Revue des sciences 03/12

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Revues : Pour la Science - Sciences et Avenir - Science&Vie 
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie

Les revues sont vraiment très décevantes cette fois, en tout cas rien d'important dont on n'ait déjà parlé ici en dehors de l'histoire de nos origines sans cesse réécrite. A part ça, on tombe de haut avec la fin du suspens pour la vitesse supraluminique des neutrinos qui n'était due qu'à une bête histoire de câbles défectueux... La polémique se poursuit par contre sur l'opportunité de la publication du virus H5N1 modifié dont la mortalité a été confirmée après avoir été soupçonnée d'être surévaluée (d'ailleurs vérifiée sur les furets de laboratoire) mais la facilité à produire une telle menace est véritablement effrayante (plus que les progrès dans la lecture de nos pensées qui est bien troublante quand même). Les nouvelles du climat sont contradictoires en ce mois de février bien froid, car si des tendances à long terme devraient ralentir le réchauffement, l'incapacité à contrôler nos émissions et l'emballement de la consommation d'hydrocarbures menacent d'atteindre des sommets à relativement court terme. Il est sûrement aussi utopique de rêver à des ecopolis, des villes régénératives pourtant bien nécessaires, que de vouloir réduire nos consommations. La Chine essaierait pourtant de planifier une "économie circulaire", ce qu'on appelle aussi "l'écologie industrielle" recyclant les déchets de l'un dans les produits d'un autre (cela risque quand même de rester marginal).

Bien qu'il n'apporte rien de nouveau, on peut recommander un article sur Grothendieck, ce grand mathématicien retiré du monde qui a introduit le point de vue dans la mathématisation et dont le génie est dans la formulation plus que la formalisation. Justement, les roboticiens s'aperçoivent qu'il n'y a pas d'intelligence en soi. Non seulement il n'y a pas d'intelligence sans incarnation dans un corps, mais l'intelligence n'a de sens qu'en rapport à son environnement et aux fonctions vitales en acte (comme le vol d'une mouche). Ce que montrent en creux les regrets des mourants dont j'ai fait un billet séparé. C'est peut-être aussi pour cela que les riches trichent, ce qui n'est pas une découverte : pour rester riche et préserver le capital, il faut être prêt à tout ! Les traders seraient les plus psychopathes. Pour Futura-Sciences cela viendrait plutôt de l'opinion qu'on a de soi-même mais ce qu'on appelle "l'effet Dunning-Kruger" établit, par ailleurs, qu'on se surestime d'autant plus qu'on est ignorant. De plus, on serait incapable de reconnaître la véritable compétence quand on est incompétent soi-même. Selon Dunning, ces limitations bien connues de notre rationalité empêcheraient de voter pour les meilleurs. Ce sont les médiocres qui seraient systématiquement choisis. Ce n'est pas une raison pour remettre en cause le vote, la démocratie n'ayant la prétention que d'être le moins mauvais des systèmes, mais du moins de ne pas surestimer les élections (présidentielles) et ne pas rêver à une insurrection par le vote ni d'en attendre un quelconque sauveur. Certes, il y a quand même eu des êtres exceptionnels qui ont pu accéder au pouvoir, mais c'est l'exception qui confirme la règle ! Le vote par tous favorise inévitablement la démagogie mais ce qui est déterminant et peut être amélioré, c'est du moins l'organisation de la démocratie elle-même.

On entre vraiment dans la convergence désormais avec le dernier produit Asus associant tablette, smartphone et clavier, mais surtout avec Ubuntu qui relie smartphone, écrans, claviers, souris avec un boitier. On peut légitimement s'interroger sur les potentialités et limites des imprimantes 3D mais dans le top 10 open source qui va de la machine à découpe laser open source, au réseau sans fil libre FabFi (image ci-dessus), au set de construction d'un village global, au Scanner 3D FabScan, il y a quand même de la matière. De même, il ne devrait pas être sans conséquences que YouTube donne accès au monde entier à l'enseignement américain. De son côté Google veut passer au sémantique, comprendre la question posée (pas seulement une suite de mots), grâce à un arbre de connaissances, pour mieux y répondre. Ironiquement, BitTorrent Live montre que le P2P est un bien meilleur système de diffusion que la centralisation actuelle. Cela n'empêche pas que l'Angleterre renforce la surveillance d'internet : les opérateurs auraient à déployer des mesures permettant de conserver toutes les interactions de leurs clients avec d'autres internautes pendant une durée d'un an !

Dans quel sens tourne celle du milieu ?

Si c’est dans le sens horaire que vous les voyez tourner, cela signifie que vous faites appel à l’hémisphère droit de votre cerveau. Dans le cas contraire, c’est l’hémisphère gauche qui est actif.

C'est selon qu'on privilégie l'oeil droit ou l'oeil gauche (la figure de droite ou la figure de gauche).


Pour la Science no 413, Pharaons


Pour la Science - Les tardigrades, survivants de l'extrême, p70

L'article n'est pas inintéressant mais on n'apprend rien de neuf sur ces microscopiques animaux translucides capables de se dessécher et de revivre longtemps après grâce à une simple goutte d'eau, capacité de résurrection d'autant plus étonnante qu'ils résistent aussi bien au manque d'oxygène, au froid et au sel ! Ce qui est fascinant, c'est le mécanisme d'une vie qui reprend après un passage par l'état inerte (rêve de biohackers qui se prennent pour Frankestein) mais à condition de ne pas endommager le système, l'organisation de l'organisme qui reste prêt à l'emploi.

L’anoxybiose survient en réponse à un manque d’oxygène. Les tardigrades y sont très sensibles. Une asphyxie prolongée entraîne une panne du système d’osmorégulation, qui contrôle la quantité d’eau interne. Le tardigrade se met alors à gonfler comme un bonhomme Michelin et à flotter dans son environnement. Dans cet état, il survit au manque d’oxygène, pour des raisons encore à élucider. Cela dure quelques jours, jusqu’à ce que le taux d’oxygène redevienne normal et qu’il puisse reprendre sa vie active.

La cryptobiose est un état réversible au cours duquel l’activité métabolique est suspendue. Dans cet état, le tardigrade résiste à presque tout ; les spécimens soumis à des conditions environnementales extrêmes avaient d’ailleurs au préalable été placés en état de cryptobiose.

Cet état se décline en plusieurs formes, survenant lors de diverses agressions environnementales. L’une de ces formes est l’anhydrobiose – terme signifiant « la vie sans eau ». Elle apparaît en réponse à l’assèchement des poches d’eau interstitielle où vit le tardigrade. L’animal se déshydrate alors – très lentement, sinon il ne survit pas –, perdant jusqu’à 97 pour cent de son eau. En conséquence, il se ratatine et sa taille se réduit au tiers de ce qu’elle était auparavant. Il rentre ses pattes et sa tête et se met en boule, réduisant ainsi la surface exposée : il prend la forme d’un tonnelet. Lorsqu’il a perdu la quasi-totalité de son eau, son métabolisme s’arrête.

La cryobiose est un autre exemple de cryptobiose : comme lors de l’anhydrobiose, l’animal se déshydrate et se transforme provisoirement en tonnelet, mais cette fois pour survivre à des froids intenses.

La cryobiose est un autre exemple de cryptobiose : comme lors de l’anhydrobiose, l’animal se déshydrate et se transforme provisoirement en tonnelet, mais cette fois pour survivre à des froids intenses.

- L’archéologie cognitive, p94
Sous la direction de René Treuil

Je n'en avais jamais entendu parler et c'est assez intéressant.

La « jointée », qui consiste à joindre les deux mains en coupe pour y faire tenir de l’eau ou des grains, est apparemment un geste universel. Naturel aussi? Il ne faut pas répondre trop vite. Les mains, ainsi réunies, évoquent un récipient. Dans sa contribution, F. Sigaut estime que l’invention du récipient a pu précéder la jonction des mains en coupe. La jointée serait une imitation du récipient. Si tel fut bien le cas, c’est un geste outillé. Le coup de poing offre le même genre de surprise. Il n’est pas universel (on le trouve surtout en Europe). Il semble absent chez les singes, qui se blesseraient s’ils l’employaient. C’est un geste outillé, car il ne peut guère se faire à poings nus. Or l’usage de percuteurs pour casser des noix est connu des chimpanzés. Il ne faut donc pas considérer le percuteur de pierre ou de bois comme un prolongement du poing humain. C’est au contraire le poing qui est une imitation, ou plutôt une incorporation, du percuteur.

Ces exemples illustrent à quel point déduire les aptitudes des hommes de la Préhistoire (ou les mentalités de sociétés plus récentes) à partir de leurs traces matérielles est délicat. Telle est néanmoins la tâche de l’archéologie cognitive. Ce livre rejette la division entre intelligence conceptuelle et intelligence pratique, qui privilégie toujours la première au détriment de la seconde, et il rend sa dignité au geste technique. Toute intelligence pratique est aussi conceptuelle.

Certains faits sont émouvants, comme celui-ci, rapporté par Nicole Pigeot. L’étude des pierres taillées laissées par les apprentis magdaléniens révèle qu’ils acquéraient vite les grands principes stratégiques du schème technique, mais qu’ils ne savaient pas quand s’arrêter : ils s’obstinaient lors même que rectifier une taille commencée de travers n’était plus possible. Mais nous avons tous été des apprentis magdaléniens ! Repérer le moment où un travail est fini, ou comprendre qu’il est engagé dans une direction sans issue, exige d’avoir du métier. Un maître, à qui on demandait quand s’achevait l’initiation d’un compagnon, répondit : « Quand le compagnon sait faire ce qu’il n’a pas appris à faire. »



Sciences et Avenir no 781, On a créé le virus le plus dangereux du monde


Du dossier autour du H5N1 modifié, devenu très contagieux, ou de la polémique sur la publication de l'étude, toutes choses dont on avait déjà parlé, on retiendra seulement cette information très flippante, sur la facilité avec laquelle on peut le recréer :

Il est très facile aujourd'hui pour un laboratoire de passer commande à des entreprises de séquençage de morceaux de génome bruts, puis de réassembler les virus à partir de ces séquences en leur faisant infecter des cellules de mammifères. A 30 centimes la base, le coût ne serait même pas prohibitif. Pour moins de 8000€, un H5N1 peut être livré clés en main... (p13)

Cela semble bien plus dangereux que la bombe atomique et ce n'est pas la seule recherche effrayante, il y en a bien d'autres :

On pourrait aussi citer, entre autres, ce modèle mathématique décrivant comment le territoire américain pouvait être attaqué avec du lait en poudre contaminé à la toxine botulique. Ou cet article montrant qu’en ajoutant un gène au virus de la variole des souris, toutes les lignées mourraient, même celles qui étaient vaccinées !

- Vers une inversion des pôles ?, p46

Article décevant puisqu'il commence par faire état d'un affolement des pôles magnétiques pour conclure qu'on ne peut en inférer une inversion imminente des pôles (qui s'est produite pour la dernière fois il y a 780 000 ans et qui serait assez dramatique, ne nous protégeant plus des rayons cosmiques), sans qu'on puisse dire pour autant qu'elle ne serait pas en train de se produire...

En ce moment et depuis un peu moins de deux décennies, la dérive du pôle nord magnétique atteint des records jamais enregistrés, pas moins de 55km par an !

Certes l'intensité du champ magnétique a diminué au cours des dernières années, mais sa valeur actuelle est encore très élevée. Or, avant une inversion, le champ perd 90% de sa valeur. Une diminution qui s'effectuera en au moins 2000 ans.

L'illustration ci-dessus qui date de 2001 montre qu'on pensait être dans une zone stable, la diminution du champs magnétique reste compatible pour l'instant avec cette théorie.

Si la dernière inversion complète date bien de 780 000 ans, il y a quand même eu depuis plusieurs "excursions" n'aboutissant pas à une inversion, ou seulement de quelques siècles, et interprétées comme des inversions avortées. L'une d'elle a eu lieu entre -41000 et -34000 ans, ce qui aurait pu contribuer à la disparition de Neandertal à cause d'une destruction de la couche d'ozone fatale pour ces européens à la peau blanche, surtout dans les latitudes nord.

Entre -41000 et -34000 ans, le champ géomagnétique était de faible intensité - environ dix fois inférieur à sa valeur actuelle - et il y avait des pôles magnétiques un peu partout. C'est ce que l'on nomme l'événement de Laschamp.

Comme c'est aussi le début de l'art pariétal, on pourrait penser que les grottes auraient protégé alors ces populations "modernes" des rayons cosmiques (et renforcé leur réputation par la longévité de ceux qui s'y réfugiaient) ? (Cependant, une nouvelle étude montre que la plupart des Neandertals avaient déjà disparu avant -50 000 ans, seul un petit groupe ayant survécu 10 000 ans de plus. Voir aussi Science&Vie plus bas).

L'article suivant se penche d'ailleurs sur la présence des enfants dans les grottes, attestée par des traces de pieds, des mains négatives ou des dessins grossiers réalisées avec leurs doigts. Ils accompagnaient sans doute leurs parents, quelque fois juchés sur leurs épaules. On retrouve aussi des jouets comme des petites lampes, pelles ou frondes.


Science&Vie no 1114, Les premiers signes de l'au-delà


Pour Science&Vie, comme pour une bonne part des paléoanthropologues aujourd'hui, la disparition de Neandertal serait plutôt due à leur submersion par les hommes modernes en 1500 générations suite à leur mobilité croissante et au mélange des populations. Pourtant, les études génétiques n'attestent pour l'instant qu'un seul croisement, au Proche-Orient, entre une femme sapiens et un Neandertal, sans véritable gène commun, seulement de l'ADN non codant...

Par contre il semblerait bien qu'entre 60 000 ans, où les populations étaient séparées, et 30 000 ans un accroissement de leur mobilité les a amené à se côtoyer.

Le temps passant, Sapiens et Neandertal ont de moins en moins retaillé et réutilisé leurs outils, préférant en produire de nouveaux... Or, aujourd'hui encore, chez les chasseurs-cueilleurs, un groupe qui recycle beaucoup ses outils est un groupe qui se déplace régulièrement, quoique sur de petites distances ; alors qu'un groupe qui en crée de nouveaux déménage moins mais va plus loin. Et se déplace donc davantage au fil du temps. Cette seconde pratique est toujours préférée quand les conditions environnementales sont difficiles car elle permet une meilleure gestion des ressources disponible ; or, l'Europe était alors en plein âge glaciaire...

En observant les ossements de Neandertal à Sapiens, on réalise qu'il y a un continuum.

Une simulation informatique montre que cela aurait pu conduire à la disparition par hybridation, même très faible, de la population la moins nombreuse. Encore faudrait-il que la génétique le confirme ce qui n'est pas encore le cas, d'autant plus qu'une nouvelle étude, citée plus haut, a montré que la plupart des néandertaliens avaient disparus, il y a 50 000 ans.

Voir aussi les brèves ci-après à propos des premiers signes d'une activité symbolique de Neandertal.

On apprend d'autre part, p11, que des normes et contraintes légales empêchent de profiter de tous les avantages des véhicules électriques éliminant les frottements mécaniques :

L'interdiction de se passer de liaisons mécaniques (pour la direction et le freinage notamment) et l'impossibilité réglementaire de loger les moteurs électriques dans les roues (ce qui existe déjà) sont autant de limitations.




Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique

- La direction de la force de gravitation

La gravité est une force omniprésente et fondamentale, mais qui n'a pas encore été rigoureusement testé, en particulier sur l'extrapolation à des échelles cosmiques vaste. Le "sens de la gravité" est un domaine de recherche actif et peut donner des informations clés sur l'accélération cosmique et la croissance de sa structure à grande échelle. Mesurer l'expansion seule, à savoir l'équation de l'énergie sombre, n'est pas suffisant pour révéler la physique sous-jacente, il faut plutôt combiner l'histoire de l'expansion avec celle de la croissance de la gravité.

- La masse des neutrinos

La masse totale des neutrinos représenterait au maximum 0,6% de la masse totale de l'univers, la matière noire étant elle évaluée à environ 85% de la matière totale de l'univers. Par contre, cette découverte peut remettre en cause les modèles cosmologiques actuels. Etant donné leur nombre, les neutrinos ont dû jouer un rôle important dans l'univers primitif. S'ils ont une masse, infime soit elle, il est important de l'incorporer dans les modèles actuels afin de comprendre plus en détail l'évolution de l'univers.

La physique des particules semble aujourd'hui démontrer que les neutrinos ont une masse minimum seulement cinq fois inférieure à la limite maximum qui vient d'être établie, permettant d'encadrer de manière assez serrée la masse de ces particules fantômes.

- L'anomalie de vitesse des neutrinos due à un problème de câble!

Le problème viendrait du GPS à cause d'une mauvaise connexion de câbles retardant le signal. Voir aussi Sciences et Avenir et Futura-Sciences.

- Des millions de milliards de planètes errantes...

Notre galaxie pourrait héberger jusqu’à 100.000 planètes nomades pour une étoile.

Les astrophysiciens se laissent aussi aller dans l’article à quelques spéculations dans le domaine de l’exobiologie. Certaines de ces planètes nomades, avec assez d’énergie interne pour maintenir longtemps une activité tectonique et avec une atmosphère conséquente, pourraient abriter des formes de vie bactériennes bien après leur éjection d’un système planétaire. Des fragments de ces planètes, véritables incubateurs interstellaires, pourraient donc servir à propager la vie dans la Galaxie.

- Des extraterrestres plus vieux que nous de 2 milliards d'années ?

En 2069, un message radio émis par le radiotélescope d'Eupatoria en 1999 dans le cadre d'Active Seti rejoindra le système triple de 16 Cygni. Si une éventuelle civilisation extraterrestre existe sur une exoplanète en orbite autour d’une des étoiles de type solaire de 16 Cygni, elle pourrait avoir des milliards d’années d’avance sur la nôtre, selon les observations de Kepler.

En effet, nées en même temps, les deux étoiles ont environ 6,8 milliards d’années d’après les observations de Kepler.

- Explosion de supernova en vue

C'est le cas de Eta Carinae qui se trouve à 7500 années lumières de nous.

Bien entendu, « bientôt » à l'échelle astronomique va de « demain » à « d'ici quelques milliers d'années ». Quoi qu'il en soit, lorsque cela interviendra, la luminosité sera très forte et 'éclipsera' celle de la voie lactée la nuit. En 1847, cette étoile a donné un gros indice : elle a brillé comme jamais et est devenue la plus brillante derrière Sirius. Cet état est resté ainsi une vingtaine d'années.

On parlait aussi de Betelgeuse qui devait exploser, mais pas de nouvelles...


- La Lune pourrait peut-être redevenir volcaniquement active

D’après les chercheurs, il semble désormais probable que le manteau profond, même s'il est partiellement fondu, soit trop dense en raison de son enrichissement en titane, pour que des panaches de matière fondue remontent en surface sous l’effet de la pression d’Archimède. Toutefois, la Lune n’ayant pas encore achevé son refroidissement, il devrait arriver un point dans son histoire où les conditions physicochimiques dans le manteau devraient être telles que du magma pourrait remonter en surface.

- Un nettoyeur de l'espace

Pour désorbiter les débris spatiaux, l'École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) propose un curieux engin, le CleanSpace One, de petite taille et munis de bras pour saisir sa cible avant de la précipiter dans l'atmosphère.

Avec CleanSpace One, les initiateurs du projet veulent aller récupérer le picosatellite Swisscube (820 grammes, 10 cm de côté) mis en orbite en 2009 ou Tisat lancé en juillet 2010. « Aller chercher un débris dans l’espace, cela n’a jamais été fait », a affirmé Muriel Richard, la responsable du projet. Une fois lancé, le petit CleanSpace One – 30 cm de long sur 10 de large et 10 de haut – devra rejoindre sa cible, la saisir, se stabiliser, sortir de l’orbite et se diriger vers l’atmosphère terrestre où le couple de satellites se consumera.

Voir aussi Sciences et Avenir.

- L'ascenseur spatial japonais pour 2050

L'idée est d'utiliser des câbles en nanotubes de carbone, qui ont la propriété d'être 20 fois plus résistants que l'acier. Le projet propose un câble d'une centaine de milliers de kilomètres, soit un quart de la distance Terre-Lune. L'une des extrémité serait attaché à une station terrestre et l'autre à un contre-poids spatial.

L'ascenseur pourrait emmener une trentaine de personnes à 200 km/h. Cela signifie que le voyage durerait plus de 7 jours (conseil : prévoir des "casse-dalles" !). On pense à des moteurs magnétiques linéaires pour la propulsion le long du câble.


- Amasia, le futur supercontinent

Dans 50 à 200 millions d’années, les continents terrestres seront rassemblés autour du pôle nord en un seul supercontinent, l’Amasia.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Les atomes de Rydberg géants peuvent abriter des points de Lagrange

Cela veut dire qu'on peut avoir un comportement de l'électron proche de celui représenté habituellement tournant comme une planète autour du noyau, ce qui ne correspond pas du tout à sa représentation quantique où l'électron est une onde mais quand la taille de l'atome atteint un niveau macroscopique, son comportement devient un peu plus "classique".

Un groupe de physiciens vient de démontrer une nouvelle fois qu’il était possible de créer dans un atome l’analogue des orbites des astéroïdes troyens. Du moins dans des atomes de Rydberg de grande taille. Bien que les électrons ne soient pas l’équivalent des planètes en orbite dans le monde quantique, il existe bel et bien des situations qui sont à la limite d’être dans le monde classique.

Le schéma de gauche montre Jupiter en orbite autour du Soleil avec de part et d'autre sur son orbite des concentrations d'astéroïdes (points verts). Il s'agit des fameux troyens occupant les points de Lagrange de Jupiter. Le nuage de points blancs représente les astéroïdes de la ceinture entre Mars et Jupiter. Sur la droite, on a représenté le nuage de probabilités associé au paquet d'ondes (Trojan wave packet) d'un électron, concentré en une région analogue à un point de Lagrange mais ici dans un atome de Rydberg de la taille d'un globule rouge environ. En modifiant la fréquence du champ électrique appliqué, on peut augmenter la taille de l'atome de Rydberg, comme le montre le schéma à droite.

Voir aussi Pour la Science.

- Distribution de charge des électrons

Cette image obtenue grâce à la Microscopie à Sonde Locale de Kelvin est plus conforme à la physique quantique.

- Les ordinateurs quantiques seraient bien plus rapides

C'est juste la démonstration d'une transmission rapide du signal mais ce qui risque de ralentir, c'est la correction d'erreurs...

Le groupe de Corinna Kollath à l'UNIGE a mis au point un modèle théorique capable de rendre compte de la propagation dans un système solide d'un couple intriqué d'objets quantiques et de déterminer sa vitesse maximale.

Par ailleurs, IBM annonce des progrès dans leurs recherches (voir aussi Futura-Sciences) et d'autres montent une expérimentation pour savoir si nos yeux peuvent voir des intrications de photons.


- Des RAM optiques basse consommation basées sur des nanocavités

De quoi accélérer considérablement la vitesse des ordinateurs optiques.

- Les méthodes stochastiques beaucoup plus performantes

Ce n'est pas vraiment étonnant puisque le cerveau lui-même procéderait de cette façon encore peu exploitée mais on parle beaucoup ces temps-ci de la puissance des méthodes quasi-aléatoires. Les tentatives plus anciennes de "logique floue" allaient déjà dans ce sens.

- Voir à travers les murs grâce à de la lumière incohérente

Cela semble proche de ce qu'on appelle le retournement temporel des ondes qui n'est pas sans rapport avec la brève précédente dans le sens où un signal bruité est plus facile à retourner qu'un signal pur.

- Des plastiques de couleur sans colorant

Des ingénieurs de l’université de Buffalo proposent une technique simple et peu coûteuse pour fabriquer des polymères colorés... sans utiliser de pigments. Ils pourraient servir de filtres pour des analyses multispectrales d’images, en médecine par exemple, et pourraient être adaptés à des téléphones portables.

Pour les créer, les ingénieurs ont réalisé un sandwich composé de deux lames de verre entourant une résine photosensible. Exposée à un faisceau laser, elle polymérise. En y traçant des raies, un peu comme lorsque l’on grave un réseau optique, l'équipe a obtenu une couche de polymères reflétant la lumière et lui donnant les couleurs de l’arc-en-ciel.


Climat


Climat, écologie, énergies

- La colonisation de la Terre par les plantes l'a refroidie

Pourquoi la Terre s'est-elle tant refroidie il y a environ 450 millions d'années, à la fin de l'Ordovicien ? Parce que les plantes ont colonisé les continents et fortement contribué à réduire la quantité de dioxyde de carbone atmosphérique, diminuant donc l'effet de serre.

Selon les chercheurs, c’est l’ensemble de ces processus qui aurait mené à une réduction de la température atmosphérique de plus de 5 °C, puis à la période de glaciation de la fin de l’Ordovicien. Le développement massif du plancton aurait également privé les autres organismes marins d'oxygène, provoquant une extinction massive à la fin de l'Ordovicien.


- La déforestation en Afrique a commencé il y a 3000 ans

Les analyses montrent que l’altération chimique des sols s’intensifie vers 3.500 ans avant le présent, avec un pic vers 2.500 ans. Les taux d’érosion sont plus élevés qu’au cours des 40.000 années précédentes alors que les précipitations diminuent. De plus les particules transportées par le fleuve proviennent de sols jeunes, et non de sols tropicaux âgés.

C’est à cette période que des agriculteurs venus de régions plus au nord arrivent en Afrique centrale, soulignent les chercheurs. Maîtrisant la métallurgie, ces peuples bantous auraient profité de passages ouverts dans la forêt par les changements de climat pour s’installer et développer leurs activités. Les cultures, l’industrie du fer (qui a besoin de charbon de bois) auraient accéléré l’érosion des sols.

Voir aussi Futura-Sciences et Pour la Science.

- Quatre éruptions volcaniques expliqueraient le Petit Âge glaciaire

Il est douteux que le petit âge glaciaire n'ait rien à voir avec le minimum de Munder mais les volcans ont pu aggraver la situation.

Pour la première fois, le début du Petit Âge glaciaire a été daté avec précision : l’année 1275. Quatre éruptions volcaniques espacées de cinquante ans seraient responsables de ce phénomène.

Le scénario le plus probable pour expliquer le Petit Âge glaciaire est le suivant. Un refroidissement causé par des éruptions volcaniques aurait provoqué une extension de la banquise le long de la côte est du Groenland. La glace aurait fondu au contact de l’eau de mer, en entraînant une diminution de sa densité. Les eaux de surface, trop légères, ne se mélangeaient plus avec les eaux profondes de l’Atlantique. Cette modification de la circulation a conduit à réduire les courants chauds parvenant en Arctique, et donc a diminué le transport de chaleur vers les côtes est de l'Atlantique.

C'est là l'explication de la durée du phénomène, finalement autoentretenu par le refroidissement des hautes latitudes. La glaciation aurait de ce fait longtemps perduré, bien après la disparition des sulfates et aérosols atmosphériques.

- Le Soleil se réveille

Peut-être simplement son pic d'activité (attendu désormais pour 2013) mais qui éloigne un peu, sans l'exclure, la perspective d'un minimum de Munder.

L'activité solaire est en général associée à des hivers froids en Europe mais ce serait surtout la fonte de l'Arctique) qui favoriserait ces "Moscou-Paris" qui ont toujours été cependant un phénomène courant en février.

- Nouveau modèle climatique

Dans le pire des cas, la température moyenne de la Terre augmentera de 3,5 à 5 degrés d’ici 2100.

Ces nouvelles simulations françaises intégreraient mieux différentes perturbations atmosphériques (comme la présence d’aérosols), les effets des nuages, ou encore le cycle du carbone.

Évolution de la température moyenne à la surface de la Terre mesurée (courbe noire). Les courbes bleues ne tiennent compte que des forçages naturels (variabilité solaire et volcans) tandis que les courbes en orange tiennent compte des forçages naturels et des forçages anthropiques (gaz à effet de serre et aérosols).

- L'altitude des nuages en baisse réduit le réchauffement

Le satellite Terra embarque un outil mesurant les nuages du Globe depuis une décennie. Leur altitude moyenne aurait diminué de 30 à 40 mètres suite à une disparition progressive des nuages de haute altitude. Bonne nouvelle : ce phénomène pourrait ralentir le réchauffement climatique.

C'était une des plus grosses interrogation des modèles ne pouvant déterminer si le réchauffement favoriserait les nuages haut, renforçant l'effet de serre, ou bas, réduisant le réchauffement. Pour l'instant, c'est le scénario optimiste qui semble se réaliser. De même, l'érosion des sols absorberait plus de co2 que prévu, de là à parler d'auto-régulation du climat alors que l'océan s'acidifie à un rythme accéléré...

- L'élevage des crevettes une catastrophe écologique

En Asie, les élevages de crustacés (crevettes, gambas…) remplacent souvent les mangroves, des habitats particulièrement riches et pourtant très menacés, et engendrent une forte empreinte carbone.

Un sachet de 450 grammes de crevettes surgelées produirait en effet une tonne de dioxyde de carbone (CO2).

« L'empreinte carbone des crevettes produites sur ce type de terrain est environ dix fois plus importante que la quantité équivalente de bœuf produite en zone de forêt tropicale », et ce sans compter les émissions de gaz à effet de serre dues à l'élevage lui-même, la nourriture, le conditionnement, le stockage et l'expédition des marchandises.

Et les propriétaires de ces exploitations abandonnent les bassins d'élevage après 3 à 9 ans de production, souvent à cause des maladies qui s'y développent, de l'acidité et de la contamination du sol, écrit le biologiste. Il faut ensuite entre trente-cinq et quarante ans au terrain pour se régénérer.


- La viande artificielle, une nécessité écologique

« Il vaudrait mieux élever des cellules que des vaches » : c’est en substance ce qu’affirment des biologistes réunis au Canada. Dans quelques décennies, il faudra selon eux avoir trouvé une alternative aux élevages d’animaux, trop gros consommateurs de surface, d’eau et d’énergie.

Par rapport à l’élevage animal, la production de viande artificielle réduirait : les besoins en énergie de 45 % ; les émissions de gaz à effet de serre de 96 % ; les superficies nécessaires de 99 % ; la consommation d'eau de 96 %.


- L'exploitation du méthane du lac Kivu, un test

Ce projet présente néanmoins quelques risques. Une mauvaise mise en place des installations, ou de mauvaises manipulations, pourraient engendrer la libération des gaz et l’explosion fatale ! De plus, l’extraction du méthane pourrait modifier la chimie du lac Kivu en augmentant l’acidité des eaux de surface. Cette situation serait favorable au développement d’algues. Les poissons souffriraient alors de cette situation, tout comme les Hommes qui s’en nourrissent.


- Une éolienne aéroportée

C'est une étonnante proposition d'éolienne aéroportée : l'AWT (Airborne Wind Turbine). Le concept très audacieux d'ailes volantes porteuses de turbines pouvant fonctionner aussi bien à terre qu'en mer et capables d'aller cueillir le vent en haute altitude, bouleverse tout ce qui s'est fait jusqu'alors dans le domaine.

Le prototype conçu par Makani Power fait 8 mètres d'envergure. Il est en fibre de carbone, peut monter à 400 mètres d'altitude et générer 20 Kw.

- Diviser le coût du photovoltaïque par 2

Combiner plusieurs techniques innovantes rendrait le solaire compétitif avec le charbon pour la fin de la décennie (autour de 15 centimes par kW/h).

Par ailleurs, les cellules solaires en plastique atteignent un rendement de 10% (voir aussi Futura-Sciences).


- Des cellules photovoltaïques biologiques pour une électricité verte ?

Une équipe américaine vient de réussir une jolie prouesse : prélever une partie du système de photosynthèse d'une algue et l'insérer sur un semi-conducteur. Le rendement est très faible mais le procédé semble prometteur.

Il est parvenu à créer une cellule photovoltaïque biologique. À partir d’algues vertes et bleues, ils ont d'abord extrait des photosystèmes. Après quelques modifications, ils sont ensuite parvenus à les associer à un semi-conducteur métallique. Les électrons éjectés par les complexes moléculaires en présence de lumière sont ainsi captés par ce composé métallique et utilisés pour la production de courant.

Les photosystèmes P700 sont extraits d’algues puis stabilisés avec des peptides jouant un rôle de surfactant. Ils sont ensuite mis en présence de tubes composés d’oxyde de zinc (ZnO) ou de dioxyde de titane (TiO2) sur lesquels ils vont s’autoassembler. Les supports ont été travaillés à l’échelle nanométrique. Ils présentent des excroissances permettant aux photosystèmes de capter la lumière avec la plus grande efficacité possible. La surface de réaction exposée à la lumière est également démultipliée grâce à cette architecture.

Malheureusement, les rendements obtenus ne permettent pas encore une exploitation commerciale. La tension engendrée est de 0,5 volt contre 12 volts pour la plupart des panneaux proposés dans le commerce.

Le solaire serait déjà moins cher que l'électricité EDF.

- Amélioration du rendement des piles microbiennes

Une pile microbienne fonctionne mieux avec Bacillus stratosphericus, une bactérie vivant dans la stratosphère et qui a atterri dans une rivière anglaise. Elle permet en effet de doubler quasiment la production d'électricité.

Son usage pourrait se développer dans les usines de traitement des eaux car les eaux usées sont très riches en déchets organiques dont les bactéries se délectent tout en produisant de l’électricité. L’avantage serait donc double puisque l’eau est également nettoyée des déchets organiques. Quelques prototypes ont d'ailleurs déjà été installés.

Pour l’instant, le système ne produit pas suffisamment d’électricité pour alimenter de larges populations.

- Une batterie liquide Magnésium-Antimoine très bon marché

Ce sont des batteries chaudes, au rendement de près de 70%, avec des matériaux abondants. Dès maintenant, des batteries durables et pas chères rendent les énergies intermittentes utilisables en continu sans avoir besoin de passer par un réseau ni d'attendre des technologies plus innovantes mais hors de prix. Il vaut toujours mieux des STEPs que des batteries mais c'est beaucoup plus facile et immédiat d'utiliser des batteries, c'est toujours pareil, tout dépend de la mise de fonds initiale dont on dispose et ce qui fait le succès du capitalisme !

- Recharger son mobile avec son souffle

Cela paraît assez débile, ce sont juste de mini-éoliennes...

- Sony se lance dans les prises intelligentes

Ces fameuses prises seraient sans fil et exploiteraient alors une technologie similaire à la RFID. La même prise serait en mesure de recharger notre voiture, comme une simple tablette dans un lieu public.

Dans l’esprit purement domotique, ces prises seront contrôlées via une application Smartphone et seront même aptes à vous identifier. D’autres services comme le suivi de consommation, la centralisation ou éventuellement des conseils seront développés. Sony se projette et songe à intégrer la facturation automatique.

Voir aussi Futura-Sciences. On avait parlé le mois dernier d'un concept proche qui est donc déjà repris et amélioré par une grande firme.

- Les LEDs enfin concurrentielles

En améliorant la luminosité des LEDs, on les rendrait enfin rentables, ce qui devrait leur donner un rôle accru dans la réduction de la consommation électrique.

- Un plastique biodégradable et comestible !

La force électrostatique rendrait possible l'agglomération des particules d'aliments en un alliage résistant. Les créateurs de cette matière envisagent la fabrication d'un appareil permettant au consommateur de confectionner lui-même ses contenants biodégradables. A ce jour, les ingénieurs et chercheurs oeuvrant à l'Université de Harvard dans le domaine de la biologie médicale auraient produit une bouteille de jus d'orange faite de ce même fruit, un cubitainer pour le vin à l'essence de raisin ainsi qu'une brique de gaspacho à l'arôme de tomate.

- Un champignon qui digère le plastique

- Transformer en peinture les bouteilles en plastique

- Des villages surélevés contre les tsunamis

- Le Sahara Forest Project

C'est un projet du Qatar, près de Doha qui ferait 10 000 m² et couterait 5,3 millions de dollars, utilisant des sources souterraines à plusieurs centaines de mètres de profondeur.


Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- La vie apparue sur terre ?

Au lieu d'être née dans l'océan, la vie aurait pu naître dans des sources chaudes terrestres car il n'y aurait pas assez de sel et trop de potassium dans les cellules pour refléter un milieu marin, plus proche des sources thermales de Mutnovsky en Sibérie. Une moindre salinité serait plus favorable à la constitution de membranes et la stabilité de l'ARN ou de l'ADN aux UV plaide pour un milieu terrestre. Il y a des arguments contre (les pluies de météorites) et des arguments pour (les premières traces de vie se trouveraient sur terre et la décomposition des roches aurait été essentielle) mais cette hypothèse est loin de faire l'unanimité. A suivre, donc.


- Les prions, le troisième moteur (non génétique) de l’évolution

Après les mutations génétiques et l’épigénétique, les prions viennent de montrer qu’ils pouvaient eux aussi contribuer à la sélection naturelle, chez les levures au moins.

Ils permettraient une adaptation quasi instantanée à un environnement hostile et pourraient être transmis à la génération suivante, sans changement apparent dans l’ADN ou dans la régulation génétique.


- Toutes les plantes descendraient bien d'un unique ancêtre

Il y a plus d'un milliard d'années, une cellule à noyau concluait un accord avec une cyanobactérie : la photosynthèse de la seconde contre l'hébergement dans la quiétude de la première. En français, c'est une endosymbiose. Elle est à l'origine des plantes actuelles, ou « lignée verte ». Comment s'est passé cet événement fondateur ? Combien de fois a-t-il eu lieu ? Le génome d'un glaucophyte, organisme unicellulaire, indique qu'il ne s'est produit qu'une seule fois.

Selon les auteurs, cet événement se serait produit il y a 1,6 milliard d’années environ, à un moment où, à cause du manque de nourriture et de l’augmentation de lumière du soleil, il était plus avantageux pour les organismes prédateurs de cyanobactéries de profiter de cette capacité à utiliser la lumière via la photosynthèse.

- Une plante repousse 30.000 après

Mis de côté par des écureuils il y a 30.000 ans en Sibérie et depuis conservés dans le permafrost, des fruits de silènes, une petite plante à fleurs, ont permis de redonner naissance à cette variété antique.

Voir aussi Futura-Sciences.


- Des gènes peuvent passer d'une plante à une autre

Des espèces de plantes éloignées génétiquement qui s'échangent des gènes, on appelle cela un transfert horizontal et ce phénomène vient d'être mis en évidence chez des graminées. Une sorte de raccourci évolutif qui pourrait alimenter les craintes devant les OGM.

Le mécanisme n’est en revanche pas encore bien compris : "nous n’avons encore que des hypothèses à ce sujet, indique prudemment Guillaume Besnard. Il s’agit peut-être de croisements partiels". En effet, il a déjà été montré que du pollen de graminées appliqué sur les stigmates d’une autre très divergente peut germer et induire le développement de l’embryon. Des fragments du génome portés par le pollen peuvent ainsi être communiqués à la descendance. Les individus résultant de tels croisements sont en général peu viables. Toutefois, si les gènes transmis sont fortement favorisés par la sélection naturelle, ils ont des chances d’être intégrés.

Quoi qu’il en soit, l’étude devrait donner de l’eau au moulin des anti-OGM qui redoutent le transfert de gènes d’OGM vers des plantes non-OGM. "On pourrait très bien imaginer qu’un tel événement puisse se passer sur des transgènes de résistance à des herbicides, explique Guillaume Besnard. Un échange entre un colza transgénique et une mauvaise herbe pourrait permettre d’acquérir rapidement la résistance à un herbicide." Il est probable qu’une telle situation soit extrêmement rare mais il suffirait d’une seule fois pour que le gène soit transmis…

- Des encornets volants

Des encornets ont été photographiés au large du Brésil en plein vol… donc hors de l’eau. Et ils ne font pas que sauter : leur vitesse en l’air est cinq fois plus importante que dans l'eau.

Puissante structure musculeuse, le manteau peut se contracter rapidement pour expulser l’eau qu’il contient par un siphon ventral. Par réaction, le mollusque est propulsé dans la direction opposée à celle du jet d’eau. Utilisé près de la surface, ce système est capable d’éjecter les encornets hors de l’eau, et même, comme on le voit sur les photographies, de les maintenir en vol pendant plusieurs secondes.

- Un papillon géant

Attacus atlas est un papillon nocturne du sud de l'Asie qui fait 25cm d'envergure.

- Avec de la proline des mouches congelés peuvent revivre

Avec une nourriture enrichie en proline, protéine servant d'antigel, des mouches qui meurent normalement à -5°C résistent au froid. C'est quand même peu concluant, juste un pas de plus vers la cryogénisation.

- La mémoire collective des fourmis

Dans leur nid, les fourmis tisserandes compileraient des informations sur leurs rivales dans une mémoire collective, sorte de fichier des odeurs des autres fourmilières. Cette découverte pourrait expliquer pourquoi chaque fourmi adapte son agressivité envers un concurrent en fonction de sa provenance et de l’historique des rencontres.


- Un ancêtre des crocodiles

Le Shieldcroc (pour crocodile blindé) vivait à l’époque des dinosaures, au Crétacé supérieur il y a 95 millions d’années.

- Une tortue à 2 têtes et 6 pattes

Cette tortue âgée de cinq ans porte une carapace en forme de cœur, large d'une douzaine de centimètres. « Ce n'est pas vraiment une tortue à deux têtes au sens strict du terme, mais plutôt deux tortues siamoises », a expliqué Iouri Jouravliov, un zoologue de la société Ekzoland, qui a organisé l'exposition.

« Cette femelle a deux têtes, deux cœurs, quatre pattes antérieures, mais deux postérieures et un seul intestin », a-t-il précisé. Les deux têtes ont des caractères différents même dans leurs préférences alimentaires. Celle à gauche, dominante et plus active, « préfère la nourriture verte, l'autre, des produits aux couleurs plus chaudes : carottes, fleurs de pissenlit », a décrit le zoologue.

- Caméléons miniatures

Quatre nouvelles espèces de caméléons ont été identifiées à Madagascar. Ces animaux, de quelques dizaines de millimètres de la tête à la queue se classent parmi les plus petits reptiles du monde.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Les couleurs des oiseaux, reflets de leur nourriture

Colorées à base de carotènes – des pigments naturels à l'origine des teintes jaunes, rouges ou encore oranges revêtues par les oiseaux –, les plumes révèlent cette diversité chromatique. Une différence de plumage justifiée par l'incapacité des oiseaux à synthétiser ces pigments, obligés de les incorporer à l'organisme uniquement à travers des aliments tels que des grains ou des petites chenilles se nourrissant de ces graines ou d'autres plantes.

Ce qui fait dire à Fernando Mateos-González, co-auteur de l'étude publiée dans les revues Biology Letters et Nature, « qu'un individu ayant plus de couleur dans son plumage signifie probablement qu'il trouve une meilleure nourriture ».

- L'ancêtre du cheval de la taille d'un chat

Il y a plus de 55 millions d'années, un cheval primitif n'était pas plus gros qu'un chat... En cause: la hausse des températures à la surface du globe.

L’équipe coordonnée par Ross Secord (University of Nebraska) et Jonathan Bloch (University of Florida) a reconstitué l’évolution de la taille du Sifrhippus au cours d’une période de réchauffement de la Terre connue comme le maximum thermique du Paléocène-Eocène. Entre -55,5 millions et –54,5 millions d’années, la température à la surface des océans a grimpé de 5°C. La quantité de carbone dans l’atmosphère aurait été de 2.000 à 3.000 ppm contre 380 ppm (parties par milion) actuellement. Les écosystèmes ont donc été fortement bouleversés.

Grâce à l’analyse de fossiles appartenant à 44 individus adultes de Sifrhippus, l’équipe de Secord et Bloch a pu reconstituer l’évolution de la taille de l’équidé au cours de cette période chaude. Il perd 30% de sa taille au début, passant de 5,5 kg en moyenne à 3,8 kg ; puis regagne 75% à la fin de la période, atteignant 6,8 kg.

- Le tarsier est le seul primate à communiquer par ultrasons

- Les dauphins se donnent des noms propres

Cette idée n'est pas neuve en soi toutefois : elle a été proposée en 1991 lorsqu'on a entendu chaque dauphin émettre des sons uniques vers d'autres. Si l'on a mis autant de temps pour le prouver, c'est que le processus expérimental à mettre en place n'était pas évident.

Il est possible que d'autres animaux fassent de même : il faudrait vérifier avec les perroquets. Les perroquets ont en effet une structure sociale très élaborée, très proches de celles de ces cétacés.

Le langage phonétique reste de l'ordre du signal, il n'est pas comparable à notre langage narratif détachant le sens et le son, condition de "la double articulation" des syllabes en mots et des mots en phrases, permettant le récit qui nous caractérise. Mais donner un nom aux choses ou aux êtres est déjà de l'ordre de la désignation, dont la brève suivante montre que les chimpanzés seraient incapables.

- Le chimpanzé ne comprend pas quand on pointe du doigt, le chien si

Lorsqu'un humain demande un objet en le pointant du doigt, le chimpanzé est incapable de le lui apporter alors que le chien le fait. Question d'intelligence ? Non. Pour le chien, c'est l'influence de la domestication, pour le primate l'incompréhension des gestes.

C'est intéressant car pour Etienne Bimbenet le fait de pouvoir désigner du doigt est une dimension essentielle de notre humanité comme monde partagé et les animaux domestiques ont été génétiquement modifiés pour habiter notre monde de langage. Ces expériences ne me paraissent malgré tout pas très concluantes.

- Un chimpanzé sait donner le bon outil

Les chimpanzés sont capables de fournir une aide ciblée, adaptée au besoin d'un congénère... mais uniquement si on leur demande de l'aide. Selon de nouvelles études, les primates peuvent en effet analyser la situation de leurs semblables. C'est une des facettes de la théorie de l'esprit, qui n'est donc sans doute pas l'apanage des humains.

Le chimpanzé qui disposait des outils, après les avoir étudiés un à un, a transmis plus souvent (à l’exception d’un cobaye) celui dont l'autre avait besoin pour effectuer sa tâche. Preuve que le premier est conscient des besoins du second et qu’il lui apporte une aide appropriée.


- De l'effet de la testostérone sur les enfants

La testostérone « organise » la forme du visage et aussi d'autres parties du corps (les doigts, mais aussi les organes génitaux). Les chercheurs ont regardé de près un groupe d'enfants de 4 à 11 ans. 70 points de mesures du visage ont été répertoriés. Les niveaux de testostérone avant la naissance affecte le visage à hauteur de 15 %. Ceux qui ont été fortement exposés ont une mâchoire plus carrée et des yeux plus petits. Les garçons qui ont peu été touchés par la testostérone ont des fronts plus larges, un menton plus court et de plus grands yeux. Ils sont plus androgynes et « enfantins » en somme.

- Le génome de l'homme de Denisova reconstitué

C'est d'autant plus incroyable qu'on n'a à peu près qu'une phalange de cette nouvelle espèce proche de Neandertal !

- L'ocre rouge des premiers Néandertaliens

Il y a quelque 250 000 ans, des Néandertaliens de la vallée de la Meuse utilisaient de l'ocre rouge. Le témoignage d'une activité symbolique ?

La piste de la pensée symbolique remontait jusqu'ici en Afrique du Sud au Paléolithique moyen (il y a entre 200 000 ans et 30 000 ans en Afrique) et tout particulièrement au site de Blombos Cave, où des blocs d'ocre rayés de traits, des coquillages percés imprégnés d'ocre et des pointes bifaciales foliacées retouchées par pression témoignent de l'existence de techniques élaborées et d'activités artistiques, donc symboliques, dès 75 000 ans chez Homo sapiens. Par ailleurs, d'autres coquillages ocrés et percés datant de 82 500 ans ont aussi été retrouvés dans la grotte des Pigeons, près du village marocain de Taforalt. D'où l'idée que la pensée symbolique est apparue chez Homo sapiens alors qu'il vivait encore dans le berceau de l'humanité, c'est-à-dire en Afrique.

Cela reste spéculatif, à partir d'une simple roche, et le fait que Neandertal avait certainement un langage (phonétique ou narratif?) n'empêche pas que la véritable explosion culturelle est bien plus tardive, autour de 60 000 ans.


- Les plus anciennes peintures de Neandertal

Ces peintures rupestres (des phoques?) trouvée à Malaga en Espagne auraient 43500 ans, ce qui n'est pas sûr mais en ferait les plus anciennes découvertes, et auraient pu être faites par les derniers Neandertals, ce qui n'est pas sûr non plus, une première vague d'homo sapiens pourraient aussi bien en être les auteurs.


- Neandertal a traversé la Méditerranée, il y a 10 000 ans

Leur présence dans les îles grecques et en Crête impliquent qu'ils aient pu parcourir jusqu'à 40km sur l'eau mais l'illustration est trompeuse, cela pourrait être sur un radeau plutôt, voire des rondins ?


- Concepts abstraits et concrets traités dans le même hémisphère

Bien que les études réalisées avec des sujets sains montrent que l'hémisphère gauche est plus compétent que le droit pour traiter les concepts abstraits, elles montrent aussi que les deux hémisphères, indépendamment l'un de l'autre, ont des capacités égales à traiter les concepts concrets.

De plus, les études en neuro-imagerie indiquent que l'activation neuronale produite soit par des mots concrets, soit par des mots abstraits ne se traduit pas par des différences entre les deux hémisphères mais plutôt par des différences dans le lobe temporal de l'hémisphère gauche. "Les régions inférieures et antérieures du lobe temporal gauche sont plus sollicitées par les mots concrets et les régions frontotemporales gauches le sont plus par les mots abstraits", précise la chercheuse.

L'ensemble des résultats infirme donc la théorie du double codage et va plutôt dans le sens du modèle élaboré par le neurologue Antonio Damasio. Selon ce modèle de convergence des zones, le lobe temporal serait actif dans le traitement de données très fines nécessaires à la distinction des catégories conceptuelles.

- Lire dans les pensées, les mots

Après les premières démonstrations de reconstitution des pensées par images, bien plus intéressant, maintenant : les mots.

Pasley s'est rendu auprès de chacun d'entre eux et a enregistré leur activité neuronale pendant 5 à 10 minutes, dans les régions du cerveau consacrées à l’audition. L’idée du chercheur et de ses collègues était que pour des ensembles de fréquences contenues dans le son associé à un mot, des zones bien précises du cerveau devaient s’activer. C’est bien ce qu’ils ont constaté et grâce à un traitement mathématique des données enregistrées, il leur a été possible d’établir un dictionnaire des sons des mots entendus par les cobayes volontaires et de l'activité correspondante de certaines zones corticales. Les chercheurs ont ensuite pu vérifier leur modèle mathématique en prédisant les mots entendus, en regardant uniquement l’activité du cerveau des patients.

Les neurologues ont des raisons de penser que les zones du cerveau qui s’activent lorsque l’on entend un mot sont les mêmes lorsque l’on entend ce mot intérieurement en y pensant. En effet, des études ont montré que lorsque des gens sont invités à imaginer dire un mot, des régions cérébrales similaires à celles qui le sont lorsque la personne prononce le mot sont activées. À terme, on pourrait donc être capable de lire la pensée d’une personne en train de « parler » dans sa tête.


- Dès 6 mois, un bébé comprend les mots qu’on lui adresse

La capacité à comprendre le langage apparaîtrait plus tôt que ce que l’on pensait. Dès l’âge de 6 mois, un bébé pourrait saisir le sens des mots les plus courants, même s'il ne sait pas encore les exprimer.

D'autre part, les bébés se concentrent sur les lèvres de 6 mois à 1 an pour ensuite porter leur regard sur les yeux sauf, comme le précise La Recherche page 24, quand il s'agit d'une langue étrangère (ou que l'enfant est autiste).

- Changer le mouvement des lèvres change le son qu'on entend pourtant identique

C'est assez bluffant et fondamental pour la reconstruction de nos perceptions (comme la brève suivante).

- Des lunettes qui renversent le monde

Pourquoi de telles lunettes ? Elles ont été inspirées par George Stratton, un scientifique américain qui a découvert qu’en portant des lunettes similaires pendant plus de 4 jours, son esprit s’était adapté à l’image inversé et il pouvait de nouveau voir le monde à l’endroit.

Le seul intérêt, c'est effectivement de rappeler cette expérience dont je parle souvent car elle prouve (comme on l'a vu avec le son qui dépend du mouvement des lèvres qu'on voit) que nos représentations sont des constructions qui dépendent de nos mouvements dans l'espace et non d'une perception brute, ce que prouve d'ailleurs déjà le fait que l'image dans notre oeil soit inversée par l'effet optique bien connu des lentilles mais que cette expérience démontre en renversant de nouveau l'image.

- Un singe contrôle une main robotisée par un implant dans le cerveau

C'est assez horrible !

- Stonehenge produisait des effets sonores

Les pierres seraient disposées pour produire des interférences donnant l'impression que le son est plus fort à certains endroits et plus faible à d'autres.

- Le rythme musical serait fractal

Une nouvelle étude montre que tout compositeur, de Bach à Brubeck, répète des motifs rythmiques, de sorte que la partie reproduit le tout.

Les chercheurs ont mis au jour une formule mathématique qui gouverne les motifs rythmiques auxquels chaque pièce musicale se conforme, sans exception.

Les chercheurs ont aussi constaté que chaque compositeur possède sa signature rythmique. "C'est l'une des observations imprévues et passionnantes de notre recherche", de dire le professeur Levitin. "Les rythmes de Mozart étaient les moins prévisibles, ceux de Beethoven l'étaient le plus, et ceux de Monteverdi et Joplin avaient une distribution entrelacée quasi identique. Mais chacun avait une signature rythmique bien à lui que l'on peut reconnaître. À la lumière de notre étude, le rôle du rythme pourrait être encore plus important que la hauteur tonale dans la transmission du style distinctif d'un compositeur."


Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène

- Le séquençage de l'ADN en 6H par USB

L'appareil ne coûte que 900$. Le séquençage bientôt à portée de tous...

Il est basé sur une version modifiée de la protéine alpha-hémolysine (AHL), qui comporte un tube creux de seulement 10 nanomètres de large à sa base. En s'attachant à la protéine l'ADN se déplie avec un seul brin de la double hélice qui passe dans le tube. Les caractéristiques électriques uniques de chaque base perturbent le courant circulant à travers chaque tube, ce qui est suffisant pour déterminer laquelle des quatre bases le traverse.

Voir aussi Technology Review.


- Les femmes produiraient des ovules toute leur vie

Après les souris, voilà que les femmes produiraient toute leur vie des ovules, contrairement aux idées communément admises depuis les années 1950.

Depuis soixante ans, le concept était bien établi : durant la grossesse, le fœtus de petite fille fabrique des millions d’ovocytes stockés dans les ovaires. On considérait alors qu’à la naissance, la petite fille détenait son stock définitif de cellules germinales, et qu’il n’allait cesser de diminuer au cours de l’existence sans aucune nouvelle synthèse. À la puberté, quelque 400.000 ovocytes sont disponibles, et lors de chaque cycle, un millier d’entre eux rentre en compétition pour devenir un ovule mûr, mais un seul y parvient, tandis que tous les autres meurent.

Mais depuis 2004, ce modèle est remis en question puisque que des chercheurs du Massachusetts General Hospital (Boston), dirigés par Jonathan Tilly, avaient montré que des souris fabriquaient toute leur vie des ovules grâce à des cellules souches germinales (appelées OSC), et que cela pouvait également s’appliquer à la femme.

C'est un peu le même changement de paradigme que celui entraîné par la production continuelle de neurones, ce qui semblait contradictoire avec la mémoire et la structuration du cerveau.

- Couper sa nuit en 2 plus naturel que dormir 8H

Au début des années 90, un psychiatre du nom de Thomas Wehr a réalisé une étude peu orthodoxe : des volontaires devaient rester dans le noir durant 14 heures chaque jour du mois (cela correspond à une journée sans lumière artificielle). Les volontaires ont mis un peu de temps à voir leur sommeil se réguler. Toutefois, après 3 semaines, on retrouvait un mode de sommeil généralisé. Les volontaires dormaient durant 4 heures environ, restaient éveillés durant une heure ou deux, puis, las, se rendormaient pour 4 heures supplémentaires environ. Cette étude a frappé les spécialistes, mais l'idée de dormir 8 heures en continu reste dans les esprits.

Ce n'est pas tout, en 2001, un historien américain du nom de Roger Ekirch a conclu après 16 ans de recherches historiques que la grande majorité des humains avaient pour habitude de dormir en deux étapes successives. C'est le résultat de déclarations dans des agendas personnels, dans les livres médicaux et la littérature. En général, les gens s'endormaient deux heures après la tombée de la nuit, se réveillaient durant une ou deux heures, puis s'endormaient à nouveau.

Les mentions de ces deux périodes de sommeil ont commencé à disparaître à la fin du dix-septième siècle, d'abord dans les hautes couches sociales en Europe. Cela s'est ensuite généralisé et correspond à l'arrivée de l'éclairage artificiel et à l'ouverture de cafés tard dans la nuit.

Un journal médical de 1829 exhortait les parents à ne plus faire dormir leurs enfants en deux fois.

- Contrôler des neurones avec des boîtes quantiques

Cela ressemble à l'optogénétique car les quantum dots doivent être excités par la lumière, ce qui fait que la première utilisation serait les neurones de l'oeil.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Effacer la mémoire neuronale pour traiter la douleur chronique

Des chercheurs canadiens ont maintenant identifié la protéine Kinase M zéta comme vecteur de cette mémoire. Ils ont pu démontrer qu’après une stimulation douloureuse, le niveau de protéine Kinase M zéta augmente de manière persistante dans le système nerveux central. Plus important encore, ils ont découvert qu’en bloquant l’activité de la protéine Kinase M zéta au niveau neuronal, ils pouvaient inverser l’hypersensibilité à la douleur développée par les neurones.

Voir aussi Techno-Science et Futura-Sciences mais cela me semble loin d'être opérationnel, le ciblage de la protéine Kinase M zéta étant problématique dès lors qu'elle sert à renforcer les connexions neuronales. Ce n'est pas la première fois en tout cas qu'on prétend pouvoir effacer la mémoire.

- Alzheimer : la protéine Tau se propage tel un virus dans le cerveau

Des chercheurs ont pu montrer comment la protéine Tau, impliquée dans la maladie d’Alzheimer, se propage dans le cerveau des souris. D’un foyer précis, elle atteint les neurones voisins via les synapses avant d’envahir petit à petit le cerveau, à l’instar d’un virus. D’autre part, un vaccin ciblant cette protéine a révélé son efficacité chez des rongeurs.

La protéine Tau est présente dans tous les neurones, y compris ceux qui sont sains. Elle stabilise les microtubules, le squelette cellulaire, comme on peut le voir sur le schéma du haut. En revanche, lorsqu'elle est dite pathologique, elle n'assure plus sa fonction et s'accumule dans le neurone, qui finit par mourir.

Cette protéine dans sa forme anormale se trouve plus hautement phosphorylée, notamment au niveau du 422e acide aminé du peptide : une sérine. Les chercheurs de l’Inserm ont donc ciblé spécifiquement cette molécule pour stimuler le système immunitaire des souris. Avec succès puisque les concentrations en protéine Tau ont significativement chuté et les performances cognitives des souris ont été améliorées.

Le manque de sommeil pourrait avoir un rôle dans la maladie :

On a trouvé que ceux qui passent moins de 85 % du temps dans leur lit à dormir étaient plus susceptibles d'avoir ces marqueurs signalant le risque d'arrivée d'Alzheimer par rapport à ceux qui passaient plus de 85 % de leur temps dans le lit à vraiment dormir.

- Un médicament agit contre les effets de la maladie d'Alzheimer

Un médicament approuvé par la FDA appelé bexarotène agit contre de nombreux effets de la maladie d'Alzheimer qui apparaissent dans son modèle animal chez la souris annoncent des chercheurs.

Paige Cramer et ses collègues savaient que le bexarotène stimule une protéine qui aide à activer l'expression du gène de l'ApoE et ils ont supposé que ce médicament pourrait augmenter par ce biais l'élimination du fragment béta-amyloïde dans le cerveau. Ils ont donc donné le produit à des souris conçues pour avoir une condition comparable à la maladie d'Alzheimer et constaté que les niveaux du fragment dans le cerveau des souris avaient chuté en quelques jours. Les souris ont également présenté une amélioration de leurs performances cognitive, sociale et olfactive.

Le bexarotène, également connu sous le nom de Targretin, est utilisé actuellement pour traiter une forme de cancer de la peau et ne semble pas toxique relèvent les auteurs. Le produit active le récepteur nucléaire RXR qui se lie à l'un des deux autres récepteurs nucléaires PPAR ou LXR. Ces paires de récepteurs activent alors la transcription du gène de l'ApoE.

Voir aussi Sciences et Avenir et Futura-Sciences.

- Des cellules souches contre le Parkinson

Des singes développant l’équivalent de la maladie de Parkinson ont montré une amélioration de leurs symptômes après l’injection dans leur cerveau de cellules souches humaines. La technique pourrait être testée chez l’homme à partir de 2015.

- Le curcumin contre la démence

En réduisant les oligomères le curcumin protégerait les neurones, comme c'est aussi un remède contre certains cancers comme celui de l'oesophage, ce n'est pas pour rien que le curry est si populaire.

- Des oméga-3 contre le vieillissement du cerveau

Si votre régime alimentaire n'est pas suffisamment riche en acides gras oméga-3 (que l'on retrouve dans les noix et les poissons gras comme le saumon par exemple), c'est votre cerveau qui en pâtit. Il vieillit en effet plus rapidement et perd de la mémoire ainsi que d'autres capacités cognitives. Le volume du cerveau de personnes qui ont de faibles niveaux d'acides gras oméga-3 dans le sang est inférieur à la normale : il correspond à avoir un cerveau plus vieux de deux années !

- Un neurone vivant en vidéo haute résolution

Moins de 70 nanomètres ! C’est la résolution record des détails de véritables films montrant les modifications des dendrites de neurones de souris bien vivants, obtenus grâce à une nouvelle technique, la microscopie Sted. Les neurobiologistes disposent maintenant d’un nouvel outil pour comprendre les pathologies des synapses.

Il faut quand même modifier génétiquement les neurones pour qu'ils soient fluorescents.


- L'autisme, un problème de synapses

Une étude, publiée le 9 février 2012 dans Public Library of Science - Genetics, démontre que des mutations génétiques perturbant la communication entre les neurones seraient directement impliquées dans la maladie. Ces nouveaux résultats confirment l'origine neurobiologique des troubles du spectre autistique.

Les analyses génétiques menées à l'institut Pasteur ont permis de mettre en évidence de nouvelles mutations dans le gène SHANK2, allant jusqu'à la perte totale d'une copie du gène SHANK2 chez certains patients. Le gène SHANK2 code une protéine localisée au niveau des synapses, les points de contact et de communication entre les neurones.

Les chercheurs ont montré dans des cultures de neurones que les mutations du gène SHANK2 sont associées à une diminution du nombre de synapses et donc à une altération de la communication entre les neurones.

Rappelons, dans le contexte de polémique bien française, qu'il y a différentes formes d'autisme, plusieurs d'origines génétiques variées et plus exceptionnellement, des formes non génétiques.

- Autisme: des différences cérébrales visibles dès 6 mois

Une étude menée aux Etats-Unis montre que ces différences sont le fruit d’un long et progressif développement tout au long de l’enfance.

La technique d’imagerie cérébrale utilisée par les chercheurs a révélé que chez ces enfants le développement de la matière blanche était différent dès l’âge de 6 mois. Cette matière blanche est riche en fibres nerveuses, entourées d’une gaine protectrice, la myéline. Elle est essentielle pour le transport des signaux nerveux et donc de l’information entre différentes parties du cerveau.

En reconstruisant en 3D la forme de cette matière blanche, Piven et ses collègues ont observé un développement plus lent de ces fibres entre 6 et 24 mois chez les enfants qui ont été diagnostiqués autistes.

- Des ondes magnétiques contre la schizophrénie

De faibles impulsions magnétiques de 10mn par jour permettraient de réduire les défauts de connexions entre neurones caractérisant des schizophrènes. En excitant les connections indésirables, on favoriserait leur suppression (par les récepteurs NMDA) et le brain-derived neurotrophic factor (BDNF).

- La schizophrénie reliée au cervelet ?

Le stress ou l'alimentation pourrait inhiber la croissance du cervelet dans l'utérus.

- Spice, le cannabis synthétique serait plus dangereux que la plante

Le cannabis synthétique appelé K2 ou Spice est difficile à interdire car la molécule peut être facilement modifiée pour échapper à la loi (et il est toujours plus facile de fabriquer un produit chimique que de cultiver des plantes). C'est donc une drogue "légale" qu'on peut se procurer sur internet, souvent sous forme "d'encens" et qui a de plus en plus de succès dans la jeunesse (11% en aurait fumé). L'article met en garde sur le fait qu'elle serait trop puissante et engendrerait plus d'expériences psychotiques, d'hallucinations et de crises de panique qu'avec la plante naturelle. Il faut se méfier de ces allégations, on avait eu le même genre de panique à propos des herbes hollandaises supposées trop fortes mais il est un fait que les appels d'urgence auraient doublé à ce propos. Le problème serait surtout que les doses sont trop variables, qu'on ne sait pas ce qu'on achète et qu'on ne peut pas contrôler sa consommation mais il est certain que lorsqu'on interdit les plantes, on favorise les chimiques...

- Stress et dépression réduisent l'espérance de vie

Ce qui est intéressant, c'est non seulement que la dépression réduit la longueur des télomères mais que ce serait relié à l'excès de stress et de production de cortisol.

« Nos découvertes suggèrent que le stress joue un rôle important dans la dépression, puisque les télomères étaient particulièrement courts chez les patients présentant un axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien sensible. »

Par ailleurs, on espère trouver chez des vers qui se reconstituent quand on les coupe le secret de garder les télomères intacts mais cela pourrait provoquer des cancers plutôt que de permettre l'immortalité d'organismes plus complexes.

- Les anti-dépresseurs agiraient sur les os ?

La sérotonine, un neurotransmetteur cérébral bien connu, est produite localement dans un site inattendu: le tissu osseux. Cette sérotonine locale favoriserait la dégradation du tissu osseux. Ces résultats suggèrent que des médicaments modulant les effets de la sérotonine, comme les antidépresseurs ou les antimigraineux, pourraient modifier dans un sens ou dans l'autre l'équilibre délicat entre formation et dégradation des os dans l'organisme.

Voir aussi Sciences et Avenir et Futura-Sciences.

Par ailleurs, il y aurait un test sanguin pour détecter la dépression...

- Ostéoporose: une micropuce implantable

Certaines personnes traitées pour leur ostéoporose pourraient bientôt échanger leur stylo à injection quotidienne contre une micropuce implantable qui libère son médicament sur commande à distance.

Contrairement à la plupart des appareils administrant des médicaments, où de faibles quantités sont lentement libérées au cours du temps, la micropuce libère le traitement à la demande faite par un système sans fil externe. Cela permet une introduction rapide de médicaments dans le sang, comme dans le cas d'une injection.

De la taille d'un pacemaker, l'appareil garde les doses quotidiennes de médicament dans de minuscules puits qui s'ouvrent selon un protocole pré-programmé ou via un signal à distance. "Les médicaments sont dans différents puits. Chacun des puits est recouvert d'une couche d'or de quelques nanomètres d'épaisseur qui peut protéger les produits pendant des années si nécessaire et empêche leur libération".

L'envoi d'un signal à distance au puits déclenche la dissolution de l'or et la libération du médicament dans le sang.

Voir aussi Sciences et Avenir.

- Un capteur pour surveiller une fracture

D’une taille minuscule (entre 6 et 4 mm de diamètre pour 500 microns d’épaisseur), ces capteurs peuvent être fixés sur un grand nombre d’implants chirurgicaux comme les tiges utilisées pour consolider un os cassé. Le capteur peut surveiller la température, la tension, les mouvements et la pression au fur et à mesure de la consolidation osseuse. Toutes ces informations peuvent être récoltées en temps réel par un lecteur externe.

- Diabète : une micropuce pour mesurer la glycémie dans la salive

Des chercheurs annoncent la mise au point d'une micropuce expérimentale capable de détecter le taux de glucose dans la salive. Ceci permettrait d’éviter l’épreuve de la piqûre à tous les diabétiques. Les scientifiques espèrent même rendre leur détecteur sensible à tout un ensemble de molécules.

Ce microcapteur exploite l'interférométrie plasmonique, une technique prometteuse en nanotechnologie, permettant même de fabriquer des nanolasers de la taille d'une protéine. Dans le cas de ce capteur, il s’agit en quelque sorte de mesurer l’interaction entre une onde lumineuse et les électrons présents à la surface de la couche d’argent composant la puce. L’interféromètre, l’unité de base du détecteur qui en comporte des milliers par millimètre carré, consiste en une fente encadrée par deux rainures peu profondes.

Les chercheurs pensent être en mesure de détecter des doses de sucres 100 fois plus faibles qu’avec les glucomètres classiques, soit à peu près l’écart de concentration qui existe entre le sang et la salive.

D'autre part, le Bisphénol A favoriserait le diabète alors que le jus de tomate permettrait de lutter contre le diabète et l'obésité (la digestion des graisses), ainsi que le saumon qui aurait aussi des propriétés anti-inflammatoires.

- Une plante chinoise contre l'inflammation (et le vieillissement?)

Une plante utilisée en médecine chinoise contre la malaria, la Dichroa febrifuga, une sorte d'orthensia (Blue Evergreen Hydrangea) et notamment le composant halofuginone, bloquerait des réactions immunitaires en mimant la privation de nourriture, ce qui pourrait avoir un effet positif sur l'allongement de la vie.

Voir aussi Futura-Sciences.


- Une enzyme accroît la durée de vie des mâles… pas des femelles

Une enzyme de la famille des sirtuines, nommée SIRT6, allongerait l’espérance de vie de 16 % des souris mâles lorsqu'elle est surexprimée, tandis qu’elle n’a pas d’effet chez les femelles.

Les sirtuines sont des enzymes que l'on retrouve aussi bien chez les organismes procaryotes que chez les eucaryotes. Elles agissent au niveau épigénétique, en régulant les histones, ces protéines qui permettent de compacter l'ADN.

La situation n'est pas vraiment claire, y compris pour les auteurs de l'étude. Ils tentent d’expliquer les divergences de résultats entre les genres par le fait que les mâles ont un taux de tumeur plus élevé que les femelles, et donc que l’enzyme pourrait avoir un rôle de suppresseur de tumeurs qui rééquilibrerait la balance.


- La réglisse contre les candidoses

Ce qui est nouveau, c'est de connaître le mécanisme d'une action connue depuis longtemps.

Les tests in vitro menés par les deux chercheurs montrent que la glabridine et la licochalcone A, synthétisées par la racine de la réglisse, bloquent la croissance du C. albicans en l'empêchant de former un biofilm et de produire des filaments grâce auxquels elle envahit les tissus.

On redécouvre aussi les vertus antibiotiques du miel.


- Un détecteur et compteur de virus

Un capteur mis au point par des chercheurs britanniques parvient à détecter spécifiquement les virus et les dénombrer.

Pour mettre au point le capteur, plusieurs étapes ont été nécessaires. Il a fallu d'abord fabriquer des anticorps polyclonaux (capables de se lier à différents antigènes) ayant une affinité spécifique pour les protéines de la capside virale d’un adénovirus de type 5 (Ad5). Puis ces molécules ont été clivées en deux moitiés symétriques, de manière à éviter qu'un seul anticorps ne réquisitionne deux virus, ce qu'il peut faire, et ne fausse les calculs. Enfin, ces anticorps ont été fixés sur un capteur électrique.

Grâce à la spectroscopie d'impédance électrochimique, qui mesure les changements électriques au niveau du capteur, le système détecte spécifiquement le sérotype Ad5 à partir d'une concentration de 103 particules virales par millilitre.

- Un détecteur du virus H1N1

La technologie RT-SmartAmp développée par les chercheurs du RIKEN Omics Science Center, dérive de la très récente technique Reverse Transcription Loop-Mediated Isothermal Amplication (RT-LAMP) permettant d'obtenir notamment l'amplification rapide d'un échantillon de matériel génétique grâce à l'utilisation de six amorces et à l'application d'une température constante (60-65°C). La RT-SmartAmp est une méthode associant l'amplification génétique à température constante et la technique SmartAmp classiquement employée pour détecter les polymorphismes nucléotidiques. L'application de ces deux technologies confère à la RT-SmartAmp une grande rapidité et une grande précision. L'emploi d'une amorce fluorescente spécifique d'un sous-type de virus, dans cette étude A (H1N1), limite les risques de fausse réaction avec d'autres types et sous types viraux (A (H3N2), A (H5N1), B...).


- Un antiviral contre le cancer

Plus connue jusqu'à présent pour son rôle antibactérien et antiviral, Optineurine, identifiée comme régulateur spécifique de PLK1 ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques dans le cas de tumeurs associées à une surexpression de PLK1: cibler Optineurine devrait permettre d'entraver la prolifération cellulaire non contrôlée qui caractérise les cancers.

- Un robot ADN, livreur de médicament

Des chercheurs ont construit un nano-robot à partir d'ADN qui peut convoyer de petites doses de substances jusqu’à l’intérieur de cellules individuelles et influencer ainsi leur comportement.

Les chercheurs ont tiré parti d'une technique connue sous le nom d'origami ADN, qui permet en repliant les brins d'ADN de lui donner des formes complexes, pour construire leur nano-robot d'aspect hexagonal. De taille nanométrique, il se compose d’un réservoir maintenu fermé par des « loquets » composé d’un ADN particulier pouvant reconnaitre et se fixer sur certaines protéines de surface composant la membrane des cellules.

Lorsque les loquets reconnaissent leurs cibles, ils s’y fixent et le dispositif peut alors délivrer son contenu, des molécules spécifiques pouvant interagir avec ces récepteurs. Les chercheurs ont utilisé ce système avec succès pour envoyer des instructions, qui ont été encodées sur des fragments d'anticorps, à deux types différents de cellules cancéreuses. Dans chaque cas, le message visait à activer l’«interrupteur suicide» de la cellule.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Une micropuce médicale autonome en énergie

Une micropuce, autonome en énergie, dont le but à terme est de délivrer des médicaments in situ, vient d'être développée. Une avancée qui survient après qu’une chercheuse s’est rendu compte que des modèles mathématiques établis il y a plusieurs décennies étaient erronés.

Elle s'est rendu compte d'une erreur d'approximation dans les calculs, et a pu montrer que les ondes traversaient cent fois mieux l'organisme que prévu.

Les conséquences sont très importantes, car si les ondes électromagnétiques se propagent mieux que prévu dans le corps humain, il est possible de mettre au point des antennes réceptrices de taille plus réduite (la relation étant proportionnelle, on peut les diviser par 100), et d’ainsi miniaturiser davantage les dispositifs en les dotant malgré tout d’une autonomie de mouvement quasi illimitée grâce à une transmission d'énergie électrique sans fil.

Elle a mis au point un dispositif de quelques millimètres, doté d'un récepteur radio relié à une bobine. L'émetteur est situé en dehors de l'organisme et transmet des ondes radio. Le récepteur qui les recueille peut en tirer une tension faible mais suffisante pour alimenter un petit moteur qui permettrait à la puce de se déplacer dans la circulation sanguine.

- Les méfaits des nanoparticules sur la santé

Plusieurs symptômes ont été relevés : perte de poids, perturbation du rapport triglycéride-cholestérol dans le sang et changement de la distribution du cholestérol entre le foie et les muscles. Autant de signes qui indiquent une perturbation du métabolisme des lipides. En outre, des troubles du comportement ont été observés. Les poissons élevés avec un régime alimentaire de zooplancton contaminé mettent deux fois plus de temps à terminer un repas : ils sont moins habiles à la chasse et se déplacent plus lentement.

Pourquoi les nanoparticules de polystyrène perturbent-elles le métabolisme des lipides ? Car certaines protéines viennent s’agglutiner autour d’elles, en formant une sorte de couronne protéique. Parmi celles-ci, l’apolipoprotéine A1, qui est fortement impliquée dans la formation des lipides aussi bien chez les poissons… que chez les humains.

Des chercheurs new-yorkais montraient qu’à des doses auxquelles un humain pourrait raisonnablement être exposé, elles perturbent l’absorption du fer et de quelques vitamines au niveau des intestins.

- La résistance aux antibiotiques à cause de l'élevage

Le staphylocoque doré est devenu résistant aux antibiotiques lors de son passage chez les bêtes d’élevage, en cause l’utilisation d’antibiotiques en agriculture.


Technologie


biotechnologies, nanotechnologies, énergie, informatique, robotique

- Un collier de surveillance pour les vaches

Le collier détecte la position de la tête dans les trois dimensions ainsi que si les pattes avant commence à fléchir (un signe de faiblesse par maladie par ex). Il détecte l' « entrée en chaleur » de la vache ; on peut alors penser à l'inséminer !

Ce dernier envoie un sms lorsqu'il détecte quelque chose de particulier qui ressemble à ce qu'il est censé surveiller.


- Des ordinateurs biologiques

Pour certains types de problèmes malgré les limitation des cellules biologiques pour effectuer des calculs, ces "machines à états finis" en réseau seraient plus efficaces que les ordinateurs numériques.

- Le Raspberry Pi à 35$ en rupture de stock à peine sorti

Basé sous Linux, et assemblé par Premier Farnell et RS Components, cet ordinateur, aussi gros qu’une carte mémoire flash, embarque un processeur ARM Broadcom cadencé à 700MHz, 256Mo de RAM, mais également la distribution Fedora, qu’il arrive à booter depuis une simple carte SD. A noter que ce modèle dispose en plus d’un port Ethernet, ainsi que de 2 ports USB. Son alternative à 25$, également en rupture, ne jouit pas de ces 2 bonus.


- Le pc usb à 139$ en précommande

A l’intérieur, vous trouverez un processeur 1GHz ARM Cortex-A9 fabriqué par Samsung et un GPU ARM Mali-400. il y a également une sortie HDMI, le Wifi et un port micro-USB. Il est vendu avec Android et Ubuntu préchargés. Il gère également les formats vidéo MPEG.4 et H.264, afin que vous puissiez le brancher à une TV et l’utiliser comme PC multimédia rudimentaire.


- Des disques durs 100 fois plus rapides grâce à l'écriture thermique

Dans la revue Nature Communications, une équipe internationale décrit maintenant une nouvelle façon d’écrire sur le disque par l’intermédiaire de chaleur sans l’aide d’un champ magnétique. Le mécanisme testé, un disque de gadolinium, de fer et de cobalt, contrôlé par la simple application d'une impulsion laser ultrarapide, pourrait devenir prochainement la nouvelle norme pour les périphériques de stockage.

Pendant des siècles nous avons cru que la chaleur détruisait l’ordre magnétique. Aujourd’hui, nous démontrons, avec succès, qu’elle peut permettre d’enregistrer une information sur un support magnétique.


- Une antenne radio en aérosol

Développé par une société américaine, un revêtement composé de nanocondensateurs se comporte comme une antenne radio adaptable sur un téléphone mobile ou tout autre appareil sans fil. Sous forme de bombe de peinture, il peut être appliqué sur toute surface. De quoi transformer n'importe quel objet en antenne...

- Google plancherait sur des lunettes à réalité augmentée

Google a développé un prototype de lunettes équipées d’un système d’affichage tête haute qui superpose des informations à l’environnement réel. Le géant de la recherche en ligne aurait l’intention de concrétiser l’essai, mélange de réalité augmentée et de géolocalisation, en lançant un test pilote grandeur nature.

Imaginez-vous chausser des lunettes, énoncer à voix haute l’endroit où vous voulez vous rendre et voir l’itinéraire s’afficher en transparence devant vos yeux tout en profitant d’un guidage vocal.

L’affichage des informations fonctionne pour un seul œil et sur le côté du verre pour ne pas perturber le champ de vision. La navigation dans l’interface se fait grâce à des mouvements de la tête pour faire défiler et cliquer sur une fonction. L’article assure que l’apprentissage est rapide et que la navigation devient « une seconde nature » qui passerait presque inaperçue à des regards extérieurs.

Les branches des lunettes renferment une électronique équivalente à celle d’un smartphone Android de première génération avec également un microphone, des écouteurs, un GPS et une caméra frontale. Les lunettes sont dotées d’une connexion Internet pour communiquer directement avec les services en ligne de Google.

Voir aussi les perspectives de la réalité augmentée et des smartphones pour les voyageurs, notamment les aéroports.

- Eye3, un drone photographe pour tous

Conçu par un couple d’ingénieurs américains, Eye3 est un drone muni de six rotors, vendu en kit pour moins de 1.000 dollars, soit environ 760 euros. Il peut emporter n’importe quel type d’appareil photo pour réaliser des prises de vues aériennes et même voler sous pilote automatique, au GPS.

- Avec Ubuntu sur Android, les smartphones transformés en PC Linux

Ubuntu pour Android utilise une petite station d’accueil qui transforme n’importe quel smartphone en ordinateur sous Linux

Le principe est le suivant : l’utilisateur se sert de son smartphone Android normalement avec tous ses réglages, ses applications et ses données. Lorsqu’il a besoin d’un ordinateur, il connecte son terminal sur une station d’accueil elle-même reliée à un écran, une souris et un clavier et lance Ubuntu pour Android. Il dispose alors de son environnement de travail sous Ubuntu avec ses logiciels, ses données et ses paramètres et peux utiliser la connexion 3G, 4G ou Wi-Fi du terminal pour surfer sur Internet.

- SimpleLink CC3000, ou le Wi-Fi pour les appareils électroménagers

Texas Instruments propose une puce Wi-Fi minuscule baptisée SimpleLink CC3000. Bon marché et simple à installer, elle s’intègre aux appareils électroménagers. Les voilà capables de se connecter au réseau domestique et d’envoyer des informations ou des alertes sur un smartphone, via Internet ou par SMS.

Texas Instruments est parvenu à intégrer directement dans la puce, la couche TCP/IP, le pilote Wi-Fi, mais aussi le logiciel de sécurité. Une fois connectée au réseau domestique, elle s’attribue toute seule une adresse IP, sans nécessiter aucun réglage de la part de l’utilisateur. Tout ce système tient sur 6 Ko de mémoire Flash et ne nécessite que 3 Ko de mémoire vive pour fonctionner.


- Kinect utilisé pour... garer une voiture

Logé dans le parechoc d’une voiture, le capteur de mouvements devient un renfort pour le conducteur : en lui délivrant une image sur un écran de contrôle, il l'aide à faire son créneau.


- Contrôlez votre skateboard par la pensée !

Grâce à un casque EPOC Emotiv, les signaux du cerveau du rider sont transmis à une tablette Samsung placée à l’avant du skateboard. Pour se déplacer, il lui suffit alors d’imaginer qu’il veut se rendre à un point fixe. L’informatique s’occupe du reste. Grâce à un logiciel, l’ensemble des données sont analysées et la planche se met alors en route.

- Un robot militaire

- Des robots qui conduisent des chameaux

- Les robots sexuels arrivent (8000€)

On annonce depuis 2010 cette poupée gonflable perfectionnée.

- Créer sa maison en 3D


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19 réflexions au sujet de « Revue des sciences 03/12 »

  1. Dommage que j'ai quitté la société à qui j'avais fait faire déposer un brevet de dispositif électronique implantable.

    En lisant l'article ici, m'est venu l'idée d'avoir une antenne émettrice RF, sur le matelas ou dans dans d'autres endroits, pour recharger le dispositif sans que le patient n'ai plus à s'en soucier. C'est juste un problème de comment ergonomiser l'entretien énergétique de tels dispositifs électroniques implantés.

    Sinon, il y a des générateurs d’électricité implantables sous la peau à l'étude, utilisant la différence de température entre la face orientée vers l'intérieur du corps et celle orientée vers l'extérieur.

  2. J'ai rajouté dans l'édito, cette nouvelle du jour sur notre rationalité limitée et ses conséquences sur les élections :

    Ce qu'on appelle "l'effet Dunning-Kruger" établit, par ailleurs, qu'on se surestime d'autant plus qu'on est ignorant. De plus, on serait incapable de reconnaître la véritable compétence quand on est incompétent soi-même. Selon Dunning, ces limitations bien connues de notre rationalité empêcheraient de voter pour les meilleurs. Ce sont les médiocres qui seraient systématiquement choisis. Ce n'est pas une raison pour remettre en cause le vote, la démocratie n'ayant la prétention que d'être le moins mauvais des systèmes, mais du moins de ne pas surestimer les élections (présidentielles) et ne pas rêver à une insurrection par le vote ni d'en attendre un quelconque sauveur. Certes, il y a quand même eu des êtres exceptionnels qui ont pu accéder au pouvoir, mais c'est l'exception qui confirme la règle ! Le vote par tous favorise inévitablement la démagogie mais ce qui est déterminant et peut être amélioré, c'est du moins l'organisation de la démocratie elle-même.

  3. Le titre est trompeur car les 2 programmes sont bien incapables de faire un test complet de QI, juste des parties spécialisées (reconnaissance de formes ou de suites de nombres). Dès lors, c'est un peu comme comparer la vitesse de calcul d'un ordinateur avec le calcul mental. L'intelligence artificielle reste encore très primitive, notamment dans la compréhension du langage, c'est pour l'instant un échec de la technologie même si on fait déjà beaucoup de choses (beaucoup de calculs). Un jour on y arrivera, par imitation du cerveau sans doute et de son fonctionnement aléatoire, mais, et malgré notre rationalité très limitée comme on l'a vu, il n'est pas sûr que la machine puisse nous dépasser en tout puisque l'intelligence est fonction d'un corps et de ce qu'il peut faire.

  4. Oui c'est spécialisé j'en conviens, et peut être que c'est une manière de parvenir a reconstruire toutes les formes d'intelligences.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_intelligences_multiples

    C'est à comparer avec l'avancé en robotique de ROS de google et des chercheurs américains, ou des robots allemands ( qui utilisent un serveur externe au robots pour les calculs ce qui le rend plus rapide )

    Ça reste époustouflants

    http://doc.ubuntu-fr.org/ros#les_fonctionnalites

    https://www.youtube.com/user/WillowGaragevideo

    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=R6pPwP3s7s4

    C'est vrai également qu'il y a des lacunes niveau langage, à la nasa ils ont pensé inventer un langage spécialisé et simplifié proche de l'anglais.

    Le dernier robot d'aldebaran, roméo, a de hauts objectifs, aide à la personne, compréhension, appel de secours etc , vous ne trouvez pas ?

  5. Je suis persuadé qu'on va être envahi par les robots et certains sont époustouflants dans une tâche ou une autre (j'avais déjà mis les robots qui se lancent des balles) mais globalement ils restent patauds et assez limités. Un ordinateur peut nous battre aux échecs ou au ping pong mais cela n'a rien à voir avec une intelligence vivante. J'ai connu les premiers pas de la reconnaissance de forme en informatique et certes, on a fait là énormément de progrès mais relativement lents quand même. Le jour est peut-être proche où les robots seront assez performants pour être vraiment utiles en dehors de tâches répétitives mais on est encore dans la préhistoire.

    Moi, ce qui m'intéresse, c'est le rapport de l'intelligence au corps, dans ses limitations mêmes, et que plus les machines se perfectionnent, plus la spécificité humaine devient manifeste et précieuse tout au contraire d'une obsolescence de l'homme (ce matin Cécile Lafontaine a débité plein d'idioties sur le sujet dans Terre à terre, ne comprenant rien ni au vivant, ni à la cybernétique comme son livre l'avait déjà montré).

  6. Un doc intéressant sur le cerveau, le titre évoque l'inconscient, de mon point de vue j'y verrai plutôt une étude des processus préconscients, préverbalisés.

    http://www.youtube.com/watch?v=qSu_...

    Un peu comme le skate motorisé à casque encéphalique, qui me semble fonctionner sur la base d'une détection d'intentionnalité spatiale plutôt que sur une détection des mots, comme le nom de la rue où on veut aller.

    Le conscient serait en quelque sorte le comptable qui établit le bilan après exercice et en tire des conclusions pour l'avenir, rétroaction.

  7. Les deux principales critiques qu'on peut faire à ces émissions qui regroupent pas mal de choses dont on a parlé sont toujours les mêmes :

    - d'abord une façon de faire croire que le cerveau déciderait à notre place, ce qui est absurde, la conscience (la réflexion, la liberté) n'intervenant que lorsqu'on n'est plus dans l'automatisme, qu'il y a un choix et qu'on a besoin d'informations complémentaires pour décider, quand on est confronté à notre ignorance.

    - l'autre critique, c'est d'oublier que le cerveau est un cerveau et non une glande, organe de l'extériorité qui ne réagit pas seulement à des messages chimiques mais à une réalité extérieure qui est pour nous celle d'un monde humain, monde de discours et de relations, d'une inter-subjectivité fondamentale et d'un désir de désir où l'objet est constitué par le regard de l'autre.

    Par contre il est bon d'insister sur notre rationalité si limitée, notamment sur nos grilles de lecture, ce qui n'empêche pas qu'on est beaucoup plus performants que les robots sur la plupart des tâches encore (notamment le langage bien sûr).

  8. @Jean Zin :

    Assez d'accord, le virage spinoziste n'est jamais très loin.

    Mais cette émission reste intéressante.

    La subtilité des relations "corps-esprit" nous différencie beaucoup des robots présents et à venir, qui sont très schématiques, d'où leurs forces et leurs faiblesses inverses aux nôtres, les vivants.

  9. Mon petit doigt me dit qu'en plus de détecter le mot et images dans un cerveau , ( d'après plusieurs recherche )

    il est possible de le faire à une certaine distance ( quelques mètres ).

    ca serait un outil qui pèserait a tout jamais dans une balance démocratique ?

  10. Non, il n'est pas question de détecter images ou mots à distance, il faut au contraire des scanners très précis pour un résultat qui reste en partie aléatoire. Cela pourrait être utile pour des gens comme Hawking ou ceux qui ont le syndrome d'enfermement (locked in). Il ne faut pas s'emballer, tomber dans les exagérations ni croire aux récits de science-fiction comme il est trop courant. Rien à craindre pour une démocratie qui a bien d'autres problèmes...

    Ce sont les "détecteurs de mensonge" (ou de stress) qui peuvent marcher à distance mais, au fond, sur des signes pour lesquels on n'aurait pas forcément besoin de machines et qui ne sont pas d'une fiabilité absolue.

  11. Le principe d'action se base sur les enképhalines, des "morphines internes" secrétées naturellement par le corps, sur lesquelles le Pr Roques travaille depuis plus de trente ans. Les enképhalines "donnent la même réponse analgésique" que la morphine, dérivé de l'opium bon marché abondamment utilisé dans les hôpitaux pour soulager la douleur.

    http://www.lemonde.fr/sciences/arti...

  12. Comment un petit concurrence un gros :

    La suite de Siemens nous a permis de produire des petites séries adaptées aux besoins spécifiques de nos clients, et de gérer des configurations différentes de manière très souple, ce que les grands constructeurs ne peuvent absolument pas faire.

    http://pro.01net.com/editorial/5598...

  13. C'est quand même le principe du toyotisme de fabriquer à la demande, les grandes structures de production peuvent s'y adapter mais il y aura toujours des niches pour les petites structures innovantes effectivement plus souples et rapides.

    Pour l'anti-douleur bloquant les enzymes qui dégradent les endomorphines, c'est incontestablement un progrès par rapport à la morphine qui débordait sa cible, cause de nombreux effets secondaires. C'est une stratégie proche des antidépresseurs qui sont des "inhibiteurs de la recapture" de la sérotonine (ou noradrénaline, ou dopamine), ce qui n'agit que là où ces neuromédiateurs sont produits. Sûrement un découverte importante mais on peut cependant douter qu'on n'ait pas les mêmes problèmes que la morphine, à plus long terme, de désensibilisation et de manque.

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