L'écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écolos qui n'ont jamais été qu'une bande de rigolos inoffensifs, même s'ils ont constitué une nécessaire avant-garde, vivante et colorée. Il faut sortir de l'écologisme et de toutes ses naïvetés, qui sont la maladie infantile de l'écologie, pour une écologie enfin adulte capable de prendre en main notre communauté de destin planétaire et qui se tourne vers l'avenir plutôt que vers le passé. Il y a urgence ! Il ne s'agit pas de se fier au réformisme mou d'une écologie d'experts en costard cravate et sans imagination, ce qu'il faut c'est trouver des solutions pour assumer nos responsabilités collectives mais les écologistes actuels font plutôt partie du problème même s'ils ne sont qu'un symptôme de l'infantilisation de toute la société.
L'écologie-politique à l'ère de l'information n'a rien à voir avec un quelconque retour en arrière, ni avec un moralisme puritain, c'est l'accès à un nouveau stade cognitif et politique d'unification du monde et de prise en compte du négatif de notre industrie, d'une pensée globale et d'un agir local, d'une relocalisation équilibrant la globalisation des réseaux numériques et des marchés. Il ne s'agit pas de prétendre que la chose est facile, ni qu'elle est sans dangers, au contraire, c'est bien pourquoi il faut se méfier de l'idéologie pour s'occuper de ce qui ne marche pas, prendre à bras le corps les problèmes qui se posent concrètement, en multipliant les expérimentations avec une direction par objectifs prudente et attentive à l'expression du négatif afin de pouvoir corriger au plus vite notre action en fonction du résultat. A l'opposée d'une idéologie bêtifiante ou totalitaire, l'écologie devrait s'occuper sérieusement de ce qui ne marche pas, intégrer complexité et dialectique, faire converger conscience collective et développement de l'autonomie. Nous essaierons de dire ce que l'écologie-politique n'est pas et ce qu'elle devrait être, même si c'est risqué et bien loin des simplifications médiatiques comme de l'idéologie dominante.
Revue des sciences du mois d'avril 2007
La confusion est à son comble. Alors que tout a changé avec notre entrée dans l'ère de l'information et que la précarité s'étend, on entend toujours les mêmes vieux discours, par les mêmes vieux partis avec leurs vieilles idées et leurs élites dépassées. Plus personne ne sait quoi penser dans ce marché des idéologies jusqu'à une extrême gauche éclatée repliée sur leurs petites organisations ridicules et incapables de construire une véritable alternative. La "valeur-travail" n'a jamais été aussi haute, au moment même où le travail manque et où il a perdu toute valeur au profit des boursicoteurs et de la finance internationale. Impossible de revenir à la situation antérieure pourtant quand le travail ne se mesure plus au temps salarié car le travail immatériel n'est pas linéaire, sa production n'est pas proportionnelle au temps passé et, par dessus le marché, contrairement au travail forcé d'une simple "force de travail", le travail immatériel et créatif ne peut réussir sans "motivation", sans un certain plaisir de travailler ! Bien sûr, c'est loin d'être le cas partout, la situation empirant au contraire pour beaucoup, mais une majorité de travailleurs aiment quand même leur travail et se battent pour que leur entreprise ne ferme pas. Cette exigence de motivation peut d'ailleurs redoubler l'aliénation aussi et rendre la subordination salariale absolument insupportable d'hypocrisie dès lors qu'elle est forcée...
Messieurs, ce moment est historique, car, même si personne n'en parle ni même ne semble le savoir, cela fait tout juste 200 ans que l'histoire est finie !
La question de la liberté, et de ses contradictions, reste toujours aussi disputée mais c'est bien notre préoccupation principale tout au long de la vie. C'est un fait constamment vérifié, que ce soit en amour, en famille, en groupe, et, bien sûr, dans la politique entre libéralisme et altermondialisme aujourd'hui où chacun se pose en défenseur de nos libertés ; avec une grande naïveté le plus souvent d'ailleurs, pour ne pas dire un dogmatisme fanatique (dans les deux camps parfois) comme si on ne pouvait qu'être totalement libre ou pas du tout ! Le difficile à admettre, en effet, c'est le caractère contradictoire de la liberté elle-même où se joue notre destin, pas seulement politique, en passant systématiquement d'un excès à l'excès inverse, pris dans une dialectique historique où nous sommes supposés apprendre collectivement de nos erreurs successives ! C'est l'enjeu vital de notre moment historique que de le reconnaître pourtant afin de sortir de l'impasse écologique et sociale du libéralisme sans retomber dans des régimes autoritaires.
Expérience trouble, troublante que la lecture de ce livre d'Emmanuel Faye qui peut se lire comme un roman policier pour philosophes, certains diront une conception policière de la philosophie mais malgré ses défauts, ses naïvetés, ses conclusions hâtives, ce livre reste sans doute indispensable. Non que la compromission de Heidegger avec le nazisme soit chose nouvelle. J'ai déjà écrit en 1997 un texte, bien imparfait sans doute, sur
Voilà le genre de livre qu'on ne croyait plus possible à notre époque post-moderne, retour des grands récits mythiques qui prétendent éclairer l'avenir par un passé lu à travers le prisme déformant des enjeux idéologiques du moment, au prix de multiples anachronismes ou approximations. Bien sûr, Jacques Attali est habitué des hautes sphères. De cette hauteur, on ne s'embarrasse pas de petits détails ni de patientes vérifications, bien loin de Fernand Braudel dont il se réclame ! On peut trouver cela consternant mais c'est surtout le retour à une idéologie décomplexée, des belles histoires qu'on se raconte pour justifier l'ordre établi et notre démocratie de marché !
La démocratie est bien malade, réduite plus ou moins à une oligarchie (c'est pour Roberto Michels "la loi d'airain" des partis qui la composent, avant de s'appliquer à la démocratie elle-même). Les élus apparaissent comme une élite coupée de leurs électeurs. Du coup, le thème de la démocratie participative s'impose, dans les discours au moins, sans avoir pourtant de véritable contenu la plupart du temps, contenu que nous allons tenter de cerner, en essayant de définir l'esprit d'une véritable démocratie participative dans ce qui l'oppose à celui d'une démocratie majoritaire et délégative.
La victoire est royale. La clameur s'élève pour saluer la nouvelle, le bonheur des foules est communicatif. On voudrait y croire comme au Père Noël ! Et si on en avait pris pour 10 ans, ou même plus ? A considérer la situation froidement, il n'y aurait que des raisons de s'en réjouir, car il n'y a aucune alternative qui ne soit pire ! Qu'est-ce donc qui me fait avoir envie de fuir, de partir en courant ou plutôt de me retirer sur la pointe des pieds, de laisser les enfants s'amuser dans un décor figé de valeurs surannées...
Ces quelques réflexions prennent la suite de "
Article pour Multitudes no 27
Il faut enfoncer le clou, l'écharde dans la chair, car on tombe toujours au pire à s'enivrer de mots et se faire une image trop idéalisée de soi-même comme des autres. "Qui veut faire l'ange, fait la bête" disait déjà Pascal, mais l'histoire nous a appris que c'est surtout la porte ouverte à toutes sortes de barbaries, dans la négation de l'existant au nom d'un monde futur supposé purifié de tout négatif !
C'est peu de dire que notre