Commune connerie

biais_cognitifsErrare humanum est
Quand on se rend compte à quel point on a pu être con, on ferait mieux de se taire. C'est d'ailleurs ce que je fais en dehors de ce blog mais vraiment, je ne peux nier avoir avec ma génération collectionné les égarements. En commençant par la religion qui est la preuve massive de notre crédulité et à laquelle je croyais dur comme fer quand j'étais enfant, jusqu'à vouloir être curé ! Je me trouvais à l'époque bien moins crédule quand même que les païens adorateurs d'idoles, puis, je me suis cru beaucoup plus malin quand je n'y ai plus cru et que je me suis engagé dans les mouvements post-soixante-huitards, certain qu'on pouvait changer le monde avec quelques mots d'ordre simplistes et que notre génération allait tout reprendre à zéro (on a vu). Je n'étais quand même pas trotskiste, ni aussi con que les maoïstes casqués scandant de façon effrayante "Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao" ! Avec le recul, la somme de bêtise et d'aveuglements de ces temps là semble considérable (y compris pour un Sartre!), vraiment pas de quoi s'en glorifier outre-mesure même si l'effet à long terme en est largement positif. Après je me suis cru obligé de vivre en communauté et d'aller voir ce qui restait des hippies en Californie. Malgré des côtés sympas, notamment les expériences psychédéliques, il fallait là aussi se traîner un paquet de stupidités plus ou moins mystiques avec la dénégation du surmoi collectif. L'École Freudienne de Paris, ensuite, c'était tout un poème avec Lacan en sujet supposé savoir qui suscitait bien malgré lui des attitudes quasi religieuses de croyants et provoquait une palanquée de délires imbitables trop chargés de signifiants. L'apport de Lacan est incontestable mais ce n'est pas dans les milieux intellectuels qu'il y a le moins de connerie, c'est sûr, et rien de pire que les disciples ! Il y a même quelques raisons de considérer les différentes philosophies en leur fond, et pour leurs adeptes au moins, comme des formes de la bêtise et de la religion (de Platon à Deleuze) bien qu'y échappant par l'argumentation publique[1]. Mon intervention à la création de la Cause Freudienne s'appelait déjà "l'institution ou le partage de la bêtise" mais je ne peux dire que j'en étais complètement indemne, ce qu'on voit bien une fois qu'on a pris ses distances. A mes débuts dans l'écologie, ce n'était guère mieux. J'avais encore, sans le savoir, une conception naïve de la démocratie et m'imaginais, comme les autres militants, que notre devoir était de dessiner une sorte de société plus ou moins idéale, sauf qu'il y en avait plusieurs et que ça faisait des tendances écolos qui s'affrontaient pour rien. Ce qui est curieux, c'est que nous étions nourris de sciences sociales et de déterminisme économique mais qu'on faisait comme si le politique pouvait s'en abstraire par la simple force d'une volonté générale inexistante. Surtout, la vie de parti démentait les belles paroles, la politique elle-même laissant peu d'espoir de changer les choses, réduite à la lutte des places gagnée forcément par les plus ambitieux, et les élections se révélant entièrement dépendantes de ses réseaux.

Ça fait déjà beaucoup. Ce n'est pas une raison pour ne plus rien faire ou espérer mais au moins nous amener à plus de modestie. Si je ne renie rien de mon parcours historique qui ne se résume pas à sa part d'aveuglement, il y a bien eu glissement d'une écologie révolutionnaire devenue désormais plus alternative et localiste. Je suis donc devenu finalement plus matérialiste et réaliste, avec une meilleure compréhension de notre entrée dans l'ère de l'information qui change toutes nos représentations. Comment croire pourtant que je ne me fais pas encore trop d'illusions ou que je ne serais pas encore à côté de la plaque d'une façon ou d'une autre étant donné le peu d'écho rencontré ? Comment croire que ce serait la fin de l'histoire et de notre propre évolution, qui n'a aucune raison de s'arrêter ? C'est paraît-il une illusion commune et fait partie de nos errements les moins évitables. De quoi, en effet, nous faire juger faussement de l'avenir à l'aune du présent alors que les temps changent et que les vérités de demain ne seront pas celles d'hier (ce dont témoignent notamment les sciences par leurs changements de paradigme mais il y a aussi les modes qui changent et des cycles idéologiques). Après une telle carrière, c'est en tout cas la prétention de dire le vrai qui ne peut plus être si assurée, avec la nécessité de maintenir le soupçon sur nos certitudes et une attitude critique, y compris envers la pensée critique - ce qui ne doit pas faire tomber pour autant dans un scepticisme dogmatique.

Si je raconte mon histoire, ce n'est pas que je me crois plus con qu'un autre mais que je ne crois pas être un cas particulier car c'est ce que chacun a pu vérifier dans sa vie, sauf à rester figé dans une position par fidélité excessive qu'on peut à juste titre qualifier de psychorigide. C'est aussi ce que les sciences expérimentent quotidiennement, où il n'y a pas tellement moins de connerie ou de tromperies qu'ailleurs mais où c'est l'expérience qui tranche et l'on est forcé par les nouvelles découvertes à remettre en cause en permanence nos anciennes croyances qui nous semblaient pourtant les plus certaines et rationnelles. La pratique de ma revue des sciences me le rappelle chaque mois mais, en fait, rien de mieux que la programmation pour toucher ses propres limites et se confronter à l'erreur comme ce qui est le plus humain et contre quoi il faut se prémunir sans cesse, seule façon de la surmonter (car surmonter nos erreurs, on ne fait que ça).

Il n'y a rien de nouveau là-dedans, que du bien connu, ce qu'on appelle désormais les biais cognitifs et que Bacon dénonçait déjà dans son Novum organum sous le nom d'idoles (idole de la tribu, de la caverne, de la place publique, du théâtre). On va voir toute la difficulté d'en faire la liste alors que c'est, en général, ce qu'on refuse d'admettre pourtant, à quel point on est bête et ignorant. Moi-même, il me faut me le rappeler régulièrement. Naturellement on se monte la tête à se croire qualifié pour déterminer comment le monde doit marcher (la monnaie, les banques, l'économie, les impôts, etc.). Le pire, c'est que moins on en sait et plus on croit savoir ce qu'il faut faire ! Certains croient même que ce serait le principe de la démocratie ! Il faut tout au contraire en savoir beaucoup pour savoir tout ce qu'on ignore encore. C'est ce qu'on appelle l'ignorance docte qui est tout l'opposé de l'ignorance crasse ou des préjugés du sens commun. C'est en s'approchant des phénomènes dans le détail qu'on peut constater tout ce qui nous échappe et qu'on n'imaginait pas de loin. Au contraire des démagogues qui flattent le savoir du peuple comme d'une assemblée inspirée par les dieux pour mieux l'endoctriner, c'est notre ignorance commune qui devrait nous rassembler et qui est bien plutôt le principe de la démocratie aussi bien chez Aristote que John-Stuart Mill. Répétons-le, il ne s'agit pas de tomber dans un scepticisme généralisé et la passivité d'un spectateur désabusé mais bien d'en rabattre sur nos prétentions et revenir à un peu plus d'humilité au lieu de prendre des airs de héros déchus ou d'anges vengeurs en se comportant comme des perroquets répétant de vieux discours depuis longtemps caducs. Aussi bien en politique qu'en économie, notre désorientation est manifeste et peut mener au pire. Il faudrait en prendre acte. Cependant, le constat sévère de son insuffisance est ce qui devrait rendre le travail intellectuel encore plus crucial et non pas du tout le disqualifier complètement.

Cela fait longtemps que j'explore les limites de notre rationalité, sur tous les plans, qui sont celles de notre monde dans son historicité, sa facticité, avec notre information imparfaite et notre débilité mentale, la partialité d'un point de vue particulier où voudraient se résumer toutes les forces de l'univers et les lois de la parole, mais qui font bien obstacle à une indispensable démocratie cognitive, que ce soit le frimeur, l’idiot et le vendu, chacun dans son rôle, le poids de l'imitation, les pièges de l'analogie ou des généralisations, tout cela aggravé au niveau collectif par une nécessaire simplification du message en fonction du nombre, tout simplement pour rester audible au niveau signal/bruit. Il faut faire non seulement avec nos capacités restreintes de réception, nos connaissances réduites, les paradigmes de l'époque, notre émotivité perturbatrice (peur, faim, fatigue, amour-haine, etc.), le poids de l'intérêt, le désir de reconnaissance, le formatage des discours, la pression du groupe, le refoulement, les rationalisations après-coup - de quoi déjà en rabattre largement sur nos prétentions - mais il faut compter aussi avec une logique trop dogmatique, capable de transformer une vérité en erreur en oubliant la vérité contraire (Pascal, IV.2.148), et surtout la puissance suggestive du récit qui nous humanise et nous fait sortir du biologique mais nous fait délirer tout autant. La connerie humaine va très au-delà d'un manque d'information ou d'une bêtise animale puisque ce qui nous distingue, c'est bien notre propension à délirer et d'habiter un monde presque entièrement fictif. Il n'y a de folie que d'homme. On peut dire que c'est l'envers de notre liberté mais c'est surtout le produit du langage narratif, ce qui n'est pas assez souligné. Il faut le savoir, nous sommes un animal dogmatique, toujours un peu "bornés", mais en plus, qui se raconte des histoires et finit par s'en persuader.

Il ne s'agit pas de tomber dans l'excès inverse et faire de nous des idiots complets alors qu'on surpasse incontestablement en intelligence tout le règne animal mais cela ne fait pas de nous des dieux pour autant (seulement des croyants!). Il ne s'agit pas de nier non plus une intelligence collective qui se manifeste juste un peu trop rarement au regard de la folie ordinaire des mouvements de foule. Reconnaître notre bêtise originelle est la seule façon d'espérer la dépasser alors que la démagogie qui voudrait nous faire croire que n'importe qui est capable de décider de tout est une impasse. Le savoir ne nous a pas été donné en héritage, il faut l'apprendre, un par un, ce qui n'est pas dénigrer le savoir de chacun ni son intelligence. C'est difficile à faire entendre mais sans un minimum de dialectique, on ne peut dire que des bêtises. La connerie humaine n'est bien sûr que l'envers de son intelligence qu'on ne peut pas plus nier, évidemment. Pour être tous un peu cons, nous n'en sommes pas moins hommes, avec toutes leurs réalisations extraordinaires, tous leurs côtés merveilleux et touchants, mais sans pouvoir compter sur une lucidité qui se révèle fluctuante et sous influence, y compris chez les plus grands...

Christian Morel, l'auteur des "Décisions absurdes" s'est essayé à une sociologie des erreurs radicales et persistantes (fautes de raisonnement, perte de vue de l’objectif, mauvaise communication), posant la question de comment peut-on à ce point se tromper et persévérer ? Il pense désormais en avoir trouvé le facteur principal dans l'illusion de l'unanimité (qu'on trouve dans presque tous les mouvements politiques). "Pour tous ceux qui sont convaincus de la supériorité de la décision collective sur l’autocratie, le livre vient rappeler que la démocratie n’est pas seulement une affaire de justice mais aussi d’intelligence". Effectivement, si les sciences comme discours public et savoir accessible à tous sont inséparables de la démocratie, elles vont le plus souvent contre les préjugés majoritaires (des scientifiques eux-mêmes), les bonnes théories n'étant pas départagées par vote démocratique mais par l'expérience. Il est amusant de remarquer que c'est justement ce sur quoi s’appuient climato-sceptiques et théories du complot pour nous refiler leurs pauvres certitudes. Se distinguer de l'opinion majoritaire n'est bien sûr en rien la preuve qu'on serait dans le vrai et qu'on ne délirerait pas plutôt. Ce n'est pas non plus la preuve qu'on ne serait pas sous influence du groupe alors qu'on s'abreuve aux sources renforçant ses opinions. Il ne suffit certes pas d'avoir un point de vue critique et dire le contraire des autres, ce serait trop facile, le contraire d'une erreur n'étant souvent qu'une autre erreur, principe de base de la logique (ex falso sequitur quodlibet) et l'anticonformisme ou la position contestataire ne voyant que le mal partout ne vaut pas mieux que le conformisme béat dans son automatisme. Il n'empêche que la pensée de groupe nous renforce dans l'égarement et la bêtise par ses codes, son langage, ses traditions.

Le concept de dissonance cognitive élaboré par Leon Festinger en 1956 montrait déjà toute la difficulté qu'on pouvait avoir à changer ses croyances confrontées à leur démenti (quand on prévoyait la fin du monde, l'écroulement du capitalisme, l'épuisement du pétrole et que tout continue comme avant!). Il faut une grande capacité à refouler ce qui nous contredit et juste chercher à renforcer ses convictions (l'intentionalité qui donne toute sa valeur à l'information, sa pertinence, est aussi ce qui peut la rendre inaudible par son impertinence supposée). Depuis son "prix Nobel d'économie", c'est Daniel Kahneman qu'on crédite d'une approche scientifique plus systématique de la psychologie de la décision et de ce qui nous écarte de la rationalité économique supposée. C'est ce qu'il appelle "biais cognitifs" dont la difficulté est de les dénombrer tant ils semblent pouvoir se multiplier même s'il y a quelques grands axes.

On comprend que la rationalité est l'exception plus que la règle, ce qui est peut-être exagéré car c'est la raison qui finit par l'emporter à la fin et le progrès des droits même s'il y a des moments de régression. Il faut se garder en tout cas des conceptions kantiennes d'une représentation séparée de la chose-en-soi, comme si on pouvait plaquer n'importe quelle fiction arbitrairement sur le réel. Cet idéalisme est très répandu en politique alors qu'il faut être attentif plutôt au processus et considérer, de façon plus hégélienne, que la représentation elle-même est produite par la situation dans une dialectique entre sujet et objet, théorie et pratique. Les réalisations de la raison sont massives, le négatif n'efface pas le positif, toute négation étant partielle. Notre part de bêtise a beau être massive elle aussi, elle nous entrave mais ne nous empêche pas d'avancer. Ce n'est pas la bêtise qui peut gagner car elle se cogne inévitablement au réel.

Il faut simplement ne pas en faire trop, ne pas trop s'y croire et se monter du col car nous ne sommes pas seulement des nains sur des épaules de géants, nourris des plus grandes intelligences des temps passés, mais nous n'avons pas la comprenette si facile et souvent obstinés dans l'erreur (lui-même se le cache et dans cette aliénation de soi-même, il se sent fier et plein de joie. Hegel). Il y a du travail d'information et de réflexion à faire. En tout cas, notre désorientation se manifeste dans les domaines les plus vitaux, que ce soit sur le climat, les énergies, l'économie, la politique, c'est assez dramatique. Il faut bien l'admettre plutôt que s'imaginer que nous serions entièrement rationnels et parfaitement informés !

Tout cela doit nous rendre un peu plus méfiants, non seulement sur le fait que ce ne sont pas les meilleurs qui sont élus et nous trompent mais que même les meilleurs peuvent toujours se tromper et que l'histoire montre qu'on n'échappe pas à l'esprit du temps. On peut tenter d'y remédier par des procédures de contrôle ou de validation voire des incitations, mais il vaut toujours mieux des systèmes à tolérance de panne que s'imaginer être immunisé contre l'échec ou les dérives plus ou moins totalitaires. Partir de la bêtise est une bonne base, ce pourquoi il peut être utile de faire état de cette liste des biais cognitifs sans pouvoir s'étendre : Biais d'attention, biais émotionnel, biais mnésique, biais de jugement, biais de raisonnement, biais culturel, biais linguistique. On verra qu'on passe de la statistique à la temporalité puis l'inertie cognitive pour finir en storytelling ou de la simple paresse aux complaisances narcissiques. Norbert Elias donne un exemple saisissant de ce biais identitaire, dans "Logiques de l'exclusion" où les nouveaux arrivants étaient jugés à leurs plus mauvais ressortissants alors qu'on s'identifie soi-même aux meilleurs de son clan.

Le biais cognitif est, selon les cas, exclusivement dû à l'individu, ou lié à la pression sociale sur cet individu. Certaines techniques de persuasion, propagande et manipulation mentale cherchent à exploiter ce travers.

  • La représentativité consiste à plaquer des stéréotypes ou même des statistiques sur un individu singulier. On peut identifier ce biais de représentativité à ce qu'on appelle l'effet Barnum : accepter une vague description de la personnalité comme s'appliquant spécifiquement à soi-même.
  • La négligence du taux de base, c'est par exemple donner trop d'importance à l'augmentation d'une probabilité qui reste pourtant très petite (catastrophisme). C'est la même chose que l'illusion monétaire, confusion entre variation du niveau général des prix et variation des prix relatifs.
  • La loi des petits nombres, c'est quand l'échantillon est trop petit ou qu'on juge du long terme par le court terme (du climat par la météo). Illusion des séries qui fait percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard.
  • La régression vers la moyenne : c'est un peu pareil puisque c'est prendre une variation (cyclique ou aléatoire) pour une tendance.
  • La disponibilité en mémoire, très proche aussi, c'est se protéger de ses derniers déboires pas des prochains et donner plus d'importance à ce qui nous est arrivé récemment.
  • L'ancrage est un truc de vendeur, importance de la première impression, le premier prix donné fixant l'écart de variation acceptable, la norme supposée. On peut le rapprocher de l'effet de simple exposition (avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive) comme au simple effet de primauté (mieux se souvenir des premiers éléments d'une liste mémorisée). L'ancrage peut servir aussi d'effet de leurre.
  • L'effet de halo consiste dans une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que l'on cherche à confirmer ou de nos convictions profondes. Effet de renforcement favorisé par l'effet de groupe.
  • Pour le biais de statu quo, la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement.
  • L'aversion pour la perte consiste à donner plus d'importance aux pertes qu'aux gains et, pour ne pas perdre, perdre encore plus. Cette aversion à la dépossession se retrouve dans la tendance à donner plus de valeur à un bien ou un service lorsque celui-ci est sa propriété
  • Le cadrage, c'est le récit qu'on en fait, la façon de poser la question qui influence la réponse et peut mener à plus de morts pour en sauver quelques uns. C'est une version plus générale et symbolique de l'ancrage qu'on peut rapprocher du biais narratif. De même le biais d'appariement amène à se focaliser sur les éléments contenus dans l'énoncé d'un problème au lieu du problème lui-même.

On peut en citer bien d'autres. La première liste concerne ce qui détourne de chercher des informations complémentaires :

  • Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début »
  • Effet d'ambiguïté — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information
  • Biais de disponibilité — ne pas chercher d'autres informations que celles immédiatement disponibles
  • Tache aveugle à l’égard des préjugés - tendance à donner plus de poids aux données introspectivement accessibles qu'aux données externes. C'est ce qu'on peut appeler également l'illusion de savoir et se traduit là aussi par ne pas chercher à recueillir d'autres informations
  • Conformisme (appelé aussi effet Bandwagon) — chercher à ressembler à la majorité. A noter l'identité de ce biais cognitif avec l'anticonformisme qui prend le contrepied de la majorité.
  • Réification du savoir — considérer les connaissances comme des objets immuables et extérieurs

Celle-ci est plutôt centrée sur l'égocentrisme :

  • Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs
  • Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence
  • Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité
  • Biais d'autocomplaisance — se croire à l'origine de ses réussites mais pas de ses échecs
  • Biais d'attribution — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres

D'autres présentations :

On est loin d'en avoir fait le tour et il y a des bêtises qui ne sont pas forcément de simples "biais cognitifs" comme la "stupidité fonctionnelle" ou bêtise systémique, qui n'a rien de cognitif justement, ou les attitudes paranoïaques personnalisant des idées abstraites (que ce soit la France, la Nature, le Capitalisme, la Technique, etc.) et leur prêtant des intentions, ce qui relève plutôt du délire cette fois. Cela donne une idée quand même de l'étendue du problème, obstacle de taille d'autant plus qu'on le sous-estime, car, ce qui est sûr, c'est qu'il faut faire avec...

Notes

[1] Il serait éminemment utile d'étudier la bêtise des grands philosophes qui ne sont pas les derniers à nous faire croire au pouvoir des mots et surévaluer notre part de liberté. Il ne s'agit pas de relever d'éventuelles bêtises qu'ils auraient dites mais bien du noyau de leur philosophie, leur profondeur feinte, leur inconcevable mystère, leurs promesses trompeuses au nom de quoi ils philosophent (sans que cela rende leur philosophie moins nécessaire). Cela n'a rien d'anecdotique quand la bêtise d'un Heidegger a pu aller jusqu'au nazisme, obligeant à se réinterroger sur les grands mots qu'il emploie comme l'authenticité ou l'Être en majuscule. La critique de l'homme aliéné, c'est l'extermination. On a longtemps résisté à admettre son rôle dans le nazisme alors qu'il est évident que c'est ce qu'il faut penser et qui nous éclaire sur les errements de la pensée tout comme la prétendue réalisation de la philosophie du côté marxiste, encore imprégné de religiosité, reprise d'ailleurs par l'islamisme depuis l'effondrement du communisme.

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52 réflexions au sujet de « Commune connerie »

  1. et les conneries : est ce à dire qu' il faut qu'elles soient toutes dites et faites et ruinées pour avoir une chance d'être dépassées ??

    • Peut-être bien. Il vaudrait mieux se limiter à dire toutes les bêtises plutôt qu'à les faire mais pour une bonne partie, on n'a pas les moyens de déterminer avant de façon certaine que ce sont des bêtises. Par exemple, faudra-t-il qu'un gouvernement essaye de fermer ses frontières pour qu'on en voit les conséquences ? Reconnaître notre part de bêtise n'est pas une garantie de la dépasser, seulement une condition nécessaire (mais non suffisante) pour s'y laisser moins prendre.

  2. je trouve votre billet du jour réjouissant, et je vais me faire le plaisir de le diffuser auprès de modestes et moins modestes.
    Mes lectures du moment tournent autour des nouvelles découvertes et théories sur l'évolution du vivant, et je m'interroge sur le rôle que l'intelligence collective a pu y jouer. Tout cela reste très intuitif mais je résiste à ma façon à l'ignorance (ou paresse intellectuelle) qui me guette.
    Voilà un écho à vos papiers que je lis de temps en temps (pas toujours, par paresse justement), à vos revues scientifiques qui me donnent souvent envie de fouiller davantage. La curiosité est contagieuse, c'est une maladie qui me fait du bien.

    • L'intelligence collective est plutôt rare mais, ce qu'il y a de bien avec l'évolution, c'est qu'un événement improbable peut se reproduire ensuite à l'infini dès lors qu'il s'est révélé (re)productif.

      Heureusement qu'on est aussi curieux qu'un écureuil, la vie n'étant pas tant jouissance passive qu'exploration active.

  3. Bonjour Jean,

    J'espère que tu vas au mieux. Septième paragraphe, troisième ligne en partant du bas : "d'une l'erreur", enlever le l' je pense.

    Sinon j'aimerais remettre en question la position critique et comparative que tu fait entre Kant et Hegel, car cela fait partit d'une de mes études artistique : Je suis d'accord avec le fait que l'idée et la position politique ne peut se séparer du processus dialectique qui s'opère dans l'histoire, mais j'ai été très intéressé par l'analyse de Kant qui sépare la conceptualisation de la chose en soi. En effet, cette analyse, insiste sur une de tes analyse, c'est à dire la part créative et imaginaire de notre compréhension de l'objet. Elle pose également la question de la nature de l'être par rapport à l'idée. Bien que je pense que Hegel ait raison sur la règle déterministe qu'il propose, je ne peux m'empêcher de re-penser à Henri Laborit qui dit que pour se libérer d'une règle qui détermine, il faut en avoir conscience, ensuite l'individu arrive dans une nouvelle règle qui détermine. En d'autres termes, la connaissance d'une loi qui détermine permet un développement plus autonome de notre comportement. Lorsque Hegel fait cette analyse, que se passe-t-il lorsque notre état de conscience maîtrise cette règle comportementale de l'esprit ? La règle de Kant, ne devient-elle alors pas plus d'actualité ?

    J'essaierais d'étudier les biais cognitifs car je suis très intéressé, comme tu le sais à la démocratie cognitive. Mais il faut bien le dire, tous ces pièges de la vie à connaître et à comprendre en pratique a quelque chose de décourageant pour l'avènement de cette utopie.

    Bonne journée à toi

    Benny

    • J'ai corrigé, merci.

      Pour Kant, Hegel ne le réfute pas complètement (la négation est toujours partielle), ce sont plutôt les néo-kantiens à la Matrix qui sont délirants. Pour Hegel, il y a une dialectique entre l'objet et sa représentation, une connaissance en progrès mais la représentation reste d'un autre ordre que la chose-en-soi comme le signifiant par rapport au signifié.

      Il est certain que c'est à reconnaître l'obstacle qu'on peut le surmonter. C'est à partir du découragement qu'on peut construire une stratégie et non d'un enthousiasme aveugle.

  4. tout ça me donne pas la réponse à "qu'est ce que je fais pour les municipales) on avait frôlé les 5 pour cent en proposant les monnaies locales et les coopératives municipales, on a crée la monnaie, mais la musique de l'à quoi bon me saisis souvent et les biais sont tels à te lire...
    C.Melquiades

    • Oui, il ne faut pas persister dans des stratégies perdantes. Je ne sais pas si ça vaut le coup de se présenter pour faire 5% mais je reste persuadé que ça vaut le coup de développer des monnaies locales et des coopératives municipales tant que je n'ai pas vu mieux. Cependant, j'ai souvent conseillé de ne pas forcer les choses inutilement, restant persuadé que c'est la crise qui devrait imposer ces dispositifs, préparer le terrain étant très utile mais il est vrai peu gratifiant. Dynamiser la vie locale est certainement difficile et se donner des objectifs trop irréalistes a de quoi décourager. Il ne sert effectivement à rien de s'agiter en vain. S'adapter au terrain et attendre son heure est indispensable. Ne pas se faire d'illusions, c'est adopter une stratégie réaliste en fonction des rapports de force effectifs, pas de son bon vouloir et quand ils ne sont pas favorables se contenter de l'agitation d'idées voire de convivialité.

      Il est vrai aussi que c'est souvent de se faire des illusions et dans l'inconscience que se forment des projets ambitieux, donnant l'énergie nécessaire. Les obstacles sont réels, la question est de pouvoir les dépasser, ce qui n'est pas gagné mais à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. C'est tout le sel de vivre de s'y mesurer à condition de ne pas trop persévérer dans l'erreur. Après, il y a l'âge et la santé qui décident de ce qu'on peut faire. A l'àquoibonniste il faut poser la question de ce qu'il aimerait mieux faire, et qu'il le fasse ! (pas de triste militance)

      • Mais pendant que " nous" sommes plongés dans le labyrinthe de la pensée et de ses biais cognitifs, " nos " adversaires, eux, ne réfléchissent pas, ils agissent:

        La « stupidité fonctionnelle » à l’origine de la crise financière.

        Selon cette théorie de la "stupidité fonctionnelle", le monde de la
        finance serait dicté par le "fais d'abord, réfléchis après". Une
        attitude qui tend à écarter les questions gênantes, et les longues
        réflexions sur les actions des salariés – alors même qu'on attend
        d'eux de grandes compétences.

        "De nombreuses entreprises, où l'intelligence des employés est
        primordiale, telles que les banques et les sociétés de services
        professionnels, assurent que les compétences sont à la base de leurs
        activités, écrit Andre Spicer. Cependant, en y regardant de plus près
        (…, ces entreprises incitent des personnes très intelligentes à ne pas
        mettre à profit l'ensemble de leurs capacités intellectuelles. Au lieu
        de cela, les employés sont supposés ne pas trop réfléchir et
        simplement faire leur travail."

        http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/02/14/la-loi-et-lordre-la-stupidite-fonctionnelle-a-lorigine-de-la-crise-financiere/

        Un exemple, les O.G.M. " On " va perdre un temps et une énergie, à

        1 - Dans le domaine de la génétique, formaliser les risques sur la biodiversité ...

        2- Sur le plan sanitaire, évaluer les risque de la nutrition d'animaux nourris de végétaux, soit produisant des pesticides, soit ayant une résistance aux pesticides dont ils sont, dans ce cas
        généreusement imbibés...

        3 - Sur le plan écologique, quantifier les risques, de dissémination à d'autres organismes de ces fameux gènes, et de l'apparitions de nouveaux parasites résistants à ces pesticides...

        4- Sur le plan éthique, enquêter sur les possibles conflits d'intérêt et la corruption dans les instances d'évaluation et de régulation...

        5- Sur le plan économique, mettre en avant la constitution de monopoles sur les semences conduisant à des augmentations de prix mettant en péril les agriculteurs ( + 516% sur les semences de coton en 5 ans ... )

        6- Pour se donner bonne conscience, couper quelques plans de maïs et se faire traiter de noms d'oiseaux...

        En espérant que démocratiquement, une majorité de citoyens ayant été convaincu ...

        Pendant ce temps, les industriels, ils bossent et ils produisent; un minimum de réflexion leur ayant fait admettre qu'avec ce commerce ils allaient améliorer " leur " vie ...

        • Ce serait un parfait contre-sens, et donc une belle connerie, de croire que "nous" serions les seuls à être victimes de biais cognitifs alors que cette notion a été développée dans le management et que nos gouvernements ou économistes manifestent tellement leur dogmatisme monétaire et budgétaire notamment (avec une rigueur qui ne fait qu'aggraver la crise de la dette). Si je commence par moi, ici, c'est charité bien ordonnée mais la droite la plus bête du monde n'a rien à envier à la gauche sur ce plan, et pas plus des entreprises comme Monsanto bien sûr (comme en témoigne Olaf plus bas). Il ne suffit pas de poursuivre son intérêt avec cynisme pour ne pas se ruiner dans l'affaire. D'ailleurs, il est amusant que dans le domaine de la bourse, les qualités pour ne pas tout perdre sont juste l'inverse des raisons de boursicoter puisqu'il faudrait ne pas être trop vénal ni orgueilleux pour ne pas fausser son jugement !

          Il n'est pas vrai non plus que "nous" réfléchirions pendant que nos adversaires agissent. Dans ma vie de militant, je n'ai vu que très peu de vraies réflexions (qui ne soient pas simple dogme ou affirmation vaine de valeurs) mais des actions innombrables et inutiles la plupart du temps (avec des "manifs" où il y avait moins de monde que le nombre des organisations signataires!). L'activisme voire la simple agitation font partie de la connerie militante à laquelle il faudrait un minimum de stratégie. Ce qui manque, ce sont les actions décisives. Sinon, on a des millions de personnes dans la rue pour défendre les retraites et on défile de Bastille à la Nation ou le contraire, sans aucun résultat (pas plus que les Grecs, les Espagnols, les Portugais). C'est ce qu'on refuse de voir pour ne pas perdre foi, mais cela ne change rien à la réalité et à la déconnexion de discours dépassés (jusqu'à l'émergence de combats mieux organisés et ciblés).

          S'il est effectivement très pertinent de parler de "stupidité fonctionnelle" (je rajoute un mot à ce sujet dans le texte), ce serait une connerie encore de tout vouloir expliquer par la connerie. La stupidité fonctionnelle est indéniable (comme le principe de Peter) et a sûrement participé à la crise comme à tout le reste, cela n'empêche pas que les causes de la crise sont plus structurelles et cycliques (Kondratieff, baisse de d'inflation, endettement excessif). Il y a des processus matériels objectifs et si les entreprises arrivent à surmonter toute la connerie qu'elles génèrent en leur sein, c'est qu'elles se guident sur le résultat et qu'elles sont confrontées à la réalité de la production comme de la commercialisation, obligées à se corriger sans cesse (il n'y a pas que l'innovation).

      • « Dans la commune de Saint-Martin (5 000 habitants),
        un élu de base a découvert des archives sur un groupe libertaire local du XIXe siècle. Surpris de l’étrange actualité de leurs idées, il a repris leurs propositions et s’est présenté aux dernières élections municipales. Contre toute attente, il a été élu maire en proposant d’instaurer la démocratie directe et l’autogestion, de développer toute une série d’initiatives allant à l’encontre de la pensée unique libérale. Succès. Depuis, la petite ville invente, transforme, remet en question la gestion communale classique, loin des médias indifférents, sans grandiloquence, pas à pas. Un vent d’innovation à transformer les citoyens et les structures… au point d’inquiéter le pouvoir qui fera tout pour étouffer dans l’œuf cette initiative isolée, avant qu’elle ne s’étende. Pourtant, d’autres expériences communales de démocratie directe ont lieu en Europe et dans le monde. Une autre société est possible, plus équitable et respectueuse des libertés, plus écologique et riche en rêves, sans attendre le Grand Soir ou la chute du capitalisme. D’autres Saint-Martin sont possibles. »

        • Il y a quelques miracles comme cela, hélas fort peu. Il faut essayer d'en tirer des leçons, certaines expériences pourront sans doute se reproduire.

  5. Ah, la religion, qu'est ce que je me suis barbé jusqu'à 14 ans dans les messes du Dimanche, blabla, assis, à genoux, debout... Pour me distraire, au lieu d'écouter le curé, j'observais l'architecture, l'acoustique, les bruits, les mélodies, les habits, les peintures, les odeurs, l’algorithme rituel.

    Une bonne formation, je trouve, c'est comme j'ai fait dès 4 ans, du bricolage de légos, puis plus tard de vélos et ensuite de mobylettes, à 18 ans 20 heures de labo par semaine, physique-chimie-électronique. C'est en lisant un article de Spinosa qui polissait ses lentilles optiques que je me suis orienté dans ce sens. J'ai continué donc après mes études à faire rat de labo car je trouvais ça ludique.

    C'est à la portée de tout le monde en faisant la cuisine, comparer la recette avec le résultat de son application plus ou moins approximative.

    Confronter son expérience en pensée avec les résultats mesurés c'est amusant, une forme de poker.

    Le fait est que le dogmatisme je l'ai rencontré en proposant des idées refusées d'un revers de main par des dirigeants sans aucune compétence du domaine, alors qu'il suffit seulement d'essayer. Le plus drôle, l'une d'elles que j'ai présentée il y a 3 ans est en train de revenir par la bande. J'ai souvent raison trop tôt, ce qui est un tort. Le cerveau lent retarde un peu à l'allumage, c'est l'inertie incontournable.

  6. En tous cas, quand je vois les cathos s'opposer au mariage homo, dont je ris comme d'un canular, et tirer une tronche longue comme ça parce que leur gourou prend sa retraite, je me dis que leur couche édulcorée de psychorigidité est conséquente. Des mecs et des nanas d'environ 30 balais, éduqués, souvent juristes, complètement formolisés dans leur religion de caste sociale et c'est eux qui vont nous apprendre la vie bonne. Bon courage !

  7. loin de ces considérations savantes, j'aime titiller certaines pensées.
    Il y a peu de temps, j’ai lu un vibrant plaidoyer pour le végétarisme. L’horreur de l’abattage, etc. Comme cette démarche n’exclut pas la consommation d’œufs et de laitages, il reste tout de même quelques problèmes. En ce qui concerne la fin de vie de ces dévoués animaux, puisque l’idée est d’éviter toutes souffrances animales, qui financera les unités de soins palliatifs de ceux-ci ? D'autre part la physiologie des bovins impose que, pour que Fanchette ou Proserpine ait du lait, il faille qu’elle vêle. Hors la nature étant bêtement faite, lors des naissances, on a autant de mâles que de femelles. Va-t-on faire d’immenses Club Med pour les coqs et les taureaux ?
    Aller jusqu'au bout de la pensée n'est pas une mince affaire!

    • Une des formes de la connerie c'est de vouloir aller jusqu'au bout de logiques folles comme évoqué dans l'article. Cela n'empêche pas qu'il faut réduire la souffrance animale et notre consommation de viande (mais la disparition pure et simple de nos animaux de ferme n'est pas désirable pour autant).

      • Nous sommes des être urbains et avons délégué les basses besognes. Si l'on s’intéresse aux travaux pratiques dans les poussins il y a autant de mâles que de femelles, hors les mâles ne sont par rentables (croissance lente) il en découle un triage, les mâles sont jetés dans des fûts où ils agonisent lentement. L'alternative étant une machine à tuer les poussins(espèce de moulinette dotées de câbles dotés de billes de plomb). Quant à l'offuscation du noble animal cheval transformé en steak,il suffit de regarder un agneau pour voir son gigot sous un autre angle.

        • Le traitement industriel des poulets et poussins est particulièrement ignoble mais la sensiblerie des enfants des villes n'est pas tenable non plus. Vivre à la campagne soigne de l'utopie d'une nature sans mise à mort, pas seulement pour se nourrir. Je tue un nombre incroyable de petits chats parce que je vis avec des chats mais comme dit Jocelyne Porcher, pour vivre avec les animaux, il faut les tuer. Sur ces sujets aussi la connerie règne en maître...

          • pour ceux qui veulent faire un stage et s'en convaincre il y a le magic rock circus à pressignac vic , les hippies en tippies ou sous yourte en pleine forêt . il y a quelques avantages mais la vie naturelle est dure : se cogner à la dureté de la vie en forêts , pour se soigner et enfin déchanter ! on devrait tous défendre un droit à la (grande) ville ! internet y contribue mais c'est pas suffisant ...

  8. L'intérêt de l'article c'est que con pour con et connerie pour connerie, je peux sans complexe en rajouter et tenter de donner une définition de l'intelligence collective au sens politique du terme :
    Ce serait ce que l'on peut espérer obtenir en organisant le croisement des divers et multiples points de vue sur un sujet à étudier .C'est donc l'art et la manière de bien organiser le débat public démocratiquement c'est à dire en prenant en compte tous les points de vue ; méthode longue , complexe évitant les raccourcis, ayant le mérite de bien faire le tour des sujets , de bien poser les problèmes.
    Pour rester un peu dans l’angélisme ou la connerie ? Cette méthode pourrait trouver son expression dans l’article 3 de notre conne de constitution qui dit : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la « voie » du référendum. » en s’attardant sur la notion de « voie » et en se disant que cette voie là de l’intelligence collective , qui serait le bon équilibrage de la représentation a été remplacé dans notre système à la con par les élections présidentielles qui nous font choisir dans le même caddy , les taux de TVA et le nombre de centrales nucléaires à conserver.
    Bref pour résumer, est-ce grave docteur ? Je crois dur comme fer qu’on peut encore espérer en une mutation démocratique.
    Connerie pour connerie......Autant en choisir une qui nous convient?

    • Il ne s'agit surtout pas de faire un concours de conneries et il n'y a rien de stupide à se battre pour la réduction des inégalités et la démocratisation de la démocratie. La connerie ici, c'est de donner trop d'importance au référendum (ou plébiscite) et de faire comme si ces idées étaient nouvelles, qu'elles n'avaient pas été discutées, essayées, comme si c'était des idées personnelles. Je suis persuadé que, malgré les "bonnes idées" qu'il y a, mais trop surévaluées, c'est un combat perdu d'avance. Je ne crois pas à une mutation démocratique qui changerait magiquement les hommes et les choses. La Suisse est assez exemplaire démocratiquement sans avoir rien d'extraordinaire. La démocratisation est plutôt un processus de longue haleine. Moi, je crois à une reconquête par le local et une démocratie de face à face mais je ne crois pas que c'est moi qui en serait la cause et plutôt des processus effectifs que j'essaie de comprendre pour m'y insérer.

      Je plaide pour une radicalité réaliste au lieu de se complaire dans sa propre connerie qu'il ne s'agit pas de flatter mais bien d'essayer de s'en sortir quand même un peu.

      • Le référendum est secondaire en ce sens qu'il vient après, si nécessaire ; ce qui compte ,me semble t il , c'est ce qui le précède: "la voie" du référendum , c'est à dire la possibilité qui nous est donnée ou non de faire collectivement le tour des problèmes; au local c'est idem , il faut bien d'une manière ou d'une autre organiser la réflexion collective ; c'est exact que le changement ne viendra pas d'une mutation démocratique et qu'il faut un changement plus global , dont l'expression sera celle d'une démocratie plus cognitive ......Les évolutions se font dans le temps et n'ont rien d'individuelles .
        Je pense simplement que politiquement chercher à approfondir notre système de gouvernance, notamment par une réflexion sur l’introduction d’un outil public de réflexion sur les grands sujets , est plus utile qu’accepter le mode de gouvernance existant basé sur une démocratie représentative qui décide de tout au prétexte qu’elle a la légitimité électorale.

        • Il y a pas mal de monde qui s'occupe d'améliorer la démocratie avec les réflexions sur la démocratie participative et les conférences de citoyen mais c'est globalement décevant. Il faut continuer à travailler le sujet mais pas en espérer trop. Il est un fait que les gens préfèrent l'illusion des élections présidentielles. Trouver au niveau local des procédures plus démocratique doit être possible mais ce n'est pas ça qui va changer la vie (au contraire de monnaies locales et de coopératives municipales).

          Pour Jean-Marc Jancovici que j'avais beaucoup lu il y a quelques années et dont j'avais vu la prestation, je trouve consternant ce qu'il dit et qui me semble vraiment des conneries à la fois sur les énergies renouvelables (qu'il sous-estime tant), le nucléaire (qu'il défend) et les hydrocarbures qu'il prétend en voie d'extinction alors qu'il y a encore des quantités considérables d'hydrocarbures, notre problème étant qu'il y en a beaucoup trop (gaz de schiste, méthane marin, huiles de schistes - considérables - et bien sûr charbon). C'est peut-être moi qui dit des conneries mais mon prochain article est sur ce sujet qui est effectivement très important. La difficulté de s'entendre sur un sujet pourtant relativement simple témoigne bien de la difficulté d'une démocratie cognitive.

          • Non il y a très peu de monde qui s’occupe de la démocratie participative ; du moins dans sa définition sérieuse : institutionnelle, c'est-à-dire organisée et régulée.
            On peut en effet dire que dès que je me lève le matin et vais au boulot je participe ; de même ce qu’on fait là de discuter ensemble c’est une action citoyenne ….. Tout est démocratie participative puisqu’on est immergé en tant qu’acteur dans la société. Mais ça reste très flou et utilisable à toutes les sauces. On ne s’en prive d’ailleurs pas.
            Les outils participatifs régulés à vocation de participation citoyenne à la gouvernance du pays et des territoires ne sont pas légion ; quand je dis régulé, on peut comparer aux élections qui sont matériellement organisées (bureau de vote, horaires, urne….et régulés (vote secret , temps de campagne etc etc ) On peut ainsi constater que la démocratie dans sa face représentative est organisée dans le cadre légal mais que côté participation c’est le vide absolu.
            Le seul outil que je connaisse de précisément encadré c’est les conseils locaux de développement (CLD), encadrés réglementairement par les régions pour suivre et évaluer les politiques régionales en matière d’aménagement et développement des territoires.
            Bien sûr aucune illusion sur le sujet ! Sur le papier ces CLD sont sacrément bien pensé : obligation d’ouverture à tous , personnes physiques et morales ; obligation de diversité géographique et socio économique des membres ; obligation d’immersion sur le terrain avec information et consultation des acteurs ; obligation de rédiger un avis écrit sur les politiques publiques mise en œuvre…Les CLD sont entièrement contraint dans leurs missions et mode de fonctionnement mais en en même temps ils sont complètement indépendants ,chose logique pour des organismes d’évaluation ; possibilité d’étudier et réfléchir sur des thématiques choisies librement , obligation de rédiger un règlement intérieur de fonctionnement reprenant les diverses missions et obligations des CLD ……
            Sur le papier on a donc un outil de participation ambitieux, en capacité de suivre et évaluer les politiques publiques , en situation de mobiliser les acteurs locaux autour de réflexions sur ces politiques .
            Mais hélas en pratique – c’est du moins l’expérience que j’en ai, ces organisme sont des faire valoir assez confidentiels. Alors qu’il est évident que les problématiques énergétiques et économique pourraient passer en direct ,au local , par ces CLD , les élus préfèrent de loin rester dans leur tour d’ivoire avec leur chagés de mission « formatés par les écoles » pour pondre des diagnostics territoriaux hyper scolaires ; de même les militants préfèrent la noblesse du combat militant , surtout pas collaborer à « ce régime » . Ce qui fait que le gaz de schiste ou les monnaies locales ne sont pas traités dans le cadre des politiques publiques, mais celui de revendications contestataire de « la » société.
            Je connais ça par cœur puisque j’ai été viré du CLD Ardèche Verte et mène actuellement deux requêtes au Tribunal administratifs contre la région rhône alpes pour non application de ses propres règles et contre un député maire président du pays , pour abus d’influence.
            Donc : oui pas d’illusion ; mais pas de renoncement ( je place ici toute ma connerie)

            Jancovici ; a raison ; c’est un horrible cabotin qui doit horripiler les députés qui l’écoutent mais il a raison , en terme de macro phénomène : les chiffres sont là et on va passer d’une économie aux ressources énergétiques abondantes à une économie de plus en plus contrainte (malgré les nouveaux gisements) et le fait qu’il y en ait encore beaucoup ne peut nous réjouir parce que la contrainte climatique sera beaucoup plus lourde que l’eau des océans qui va monter.Il en va vraiment à moyen terme de notre survie .
            Il a parfaitement raison ; je ne pense pas qu’il sous évalue les renouvelables et les capacités scientifiques de l’espèce : il faut simplement resituer l’effort scientifique et technique dans ce nouveau cadre ; ce qui est un défi beaucoup plus complexe , avec l’obligation de penser global : si je dois mettre la moitié de ma vie à construire mon lit où je vais pouvoir me reposer , mieux vaut peut être un lit de fougère et diriger mon activité créatrice vers autre chose.
            Là où je me démarque, c’est dans sa vision très très pessimiste de l’humain (avec lui au dessus de la mêlée) je crois , du moins j’espère en notre capacité de réaction mais à la condition de poser les bon problèmes avec les bonnes questions ; et de cela on est très loin encore .

          • Quand j'avais écrit sur la démocratie participative, j’avais trouvé qu'il y avait beaucoup de travaux sur la question, ne débouchant par forcément sur grand chose. Il ne faut effectivement pas renoncer mais il faut bosser la question.

            Pour Jancovici, c'est peut-être moi qui dit des conneries mais ce qu'il dit ne correspond pas aux informations que j'ai (baisse du prix du gaz, potentiel des huiles de schiste, progrès des énergies renouvelables) sans parler de ses théories économiques débiles réduisant tout à l'énergie. Comme pour le climat, il est très difficile de savoir qui a raison mais Cochet démontrait graphiques à l'appui que les jeux olympiques de Londres n'auraient pas lieu faute de carburant. S'il y aura d'autres crises du pétrole, il faut bien admettre qu'on ne réduit pas notre consommation et c'est ça qui est effectivement dramatique, il ne faut pas compter sur un épuisement alors que la Terre contient physiquement des quantités énormes d'hydrocarbure encore. Ce n'est pas par manque de pétrole qu'il faut accélérer le passage aux énergies renouvelables, compter sur l'épuisement est une impasse alors que le développement des renouvelables peut être exponentiel et créer beaucoup d'activité (au contraire de ce que prétend Jancovici).

    • C'est surtout une lecture hégélienne de Freud avec le désir comme désir de l'Autre qui est le contraire du désir machinique de Deleuze-Guattari et sort la psychanalyse du biologisme mais bien sûr la focalisation sur le langage, le signifiant, l'énonciation, les discours, est aussi important même s'il rate la dimension de récit. On pourrait parler du Sujet supposé Savoir, de la signification du phallus, de l'objet a, du surmoi comme ordonnant la jouissance, de ses quantiques de l'amour, etc. Il y a des conséquences politiques. Je considère par contre comme une connerie le jeu de parenthèses au début des écrits et qu'il ait donné du crédit au délire de Serge Leclaire (poordjeli) par exemple.

    • Connerie ordinaire de ceux qui ne comprennent pas (comprendre Lacan n'a effectivement rien de facile et même chez les psychanalystes. On préfère toujours se persuader que c'est des conneries - ce que Debord ou Heidegger pensaient déjà - plutôt que d'admettre qu'on est trop con pour comprendre d'emblée) ou de ceux qui jugent une pensée à ses disciples (effectivement très cons le plus souvent, en particulier les réactionnaires qui se croient obligés de défendre la loi du père et s'opposent par exemple au mariage gay, faisant un contre-sens énorme).

      Ceux qui traitent Lacan de charlatan sont en général eux-mêmes des charlatans, négligeant l'analyse du transfert, ou d'un scientisme cognitiviste normalisateur, mais Lacan a aussi sa part de connerie bien sûr (notamment sur la part du corps et du biologique).

  9. Rejeter Lacan, parce qu'on ne comprend pas tout, est évidement stupide. De même que la théorie de la relativité dans ses détails est accessible à peu. Il est clair que la sophistication des formalisations ne peut être accessible à tous. C'est tout le problème d'aborder des sujets qui nous dépassent.

    Dans un autre registre, ce qui me troue le derrière, c'est l'aveuglement des responsables économiques en France. Récemment, je discutais avec un consultant de l'industrie français qui prétendait que la robotisation ça vaut rien. Le mec a un MBA, est Centralien et a un doctorat de physique des matériaux, quand même.

    Pendant ce temps, l'Allemagne se suréquipe en robots et machines automatiques ultra sophistiquées. On se croirait en 1939, de Gaulle qui écrivait sur l'armée mécanisée et n'intéressait personne en France, pendant que l'état major allemand le lisait et appliquait ses méthodes, tout comme Clausewitz avait soigneusement étudié les stratégies de Napoléon. L'histoire se répète parfois.

  10. @Jean ZIN

    En fait si on y réfléchit : démocratie représentative et participative trouvent leur fondement et légitimité dans la valeur démocratique qui situe le pouvoir dans un partage collectif (la souveraineté appartient à toute la collectivité)
    Une démocratie représentative qui soit disant trouve sa légitimité dans l'élection est une faute de raisonnement : en effet on peut élire aussi des chefs , ce qui n'a rien à voir avec un représentant ; la démocratie participative fait que la représentation peut avoir lieu.
    La démocratie représentative seule est une oligarchie ; on y est .

    • Oui, on est dans une oligarchie avec des élus coupés des électeurs, ce qui n'est pas forcément le cas, mais la démocratie représentative n'est pas tant une idée qu'une pratique et ce n'est pas pour rien qu'une démocratie représentative est plus efficace qu'une démocratie directe comme d'une démocratie participative (qui est quelque chose de très difficile, souvent réduite à quelques passionnés ou militants).

      Plutôt qu'une conception positive de la démocratie fondée sur une prétendue volonté générale, il faudrait avoir plutôt une conception négative de la démocratie comme simplement l'absence de légitimité supérieure. Une bonne partie de nos institutions viennent du régime parlementaire de nos dernières monarchies constitutionnelles et non pas de la glorieuse révolution. La notion de démocratie des minorités permet de reconsidérer autrement la démocratie plutôt vers le fait de donner la parole à tous et démocratiser l'autonomie de chacun plutôt qu'imposer une volonté générale comme de vulgaires islamistes mais il n'y a rien de parfait.

      Ce qui parait le plus évident, c'est la fédération qui produit pourtant elle aussi ses dérives (de même qu'une banque mutualiste comme le Crédit Agricole est pire qu'une banque commerciale). C'est parce que la démocratie est très imparfaite qu'il faut la compléter par des mouvements sociaux et de résistance.

  11. Les mouvements sociaux et résistance compensent l'imperfection de la gouvernance ; ils ouvrent un champ d'expression direct qui lui non plus n'est pas parfait. Il est en tous cas plus spontané à s'exprimer qu’un travail sur l'institution elle même qui lui aussi a sa nécessité d'autant plus qu'il est le parent pauvre de la démocratie :celui dont on ne s'occupe pas ou mal .
    On a donc tendance "naturellement " à s'enfermer dans une démocratie pouvoir contre pouvoir et à délaisser l'aspect cognitif ;
    de ce fait la société n'est jamais pensée (et agie ) globalement ni appréhendée en terme de projet collectif ; elle forme système;
    au vu des nouveaux (et dangereux) enjeux , je pense que cette logique "réaliste" de gouvernance n'a plus aucune efficacité et n'est plus du tout adaptée.
    J'en déduis, que même si c'est difficile (impossible?) c'est bien l'aspect démocratie participative, au sens de mise en musique des expressions diverses, multiples et variées qu’il faut travailler .Avec mise au points d’outils publics spécifiques au local , au national dans un premier temps .

    • Oui, il faut progresser dans la démocratie et arriver à constituer une intelligence collective globale, c'est vital, mais être bien conscient des difficultés et ne pas trop en espérer trop vite. On a déjà le GIEC, avec toutes ses imperfections comme localement on a déjà des dispositifs auxquels on peut ajouter l'utilisation d'internet, tout cela peut s'améliorer mais il sera de plus en plus difficile de capter l'attention des habitants, encore plus d'obtenir un engagement de temps sans contrepartie.

      • "il sera de plus en plus difficile ... d'obtenir un engagement de temps sans contrepartie."
        Oui, c'est le propre de notre organisation individuelle de nous faire objectiver la contrepartie de notre engagement (exactement comme le salaire est la contrepartie du travail). Mais je ne crois pas que nous nous soyons jamais engagés sans contrepartie. Simplement elle se faisait naturellement. Je ne crois pas à la gratuité mais à la reconnaissance, ce n'est qu'une question de forme (troc, argent, service, place, succès, capital symbolique. "humanisation"...).

        Le paradoxe contenu dans "je suis désintéressé et fier de l'être" en dit assez long sur le sujet.

        • Oui mais cela ne compense pas toujours le temps investi, il faut une motivation qui est variable selon les individus et leurs intérêts propres ce qui crée une dissymétrie dans les procédures participatives et déforme la perception.

  12. C’est une utopie concrète qui s’impose désormais comme allant de soi .
    Il ne s’agit peut-être pas seulement d’espérer que les humains à titre personnel reconnaissent leurs limites (propension à l’illusion des sens ou à une surestimation de leurs jugements rationnels- ce que vous appelez « biais cognitifs » divers) mais de parvenir à une reconnaissance collective de la place de l’humanité dans une communauté des vivants, dans une biosphère avec ses contraintes et ses lois ( à toujours mieux connaître !). C’est une optique nouvelle, qui remette enfin en cause l’héritage religieux, créationniste, plaçant l’âme individuelle immortelle au sommet d’une hiérarchie des êtres vivants. L’éthique la plus avancée en ce sens obéirait à notre principe de laïcité, étendu à une critique de tous les aspects qui limitent la confrontation vive d’une diversité des points de vue. On pourrait au plan économique prosaïquement commencer par restaurer l’esprit de la Résistance de 1945, prônant une économie mixte, distinguant ce qui relève des pouvoirs publics (une gamme à préciser, par une nouvelle Assemblée Constituante, comme en Equateur, de biens et d’intérêts communs) et ce qui relève de l’initiative privée. Mais selon une finalité toute autre rompant avec le productivisme ! Là où se pose le problème du contrôle démocratique (ce que n’avait pas prévu les règles de l’après deuxième guerre mondiale en France) c’est dans l’organisation de la Fonction publique, dont les serviteurs, qui doivent être fonctionnaires pour éviter toute corruption, doivent obéir non pas à un ordre centralisé, mais à des assemblées des usagers. On n’avait pas prévu, à l’époque, aucune définition de la notion même de Service Public ! On n’avait pas prévu non plus que l’intelligence humaine liée à la cupidité individuelle ou bien collective tout autant de l’homme libre d’entreprendre de produire et de commercer ouvrait sur la mise en danger de la biosphère elle-même, donc de la survie de l’espèce ! Sans parler bien sûr d’une exaspération des inégalités sociales et une crise de civilisation. On mettait le bien commun au service des intérêts particuliers. C’est le contraire qui s’impose : le particulier au service de tous, et l’homme au service du vivant. Il faut donc bien, comme le prévoyait le CNR en 1945, de nouveau planifier et réguler, mais pas de manière pyramidale sous la direction d’experts en ceci ou cela, mais en réponse aux besoins de la base citoyenne, et non du sommet, selon les lieux géographiques et les besoins vitaux des citoyens, qui doivent prendre enfin le pouvoir du souverain. Ceci ne se fera pas sans erreurs, sans corrections d’erreurs Ce n’est plus la lutte révolutionnaire pour la victoire totale d’une idéologie contre une autre, faisant table rase du passé : c’est la reconnaissance des nécessités, des contingences, du possible selon les lieux, de la diversité des expériences locales, la prévision des conséquences ! La solution n’est pas philosophique ou morale ( si les questions le sont bel et bien) elle est radicalement politique.

    • Reconnaître notre connerie ou nos biais cognitifs n'est pas une question personnelle mais bien collective et politique (l'illusion de l'unanimité) si l'on veut réduire les "décisions absurdes".

      C'est sans doute l'inconvénient d'avoir semblé donner un tour personnel à notre commune connerie pour bien montrer que je ne m'en excluais pas mais je ne cite aucun événement personnel, ma connerie en amour par exemple, seulement des égarements collectifs et historiquement datés, chaque fois motivés par la certitude d'être du côté du Vrai et du Bien. Ce n'est pas seulement l'héritage religieux, dont on pourrait sortir (par la laïcité par exemple), mais bien une limitation intrinsèque à la raison humaine qui erre d'un égarement à l'autre bien qu'en général en progrès.

  13. Curieusement, La Recherche qui vient de sortir fait un article sur le même sujet.

    Pour prendre des décisions plus rationnelles, une bonne stratégie est donc de les prendre à plusieurs. A condition, toutefois, de respecter quelques règles. En particulier, chacun doit pouvoir délibérer indépendamment des autres, puis, lors de la discussion commune, faire part aux membres du groupe de son degré de confiance dans sa propre estimation.

    Cela dépend quand même du sujet et surtout du degré d'homogénéité du groupe, une étude montrant que l'influence des autres était proportionnelle.

    • Voilà effectivement un bel exemple de connerie intégrale qui se croit si intelligente à tout comprendre de travers en faisant comme si on révélait des vérités cachées pourtant si bien connues mais interprétées véritablement de travers témoignant d'une capacité à ne rien comprendre qui est au moins névrotique jusqu'à s'imaginer que lorsque Lacan qualifie la psychanalyse d'escroquerie il se livrerait à une espèce de confession alors qu'il parle du transfert comme d'une névrose expérimentale, un sujet supposé savoir dont l'analyse doit guérir par l'analyse du transfert justement, dévoilant le ressort de l'escroquerie que cet imbécile de cognitiviste se garde bien d'avouer dans sa pratique scientiste.

      Ne pas voir l'apport théorique de Lacan ni ce qu'il a apporté dans ses analyses à beaucoup c'est faire preuve d'une grave débilité mentale dont en plus il semble très fier. C'est un peu comme pour le climat où les incompétents se croient plus compétents que les climatologues (on pourrait parler aussi de Schopenhauer médisant pareillement de Hegel réduit à du pur semblant, au simple verbiage dénué de sens et qualifié lui aussi de charlatan!). Ce serait seulement pathétique si ces comportementalistes agissant eux par suggestion n'étaient de dangereux normalisateurs transmettant leur débilité à leurs pauvres patients (en se gardant bien de vouloir dissoudre un transfert largement dénié pour mieux le manipuler accusant au fond les autres de ses propres turpitudes simplement refoulées sous ses bonnes intentions conscientes).

      En tout cas cela illustre bien l'étendue de leur connerie qui n'est pas du tout vécue comme une insuffisance de leur intelligence, effectivement bas du plafond, mais comme une intelligence supérieure, illustrant la citation que j'avais donnée de Hegel ("et dans cette aliénation de soi-même, il se sent fier et plein de joie") ! Bien sûr, comme l'article le montre, le droit à la connerie fait partie des droits de l'homme, chacun peut penser ce qu'il veut de ce qu'il ne comprend pas mais on voit le problème quand il s'agit de débats démocratiques (et tout cela n'empêche pas qu'il y a une belle brochette de crétins et d'escrocs chez les lacaniens mais comme partout, on le voit).

      • Et la falsification de l'Etude sur l'hystérie, il faut aussi la comprendre comme le mensonge freudien comme le "transfert comme d'une névrose expérimentale". Votre gauchisme idéologique vous aveugle ! Votre herméneutique du sens profond n'impressionne que vous ! Cette logomachie délirante qui appuie son autorité sur son ésotérisme est bien évidemment l'essence même de la dictature intellectuelle. On rappellera à ceux dont le bon sens n'a pas encore été aveuglé par la triste expérience des partisans post-68 qui ont traîné dans toutes les boues idéologiques, qu'il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ; Le jour de la raison ne le saurait percer. Avant donc que d'écrire, apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. Et merci à Boileau. En passant vos articles n'ont même pas le niveau universitaire. Pas d'effort de référence, pas d'effort de rédaction structurée. Au mieux ce sont des "édito". On attend le vrai article !

  14. C'est sympa d'illustrer ainsi mon article sur la connerie mais on en restera là, je ne vous laisserais pas troller plus longtemps et je ne m'engagerais pas dans l'impossible dessein de vouloir vous convaincre (Lacan disait qu'il ne faut jamais vaincre, con ou pas !).

    Ce n'est pas le lieu pour montrer comment Freud a effectivement découvert le transfert et le fantasme dans les études sur l'hystérie (qui sont certes des récits, fautifs comme tous les récits) lui faisant abandonner sa théorie du traumatisme infantile dont il était pourtant si fier, montrant cette capacité à se remettre en cause et se laisser guider par les faits d'une topique à l'autre (contrairement à Reich resté bloqué sur le premier Freud).

    A cause d'une pensée en évolution, la simplicité de Freud est trompeuse et permet tous les malentendus (on en a la preuve). Même si on ne peut nier qu'il suscite aussi beaucoup de malentendus (notamment chez les défenseurs de la loi du père), Lacan me semble plus clair malgré tout, notamment en interprétant la sexualité comme rapport à l'Autre et sortant ainsi du biologisme de Freud (qu'on retrouve dans son dernier et plus mauvais livre, l'abrégé de psychanalyse) même s'il le paie d'un trop grand oubli du biologique cette fois. Lacan est certes plus difficile d'accès mais c'est quand même à portée de tout le monde de faire l'effort de comprendre. La revue de l'Ecole Freudienne s'appelait Scilicet : tu peux savoir, mais il se peut que ce ne soit pas un savoir pour tous et seulement pour chacun.

    L'accès au savoir n'est cependant pas immédiat, notre évidence première n'est pas fiable, nos préjugés nous trompent, notre narcissisme nous aveugle, c'est dommage mais c'est comme ça, on est d'abord un peu con et les sciences essaient de nous sortir un peu de notre connerie première (on ne découvre pas du tout ce qu'on espérait), y compris en prenant conscience des limites de ce qu'on peut savoir et de l'étendue de notre ignorance comme de notre connerie (c'est bien le sujet). Il ne suffit pas d'avoir des idées claires et distinctes pour que cela ne soit pas de pures et simples conneries (problème du populisme notamment).

    Loin de prétendre à une quelconque autorité je m'applique avec constance à revendiquer mon manque de légitimité, mon incompétence dans tous les domaines où je m'aventure et même ma propre connerie. Je m'enorgueillis de ne pas être dans le discours universitaire, d'autant plus quand on voit ce qu'un universitaire peut débiter d’âneries avec notes en bas de page. J'essaie de m'intéresser au coeur de l'époque mais je n'ai rien à vendre à seulement interroger notre avenir.

  15. Sur France-culture ce matin Gérald Bronner (La démocratie des crédules) insiste sur le fait que le "biais de confirmation" (qui fait qu'on va sur les sites ayant les mêmes opinions que nous) favorise sur internet les croyances et théories du complot, en particulier parce que les croyants (11 septembre, climato-sceptiques, etc.) sont plus motivés que les non-croyants ce qui accroit leur visibilité sur internet (on pourrait ajouter qu'une croyance est simple alors que la vérité est difficile, complexe, contradictoire, incomplète, provisoire). Il en vient à penser qu'internet submergerait le vrai par le faux mais je pense que c'est sans doute une maladie infantile de la société de l'information et qu'à la longue, ces phénomènes devraient être mieux connus et moins prépondérants. Pour l'instant on est dans une libération de la parole au niveau mondial où on s'imagine pouvoir découvrir des secrets mais c'est une illusion qui devrait se dissiper avec les années. On ne peut prétendre que cela aurait été mieux avant alors que les religions et les idéologies bourraient le mou à tant de gens.

  16. Selon Newsweek, il y a urgence à mieux étudier la stupidité qui n'est pas l'apanage des idiots, au contraire : plus on est intelligent et plus la stupidité peut être grave !

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