Bio-graphie (chronologie des textes)

Jean Zin, né le 22 septembre 1953

2000 - 2001 - 2002 - 2003 - 2004 - 2005 - 2006 - 2007 - 2008 - 2009 - 2010
2011 - 2012 - 2013 - 2014 - 2015 - 2016 - 2017

Venu de l'hégélo-marxisme et de la psychanalyse lacanienne, je me suis engagé quelques années dans l'écologie, chez les Verts où j'ai fait adopter le revenu social garanti avant de les quitter et participer à la création de la revue EcoRev' avec le soutien d'André Gorz. J'ai fait ensuite partie du Grit, groupe de recherche inter et transdisciplinaire où j'ai approfondi le concept d'information et ce que devrait être l'écologie à l'ère de l'information, notamment avec le triptyque de la relocalisation : "revenu garanti, coopérative municipale et monnaie locale", inspiré de Gorz et Bookchin mais faisant système.

A partir de 2005, je me suis attelé sur mon blog à penser notre actualité philosophique et politique mais aussi technologique et scientifique, publiant une revue mensuelle des sciences. La recherche passionnée de la vérité m'aura surtout désillusionné et dévoilé l'étendue de nos limites cognitives. Une bonne part de mes réflexions se portera alors sur la critique de la critique et de la surestimation de la politique face aux puissances matérielles, enregistrant notamment l'échec dramatique de l'écologie politique (échec de la politique en général) qu'il faut absolument relever (notamment localement).

Au nom d'une philosophie matérialiste dualiste (matière/information) à l'ère de l'écologie, de l'information et du développement humain, je continue à défendre une émancipation critique, qui est conscience du négatif et des contradictions de la liberté, dans une évolution dont l'humanité n'est plus le centre : évolution cognitive et accélération technologique qui nous dépassent, exigeant une pensée prospectiviste et stratégique.

1998Résumé des épisodes précédents : Après avoir fait une bonne part de ma formation à l'École Freudienne de Paris (depuis 1974), j'ai rompu avec la normalisation analytique dès la mort de Lacan (1981) jusqu'à ma Critique de l'idéologie psychanalytique de 1995. Des "poésies politiques" ont été publiées par "Le Temps du Non" en 1992. De 1993 à 1994 j'ai rédigé le Prêt-à-penser (ou le savoir subversif), pratiquant déjà la transversalité avec notamment une histoire des religions d'une grande concision, puis je me suis attelé à un Bréviaire hégélien et, de 10/96 à 04/97, j'ai organisé des cafés philosophiques à Figeac. Aux débuts de la micro-informatique (1982) je me suis passionné pour la programmation et les bases matérielles de ces machines à penser mais après de nombreuses péripéties professionnelles (notamment ma démission en mars 96 de la direction d'une petite entreprise d'informatique industrielle pour raisons de santé), je me suis retrouvé au chômage (ce qui m'a donné aussi plus de temps libre!) et me suis inscrit aux Verts. Ouverture du site "Écologie Révolutionnaire" (les Marxiens débarquent), le 09/04/97. La structure de la logique de Hegel a été une de mes premières publications en ligne dans ce qui était encore un terrain vierge (au moins en langue française). De mes débuts sur internet, on peut citer, entre autres, une mise au point sur le concept de spectacle ainsi qu'une tentative de synthèse qui va de la Phénoménologie à la Psychanalyse. Les Verts du Lot (dont je démissionnerai en 2000) m'ont présenté comme candidat aux élections législatives (06/97) puis j'ai lancé un petit journal local (La Feuille Verte 06/97 - 02/98). En 1998, j'ai participé activement au mouvement des chômeurs, (tant à Figeac qu'à Paris-Jussieu), grâce auquel j'ai pris conscience, comme beaucoup d'autres, de la possibilité et de l'importance d'un Revenu d'Existence, consacrant les années suivantes à sa réalisation comme base d'une écologie révolutionnaire, d'une sortie du salariat et du productivisme.

1999 En 1999, je m'occupe chez les Verts de la politique des revenus en faisant adopter la revendication d'un "Revenu Social Garanti". C'est le début d'une audience plus élargie. Je poursuis ma critique du travail (La libération du travail) ainsi que de la prohibition des drogues (intervention à une réunion internationale le 29/05/99, Pourquoi les drogues?, et à France Culture le 15/06/99), le journal Politis du 8 juillet m'a consacré un article (avec mon texte "Après-nous le déluge"). J'ai essayé de participer au renouveau de l'écologie radicale, sans succès, et surtout j'ai construit un site sur le Droit au Revenu mais depuis janvier 1999, je n'avais moi-même plus aucune ressource (jusqu'à avril 2001). A signaler aussi une très imparfaite Critique de l'idéologie lacanienne comme idéologie salariale.


2000
Les Cycles du capital, EcoRev', Climat
(47 ans)

2000
Toujours sans revenu, je synthétise un Argumentaire pour le Droit au revenu. J'ai essayé de monter un réseau d'écologie subversive (Sub'Vert) sans grands résultats. Par contre la création d'EcoRev' (revue critique d'écologie-politique) a été immédiatement couronnée de succès, notamment mon article De l'économie à l'écologie qui a attiré l'attention de Jacques Robin et André Gorz. J'ai essayé de défendre une véritable politique écologiste de réduction de la consommation d'énergie contre les écotaxes et de faire adopter aux Verts une position cohérente dans les négociations sur le climat. L'échec a été total, m'amenant petit à petit à la rupture avec une politique que je juge irresponsable. Après avoir dénoncé Le fiasco des Verts je les ai donc quittés en octobre, à la fin de mon mandat, juste avant un congrès qui s'annonçait bien calamiteux, pour me consacrer aux Etats Généraux de l'Ecologie Politique (EGEP), structure créée par les Verts mais indépendante.

Au début de l'année je me suis intéressé aux cycles, avec notamment Les cycles du Capital. Il faut signaler aussi l'article d'EcoRev' 2 La démocratie à venir et ma découverte d'Amartya Sen (Un nouveau modèle économique). Ensuite, ce sont les enjeux idéologiques qui retiennent mon attention, le juste revenu, La frivolité de la valeur, La portée idéologique du Revenu Garanti.


2001
Ecologie-Politique, EGEP, production de l'autonomie
(48 ans)

mai 2001A partir de ce début de siècle mon travail s'accélère et commence à être reconnu bien que restant très confidentiel encore et suscitant de grandes résistances. L'année commence d'ailleurs par des revers et une dégradation de la santé qui deviendra de plus en plus inquiétante (précarité, stress, travail intensif) mais se termine par mon entrée au GRIT à l'instigation pressante de Jacques Robin.

Le fait d'être embauché par les Etats Généraux de l'Ecologie-Politique (grâce à Denis Pansu) a justifié et intensifié ma production. Le début d'année commence par l'achèvement d'un ouvrage sur l'Ecologie-Politique (conscience planétaire, réappropriation de nos vies, libération du travail) qui reprend mes principales interventions des années précédentes et divisé en 3 parties : 1. Pour une Ecologie-Politique comme alternative au productivisme (nécessité écologique), 2. Les évolutions de la production et la révolution informationnelle (histoire du travail, productivisme du capitalisme salarial, réalités de la nouvelle économie), 3. L'alternative écologiste, le développement comme liberté (finalités humaines, investissement dans l'avenir). A part André Gorz qui en a reconnu les mérites, il n'a rencontré aucun succès. Ceux même qui l'avaient suggéré n'ont pas voulu le publier, sans pouvoir dire vraiment pourquoi... C'est sûrement justifié, la première partie étant sans doute la plus faible (qui aurait bien besoin d'une mise à jour au moins).

Je me suis intéressé dans le cadre des EGEP aux enjeux de la refondation sociale. Nous avons édité une petite plaquette "Les Egep et le pouvoir" (pour un pouvoir réflexif). J'avais aussi préparé avant de partir une dernière plaquette "Les nouvelles des egep" mais elle n'a pas été publiée bien qu'il y avait de bons articles (débats et enjeux de l'écologie, Pour une démocratie cognitive). J'ai surtout pu faire des critiques de livres qui me semblaient importants, regroupés en brochure sous le titre "La production de l'autonomie" (Elias, Arendt, Gauchet, Ehrenberg, Lefort, Castoriadis, Foucault, Laborit). Il y a eu une petite diffusion et un très bon accueil des lecteurs. Après cette incursion dans la sociologie, je suis revenu aux questions écologiques avec les écosystèmes, économie et écologie, le macroscope, écologie, systèmes et libéralisme.

Parmi les autres textes de l'année, il y a le petit manifeste Pour un mouvement anti-sceptique qui analyse le libéralisme comme un scepticisme. Bien plus difficiles et très denses : Introduction au sacrifice (le sacrifice comme signe de la valeur des signes) et Les 4 discours (discours du Maître, hystérique ou marchand, universitaire, analytique). On peut y joindre L'économie sauvage et Le prix de la vérité. Voir aussi Ecologie, travail et revenu (EcoRev'), Pauvreté, Psychiatrie, Prison.

Au niveau plus immédiatement politique, il y a eu les analyses à chaud du 11 septembre (La guerre civile mondiale 12/09/01, Innocence et irresponsabilité 13/09/01).


2002
GRIT, Démocratie, Sciences, Information, Miracle
(49 ans)

Janvier 2002 - WebCam

L'année 2002 est l'année du GRIT (Groupe de Recherches Inter et Transdisciplinaires) qui m'a embauché quelques mois et m'a permis de m'ouvrir aux sciences (physique, biologie, théorie de l'information). C'est aussi l'année où j'ai tenté de prendre ma santé en main en analysant les maladies du stress. J'ai réalisé tout un dossier sur "L'écologie du stress" pour le numéro 3 de Transversales, avec surtout "La communication entre esprit et corps" psychobiologie qui unifie les psychothérapies (et l'hypnose) autour de la communication et de l'information auxquelles je commence à m'intéresser. Ces recherches aboutiront à une synthèse fondamentale pour moi : "L'improbable miracle d'exister". J'aurais le souci de garder, dans cette unification des sciences autour du concept d'information, les différences essentielles entre corps et société, entre la pensée et l'être, entre physique et biologie, très attentif déjà à l'enjeu politique du concept d'information.

Dans le domaine scientifique on peut consulter le compte-rendu de 25 ans de Sciences, mes tentatives de compréhension de la physique la plus récente avec "Les cordes et les concepts fondamentaux de la physique" ainsi que Temps physique, durée biologique et projet humain.

Il y a de nombreux textes politiques sur la démocratie contre elle-même (Gauchet), matriarcale (Mendel), post-totalitaire (Le Goff), qui valent d'être médités ; analyses confirmées par le bug du 21 avril et la fin du mythe démocratique. Cela rend plus nécessaire que jamais la construction d'un monde commun mais il est important de se rendre compte que la politique reste locale. Je commence à mettre au point les alternatives locales à la globalisation. Ma critique de Latour et du premier numéro de la revue Cosmopolitiques a une valeur programmatique plus générale sur le projet écologiste et les rapports entre pensée et action, de même que la critique de Jean-Pierre Dupuy (Du catastrophisme au projet écologiste). Il était temps enfin de traduire la société du risque d'Ulrich Beck (près de 20 ans après) qui interprète l'écologie comme modernité réflexive.

Parmi les comptes-rendus de livres, je recommande celui de Robert I. Moore, "La première révolution européenne de 989" trop méconnue, qui commence avec la Paix de Dieu dans l'alliance des prêtres et des paysans, des intellectuels et des travailleurs, pour se terminer brutalement dans le servage grâce à l'alliance du sabre et du goupillon. Plus difficile, la lecture de L'amour du Maître de Christian Geffray nous aide à comprendre la signification sociale des 4 discours de Lacan et la fonction narcissique de nos représentations sociales. Sinon, je m'interroge sur L'homme et l'animal, à partir de "L'ouvert" d'Agamben et de "La part animale de l'homme" de Michel Boccara, ainsi que sur le sens de la vie, à partir de "l'anthropologie du sens de la vie" de Michael Francis Gibson. La nouvelle vitalité de la philosophie hégélienne se manifeste avec "L'Avenir de Hegel" de Catherine Malabou même s'il faut souligner les limites de la plasticité humaine. A signaler aussi une Archéologie de la Bible décapante et, plus anecdotique, une polémique dans Charlie-Hebdo.

Tout cela fait une bonne moisson de textes mais la précarité cultive les humeurs dépressives ! Les problèmes d'argent semblaient insurmontables jusqu'à ce qu'un lecteur inconnu m'envoie un peu d'argent, début de ressources complémentaires qui me sauveront la mise plus d'une fois mais sur lesquelles on ne peut jamais compter... Objectivement je ne suis pas le plus malheureux mais je ne tiens pas le coup, c'est le moins que l'on puisse dire. Le dernier jour de l'année a été encore un jour de terreur, obnubilé par le désir d'en finir.



2003
Information, complexité, alternatives
(50 ans)

01/2003L'année 2003 fut pour moi une année très agitée, avec de grands bouleversements qui ont frôlé la catastrophe, au-delà d'un été de canicule meurtrier, une des pires années de ma vie. Alors que je n'avais plus de revenu pendant plusieurs mois, les soutiens financiers reçus m'auront pourtant permis de tenir toute l'année, à mon grand étonnement, mais j'y ai perdu toute autonomie. Je dois surtout à un retraité (sans fortune) de m'avoir sauvé la mise au mois d'octobre et permis de vivre pendant 6 mois ! C'est aussi l'année d'une histoire d'amour fulgurante qui trahira toutes ses promesses...

La période sera malgré tout assez productive avec l'approfondissement des concepts d'information et de complexité, concepts sur lesquels j'ai apporté des clarifications qui me semblent décisives. Le livre "Sortir de l'économisme" (sous la direction de Philippe Merlant, René Passet et Jacques Robin), reprend deux de mes articles. Le livre est bien imparfait mais Bernard Maris par exemple y fera référence. A signaler une interview de l'Echo des savanes sur Travail, précarité et revenu garanti. Enfin, j'ai ouvert un forum (très décevant) ainsi qu'une liste de diffusion pour mes textes.

Politiquement, j'ai lancé un appel écologiste européen qui a rencontré un certain écho jusqu'à m'échapper complétement (avant de tomber à l'eau) et qui couronnait une série de textes autour de ce thème : Utopie ou écologie, Construire un projet écologiste, Programme préliminaire (Le plein emploi de la vie), La production du consommateur. A noter aussi Ecologie-Politique ou politique de civilisation en réponse à Edgar Morin mais les deux textes les plus importants sont la coopérative municipale comme base d'une relocalisation de l'économie et les alternatives écologistes (productivisme durable, productivisme bridé, décroissance conviviale, production alternative).

Autres textes politiques : La finalité de la politique, La stratégie du putois, La convergence des luttes.

Sur l'information, outre les deux textes principaux signalés ci-dessus (information et complexité), j'ai commencé la critique de l'idéologie des réseaux. On peut recommander aussi l'intervention du 11 mars 2003 à une réunion du GRIT sur le concept d'information, ainsi que Information et finalité en biologie.

En biologie justement, j'examine les implications du darwinisme dans Progrès, évolution et adaptation. J'ai fait aussi une critique du livre de Antonio Damasio, Spinoza avait raison, intitulée "Le contrôle des émotions (éthique et biologie)" (la signification sociale des émotions n'y est pas assez soulignée).

En physique j'ai tenté une initiation à la physique quantique, qui est plus qu'une initiation, tenant compte des dernières interprétations des paradoxes quantiques.

Pour la philosophie, le texte sur Le savoir absolu, me semble important, prenant le contre-pied des interprétations habituelles du savoir absolu et de la fin de l'histoire chez Hegel. A noter aussi une critique de Hans Jonas, La transcendance du monde, le sens de l'évolution et la liberté.

Je ne sais où classer La génération du porno qui est devenu (évidemment!) un des textes les plus chargés de mon site. Ce n'est pas si futile que cela peut en avoir l'air et permet d'aborder à travers ce phénomène de masse, la question de la jouissance féminine et de la libération de la femme.



2004
L'amour libre, Le monde de l'information, entropie
(51 ans)

01/01/2004Très mauvaise année encore. Je clôture mes recherches précédentes par un livre ambitieux (et illustré), sur "Le monde de l'information" après avoir tenté de surmonter mes déboires amoureux par une série de textes sur "L'amour libre" (phénoménologie, sociologie, révolution, choix, guerre, échecs, sexualité). A part ces deux livres, qui sont sans doute parmi ce que j'ai fait de mieux, même si je n'ai pas réussi à les faire publier, les autres articles n'ont pas de caractère de nécessité bien qu'ils ne manquent ni de style ni d'intérêt. C'est la fin d'un cycle. Constatant que je ne m'en sortais pas, malgré toute cette production, j'ai même arrêté le site et tout travail intellectuel, à partir du mois d'octobre, afin de me consacrer à la recherche d'un emploi (que je n'ai pas trouvé!).

Politique : Le racisme anti-pauvres, La contre-productivité de l'appropriation immatérielle, La fracture numérique, Surmonter nos échecs (contre l'optimisme technologique), un article pour EcoRev' De la sécurité sociale au développement humain, plus philosophique Reconnaissance et vérité (réflexions à partir du dernier livre de Paul Ricoeur). Je m'acharne toujours aussi vainement à opposer l'autogestion au laisser-faire d'une prétendue auto-organisation. Le dernier texte de l'année, le 10/10, c'est l'article pour EcoRev' sur le militantisme "Retour vers le futur (l'engagement dans un avenir commun)".

L'information n'est jamais absente des textes précédents, mais c'est plus particulièrement le sujet de L'ère de l'information, que Jacques Robin a voulu signer avec moi et qui constitue l'ébauche du livre qui suivra.

Je me suis interrogé sur le caractère spéculatif de la physique actuelle et notamment de la Supersymétrie. Plus fondamental la détermination de ce qui différencie L'entropie, l'énergie et l'information, et un texte que je recommande à tous sur Le génie du plagiat (Newton, Einstein, Debord) (dont des extraits seront repris par Bernard Maris dans son antimanuel d'économie) où l'on voit que la propriété intellectuelle n'existe pas. La critique du livre des frères Bogdanov "Avant le Big Bang" est beaucoup plus anecdotique mais remet en cause plus généralement l'illusion de l'origine.



2005
Référendum, Belgique, blog, premier livre, monnaies locales, biologie
(52 ans)

01/2005 L'année fut bien meilleure que les précédentes et très productive pour quelqu'un qui voulait arrêter d'écrire (47 textes !) mais avec moins d'innovations sans doute. Ce n'était pas vraiment la révolution encore mais la politique a pris tout de même de plus en plus de place (du referendum européen aux émeutes des banlieues). Je me suis consacré aussi un peu plus aux aspects pratiques de l'écologie (relocalisation, énergie). On peut dire que je commence à vivre sur mes acquis ! C'est en premier lieu l'année de mon premier livre ("L'écologie-politique à l'ère de l'information"), même s'il ne sort officiellement qu'en janvier 2006, et de ma première véritable rencontre (maladroite) avec un public (tournée d'avril en Belgique, rencontres de l'économie solidaire de Pessac). Je n'ai toujours pas de revenu, mais j'ai moins manqué d'argent que les années précédentes. Je m'étais remis à l'ouvrage à cause d'une promesse d'emploi(-tremplin) qui n'a pas aboutie, heureusement j'ai été tout de même un peu plus soutenu financièrement et la santé n'est plus aussi mauvaise même si j'ai pris un coup de vieux (ça se voit aux yeux, c'est la vue qui nous lâche en premier et nous guide vers la nuit!).

Ayant tout arrêté pendant plus de 3 mois, j'ai tout de même approfondi un peu, dans la suite du texte sur Einstein, les paradoxes de la relativité (restreinte) afin d'éclaircir le rapport entre champ électrique et magnétique. Par la suite, il y aura assez peu d'autres textes de physique. Trous noirs dans le principe de précaution porte au moins autant sur les limites du principe de précaution que sur les trous noirs. Le bluff des "nanobabioles" vise juste à tempérer l'enthousiasme pour les nanotechnologies. Quand à la question de l'émergence, beaucoup plus intéressante, elle est transversale et littéralement "méta-physique" même si elle s'impose à chaque niveau physique : c'est ce dont la physique ne peut rendre compte (c'est l'échec du réductionnisme comme dit Laughlin).

Les textes sur la biologie sont sans doute parmi les meilleurs de l'année et j'en recommande la lecture à tous (la mort au coeur de la vie et surtout l'origine de la vie). La mise au point sur les finalités partielles de la vie me semble aussi importante. Plus technique, la découverte du rôle des astrocytes dans les réseaux de neurone et l'effet rétroactif du cannabis, inhibiteur et déconditionneur. Par contre si le texte sur l'émergence de la conscience renouvelle la question, je le considère comme insatisfaisant en ce qui concerne la dernière partie, l'émergence de la conscience collective.

Quelques éléments d'anthropologie autour des origines de l'homme ou l'effondrement des civilisations mettent en valeur l'importance de la cohésion sociale. Les humains vivent en société et même les animaux savent coopérer.... Il faut insister sur les conditions sociales de l'individu et de l'économie et la nécessité d'une organisation de l'intelligence collective (qui a été l'occasion d'une petite polémique avec Edgar Morin). Enfin je relie autonomie et dépendances pour une conférence d'écologie humaine (à Marseille en février 2006) ainsi que stress social et détresse des corps pour une revue de psychologie de la motivation !

Je me suis beaucoup consacré à EcoRev' et plus généralement à l'écologie. En dehors du livre qui m'a pris pas mal de temps, et du texte éponyme (L'écologie-politique à l'ère de l'information), j'ai complété le projet de relocalisation de l'économie par les monnaies locales (très critiqué) et j'ai tenté de faire un kit de création d'une coopérative municipale. J'ai surtout fait un numéro d'EcoRev' consacré à l'énergie (à contre courant) très critique envers l'écologie énergétique (qui réduit l'écologie à la question de l'énergie), aussi bien que du catastrophisme de la fin du pétrole ou même d'une simple décroissance : Ecologie-politique et crise de l'énergie, les théories énergétiques de l'écologie, Entropie et décroissance (critique du concept d'entropie chez Georgescu-Roegen), l'avenir solaire (plus technique). Très reliée, la newsletter de Transversales, ce n'est pas l'énergie qui manque... Il y a eu aussi les textes écrits pour la tournée en Belgique du 18 au 20 avril (Catastrophisme, décroissance et alternative écologiste, d'un socialisme écologisé à l'écologie sociale) enfin une critique de l'écologiste sceptique de Bjorn Lomborg qui m'a donné pas mal de fil à retordre (épreuve salutaire).

A partir du 28 avril, je me suis engagé dans la campagne pour le non à une constitution européenne libérale et fondée sur le marché en préférant la dynamique constituante du non. Juste avant le retournement des sondages j'ai appelé au dernier combat contre le totalitarisme du marché (le texte le plus lu et repris). Le rêve européen : appel pour une constituante a été entendu, un site a même été créé, mais il a sombré assez vite, il faut du temps pour un Plan B satisfaisant, il faut passer par la crise. Le temps de l'histoire n'est pas celui des technocrates. L'interrogation sur la politique monétaire et la bulle immobilière dépasse le conjoncturel. Le dernier texte tire les leçons du refus de l'Europe libérale dès le 3 juin : Le retour au pays (du local au global, écologiser l'Europe).

Il y a eu aussi le groupe emploi d'ATTAC qu'on m'a demandé de rejoindre (sortir du chômage avec un revenu garanti, RTT contre revenu garanti), le passage au blog, la flambée des banlieues (le soulèvement de la jeunesse, l'état d'urgence sociale), le retour de la révolution, Chavez... Finalement une année bien remplie et pleine de promesses malgré les menaces et la bêtise triomphante.

Un peu écrasé par l'abondance de ma production passée, j'ai essayé, pour me rassurer en ce temps de bilan, de condenser mon parcours jusqu'à maintenant et de faire une sélection des textes de ce site pour les lecteurs de mon blog qui en prend la suite.



2006
Conférences, newsletter, CPE, philosophie
(53 ans)

2006L'année n'a pas été aussi catastrophique que je l'annonçais (Une atmosphère de fin de monde) mais les menaces persistent... J'ai un peu intensifié les interventions publiques commencées l'année dernière, bien que j'en ai refusées plusieurs. Ma situation était toujours très précaire bien qu'un peu moins. La sortie de mon livre n'a certes pas été un franc succès mais il est téléchargeable gratuitement et m'a procuré une plus grande notoriété. Il y a eu tout de même un certain nombre d'invitations et des réactions enthousiastes. Quelques journaux, livres, revues, radios ont parlé de moi ou repris un de mes textes (Le Monde 2, Le Monde Diplomatique, Multitudes, l'Antimanuel d'économie II, Radio Aligre, France-Culture, le Journal du pays Basque...). Le mouvement étudiant contre le CPE m'aura pas mal mobilisé (pour pas grand chose!) mais c'est surtout le retour salutaire à la philosophie (et à Hegel) qui m'a permis de redonner toute sa cohérence à ma démarche. Sinon, j'ai quitté EcoRev', trop lié aux Verts, et j'ai créé une nouvelle liste de diffusion pour mon blog ainsi que, en toute fin d'année, un wiki consacré aux coopératives municipales.

J'ai fait plus régulièrement une Newsletter mensuelle des revues scientifiques (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12) celle du mois de janvier étant surtout consacrée à la théorie holographique de la gravitation. J'ai aussi rendu compte d'un livre de Carlo Rovelli sur la gravitation en boucle, soulignant le caractère révolutionnaire de la science et fait un petit texte évaluant le caractère exceptionnel de notre Terre, jusqu'à remettre en cause la possibilité de l'existence d'extra-terrestres! A part ça, j'ai essayé de faire une mise au point équilibrée sur le Cannabis et une petite note sur les champs quantiques. J'essaie à chaque fois de relier sciences, philosophie et politique.

Au niveau politique, il n'y a qu'un texte sur l'Europe (La reconstitution politique de l'Europe et la reprise des luttes idéologiques), l'essentiel ayant concerné la résistance des jeunes au Contrat Première Embauche, qui a tourné court malgré sa victoire finale et une mobilisation plus forte que d'habitude : Le basculement du monde, soudain !, Minorité de blocage, Rétablir la vérité, Retrouver un avenir commun. Le dernier texte de la série est plus général, et sans doute le meilleur : Vers la révolution du revenu garanti ?. Devant le relatif échec du mouvement, malgré le recul du gouvernement, et son absence de perspectives, j'ai essayé d'approfondir la question des phénomènes révolutionnaires ainsi que les conditions d'une alternative antilibérale démocratique qui devait être suivi d'une série de textes : Une rationalité décidément trop limitée, Le massacre des utopies, La part du négatif, La fin de l'aliénation, qui donnent les raisons pour lesquelles on n'y arrivera pas, en même temps que les conditions pour y arriver ! A noter aussi une petite note sur la réfutation par Jacques Sapir des bases de l'individualisme libéral et une mise au point sur les enjeux de la démocratie participative.

Quelques textes écologistes aussi défendront une synthèse de l'écologie, l'altermondialisme, la relocalisation, le revenu garanti et l'ère de l'information, aboutissant à quelques définitions. D'abord une intervention à un colloque d'AlterEkolo le 25 mars (enregistré) puis au Forum Social de Bayonne du 29 avril qui aura été l'occasion d'un argumentaire, pour l'alternative plutôt que la décroissance (Travailler et consommer moins ou autrement ?), ainsi que d'un petit interview pour le journal du pays Basque faisant opportunément le lien entre Ecologie-politique, revenu garanti et philosophie. Autre texte important sur Jacques Ellul et la question de la technique. J'ai fait une intervention aux journées d'été des Alternatifs (Le revenu garanti comme base d'une production alternative) qui sera suivi d'un article pour Multitudes (Revenu garanti, Coopératives municipales et monnaies locales). A noter aussi une émission de la radio de la méduse sur l'écologie.

Pour la philosophie, cela a commencé par une conférence à Marseille le 23 février sur autonomie et dépendances, puis le compte-rendu d'un livre d'Elisabeth Roudinesco (Philosophie de la liberté ou psychologie de la soumission) mais le plus important est sans doute Qu'est-ce que la philosophie ? (qui est même donné - par d'autres que moi bien sûr - comme lien dans l'article philosophie de wikipédia!). L'annonce de la reprise de mon analyse de la structure de la logique de Hegel (datant de 1996) sur le site allemand hegel.net m'a incité aussi à reprendre mes anciennes études sur Hegel avec un résumé assez réussi de la "Phénoménologie de l'esprit" (De la morale à la politique, version un peu plus complète de celle publiée sur mon blog en deux parties).



2007
Grit, J. Rosnay, décès (J. Robin, A. Gorz), travail, jeanzin.fr
(54 ans)

mai 2001L'année se présentait sous de bien meilleurs auspices que les précédentes, puisque c'était la fin de la précarité, embauché par le GRIT (d'abord pour 6 mois qui seront renouvelés), mais ce fut aussi l'année de la mort de Jacques Robin (le 7/7/7) et d'André Gorz (le 22/09/07) avec qui j'avais des relations intellectuelles très fortes (voir aussi l'article pour Multitudes). Sinon, "Le monde de l'information", que j'avais écrit à la demande de Jacques Robin justement, devait sortir au mois de juin mais l'éditeur a fait faillite avant... J'ai ouvert en début d'année 3 wikis sur les coopératives municipales, le revenu garanti et les monnaies locales, en prenant un nom de domaine et en me faisant héberger ailleurs que chez Free. La campagne présidentielle ne m'a guère intéressé et je n'étais pas mécontent d'être occupé ailleurs pendant cette période de démagogie généralisée. Un seul texte sur le sujet, rien d'essentiel : L'amour du maître ou de la démocratie ! Sinon, j'ai essayé de faire le point au mois de juillet sur le chemin parcouru jusqu'ici, juste avant de migrer vers (le 06/08/07).

J'ai pu continuer régulièrement ma revue des sciences (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Parmi les autres textes scientifiques on peut retenir Le sens de la vieillesse et de la mort, ou Le sens de l'évolution, ainsi que La part maudite, sur la co-évolution de la vie et du climat, en particulier sur le rôle des organismes multicellulaires dans le maintien d'un effet de serre optimum. La question du climat se fera de plus en plus insistante avec un point sur le climat vite dépassé par l'hypothèse extrême. En physique, j'ai fait les comptes-rendus des livres de Leonard Susskind (Un univers à notre mesure) sur la théorie des cordes et le principe anthropique, ainsi que celui de Lee Smolin (Pour une physique pluraliste) critiquant la théorie des cordes. La relativité d'échelle en question s'interroge sur la validité de la théorie de Laurent Nottale.

Les textes philosophiques sont sans doute plus fondamentaux. En premier lieu L'histoire après l'histoire qui célèbre les 200 ans de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel, ainsi que L'introduction du nazisme dans la philosophie à propos du livre d'Emmanuel Faye qui met en cause la constance de l'engagement nazi de Heidegger. J'ai refait aussi, pour publication, le compte-rendu de ma conférence de Marseille sur Autonomie et dépendances. Plus circonstancielle, une critique d'un livre de Jacques Attali qui consacre Le retour des grands récits et une réflexion sur La joyeuse incertitude de l'avenir. A l'articulation de la philosophie et de la politique une lecture transversale de Merleau-Ponty, Günther Anders, Edgar Morin et Axel Honneth tente de faire face à notre avenir.

Du côté politique, à part quelques réflexions philosophiques sur la valeur de vérité, sur le fait que l'égalité c'est la liberté ou sur le ressentiment dans l'histoire, j'ai essayé de définir ce que serait une politique pour le XXIème siècle et dessiner de nouvelles perspectives pour les révolutions futures, qui ont bien peu de chances d'être suivies d'effet à court terme. J'ai surtout essayé de montrer que Changer le travail, c'est changer la vie (qui sera repris par un petit éditeur), la modification de notre conception du travail comme épanouissement plutôt que souffrance étant un préalable pour rendre acceptable l'indispensable revenu garanti. Une mise au point sur la "valeur-travail" et une critique de "l'avenir du travail", de Jacques Attali viennent compléter le tableau. Ont peut y joindre la critique du "capitalisme cognitif" de Yann Moulier-Boutang. Les textes les plus notables sont malgré tout une sévère Critique de l'écologisme comme maladie infantile de l'écologie, L'écologie-politique, avenir de la gauche, destiné à une revue communiste ("Nouvelles fondations"), et un article pour la lettre du GRIT sur Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l'économie (à compléter par un interview pour les Verts). Le petit texte sur "le frimeur, l'idiot et le vendu" n'est sans doute pas inutile non plus, interrompu par le suicide de Gorz et sa femme !



2008
Crise, revues, Gorz, forum numérique (vidéo)
(55 ans)

2008L'année s'annonçait agitée mais intéressante, voire décisive, elle l'a été (bien que pas tellement productive!). La santé va beaucoup mieux grâce à des traitements enfin appropriés, mais la jeunesse n'est plus qu'un souvenir... La sortie au début de l'année de 3 revues qui publient des articles de moi (Nouvelles fondations, EcoRev', Multitudes) était plutôt de bonne augure. La reprise par Sarkozy du concept de "Politique de civilisation" d'Edgar Morin a été par contre assez perturbante, d'autant que le GRIT a bien du mal à survivre à son fondateur ! Il y a eu toute une période où il a fallu se coltiner une série de technophobes acharnés, par contre la fin de l'année a été largement consacrée à la crise, de plus en plus aiguë. Je n'ai pu refuser de participer à une conférence des acteurs du numérique dont il est resté une vidéo. A noter aussi un article (Le retour des révolutions) dans un journal gratuit sorti en octobre, un autre (Il n'y a pas d'alternative !) dans la revue québécoise Arguments ainsi qu'un chapitre d'un livre consacré à André Gorz, aux éditions La Découverte, qui paraîtra l'année prochaine. A noter que mon premier site "Ecologie révolutionnaire" sur wanadoo a été supprimé par Orange le 08/08/08, ce qui m'a fait perdre presque un tiers du trafic !

J'ai continué ma revue des sciences mensuelle (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Le reste de ma production scientifique se résume à une mise au point importante sur l'andropause (la dégénérescence de l'homme) ainsi qu'un compte-rendu plus contestable sur l'émergence de l'humanité.

Pour l'écologie, l'année a commencé par une évaluation des risques climatiques majeurs ? puis une critique du "Plan B" de Mr Brown pour la planète, ensuite l'article pour la revue québécoise Arguments (Il n'y a pas d'alternative !) et celui sur André Gorz (L'écologie politique, une éthique de libération, traduit en espagnol). Sans être très novateurs, ces 2 derniers textes constituent de bonnes synthèses.

Politiquement, l'année commence par une mise au point sur une politique de civilisation de droite, avant tous les textes consacrés à la crise (Le dénouement de la crise, Le retour des révolutions (inflation et papy boom), Rendre la honte encore plus honteuse, La reconstruction du monde, La fin du capitalisme, vraiment ?, Pour un New Deal : revenu garanti pour tous, La bulle sociale, Le renforcement du système, Théorie de la crise et crise de la théorie, La conjonction des crises).

Moins circonstanciels, plus théoriques et plus intéressants sans doute : L'individualisme pseudo-révolutionnaire, L'expression du négatif. A mi-chemin, il y a ces 2 textes sur les difficultés de l'ère de l'information, coincés entre technophiles et technophobes: L'émergence de la génération internet et Malaise dans la civilisation numérique.

La philosophie a été un peu trop délaissée sans doute dans cette année de basculement où l'incertitude domine. Sur la fin, et dans la foulée de L'expression du négatif, j'ai quand même défendu un matérialisme dialectique à l'épreuve du réel. Il faut signaler aussi L'humanisme en question (Traduit en espagnol : El humanismo en cuestión) et surtout Les limites de l'auto-organisation, plutôt à la charnière des sciences et de la politique, comme souvent, de même qu'il y a pas mal de philosophie dans le texte sur André Gorz.



2009
Dissolution du Grit, philosophie, CitéPhilo
(56 ans)

C'est l'année de la fin du GRIT, la dissolution ayant été votée le 28 avril, ce qui était un soulagement de ne plus devoir assumer un prophétisme étonnant de naïveté et une dangereuse conception émotionnelle de la politique, mais ce qui mettait un terme à 2 années un peu moins précaires... Je suis donc devenu auto-entrepreneur le 1er avril ! non sans que ce soit pas mal de complications au début ! C'est le moment où l'on s'aperçoit que la crise s'annonce très longue et probablement en W, alors même qu'on annonce partout qu'elle est presque finie. Bonne période malgré tout avec la forme revenue, grâce à un bon traitement enfin, et une des plus productives même si je me sens plus étranger que jamais au monde intellectuel et médiatique dont j'essaie de me tenir éloigné. J'ai quand même renoué un peu avec EcoRev', bien que difficilement. A noter, une petite interview sur l'intime (bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture).

Malgré des velléités d'arrêter, j'ai continué la revue des sciences : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12. Surtout, la participation à un débat de Vivagora m'a permis de comprendre le fait crucial que la vie artificielle n'est pas la vie !

Philosophiquement, l'année est assez riche, commençant par un texte crucial : Un se divise en deux. Il y a aussi la critique du dernier livre de Lukács, L'historicité de l'être social (aliénation et liberté), auquel on peut rattacher (sur le fétichisme) Critique de la valeur, valeur de la critique (critique d'Anselm Jappe) ainsi que Monnaie, société et individuation alors que Gilgamesh ou l'écriture du deuil met en lumière le rôle du négatif de même que le compte-rendu d'un livre de Catherine Malabou, Ontologie de l'accident. Il y a d'autres charges contre l'idéalisme béat (Changer la vie, sans rire !, La bulle spéculative, la confusion des esprits). Mon intervention à CitéPhilo sur Gorz m'a donné l'occasion d'une synthèse entre philosophie, écologie et politique : La réalisation de la philosophie. On peut signaler aussi le compte-rendu du livre de Frédéric Worms, La philosophie en France au XXème siècle. Le travail du temps (à l'ère du numérique) se situe à mi-chemin entre philosophie et économie.

Pour l'écologie-politique, j'ai commencé par un Programme minimal, prolongé par L'avenir radieux (traduction en espagnol d'Eduardo Baird) et Relocalisation mode d'emploi. J'ai essayé aussi de faire comprendre ce que signifiait Changer de système de production et j'ai dû soutenir une polémique idiote contre ceux qui s'imaginaient qu'on pourrait se passer du numérique : La révolution numérique est-elle soutenable?.

Sur le plan politique, j'ai insisté sur la pluralité (Un seul monde, plusieurs systèmes et Le pluriel du futur, plus philosophique). Psychanalyse et politique se rattache aux critiques de l'idéalisme avec la constatation qu'on ne peut se passer de la psychanalyse pour ne pas vouloir l'impossible. On peut signaler enfin Le capitalisme et la mort.

J'ai regroupé un certain nombre de textes en livres :

* L'alternative écologiste, 18/07/09 (on peut le télécharger en pdf - 100 pages)

Il m'a semblé utile de regrouper les textes écrits après la parution de mon premier livre L'écologie-politique à l'ère de l'information (éditions è®e, 2006) et qui en prolongeaient les principaux thèmes : André Gorz - la richesse du possible 10/07 - Ecologie-politique, revenu garanti et philosophie 04/06 - Les limites de la décroissance (interview) 01/06 - Critique de l'écologisme (la maladie infantile de l'écologie) 04/07 - Il n'y a pas d'alternative ! 04/08 - Ce qu'il faudrait faire... 03/06 - Changer de système de production 05/09 - Changer le travail, changer la vie ! 03/07 - Relocalisation, mode d'emploi 07/09 - Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales 10/06 - Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l'économie 05/07 - L'avenir radieux 03/09

 

* Textes à relier (2006-2009), 20/07/09

- La négativité dialectique : La part du négatif (09/06), La fin de l'aliénation (11/06), L'expression du négatif (11/08), L'épreuve du réel (matérialisme et dialectique) (12/08), Un se divise en deux (01/09), L'historicité de l'être social (aliénation et liberté) (05/09)
- Petite Phénoménologie de l'Esprit illustrée : Misère de la morale (05/06), Les aventures de la dialectique (06/06), L'histoire après l'histoire (Hegel 200 ans après) (03/07) - on peut télécharger le pdf.
- Les limites de la rationalité politique (contre les utopies) : Le retour des révolutions (inflation et papy boom) (07/08), Une rationalité décidément trop limitée (09/06), Le frimeur, l'idiot et le vendu (09/07), Le massacre des utopies (09/06), L'individualisme pseudo-révolutionnaire (02/08), Changer la vie, sans rire ! (02/09), La bulle spéculative (05/09)
- L'avenir numérique : Critique de "l'avenir du travail" (08/07), Le capitalisme cognitif (09/07), L'émergence de la génération internet (08/08), Malaise dans la civilisation numérique (09/08), Le travail du temps (à l'ère du numérique) (06/09)
- Transversales (évolution dans les sciences) : L'improbable miracle d'exister (09/02) - Le caractère révolutionnaire de la science (06/06) - Pour une physique pluraliste (07/07) - Le sens de la vieillesse et de la mort (04/07) - Le sens de l'évolution (07/07) - L'émergence de l'humanité (11/08) - Les limites de l'auto-organisation (01/08) - La vie artificielle n'est pas la vie ! (04/09)



2010
Dernières interventions (capitalisme, communisme, locavores), psychanalyse
(57 ans)

2010Bien que je ne sois pas du tout à la retraite et ne sais comment je vais vivre jusqu'à 65 ans, je m'installe dans une retraite loin du monde mais pas tant que ça, sollicité en permanence pour des revues, des livres, des interventions. De plus en plus solitaire malgré tout. Je vis avec les animaux plus qu'avec les hommes ! Le début a été un peu difficile mais ensuite c'était une des meilleurs années sans aucun doute, pour le moral comme pour la santé, avec un grand sentiment de liberté, détaché d'intellectuels que je trouve comiques, et un peu plus confiant dans l'avenir en dépit des menaces écologiques qui me semblent moins cataclysmiques que j'avais pu le craindre, bien que je reste persuadé qu'il faudra au moins frôler la catastrophe, ce qui relativise l'action politique d'ici là mais m'a fait défendre malgré tout un, inhabituel pour moi, optimisme de la raison ! Une certaine sérénité qui va de pair avec une plus grande cohérence de la pensée et, justement parce que ça va mieux, le sentiment du peu de temps qu'il me reste à vivre ainsi. En tout cas, c'est l'année où mon fils prend son indépendance mais aussi où mes parents deviennent dépendants...

Je suis un peu moins investi dans les sciences bien que je continue ma revue des sciences mensuelle (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). On peut juste signaler ma tentative de réduire l'énergie à l'entropie (L'énergie entropique).

En philosophie, j'ai poursuivi la critique de l'idéalisme et du moralisme contemporain (La haine de la pensée, Le savoir-vivre à l'usage des post-modernes, La débandade de l'avant-garde) mais je suis surtout revenu à la psychanalyse et la question du désir (Le désir comme désir de l'Autre, Le désir plus que la vie) ainsi qu'au langage et au récit (Retour sur les religions, La nature et la vie). Ce sont sans doute les meilleurs textes de l'année.

En politique rien de bien neuf puisque j'ai fait un article sur "Qu'est-ce que l'écologie politique ?" (repris dans la revue Ecologie&Politique) qui n'est qu'une actualisation, définition informationnelle de l'écologie-politique destinée seulement à me démarquer des visions habituelles. Le numéro d'EcoRev' sur l'après-capitalisme avait été bien décevant, ma propre intervention dans la réunion qui a suivi n'a fait qu'en reprendre les constats (texte : Sortir du capitalisme, vidéos intervention), conclusions aggravées depuis, avec le livre de Yann Moulier-Boutang "L'abeille et l'économiste" qui nous condamne à d'autres crises financières. L'analyse à chaud d'une crise qui prolonge ses hésitations n'a certes pas démérité mais l'actualité est périssable (La lutte pour l'hégémonie, On a les moyens de s'en sortir !, L'intervention des peuples, Les affaires continuent, Ce n'est qu'un début...). Il faut mettre à part "Complexification des modèles et simplification de la réalité" qui montre que seule la dramatisation est décisive, c'est l'épreuve catastrophique du réel qui pousse à la complexification des organismes comme des organisations ; on ne change pas les règles sans arrêter le jeu. Le grand oeuvre de René Passet dit un peu la même chose en valorisant les destructions créatrices. On peut ajouter le texte sur Le travail dans la sortie du capitalisme, rédigé à la demande de Dominique Méda pour Utopia, ainsi que Le travail fait la santé pour EcoRev'. Il y a aussi la vidéo sur la relocalisation et l'intervention à l'anniversaire du cercle Gramsci de Limoges (qui n'est pas en ligne), juste avant ce que j'appelle ma retraite du militantisme (en partie pour raisons de santé, même si ça va beaucoup mieux mais pas tout le temps!).


2011
Révolutions arabes, indignés, le sens de la vie
(58 ans)

C'est l'année des révolutions arabes et des "indignés" européens où la crise devient sociale, avec une série de textes de circonstance (Rien ne sert de faire la révolution, il faut savoir qu'en faire, Le pouvoir du peuple, Les contradictions entre révolution et démocratie, La démocratie est un rapport de force, La révolution a déjà commencé, Crise globale et alternatives locales, Vent de panique, Le retour des luttes d'émancipation, La montée des taux et le krach de la dette).

Quelques textes sur l'écologie : Vers des villes vertes, La relocalisation de la production, L'appauvrissement volontaire, La relocalisation par internet, Un revenu pour travailler et, surtout, de l'entropie à l'écologie.

En dehors du livre d'Utopia, la seule chose notable, c'est que je me suis mis à un livre sur la vie à l'instigation de Joël de Rosnay (La vie incréée, La subjectivité du vivant, La part animale de l'homme, L'humanisation du monde, Un homme de parole), on peut y rattacher ma critique d'Henri Atlan (Auto-organisation et sélection génétique). Un de mes meilleurs livres sans doute.

J'ai continué ma revue des sciences, bien qu'avec de plus en plus de lassitude (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12).

En philosophie, mais très lié à la politique, j'ai fait quelques critiques de livres, notamment des éditions Delga : "Néo-fascisme et idéologie du désir", de Michel Clouscard où je critique les dérives droitières d'anciens gauchistes devenus néocons, ainsi que La fuite dans l'irrationnel à partir du livre de Georg Lukács, "La destruction de la raison (Schelling, Schopenhaeur, Kierkegaard)" mais qui dénonce aussi des dérives on ne peut plus actuelles quoiqu'un peu moins présentes depuis les révolutions. La critique du livre "La Voie" d'Edgar Morin se situe tout-à-fait dans la même veine, opposant à ces tendances idéalistes une Théorie de la société à la fois plus matérialiste et consciente de nos limites cognitives.



2012
Critique de la critique
(59 ans)

21 janvier 2012Cette année d'élections (auxquelles je ne m'intéresse pas du tout) s'annonçait très mal mais a juste été décevante même si elle a été relativement productive pour moi. Comme prévu, les élections ont été une foire aux illusions. Une chose qui semble difficile à avaler, c'est l'inéluctable déclin de l'Occident face aux pays les plus peuplés mais ces périodes révolutionnaires voient le retour d'une ambiance meilleure avec les indignés espagnols, les occupations américaines, les étudiants québécois, jusqu'à un côté New Age qui vaut mieux que les années fric précédentes. L'agonie interminable de ma mère continue avec des moments terribles. La vague de froid de février (-13° chez moi) a été assez éprouvante mais sans véritable problème. Il y a eu aussi une période difficile avec le passage sous wordpress débuté en juin, qui a pris tout le mois de juillet et qui a très mal marché depuis (le serveur saute régulièrement!). Le reste de l'année a été assez agréable sauf que j'ai été un peu dépassé par les chats...

La revue des sciences m'épuise souvent et elle est autant critiquée qu'appréciée mais je continue encore (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). J'en donne les raisons au mois de mai.

La philosophie a tenue une plus grande place cette année, philosophie sans consolation exigeant une nécessaire Critique de la critique qui n'a de sens qu'à rester du côté de la critique pour la rendre effective. Un livre sur le monde humain comme monde commun réduisant à la désignation, le simple geste de montrer du doigt, ce qui différencie déjà l'enfant du chimpanzé et l'ouvrant à une "attention partagée" m'a pas mal intéressé bien que je n'en épouse pas vraiment la thèse. Je suis revenu sur les conséquences philosophiques du concept d'information dans un plaidoyer pour une philosophie de l'information, complété par l'oubli du récit qui dépasse cette philosophie de l'information par le langage narratif et la force du mythe qui nous humanisent en même temps qu'ils nous trompent.

Du côté politique, en dehors des billets de circonstance sur l'évolution de la crise (Une seule solution, la fédération, Ne pas surestimer nos moyens traduit en espagnol), j'ai surtout fusionné deux articles (Un revenu pour travailler, publié dans le no 3 des Zindignés, et Des coopératives municipales pour des travailleurs autonomes) en vue d'une publication suite au colloque de Montreuil pour un revenu social, les 30 et 31 mars 2012 (où je n'étais pas), ce qui a donné Du revenu garanti aux coopératives municipales. L'insistance sur la compétitivité et la perspective d'une baisse des salaires, m'a fait défendre aussi un revenu de base compétitif. J'ai rassemblé enfin mes textes sur le travail dans un nouveau livre (Voilà le travail !) et j'ai exploré notre passé avec la société de consommation avant le capitalisme, la révolution avant la révolution, et même la préhistoire. A part ça, on peut signaler le lancement d'un numéro d'EcoRev' sur les drogues, un texte provocateur contre le droit d'auteur (Mais pourquoi donc les auteurs devraient-ils avoir des droits ?) et une charge contre les valeurs de droite servant à dénier les valeurs humanistes (Comment peut-on être de droite ?).



2013
Commune connerie, Heidegger, brèves, vidéo
(60 ans)

2013Année très productive malgré un difficile retour à la précarité où j'ai été obligé d'arrêter la revue des sciences sous sa forme ancienne, remplacée à partir du mois d'avril par une liste des brèves du mois pour en arrêter la publication à partir du mois de septembre qui sera reprise ensuite mais sous formes d'extraits seulement (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Le seul autre article scientifique notable est la critique d'un livre de Susskind (Entropie et perte de l'information des trous noirs). Sinon, j'ai cru utile de republier l'introduction du Monde de l'information sous le nom de "la révolution numérique". Il n'y aura eu aucun article publié en octobre (à part 2 brèves), mois où "les zooms verts" sont venus ici faire une vidéo avec Frédéric Bosqué sur la différence entre revenu de base et revenu garanti (entre autres).

C'est la philosophie qui m'aura occupé le plus, en premier lieu une mise au point sur notre rationalité limitée ou plutôt notre commune connerie, si difficile à admettre et de si grande conséquence. Le reste sera consacré surtout à la critique de Heidegger (Le tournant identitaire et gnostique du nazi Heidegger, non sans défauts, Qu'appelle-t-on penser ? et surtout Retour à l’origine de la pensée de Heidegger) menant à s'interroger sur l'exigence de l'existentialisme d'une existence digne de ce nom après avoir posé la question du suicide si présent dans notre actualité politique et sociale comme dans ma propre vie. Ce sont les origines du fascisme dans une interprétation volontariste du marxisme que j'ai souligné ensuite (Du matérialisme historique au volontarisme fasciste), donnant l'occasion de préciser ce qu'implique un matérialisme historique et dualiste où ce n'est pas l'esprit qui est déterminant en dernière instance. Ce texte comme celui sur l'existence prolongent la critique de Debord et des Situationnistes entamée depuis quelques années et sera complété par La théorie de l’évolution comme théorie de l’information qui constitue une étape décisive pour régler son sort non seulement au volontarisme mais à la subjectivité et à la place de l'acteur au nom d'une évolution basée sur l'après-coup et les causalités matérielles. Du coup, j'ai terminé par la critique d'une conférence de Sartre sur la subjectivité.

Même si j'en suis de plus en plus éloigné, la politique reste bien sûr au coeur de mes réflexions mais avec un pessimisme grandissant, dénonçant le refus du réel ainsi que la montée du national-capitalisme alors que les révolutions arabes connaissent la fin de l’illusion démocratique. Dès le début de l'année, j'insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de rêver à un monde idéal ni de défendre des valeurs, mais de se rendre compte qu'il n'y a pas d'alternative (TINA) comme nous l'enseigne le matérialisme historique, même s'il y a bien sûr une alternative aux politiques néolibérales qui ne marchent pas ! Notre actualité semble être celle de la constitution de l'Etat universel et homogène annoncé par Kojève et qui pourrait annoncer la fin des destructions créatrices. A la demande de Mouvements, j'ai fait une critique des villes en transition trop focalisées sur l'énergie (sauf que, comme j'ai publié l'article sur mon blog, ils ne l'ont pas pris!), et pour Alters-Echos, j'ai précisé la place de la commune dans l’économie post-industrielle en abandonnant toute idéologie au profit de la simple nécessité mais la principale nouveauté aura été de me déclarer ouvertement pour une société duale, menant à l'article pour EcoRev' "Plaidoyer pour l'altermonde" dont l'introduction a été refaite (De la pensée globale à l'action locale). En dehors de la vidéo sur le revenu garanti citée plus haut et complétée par une petite mise au point sur le plaisir du travail, j'ai fait quelques sévères critiques (d'un colloque sur Gorz, du petit manuel de la transition d’ATTAC et des propositions du PNUD).




2014
Fin de la politique, revenu de base, accélération technologique, matérialisme
(61 ans)

2014L'année n'a pas trop mal commencé pour moi, bien que sans perspectives. En ce centenaire de la guerre de 14, j'ai commencé par m'inquiéter des séductions de la guerre, y compris chez Debord, où s'enracine aussi l'existentialisme du futur nazi Heidegger, pour très vite alerter sur le risque d'un engrenage fatal en Ukraine, témoignant de notre impuissance devant l'histoire. En effet, dans la lignée, bien sûr, de l'année précédente (avec notamment l'interprétation de l’évolution à la lumière de la théorie de l’information, ainsi que la compréhension du lien entre l'abandon du matérialisme historique et le volontarisme fasciste), 2014 aura surtout été un approfondissement, voire une radicalisation de mon matérialisme (qui reste dualiste donnant toute sa part à la liberté, au spirituel mais qui n'est plus déterminant en dernière instance, notamment par rapport à une accélération technologique immaîtrisable). L'année s'est terminée sur la perspective d'une rupture des Grecs avec l'Europe qui se révélera impossible. Une amélioration notable de la santé (qui reste fragile) m'aura mené à renouer, bien que sans enthousiasme, avec les réunions publiques (en août pour le revenu de base) mais avec plutôt une baisse de ma production. Sinon, j'ai finalement continué ma revue des sciences mais avec de plus en plus de mal (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12).

En philosophie, l'essentiel aura donc été :
- d'une part, un retour au matérialisme historique, en particulier au déterminisme technologique, avec un sujet de la science qui n'est plus le centre du monde ni de l'histoire, plus déterminé que déterminant et n'est pas lié à une espèce humaine dont la fin est programmée sans qu'on ait à s'en inquiéter, ce qui n'empêche pas une passion de la liberté qu'on peut dire subie mais tenace. J'ai essayé de donner une analyse du féminisme d’un point de vue matérialiste qui n'a pas été très bien reçue...
- d'autre part, la tentative de compréhension du nazisme à partir de la philosophie de Heidegger (de son pangermanisme de jeunesse à son tournant idéaliste de sauveur du monde) dont je tente aussi une interprétation matérialiste.

Sinon, j'ai republié une version un tout petit peu améliorée de "Morale et politique dans la Phénoménologie", résumé de la Phénoménologie de l'Esprit qui date de 1996.

En politique, c'est le constat d'échec qui domine face à la montée de l'extrême-droite et les solutions imaginaires qui y sont opposées par une gauche moribonde dont je dénonce les trous noirs et les archaïsmes. Je vais jusqu'à prendre le parti d'une fin de la politique prenant la suite de la fin des religions pour revenir sur terre et régler les problèmes concrets plutôt que de rêver d'utopies. Il est également important de comprendre permanence et fonctions des hiérarchies pour en réduire l'hétéronomie ainsi que l'infériorisation des acteurs - c'est-à-dire tout simplement remplacer la contrainte par l'information. Politis m'a interviewé sur Ecologie, intermittents et travail immatériel et j'ai défendu aux premières journées du revenu de base l'idée qu'un revenu de base est nécessaire mais pas suffisant, qu'il faut y adjoindre le support d'institutions du travail autonome pour qu'il ne condamne pas à la misère. L'innovation, c'est d'envisager de substituer un service public aux coopératives municipales, sortes d'Ateliers Nationaux. L'article qui aura eu, de loin, le plus grand succès aura été un article polémique sans grand intérêt...




2015
Terrorisme, philosophie politique, histoire de la philosophie
(62 ans)

2015On sent une accélération de l'histoire. Loin de l'ennui des années précédentes, c'est l'angoisse qui monte (avec la fascisation des esprits). L'année a commencé par les attentats contre Charlie Hebdo (causant la mort de Bernard Maris qui m'avait pas mal cité dans son antimanuel d'économie), annonçant derrière ses manifestations monstres tous les pièges de l'islamophobie et la tentation d'un retour de l’ordre moral. En septembre ce sera l'afflux des réfugiés qui commencera pas un élan de générosité pour se terminer en fermeture au profit des extrêmes-droites européennes avec le retour de l'illusion souverainiste d'une révolution nationale qui touche de plus en plus d'intellectuels. L'année se termine par le massacre du Bataclan et l'état d'urgence, Etat de guerre qui fait monter la tension encore d'un cran et la tentation du National. La destruction des vestiges de l'antiquité par les islamistes m'avait évoqué un rapprochement intenable des situationnistes aux djihadistes, témoignant malgré tout d'un besoin d'absolu et de l'impossible deuil de l'idéal. Pendant ce temps, les 1% s'enrichissent toujours plus...

Comme c'était l'année de la conférence sur le climat COP21, j'ai un peu écrit sur le sujet sans plus y croire, soulignant l'impossible responsabilité du climat devant notre impuissance à accélérer le passage aux énergies renouvelables, pour me convertir finalement à l'urgence d’une capture du CO2 massive dont la faisabilité n'est pas encore acquise. Au lieu de s'en alarmer, il me semble qu'il faudrait profiter de l’uberisation de l’économie locale et solidaire mais aucun écho pour l'instant. En désespoir de cause, je me suis interrogé aussi sur l'opportunité de créer un mouvement des alternatifs, ce qui a peu de chances de se faire mais entrait en écho avec un regain d'intérêt (notamment grâce aux Kurdes) pour Bookchin et l'écologie sociale (des rencontres sont organisées).

J'ai poursuivi encore la revue des sciences (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12).

En philosophie, après un petit texte sur comment l’esprit vient à la matière avec le numérique, je me suis d'abord focalisé sur la philosophie-politique (on pourrait dire plutôt la post-politique) : Philosophie politique et politique effective, l'échec politique, entre religiosité et déterminismes, débouchant sur une Anthropolitique qui arriverait à tenir compte de nos limites cognitives et de notre ignorance. C'est ce qui me fera revenir ensuite à la critique de la sagesse chez Socrate avant de pointer chez Platon la contradiction entre amour et vérité, dénonçant le danger de l'amour en politique alors qu'il s'agit de vivre avec ceux qu'on n'aime pas. J'ai complété ce retour à l'origine de la philosophie par l'évolution d'Aristote de la théologie platonicienne à la science des causes, réévaluant le rôle de la Rhétorique dans la formation de sa philosophie et la critique de la théorie des idées. Pour compléter cette excursion dans l'histoire de la philosophie, j'ai dû insister sur le fait qu'il y avait une pluralité de temporalités différentes, voire contradictoires, dans une actualité de l’histoire dialectique dont la fin n'était pas donnée d'avance. J'ai terminé l'année enfin par une critique philosophique de Gorz, de sa nostalgie de l'être.

On peut signaler sinon un éloge de l’assistanat (du développement personnel au développement humain) et une mise au point : Non, les robots ne sont pas la cause du chômage ! Ce que complètera Travail = Revenu, revenant aux basiques.




2016
Rétrospective, histoire de la philosophie, populismes, régime mixte
(63 ans)

2015Je commence l'année par une rétrospective qui se veut l'achèvement de la critique de la critique et montre la cohérence de mon parcours. Je la termine avec l'apprentissage de l’ignorance. Je me suis demandé si une fois notre basculement dans le monde numérique généralisé l'histoire ne pourrait pas se figer et, dans la naturalisation du capitalisme, je montre qu'il faudrait prendre un peu plus au sérieux l'identification de l'économie à l'évolution et à la sélection par le résultat. La situation étant assez dramatique, on s'attend à une déroute de la gauche et les "Nuits debout" n'ont témoigné que de leur inconsistance. Alors que l'Anthropocène nous rend responsables du monde, on peut dire que la catastrophe est politique et qu'il faut s'attendre au pire (ce que l'élection de Trump a confirmé). Au-delà de la dépression politique nous aurons besoin de résister à la droitisation générale sous couvert d'antisystème et retrouver une certaine radicalité même s'il faut se résoudre à un régime mixte combinant démocratie, oligarchie et aristocratie (à suivre Aristote, Polybe, Montesquieu). Enfin, un séminaire de Lévi-Strauss m'a servi à contrer les tendances identitaires

Curieusement, à chaque fois pour des raisons différentes, j'ai poursuivi une histoire de la philosophie pas du tout préméditée avec les philosophies du bonheur (Stoïcisme, épicurisme et sceptiques) comme philosophies du souci de soi et de la fin du politique sous l'Empire, Pascal, la misère de l’homme et son terrible ennui (malheur de l'homme sans Dieu), la pénétration de la science dans la philosophie (Descartes, Spinoza, Leibniz) critiquant leur rationalisme et ceux qui s'en revendiquent politiquement (un des articles les plus lus), l’erreur de Marx qui est celle de l'échec économique du collectivisme, Comme Un qui réhabilite l'aspiration à l'unité comme notre dimension sociale bien qu'elle ne soit jamais aussi forte que dans la division, contre un ennemi commun. Enfin, c'est la division du sujet lui-même qui achève la critique du rationalisme (Bergson, existentialisme, structuralisme, post-modernisme). J'ai complété ce parcours par un petit texte à propos d'Alain sur le devoir d'être libre, en préambule à un retour qui se voulait plus positif sur la raison dans l’histoire mais qui sera un échec. On peut y ajouter l'apprentissage de l’ignorance qui ferme la boucle. Ces articles ont été regroupés dans Une petite histoire (actualisée) de la philosophie. A part cela, une note sur le négatif et l’entropie tente d'interpréter le négatif comme néguentropie (s'opposant au laisser-faire).

Sinon, la revue des sciences continue (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12).




2017
(64 ans)
Histoire de l'homme et de la technique, critique de l'aliénation

C'est l'année où je suis devenu grand-père mais le passage raté au https a fait s'effondrer la fréquentation du blog comme s'il était nouveau ! Cela n'a pas empêché une production de qualité, je crois, reconstruction plus matérialiste sur les ruines des utopies politiques alors que l'ambiance dépressive s'estompe.

J'ai commencé en effet par réaffirmer que nous faisions partie de l'évolution et qu'on ne peut séparer la politique et le vivant, limitant les prétentions du volontarisme à transformer un monde qui lui reste extérieur même si nous devons passer de ce dualisme à l’écologie. L'échec du politique ne réduit pas la nécessité du politique mais, pour réfuter le volontarisme et le rôle de l'homme dans l'histoire au profit d'un point de vue écologique, j'ai voulu illustrer les causes matérielles à l'origine du miracle grec ou d'une brève histoire de l’homme, produit de la technique, complété par la domestication de l’homme par l’homme et l’origine de la religion, de la civilisation et de l’agriculture à Göbekli Tepe, pour montrer enfin le réel au-delà de la technique (critique de Bernard Stiegler), la technique n'étant pas cause mais résultat de la pression du milieu, la continuation de l'évolution biologique par d'autres moyens. L'individu ayant été non seulement réintégré dans un processus mais dans son écologie, comme produit de son milieu, il faut jouer la liberté contre l’identité avec Sartre, la critique de l’aliénation perdant son sens comme prétendue perte de notre humanité, d'une essence absente. Cette critique du concept d'aliénation s'adressait en particulier à André Gorz dont les 10 ans de son suicide m'ont donné l'occasion, au scandale de mes camarades, de faire le constat de notre échec d'une écologie politique radicale et que nous nous étions éloignés du moment Gorz.

Pour les textes politiques plus circonstanciels, on peut retenir la réciprocité contre la République qui critique la tentative de fonder l'anthropologie et la politique sur la réciprocité, ce qui revient à exclure et sortir de l'universalité tout en culpabilisant les plus démunis ! Il est difficile de faire entendre qu'on est dans une démocratie des minorités quand on vit avec le mythe d'une volonté générale, chaque parti voulant être le tout. Il m'a semblé nécessaire de dénoncer l’imposture populiste qui était au coeur de cette élection présidentielle. Enfin, on peut signaler mes réponses au questionnaire sur le revenu de base du Mouvement Français pour un Revenu de Base, où j'insiste sur la nécessité de le compléter par les institutions du travail autonome.

La revue des sciences a continué (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11).

Ce qui donne sens à l’existence, 12/09/17
Même les utopies politiques n'ont pas peur de promettre l'épanouissement de l'individu et de ses capacités, dans une conception spinoziste qui correspond sans doute à ce qu'on peut considérer comme la véritable réussite personnelle et va très bien à certains mais ne trouve pas d'écho en moi, ne suffit pas en tout cas à faire sens. Dans une société parfaite, pour quelle raison écrire des poèmes ou philosopher ? La création artistique censée exprimer notre précieuse intériorité ne serait-elle plus qu'un passe-temps sans conséquence ? Ne perd-elle pas tout sens justement ? Le sens ne vient que des actions collectives, de l'histoire et de l'inachevé, d'un enjeu vital pour l'avenir. Ce qui nous manque pour donner sens à notre vie, notre journée, notre travail, ce n'est aucune condition matérielle mais seulement le sentiment de travailler à une oeuvre commune, d'y avoir une action positive, d'y être reconnu, projection dans un futur au-delà de notre propre existence plus que jouissance éphémère ou présence au monde. En tout cas, il y a de quoi récuser le souci de soi plus ou moins biologisant dont on nous rebat les oreilles. Bien sûr, ce n'est pas parce que l'être parlant a besoin de sens et qu'il ne peut le trouver qu'à l'extérieur que le sens serait toujours bénéfique. C'est une puissance très ambivalente (il n'y a pas que la technique), il est même à l'origine des plus grandes horreurs (guerre des religions, nazisme, communisme, terrorisme, etc). Le sens reste dangereux, le collectif reste dangereux et c'est aussi ce qui donne du poids à nos engagements et sens à notre existence.

Qu’est-ce que la démocratie ?, 22/09/17
Les agriculteurs qui ont remplacé les marins-pêcheurs de la culture mégalithique, étaient très égalitaires et démocratiques si l'on en croit Alain Testart qui parle à leur sujet de "démocraties primitives". Mais alors, si la démocratie était relativement courante dans la préhistoire, bien que dominée par des régimes hiérarchiques et militaires depuis le néolithique, qu'est-ce que les Grecs ont inventé ? On pourrait dire qu'ils ont juste formalisé la démocratie, passage à l'écrit des diverses constitutions permettant la réflexion sur leurs principes, mais, en fait, ils ont surtout inventé la démocratie marchande inégalitaire ! Le marché serait effectivement le déterminant principal de la démocratie si l'on en croit Archytas de Tarente, dirigeant-philosophe ami de Platon, pour qui le concept d'égalité se serait imposé dans les rapports marchands, l'échange équitable entre le vendeur et l'acheteur grâce à une mesure commune et une pensée raisonnée qui égalisent les contractants. Le marché serait ainsi la condition de la démocratie inégalitaire régie par un droit égalitaire. L'autre origine mythique de la démocratie, c'est bien sûr la Révolution Française alors qu'en dehors de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, nos institutions viennent directement de la monarchie constitutionnelle ou de l'Empire.

Revue des sciences octobre 2017, 01/10/17
Austérité et robotisation - Le réchauffement serait moins fort que prévu - Pas de bombe méthane ? - Un détecteur portable de neutrinos basse énergie - L'inflation cosmologique - La gravité un effet de l'effondrement de la fonction d'onde ? - Un millier de colons sur la Lune en 2050 ? - Transformer le CO2 en carburant - L'ADN viendrait des météorites et devancerait les acides aminés - L'ancêtre des primates faisait des sauts acrobatiques - Un village de la côte ouest du canada daté de -14 000 ans - Chez les souris mâles les neurones sexuels sont liés à l'agression - Le vieillissement provoqué génétiquement par l'autophagie - La stimulation cérébrale réveille un patient en état végétatif depuis 15 ans - La dépression différente pour l'homme ou la femme - La dépression une maladie inflammatoire ? - Un antidépresseur IMAO-A contre la graisse inflammatoire - Les macrophages inflammatoires dans notre graisse à l'origine du diabète - Un patch avec des nanoparticules réduit de 20 % des bourrelets graisseux - Un "stylo" qui détecte des cellules cancéreuses en 10 secondes - Des hologrammes sur le pare-brise - L'agriculture robotisée sans l'homme du semis aux récoltes

L’aliénation dans le travail, 10/10/17
L'aliénation est pour Hegel une nécessité de l'expression, de l'objectivation et de la conscience de soi alors que, si on remet la dialectique sur ses pieds matériels, l'aliénation dans le travail relève plutôt de nécessités extérieures, de besoins sociaux et vitaux, ce qui n'empêche pas que le travail nous objective et que nous y sommes mis en question dans notre être. L'impératif de nous désidentifier de notre travail n'est pas seulement une nécessité ontologique, l'intervention d'une liberté arbitraire, mais peut se comprendre plutôt comme la nécessité de corriger la représentation que mon travail donne de moi, retrouvant la "réthorique des passions" d'Aristote, où la passion se définit comme réaction à la représentation que l'autre a de moi. Sinon, le sens du travail n'est pas individuel, il est social, l'autonomie dans le travail sert à faire le nécessaire, pas à faire n'importe quoi ni à notre "libre développement", ne supprimant pas du tout l'hétéronomie du système de production qu'on soit salarié ou indépendant. Le travail nous restera toujours étranger de quelque façon, étrangeté du réel qui ne se plie pas à nos quatre volontés et mobilise toutes nos énergies pour pas grand chose souvent, mais la dureté du réel n'efface pas la face positive du travail comme socialisation, maîtrise de son métier, exercice de ses capacités, réussite et reconnaissance monétaire, tout ce qui fait qu'on tient à son travail comme à sa place - sans qu'on puisse donc s'y identifier tout-à-fait.

L’ère de l’intelligence artificielle, 20/10/17
Si certains ne veulent y voir rien de nouveau, soulignant les limitations actuelles, d'autres tombent dans les exagérations les plus extrêmes, de la crainte du grand remplacement par les robots, qui seront plutôt nos partenaires, à notre asservissement par une intelligence supérieure, quand ce n'est pas une Singularité mythique, extrapolation exponentielle qui n'a aucun sens. La vérité, c'est que l'IA va bien tout bouleverser dans les prochaines années, plus même que le numérique dont elle est l'aboutissement, donnant sens à toutes les données qui se transmettent en masse. On ferait mieux d'en tenir compte mais si on peut s'extasier qu'AlphaGo Zero puisse apprendre en 40 jours une science du Go qui a mis 3000 ans à s'élaborer - tout comme on s'est extasié de la rapidité de calcul de nos ordinateurs - cela n'a rien à voir avec une intelligence omnisciente. Kevin Kelly a raison de dire que la peur d'une intelligence artificielle supérieure à la nôtre est irrationnelle car l'intelligence étant multidimensionnelle, une intelligence supérieure n'a pas de sens sinon dans un domaine spécialisé et il y a des limites à l'intelligence qui ne peut être infinie (ni générale). L'Intelligence Artificielle n'a certes pas que des bons côtés puisque permettant notamment un renforcement de la surveillance et qu'elle va impacter la guerre aussi fondamentalement que le nucléaire (il y aura des guerres entre intelligences artificielles, comme entre robots boursiers).

Toujours entre belles journées d'été et froides journées d'automne très occupées.

Revue des sciences novembre 2017, 01/11/17
Sapiens de Yuval Harari - Une conscience artificielle ? - La différenciation cellulaire dans le temps avant les multicellulaires - L'intelligence artificielle (encore) - Lockheed Martin à la conquête de Mars - Produire de l'oxygène et du carburant sur Mars avec un plasma de CO2 - Les données démontrent l'intrication de 16 millions d'atomes - Un métamatériau rend stationnaire l'onde lumineuse - La savane apparue il y a 8 millions d'années à cause de l'explosion d'une supernova proche - Glaciation et sécheresse auraient poussé les hommes hors d'Afrique - Cléopatre régnait sur une Egypte ruinée par le climat - La gestion des sols pourrait fortement réduire le CO2 - Mieux que les routes solaires, les routes chauffantes - Une peinture qui rafraîchit au soleil - Néom, la nouvelle ville futuriste d'Arabie Saoudite - Les P-bodies stockent les ARNm - Décoder le cerveau en direct - Les pleurs des bébés déclenchent l'envie des mères de leur parler - Les différentes couleurs de peau viennent d'Afrique - Des cellules souches contre le mal de dos et le vieillissement - Des champignons hallucinogènes contre la dépression - Produire un composé du cannabis avec des levures modifiées - Clips, l'appareil photo de Google qui prend tout seul des photos

Le langage de la conscience, 07/11/17
Les progrès rapides de l'Intelligence Artificielle et de l'étude du cerveau posent à nouveaux frais la question de la conscience dont on voudrait doter les robots, imaginant le pire et mettant du coup en question notre identité humaine. C'est qu'il y a confusion entre différents niveaux de conscience. Il y a incontestablement une conscience qu'on peut dire animale ou cognitive, se distinguant de l'inconscience totale des automatismes ordinaires et impliquant une certaine conscience de soi, de sa position dans l'espace. On voit bien cependant que cela n'a rien à voir avec notre propre conscience qu'Alain assimilait à la conscience morale et qui est plus largement une conscience sociale et de notre responsabilité, ce qui constitue notre identité. Or, celle-ci n'est pas réductible au calcul ni à l'imitation mais implique le langage narratif, condition d'un monde commun, ainsi qu'un récit de soi, condition de l'individuation. On s'éloigne ainsi du cognitivisme comme de la crainte de pulsions maléfiques prêtées à tort aux machines pour retrouver les pulsions maléfiques des humains qui se racontent des histoires...

Un peu de musique au hasard ?