Note sur le négatif et l’entropie

Dans la conception positive des choses existantes, la dialectique inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire, parce que saisissant le mouvement même dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire.
K.Marx I, 559 

On peut dire qu'il y a deux moteurs principaux de l'histoire et de l'évolution, l'entropie qui dissout toute existence et le négatif qui s'y oppose. Depuis Schrödinger, le vivant se définit en effet par ce qu'on appelle néguentropie ou entropie négative mais, outre que le mot anglais negentropy est déformé à l'écrit en français, on pourrait finalement parler simplement de négatif car, d'une certaine façon, toute négation procède d'une inversion de l'entropie comme réaction opposée au laisser faire (on se pose en s'opposant, négation de ce qui nous nie).

Interpréter le négatif comme néguentropie a l'avantage d'éclairer son rôle paradoxal dans la dialectique hégélienne. En effet, le "travail du négatif" a de toute évidence quelque chose de contradictoire avec son produit positif. Il est tout aussi difficile d'identifier, comme le fait Marx, le travail à la négation de l'existant que d'en faire une auto-création de soi-même. On est bien plutôt, dès l'origine, dans la négation de la négation. La première négativité est d'abord extérieure, c'est l'entropie diabolique qui sépare ce qui était uni. La négativité du vivant est donc bien dès l'origine négation de la négation puisqu'entièrement tournée contre ces menaces de destruction entropique qui nous attirent vers le néant : forces qui résistent à la mort, organismes qui se multiplient et s'adaptent aux changements, on a là effectivement un négatif plutôt positif !

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Système, antisystème et démocratie

Notre situation politique catastrophique est la conséquence d'une triple crise à la fois économique, géopolitique et technologique (sans parler de la crise écologique) produisant dans nos vies des bouleversements sur lesquels nous n'avons que très peu de prise même si tous les candidats aux présidentielles de tous les pays proclament le contraire à grands coups de menton. Comme notre impuissance nous est absolument insupportable, on est prêt à n'importe quoi, même au pire, plutôt que de ne rien faire. Toutes sortes de courants minoritaires, se bercent de l'illusion de la victoire de leur champion, pourtant très loin de compte, mais il paraît que c'est un biais très répandu de se persuader d'autant plus d'une possible victoire (d'une équipe de foot par exemple) que la défaite est assurée (il faut s'encourager) ! Cela va jusqu'aux plus gauchistes qui veulent croire à un grand soulèvement qui balaierait l'ordre établi et dont ils seraient les précurseurs - mais, comme les prédictions de fin du monde, on attend toujours...

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Revue des sciences septembre 2016

  • Grothendieck écrivain
  • Agressivité et empathie animale
  • Une planète habitable à 4,24 années lumières ?
  • Une bombe atomique contre un astéroïde dangereux
  • Moon Express, première société privée à exploiter la Lune
  • Des bombes à plasma pour les ondes courtes
  • Superposition temporelle entre avant et après !
  • Le stockage dans les carbonates est la façon naturelle de réguler le CO2
  • Produire de l'électricité avec du CO2
  • Boire du lait de cafard ?
  • Une nouvelle méthode d'édition de gène qui ne coupe pas l'ADN
  • Les chiens "comprendraient" ce qu'on leur dit !
  • Le traitement inconscient du langage (des mots à double sens) influencé par la conscience
  • L'axe du stress relie le corps à l'esprit
  • Les cannabinoïdes améliorent la vision nocturne
  • Des bactéries pour solidifier le sol et les fondations d'une maison

A part des discussions sur l'ignorance ou l'animalité et les signes d'une pause de la mondialisation ou cette idée bizarre de délivrer des médicaments par la pensée, on retiendra surtout ce mois-ci l'étrange superposition temporelle entre avant et après confirmant notre impossibilité de comprendre le monde quantique. Il y a aussi l'encourageante multiplication des procédés pour produire de l'énergie avec du CO2 ou le stocker sous forme de carbonates. Une nouvelle méthode d'édition de gène qui ne coupe pas l'ADN mais y produit des mutations pourrait avoir beaucoup d'importance à l'avenir. Enfin, l'étude du cerveau par IRM montre comme le traitement inconscient du langage (des mots à double sens) est influencé par la conscience (et le contexte), le plus étonnant étant qu'on montre aussi que les chiens "comprendraient" ce qu'on leur dit, utilisant les mêmes zones du cerveau pour décoder le sens d'un côté et les intonations de l'autre.

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Au-delà de la dépression politique

Malgré le matraquage publicitaire, la leçon de notre époque pourrait être qu'on n'est pas fait pour le bonheur individuel, pas autant qu'on le prétend en tout cas. En dépit de toutes nos dénégations, nous avons, semble-t-il, bien plus besoin de nous battre ou nous engager dans une grande cause pour justifier notre existence. C'est du moins ce que je ressens, comme d'autres, ne comprenant pas trop les jouisseurs hédonistes contents d'eux-mêmes et de leur petite vie au milieu du désastre. Le bonheur comme bien suprême est à vomir.

Pour ma part, la situation désespérante du moment avec l'accumulation de mauvaises nouvelles m'a replongé dans une dépression que je ne trouve pas tellement inappropriée mais bien plutôt que tout le monde s'en foute ! Il y a sans aucun doute une part de faiblesse personnelle dans la dépression qui voit tout en noir, et les raisons qu'on croit objectives de désespérer ne le sont pas tant que cela en général. On en est même tout étonné lorsqu'on sort de l'état dépressif, étonné de ne pas être aussi sensible qu'on l'était aux malheurs du monde, qui existent pourtant bien réellement et nous fendaient l'âme non sans raisons.

Tout de même, la période accumule les menaces et il n'y a rien à espérer du politique que le pire (même s'il n'est jamais sûr), le plus insupportable étant de ne pouvoir rien y faire étant donné l'état de dispersion de nos forces - où l'archaïsme le dispute à l'utopie pour nous réduire à l'impuissance alors que nous devons faire face à la conjonction de risques écologiques qui pourraient devenir irréversibles et de dérives politiques continuelles à cause du terrorisme ou de l'immigration. Avec la perte de l'espoir en toute alternative désormais (sauf locale), il n'y a vraiment pas de quoi rire même si tout ne va pas toujours dans le même sens et qu'il y a aussi des signes encourageants comme la chute spectaculaire des morts violentes, le retour de la question des inégalités, l'accélération (encore insuffisante) des énergies renouvelables, etc.

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Revue des sciences août 2016

  • L'archéologie des violences de la Bible
  • Utiliser les trous comme qubits
  • Notre galaxie ferait partie d'une région de l'univers en train de se vider
  • Les plans de la Nasa pour Mars
  • Le réchauffement modifie les nuages et renforce l'effet de serre
  • Des bactéries pour augmenter les rendements sans OGM ni pesticides
  • Des bactéries rendent les eaux usées potables et produisent de l'électricité
  • Les 355 gènes de la première forme de vie encore incomplète
  • Chez les bonobos, on ne peut savoir quand la femelle est féconde
  • Des Asiatiques avec des gènes d'Homo erectus ?
  • Importance du commerce du chanvre au néolithique
  • Migrations et mélanges des premières populations agricoles
  • La structuration du cerveau est bien génétique
  • Cartographie des connexions du cerveau
  • Les lieux de la délibération et de la décision dans le cerveau
  • Le sentiment de soi relié aux battements de cœur ?
  • Tromper le cerveau
  • Inverser la ménopause avec du plasma riche en plaquettes ?
  • Le vieillissement du cerveau commence à 40 ans
  • Les transfusions de sang de jeunes ou de femmes plus dangereuses ?
  • Piloter plusieurs drones en même temps par la pensée

La nouvelle la plus importante du mois, c'est sans doute la reconstitution de 355 gènes de la première forme de vie, encore incomplète, dépendant pour son énergie des cheminées hydrothermales (fumeurs noirs) où elle serait apparue avant de se transformer en bactéries et archéobactéries prenant leur indépendance. De quoi réduire les hypothèses sur l'origine de la vie. Il n'est pas négligeable non plus d'avoir établi qu'il y avait bien similitude entre les cerveaux et que les différentes fonctions y étaient déterminées génétiquement, ce qui limite la plasticité d'un cerveau qui est loin d'être entièrement auto-organisé. Deux nouvelles ont de singulières résonances avec le contexte actuel. D'abord, le mélange et l'unification des populations, du Moyen-Orient à toute l'Europe, depuis l'invention de l'agriculture. Ensuite, le fait que l'archéologie semble confirmer la conquête d'Israël et sa violence meurtrière (la destruction d'une grande ville et le massacre de toute sa population) telle que rapportée dans le livre de Josué. Pour le reste, on apprend toute l'importance du commerce du chanvre au néolithique à partir de la domestication du cheval et on peut s'étonner qu'on arrive à piloter, relativement facilement, plusieurs drones en même temps par la pensée !

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United

Comme je ne regarde plus les informations répétitives de la télé et que ma box propose d'y voir des vidéos youtube, j'ai découvert avec 5 ans de retard cette série de très bonne musique pleine d'excellentes intentions, "playing for change". On y croit le temps d'une chanson et cela fait du bien, tire une larme à l'oeil - même si cela ne change pas les choses qui vont toujours aussi mal. En tout cas, les bons sentiments peuvent faire de belles oeuvres et passer de bons moments même si cela ne suffit pas à faire de bonnes politiques, hélas.


La chanson titre est sympa mais n'est pas forcément le meilleure, je conseille aussi les suivantes.

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Le code est la loi ?

Blockchain, libertarisme et régulation
ethereumIl y a un événement important qui vient d'avoir lieu et qui ne concerne pas seulement l'avenir de la blockchain mais le fantasme libertarien d'une monnaie sans Etat, comme le Bitcoin, préservée de toute intervention d'une quelconque démocratie, où seulement le code serait la loi.

La technologie de la blockchain inaugurée par le Bitcoin consiste dans une sorte de registre public enregistrant des transactions que tout le monde peut lire et que personne ne peut effacer, sans avoir besoin d'un tiers (notaire, banque) pour certifier ces opérations qui se font sur un mode complètement décentralisé et anonyme, en P2P (au prix d'une importante capacité de calcul et consommation d'énergie). Cette technologie est en plein boom actuellement (on parle d'explosion cambrienne des blockchains), intéressant de nombreux acteurs comme les assurances. Le plus grand avenir lui est promis bien qu'on en soit encore aux expérimentations.

Or, la blockchain vient de rencontrer son premier véritable accroc, mettant en pièce son idéologie libertarienne pour corriger un bug et récupérer de l'argent volé, cela au nom de la grande majorité des utilisateurs. Tout-à-coup, on est revenu sur terre avec tous les problèmes qu'on connaît bien, de police comme de régulation des marchés. Que le libéralisme soit beaucoup plus productif que l'étatisme n'implique absolument pas que les marchés ni la monnaie pourraient marcher sans Etat et la prétention d'une loi immuable se heurte rapidement au réel. Comme disaient les anciens Grecs "les lois sont comme des toiles d’araignées qui n’attrapent que les petites mouches mais laissent passer les guêpes et les plus gros bourdons". On ne peut faire barrage aux puissances réelles, ce dont la blockchain vient de faire l'expérience.

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La raison dans l’histoire

Toute philosophie part de la bêtise humaine, celle de l'opinion, des préjugés, de l'erreur, de l'imaginaire, de l'émotion, des passions, de la subjectivité enfin, pour nous conduire vers la vérité d'une raison universelle et réflexive surmontant le premier égarement, levant le voile de l'ignorance sur un réel nous apparaissant soudain dans sa clarté originelle. On a vu pourtant comme l'histoire de la philosophie va mettre en cause petit à petit la souveraineté de la raison et la prétention de vérité des discours, jusqu'à remettre en cause semble-t-il la philosophie elle-même. La difficile prise de conscience par la philosophie de notre rationalité limitée devrait effectivement lui être fatale. Sauf qu'il ne s'agit pas de tomber dans un scepticisme encore plus imbécile dont la science se distingue comme savoir en progrès (ni dogmatisme, ni scepticisme), y compris le savoir de nos limites et de notre ignorance. Qu'on ne sache pas tout ne signifie pas qu'on ne saurait rien alors que nos connaissances s'accumulent toujours plus. Que les vérités soient codifiées par les discours et contaminées par l'idéologie ne peut vouloir dire qu'il n'y aurait plus ni vérité ni mensonges. Que notre rationalité soit limitée ne veut pas dire que nous n'aurions aucune rationalité - ce que l'expérience immédiate suffit à démentir. Il est notoire que notre intelligence surpasse celle de tous les autres animaux, ce n'est pas rien même s'il ne faut pas pour cela se prendre pour des dieux !

La difficulté est de tenir les deux bouts d'une rationalité à la fois bien réelle et limitée, comme toute existence effective (même si elle rêve d'infini). Car la raison existe objectivement, en dehors de nous. La plus grande partie de notre intelligence nous est en effet extérieure, dans la culture, le langage, les sciences et techniques, les livres et les réseaux. Les oeuvres de l'esprit font partie intégrante de notre réalité humaine. On ne peut pas nier cette masse de rationalité acquise, pas plus qu'on ne peut nier la connerie humaine, hélas, mais il n'est pas tant question de l'humanité que de processus extérieurs et historiques nous faisant dépendre entièrement de l'époque qui nous a vu naître, pour nos croyances comme nos modes de vie. Nous ne sommes ainsi que des purs produits de notre milieu.

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A propos d’Alain

Le devoir d'être libre
Je n'ai pas parlé d'Alain dans mon bref survol de la philosophie du XXè siècle où il s'insérait mal, c'est que, même s'il a influencé toute une génération, c'était surtout un pédagogue (à l'ancienne et se plaignant déjà des nouvelles pédagogies) plus qu'un innovateur, faisant de la philosophie une activité réflexive et ne croyant ni au progrès de l'homme ni à celui de la philosophie. Je trouve quand même très rafraîchissante la lecture de ce philosophe pour classes terminales et pour journaux populaires (dont les propos sont un peu comme des billets de blog). Quoi de plus utile quand c'est bien fait, assez au moins pour engager une véritable réflexion ? Il se trouve que j'ai été dans le même lycée que lui, le lycée Michelet de Vanves (moi en 1968!), mais le sentiment de proximité et de fraternité que peut donner sa lecture, en dépit des divergences qu'on peut avoir, me semble à rapporter surtout à son attitude de foncière honnêteté, dans la lignée de Montaigne et Rousseau, ce qui se manifeste par un souci très démocratique de clarté, de simplicité et de modestie qui nous fait sentir l'homme dans toute son humanité. Il ne faut pas s'y tromper, si l'on est modeste, c'est de raison, par lucidité voire par "colère" (p283) de n'être pas ce héros qu'on célèbre ! Cela suffit à nous préserver des vanités de l'ambition mais n'empêche pas de se prendre pour le plus grand des penseurs et de juger le monde de haut. Comment pourrait-on penser autrement puisque "personne ne peut penser pour nous" ?

On peut quand même lui rétorquer que si penser par soi-même est donc inévitable, cela ne suffit pas à philosopher pour autant, signifiant trop souvent tout au contraire soustraire ses préjugés à la critique. Il a une confiance excessive dans la clairvoyance de la pensée. Avoir des idées claires et distinctes n'assure en rien qu'elles ne sont pas fausses et simplistes comme le sont tous les partis pris et boucs émissaires. S'il y échappe par son côté socratique dans lequel je me retrouve bien, à reprendre les choses à zéro à chaque fois comme s'il n'en savait rien (p54), ce n'est pas le sort commun. "Une idée que j'ai, il faut que je la nie ; c'est ma manière de l'essayer" p34, c'est effectivement cela, philosopher alors que la plupart ne cherchent qu'à consolider leurs convictions en restant entre-soi.

Il n'appliquait pourtant pas cet esprit critique aux philosophes, ne cherchant qu'à les mieux comprendre (sauf les bergsoniens qu'il détestait pour leurs platitudes ! p91). Il estimait beaucoup Platon, Rousseau, Kant ou Hegel, s'agaçant du discrédit de celui-ci pour de bien mauvaises raisons (ce n'est donc pas nouveau) se privant bêtement ainsi des "vérités qui tombent de Hegel comme la farine du moulin" p37, sans avoir à faire grand cas de son système. Bien qu'il en parle moins, on peut dire qu'il hérite d'Aristote, et de son Ethique à Nicomaque, le coeur de sa philosophie, la valorisation de l'action ("Le plaisir s'ajoute à l'acte comme à la jeunesse sa fleur") qui détourne de la recherche du bonheur comme du bien suprême au profit de l'activité elle-même, à la poursuite donc de fins particulières. Ses deux principales références restent malgré tout Auguste Comte et Descartes. Surtout ce dernier pour son dualisme de la pensée et de la matière comme de la liberté et du déterminisme. En effet, s'il défendait volontiers, sans être socialiste pourtant, le matérialisme historique de Marx, auquel il reprochait de ne pas donner assez d'exemples concrets (p83), cela ne lui faisait pas rabaisser pour autant la haute valeur morale de la pensée et de la liberté, exactement comme le monde entièrement mécanique de l'étendue n'affectait aucunement pour Descartes le libre-arbitre de la pensée. Il me semble constituer ainsi le trait d'union trop méconnu entre Descartes et Sartre (du libre-arbitre à la mauvaise foi et l'humanisme si ce n'est la mise en littérature de la philosophie).

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Revue des sciences juillet 2016

  • Les problèmes de l'Intelligence Artificielle
  • Un atome en forme de poire montre que le temps est orienté (pas de voyage dans le passé)
  • On ne devrait pas avoir de contact avec des extraterrestres avant 1500 ans !
  • Les plans d'Elon Musk pour la colonisation de Mars
  • L'extinction du Permien suivie d'une autre extinction 2 millions d'années après
  • Solidification rapide du dioxyde de carbone injecté dans des sols basaltiques
  • Transformer le méthane en méthanol avec un polymère imprimé en 3D
  • Une feuille artificielle 10 fois plus efficace que la photosynthèse naturelle
  • Un cerveau moléculaire dans le ribosome
  • Reconstitution d'une protéine originelle
  • Les oiseaux ont plus de neurones que les primates !
  • L'âge de pierre de macaques
  • Les chiens ont deux origines, européenne et asiatique
  • La civilisation de l'Indus plus ancienne que Sumer de 1500 ans
  • L'espoir est cubique
  • On est plus intelligent à 5 ou 7 qu'en groupe
  • Mémoire longue et courte à implémenter dans l'IA
  • Le cerveau sensible aux ondes électromagnétiques ?
  • Contrôler la transgenèse par l'alimentation
  • Des centaines de gènes "zombies" se réactivent après la mort
  • Rebooter le système immunitaire contre la sclérose en plaque
  • Demain, une médecine sexuellement différenciée ?
  • Un avion (drone) Airbus imprimé en 3D

De plus en plus souvent, on voudrait enterrer la science, prise dans une répétition sans surprise. Tout de même, les voitures volantes seraient pour bientôt, on va aller bientôt sur Mars et la réalité augmentée aussi devrait débarquer, mais ce sont déjà de vielles histoires tout en n'étant pas pour tout de suite. Par contre, ce qu'il y a d'intéressant, dans les problèmes de l'Intelligence Artificielle, c'est que nous avons les mêmes ! Parmi les nouvelles importantes, il y a surtout la découverte d'une sorte de cerveau moléculaire dans le ribosome et la perspective de capturer le dioxyde de carbone dans des sols basaltiques. Il faut y ajouter la découverte d'atomes asymétriques semblant donner une direction au temps et rendre impossible de voyager dans le passé. On apprend aussi que les oiseaux ont plus de neurones que les primates malgré leur cerveau plus petit et que des macaques en sont au début de l'âge de pierre, ce qui relativise la coupure avec les premiers humains. Enfin, même si cela n'intéresse que les passionnés d'histoire antique, il faut prendre en compte le fait que la civilisation de l'Indus serait plus ancienne que Sumer de 1500 ans et donc véritable berceau de la civilisation.

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La Grande-Bretagne reste en Europe

Bien que je m'inquiétais dans mon dernier billet de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe "que je trouverais plutôt souhaitable" mais qui risquait "dans ce contexte de renforcer encore les nationalismes", je m'étais couché de fort mauvaise humeur le soir du référendum qu'on annonçait perdu pour les partisans du Brexit. Il devenait insupportable de frôler à chaque fois la catastrophe et que finalement il ne se passe rien. La surprise fut donc totale au petit matin et j'y trouvais quand même quelques raisons de me réjouir. Certes l'Europe pourrait ne pas s'en relever mais le Royaume-Uni n'a jamais voulu qu'un grand marché. On se débarrasse donc ainsi d'un libéralisme intransigeant qui avait infiltré toutes les institutions européennes. Cela ne suffira pas forcément à arranger les choses, les Allemands semblant bien décidés à maintenir sous leur férule les peuples récalcitrants, en premier lieu la France, et leur imposer une rigueur dominatrice se refusant à toute solidarité européenne. Ce sont ces fanatiques à courte vue et mentalité de comptable qui pourraient faire éclater l'Europe, avec un véritable risque de raviver des conflits séculaires - ce qui paraissait incroyable hier encore mais ne doit plus être pris à la légère !

Si la sécession de la Grande-Bretagne ne nous entraîne pas dans l'abîme, achevant une économie mondiale déjà sous perfusion financière, ayant épuisé tous les autres moyens disponibles, l'événement pourrait bien avoir quelques avantages. D'abord, de démontrer à tous les populistes, qui pullulent partout, les limites de la souveraineté et de votes démocratiques qui prétendent décider à quelques pour cent près du destin d'un pays. Car, la première chose qui va sauter aux yeux, c'est que les Britanniques restent en Europe et que leur économie est complètement imbriquée avec les autres pays du continent. Les négociations qui pourraient être assez rudes mettront en évidence que le cadre européen, c'était sans doute pas si mal après tout - y compris pour l'immigration. Il est préférable que ce soit un grand pays qui en fasse l'expérience plutôt que la petite Grèce saignée à blanc. On voit bien que l'Europe n'est pas un mariage d'amour (il suffit d'écouter Wolfgang Schäuble), cela reste du moins un mariage de raison. Qu'il faudrait refonder, mais plus facile à dire qu'à faire. Le chantage au départ de l'Union deviendra permanent et il y aura toujours un moment où un référendum pourra décider de sortir (avec pour premier résultat d'augmenter les différentiels de taux entre pays). Il a fallu une guerre meurtrière aux Etats-Unis pour empêcher la sécession ! La seule voie qui semble praticable est une Europe à plusieurs vitesses mais ne croyez pas les discours, ce sont les événements qui se précipiteront pour nous forcer la main (il n'est même pas absolument impossible qu'un autre référendum contredise le premier, cela s'est déjà vu en Europe).

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La catastrophe est politique

Dieu qu'on est con (et c'est peu de le dire) ! Au moins, tout le monde le voit désormais et l'on ne pourra plus raconter qu'on ne savait pas quand on voit le succès d'un Donald Trump comme de tous les populistes et démagogues en Europe. Bien sûr, il faudrait une politique plus favorable aux pauvres et aux travailleurs, mais il ne suffit pas de le revendiquer pour ne pas faire pire. Il y a bizarrement l'idée qu'on avait sans doute été très cons dans le passé mais que maintenant, c'est fini, qu'on ne nous la fait plus car on est un peu plus éduqués (alors que les Allemands étaient le peuple le plus éduqué justement!). La même confiance en l'humanité était au plus haut peu de temps avant l'engrenage menant au déclenchement de la guerre de 1914-18, la clairvoyance des peuples est vraiment à mettre en doute.

Les nouvelles sont très très mauvaises, pas la peine de le nier. Certes, le pire n'est jamais sûr mais les menaces s'amoncellent. On a évité in extremis un président autrichien d'extrême-droite. Pas de quoi se rassurer d'une victoire aussi courte alors que la demande d'autorité s'intensifie pour nous protéger des évolutions du monde, des migrants et des terroristes, le musulman remplaçant le juif pour nous unir dans la même haine. Là-dessus, la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe, que je trouverais plutôt souhaitable, risque dans ce contexte de renforcer encore les nationalismes, fragilisant l'Europe (sans aller jusqu'à la fin de la civilisation occidentale comme le craint l'autre Donald, Tusk). Nous entrons incontestablement dans une période troublée.

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Une petite histoire (actualisée) de la philosophie

De l'ignorance socratique à la rationalité limitée
  • Désir et critique de la sagesse chez Socrate
    L'apprentissage de l'ignorance (-Vè)
  • Amour et vérité
    Sur le Phèdre de Platon et ses âmes ailées
  • L'évolution d'Aristote
    Des idées aux causes efficientes et matérielles
  • Les philosophies du bonheur (Empire)
    Stoïcisme, épicurisme et sceptiques
  • Pascal, la misère de l’homme et son terrible ennui
    L'échec de la philosophie
  • La pénétration de la science dans la philosophie
    Descartes, Spinoza, Leibniz (XVIIè)
  • L’erreur de Marx
    Entre Hegel et Darwin
  • Comme Un (XIXè)
    Matérialisme et spiritualité
  • La division du sujet (XXè)
    Bergson, existentialisme, structuralisme, post-modernisme
  • A propos d’Alain
    Le devoir d'être libre
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    Publié dans Philosophie | Commentaires fermés sur Une petite histoire (actualisée) de la philosophie

    La division du sujet

    Bergson, existentialisme, structuralisme, post-modernisme
    On peut écrire l'histoire de la philosophie de mille manières, choisissant forcément parmi les philosophes un tout petit nombre et les réduisant à une seule idée (inutile d'écrire de gros traités!). Il y a sans doute toujours un esprit du temps qui le distingue, des thèmes à la mode, des évènements structurants. Il n'y a pas pour autant une histoire de la philosophie autonome par rapport à la situation politique encore moins par rapport aux avancées de la science. Il n'y a pas non plus de véritable unité de pensée. On trouve à la même époques des pensées retardataires ou en avance sur leur temps.

    Certes, plus on considère des périodes longues, et plus l'effet de masse gomme les courants marginaux mais il y aura toujours des retours du religieux ou d'anciennes philosophies, et l'on pourra observer aussi des divergences qui se creusent entre pays. Ainsi, alors que la philosophie comme la théologie chrétienne étaient européennes auparavant, à partir de Kant l'idéalisme allemand suivra une toute autre voie que les philosophies française ou anglaise qui se confrontaient aux sciences et au scientisme. A l'inverse, l'idéalisme allemand semble bien se déconnecter complètement des sciences, qui ne servent tout au plus que d'illustration pour une dialectique de la nature a priori et qui ira jusqu'à prétendre interpréter "La Technique et la science comme «idéologie»". Ce n'est pas qu'ils n'aient toujours le mot de science à la bouche, de "La doctrine de la science" de Fichte à "La science de la logique" de Hegel ou même au socialisme scientifique des marxistes qu'on peut ranger dans cette filiation, jusqu'à "La philosophie comme science rigoureuse" de Husserl, mais la science dont ils parlent est une science dogmatique (de l'ordre de la démonstration géométrique), ayant échappé à la confrontation avec l'expérience scientifique et nos limites cognitives (même si le savoir absolu est celui de la limitation de notre savoir). En effet, le constat de l'échec de la raison pure est remplacé par l'idée de contradiction qui peut toujours être dépassée, alors que c'est bien la rationalité elle-même qui est prise en défaut, la souveraineté supposée de l'esprit devant une réalité qui lui est extérieure et qu'il ne comprend pas.

    On a vu qu'après le siècle de Newton, la philosophie française avait été plus sensible dans la première partie de XIXè (occupé d'abord de thermodynamique) au divorce entre sciences et métaphysique ainsi qu'aux limitations de ce qu'on peut savoir, notamment avec le positivisme d'Aguste Comte finissant en religion de l'Humanité. C'est la révolution darwinienne déshumanisante qui mobilisera ensuite la réflexion, ainsi que la question sociale devenue également prépondérante avec l'industrialisation. Dans ce contexte, l'enjeu de la réaction spiritualiste était bien de s'en détourner et d'échapper à l'objectivation scientifique (comme de sortir de l'histoire) pour revenir à l'expérience subjective, mais la surprise, c'est que ce retour au sujet sera celui d'un sujet divisé (non plus entre sujet et objet ni entre le corps et la pensée mais entre conscient et inconscient, authenticité et aliénation, raison et passion, individu et collectif). Il ne faut d'ailleurs pas voir ce sujet divisé comme un simple dualisme, une double personnalité, mais une multiplicité où se dissout déjà l'image de l'homme sous des causalités extérieures différenciées (biologiques, psychologiques, sociales, culturelles).

    Dans les toutes premières années du XXè siècle, s'est ajouté un choc comme on n'en a plus connu à ce point avec la relativité et la physique quantique ruinant définitivement le rationalisme et déqualifiant nos propres représentations, de sorte qu'on peut dire effectivement qu'on a eu dès le début du XXè siècle, tous les ingrédients de la suite - avec le passage du spiritualisme à un marxisme scientiste puis à l'existentialisme, puis au structuralisme, pour finir dans la déconstruction post-moderne et relativiste de la French Theory et des cultural studies qui brouillent les oppositions et nous laissent la tâche de reconstituer l'unité du sujet dans sa responsabilité morale et collective au moins.

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    Revue des sciences juin 2016

    • Composer un génome humain artificiel
    • L'Intelligence artificielle malveillante
    • L'olivine de la croûte terrestre pour réduire l'acidité de l'océan
    • Un ciment d'argile sans chauffage
    • Bangladesh : un climatiseur sans électricité
    • Pour éradiquer ses carpes, l'Australie répand une forme d'herpès dans ses fleuves
    • La butyrylation des histones, 3ème mécanisme épigénétique
    • Une grotte occupée par Néandertal, il y a 176 000 ans
    • Les populations eurasiennes de 45 000 à 7000 ans
    • La première guerre mondiale des peuples de la mer finit à Troie ?
    • Les circuits de la récompense et de la peine sont bien distincts
    • Les zones des mathématiques sont distinctes des zones du langage
    • Redonner vie à des cerveaux morts ?
    • En greffant un utérus à un homme, il pourrait enfanter ?
    • L'exposition aux ondes augmenterait les cancers du cerveau et les problèmes cardiaques
    • Les plaques amyloïdes protègeraient le cerveau d'infections
    • Une molécule géante conçue par ordinateur neutraliserait de nombreux virus
    • Des écouteurs qui s'adaptent à votre audition
    • Un avion personnel

    Ce n'est sans doute pas un très grand mois mais, tout de même, on y parle de redonner vie à des cerveaux morts et de composer un génome humain artificiel, en choisissant toutes les caractéristiques de la personne... Il est envisagé aussi de greffer un utérus à un homme pour qu'il puisse enfanter ainsi que la conception d'une IA malveillante. Enfin, ce qui n'est pas simple projet mais en voie de réalisation, pour éradiquer ses carpes, l'Australie répand une forme d'herpès dans ses fleuves !

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