Sortir du capitalisme

La crise a remis à l'honneur la nécessité de sortir du capitalisme mais la plus grande confusion règne sur ce que cela pourrait signifier et les moyens d'y parvenir. Pour certains, comme les partisans de la taxe Tobin ou de l'interdiction de la spéculation sur les prix, on devrait parler plutôt d'une sortie du capitalisme financiarisé et dérégulé qu'on a connu depuis 30 ans, tout comme pour ceux qui veulent un meilleur partage capital/travail et plus de protectionnisme. Pour d'autres, c'est le marché lui-même qui est en cause, voire la vénalité de l'homme, son individualisme ou son égoïsme. On fait appel aux valeurs, on voudrait moraliser le capitalisme et ses profits sans comprendre qu'il s'agit d'un système qui élimine ceux qui voudraient faire preuve d'un peu trop de moralité justement ! Bien sûr, de nombreuses mesures préconisées sont positives, qu'elles jouent sur les régulations, les normes ou la redistribution mais on ne peut parler en aucun cas d'une sortie du capitalisme.

Il ne fait pas de doute qu'il faut revenir aux analyses de Marx pour apporter un peu plus de rigueur à l'anti-capitalisme, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait reprendre les réponses étatiques que le marxisme-léninisme a voulu y apporter et qui ont été infirmées par l'histoire. On doit bien admettre que ce n'est pas aussi simple qu'on le croyait et qu'on ne fait pas ce qu'on veut. Il nous faut trouver d'autres voies pour sortir du salariat et du productivisme, de la détermination de la production par le profit tout comme de la marchandisation du monde.

La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une « immense accumulation de marchandises ».

C'est la première phrase du Capital qui commence avec l'analyse de la marchandise comme valeur-d'échange (son fétichisme). En rester là, cependant, c'est rater l'essentiel, c'est-à-dire la plus-value, elle-même d'ailleurs objet d'un malentendu universel à se réduire à l'exploitation (l'échange inégal) alors qu'elle est au principe du productivisme capitaliste, ce que Fernand Braudel appelait son dynamisme !

Qu'est-ce donc que le capitalisme ? Ce n'est pas que tout soit marchandisé, ni leur accumulation, ce qui est un fait, mais que les marchandises soient de moins en moins chères (Le bon marché des marchandises est la grosse artillerie qui abattra toutes les murailles de Chine). Le capitalisme, c'est, en effet, du capital qui utilise du travail salarié pour produire du capital (du profit) grâce au gain de productivité apporté par l'investissement capitaliste permettant de réduire le coût de production (le temps de travail par produit).

C'est un processus dynamique qui doit se renouveler sans cesse, sous la pression de la concurrence, par l'innovation technologique. Ce pourquoi on ne peut figer les positions et qu'il ne suffit pas de s'approprier les moyens de production, l'environnement concurrentiel étant bien plus déterminant que la volonté des dirigeants ou leurs valeurs. Ce n'est pas en éliminant les mauvais capitalistes qu'on aura un bon capitalisme, pas plus qu'on ne supprime la violence en éliminant les violents. Se focaliser sur les entreprises ou l'accumulation du capital est une vision statique recouvrant leur dynamique interne, ce qui les constitue en système et fait leur force, ce qui fait que ça marche et s'impose matériellement. Au-delà des faits, il faut comprendre la logique sous-jacente (le "cercle vertueux de la croissance" comme ses crises cycliques).

Ainsi, le salariat, qui n'est pas réductible au travail socialisé, est bien l'envers du capitalisme, ce qu'affirmait déjà "travail salarié et capital". On peut bien sûr parler de capitalisme commercial ou esclavagiste avant la révolution industrielle, quand il n'était pas aussi hégémonique, mais c'est bien le salariat qui spécifie le capitalisme comme système de production. Du côté du salarié, le capitalisme c'est la prolétarisation de ceux qui ne possèdent pas leurs instruments de production et qui, ne pouvant rivaliser avec la productivité des machines, ne peuvent plus vivre de leur travail sans se mettre au service du capital et de son productivisme. On peut dire que le capitalisme produit le chômage et la misère pour obliger les travailleurs à devenir ses salariés.

L'ouvrier vend sa force de travail parce que, ne disposant pas des moyens de production, il ne peut l'utiliser pour son propre compte. S'il n'était pas un libre citoyen, on ne permettrait pas au prolétaire de céder sur le marché une faculté personnelle telle que la force de travail (toute sa personne appartenant déjà, de droit, à d'autres). Mais s'il n'était pas dépossédé de toute ressource économique, il n'aurait aucune raison de la céder. Libre et dépossédé à la fois : l'indépendance juridique va de pair avec la dépendance matérielle. (Paolo Virno, Le souvenir du présent, p157)

Non seulement les salariés sont rendus dépendants du capital mais la production étant déterminée uniquement par le profit, elle s'arrête dès que l'entreprise n'est plus rentable, provoquant faillites en chaîne, chômage de masse et crises cycliques qui sont une des caractéristiques principales du capitalisme. Bien sûr, s'il ne faisait que produire du chômage et de la misère le capitalisme aurait disparu depuis longtemps. S'il s'impose c'est pour des raisons matérielles, pour son efficacité dans l'amélioration de la productivité et du niveau de vie. Seulement, on peut dire que, s'il s'impose par son productivisme, il dure ensuite par la société de consommation et c'est aussi pour des raisons matérielles, notamment écologiques, que cela ne peut plus durer. C'est de cette dépendance salarié/consommateur qu'il faut sortir pour sortir du capitalisme, ce qui veut dire sortir du salariat. C'est seulement en changeant le travail qu'on peut changer la vie vraiment mais l'enjeu écologique est bien là essentiel, même si cela ne parait pas prioritaire à première vue par rapport aux urgences du moment (ce n'est en rien une "critique artiste" mais une critique radicale et systémique, qui prend les problèmes à la racine en remontant aux causes et aux points stratégiques).

Dire que le productivisme n'est pas l'apanage du capitalisme ne change rien au fait qu'il constitue son moteur et qu'on ne peut sortir du productivisme et de la croissance qu'en sortant du capitalisme. Ne pas vouloir comprendre ce qui structure les entreprises en centres de profit, c'est s'illusionner sur la possibilité d'en changer la logique qui ne dépend pas du bon vouloir des acteurs encore moins de leur folie supposée mais de processus matériels, d'un système de production contraignant, de la pression des banquiers, des concurrents, des clients...

Il ne suffit pas de proclamer ses bonnes intentions écologiques, il faudrait pouvoir les traduire en alternative au productivisme capitaliste, en nouveau système de production. De même, si le capitalisme rencontre bien sa limite avec l'économie numérique qui met en crise ses catégories fondamentales (le travail, la valeur, le capital), comme l'affirme André Gorz dans son dernier texte, cela ne dit pas ce qui peut le remplacer, question qui l'a occupé constamment, en même temps que l'époque elle-même.

Il n'y a pas tellement de façons, en effet, de sortir du capitalisme. L'étatisation ou la propriété collective des moyens de production est apparemment la plus radicale mais, en fait, elle ne change pas grand chose au système de production ni aux rapports sociaux (au salariat) car c'est simplement l'Etat (la bureaucratie) qui se substitue aux capitalistes pour engager des investissements selon une logique relativement proche, bien que moins efficace et surtout au prix d'un enfermement insupportable.

On a voulu y remédier par l'autogestion, c'est-à-dire non pas la propriété collective mais le contrôle par les travailleurs de leur instrument de production, qui s'est révélée difficilement praticable, laissant relativement inchangée l'organisation du travail et ne permettant pas non plus de s'abstraire de la concurrence (ce que Murray Bookchin soulignait), faisant au fil des ans ressembler les coopératives de plus en plus aux entreprises marchandes pour arrêter de perdre de l'argent.

Une autre façon de sortir progressivement du salariat, soutenue longtemps par André Gorz, a été de réduire simplement le temps salarié pour augmenter le temps libre. La réduction du temps de travail a trouvé malgré tout assez rapidement sa limite autour des 35h et surtout, non seulement son application au travail immatériel s'avère plus que problématique mais il a bien fallu se rendre compte qu'en séparant le travail de la vie et de la sphère de l'autonomie, elle ne change presque rien au travail aliéné ni au productivisme du système qui peut même s'en trouver aggravé !

Comme André Gorz l'avait compris à la fin des années 1990 avec Misères du présent, richesse du possible, il faut sans doute prendre les choses d'un autre côté, en partant non pas de la consommation, ni de la propriété, mais du travailleur et de la production, d'abord en délivrant les travailleurs de l'obligation d'être salariés d'une entreprise capitaliste. Cette véritable "libération du travail", qui n'a rien à voir avec une fin du travail absurde et une vie de consommation de loisirs marchandisés, se doit au contraire de donner aux travailleurs les moyens d'un travail autonome, moyens financiers et organisationnels, afin de réaliser dès maintenant l'objectif final, qui n'est plus si utopique, du développement humain et d'une sortie du capitalisme : "de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoin".

Le salariat s'est imposé en privant les travailleurs de ressources et de l'accès aux communaux (enclosures). Afin de se passer des entreprises capitalistes, sortir du salariat capitaliste et productiviste, il faut donc impérativement un revenu garanti "suffisant" pour être un "revenu de résistance" capable de démocratiser le travail autonome et de nous faire passer du travail subi au travail choisi. C'est d'ailleurs dans une large mesure le travail immatériel, son exigence d'autonomie comme sa précarité ou ses intermittences, qui rendent ce revenu garanti non seulement possible mais indispensable, tout comme ce qui a pu permettre l'abolition de l'esclavage, c'était que des salariés étaient devenus plus productifs que des esclaves.

On ne peut s'en tenir au revenu garanti, dont le but, comme on l'a rappelé, n'est pas la simple consommation de marchandises, il faut organiser la production alternative. Le travail autonome a besoin en effet d'institutions comme des coopératives municipales afin de valoriser les compétences, favoriser les coopérations ou les échanges de proximité et fournir tous les moyens d'un développement humain (formation, conseil, financement, assistance, coopérations, etc.). On ne peut laisser les travailleurs isolés comme si tout le monde était naturellement autonome et que notre autonomie ne dépendait pas des autres. Surtout, il faut organiser la production locale.

La relocalisation est primordiale, non seulement pour se soustraire à la mondialisation marchande mais au moins autant pour réhabiter nos territoires. La sortie du capitalisme et de la société de marché réclamée par les altermondialistes passe par une relocalisation de l'économie dont les monnaies locales sont l'instrument privilégié, monnaies "fondantes", peu familières, qui ne sont pas thésaurisables mais qui sont un élément essentiel du changement de système et de reconquête du pouvoir monétaire. Cet aspect forcément local de la relocalisation suit une logique fédérative (bottom-up) qui a l'avantage de pouvoir s'expérimenter sans attendre pour peu que les conditions locales s'y prêtent.

Rien qui ressemble à ce qu'on présente d'ordinaire comme l'anti-capitalisme. D'autant plus si on joint au tableau gratuité numérique et logiciels libres qui se justifient par des raisons techniques mais sont une façon supplémentaire de se soustraire au marché (bien que cohabitant avec le payant et la publicité). Il y a, c'est indéniable, un capitalisme numérique (Google), très différent du capitalisme industriel et détaché de la valeur-travail, mais il faut bien dire que les business model ne sont pas légion, c'est un domaine où de vastes zones peuvent être des biens communs. Si la sortie du capitalisme reste partielle à chaque fois, c'est du moins la fin du totalitarisme du marché.

On attaque ainsi le capitalisme sur plusieurs fronts à la fois, réduisant d'autant son périmètre et son caractère hégémonique ainsi que ses capacités de nuisances. Le travail autonome est bien l'exil de la société salariale et une véritable alternative au capitalisme productiviste, transformation révolutionnaire de la société et des rapports sociaux même si ce n'est pas la fin du capitalisme dans une économie plurielle. On aura même bien besoin sûrement d'un capitalisme vert pour accélérer la transition énergétique et ne pas trop détériorer le climat, ce qui n'est pas une raison pour renoncer à le cantonner à l'industrie. Pour le reste, il faut conjuguer réduction des inégalités, renforcement des services publics, secteurs protégés et régulations pour ne plus se laisser faire, mais en premier lieu, il faut que ça marche et ne pas faire n'importe quoi !

Il y a en tout cas au moins 4 axes principaux qu'on peut combiner en système alternatif pour sortir du capitalisme, du salariat, du productivisme et de la société de marché : travail autonome (revenu garanti, coopératives), gratuité (numérique, biens communs), relocalisation (monnaies locales, coopératives) et secteurs protégés (services publics, médecins, etc.).

Débat EcoRev' du 25 janvier "Penser l'après capitalisme avec André Gorz" avec Yann Moulier-Boutang et Hervé Kempf

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44 réflexions au sujet de « Sortir du capitalisme »

  1. Sur qui compter pour un revenu garanti? Pas Sarko sûrement puisque q'une obole pour les chômeur en fin de droit s'apparente déjà pour lui à de l'assistanat! Le P/S? Les retraites ne peuvent perdurer sous cette forme qu'en travaillant plus longtemps aux dernières nouvelles, alors financer une telle mesure se fera sans eux. Ces deux partis sont vraiment de plus en plus complices!...
    Le nouveau parti de Mélenchon draguant sans cesse le PC de Marie-Georges qui lui même ne propose rien d'autre, comme le npa d'ailleurs, qu'instaurer partout le Bien absolu... Peut-être est-ce une simple tactique en vue des élections, mais il faut bien se rendre compte que la politique politicienne rebute de plus en plus les gens. Pourtant, si les choses ne bougent pas avant le vieillissement de la population, qui signifie "tirons à vue sur les assistés", les carottes seront carbonisées...Mais merde, la gauche a bien mis en place le RMI il n'y a pas si longtemps... ça manque sérieusement d'ambition à gauche! Tellement que parfois Sarko la droite dure paraît plus à gauche que le p.s.
    Sinon peut-on imaginer qu'une région mette en place le RMG, en supposant que le financement soit là?

  2. Je suis d'accord sur tout sauf les monnaies locales. Je suis d'accord qu'on peut passer par le troc quand la monnaie n'est pas nécessaire (par exemple échanges entre voisins), mais passer par des monnaies locales je trouve ça stupide.

  3. @herman : Je pense aussi qu'il n'y a aucune chance que ça se fasse à court terme, j'ai conscience de parler dans le vide, parler de ce qu'il faudrait pas de ce qui est, ne faisant que des déductions trop logiques sans doute. Comme je l'ai déjà dit, je ne pense pas qu'on évite une catastrophe et qu'il faut que ça ne marche plus pour pouvoir changer les choses. Tout peut changer assez vite dans cette période de crise (on n'a rien vu encore).

    C'est compliqué le revenu garanti au niveau de la région mais Yann Moulier-Boutang avait défendu un projet de revenu garanti au niveau de Paris lors d'une campagne municipale. C'est un peu ambitieux mais ce sont les contraintes matérielles qui amènent à l'extension des garanties de revenu déjà largement existantes et seulement très insuffisantes. Ce sont les plus pauvres qui trinquent et pour qu'on prenne en compte les plus pauvres, il faut toujours une insurrection (qu'on ne voit pas venir).

  4. c'est très beau tout cela. mais qui et comment toutes ces réformes peuvent être mise en place? les politiques existantes ont plus que démontré qui elles servent réellement. quelle autorité pourra imposer des tels changements?

  5. Comme je le dis, ce n'est pas pour tout de suite et ça ne se fera pas tout seul et dépend de la reprise de ces revendications par les mouvements sociaux. Pour les monnaies locales qui sont indispensables (comme monnaies complémentaires qui ne remplacent pas l'euro bien sûr), cela se fera au niveau municipal. S'il y a de graves désordres monétaires comme en Argentine il y a quelque temps et comme on peut le craindre pour les années qui viennent, cela peut se faire très vite.

  6. Tout à fait d'accord avec la création de monnaies locales. Il me semble que c'est une condition indispensable à la relocalisation des échanges. Historiquement, on a vu de tels phénomènes se produire à la suite de crises monétaires importantes comme au IIIe siècle et au XIVe siècle de notre ère.
    Les pertes de ressources financières des collectivités territoriales (suppression de la T.P.) vont peut-être accélerer le mouvement de création monétaire locale (qu'elle soit fondante ou non).

  7. je me suis toujours étonné, depuis bien des années, que les systèmes d'échange locaux, le troc, et l'économie sociale et solidaire ne se soient pas davantage développés, en réponse à ce capitalisme prédateur sans morale et sans opposition, à droite comme à gauche. il;est urgent de résister... autrement.

  8. Les SEL et l'économie solidaire ne peuvent cependant se mettre en place sans des structures collectives (association, commune, région). Les bonnes volontés de quelques individus ne sont donc pas suffisantes pour la viabilité de systèmes alternatifs. Tant qu'il n'y aura pas une prise de conscience collective et massive (ça va être long).....

  9. Bonsoir et merci pour cet article.

    Quelle serait votre argumentation face à la (prévisible) remarque suivante:
    "Si l'on fournis un revenu "minimum" à tout le monde, alors plus personne ne va travailler et nous ne produirons plus assez de richesses pour générer l'argent nécessaire à la distribution de ce revenu "minimum"".

    r0d, de madrid.

  10. @r0d

    Bonsoir
    Si je peux me permettre de répondre avant même notre hôte, voici
    D'abord, ce revenu serait minimum.

    Donc ne il suffirait qu'aux gens acceptant une vraie frugalité de vie, hors la misère, mais de l'ordre d'une certaine pauvreté quand-même.
    Ensuite, nombre de gens découvriraient dans leur temps désormais libre (et sans qu'ils aient les moyens de se vautrer passivement dans la consommation) mille raisons de pratiquer des travaux ou actions non marchandisées, d'entra'aide, de partage non mesuré des tâches etc.

    Ce qui engendrerait beaucoup de services et même de biens gratuits ou de coûts minuscule (Un exemple, on peut en faire 100 de la même eau : au lieu de dépenser sa semaine d'usine ou de bureau en un jouet couteux et + ou - sinistre pour le noël de son môme, on peut demander à un artisan habile de nous aider à en réaliser unique, beaucoup plus chouette et à charge de revanche pour un travail ultérieur dont l'artisan aura besoin. Impôts et taxes= zéro, occase de se rencontrer avec d'autres gens ayant d'autres compétences, et véritable synergie (et non conflit) entre les intérêts personnels ET le bien commun.

    Baisse collective de la cupidité, tendance générale au partage de l'astuce technique et du savoir faire, et réel enrichissement de tous, etc

    Présenteé sous cette forme, forcément simpliste, cela semble de l'utopie.

    Mais le vrai obstacle, il est surtout en nous, quand nous préférons raciociner sur le possible et l'impossible et ne rien faire,

    alors qu'il nous suffit, pas à pas, d'amorcer la pompe, par petites touches, en multipliant autour de soi les propositions de service aussi bien qu'en sollicitant autrui pour nos propres nécessités, et en se déclarant à leur disposition.

    L'expérience individuelle montre que c'est assez facile, et le collectif suivra peu à peu dans nos entourages. Faut du temps.

    On ne projette plus sur les autres leur cupidité quand nous nous débarassons nous-même de celle-ci ...

    Il n'y a PAS à rechercher d'état final d'utopie accomplie, (rêve creux, voire nuisible) seulement à marcher dans la direction qui nous semble honnête et moralement viable à long terme ...
    J'espère avoir un peu répondu à votre question.
    Amicalement

    Chomp'

  11. Non, en fait je n'ai pas répondu précisement à votre question. L'engendrement de ces sommes, il se trouverait dans toutes sorte d'allocations désormais supprimables, rsa, minima vieillesse, etc (remplacées par le rmg), dans un impot juste (pourquoi limiter l'impôt à 50% des revenus chez des gens qui ne se scandalisent jamais de gagner 150 ou 200 fois le salaire de leurs employés, par exemple ?) Réaliser un service public de gratuité des soins simplifierait monstrueusement tout le système démentiel de contrôle et de cotisations actuelles, les quelles pourraient être globalement diluées dans l'impôt, etc etc

    De bien plus rusés économistes ont planché là-dessus, je ne répondrai pas aussi bien, mais l'idée d'un rmg n'est absolument pas injouable économiquement.

  12. Evidemment, la première question que pose un revenu garanti, c'est la crainte qu'il mène à ne plus travailler du tout. C'est d'ailleurs la même crainte qui s'était exprimée lors de l'abolition de l'esclavage, comme si c'était la paresse qui nous caractérisait plus que le désir de reconnaissance.

    On peut argumenter de multiples façons, notamment par le fait qu'il ne s'agit que d'un revenu faible, bien que devant être suffisant pour vivre, mais il ne s'agit pas de se payer de mot en niant les problèmes qu'il faut prendre à bras le corps au contraire. Je me distingue de la plupart des partisans du revenu garanti par le souci d'organiser le travail autonome, de procurer les moyens de valoriser ses compétences car le but du revenu garanti, c'est bien le travail autonome, la production alternative se substituant à la production marchande et non la consommation de marchandises.

    Je serais même plutôt contre un revenu garanti comme mesure isolée. Pas autant que Félix Leclerc qui chantait que "la meilleure façon de tuer un homme, c'est de le payer à ne rien faire", comme si chanteur, c'était un métier, et comme si les riches étaient si malheureux d'être rentiers !

    Il y a cependant des exemple bien connus, comme les indiens d'Amérique ou des Eskimos bénéficiant d'un revenu d'existence et dont une grande partie ont sombré dans l'alcool (tout comme un certain nombre de chômeurs ou d'assistés chez nous). Il y a des raisons à cela, mais il faut en tenir compte et compléter le dispositif avec des coopératives et des monnaies locales, s'occuper activement de donner des débouchés et des incitations. Dès lors, même si on peut argumenter là aussi qu'il y a déjà tout un arsenal assurant un revenu garanti (allocations familiales, bourses, chômage, retraites, etc.) et que donc il est finançable, la question ne se pose plus vraiment s'il assure une production effective et ne se réduit pas à une consommation passive. C'est au contraire une mise au travail de capacités inemployées qui devrait augmenter la richesse sociale en même temps que cela réduit les inégalités.

    Il faut ajouter, qu'il est probable que les jeunes ne seront pas incités à intégrer trop rapidement la vie active mais c'est déjà le cas, ils doivent se former, voyager et découvrir la sexualité à cet âge. Il ne faudrait pas cependant donner une vision trop idyllique du revenu garanti comme du travail autonome qui ne sont qu'un progrès mais ne suppriment pas tous les problèmes liés au travail, toujours difficile, et à la compétition qui met la pression.

  13. Oui, sans compter que la capacité à ne rien faire sans littéralement se faire chier n'est pas donné à tout le monde! Et des gens qui touchent de l'argent à ne pas travailler, on en trouve à la pelle, et le plus souvent, ce sont justement ceux qui ont choisit leur emploi dans lequel le plaisir prime et n'est donc pas un travail.

  14. Salut Jean,
    je suis vraiment content d'être tombé sur cet article, car la question que tu traites m'obsède. Je suis bien content de voir qu'on tombe sur la même conclusion : "le travail autonome". Et tu rajoutes ici des pistes pour rendre ce dernier faisable. Merci.
    J'aimerais enfoncer le clou pour tout le monde en disant que le libéralisme ou ses adversaires, le communisme ou le protectionnisme, sont des choix de société. On peut décider de vivre selon ces modèles, que cette option soit prise de manière démocratique ou imposée de manière autoritaire. Mais il n'en est pas de même pour le capitalisme ; il nous est imposé. Comme toi ou Raymond Aron dans Dix-huit leçons sur la société industrielle le dites d'ailleurs, le communisme, malgré ses intentions, ne protège pas du productivisme.
    Non, le capitalisme est le fruit inexorable de l'invention de la machine à vapeur et de l'industrialisation qui s'en est suivi au dix-huitième siècle. Les artisans de l'époque, incapable de se procurer eux mêmes les nouveaux et meilleurs moyens de production ont été contraint au prolétariat sous l'hégémonie d'une bourgeoisie seule capable de financer les usines.
    Ce sont donc bien, et effectivement c'est Marx qui aide à cette réflexion, les moyens de production qu'il faut faire évoluer. Si l'on veut agir, ça serait peut-être donc en tant que chercheur et ingénieur. Il faut trouver une technologie pour que chaque homme puisse subvenir à ses besoins de manière autonome. Je ne saurais dire quoi que ce soit de plus pragmatique sur ce point à part que l'Internet parait être une piste pleine d'espoir.
    A titre intellectualiste, j'aimerais rajouter que la révolution du néolithique a profondément modifier la vie, même la vie sauvage, les forêts et tout ce qu'on considère comme naturel étant pour la plus grande part le résultat de l'action de l'homme sur son environnement durant des millénaires. Il en sera de même pour la révolution industrielle, si les projets présentés ici ne sont pas mis en oeuvre. On n'a pas idée de tous les bouleversements sur nos vies, en bien ou en mal, que va générer la révolution industrielle de 1750. Le vingtième siècle nous a déjà laisser goûter aux effets de l'exode rural. Un village, c'était un endroit où tout le monde se connaissait et où votre rôle y était clairement défini. Un espace particulièrement sécuritaire. Une ville, c'est votre individualité aux prises à la solitude, et l'angoisse de ne pas bien savoir qu'elle est notre place dans ce foutoir.
    Le vingtième siècle enseigne aussi la "production en masse de la civilisation" selon l'expression de Claude Levy Strauss. Soit l'extinction de la diversité des modes de vie qu'avait trouvés l'Homme jusqu'alors pour être remplacé partout par le mode de vie qu'on appellera le salariat.

  15. La solution le plus simple qui soit, est de supprimer la possibilité de gagner de l’argent avec la monnaie, c’est-à-dire, d’interdire purement et simplement la spéculation, l’usure, l’intérêt, le crédit sur le crédit. De fait, si nous conservons le salaire (la transformation de l’activité vitale humaine en marchandise), celui-ci ne représentera plus que
    une équivalence
    un contrat et le tout discuté, car si l’acheteur (en resterait-il dans ce cas là ?) se verrait confronté au vendeur de "sa force de travail", le vendeur n’a PLUS tant besoin de monnaie qu’auparavant pour vivre, puisque, on le sait, entre 2 et 8% de ce que ce salarié crée produit entre 98 et 92% de l’argent fictif, issu du crédit sur le crédit, l’usure, etc.

    Ensuite c’est de ne produire cet argent QUE selon les besoins de production : l’argent DOIT équivaloir à SA réalisation DANS une production réelle, tangible : une route, un fromage, une école, le temps passé par un médecin à soigner des malades. C’est dans cette seule MESURE que l’argent doit être créé. Et cela ne peut être qu’en un retour à la prérogative de l’État, ou une organisation ad hoc, que de CRÉER cet argent, et non pas aux banques, comme aujourd’hui, par le crédit sur réserve de banque (le crédit sur le crédit sur le crédit sur le crédit : voir un résumé dans "L’argent dette").

    Et, finalement, se pencher sérieusement sur la relation immédiate entre l’angoisse liée à la sexuation et sa satisfaction et l’accaparement monétaire de la vitalité de l’autre ou la propension de combler cette angoisse par l’acquisition morbide, compulsive ou cupide.

    Alors on pourra peut-être s’en sortir, si on en a le temps, car tout pourri à une vitesse démentielle !

  16. Il ne manque pas de solutions simplistes (et de théories simplistes comme l'argent-dette que j'ai critiqué) comme je sais bien que mes propositions (celles de Gorz ou du Grit) paraissent aussi farfelues et irréalisables, je ne peux guère argumenter, seulement le fait que c'est le résultat de longues années d'analyse de la mutation informationnelle, d'expériences effectives et de nombreux textes mais il est vrai par un petit nombre d'intellectuels marginaux, donc on peut penser légitimement que ce ne sont que des conneries. La seule chose qu'on peut dire, c'est que la revendication farfelue d'un revenu garanti insiste malgré tout et parait déjà moins farfelue qu'il y a 10 ans. Les monnaies locales se multiplient. L'avenir dira si ce n'est qu'une utopie aussi inutile que les autres...

  17. @Jean Zin : C'est pas gentil de prononcé le mot "simpliste" lorsque, précisément, le déni du crédit est le crédo des monnaies locales.
    Vous vous pensez seul lorsqu'on ne formule pas les choses à votre manière. C'est dommage.
    Et puis j'ai parcouru votre "critique" de "L'argent dette". Dans ce film, il ne s'agit QUE de montrer la CRéATION de la monnaie, par QUI et COMMENT. La monnaie n'est pas créée par les prolos, on le sait, mais bien par ceux qui n'ont pas d'implication pratique dans la vie quotidienne ; ce n'est pas le boulanger,, le plombier, la caissière, le médecin qui créent la monnaie, mais bien les banques : il n'y a donc pas de supercherie dans ce film. Ce que dit ce film est simplement : NOUS ne maitrisons pas la création de la monnaie, mais quelqu'un d'autre sur lequel NOUS n'avons pas d'emprise : cela n'est pas un faux dans un moment du vrai.
    Il est par conséquent étonnant que vous n'ayez pas sauté sur l'occasion de dire : c'est à NOUS de créer la monnaie, comme votre revendication des monnaies locales, au lieu de dénigrer ce film et d'en montrer l'aspect positif.
    Et c'est précisément cela qui m'étonne, tout comme l'emploi du mot "simpliste" : la lecture n'a pas été jusqu'à la fin de mon message qui parle de la relation entre NOUS, de l'acquisition morbide, du désir d'acquérir toujours et encore AU-DESSUS de l'autre et sans considération pour lui.
    C'est pour cela que je réponds à votre remarque.

  18. impérial ce petit déroulé , juste assez mais pas trop pour les mouvements sociaux . vous avez sans doute raison de parier sur eux . plutôt que de s'enfermer dans des débats indécidables sur le protectionnisme ou pas , le localisme ou le souvrainisme .....

  19. @A BAS LE TRAVAIL ! : Je ne suis pas gentil, c'est un fait, et d'ailleurs la politique tout comme le travail intellectuel sont des domaines conflictuels d'une grande violence. Ce n'est pas parce que n'importe qui peut avoir raison aussi bien qu'un autre en bon droit démocratique que toutes les opinions pourraient être compatibles dans un relativisme généralisé absurde.

    Quand on parle de "la solution la plus simple" on s'expose effectivement à l'accusation de simplisme, qui s'applique aussi au commentaire précédent assez surréaliste sur les visioconférences qui pourraient nous sauver !

    Il est un fait que le succès de l'argent-dette est dû à son simplisme un peu débile, qui s'appuie comme tout délire sur une parcelle de vérité. Je ne suis pas un homme politique et ne fais pas de propagande, donc je n'utiliserais jamais de faux arguments pour soutenir une cause, attachant trop d'importance à la vérité et critiquant toujours mes propres partisans (seule la vérité est révolutionnaire). Mon travail est critique, insupportable sans aucun doute, pas de fabriquer du faux consensus sur des non-dits, des ambiguïtés, des malentendus. Ce n'est pas ici qu'on trouvera approbation ni une quelconque consolation de notre rationalité limité et de notre inhabileté fatale, dont il faut tenir compte au contraire pour en rabattre de nos prétentions. Il s'agit de se maintenir sur la crête étroite des possibles et ne pas s'égarer dans la projection de nos propres désirs.

    Nous avons effectivement à créer notre monnaie (il suffit de faire un SEL pour créer de l'argent-dette) et retrouver un pouvoir monétaire, pas besoin pour cela d'une théorie complotiste de la monnaie alors que j'insiste sur la dimension systémique d'un système de production qui ne se réduit pas au monétarisme. Je ne défends ni le revenu garanti comme mesure isolée, ni les monnaies locales comme but en soi et je réfute le fait que ce soient notre cupidité ou notre égoïsme qui seraient déterminants mais les rapports de production spécifiques à un système de production.

    On n'est donc pas d'accord, je ne peux dire le contraire. Je fais quand même amende honorable en reconnaissant que les idées défendues ici peuvent aussi être considérées comme farfelues avant examen plus minutieux. Je ne peux faire mieux et dire que des analyses qui m'apparaissent fausses ne le seraient peut-être pas mais pensez donc ce que vous voulez si mes raisons ne vous paraissent pas bonnes !

  20. @A BAS LE TRAVAIL ! :
    Une émission sur "l'argent-dette" sur le site d'arrêt sur image, l'accès est payant:
    Un prof d'éco., un journaliste éco.et un historien des images sont présents sur le plateau et en relisant la critique faite par Jean, je m'aperçois que c'est la même qu'en fait le prof.d'éco.( animateur du blog "éconoclaste). Celui-ci parle notamment de l'absence dans le film de la destruction de monnaie inhérente à sa création, du mensonge sur l'histoire de la création de la monnaie et du caractère complotiste de ce film qui a bien "marché" car il répond à nos préjugés...Il précise aussi qu'il ne parle en 52 mn d'un sujet qui ne fait que 3 pages dans un très gros volume d'économie et ne convainc que les non-initiés...
    comme moi avant de voir cette émission et de lire la critique de Jean...

  21. .@A BAS LE TRAVAIL !. "le crédit sur le crédit sur le crédit sur le crédit : voir un résumé dans "L’argent dette"."
    Au contraire "l'argent-dette"n'en est pas le résumé, mais veut faire croire que tout se résume à ça...

  22. intéressant texte.

    Mais je ne me rappelle pas avoir lu chez Gorz, une notion de 'travailleur autonome', mais plutôt l'émancipation de l'homme face au travail.

    Il semble d'ailleurs, à lire les commentaires, que le conservatisme de la pensée sociale est le premier combat vers cette démarche.
    On ne peut pas continuer à traiter de fainéant celui qui ne travaille pas, c'est du grain à moudre pour la classe dirigeante. Il faut accepter que celui qui ne 'veut' pas travailler, ne le peut simplement pas. Il ne doit pas être vu, ni vivre comme un sous-citoyen ou un sous-homme ; c'est contraire à toute pensée humaniste et peut avoir des relents d'eugénisme.

    Soulagez-moi d'un doute, autonome ne veut pas dire indépendant ?
    La coopération, structurelle ou conjoncturelle, doit aussi être un modèle de 'travail' émancipateur. De mon point de vue, c'est même le meilleur modèle existant capable de dépasser l'entrepreneuriat capitaliste.

  23. Il y a plusieurs périodes chez Gorz et une ambiguïté du fait qu'il utilise "travail" à la place de "salariat" mais l'essentiel de sa réflexion, surtout à partir de "Métamorphoses du travail" (son livre le plus lu sans doute) est bien l'autonomie opposée à l'hétéronomie, le fait pour un travailleur de faire ce qu'il fait en sachant pourquoi il le fait et en voyant le bout de ses actes. C'est surtout les propositions de "Misères du présent, richesse du possible" (trop méconnu) que je reprends où il y a le basculement de la RTT au revenu garanti, de la sphère de l'autonomie (temps libre) à l'activité libre (présentée comme sortie du salariat et du travail-emploi).

    Je ne prétends pas être un disciple de Gorz dont je reprends beaucoup mais non sans critiques, insistant notamment sur le fait qu'il s'agit bien d'un travail toujours, loin d'une fin du travail précipitée, et non d'une simple activité car la valorisation reste essentielle à la reconnaissance sociale. Gorz là-dessus restait ambigu et parlait beaucoup d'autoproduction, ce que je rejette au nom du travail virtuose. Je ne garde pour ma part que le travail autonome comme horizon actuel, nécessité du travail immatériel hypertechnique.

    J'ai écrit un article sur autonomie et dépendances montrant effectivement que l'autonomie ne peut être une complète indépendance qui n'a aucun sens mais il suffit de voir ce que je propose qui exige explicitement de ne pas s'en tenir au revenu garanti mais d'organiser le travail autonome dans des coopératives. Sinon, en général, je peux conseiller de lire les autres articles sur ces sujets pour avoir des précisions qui sont minimales ici.

  24. Bonjour,

    Mon avis vous paraîtra peut être un peu dure, mais j'aimerais avoir votre avis:

    Le capitale produit des marchandises dans le but de l’échange, pour être vendue donc.
    Cela semble simple mais implique énormément de choses.
    Alors, si l’on veut se défaire du capitalisme, attaquons nous à cette base et détruisons cette production pour l’échange et produisons pour l’usage de tous et chacun.
    Tant que quelqu’un, une organisation petite ou grande, produit dans le but de vendre (de l’échange), la société est un terrain fertile au capital et celui-ci reviendra au pas de course.
    Le capital par essence n’est pas contrôlable, dirigeable, planifiable. Il a ses lois naturelles propres.
    Jamais dans l’histoire rien ni personne n’a pu le contrôler. Ni l’urss, ni la sociale démocratie, ni tous les pseudo-régimes qui se disent populaire, ni les grandes puissances économiques ne peuvent prévoir et empêcher une crise, éviter le gaspillage, contrôler la concurrence, empêcher les pressions sociales sur les salariés, distribuer équitablement les ressources, éviter les guerres, organiser et diriger la production pour éviter les catastrophes écologiques.
    Le capital depuis longtemps tisse un réseau mondial d’échange et de production toujours plus important, à l’image de l’intensification de la division du travail. Une unité de production d’automobile en inde, par exemple, est dépendant de travail venant de la planète entière. Rien qu’un plat de moule a déjà voyager plus que ne le fera les communs des mortels.
    Cette mondialisation n’est pas due au hasard ou aux caprices de 3 riches bourgeois. Elle représente simplement le sens dans lequel l’économie capitaliste améliore son efficacité.
    A partir du moment où la production est destinée à l’échange, un profit est possible au dépend des autres. A partir du moment où un profit est possible, il y aura toujours quelqu’un pour le réaliser et le capital peut se développer. Il faut donc détruire l’organisation capitaliste à la base et reconstruire une société sur de nouvelles bases qui, par sont organisation, sa structure, ne permettent plus l’exploitation de l’homme par l’homme.
     
    Les solutions que vous proposez, dans ce contexte, me semble être une tentative d’adoucir, d’affaiblir le capitalisme, et de construire en son sein une société plus juste.

    Affaiblir, en effet, car pour réussir à avoir une allocation universelle digne de ce nom, de grande lutte sociale devront être menée. Les capitalistes accepteront (s’ils acceptent !) cette réforme seulement s’ils sont dos au mur avec le canon du fusil dans la bouche...

    Dans cette position, vos réformes seront pour eux une chance incroyable de se refaire des forces et de s’améliorer avant de se remettre au combat, car, tant qu’il sera possible de faire du profit, ils en feront un maximum. Et si ce ne sont plus eux, ce seront d’autre plus efficace encore.

    Et finalement, ces réformes mèneront seulement les luttes dans une impasse et il faudra recommencer.

    merci de me faire part de vos réaction, et si vous pouvez me convaincre du contraire, j'avoue que je serais soulager.

  25. Pour les coopératives locales employant des virtuoses, je manque d'imagination sans doute, mais de quels types de virtuoses s'agirait il dont aurait besoin une économie locale, mis à part médecins, métiers du bâtiment, droit, artisanat, bref des libéraux ?

    Dans la recherche publique ou privée, les virtuoses sont employés par des entités très spécialisées localisées à des endroits précis pas si nombreux pour un domaine particulier.

    Obligeant au déménagement pour pouvoir exercer son expertise et seul un autre déménagement, lointain souvent, permet en général de changer d'employeur.

  26. Sinon une conf :

    http://www.dailymotion.com/video/xb...

    A part son élégance, je ne vois pas bien l'apport stratégique que peuvent apporter les discours de M Canto Sperben qui me fait l'effet d'une prêtresse incantant les vagues espoirs passés.

    Oui oui, la justice, la régulation etc... mais on fait comment pratiquement ?

  27. @olaf : Oui! Quelle elle belle, la femme qui va lire son texte pour épeler les mots qui ne viendraient pas tout seuls, tellement c'est du catéchisme auquel pas une seconde elle ne croit! Olaf, avez-vous bu? Moi oui!...

  28. @rose88bud : André Gorz partageait cette même utopie de l'autoproduction, que j'appelle utopie car sans contester les bienfaits du travail manuel et de consommer ce qu'on a produit, il ne me semble pas que ça puisse aller bien loin même en ajoutant bricolage, jardinage et imprimantes 3D permettant de concevoir ses propres produits. C'est sans doute aussi parce que je ne suis bon à rien mais je crois l'échange nécessaire, la division du travail nous tenant ensemble et permettant de profiter tous de talents différenciés, ce que j'appelle le travail virtuose qui n'a pas besoin d'être d'un niveau international pour bénéficier à ceux qui n'ont pas acquis ce type de compétence. La civilisation (la ville) se confond avec la spécialisation, la division du travail qui n'est pas toujours aussi aliénante que la parcellisation des tâches, ce qui est tout autre chose.

    Dès qu'il y a un problème, on voudrait le supprimer complètement mais presque toujours on ne peut que le réduire, l'adoucir. Je ne vois aucune possibilité d'abolir le capitalisme et les échanges marchands au niveau mondial, or j'essaie de parler des possibles même si ce n'est pas dans l'immédiat mais sur le long terme. Il est vrai que le capitalisme semble irrésistible et incontrôlable mais ce n'est pas vrai, ou plutôt, c'est cyclique et il ne faut pas absolutiser le moment présent. On refait 1929 après des années folles de libéralisme débridé tout comme on peut refaire le new deal et les 30 glorieuses après, mais aussi les fascismes et les guerres qui ont accompagné le retour de l'Etat. Cantonner le capitalisme à une industrie déclinante et le réguler est à notre portée, bien que cela exige un rapport de force mais l'ère du numérique joue en notre faveur.

    On peut toujours ajouter autoproduction et autarcie à la sortie du salariat même si je crois que cela restera marginal mais, en tout cas, ce n'est pas ça qui supprime le capitalisme et les échanges marchands : il ne suffit pas de se retirer du jeu ! et croire que tout le monde fera comme nous n'est pas raisonnable étant donné nos diversités. Il est plus important de constituer des circuits alternatifs internationaux et raisonner dans une économie plurielle.

    Il est certain enfin qu'à la fois un revenu garanti suffisant ne pourra être obtenu sans luttes (tout comme les congés payés ou la hausse des salaires) et qu'il sera finalement bénéfique au capitalisme en stabilisant la demande (tout comme le fordisme a été favorable à la société de consommation). Il ne faut pas exagérer la difficulté car le revenu garanti existe déjà, il est seulement insuffisant et orienté uniquement vers le salariat.

    Je m'élève contre l'idée qu'il faudrait un monde parfait et que pour résoudre les problèmes de l'heure, il n'y aurait pas d'autre issue qu'un paradis imaginaire. Ce ne sera jamais la fin des luttes, il y aura toujours des injustices à réparer et qu'on ne pourra laisser-faire. La liberté ne s'use que si on ne s'en sert pas et il y aura toujours des pouvoirs ou des intérêts à combattre. S'il y avait une solution finale ce serait effrayant, mais il n'y en a pas, il ne s'agit que de tirer le meilleur parti des circonstances et d'explorer les possibles, voir ce qui serait praticable. J'admets que cela n'a rien d'évident que ces alternatives locales soient praticables. Je n'en suis que modérément persuadé (ce ne sont pas mes idées que je ne fais que reprendre et systématiser) mais en tout cas je n'en vois pas d'autres qui ne soit pur fantasme...

  29. @olaf : Il ne faut pas prendre au mot le terme virtuose, qui désigne aussi bien le bon artisan que l'informaticien doué, c'est-à-dire des compétences particulières susceptibles de donner une reconnaissance sociale. Il ne faut pas croire non plus qu'une coopérative municipale ne devrait s'occuper que des échanges locaux, il y a bien sûr des échanges avec l'extérieur et tous les talents ne trouvent pas à s'exprimer localement. La coopérative facilite les coopérations entre graphiste et programmeur pour faire des jeux vidéos par exemple, qui ne seront pas destinés qu'au public local. Le but de la coopérative est à la fois de stimuler les échanges locaux et de valoriser les compétences locales ce qui n'est pas forcément la même chose.

  30. Bien d'accord qu'un virtuose ça va du mécano génial, artiste, cuisinier, maçon etc...à l'informaticien ou autre expert.

    La difficulté est de s'imaginer le fonctionnement d'une coopérative employant des travailleurs autonomes, non limitée au local. C'est ce genre socio fiction qu'on aimerait voir décrite, la penser comme si on y était...au moins pour commencer.

  31. On peut comprendre que la critique des conditions de possibilité du merchandising politique de Jean Zin qui y est faite (revenu garanti, travail autonome, etc...), fait que celui-ci n'aime pas beaucoup la critique de la valeur et le livre de Jappe.

    Toutefois on peut noter chez André Gorz une nouvelle influence théorique durant les dernières années de sa vie, où on va voir André Gorz s'intéresser finalement en s'autocritiquant au courant de ce que l'on appelle en Allemagne la " wertkritik " (la critique de la valeur), c'est-à-dire à un nouveau courant de réinterprétation de la théorie critique de Marx, qui n'ait plus rien à voir avec l'ensemble des marxismes traditionnels. Il a notamment entretenu une longue correspondance avec certains auteurs de la critique de la valeur (publiée dans la revue autrichienne Streifzuge). André Gorz, au soir de sa vie, racontait ainsi dans un de ses derniers interviews, que « Ce qui m'intéresse depuis quelques années, est la Nouvelle Interprétation de la théorie critique de Marx publiée par Moishe Postone chez Cambridge University Press. Si je peux faire un vœu, c'est de la voir traduite en même temps que les trois livres publiés par Robert Kurz ». 11. Le livre de Postone, Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx, a été traduit en français en 2009. Franz Schandl est revenu dernièrement en France lors d'une rencontre à Lille sur la radicalisation d'André Gorz dans les dernières années de sa vie, au travers de sa correspondance avec lui, Gorz lui écrivait que « C’est bien trop tard que j’ai découvert le courant de la critique de la valeur » (lettre du 5 juillet 2007). On peut voir ce texte de Schandl " Antiéconomie. André Gorz et la critique de la valeur "

  32. Je ne nie absolument pas l'intérêt de Gorz pour la critique de la valeur, j'en fais état explicitement, ce qui ne m'empêche pas d'en dénoncer l'idéalisme, en particulier grâce au dernier livre de Luckàs où il oppose fétichisme et réification, mais je n'ai rien à vendre, il faudra trouver des arguments plus consistants, et les propositions que je reprends sont indubitablement celles d'André Gorz !

    Lorsque j'ai téléphoné à André Gorz la veille de son suicide, c'était pour aller le voir et parler de notre différent à ce sujet (il était intéressé aussi par Tiqqun). Le numéro d'EcoRev' qu'on terminait à ce moment là avec lui était justement sur ce thème, mais il était effectivement déçu qu'on ne suive pas (en particulier dans mon article) ces nouveaux critiques de la valeur qui ne me semblent pas si nouveaux par rapport au premier Lukàcs.

    Comme je dis dans mon article sur la critique de la valeur, "la seule valeur de la critique, c'est de transformer le monde vraiment, la question de la vérité reste bien une question pratique", ce pourquoi je préfère m'intéresser aux dispositifs pratiques de l'émancipation.

    Ceci dit, le texte de Schandl n'est pas mal (et le site intéressant) avec une confusion pourtant entre le revenu social garanti des années 80 et l'allocation universelle inconditionnelle de "Misères du présent, richesse du possible" qui est complètement passé sous silence. Dans sa dernière version, le revenu garanti n'est pas un salaire garanti et n'est donc plus prélevé sur la production marchande mais participe au travail autonome et la sortie du salariat.

    Je confirme que les derniers messages de Gorz insistaient sur l'objectif final de la gratuité, qui me semble absurde étendue à tout alors que je suis bien d'accord qu'il faut défendre la gratuité numérique et les biens communs mais ces pulsions utopiques ne me semblent pas positives et j'ai pu constater plusieurs fois comme l'approche de la mort inclinait à prendre ses désirs pour la réalité, ne serait-ce qu'en brouillant les différences de temporalité pour des temps où nous ne serons plus de toutes façons...

  33. Bonjour l'article et les commentaires sont intéressants et riches en contenu, merci.
    Si je suis d'acord sur les symptômes, je suis en désaccord presque complet sur les remèdes.
    1) écologie et capitalisme ne s'opposent pas, l"écologie est une contrainte à laquelle le capitalisme doit s'adapter et il le fera, car l'adaptation est dans sa nature même.
    2) les solutions ou pistes pour "changer ou au moins améliorer le système" sont des pistes connues et déjà en vigueur pour la plupart en France. Le revenu garanti ressemble fort au RMI. La gratuité numérique est un système qui sent fort le piratage et le pillage de la propriété intellectuelle (comment rémunérer le travail des développeurs informatiques ?)
    Les coopératives sont bien ancrées dans le paysage français, et les seules réussites notables dans ce domaine sont celles qui ont réussi à mettre en place des barrières à l'entrée lourdes pour les nouveaux entrants (ex: mutuelles, assurances, coopératives agricoles). Bref de beaux exemples de secteurs qui bénéficient de rentes de situation qu'elles font payer au prix fort à leurs clients.

    Les services public, médecin, j'en sais quelque chose, ma femme est médecin à l'hôpital public. Si vous voulez mon avis, l'hôpital public en France est un très beau système, mais qui ne tient hélas qu'à la générosité d'un petit nombre de passionnés (médecin & infirmières) qui sont conscient de ne pas être rétribués selon leur implication, mais qui acceptent de le faire par passion, et soucis de leurs patients.
    Bref, il n'y a aucune piste ou clé politique à grande échelle dans ce système, qui ne tient je le répète que grâce à des passionnés.

    La critique est facile quand il s'agit d'apporter des solutions. Je n'en ai pas réellement et je pense que vu la nature intrinsèquement égoïste de l'homme, il y aura toujours beaucoup de misères dans ce monde.

  34. Pénible ce genre de commentaire où il faut tout recommencer à zéro. Avant de poster il faudrait lire l'article autrement qu'en diagonale et pour être sûr de quoi on parle, cliquer sur les liens internes de l'article.

    Le concept de coopérative municipale n'est pas la même chose que les coopératives légales existantes.

    Sur la propriété intellectuelle et le "pillage" : c'est justement l'intérêt du revenu garanti (ce n'est pas un salaire).
    La copie n'est pas du pillage. Si vous prenez un livre à son possesseur, il ne l'a plus. Si vous lui copiez un livre numérique, le possesseur original l'a encore avec lui.
    Ça veut pas dire que ça pose pas de problème hein.

    Enfin les lieux communs sur la "nature humaine"...

  35. Pas grand chose à ajouter sinon qu'il y a une opposition entre RMI qui oblige à prendre n'importe quel travail et revenu garanti "suffisant" qui permet de choisir son travail. Evidemment, si on gomme les différences, il n'y a rien de neuf là-dedans. Heureusement que les germes existent déjà, il ne s'agit pas de rêver à n'importe quelle utopie mais bien de partir de la réalité. Ce qu'il faudrait comprendre c'est la capacité de ces différents dispositif de faire système, ce qui change tout avec leur utilisation comme mesures isolées. Ceci dit, je suis moi-même sceptique (je ne suis pas un croyant), il faut que ça fasse ses preuves et sans aucun doute s'adapter aux conditions locales. Les raisons données valent plus que les conclusions.

    La difficulté d'internet, c'est qu'on s'adresse à tout le monde, comme une affiche sur le bord de la route et qu'on ne peut se faire comprendre par n'importe qui, il faut adapter le discours à son adresse car on ne peut passer son temps à répéter les mêmes choses (il y a déjà pas mal de répétitions dans ce texte qui rend compte d'un débat public et n'est donc pas un vrai texte). Ces critiques étaient déjà celles de Platon contre l'écrit, et ce pourquoi il pensait qu'il fallait passer par des dialogues écrits dont le côté artificiel n'a fait que devenir de plus en plus manifeste.

    Un dernier mot, on ne changera pas la nature de l'homme, ni par aucun dressage, on peut tout au plus l'éduquer par la réflexion mais il ne faut pas confondre un système basé sur l'intérêt individuel, qui rend l'égoïsme nécessaire, et notre prétendu égoïsme naturel qui n'est souvent que l'envers de l'amour : c'est pour notre famille qu'on est égoïste, pour notre patrie qu'on fait la guerre, pour notre parti qu'on fait des coups bas... L'erreur porte sur la "nature" du désir qui est désir de l'Autre.

  36. @augustin
    Votre commentaire est intéressant qui montre très bien la grande difficulté de modifier nos paradigmes, de quitter les lieux communs de l'idéologie dominante: passer de la mentalité "salaire" à celle de " revenu", de la notion "travail" imposé ( traditionnellement réputé rédempteur?) à celle d'activité choisie ( créatrice), de la situation faussement réputée naturelle de "concurrence" à celle pourtant plus cohérente avec le vivant de "coopération".Pour dépasser ou déplacer un tant soit peu nos paramètres convenus et reconnus, il ne faut pas se contenter d'une lecture en diagonale , comme dit très bien Saahk, mais revenir aux textes antérieurs, emprunter les chemins de traverses, suivre la localisation des liens, douter, s'exercer à la dialectique, ne pas suivre les sirènes du renoncement. Merci à notre hôte pour sa ténacité!

  37. Je suis d'accord à 2 nuances près. D'une part je ne crois pas qu'on puisse éviter la concurrence, pas plus que dans l'amour, simplement il n'y a pas que ça, il y a aussi la coopération, et, s'il est vrai qu'on a du mal à changer de paradigme, cela ne sert à rien de le dire car c'est un argument qui permet à certains de soutenir n'importe quoi... Pour changer de paradigme, il faut être confronté violemment au réel et à l'inadéquation de l'ancien paradigme !

  38. Le monde capitaliste tel qu'il est est inégalitaire (ce sont les hommes qui l'ont rendu ainsi) mais le système est fondamentalement juste. On perçoit un salaire pour un travail qui est nécessaire. On est libre d'entreprendre si l'on souhaite se soustraire à sa condition salariale.

    Et au dela de la dette, il y a la nature humaine. Donnez à 100 personnes le choix ou non de travailler, sur toutes ces personnes, combien s'adonneront à des activités nécessaires, productives, ou laborieuses (il faudra toujours des éboueurs, des maçons, des employés de service etc...). L'impératif de contrainte est nécessaire à un moment ou a un autre.

  39. @bisounours
    Je voudrais bien me tromper, mais j’ose prétendre que s’il existait un système fondamentalement juste, alors les êtres de langage que sont les Humains n’auraient pas éprouvé le besoin de sup-poser un tel idéal dans la transcendance absolue d’un Dieu ( de le placer « à la grâce de Dieu »). Il faut lire et relire les propos de Marx donnés en lien dans le présent billet de notre hôte Jean : Les rapports sociaux capitalistes se sont établis à un moment historique donné, relativement à certains moyens et rapports possibles de production. La fin de cette phase historique est incluse dans les contradictions elles- mêmes du système…

    Je veux bien admettre qu’entreprendre permet individuellement de sortir de la condition de salarié, mais sans changer les paradigmes d’une société sur son déclin. Avant l’entreprise capitaliste, vous savez bien qu’il existait, avant et avec la prise de possession des terres par les féodaux, puis autrement par la politique des enclavures ( au détriment des communaux) il existait d’autres rapports sociaux entre paysans, entre artisans, rapports dont personnellement j’ai vécu la destruction culturelle globale dans la seconde moitié du XXeme siècle.

    Je ne vous propose pas un retour à un tel passé ( nous quittons continuellement le passé, sans retour) Mais, d’envisager vous-même quelle civilisation meilleure est à naître, avec des rapports sociaux plus justes entre les vivants, et dans la trame mieux connue de l’évolution de la biosphère, du monde vivant en création continue ( selon la biodiversité).
    Mais soyons conscients de ce que cette civilisation autre à naître devra payer forte rançon pour les injustices commises par les générations de la dite Modernité ( par exemple pour avoir bouffé en deux siècles l’énergie que la vie avait fossilisé en plusieurs millions d’années ?) Je veux bien qu’on démontre que je ne viens de dire que des conneries. Une vraie démonstration , pas des préjugés ressassés, serait utile .

  40. augustin / bisounours > le système fait aussi les hommes (qui font le système, etc..). Le reste en découle (votre "nature humaine", tout ça...).
    Et justement ici, il n'est pas question de passer du salariat à la fin du salariat d'un coup de baguette magique. C'est écrit des milliers de fois sur ce site.

    Construction (maçons) et services ont aussi leurs armées de "passionnés".
    Pour le nettoyage (éboueurs), je sais pas quoi en penser. Par réflexe, je me dis moi aussi que seul le salaire est motivant dans ce cas. Michael Albert (un anti division du travail que Jean Zin ne doit vraisemblablement pas apprécier) proposait qu'on donne tous la main à la patte (par exemple : on fait tous éboueur 1 mois par an).

  41. Éboueur, peut être une pas si mauvaise activité, à vrai dire tous les (é)gouts sont dans la nature, c'est l'avantage de la diversité.

    Sachant que le revenu supplémentaire d'une activité augmenterai un revenu garanti, pourquoi pas éboueur ? Personnellement, je ne suis pas sûr que ça me déplairait. A essayer...

    A bien y regarder, bien des activités, y compris dites du tertiaire, ne sont si pas éloignées de l'éboueur.

  42. Pour moduler, on peut s'y retrouver à être éboueur ou autre chose pendant 1,5 ou 20 ans..., et à ce terme souhaiter autre chose pour diverses raisons. C'est important de permettre aux gens de pouvoir aussi changer d'activité quand ils le sentent.

    Dans ces conditions, il y aurait une "productivité", mais pas au sens restreint calculé actuel.

  43. J'ai dit tout le mal qu'il fallait dire de ce dangereux Michael Albert dans le massacre des utopies mais la discussion sur les éboueurs est rabâchée depuis les phalanstères et le nettoyage des latrines. C'est effectivement largement une question de salaire dans ce cas, tout en constatant que dans certaines villes ce sont des postes appréciés qui se vendent comme des licences car on peut trouver des revenus complémentaires dans les poubelles et il faut bien avouer qu'avec les techniques actuelles, c'est bien moins dur comme travail qu'autrefois quand on le réservait aux immigrés.

    Ceci dit, je n'aime pas ces discussions car il ne s'agit en aucun cas de prétendre que tout irait bien dans le meilleur des mondes. Je reprends toujours la comparaison avec l'abolition de l'esclavage qui n'a absolument pas signifié le bonheur des salariés ! C'est un progrès relatif sans être le bonheur absolu.

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