Il faut que ça pète !

La situation est étrange avec à la fois l'impression que tout s'écroule de partout et que rien ne bouge, comme englués dans un passé immobile en même temps que passent devant nous des trains à grand vitesse. Il semble bien inutile de continuer à écrire sur le sujet tant on pourrait ressortir d'anciens billets sur la crise pour décrire notre présent où rien n'a été résolu, seul a été évité - ou reporté - l'effondrement général mais avec pour résultat de l'éterniser. Chacun peut constater le prix exorbitant payé par les populations les plus fragiles, à cause d'obstinations dogmatiques surannées, condamnées même par le FMI et les USA, ainsi que le caractère irréel des discours tenus, sans qu'il semble qu'on ne puisse rien y faire...

C'est peut-être pour cela qu'on n'entend pas plus parler de ce qui se présente pourtant comme le plus grand défi à l'Europe et à l'Allemagne depuis les pétards mouillés de Matteo Renzi et Hollande. On ne semble pas croire qu'il sera impossible d'acheter à coups de millions une vingtaine de députés pour éviter des élections ! Et si le 29 décembre le compte n'y est toujours pas, que des élections sont inévitables, une victoire de Syriza reste inimaginable. Et pourtant c'est, à l'heure actuelle le plus probable et ce qui pourrait changer complètement les perspectives de l'année à venir, mais dans quel sens ? Tout est là. Dislocation de l'Europe ou son renforcement ? L'hypothèse que cela se passe bien n'est certes pas la plus probable mais comme toujours qu'il ne se passe rien alors qu'à l'évidence, au point où certains pays sont étranglés, il faudra bien que ça pète un jour ou l'autre !

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La fin programmée de l’humanité

Trouble dans le genre humain
L'humanité a le chic pour se créer de faux problèmes, qui la détournent des vrais, et s'effrayer de sa propre disparition mais non pas pour des raisons écologiques, qu'elle néglige au contraire beaucoup trop, alors que cela pourrait faire de très nombreux morts. Non, ce qui est redouté, c'est la probable fin de notre espèce comme telle, à très long terme et sans faire aucune victime, par la faute de la génétique, des robots ou de l'intelligence artificielle (comme, pour d'autres, ce serait la faute du féminisme, de l'homosexualité ou autre transgression des normes) ! On ferait mieux de s'occuper des êtres humains qui partout sont en souffrance, mais non, on s'inquiète de l'Humanité avec un grand H, comme avant de la race des seigneurs !

Aux dernières nouvelles, il est effectivement certain que les frontières de l'humanité ne sont plus aussi assurées, ce n'est pas une raison pour s'en inquiéter outre mesure mais pour réinterroger nos catégories. C'est sûr que ce serait exaltant de se croire engagés dans un conflit hollywoodien de dimensions cosmiques où nous serions du côté des humains contre les machines, mais il faudrait se demander si on ne donne pas ainsi dans une bêtise trop humaine, en effet, à voir les déclarations récentes de quelques sommités faisant preuve d'une singulière peur de l'intelligence qui nous menacerait, fichtre ! Je croyais le contraire...

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Revue des sciences décembre 2014

  • Un trou noir à l'origine du Big Bang ?
  • La vaccination sans stérilisation à l'origine du sida?
  • La science des rêves
  • Le boson de Higgs remis en cause
  • Un propulseur spatial à plasma dans le vide
  • Les trous noirs supermassifs étrangement alignés et parallèles
  • Les sursauts gamma rendent la vie impossible dans 90% des galaxies
  • Révision de la physique de base du réchauffement
  • Expérimentations de géoingénierie à très petite échelle en 2017
  • Une pile à combustible qui marche au kérosène
  • La réfrigération magnétique arrive
  • Les abeilles remplacées par d'autres pollinisateurs
  • Une ville-globe flottante sous la mer
  • L'origine de la vie dans la croûte terrestre ?
  • Des colliers de ribosomes pour produire en masse des protéines
  • Les plantes coupées doublent leur ADN
  • Rendre des cellules immortelles, c'est facile
  • Activer des gènes par la pensée
  • Réplique numérique du cerveau d'un ver (à roulette)
  • Contre l'infanticide la polyandrie plus efficace que la monogamie
  • Le fonctionnement multitâche des neurones
  • La séparation des asiatiques et des européens daterait de 40 000 ans
  • La violence est plus causée par la moralité que par son absence
  • Le langage n'arrête pas d'évoluer
  • Un transistor imprimé pour détecter les maladies
  • Une injection par semaine contre l'Alzheimer
  • Des chromosomes géants cancéreux et circulaires
  • Les propriétés anti-inflammatoires du curcuma en émulsion
  • Une imprimante de textiles intelligents
  • Communiquer de cerveau à cerveau
  • Des lentilles de contact avec vidéo
  • Courez aussi vite qu'Usain Bolt avec ces bottes bioniques
  • Des voitures transparentes pour plus de sécurité
  • Le train qui ne s'arrête pas pour prendre les voyageurs au vol
  • Un nouveau moyen de transport aérien personnel

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Morale et politique dans la Phénoménologie

Comme j'ai eu du mal à le retrouver et que je considère que c'est très éclairant, toujours utile à faire connaître et à relire, je republie ce condensé, qui date de 1996, des parties de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel consacrées à la moralité et à la politique, parties bien trop peu étudiées qui suivent la dialectique du Maître et de l'esclave. Je trouve que condenser ce texte touffu en fait mieux apparaître la dialectique des positions subjectives qu'on peut illustrer avec des exemples très actuels - comme je l'ai fait dans la "version longue" - bien que cela ne puisse évidemment en restituer toute la richesse (et la difficulté). Juste un outil pour ne pas rester coincé dans une posture morale ou politique et mesurer toutes les étapes à franchir...

Moralité

Après la confrontation à la nature extérieure (observation), nous en sommes au point où la conscience de soi n’est plus la certitude de la réalité immédiate, sensible, et de son objectivité, mais se rapporte essentiellement à une autre conscience de soi comme vérité sur soi-même, re-connaissance. "Elle est alors l'esprit qui a la certitude d'avoir son unité avec soi-même dans le dédoublement de sa conscience de soi et dans l'indépendance des deux consciences de soi. Cette certitude doit maintenant s'élever à la vérité".

La conscience de l'unité avec les autres prend d'abord la forme du traditionalisme. Mais celui-ci échoue à se justifier devant des traditions étrangères aussi bien qu'il renonce à se réaliser véritablement. Du coup, sous les critiques des intellectuels, l'unité avec les autres se réduit dès lors à l'égoïsme de la jouissance que chacun dispute à chacun. Mais la vérité de la jouissance est sa fin, consommation du désir qui s'épuise dans la répétition. Avec l'exaltation de la chair, "c'est l'esprit qui se nie avec la force infinie de l'esprit" mais ne peut empêcher que revienne à la conscience la présence angoissante de la mort. Par son côté universel, la conscience surmonte cette menace et trouve en soi le principe du dépassement de son plaisir égoïste comme de la mort dans l'universalité. Cette aspiration morale éprouvée immédiatement comme loi du coeur s'oppose au monde sans plus de raisons que de lui imposer une logique subjective (bonne volonté) qui ne rend pas compte d'elle-même. Ce rejet de la réalité extérieure au nom de pures utopies par une conscience individuelle qui se croit supérieure au monde relève d'un délire de présomption qui peut aller jusqu'à la "folie des grandeurs" et la paranoïa. Si la loi du coeur advient à se réaliser un tant soit peu et se cogne sur le réel, elle perd de son assurance, de sa légitimité face à tous ses ratés et le coeur invoque la fureur extérieure du complot, la main du diable sur de pures intentions. La leçon à tirer de ce délire de persécution est le rejet des prétentions de l'individualité à imposer son arbitraire au cours du monde. C'est plutôt contre cette individualité que va désormais s'appliquer son zèle par la discipline de la vertu. Le cours du monde auquel s'oppose la vertu est justement le règne de l'égoïsme universel et de la recherche du plaisir désormais rejetés. Mais la vertu ne se réalise qu'à la mesure des forces de chacun et sa valeur ne réside donc plus dans sa réalisation mais dans son effort et sa foi. Le mérite se mesurant à la peine, le monde qui nous fait souffrir est revalorisé d'autant comme révélateur de la vertu et de la foi. De plus l'effort et la foi concernent l'individualité dont la discipline voulait se défaire, ne pouvant jouir de ses propres réussites et sans pouvoir modérer l'orgueil de l'ascète comme une boursouflure vide. Plutôt que de rester tournée vers sa propre excellence la vertu ne se suffit plus de la foi mais exige les oeuvres. La vertu est jugée à ce qu'elle fait. Les oeuvres pourtant sont fragiles et multiples, éphémères, disparaissantes. Le but est dès lors tout entier dans le chemin mais l'oeuvre ne vaut plus alors que comme occupation et non plus comme accomplissement. La tromperie, l'escroquerie de cette vertu satisfaite se manifeste dans la compétition sociale ce qui finit par imposer la loi morale, dans son universalité inconditionnelle qui pourtant ne peut rendre compte de la singularité concrète et imposer sa loi sans réflexion. Ce qui importe à nouveau c'est bien encore la réflexion elle-même, la conscience qui examine la loi et se l'approprie, l'interprète, la loi se réduisant à son application par la conscience. Pourtant là encore la limite est vite trouvée dans le jésuitisme des rationalisations égalisant tout contenu. La conclusion qui s'impose est bien celle de l'impuissance de toute théorie générale à rendre compte des choix pratiques particuliers, tombant dans l'arbitraire. La théorie dépend plutôt désormais de la pratique, devenue politique et qui en détermine la perspective.

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Devrons nous refaire des ateliers nationaux ?

1848ateliersnationaux2Ce n'est certes pas le moment de tirer des plans sur la comète ni de rêver à quelque sixième république fantasmée. On doit plutôt s'attendre au pire dans les années qui viennent avec sans doute une droite dure décidée à démanteler nos protections sociales et l'effondrement annoncé du parti socialiste. Il ne semble pas qu'on prenne la mesure de notre situation catastrophique avec le chiffre officiel de 3 millions et demi de chômeurs et près de 6 millions d'inscrits au total (auquel on peut ajouter 1 ou 2 millions qui ne sont plus inscrits). Avec ça, inciter les chômeurs à rechercher un emploi est mission impossible. Plus durablement, la précarité se généralise avec la perte des droits sociaux attachés au salariat traditionnel. Cela fait des millions de vies détruites et participe à la désespérance générale sinon une colère sourde pas forcément orientée sur les véritables coupables.

Les politiques démontrent leur impuissance à influer sur ces phénomènes économiques massifs et on peut trouver assez risible que face à cette marée, on annonce 10 000 emplois aidés de plus ! histoire de dire qu'on fait ce qu'on peut, sans doute, mais qui fait une belle jambe à tous les autres chômeurs... On retrouve cette disproportion entre l'étendue du problème et le léger des solutions qu'on prétend y apporter avec ceux qui défendent encore une réduction du temps de travail. En dehors du caractère complètement irréaliste de cette revendication dans la France actuelle, alors que les 35h risquent plutôt d'être abrogées, ce qui frappe, c'est qu'on ne pourrait en attendre qu'une centaine de milliers d'emplois dans l'immédiat, ce qui ne serait là encore qu'une goutte d'eau par rapport aux millions de chômeurs. Les 35h avaient effectivement créé 300 000 emplois sur le moment, pense-t-on, mais si cela nous avait protégé durablement du chômage, cela se saurait, ne pouvant constituer une réponse proportionnée. Il y a une véritable dissonance cognitive dans ce type de propositions complètement déconnectées de la réalité, tout autant que dans les rêves de plein emploi à coup de grandes politiques macroéconomiques.

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Revue des sciences novembre 2014

  • Quand l'homme est devenu prédateur
  • Le climat moteur d'évolution
  • L'émergence de la coopération
  • Aux origines de la division sexuelle du travail
  • La monogamie, un atout pour notre espèce
  • Quand est apparue la richesse ?
  • L'outil a-t-il forgé l'homme ?
  • Le bond technique d'il y a 50 000 ans
  • La colonisation de Mars
  • Découverte de l'axion comme matière noire au coeur du soleil ?
  • Fragmentation de la fonction d'onde d'un électron dans l'hélium liquide
  • Attirer des particules avec un laser
  • Combiner réseaux de neurones et informatique classique pour s'auto-programmer
  • L'emballement climatique des feux de forêt qui noircissent la neige
  • Le réacteur de fusion annoncé par Lockheed Martin
  • La spectroscopie par drone au service des agriculteurs
  • Le mécanisme de division des brins d'ADN
  • Le premier amant pourrait influencer les futurs enfants
  • Quand les babouins adoptent des chiens et des chats en ville
  • Le plus proche parent de l’Eve primitive en Afrique du sud
  • Le croisement avec Neandertal vers 50 000 ans
  • Les plus vieilles peintures rupestres en Indonésie (-40 000 ans)
  • The language myth, Vyvyan Evans
  • L'écologie des émotions
  • La perte musculaire accélère le vieillissement
  • La dépression rend le cerveau plus lent
  • Les flavanols du chocolat freineraient le déclin cognitif
  • Les 8 sortes de schizophrénie
  • Un robot opère un épileptique en passant par la joue
  • Transplantation cardiaque d'un coeur mort
  • Des pénis cultivés en laboratoire, prêts à être implantés
  • L'impression 3D des lunettes
  • Un gadget connecté pour réguler ses émotions
  • Projection en 3D dans l'air avec des lasers
  • Bientôt des combats de robots géants
  • Un skateboard volant par électromagnétisme

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Le féminisme d’un point de vue matérialiste

letorchonbruleLe féminisme fournit un exemple emblématique de représentations collectives intériorisées et d'un changement idéologique qui se fonde sur des changements matériels et n'a donc rien d'arbitraire ni ne dépend d'inclinations personnelles et pas autant qu'on le croit de l'activisme féministe. Le féminisme manifeste ce qu'il y a de culturel mais aussi de lié à l'évolution technique, dans la division sexuelle qui n'explique donc pas tout, ce qui ne doit pas aller jusqu'à nier la part du biologique qui saute aux yeux (de façon trompeuse parfois). C'est un réel qui détermine l'idéologie, pas l'inverse. Le féminisme l'illustre à merveille, même à se persuader du contraire et s'imaginer que ce ne serait qu'une question de valeurs individuelles...

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Revue des sciences octobre 2014

  • Effets relativistes dans l'atome
  • Comment s'ouvrent les vésicules
  • Détecter les épidémies plus vite et plus tôt
  • Des pyramides de Ponzi dans l'économie (bulles)
  • Le principe d'incertitude d'Heisenberg remis en cause
  • Les outils ont fait l'homme
  • Le rôle de la conscience
  • Téléportation entre photon et matière à 25 km
  • Concentrations records des gaz à effet de serre
  • L'explosion démographique ne s'arrêtera pas au cours de ce siècle
  • La fibre optique amène la lumière du jour dans les pièces sombres
  • Le rôle de l'électricité dans l'apparition des acides aminés
  • Dinosaures
  • Le gène du langage FOXP2 rend les souris plus intelligentes
  • Les meurtres chez le chimpanzé
  • La moitié des guerriers vikings étaient des femmes
  • Une hormone contre le vieillissement
  • Voir avec des sons
  • Effets psychiatriques et cognitifs de la toxoplasmose
  • Débarrasser le sang des pathogènes avec des nanoparticules magnétiques
  • Avec Thaw, un smartphone interagit avec un écran
  • Un système de reconnaissance de geste, le smartphone en poche
  • Un exosquelette léger, souple et discret pour aider la marche
  • Un robot qui apprend à voler avec un simulateur
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    Matérialisme et idéologie

    dossier-materialisme-dialectiqueOn peut penser qu'une philosophie matérialiste ne sert pas à grand chose, puisque la philosophie en perd sa primauté et qu'elle ne peut nous promettre aucune consolation ni même de vraiment se libérer des déterminismes sociaux. C'est ce qui fait que dans le domaine politique, domaine où il reste pourtant le plus indispensable, le matérialisme semble être devenu depuis le déclin du marxisme absolument intolérable, assimilé à un réalisme cynique. Il est incontestable qu'en faisant du sujet le produit de son temps, les sciences sociales réduisent en effet à la peau de chagrin le rôle des militants et discréditent tout volontarisme face aux forces en présence alors que les foules s'enthousiasment facilement aux discours enflammés de tribuns appelant au soulèvement pour changer d'imaginaire, renverser les savoirs établis, se libérer des anciennes lois et des siècles passés, casser l'histoire en deux pour faire enfin triompher le Bien et la Justice !

    N'étant pas nés de la dernière pluie, on ne devrait plus pouvoir croire ces vaines rengaines mais il faut bien constater qu'il est presque impossible de se défaire de la fausse évidence que si "nous" le voulions et si nous nous rassemblions, tout deviendrait possible (Yes we can, si tous les gars du monde voulaient se donner la main, prolétaires de tous pays unissez-vous, paix sur terre aux hommes de bonne volonté, etc). Y renoncer, ce serait consentir à notre servitude et on se perd en conjectures sur les raisons pour lesquelles cela ne marche pas, incompréhensibles, en effet, si c'étaient les hommes qui faisaient l'histoire, ou un esprit qui nous guide et non des processus très matériels, histoire qui n'est pas cette marche triomphante vers la civilisation qu'on imagine à la gloire de notre humanité mais bien plutôt une évolution subie - notamment l'évolution technologique mais tout autant l'évolution culturelle qui l'accompagne.

    Nous sommes victimes d'une double erreur de perspective : celle de surestimer notre rôle dans l'histoire et donc la puissance des idéologies par rapport aux causalités matérielles, celle de nous placer à l'origine de nos pensées en déniant leur origine sociale, culturelle, historique qui nous est inaccessible, renvoyée à un jugement moral. Nous ne sommes pas transparents à nous-même, vides de tout présupposés, la part de l'inconscient nous domine plus qu'on ne veut bien l'admettre. Ce qui nous empêche de percevoir l'énorme influence des représentations collectives, c'est que nous les avons intériorisées, notamment en prenant parti. Ce qui montre qu'elles sont cependant plus déterminées que déterminantes au regard des évolutions matérielles, c'est bien qu'elles changent selon les pays et les époques, dans une histoire dont nous sommes le résultat et non pas l'aboutissement, y compris dans notre opposition à l'ordre établi qui épouse elle aussi les discours du moment avec tous leurs codes et illusions (le jihad religieux se substituant aujourd'hui aux révolutionnaires communistes d'antan).

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    Les salauds au pouvoir

    C'est une tendance bien connue dans les moments de crise de rechercher des boucs émissaires et de rendre les pauvres et précaires responsables de leur propre sort. La montée du chômage qui en fait un phénomène social, macro-économique, le rend aussi forcément trop lourd à financer, charge qu'on va imputer aux chômeurs eux-mêmes, devenus une surpopulation indésirable dont on aimerait bien se débarrasser. Il y a toute une tradition anglo-saxonne complètement décomplexée qui va dans ce sens, de Malthus et Spencer à Thatcher et ses successeurs qui en rajoutent sur la culpabilisation des pauvres même si on ne va plus jusqu'à prôner ouvertement leur élimination au nom de la science lugubre que serait l'économie ! Chez nous, cette brutalité était moins bien admise par notre égalitarisme républicain, restant l'apanage de l'extrême-droite ou de petits salauds ambitieux genre Wauquiez. C'est pourquoi il faut s'alarmer de voir ces discours repris par un gouvernement, censé de plus être de gauche !

    Certes, il n'y a là rien de neuf, dira-t-on. Les pauvres ont constamment été soumis à l'état d'exception, l'oppression et le mépris : ce sont les perdants, les losers, une race inférieure que les winners, très contents d'eux-mêmes et de leur réussite sociale, contemplent de haut. Il faudrait bien faire changer la honte de camp, rendre plus honteux ces véritables salauds qui nous accablent de leur morgue et de leurs petits esprits mais, par définition, on ne pourra jamais mettre les perdants (prolétariat) au pouvoir. La seule force des pauvres est le nombre - ce qui ne veut pas dire hélas qu'il suffirait de faire nombre pour ne pas se croire du côté des dominants, mettre encore plus salauds au pouvoir et chercher d'autres boucs émissaires : juifs, musulmans, immigrés, étrangers. Le ressentiment peut être ravageur, mieux vaudrait ne pas l'attiser par la haine des chômeurs.

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    Revue des sciences septembre 2014

    • Les Lucaniens, irréductibles Italiques
    • Qui sont vraiment nos ancêtres ?
    • Un missile sur Mars à la recherche de la vie sous terre
    • La chaleur emmagasinée par les océans sera relâchée dans plus de 10 ans
    • Les émissions du permafrost dues au soleil plus qu'aux bactéries
    • Les barrages tropicaux émettent par "bullage" 10% du méthane anthropique
    • Détecter des séquences d'ADN par leur vibrations avec des ondes terahertz
    • Similitudes génétiques du ver à la mouche et à l'homme
    • L'adaptation en direct d'un poisson à la vie terrestre
    • Des ondes gamma augmentent la sensibilité des souris
    • La zone visuospatiale du cerveau ne vieillit pas
    • Les équations du cerveau
    • OpenBCI, une interface neuronale directe pour les makers
    • L'homme de Florès, juste un trisomique ?
    • Neandertal aurait disparu plus tôt qu'on ne pensait
    • Moins d’hormones mâles aurait permis le développement de la civilisation
    • Un astéroïde responsable de l'extinction de la mégafaune il y a 13000 ans
    • La croissance des enfants ralentie par le cerveau
    • La musique de notre adolescence nous poursuit toute notre vie
    • La fraude pourrait se détecter par le langage utilisé
    • L'aspirine permettrait de prévenir les cancers
    • Le diabète lié à l'hibernation chez les ours
    • L'autisme provoqué par un excès de plasticité cérébrale ?
    • Les causes épigénétiques de l'Alzheimer
    • Effacer les souvenirs douloureux avec du xénon
    • Un yaourt contre la maladie de Parkinson ?
    • Un implant restaurant la courbure de la cornée à la place des lunettes
    • Microphone visuel, les paquets de chips vous espionnent
    • Prendre le contrôle du corps d'un autre

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    Un revenu de base nécessaire mais pas suffisant

    Journées d'été du revenu de base le vendredi 22 août à 16h30
    revenu de baseCela fait plusieurs années que je n'interviens plus en public mais la situation est on ne peut plus mauvaise. Bien que les prévisions économiques restent toujours hasardeuses, le risque d'une nouvelle crise systémique pire que la précédente est loin d'être écarté (cela fait même un moment qu'elle aurait dû se produire). En dépit de l'indifférence générale et malgré les incertitudes du climat, il est encore plus certain hélas qu'on assiste, en Arctique notamment, à un emballement des dégagements de méthane qui s'annonce ingérable. A plus court terme, sans parler des guerres qui se rallument à nos portes, les perspectives politiques sont dramatiques, avec la montée de l'extrême-droite et du nationalisme. Sur tous ces fronts, il n'est certes plus temps de rêver...

    Cela ne doit pas empêcher de porter la revendication d'un revenu de base dont le besoin se fait de plus en plus sentir mais devrait empêcher du moins tout optimisme excessif et de s'égarer sur son caractère supposé miraculeux. Qu'on ne puisse vivre sans revenu est une évidence qui tarde à s'imposer et dont c'est tout le mérite du revenu de base de la mettre au premier plan. Reste qu'il ne suffit pas de revendiquer un droit, fut-il vital, ni d'exiger des montants déraisonnables. On est bien obligé de tenir compte de sa faisabilité et de son acceptabilité. Surtout, un "revenu garanti" dans l'esprit du régime des intermittents (mieux qu'un simple revenu de base) ne peut éviter de s'inscrire dans un projet plus global, tenant compte des évolutions du travail et de la production, tout comme des enjeux écologiques et de la nécessité d'une relocalisation de l'économie.

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    Revue des sciences août 2014

    • La généalogie des mythes
    • Suivre l'évolution d'une superposition quantique jusqu'à son effondrement
    • La corrélation de particules après-coup
    • Séparer une particule de ses propriétés
    • Amplifier les fluctuations du vide
    • Le réchauffement favorise la variabilité climatique et les records de froid
    • De la vapeur avec du soleil
    • L'arbre aux 40 fruits différents
    • Du plastique à partir de (déchets de) végétaux
    • Constructions en bio-briques
    • Nos cellules héritent de la chimie d'il y a 4 milliards d'années
    • Le clonage humain obtenu grâce à la caféine
    • Modifier les connexions entre neurones
    • Un siphonophore, colonie d’individus spécialisés
    • Les 66 communications par gestes des chimpanzés
    • Le cerveau des bonobos très proche du nôtre
    • La supériorité de Sapiens serait dans ses réseaux étendus
    • La conscience chez les bébés
    • Le cerveau normalise les émotions
    • Entre amis, une ressemblance génétique étonnante
    • Comment on juge les gens sur leur mine
    • Les champignons hallucinogènes font faire des rêves éveillés
    • Plutôt recevoir des chocs électriques que s'ennuyer
    • Améliorer l'intelligence des foules en éliminant les plus influençables
    • Enregistrer et restaurer la mémoire avec une puce
    • Réveiller la douleur pour qu'elle ne soit plus chronique
    • Alzheimer : un test sanguin pour un dépistage très précoce
    • Le pacemaker remplacé par l'injection d'un gène dans le cœur
    • Un implant contraceptif qui se désactive par WiFi
    • Un virus de l'intestin contrôle l'équilibre bactérien
    • Un écran permettant de se passer de lunettes de correction
    • Les Google Glass pilotées par la pensée
    • AirDog, un drone qui vous suit pour vous prendre en film
    • Des moteurs aux pieds
    • Un avion qui se divise en 3
    • Une ville flottante et sous-marine au large de Hong-Kong

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    Ecologie, intermittents et travail immatériel

    Interview par Ingrid Merckx pour Politis
    politis

    Quels rapports voyez-vous entre les revendications des intermittents et l'écologie politique ?

    La connexion avec les "intermittents" se situe à plusieurs niveaux : 1) La sortie du productivisme capitaliste, c'est-à-dire du salariat, au profit du travail autonome, d'un travail choisi plus épanouissant mais moins productif - ce qui nécessite revenu garanti et coopératives municipales, institutions locales du travail autonome et du développement humain qui sont la base d'un nouveau système de production non productiviste et plus adapté aux nouvelles forces productives. 2) En effet, le passage de l'ère de l'énergie (industrielle) à l'ère de l'information (post-industrielle) fait passer de la force de travail, dont la production est proportion du temps passé, au travail immatériel dont la productivité est non linéaire, non mesurable par le temps comme Marx le pressentait dans ses Grundisse, se rapprochant du travail artistique et créatif, travail par objectif, beaucoup plus précaire et aléatoire que le salariat industriel.

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    La fin de la politique

    Politique_par_Miss_TicPlus la situation est bloquée, et dépourvue de toute perspective, et plus on se croit obligé de proclamer sa radicalité, appeler à l'insurrection et promettre une société idéale refaite à neuf, en rupture totale avec la société précédente et tous les millénaires passés... sans aucune chance, bien sûr, d'aboutir à rien, sinon au pire. Car ces visions exaltées, qui sont récurrentes dans l'histoire et auxquelles je n'ai pas échappé avec ma génération, ne sont pas du tout si innocentes qu'on croit mais répondent bien plutôt à un besoin profond dont les Islamistes nous rappellent le caractère à la fois religieux et criminel, en dépit d'intentions si pures (où, dans leur rêve, il n'y aurait aucune raison de ne pas être de leur côté sauf à être foncièrement mauvais).

    Plutôt que s'imaginer devoir renforcer les convictions, gagner l'hégémonie idéologique, changer les esprits, appeler à l'amour universel, il faudrait pourtant en finir au contraire avec ces conceptions messianiques de la politique et d'une communauté fusionnelle pour revenir à la dimension matérialiste et pluraliste d'une politique démocratique qui n'est pas "souveraine" et dominatrice mais bien plutôt faite de compromis et de rapports de force. C'est ce qui est sans aucun doute inacceptable à la plupart dans ce besoin d'absolu devant l'injustice sociale et les désastres écologiques qui s'annoncent. C'est pourtant ce qui constitue la condition pour donner un minimum d'effectivité à nos protestations et avoir une petite chance d'améliorer les choses au lieu d'aller de défaites en défaites (en croyant garder la tête haute et n'avoir pas à s'en alarmer!). Il y a le feu, il n'est plus temps de faire des phrases et se donner des grands airs.

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