La redistribution des cartes

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Nous voilà de nouveau spectateurs d'un avenir qui nous échappe complètement et d'une redistribution des cartes sur laquelle nous n'avons aucune prise. Depuis la pandémie nous avons quitté le monde prévisible de l'économie par l'intrusion d'un réel extérieur qui met un terme au cours normal des affaires - tout comme maintenant, nous voilà rattrapés par l'Histoire, c'est-à-dire la guerre.

Impossible de prévoir la suite mais c'est justement sur cet impossible qu'il faut insister et sur l'engrenage implacable commencé d'ailleurs en 2014 avec l'annexion de la Crimée à laquelle l'Occident n'avait répliqué que par des sanctions économiques déjà, certes moins sévères que celle envisagées actuellement mais une victoire éclair des Russes en quelques jours rebattra encore les cartes. Il ne s'agit pas de prendre parti dans le conflit en diabolisant l'adversaire mais d'essayer de comprendre le mécanisme implacable nous ayant mené là, c'est-à-dire le fonctionnement effectif du jeu de puissances au-delà des condamnations morales et des utopies démocratiques ou d'une prétendue auto-organisation de base.

La riposte militaire serait trop aventureuse - une folie entre puissances nucléaires bien que toujours possible au moindre dérapage - ce qui se joue serait plutôt la confrontation de la puissance économique à la puissance militaire et donc sur la durée (pas sûr qu'on puisse tenir si longtemps). La logique historique voudrait que ce soit l'économie, le capitalisme, qui finisse par gagner avec tous les ressorts de la technologie mais pas forcément du premier coup. Cette guerre paraît effectivement à la fois anachronique dans la globalisation marchande et numérique, où l'appartenance à un pays ou un autre perd beaucoup de son importance, en même temps qu'elle pourrait être hyper-moderne dans les armes, première véritable guerre du 3ème millénaire si les USA s'en mêlent, utilisant de nouvelles armes, la cyberguerre ou la guerre électronique jusqu'au spatial voire au nucléaire (ce n'est hélas pas totalement exclu), éprouvant leur potentiel ou leurs limites. On ne sait à quel point on sera touché mais on en subira sûrement des conséquences plus ou moins terribles. Il y a de quoi paniquer.

Alors même qu'on s'offusque au nom de la souveraineté nationale, il apparaît clairement au contraire que les souverainismes trouvent comme toujours leurs limites dans la guerre qui forme les empires et de nouveaux équilibres dans la confrontation entre ancien et nouveau, entre le Droit et le fait. L'issue finale semble inévitablement une nouvel ordre mondial renforcé, comme après la seconde guerre mondiale, d'autant plus qu'il sera aux prises avec les cataclysmes climatiques - mais dans combien de temps et avec combien de morts, ayant perdu un temps précieux dans des affrontements destructeurs high-tech ? La tension pourrait retomber, ce n'est pas le plus probable. A court terme, c'est loin d'être gagné avec un adversaire qu'on a trop sous-estimé, et pourrait même conduire à la fin de l'ONU voire bien pire encore ?

Les interprétations psychologiques de l'engrenage menant à la guerre sont en tout cas ridicules car sous la contingence apparente des causes immédiates, comme en 1914, ce sont bien des causes matérielles et géopolitiques qui sont décisives : tout simplement quand on a une puissance militaire, on s'en sert un jour ou l'autre, sinon on s'écrase devant plus fort que soi. La guerre aurait donc effectivement pu être évitée si, juste après la chute de l'URSS, l'OTAN avait été dissoute, devenue sans objet et nous laissant en compagnie d'une Turquie infréquentable. Si la dissolution n'a pas été prononcée c'est pour diverses raisons conjoncturelles et, surtout, parce que les européens étaient réticents à la constitution d'une armée européenne, mais c'est cet OTAN en mort cérébrale qui a constitué le casus belli d'une Russie pour laquelle l'adhésion de l'Ukraine constituait sans ambiguïté une menace à sa porte.

Que les Occidentaux n'aient pas voulu céder sur l'élargissement, pourtant exclu par un précédent traité, ne va pas de soi (même s'il ne pouvait sans doute en être autrement), manifestant le mépris total de ceux qui se croient supérieurs moralement, démocratiquement et militairement. Or, c'est sur ce dernier point que les Occidentaux ont sous-estimé la Russie, provoquée à montrer qu'elle a les moyens militaires d'imposer ses vues. Le calcul est certes crédible, mené de main de maître, mais pas complètement assuré pour autant et, en tout cas, très dangereux, livré au jugement de Dieu d'où sortira une nouvelle hiérarchie et de nouveaux rapports de force.

Il n'est pas impossible cependant, on peut l'espérer avec une certaine plausibilité, que ce retour de l'histoire sur la scène européenne soit le dernier (la Der des Ders) débouchant une nouvelle fois sur un nouvel ordre mondial et l'achèvement de l'Europe comme de l'Etat universel nécessaires aux enjeux écologiques, épidémiques, économiques dans une planète unifiée ? Ce serait sans doute trop beau. Peut-être ne peut-on se passer des guerres pour remettre les compteurs à zéro, renverser les anciennes hiérarchies, faire l'épreuve du réel et revenir à la raison ?

La guerre est le père de toutes choses... Les uns elle les faits esclaves, les autres libres. Héraclite 129 B53

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81 réflexions au sujet de “La redistribution des cartes”

  1. "on peut l'espérer avec une certaine plausibilité, que ce retour de l'histoire sur la scène européenne soit le dernier"

    Tant que des profils égocentriques pourront continuer à occuper des postes de pouvoir cela restera un vœux pieux.

    • Je ne suis absolument pas assuré que ce soit la Der des Ders, seulement que ce serait logique, pas impossible dès lors qu'il y aurait unification planétaire.

      Par contre le seul intérêt de l'article est d'essayer de montrer que la guerre est due à un engrenage, à la confrontation de puissances matérielles, à l'épreuve de vérité des forces en présence quand il faut que l'un cède, et donc pas à l'agressivité (comme le croyait Laborit), ni à la testostérone comme le croient les féministes (comme si Margaret Thatcher n'avait pas fait la guerre), tout au plus à la connerie d'une mauvaise évaluation de l'adversaire et une surestimation de son pouvoir.

      • Je ne vois effectivement pas comment l'engrenage actuel pourrait être la der des ders.
        Je ne sais pas combien de temps il faudra pour faire disparaitre les frontières et donc atteindre l'unification planétaire probablement plusieurs siècles si cela arrive un jour, d'ici là il se passera bien des choses.

        L'article reste au niveau états, géopolitique, etc et rejette explicitement les "explications psychologiques" (à quel niveau je ne sais pas, je n'ai pas compris), cela me donne l'impression d'un survol sans jamais oser affronter le fond du problème.

        Personnellement, en fonction de mes expériences propres et de l'état des recherches en psychologie sur les profils toxiques initiées et vulgarisées au milieu du XXème siècle par le professeur Hare, je ne peux pas laisser de coté l'analyse du profil psychologique des dirigeants.
        Cela dépasse les explications simplistes du féminisme ou des hormones et les généralisations et les moyennages typiques des religions ou de la plus part des philosophes.

        Chaque individu a ses faiblesses, laisser une grand puissance dans les mains d'un seul individu, c'est s'exposer au pire.
        C'est une évidence que l'humanité connait mais n'arrive pas à contrôler.

        • Il n'est pas question d'une disparition totale des frontières, encore moins des nations qui sont un chaînon indispensable de la gestion des territoires. L'unification planétaire est déjà là, matériellement, économiquement, financièrement, climatiquement, médicalement, c'est la place de la nation par rapport à cette globalité (l'Empire) qui a complètement changé par rapport aux 2 siècles précédents, tout comme la nation n'était plus le royaume. Penser le nouveau statut des nations (et de la démocratie) dans ce nouveau monde est primordial. Le temps que prendra l'achèvement de cette intégration est impossible à prévoir pouvant être très long si les urgences écologiques ne nous pressent pas d'accélérer. Je décris la situation plus que je ne prétends prédire l'avenir. L'improbable peut toujours se produire, c'est juste peu crédible.

          Je ne conteste évidemment pas qu'il y ait des psychopathes, des paranoïaques, des tueurs, il est même évident que la plupart des dirigeants ont un côté psychopathe, on ne devient pas le maître innocemment, le pouvoir se gagne, il n'est pas offert au plus méritant (les seuls qui méritent le pouvoir, c'est ceux qui n'en veulent pas, qui ont mieux à faire comme dit Platon).

          Il n'empêche qu'expliquer la géopolitique et la guerre par des raisons psychologiques est le degré zéro de l'explication et rate les véritables causes, les enjeux litigieux qui ne se réduisent pas à l'accroissement de sa puissance.

      • Je ne sais pas si Laborit aurait spécifiquement mis en évidence l’agressivité comme étant la cause des conflits, mais je crois plus exactement qu’il a remarqué que la dominance est une caractéristique qui se développe dans nos rapports sociaux. Les raisons en sont bien expliquées dans les premières minutes du film « 2001 l’Odyssée de l’Espace », et Laborit nous le rappelle dans Mon oncle d’Amérique, d’Alain Resnais : « Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. »

  2. Il y a deux siècles, les empire coloniaux dominaient. Le monde était d'une certaine façon plus uni. Ils ont permis au commerce de prendre une ampleur jamais vu jusqu'alors. Nous ne sommes revenus sur les niveaux d'échange (en % de PIB mondial) de 1914 qu'en 1985. D'une certaine façon cette ouverture du commerce et de la finance n'est pas nouvelle.

    Du coté climat cela n'a pas non plus changé depuis des millénaires cela a toujours été unifié avec les impacts d'un coté influençant l'ensemble. Du coté sanitaire ce n'est pas nouveau non plus, la peste, la grippe etc ont bien montré et déjà, il y a plus de 130 ans les travaux de Yersin sur la peste ont eu un impact global.

    Rester sur les constructions que sont les états, les théories politiques, sociales, économiques ou autres est compréhensible, en tant qu'individus nous sommes limités donc nous manipulons des objets macroscopiques nous permettant de bâtir des scenarii probables. Nous sommes obligés d'occulter les détails que nous ne comprendrons que plus tard. Un peu comme les découvertes en physique ou en chimie qui s'aperçoivent que ce sont parfois des impuretés en très petit nombre qui expliquent les propriétés de certains matériaux.

    Maintenant nous avons des expériences différentes. Quand vous voyez, de l'intérieur, des multinationales prospérer ou péricliter à cause, ou grâce, à l'action d'une seule personne, cela amène des réflexions. Par ailleurs, le fonctionnement des groupes humains est un sujet interessant surtout lorsque vous devez construire des équipes multinationales et plus tard conseiller des équipes dans le privé ou le public.

    Cela fait aussi plus de 80 ans que des états font un profilage systématique des dirigeants des autres pays. C'est étrange qu'ils s'intéressent ainsi à la personnalité des personnes ayant du pouvoir.

    Votre conclusion m'amuse et m'attriste à la fois.
    La paix est au bout d'un chemin très long et il reste beaucoup d'obstacles sur ce chemin.

  3. En attendant, il semble que la Russie soit partie pour perdre, sinon s'enliser en Ukraine. Comment Poutine a t-il pu penser un instant qu'il pourrait soumettre un état comme l'Ukraine, qui plus est aux portes de l'Europe occidentale.

    D'autre part, les mesures de sanctions massives et la dernière, celle de l'exclusion de la Russie du système Swift, démontrent s'il en est, après l'aide massive aux entreprises consécutive à la crise du Covid, qu'une politique volontariste serait quand même possible.

    Évidemment ici l'action des états est coordonnée.

    Je me demande quand même en quoi, in fine, l'appartenance de l'Ukraine à l'OTAN aurait menacé la Russie, puissance nucléaire. Il doit y avoir un facteur psychologique expliquant cette fuite en avant de Poutine et son gvt.

    Cela étant, j'ai du mal à concevoir que l'oligarchie russe ait accepté de se laisser entraîner dans un pareil conflit en payant le prix de sanctions massives. Je ne serais guère étonné que certains cercles dirigeants préparent à Moscou, en ce moment même, la succession de Poutine ...

    • Il ne faut pas vendre trop tôt la peau de l'ours qui a encore des cartes dans sa manche, avec un risque d'escalade, même si la résistance des Ukrainiens est étonnante étant donnée la disproportion des forces. C'est parti pour durer plus que Poutine ne pensait mais s'il a "perdu" une bataille, il n'a pas encore perdu la guerre. La riposte économique étant sévère, on saura vite son poids réel et ses conséquences (qui n'ont pas ébranlé le régime iranien malgré tout).

      Dire que la Russie n'avait pas à s'inquiéter de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN constitué contre la Russie n'a pas de sens. Il fallait dissoudre l'OTAN. En tout cas, ce n'est pas d'hier que la question est martelée par Poutine.

      Si Poutine perd la guerre, il pourra effectivement perdre son pouvoir mais la partie est en cours et il n'est pas encore aux abois.

    • "Je me demande quand même en quoi, in fine, l'appartenance de l'Ukraine à l'OTAN aurait menacé la Russie, puissance nucléaire."

      C'est une vraie question, en effet. Pour y répondre, il faut remonter à 2002, date à laquelle le président Bush fils, s'est retiré du traîté ABM de 1972. Ce traîté faisait en sorte que ni Washington ni Moscou ne puissent opérer une "première frappe nucléaire", c'est à dire frapper d'abord l'adversaire puis aussitôt se protéger avec un bouclier anti-missile.
      A l'époque, la Russie a fait savoir qu'elle répondrait, ce qu'elle effectivement fait, mais entre temps, Washington a installé des systèmes ABM Aegis (le bouclier de Zeus) en Pologne et en Roumanie, brandissant ainsi de façon explicite la menace de première frappe. Les russes ont protesté et prévenu qu'ils allaient réagir, surtout si les choses devaient aller plus loin.
      Or, il est aujourd'hui évident que l'Ukraine pourrait recevoir des systèmes Aegis dans les années qui viennent, si toutefois rien n'est fait. Cela mettrait Moscou à dix minutes des batteries US, obligeant la région à se tenir en permanence en alerte. Ce n'est effectivement pas acceptable.

  4. Bonjour

    J'ai tendance à regarder tout cela avec les yeux de Mac Kinder. Une triade asiatique (Chine, Russie, Iran) s'est construite durant les dix dernières années. Cet ensemble entend repousser l'alliance "occidentale" hors d'Europe et hors du Pacifique. L'opération russe n'est que le début d'un mouvement stratégique visant à briser l'Otan et l'Union Européenne. Les russes sont des experts en matière d'Art Opératif, ils ont calculé tous les chemins et ils ont tous les résultats en tête. Ce qui commence, c'est un monde résolument multipolaire. Au moins est-ce ainsi que je vois les choses. Le futur est juge.

  5. La partie est loin d'être finie, Poutine joue son va tout en jetant toutes ses forces dans la bataille pour ne pas admettre sa défaite et négocier en position de force. La résistance ukrainienne est surprenante mais le rapport de force est trop déséquilibré dans ce qui est resté jusqu'à présent une guerre classique.

    Détruire Kiev sera cependant mal vu des Russes. Il me semble que le sort de Poutine est déjà scellé, ce n'est certes pas sûr mais la menace de la guerre nucléaire l'a disqualifié auprès de la Chine, de l'ONU et semble-t-il même auprès de ses généraux sinon d'une partie de sa population au moins. Bien plus que les sanctions économiques, la mise au ban de la Russie qui l'isole du reste du monde et ruine quelques oligarques apparaît trop insupportable dans notre monde interconnecté - et qui n'est absolument pas comparable au monde d'hier quoiqu'on en dise, c'est même ce qui pose problème, les esprits étant lents à l'admettre. L'enjeu actuel, c'est l'après-guerre, de la nécessité pour la Russie de se réintégrer dans ce monde globalisé, ce qui n'est pas gagné même si les Ukrainiens capitules.

    Ce qui est intéressant, c'est de voir comme la montée aux extrêmes de Poutine s'est retournée contre lui. Au lieu de terroriser l'adversaire par la menace nucléaire, il a au contraire soudé le monde entier contre lui, redonné vie à un OTAN en mort cérébrale et montré la nécessité d'une défense européenne. Exactement l'effet contraire recherché, conséquence de l'húbris comme disaient les Grecs, quand une puissance effective passe la ligne et la mesure, provoquant un retour de bâton fatal.

    Le problème, c'est qu'il n'est pas sûr du tout que le renforcement de l'OTAN et le réarmement de l'Allemagne soient une bonne chose. Il faut espérer que l'unité planétaire éprouvée une nouvelle fois rende ces armées assez vite inutiles et surtout l'arsenal nucléaire dont on a réalisé cette fois la menace oubliée.

    • Vous avez peut-être raison, mais je ne peux m'empêcher d'avoir un sentiment différent.
      Beaucoup de personne, ces jours ci, semblent penser qu'une partie engagée par la Russie peut être évaluée dès les premiers coups. C'est faire peu de cas de la profondeur opérationnelle, me semble-t-il.
      Au plan militaire, les forces aérospatiales n'ont pas encore été engagées, du moins pas de façon notable, et la "menace" nucléaire n'est qu'une réponse claire à certains qui, comme Le Drian, ont cru bon d'évoquer la question en premier.
      Au plan politique, qui peut aujourd'hui affirmer qu'il connaît les objectifs stratégiques dissimulés derrière l'action opérationnelle? Qui peut mesurer l'avance ou le retard de la Russie au regard de son propre "agenda"stratégique?
      Au plan économique? Attendons un peu, là encore.
      Quant aux aspects diplomatiques, si les vassaux de Washington ont obéi au maître, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine semblent plus nuancées.
      Bref, il me semble qu'une semaine est un temps trop court pour juger. Songeons à l'intervention de 2015 en Syrie dont ont disait à l'époque qu'elle était vouée à l'enlisement.

  6. Ce que je veux dire se ramène a ceci: la lenteur opérationnelle de la Russie est due au fait qu'elle entend ne pas traumatiser la population afin de laisser ouvert le débouché politique futur. S'il s'était agi simplement d'écraser l'Ukraine sous le feu, cela aurait pris une journée. Mais les villes sont encerclées et non prises, tandis que les infrastructures militaires, y compris celles de l'OTAN, sont détruites de façon systématique et parfaitement sélective. Pendant ce temps, les bataillons de type Azov sont enfermés dans un Kessel dans le Donbass. A la fin, beaucoup de choses seront rendues publiques et le leadership occidental sera exposé au grand jour. N'est-ce pas Monsieur Yarosh? Vraiment, ça ne fait que commencer.

    • Etant donnée la disproportion des forces, je suis surpris de la résistance ukrainienne mais il serait encore plus étonnant que Poutine perde la guerre militaire sans intervention extérieure.

      Ce qu'il a perdu, c'est l'après-guerre et cela me semble irrattrapable. Certes il garde des alliés qui comprennent les raisons de la guerre mais pas la menace nucléaire. La Chine a dit son opposition à tout risque nucléaire mais a réaffirmé son soutien à la Russie si elle était attaquée, ce qui fait partie justement des garanties nécessaires pour exclure l'utilisation de l'arsenal nucléaire.

      La réintégration de la Russie se fera mais ce sera difficile avec Poutine et prendra sans doute plus de temps, tout ceci étant très incertain, juste l'impression du moment qui peu changer avec les événements comme toujours avec l'histoire en train de s'écrire.

  7. Il y a des problèmes sur le blog actuellement, affichant "erreur critique", ne sais pas encore pourquoi. Il suffit normalement de recharger plusieurs fois jusqu'à ce que la page s'affiche...

  8. Bonjour,

    Merci Jean pour cet énième billet d'humeur qui force à imaginer le futur dans un présent chaotique, où la sidération et la peur mêlées nous empêchent de penser.

    Cependant, j'aimerai que tu m'éclaire sur cette expression "livré au jugement de Dieu" qui me fait bizarre à lire, quand il s'agit d'évoquer la rationalité pour analyser le présent.

    "Le calcul est certes crédible, mené de main de maître, mais pas
    complètement assuré pour autant et, en tout cas, très dangereux, livré
    au jugement de Dieu d'où sortira une nouvelle hiérarchie et de
    nouveaux rapports de force."

    Mon analyse est plus prosaïque : la Russie montre qu'elle veut garder son hégémonie dans la région, et surtout l'UE comme l'OTAN ne l'empêcheront pas d'exister comme puissance et d'agir à sa guise. Pour finir, il y aura une partition de l'Ukraine, en neutralisant la partie pro-occident façon Finlande... et la Russie rentrera le rang, et Poutine se maintiendra jusqu'en 2036, comme prévu.

    En revanche, quand donc les peuples du monde arriveront à peser de tout leur poids pour stopper la folie de la dissuasion nucléaire, des armements technologiques et de la course au sur-ré-armement, alors que ces ressources devraient être déployées pour atténuer les conséquences des dérèglements climatiques pour l'humanité ? Un mystère que cette fuite-en-avant vers l'irresponsabilité toujours plus mortifère...

    • Le jugement de Dieu est une procédure juridique utilisée au Moyen-Âge pour départager des adversaires et leurs vérités opposées entre lesquelles le tribunal ne pouvait trancher. On supposait que le vainqueur du combat était celui qui avait raison car il avait Dieu avec lui. C'est bien sûr injuste, assumant la prédominance de la force sur le droit, mais c'est un fait que le plus fort essaie toujours de transformer sa domination en droit.

  9. J'ai à peine lu quelques lignes que je suis fixé ! " l'engrenage implacable commencé d'ailleurs en 2014 avec l'annexion de la Crimée "
    Non le commencement c'est le coup d'Etat en Ukraine orchestré par l'OTAN (dont les membres ne sont rien d'autres que les affidés des USA) pour rattacher le pays au camp occidental. Ceci en utilisant ouvertement des groupes neo-nazis qu'on a laissé aussi prospérer dans les pays baltes.
    Mais il y a un camp occidental depuis au moins 1949 avec la création de l'OTAN pour profiter de l'affaiblissement de l'URSS qui a subi l'essentiel de la charge de la lutte contre le nazisme.
    Fallait-il que la Russie se laisse encercler, menacer et déstabiliser jusqu'à la chute finale. Non, elle devait réagir et profiter que la Chine est aussi montée en puissance pour se libérer enfin.
    On peut bien critiquer la méthode, mais il faut alors en proposer une meilleure.

  10. "Les options qui restent après l’invasion sont sombres. La moins mauvaise est le soutien aux options diplomatiques qui existent encore, dans l’espoir de parvenir à un résultat pas trop éloigné de ce qui était très probablement réalisable il y a quelques jours : une neutralisation de l’Ukraine à l’autrichienne, une certaine version du fédéralisme de Minsk II à l’intérieur des frontières. Mais c’est beaucoup plus difficile à atteindre aujourd’hui. Et — nécessairement — il faudra une porte de sortie pour Poutine. Autrement les résultats seront encore plus désastreux pour l’Ukraine et pour tout le monde. Peut-être même de façon presque inimaginable. Nous voici très loin de la justice. Mais quand la justice a‑t-elle prévalu dans les affaires internationales ? Est-il nécessaire de réexaminer une fois de plus ce bilan effroyable ? Qu’on le veuille ou non, les choix sont désormais réduits à une issue peu glorieuse — qui récompense Poutine plutôt que de le punir pour son acte d’agression — ou à la forte possibilité d’une guerre généralisée. Il peut paraître satisfaisant d’acculer l’ours dans un recoin, depuis lequel il s’élancera, comme il pourra, de manière désespérée. Mais ce n’est pas très sage. En attendant, nous devrions faire tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter un soutien significatif à ceux qui défendent vaillamment leur patrie contre de cruels agresseurs, à ceux qui fuient l’horreur et aux milliers de Russes courageux qui s’opposent publiquement aux crimes de leur État, au prix de grands risques personnels : une leçon pour nous tous.

    « Les options qui restent après l’invasion sont sombres. La moins mauvaise est le soutien aux options diplomatiques qui existent encore. »

    Et nous devrions également essayer de trouver les moyens d’aider une catégorie de victimes beaucoup plus large encore : l’ensemble de la vie sur Terre. Cette catastrophe a lieu au moment où toutes les grandes puissances, et même chacun d’entre nous, doivent travailler de concert pour contrôler ce grand fléau qu’est la destruction de l’environnement. Il a déjà fait payer un lourd tribut : le bilan sera bien pire si des efforts importants ne sont pas rapidement entrepris. Pour que chacun en comprenne l’évidence, le GIEC vient de publier [quatre jours après l’invasion russe, ndlr] la dernière et de loin la plus inquiétante de ses évaluations régulières sur la façon dont nous nous dirigeons vers la catastrophe. Mais, pendant ce temps, les actions nécessaires sont bloquées, voire inversées. Des ressources dont nous avons cruellement besoin sont consacrées à la destruction et le monde s’apprête à développer l’utilisation des combustibles fossiles, y compris le plus dangereux et le plus abondant d’entre eux, le charbon. Une conjoncture plus grotesque ne pourrait guère être imaginée par un démon maléfique. On ne peut l’ignorer. Chaque instant compte "
    http://www.revue-ballast.fr/ukraine-le-regard-de-noam-chomsky/

    • Oui, je suis très angoissé ce matin la défaite de la Russie semble impossible menant à une surenchère catastrophique, Poutine considérant désormais que toute mesure hostile y compris simplement économique est considérée comme une déclaration de guerre. Il n'est donc pas si rassurant que Blinken déclare que l'Ukraine pourrait gagner contre une armée russe désorganisée (ce qui reste douteux). Le seul espoir, c'est que les négociateurs ukrainiens croient déceler un assouplissement des exigences de Moscou qui ne seraient plus aussi inconditionnelles. Pour l'instant on s'approche toujours plus de l'impensable.

    • Bonjour Jo
      Vous écrivez "il faudra une porte de sortie pour Poutine".
      Ce genre de profil, en cas d'échec, ne peut accepter que quelques portes de sorties:
      - travestir la réalité pour finalement affirmer que l'échec est une réussite.
      - rejeter la faute sur les autres : les collaborateurs ou les opposants
      - disparaitre, mais avec pertes et fracas.

      Pour l'instant nous en sommes au début : il affirme haut et fort que tout avance en accord avec le plan. Cela semble faux, même si nous ne connaissons pas le plan ni s'il en avait un.

      Il n'a pas encore limogé le ministre de la défense ou des généraux mais cela peut venir.

      A suivre.

      • J'ai mis des guillemets au texte qui est de chomsky
        Il parle des possibilités de négociations.
        Pour ma part je pense qu'il fallait négocier ( vraiment) avant l'invasion ( la présence des troupes ne laissait pas de doute sur une forte possibilité de cette invasion)
        C'est bien le principe de réalité et d'anticipation qui aurait du nous guider et être prêt à avaler notre chapeau sur la neutralité, l'OTAN et sur le Donbass . Et en profiter pour tout remettre à plat ; y compris avec la Chine . On perdait c'est certain mais là on risque de perdre encore plus et le fait de guerre a déjà détruit et tué. Et ce n'est qu'un début. Les négociations qu'il faut encore promouvoir nous ferons perdre sans doute plus au vu de la prise de l'Ukraine qui est en train de se produire et donc le nouvel état de fait territorial . Le risque du va t en guerre est bien trop grand pour tout le monde sur tous les plans ; il faut savoir reculer en sachant que l'histoire n'est pas figée et que Poutine n'est pas éternel . Le plus important est de tirer leçon et de sortir de la faiblesse de nos "démocraties " en terme d'organisation , de structuration et d'anticipation de l'avenir. Le texte de Chomsky me semble intéressant en ce sens qu'il établit le lien avec le réchauffement climatique ; comme pour cette guerre , comme pour les hôpitaux ou les Ephad etc les catastrophes nous tombent dessus par déficience de politiques structurelles et d'anticipation - planification , difficulté à sortir d'un marché qui règle tout . Mourir très vite vitrifié par une ogive russe ou plus lentement mais tout aussi sûrement par le réchauffement climatique ......Les perspectives sont sombres . Mais elles ne laissent pas d'autres choix que de composer avec le réel et de modifier nos outils et nos approches politiques .

        • "Mais elles ne laissent pas d'autres choix que de composer avec le réel"
          Ce sont des individus qui prennent des décisions.
          Composer avec le réel c'est tenir des compte du profil de ces individus.
          Le reste c'est de la théorie...

          • Le profil des individus fait partie du réel à prendre en compte . Et le profil de Poutine est oui vraiment à prendre en compte ; de même que la puissance de son armée ; de même que son inquiétante force de frappe nucléaire etc ses fragilités aussi sont à prendre en compte , par exemple la situation politique en Russie etc mais c'est de mon point de vue trop risqué de miser sur ces fragilités . On peut les espérer et chercher à les renforcer mais prudemment sans que nos initiatives renforcent trop certains risques . La livraison d'armes est hautement à risque au regard des réalités énoncées plus haut et ..du profil de Poutine .
            Mais bon à part discuter ...... On est aussi entre les mains du profil de nos dirigeants Macron , Biden, Europe ...

    • Je ne comprends pas bien l'intérêt d'une vidéo de Aberkane et Delamarche. Delamarche n'a rien à dire à part "ça va péter" (version économique), le mec cash vérité virile. Aberkane apprend juste à douter mais comme en "erreur inverse". Ils ont l'air de tomber d'accord sur ce qu'ils n'expliquent jamais. "On s'comprend, etc."

      • Oui j'aurais pu me passer de publier cette video ......Je pense l'avoir fait pour exprimer une certaine colère et ressentiment envers nos dirigeants qui inlassablement nous enfoncent ( avec notre accord ) de plus en plus dans le mur et m'insupportent de plus en plus . Les propos assez cash des 2 lascars m'ont apportés un peu de soulagement .....

  11. Les choses deviennent claires.

    La grande opération de contrôle du territoire est-ukrainien par les russes est terminée. Maintenant, des unités spéciales commencent à supprimer les groupes combattants, type Azov, dans Marioupol et dans les autres villes. Ce sera long, mais les civils seront mis à l'abri autant que possible.

    L'Otan ne fait rien parcequ'elle ne peut rien faire. Une énorme bulle d'interdiction Mourmansk couvre tout le territoire européen et la Méditerranée et la région arctique en prime. Tout ce qui voudra décoller dans cette zone sera immédiatement mis hors de combat. Exit la livraison de MIG 29 par la Pologne.

    Le retour de manivelle des sanctions commence à se manifester. L'OR commence a pointer son nez comme monnaie d'échange internationale. La fête à Wall Street aura été de courte durée.

    Nous avons basculé d'un monde unipolaire vers autre chose.

    • Il n'y a jamais eu de monde unipolaire, seulement une longue hégémonie des USA et, justement, le dépassement de son côté unilatéral est nécessaire à la fondation d'un monde plus uni (par l'économie, la finance, l'information et la technique). Le monde multipolaire peut être facteur de guerres mais est la condition du futur monde unipolaire de l'écologie et du climat.

      Sinon, on connaît depuis le début les buts de Poutine : une démilitarisation de l'Ukraine et une annexion de l'est russophone, exigences argumentées mais qui dépendent de la résistance rencontrée. Pour l'instant les sanctions économiques n'ont aucun résultat, il faut dire qu'elles ne sont pas encore effectives, samedi seulement pour les priver de SWIFT et on continue à leur payer le gaz... C'est peut-être nous qui devons découvrir qu'on ne peut plus isoler une économie à notre époque ?

      • Convaincant...

        Sauf sur un point peut-être. Les buts de la Russie ne se limitent pas à la démilitarisation/annexion de l'Ukraine. Il faut revenir à l'ultimatum du 17.12.2021. La Russie exige (et non pas demande) que l'ensemble des systèmes qui peuvent atteindre le territoire russe (Tomahawk, ABM etc.) soient retirés au delà de la ligne qui délimitait l'OTAN en 1997. Ces exigences n'ont pas changé depuis. Cela, encore une fois, ne fait que commencer.

  12. Soyons concrets

    Que pourrait faire la Russie pour obtenir de force le retrait de l'OTAN au delà de ses frontières de 1997? Je crois qu'il faut proposer un exemple d'action possible pour que chacun comprenne clairement ce qui vient.

    Un scénario, parmi bien d'autres possibles:

    1> La Russie indique aux personnels de l'OTAN qu'ils doivent évacuer leurs bâtiments dans l'heure. Ca paraît être un temps raisonnable.

    2> Un missile Khalibr avancé ou un Khinzal (hypersonique) frappe et détruit le siège de l'OTAN à Bruxelles.

    3> La Russie réitère sa demande de façon encore plus impérative.

    Inutile de songer à une défense, quelle qu'elle soit. Les systèmes antiaériens occidentaux (Patriot, Thaad, et même Dôme de fer ou Fronde de David) sont parfaitement impuissants face à la nouvelle missilerie russe.

    Je pense que ce genre d'évènement ne peut être exclu, compte tenu de l'ultimatum russe de Décembre. Ils ne plaisantent pas, comme on peut le voir aujourd'hui. Mais je le répète, nous ne faisons qu'assister à l'ouverture d'une longue séquence opérationnelle.

    Accrochons-nous!

  13. Le scénario réel!

    La Russie vient d'asséner un coup de portée stratégique à l'Union Européenne.
    En effet, l'Union peut être envisagée comme un quadripôle Nord - Sud -Est- Ouest, avec des coopérations et des tensions multiples entre ces pôles. Ce fait est connu.

    D'autre part, le pôle Nord (Allemagne, Pays-bas, Belgique, Danemark) est la zône la plus industrielle du quadripôle, et elle attire irrésistiblement les capitaux. Sa principale zône de sous-traitance est la Pologne avec son salaire minimum à 400 Euros.

    Or, Reuters nous apprend, à la date du 15.03, que le pipeline russe Yamal Europe, réoriente une partie de son flux vers l'Est (Asie), faisant mécaniquement baisser les livraisons à l'Allemage, à la Pologne, aux Pays-bas et à la Belgique.

    Autrement dit, la Russie entame une opération de mise sous pression de l'Europe du Nord sur le mode:"pas d'énergie, pas d'économie", pour contraindre l'Allemagne et la Pologne, face à une catastrophe économique et sociale rendue inévitable par le manque de Gaz , à renoncer à leur posture aggressive et à "lâcher" l'UE et l'OTAN.

    C'est un coup brillant et extrêmement profond d'un point de vue stratégique, le genre de coup qui arrache un "oh" admiratif au joueur de GO amateur qui découvre le choix du Maître. C'était tellement simple et évident, il suffisait d'y penser.

    L'Europe est donc aujourd'hui menacée d'être purement et simplement fracturée en deux selon une ligne Nord-Sud.

  14. 19.03.2022

    Le retour de Boomerang monétaire a eu lieu.

    Pour opérer l'isolement monétaire de la Russie, Washington a procédé de la façon suivante, l'ordre n'apas d'importance:

    1> Elle a demandé aux chinois d'arrêter de faire des contrats petrohuan avec leur voisin russe, sinon etc. Le pauvre Blinken a encore les oreilles sifflantes de la rectfication qu'il a subi de Yang jeshi.

    2> Elle a demandé aux Saoudiens de se fâcher avec la Chine, pour faire plaisir à Washington. "On préfère les futurs contrats longs en Petrohuan" ont répondu les saoudiens.

    3> Elle a demandé à l'Iran d'arrêter ses échanges en Rouble avec la Russie en échange d'un accord à Vienne. "Tintin", ont répondu les iraniens.

    4> Comble de malchance, l'Inde a demandé à entrer dans les discussions sur la monnaie Or-Petrole-Gaz etc.

    5> Inévitablement, les japonais commencent à se gratter la tête.

    Les sanctions "Swift" ont donc provoqué la naissance d'une "monnaie-Or" qui va pulvériser le Dollar, et cela en moins d'une semaine. Ah! L'art opératif!

    • Il ne faut pas conclure trop vite. A une autre époque cela produirait certainement une division du marché mais les forces d'unification sont quand même très fortes désormais et l'économie américaine reste centrale malgré son déclin relatif. La Chine semble savoir où est son intérêt même si Taïwan reste un risque majeur.

  15. Union sacrée!

    1> En mauvaise posture avec les bases de mercenaires pilées par les Kalibr, et une énorme base souterraine détruite par le Zirkon, le tout à moins de 50 Km de la frontière polonaise, l'OTAN cherche un second souffle pour "embourber" la Russie.

    2> Durant la dernière semaine, une petite comptine a commencé à être chantée par les grands médias: une interdiction aérienne "pourrait" couvrir l'Ukraine, et des unités de l'OTAN "pourraient" l'approcher par la Pologne.

    3> Se reporter à 1>. Une sphère electromagnétique couvre la totalité de l'Europe. Cette sphère écoute, calcule, délivre des instructions et rend toute initiative belliqueuse de l'OTAN parfaitement vaine. Ce dispositif est là depuis des mois, mais c'est seulement maintenant que les responsables politiques consentent à écouter leurs militaires, qui leur répètent encore et toujours la même chose depuis 2015 (Voir Breedlove): "Face aux russes nous ne pouvons rien de rien."

    Un réveil difficile pour les petits messieurs en costume deux-pièces de Bruxelles, Londres, Paris ou Berlin, qui contemplent sidérés la gueule terrible de l'Ours.

    • Pourtant l'embourbement de l'armée russe en Ukraine, semble un fait avéré. Les lignes de front semblent stabilisés, le moral des soldats russes est au plus bas (il doit certainement y avoir de nombreux déserteurs). Et l'armée russe a perdu cinq généraux. La Russie est parti pour perdre sur le terrain, d'autant qu'elle fait face à une résistance farouche des défenseurs ukrainiens. Mais il y a risque d'escalade.

      • Pas du tout en réalité.

        L'opération couvre un territoire qui représente les deux tiers du territoire français pour une population de près de trente millions d'habitants.

        Tout indique que les opératiciens russes ont programmé une opération en au moins deux temps:

        1> Encercler les villes pour empêcher la connexion, puis réduire lentement les poches qui restent après la fracturation de l'armée ukrainienne.

        2> faire entrer des unités spéciales pour supprimmer les combats dans les villes à démilitariser ( Tchetchènes, Spetznatz), et détruire les bases souterraines et les bases de surfaces d'où est censée venir l'aide à la "résistance" (Khalibr, Khinzal).

        Ca peut paraître lent, mais en réalité c'est très rapide.

        • Quant au risque d'escalade, encore faudrait-il que le Rafale puisse rester en l'air plus de cinq minutes quand vole, invisible dans le ciel, un Sukhoi 30.

  16. "Qu’on le veuille ou non, les choix sont maintenant réduits à un résultat laid qui récompense plutôt que de punir Poutine pour l’acte d’agression – ou la forte possibilité d’une guerre en phase terminale. Il peut être satisfaisant de conduire l’ours dans un coin d’où il se déchaînera en désespoir de cause – comme il le peut. Guère sage."

    https://truthout.org/articles/noam-chomsky-us-military-escalation-against-russia-would-have-no-victors/

    • Le vocable Poutine ne me semble pas adéquat pour rendre compte de la causalité opérationnelle.

      Poutine est un trilatéraliste, il aime l'argent et le commerce. Il aurait tant voulu être aceuilli dans le club, lui qui, dit-on est citoyen d'honneur de la City of London, et qui est l'ami personnel de Kissinger.

      Mais le renseignement, la diplomatie et l'armée lui ont indiqué qu'un point de rupture était atteint dans l'équilibre de sécurité de l'Etat russe.

      Mis en minorité, il a du céder, après avoir tout tenté pour éviter l'issue militaire. Cela dit, une fois engagé, en bon judoka et nationaliste russe, il fait le "job".

      Tel est au moins mon sentiment.

  17. Jolie parole de Yang Jeshi répondant pour la nième fois à la demande américaine d'une aide chinoise face à la Russie:
    "C'est à celui qui a accroché la clochette au cou du tigre de la détacher."

  18. Je m'abstiens de me prononcer sur une guerre tant qu'elle est en cours même si la réduction de l'objectif russe à l'annexion du Donbass est assez rassurante (encore faut-il que les Ukrainiens enivrés par l'OTAN ne soient pas maximalistes) et que, pour l'instant, c'est la puissance militaire russe qui semble se dégonfler (mais le sort des militaires hostiles à l'option nucléaire est très inquiétant). Ce qui est sûr, c'est qu'en dehors même de la guerre et de la menace nucléaire, ça sent le roussi quand même...

  19. Ca se confirme!

    Le Vlad des neiges a décidé de casser les pattes arrières des petits messieurs en costard de Bruxelles: "Si vous voulez du gaz, trouvez du Rouble!" Et ce n'est (horreur, malheur), qu'un début. Comment faire éclater une union économique bancale et les gouvernements qui la dirigent par la même occasion? Exactement comme ça. Choc brutal et fusion sociale rapide. "Tant pis, on fera sans ton gaz, vilain Vlad!" crient les euronouilles. "A votre guise, répond le Vlad, débrouillez-vous. Moi, je vendrai aux Chinois et aux indiens qui aiment BEAUCOUP le Rouble"

    Nos dirigeants sont ca-tas-tro-phiques! C'est à peine croyable!

  20. Aïe Aïe Aïe! C'est de pire en pire.

    La Russie décoche des coups de plus en plus durs.

    Medvedev : « Nous ne fournirons de la nourriture et des récoltes qu’à nos amis (heureusement, nous en avons beaucoup, et ils ne sont pas du tout en Europe et en Amérique du Nord). Nous vendrons à la fois pour des roubles et pour leur monnaie nationale dans des proportions convenues. Nous ne fournirons pas nos produits agricoles à nos ennemis. Et nous n’achèterons rien d’eux. »

  21. Voilà, c'est dit!

    Lavrov à Pékin: « Une nouvelle réalité est en train de se former : le monde unipolaire est en train de devenir irrévocablement une chose du passé, un monde multipolaire est en train de prendre forme. C’est un processus objectif. Il est inarrêtable. Dans cette réalité, plus d’une puissance « gouvernera » – il sera nécessaire de négocier entre tous les États clés qui ont aujourd’hui une influence décisive sur l’économie et la politique mondiales. En même temps, conscients de leur situation particulière, ces pays veillent à respecter les principes de base de la Charte des Nations unies, dont le plus fondamental – l’égalité souveraine des États. Personne sur cette Terre ne doit être considéré comme un acteur mineur. Tous les pays sont égaux et souverains ».

  22. Ah! les braves

    Une centaine de mercenaires anglais ont été vaporisés par une frappe russe. Que pouvaient-ils bien faire là? Tous les autres sont rentrés chez eux depuis belle lurette.

    " Gendarrrmerie russe: veuillez evacuer la zone d'interdiction. dernier avertissement, " et puis Pouf, Iskander ou Khalibr!

    Phase 2, l'Aerospataiale russe devient active. Grand danger pour les pilotes de l'Otan.

    Ne pas approcher SVP.

  23. Du point de vue de l'hi stoire des sciences et techniques militaires, l'Occident élargi au Japon vît encore à la fin du XX° siècle, c'est une armée post XX° au XXI°.

    Mais l'armée russe n'est pas une armée du XXI° qu"on pourrait espérer rattraper en pressant le pas, non, c'est une armée paléoXXII°, ce qui est très différents.

    Un saut quantique appraît, elle court devant, détachée, touchant déjà du doigt la chasse préhypersonique, et l'interdiction spatiale globale, planétaire.

    C'est très dur à encaisser pour l'oligarchie atlantique, alors elle forclos cette criante vérité. La force n'est plus son privilège ultime. De très loin, d'un gap qualitatif.

    Mais surtout, cette bourgeoisie ne comprend pas par quel prodige, la force n'est pas dans la main de la bourgeoisie la plus moderne, la plus avancée. Celà vient de la périphérie.

  24. Tout cela me semble erroné. Il faut attendre la fin de la partie mais pour l'instant l'armée russe est en déroute et ses armes fantastiques ne servent à rien - ni, il faut l'espérer, l'arme nucléaire. La perspective d'une riposte comme de l'exclusion du reste du monde rend inutilisables toutes les armes de destruction massive (qu'elles soient informatiques, spatiales ou nucléaires).

    Ce qui me semble à moi la leçon de cette guerre jusqu'ici, c'est l'impossibilité de la guerre et d'une division de la planète trop imbriquée économiquement, écologiquement, technologiquement, pandémiquement. Raisonner en terme de camps est trop simpliste, c'est une évolution dialectique plus subtile et contradictoire. Il faudra une refondation de l'ONU et de l'unité planétaire dont la Chine ne peut se passer et la Russie réintégrera le marché mondial après la guerre.

    Reste que tout peut basculer encore, la menace nucléaire n'a pas disparue bien que les généraux s'y opposent apparemment, le pire est possible mais les négociations semblent progresser sans qu'on puisse être très optimiste sur leur issue tant que la Russie n'aura pas sauvé l'honneur par une victoire dans l'Est ? Ce qu'on ne peut savoir, ce qu'on ne peut dire, il vaut mieux le taire en attendant la fin de l'histoire.

    • "Raisonner en terme de camps est trop simpliste ... Il faudra une refondation de l'ONU et de l'unité planétaire"
      Oui ! Mais l'ONU et l'unité planétaire peuvent elles aller de pair ?

      Dans les fait l'ONU entérine le découpage en "Nations" et n'amène pas à une unité.
      Refonder l'ONU me semble être un minimum à peine acceptable, il me semble mieux d'inventer autre chose, au delà des nations et dans ce cas ce n'est plus l'ONU. Cela devrait être une organisation de l'humanité indépendante des nations.

      • L'évolution de l'ONU ne dépend pas de nous, qui déjà crée des agences plus indépendantes des Etats, mais il est sûr que les nations (pas la souveraineté) gardent un rôle dans la mondialisation. J'ai commencé un texte sur le sujet mais il faut attendre l'issue du conflit actuel qui peut modifier sensiblement les perspectives. Il est d'ailleurs possible qu'on soit confronté dans quelques jours à une victoire des nationalistes ici qui se heurteront tout autant au réel de la mondialisation.

        • Je ne sais pas de qui dépend l'évolution de l'ONU, mais d'une certaine façon elle dépend de nous, l'humanité.

          Les perspectives à long terme ne me semblent pas dépendantes d'un conflit aussi proche soit il. L'humanité ne se développe pas uniquement sur les axes politiques et territoriaux. Comme vous le dites plus haut : "la planète (est ) trop imbriquée économiquement, écologiquement, technologiquement (et) pandémiquement". Globalement l'intelligence collective de l'humanité prend de plus en plus d'importance, ce qui semble irriter les égocentriques et nationalistes.

          Je pense, mais je serai bien incapable de le prouver, que les nations sont un frein pour les progrès de l'humanité. Je ne leur vois pas de rôle positif.
          Dans la tendance globale, je ne les vois pas survivre au delà de quelques siècles. Nous ne le verrons pas et c'est bien dommage.

          Je suis intéressé par votre texte sur ces sujets.
          Bonne journée

          • L'Humanité, cela n'existe pas, pas plus que les peuples, il n'y a que des institutions, dont les nations font partie. Il est étonnant comme les idéologies politiques qui s'affrontent et troublent le monde, se fondent sur des anciennes métaphysiques en donnant corps à des essences fictives mais la réalité, c'est que ce sont les institutions existantes (dont je ne fais pas partie) qui décident ou plutôt se soumettent à la matérialité des puissances effectives. Ce pourquoi la mondialisation devrait avoir le dernier mot même si une phase de dislocation est possible.

            Nous sommes à un tournant, le GIEC le souligne, passage de la politique à la science pour assurer notre survie.

  25. Phase 2

    Les infrastructures militaires de l'Ukraine ( fortifications, bases découvertes et souterraines, aérodromes, etc.) sont quasiment détruites et Marioupol est sous contrôle russe.

    Les forces ukrainiennes qui combattent face à Donietzk seront bientôt prises en tenaille entre une force venue de la région de Kharkov et une seconde venue de Marioupol. Leur jonction dessinera une ligne Kharkov - Marioupol, prenant les Cent-mille militaires ukrainiens dans la nasse.

    Or, Kiev est confrontée à un dilemme. Une force conséquente est en mesure de sortir de la ville, pariellement encerclée, pour tenter d'empêcher la fermeture du chaudron aux alentours de Dniepro. Mais que faire? De Kiev jusqu'au Donbass, cette force devra circuler sans protection aérienne, car l'aérospatiale russe a maintenant le "gouvernement du ciel. Si cette force reste sur place pour éviter la destruction, elle ne sert à rien et l'armée ukrainienne du Donbass est détruite.

    Impuissance ukrainienne.

  26. L'Humanité, cela n'existe pas, pas plus que les peuples, il n'y a que des institutions, dont les nations font partie. Il est étonnant comme les idéologies politiques qui s'affrontent et troublent le monde, se fondent sur des anciennes métaphysiques en donnant corps à des essences fictives mais la réalité, c'est que ce sont les institutions existantes (dont je ne fais pas partie) qui décident ou plutôt se soumettent à la matérialité des puissances effectives. Ce pourquoi la mondialisation devrait avoir le dernier mot même si une phase de dislocation est possible. Nous sommes à un tournant, le GIEC le souligne, passage de la politique à la science pour assurer notre survie.

    « L'Humanité, cela n'existe pas …. dont les nations font partie. » C’est une vision courante en effet, poussée par des dirigeants imbus d’eux mêmes qui pensent détenir toutes les clefs. Cela me fait penser à « la revanche des berceaux » au Québec qui a contré les volontés des dirigeants de l’époque. De la même façon les boycotts de produits ou de magasin sont des action de la masse (pour ne pas utiliser le mot peuple). Plus récemment les dockers au Royaume uni ou en Suède qui ont refusé de prendre en charge certains bateaux liés à la Russie ont forcé les dirigeants à se positionner plus fermement. Mais cette idée d’une masse sans capacité d’action reste ancrée dans la tête de certains dirigeants qui pensent que tout dépend d’eux. Je l’ai bien croisé dans les équipes dirigeantes de multinationales, mais le jour ou des ingénieurs, techniciens ou ouvriers décident de quitter le navire, la société s’affaisse en douceur. « institutions existantes… la matérialité des puissances effectives » Les institutions existantes sont des abstractions temporaires plus ou moins bien issues de la volonté des peuples (inexistants) qu’elles représentent. Elles sont surtout l’image de la lutte entre les différents profils psychologiques qui constituent l’humanité. Rien de neuf sous le soleil cela fait des millénaires que les mêmes histoires se répètent à l’infini. Qu’est ce que la puissance ? Une question pour Vladimir ! « La mondialisation » avance, vite en science, un peu plus lentement en technologie, lentement en économie et stagne au niveau des nations. Cet écart dans les avancements crée une tension qui augmente progressivement. Cela se résoudra soit pas un mouvement sec comme dans les fractures des tremblements de terres brutaux que nous connaissons ou par un mouvement de magma plus fluide comme cela arrive dans les tremblements de terre lents qui sont connus depuis peu. Je ne suis pas devin, mais pour l’instant je penche pour des frottements secs et donc effectivement des secousses avec des dislocations locales. Ah le tournant du GIEC, cet organisme intergouvernemental, dirigé actuellement par un économiste, qui fut dirigé par un statisticien, un ingénieur ferroviaire, un chimiste et au début par un météorologue. Il compile des travaux scientifiques, surtout dans le groupe 1, pour les autres groupes c’est plus délicat. En gros les travaux du GIEC c’est une grosse méta-analyse, avec les risques connus des méta-analyses. Il ne fait pas vraiment de science il essaye de déduire de travaux scientifiques des axes d’actions politiques. Pour moi ce n’est pas un tournant, les progrès scientifiques et technologiques ont de tout temps influencé les politiques. Pour rester collé à l’actualité, le progrès des armes a, par exemple changé la façon de faire la guerre ou dans d’autres domaines, l’arrivée des antibiotiques a changé la donne pour les politiques de santé, etc. Vous lisez des publications scientifiques, vous en postez de temps en temps sur Twitter, vous savez accéder si vous le souhaitez directement à des papiers scientifiques. Vous savez donc que beaucoup d’hypothèses utilisées pour les travaux du GIEC sont souvent précisées ou contredites. Les plus récentes à ma connaissance étant sur le cycle du carbone (bien moins connu que ce qui est affirmé) , ou sur les points de basculement qui sont bien moins clairs que ce que les médias rapportent. Mais oui, nous vivons un réchauffement, le constat est là, mais de là à faire des prévisions fiables avec l’état de la science sur ces sujets c’est une autre histoire. Je suis tout cela avec attention tout comme la montée des eaux, la fonte des banquises, etc. Si l’on cherche les informations non filtrées sont disponibles et je les trouve rassurantes, notre survie ne me semble pas en jeu, en tout cas je en vois pas de véritable étude scientifique le prouvant. La géopolitique, le pouvoir anormal de certains individus font courir bien plus de risques au monde que les prévisions cataclysmiques qui ont émaillées l’histoire de l’humanité. Mais nous faisons face aussi à des pénuries assez graves d’énergie, le cas du Sri Lanka actuellement ou de bien d’autres pays sont symptomatiques. Nous avons des problèmes à régler globalement et pour l’instant je ne vois ni l’ONU ni les nations se pencher sur la triste réalité des problèmes. Je suis toujours très intéressé par votre texte à venir. Bonne soirée.

  27. Esquisse

    Le chaudron du Donbass sera réduit en quelques semaines. Combien? Difficile à dire. Après cela, une grappe de petites républiques apparaîtra dans l'est et le sud: Kharkov (?), Loughansk, Donetzk, Marioupol, Odessa (?) et peut-être quelques autres. C'est l'ancienne Novorossia. Chacune d'entre elles choisira par référendum de demeurer indépendante, de se fédérer avec d'autres, ou de rejoindre la Fédération de Russie.

    Dans le même temps, l'armée russe évacuera la périphérie de Kiev et tous les lieux où elle est présente en force. La Pologne récupérera-t-elle la région de Lvov? Ce n'est pas l'affaire des russes.

    Ce sera la fin de l'opération.

    Bien entendu, l'armée russe veillera par la suite à ce qu'aucun système militaire ne se reconstitue à la frontière des républiques de Novorossia.

  28. Mais quid des peuples européens?

    Il me semble qu'un regard attentif sur la situation pakistanaise est ici essentiel, car ce pays nous donne un apercu de la manière dont le Demos, soit les gens ordinaires, peut jouer un rôle dans la grande bascule qui vient de commencer.

    Imran Khan, le premier ministre du Pakistan a révélé publiquement des menaces politiques et physiques proférées à son égard et par écrit, par le Département d'Etat et la CIA. Il est proche, en effet du couple sinorusse et cela ne lui est pas pardonné.

    Pris en tenaille entre une opposition largement contrôlée depuis l'extérieur et une armée qui se déclare neutre, il a fait appel au peuple pakistanais qui soutient massivement sa position.

    La Chine est en train de faire basculer l'armée et le renseignement. Le Pakistan pourrait être en train de se détacher de Washington

    Quelque chose de similaire se prépare, à mon avis en Europe occidentale. Les peuples vont être amenés à prendre position contre des pouvoirs illégitimes, et ils seront soutenus. Comment? Je ne sais pas.

    Demos, Ploutos et Polis, tels sont les trois acteurs du drame planétaire. Les forces de l'argent et la puissance de l'Etat s'affrontent durement, mais les peuples n'ont pas encore parlé.

  29. La polarisation de l'opinion est telle qu'il est bien difficile de se faire une idée de ce qui se passe vraiment et pourquoi.
    Depuis la révolution orange, les populations russophiles de l'Est de l'Ukraine sont la cible de persécution par le gouvernement Ukrainien et diverses factions. Des milices ont tenté de répondre à des agressions répétées (cf Snejnoe par exemple). Les accords de Minsk de 2014 et 2015 (dont la France est signataire) n'ont pas été respectés. L'OTAN était sur le point de s'installer en Ukraine. S'ils y étaient parvenu, il serait alors devenu impossible à la Russie d'essayer de protéger la population russophile de l'est de l'Ukraine sans déclencher une guerre mondiale. Soit, la Russie abandonnait cette population, soit elle décidait d'intervenir avant que ce ne soit trop tard. Il me semble assez improbable que la Russie veuille étendre son territoire (les accords proposés sont pour une neutralité de l'Ukraine et une autonomie des territoires de l'Est, pas pour une intégration dans la Russie - nous aurons la réponse bientôt).
    Pour ce qui est des exactions que personne ne peut accepter, il est difficile aujourd'hui de savoir ce qui se passe. Il y a sans doute des règlements de compte des deux côtés. Il ne faut pas exclure que des représailles aient lieu, aussi bien avant qu'après le départ des russes sur certaines zones (régiment Azov contre les "collabos" pro-russes??? Autres factions???).

  30. La famine de 1932-33, l'Holodomor, est sans doute une grosse épine dans l'histoire de ces deux peuples. C'est l'URSS sous la conduite du Géorgien Staline que cette horreur a été commise. Les "Ukronazis" sont apparus vers cette époque pour lutter contre le soviétisme. Ce qui est assez étonnant, c'est que Staline a d'abord favorisé les nationalismes (langues, pratiques locales...) partout en union soviétique avant de changer radicalement de cap. La théorie du développement des activités industrielles basées sur une exploitation des excédants agricoles a sans doute joué à fond au moment de la spoliation des "koulaks" qui s'opposaient aux kolkhozes. La personnalité inflexible de Molotov y est aussi pour quelque chose.
    Le problème, maintenant que l'Union soviétique a disparu, qui doit demander pardon? Quel processus de guérison de ce drame collectif engager? Le premier pas de la Russie, qui maintien le tabou, serait de reconnaître ces faits qui sont aujourd'hui assez documentés. Je suis persuadé qu'une haine subsiste entre une partie de la population ukrainienne ayant un sentiment national et la population d'Ukraine russophile.

  31. Les scientifiques minimisent les performances des missiles hypersoniques dont le danger serait plutôt de provoquer des réactions précipitées de l'adversaire.

    https://www.pourlascience.fr/sd/technologie/les-promesses-exagerees-des-missiles-hypersoniques-23620.php

    Sinon, les Russes reparlent du nucléaire. Je ne pense pas que la Chine laissera faire ni qu'un quelconque avantage puisse en découler, c'est sans doute juste de l'ordre de la menace mais le risque reste réel. On est vraiment dans une séquence très dangereuse.

    • Je suis d'accord, nous vivons une séquence très dangereuse qui ne peut qu'inquiéter.

      Cependant, il y a deux faits à prendre en compte, à mon avis:

      1> Avant d'en venir au conflit nucléaire, il faudra en passer par un conflit classique. De ce point de vue, ça se présente mal pour les occidentaux. Les moyens électroniques et aérospatiaux russes ne laisseront aucune chance à l'OTAN.

      2>Du côté nucléaire, c'est un peu plus compliqué. Dans deux ans, à peu près, la Russie disposera du S.550, qui est aujourd'hui à l'essai. A cette date, la menace balistique américaine sera purement et simplement annulée, car le S.550 à une portée spatiale et une missilerie hypersonique. Mais qu'en est-il aujourd'hui? La Russie possède un système de détection avancée nommé Koupol qu'elle partage avec la Chine. D'autre part, elle a probablement montré qu'elle pouvait empêcher les Minuteman de décoller en les "switchant" depuis l'espace. Enfin, les systèmes hypersoniques Nudol à longue portée peuvent détruire les vecteurs américains dans l'espace, bien avant leur entrée dans l'athmosphère. Le reste de la salve sera traîté par les S.500 et S.400. Autrement dit, rien n'assure qu'un seul missile américain touchera le sol russe. Il y a un gros doute, les américains le savent. En revanche, avant même que la destruction des Minuteman ait commencé, la côte est des Etats-Unis sera, depuis de longues minutes, totalement ravagée par une salve Avanguard absolument inarrêtable.

      Certes, les occidentaux doivent (de leur point de vue!) engager maintenant un conflit ouvert qui comportera une possibilité nucléaire, d'où une vraie inquiétude; mais dans le même temps, l'attaque semble trop risquée, voire impossible.

    • Restent les deux autres composantes, dira-t-on. Mais un vol de B.52 au dessus de l'Atlantique sera facilement descendu par quelques escadrilles de MIG.31, et les sous-marins américains du "sommet", Seawolf et Virginia, sont visibles pour les russes et les chinois, comme on a pu s'en rendre compte pendant l'été et l'automne. Il n'y a plus rien de ce côté là, dirait-on et l'Aukus semble bien mort et enterré.

    • Je n'ai pas une grande confiance dans l'article auquel vous renvoyez. Les américains n'ont aucun système hypersonique et se traînent juste au dessus de Mach.5, quand leurs missiles n'explosent pas purement et simplement en vol. Au contraire, les systèmes russes '(Avanguard, Kinzhal, Zirkon, Nudol) sont bien là, ils sont en service et volent bien. L'Avanguard a été mesuré à Mach 27, et le Kinzhal a fait parler de lui tout récemment. Je pense qu'il s'agît d'une petite opération de dénigrement de plus (il y en a eu beaucoup et c'est de bonne guerre), mais ça ne change rien à la réalité. Il faut lire Martyanov.

  32. Nippon ni pas pon

    Comme toute puissance asiatique, le Japon se voit intimer l'ordre de refuser la monnaie-or asiatique et de prendre de sévères sanctions économique contre la Russie. Les élites japonaises s'éxécuteraient volontiers, comme depuis un siècle bientôt, mais le leadership japonais est loin d'être stupide. Ils voient bien qu'il y a un double problème:

    1> Le Japon est un gros petroclient de la Russie; mais il y a beaucoup plus important.

    2> En 2021, la Chine, la Russie, Singapour, le Vietnam et d'autres pays asiatiques, dont le Japon ont signé un accord tarifaire qui fonctionne comme suit. L'assemblée des membres porte un consensus selon lequel les tarifs varient plus ou moins, autour d'un prix donné. Si l'un des membres estime sont déficit commercial trop important au regard des autres membres et de son équilibre intérieur, il le fait savoir, et une négociation égalitaire s'engage. A l'issue du débat, soit le pays dissenssuel n'est pas satisfait des propositions de la majorité, et il augmente ses tarifs comme il l'entend, soit la concession majoritaire lui paraît suffisante et il atteind sa cible

    Le leadership japonais avait besoin de donner des gages à Washington, sans comprommettre les acquis ci-dessus. Le choix du Japon est fait, mais il faut satisfaire Washington. Montrer de l'aggressivité aux yeux de Washington.

    Ca n'a pas manqué. Le Gouvt japonais à réitéré ses demandes à la Russie, de façon impérieuse (ou impéraile?)au sujet des îles Kourilles qui sont un poigand "soviétique" sur la tête du Japon. . La Russie a déplacé quelques Iskander au sud des Kourilles et les MIG31 volent plus avant dans la spère de sécurité du Japon, très faible en réalité sans le support de Washington.

    Le Japon s'offre une bonne tranche d'aggressivité proaméricaine contre la Russie, mais du côté commercial, toujours RIEN.

  33. Si la Chine en profitait pour envahir Taïwan, il y aurait vraiment une redistribution des cartes, imposant un nouvel ordre mondial. Les manoeuvres actuelles de la Chine peuvent d'autant plus le rendre possible que ce serait le moment rêvé pour reprendre Taïwan alors que l'occident est occupé par la Russie et a épuisé à peu près toutes ses armes économiques.

    L'alliance entre les deux puissances militaires peut se croire assez forte pour imposer ce nouvel ordre mondial contre les USA. Ce ne serait bien sûr l'intérêt de personne car débouchant sur une 3ème guerre mondiale destructrice et un effondrement de l'économie mondiale, mais ce n'est pas impossible pour autant dans le contexte actuel par la combinaison des problèmes à court terme de la pandémie et des visions stratégiques à long terme (archaïques).

    L'Ukraine à côté, c'est de la petite bière. S'en inquiéter est sans doute prématuré et peut paraître même délirant, raison pour laquelle on ne l'évoque pas dans les médias, on peut espérer encore une sortie de crise assez rapide (?) mais on ne peut dire que le risque n'existe pas du tout (on n'est ni à la fin de la pandémie, ni à la fin de la guerre).

    https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN2MV0AI/la-chine-dit-avoir-mene-des-manoeuvres-militaires-pres-de-taiwan.html

  34. A ce jour :

    • Le mythe de l'invincible armée russe s'est dégonflé (gare à l'humiliation)
    • Le nucléaire ne sert à rien qu'à faire peur, impossible à employer (sauf pour la Corée du Nord ?).
    • La supériorité des drones et de la défense sur les chars et de coûteux cuirassés a été manifeste
    • Les sanctions économiques sont inopérantes pendant le conflit (mais inévitables)
    • La capacité de production des armes et munitions est par contre déterminante (là-dessus, la Russie ne peut rivaliser avec l'industrie US)
    • Il n'y a pas encore de victoire décisive contre la Russie ni donc de réorganisation du monde (il faudrait pour cela l'intervention de la Chine contre Taïwan), on peut donc encore aller au pire (jusqu'à mettre en difficulté le gendarme du monde ?)
  35. Je me sens obligé d'intervenir

    Encore une fois, l'opération russe, quoiqu'on en pense, se déroule de façon parfaitement normale. Le Donbass craque progressivement et les percées de Severodonesk et Popasnaia annoncent l'effondrement total de l'armée ukrainienne dans le Donbass. La Russie applique strictement les principes de l'Art Opératif face à des positions bétonnées qui sont en train d'être submergées par la combinaison d'un feu infernal et de percées des groupes tactiques mécanisés.

    La Russie contrôle une bande sud qui va de la Crimée jusqu'au Donbass et qui représente près d'un tiers du territoire français. Comment peut-on parler d'échec? J'avoue ne pas comprendre.

  36. D'autre part, il faut cesser de compter sur l'épuisement des stocks militaires russes:

    1> l'armée qui opère actuellement en Ukraine est principalement formée d'unités ordinaires dont l'approvisionnement en matériel et munitions repose essentiellement sur les stocks soviétiques, qui sont proprement immenses. Rien à craindre de ce côté là.

    2> Quant à la puissance industrielle de la Russie, là aussi, cessons de rêver. En parité de pouvoir d'achat (PPA), c'est à dire en termes réels, l'économie russe a quasiment le même poids que celle de l'Allemagne avec un secteur industriel situé autour de trente pour cent. En outre, le secteur militaire russe est très puissant. Aucun problème de ce côté là.

  37. Quelquechose de grave

    A vérifier. L'Etat-Major russe annonce que deux bataillons mécanisés polonais sont arrivés dans la région de Dniepropetrovsk. Il s'agirait non pas de mercenaires polonais, mais d'éléments de l'armée régulière.

    Si c'est le cas, une seule conclusion possibles: les dirigeants polonais sont cintrés.

  38. C'est la fin!
    Les communicants néocons de Washington sont en train de découvrir la signification concrète de ce que les opératiciens russes nomment Opération dans la Profondeur. Une fois les lignes tactiques de l'adversaire percées, des réserves s'enfoncent profondément dans la zone adverse et s'attaquent à sa logistique tout en déployant de vastes encerclements. Rien ne semble bouger d'abord, puis d'un seul coup tout s'effondre. Nous en sommes là dans le Donbass. Une seule issue, fuir le plus vite possible, mais Kiev refuse. De gigantesques chaudrons se préparent.

  39. Les occidentaux sont hantés par la vitesse d'éxécution: " Si le processus est lent, alors c'est que ça ne fonctionne pas. " Sombre erreur! Lisons Mao, Giap, Triandavilov! Asie! Asie!

    Encore une fois, la Russie ne vise que secondairement l'Ukraine. L'objectif profond (Deep Operation) est la fracturation de l'UE et de l'OTAN. C'est en bonne voie.

    Dans les milieux diplomatiques, on juge la patience russe exaspérante.

    La prochaine étape rique de mettre les nerfs de nos petits messieurs à l'épreuve. La patience russe n'est sur précipitation comparée à la patience chinoise.

  40. Blitz

    Krasni Liman est encerclée, Severodonesk est en cours d'évacuation, Kramatorsk vibre déjà sous le gros calibre. Malgré les ordre de "Zelensky", les ukrainiens reculent précipitemment vers Dniepro ou se rendent en masse. En quelques jours, le rythme des pertes du côté ukrainien (désertion, reddition, mort et blessure (c'est tellement triste...)) est passé de 500/jours à 1500/jours.

    Comment Radio-OTAN va-t-elle gérer l'évènement? On commence à le voir. Tout ce petit monde se fait de plus en plus discret sur l'Ukraine. Chttt... Le public pourrait comprendre!

  41. Spin

    Ca yest! la partie est finie. Dans le silence assourdissant des médias et après la déclaration fracassante de Kissinger, à Davos, sur la nécessité de signer rapidement une paix avec la Russie, faute de quoi ... patatras, Stoltenberg le petit chien Pathé Marconi de Washington vient de déclarer: « La paix est possible. La question est de savoir combien de territoire, quelle indépendance… [l’Ukraine] est prête à sacrifier pour la paix. » Ca va mieux en le disant, c'est sur.

    Spin général vers la Chine! Ca va être vite et bien réglé, o
    n risque même de rire un peu.

  42. Le scénario chinois

    Les ploutocrates US vont dire aux militaires:
    -Amenez l'aéronavale américaine près de Taiwan pour intimider les chinois.
    - C'est non.
    -Et pourquoi donc?
    -Don Feng, Mach 7, adieu les Porte-Avions.

    Résultat, Bulle chinoise sur Taiwan, négociations entre Pékin et Taipeh, signature d'un traîté de nature à faire baisser drastiquement les tensions. Puis retrait de la bulle chinoise.

    Fin du sketch.

  43. Oh Oh

    Kissinger dit "il faut trouver une porte de sortie", Westley Clarck dit "il faut aller pocker les russes et empocher le millier de milliards qui suit dans la carriole. Mais la Russie fait "nt nt" et les militaires répètent encore et encore aux politiques de Washington que, non, décidément, ils n'ont pas de meilleure option que les options Boucles d'Or ou Bamby.

    Pendant ce temps, la Russie switch la côte roumaine avec Borissoglebst ou Krashuka. Fini, éteinte la lumière dans les bases us. Les russent sortent les gadgets, "Messieurs tirez les premiers, le ridicule de votre vaporisation n'en sera que plus réjouissant!"

    • On va arrêter là ces délires, la situation est sérieuse. N'ayant ni information personnelle ni compétence militaire, mon avis sur le conflit n'a pas d'intérêt mais encore moins les propagandes des deux côtés (non l'armée russe n'est pas la plus morale du monde - comme l'armée israélienne - non ce ne sont pas les ukrainiens qui détruisent leurs villes, non ce n'est pas une défaite de l'OTAN qui n'est pas encore intervenue).

      On ne peut que constater qu'après avoir perdu la première manche, les Russes sont en train de gagner la seconde mais la partie n'est pas finie, loin de là. L'enjeu étant en fait l'ordre mondial (l'ONU, l'Etat de Droit, la démocratie), seule l'intervention de la Chine permettrait une confrontation décisive, reconstitution de l'Axe des régimes autoritaires contre l'économie libérale et l'hégémonie américaine.

      Avec une puissance américaine en déclin et les armes nucléaires, l'issue est assez incertaine et même terrifiante. Je parierais quand même sur la défaite des dictatures à la fin mais ce n'est pas gagné. L'entrée en guerre de la Chine n'est pas encore le plus probable mais toutes les déclarations récentes semblent y mener - donc à la troisième guerre mondiale. C'est de l'ordre de l'impensable et les conséquences économiques devraient pouvoir l'éviter mais cela impliquerait pour la Chine l'abandon de ses ambitions géopolitiques, ce qui ne semble pas possible non plus.

      On est en tout cas encore en plein brouillard, il ne s'agit pas de faire mine de connaître la suite et je ne souhaite pas perdre du temps avec les commentaires sur le blog.

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