Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales

Article pour Multitudes no 27

Depuis la chute du communisme le manque d'alternative paralyse tout mouvement social de quelque ampleur, comme la lutte contre le CPE ne trouvant aucun débouché politique autre qu'une défense illusoire du CDI, sans aucun effet sur le développement de la précarité. Les causes de notre échec ne sont pas dans la force supposée de nos adversaires mais bien dans la faiblesse de nos propositions et dans nos archaïsmes face aux enjeux écologiques tout autant qu'aux bouleversements considérables que nous vivons depuis notre entrée dans l'ère de l'information !

Il ne suffit pas de critiquer le capitalisme et son productivisme insoutenable, il faudrait avoir autre chose à proposer. Au-delà de mesures partielles ou défensives, il y a une nécessité vitale à construire une alternative écologiste à la globalisation marchande, alternative qui soit à la fois réaliste et tournée vers l'avenir, c'est-à-dire en tenant le plus grand compte des contraintes matérielles aussi bien que des nouvelles technologies de l'information, plutôt que de s'accrocher vainement à un passé industriel révolu, et pas aussi glorieux qu'on le dit !

Dans cette perspective d'avenir, la revendication d'un revenu garanti ne peut se réduire à une simple adaptation au système actuel, comme la "sécurité sociale professionnelle" défendue par les syndicats. Il faut souligner au contraire son caractère potentiellement révolutionnaire comme élément d'un nouveau système de production basé sur le travail autonome et la coopération des savoirs (et non plus sur le salariat et la concurrence). La portée d'un "revenu garanti suffisant" est double : c'est bien l'adaptation des rapports sociaux aux nouvelles forces productives à l'ère de l'information, mais c'est aussi la condition sine qua non d'une alternative au productivisme salarial ainsi que d'une nécessaire relocalisation de l'économie face à une globalisation débridée.

Le revenu garanti est donc absolument essentiel, mais il faut l'appréhender dans ses deux faces d'adaptation et de transformation, pivot de ce qu'on doit considérer comme une véritable révolution, une "libération du travail" comparable à l'abolition de l'esclavage, et qui suscite d'ailleurs les mêmes craintes. Cependant, pour assurer effectivement une production alternative à partir de ce travail libéré, il ne faut pas seulement s'occuper des revenus mais de la production elle-même, ainsi que des moyens monétaires et des circuits marchands. Au-delà de la question du revenu, il faut passer à une vision plus globale d'organisation de la production, intégrant la dimension écologiste qui se fera de plus en plus pressante. Ce nouveau système de production à l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain pourrait se construire sur l'articulation d'un revenu garanti (reproduction), de coopératives municipales (production) et de monnaies locales (échanges).

Tout ceci paraîtra fort éloigné de notre réalité actuelle et des revendications syndicales mais on sait bien qu'il est complètement utopique de continuer encore longtemps ainsi et que la voie d'une alternative est étroite entre utopie et laisser-faire, comme entre totalitarisme et libéralisme. Il est d'autant plus urgent d'essayer de donner une forme concrète à cette alternative afin de pouvoir à nouveau se projeter dans l'avenir et organiser l'action.

Cela devrait avoir au moins l'avantage de rendre plus sensible la reformulation des problèmes qui s'opère, la conversion du regard nécessaire (de la sécurité sociale au développement humain), et finalement à quel point ces nouvelles problématiques, qui rejoignent les expérimentations actuelles en Amérique du sud, sont très éloignées des anciennes visions du monde qui règnent encore sans partage (socialistes aussi bien que libérales). C'est d'ailleurs ce qui en fait l'étrangeté et nourrit l'incrédulité générale. Il faudrait vraiment "changer d'ère" pourtant car les questions ne se posent plus du tout dans les mêmes termes désormais, à la fois plus globales et plus locales, sans disparaître non plus par magie dans les fantasmes de l'auto-organisation ou d'une société idéale, toujours trop parfaite et logique !

Pas de fin de l'histoire, non, encore moins de toutes nos aliénations dans une réconciliation finale et définitive ! Il faudra toujours se corriger, redresser la barre, surmonter le désastre, s'en tirer comme on peut, affronter les contradictions, réduire les inégalités. La fin de l'esclavage n'a pas été pour autant la promesse d'un bonheur sans fin et l'on ne peut même pas dire cette fois que ce serait la fin du salariat, plutôt sa marginalisation progressive au profit des activités autonomes, tout comme les agriculteurs ont été marginalisés finalement dans la société industrielle. Il ne s'agit que d'être à la hauteur des enjeux de notre temps, de préserver nos conditions vitales et notre autonomie, en tirant parti au mieux des possibilités du moment, tout en réaffirmant nos solidarités humaines. Le risque ici, on ne le sait que trop, ce serait de tomber dans les illusions les plus naïves qui mènent toujours au pire...

L'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain

S'il y a bien une illusion répandue, c'est de croire que tout pourrait revenir comme avant car, c'est un fait massif, le devenir immatériel de l'économie bouleverse toutes les données et les bases de la valeur (gratuité de la reproduction numérique, logiciels libres, etc.) tout comme celles d'un revenu, de plus en plus irrégulier et discontinu, pour un travail de plus en plus précaire et intermittent. Il faut y voir la conséquence du passage de la "force de travail" à la "résolution de problèmes", qui ne se mesure plus au temps passé mais au résultat (direction par objectif). C'est aussi le passage d'une "économie de la production" de masse à une "économie de la demande" (just-in-time), tournée vers les services et guidée par l'information, ce qui se traduit par une bien plus grande flexibilité de l'emploi.

Du coup, même si personne ne semble en vouloir, la question de la garantie du revenu revient sans cesse et avec insistance dans le débat public (RMI, chômeurs, travailleurs pauvres, précaires, étudiants, intermittents, créatifs, chercheurs, formation, jeunes, agriculteurs, retraites, etc.). Elle a beau paraître impensable à la plupart, la garantie du revenu devrait s'imposer finalement dans les faits, à mesure des transformations du travail à l'ère de l'information.

Bien sûr il n'y a aucune chance qu'on obtienne un véritable revenu garanti à court terme, cela ne retire rien à sa nécessité. Il finira par s'imposer devant les souffrances sociales et le gâchis humain que provoque la volonté de maintenir les principes dépassés d'un salariat fordiste et d'un "plein emploi" purement verbal qui laisse de plus de plus de monde sur le bord de la route. De même, la sortie du productivisme n'est pas pour demain, c'est une évidence, mais là encore on n'a guère le choix et il faudra bien y venir. Ce sont donc les principes de l'avenir qu'il faut examiner, aussi étrangers paraissent-ils à notre présent, aussi opposés soient-ils au triomphe du néolibéralisme et de la globalisation marchande. On ne pourra non plus se contenter longtemps d'un revenu garanti réduit à la simple régulation du capitalisme cognitif alors que la température n'arrête pas de monter (le devenir immatériel de l'économie ne suffisant pas à réduire le productivisme du capitalisme et sa dépendance d'une société de consommation suicidaire).

Si nous devons construire un nouveau système de production sur d'autres rapports de productions et sur une autre distribution des revenus, ce n'est pas seulement pour s'adapter aux nouvelles forces productives immatérielles, c'est aussi pour répondre aux contraintes matérielles écologiques nous obligeant à sortir du productivisme et relocaliser l'économie. Il ne suffira pas d'une "décroissance" ni d'une "réduction du temps de travail" qui a perdu tout sens alors qu'il n'y a plus de séparation entre le travail et la vie. On réalise bien difficilement encore l'ampleur de la tâche, à quel point nous entrons dans une ère totalement nouvelle, l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain, qui s'oppose point par point à l'ère de l'énergie, de l'économie et du marché, comme la qualité s'oppose à la quantité. Tout est à reprendre, ce n'est pas aux marges qu'il faut s'ajuster, mais c'est le coeur de la production qui doit changer.

Au-delà du revenu

revenu garanti Les débats sur le droit au revenu s'égarent le plus souvent dans la morale et la métaphysique, ou la religion même, alors qu'il s'agit fondamentalement d'évolutions économiques et techniques ! La reconnaissance du fait qu'on ne peut plus se passer d'un droit au revenu ne suffit pas pour autant à définir un projet politique. Vouloir réunir ensemble tous ceux qui défendent un quelconque droit au revenu, qu'ils soient écologistes ou libéraux, n'aurait absolument aucun sens. Il ne s'agit même pas tant de définir les mots, d'opposer par exemple revenu garanti et revenu d'existence (ou revenu citoyen, etc.), mais de savoir dans quel projet de société il s'inscrit ! On verra dès lors qu'il n'y a rien de commun entre, d'un côté, un revenu d'existence universel mais dérisoire (ou impôt négatif), tel que défendu par certains libéraux, mince filet de protection dans une société de marché, permettant à peine de survivre, ce qui favorise les petits boulots sous-payés ainsi que la baisse des salaires, Gorzet puis, de l'autre côté, un "revenu garanti suffisant" permettant, comme l'a montré André Gorz, d'échapper au salariat, tout en poussant les salaires à la hausse, de passer du travail subi au travail choisi en subventionnant des activités autonomes qui ne sont pas immédiatement rentables (artisanat, services de proximité, agriculture bio, activités artistiques et créatives, logiciels libres, associations, politique, formation, etc.).

La déconnexion du revenu et du travail est sans doute ce qui apparaît le plus révolutionnaire, mais plutôt que de se focaliser sur la question du revenu il faut la replacer dans le système dont elle fait partie, car même s'il reste central, le revenu garanti n'est que l'un des aspects du basculement du monde que nous avons tant de difficulté à vivre. Si une alternative sans revenu garanti n'est pas viable, une alternative qui se réduirait à cette revendication serait une escroquerie car, l'essentiel est bien d'assurer une production alternative, non pas de vivre aux frais du capitalisme ni de seulement alléger la misère. Loin d'être opposé au travail et voué à une société de loisirs, ce qui caractérise le revenu garanti c'est au contraire d'être cumulable (dégressivement) avec un revenu d'activité, servant d'incitation au travail autonome. Il faut insister sur ce point : c'est pour assurer la production, et une production que nous voulons plus écologique, qu'il y a besoin d'un revenu garanti. Ce pourquoi il faut élargir la question à l'organisation de la production et sa relocalisation active.

Si le revenu garanti n'est qu'un élément d'une production alternative, il constitue malgré tout le noeud du problème. En effet, toutes les tentatives pour s'en passer, au nom du plein emploi salarial, de la "valeur-travail", voire de l'autonomie ou même de la dignité de l'homme, ne font qu'aggraver dramatiquement le sort des plus précaires et mènent soit à la barbarie du travail forcé, soit à la barbarie de la misère. Il est vrai aussi que c'est le point de plus grande résistance idéologique en même temps que de plus grande difficulté à mettre en place car le revenu garanti oblige à changer toutes nos façons de penser : passage du travail contraint au travail autonome, d'un travail subordonné à un travail valorisant mais aussi de la sécurité sociale au développement humain, de l'économie à l'écologie ! On doit bien admettre que c'est une idée qui paraît folle, il n'y a pas de doute là-dessus, et qui ne serait pas concevable si le travail n'avait pas déjà changé du tout au tout. Elle ne s'imposerait pas de plus en plus, et sur tous les continents (en particulier à ceux qui ont étudié la question !) si ce n'était l'évolution de la production et l'extension de la précarité qui l'imposaient dans les faits de mille façons !

Il ne suffit pas de s'adapter aux transformations du travail pourtant, il y a aussi la nécessité impérative de sortir d'un productivisme insoutenable, ce qui veut dire sortir du capitalisme salarial. Contrairement à ce qu'on s'imagine, ce n'est pas par la consommation (sa retenue, son discernement, son éthique équitable) qu'on pourra réduire en quoi que ce soit une croissance et un productivisme qui sont inséparables du système de production capitaliste. En effet, le capitalisme, c'est l'investissement technique pour augmenter la productivité, réduire le temps de travail, afin de dégager une plus-value sur le temps payé, et produire de l'argent avec de l'argent par l'intermédiaire du travail salarié. Le salariat, le capitalisme et le productivisme, c'est la même chose (ce que Marx disait déjà dès 1848 dans "Travail salarié et Capital"). Si le travailleur est obligé de louer sa force de travail au capitaliste, c'est à l'origine parce qu'il est dépourvu de toute ressource et de moyens de production. Ce n'est plus tout-à-fait vrai depuis "l'ordinateur personnel" qui est un outil universel. Il ne manque que la garantie du revenu pour échapper à la dépendance salariale.

D'un point de vue écologiste, la question n'est donc pas seulement de savoir si un revenu garanti serait viable et souhaitable dans le cadre actuel, mais bien d'insister sur son caractère révolutionnaire dès lors qu'il permet de sortir du salariat productiviste et de l'absurde dépendance entre travail et consommation. Il s'agit effectivement de sortir d'une véritable toxicomanie de la société de consommation dopée à la croissance et qui ne peut s'en passer sans sombrer dans une surproduction dépressive ! Sortir du productivisme ne peut vouloir dire ne plus rien produire du tout, mais assurer au contraire une production alternative, caractérisée par la réorientation de l'économie vers l'immatériel, le développement humain et les échanges locaux.

Cela ne se fera pas tout seul. Il faut disposer pour cela d'un système complet basé sur une toute autre logique productive, d'autres moyens de production, d'autres circuits, et donc compléter le revenu garanti par des coopératives municipales et des monnaies locales, constituant les trois piliers d'une alternative écologiste à l'ère du numérique et des réseaux mondialisés.

La construction d'un nouveau système productif ne se fera certes pas en un jour non plus, et comporte de multiples dimensions (économique, idéologique, politique), plusieurs secteurs (marchand, associatif, public) avec plusieurs niveaux (Européen, National, local). Il ne peut donc être question de donner des recettes toutes faites pour les marmites de l'avenir mais juste de donner l'idée de ce que pourrait être, au-delà du revenu garanti, un système de production qui réponde aux contraintes de relocalisation de l'économie et de développement humain.

Produire autrement

coopératives Pour consommer autrement, il faut produire autrement et d'abord localement ! Pour favoriser la production locale et les échanges locaux, on ne peut se passer de moyens de production locaux (l'équivalent des "communs" d'antan), et donc de structures locales, si possible autogérées. La relocalisation ne peut pas s'imposer d'en haut ! Bien sûr, le niveau adopté peut se discuter, le niveau municipal étant le plus pertinent dans les villes moyennes, avec l'avantage de correspondre à des structures démocratiques ; ailleurs on peut préférer des "régies de quartier" ou l'étendre au "bassin d'emplois". En tout cas, la fonction de ces "coopératives municipales" (ou autres) serait de constituer des centres de ressources et des lieux d'échange, destinées au soutien de la production locale et des activités autonomes, au développement de la coopération entre les participants tout comme à la valorisation des compétences disponibles. Il s'agit non seulement d'organiser les échanges locaux mais aussi de fournir tous les moyens du développement humain (assistance et formation).

Bookchin Certains contestent la nécessité d'une telle organisation politique qu'ils perçoivent comme une menace, ce qui certes n'a rien d'impossible, il faut rester vigilant, mais si on veut assurer une production effective, il ne suffit pas de "laisser-faire", il faut bien s'organiser comme dans toute entreprise ! On ne peut se fier religieusement à l'auto-organisation des producteurs mais, en fait, c'est surtout une question de moyens. Le caractère municipal de ces coopératives permet à la fois de garantir leur pérennité, de sortir de la pression du marché concurrentiel auquel les coopératives ordinaires ne peuvent échapper, et d'avoir une gestion politique, dans une démocratie de face à face chère à Bookchin (mort le 30 juillet 2006 et qui est à l'origine de ce concept de "coopératives municipales" et du "municipalisme libertaire").

Rien à voir bien sûr avec les "ateliers nationaux" de triste mémoire, ni avec un contrôle des populations encore moins avec le travail forcé alors que ce devrait être au contraire l'instrument du développement humain et du travail autonome, offrant une alternative à la dépendance salariale. C'est la garantie du revenu qui fait ici toute la différence, conformément aux exigences de l'ère de l'information, mais cela n'empêche pas que l'objectif n'est pas seulement le développement humain, c'est aussi d'assurer une production locale effective, y compris immatérielle, basée sur la coopération et réduisant d'autant la part des consommations matérielles, du marché concurrentiel et du productivisme.

L'important, c'est de ne pas laisser les individus seuls face au marché, sous prétexte qu'ils auraient un revenu garanti comme solde de tout compte, mais d'offrir un soutien individuel (par d'autres coopérateurs), faciliter les collaborations et les échanges, faire jouer des synergies et fournir enfin les moyens de l'autonomie : pas seulement un revenu minimum mais tous les supports sociaux de l'individu ! L'important c'est la construction collective de l'autonomie individuelle et l'organisation de la solidarité sociale, c'est de "faire" société. Il y a de bonnes raisons d'adopter pour cela une structure municipale "politisée" mais l'essentiel c'est de fournir un cadre pour les échanges locaux, pour la valorisation des compétences disponibles et le soutien des activités autonomes.

Les coopératives municipales, comme moyens de production et réseau de compétences se positionnant en alternative aux entreprises capitalistes et au salariat, ont besoin d'un revenu garanti pour passer du travail subi au travail choisi mais elles sont reliées tout autant aux monnaies locales favorisant l'économie de proximité, sur le modèle des SEL, "Systèmes d'Echanges Locaux" qui ont constitué, à leur petite échelle, les premières expérimentations de ce mouvement de relocalisation de l'économie en réponse à la globalisation marchande.

La relocalisation de l'économie

cartes La relocalisation peut se faire par des contrats entre consommateurs et producteurs locaux (comme les AMAP) ou par des associations, mais c'est tout de même assez limité et des monnaies locales seraient bien plus utiles pour dynamiser les échanges locaux et privilégier les circuits courts. Il y en a plusieurs types : le plus simple à mettre en place, c'est le "Time dollar" ou échange de temps, qui a un intérêt certain, entre autre dans la sphère domestique, ainsi qu'une valeur militante de contestation pour certaines hiérarchies de salaire illégitimes, mais ce n'est pas généralisable (car ne tenant pas compte des différences de qualification ni surtout du fait que le travail immatériel ou le "travail virtuose" ne se mesurent plus par le temps passé). Une monnaie locale peut être considérée comme une monnaie "interne", créée par une association ou une municipalité pour servir dans les échanges locaux de biens et services (sur le modèle des SEL). Ce sont en général des monnaies théoriquement "non convertibles" et "fondantes", c'est-à-dire qu'elles perdent leur valeur avec le temps (tout comme les Tickets restaurants ou les bons de réduction des grandes surfaces qui sont des monnaies à validité limitée) et ne peuvent donc se thésauriser.

Il y a bien d'autres monnaies alternatives qui peuvent cohabiter, comme les "monnaies virtuelles" qui se multiplient au-delà des jeux de masse multijoueurs (MMG : Massively Multiplayer Games) et sont par contre complètement délocalisées. Des "monnaies solidaires" (comme le SOL) pourraient tirer utilement parti de ces monnaies numériques, y compris dans les échanges internationaux, entre altermondialistes par exemple ou pour un véritable "commerce équitable", reliant ainsi le local avec le global. On est loin, en tout cas, d'une "monnaie unique" comme on pourrait le croire ! Il faut dire que pour l'instant ces différentes monnaies s'ignorent et interagissent peu mais avec la généralisation de monnaies plurielles (J. Robin), des bourses de conversion seront sûrement nécessaires, la conversion d'une monnaie dans une autre devant rester coûteuse, ni trop facile, sous peine de perdre sa spécificité, ni trop rigide, sous peine de n'être plus acceptée en paiement.

Certains voudraient supprimer l'argent, ce n'est pas du tout le chemin emprunté ici car, s'il faut étendre le domaine de la gratuité, notamment pour tout le numérique et l'immatériel, fondamentalement l'argent c'est ce qui remplace l'énergie à l'ère de l'information comme équivalent général. En effet, l'énergie, c'est ce qui se transforme en autre chose, en travail en particulier. Et l'argent est ce qui fournit les ressources, manifeste leur caractère social, élevant le singulier à l'universel. Sa prétention à tout quantifier est certes toujours contestable bien qu'indispensable à la circulation mais l'argent est avant tout un signe (monétaire), signe de reconnaissance sociale et système d'information dont on ne peut se passer.

C'est d'ailleurs ce qui fait, propriété remarquable et pas assez soulignée du monde de l'information, que sa croissance est toujours strictement limitée. Il n'y a pas de véritable croissance de la valeur monétaire car toute inflation monétaire diminue sa valeur effective, son pouvoir d'achat. L'inflation constitue donc une sorte de taxe sur les dettes, le passé et l'argent qui dort - ce qui est d'ailleurs très utile car une inflation raisonnable encourage l'activité, contrairement au dogme central de l'Euro ! A contrario, une grande partie du chômage est dit "keynésien", c'est-à-dire conséquence d'un manque de liquidités pour financer des emplois, en général à cause de la lutte contre l'inflation (et d'un manque de politique keynésienne justement!). C'est notamment le cas dans la zone Euro, mais on a pu voir aussi comme la crise monétaire en Argentine avait pu bloquer l'activité économique et provoquer immédiatement un chômage de masse. La capacité de création monétaire est strictement limitée aux ressources non utilisées puisque la monnaie constitue un droit de tirage sur la richesse sociale. Tout cela pour dire que les monnaies locales peuvent effectivement réduire le chômage dans ces périodes dépressives mais peuvent aussi créer de l'inflation, exigeant une gestion politique fine, comme toute monnaie car les marges sont relativement faibles même si elles sont loin d'être négligeables.

Malgré tout, le rôle premier des monnaies locales, c'est avant tout de permettre une relocalisation de l'économie en favorisant les échanges locaux sans devoir ériger pour cela de nouvelles frontières ni se fermer au marché concurrentiel, ni arrêter la construction européenne. Il ne faut pas se cacher pourtant qu'un des avantages décisifs des monnaies locales, en plus de fournir des ressources nouvelles pour valoriser la production locale, c'est de permettre aussi d'échapper à certaines taxes comme la TVA, ce qui fausse effectivement la concurrence au profit des prestations locales (la TVA devenant une sorte de droit de douane local).

Il faudra bien des expérimentations et des ajustements sans doute pour que ce système soit viable et se généralise. En tout cas, malgré le caractère exotique de ce genre de propositions, surtout après l'unification monétaire européenne et la tentative de constitutionnalisation d'une "concurrence libre et non faussée", il semble bien qu'à l'avenir on pourra difficilement se passer de monnaies locales, étant donné l'intérêt écologique de favoriser les circuits courts et de préserver le tissu social.

8h

Certes, le développement du travail autonome ne concerne pas tous les secteurs de l'économie, comme l'industrie qui reste importante (et qui ne disparaîtra pas plus que l'agriculture n'a disparue), mais c'est très certainement notre avenir (si ce n'est déjà notre présent pour beaucoup). Dans ce contexte, revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales dessinent une alternative possible, très éloignée des modèles antérieurs mais tourné vers le futur et que nous pourrions commencer à construire localement dès à présent, chacun à sa manière et sans attendre un hypothétique grand soir. Certes, l'absence de revenu garanti risque de se faire cruellement sentir et sera bien difficile à compenser localement. C'est pour cela qu'il devrait constituer notre revendication prioritaire au niveau national, voire européen.

Il ne s'agit pas d'abattre le capitalisme d'un seul coup d'un seul, ni d'accéder à une société idéale, mais de tenir compte des contraintes écologiques et de notre entrée dans l'ère de l'information pour construire patiemment les bases d'une production relocalisée et d'un travail autonome, en corrigeant nos erreurs et en partageant nos expériences pour atteindre nos objectifs communs. Le préalable sans doute serait de retrouver une expression collective au-delà du marché des idéologies. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a plus de temps à perdre mais ce n'est pas la fin de tout : nous en sommes plutôt aux difficiles commencements...

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32 réflexions au sujet de « Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales »

  1. Avec l'économie qui a avalé le politique, avons-nous aujourd'hui l'espace démocratique et la liberté politique "pour construire patiemment les bases d'une production relocalisée et d'un travail autonome"?

    Pour "affirmer nos objectifs", ne faut-il pas d'abord reconquérir l'espace politique pollué par les mass-médias et la publicité?

    Si on veut toucher et convaincre la majorité des salariés et chômeurs qui n'ont pas accés à ces réflexions de haut niveau...

  2. Je ne fais preuve d'aucun optimisme, il me semble, la situation est trop lamentable. Je me contente de dire ce qu'il faudrait en pariant sur l'avenir mais en passant par le pire sans aucun doute... Cela ne sert pas à grand chose, et je ne trouve pas moi-même que ce soit assez convaincant, mais c'est ce qu'on m'a demandé. Il faudrait déjà éveiller l'idée qu'on puisse vivre dans un autre système, sans tomber dans le délire ou l'oppression.

    La liberté ne se prouve qu'en acte et le pouvoir ne s'octroie pas, il se prend. Donc ce n'est pas gagné mais cela dépend de nous, ce n'est pas impossible non plus, il y faut juste une révolution ! Rien que ça, mais pas moins !

    Ceci dit, je ne veux convaincre personne et surtout pas les foules, je suis trop conscient de pouvoir me tromper et d'être incapable de restituer la complexité des choses. Dans ces affaires, il faut en faire le moins possible, entrer dans la clandestinité s'il le faut plutôt que dans la propagande car s'il y a quelque vérité dans ce que je dis, elle s'imposera d'elle-même à la longue (pas dans l'immédiat), ce n'est pas une question de force de conviction.

    "La vérité ici ne peut s’imposer qu’en devenant force pratique. Elle manifeste seulement qu’elle est vérité en ceci qu’elle n’a besoin que des moindres forces pratiques pour mettre en déroute de bien plus grandes". Debord, Véritable Scission, p38

  3. Dommage que ces personnes affirment, sans rire, qu'il est urgent de faire perdurer l'existent parce que la société n'est pas prête. Donc malgré l'intérêt évident du revenu garanti, les moyens d'y arriver relève plus d'actions comme la chute du mur de Berlin, de mai 68 ou de la révolution de 1789 tous inachevés et inversés par la cause de ces mêmes pseudo élites affirmant que rien ne peut changer rapidement. Claude

  4. Pas mécanique, non, matérialiste et systémique, oui, ce qui est sans doute une faiblesse à court terme ! mais il y aurait beaucoup à ajouter qui ne pouvait trouver place dans cet article et il faudrait trouver mieux, c'est sûr. Je donne des directions qui me semblent s'imposer, en espérant que d'autres iront plus loin, plus concret, plus juste...

  5. Il me semble que l'approche directe vers le revenu garanti est trop brutale et trop frontale vis-à-vis d'un système qui est précisément structuré autour de la polarité manque-privation et rêve-récompense. Jamais un tel système ne produira ni ne permettra une diminution de la privation.

    Dans le même style j'ai plutôt pensé à une méthode plus douce et subtile, qui serait la création d'un statut "d'entreprise individuelle à but non lucratif". Quelque chose qui ressemblerait de loin à l'association loi 1901 mais individuel. Et là on s'attaque non pas à diminuer la privation, mais à autoriser le non-profit. C'est moins choquant pour les esprits qui restent très focalisés sur l'idée de récompense.

  6. veille histoire que le revenu garanti , j'ai même entendu dire qu'il en existait à un moment de l'antiquité grec , et qu'il semblait une condition de la participation à la vie de la cité .

    on à l'impression que ça fait à peu près 40 ans qu'on en parle en france et en europe et que plus ça semble quelque chose de nécessaire et d'urgent , plus les rétissenceS se renforcent à l'endroit de cette revendication .
    Comment pouvez vous l'expliquer? OU plutôt la volonté de punir les pauvres suffit telle à faire barrage à cette revendication ?

    ON à parfois le sentiment , mais c'est peut-être un point de vue subjectif , que grosso modo , il y a un progrès dans les consciences de ce côté là en ,particulier dans le mouvement social où on sent qu'il ne manque pas grand chose pour que cette revendication passe au premier plan et qu'on en mesure , sous certaines conditions , le caratère révolutionnaire . vous qui vous activer depuis de nombreuse années dans le mouvement social et sur internet estce que vous pouvez confirmer ce sentiment ?

    vous n'aimez pas beaucoup le terme d'homme nouveau ( annonciateur de toutes les tyrannies selon vous, comme si les révolutions ne devaient pas nécessairement mal tourner )mais le monde nouveaux dont vous dessinez les contours (fait de coopératives municipales de revenu garantie et de monaies locales ) ne se traduira t il pas par une revolution dans les mentalités et les comportement individuels , une nouvelle façon d'envisger la production , la nature , des nouveaux rapports au femmes, aux enfants , à la politique, à l'information ?

    enfin une dernière question ,plus anecdotioque , une fois qu'on a compris que ce n'est pas la fin du travail mais seulement la mort progressive du salariat qu'est-ce qui permet d'expliquer l'attitudes des organisations syndicales et politique , si hostile au revenu garanti ?

  7. oui une précision sur les syndicats , dont on parle dans l'actualité avec une réforme qui integrerait "solidaire" aux futurs négociations gouvernementales , le passage au revenu garanti n'aurait t'il pas pour conséquence , en supprimant la peur du chomage et de la précarité , de relancer dans le salariat les revendications syndicales et la conquète de nouveaux droits ?

  8. Le revenu garanti n'a rien de nouveau puisqu'on peut dire qu'il a toujours existé ! Presque toutes les sociétés en dehors de la société capitaliste se sont préoccupées de fournir un minimum à toute la population. Ainsi, la Rome antique était fondée sur l'alliance des pauperes et des potentes. Certes, le fait de fournir à la plèbe "du pain et des jeux" était aussi une façon de s'assurer qu'elle ne perturberait pas les puissants et se contenterait d'assister en spectateur aux jeux de cirque comme à ceux du pouvoir mais il n'y a rien d'original dans le soin que toutes les familles prennent de leurs enfants. Ce qui est l'exception c'est le capitalisme qui produit de la pauvreté, des prolétaires dépourvus de tout à partir de la privatisation des terrains communaux. On a réduit les travailleurs à la famine pour les salarier de même que les petits paysans avaient été pillés et affamés pour se soumettre au servage. Selon Louis Dumont, cette dépendance matérielle serait le pendant à l'indépendance sociale car la dépendance (d'une famille, d'une mafia ou d'une caste) procure une certaine sécurité matérielle.

    Si on peut faire remonter la garantie du revenu à des origines lointaines, ce n'est pourtant pas du tout la même chose désormais. Ainsi le distributisme de Duboin est très marqué par son époque et pas du tout adapté à l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. Il faut créditer les italiens des premières ébauches du revenu garanti tel qu'il s'impose aujourd'hui, en particulier Toni Négri qui est bien plus juste sur le travail immatériel qu'au niveau politique ! C'est le développement de la précarité qui impose le thème du revenu garanti, ce n'est pas un mouvement d'idées ! Au contraire, personne n'en veut et pour l'éviter on maintient la fiction d'un plein emploi salarié complètement mythique et qui laisse beaucoup d'exclus sur la bord de la route.

    Si la résistance est si forte, ce n'est pas simplement pour "punir les pauvres" mais plutôt pour les obliger à travailler. On est dans le même cas que l'abolition de l'esclavage qui faisait craindre, bien à tort, que le travail ne soit plus assuré. C'est d'autant plus absurde de croire que ce serait la fin du travail qu'on est passé globalement d'un travail forcé à un travail valorisant devenu désirable. Le chômage de masse a mis en évidence le caractère socialisant du travail qui n'est plus imposé mais désiré, de même que le travail des femmes manifeste qu'elles ne préfèrent pas rester à la maison et trouvent dans leur activité une indépendance de vie leur permettant de jouer contraintes extérieures contre contraintes intérieures. Cette transformation radicale de la représentation du travail rencontre l'inertie idéologique qui est considérable (qu'on songe que les religions actuelles peuvent dater d'un millénaire ou deux !). Il semble que cette valorisation du travail ne peut s'introduire pour l'instant que par le biais de la "valeur-travail", par la demande d'une meilleure valorisation du travail.

    Ce qui rend difficile la reconnaissance du caractère désirable du travail, outre le fait que, bien sûr, tous les emplois ne sont pas épanouissants, loin de là, c'est le fait que travailler est difficile, pénible, exigeant, contraignant, épuisant ! Lorsqu'on en souffre, on se dit qu'on mérite salaire et que ceux qui ne foutent rien ne méritent rien. Ce sont les smicards qui envient le plus les rmistes ! Il ne faut pas croire que ce sont les patrons seulement qui y sont opposés, loin de là ! Sinon, malgré ce qu'on pourrait croire une très large majorité de salariés se disent heureux dans leur travail et se battent quand leur entreprise ferme pour y rester. Ceci dit je crois qu'un partie des résistances est tout simplement due à l'insuffisance des propositions de revenu garanti qui ont été faites, leur absence de crédibilité. Si on voit une montée de la revendication d'un revenu garanti, son insistance, c'est encore dans une position très minoritaire de popularisation d'une idée qui semble folle à la plupart, et qui l'est souvent (assimilée à un droit à la paresse ou la fin du travail). De plus les syndicats y sont opposés par fonction, ne voulant défendre que les salariés. En tout cas je ne vois aucun aboutissement prochain, même si l'histoire peut connaître des accélérations soudaines...

    Quand à l'homme nouveau, c'est comme le Beaujolais, chaque année est aussi nouvelle que l'autre ! On peut bien dire qu'on change tout le temps, ou qu'on est toujours les mêmes. Je ne me sens guère différent d'Aristote quand je le lis, mais je peux trouver que les discours marxisants de Mai 68 sont d'un autre monde même si j'ai pu en tenir de semblables. Il est certain que l'idéologie change avec les conditions matérielles et notre réalité quotidienne, en ce sens toute politique qui change les structures produit un homme nouveau, le libéralisme nous isolant par exemple. La révolution que nous vivons est effectivement considérable "révolution dans les mentalités et les comportement individuels, une nouvelle façon d'envisager la production, la nature, des nouveaux rapports au femmes, aux enfants, à la politique, à l'information".

    Il ne faut pas trop se monter la tête à propos de cet homme nouveau, pourtant, on ne fera pas des merveilles parce que le problème c'est nous, les relations sociales, la rivalité des désirs. Si on peut améliorer les choses, s'adapter mieux aux contraintes matérielles, régler des dysfonctionnements, c'est déjà pas mal. Certes on peut s'attendre à un moment de grâce et de solidarité plus forte mais qui ne durera pas toujours et sera toujours à reprendre... Pour l'instant ça prend surtout un vilain tour et le plus probable reste qu'on aille à la catastrophe. La chaleur de ce mois de novembre devrait pourtant servir d'avertissement, même si ce n'est pas seulement le réchauffement global qui l'explique.

    (deuxième version, faite dans des conditions difficiles. J'ai perdu la première car mon ordinateur est mort!)

  9. merci pour votre réponse , pour votre ordinateur je vais essayé prochainement d'organiser un concert de soutient pour vous . j'espère que ça permettra de débloquer les fonds nécésaires . ne vous attendez pas a un miracle pour autant , les concerts sont à prix libre . bien à vous .

  10. oui, je pense aussi à une autre chose. en fait ça fait longtemps que ça me travail . votre site présente un interet pédagogique et educatif indeniable . vous faite un travail de veille salutaire , notamment par rapport à l'actualité , et vous prener le temps de répondre à tous les commentaires qui sont déposés sur votre site . c'est une initiative singulière sur la toile . moi qui surf depuis pas mal d'années , je n'ai pas trouver l'équivalant ailleurs . si bien que si je conserve encore mon adonnement c'est en grande partie pour consulter régulièrement votre site . par ailleurs j'ai la possibilité d'aller sur bordeaux à peu prés une fois par mois . je me disais que je pourrai essayer de réunir un certain nombre de gens autour de vos idées et de vos écritures . le projet est une sorte d'université autonome basée sur l'exploration collégiale d'un corpus , le votre , et l'éducation mutuelle. je pense qu'il n'est pas impossible de rassembler une 20aine de personnes dans un premier temps . d'ici septembre 2007. pourquoi ne pas proposer à ces 20 personnes , moi y compris , de balancer 10 euros par mois qui vous serait destiné afin que vous puissiez continuer plus sereinement votre travail . supposons que l'initiative se reproduise ailleurs , cela pourait vous apporter un complément de revenu non négligeable . en ce qui me concerne je veux bien passer un week end par mois à organiser le travail pédagogique sur bordeaux : travail de groupe , dicussion , écriture et activités communes , et si les gens en ressentent le besoin de repondre aux mails et aux coups de telephones . je serais donc dans cette histoire , une sorte de coordinateur et de personne relais . dont je ne revendique absolument pas l'exclusivité . voilà ce que je peux vous dire ce soir . je ne veux pas trop tirer de traits sur la commète , et je compte beaucoup sur la chance . je me souviens des débuts du local universel sur bordeaux : ce lieu , culturellement si rafraichissant , à l'ambiance bonne enfant , qui à secreté tout une scène avec 4 ou 5 groupes . C'était au dépard une bande de jeunes un peu paumés qui fumaient des pétards en écoutant du dub .....

  11. Merci bien. Je ne crois pas du tout que cela puisse marcher mais c'est très sympa.

    Je ne vais pas rester sans ordinateur et s'il ne se remet pas à marcher d'ici demain je vais sûrement m'en acheter un autre.

    Mes problèmes ne se réduisent pas à l'ordinateur, il y a ma voiture qui n'a pas passé le contrôle technique (et à la campagne on ne peut vivre sans voiture). Il y a trop longtemps que je suis précaire. Il faut donc absolument que je trouve un véritable revenu. Je ne sais si je le trouverais (des réponses attendues ces jours-ci) ni le temps que cela me laissera pour écrire (je suis très lent pour écrire, il me faut presque une semaine de travail acharné pour écrire un texte!).

    Le projet sur Bordeaux est alléchant mais il n'a sans doute aucune chance de réussir et Bordeaux est bien loin de chez moi, surtout en train. L'argent que permettrait de récolter cette hypothétique contribution ne couvrirait pas beaucoup plus que le prix du voyage !

    En tout cas, effectivement, pour l'instant l'avenir de ce blog n'est pas assuré, on verra bien...

    Je ne sais si je vais laisser ces commentaires personnels ici mais ils ne sont pas si déplacés pour un article sur le revenu garanti et le travail immatériel gratuit !

  12. mais à la limite vous n'auriez pas besoin de venir sur bordeaux , mais seulement de continuer à alimenter votre site en contenu .

  13. "Je ne sais si je vais laisser ces commentaires personnels ici mais ils ne sont pas si déplacés pour un article sur le revenu garanti et le travail immatériel gratuit ! "

    en effet car la question est posée . mon optimiste sur le moyen terme , je suis convaincu que le revenu garanti finira par s'imposer ( et plus je m'informe plus j'y crois), ne dois pas me faire oublié que pour les 5 voir 10 prochaines années il va falloir composer sans . allors comment faire ?

    je vois autour de moi des gens reprendre des études , un tel fera un master de psychanalyse à paris 8, et un autre deviendra ébéniste ou artisant d'art . beaucoup compte sur l'art pour se trouver un revenu . peinture, vidéo , art vivant ( il parait que les spectacles de marionnettes ont la côte actuellement ). enfin ils y a ceux , et non des moindres , qui vont arracher leur revenu d'existence en se victimisant : et il parait que le dispositif d'allocation d'adulte handicapé , connait un pic sans précédant de nouvelles demande.
    car il faut bien le reconnaitre pour un RMIste , qui de surcrois vit à la campagne et sans voiture , les perspectives d'insertion sont bien mince . pour mon département ( la dordogne est un département pauvre ) il n'y a plus actuellement de contrat aidés , type contrat d'avenir ( le département refuse de les financer, il n'en aurait pas les moyens ), laissant des populations entières à l'agonie .

    misère du présent, richesse du possible . les données biographiques sont tout aussi importantes que les textes théoriques ou programmatiques.

    je suis en train de lire des extraits des correspondences entre marx et engels . j'apprends tout un tas d'anécdotes croustillante : comment engels à revendiquer la parternité de l'enfant de la bonne de marx qu'il avait lui même engrossé , comment marx à si bien parler d'argent sans en voir véritablement la couleur, bref on attéri dans la merde des rapports humain et du quotidien avec lequel marx et engels ont du se dépatouiller . et là je me rend compte , mais je ne fais que pour l'instant le toucher du doigt , que ça donne une lecture nouvelle sur les sommet de l'oeuvree de marx .

    bien à vous .

  14. En fait les dernières nouvelles sont plutôt bonne. Rien de sûr encore mais je devrais pouvoir m'en sortir ! En attendant, tant que je n'ai pas un nouvel ordinateur il m'est difficile de répondre aux courriers.

    Même si je règle mes problèmes d'argent, je ne suis pas contre travailler à distance avec un groupe sur Bordeaux...

  15. Bonjour Jean

    Je suis personnellement motivé par la création d'une coopérative municipale à Lyon, je peux y faire participer pas mal de personnes qui ont deja l'expérience (Pas toujours très bonne, mais petit à petit on comprend pourquoi en analysant les erreurs...) de l'autogestion, notamment dans des friches artistiques. J'ai pas mal d'espoir au niveau de la démocratie participative en utilisant, se réappropriant et bien sur réinventant les méthodes latino-américaines du style "la méthode colibri" que je trouve très intelligente et très créative et en plus très humaine. (http://www.eutopic.lautre.net/bd...
    Je pense qu'il est possible de créer ce que vous appellez une coopérative municipale et ce projet m'interesse beaucoup, je pense aussi qu'il est possible d'interesser la mairie d'arrondissement de Lyon à laquelle je pense et pourquoi pas la mairie centrale, si le projet est bien ficellé et cohérent. Je pense en premier lieu aux artistes qui ont des professions libérales, qui veulent faire vivre un autre type de rapport au monde et qui ont leur role a jouer dans la reconstruction du lien social. Je me demande si par le biais d'une coopréative municipale il n'y aurait pas le moyen de remettre l'artiste à son role (enfin tel que je l'entends) au sein de la société. Que cette structure pourrait lui permettre d'avoir un revenu garanti, lui permettre de developper ses créations et d'avoir des actions culturelles, sociales, coopératives avec différents publics pour lesquels l'art apporterait une bouffée d'oxygene (personnes agées, handicapées, immigrés...). Bien sur cela se fait deja mais beaucoup de projets manquent de fianncements. Peut etre qu'une coopérative municipale pourrait participer à la perenisation de ce genre d'action tout en les combinant avec d'autres formes de productions matérielles et immatérielles, logiciels libres, utilsiation du recyclage ect...Je connais tout un tas de gens motivés et capables pour ce genre d'aventure, et qui ont deja des savoir-faire (Qu'il faudrait transmettre grace à des systemes d'echange des savoirs ect...) mais il faut un cadre rassurant et cohérent (Nous avons été beaycoup a vivre le pire de l'autogestion dans des friches artistiques où tous les pires comportements de la société marchande étaient reproduis, l'individualisme, les jeux de pouvoir, la manipulation...Ect...Mais desormais je dispose d'une base solide pour savoir ce qui marche ou ne marche pas, en tous cas au niveau humain et organisationnel, ensuite au niveau économique, et en ce qui concerne les monnaies locales, je ne connais pas encore grand chose, mais quelque chose me dit que c'est possible. Je me dit que ce type de structure, faite pour héberger des activités non rentables peut abriter des médias libres, permettre de renouer le lien social entre les gens d'un meme quartier, redonner une activité valorisante et une image d'eux mêmes positives aux jeunes de quartier...
    J'ai enormement d'idées à ce sujet, un peu d'experience et pas mal de contacts...
    Alors si vous voulez bien que l'on en discute, n'hésitez pas a me repondre à cette adresse: fbardier@numericable.fr

    A bientot et merci d'avance de votre réponse

    François

  16. j'ai encore du mal à comprendre que toute tentatives, en dehors d'un revunu gantit assuré par l'état ou l'europe , ne soit pas vaines . pour les monaies locales , à part le time dollard qui semble assez simple , le reste me parait très complexe à utiliser , déjà a comprendre pour soi ( je vais quand même relir à tête reposé votre article sur les momaies locales du debut 2005), mais ce qui me semble le plus hors de portée c'est de faire comprendre les monaies locales à un nombre significatif de mes semblables , et à commencer par les elus locaux ( de véritables crétins ) . cela dit j' habite en milieu rural , la situation est peut être plus simple en ville .
    et il doit falloir sans doute des premières tentatives pour rendre la compréhension de tout ça plus évidentes .

  17. Je suis très enthousiasmé par le projet de François, j'espère qu'il aboutira (ce sera difficile...). Ce qui est le plus prometteur c'est l'absence d'illusion sur l'autogestion. En effet, on ne peut espérer y arriver qu'à tenir compte des difficultés. L'échec des expériences d'autogestion ne doit pas mener à en abandonner le projet mais à réduire ses ambitions et mettre en place les procédures pour surmonter les problèmes, comme la "méthode colibri" dont il ne faut pas attendre des merveilles, l'important c'est d'avoir des méthodes de traitement des dysfonctionnements. Il est vrai que maintenir la cohésion du groupe est vital mais cela ne peut être un but en soi, ce n'est possible qu'à faire équipe en vue d'une finalité commue.

    Avec tous mes encouragements, donc.

  18. Il est effectivement difficile de convaincre de l'intéret des monnaies locales, c'est le principal obstacle.

    Voici ce qu'en dit Bernard Lietaer, l'auteur du "Futur de la monnaie", un des meilleurs spécialistes des monnaies alternatives (il a participé au Club de Rome ainsi qu'à la conception de l'Euro) :

    Quelques conseils pratiques pour le lancement d’une monnaie complémentaire

    Le plus difficile n’est pas de concevoir une nouvelle variété de monnaie complémentaire ni même d’organiser son mode de fonctionnement, mais de la faire accepter (et utiliser) par la communauté. Les monnaies officielles ont pour elles l’histoire et la force de l’habitude, ainsi que (et ce n’est pas mince…) le privilège du pouvoir légal de payer les dettes, publiques et privées. Ce n’est pas le cas de votre monnaie locale, qui doit donc bâtir sa crédibilité sur autre chose.

    Crédibilité : le maître mot faute duquel rien ne peut aboutir.

    Pour réussir, trois facteurs clés :

    - le choix du moment approprié

    - la volonté et les qualités des promoteurs du système

    - le mode d’organisation.

    1. Choisir le moment approprié

    Les anciens Grecs distinguaient deux types de temps : Kairos (le « temps parfait ») et Chronos, le temps ordinaire. La même initiative, entreprise par les mêmes personnes, peut déboucher sur des résultats différents en fonction de la période de mise en œuvre.

    Le moment en question peut se présenter a priori sous des dehors positifs ou négatifs. Par exemple, la forte augmentation du taux de chômage en France et au Royaume-Uni, ou les crises monétaires argentine et mexicaine, ont constitué un terrain particulièrement propice au développement de monnaies complémentaires.

    Le « bon moment » peut aussi renvoyer à la constitution d’un groupe de personnes qui décident d’agir pour leur communauté. Ce qui nous amène directement au deuxième facteur.

    2. S’appuyer localement sur un(des) animateur(s) de qualité

    C’est peut-être le facteur le plus important : la personne, ou le groupe, qui impulse l’initiative monétaire doit posséder simultanément la vision, la capacité à entreprendre et le charisme requis.

    La vision, pour se rendre compte qu’il est possible d’agir en dehors des sentiers battus ; la capacité à entreprendre, c'est-à-dire la volonté d’intervenir par rapport à une situation, et d’obtenir un résultat ; le charisme, enfin, pour convaincre la communauté d’appartenance d’aller dans le même sens. Si l’une des trois caractéristiques manque (et c’est malheureusement souvent le cas), le projet va à l’échec, ou bien on reste dans le discours, sans effets concrets. L’équipe qui, au contraire, cumule les trois qualités a toutes les chances de donner au projet de monnaie complémentaire la crédibilité dont il a besoin pour réussir.

    Rappelez-vous : la valeur de l’argent repose avant tout sur la confiance, donc sur la fiabilité des promoteurs des systèmes complémentaires. De surcroît, cela va également déterminer l’ampleur et la nature du dispositif monétaire mis en place : si le réseau et la renommée de l’équipe s’appliquent à un quartier, il faut travailler à ce niveau ; si, en revanche, ils peuvent mobiliser une région entière, on peut faire fonctionner le système à l’échelon régional.

    Pour conclure sur cet aspect, il est un commentaire de Lao-Tseu qui correspond tout à fait bien à la dynamique des mouvements sociaux : « La meilleure gouvernance, c’est quand les gens finissent par affirmer qu’ils ont fait les choses eux-mêmes ».

    3. Choisir un mode d’organisation adapté

    La dernière étape consiste à sélectionner le bon système, celui qui s’adaptera le mieux à vos attentes… alors qu’il existe déjà toute une série de prototypes variés qu’il va falloir trier.

  19. je reviens sur la proposition de françois . je me felicite qu'elle vienne du monde de l'art , et cela confirme d'une certaine façon les espoirs que je mets en lui notemment pour refaire société et recréer une convivialité perdue . aujourd'hui artiste ,ça veut dire vivre avec le rmi. c'est un problème dans la mesure ou leur statut d'artiste auteur , inscrit à la maison des artistes et au centre des impôts , risuqe dans certain département de les priver de la possibilité de s'inscrire au rmi . ça risque d'être le cas en dordogne , j'en ai eu la confirmation d'une assistante sociale . or comme il n'y a pas de travail et que même le marché de l'art en vient à s'éffondrer , surtout pour ceux qui prétendent avoir une activité artistique dont l'un des enjeux et la création de nouvelles socialités par la mise en visibilité sur le territoire , je crois bien que les monnaies locales pourraient résoudre en partie leur problème de revenu . je veux bien croire que c'est d'abord dans les centres urbains que la situation et la plus favorable , notament la richesse et la pluralité au niveau des populations et la présence de milieux marginaux en quète d'une alternative .

    en ce qui concerne la campagne , je ne sais pas trop ce que vous en pensez ( vous jean qui vivez aussi en milieu rural) mais la situation me parrait beaucoup plus compliquée du fait du manque de cette population qui en ville est capable de prendre en main le changement social. il y a bien quelques marginaux , mais souvent qui préfèrent rester entre eux , ou encore des artistes dans la tranche 40 50 ans ou enfin un petit milieux politique essentiellement des militants communistes , mais au final ça fait très peu de gens et il n'est pas facile de les faire se rencontrer . néanmoins d'ici quelques mois je serais sans doute amené à tenter quelque chose avec une asso d'artiste rmiste : sans doute l'occupation d'un local , donc je verrai bien si sur la duré nous arriverrons à mobiliser les gens et à créer du lien et à sucité un questionnement sur la possibilité d'une alternative, même si je pense que pour les campagnes , ce qui changera réellement la donne c'est le revnu garanti, permettant via des politiques du logement adaptées de faire revenir et d'implanter durablement des populations urbaines pour qui la vie à la campagne est actuellement un luxe ou une misère encore plus insupportable que ce qu'ils vivent actuellement .

  20. après réflexion , je ne suis pas sur que le sytème de balancer chacun un cotisation pour jean zin soit le meilleur . l'argent sert aussi à casser la dette . en revanche , organiser des concerty de soutient, vendre de l'art ( peinture affiche , vidéo ) et reverser une part des benèf à jean , me semble une meilleurs idées , moins passivante .

  21. Merci les copains. Tous les dons que j'ai pu recevoir m'ont permis de tenir jusqu'à maintenant, donc c'est formidable mais, en même temps, cela n'a jamais duré très longtemps, c'est très contraignant et très aléatoire. Cela fait une dizaine d'années que je vis avec très peu, ça s'est plutôt amélioré depuis quelque temps où j'ai pu doubler mon RMI.

    De quoi survivre sans problème mais pas de quoi faire face aux dépenses exceptionnelles et c'est toujours l'angoisse de ne pas être assuré du lendemain. Le fait de faire la manche est aussi assez humiliant et introduit une dépendance des personnes qui n'est pas souhaitable. Dans l'état, ce n'est donc pas une solution satisfaisante qu'on peut encourager.

    Il faudrait d'autres systèmes, plus anonyme sans doute (ou du moins ne mettant pas en rapport le nom des soutiens et la somme donnée), permettant d'envoyer une petite somme par simple clic, ou une mutualisation de plusieurs sites (sous forme d'abonnement) avec une transparence des sommes versées.

    Je reste persuadé que l'idéal serait qu'il n'y ait pas besoin de parler d'argent, qu'un revenu garanti me permette de vivre sans rien demander à personne, en continuant à offrir gratuitement toutes mes recherches comme presque tout le monde sur le net.

    Etant donné les circonstances présentes, je suis d'autant plus reconnaissant à ceux qui m'ont aidé et encouragé à continuer mais je fais tout pour ne plus être à la charge de ceux qui m'aiment et, normalement, je devrais être embauché pour 6 mois par le GRIT au 1er janvier 2007 (les modalités et le contenu sont encore en discussion), de quoi me permettre de faire face aux dépenses qui s'accumulent ! Merci, donc pour ces propositions mais j'espère qu'elles ne seront pas nécessaires... En tout cas, c'est sûr qu'il y a des gens bien sympas, de quoi ne pas trop désespérer de l'humanité.

  22. est-ce que c'est légal les monnaies locales , elles qui fausse la concurrence ? et si un projet comme la constitutionalisation européenne d'une concurrence libre et non fausée arrivait à voir le jour?

  23. Les monnaies locales sont en principe illégales, le privilège de battre monnaie étant un privilège royal, mais d'une part il y a une certaine reconnaissance légale des SEL (il y a aussi des procès pour concurrence illégale), d'autre part il y a de multiples façons de créer des monnaies "privées" qu'on ne peut empêcher à l'intérieur d'associations ou entre sites Internet. On ne peut empêcher le Club Méditerannée de faire payer ses boissons avec des colliers !

    On peut donc le faire dans un cadre strictement légal, ce qui ne veut pas dire à l'abri d'être déclaré illégal, ce qui dépendra d'un rapport de force et de l'intérêt suscité. En tout cas j'ai voté contre la constitution européenne surtout à cause de l'article sur une mythique concurrence libre et non fausse, par crainte qu'on puisse opposer ce principe par trop naïf à la nécessaire relocalisation de l'économie.

  24. une dernière chose sur le revenu garanti. ça touche à la crédibilité d'une telle proposition.

    on voit les membres du gouvernement faire preuve d'une extrème austérité pour la gestion des dépenses publiques ( ça va jusqu' a la traque organisée de supposés fraudeurs ), comme si il n'y avait plus d'argent dans les caisses de l'état, même si on voit aussi les tenant de la gauche de la gauche affirmer qu'il y a des marges de manoeuvre .

    où est ce qu'on trouve l'argent pour financer cette messure sur le revenu et quel type de réformes sont supposée dégager les fonds nécessaires ?

    si vous pouviez m'indiquer si des calculs ont déjà été réalisé , je serais très demandeur . je me souviens qu'il y a quelques années, chiche! avait fait un calcul sur une base de 4000 francs , montrant au passages que cette mesure ne coûtait pas plus chère que l'ensembles des cadeaux faient chaque année aux entreprises, mais ça date un peu ....

    bien à vous

  25. En ce qui concerne le revenu garanti, les francs maçons avaient eux-mêmes fait le calcul et montré qu'il suffisait de fussionner la plupart des minimas sociaux (Si je me souviens bien) pour garantir à tous un revenu (Ils appellent ça revenu d'existence). En tous cas il n'y avait pas besoin apparemment de dégager des ressources supérieures à celles disponibles. Une émission radio avait été consacrée à cela sur le site du grand orient de France.
    Les deux émissions sont disponibles sur leur site:
    http://www.godf.org/media_detail...
    http://www.godf.org/media_detail...
    Tout cela y est très bien expliqué.
    En ce qui concerne mon projet de coopérative municipale sur Lyon, je continue d'y reflechir et de prendre beaucoup de notes, j'ai beaucoup d'idées, et comme autour de moi, beaucoup de gens doutent de la possibilité même d'une telle aventure, cela m'oblige à être très rigoureux dans ma reflexion. Et d'ailleurs il y a encore pour moi pas mal de zones floues à clarifier avant de me lancer dans ce projet.
    Et d'ailleurs, je me disait, plutot que reflechir tout seul dans mon coin, pourquoi on ne créerai pas un wiki ou quelque chose comme ça (Outil de travail collaboratif sur internet sur lequel tout le monde peut écrire) pour partager nos idées sur le principe de cooéprative municipale et comment on pourrait réellement mettre cela en oeuvre, en prennant en compte tous les parametres (Politiques, écologiques, techniques, démocratiques, humains, psychologiques, monétaires...) en imaginant quelles activités pourraient y voir le jour, comment elles seraient organisées...ect...
    Parce que je connais du monde qui serait interessé, mais ils auraient besoin d'être rassurés sur la perenité d'un tel projet !
    Penses-tu pouvoir mettre en place un wiki special coopérative municipale Jean ? Un wiki relié à ton site et aux articles sur la coopérative municipale ? Ou preferes-tu que quelqu'un d'autre s'en occupe ?

    A très bientot
    Amicalement

    François

  26. (après une longue panne de 5 jours...)

    D'accord pour faire un wiki (demain si tout va bien, aujourd'hui je voyage). Je ne suis bien sûr pas contre que d'autres s'en occupent, de toutes façons un wiki se fait à plusieurs, mais je suis très intéressé par ce projet et la tentative de surmonter tous les obstacles...

    Pour le financement du revenu garanti on peut effectivement remarquer qu'il y a déjà 40% du revenu qui est socialisé mais l'inconvénient de ce type de raisonnement, c'est qu'on se situe entièrement dans le cadre actuel, d'un système de protection sociale financé par le capitalisme salarial.

    Le point fondamental du revenu garanti à l'ère de l'information c'est son caractère productif qu'il n'avait pas à l'ère industrielle, et l'instrument d'une sortie du salariat (donc du chômage) vers le travail autonome. La question du financement se pose quand même, seulement il faut soustraire les bénéfices attendus à la charge supplémentaire qui n'est pas négligeable, ce pourquoi il faut avancer progressivement et ne pas vouloir tout universaliser tout de suite.

    Le cadre d'une coopérative municipale serait adapté à cette expérimentation à condition de disposer de ressources conséquentes, c'est-à-dire d'arriver à impliquer les organismes sociaux et les élus dans cette expérimentation. Même sans revenu garanti l'expérience vaut le coup mais elle n'est conclusive qu'à pouvoir mettre en oeuvre à la fois revenu garanti, coopérative et monnaie locale.

    A demain, pour le wiki...

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