« L’argent dette », un monétarisme de plus…

Le monde est désespérant et incompréhensible, surtout en période de crise où l'on a tant besoin de trouver des coupables, de réponses simplistes, de solutions imaginaires mais qui ne font qu'ajouter au désastre, hélas ! La difficulté de la politique c'est de ne pas tomber dans cette démagogie, dans ce qu'on voudrait bien entendre ou dans l'action purement symbolique, mais de garder le cap d'une transformation matérielle effective qui oblige à dénoncer les impasses de fausses théories et d'emportements un peu trop idéologiques.

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Revue des sciences 11/08

  • La circulation des savoirs dans l'antiquité
  • Les virus des profondeurs
  • La conception métabolique du cancer
  • Un monde sans carburants fossiles d'ici 2090
  • Vers une prévision de la météo dépassant la semaine
  • L'origine de la vie dans les volcans ?
  • Connecter un seul neurone à volonté
  • Le tabac impliqué dans le cancer du sein ?
  • Effacer les souvenirs sélectivement
  • Les biotechnologies à portée de tous...
  • Un bioordinateur dans la cellule
  • Des mutations génétiques contrôlées par laser
  • La lumière à la place du WiFi
  • L'empire de Google
  • Le local dans le monde numérique
  • La communication télépathique pour les militaires
  • Les exosquelettes arrivent...

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La bulle sociale

Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, l’économie, en fait, dépend d’elle. Cette puissance souterraine, qui a grandi jusqu’à paraître souverainement, a aussi perdu sa puissance. (Guy Debord, La Société du Spectacle)

Non seulement la société doit tenir debout, mais elle doit avoir l'air de tenir debout ! (Pierre Legendre, La société comme texte)

La crise du crédit est une crise de confiance nous dit-on, confiance qui a été mal placée et trompée, confiance devenue impossible dans un château de cartes et un emballement qui se nourrissait de lui-même mais n'était pas tenable (pas plus que les chaînes d'argent ou les systèmes de vente pyramidale), et ce malgré toutes les belles théories fort imaginatives qui voulaient nous démontrer le contraire, hautes mathématiques à l'appui ! On n'imagine pas les dégâts, d'avoir voulu croire que l'argent pouvait faire de l'argent et que les arbres pouvaient monter jusqu'au ciel, soudain il semble qu'on ne peut plus croire en rien ni se fier à personne. Sauf aux Etats pense-t-on, derniers remparts contre la panique généralisée, mais pour combien de temps ?

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Pour un New Deal : revenu garanti pour tous

Alors que des sommes faramineuses sont injectées dans le système financier et qu'une récession mondiale s'annonce dont les conséquences pourraient être dramatiques pour les plus pauvres, on est atterré de voir le patronat ne rien trouver de plus pressé que de réclamer une baisse de l'indemnisation du chômage ! C'est non seulement extrêmement choquant mais d'une bêtise immonde ! Il faut de toute urgence une mobilisation générale pour non seulement étendre une couverture chômage réduite à une peau de chagrin (puisqu'elle ne concerne même plus la moitié des chômeurs) mais obtenir un revenu garanti pour tous, véritable New Deal devenu indispensable après le krach à la fois économiquement et moralement dans une société devenue presque entièrement salariale et marchande, où plus personne ne produit ce qu'il consomme, avec une précarité qui se généralise !

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La fin du capitalisme, vraiment ?

La situation est grave et c'est loin d'être fini mais il faut d'autant plus raison garder : toute réussite dépend de la justesse de l'analyse. Suite à l'avalanche d'articles qui annoncent la fin du capitalisme, l'interview d'Immanuel Wallerstein dans Le Monde du 11 octobre, titré justement "Le capitalisme touche à sa fin", me fournit l'occasion de préciser brièvement pourquoi il ne faut pas faire preuve de trop de précipitation en l'affaire, ni prendre un peu trop ses désirs pour la réalité...

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La reconstruction du monde

La crise est entrée comme prévu dans sa phase systémique, bien qu'avec un certain retard. Il n'est pas facile de commenter à chaud une situation chaotique qui peut soudain diverger du tout au tout. La situation semblait jusqu'ici relativement sous contrôle malgré les sommes faramineuses en jeu qui pourraient cependant dépasser rapidement les capacités d'intervention des Etats mais on a vu que c'est de l'idéologie et de la politique que pourrait venir le grain de sable précipitant l'écroulement du système. Le facteur humain est là aussi ce qui dérègle les plus beaux montages théoriques et les plus belles mécaniques sociales mais la véritable cause de la crise, on le sait, c'est le retour de l'inflation et la fin de la domination américaine qui n'a plus les moyens de vivre à crédit sur le dos de son empire ni de financer ses guerres, ce qui devra se traduire tôt ou tard par un effondrement du dollar...

C'est un retour au réel mais il est assez stupéfiant de voir qu'en une semaine on est passé de l'évidence que le capitalisme était indépassable au fait qu'il était complètement dépassé ! Toute la culture de gauche considérée comme ringarde revient aussitôt, tout aussi vivante qu'avant, avec les mêmes thèmes (liberté, égalité, fraternité). C'est peut-être pour cela qu'il paraît que le moral des français remonte un peu depuis que la capitalisme financier s'écroule !

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Revue des sciences 10/08

  • Les arbres ont le secret de l'immortalité
  • L'addiction comme découplage émotionnel
  • Les mini trous noirs
  • Les noeuds de lumière
  • La décohérence prise sur le vif
  • Des supraconducteurs magnétiques
  • La bombe méthane est amorcée ?
  • Le trou d'ozone ne se résorbe pas
  • Des bateaux à nuages
  • Les 68 molécules à la base de la vie
  • Analyse-minute de votre ADN par une puce électronique
  • Grimper aux murs (sales)
  • La colonisation de la Mer par Google
  • Des ultrasons pour donner corps à la réalité virtuelle
  • Un nouveau stade cognitif ?

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Malaise dans la civilisation numérique

Aux travailleurs du numérique.

Changer d'ère

On en sait beaucoup moins qu'on ne croit. La pensée est lente et notre rationalité limitée. Il nous est difficile d'être nos propres contemporains et de comprendre notre actualité. Il suffit de lever la tête de son clavier pourtant pour mesurer tous les bouleversements que nous vivons. Il y en a eu d'autres, sans doute, et à chaque époque son malaise, mais ce n'est pas tout-à-fait le même à chaque fois. Ainsi, on est passé de la névrose de culpabilité à la dépression d'un individualisme exacerbé, ce qui dénote un progrès malgré tout de notre autonomie où le numérique n'est pas tout-à-fait pour rien, mais il faut bien convenir que la dématérialisation, la permanence des connexions, la rapidité des échanges ont un effet déréalisant nous précipitant dans un tout autre monde, qu'on peut trouver assez inquiétant.

Tout ne va pas pour le mieux, non, et on n'a pas fini d'en éprouver tous les effets pervers mais le malaise est en grande partie idéologique, de ne pas arriver à lui donner sens, en plus de réelles difficultés d'adaptation à ce nouvel écosystème. Certes, le sentiment de perte n'est pas seulement celui de nos repères, de nos anciens modèles, c'est aussi la perte bien réelle de nos protections sociales aggravant douloureusement notre précarité, ainsi que l'absence de prise en compte des nouvelles conditions de production, mais cette inadaptation résulte bien d'une insuffisante compréhension des transformations en cours. Il faut dire que les changements que nous vivons sont tellement considérables qu'on peut les comparer aux débuts du Néolithique ou de l'écriture mais à une vitesse considérablement accélérée. Les anciennes idéologies sont devenues complètement obsolètes. On le sait, mais elles restent encore dominantes tout comme les institutions en place qui se révèlent tout aussi inadaptées aux conditions de l'économie immatérielle.

Non seulement nous devons subir cette inadaptation qui provoque beaucoup de souffrances et de destructions de compétences mais nous devons essuyer les plâtres d'un dur apprentissage où tous les excès et les premières illusions se confrontent au réel. On peut dire qu'on se trouve au plus mauvais moment, celui de la crise, quand une nouvelle époque tarde à naître et se peuple de monstres (délires complotistes, technophobes ou mystiques). On peut dire aussi qu'on est au moment le plus crucial, dans l'oeil du cyclone, au moment où notre voix et notre action peuvent porter le plus et décider de l'avenir.

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Revue des sciences 09/08

Leonard de Vinci

  • L'auto-organisation de l'espace-temps
  • Chenilles et papillons : fusion de 2 organismes ?
  • Les hydrates de gaz, un rouage du climat
  • Plus rapide que la lumière !
  • Les trous noirs créateurs
  • Le Système Solaire : une exception
  • La fonte de l'Arctique, une bombe climatique à retardement
  • Tectonique et climat
  • Le singe qui se prenait pour un enfant
  • Un virus de virus
  • Fabrication de neurones in vitro
  • L'électricité à partir de l'infrarouge
  • En route vers l'invisibilité
  • Les microtubes de carbone
  • L'ordinateur à 12$
  • Un robot avec des neurones de rat!

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L’émergence de la génération internet

Alors que la génération internet émerge à peine de son enfance et s'apprête à conquérir le monde pour le changer bien au-delà de ce qu'on imagine, la confusion est à son comble avec certaines critiques de la société voulant faire des nouvelles technologies l'origine de tous nos maux.

Les raisons de la colère certes ne manquent pas : arrogance de l'argent, inégalités qui se creusent, mépris des pauvres, perte des solidarités, précarisation du travail, conformisme réactionnaire, réflexes identitaires, libertés bafouées, flicage généralisé. On conviendra pourtant qu'il n'y a rien là-dedans qui permette d'accuser internet et les nouvelles technologies des malheurs du temps comme d'aucuns voudraient nous le faire croire. A l'évidence, ce ne sont pas du tout des processus obscurs ni le perfectionnement des techniques de contrôle et de surveillance qui sont en cause mais, tout au contraire, des politiques très précises et assez récentes même si elles nous sont devenues tellement banales et familières qu'on les dirait presque naturelles...

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Revue des sciences 08/08

Leonard de Vinci

  • Les femmes en Mésopotamie
  • La myéline, le câblage des apprentissages
  • L'ocytocine, molécule de la confiance
  • Contrôle de la position d'un électron
  • Des ARNm recombinants
  • Première carte détaillée des connexions du cerveau
  • Le vieillissement, maladie ou processus génétique ?
  • Des médicaments contre l'Alzheimer
  • Des animaux transgéniques pour servir d'appareils médicaux !
  • De l'ADN artificiel
  • La révolution solaire
  • Un moteur actionné par la lumière
  • Imprimer ses créations en 3D

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L’humanisme en question

Comme la plupart des notions trop générales, le Bien, le Mal ou la liberté, l'humanisme peut être mis à toutes les sauces de sorte qu'on pourrait vouloir s'en débarrasser à juste titre, mais ce n'est pas si simple car on ne peut guère s'en passer non plus. Il y a donc plutôt un enjeu politique à défendre dans la définition même de l'humanisme, en sachant qu'il peut servir à couvrir toutes les barbaries comme on a massacré au nom de Dieu, de l'amour ou de la civilisation.

Le débat n'est pas nouveau qui met aux prises un humanisme essentialiste, qu'on peut dire biologisant, raciste, spéciste mais qui est aussi traditionaliste, religieux, idéologique, avec un humanisme "existentialiste" pour qui l'homme est à venir, pour qui il est liberté et projet, être parlant en devenir, apprenti de la vie et découverte des possibles.

A cette opposition s'ajoute les différentes formes d'anti-humanisme qui peuvent être d'inspiration existentialiste aussi (Heidegger avec l'ouverture à l'Etre) tout autant que théologique, structuraliste, historiciste, sexuel ou politique voire purement critique (décentrement cognitif). On voit qu'il n'y a aucune unité de l'humanisme, pas plus que des courants anti-humanistes, le plus connu étant sûrement celui de l'écologie profonde qui voudrait ôter à l'humanité toute prééminence sur les autres espèces mais qui s'enferme ainsi dans ses contradictions. On n'est pas des bêtes et on veut être traité comme des hommes, qu'on respecte notre humanité.

Ce qui pose beaucoup plus de problème aujourd'hui, ce serait d'ailleurs plutôt le post-humanisme, celui du surhomme, de l'homme amélioré ou de l'homme génétiquement modifié...

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Le retour des révolutions (inflation et papy boom)

Si notre intelligence nous distingue des autres animaux, notre rationalité n'en est pas moins très limitée par de nombreux phénomènes bien connus, qu'ils relèvent des préjugés, de l'imperfection de l'information ou de la pensée de groupe mimétique. Cependant, notre plus grand défaut, sans doute, c'est notre capacité de transformer toute vérité en erreur en oubliant la vérité contraire (Pascal, IV.2.148), ce qui ne manque jamais ! Délirer, ce n'est rien d'autre que de rester fasciné par une vérité dont on ne peut plus se détacher, y tenir plus que tout sans plus voir le négatif du positif. Il faut le savoir, nous sommes un animal dogmatique, toujours un peu "bornés".

C'est la même fascination qui nous fait inévitablement juger de l'avenir à l'aune du présent alors que les temps changent et que les vérités de demain ne seront pas celles d'hier. Ainsi, on pouvait s'imaginer un Reich de 1000 ans en 1940, puis un communisme triomphant pour l'éternité, puis un néolibéralisme définitif, tous renvoyés aux poubelles de l'histoire... De même on juge presque toujours de l'avenir du monde selon notre état du moment qui peut passer pourtant du rire aux larmes, mais on fait comme si la vie était déjà gagnée ou perdue d'avance et n'était pas sujette à toutes sortes de hauts et de bas. A chaque fois, on y croit dur comme fer, et que c'est pour toujours cette fois ! ("Ma tête se détourne, le nouvel amour". Rimbaud). Ainsi, depuis qu'on a voulu abandonner toute pensée dialectique au profit d'une "pensée unique" sans aucune alternative, on est entré dans le temps de la fin : fin de l'histoire, fin de la politique, fin des mobilisations sociales, fin de la liberté, fin de l'homme, fin du monde... Eh bien, tout au contraire, loin d'être la fin de tout, le retour de l'inflation et le papy boom pourraient bien être le signe que ça va repartir pour un tour et que nous allons connaître un retour des révolutions cycliques et de nouveaux commencements, un nouveau cycle économique, politique et générationnel !

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Revue des sciences 07/08

Leonard de Vinci

  • Alexandre Grothendieck, écologiste et mathématicien
  • Les excitons ou quasi-particules
  • La dernière glaciation s’est arrêtée en moins d’un an !
  • Confirmation de l'origine extraterrestre de la vie ?
  • De la vie sur Mars ?
  • Le secret des cellules souches
  • Concentration ou créativité
  • Les dangers du portable
  • Une soucoupe volante propulsée par électromagnétisme !

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L’écologie politique, une éthique de libération

André Gorz n'a certes pas inventé l'écologie, se situant notamment dans le sillage d'Ivan Illich, mais il y a ajouté une dimension politique pleinement assumée. Son recueil d'articles, paru en 1975, avait d'ailleurs pour titre "Ecologie et politique". Il commençait significativement par un texte de rupture entre "Leur écologie et la nôtre", texte décisif où, contre l'écologie de marché et l'expertocratie verte, il prenait ouvertement le parti d'une écologie émancipatrice basée sur l'autonomie et clairement anticapitaliste.

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Puissance de la faiblesse

Selon toutes apparences, rien de plus faibles que les analyses et propositions du GRIT. Rien qui tienne vraiment le coup ni qui puisse exalter les foules, rien qui puisse susciter les mobilisations, encore moins satisfaire les esprits métaphysiques qui prennent tout cela de très haut. On peut dire que ce qui nous caractérise, c'est une "pensée faible", pensée à bas bruit, mais cette faiblesse pourrait bien faire sa force, finalement...

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Rendre la honte encore plus honteuse !

Le moment est venu de reprendre l'offensive idéologique après toutes ces années d'hiver. Partout se lèvent des émeutes de la faim et des luttes sociales en réponse à la reprise de l'inflation qui est le signe de l'échec des marchés, incapables d'assurer notre simple survie et provoquant des désastres écologiques aussi bien qu'humanitaires. Comment rester sans rien faire ? Le caractère collectif, macroéconomique, de l'inflation en fait à l'évidence un problème collectif, politique, justifiant la mobilisation des foules et de tous ceux qui n'acceptent pas d'être les victimes consentantes d'un système qui les condamne. C'est du moins l'occasion de célébrer le retour de la solidarité, des mobilisations collectives, et la fin de la culpabilisation individuelle voulant nous faire croire que nous serions responsables chacun personnellement du sort qui nous est fait et que tout ce que nous avons subi, nous l'avons bien voulu et mérité même, tout comme la richesse des riches serait entièrement méritée !

La honte change de camp, ce sont les signes de la réussite individuelle qui redeviennent ringards, illégitimes, honteux et aussi ridicules qu'en 1968 justement, au profit des véritables valeurs humaines trop longtemps bafouées et d'une vie dont la réussite ne se mesure pas à l'épaisseur du porte monnaie. Finie la bêtise médiatique aussi universellement méprisée désormais qu'elle était triomphante. La passion de la vérité va nous ressaisir, l'exigence démocratique se manifester à nouveau, nos élites satisfaites ramenées au banc des accusés, nos économistes doctrinaires soumis aux railleries publiques. C'est le moment de reprendre nos affaires en main (là où nous vivons) et pour les artistes de refaire des affiches, des slogans, des caricatures pour délégitimer le pouvoir de l'argent et de l'apparence, la consommation ostentatoire et les valeurs en toc. Même si les signes en sont encore bien maigres, c'est le moment sans doute de reprendre la lutte pour l'émancipation et pour faire triompher la raison, malgré tous les échecs passés dont il nous faudra bien tirer toutes les leçons, éviter toute dérive, éviter d'en faire trop mais il nous faudra essayer encore, essayer de faire mieux, en continuant toujours à faire honte aux bourgeois irresponsables, aux petits frimeurs prétentieux, aux experts pontifiants et, tant que nous ne sommes pas tout-à-fait morts ni vaincus, vouloir marcher encore sur la tête des rois.

"Un des motifs de l’art et de la pensée, c’est une certaine honte d’être un homme" (Deleuze).

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