Le refus du réel

deni_realiteIl ne suffit pas d'avoir des idées claires et distinctes pour que ce soient des idées justes. Il ne suffit pas non plus de trouver une situation intolérable pour trouver comment s'en sortir, ni surtout pour se mettre d'accord sur les solutions. Il n'y a pas que les divisions entre droite et gauche mais au sein même de la gauche, il y a profonde division sur les politiques à suivre. Cette division est notre réalité première qu'il faudrait reconnaître, nous condamnant sinon à l'impuissance ou à l'échec, mais cela devrait nous faire renoncer à toute vision totalitaire d'une société unie, ce que chacun désire sans aucun doute mais qui ne se peut pour de très bonnes raisons et d'abord parce que personne ne détient la vérité qui n'est pas donnée mais fait l'objet de luttes acharnées et ne se détermine qu'après-coup dans l'expérience du réel.

On ne s'unit que dans le combat contre l'ennemi, extérieur aussi bien qu'intérieur (prenant ainsi immanquablement le parti pour le tout). On devrait le savoir désormais, l'idée que "le" peuple prenne le pouvoir n'a pas de sens dans nos démocraties pluralistes, du moins en dehors du niveau local et d'une démocratie de face à face. Plus le pouvoir s'étend sur de vastes contrées et plus il doit composer avec des forces et des masses en jeu qui ne dépendent pas de notre bon vouloir (pas plus que les sciences ne peuvent dépendre de la démocratie). A ce niveau, ce qui compte, c'est moins le volontarisme que la justesse et la réactivité des politiques suivies, largement aux mains de technocrates. Le "déficit démocratique" n'est pas très différent entre les USA, la Chine et l'Europe même si ce n'est pas pour les mêmes raisons (l'argent, le parti, le jeu des nations), la pertinence des politiques suivies se jugeant au résultat. L'enjeu est donc bien d'abord cognitif, non pas qu'un hypothétique peuple accède au pouvoir on ne sait comment mais de savoir quoi faire. L'important serait d'avoir une analyse juste de la situation, ce qui n'est pas du tout le cas de la gauche actuelle dont les discours se caractérisent plutôt par un refus du réel obstiné et sans issue où l'imputation à la crise de causes imaginaires amène à des solutions tout aussi imaginaires (on va en examiner quelques unes), essuyant avec constance défaite sur défaite.

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La question du suicide

SuicideLe suicide est incompréhensible pour une société de consommation individualiste qui nous pousse sans cesse au jouir, ne valorisant que la pensée positive et le développement personnel. Ecraser les autres, jouer des coudes dans une compétition acharnée, voilà qui est naturel mais se retirer du jeu n'a aucun sens pour un biologisme primaire et une interprétation un peu trop simpliste du darwinisme (réduit à une naturalisation du capitalisme). Au début des attentats suicides pratiqués par les Islamistes, ce qui dominait, c'était bien l'incrédulité qu'une telle chose soit encore possible dans notre monde alors qu'on ne tolère même plus que la guerre fasse une seule victime dans nos rangs ! C'est pourtant de l'étonnement qu'il aurait fallu s'étonner tant le suicide a toujours eu une grande place dans notre humanité, conséquence immédiate de notre conscience de la mort et de notre liberté, loin d'une supposée aberration psychologique. Pour Camus, on le sait, il n'y a même qu'un seul problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide, et les surréalistes sont partis de la question : le suicide est-il une solution ? Ce n'est pas pour autant sujet dont on parle (un professeur en a fait l'expérience récemment) mais qu'on préférerait bien plutôt refouler de nos consciences si le suicide n'était si présent dans notre actualité.

C'est un suicide qui a déclenché la révolution tunisienne et les suicidés du travail sont devenus une nouvelle forme de protestation sociale alors même que le suicide assisté est devenu la revendication d'une fin de vie dans la dignité (si ce n'est dans l'amour comme pour André Gorz avec sa compagne). Cela ne cadre pas bien avec notre prétendue réduction à l'animalité pas plus qu'avec la soi-disant disparition de la mort, le Maître absolu, dans nos sociétés marchandes. On ne peut mettre bien sûr tous les suicides sur le même plan, le fanatique qui se fait exploser et le philosophe qui se suicide. Ce n'est pas la même chose de se sacrifier pour les siens ou d'affirmer sa liberté, de vouloir culpabiliser les survivants ou simplement se soustraire à la douleur et la déchéance. Ce n'est pas la même chose une décision rationnelle ou prise sous le coup de l'émotion, de la fatigue, de l'épuisement. Il vaut certainement le coup de bien faire ces distinctions, de sortir de la confusion générale mais aussi d'en discuter les raisons et la limite que le suicide pose à des conditions de vie insupportables comme à l'humiliation, du moins lorsque des luttes collectives ne peuvent y suppléer.

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Réorganisation du blog

Les articles sur les sciences n'apparaîtront plus sur la page principale du blog, pour les voir il faut aller sur http://jeanzin.fr/science/ ou cliquer sur Science dans le menu du haut.

C'est parce que j'ai arrêté la revue des sciences et vais tester des publications de brèves au fil de l'eau que je n'ai pas voulu noyer le reste avec et préféré déporter le blog de sciences à part. Du coup les articles de sciences font l'objet aussi d'une liste de diffusion à part, sans les brèves cependant, qui font l'objet d'une autre liste et n'apparaîtront que dans le RSS de science, mais tout cela est en test et susceptible d'évoluer.

[En fait, seules les brèves n'apparaissent pas sur la page principale du blog]

Les adresses des articles n'ont pas changé mais il faut changer l'ancien http://jeanzin.fr/category/sciences par l'adresse ci-dessus (pour les autres catégories aussi, il faut supprimer /category et faire http://jeanzin.fr/politique/ par exemple). De même pour le RSS des catégories qui devient pour la catégorie science : http://jeanzin.fr/science/feed/ ou http://jeanzin.fr/science/feed/atom/

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Revue des sciences mars 2013

  • Fin de ce type de revue des sciences
  • Une nouvelle source d'énergie dans les neurones
  • Mémoire défaillante contre famine
  • L'obsolescence programmée est-elle répandue ?
  • Human Brain Project : simuler le cerveau humain
  • Nos limites cognitives (encore!)
  • 5ème force et non-particules
  • L'inertie viendrait de la dissymétrie de l'effet Casimir
  • Des hommes sur Mars dès 2018 ?
  • Des cristaux réactifs
  • Les briques de base pour des nanostructures
  • Mauritia, un ancien continent sous l'Île de la Réunion
  • L'Arctique en déconfiture
  • Ralentissement du tapis roulant océanique et de l'absorption du CO2
  • La géoingénierie, c'est facile
  • Lockheed Martin promet la fusion dans 10 ans
  • Potentiel controversé de l'éolien
  • 40 000 tonnes de harengs asphyxiés par un barrage
  • Les proto-ARN ?
  • Virus pélagiphages et bactéries marines
  • L'ancêtre des insectes
  • Les abeilles sensibles au champ électrique
  • L'ancêtre des mammifères
  • Les dauphins s'appellent par leur nom
  • Voir la pensée d'une souris
  • La part inconsciente de nos décisions
  • Un gène du cerveau propre à l'homme
  • Un gène du langage diffère chez l'homme et la femme
  • L'origine de la musique
  • Le corps nu devient support identitaire
  • Les traditions locales plus importantes que les gènes
  • Le mécanisme de réparation de l'ADN
  • Cancers
  • Helicobacter pylori contre l'obésité et le diabète
  • Un lien entre Alzheimer et le diabète de type 2
  • Une protéine qui bloque la formation de neurones freine le déclin cognitif
  • Un patch électrique contre la dépression
  • Le rhume lié à des télomères courts ?
  • La dynamique d'une épidémie, du plus virulent au moins
  • Des nanocapsules pour éliminer l'alcool du sang
  • Un tatouage électronique pour surveiller la santé
  • L'intelligence artificielle meilleure qu'un médecin
  • L'impression de cellules souches en 3D
  • Manipuler des animaux avec la lumière
  • Smartclothes : des vêtements écran tactile
  • Lunettes numériques
  • Stylos numériques
  • Montres numériques
  • Un mini drone pour vous filmer partout
  • Une aide à la conduite pour 150$

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Stéphane Hessel

En passant

C'est quelqu'un que j'aimais beaucoup, bien avant qu'il ne soit connu (il était proche de Jacques Robin). Il m'aimait bien et m'encourageait à participer au comité d'éthique mondial (Collegium) que j'avais trouvé si vain. Moi j'admirais sa façon d'exprimer avec un large sourire des convictions très fortes et charpentées, c'était vraiment la classe, mais je m'en veux tellement de ne pas avoir pu aller à ses 90 ans où j'étais convié, ne l'ayant pas revu depuis...

Son rôle dans le mouvement des indignés est de l'ordre du miracle, d'une rencontre avec l'actualité inespérée (c'est ça le bonheur), incarnant une sorte de plus petit dénominateur commun. Cela a tourné court et il n'avait lui-même aucune idéologie à vendre mais il croyait surtout à l'ONU, il croyait qu'aussi modeste cela apparaisse, c'était essentiel et témoignait du progrès de l'humanité. On peut dire qu'il m'a réconcilié avec l'idée de progrès, dans des mesures concrètes, des droits universels même d'apparence minime par rapport à nos idéaux. Quelqu'un de profondément positif à l'opposé de mon propre tempérament !

Sur les villes en transition

villesentransitionLes "villes en transition" sont incontestablement des initiatives positives et nécessaires qu'il faut encourager comme tout ce qui va dans le sens d'une relocalisation de l'économie et de ce qu'ils appellent les capacités de résilience locale (diversité, modularité, proximité). On pourrait cependant préférer un projet plus global de villes vertes car il y a deux points, qui sont au centre de cette démarche, sur lesquels on peut avoir un regard plus critique. D'abord la focalisation sur une fin du pétrole qui est loin d'être avérée encore, ensuite la dépolitisation d'une démarche qui gagnerait à prendre une dimension véritablement municipale.

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Commune connerie

biais_cognitifsErrare humanum est
Quand on se rend compte à quel point on a pu être con, on ferait mieux de se taire. C'est d'ailleurs ce que je fais en dehors de ce blog mais vraiment, je ne peux nier avoir avec ma génération collectionné les égarements. En commençant par la religion qui est la preuve massive de notre crédulité et à laquelle je croyais dur comme fer quand j'étais enfant, jusqu'à vouloir être curé ! Je me trouvais à l'époque bien moins crédule quand même que les païens adorateurs d'idoles, puis, je me suis cru beaucoup plus malin quand je n'y ai plus cru et que je me suis engagé dans les mouvements post-soixante-huitards, certain qu'on pouvait changer le monde avec quelques mots d'ordre simplistes et que notre génération allait tout reprendre à zéro (on a vu). Je n'étais quand même pas trotskiste, ni aussi con que les maoïstes casqués scandant de façon effrayante "Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao" ! Avec le recul, la somme de bêtise et d'aveuglements de ces temps là semble considérable (y compris pour un Sartre!), vraiment pas de quoi s'en glorifier outre-mesure même si l'effet à long terme en est largement positif. Après je me suis cru obligé de vivre en communauté et d'aller voir ce qui restait des hippies en Californie. Malgré des côtés sympas, notamment les expériences psychédéliques, il fallait là aussi se traîner un paquet de stupidités plus ou moins mystiques avec la dénégation du surmoi collectif. L'École Freudienne de Paris, ensuite, c'était tout un poème avec Lacan en sujet supposé savoir qui suscitait bien malgré lui des attitudes quasi religieuses de croyants et provoquait une palanquée de délires imbitables trop chargés de signifiants. L'apport de Lacan est incontestable mais ce n'est pas dans les milieux intellectuels qu'il y a le moins de connerie, c'est sûr, et rien de pire que les disciples ! Il y a même quelques raisons de considérer les différentes philosophies en leur fond, et pour leurs adeptes au moins, comme des formes de la bêtise et de la religion (de Platon à Deleuze) bien qu'y échappant par l'argumentation publique. Mon intervention à la création de la Cause Freudienne s'appelait déjà "l'institution ou le partage de la bêtise" mais je ne peux dire que j'en étais complètement indemne, ce qu'on voit bien une fois qu'on a pris ses distances. A mes débuts dans l'écologie, ce n'était guère mieux. J'avais encore, sans le savoir, une conception naïve de la démocratie et m'imaginais, comme les autres militants, que notre devoir était de dessiner une sorte de société plus ou moins idéale, sauf qu'il y en avait plusieurs et que ça faisait des tendances écolos qui s'affrontaient pour rien. Ce qui est curieux, c'est que nous étions nourris de sciences sociales et de déterminisme économique mais qu'on faisait comme si le politique pouvait s'en abstraire par la simple force d'une volonté générale inexistante. Surtout, la vie de parti démentait les belles paroles, la politique elle-même laissant peu d'espoir de changer les choses, réduite à la lutte des places gagnée forcément par les plus ambitieux, et les élections se révélant entièrement dépendantes de ses réseaux.

Ça fait déjà beaucoup. Ce n'est pas une raison pour ne plus rien faire ou espérer mais au moins nous amener à plus de modestie. Si je ne renie rien de mon parcours historique qui ne se résume pas à sa part d'aveuglement, il y a bien eu glissement d'une écologie révolutionnaire devenue désormais plus alternative et localiste. Je suis donc devenu finalement plus matérialiste et réaliste, avec une meilleure compréhension de notre entrée dans l'ère de l'information qui change toutes nos représentations. Comment croire pourtant que je ne me fais pas encore trop d'illusions ou que je ne serais pas encore à côté de la plaque d'une façon ou d'une autre étant donné le peu d'écho rencontré ? Comment croire que ce serait la fin de l'histoire et de notre propre évolution, qui n'a aucune raison de s'arrêter ? C'est paraît-il une illusion commune et fait partie de nos errements les moins évitables. De quoi, en effet, nous faire juger faussement de l'avenir à l'aune du présent alors que les temps changent et que les vérités de demain ne seront pas celles d'hier (ce dont témoignent notamment les sciences par leurs changements de paradigme mais il y a aussi les modes qui changent et des cycles idéologiques). Après une telle carrière, c'est en tout cas la prétention de dire le vrai qui ne peut plus être si assurée, avec la nécessité de maintenir le soupçon sur nos certitudes et une attitude critique, y compris envers la pensée critique - ce qui ne doit pas faire tomber pour autant dans un scepticisme dogmatique.

Si je raconte mon histoire, ce n'est pas que je me crois plus con qu'un autre mais que je ne crois pas être un cas particulier car c'est ce que chacun a pu vérifier dans sa vie, sauf à rester figé dans une position par fidélité excessive qu'on peut à juste titre qualifier de psychorigide. C'est aussi ce que les sciences expérimentent quotidiennement, où il n'y a pas tellement moins de connerie ou de tromperies qu'ailleurs mais où c'est l'expérience qui tranche et l'on est forcé par les nouvelles découvertes à remettre en cause en permanence nos anciennes croyances qui nous semblaient pourtant les plus certaines et rationnelles. La pratique de ma revue des sciences me le rappelle chaque mois mais, en fait, rien de mieux que la programmation pour toucher ses propres limites et se confronter à l'erreur comme ce qui est le plus humain et contre quoi il faut se prémunir sans cesse, seule façon de la surmonter (car surmonter nos erreurs, on ne fait que ça).

Il n'y a rien de nouveau là-dedans, que du bien connu, ce qu'on appelle désormais les biais cognitifs et dont on va voir la difficulté d'en faire toute la liste, mais c'est en général ce qu'on refuse d'admettre pourtant, à quel point on est bête et ignorant. Moi-même, il me faut me le rappeler régulièrement. Naturellement on se monte la tête à se croire qualifié pour déterminer comment le monde doit marcher (la monnaie, les banques, l'économie, les impôts, etc.). Le pire, c'est que moins on en sait et plus on croit savoir ce qu'il faut faire ! Certains croient même que ce serait le principe de la démocratie ! Il faut tout au contraire en savoir beaucoup pour savoir tout ce qu'on ignore encore. C'est ce qu'on appelle l'ignorance docte qui est tout l'opposé de l'ignorance crasse ou des préjugés du sens commun. C'est en s'approchant des phénomènes dans le détail qu'on peut constater tout ce qui nous échappe et qu'on n'imaginait pas de loin. Au contraire des démagogues qui flattent le savoir du peuple comme d'une assemblée inspirée par les dieux pour mieux l'endoctriner, c'est notre ignorance commune qui devrait nous rassembler et qui est bien plutôt le principe de la démocratie aussi bien chez Aristote que John-Stuart Mill. Répétons-le, il ne s'agit pas de tomber dans un scepticisme généralisé et la passivité d'un spectateur désabusé mais bien d'en rabattre sur nos prétentions et revenir à un peu plus d'humilité au lieu de prendre des airs de héros déchus ou d'anges vengeurs en se comportant comme des perroquets répétant de vieux discours depuis longtemps caducs. Aussi bien en politique qu'en économie, notre désorientation est manifeste et peut mener au pire. Il faudrait en prendre acte. Cependant, le constat sévère de son insuffisance est ce qui devrait rendre le travail intellectuel encore plus crucial et non pas du tout le disqualifier complètement.

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En finir avec les destructions créatrices

De l'écosystème à l'organisme
destruction_creatriceComme au moment des bulles financières, il y a un côté surréaliste à voir tout un échafaudage qui ne devrait pas tenir debout et qui pourtant ne s'écroule pas, comme suspendu dans les airs. Cela ne dure qu'un temps, le krach finissant toujours par se produire, mais il ne faut pas sous-estimer cette force d'inertie importante qui est fonction des masses en jeu et qui brouille le jugement. On peut expliquer ainsi la période actuelle d'euphorie comme si la crise était derrière nous alors que rien n'a été réglé pourtant. C'est peu de dire que le plus probable serait qu'on replonge, comme les révolutions arabes qui tournent mal. Le pire est toujours possible mais cela ne doit pas empêcher d'envisager l'hypothèse beaucoup plus improbable qu'on arrive à éviter l'effondrement (à le repousser indéfiniment au moins). Ce n'est pas, en effet complètement impossible, on en aurait en tout cas les moyens à l'ère de l'information et de l'écologie, de régulations globales et de la constitution d'un Etat universel. Surtout, cette fois, on voit qu'il n'y a pas seulement l'inertie naturelle mais bien une coordination active des Etats, même minimale, même à contre-coeur, ce qui nous installe déjà dans un tout autre régime.

Arriver à éviter les crises systémiques, principal souci depuis la faillite de Lehman Brothers, pourrait se révéler le principal vecteur de l'achèvement d'une unification du monde déjà effective mais cette situation inédite ne serait pas sans conséquences, en premier lieu de se priver de ce que Schumpeter appelait des "destructions créatrices", provoquées pour lui par l'innovation ("le nouveau ne sort pas de l'ancien mais apparaît à côté de l'ancien et lui fait concurrence jusqu'à le ruiner"). Certains ont pu même dire qu'il n’y a crise que s’il y a innovation, ce qui est très exagéré. Pour René Passet, la nécessité de ces destructions créatrices serait plutôt une caractéristique des systèmes complexes obligeant à passer par l'effondrement pour se reconstruire sur d'autres bases. Dans un cas comme dans l'autre, vouloir empêcher les crises systémiques, ce serait incontestablement une façon d'arrêter l'évolution économique, au moins de la freiner. En effet, cela se traduit très concrètement d'abord par une garantie étatique des banques qui en supprime le risque ("l'aléa moral"), constituant pourtant sa matière première, tout autant que son caractère privé. Beaucoup s'en offusquent exigeant qu'on laisse les banques faire faillite en toute bonne logique libérale mais, comme la bombe nucléaire, c'est une arme qui s'est révélée bien trop dévastatrice pour répéter l'opération.

On ne voit pas bien cependant comment on éviterait dès lors d'étendre cette protection aux autres grandes entreprises jusqu'à celles qui ont un impact local fort, dans ce qui s'apparenterait de plus en plus à une économie administrée plus qu'aux lois du marché. La contamination à une grande partie de l'économie pourrait être irrésistible à la longue. Derrière le libéralisme affiché, ce qui se met en place, ce serait ainsi une gouvernance mondiale qu'on peut qualifier de cybernétique de naviguer à vue sous la pression des événements et pas du tout selon un plan préconçu comme les anciennes économies planifiées. Il faut y voir un événement majeur qu'on peut analyser comme la transformation de l'écosystème planétaire en organisme, en grande partie grâce aux réseaux numériques mais pas seulement puisque c'est la crise systémique qui nous a fait rentrer dans la fin d'un certain libéralisme. Tout comme un organisme se définit par sa résistance à la mort, la prévention des crises systémiques (y compris écologiques) contient l'exigence de régulations globales et change la donne par rapport à la concurrence internationale, signe qu'on quitterait l'économie sauvage et la jungle du marché pour constituer une sorte d'organisme planétaire avec des échanges régulés.

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Revue des sciences février 2013

  • La théorie de l'information
  • La synchronisation des neurones
  • Des hivers plus rigoureux
  • L'illusion de la fin de l'histoire
  • Réconcilier physique classique et quantique
  • La gravitation comme phénomène émergent
  • Des températures négatives
  • Influence des cycles solaires sur le climat
  • Une source naturelle de destruction de l'ozone
  • Détruire les cirrus pour réduire l'effet de serre
  • La fonte des glaces pourrait refroidir la mer et le climat
  • Un lampadaire qui absorbe le CO2
  • 21 exemples de maisons autonomes
  • Le gène généreux
  • La durée de vie en formule
  • L'équilibre entre cancer et reproduction
  • Différences entre chiens et loups
  • Le gène des dominants
  • La causalité fait partie intégrante de la vision
  • Se protéger de la dégradation de l'ADN en vieillissant
  • Des ADN à quadruple hélice dans certains cancers
  • Le cannabis encouragerait à l'effort !
  • Stress et dépression
  • Liaison entre la violence et le plomb
  • Un traitement contre l'herpès
  • Une puce pour décrire les suspects avec leur ADN
  • Photomaton fait des cabines ADN
  • Un détecteur de mensonge par vidéo

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Le coup le plus dur

2828Pendant qu'on se lamente sur les nouvelles défaites des syndicats, trahis comme d'habitude par la CFDT (c'est FO qui jouait ce rôle avant), le coup le plus dur vient d'être donné par le gouvernement socialiste avec la perspective de désindexer les retraites de l'inflation. Qu'on ne s'y trompe pas, c'est la voie ouverte à une diminution drastique des retraites comme de tout autre droit qui serait désindexé.

La chose semble facile et ne pas mériter de désapprobation car l'inflation recule encore pour l'instant et nous sortons d'une longue période d'inflation minimale. Il est habituel qu'on s'imagine à chaque fois que cela va durer toujours alors qu'on entre au contraire dans une nouvelle période d'inflation. C'est très explicite avec le nouveau premier ministre japonais, mais les USA et la Grande-Bretagne sont sur la même pente, inévitable même si l'Euro s'y refuse par principe, la hausse des matières premières à cause du développement des pays les plus peuplés devant y participer de plus en plus.

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TINA

TINAPar cette affirmation péremptoire : There Is No Alternative, la détestable Margaret Thatcher inaugurait l'ère de la pensée unique, celle des vainqueurs du communisme et du mépris des pauvres. En réaction, une gauche en déroute s'est crue obligée de prétendre qu'il y avait bien sûr des alternatives, dans une sorte de croisade au nom de nos libertés, mais dont on n'a rien vu encore malgré toutes les déclarations enflammées. Il y a d'ailleurs une petite chose qu'on oublie dans l'affaire, c'est que les politiques de Reagan et Thatcher ont eu un effet positif sur des économies malades, ce pourquoi elles ont obtenu le soutien renouvelé des populations sur une assez longue période.

En fait, depuis la crise où ces politiques néolibérales ont fini par nous mener, ce n'est plus la pensée unique mais plutôt la désorientation générale où règne une pluralité des théories dont aucune n'est assez convaincante. Chacun y va de sa petite solution à une situation multidimensionnelle alors qu'on est confronté à notre réelle impuissance et que ce sont les événements qui dictent à nos gouvernements les mesures à prendre - parfois de façon complètement contre-productive comme des mesures de rigueur conduisant à une récession creusant le déficit et exigeant de plus en plus de rigueur ! Il y a à l'évidence besoin d'une alternative mais qui reste introuvable alors même qu'on prétend qu'il y en aurait plusieurs !

Quand ça ne marche pas, il faut trouver incontestablement une alternative mais il n'y a en général qu'une façon de s'en sortir, compte tenu d'un ensemble de contraintes qui peuvent changer au cours du temps (il y a notamment des cycles d'inflation et de désinflation). Le problème, c'est notre difficulté aussi bien à faire le bon diagnostic que de savoir quoi faire dans cette phase de la crise. C'est un problème cognitif, cela n'empêche pas qu'il n'y a sans doute qu'une stratégie qui est la bonne, et qui sera imposée par les faits, même s'il faut éprouver une à une toutes les erreurs possibles avant de les rejeter (ce qu'on appelle procéder par essais-erreurs, un peu à l'aveugle).

Il me semble que, plutôt que de faire preuve de complaisance envers toutes les naïvetés et protestations généreuses sans conséquences, il vaudrait bien mieux faire le tour de toutes les contraintes auxquelles il nous faut faire face, de ce qui est nécessaire et des possibles effectifs qui ne coïncident malheureusement pas. En premier lieu, il y a bien sûr les contraintes écologiques, la nécessité de la reconversion énergétique et de la relocalisation. Il faut s'en persuader, on n'a pas le choix, ce pourquoi j'avais titré un article : "il n'y a pas d'alternative". C'est bien ce mot d'ordre qu'il faut reprendre à notre compte au lieu de glorifier une liberté illusoire. Nous devons absolument changer et cela ne dépend pas de notre bon vouloir, de nos valeurs ou de notre excellence mais de notre simple survie. L'alternative est inévitable et il n'y a pas d'autre alternative, c'est continuer comme avant qui est impossible !

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L’Etat universel et homogène

Junger-Ernst-L-Etat-UniverselA mesure que la mondialisation progresse, plus nombreux sont ceux qui voudraient s'y soustraire par un retour à une Nation idéalisée dans un splendide isolement alors même que la moindre mesure originale tentée soulève des tempêtes et oblige à revenir en arrière. La pression extérieure est incontestablement homogénéisante, tout comme les prix ont tendance à s'unifier dans des marchés ouverts. Le déplorer ou vouloir le refuser ne change rien à l'affaire, sauf à vouloir dresser un mur entre nous et le reste du monde, ce qui n'est plus du tout tenable. Nous faisons partie de ce monde et de ce temps, comme de cette Europe si faiblarde. Le seul territoire qu'il nous reste est celui de la proximité, ce qui n'est pas rien et le lieu des alternatives locales à la globalisation marchande mais ce n'est pas ce qui empêchera le monde de continuer à s'unifier.

Il fut un temps, pas si lointain, où le mondialisme semblait n'être qu'une idéologie d'élites cosmopolites alors qu'on semble découvrir avec retard l'effacement effectif des frontières qui se manifeste bruyamment par l'exil fiscal notamment. Sur la fiscalité, là aussi, nous avons donc perdu la possibilité de trop nous écarter de la norme européenne. La démocratie nationale a bien perdu l'essentiel de sa substance. On peut en éprouver légitimement un sentiment de dépossession. Nous appartenons indubitablement à un Empire plus large dont l'éclatement est toujours possible dans ces moments de crise mais qui ne nous redonnerait pas l'éclat d'antan et précipiterait plutôt notre déclin alors qu'une Europe unie redeviendrait, pour un temps au moins, la première puissance.

Ce n'est pourtant qu'une partie de la question car, on observe surtout la constitution d'une sorte de gouvernement mondial de l'économie, notamment à travers les politiques coordonnées des banques centrales et la régulation des marchés financiers - mais pas sur les monnaies qui restent encore nationales. Impossible de savoir, donc, si cette solidarité résistera à la guerre des devises qui a commencé mais ce ne serait sans doute qu'un accroc dans un mouvement de plus long terme d'unification du monde déjà largement effective, Etat universel en formation depuis longtemps.

Certains voient dans l'émergence d'un Etat supra-national le résultat d'un complot américain, ou même plus précisément des Rothschild, et auquel Kojève notamment aurait prêté main forte ! L'histoire ne serait ainsi qu'une suite d'intentions mauvaises, comme dans les conceptions policières de l'histoire ignorant les forces matérielles et les tendances de fond. On peut faire plutôt de l'unification du monde une conséquence de l'entropie universelle et du développement des communications. C'est cette dimension entropique qu'on va examiner ici et que René Passet pense retrouver dans l'interprétation de la fin de l'histoire et des classes sociales comme homogénéisation des populations en même temps que différenciation des individus.

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Revue des sciences janvier 2013

  • Peut-on parler d'addiction au sucre ?
  • Quantique mais non discret
  • Obtenir un indice de réfraction égal à zéro
  • 2 bosons de Higgs ?
  • Des traces de vie sur Mars ?
  • La fonte de l'Arctique, une bombe climatique
  • La fonte de l'Arctique va faire réapparaître des vieux virus
  • Si la glace fond, les volcans s'activent !
  • Des lasers surpuissants pour la géothermie
  • Manger des vers
  • Des petites montagnes russes comme métro
  • L'épissage alternatif déterminant dans la complexification
  • Lire les voyelles dans le cerveau
  • La main de l'homme faite pour donner des coups de poing
  • Le gras et le sucré sont des drogues
  • L’acide quinolinique, la molécule qui pousse au suicide
  • L'Alzheimer causé par la division cellulaire des neurones
  • Des cellules cancéreuses normalisées par la pression

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Un revenu de base compétitif

L'augmentation du chômage n'est pas dû à notre soudain décrochage du niveau d'excellence qui était le nôtre mais plus prosaïquement aux restrictions budgétaires imposées par une crise financière qui touche tous les pays développés et devrait s'achever (mais quand ?) dans un retour de l'inflation qui rendra plus facile les ajustements des salaires comme la résorption de la dette.

En attendant, on ne peut nier que les Allemands nous soient passés devant ces dernières années, depuis les lois Hartz du chancelier Schröder de triste mémoire. Il faut voir ce que c'est, par un prétendu socialiste pressé de s'en mettre plein les poches ! Le principe dit de responsabilisation, consiste à condamner les plus faibles à une pauvreté effectivement en hausse sensible dans ce pays qui s'enrichit sur leur dos. Cette dénégation des sciences sociales, qui prétend rendre les individus responsables de leur sort et de la situation macroéconomique, a du moins l'avantage de faire des économies sur les droits sociaux et soulager les riches écrasés par les impôts ! En plus de culpabiliser les pauvres, ils n'ont vraiment pas honte de les condamner par dessus le marché aux travaux forcés, au travail gratuit pour mériter leurs maigres allocations, et tout cela, pour leur bien évidemment. Le travail rend libre, on vous le dit, c'est ancré dans les gènes sans doute ! Il y a, en tout cas, de vrais salauds. Comme ce ministre britannique menaçant de couper les vivres aux chômeurs qui ne cherchent pas assez de travail alors que le chômage augmente à cause de sa politique budgétaire et s'il n'y a pas de travail, où voulez vous en chercher ? Quand il s'agit de taper sur les pauvres, ont trouve toujours des arguments moraux (ici aussi, bien sûr, on a des raclures comme le ridicule Wauquiez qui pense qu'on n'a plus les moyens d'assurer une vie décente aux plus pauvres tellement la France s'est appauvrie!).

Ce débat se focalise actuellement sur le gain de compétitivité procuré par cette diminution des prestations sociales et des salaires. Si la France, qui a déjà une des meilleures compétitivités, doit encore l'améliorer, c'est surtout par rapport à son principal concurrent de la zone Euro (pas seulement par rapport aux pays à bas salaire), par rapport à son dumping social, et cela, sans pouvoir utiliser la dévaluation, donc. Evidemment, une solution idéale serait de faire preuve de tant de dynamisme et d'innovation qu'on n'ait pas besoin de réduire les coûts mais il ne faut pas trop rêver. On n'est pas les seuls dans la course et, en attendant, la précarité gagne de plus en plus, ça c'est sûr. Que font les pays du sud pour s'aligner ? Ils baissent les salaires, solution intolérable mais qui nous pend au nez. Plutôt que dénier le problème vainement, il vaudrait sans doute mieux en prendre acte et en tirer les conséquences. Or, la seule façon de rendre acceptable ces baisses de salaire, ce serait de les compenser par une allocation universelle. Solution que les syndicalistes ont en horreur mais qui pourrait s'avérer très efficace et jouer un bon tour à nos concurrents principaux s'acharnant sur leurs pauvres.

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Revue des sciences décembre 2012

  • Alimentation durable
  • Les causes du vieillissement
  • OGM, le vrai débat
  • Un gène de la dépendance au cannabis lié à la schizophrénie
  • Le réchauffement serait de 4°C en 2100
  • Nouveau record d'émission de CO2
  • La fracturation hydraulique produit des fuites de méthane
  • Crises : la solution des villes
  • L'Inde mise sur des centrales nucléaires au thorium
  • La diversité génétique de nos cellules
  • Des pointes de lance il y a 500 000 ans
  • La révolution culturelle de l'humanité a 71 000 ans
  • Notre intelligence déclinerait depuis -4000
  • C'est le mot qui fait imiter le bébé
  • Les plus jeunes à l'école réussissent moins bien
  • Les effets néfastes des sels d'aluminium dans les vaccins
  • Lien entre production de neurones et cancer du sang
  • L'autisme, une surproduction de protéines ?
  • Les drones civils vont se généraliser

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L’histoire avant l’histoire

Alain Testart, Avant l'histoire

L'époque semble, dans les sciences sociales, aux mises au point méthodologiques, comme si la situation actuelle rendait plus urgent de sortir de l'idéologie (y compris du marxisme et du politiquement correct) pour pouvoir se rapprocher des faits afin de rendre compte de ce qui se passe. Après le Monde pluriel de Bernard Lahire, que j'ai trouvé un brin décevant malgré une bonne orientation de départ, voilà un autre livre réflexif sur sa discipline dont la grandeur est de nous confronter à notre ignorance sans renoncer à construire un savoir (voie de la philosophie ni dogmatisme, ni scepticisme).

Il faut dire que notre préhistoire est le meilleur témoignage de notre propension à reconstruire toute une histoire avec quelques traces matérielles. La paléoanthropologie ressemble à un Sherlock Holmes qui devrait réviser sans arrêt ses conclusions avec la découverte de nouveaux indices. Dans ma revue des sciences je m'amuse à chaque fois de la réécriture de nos origines à partir d'une simple dent parfois, comme un jeu de piste fait pour nous égarer mais on ne peut dire pour autant que ce n'est pas un savoir en progrès, en ceci que sont réfutées de plus en plus des mythes que nous formons, les récits qu'on en fait inévitablement. Ce n'est donc pas pour rien qu'Alain Testart commence son livre-programme par une histoire de la préhistoire et de la notion d'évolution ou de progrès pour se situer lui-même dans ce temps historique (avec une critique du progressisme déjà datée), temps de la science où l'on sait qu'on changera d'avis si de nouvelles découvertes l'exigent. Le plus intéressant, pour nous, c'est de penser l'évolution de la technique et son accélération à partir du Néolithique. Les questions des inégalités et de la richesse sont aussi importantes pour réfuter les visions idylliques qu'on se fait du "bon sauvage" mais on sera plus circonspect sur l'explication de la démocratie européenne par la supposée rémanence d'une culture "démocratique" datant du néolithique et dont le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas toujours été évidente !

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Jamais période ne fut aussi révolutionnaire…

Peut-être devrait-on parler d'évolution plutôt que de révolution tant ce mot est chargé d'illusions mais nous sommes indubitablement, malgré une impression d'immobilisme et de régression, dans une période révolutionnaire de bouleversements accélérés comme il n'y en a peut-être jamais eu dans l'histoire humaine à cette rapidité, avec des risques mais aussi des potentialités inouïes. Pas celles que la plupart de ceux qui se disent révolutionnaires espèrent encore, surévaluant notre pouvoir sur les événements et notamment sur une crise qui n'en finit pas de s'aggraver.

La crise de 1929 n'a pas été aussi fulgurante qu'on l'imagine, les choses n'arrêtaient pas de s'arranger, on voyait le bout du tunnel tout le temps bien que le chômage n'en finissait pas de monter... On a vraiment l'impression de refaire exactement les mêmes erreurs que dans les années 1930, un véritable décalque mené tambour battant. Il semble qu'on n'ait pas le choix et que les événements décident de nous plus que nous ne décidons d'eux. Il faut en prendre la mesure. Par rapport à cette sombre époque, nous avons à faire face en plus au déclin industriel résultant du développement des anciens pays du tiers monde, des nouveaux enjeux écologiques et du déferlement numérique tout aussi planétaire. Tout cela conspire à l'affaiblissement de la politique et du niveau national mais aussi à la mise en concurrence des systèmes sociaux.

Dans ces moments de complète transformation, les tentations de retour en arrière sont aussi compréhensibles que vaines, ne faisant que retarder la prise en compte de ces nouvelles réalités. Ainsi, on peut être sidéré aussi bien de la minimisation de la crise que de l'ignorance par les gauches des nouvelles conditions de production et des nouveaux rapports de force géopolitiques ! Quand on voit l'inadéquation à la fois des politiques suivies par les gouvernements et de ce qu'y opposent ceux qui les contestent, il est clair que la question est d'abord cognitive, témoignant de notre impuissance et d'une désorientation générale. C'est sur ce point qu'il faudrait un progrès décisif, exigé par l'unification du monde déjà effective. On n'y est pas du tout.

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Revue des sciences novembre 2012

  • La fin de la fin du pétrole !
  • Le désir n'est pas le plaisir
  • Les bébés connaissent la grammaire
  • Nouvelle théorie combinant topologie et symétrie
  • L’enrichissement de l’uranium par laser
  • Les débuts de la vie avec 3 ARN
  • Lien entre gros cerveau et cancer
  • Carte universelle de la vision dans le cerveau
  • Les mots produisent des images

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