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Depuis 2023, devant le constat de notre connerie congénitale, les commentaires ont été fermés et si le blog n'a pas été complètement arrêté, il a changé de nature, devenant plus confidentiel.
Dans l'après-68 je me suis engagé dans l'hégélo-marxisme, la psychanalyse lacanienne et la contre-culture avant de m'intéresser bien plus tard à l'écologie. Au tout début d'Internet, en 1997, j'ai créé le site "Écologie révolutionnaire", puis j'ai fait adopter par les Verts le Revenu Social Garanti, avant de les quitter et participer à la création de la revue EcoRev' (avec le soutien d'André Gorz). J'ai fait ensuite partie du GRIT, groupe de recherche inter et transdisciplinaire où j'ai approfondi, entre autres, le concept d'information, mais aussi ce que devrait être l'écologie à l'ère de l'information, notamment avec le triptyque de la relocalisation : "revenu garanti, coopérative municipale et monnaie locale", inspiré de Gorz et Bookchin.
J'ai depuis pris mes distances avec la politique et à partir de 2005, je me suis attelé sur mon blog à penser notre actualité philosophique et politique mais aussi technologique et scientifique, publiant jusqu'en 2018 une revue mensuelle des sciences. Je me suis consacré ensuite au développement d'une philosophie écologique basée sur un matérialisme évolutionniste dualiste (matière/information), évolution technique dont l'humanité n'est plus le centre, dégageant notamment quelques concepts fondamentaux (information, récit, après-coup, extériorité) trop mésestimés.
Fin des commentaires, guerre, ChatGPT, bricolages
(70 ans)
C'est donc une nouvelle phase du blog, plus confidentiel, sans commentaires et avec beaucoup moins d'articles (un par mois?). J'ai commencé par appliquer au cas du nazi Heidegger le constat d'une connerie générale dont la montée actuelle rappelait les années 1930 - cela juste avant qu'on découvre les performances extraordinaires de ChatGPT qui est peut-être la plus grande découverte de notre humanité même si elle rabaisse notre intelligence et constitue une nouvelle blessure narcissique, reconfigurant notre conscience de soi et notre place dans le monde. Si j'ai commis un dernier texte d'actualité sur la guerre d’Ukraine, c'était juste un essai de collaboration avec cette nouvelle IA, mais le plus important, c'est ce que ChatGPT révèle de notre esprit, ses capacités langagières ne nécessitant ni conscience ni même aucune compréhension de ce qu'elle produit - sans parler de l'absence des dimensions biographiques et morales qui apparaissent ainsi beaucoup moins omniprésentes qu'on ne le supposait chez un être parlant.
J'ai essayé de rendre compte de cette mise en cause de l’identité humaine à l’épreuve des chatbots dont les performances se révèlent basées juste sur la prédiction probabiliste du mot suivant - au lieu d'une causalité génétique, cognitive ou spirituelle. Cela oblige à tenter de reformuler la différence entre conscience animale, humaine et artificielle. Il faut maintenir que notre conscience humaine (la voix de la conscience) comme conscience morale se différencie largement d'une simple conscience de soi animale, mais tout en admettant une nouvelle continuité entre différents niveaux de conscience qui ne se recouvrent pas. Cela devrait empêcher de surévaluer notre propre intelligence, et après avoir dénoncé l'irrationalité d'Homo sapiens et la connerie générale, il faut finalement admettre que tout au contraire des croyances habituelles, c’est le Bien la cause du Mal (l'amour des siens, de sa famille, de sa patrie, de sa culture, de son idéologie, cause de la haine de l'autre), un mal spécifiquement humain au nom de récits collectifs trompeurs.
Cela m'a fait revenir sur le langage narratif comme ce qui caractérise réellement notre humanité "moderne" en nous faisant vivre dans la fiction, dans un monde humain à déchiffrer et habité de dieux, devenu un monde commun à sa communauté culturelle et non plus limité à l'environnement immédiat. C'est la véritable coupure nous distinguant des animaux dans notre évolution avec ses révolutions anthropologiques, évolution de nos moyens qui n'est pas entièrement à notre gloire pourtant, même si cela a pu initier les progrès culturels mais en partant de cet obscurantisme primitif. Ces pures fictions transmises religieusement de générations en générations sont aussi promesses de liberté, par rapport au donné immédiat, mais surtout d'une vie meilleure à venir. Il semble bien que, tout comme les jolis contes qu’on se raconte, une des fonctions du narratif social soit effectivement de nous peindre la vie en rose au milieu des pires conditions. La "Morphologie du conte" de Vladimir Propp permet d'en dégager les constantes universelles qui sont celles du récit initiatique (récit de formation, quête du Graal, roman familial) où le jeune héros, surmontant les obstacles et montrant son excellence, devient à la fin l'élu de sa belle (sa mère?).
Un des enseignements des Grands Modèles de Langage étant d'une approche holiste du langage, cela nous oblige à repenser le langage après ChatGPT, grammaire et logique lui étant immanentes, comme la phonologie, et non application de règles. Si l'irrationalité d'Homo sapiens s'explique par le langage lui-même, qui nous fait habiter des fictions plus ou moins délirantes et les répéter à l'envie, la difficulté est du coup de rendre compte de ce qui fait de nous un animal "rationnel", tout comme du progrès de l'Histoire. Cela ne peut se comprendre qu'à faire de la raison un produit de l'Histoire dépassée par l'évolution comme processus de rationalisation imposé par la pression extérieure (notamment par la guerre), ceci comme toute évolution, y compris technique - échappant aux volontés humaines, et faisant de notre espèce plutôt le produit de la technique. J'ai complété cet article par une critique de l’anthropologie philosophique qui n'est qu'une négation de l’évolution.
Ainsi s'achève cette première année hors du monde.
Guerres, IA génératives, travaux
(71 ans)
Ce n'est pas seulement à cause de la montée des populismes et des guerres que j'ai pensé utile de rappeler que toute négation est partielle, c'est aussi parce que cela s'applique à mon propre passé et "la fin du blog" - me donnant aussi l'occasion de critiquer l'anthropologie de Kojève et sa négation de la nature, en continuité avec l'article précédent. Je me tiens autant que je peux à l'écart d'une actualité désespérante de bêtise, où la vérité est devenue interdite. Tout de même, devant les attentes démesurées suscitées par les, certes extraordinaires, IA génératives, j'ai cru devoir réfuter l'idée d'un achèvement du savoir alors que les Intelligences Artificielles n'échappent pas à une dialectique cognitive. Pas plus que les humains, elles ne pourraient inventer des lois effectives et se passer de l'expérience - comme s'il n'y avait plus de monde extérieur, d'incertitudes, de questions. Le caractère incontournable de l'expérience m'a fait revenir à Francis Bacon qui faisait déjà de la méthode scientifique le seul remède pour l'avancement des sciences (et contre la connerie humaine). Malgré tout, même si les IA démontrent qu'on ne pense jamais par soi-même, elles manquent encore à ce jour de style et de profondeur, une petite news prenant date des premières déceptions des utilisateurs des IA génératives (conformément au cycle de la hype) mais on n'en est qu'au tout début. Devant le risque de l'extrême-droite (évité de justesse), j'ai cru devoir rappeler que nos déterminations n'effacent pas notre part de responsabilité, et contre les tendances autoritaires qui veulent les remettre en cause, qu'il faut sauver nos libertés qui répondent à des nécessités matérielles, notamment économiques. Dans la chaleur d'un mois d'août apathique, loin des jeux olympiques, j'ai éprouvé le besoin de clarifier la différence entre le langage et la logique souvent confondus dans le logos. Après un nouveau mois sans aucune publication, une possible explosion imminente en supernova de l'étoile Bételgeuse a été l'occasion d'un petit billet "Tout repenser avant la fin du monde", mais les scientifiques s'étaient trompés dans leur prévision ! Le dernier article de l'année sur Progressisme et dialectique rappelle, dans ces temps difficiles, qu'il y a toujours des cycles entre progressisme et réaction, avec des époques sombres et douloureuses mais qui n'arrêtent pas le progrès sur le long terme.
Trump, ChatGPT, Hegel, Après-coup
(72 ans)
Dans la prolongation du texte précédent, j'ai éprouvé le besoin d'éclaircir les origines de la dialectique hégélienne, de sa dynamique, dans la dialectique historique concrète alors que les pouvoirs autoritaires et régressifs gagnent tous les pays y compris les USA. Cela ne signifiant pas l'adhésion à tout le système, j'ai trouvé nécessaire de faire une critique précise de la Phénoménologie. Si j'ai fait ensuite un petit article sur Le début de l'Histoire à Sumer, c'était pour défendre l'hypothèse d'une population très mélangée d'immigrés plus ou moins récents, au lieu d'un peuple venu d'ailleurs, ainsi que le caractère déterminant du climat (et de la guerre).
Le côté chaotique de l'actualité depuis l'arrivée de Trump a inspiré l'article Rien ne se passe comme prévu, comme le veut la dialectique qui nous assure aussi que ça ne se passera pas non plus comme prévu pour les ennemis de la science et de la justice. Etant le dernier en date, cet article influencera la Synthèse du blog par ChatGPT : "Contre les illusions du récit, pour une pensée du temps, du réel et de la technique. Nous sommes coupés du réel par nos récits, nos techniques, nos attentes. Il ne s’agit pas de retrouver une présence perdue, mais de comprendre ce qui, dans l’expérience, résiste à nos projections". Cette synthèse fera ressortir ma conception de l’extériorité non comme altérité abstraite, mais comme structure rétroactive du temps dans l'après-coup, ce qui sera approfondi avec le texte suivant, intitulé Ontologie complété ensuite par celui sur La négation de la négation réintroduisant dans la négativité dialectique le moment essentiel de la réconciliation (synthèse) avant de revenir sur la dialectique historique rétrospective dont chaque prise de conscience refoule cependant l'historicité en récit séquentiel reconstitué. Le texte suivant, sur les trois dimensions du temps, la gravité et l’entropie, peut sembler plus anecdotique dans sa théorisation physique originale, mais continue cependant de penser l'imprévisibilité de la temporalité et de son après-coup, tout comme le texte suivant, très différent pourtant, sur le livre de Kojève, Sophia : la sagesse révolutionnaire, occasion d'une critique radicale de la mythologie révolutionnaire et surtout des dangers d'abandonner la dialectique dans l'illusion d'une histoire achevée. Cela m'amènera à clarifier la différence des systèmes de Hegel et Kojève.
La philosophie de notre temps (selon les IA), n'est pas vraiment un texte de moi mais, en multipliant les sources (ChatGPT et DeepSeek), on arrive à une zone de convergence philosophique contemporaine : une ontologie relationnelle (contre les substances fixes), une épistémologie de l’action (contre la contemplation pure), une éthique de la fragilité (contre les absolus métaphysiques), une politique du conflit régulé (contre les utopies closes), une orientation tragique mais féconde (contre la consolation facile). Je me suis lancé ensuite dans un récapitulatif de l'évolution d'Homo Sapiens qui s'est avéré reprendre les mêmes thèmes d'une "anthropologie de l’extériorité et de l'après-coup". Enfin, j'ai essayé de démêler les origines du christianisme, notamment à cause de la fascination d'Agamben entre autres pour Paul.
Trump, guerres, travaux, religions
(73 ans)
Dans la foulée de l'article précédent sur les origines du christianisme, j'ai examiné l'origine du zoroastrisme dans son rapport à l'empire Perse. Ces recherches m'ont permis d'élaborer les principes de l’évolution des structures religieuses et de substituer des causalités extérieures multiples à l'intériorité vécue dans le passage de l'animisme tribal ou païen au polythéisme des cités-Etats, avec leur dieu tutélaire (totem), avant les tendances monothéistes (jamais complètes) des empires qui doivent intégrer des populations diverses et sortir du clanisme, donc s'universaliser. Les hypothèses originales sur l'invention des dieux par des mélanges de populations immigrés sont assez nouvelles. Ces évolutions religieuses révèlent en tout cas leur distance avec le "Dieu des philosophes" et la spiritualité philosophique, permettant de préciser la conception "dualiste" qu'ont les philosophes de l'Esprit unifiant sous des appellations un peu différentes (ordre, absolu, Être et âme, conscience, être-là) les deux mêmes dimensions de la spiritualité : le rapport à la totalité (écologique) et aux autres (morale), spiritualité qui n'a cependant besoin ni de dieux, ni de religion.