dangereux de manier une bombe nucléaire qu'un sabre . Nous risquons collectivement beaucoup plus aujourd'hui.
    On ne peut pas mettre de côté la condition humaine ni le fait que lorsque la science et les techniques créent un monde qui ne prend pas en compte cette réalité , c'est un monde qui va s'écrouler.
    Si on me propose des techniques me permettant de planter 10000 poireaux à la seconde sans effort et sans l'odeur du poireau ça ne m'intéresse que si l'action de planter des poireaux ne me comble pas . On habite un monde où les habitants passent leur temps à trouver des moyens pour éviter de planter des poireaux. A créer d'autres univers.

    • Que ce soit impossible ne veut pas dire qu'on n'essaye pas et les peuples primitifs faisaient tout pour revenir à l'origine par toutes sortes de sacrifices et refuser l'histoire dans laquelle nous sommes embarqués et qui ne dépend pas tellement de nous, qui n'est une caractéristique humaine qu'à pouvoir faire des projets, agir en vue d'une finalité mais savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas ne peut s'oublier sous prétexte que ce serait une technique qui ne nous plait pas. Le problème n'est pas de savoir qui on trouve le plus sympa mais qui tient le revolver. C'est tout simplement un fait que malgré de minuscules ilots de résistance comme les Amishs, l'évolution technique ne dépend absolument pas de nous, en tout cas sur le long terme. Nous devons bien sûr essayer de nous en protéger mais nos moyens sont limités, l'évolution n'étant pas avare de catastrophes loin d'être toujours désirable. Il vaut mieux savoir à quoi on a affaire plutôt que de jouer aux indiens.

      Je dois avouer d'ailleurs que je trouve beaucoup d'intérêt à internet et notre devenir numérique et qu'à mon âge je suis bien content de ne pas être un indien abandonné à sa vieillesse avec juste des vivres pour quelques jours...

      Sinon, il n'y a pas que le monde technique bien sûr. J'ai interrompu pour cet article, un autre sur les 3 mondes où je confronte le monde biologique, le monde technique et le monde social.

      • Il faudrait qu'on reste un peu logique : la plus grande réalité (j'allais écrire menace) c'est le réchauffement climatique.
        Les diverses prévisions amènent à penser que le risque est majeur ; majeur signifiant réellement enjeu de survie.
        J'ai actuellement quinze hectares de blé ensemencés ; depuis des mois le blé est dans un climat très doux et très très humide , ce qui veut dire maladies et pertes de récoltes......plus ça va et plus je sens la pression climatique ; et encore ,je ne suis pas en Bretagne ou dans le Var ; la mondialisation qui jusqu'à présent a lissé le risque alimentaire : ici c'est trop sec mais là il pleut , risque à un moment de se mettre sous tension : plus assez de production globale pour répondre aux besoins.
        Alors la domotique , ou l'innovation pour améliorer la glisse des skis ....
        Et ce n'est pas un problème d'information : nous n'avons jamais été aussi bien informé ; mais on ne nous a jamais autant bourré le crâne.
        Les Amishs avec leur coutume et costumes bizarres ont au moins le mérite d'avoir décidé quelque chose collectivement. Il ne s'agit bien sûr pas de tirer les mêmes conclusions.
        Nous avons toutes les capacités techniques nous permettant de modifier et réorganiser nos système sociétaux ; il manque seulement de poser la question.

        • Plus le problème est important, plus collectivement nous nous mettons la tête dans le sable usant des arguments les plus ridicules pour rester dans le déni. Les libéraux, mais pas qu'eux, sont très forts à ce petit jeu, j'ai remarqué.

          Dès qu'un hiver ici amène plus de froid et de neige que d'habitude, et les voilà ricanant sur le réchauffement climatique.
          Occultant ainsi toute la complexité d'un phénomène qui s'étend sur plusieurs siècles et sur la totalité de la planète avec des effets locaux contre intuitifs.

        1. Ce n'est pas moi qui vais mettre en doute que le réchauffement soit notre plus grande menace, ce que je répète depuis longtemps mais il est faux de croire qu'on serait "bien informé" à ce sujet. La récente "pause" dans le réchauffement de l'atmosphère, due à des cycles océaniques où c'est l'océan qui emmagasine plus de chaleur qu'il relâchera dans une dizaine d'année sans doute, a refroidi les ardeurs (même de certains écologistes), tout comme le froid polaire avait eu un rôle dans l'échec de la conférence de Copenhague. Il y a donc encore bien un problème d'information. Mon hypothèse, c'est qu'une fois les derniers doutes levés (ou quand le cycle océanique s'inversera) on ne pourra plus ne pas en faire la priorité, sans doute trop tard alors qu'on a indubitablement la capacité technique d'y faire face. Il ne s'agit pas tant cependant de réduire au minimum les émissions de CO2 mais bien de prendre le contrôle du climat pour le stabiliser autant qu'on peut, ce pourquoi des formes de géo-ingénierie finiront pas s'imposer, basées sur une information qui devra être fiable et en temps réel.

        2. Pour autant, on ne peut mettre sur le compte du réchauffement les aléas météorologiques qui n'étaient pas moindre avant. On est très loin des 4°C vers lesquels nous nous dirigeons mais de façon encore largement insensible. Les catastrophes météorologiques ont toujours été chose relativement courante, à l'avenir cela devrait être bien pire.

        3. La domotique n'a rien de ludique et s'imposera par les économies qu'elle fait faire (30%?).

        4. On peut faire ce qu'on veut tant qu'on reste un groupe relativement petit. Le problème de refuser le progrès technique, c'est de diminuer sa propre puissance et richesse par rapport aux autres, ce qui s'accumule avec les années jusqu'à provoquer sa disparition à un moment ou un autre (c'est le darwinisme technique mais, bien sûr il n'y a rien d'impossible à ce que ce soit la technique elle-même qui détruise ses bases). A remarquer qu'il y a d'ailleurs eu une scission des Amish certains ayant adopté le numérique...

        5. Il ne suffit absolument pas de poser la question, il faut s'entendre sur une solution ce qui est très loin d'être le cas, le déficit de la gauche et des écologistes sur ce plan n'étant pas la moindre des causes de notre situation actuelle. Il y a à la fois dogmatisme, archaïsmes, intérêts électoraux ou à court terme, toute la bêtise du monde mais aussi un manque cruel d'information, notamment sur ce qui nous attend, empêchant de changer la donne. Après des dizaines d'années d'échecs, il faut prendre la mesure de ce qui s'oppose à nos bonnes intentions, et notamment qu'elles n'engendrent que des solutions imaginaires ne tenant pas compte des contraintes systémiques, de l'inertie sociale (historique), des rapports de force et de la diversité d'une démocratie pluraliste. L'urgence n'est pas de faire des manifestations en compétition avec l'extrême-droite, l'urgence serait d'avoir une véritable alternative, non pas tant à notre convenance mais telle qu'il n'y en ait pas d'autre (TINA) ! Je ne crois absolument pas que ce soit possible ni avec le PC, le PG, le PS tels qu'ils sont (entièrement tournés vers le passé), on est bien dans la merde...

  3. Bon ben, on a les propositions à l'emporte pièce comme :

    celui qui est remplacé par une machine (et nous ajouterions aujourd’hui, par un robot ou un logiciel), obtiendra à vie une rente à partir de la richesse que cette machine va créer. C’est sur ce principe implicite que s’étaient bâties nos visions radieuses de l’An 2000.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=62036

    Dans les interstices transitoires, ma main se démerde sans machine au point pour me concurrencer. J'en fous pas une, mais dès que je me réveille du désert des tartares, ma cervelle se remue de son hibernation, et les idées fusent. Je vois toujours pas de machine analysant en quelques secondes des dessins techniques, les croisant avec des mots clés et des bases juridiques. La sémantique linéaire du langage et le langage 3D du réel sont loin d'être unifiés.

    • Moi je suis sidéré que Paul Jorion puisse faire des propositions aussi stupides, sans aucun sens témoignant d'une incompréhension totale du système de production capitaliste. Le fait que cela ne soit pas présenté comme une simple image justifiant un revenu garanti mais comme une revendication légitime prouve l'étendue de la connerie humaine empêchant de trouver de véritables solutions (comme pourrait l'être un revenu garanti qui est tout autre chose et doit toucher tout le monde). Le pire, c'est que, bien sûr, pour ceux qui sont victimes du progrès technique et de l'obsolescence de leurs compétences, cela parait très logique mais ce qu'on peut comprendre au temps des luddites ou de Sismondi, devient un signe de débilité mentale à l'époque de l'accélération technologique et après plus de 2 siècles de capitalisme industriel (prétendre que le travail disparaît comme le croyait Duboin en 1930 est une absurdité alors qu'il y a seulement augmentation du chômage).

      La conséquence très concrète de ces propositions absurdes et complètement vaines, c'est que pendant ce temps, tous ceux qui tombent dans la misère peuvent toujours attendre que les gauches deviennent un peu plus réalistes et adoptent des revendications adaptées à notre temps. Plutôt que de s'en prendre aux machines, il faut dénoncer la façon dont on traite les plus pauvres, ce qu'on appelait déjà la surpopulation au XIXè (où le travail manquait déjà lors des crises) et ne pas se réduire au revenu mais donner les moyens concrets et l'assistance nécessaire à un travail autonome et au développement humain (au lieu de prétendre qu'il n'y aurait plus de travail du tout). Le fait que la bêtise me semble régner partout et que mes arguments soient si inaudibles me sidère complètement et m'incite de plus en plus à me réfugier dans le silence.

      Sinon, il ne faut pas trop se fier à l'incompétence actuelle de l'intelligence artificielle dans la compréhension du langage, ce qui est effectivement sa plus grande limitation mais on finira bien par y arriver, ce qui constituera une rupture majeure. Presque tous les métiers actuels pourront un jour être remplacés par des robots mais tout comme la plupart des agriculteurs ont été remplacés par des tracteurs, cela ne signifie absolument pas qu'il n'y a aura plus de travail, seulement qu'il relèvera plus de la réalisation de soi, de la valorisation de ses compétences ou qualités propres, et de plus en plus en dehors des tâches répétitives ou automatisables. C'est la définition de l'humain qui est en cause mais pas du tout dans le sens de sa dévalorisation comme on le prétend, tout au contraire, encore faut-il comprendre le monde dans lequel on entre...

      • Le fait est que certains économistes font un meilleur état des lieux :

        Le secteur manufacturier, qui se robotise de plus en plus, n’est certainement pas une alternative possible pour les non-qualifiés. Pour eux, les services à la personne sont un considérable gisement d’emplois, mais il faut les viabiliser. En France, le corps social n’accepte pas les mini-jobs allemands ou les working poors américains. L’idée pourrait être d’allouer un impôt négatif substantiel, déjà appliqué aux États-Unis, pour que ces jobs puissent exister sans être incompatibles avec notre aversion aux inégalités.

        http://www.ladepeche.fr/article/2014/02/18/1821234-augustin-landier-l-economie-bascule-dans-l-immateriel.html

        • Oui, c'est mieux orienté, faisant ressortir l'archaïsme du gouvernement, mais rate quand même la part du développement humain, du local, de l'aide au travail autonome, etc.

          En fait, ce qui est dramatique c'est que ceux qui tiennent compte (car ils y sont forcés) de l'accélération technologique sont du côté du capital et des entreprises mais presque jamais du côté du social et des pauvres.

          • "En fait, ce qui est dramatique c'est que ceux qui tiennent compte (car ils y sont forcés) de l'accélération technologique sont du côté du capital et des entreprises mais presque jamais du côté du social et des pauvres."
            Il me semble que l'approfondissement de ce qu'est l'intelligence collective peut aider à changer cette situation, parce qu'elle aide à mettre en évidence que nous y gagnerions tous à ne pas rater la part du développement humain, du local, de l'aide au travail autonome, etc.
            Notre recherche de l'homme providentiel (ou du parti providentiel) adossé au bouc-émissaire (la représentation du triangle dramatique Victime/Sauveur/Persécuteur fonctionne bien pour décrire cette logique) est incompatible avec une culture de l'intelligence collective qui, elle, est compatible avec une culture ou une philosophie de l'information.

          • Toutes ces tentatives vous feraient croire qu'on n'a jamais demandé leur avis aux gens (dès avant les réseaux sociaux) et que les consulter nous apprendrait quelque chose qu'on ignore et qu'il suffirait en plus de relayer pour l'adopter ! En réalité la pensée est effectivement collective mais au niveau historique et progresse très lentement au milieu des préjugés, erreurs, illusions... Ce qui est bien, c'est que c'est local et que donc, on peut s'en rendre compte très vite (et régler quelques problèmes locaux malgré tout).

          • "Toutes ces tentatives vous feraient croire qu'on n'a jamais demandé leur avis aux gens (dès avant les réseaux sociaux) et que les consulter nous apprendrait quelque chose qu'on ignore et qu'il suffirait en plus de relayer pour l'adopter ! "
            Il faut avoir vécu de l'intérieur d'une organisation le changement culturel que représente le passage d'une culture du contrôle à une culture de participation. Les membres d'un groupe savent très bien à quel mode de fonctionnement ils ont à faire, soit à un "ferme ta g...", soit à un "cause toujours", soit à "parle si t'as quelque chose à dire". Une organisation peut très bien se réclamer de pratiquer une culture de participation et en rester au "cause toujours", c'est très vite perçu et les gens savent très bien à quoi s'en tenir.
            La différence qui fait toute la différence, la nouveauté qui me semble se développer (par exemple avec le Tao Village), c'est un certain savoir faire pratique à mettre en place et maintenir une culture favorable à l'intelligence collective au niveau des organisations.
            Les réseaux participent certainement à la diffusion de pratiques participatives de ce genre, peut-être même en sont-ils le moteur, mais ils se développent dans un cadre de relations lâches où le pb des hiérarchies est faible (encore qu'on peut y observer de façon très claire les effets des niveaux de capital symbolique des intervenants, par ex si le capital symbolique de A>celui de B, A ne fera jamais un commentaire sur le blog de B, ce serait s'abaisser et lui transférer du crédit). Mais là où il faut un véritable savoir-faire, c'est bien au niveau des organisations.

          • Je mettais en cause l'espoir de contagion politique, pas la libre expression dans les organisations.

            Juste après Mai68 on était persuadé qu'il suffisait de laisser les gens s'exprimer pour régler tous les problèmes politiques et que c'était cela la démocratie (directe). La suite a été très décevante, le pire étant dans les partis pour la raison que des intérêts très forts s'y mêlent, les procédures pouvant être apparemment les plus démocratiques possibles comme chez les Verts et aboutir toujours aux mêmes magouilles. On peut penser que cela joue un peu moins dans les organisations (sauf pour les grandes entreprises sans doute) ne serait-ce que parce qu'on est jugé aux résultats plus qu'en politique.

  4. Je comprends tout à fait les remarques d’Olaf, et ne parle-t-on pas improprement d’ une « intelligence artificielle » ? Un cerveau- machine artificiel n’est jamais qu’un objet technique incapable de se comporter en sujet, en créateur Il traite l’espace en tant que topos selon Aristote , étendue (Umgebung) mesurable et analysable efficacement en dehors des choses qui l’occupent, mais jamais, comme les sujets animaux et humains du monde vivant en tant que ce que Platon nommait dans le Timée une chora ( Umwelt selon Uexkhüll, Heidegger, et Augustin Berque avec ses concepts de « médiance » et de « trajection ») soit un espace existentiel, où dans un échange action-réaction, « empreinte-matrice- nouvelle empreinte matricielle, « le rapport du vivant et de son milieu est d'une déstabilisation mutuelle » dit Jean Zin. Déstabilisation créatrice dont le vivant seul est capable. "Robotisation" ne sera jamais un prédicat équivalent à cette hominisation, anthropisation, humanisation du monde dont nous sommes capables disait Leroi- Gouhran… Le croire conduit à une déshumanisation du monde, à sa « décosmisation ».

    • Je suis effectivement d'accord sur notre spécificité humaine d'êtres vivants qui est difficile à définir et n'est pas de l'ordre d'une capacité spécifique mais plutôt dans sa capacité évolutive et exploratoire, en outrepassant donc les limites à chaque fois (pour être forcé de s'y adapter ensuite).

      On le voit bien au niveau de la vie artificielle qui est d'autant moins vivante qu'elle est programmée, contrôlée, ses dérives évolutionnistes étant un obstacle à son artificialité.

      Des robots qu'on s'imagine voulant conquérir le monde seraient déjà un peu plus vivants car il ne suffirait pas de les programmer pour cela mais qu'ils se reprogramment eux-mêmes sans cesse en fonction de la situation qu'ils auront provoquée. Il n'est pas aussi sûr que, dès maintenant, l'intelligence artificielle ne puisse être créative comme les Big Data le montrent déjà dans plusieurs domaines. Des robots peuvent aussi apprendre déjà, ce qui n'est pas non plus tout-à-fait identique à une véritable évolution.

  5. Aussi efficace que nous puissions la concevoir dans les fonctions que nous lui demandons, la technologie informatique d’un cyborg semble devoir rester indifférente à son environnement, elle ne saura jamais en concevoir concrètement l’importance. Pour l’humain le monde est activement important : Par la fonction symbolique d’importation « le monde issu de notre chair sous formes de techniques… y revient sous forme de symboles » (A. Berque) Mystère du "y" dans « il y a » , du lieu d’être. D’où la confiance qu’on peut avoir dans le cyborg : il est à jamais dans l’incapacité de prédiquer par lui-même une importance symbolique qui n’aurait pas réellement « lieu d’être » ? Ce dont l’humain pour son malheur comme pour son bien est lui-même tout à fait capable …

    • Comme je le signalais dans un commentaire de l'article "Qu'est-ce que la subjectivité", il est utile de lister les différences entre l'intelligence artificielle actuelle et la nôtre. Je ne suis pas aussi sûr qu'on ne puisse arriver un jour à programmer un rapport à l’environnement semblable au nôtre, ce qui me semble le plus difficile c'est de programmer l'équivalent d'un développement cognitif qui va de l'enfant à l'adulte bien que ce ne soit pas non plus impossible sans doute.

      Il est naturel de cultiver notre différence avec les robots (qui restent pour l'instant très primitifs) comme avec les animaux. J'ai toujours été moi-même très révolté par la réduction de l'esprit au biologisme (par exemple dans l'abrégé de psychanalyse de Freud, préférant beaucoup Lacan qui s'attache avec raison au langage). Une grande partie de l'esprit reste extérieur au cerveau, comme il le serait d'un robot, cependant, plus on avance dans l'étude des processus cognitifs et plus ils me semblent "programmables" et surtout plus simples qu'on ne pouvait croire, moins sublimes qu'on l'imagine, notre rationalité étant beaucoup plus limitée qu'on ne croit.

      En fait, nous sommes victimes de l'illusion d'une prise directe de l'esprit et de nos émotions sur le réel, nous croyons ce que nous voyons mais le système de perception (et tout son apprentissage) s'oublie derrière le perçu. Notre rapport à l'environnement n'a rien d'originaire, il est bien programmé, notamment par le système de récompense/punition (plaisir/peine), de même que notre perception comme un tout de l'organisme ne va pas de soi sans la sélection qui l'a imposée (réactions de peur/agression comme de faim ou de fatigue qui ne sont pas reliés directement aux réserves d'énergie mais résultent de chaînes hormonales). La "chair", c'est déjà de l'information comme la jungle parcourue de cris et d'odeurs n'est pas la force brute qu'on prétend.

      En fait, comprendre la théorie de l'évolution comme théorie de l'information nous expulse là encore de notre exceptionnalité (après Copernic, Darwin, Freud, etc.), ce qui est difficile à admettre pour notre narcissisme mais ne modifie pas notre humanité comme existence pour les autres être parlants. Si des extra-terrestres même très "augmentés" par la technique feraient entièrement partie de notre humanité tout autant que les transhumains, je ne crois pas que ce serait le cas avec des robots qui ne seraient pas des êtres vivants mais auxquels on pourrait s'attacher quand même et je crois de plus en plus qu'ils pourraient en reproduire la plupart des propriétés, y compris émotionnelles, bien qu'il n'y ait aucun intérêt à en programmer tous les défauts qui pourront bien continuer à nous caractériser (notre folie, notre bêtise et notre mauvais caractère). Heidegger ne croyait pas si bien dire à craindre que les hommes ne soient plus dans le monde de l'information que des éléments perturbateurs, ce qui n'est pas forcément aussi négatif qu'il s'en persuade.

      On n'y est cependant pas du tout et on se trompe presque toujours à vouloir se projeter au-delà de son temps mais il est certain que le matérialisme est très déceptif, ce pourquoi la résistance aux sciences ne faiblit pas et que les religions ont encore de beaux jours devant elles.

  6. Article très intéressant mais qui me laisse un peu sur ma faim. En effet, côté philosophie, on peut se demander si le développement technique, qui prend "véritablement le relais de l'évolution génétique qu'elle accélère déjà", ne serait pas "100% naturel", c'est-à-dire que l'évolution technique ne serait que le décalque de l'évolution biologique. Une idée sûrement pas neuve, mais dont je n'ai jamais trouvé le moindre développement.

    • Je donne dans le texte le lien vers l'article "la théorie de l'évolution comme théorie de l'information" :

      http://jeanzin.fr/2013/11/09/la-theorie-de-l-evolution-comme-theorie-de-l-information/

      Le concept d'information bien compris permet effectivement d'unifier biologie et technique mais il suffit de cesser de croire que la technique serait voulue et création volontaire (tout comme le monde aurait un créateur) pour constater qu'elle s'impose après-coup de façon strictement darwinienne. Le mot anglais (que je n'aime pas du tout) sérendipité traduit d'ailleurs cette idée.

      Dans toute sa froideur, la technique est donc bien 100% naturelle, aussi naturelle que les dents acérées du tyrannosaure même si cela nous blesse et nous fait horreur. Ce qui est un fait pas une norme et ne veut pas dire qu'on ne devrait pas essayer d'humaniser la technique, c'est même ce qu'on fait, seulement que nos moyens sont limités et doivent tenir compte de sa puissance (à laquelle il ne suffit pas d'opposer ses petits bras musclés).

  7. Des gens compétents ont certainement déjà étudié les écarts entre « penser » pour une machine selon les prétentions de certains chercheurs des nouvelles technologies, et les formes historiques et géographiquement diverses de la pensée humaine.
    D’autre part je trouve inexact ou abusif de dire que les technologies dont nous disposons sont des techniques d’information alors qu’il s’agit encore aujourd’hui d’outils de plus en plus perfectionnés de communication, donc d’aide à notre information ou formation initiale.
    Prenons un exemple, pour situer concrètement la question : le cas de quelqu’un qui cherche à voir comment il sera informé par un moteur de recherche, sur l’existence d’un sens au double lemme « montagne-eau » ( ?) Google renvoie à des pages de liens où les deux lemmes sont unis par des copules « et, ou, en » , mais jamais par un trait d’union. Du type « eau de source et de montagne », « problème d’eau dans le journal La Montagne », voire un « article sur l’eau par le professeur Montagnier ».( !) Moi qui suis déjà informé par les communications de François Cheng sur « poésie et peinture chinoise », qui m’ont transmis l’information sur le sinogramme Shanghui = montagne-eau , littéralement « paysage » en Chine, je peux demander : « montagne-eau +Chine », avec en tête des réponses pertinentes de Wikipedia. Puis 5 entrées seulement peuvent être sources d’information sur le concept, mais la signification donnée me parait orientée sur le mode de la pensée classique occidentale, dans une logique dualiste qui d’Aristote à Descartes est celle du tiers exclu entre A et non –A. Par exemple en citant Confucius dans une interprétation morale comme « l’homme avisé se meut dans l’eau ( A), l’homme vertueux est stoïque comme la montagne » ( non-A). Ainsi vitalité de la cascade et force de la montagne ne sont pas ici intégrées dans un tiers inclus « médian », qui associé au tiers inclus médian technique du «pinceau-encre » sert d’empreinte matricielle aux tensions perçues dans l'environnement et reconstruites par le dessinateur, lesquelles, « trajectées » dans l’espace peint du genre « paysage » pictural ou poétique,par la technique du pinceau-encre sont données à com-prendre, dans un ressenti par le spectateur ou lecteur, , en tant qu’information des sens vers une signification: un complexe cosmisant.
    Cette pensée proprement humaine ne me semble pas pouvoir résulter d’un ordre de l’esprit transmis à une machine, par réplication et duplication des fonctions du vivant.

  8. Je me suis trop débattu pour être clair. Si un enfant stoïquement me pose la question " cela veut dire quoi " montagne-eau"? Il serait tout simplement avisé de lui faire étudier le " pinceau encre' , et de lui proposer de s'en servir pour un usage qui n'a rien à voir avec celui des technologies informatiques

    • Les technologies informatiques et l'intelligence artificielle ne se réduisent absolument pas aux moteurs de recherche et s'il est exact qu'on est encore très loin des performances humaines pour le langage il faut bien admettre qu'on n'est qu'au tout début de l'ère du numérique. La pensée est reliée au corps mais des robots apprennent à penser ainsi, elle est liée aussi à la culture et l'expérience mais il n'y a là aucune impossibilité à en reproduire les processus. Le terme de programmation est trompeur car il y a effectivement beaucoup de choses qui ne peuvent être "programmées", ce qui est le fondement de la cybernétique se réglant sur le résultat à l'imitation du vivant. L'écart entre les robots et nous est essentiel, il ne s'agit pas de tomber dans le simplisme, mais il se réduit, c'est un fait, de même que c'est un fait qu'on surestime notre pensée et qu'on lui prête des vertus théologiques qui témoignent de notre propre incompréhension de nous-mêmes et de notre animalité comme de notre parasitage par le langage narratif.

      • "...vertus théologiques qui témoignent de notre propre incompréhension de nous-mêmes et de notre animalité comme de notre parasitage par le langage narratif."
        De rerum natura, c'est le titre d'une des oeuvres matérialistes les plus anciennes et les plus radicales, écrite sous forme de poème par Lucrèce. Ce texte donne une idée du long chemin que le matérialisme essaie de se frayer au travers des superstitions plus conformes à notre narcissisme.

        • Le matérialisme pouvait cependant être critiqué par son simplisme, son mécanisme, il faut y réintroduire un dualisme (du signifiant et du signifié), l'idéalisme de la liberté et de l'action mais sans que cela nous délivre des contraintes matérielles, économiques, écologiques, sociales comme de nos limites cognitives et de processus dialectiques.

  9. Petite anecdote, en sortie d'une réunion de profils assez variés un peu représentatif de la société, vers l’ascenseur qui se fait attendre :

    L'un dégaine un mobile, les autres moutonnièrement (mimétisme social à prendre en compte) font de même.
    J'arrive je vois 6 personnes alignées sur cette même activité. Je sors une blague dans cette vue assez angoissante, je fait rire une jeunette.

    Je ne sais pas si votre nano-médecine fait le poids face à la philosophie ambiante du giga-profit. Par exemple, le modèle de traitement du diabète en affection régulière procure une alléchante rente médicamenteuse aux laboratoires. Les politiques semblent aussi peu enclin à amorcer une alternative, sont-ils aux manettes d'entités souveraines d'ailleurs, le politique existe-t-il au delà de la simple gestion, le tonton testamentaire a bien dit après lui que des juristes et des banquiers...
    Le progrès comme la raison n'est pas neutre, elle a une idée derrière la tête, il est tout aussi important de penser à l'organisation de la production et au moteur social qu'il y a dans une société. Cela à connecté avec l'idéologie dominante ambiante et / ou religion (si ça existe encore la laïcité est une, d'ailleurs les besoins en spiritualité de l'homme sont telle qu'il est parfois poussé en loge).
    Une civilisation a vécu 10 000 ans tranquille avec 20 outils élémentaires en Tanzanie, ces gens isolés étaient absorbés par des activités culturelles. Ces bon sauvages ont inspiré Rousseau d'ailleurs. Alors exception historique ? ou avait il des présupposés mentaux à considérer le monde avec une histoire cyclique (comme les païens la roue tourne c'est tout) à mettre en regard de ce qui préoccupe nos jours, histoire linéaire de culture (ou origine si vous voulez) monothéiste (le messie, le grand soir, la destiné manifeste, l’au-delà).

    • Les hommes ont toujours été ridicules par certains côtés et admirables par d'autres (plus rares). On s'est toujours moqué des nouveaux objets (les choses de Perec) du canapé et de la télé sensés nous transformer en légumes (déjà Hérodote témoigne de la peur des Perses de perdre leur identité guerrière dans le confort de la civilisation) mais on peut se moquer tout autant du lecteur qui semble comme hypnotisé par le livre qu'il lit.

      Vouloir se soustraire à l'histoire (ou se croire à la fin de l'histoire) est une constante de l'humanité qui n'a simplement pas résisté au progrès technique en premier lieu dans les armes (avec l'âge du bronze déjà assez violent mais ce n'était rien avec le début de l'âge du fer qui a déclenché des siècles de guerres et de massacres). Notre entrée dans l'histoire n'est pas voulue, c'est l'accélération de l'évolution par l'écriture (ce n'est pas pour rien qu'on date le commencement de l'histoire à l'invention de l'écriture même s'il y avait déjà une accélération des progrès depuis le néolithique et la sédentarisation qui ont été forcés par l'augmentation de la population sans avoir trop le choix). Le coupable ultime, c'est notre cerveau et le langage, d'une évolution qui devient cognitive.

      Mon avis sur la question ne joue aucun rôle et je ne défends aucune vérité définitive, je me contente de décrire ce qui nous arrive, les processus dans lesquels nous sommes pris. Ce n'est pas parce que je rends compte des expérimentations actuelles de la nanomédecine que j'y serais pour quoi que ce soit.

      La logique du profit est effectivement très puissante mais elle accélère plutôt le progrès technologique. Les croyances paranoïaques de sociétés pétrolières empêchant l'invention du moteur à eau sont des bonnes blagues. De même, les sociétés pharmaceutiques sont puissantes et sont responsables de nombreuses dérives, délaissant les recherches sans profits espérés mais elles ne peuvent absolument pas s'opposer aux traitements efficaces comme beaucoup trop le croient. Pour le diabète, on sait que le meilleur traitement est l'hygiène de vie, l'exercice et la nutrition n'en déplaise aux industries pharmaceutiques. La nanomédecine actuelle vise plutôt le cancer et les infections. On a vu cependant que la médecine était devenue la 3ème cause de mortalité (en partie grâce à son efficacité contre les maladies et en partie à cause de ses effets délétères).

      La politique, c'est la guerre et les révolutions, c'est quand il y a des morts et il y en a encore n'en déplaise à Kojève qui croyait que Mai68 signait la fin de l'histoire et des révolutions de n'avoir fait (presque) aucun mort. Il est certain cependant que l'unification du monde va dans le sens d'une nouvelle Pax Romana et d'une simple gestion écologique, économique et sociale.

      Tout le problème, c'est justement qu'il n'y a aucune idée derrière la tête du progrès, il n'y a pas de manipulateur, de complot, il y a un système de production, un savoir cumulatif et l'avantage comparatif qu'il donne (matérialisme qui est le contraire de considérer la technique comme idéologie). Je suis persuadé que le passage de l'ère de l'énergie à l'ère de l'information exige un autre système de production, une sortie du productivisme et du salariat ainsi qu'une autre idéologie mais que nous y sommes contraints tout autant, on ne peut là encore qu'accélérer l'adaptation pour moins en souffrir.

      Qu'est-ce que 10 000 ans au regard de l'évolution humaine qui pouvait se compter en millions d'années, puis 100 000, puis quelques milliers avant qu'on puisse compter en dizaines d'années, en années, en mois peut-être même. Quand à croire au bon sauvage, on en est bien revenu dernièrement à souligner leur violence même s'il y a des cultures plus paisibles que d'autres. On connaît encore des survivances de vendetta et de dettes de sang interminables. Ce qu'on oppose au monde qui est le nôtre, ce ne sont que d'autres mythes aussi imaginaires que ceux des sauvages. Nous n'avons pas choisi de sortir de la tradition, notamment depuis les Grecs. Marcel Gauchet a fait un très grand livre sur "le désenchantement du monde" le passage au monothéisme puis la sortie de la religion. Ce qui est dur à avaler, c'est que nous n'avons pas créé le monde, que nous y sommes "jetés" et qu'il n'est pas à notre goût, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait l'accepter passivement mais qu'on ne peut y agir que localement.

      • Je parlais du diabète, mais on peut parler du cancer dont la solution serait elle aussi hygiénique, vous connaissez le protocole du tout juste défunt Gernez. Que de solutions hygiéniques dans un monde de progrès, n'est-ce pas ?

        Avez vous entendu parlé des ouvrages d'Attali (ex major de X, principal conseiller de Mitterrand), il est aussi régulièrement à la tête de commissions / rapports pour moderniser notre pays et ce quelques soit le parti au pouvoir, il nous donne des pistes dans son livre sur l'homme nomade, mais
        aussi. dans ses conversations d'avenirs sur LCP :
        http://www.dailymotion.com/video/x5r2rk_conversation-d-avenirs-l-immobilier_news mi-vidéo
        * plus de propriétaires de logements, mais des porteurs de titres de droits, le laissant déménager sans trop de soucis ou il tirera un avantage concurrentiel (miam un nouveau marché, une nouvelle dépossession)
        * sa réflexion sur le problème des retraites : passé 60-65 ans l'homme commence à trop couter pour la communauté, ben dans une logique de profit, c'est pas bon, il devient criant de conquérir un nouveau progrès sur la mort "à la demande", soit l'euthanasie
        * je laisse son commentaire sur les 2 seuls domaines qui n'ont pas connu de progrès et qui devrait le permettre dorénavant : la gestation humaine (toujours 9 mois, je le sens à raccourcir ou à sous-traiter), l'acquisition de connaissances (toujours trop de temps pour apprendre de nouvelles langues).

        Sur la Tanzanie et les aborigènes c'est en ce moment sur Arte.
        10 000 ans c'est peu, je ne sais, ces tanzaniens ont été coupé du monde par la montée de eaux, mais les autres peuples d'Australie en proie aux bouleversements environnementaux se font fait ardemment fait la guerre. C'est entre autre, ce qui me fait désirer la vision écolo-enracinée-partitionniste ... même si je me fait pas trop d'illusion sur le bon sauvage.

        Je me souviens avoir entendu parlé d'un peuple vers la Perse qui connaissait la roue mais qui ne l'avait pas adoptée et qui était resté au traineau, il jugeait que ça allait bouleverser en mal leur société / communications. Je ne suis pas si sur que le progrès soit sans idée, il est guidé à mon sens par un "logiciel global" et des visions à creuser / accentuer. Ce logiciel est tiré par le profit et vise une unification du monde sous un même moule celon certains critères. Alors la nano-médecine, oui dans un 1er temps pour l'élite qui pourrait y mettre les moyens ce qui ouvrira des perspectives pour eux mais pour les autres c'est à voir, ça dépendra de l'organisation sociale. Vous semblez vendre le monothéisme, excusez de penser différemment, c'est peut-être la fin des monothéismes mais un nouveau du genre pourrait renaitre ou est déjà la, avec : les élus / les déchus, mais plus matériel, allez voir Elysium :
        la BA http://www.youtube.com/watch?v=oseeVF3qhgM

        • Il ne manque pas de peuples ayant rejeté le progrès comme les Scythes ont refusé l'écriture, pour la roue ce n'est pas si simple car peu efficiente avant quelques progrès techniques décisifs qui n'étaient pas connus de tous. On ne peut que constater que ces résistances locales n'ont en rien retardé le mouvement général de progrès technique, ce pourquoi je soutiens que l'évolution n'est pas voulue, elle n'a pas de sens préalable et n'est guidée que par le résultat, c'est un processus qui nous dépasse et se développe indépendamment de nos volontés diverses, de même que le cours du monde ne dépend pas d'un complot malgré l'existence de multiples complots.

          Pour Gernez, je ne recommanderais certes pas ses protocoles bien qu'il ne dit pas que des conneries (sur les neurones ou sur les restrictions caloriques) mais il en dit trop quand même et semble plaire à l'extrême-droite. L'état général, la nutrition et l'hygiène peuvent aider dans le cancer mais pas jusqu'à en protéger et chaque cancer est particulier. Il se trouve que la nanomédecine semble pouvoir être efficace à bas coût mais tout cela demande bien sûr confirmation, on reste dans la prospective mais pas dans la science-fiction toujours débile par ses exagérations et qui n'est pas faite pour être prise au sérieux comme le font des esprits trop impressionnables.

          Attali, qui était autogestionnaire dans sa jeunesse, a l'avantage de tenir compte des évolutions technologiques mais je ne supporte pas son éloge de la mobilité (tout comme Deleuze) et j'ai critiqué ses prévisions notamment sur l'avenir du travail. Il ne s'agit pas de prendre le parti du progrès qui n'en a pas besoin, seulement d'en tenir compte.

          • Ces chèvres se balancent "nostalgiques" comme leurs ancêtres libres en montagne qui leur ont légué cette habilité 🙂

            Nous avons d'autres qualités :
            * un télencéphale hautement développé (possiblement augmenté encore par électronique)
            * et un pouce préhenseur (possiblement augmenté par exosquelette)
            L'iles aux fleurs
            http://www.youtube.com/watch?v=cVDxctavOEo
            puis parait que se souvenir c'est vivre et aspirer à la liberté qui est si floue, peut-être si encadrée car raisonnable (viens de ratio soit comparer, bien entendu dans un paradigme tenu par la valeur ajoutée économique de nos jours, la est peut-être le problème)

  10. Pour l’homme moderne il semble que « plus nous sommes sous informations moins apparaît une signification » ?
    Nous sommes en voie d’utiliser de puissantes technologies permettant d’imiter le comment du rapport entre le physique et le biologique, en tant que nos «objets de connaissance », au point de tenter de réaliser ce qui se peut éventuellement augmenter ou changer aux niveaux physique et biologique, d'aprés ce que nous en observons. Cependant, sans compter les risques, immenses, compte tenu de l’échelle où la science intervient désormais, il faut se demander pourquoi ces tentatives ? Pour que l’âme ou l’esprit dispose d’un corps machine meilleur ? Non, car le corps n’est pas une machine, il constitue la base animale du sujet humain Lequel, étant néotène, prolonge depuis toujours son développement dans son milieu, ce second corps, social . Et, par le langage et la culture, cet animal social a jusqu’ici transcendé les relations sensibles et ses capacités cognitives vers une dimension symbolique de rapport avec un « monde », un cosmos. Requalifier l’être au monde, ou espérer narcissiquement une plus longue durée de vie ? C’est un choix existentiel d’aujourd’hui
    Je veux bien qu’on décrète (improprement) l’ouverture d’une « ère de l’information » s’il ne s’agit pas d’occulter le sens de la vie humaine: 1 le sens- direction ( où?) 2.les sens- sensations (comment?) 3.ouverture à un sens- signification ( pourquoi ?). L’information sur le monde a sa place dans l’action jouant avec les sens. La connaissance a sa finalité au niveau d’une requête des significations . Pourquoi modifier cet ordre?

    • Oui, on pourrait se satisfaire de notre sort, arrêter de s'inquiéter et de vouloir continuer d'apprendre, être dans le monde comme un poisson dans l'eau. Et ce serait cela un homme ? Si on ne renonce pas à chercher la vérité, impossible de ne pas progresser dans notre connaissance et nos techniques. Pour cela il n'y a aucun besoin de le vouloir, c'est toute la question. Il suffit du travail du scepticisme, de la folie exploratoire jusqu'à être près à aller mourir sur Mars après avoir découvert l'Amérique au lieu de rester dans son village mais ce caractère excessif ne nous est pas si propre, c'est celui d'une vie conquérante, d'une évolution qui est la vie même.

      En dehors de cette énergie vitale que Bataille appelait la part maudite, il n'y a pas de pourquoi qui vaille, c'est le résultat, l'après-coup, le réel qui décide pour nous, d'un monde qui nous est extérieur. Le sens s'y perd, incontestablement, les histoires qu'on se raconte, mais impossible de sortir de l'histoire, le fleuve continue de couler, on peut toujours s'accrocher aux branches mais on ne peut en diriger le cours, illusion tenace d'une folle maîtrise qui nous met en position de toute-puissance nous qui, malgré la dangereuse puissance de nos techniques sommes si malhabiles et n'arrivons même pas à contrôler notre vie...

      • Ca fait très libéral, mais je demande parfois si on ne cherche pas les ennuis aussi pour se sortir de l'ennuiement d'une vie sans stimulus, plate... Soporifique, sans surprise bonne ou mauvaise, lourde.

        Hors du paradis de l'Adam de sagesse défaillant quand il croque la pomme acide.

  11. «il n'y a pas de pourquoi qui vaille, c'est le résultat, l'après-coup,le réel qui décident pour nous, d'un monde qui nous est extérieur ».
    Le monde ne nous est pas extérieur ( notre objet muet ? C’est là l’«illusion d’une folle maitrise » par l’esprit !), nous sommes décidément en lui, qu'on le veuille ou non, comme nous comprenons ou récusons en nous ses empreintes, agréables ou stigmatisantes, soit sur le corps animal, ( l’être biologique) soit sur notre corporéité humaine (l’être de culture et de symboles, qui peut rendre compte ) . On ne fait pas que se raconter des histoires. Pas que.

    • Le monde nous modèle mais on s'y cogne, le regard et la conscience découvrent le monde auquel ils font face, soumis aux aléas de l'histoire qu'on subit et dont on est plus spectateur qu'acteur malgré qu'on en ait (que ce soit la crise ou la montée du Front National). Être vivant, c'est réagir, ne pas se laisser faire, mais notre action ne peut être que locale comme toute inversion de l'entropie qui ne peut être générale.

      Quand au fait qu'on se raconte des histoires, il faut voir comme la physique nous oblige à chaque fois à changer de récit (sans parler de la paléoanthropologie ou de la psychanalyse ou de l'amour!). On vit dans des fictions, tout le quotidien est ritualisé, etc. "Toute phrase est un fantasme, et tout fantasme une narration" (Kristeva). Bien sûr, et comme tout ce que je dis, c'est trop déceptif, pas du tout ce qu'on veut entendre, on tient à ses croyances plus que tout, on veut vivre dans son petit monde de connaisseurs. C'est surtout en politique qu'on en paye le prix...

  12. pour enfoncer le clou !! le nietzschéisme sociologique de michel maffesoli

    http://www.dailymotion.com/video/x1cpw19_michel-maffesoli-il-nous-faut-reinventer-de-nouvelles-valeurs_news#from=embediframe

    Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne, membre de l’Institut Universitaire de France, théoricien de la postmodernité, publie avec Hélène Strohl, Les nouveaux bien-pensants, éditions du Moment.

    nous inventerons de nouvelles valeurs en nous adaptant la réalité du nouveau monde .court vite camarade , le vieux monde court derrière toi !! il faut s'en persuader , on a pas le choix , car on arrête pas le progrès ... , sinon bien d'accord sur le constat de la post modernité de notre condition historique ... post moderne , posthume , post totalitaire , post industriel quand investir dans le monde de demain c'est investir dans l'individu et sa personne , pas trop de nous , mais une je dans un jeu , un jeu dont on devient le héros , car le sujet du langage qui est le mauvais sujet de l'histoire , c'est l'être parlant (palabrant ).... !! 🙂 §§ !! des rézos des groupes et des solitudes co-laborantes ( organisation apprenante ) car c'est dans l'action commune que ce créer un langage commun ..... un dialecte : une écriture commune exploratoire ... cartographie désirante .... ré-habitons l'inhabitable ; le présent , la pensée des autres , comme le futur .....

    • Je ne trouve pas beaucoup d'intérêt à la sociologie de bistrot de Michel Maffesoli qui avait fricoté avec les situationnistes à Strasbourg en 1967 pour tomber bien bas. Il ne suffit pas de mettre des post partout quand on entre dans une nouvelle ère dont nous sommes plutôt les précurseurs, encore dans le pré-numérique, pré-robotique, pré-écologique, le futur n'est pas mort sinon pour une génération vieillissante et des cadavres comme Finkielkraut...

      • oui même si on peut critiquer l'approche qui manque un peu de recul historique ,dans le contexte actuel l'apport de la sociologie du présent est largement positif , et dévoile une réalité massive sur laquelle on ne sait finalement pas grand chose , les biens pensants , bien entendu veillent au grain ................................................................................................................................................................................ mais l'approche historique à aussi du bon , pour preuve un petit hors d’œuvre en guise de petit dévoilement de l'étendue de la question .. : • sur la pandémie de 1917 ( à Bergerac) , une étrange découverte .... Sur Bergerac on sait maintenant que Cyrano de Bergerac était bi sexuel !! et moi j'avais fait une petite étude historique sur la grippe espagnole en 1917 à Bergerac : on avait bien bossé ( je n'avais que 16 ans ) montrant que c'est à la libération ou la foule ( avant les gens n'osant pas se touche , les ciné bar et espaces public étaient fermés , mais la maladie atteint des sommet ) fêtant la victoire emporte la guérison ( facteurs historiques et bio psycho sociaux ) . on avait retrouver un vieux pépé témoin de l'époque il nous confiait que l'on disait que les corps noircissaient, comme c'est le cas pour la peste noire médiévale (bubonique) .... Un aspect de la vie bergeracoise que j'ignorais totalement avant de me lancer dans cette petite enquête historique. • on comprends déjà beaucoup en lisant Les journaux de l'époque aux archives municipales de Bergerac … • les annamites de Bergerac ( qui si je me souviens devait compter dans les 70 000 habitants ) étaient les plus touchés par la grippe ( conditions de vies, d' hygiène et de travail déplorable à la snpe ) et les plus stigmatisés par le reste de la population qui pensait que ça venait de leur métèques (alors que ça venait des poilus et du front)........................................................................................................................, l’atmosphère politique et sociale était écœurante , et puis il y a eu la fiesta de la victoire et le terrain historique de la maladie (stress, peurs , haine / racisme ) est devenu très favorable ( foules en liesse et réconciliation générale ) alors que les conditions de transmission de ce virus pandémique étaient optimales , ( foule se jetant dans les bras , s'embrassant se touchant ) la pandémie à assez vite disparue à Bergerac ... pour être en bonne santé il suffi parfois seulement de mettre historiquement un peuple sous ecsta .... et voilà pourquoi le rap est un petit antidote !! du cyanure dans un coin de la quenotte ..... et t'inquiètes , y aura du peura à la fête en attendant , je guète la lueur des phares et je bave dans ma crasse !! en orbite autour des latrines du système , dans les zones grises de la patrie où la police tabasse gratis !! origine Niger ou Mauritanie en sabotage au large des côtes de somalie !! dissiper le mirage quand l'état nous envoie ses Mirages : corsaire , contre inspecteur et commissaire , c'est pas les convoc et les gardave des condés qui vont te dire de la fermer quand la police est devenue une forme commune de la pensée ... cela dis bien la merde noire de l'époque , celle là même que bill gates a mis en cloque , une époque opaque avec un sale gout dégueu de capote ... "C'est une langue d'explosions, de commotions, de jeux d'esprit , de musiques , de peinture , de limon, de végétations , de sulfures, de failles et brûlures ( fêlure , ruines , décombres, scories ) . Une langue qui soulève, fouaille, brasse, bouillonne, broie et foisonne. Une écriture d'épines et de musc, de pavane et de castagne, de gouaille déferlée, de verve torrentueuse et de silence rêche. Ce sont des instantanés qui acquièrent un caractère intemporel. Des prélèvements, des prises, des rafles d'un présent dont l'épaisseur excède de loin la seule saisie de l'instant." un internaute parle du grand jeu , un point ardant de l'esprit et du monde !!

        j'ai le sentiment qu'avec facebook ( maffesolli est dans mes contacts ) , l’Université devient Populaire puisqu’elle gomme les statuts et gage sur la pertinence de l’analyse quelle que puisse en être l’origine ; l’Université se situe dans l’univers du Cyber, tout simplement parce qu’elle s’inscrit dans le cadre de communications numériques ; enfin, l’Université appelle l’interactivité en se fondant sur une logique des allers-retours qui accélère le rythme de fixation des avancées des Connaissances.

        il faut vaincre les geôliers: ici commence la guerre !! il faut traverser le monde : ici commence la magie !! .........................................................................................................................quand, sur le siphon de mes échecs , l'emporte le typhon de mon esprit et de ses délibérations / pérégrinations ... qui roulent sur le macadam comme une poignée de diadème !! la vérité en guise d'antenne quand le système de la hyène nous tisse une Kamisole , en guise d'étoile !! ?? il faut retourner la kabbale , briser la malédiction et la menace qui pèse sur nos âmes ...................................................................................................................................................................................................................les murs que l'on renverse deviennent des ponts !!..........................................il faut sauvegarder les droits de l'enfant !!........................................................................... le mort n'est pas encore mort et le nouveau né , pas encore né , c'est le moment où émerge les monstres ( parfois alliés , parfois hostiles ) ... la hyène après 60 ans de silence , se montre à nous sous son vrai visage , et l'histoire pue et se répète, quand Marianne pète , au mépris des leçons les plus élémentaires de l'histoire des années 30................................................................................................................................................facebook/ 33 bordeaux : premier rencart bordélique !!

        on pourrait faire des teufs sur facebook et son hooliganisme intellectuel , reste chez toi pénard et déchire toi la tétine comme il se doit !! et pour le reste viens pisser dans l'évier du système : facebook , et ses freros et ses sistas, TROP hors format , avec un putain de look et une putain de prose, quand par la fonction DSK la vérité éclate au grand jour en double pipe bien juteuse et que l'apéro géant de nos idées copule dans le cyber espace autonome !!

        facebook : premier rencart bordélique !! quand la dialectique peut casser des briques ....

        Système vénère, productions vénères !! .........

        http://www.deezer.com/album/42773

  13. En Allemagne, les remises en cause remontent avant Schröder qui n'est comme tout politique qu'un avalisateur du courant de l'histoire, un opportuniste habile.

    Ce triste sire n'a rien fait d'autre que mettre un packaging sur une tendance historique liée à la chute de l'URSS qui a remis en cause les frontières du travail :

    Il est en effet très perceptible que la baisse des salaires allemands a débuté bien avant la mise en place des réformes Hartz. Le processus était déjà à l’œuvre.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/concurrence-mort-quand-economistes-allemands-reconnaissent-que-personne-autre-en-europe-ne-peut-reproduire-reformes-hartz-peine-976430.html

    • On peut dire effectivement que l'Allemagne a été confrontée par sa réunification à la concurrence des pays de l'Est avant les autres européens et que donc, il ne suffira pas de revenir sur les réformes Hartz qui n'étaient, encore une fois, qu'une adaptation à une situation déjà effective.

      Les sociaux-démocrates du gouvernement qui dénoncent la concurrence déloyale de leurs bas salaires n'auront donc sans doute qu'un effet limité même si ce sera toujours ça de pris (l'Allemagne dépassant l'excédent commercial autorisé de 6% en Europe).

      http://www.journaldunet.com/economie/actualite/depeche/afp/24/1260557/l-allemagne-s-est-cree-un--avantage-deloyal--avec-les-bas-salaires.shtml

      Il faudrait surtout que les salaires des pays européens les plus pauvres augmentent, mais derrière il y a les pays émergents alors il sera bien difficile de défendre les bas salaires (pas d'autre méthode que de les exonérer de charge ou de les compléter par l'impôt négatif ou un revenu de base). Les tranches supérieures, elles, n'ont pas cessé d'augmenter (ce pourquoi les courbes globales sont trompeuses) et n'ont pas besoin d'allègements de charge.

      • Les excédents commerciaux allemands gigantesques ne profitent surtout qu’à une part de la population dont je fais partie. Mais bon, d'un autre côté, quand je suis parti de France, j'avais plus un rond en poche et un emprunt immobilier, grosse erreur d'avoir acheté un logement à l'époque. Depuis, je me suis refait...

        Donc une partie de la population épargne, épargne qui va vers d'autres pays de la ZE qui ne peuvent ou pourront pas rembourser dans le cadre de la politique menée actuellement.

        Situation ubuesque. Quand je vois le désastre du PS au gouvernement en France, je me demande si Mélenchon n'est pas la dernière carte à jouer. C'est le seul qui me parait avoir le tempérament pour renverser la table.

        • Mélenchon est complètement dans les choux et le Front de Gauche au bord de l'éclatement. Rien à espérer vraiment de ce côté, les résultats des prochaines élections devant être dramatiques, ce qui devrait peut-être mettre un terme à leur déni de réalité (même pas sûr), ceux qui ont le vent en poupe étant bien plutôt le Front National même s'ils ne sont pas du tout encore en position de prendre le pouvoir.

  14. Bien sûr que vos propos sont reçus comme déceptifs, à affirmer que les humain se construisentt seulement des histoires ! En conférant aux images une symbolique … Extravagances ou extrapolations ?.
    Tel par exemple porte ou appose une Croix comme objet talisman contre l’ennemi, le Diable, le mauvais sort,..Tel en fait essentiellement le signe d’une identité culturelle avec acceptation d’un rituel. Plus calé en théologie tel auteur voit la croix comme « mémorial de l’Incarnation » : l’objet est porteur d e la « ressemblance d’égalité » entre la créature et son Créateur, par l’image du Tau en tant que surface réel d’impression du Christ incarné comme prototype du Divin. Sens propre ou sens figuré ? Magie ou miracle ? Idole ou icône ? D’autre ont ambitionné de transposer cette « ressemblance d’égalité » dans le droit civil, etc, etc…
    Multivocité (hélas autant qu' heureuse) du signifiant, conduisant à l’entropie du sens signifié… ..
    Aussi y a-t-il une grande sagesse dans votre programme politique : « notre action ne peut être que locale comme toute inversion de l'entropie, qui ne peut être générale ».

    • On pourrait prendre ça pour un esprit étriqué, mais je crois que pour la plupart nous en sommes là et tirons nos meilleures satisfactions d'arranger et réarranger notre environnement proche, travail de fourmi fait d'essais, de ratages en grand nombre pour sélectionner dans cette multitudes d'essais les combinaisons les moins mauvaises.

      Assez similaire de l'écrivain qui rature, change les mots, l'ordre des mots, remettre l'ouvrage sur le métier.

    • « notre action ne peut être que locale comme toute inversion de l'entropie, qui ne peut être générale ».

      je dirais plutôt que l'inversion ne peut être globale, ni au local ni aux échelons plus vastes, puisque nous sommes dans une histoire,mais l'ensemble des échelons sont imbriqués ,certains d'entre eux , le national et l'européen étant doté de moyens politiques et financiers pouvant donner ou ne pas donner une cohérence à l'ensemble.
      Actuellement le projet politique national et européen zappe l'échelon local organisant la société autour de la notion d'efficacité économique et compétitivité , ce qui suppose des échelons conséquents dans tous les domaines à hauteur de la compétition mondiale entre entreprises , mégalopoles , régions .La société se délocalise ainsi de plus en plus .Le local , le lieu , le lien n’est plus l’objet de nos attentions : il faut construire un nouvel aéroport à NDDL pour une société du mouvement où hommes ,biens et marchandises voyagent sans cesse et massivement.
      Hors il n’y a d’humanité que locale ; il ne s’agit donc pas d’inverser l’entropie mais d’inverser nos politiques. D’orienter toutes nos attentions, tout notre soin à une relocalisation du monde, ce qui ne va contre aucune technologie, aucun progrès mais leur donne un sens humain et écologique.
      On en est très loin puisque même les opposants à NDDL ne font que reprendre des concepts gestionnaires, par exemple la transition énergétique.

      • Il y a effectivement une confusion possible sur le terme de local. Lorsqu'on est un élu national, on peut agir localement sur le niveau national, pareil au niveau européen ou au niveau global quand on est à l'ONU ou qu'on fait partie d'ONG. Simplement, même quand on agit au niveau global, c'est toujours localement, sur un point précis. On peut interdire des OGM, pas la technique elle-même, on peut se défendre au niveau de l'Europe ou du pays de mauvaises pratiques ou de mauvais produits, ce qui est certainement une bonne chose, mais à chaque fois de façon ponctuelle.

        Je ne prétends absolument pas qu'on ne pourrait rien faire. Notamment au niveau individuel, on peut choisir notre mode de vie et il faut inciter ceux qui veulent vivre du travail de la nature à le faire au lieu de récriminer contre le monde moderne à partir des beaux quartiers parisiens. Je vis moi-même à la campagne et on pourrait dire que j'ai fait voeux de pauvreté, adepte de la simplicité volontaire (pas si volontaire que ça), principes de vie qui sont prônées par la plupart des philosophies et religions, il n'y a rien d'extraordinaire à cela sinon qu'on ne peut pas s'imaginer que cela soit le mode de vie adopté par le plus grand nombre, ce qu'on peut regretter mais qui est un fait et qui donc n'a aucune portée politique, seulement individuelle (très locale).

        De même on peut comprendre que Diogène jette son gobelet qui l'alourdit inutilement en voyant des enfants boire dans leurs mains mais cela ne supprimera certainement pas tous les récipients de la surface de la terre ! Sans aller jusqu'à ces extrémités, on peut encourager une vie plus naturelle et plus saine chacun selon ses critères propres qui changent avec l'âge, il faut bien se rendre compte que cela n'arrête en rien l'évolution technologique et sa dématérialisation même si cela peut l'humaniser "localement", introduisant par exemple plus de nature dans la ville sans transformer la ville en campagne...

        La relocalisation est ce qu'on peut faire pour équilibrer la globalisation, ce qui ne la supprime pas mais peut la transformer radicalement à se généraliser (la seule chose qui peut se généraliser, c'est l'action locale, pas une conversion des esprits et des coeurs).

        • Pour moi le terme global désigne bien l’ensemble, le tout ; ce qui par définition n’est pas appréhendable ; ce n’est pas une réalité matérielle, un segment de réalité qu’on peut étudier ou comprendre puisque nous-mêmes y sommes compris.
          Raisonner global c’est ne pas arrêter son raisonnement à un élément ou à un savoir, c’est reconnaître son ignorance fondamentale qui elle-même fonde la science,la philosophie , la politique... la démocratie qui est reconnaissance de l’Autre ( on impose pas sa propre vérité).
          Raisonner global , politiquement, c’est ne pas s’arrêter à une opinion, une idéologie, un intérêt particulier , un territoire , une tradition ,une histoire etc c’est se savoir dans une histoire en construction , dans une globalité qui nous dépasse , c’est savoir que nous ne sommes pas individuellement ou en groupe le centre et la finalité du monde ; c’est donc le fondement de la démocratie qui est la reconnaissance de l’Autre ,l’autre homme , l’autre monde , démocratie qui est par définition humilité , recherche , débat .
          Tous les obscurantismes ont le même père qui est le refus de l’autre ; le principe d’égalité, c'est-à-dire la proclamation commune qu’individuellement ou en groupe nous ne sommes pas le tout est un principe de réalité.
          Quand je parle de global je ne parle donc pas de mondial (même si parfois je m’y laisse prendre !) ; le mondial désigne une réalité étudiable , cernable celle de l’espèce humaine sur sa planète à un moment donné de l’histoire. A partir du moment où « le mondial » devient une référence en soi, un objectif au sens d’ouverture et de progrès économique, mais qu’il le fait en écrasant les diversités, en affirmant des no alternative, c’est un marché de dupe à dénoncer.
          Il ne faut donc pas raisonner mondial mais global ; et le fait même que les enjeux, notamment climat soient mondiaux, devraient nous inciter à relocaliser la mondialisation, dans le cadre d’une appréhension globale des choses.
          Il ne s’agit même pas de simplicité volontaire ou autres positionnements , mais de rester au plus près de la réalité de ressources locales à valoriser , ressources humaines , animales , matérielles …c'est-à-dire ne pas faire dépendre l’organisation humaine de ressources lointaines à piller à d’autres ou au milieu ; il est infiniment plus difficile de s’organiser localement que de taper sans compter dans des ressources fossiles ou des biens qui , fatalement sont pris sur le dos d’autres populations.
          On est donc pas dans la posture morale ou individuelle ,mais bien dans la nécessité de définir , décrire , proposer un projet politique alternatif à ce qu’on nous assène aujourd’hui , cela du fait même des enjeux et des effets collatéraux mortifères ,capables de provoquer une extinction de masse , du système .
          On est bien au-delà du FDG, lutte des classes, tel ou tel système économique , loin du patriotisme ou de la dévaluation de l’Euro.

  15. Une précision qui me paraît importante (qui a été un peu dit d'ailleurs sous une autre forme), c'est le rapport en symbiose de la finalité de profit avec le progrès technologique. Bien que nous puissions tout faire avec des "si". La question selon moi s'impose : Le progrès technologique serait-il appréhendé de la même manière "si" le rapport entre économie et progrès se déconnectait plus et "si" il se connectait davantage avec l'aspect démocratique ? La rapidité du progrès, serait-elle également la même ?

    Je suis étonné que le progrès technologique ne soit pas soumis à débat, indépendamment du technophobisme ou de technophilisme. Bien sûr l'histoire continue, le propre du revenu garanti étant d'ailleurs d'octroyer ce droit de décision. Il y a tout de même un certain paternalisme dans l'acte commercial impliqué par ces avancées mais aussi dans le peu de personnes qui représentent ces connaissances !
    Le reste peut-être considéré de plutôt indigène, mais c'est vrai les générations s'enchaînent (dans les deux sens ?)... Moi ça me fait tout de même bien flipper ! Notamment le transhumanisme... L'approche trans-disciplinaire de Morin , Robin etc. s'avère indispensable pour soumettre l'avancée numérique aux avancées littéraires, philosophiques, écologiques, politique !
    C'es vrai le peuple n'a presque jamais eu mot à dire, mais la quand même ça prend des proportions fortes, qui ne sont même plus contrôlés par les pouvoirs eux-même. Je pense que seule la facette culturelle est pour le moment libre et encore, celle-ci nécessitant parfois de forts capitaux...
    Pouvons-nous ayant accepté la facette impuissante, travailler sur la structure démocratique "cognitiviste" c'est à dire prête à résoudre des problèmes ? J'ai pensé à une simulation expérimentale vivante et filmée dans un quartier afin de préparer ce qui pourrait limiter la chute...
    Amitiés

    • Le profit accélère incontestablement le progrès technique qui ne serait donc pas aussi rapide s'il ne générait plus autant de profit mais ce n'est pas si sûr du fait que le progrès technique est corrélé aussi au nombre de la population, sa densité, et nous atteignons justement le maximum. Cela fait longtemps qu'on connaît la croissance de la population (tendance matérielle lourde) qui ne sera pas aussi dramatique que s'en persuadaient les malthusiens mais si on devrait pouvoir nourrir tout le monde, la bombe population pourrait se jouer sur un autre plan, dans cette accélération culturelle (dont on accuse le néolibéralisme comme le diable).

      Il y a constamment des tentatives de débattre des nouvelles techniques et il ne manque pas de réglementations, d'interdictions mais qui n'ont qu'une portée limitée. L'interdiction de la prolifération nucléaire a bien une certaine efficacité mais elle n'empêche pas les bombes nucléaires d'exister. En général, on ne fait que domestiquer ou retarder des techniques plus efficaces. L'histoire montre d'ailleurs qu'on est presque toujours incapables de juger d'une nouvelle technique (à leurs débuts, on pouvait craindre que les trains n'écrasent les voyageurs à des vitesses de plus de 60 km/h !) et que les mesures prises sont presque toujours vaines au moins sur le long terme (à court terme, cela peut faire une vraie différence, protégeant par exemple d'OGM mal testés) mais on ne laisse jamais faire n'importe quoi et si les techniques en tant que telles ne sont pas l'objet d'un choix (ni démocratique ni capitaliste), leur utilisation et leur commerce sont très réglementés, comme le commerce des armes et toutes les agences sanitaires. Les risques existent depuis toujours (depuis la maîtrise du feu au moins), les nouveaux risques sont seulement moins bien cernés au début.

      Le transhumanisme fait flipper tout le monde à part une poignée d'allumés qui attendent la singularité comme le messie mais ce n'est sans doute pas si terrible que cela. On peut dire qu'on y est déjà d'une certaine façon et tous ceux qui croient devoir défendre la nature comme les cathos défendent le genre se trompent et se battent pour rien. Les effets pervers comme la différenciation possible en espèces améliorées ne me semblent possibles qu'à très long terme, comme toutes les évolutions biologiques. Pendant longtemps, on n'aura qu'un peu moins de mauvais gènes, j'imagine, en dehors de quelques "monstres". Si on m'avait demandé, je n'aurais pas été pour admettre aux jeux olympiques un coureur avec des prothèses, mais c'est bien ce qui a été accepté. On pourra certainement refuser d'avoir une puce implanté sous la peau mais cela compliquera la vie sans doute...

      Le fait qu'on soit capable de greffer une tête d'homme sur un corps de singe a de quoi faire flipper mais pas tellement plus que le reste et, si cela existe un jour devrait rester très marginal. Il y a des raisons d'inquiétude plus sérieuses que ces faux problèmes soi-disant "philosophiques" et qui ne sont qu'un brouillage de nos représentations (la peur d'un ordre du monde qui s'écroulerait). Les biotechnologies notamment me semblent très dangereuses dans de mauvaises mains, voir par simple imprudence mais il n'y a pas tellement de moyens de l'éviter, hélas !

      Le peu qu'on peut, il faut le faire. C'est tout l'enjeu de l'avenir, la construction d'une démocratie cognitive et d'une véritable intelligence collective mais qui reste hypothétique, la réalité de la démocratie actuelle étant beaucoup plus désespérante, témoignant de la bêtise dominante, et notre marge d'action est très faible. Malgré tout, au niveau de l'ONU et des organisations mondiales, il y a déjà une prise en charge des risques climatiques ou médicaux, processus top-down moins égarés qu'une démocratie représentative qui s'imagine qu'elle part du bas et exprime la voix du peuple ! La seule véritable démocratie est locale mais il n'y a en tout cas aucune illusion à se faire sur une maîtrise de la maîtrise qui est toute à conquérir encore...

      • Ce soir « la voiture de demain » à C dans l’air ; la robotisation de la voiture n’aura pas de limite ; pour caricaturer, si vous faites une défaillance cardiaque elle sera immédiatement repérée par votre véhicule et vous entendrez (si encore conscient) : « vous êtes en mode automatique, vos Warning sont en fonctionnement ; vous vous dirigez vers l’hôpital le plus proche ; le service des urgences est prévenu et préparent votre accueil ; vos proches ont été prévenus… »
        Le marché du portable commençant à saturer, les véhicules robotisés équipés de tablettes à tout faire ouvre un champ économique énorme…On peut donc dire que ces innovations sont en effets boostées par le profit.
        Il faudra en effet tout mettre en réseau et que vous puissiez aussi allumer sous la casserole avant votre arrivée et que le service d’urgence connaisse votre groupe sanguin.
        Tout ce processus impactera l’aménagement de la ville et aussi les lois ; le code de la route risque de changer : il n’y aura plus de limitation de vitesse, puisque la vitesse sera régulée ; mais vous aurez obligation d’avoir un véhicule adapté et d’être vous-même pucé ; pour des raisons de sécurité, comme le viticulteur en procès pour avoir refusé de traiter sa vigne .
        De plus quand on s’occupe de quelque chose activement on ne s’occupe pas d’une autre ; ces lourds processus impacteront donc par l’orientation qu’ils donnent mécaniquement d’autres orientations et le système tout entier.
        Et le fait que ce soit le moteur économique qui pousse, gênera beaucoup la démocratie cognitive qui elle doit raisonner global. Est- il plus utile au bien public de pousser la machine économique et culturelle dans ce sens , alors que des enjeux lourds , alimentaires , climatiques , démocratiques , humains ne sont pas traités avec autant de moyens , du fait de leur non rentabilité immédiate ?

  16. Oui, les bio-hackers ça fait flipper. Mais tu as raison, ceux qu'on ne peut empêcher.... Merci pour ta réponse ! Je ferais ce que je peux (avec tous mes gros défaut). amitiés

  17. Lorsque l’homme se résigne à ne plus être à la mesure de son monde, il se dépossède de toute mesure.

  18. pas sans rapports avec le sujet quand les technologies que vous décrivez et qui arriverons seront au service de la hoggra , la guerre sociale et contre révolutionnaire . Roosevelt avait compris qu'il fallait dans son New deal , commencer par arrêter la guerre à la populations ... le moins que l'on puisse dire c'est qu'on en prends pas le chemin

    http://www.youtube.com/watch?v=PE9Q1ul6k9E&feature=share

    " ADIEU INTERMITTENT " est un film d'une minute qui montre, symboliquement, ce que deviendrait la culture française sans les intermittents du spectacle ( artistes et techniciens ).

    Espérons que ça sera mieux qu'en 2003 où la lutte de la" critique artiste" étaient une lutte corpo, rien de plus, comme le montre dans son livre Michel Surya

    c'est un peu exagéré le film car il y aura toujours des bénévoles et des activistes ( et des pirates , ce bénévole qui s'envole ) pour faire le boulot et cette fois ci en toute indépendance : peut on réellement rêver mieux ??

    La réaction n'a parfois que du bon !! de passer d'un consensus mou à des positions de combat très tranchées , c'est bien connu l'esprit révolutionnaire avance par les coups de cravache de la contre révolution ( la hoggra ) ... maintenant la balle est dans notre camps ...

    la hoggra c'est la guerre contre révolutionnaire , inventée par les militaires en Algérie ( Indochine) et dans les colonies , puis importer dans la pacification urbaine en occident , mais aussi guerre préventive, Spectacle ) c'est l'immigré magrébin qui sort du buissons agressif politisé en colère et à raison : une vérité post coloniale ( la racine du spectacle du bicot et nègre dans le spectacle générale , la hoggra ... ) la vérité à l'état pure et bien acérée en ordre de bataille ..... ( roman chez B.BOY conscient : Matthieu Rigouste , le théorème de la hoggra, contes et légendes de la guerre sociale ) ..

    • Réponse à rien à voir :

      C'est bien connu avant ce statut intermittent que des artistes mineurs ! ça a plutôt amené une culture d Etat utile pour le pouvoir, pour constituer une néo-gauche, avec des ministres à vie de la culture cf Lang.

      Roosevelt avait peut-être compris, mais c'est fait niqué pour parler hoogra, son bancor & co et ses astuces monétaire ont a peu près fonctionnées jusqu’à la fin des 30 glorieuses....

      Les suivants dès Clinton & co (allez on peut remonter jusqu’à Reagan) ont opté pour la guerre des classes avec la victoire des plus riches, Warren Buffet ne s'en cache pas "oui la lutte des classe existe et c'est ma classe qui l'a gagné". Allez depuis les 90 (Clinton), les élites occidentales ont joué / encouragé la Chine dans l'espoir de soumettre les prolos occidentaux revêches et ça à marché.

      Ce qui crains c'est qu'on aura pas le temps ni les dispositions ni le contexte soit le luxe pour la révolution, le "collapse" guette et le brouillage politique tiens, quoique. 2008 a été remonté, mais leur seules perspectives de sorties c'est la fusion transnationale.

        • Le pire c'est qu'on est "assez" d'accord et pas tout à fait, voila qui leur procure un sentiment de victoire et politique et dans les faits.

          Cette citation de W Buffet, je viens d'en faire une recherche (google) in french et je l'ai vu qu'ici :
          http://creteil.eelv.fr/discours-de-jacques-perreux-au-meeting-departemental-du-5-mars-2/

          Par contre, jamais je ne pense voter pour les Verts, je suis assez repoussé par ce parti. Peut-être qu'on est pas dans le fond d'accord sur les moyens de dépasser cette situation, ni tous bien conscient des perspectives.

          • oui dans mon cas il ne faut pas trop se formaliser en général j'ai peu de convictions , et d'évidences ...

            les riches ont effectivement inventés le collectivisme intégrale ( via le bottin mondain , mais pas que ) mais je ne les crois pas nécessairement , supérieur au pauvres pour cela , effectivement on a pas de lobby des précaires et chômeurs ( ils ne sont pas reçu ) .. mais moi ça ne me dérange pas car c'est qu'il reste à inventer et si c'est utile sera inventé ... on reviens de loin la tache est immense , des victoires arriveront , mais pas nécessairement comme on les aura prévus , par d'autres moyens ...

            il faut rester attentif aux évènements et guetter les opportunités en surfant sur les hasards et autres couac du calendrier de l'épok !! celle là même que bill gates a mis en cloque !! une époque opaque avec un sale gout dégueu de capote ; et du cyanure dans un coin de la quenotte ...

          • je lisais ce matin : http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html?xtmc=generations_quoi&xtcr=4

            L’enquête « Génération quoi ? », menée auprès des 18-34 ans, dessine le portrait d’une jeunesse éduquée, qui enrage de voir les portes se fermer devant elle.

            ça ne m'étonne pas , partout où mon regard me porte je constate que le death métal explose , même si il y a aussi beaucoup de moutons et de suiveurs , pas nocive pour un sou ... comme toujours , mais plus que jamais rare sont ceux qui dérangent vraiment et empêchent de penser en rond

            toute cette pression sur la jeunesse et son avenir est écœurante ,, elle produit beaucoup de suicidés et de psychiatrisés et de pénitents , comme au japon avec le hikikomori et chez nous le Tanguy ( avec bac +15) et pour être plus précis , le Rodolphe à qui je signale qu'à 37 ans il habite toujours chez sa mère ... c'est une génération sacrifiée , c'est le capitalisme qui veut qu' une génération sur deux soit sacrifiée .... et l’inter-générationnelle est une vaste fumisterie , la guerre jeunes // vieux pourrait finir par le simple fait que physiquement les jeunes veuillent étriper les vieux , comme dans une sorte de saint Barthélémy de la connerie humaine . sinon , c'est moins connu il y a toujours l'inflation entre 3 et 10 % qui est une véritable euthanasie des rentier , un impôt révolutionnaire sur la dette ... celle que les jeunes ont générationnellement contracté envers les vieux . ) ... au plaisir ...

          • De quoi se plaint-elle cette jeunesse, on lui propose la "mondialisation heureuse" ? On lui aurait menti ? La patrie est-ce de la merde ?
            Elle est éduqué c'est à dire donc conforme au modèle et se plains que le modèle les écarte ? C'est quoi ce modèle ? le logiciel du cervau global en place semble être "tout pour la maille", dorénavant il semble buter au réel (écologie, sociologie), pas grave on créera des conneries virtuelles ou des nouvelles frontières pour ce logiciel qui n'attaque que le réel et la technique.
            Peut-être qu'il faudrait changer de truc, mais bon les jeunes n'ont pas les manettes et on ne leur donnera jamais.
            Ce sont l'élites des 68 au mieux qui les ont du moins leur visions des choses si ils en avait une à la base. Pilotent-elles quelques chose d'ailleurs, c'est le logiciel maille qui tourne et qui s'étend.

            C'est pas que la jeunesse qui trinque mais questions de culture en France ça cache, aux USA on affiche :
            * je connais des vieux au minimum vieillesse qu'Attali envisage de piquer car passé 60-65, ils coutent à la collectivité
            * je connais des jeunes feignasses, à qui leurs parent gavés aux 30 glorireuses donnent un usufruit un bon nombre de bien immobiliers
            Au japon, de jeunes garcons refusent le système et ne mangent que de l'herbe, refusant le modèle proposé, refusant même les femmes qui mène à cette époque à la pure compétition sexuelle et matérielle.

            Je ne crois pas spécialement à la
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Comptabilit%C3%A9_g%C3%A9n%C3%A9rationnelle , ce n'est qu'un masque de gestion pour enfumer la partie.

            Faute gaffe aux courants de zics, il a souvent servi à détourner, rallier les jeunes, que ce soit le rap & co.
            A l'oeil à 20 ans on est trop pur pas mur, à 30 ans on a gouté, à 35 ans on s'affine.

            Je ne prèche pas la violence, ce qu'il faut se constituer un espace de liberté physique et mentale ailleurs que dans le jeu social actuel, d'ailleurs c'est peut-être comme ça que ça renverse et ça s'écroule vous ne serez pas trop paumé.

  19. Dans les technologies, il y a l'économie mais aussi le juridique.

    L'UE est sur ce dernier point une usine à gaz imbitable :

    http://www.youtube.com/watch?v=rfObt0BVT0M#t=32

    Mais bon, j'ai pu me rendre compte en France et récemment en Allemagne que le juridique est un vrai sac de nœuds souvent aléatoire, les intervenants font au doigt mouillé, avocats, juges et administrations. Le règne de l'arbitraire. On est loin de la science là et proche du n'importe quoi dosé n'importe comment.

    • Rien de nouveau sous le soleil (Ecclésiaste), comme dirait l'autre.
      Pour ceux qui ont une culture, ça a déjà été pensé ça s'appelle Babel !

      Laissez un peu le juridique de coté, il agit pour les puissants 1/2 du code pénal parle de propriété 🙂

      Si vous voulez pensez au futur, bien que ce soit très spéculatif, écoutez un geek comme Bayart.
      Les anarcho-technologistes de Palo Alto, nous ont sorti un truc "Internet" digne de l'Imprimerie (qui a mis 3-4 siècles à porter ses fruits) mettant les moines copistes au chômage initiant la Réforme 🙂
      Combien de temps pour que le réseau des réseaux portent tout ses fruits ? pour les journaux d'Etat, le chomage est bien la 🙂
      Perso, je présents qu'avancer sur ce peut être très positif, alors je guette les obscurantistes modernes qui sont aux manettes.

      • Pour ma part, j'ai payé au total 6000 euros !, un vrai racket, avocats, amendes plein pot, pour un seul dégât matériel qui est une éraflure sur une Audi, pas de blessés et encore moins de morts, que mon assurance a remboursé. Je suis interdit de conduire en Allemagne, à moins de passer le MPU, sorte de test médico psychologique quasi inquisitoire qui me couterait 1000 euros, préparation, test, coûts autres administratifs cumulés avec une chance statistique de 60% de réussite, donc rebelote de 1000 euros si échec.

        Je leur ai dit poliment d'aller se faire enculer avec des gravillons, ces connards. Je vends ma bagnole, j'irai à pied, en taxi, en vélo, en train, en bus, en tram... Mais plus jamais je ne conduirai une caisse en Allemagne. Ainsi, j'économise 3000 euros par an qui n'iront plus pour bonne partie dans les caisses de l'administration allemande des impôts. Et en plus marcher est bon pour la santé, alors l'industrie bagnole, je m'en tape.

        La justice faite par des humains me parait encore pire que si elle était faite par des logiciels qui pourraient bien plus mesurés.

        Enfin, c'est à être dégouté de la connerie humaine et à préférer des robots.

        • Sauf ,Olaf , que les robots sont programmés par des hommes ! et que le fond du problème reste bien la gouvernance : ceux qui sont "aux manettes" ,expression utilisée par un jeune député cumulard à qui je reprochais le cumul : mais c'est pour "être aux manettes".

          • Oui, mais au moins on saurait à quoi s'en tenir, le logiciel serait stable. Actuellement, c'est toute une économie de parasites qui est entretenue, avocats, juges, législateurs, administration, chers payés pour raconter souvent n'importe quoi. Une véritable industrie de connivence, d'initiés entre eux qui se foutent complètement des conséquences de leurs décisions. Dans mon cas ce n'est pas gravissime et me contraint de façon bénéfique à ne plus mettre un sou dans l'industrie de la bagnole qui est une belle vache à lait. Mais de plus en plus, les plus jeunes surtout, évitent de mettre de l'argent dans ce truc. Téléphone portable aidant, on trouve l'info rapidement du prochain train, tram, bus, là où on est. A moins d'habiter dans des zones mal desservies, une bonne partie de la population peut se passer d'une voiture ou en réduire drastiquement l'usage. Ce qui entraine de grosses économies d'argent et une amélioration de la santé du fait de marcher plus, une façon de voter avec ses pieds...

          • Je sais pas si tu te fais des illusions, soit :
            * cette société sans connerie humaine ne vera jamais le jour
            * pour rééquilibrer le jeu social, il faut nécessairement une classe moyenne sinon la pyramide se casse la gueule ou devient dangereux pour les manettes !
            quitte à crée des métiers inutiles mais propre à la philosophie de la société juste pour son équilibre :
            traders, consultants, marketeux ...
            * à moins que l'organisation sociale se raidisse grave, soit que ça craque, soit que ça devienne vraiment un développement hors sol

            Exemple de l'AmazonLocker, plus de libraires plus de facteurs :
            http://www.youtube.com/watch?v=FgOVhTPgh08

          • Il n'y a pas de Deus ex machina comme le laisserait entendre Graeber. Les métiers parasites prolifèrent sur la base du story telling, les histoires qu'on se raconte, donc un processus bottom-up, pas du tout up-bottom.

            Le monde professionnel et économique est un théâtre avant tout, surtout chez les mieux payés, même si quelques compétences réelles sont parfois nécessaires. La première compétence pour l'artiste qui veut vivre de son art, c'est de savoir faire la pute d'une manière ou d'une autre occasionnellement.

          • "donc un processus bottom-up, pas du tout up-bottom."
            pas convaincu, je suis plus inspiré par le superorganisme (je suis apiculteur amateur ça aide), ou le cerveau global comme dirait :
            http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Bloom#Le_cerveau_global

            En gros, y a des dirigeants qui synthétise et décode, ce monde.
            Mais ne croyez pas que les manettes soit dans les mains du président &co, mais plutôt des réseaux en arrière fond et de ceux qui ont les plus gros intérets.
            Les "experts" qui analysent et qui code (c'est la qu'on retrouve des cadres à la pelle).
            Les travailleurs (au large producteur et reproducteur cf la mère au foyer) qui produisent le concret, terreau à tout ça.

            L'art contemporain, ça vaux ce que les "riches" sont pret à payer. C'est un super exemple de création comptable quasi ex nihilo, des sortes de banques centrales en miniatures ces "artistes" modernes, bien dans leur époque en fait.

  20. Quelle que soit l'époque historique l'être humain reste un être communicant et la technologie ne fait peut-être que rajouter d'autres médiations aux anciennes?!

    • Faire société c'est communiquer, pardon plutôt échanger ...

      Du moins toutes ces technos, intermédient sur la communication, les mauvaises langues diront elle la détourne.

      Anecdote : "hey Jojo, j'ai rencontré ma femme, c'était sur Facebook ..."

      • On ne fait pas société, c'est la société qui nous fait et n'a pas besoin de nous pour exister. Les échanges ne sont que l'un des aspects des rapports sociaux.

        http://jeanzin.fr/2011/12/09/theorie-de-la-societe/

        On peut toujours dire que les technologies détournent les communications en les facilitant, il faudrait dire par rapport à quoi car les romans détournaient déjà de la réalité présente, sans parler des religions.

        On rencontre bien sûr beaucoup plus facilement des femmes avec Meetic !

        Toutes les nouvelles techniques méritent des critiques, produisent des aberrations et des effets pervers mais ce qui est amusant, c'est à quel point elles embellissent ce qu'il y avait avant (le pays de notre enfance), alors, qu'avant, c'était vraiment la galère autant que maintenant. Cela dépend pour qui évidemment. Novalis rêvait au Moyen-Âge, mais il ne s'imaginait pas en pauvre serf ! il y a toujours cette nostalgie de la vraie vie qui n'a jamais existé et, effectivement, nous coule entre les doigts...

        • Autant je trouve justifié votre volonté de développer une réflexion matérialiste permettant d'éviter les lendemains qui déchantent, les désillusions, autant je me pose la question sur votre presque acharnement à heurter notre narcissisme. D'autant que la vie et le désir sont indissociables et que le matérialisme appliqué à la vie n'est pas exactement ce que la physique nous dit. Bien entendu que vous savez tout ça pour l'avoir détaillé dans vos textes, mais j'éprouve quand même ce sentiment d'autodestruction du désir dans vos écrits, comme une autocastration de votre narcissisme.
          Je n'éprouve pas ce sentiment avec Hubert Reeves par exemple, ou Pierre Rabhi.

          • Je suis effectivement à mille lieues de Pierre Rabhi, qui est un grand agronome ! Il est vrai que j'ai découvert récemment à quel point le sujet était pur effet bien plus que cause. Je pense nécessaire le matérialisme d'un point de vue pratique et je me rends compte à quel point notre narcissisme nous fausse le jugement (ce qu'on a dû affronter de Copernic à Darwin) mais je suis d'accord sur le caractère invivable d'un matérialisme intégral (de même qu'il est invivable de dire la vérité en société). Il faut garder des religions la valeur absolue donnée à l'existence et la célébration de la vie. C'est la voie que j'explore dans un prochain texte mais dont je ne sais pas encore trop à quoi cela pourrait aboutir...

    • Merci, je jetterais un oeil dès qu'on moment se présente quand je sortirai la tête de l'eau.

      Tout cela de toute manière est tiré par un sens religieux et / ou philosophique : l’"Histoire" a t elle un sens :
      * linéaire avec messianisme ou pas
      * cyclique avec évolution ou involution
      * nihiliste

      A mettre dans la perspective de la culture french (si elle compte encore dans le monde), avec son arrière plan pagano-chrétien (catho) et la dernière couche rationaliste des lumières : positiviste...

      M'enfin on est tous encore libre de dire merde à tout ça 🙂

      • Moi, je ne suis pas pour l'accélération, je pense même que cela ne sert à rien car elle ne dépend pas de nous, j'y vois plutôt le symptôme de la perception de cette accélération effective.

        L'histoire a toujours un sens mais tout dépend de la période considérée, sur des milliards d'années elle n'en a certainement plus. Pour Toynbee aussi bien que Norbert Elias elle tend depuis l'origine à ll'unification du monde mais cela n'empêche pas des moments de régression, d'éclatement, de repli sur soi. Il y a aussi très certainement des cycles (économiques, idéologiques, dans les modes, etc.). Pour la technique, il y a aussi des régressions mais seulement quand il y a effondrement de la civilisation. Ce qu'un dernier rapport de la Nasa nous promet mais je n'y croit pas trop à cause des réseaux, ce n'est quand même pas impossible.

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