Il n’y a pas d’espèce humaine

Homo sapiens, d’origine africaine, aurait quitté le continent et remplacé implacablement tous les humains archaïques qu’il a rencontrés jusqu’à rester le seul représentant du genre. Ce scénario d’une conquête irrépressible et « sans pitié » a longtemps prévalu : la génétique l’a rendu obsolète. En effet, depuis quelques années, on se rend compte que notre génome comporte des fragments d’ADN appartenant à d’autres espèces du genre Homo, notamment les Néandertaliens et les Dénisoviens, preuve de métissages anciens, d’hybridation entre espèces. (Pour la Science)

Cela fait quelques années à peine que le soupçon est apparu chez les paléoanthropologues qu'il n'y avait pas d'évolution linéaire de l'humanité, ni une espèce originaire mais une évolution buissonnante. Il n'y a donc pas d'ancêtre primordial, ni d'Eve ni d'Adam, ni une seule espèce humaine qui se séparerait des autres espèces mais la divergence des populations et leur métissage local transmettant des mutations adaptatives ou immunitaires aussi bien que des innovations techniques.

Les conséquences sur nos représentations habituelles sont considérables puisqu'il n'y a plus une essence originaire de l'espèce humaine aspirant à développer ses potentialités spirituelles - et qui serait en train de les réaliser - pas plus que la baleine prenant le corps d'un poisson ne peut être considérée comme contenue déjà dans l'espèce de vache dont elle descend. Le genre Homo se caractérise non par l'utilisation d'outils mais par son adaptation à l'outil (d'abord la main pour tailler la pierre). On voit que dans un cas comme dans l'autre, c'est l'environnement qui sculpte les corps, et de plus en plus pour nous l'environnement humain, imposant une certaine convergence évolutive, y compris culturelle, l'agriculture ayant été "inventée" de façon similaire en différents continents.

Tout cela conforte l'hypothèse d'un déterminisme historique qui laisse place à la diversité (des langues) mais à peu près identique sur les autres planètes voire dans d'autres univers (éternel retour du même ?). C'est difficile à croire sans doute mais une bonne part de l'évolution, notamment technique et scientifique, suit bien des lois universelles. Du coup, dans cette préhistoire plus que millénaire, il n'y a pas d'événement fondateur de notre humanité mais une évolution qui se continue dans le développement économique, procès sans sujet (qui nous assujettit) avec une pluralité d'innovations techniques ou de stades cognitifs, franchis ici ou là, d'une "métapopulation" assez diverse s'y adaptant ensuite petit à petit par les échanges et la compétition ou la guerre.

Une métapopulation est exactement le type de modèle dans lequel on s'attendrait à ce que les individus bougent, colonisent de nouvelles régions, disparaissent ou se mélangent avec d’autres populations sur de longues périodes et de grandes zones géographiques.C'est un patchwork dynamique et interconnecté de populations plus ou moins isolées les unes des autres.

Ce n'est pas qu'il y avait tant de mélanges. Avant l'agriculture coexistaient au Moyen-Orient des populations aux types physiques et aux langues assez différenciés. La diversité génétique humaine se trouve d'ailleurs principalement en Afrique, berceau "originaire" globalement mais le plus diversifié par rapport à ceux qui ont colonisé le reste du monde. C'est la sédentarisation qui a effacé les différences en homogénéisant ses gènes mais il faut bien dire qu'il y a aussi un remplacement presque total des chasseurs-cueilleurs par les agriculteurs plus évolués, comme auparavant le remplacement - après des milliers d'années quand même - de Néandertal par les Sapiens venant d'Afrique. Ce n'est pas qu'il y aurait eu des hybridations massives ni que les anciens habitants se seraient convertis aux nouvelles pratiques, même si cela a pu arriver aussi, mais comme toujours, c'est la contrainte extérieure, la pression du milieu ou de la guerre, qui détermine le sens de l'évolution, la course aux armements techniques et cognitifs. Ce n'est pas par nécessité interne. Des stades archaïques peuvent survivre ainsi des milliers d'années pour des populations isolées et dans un environnement stable. Il ne faut pas croire que ce serait notre cas et que nous ne serions plus soumis à une sélection s'appliquant aujourd'hui de façon aussi implacable aux capacités informatiques comme aux conditions de vie artificielles des villes surpeuplées.

La plupart des adaptations favorisées par l’évolution ne reposent pas sur l’émergence de nouvelles mutations bénéfiques, mais plutôt sur l’expansion de variants génétiques préexistants. (Pour la Science)

L'essentiel n'est pas tant de reconnaître la diversité de nos origines, contre le culte des ancêtres et la prétention d'appartenir à une noble lignée, l'essentiel c'est de reconnaître que l'humanité n'est pas en nous mais le produit de l'évolution cognitive et technique à laquelle nous nous sommes adaptés. Contrairement à ce qu'on enseigne encore, ce n'est pas en effet une mutation miraculeuse qui crée l'espèce, c'est la conquête d'une nouvelle niche écologique qui sélectionnera après-coup les nouvelles mutations qui y sont favorables, tout comme il y aura chez l'homme une sélection culturelle pour appartenir au nouveau monde humain, de la Loi et de la parole (de la dette). Il s'agit de reconnaître que la causalité est extérieure, non pas mécanique ni immédiate mais que la sélection darwinienne résulte de la pression du milieu et non d'une tendance innée à la perfectibilité. Bien sûr, ce qui était adapté à un moment peut ne plus l'être ensuite et ce qui a donné un surplus de puissance peut se retourner contre soi (nous y sommes). Il y a plusieurs temporalités et les dominants à court terme ne sont pas forcément les survivants à long terme. L'évolution n'est pas linéaire mais souvent cyclique et toujours complexe comme toute écologie, avec des crises échappant à notre maîtrise.

Reste qu'il y a un saut cognitif plus décisif que d'autres, c'est le langage narratif qui a pu donner un avantage capital sur les populations n'ayant qu'un langage phonétique et gestuel - là encore les plus évolués ont fini par éliminer leurs prédécesseurs. La question qui reste ouverte, c'est de savoir s'il y aurait eu là aussi une pluralité de foyers ou bien une invention localisée, avec une langue mère avant de se diffuser ? Comme la constitution d'un langage et une culture complexe exige une population assez nombreuse, il faut y voir une élaboration progressive. En tout cas, il est probable que d'autres "espèces humaines" aient pu adopter cette nouvelle forme de communication, de pensée et de vie sociale, la sélection culturelle y adaptant le génome ensuite. On ne peut ainsi comparer les derniers Néandertal avec leurs ancêtres, pas plus qu'on ne peut identifier le Sapiens de 40 000 ans et son langage complexe avec celui de 300 000 ans - ni avec celui d'aujourd'hui. Les traces génétiques du métissage avec Néandertal prouvent à la fois que nous sommes biologiquement de la même espèce, interféconds, en même temps que c'était très rare (soit pour des difficultés d'accouchement, soit par la barrière du langage, soit que les femmes sapiens faisaient plus d'enfants ?).

Ce changement de paradigme qui change le récit sur nos origines pourrait avoir une profonde influence sur notre vision de l'homme héritée des mythes et religions nous faisant les fils de la lumière ou de Dieu et les bâtisseurs de l'avenir. Dernière blessure narcissique de n'être qu'un produit de son temps et de son milieu, qu'il n'y a pas d'origine se développant de façon autonome en passant de la puissance à l'acte, ni bien sûr d'essence de la race ou de la nation, mais pas plus de l'humanité qui ne fait qu'habiter un monde humanisé par l'évolution technique et scientifique. Sans faire de nous des robots, cette conception désenchantée de l'humanité comme produit et stade de l'évolution nous rapprocherait d'hypothétiques extra-terrestres, aussi humains que nous pour peu que ce soient des êtres parlants ? - et même si la probabilité d'en rencontrer est proche de zéro avant des milliers d'années (lumières).

On découvre qu'on a été forgé par notre milieu au moment où notre milieu est menacé par notre développement même, où l'évolution économique et technique se heurte à l'évolution écologique et les bons sentiments aux dures réalités. Il semble bien que la pression vitale exige d'accéder à un nouveau stade cognitif, d'une gouvernance mondiale écologique en même temps qu'une nouvelle économie locale, question de survie mais qui se fera difficilement sans casse et plus probablement dans l'après-coup de conséquences irréversibles. Notre tâche serait de hâter les transformations nécessaires pour éviter le pire, sans prétendre à l'originalité ni à tout réinventer mais en reprenant simplement l'état de la science et en utilisant tous les moyens à notre disposition (institutions ou actions collectives), assumant ainsi notre position de dépendance de l'état des connaissances (qui changent) comme de notre milieu de vie (menacé).

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14 réflexions sur « Il n’y a pas d’espèce humaine »

  1. Intéressant ! Mais ce qui fait la spécificité de l’être humain, n’est-ce pas qu’il a pu desserrer la contrainte du milieu par ce que Patrick Tort a appelé « l’effet réversif de l’évolution ». Il a pu engager ainsi un développement toujours en cours qui passe par la constitution de sociétés (qui diffèrent des groupements animaux par sa grande variabilité) et qui fait de l’homme son propre produit.
    https://lemoine001.com/2015/10/16/quest-ce-qui-fait-lunite-du-genre-humain/

    • C'était la position de Marx (surtout en 1844) mais qui est justement contestable car la "domination de la nature" (l'évolution technique et scientifique) a pu faire croire qu'on sortait de la sélection naturelle (en prenant soin des malades) sauf qu'elle ne faisait que changer de forme en devenant sélection culturelle ou économique ou militaire, tout en restant sélection écologique au bout du compte.

      Depuis la Révolution française on a cru que la société était le produit de l'homme et qu'on pouvait en décider, ce ne serait qu'une lutte entre idéologies, alors qu'un point de vue matérialiste marxiste rétablit au contraire que l'organisation économique et sociale découle du niveau technique. C'est soit l'un soit l'autre mais la vérité c'est que l'homme subit plus qu'il ne crée, il est bien le produit de ses produits sauf qu'il n'en décide pas mais la pression extérieure, matérielle.

      On est acteurs de notre histoire sans doute sauf qu'on agit sous la contrainte et au nom de discours extérieurs, des croyances et modes du moment, ce qui fait le bruit et la fureur de l'histoire qui va de crise en crise, de guerre en guerre, pendant que les sciences continuent à progresser et que non seulement l'accélération technologique n'en est pas ralentie mais au contraire utilisée à fond dans la compétition internationale.

      • Marx ne contestait pas le primat de la nature, bien au contraire il l'a souligné aussi bien dans les manuscrits de 1844 que plus tard. Je m'appuie pour affirmer cela sur la lecture qu'en a fait Franck Fischbach (qui ne peut pas se résumer en quelques mots).

        Voir : https://lemoine001.com/2014/04/28/nature-et-histoire/

        Bien que je sois un simple quidam, je crois y avoir ajouté quelque chose en faisant de l'unité humaine, non un fait qui serait à constater, mais un processus encore en cours qui part de la sélection darwinienne pour passer à la "position téléologique" (via le travail rendu possible par coopération humaine), l'histoire, les rapports sociaux, les droits fondamentaux. C'était l'objet de l'article que j'ai cité dans mon premier post mais que personne ne semble avoir jamais lu sérieusement. Tant pis !

  2. Bonjour,

    Deux erreurs communes à signaler :

    Le fait que deux populations soient interfécondes ne veut absolument pas dire qu'il ne s'agit pas d'espèces différentes. Cela marche à l'envers : si deux populations ne sont pas interfécondes alors il s'agit de deux espèces distinctes. Un exemple facile à voir est celui des Orchidées, qui peuvent se croiser facilement entre espèces différentes, entre genres différents et même, dans au moins un cas, entre familles différentes. L'impossibilité d'obtenir une descendance est étendue aux barrières géographique et temporelle. Ainsi deux populations isolés qui ont quelques caractéristiques exclusives sont considérées comme espèces distinctes même si dans un zoo on peut très bien les croiser. De même lorsqu'il y a des millions d'années entre l'existence des deux elle ne peuvent se croiser... Le définition de ce qu'est une espèce est très complexe et un certain nombre de différences anatomiques peuvent suffire. On comprendra que par exemple pour des Bactéries, des Virus, etc. il s'agira d'autres critères plus adaptés...
    Il est très important de comprendre que l'évolution ne peut s'exercer qu'à travers la reproduction. C'est uniquement le nombre de descendants qui est la mesure de l'adaptation et rien d'autre. Il ne faudrait donc pas s'imaginer que l'Homme va s'adapter à son environnement moderne autrement que par l'élimination physique des moins adaptés AVANT leur reproduction ou par une hyper-fécondité favorisée par les conditions de vie. Concrètement il suffit de voir quelles sont les populations actuelles qui ont le plus de descendants pour savoir ce que sera l'humanité de demain. Par exemple les régions hyper-polluées favorise l’émergence des mutations résistantes et la reproduction très jeunes, avant une mort assez rapide donc une espérance de vie faible. Inversement les régions avec un haut niveau d'étude sont défavorables car le nombre d'enfants est réduit.
    On peut aussi considérer qu'assez rapidement l'humanité va agir directement sur sa génétique. Quand les moyens seront là, ce sera pratiqué, même si en France nous serons sans doute les derniers ou presque, les réactionnaires ayant toujours eu pignon sur rue...

    PS : l'origine du langage semble bien être dans la pratique de la chasse car l'homme est doué pour imiter les cris d'animaux ou reproduire des sons variés de la nature qui n'alertent pas les proies. On retrouve des traces dans les plus anciennes langues connues, les fameuses langues à clics africaines, dont certains phonèmes sont des bruits de bouches assez surprenants.

    • Il est vrai que la notion d'espèce a évolué, devenue beaucoup plus floue, notamment parce qu'on n'ose plus parler de races mais il n'y a pas d'erreur car le roman de Sapiens était bien fondé sur l'absence d'interfécondité, ce que n'avait pas beaucoup entamé la découverte de traces de Néandertal dans notre génome car considéré comme un événement exceptionnel, voire unique, ce que démentent désormais les études génétiques montrant une multitude de croisements entre "espèces" différentes auparavant. On peut toujours dire que Néandertal était une autre espèce avec d'autres marqueurs génétiques et un autre squelette sauf que des préhistoriens avaient déjà plaidé pour une même espèce étant donnée la variété des formes fossiles.

      Ce que je dis est autre chose, c'est qu'il ne s'agit plus tant d'espèce biologique que d'adaptation au milieu technique et symbolique, au monde artificialisé, "humanisé", qui fait l'homme comme homo faber puis être-parlant. S'il y a continuité d'une évolution qui sélectionne après-coup le plus durable, ce n'est plus la sélection génétique qui est déterminante, trop lente par rapport à l'évolution technique et sociale.

      Peu importe ici ceux qui font le plus d'enfants, ils ne portent pas de nouvelles capacités que leur fourniront l'état de la technique. Mon article montre au contraire que quelque soit la population elle s'adaptera à l'évolution technique. Ce qui se reproduit, ce n'est plus les gènes, c'est le progrès technique. Parler de reproduction est d'ailleurs très réducteur, comme si ce n'était qu'une question de nombre. Il faut parler d'abord de viabilité qui est le premier facteur de sélection. Ensuite il faut parler de la pression environnementale, sinon une mutation avantageuse sera oubliée. Rien à voir avec les fantasmes racistes d'hyperfécondité qui justement sont hors de propos quand il n'y a pas d'espèce humaine mais juste un progrès cognitif, un processus civilisationnel qui sélectionne nos gènes plus que nos gènes le sélectionne et que toutes les populations modernes peuvent intégrer (relevant de la culture et non des gènes). Il s'agit de quitter le biologisme, dans lequel on retombe lourdement ici, sans abandonner l'évolution matérielle et technique comme prolongement de l'évolution naturelle avec la sélection après-coup. Peu importe ce que seront nos descendants, probablement génétiquement améliorés, c'est l'évolution technique notre destin et l'avenir de l'humanité.

      Pour le langage phonétique, il n'y a aucun problème, c'est le prolongement des langages animaux qui sont de l'ordre du signal et bien suffisant pour la chasse. Le changement décisif, c'est de ne plus donner de sens aux sons mais seulement à leur combinaison arbitraire en mots divisant le réel et respectant une grammaire qui en fait un langage narratif permettant de se raconter des histoires, des mythes, et de faire exister un monde commun symbolique même quand on ne le voit pas. Ce langage mythique très différent du langage animal est habituellement daté autour de 70 000 ans et servait moins à la chasse qu'à la transmission des techniques et codes sociaux mais pourrait avoir été inventé par les femmes, ne produisant toutes ses conséquences qu'après-coup là encore, mais ces suppositions restent fragiles avec notamment la question de l'origine unique, certains imaginent même des jumeaux ayant acquis la capacité récursive du langage à cette date alors que d'autres pensent nécessaire un langage narratif dès Homo erectus ! En tout cas, c'est sûrement bien plutôt le progrès du langage qui a sélectionné les gènes appropriés.

  3. Derrière la biodiversité se cache une surprenante unité, révèlent les mégadonnées

    La vie est d’une diversité extraordinaire : de l’algue microscopique à l’énorme éléphant, elle a trouvé d’innombrables façons de s’épanouir dans tous les environnements de la planète. L’ère des mégadonnées jette cependant un éclairage complètement nouveau sur certaines caractéristiques étonnamment courantes, partagées par toutes les créatures, petites et grandes.

    De la plus minuscule bactérie à la plus gigantesque baleine bleue, le métabolisme, l’abondance, la croissance et la mortalité sont fonction de la taille de l’organisme, selon des règles remarquablement uniformes.

    https://www.mcgill.ca/newsroom/fr/channels/news/derriere-la-biodiversite-se-cache-une-surprenante-unite-revelent-les-megadonnees-301363

    • J'ai lu cet article mais rien n'est encore paru dans une revue à comité de lecture, donc il est "sans valeur" scientifique. Il est rempli de conditionnel et de "il semble que" dont je me méfie comme de la peste. « La découverte de relations mathématiques simples qui s’appliquent à toutes les formes de vie laisse croire qu’il existe au cœur des systèmes vivants un processus fondamental que nous ne comprenons pas encore vraiment » : waouh, la belle affaire ! « Nous avons notamment découvert que ce sont les limites au rythme de croissance d’un organisme qui semblent freiner le métabolisme, plutôt que l’inverse ». Ouais, bon... Tout cela est bien vague, inconsistant, sans démonstration : si je comprends bien... si on freine le métabolisme cela ne réduit pas le rythme de croissance ? Dans ce cas pourquoi les bactéries se multiplient moins vite quand la température baisse donc justement et directement leur métabolisme pour une simple raison de thermodynamique ?

      PS : j'ai peut-être loupé un truc mais... je n'ai pas vu le rapport avec le sujet (?). Par ailleurs je répondrai à la réponse faite plus haut mais cela mérite un peu de recul et j'ai beaucoup de chose à dire. En tout cas l'évolution génétique est lente seulement quand la pression de l'environnement est lente. Par exemple les populations amérindiennes n'ont pas mis longtemps à être décimées par les maladies... L'origine ethnique des USA est tout un programme à lui seul. L'adaptabilité des Inuits au monde moderne ne semble pas non plus des plus brillantes, entre l'alcoolisme, la dépression, l'obésité, etc. Il y a aussi pas mal de choses qui sont affirmées sans preuve, donc peuvent être niées sans preuve - pour paraphraser Euclide.

      • Je suis assez d'accord, ayant aussi trouvé ridicule que cela "laisse croire qu’il existe au cœur des systèmes vivants un processus fondamental que nous ne comprenons pas encore vraiment". Ce n'est pas parce que je relaie une nouvelle que je l'endosse complètement. Toute nouvelle étant nouvelle peut être contredite ensuite. Cependant, je crois intéressant d'en faire état, que ce n'est pas sans aucune valeur étant un résultat de Big Data qu'il reste à analyser.

        La raison pour laquelle j'ai mis cette nouvelle ici, c'est uniquement pour soutenir l'idée qu'en dépit de la diversité il y a de l'universel comme le soutien mon article. Ce n'est bien sûr pas la première fois que des lois générales de la vie sont postulées. Ce n'est pas une conviction intime mais un débat scientifique qui évolue comme notre préhistoire.

        Comme c'est le milieu qui oriente l'évolution, pour qu'une mutation se répande il faut effectivement (comme je l'ai précisé) la pression du milieu plus ou moins lente selon les périodes, le plus rapide étant la disparition des espèces alors que la complexification de nouvelles espèces prend beaucoup plus de temps mais la libération d'une niche écologique peut favoriser très rapidement d'autres espèces existantes. Ces questions ont été abordées dans ma revue des sciences, notamment le fait que l'adaptation à de nouvelles niches écologiques précédait la sélection génétique de ces nouvelles conditions, la génétique est seconde.

        Affirmer que l'inadaptation des Inuits au monde moderne serait d'origine génétique est bien une affirmation sans preuve et absolument irrecevable, les raisons étant d'une tout autre ordre même si les adaptations génétiques de ces populations ne leur sont d'aucune aide pour vivre dans d'autres milieux. Ce que "semble" montrer l'exemple de la préhistoire humaine c'est au contraire que la génétique n'est pas aussi déterminante que la culture, ne venant qu'après-coup là aussi.

  4. Le crâne humain a évolué en fonction de la bipédie de façon indépendante du développement du cerveau.

    https://phys.org/news/2019-10-brain-independently-braincase-evolution.html

    Des restes d'ADN "d'autres espèces" plus importants chez les peuples mélanésiens sur les chromosomes 8 (néandertaliens) et 16 (dénisoviens). Leur fonction n'est pas encore connue et ne saute pas aux yeux mais confirme le métissage et l'unité humaine.

    https://www.newscientist.com/article/2220381-long-strand-of-dna-from-neanderthals-found-in-people-from-melanesia/
    https://doi.org/10.1126/science.aax2083

  5. Une étude génétique mitochondriale, considérée comme une régression par les archéologues, prétend qu'Homo Sapiens serait originaire du sud du bassin du fleuve Zambèze, aux confins du Botswana et du Zimbabwe entre 240 000 et 165 000 ans y prospérant pendant 70 000 ans avant de partir à la conquête de la planète il y a 130 000 ans.

    Plus précisément, les premiers humains auraient évolué dans le pan de Makgadikgadi qui est aujourd'hui un désert de sel. À l'époque, la région était beaucoup plus propice à l'épanouissement d'une communauté de Sapiens : un immense lac en cours de morcellement occupait la zone qui était également garnie de forêts luxuriantes et de zones marécageuses particulièrement fertiles. L'augmentation de la pluviométrie régionale 70 000 ans après aurait ouvert des corridors verts dans les zones arides qui entouraient le lac. Profitant de ces routes fertiles, les humains auraient pu se déplacer et notamment gagner la mer vers le sud-ouest où ils ont prospéré en apprenant à consommer les produits de la mer.

    Problème, les plus vieux fossiles d’Homo sapiens datent de plus de 300 000 ans et ont été découvert au Maroc... Il faudrait seulement conclure que le gène analysé venait de cette région et a été conservé jusqu'ici, cette population ayant eu un rôle plus important que d'autres sans constituer notre origine.

    Actuellement, de plus en plus de chercheurs pensent qu’il y a plusieurs centaines de milliers d’années, le continent africain dans son ensemble a servi d’incubateur pour l’espèce humaine. Les échanges fréquents entre les différents groupes ont permis une homogénéisation génétique.

    https://www.larecherche.fr/pal%C3%A9oanthropologie-g%C3%A9n%C3%A9tique/des-g%C3%A9n%C3%A9ticiens-affirment-avoir-d%C3%A9couvert-le-berceau-de-lhumanit%C3%A9

    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/ethnologie/decouverte-du-lieu-de-naissance-de-l-humanite_138586

  6. Il est intéressant de voir comme les paradigmes scientifiques changent en même temps pour l'anthropologie et la médecine, même si ce n'est pas nouveau en soi, ainsi le cancer n'est plus attribué à une mutation miraculeuse à son origine mais à son milieu, à l'état des tissus dans lesquels il se développe, altéré par l'inflammation notamment (mais l'état psychologique peut y participer).

    On peut faire remonter cette hypothèse à l'antiquité et la médecine holistique mais elle ne semble s'imposer que maintenant notamment dans la stratégie thérapeutique qui réduit les doses comme pour les antibiotiques ou pour les insecticides afin de ne pas créer de résistances ni endommager encore plus les cellules saines en compétition avec les cellules cancéreuses. La bonne santé est ce qui protège du cancer ou plutôt ce qui arrive à contenir la progression des inévitables cellules mutées.

    Je défendais dèjà ces hypothèses il y a 20 ans de ça mais ce retour général à l'évolutionnisme témoigne surtout du passage de conceptions individuelles, réductionnistes, identitaires, génétiques, à des conceptions écologiques et évolutionnistes où c'est le milieu qui sculpte les corps, sélectionne la génétique et façonne les individus. C'est l'impasse des théories tournée vers une origine initiale, une essence, qui oblige les sciences à changer de paradigme et à se tourner vers l'extérieur, l'écologie du milieu, au moment même où l'écologie s'impose comme souci dominant.

    https://www.pourlascience.fr/sd/medecine/la-theorie-de-levolution-nouvelle-arme-contre-le-cancer-18253.php

  7. Les explications essentialistes ou génétiques de la supériorité humaine invoquaient presque toujours sa supposée créativité et curiosité le poussant à explorer l'univers - ce que démentent pourtant des tribus isolées n'ayant pas évolué pendant des milliers d'années et même réprimant toute évolution (transgression).

    Une étude publiée dans Nature rétablit que notre supposée créativité était le plus souvent plutôt le résultat d'erreurs cognitives, l'exemple le plus frappant étant celui de Christophe Colomb. C'est pour la même raison que ce sont les fous qui font l'histoire et que les découvertes scientifiques relèvent presque toujours de la "sérendipité". On reste bien dans le darwinisme basé sur des erreurs aveugles sélectionnées dans l'après-coup de leur résultat.

    https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/cerveau-creativite-humaine-impliquerait-faire-erreurs-78102/

  8. Une nouvelle étude confirme la plus grande diversité génétique en Afrique, accréditant le fait que les hommes en sont originaires alors que les hommes hors d'Afrique sont issus d'un petit nombre sortis d'Afrique (mais il n'y a pas eu de goulot d'étranglement comme supposé avant). Cependant, le fait que cette diversité persiste jusqu'à nos jours me semble indiquer qu'il n'y avait pas tant de métissages des populations - même s'il y en avait et qu'on a bien une mosaïque de gènes mais pas vraiment d'homogénéisation générale. Cela indiquerait un rôle bien plus grand de convergences génétiques en lien avec l'adaptation aux progrès techniques et culturels (par exemple la baisse de testostérone permettant des groupes plus nombreux) au lieu de leur héritage d'autres populations ?

    https://medicalxpress.com/news/2019-10-important-gene-variants-african-populations.html

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