Sur les villes en transition

villesentransitionLes "villes en transition" sont incontestablement des initiatives positives et nécessaires qu'il faut encourager comme tout ce qui va dans le sens d'une relocalisation de l'économie et de ce qu'ils appellent les capacités de résilience locale (diversité, modularité, proximité). On pourrait cependant préférer un projet plus global de villes vertes car il y a deux points, qui sont au centre de cette démarche, sur lesquels on peut avoir un regard plus critique. D'abord la focalisation sur une fin du pétrole qui est loin d'être avérée encore, ensuite la dépolitisation d'une démarche qui gagnerait à prendre une dimension véritablement municipale.

Nous vivons à l'évidence une transition, notamment énergétique, mais la question n'est pas si tranchée que le présentent certains avec force graphiques prolongeant les courbes. Des gens très sérieux et compétents nous démontrent que la fin est proche, ce qui semble on ne peut plus raisonnable. Sauf qu'on nous le prédit depuis longtemps et que cela ne se vérifie pas encore dans les faits. Il faut rappeler les proclamations apocalyptiques d'un député vert qui prétendait que les jeux olympiques de Londres n'auraient pas lieu par manque de pétrole !

Ce n'est pas que les pétroliers, qui sont pourtant aux premières loges, ne contredisaient systématiquement ces prédictions réajustées sans cesse mais on ne tient pas compte de leurs avis considérés comme forcément trompeurs alors qu'ils se sont révélés bien plus fiables que les prévisions catastrophistes. Il est vrai que les incertitudes restent immenses mais ce n'est pas une raison pour privilégier un point de vue trop unilatéral. On va sur les sites consacrés à la fin du pétrole uniquement pour confirmer ses opinions et on n'y trouvera pas les informations qui vont en sens inverse (ce sont des filtres déformants, ainsi on parlera de la baisse de production des majors pour masquer l'augmentation de la production globale).

Il y a pourtant des certitudes physiques nous assurant qu'on ne manque certes pas d'énergie et qu'on n'est même pas près de manquer d'hydrocarbures, qu'il y a encore des quantités colossales de méthane dans les sols et sous les mers (clathrate ou hydrate de méthane), de même que du pétrole sous des formes certes impures mais en abondance et jusqu'au Pôle Nord qui se libère des glaces. Même si on peut toujours en faire un phénomène transitoire, voire une bulle qui devrait bientôt éclater, la baisse importante du prix du gaz de schiste est un signe tangible que, pour l'instant en tout cas, on ne manque pas de pétrole ni de gaz ni de charbon mais qu'on a au contraire bien trop d'énergies fossiles au regard des risques climatiques !

Ce n'est pas parce que physiquement on ne manque pas d'énergie qu'on aurait en quoi que ce soit la garantie que la production s'adapte sans heurts au développement des pays les plus peuplés qui vont considérablement peser sur les ressources. Il peut y avoir des crises graves, des pénuries, un emballement des prix mais, d'une part cela ne peut aller trop loin car dès que l'économie entre en récession, les prix se réorientent à la baisse, et surtout, il y a clairement encore de quoi nous faire griller sur place. Il faut envisager sérieusement l'hypothèse que la consommation d'hydrocarbures continue à augmenter. Les masses en jeu sont considérables, ce qui ne va pas sans une grande inertie, mais la limitation n'est pas tant physique qu'économique et il ne faut pas s'attendre à ce que le réchauffement climatique s'arrête tout seul par manque de carburant.

Bien sûr l'épuisement des ressources non renouvelables est inévitable un jour ou l'autre mais ce n'est pas l'énergie qui peut nous manquer, inondés abondamment par le soleil nous donnant plus qu'on ne peut consommer (et le photovoltaïque est en progrès constant comme les autres énergies renouvelables qui deviennent de plus en plus compétitives). Or, ce qui caractérise l'énergie, c'est de pouvoir changer de forme indifféremment (pile chimique alimentant un mouvement mécanique), peu importe sa source, ce qui différencie nettement les questions énergétiques des questions écologiques impliquant une diversité infinie et des ressources véritablement limitées cette fois. Malgré la popularité du courant de l'écologie énergétique, il faut rétablir qu'avec l'écologie on n'est plus dans l'énergie et le quantitatif mais dans l'information, le complexe, le vivant, le qualitatif.

Finalement, on peut se dire que peu importe la raison puisqu'on est de toutes façons dans une transition énergétique et qu'une nouvelle crise du pétrole reste possible voire probable, seul importe le résultat. Sauf que, si la production de pétrole continue à progresser et que son prix n'augmente pas trop, ce qui n'a rien d'impossible, il faudrait donc tout arrêter ? C'est là qu'on voit la faiblesse de cette simplification alors que la nécessité de la relocalisation de l'économie ne vient pas seulement du manque de pétrole, ni même du réchauffement climatique, mais plutôt d'une globalisation marchande qu'elle doit équilibrer.

Après la théorie sous-jacente, c'est la pratique qu'on peut critiquer ou du moins compléter car les deux stratégies ne s'excluent nullement (il n'est pas question de faire la guerre à des initiatives très positives). Quand on veut transformer une ville, il y a un avantage certain à une approche plus politique au niveau municipal, pouvant défendre un projet cohérent engageant toute la population dans ses différences plutôt que des petits groupes homogènes ou des systèmes communautaristes. Faire des monnaies et des coopératives municipales permet de les gérer dans le cadre de la démocratie locale et de passer à la vitesse supérieure. La politisation ne signifie pas forcément dresser les uns contre les autres mais la question du partage reste très politique entre charge fiscale et bénéfice social comme entre contrainte et liberté. C'est incontestablement beaucoup plus difficile voire utopique, il n'est donc pas une mauvaise idée de contourner le politique dans un premier temps pour agir sans tarder mais cela n'empêche pas qu'accéder au projet municipal devrait rester l'objectif final. Au lieu de dissoudre le politique dans le local livré à l'initiative privée, il faudrait essayer de récupérer au niveau local le pouvoir politique perdu aux niveaux supérieurs (pouvoir économique et monétaire).

En fait, ce qui est le ressort du succès (relatif) du mouvement des villes en transition, c'est la simplicité du message et la focalisation sur un seul élément (l'énergie), mais c'est aussi ce qui fait son insuffisance. On ne peut en effet éviter de se situer dans son environnement pour se projeter dans l'avenir, on ne peut se passer, quoiqu'on dise, d'un point de vue plus global incluant l'économie numérique et les transformations du travail, avec la nécessité de sortir du productivisme et de la société de consommation. Cela complique pas mal les choses sans aucun doute et rend plus difficile de s'accorder sur le possible et le nécessaire.

Ainsi, je crois, pour ma part, qu'on a besoin non seulement d'une reconversion énergétique devenue prioritaire mais aussi d'un ensemble de dispositifs "faisant système" (production, distribution, circulation) pour construire une alternative locale viable face à la globalisation marchande et au système de production capitaliste/salarial. C'est à quoi est supposé répondre le triptyque : coopératives municipales, revenu garanti, monnaie locale mais l'important, c'est la cohérence d'ensemble assurant la pérennisation du système.

Cependant, en attendant qu'on arrive à s'entendre sur ces sujets controversés et qu'on puisse avoir une petite chance de gagner une mairie, la stratégie des villes en transition est sûrement la meilleure. Il faut la prendre comme une stratégie temporaire, de court terme, voire d'urgence mais qu'on peut vouloir inscrire dans une vision à plus long terme même si elle n'est pas tout-à-fait conforme au dogme officiel.

Pour un numéro de la revue Mouvements sur les villes en transition.

copyleftcopyleft 

12 réflexions au sujet de « Sur les villes en transition »

  1. Intéressant! vos critiques méritent cependant des réponses un peu plus substantielles:

    1) Le mouvement des villes en transition s'est toujours bien gardé de prédire la date du choc pétrolier. Cependant, il dit que ce choc devrait se produire et qu'on est mieux de s'y préparer au lieu de s'engouffrer plus profondément dans un mode de vie énergivore au-delà de toute raison. En ce sens, les solutions à la crise avérée et urgente des changements climatiques devraient aussi prendre en compte une diminution du recours à l'énergie qui, à moins de percées scientifiques improbables, sera toujours reliée à l'extraction de ressources polluantes, limitées et de plus en plus coûteuses.

    2) Le mouvement des Villes en transition n'est pas apolitique, mais non partisan. La nuance est importante. Cette stratégie est basée la certitude que les changements à opérer dépassent de loin ce que les mouvements écologistes traditionnels (intellectuels, lobbys, partis politiques écolos, écocommunautés, etc.) ont accompli jusqu'à maintenant. Ces mouvements ont prouvé l'utilité de leurs stratégies et sont irremplaçables, il faut le reconnaitre, mais nous croyons que la transformation culturelle profonde qui sous-tend une lutte rapide durable aux changements climatiques ne peut pas se produire uniquement sur le terrain des antagonismes et des luttes de pouvoir, mais aussi sur celle des relations humaines, de la collaboration et de l'empathie. Est-ce que cela fait de ce mouvement un projet apolitique pour autant? Certainement pas!

    3) Le mouvement de transition se garde bien aussi de répondre à toutes les intérogations sur le futur, tellement imprévisible. C'est par contre un appel à arrêter d'attendre la solution optimal, le contexte politique parfait, la solution technologique "toujours à découvrir" ou le leader éclairé et à se mettre en route dès maintenant, avec les gens près de nous qui sont prêtes à amorcer le changement et inspirer leur communauté pour un mode de vie plus soutenable et plus souhaitable. C'est donc une stratégie qui est appelée à s'adapter, voir se métamorphoser dans le temps selon l'évolution du contexte et des opportunités.

    • On aura compris j'espère que je ne cherche pas à créer des polémiques stériles mais quand je parle de politisation je ne parle absolument pas de partis mais de projet municipal et, contrairement à ce que vous pensez, pas besoin de percées scientifiques improbables pour que l'énergie devienne à terme abondante et gratuite, on y est presque (contrairement au catastrophisme énergétique). Seule la transition est un problème exigeant ce que Lester R. Brown compare à l'effort de guerre pour substituer les énergies renouvelables aux énergies fossiles. C'est bien parce que l'énergie n'est qu'un problème transitoire que cela ne peut être à la base d'un projet à long terme. Il y a par contre de nombreuses autres catastrophes qu'il ne sera pas si facile de contourner.

      Il doit être clair que j'approuve les expérimentations des villes en transition mais nous vivons un bouleversement global qui devra être pris en compte comme tel. J'ai intégré cependant la difficulté de faire entendre une telle "révolution" exigeant du temps pour pouvoir être comprise, ce qui laisse le champ libre à ces initiatives positives même si elles restent partielles.

  2. plutôt d'accord . sur le volet politique , je pense sincèrement que c'est invendable depuis le temps que je te suis et que dans leur commune des gens essayent et échouent ... il faudrait ne plus avoir le choix .

    • Oui, c'est aussi ce à quoi j'ai fini par me résoudre, il ne faut plus avoir le choix mais arriver à constituer un noyau peut être fort utile quand la bise sera venue. En Argentine, lorsque la devise nationale a disparu les monnaies locales existantes ont connu un grand boom, leurs performances dépendant de la qualité de ces monnaies et de leur infrastructure.

      Il est difficile de savoir quoi faire. Il me semble utile d'essayer de se reporter à l'avant-guerre et se demander que pouvaient faire alors les futurs résistants, est-ce vraiment de se préoccuper de l'aliénation ou plutôt de la barbarie montante ? de dominations imaginaires ou de la brutalité de dominations bien trop réelles.

      • moi non plus je n'ai pas la réponse , tout ce que je peux faire où je suis me semble vain . trop grillé ... et rien à l'horizon , pour le moment , je regarde le monde et je rétrécis : guettant enfin une opportunité ... qui n'arrivera peut être pas . toujours surpris qu'il n'y ai pas de luttes ... Sans voix devant le fait que tout continue seulement par inertie ( il me semble que ça fait déjà 10 ou 15 ans que c'est comme ça . ) ... bien à toi .

  3. au concept de villes "vertes", je préfère celui de villes "bleues", en me référant au Zeri et Gunter Pauli.

    ton article donne à penser qu'il faudrait quand même s'investir dans les municipales de 2014. ne serait-ce qu'en proposant, chacun dans notre commune, un programme qui pourrait susciter des vocations, ou, au moins, une réflexion et des débats.

    c'est une ébauche que tu trouveras en cliquant sur le lien ci-dessus, ébauche qui peut s'améliorer par la critique collective. il me semble qu'il inclut plusieurs de tes propositions.

    je t'invite donc vivement à présenter un programme dans ta commune, et aussi les lecteurs de ton blog dans nos communes respectives.

    • Le commentaire était dans les indésirables !

      Le concept d'économie bleue n'est pas très différent de l'économie circulaire mais je ne crois pas qu'il y ait opposition entre les différentes façons d'aller dans la bonne direction. Valoriser les ressources locales est une bonne chose mais les économies d'énergie c'est indispensable aussi et encore plus le passage aux renouvelables (ainsi que l'écologie industrielle), ce qui n'empêche pas que passer du travail forcé au travail choisi et sortir du salariat reste un enjeu majeur de même que de verdir les grandes villes (rien à voir avec les petites communes). Une de mes singularités quand j'étais chez les verts, c'était mon opposition farouche aux écotaxes, mais cela n'empêche pas qu'on ne peut s'en passer même s'il ne faudrait pas se réduire à ces mécanismes de marché.

      Plutôt que proposer une collection de finalités et de bonnes intentions (un peu comme le programme des Verts qui ne sert strictement à rien), je pense plus utile de se concentrer sur quelques dispositifs, pas trop nombreux, quitte à en changer en fonction du terrain. Il faut vraiment ne pas surestimer tout ce qu'on peut faire et poursuivre sérieusement des objectifs concrets élaborés par un collectif local et qui ne soit pas plaqué de l'extérieur.

      Oui, l'investissement dans sa commune est souhaitable et de s'investir dans les municipales si on est en position de le faire. Pour ma part, je ne peux me faire donneur de leçon car j'ai arrêté toute activité militante pour diverses raisons notamment de santé (place aux jeunes) et une certaine allergie au champ politique mais si j'étais actif quand j'étais à Figeac (qui était sous la coupe des Francs-Maçons!), je ne le suis plus depuis que je suis dans une toute petite commune où je me sens trop étranger à la culture locale, bien plus que je ne l'aurais cru, et trop petit pour faire quoique ce soit de notable. Je me suis vraiment retiré du jeu.

      Je me contente de dire ce qui me semble possible et souhaitable mais n'ai aucune légitimité pour cela, pas même dans aucune pratique, donc, et sans y croire plus que ça, comme d'une hypothèse scientifique avant toute expérimentation.

  4. Une tendance à venir me semble être la localisation des activités pour les raisons simples que la robotisation est croissante, que l'écologie est fondée sur le recyclage, cycles globaux mais aussi locaux qui optimisent la précision des nécessités sur le terrain et des mesures prises :

    Il y a bien un problème énergétique à résoudre, mais tout aussi bien des problématiques de matériaux qui ont été plutôt ignorées :

    Dix-sept pays de l’Union abritent au moins un projet. Mais pas un seul en France, qui est pourtant un pays géologiquement bien doté avec plusieurs zones de socle cristallin. La France est au niveau de l’Estonie, du Danemark ou de Malte des pays qui, eux, sont peu propices aux gisements métalliques. La France, comme tous les pays dont les pouvoirs publics se sont désintéressés de leurs matières premières minérales, et faute d’avoir pris au sérieux cette question des minéraux, se retrouve donc particulièrement vulnérable au sein d’une compétition pour les ressources qui s’accroit sans cesse.

    http://www.paristechreview.com/2013/02/12/matieres-premieres-penurie/

    • C'est justement Yves Cochet le député Vert qui nous annonçait avec les mêmes arguments en 2005 qu'il n'y aurait plus de pétrole pour les jeux olympiques de Londres ! La conférence commence par dire que les pétroliers prévoient une augmentation de la production et cet ingénieur qui fait juste une compilation se croit plus fiable que les professionnels alors que leurs prévisions de 2005 étaient bien plus justes que celles de Cochet.

      Cette fois, quand même, on n'exclut pas que la production augmente, la perspective d'une crise semblant seulement plus probable. Je considère effectivement pour ma part qu'une crise est probable mais pas forcément à cause d'un pic pétrolier définitif. D'après ce que j'ai lu, les réserves de pétrole non conventionnels seraient beaucoup plus considérables qu'évalué ici (qui sont seulement les réserves prouvées à ce jour) et il ne parle pas des méthanes marins par exemple, le méthane pouvant être transformé en méthanol pour servir de carburant de substitution au pétrole. On ne peut pas raisonner non plus à technologies constantes comme s'il devait n'y avoir aucun progrès dans les 10 ou 20 prochaines années (en particulier sur le bilan énergétique), ou comme si le développement d'énergies alternatives n'allait se substituer petit à petit au pétrole (certes pas assez vite pour l'instant et je partage le but affiché d'une politique plus volontariste de l'Europe).

      Pour ma part, j'ai le nez sur tous les progrès qu'on fait mois après mois (y compris sur la fusion). Je ne prétend pas être plus compétent que tout le monde et clore la question où il n'y aurait que des menteurs irresponsables du côté des industriels et la lucidité du côté du seul Cochet, juste souligner que ce n'est pas le bon angle car on ne peut pas se reposer sur une apocalypse pétrole qui pourrait bien être retardée jusqu'à ce qu'on grille sur place. Il ne s'agit pas de s'opposer à des écologistes qui défendent un peu la même chose que moi mais juste de critiquer la façon dont ils s'y prennent avec le risque d'être complètement décrédibilisés.

      Il y a quand même un progrès ici par rapport à 2005 d'admettre la possibilité que la production continue d'augmenter même si ce n'est pas considéré comme le plus probable. Cela devrait suffire à prendre le climat comme argument principal plutôt qu'une pénurie qui se fait attendre.

  5. C'était juste pour montrer la nécessité de creuser le sujet en sachant que les arguments cités parlent de l'europe ,sa position d'importatrice , de la progression du rapport nombre de barils pour produire nombre de barils, des aspects économiques(investissement plus lourds que pour ramasser pétrole abondant en surface ) ,écologiques ( risques accrus ) , limites des agro carburants, situation géo politiques, instabilités politiques , la matérialité de l’immatériel etc etc
    On ne peut pas séparer les choses, le réchauffement climatique va aussi peser dans nos capacité de faire passer la matière d’un stade à un autre –produire.
    Je suis donc opposé à toute proposition de solution déconnectée d’un changement global du système ; ce qui revient à dire que je suis partisan d’un débat public politique organisé autour d’une recherche sociétale durable , planification écologique collective .

Les commentaires sont fermés.