Un antibiotique réduirait la dépendance

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- Un antibiotique réduirait la dépendance

Une nouvelle étude suggère que la protéine GLT1 (Glutamate Type I Transporter), impliquée dans l’élimination du neurotransmetteur glutamate, a un rôle clé dans la dépendance à la cocaïne. En utilisant un antibiotique permettant d’augmenter la quantité de cette protéine dans le cerveau, une équipe de l’université de l'Indiana à Bloomington a pu limiter la consommation de cocaïne chez le rat.

Au cours de la période de sevrage, ils ont observé une diminution de la protéine GLT1 dans le noyau accumbens, une région cérébrale qui joue un rôle important dans le système de récompense.

Pour pallier au sentiment de dépendance, l’équipe a eu l’ingénieuse idée de donner aux animaux de la ceftriaxone, un antibiotique utilisé pour traiter des méningites, et connu pour augmenter la quantité de GLT1 dans le cerveau. Grâce à ce médicament, les chercheurs ont pu annuler le besoin de cocaïne chez le rat.

Des résultats préliminaires prometteurs montrent que la ceftriaxone aide à réduire aussi la dépendance à l’alcool chez le rat.

Des petites doses de THC protègent le cerveau

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- Des petites doses de THC protègent le cerveau

Des doses très faibles, 1000 fois inférieures à celles d'un joint, données entre 1 à 7 jours avant une opération et 1 à 3 jours après (ou après un traumatisme crânien) empêchent la mort de cellules neuronales (en particulier par manque d'oxygène) et facilitent leur croissance.

Le THC provoquerait une réaction de résistance anticipant le stress. Ces doses très faibles pourraient être utile aussi pour l'épilepsie (ainsi que pour prévenir les crises cardiaques).

On connaissait déjà l'intérêt de très faibles doses pour diminuer l'inflammation.

Une bactérie et des endocannabinoïdes contre l’obésité et le diabète

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- Une bactérie et des endocannabinoïdes contre l’obésité et le diabète

bacteries

Les scientifiques ont montré que des souris avec une alimentation riche en graisse possédaient 100 fois moins d’Akkermansia muciniphila que des rongeurs alimentés normalement. Pour rééquilibrer la flore intestinale des souris gavées, les chercheurs leur ont administré l’espèce bactérienne et ont encouragé sa croissance avec des prébiotiques, des nutriments spécifiques favorisant leur développement. L’expérience est un succès : non seulement l’écosystème microbien intestinal est rétabli, mais les souris perdent du poids ! Encore mieux, elles se mettent à sécréter plus efficacement de l’insuline, l’hormone impliquée dans le diabète.

L’équipe belge a montré que sa progression dans l’intestin était associée avec une augmentation du taux d’endocannabinoïdes. Ces derniers sont impliqués dans le contrôle du taux de sucre dans le sang, et jouent un rôle dans la stimulation immunitaire contre les pathogènes intestinaux. Face à la croissance bactérienne, l’organisme se met aussi à produire plus de mucus intestinal, l'aliment favori du microbe.

Vendre les « drogues légales » en pharmacie plutôt qu’internet

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- Vendre les "drogues légales" en pharmacie plutôt qu'internet

C'est le professeur David Nutt qui appelle le gouvernement britannique à appliquer le même principe que la Nouvelle-Zélande pour les "drogues légales" en permettant qu'elles soient vendues en pharmacie car se les procurer sur internet est beaucoup plus incertain et dangereux, notamment s'il faut intervenir pour une overdose. Souvent, ces drogues sont légales tout simplement parce que la nouvelle molécule n'a pas encore été interdite, le rythme de production des molécules modifiées étant plus rapide que le rythme législatif, il faut cependant en tenir compte à cause de leur disponibilité immédiate sur internet.

Il est peu probable que la mesure soit adoptée en Grande-Bretagne mais on voit comme internet pousse à modifier les législations dans tous les domaines.

En général The Telegraph est assez favorable à l'utilisation médicale des drogues, en particulier, ces jours-ci, les hallucinogènes contre la dépression.

Réexaminer notre rapport aux drogues

On considère en général que le problème des drogues est le type même du problème marginal concernant des marginaux. Il y aurait tant de choses plus importantes, surtout en cette période de crise. On considère aussi qu'il n'y aurait en tout cas aucun rapport avec l'écologie réduite à l'environnementalisme. C'est pourtant tout le contraire. Les drogues ont une place centrale dans les sociétés humaines, elle est simplement presque universellement déniée. Il ne s'agit que d'en devenir conscients, de regarder la réalité en face. Il est même difficile de faire le tour des différentes dimensions affectées par les préjugés scientistes ou religieux sur les drogues qui incarnent au plus haut point nos limites cognitives et le poids des fausses opinions.

De même, la plupart de ceux qui ne sont pas écologistes voudraient limiter l'écologie à un secteur spécialisé et consensuel en oubliant sa dimension politique et conflictuelle soulignée par André Gorz en 1974 (leur écologie et la nôtre). Si l'écologie-politique attentive au bien-être des populations ne peut être insensible à ces questions vitales et liberticides, il y a incontestablement division dans l'écologie entre hygiénistes ou moralistes (qui confondent le naturel avec le normatif) et une écologie-politique attachée à l'autonomie du vivant et sa diversité comme à l'expérience de soi et l'exploration du monde, à l'opposé de toute administration autoritaire de nos vies, même au nom de l'écologie.

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New Age, le retour

La mode est au revival de ce qu'on croyait enterré depuis longtemps, occasion de rappeler que rien ne se perd d'un passé qu'il ne suffit pas de refouler. Ainsi, il n'a pas suffi de la victoire de 1945 pour supprimer tous les fascistes, de même que l'écroulement de l'URSS n'a pas été la disparition de tous les communistes de la terre, même réduits à la portion congrue. Ce n'est pas seulement que ces idéologies survivent et reviennent nous hanter mais que les nazis et les staliniens sont encore parmi nous sous d'autres habits néolibéraux ou religieux. Cependant, l'histoire ne se répète pas et les idéologies comme les gens évoluent dans l'après-coup de l'expérience et la confrontation avec de nouveaux contextes. Les fascistes d'aujourd'hui ne sont pas aussi abjects que les fascistes d'hier, de même que les communistes qui restent ont beaucoup changé et perdu de leur assurance. Qu'on assiste à une résurgence du passé qui se donne en spectacle ne veut pas dire que ces idéologies tournées vers un temps révolu auraient un quelconque avenir en dépit du retour critique dont elles auraient été capables.

Le nouveau monde numérique dans lequel nous sommes entrés exige de toutes autres idéologies et même un complet renversement des valeurs par rapport au monde industriel qui s'achève. S'il faut absolument revenir en arrière pour trouver un appui historique, après le retour à la crise de 1929, à la Commune de 1871, voire à la Bastille de 1789, pourquoi pas revenir à 1967 dont le mouvement des occupations n'est pas si loin ? Là aussi, il ne faut pas s'attendre à devoir reprendre toutes les extravagances du New Age, le travail de l'histoire devant permettre de balayer ses naïvetés et ses outrances, mais c'est quand même plutôt dans ce sens qu'il faudrait aller plutôt qu'un retour au XIXè ou aux 30 glorieuses. Nous avons besoin de l'expression du nouvel esprit du monde, celui des pirates, de l'intelligence et du jeu, de nouvelles valeurs pour une ère nouvelle soucieuse des questions écologiques autant qu'éprise de liberté tout comme à l'époque psychédélique mais avec les réseaux numériques en plus.

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Legalize it

Legalize-It.jpg Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une anthropologie élémentaire. Le volontarisme est ici tout simplement criminel en plus d'être mensonger à s'acharner vainement contre un réel qui lui résiste.

La Californie va organiser un référendum sur la libéralisation de la Marijuana en novembre, ce qui pourrait entamer le diktat américain sur l'absurde répression des fumeurs de cannabis, mais ce n'est pas gagné et quand on voit l'état de guerre que la prohibition provoque au Mexique, il n'y a pas de quoi pavoiser sur nos capacités cognitives. On a l'esprit vraiment borné, en particulier à cause de nos hautes aspirations morales, aussi étonnant cela puisse paraître. C'est bien là qu'on peut constater à quel point l'enfer est pavé de bons sentiments et qu'on peut se faire avoir, en perdre tout sens critique, y perdre nos libertés enfin, pour la bonne cause évidemment...

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Toute la vérité sur le cannabis ?

18 JointIl est toujours difficile de dire la vérité mais il y a des sujets plus difficiles encore, où l'on n'ose dire autre chose que ce qu'on doit dire (il y a même des lois qui voudraient nous interdire de dire la vérité !). C'est un peu comme lorsque la pédophilie a pris soudain la place du mal absolu dans l'imaginaire social, au point que certains aient pu s'imaginer investis d'une mission, assez en tout cas pour en prendre à leur aise avec la vérité, jusqu'au premier scandale judiciaire... Chaque fois que la vérité est bafouée et qu'on hurle avec les loups, on fait plus que s'en mordre les doigts. Vérifier les faits ne relève pas d'une complaisance coupable, c'est le préalable à toute prétention de juger.

Mais sur le sujet des drogues c'est encore plus difficile car c'est un sujet plein de contradictions (puisque toute drogue est à la fois remède et poison) ! Dès lors, au lieu de faire la part des choses, on se retrouve d'ordinaire avec des discours simplistes qui s'affrontent, entre partisans qui ne voient que des avantages (il y en a) et les adversaires qui ne voient que les dégâts (il y en a aussi). Ce n'est pas comme cela qu'on peut faire une politique efficace de réduction des risques et dans l'état actuel ça mène plutôt au pire (par rapport aux autres pays beaucoup moins répressifs et plus réalistes).

Disons-le tout de suite : le cannabis (le chanvre) est la moins dangereuse des drogues, ce qui n'est pas rien au vu des ravages de l'alcool notamment, mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas une drogue, ni qu'elle n'a aucun dangers. Cette journée du "18 Joint" m'a semblé l'occasion d'une mise au point, nécessaire après une récente campagne médiatique et des contre-preuves aussi insatisfaisantes les unes que les autres !

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