Choix de textes (1981-2005)

Ce blog prend la suite de mon ancien site (Ecologie révolutionnaire) créé en 1997 et qui n'a pas démérité mais qui commençait à être un peu trop fourni ! Cette fin d'année où l'on ressent plus qu'à aucun autre moment nos appartenances sociales et notre fragilité humaine, m'a poussé à tenter d'en faire le bilan, d'en donner une présentation sommaire qui fasse sens peut-être pour quelques-uns. Il est toujours difficile de juger de la valeur de ce qu'on fait et de faire un choix parmi ses propres textes, voici du moins une sorte de digest du chemin parcouru jusqu'ici.


Le plus ancien texte du site date de 1981 (j'ai 28 ans), de la création de "l'école de la cause freudienne" et n'intéressera que les lacaniens sans doute (L'institution ou le partage de la bêtise, 03/81). De cet ancien temps, j'ai gardé un faible pour une sorte de poésie politique et métaphysique (REVOCU, 07/87) qui n'est pas sans faiblesses mais sera suivie du Manifeste, (06/92), publiées à l'époque par la revue "Le temps du non". En première approche, je ne retiendrais des écrits analytiques que "L'analyse révolutionnaire comme expression du négatif" (10/95).

Les choses sérieuses commencent avec Les 3 écologies (11/93) précisant mon engagement écologiste. Cette époque sera marquée par un travail de fondation, rassemblant toutes sortes de savoirs subversifs dans Le Prêt-à-penser (11/94) qui débute par une Histoire des religions (11/93) sans rivale dans sa concision, préalable indispensable pour mesurer notre "rationalité limitée" avant d'aborder Sciences (Prigogine, René Thom, etc.) et Politique (Marx, Debord, etc.). J'ai approfondi ensuite mon étude de la philosophie de Hegel avec notamment ce résumé très instructif de la phénoménologie de l'esprit : Formation de l'Esprit (07/96) dont on peut se contenter de lire les 2 encadrés (morale et politique) mais j'en ai fait une meilleure version ensuite (illustrée!). J'ai tenté sans grand succès de faire quelques cafés philosophiques à Figeac qui m'auront permis de préciser quelques concepts (Les 4 Libertés, 10/96). Il y a eu aussi toute une série de textes sur le rapport  Sujet-objet (01/97) qui ne sont pas sans intérêt.

Les années 1997-1998 sont occupées par la campagne législative, la "feuille verte", le mouvement des chômeurs et la défense du droit au revenu (le droit à l'existence, 07/99). On peut signaler aussi la mise au point sur Le concept de Spectacle (08/97-01/99). L'année 1999 est l'année de ma première médiatisation avec une émission de radio (France-culture) suite à mon texte Pourquoi les drogues ? (05/99) et la publication par Politis (Bernard Langlois) d'Après-nous le déluge (06/99) avec 2 pages sur mon site.

Les années les plus productives commencent avec l'an 2000 et la création d'EcoRev', en particulier les textes De l'économie à l'écologie (01/00) et La démocratie à venir (04/2000) qui ont éveillé l'intérêt de Jacques Robin et d'André Gorz. En plus du travail de la revue, l'étude sur les cycles du Capital (02/2000) constitue une tentative très ambitieuse de théorisation du capitalisme et de ses cycles générationnels dans le prolongement de Marx. C'est encore très novateur mais ne sera considéré comme crédible qu'au moment où la reprise de l'inflation et de la croissance sera acquise.

Grâce aux Etats Généraux de l'Ecologie-Politique (EGEP) qui m'ont embauché en 2001 j'ai pu élargir mon audience et intensifier mes recherches, avec notamment une série de critiques d'ouvrages de sociologie rassemblées sous le titre "La production de l'autonomie" (08/01). Je me suis consacré aussi à l'étude des écosystèmes (10/01) et de la théorie des systèmes. Je milite alors pour une démocratie cognitive (10/01) bien différente de notre démocratie compétitive. Parmi tous les autres textes de l'année, j'aime assez Le prix de la vérité (12/01) et L'économie sauvage (12/01) mais il y en a bien d'autres (ainsi la foi dans le travail 01/02).

Le fait de rejoindre le GRIT va m'ouvrir aux sciences dures (physique et biologie) et surtout à la théorie de l'information (cybernétique et théorie des systèmes). A mon grand étonnement, étant donnée mon ignorance totale de ces disciplines, la série de textes scientifiques a suscité pas mal d'intérêt de la part de scientifiques concernés. Cela commence par le meilleur, de mon point de vue, L'improbable miracle d'exister (09/02) qui rencontre bien des incompréhensions mais permet d'unifier information, physique, biologie et politique. Très appréciée aussi mon approche de la théorie des cordes et les concepts fondamentaux de la physique (10/02). Il faudrait y joindre les textes plus tardifs Initiation à la physique quantique (03/03) et L'entropie, l'énergie et l'information (07/04) insistant sur la différence entre physique et biologie, tout comme Temps physique, durée biologique et projet humain (11/02).

Pour la biologie, il faudrait commencer sans doute par le tout récent "L'origine de la vie" (07/05) avant d'aborder une réflexion sur progrès, évolution et adaptation (02/03). La communication entre esprit et corps (06/02) met en évidence la place de l'information et de sa transduction dans le corps, du social aux gènes, alors que "l'homme et l'animal" (05/02) s'interroge à partir d'Agamben sur ce qui nous différencie de l'animal. Georges Canguilhem permet enfin de mieux comprendre la différence entre corps et société (07/02).

Dans le domaine plus politique et historique je recommande De la révolution de 989 à l'asservissement féodal (02/02) qui rend compte de la trop méconnue révolution populaire dite de "la paix de Dieu" aboutissant au servage généralisé avec l'alliance du sabre et du goupillon. Par contre, la critique du livre de Jean-Pierre Le Goff, La démocratie post-totalitaire (03/02) concerne notre situation la plus actuelle et fait partie d'une série de textes sur la critique de la démocratie. Il y a aussi une approche anthropologique du sens de la vie (06/02) qui me semble éclairante.

L'année 2003 a été celle de l'information (01/03) avec une importante mise au point sur La complexité et son idéologie (05/03), complétée par une critique des réseaux assez banale mais qui a été pas mal reprise (dans plusieurs livres). En philosophie je prends à contre-pied les interprétations habituelles de la fin de l'histoire hégélienne et du savoir absolu (09/03). Au niveau politique ou écologique on peut signaler La production du consommateur (07/03) mais surtout La coopérative municipale (11/03) constituant la base d'une relocalisation de l'économie.

J'ai rédigé deux ouvrages très différents en 2004, d'abord L'amour libre (03/04) qui mêle expérience personnelle, romans et théories psychanalytiques pour donner un éclairage sur l'amour bien éloigné des platitudes habituelles. Il y a eu ensuite Le monde de l'information (08/04), rédigé à la demande de Fayard qui l'a trouvé trop scientifique pour une collection grand public. C'est pourtant sans doute une de mes plus brillantes réussites, illustrée de nombreuses images et que j'espère bien publier un jour! J'essaie d'y relier les caractéristiques de l'information aux transformations de notre monde et du travail, jusqu'à tenter une petite philosophie de l'information (lutte contre l'entropie, responsabilité, direction par objectifs, principe de précaution). Parmi les autres textes de l'année on peut signaler Le racisme anti-pauvres (01/04) qui a rencontré une certaine audience et Le génie du plagiat (Newton, Einstein, Debord) (09/04), repris par Bernard Maris dans son anti-manuel.

Pour la dernière année, je manque de recul, mais je retiendrais peut-être le texte sur L'organisation de l'intelligence collective (02/05) qui a fait l'objet d'une petite polémique avec Edgar Morin. Le plus important c'est bien sûr mon premier livre édité : L'écologie-politique à l'ère de l'information (06/05). La question de l'émergence (07/05) reste pertinente. Enfin pour l'Europe je garderais peut-être "Le retour au pays" (06/05). On pourrait rajouter surtout La mort au coeur de la vie, Autonomie et dépendances et Entropie et décroissance ? J'en ai sûrement oublié mais cela fait déjà beaucoup trop sans aucun doute pour le commun des mortels!

Pour un parcours plus détaillé, voir la page bio-graphie.

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