On est trop cons

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Voilà, c'est un fait massif auquel il faut bien se résoudre à la fin. On ne peut pas dire que ce soit une découverte pourtant, on peut même dire qu'on le savait depuis toujours - comme tout ce qu'on refoule - mais il faut croire qu'on ne peut pas s'y faire, que c'est même interdit de le dire, très mal vu et désobligeant, à l'opposé du respect exigé et de ce qu'on nous enseigne partout, flattant au contraire notre supposé "bon sens" démocratiquement partagé et notre intelligence supérieure. Il est clair que tout dialogue s'adresse à cette intelligence supposée (sinon à quoi bon?) et considérer les autres comme des imbéciles est ce qu'il y a de plus insultant (même si c'est la triste réalité). A l'instar de toute ma génération élevée au temps du marxisme triomphant et de sa confiance rationaliste en l'Homme, j'ai donc soutenu longtemps avec enthousiasme cette conception trop optimiste, à la fois sur mon intelligence et celle des autres - ce qui n'a pas pu résister si longtemps à l'épreuve...

C'est seulement petit à petit, d'échecs en échecs qu'il a fallu reconnaître notre rationalité limitée, d'abord par une information imparfaite, puis la commune connerie des biais cognitifs, mais bien plus encore par l'irrationalité d'Homo sapiens et son conformisme congénital - sans doute nécessaire à la transmission de savoirs traditionnels mais complètement borné, inaccessible à la critique et adoptant sans sourciller les croyances les plus folles pourvu que ce soient celles de son groupe (les idoles de la tribu). La démonstration n'est plus à faire de notre propension à croire n'importe quoi, mythes ou religions qui signent simplement nos appartenances, influence sociologique primordiale de récits fondateurs, d'idéologies ou de modes, bien trop sous-estimés par l'épistémologie (il ne s'agit pas de perspectivisme), ce qu'on ne peut considérer comme purement accidentel et dont nous serions maintenant délivrés.

Les leçons du passé, pourtant innombrables, n'ont pas découragé une utopie rationaliste renouvelée à l'ère du numérique donnant accès aux savoirs mais qui a sombré en bulles informationnelles sur les réseaux sociaux où s'étale au grand jour, en même temps que notre socialité tyrannique, un niveau de connerie qu'on avait quand même peine à imaginer avant, malgré tant d'exemples dans notre histoire. Avec le succès des populistes, il semble qu'on ait franchi en effet un nouveau seuil, celui d'une revendication démocratique à la connerie et aux vérités alternatives au même titre qu'aux religions. Il y a vraiment de quoi désespérer de l'humanité, ne plus rien en espérer en tout cas - du moins en dehors de la solidarité qu'elle manifeste quand même régulièrement dans les catastrophes, tout aussi bien que dans les mouvements de libération actuels, utilisant cette fois les réseaux de façon bien plus positive, sans que ceux-ci puissent se substituer aux traditionnelles manifestations de rue. Le paradoxe des médias, c'est que, s'ils propagent rapidement les pires rumeurs et imbécilités, cela n'empêche pas qu'ils donnent accès aussi au meilleur et à des connaissances plus durables.

Est-ce une autre connerie d'attendre de l'Intelligence Artificielle une réduction de la connerie ? Effectivement, comme une intelligence, artificielle ou naturelle, se nourrit des informations extérieures, apprentissage de son environnement, on a vu qu'une IA, formée par les échanges sur les réseaux, reprend leurs clichés et préjugés. Il devrait y avoir quand même un moyen technique de contourner cette connerie sociologique ? Là aussi, on peut penser que cela relève des maladies infantiles du numérique qui devraient trouver des parades dans le futur pour atténuer ces défauts, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que, à ce jour, le numérique n'a certes pas éradiqué la connerie.

Le constat s'impose qu'on est vraiment trop cons pour pouvoir s'en sortir - sinon peut-être après-coup ? On ne peut invoquer contre cela les avancées des sciences pour se rassurer sur nos capacités mentales puisque les sciences procèdent justement de la suspicion sur nos représentations et sur le fait que l'erreur est bien le propre de l'homme, qu'il ne faut pas se fier à notre intelligence ni aux démonstrations abstraites sans de solides confirmations expérimentales. Les sciences universelles peuvent être considérées comme une déshumanisation du savoir subjectif en savoir objectif qu'on attribue trop à notre supposée inventivité alors qu'on a affaire plutôt à une sélection par l'expérience, après-coup comme le veut l'évolution, favorisant les cultures les plus (re)productives ainsi que des savoirs cumulatifs. L'apport des trois états d'Auguste Comte était de montrer que le savoir positif des sciences était aussi éloigné de la fiction religieuse que des spéculations métaphysiques mais il témoignera de sa propre connerie à vouloir faire de la science une religion de l'humanité qui singeait de façon un peu ridicule la religion catholique. Personne n'est à l'abri d'une connerie qu'on peut dire originelle, y compris pour les scientifiques (avant l'expérience). La position scientifique qui s'en tient aux savoirs positifs, est tout ce qu'il y a de plus anti-naturel et, au stade scientifique, il est clair qu'on se raconte encore des histoires et qu'il y a encore des grands récits (Big Bang).

Ce serait pourtant une autre connerie de prétendre qu'on passerait sa vie à faire n'importe quoi. Le plus extraordinaire, en effet, c'est que notre universelle connerie ne nous empêche pas de vivre et nous reproduire, ni de nous comprendre assez pour travailler ensemble, même si c'est loin d'être parfait. Si la connerie n'est pas du tout absente des entreprises, elle y est limitée cependant par les résultats pratiques. Mais, dès qu'on décolle de la pratique, et de ce qu'on maîtrise bien, c'est là que la connerie devient sans limite. Nous sommes véritablement schizophrènes, pris dans un dualisme entre le monde des discours ou des convictions, et le monde pratique, sujet divisé entre ses croyances affirmées et ses actions effectives ou les démentis du réel qu'il refoule. Ce n'est pas simple inconvénient marginal dans un fonctionnement social relativement efficace car les conséquences politiques en sont dramatiques avec l'actuel retour des fachos et des populistes complotistes. On voit la constitution d'alliances rouge-brun insensées avec des anciens "progressistes" devenus souverainistes, si ce n'est xénophobes, et préférant prendre le parti de tarés d'extrême-droite ou de régimes autoritaires corrompus avec leurs médias aux ordres plutôt que de gober la "propagande" des démocraties libérales et de l'ONU (ou l'OMS) ! Les démocraties seraient en fait des dictatures et les dictateurs les vrais démocrates !! La confusion est à son comble avec la menace d'une montée des violences.

La guerre a, comme toujours, exacerbé un déballage de conneries qui s'étaient déchaînées aussi avec la pandémie entre adversaires hargneux faisant assaut d'incompétence et de dogmatisme des deux côtés, ce qui va complètement à l'encontre du mythe démocratique d'une intelligence collective, constamment démentie par les faits. La folie des foules est bien la règle et non l'exception. Ce n'est pas le recours à la démocratie directe qui pourra arranger les choses, chacun ayant pu constater le gouffre entre l'idéal égalitaire proclamé et le comportement des assemblées plus ou moins noyautées par les groupes constitués. On peut lister bien d'autres obstacles à une démocratie réelle, que ce soit les frimeurs ambitieux ou les vendus, rejoignant les critiques anciennes contre ce régime de l'opinion et de la théâtrocratie comme Platon appelait ce cirque livré aux sophistes (communicants) et à la démagogie. Le problème, c'est que la connerie n'est pas du tout réservée aux citoyens ordinaires, comme il le pensait malgré l'enseignement de Socrate, touchant aussi bien les élites, les classes dirigeantes, et n'épargnant pas plus les sages (ou les mollahs), en dépit de rares exceptions. Du coup, les autres régimes sont encore pires, enfermés dans leur entre-soi et sourds aux populations. Débarrassée de ses illusions rationalistes et souverainistes d'une volonté générale qui n'a pas de sens hors de groupes très restreints, la démocratie comme régime de la discussion, des assemblées et de la résolution des conflits par le vote reste supérieure à toute autre organisation même si cela ne garantit en rien contre des politiques régressives. D'abord, là aussi, il ne faut pas trop noircir le tableau. La connerie générale n'empêche pas la prise de décisions dans l'urgence ni l'efficacité des institutions même si cela parasite le débat public avec des polémiques idéologiques haineuses et déconnectées des réalités. La seule façon d'en sortir est d'en tenir compte, comme le font les sciences. Même si ce n'est pas la panacée, l'organisation de conventions citoyennes par exemple peut être plus utile que des effets de tribune. Au lieu de se fier un peu trop au bon sens de tous, mieux vaut partir de notre ignorance et d'une démocratisation du savoir. Réfuter l'idéologie démocratique la plus naïve, qui prétend que le "peuple" ne pourrait se tromper, n'est pas renoncer à organiser l'expression des avis des intéressés ni à une enquête minutieuse vérifiant les faits. La démocratie ne se limite d'ailleurs pas au vote, c'est un projet plus général de démocratisation de la société, d'une sécurité sociale et d'un Etat de Droit protégeant également tous les individus.

Ce n'est donc pas que la connerie serait réservée aux plus ignorants pas plus qu'à un camp contre l'autre. On sait que la connerie savante peut être aussi dangereuse que la connerie ordinaire. L'expert sûr de son savoir peut, par sa connaissance du passé, ne pas comprendre le nouveau. Les plus grands intellectuels (de Platon à Heidegger), tout comme des militants remarquables, ont pu servir des totalitarismes ou leur servir d'idiots utiles bien qu'on soit là à des niveaux de connerie très différents de celui des complotistes les plus absurdes. Il y a incontestablement des degrés à la connerie, des conneries grossières et d'autres plus raffinées mais, dans l'ensemble, ce n'est pas brillant, de haut en bas - ce ne sont pas les guignols décervelés qui manquent jusqu'aux sommets des Etats. Cela détruit toute prétention à faire barrage à la connerie. Il est quand même raisonnable de penser que si la connerie consiste en un faux savoir ignorant son ignorance, la reconnaître réduit la connerie mais pas au point de pouvoir y échapper, et ce serait une connerie bien téméraire de prétendre avoir une solution à cette connerie générale.

Cela ne veut pas dire qu'il faudrait se taire ou qu'on ne pourrait rien du tout. Notre situation serait bien à désespérer si on retombait dans l'erreur idéaliste d'une causalité humaine aux progrès cognitifs et civilisationnels qui sont des processus largement autonomes où la part humaine est celle de l'erreur comme disait Poincaré. Il faut répéter que la connerie humaine n'empêche pas le progrès des connaissances et du Droit qui sont des processus objectifs relevant d'une rationalité universelle et non de la subjectivité (connerie) humaine. On pourrait dire de la connerie qu'elle parasite le mouvement mais ne le détermine pas. Je me suis servi de la figure des extraterrestres pour détacher notre évolution humaine de capacités qui nous seraient propres alors que ces capacités sont plutôt sélectionnées par l'évolution technique. Cela pose d'ailleurs la question de la possible connerie des extraterrestres puisque notre connerie ne nous est pas imputable personnellement en tant que connerie sociale liée à la nécessité d'un discours commun - ce qui n'est pas du même ordre que la limitation de nos capacités cognitives. On peut dire qu'on a juste ce qu'il faut d'intelligence pour vivre dans nos sociétés hypermodernes, le reste étant abandonné à notre connerie collective ou individuelle, mais il y a encore de nombreux progrès à attendre, notamment des révolutions contre les régimes autoritaires et pour la libération des femmes ainsi qu'une transition écologique qu'il faut essayer d'accélérer même si cela ne mettra pas fin à la connerie, seulement aux conneries les plus archaïques. Nos limitations trop humaines ne doivent pas nous faire renoncer au progrès ni à la démocratisation.

Ce qui n'est pas tenable, c'est la conception d'une gauche progressiste confiante dans l'intelligence humaine et les finalités qu'elle se donne, bonne volonté qui n'aurait besoin que de renverser une domination étrangère pour retrouver sa nature authentique et laisser libre cours à son excellence dans un unanimisme introuvable. On doit savoir au contraire que ce n'est jamais simple, qu'on ne sait pas d'emblée comment faire, qu'il ne suffit pas de notre dévouement ni de notre colère ou radicalité. Il ne faut pas trop s'y croire en s'imaginant le sauveur du monde, et juste essayer d'avoir une action positive dans son rayon d'action, sans faire trop de conneries ni s'enferrer dans l'erreur et ses convictions. Ce n'est pas glorieux ni si facile, et il y faut pas mal d'énergie, ce qu'on n'a pas toujours.

 

Ce qui rend la situation à la fois tragique et complexe, c'est effectivement que même si on se croit très au-dessus de la connerie la plus crasse, il ne serait pas crédible de s'exclure soi-même d'une telle connerie omniprésente et, une fois qu'on admet ne pouvoir y échapper, c'est quotidiennement qu'on découvre, au-delà de la connerie ambiante, sa propre connerie en mille choses aussi bien dans les activités matérielles que dans le rapport aux autres où notre intelligence est constamment prise en défaut, bien plus qu'on ne le reconnaît généralement. Au lieu de l'essence divine qu'on attribuait à notre esprit contemplant les espaces infinis, nous restons englués dans notre glaise, ramenés au sol de notre petite planète perdue dans l'immensité de l'univers et sans accès à l'Être, recouvert par des récits trompeurs.

On peut être consterné, comme je le suis désormais, par toutes les illusions de notre jeunesse soixante-huitarde, et quand je dénonce l'idéologie datée de Guy Debord, c'est mon idéologie de l'époque que je dénonce, avec "la consternante naïveté sur le sexe et le pouvoir, sur la liberté et l'idéologie, sur la technique et la démocratie, sur le capitalisme et le travail, sur la représentation et la chose même, sur la vie enfin comme jeu. Ça fait beaucoup". C'étaient incontestablement de grosses conneries, rêves encore d'absolu et de paradis futurs enfantins derrière les subtilités de l'argumentation, dignes de théologiens, tout comme la puissante synthèse hégélo-marxiste de Kojève nous faisant croire à la fin de l'histoire et au règne de la raison (du savoir absolu). Le plus comique sans doute, c'est qu'on se réclamait d'une dialectique négatrice mais nous épargnant complètement, laissant indemne de toute négativité la vérité révélée du communisme final qui, en bonne dialectique, devait être dépassé. Loin de la prétention à "penser par soi-même" qui nous animait, guidés seulement par la raison, c'est une illustration de la dimension sociologique et historique de nos croyances et nos engagements qui ne venaient pas de nulle part, d'une idiotie particulière, mais d'une tradition révolutionnaire vivace et de théoriciens puissants adoptés comme étant de notre camp.

Il est très curieux de voir comme le marxisme constituait alors une base commune à des courants très différents, jusqu'aux surréalistes, "philosophie indépassable de notre temps" disait Sartre. Sans doute pour son matérialisme historique (économique et technique) mais, à distance, cette philosophie apparaît pourtant pure idéologie avec sa figure idéalisée du travailleur, jusqu'à tout réduire, avec l'impayable Gramsci, à l'hégémonie idéologique soit l'exact opposé de son noyau matérialiste. On était bien là dans une nouvelle religion et une crédulité sans borne, insensible au doute, où Lénine prétendait, au désespoir de Bertrand Russell, que "La doctrine de Marx est toute-puissante, parce qu'elle est vraie. Elle est harmonieuse et complète". Lukács qui, bien que sur une position critique soutiendra le pouvoir stalinien, poussera un peu plus loin l'identification de l'idéologie prolétarienne révolutionnaire à la vérité même, d'un sujet actif, en l'opposant à l'idéologie dominante, idéologie bourgeoise conservatrice et réifiante oubliant la place du sujet et le processus dans son résultat. D'un côté la clarté du socialisme scientifique et de la conscience de classe transformatrice vers un idéal commun, de l'autre juste l'illusion idéologique et la fabrique du consentement maintenant la domination capitaliste, opposition simpliste reproduisant finalement la fonction sociologique identitaire des religions dans leur opposition à d'autres groupes et leurs croyances religieuses (leur connerie propre). C'est à la fois pire et plus évident quand on regarde du côté des identitaires fascisants mais se retrouve donc, à leur insu, du côté des universalistes progressistes soumis au patriotisme de parti. Il y a eux et nous. Ce qui ne change pas, c'est de promettre la lune et d'éliminer les méchants, habiller le futur de nos rêves. La connerie n'est pas passive ici, c'est le choix appuyé de l'illusion et de nos appartenances qu'on défend haut et fort, pied à pied, contre toute évidence et des explications plus matérialistes.

Pourtant, se rendre compte que, conformément d'ailleurs au matérialisme historique, on n'avait fait que reprendre les idéologies du moment, oblige à revenir à une conception écologique (sociologique) de la culture, conception qui nous dépersonnalise, ne procédant pas d'une essence préalable, de notre personnalité ni de notre intériorité mais de causalités extérieures, matérielles ou sociales, ainsi que de l'état des savoirs. Après-coup, je ne crois pas que j'ai été plus con que les autres, même si je ne compte plus les fois où je me suis ridiculisé, mais, comme les interlocuteurs de Socrate, cela m'a quand même bien choqué de devoir admettre, au bout de tant d'années, ce qu'avait été l'étendue de ma propre connerie - pas seulement de mon ignorance mais de croire savoir ce que j'ignorais, ou qui n'était que mirage (idéologie). Vieille rengaine mais c'est au moins décourageant, on peut penser qu'alors, il n'y a pas de quoi la ramener mais sortir du jeu, même si les réactionnaires haineux font preuve d'une bien plus grande connerie et occupent de plus en plus le terrain. Le climat est détestable, il faudra bien que la connerie prenne conscience d'elle-même, mais on n'y est pas encore et il faut savoir rendre les armes.

En tout cas, je dois témoigner du contraste frappant que j'ai pu éprouver entre ma fierté d'avoir rejeté la religion de ma jeunesse, un peu comme ne plus croire au Père Noël quand on grandit, et la grande déprime qui m'a saisi d'avoir fini par comprendre, des décennies plus tard, à quel point j'avais été berné par les utopies écologistes ou révolutionnaires qui se voulaient pourtant entièrement rationnelles et nécessaires - sauf que le nécessaire n'est pas toujours possible, et on sait bien que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Croire qu'on peut transformer la société à notre convenance avec des slogans simplistes, des solutions imaginaires et des bons sentiments est tout simplement délirant. On peut seulement participer aux mouvements sociaux comme aux évolutions positives (au risque que le résultat ne soit pas à la hauteur de nos espérances). Dream is over comme chantait déjà Lennon après que le peace&love de Woodstock ait sombré dans le désastre d'Altamont. Aujourd'hui, il est temps de prendre ses distances avec l'utopie d'une démocratie numérique et des blogs qui sont passés de mode depuis un moment (au profit des réseaux sociaux justement). De toutes façons, une hirondelle ne fait pas le printemps.

Tout cela en guise d'explication pour l'arrêt du blog depuis 2 mois, arrêt qui ne sera sans doute pas définitif mais sûrement pour les commentaires, innovation tant vantée du web 2.0 ! Si j'aurais dû le savoir depuis longtemps, ayant trouvé les commentaires sur mon blog presque toujours très décevants, le fait d'avoir été obligé de les censurer, à cause des polémiques déclenchées par la pandémie puis la guerre, a fini de me convaincre d'arrêter les frais, arrêter de nourrir la connerie. Il est bien inutile d'ouvrir les commentaires aux premiers venus.

Je ne vais pas pour autant m'empêcher d'écrire encore quelques articles si l'envie m'en prend, pour le plaisir d'écrire ou m'éclaircir les idées mais ils devraient être plus rares. Même si je pense malgré tout que mes textes gardent une grande part de leur intérêt, abordant tous les sujets essentiels les plus actuels (philosophiques, politiques, écologiques, scientifiques), dont beaucoup de lecteurs pourraient tirer profit, ils n'ont bien sûr pas pu échapper tout-à-fait à la connerie militante que je dénonce ici mais, surtout, selon toute apparence, ils n'ont servi à rien. De plus, comme j'ai pu le constater, pas besoin de me lire pour retrouver les conclusions à tirer de la catastrophe annoncée et qui s'imposent matériellement à tous maintenant, sans que j'y ai été pour quelque chose. Pas besoin de moi, donc, et si c'est grande générosité de ma part d'avouer ce qu'avait été ma propre connerie, là, la connerie est trop haute, je laisse tomber - au moins provisoirement - j'en ai ma claque...

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