Les bienfaits des psychédéliques

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Alors que la légalisation du cannabis gagne de plus en plus de pays, nos gouvernements qui s'y refusent obstinément se couvrent d'autant plus de ridicule que, malgré leurs rodomontades, jamais les drogues n'ont été aussi disponibles qu'aujourd'hui. On a beau mettre en scène le démantèlement de quelques points de deal vite reconstitués, le marché a bien changé maintenant puisqu'on peut se faire livrer son herbe à domicile par des entreprises de plus en plus professionnelles fournissant des produits standardisés et utilisant toutes les ficelles du marketing. Bien sûr, à la différence d'une légalisation contrôlée, et comme cela a toujours existé dans le marché de la drogue, on vous refile en plus des petits cadeaux que vous n'avez pas demandés, cocaïne, ecstasy, en espérant vous accrocher. On ne fait pas plus contre-productif pour une politique prétendue de contrôle des drogues.

Du moins, la situation est favorable pour compléter l'article sur la dépression en étudiant toutes sortes de psychédéliques (autres que le cannabis qui n'en fait pas vraiment partie), substances ayant prouvé leur capacité de modifier la conscience depuis des millénaires et qui font aujourd'hui l'objet du regain d'intérêt des scientifiques et psychiatres.

Ces molécules opèrent un retour en force depuis le début des années 2000, notamment parce que les médecins ont dû reconnaître que la pharmacopée psychiatrique limitée dans ses mécanismes d'action s'avérait inefficace pour nombre de patients. Depuis, le nombre d'essais et d'indications potentielles va croissant : dépressions résistantes aux antidépresseurs classiques, troubles du stress post-traumatique, addictions voire troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou symptômes anxio-dépressifs chez les patients cancéreux ou en fin de vie…

La substance hallucinogène la plus étudiée et promue actuellement, c'est la psilocybine des champignons hallucinogènes les plus courants qui sont en voie de validation officielle contre une large palette d'affections, 2 doses à 3 semaines de distance pouvant guérir aussi bien l'anxiété, la dépression, le stress post-traumatique, l'alcoolisme et autres addictions mais aussi servir dans l'accompagnement des fins de vie. Cela fait un peu trop magique mais on attribue à la psilocybine comme à d'autres psychédéliques des bienfaits durables visibles notamment dans la restauration de la production de neurones. Pour autant, d'une part ce n'est pas pour tout le monde et surtout la question reste entièrement posée du rôle de l'expérience psychédélique vécue, des hallucinations éventuelles, de la magie d'une suggestion hypnotique, de l'accès à une nouvelle compréhension ou bien s'il ne s'agit finalement que d'un simple effet biochimique ? On rapporte en tout cas des expériences mystiques ou assez marquantes pour rester prégnantes plus d'un an après, si ce n'est pour réorienter l'existence.

Lors du suivi après 14 mois, 67% des volontaires ont évalué l'expérience de la psilocybine comme étant parmi les cinq expériences les plus significatives de leur vie sur le plan personnel et sur le plan spirituel ; 64 % ont indiqué que l'expérience avait augmenté leur bien-être ou leur satisfaction dans la vie ; 58% ont répondu aux critères d'une expérience mystique "complète". Lorsqu'elle est administrée dans des conditions favorables, la psilocybine peut ainsi provoquer des expériences similaires aux expériences mystiques spontanées.

Il faut souligner que la plupart de ces études sont faites à chaque fois sur un trop petit échantillon non représentatif (36 seulement) et comportent de nombreux biais (ici avec des croyants seulement) mais assez pour témoigner de ce paradoxe d'un sentiment de réel et de certitude éprouvé durablement malgré sa cause ouvertement artificielle, visions du divin pouvant mener effectivement à des conversions ou une nouvelle sérénité. On appelle même ces hallucinogènes des drogues "enthéogènes" donnant accès au divin. Cette expérience religieuse exploitée depuis la préhistoire n'a donc rien d'une découverte de la vérité, d'une révélation d'un réel, étant plutôt un renforcement de la crédulité et de l'hallucination de ses croyances préalables, communautaires, devenues confirmées, délivrées du doute par ces visions.

Il a été démontré que les agents psychédéliques augmentent la suggestibilité et leurs effets psychologiques sont supposés dépendre du contexte. En d'autres termes, le contenu et la qualité subjective de l'expérience psychédélique sont influencés par les souvenirs, les perceptions et le degré de soutien de l'environnement au moment de l'administration de l'agent.

Le récit du trip et de ses visuels ou de ses moments de panique constitue le contenu manifeste des psychédéliques suscitant la réflexion longtemps après et toutes sortes d'interprétations. Cependant, à rebours de ce plein de significations jusqu'à la saturation, une récente étude suggère que les bienfaits neurologiques ne seraient qu'un sous-produit biochimique du principal récepteur hallucinogène (5-HT2a) conduisant à l'augmentation de l'arrestine, une protéine désensibilisatrice, pouvant du coup être obtenue sans hallucinations. De même, un article récent du Pnas montre que la psilocybine diminue toujours les symptômes dépressifs (chez la souris) même lorsqu'elle est administrée en même temps qu'un médicament qui prévient ses effets hallucinatoires.

D'ailleurs, on sait que les hallucinations ne sont pas spécifiques au produit, pouvant même, tout comme les crises mystiques, se passer de toute drogue pour certains. L'effet placebo bien connu semble suffisant pour que 61% des participants d'un essai médical aient rapporté un effet après avoir consommé un simple placebo. Ce chiffre est étonnamment proche de celui des effets des véritables psychotropes qui ne font que favoriser ces états, les rendre plus faciles, plus extrêmes, excusés et supposés faire craquer toutes nos défenses, sans que ce soit une simple désorganisation de l'esprit et plutôt de l'ordre de la suggestion ou de l'emportement soutenu par une énergie insistante. Car il y a bien un effet purement biochimique à la base, comme dans l'ivresse, et qui tient éveillé, tout comme il y a un effet mesurable sur le cerveau sans qu'on sache bien expliquer sa durabilité au-delà de l'ivresse.

La partie clé du cerveau qui semble être perturbée par l'utilisation de psychédéliques est le réseau en mode par défaut. Cette zone est active pendant les processus de pensée comme la rêverie, le rappel de souvenirs et la réflexion sur l'avenir, lorsque l'esprit vagabonde enfin. C'est aussi un domaine qui est hyperactif chez les personnes souffrant de troubles comme la dépression et l'anxiété. Les psychédéliques semblent avoir des effets à long terme sur le cerveau en activant les récepteurs 5-HT2a dans cette partie du cerveau. Des recherches supplémentaires sont cependant nécessaires pour comprendre pourquoi ces effets durent si longtemps, à la fois d'un point de vue psychologique et en termes d'altération du fonctionnement et de l'anatomie du cerveau.

Le plus étonnant peut-être, c'est que, dans l'état actuel de nos connaissances, des hallucinogènes très différents, cibleraient le même récepteur de la sérotonine 5-HT2a (5-hydroxytryptamine de type 2A) impliqué notamment dans la dépression et la plasticité neuronale, par ailleurs cible des antipsychotiques dits atypiques. Il faut savoir qu'on peut classer les psychédéliques en trois familles : les tryptamines, les ergolines et les phénéthylamines. Les tryptamines, auxquelles appartient la 5Ht (sérotonine) comprennent la psilocybine, la DMT et la 5-MeO-DMT (ayahuasca). Les ergolines dérivés de l'ergot de seigle comme le LSA et le LSD. Enfin, les phénéthylamines plus proches des amphétamines comme la mescaline et le DOI (iodoamphetamine), le DOM (bromo-DMA), le 25I-NBOMe ("mescaline synthétique"). Nous devons notre connaissance des tryptamines et phénéthylamines à un biochimiste californien, Alexander Shulgin, qui les a synthétisées et testées systématiquement, ce dont il a rendu compte dans deux livres : PiHKAL et TiHKAL ("Phenethylamines I Have Known And Loved" et "Tryptamines I Have Known And Loved").

Cette prédominance du récepteur 5-HT2a dans ces différentes familles de psychédéliques ne doit pas faire oublier qu'il y a d'autres psychédéliques agissant de façon différente, comme la MDMA (ecstasy) bien qu'étant une phénéthylamine, traitement en voie d'approbation contre le stress post-traumatique. Les mécanismes sont également différents pour le protoxyde d'azote (gaz hilarant) et la kétamine, aux effets immédiats et durables sur la dépression (l'eskétamine commercialisée sous forme de spray), ou encore les "dissociatifs" tels que la salvinorine A, l'ibogaïne, utilisés contre les addictions, sans parler de la phencyclidine (PCP) ou des "délirants" comme le muscimol (Amanite tue-mouche) et la scopolamine (Datura) qui ont des applications médicales mais pas encore psychiatriques.

Il faut malgré tout apporter un bémol à cette promotion des psychédéliques qui ne sont quand même pas des substances anodines ni adaptées à tous. On passe d'un extrême à l'autre qui en minimise trop les inconvénients comme si les "bad trips" n'existaient pas alors qu'un sondage de 2017 sur 2000 primo-usagers montrait que 39% parmi ceux qui avaient pris des champignons hallucinogènes en faisaient une des 5 expériences les plus difficiles de leur vie (voire la pire pour 10%). Cependant, de façon apparemment paradoxale, la plupart la jugeait tout de même significative et valable en dépit de ces épreuves. Pas si étonnant donc que la moitié des participants ayant eux fait un bon trip comptent cette expérience parmi les plus précieuses de leur vie.

Tout cela pose donc la question de la part neurologique et de la part de suggestion, mais il n'y a pas que les bons ou mauvais trips, il y a aussi l'absence de trip du tout, sujet sur lequel je n'ai rien vu dans la littérature alors que cela devrait participer à éclairer la question. Ce sujet m'intéresse personnellement d'autant plus d'avoir vérifié être encore réfractaire aux effets psychédéliques du récepteur 5-HT2a - aussi bien des tryptamines (champignons magiques) que des ergolines (LSA) ou des phénéthylamines (MDMA) - alors que la Salvia divinorum me faisait bien des effets visuels intenses mais courts. Ce n'est pas que ces substances visant 5-HT2a ne me feraient aucun effet mais plutôt désagréables avec plus ou moins de mal au coeur d'abord et une tension ou pulsation, sorte d'énervement sans aucun effet visuel notable, juste une certaine rémanence, ni aucune "conscience modifiée", attente ennuyeuse pendant des heures que l'effet prenne fin. Rien de grave, juste pénible. Cela n'a pas empêché une meilleure humeur les jours suivants, confirmant peut-être les bienfaits à long terme supposés, en dépit de l'absence d'effet psychédélique ?

Difficile de tirer des conclusions d'une expérience individuelle, qui peut encore changer, mais il se trouve que mon incapacité à faire une expérience psychédélique est très ancienne et précisément datée. C'était quelques années après la découverte joyeuse et déterminante pour moi du LSD à Berkeley (dans les années 1970), à l'occasion d'une prise de conscience lors d'une de mes dernières prises d'acide, du caractère forcé, joué, artificiel enfin de la propension à délirer, mise en acte de ce qu'on attend de nous à jouer le jeu. La chose semble trop simple mais toujours est-il que cette nouvelle lucidité a donc empêché depuis de traduire l'effet neurologique dans l'effet psychédélique recherché, comme s'il n'y avait plus rien à craindre ni découvrir. Cette prise de conscience ne s'est pas limitée au LSD m'ayant mené à interrompre mon analyse dans la foulée, devenu réfractaire à la suggestion et aux jeux de rôle. C'est du moins mon histoire mais que cette résistance à la suggestion continue à se vérifier semble témoigner qu'une illumination de la jeunesse peut rester un acquis pour le restant de nos jours ?

Toute expérience individuelle reste sujet à caution, appelant des recherches futures mais, malgré cette infirmité acquise me privant de leurs attraits, je considère toujours qu'en dehors même de leurs vertus neurologiques, il serait sans aucun doute souhaitable que plus de gens - pas tous on l'a vu - soient initiés aux bons tours de la chimie du cerveau plutôt que réprimés et rejetés dans la clandestinité. Il ne faudrait certes pas que ce soit pour renforcer leurs convictions les plus folles et les visions de l'au-delà, mais, au contraire, pour prendre conscience du poids de la suggestion et de l'imitation dans nos vies. De quoi changer les conceptions trop naïves et flatteuses de l'esprit. Ce ne serait pas si mal, en tout cas, si on se dirigeait ainsi vers un avenir écologiste, féministe, psychédélique et libertaire moins psycho-rigide, grégaire et religieux.

Les drogues font partie de notre humanité depuis l'origine, les comprendre et les réintégrer dans la culture est essentiel. Il est vrai qu'elles ont eu souvent un rôle religieux. Lévi-Strauss avançait même de façon un peu téméraire que l'Amanite tue-mouche était le Soma, drogue à l'origine de la religion indo-européenne et des Caucasiens (c'est contesté). Si elles prétendaient donner accès à un autre monde, celui des esprits hallucinés, dans des danses et cérémonies envoûtantes, elles servaient déjà chez les chasseurs-cueilleurs à guérir de toutes sortes de maux (états dépressifs, névroses, mauvais sorts) et se distancer de traumatismes subis. Il serait aussi stupide de se passer de leur puissance que des précautions qu'elles exigent.

Débarrassées des croyances religieuses et de l'illusion d'un accès au monde des esprits et des dieux, les drogues psychédéliques en tant qu'expérience sur soi donnent un recul sur ses perceptions et ressentis (Are you experienced ?) qui en font un moyen à la fois de mieux se connaître et de sortir de soi, pour un nouveau commencement peut-être (pas toujours réussi), ce que ne voudraient pour rien au monde ceux qui ont peur d'y perdre leur fragile identité. On peut dire en tout cas que le débat sur les drogues, lui, ne fait que commencer entre scientifiques et usagers, avec retard mais modifiant déjà les législations malgré les résistances idéologiques. Le réel finit toujours par avoir le dernier mot et une reconnaissance plus équilibrée de la place des drogues psychédéliques, de leur effet biochimique et de la suggestion hallucinatoire, pourrait-elle donner accès à cette plus grande clairvoyance dont nous avons tant besoin en ce temps de désastres et de délires collectifs ?

PS : Je suis passé à côté, dans cet article, d'un autre bienfait important des psychédéliques pour traiter la maladie d'Alzheimer car il ne tient pas du tout à leurs capacités hallucinatoires, puisque pris en micro-doses, mais à leur propriété anti-inflammatoire par l'intermédiaire du tryptophane et de la sérotonine (5-HT) contre la neuro-inflammation qui a des causes multiples mais induirait une maladie auto-immune à l'origine de la maladie d'Alzheimer et de la cascade amyloïde. En agissant aussi sur la production de neurones et l'humeur, ces psychédéliques attaquent ainsi la maladie d'Alzheimer sur plusieurs fronts. Depuis quelques années déjà Paul Stamets propose un "Stack De Microdosage" associant une microdose de psilocybine, le champignon hydne hérisson et de la niacine (vitamine B3), supposé favoriser la neurogenèse et la vision tout en réduisant anxiété et dépression. Notons que la recherche aurait déjà trouvé des substituts non psychédéliques se liant au même récepteur 5-HT2a et conservant une forte action antidépressive sans produire d'hallucinations.

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6 réflexions au sujet de “Les bienfaits des psychédéliques”

  1. très bon article , rien à redire je partage sur facebook même si personne d'autre que moi ne les lit

    il y a pourtant un facebook psychédélique , que je fréquente à distance . c'est bien que ça se base aussi sur ton expérience des drogues ... bien d'accord le débat sur les drogues ne fait que commencer , mais comme il est très lié à la jeunesse non seulement ça vient mais surtout c'est parti pour durer ... temps mieux c'est même rassurant , humain , sinon que faire de nos limites cognitives et notre vulnérabilité ? faut bien montrer qu'on est pas que des robots , que la vulnérabilité est une force, qui nous rend parfois meilleur que le meilleur des robots , fut il programmé pour désobéir cela ne suffit pas , l'humain peut aller beaucoup plus loin ... il faudrait peut être un système de dispensaires comme avait fait en son temps Reich en Allemagne dans les année 30-40 ? centres responsables de la qualité et l'abondance des orgasmes et des hallus !! 🙂 !!

  2. Une nouvelle étude tente de mettre en rapport les mots utilisés par presque 7000 récits d'expériences psychédéliques avec les différents récepteurs ou sous-types de récepteurs impliqués. C'est à la fois intéressant, montrant la variabilité individuelle, et le témoignage qu'effectivement on en est bien encore aux balbutiements.

    https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.abl6989

    Au niveau macroscopique, on pense que les hallucinogènes médiatisent les effets psychologiques par des changements de couplage fonctionnel entre les réseaux cérébraux à grande échelle. Un rôle clé a été attribué à l'induction d'un rééquilibrage entre le traitement sensoriel inférieur et l'intégration de haut niveau. En particulier, on pense que les hallucinogènes "réduisent la précision des priorités de haut niveau (attentes ou croyances sur le monde) et augmentent simultanément le flux d'informations ascendant".

    L'intégration des principaux réseaux cérébraux est probablement nécessaire à la constitution d'un sentiment stable de soi éprouvant des stimuli sensoriels, ce que les hallucinogènes perturbent avec une désintégration concomitante de la conscience de soi ordinaire. Une compréhension complète du mécanisme d'action des drogues hallucinogènes doit tenir compte non seulement des récepteurs en cause mais de leur distribution neuroanatomique dans le cerveau.

    Le récepteur D2, qui est la principale cible des traitements antipsychotiques mais aussi activé par la salvinorine A ou le LSD, pourrait aussi contribuer au relâchement des frontières entre le soi et l'environnement, qui est une caractéristique centrale de la psychose.

    En fin de compte, les distorsions visuelles (couleurs vives et fractales) des hallucinogènes pourraient servir d'outil pour étudier la base biologique des récepteurs et la façon dont le cortex dédié aux associations supérieures orchestre à grande échelle ses circuits subordonnés pour imposer une structure à la perception sensorielle.

    • Des changements dans la perception sensorielle ont été associés à un récepteur de la sérotonine dans le cortex visuel du cerveau, qui se lie à une molécule qui aide à réguler l'humeur et la mémoire. Les sentiments de transcendance étaient liés aux récepteurs de la dopamine et des opioïdes dans le réseau de saillance (ou réseau cingulo-insulaire), un ensemble de régions cérébrales impliquées dans la gestion des entrées sensorielles et émotionnelles. Les hallucinations auditives étaient liées à un certain nombre de récepteurs répartis dans tout le cortex auditif.

      Nos résultats s'alignent également sur l'hypothèse principale selon laquelle les psychédéliques réduisent temporairement la fonction exécutive descendante ou les processus cognitifs impliqués dans l'inhibition, l'attention et la mémoire, entre autres, tout en amplifiant les régions cérébrales impliquées dans l'expérience sensorielle.

      https://singularityhub.com/2022/03/20/scientists-use-ai-to-trace-the-origins-of-psychedelic-experiences-in-the-brain/

  3. Une nouvelle étude confirme l'augmentation de la plasticité neuronale et la reconfiguration des réseaux neuronaux provoqués par la psilocybine (grâce à l'arrestine?), échappant ainsi à la fixation obsessionnelle sur les pensées dépressives.

    En comparant les scans IRM du cerveau des personnes déprimées avant et après le traitement à la psilocybine, il a été constaté juste le jour suivant une connectivité accrue. Des réseaux auparavant séparés ont reformé leurs connexions, provoquant une augmentation de la connectivité cérébrale, en particulier dans les réseaux normalement perturbés par la dépression.

    Dans les deux essais, la réponse antidépressive à la psilocybine était rapide, soutenue et corrélée à des diminutions de la modularité du réseau cérébral, ce qui implique que l'action antidépressive de la psilocybine peut dépendre d'une augmentation globale de l'intégration du réseau cérébral. Les analyses ont indiqué que les réseaux fonctionnels d'ordre supérieur riches en récepteurs 5-HT2A sont devenus plus interconnectés et flexibles sur le plan fonctionnel après le traitement à la psilocybine.

    "Cela peut sembler banal à dire, mais je pense que la thérapie à la psilocybine ouvre l'esprit, et c'est sa force".

    https://singularityhub.com/2022/04/19/scientists-used-brain-scans-to-see-how-magic-mushrooms-battle-depression-heres-what-they-found/

    https://www.nature.com/articles/s41591-022-01744-z

  4. Une émission d'Arte sur le sujet maintenant qui dit à peu près la même chose que mon article bien que de façon plus simpliste :

    https://youtu.be/Qdnvg1Yd7FY

    Cela montre au moins que mon article n'est ni original ni audacieux. En fait je suis même bien plus prudent mais il est intéressant de voir David Nutt qui a lancé le mouvement en Angleterre.

  5. Une nouvelle étude sur l'effet antidépresseur de la kétamine met en cause son effet sur l'activation des "neurones granulaires immatures nés à l'âge adulte" de cellules souches dans l'hippocampe mais pas encore matures, ce qui ne les empêche pas d'avoir un rôle inhibiteur notamment pouvant expliquer l'effet anti-dépresseur immédiat alors que l'amélioration de la production de neurones induite, participerait ensuite aux effets à long terme sur la dépression.

    Dans l'ensemble, ces résultats démontrent que les effets aigus de la kétamine n'ont pas nécessité une augmentation de la neurogenèse mais plutôt une augmentation de l'activité des neurones granulaires immatures.

    Après une dose unique de kétamine, les patients continuent de ressentir des effets antidépresseurs longtemps après que le médicament a été métabolisé et excrété, impliquant des processus qui durent plus longtemps que la présence du médicament. Nos données corroborent des travaux antérieurs démontrant que la neurogenèse n'a pas besoin d'être modifiée pour que l'effet aigu de la kétamine se réalise, car les cellules progénitrices neurales, qui ne sont pas encore devenues des neurones immatures au moment du traitement à la kétamine, ne contribuent pas aux effets aigus. Notre travail démontre que la modification de l'activité, mais pas du nombre, des neurones granulaires immatures, serait responsable des effets rapides de la kétamine. Cependant, les effets à plus long terme de la kétamine peuvent être dues eux à des changements dans la neurogenèse.

    https://www.nature.com/articles/s41467-022-30386-5

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