Revue des sciences 01/10

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Revues : Pour la Science - La Recherche 
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie

 

Pas grand chose dans les revues ce mois-ci, à part les habituels palmarès des découvertes de l'année et celles attendues pour l'année prochaine, qui sera sûrement celle de l'aggravation de la crise, au moins socialement. On reparle toujours des mêmes choses, de la différence entre l'homme et l'animal, des nouvelles batteries (cette fois-ci en papier!) qu'on nous promet depuis des années maintenant, avec toutes les promesses des nanotubes de carbone... Il faut dire que les nanotubes sont à l'honneur cette fois avec une avalanche de nouvelles (pour avoir des budgets?). Du côté des catastrophes annoncées, il y a le réveil possible d'un volcan des bords du Rhin ainsi que l'inversion du champ magnétique terrestre. Sinon, le nouveau virus géant, dénommé "Marseillevirus" a défrayé la chronique car il mélange les genres (entre bactéries et archéobactéries, procaryotes et eucaryotes), brouillant un peu plus les frontières, mais ce n'est pas parce qu'il mange à tous les râteliers qu'il n'y a pas des branches du vivant bien distinctes, les virus n'étant que des vecteurs d'information. Comme il semble bien finalement qu'il y ait de la vie sur Mars, on devrait en apprendre un peu plus sur les mécanismes du vivant lorsqu'on mettra la main sur des organismes martiens. S'il ne faut pas confondre la syntaxe primitive de nos cousins les singes avec le langage narratif, il est intéressant de savoir que la cuisine pourrait être une condition nécessaire au développement cérébral, préalable à toute culture. Par contre, on se rend compte encore une fois comme l'excès d'hygiène peut favoriser les maladies nosocomiales qu'on voulait éviter puisque aussi bien le savon que les produits détergents favoriseraient contamination et résistance bactérienne ! A l'opposé, la viande artificielle semble bien une horreur et pourtant, c'est sûrement une solution plus soutenable que d'augmenter notre consommation de viande bovine. Il est certain que dans un avenir proche le recyclage devra se généraliser, des terres rares comme du phosphore, etc. Les progrès rapides du photovoltaïque, mois après mois, repoussent malgré tout la perspective d'une pénurie énergétique : c'est la rareté de l'énergie qui pourrait disparaître avec la fin de l'ère du pétrole. Les bonnes nouvelles, c'est quand même pour plus tard, quand on aura vraiment changé d'ère. Dans l'immédiat, à part pour Google qui devrait renforcer en 2010 sa suprématie tout azimut avec son téléphone et son netbook, l'année s'annonce sous les plus mauvais auspices, même si des surprises agréables sont toujours possibles dans ces moments de crise !


Pour la Science no 387, Les frères du soleil


Pour la Science

- Les urgences sont diverses, p17
Ivar Ekeland

Une des difficultés de la préservation de notre planète est que nous devrions agir pour des générations futures qui ne votent pas, et sur des urgences ressenties différemment.

Ivar Ekeland montre qu'il ne peut y avoir d'accord sur les priorités et que les intérêts à long terme ne sont pas représentés, pas plus que les biens communs. C'est ce que démontrait déjà le "paradoxe d'Arrow", débouchant sur la dictature d'un seul, et la rationalité limitée d'Herbert Simon ou l'information imparfaite de Hayek, débouchant sur le laisser faire. En fait, c'est tout le problème d'une intelligence collective et d'une démocratie cognitive qui ne peut se limiter à des "mécanismes" économiques mais doit se projeter dans l'avenir.

- Quand le covoiturage devient dynamique, p18

Pour que le covoiturage ait un impact significatif, il faut qu'il soit "dynamique", c'est-à-dire non pas seulement les aller-retours avec des collègues mais qu'on puisse téléphoner où on est pour trouver une voiture dans le coin, un peu comme pour un taxi.

Le problème, c'est la confiance que pourraient donner des sites sociaux.


- Phosphore : une crise imminente , p36

Même si la chimie des végétaux est complexe, les conditions de croissance des plantes cultivées se résument bien souvent à trois nombres : 19, 12 et 5. Ou encore, 19 pour cent d'azote, 12 pour cent de phosphore et 5 pour cent de potassium, proportions inscrites sur les emballages d'engrais. Nous tirons l'azote de l'air (combiné à de l'hydrogène, il donne de l'ammoniac), mais le phosphore et le potassium doivent être extraits du sol. Au xxe siècle, ces trois éléments ont permis à l'agriculture d'accroître sa productivité alors que la population mondiale était multipliée par six.

La planète contient suffisamment de potassium pour des centaines d'années. En revanche, les réserves de phosphore facilement accessibles pourraient être épuisées avant 100 ans.

Le phosphore, composant essentiel des engrais, est une ressource non renouvelable. Il doit être utilisé avec parcimonie. Il en va de l'avenir de l'agriculture et de l'alimentation.

En réalité, les réserves, c'est-à-dire les gisements de roches à phosphates exploitables par les techniques actuelles, sont estimées à 15 milliards de tonnes. C'est encore suffisant pour assurer une production durant 90 ans environ au rythme actuel. Cependant, la consommation risque de croître en même temps que la population et à mesure que le niveau de vie augmentera dans les pays en développement. Une consommation de viande plus importante, en particulier, accentue la pression, puisque les animaux mangent plus de végétaux qu'ils ne produisent de viande.

Nous l'avons évoqué, les réserves de phosphore sont concentrées sur certaines zones géographiques. Ainsi, aux États-Unis, 65 pour cent de la production provient d'une source unique : le dépôt fossile de Bone Valley, en Floride, formé dans l'océan Atlantique il y a 12 millions d'années. Il pourrait s'épuiser en quelques décennies. Selon le Bureau d'études géologiques américain (United States Geological Survey), les réserves de roches phosphatées du pays atteignent 1,2 milliard de tonnes. Les États-Unis en produisent environ 31 millions de tonnes par an, ce qui représente une quarantaine d'années de consommation. Déjà, les mines américaines ne fournissent pas assez de phosphates pour répondre à la demande d'engrais des États-Unis. Le pays en importe, principalement du Maroc. La Chine, premier producteur mondial, dispose de réserves de haute qualité, mais n'exporte pas ses phosphates.

Que faire pour éviter la pénurie ? L'approche classique de protection des ressources naturelles s'applique aussi aux phosphates. Elle tient en trois mots : réduire, recycler, réutiliser.

La moitié du phosphore que nous excrétons se trouve dans l'urine. Il serait relativement facile d'y récupérer cet élément en séparant les déchets humains solides et liquides, au moyen de toilettes adaptées, ou en aval dans des usines de traitement. Comme l'urine est également riche en azote, la recycler permettrait aussi de récupérer de l'azote et de fabriquer industriellement des engrais azotés, à moindre coût.

- Les progrès de l'ingénierie tissulaire, p50

Les tissus artificiels vont d'agrégats de couches minces de cellules à des tissus complexes. Aujourd'hui, les spécialistes de l'ingénierie tissulaire ont un objectif : élaborer des organes fonctionnels. Grâce aux progrès réalisés, des substituts de peau et de cartilage ont déjà été greffés à des milliers de personnes. Des tissus artificiels, tels que des vessies, des cornées, des bronches et des vaisseaux sanguins, font l'objet d'essais cliniques, et les résultats que l'on a obtenus sur des tissus plus complexes sont encourageants.

- Apocalypse dans la vallée du Rhin

Une très violente éruption s'est produite il y a 12 900 ans dans le massif de l'Eifel près de Coblence, en Allemagne.

Alors qu'ils se promènent le long des berges du lac Laach, ces visiteurs ignorent qu'il y a 12 900 ans, sous leurs pieds, s'est déchaîné le pire enfer volcanique qu'ait connu l'Europe en 100 000 ans.

La colère du volcan n'a duré, semble-t-il, que trois jours. Mais ce cours laps de temps lui a suffi pour émettre 20 kilomètres cubes de fragments de roche solide… Ces éjectas ont dévasté le paysage, tout particulièrement à l'Est du cratère, où la plus grande masse est retombée. Une surface de 1 400 kilomètres carrés a été recouverte de plusieurs mètres d'épaisseur de pierres ponces, tandis qu'autour du cratère, les empilements de débris de roches dépassaient les 50 mètres.

Deux volcans voisins, plus vieux, ont eu aussi une phase d'intense activité, pendant laquelle ils ont aussi dévasté d'immenses régions. Dans les deux cas, le cycle éruptif s'est étendu sur quelque 100 000 ans. Les phases d'activités étaient séparées de pauses d'environ 10 000 ans. Ce volcanisme s'est ensuite éteint jusqu'à ce que le volcan de Laach entre en éruption il y a 12 900 ans…

- Les monnaies coquillages, l'or des mers, p74

Il n'est pas mauvais de rappeler à ceux qui voudraient supprimer l'argent qu'il a toujours existé sous une forme ou une autre et que n'importe quoi peut servir de monnaie d'échange : coquillages, chocolat, sel, etc.

Les coquillages servent encore de monnaie dans plusieurs régions du monde. Au-delà de leur valeur d'échange, ils ont surtout une signification symbolique et sociale.

Un jour, sur une plage, des hommes ont ramassé des coquillages. Sans doute les ont-ils trouvés beaux. Ils se sont mis à les échanger contre des marchandises. Avec l'évolution des sociétés néolithiques, passant du troc aux transactions monétaires, ils ont choisi des coquillages et en ont fait une monnaie. Pourquoi ? Probablement parce qu'il s'agissait d'un matériau aisément transportable, suffisamment rare pour avoir de la valeur dès lors qu'il était utilisé loin des rivages, plus facile à conserver et à échanger que d'autres objets naturels ou fabriqués.

La monnaie telle que nous la connaissons, faite de pièces de métal, a vraisemblablement été inventée au viie siècle avant notre ère par des Grecs d'Asie mineure. Mais les échanges de valeurs ont commencé des siècles auparavant, sous forme de monnaies dites aujourd'hui primitives. Par exemple, le sel a longtemps constitué un étalon de valeur et un moyen de paiement de l'Europe à la Chine, en passant par l'Afrique. Les coquillages constituaient un autre moyen de paiement répandu.

Comme partout dans le monde, ces monnaies servent à payer des dots ou des terres, à régler des différends, etc. Mais leur échange obéit à des règles complexes. Chaque objet ou événement social est évalué dans une monnaie coquillage d'un certain niveau. Seuls les hommes puissants possèdent les Ndap de rang élevé, qui sont en nombre limité, répertoriés et qui ne circulent pas (...) Une façon de dire que cette monnaie coquillage n'est pas seulement un moyen d'échanges, mais aussi et surtout un instrument de pouvoir.

- Le prix de la révolution industrielle et médicale, p80

La modernisation technique du XIXe siècle ne s’est pas faite dans un brouillard d’inconscience progressiste, mais en dépit de la connaissance des dangers encourus et malgré de puissantes oppositions. Les hommes qui ont accompli les révolutions industrielle et médicale du XIXe siècle étaient conscients de l’incertitude gigantesque produite par leurs choix et ont sciemment décidé de passer outre.

Les sociétés du passé n'ont pas altéré leurs environnements par inadvertance, mais en produisant de manière calculée, pour chaque innovation qui pouvait inquiéter, de l'ignorance ou des connaissances partielles qui balayeraient la peur - en d'autre termes, une connaissance désinhibitrice.

Il se pourrait que la visibilité nouvelle des débats sur la technique soit elle-même une nouvelle forme de désinhibition, leur caractère démocratique influençant favorablement l'opinion.

- Quelles limites entre l’animal et l’homme ?, p84
Entretien avec Georges Chapouthier, neurobiologiste et directeur de recherche au CNRS

On a longtemps admis que seul l’homme avait des règles morales, mais on a montré qu’il existe des protomorales chez les animaux. Par exemple, nous ne supportons pas qu’on torture un enfant. Ce comportement tient au fait que les animaux défendent d’abord leur progéniture. Il est essentiel d’un point de vue évolutif que les parents défendent en priorité leurs petits. Ainsi, la règle morale qui veut qu’on ne fasse pas de mal à un enfant trouve ses racines chez l’animal. Les travaux n’en sont qu’à leurs débuts, mais on a montré qu’il existe aussi des comportements d’entraide chez certains, les dauphins par exemple. On a même rapporté le cas de dauphins qui ont poussé un jeune blessé jusqu’à un bateau pour qu’il soit soigné. Depuis plusieurs années, le primatologue Frans de Waal étudie les troupes de chimpanzés dans des réserves, et a repéré de nombreux comportements que nous qualifierions de moraux : sympathie, attachement pour un individu particulier, intérêt pour les jeunes, aide aux handicapés, punition, négociation, coopération, réconciliation, etc. Selon F. de Waal, « Le pardon n’est pas une idée mystérieuse et sublime que nous devons à quelques millénaires de judéo-christianisme. Le fait que les grands singes, les singes et les hommes ont tous des comportements de réconciliation signifie que le pardon a probablement plus de 30 millions d’années et qu’il est antérieur à la séparation intervenue dans l’évolution des primates ».

S'il est bon de rappeler que les comportements "humains" et maternels sont des comportements animaux et que les capacités humaines sont déjà présentes à l'état d'ébauche dans le règne animal, on ne peut accepter la conclusion qu'il n'y aurait qu'une différente quantitative, fut-elle considérable (nos neurones étant beaucoup plus performants et formant plus de liaisons), la véritable rupture étant le langage narratif qu'on ne peut ramener à un simple code. En effet, non seulement notre humanité se donnera comme tâche désormais de s'arracher à l'animalité mais la structure du langage va s'imposer à une culture qui s'oppose à la nature pour marquer sa signification. La différence peut sembler mince de ce qui nous sépare des singes (notamment la cuisine, voir plus bas, opposant le cru et le cuit), mais elle est décisive, ce qu'on voit bien...

- Microscopie d'un nanotube

Une technique de microscopie adaptée a permis de visualiser le déroulement d'une réaction chimique à l'intérieur d'un nanotube de carbone.

Andrey Chuvilin, de l'Université d'Ulm en Allemagne, et ses collègues ont dans un premier temps emprisonné des ions lourds de dysprosium – un lanthanide – dans les cavité de fullerènes C82, une structure carbonée à 82 sommets qui rappelle la forme d'un ballon de football. Ces sphères (globalement neutres, car la charge portée par chaque ion de dysprosium s'annule avec celle portée par la cage) ont ensuite été introduites dans un nanotube de carbone à paroi simple. Il se forme alors spontanément un chapelet de fullerènes dont les contours épousent la paroi du nanotube.

Dans un premier temps, les atomes (points noirs sur l'image) mis en cage dans leur fullerène bougent de façon aléatoire. En effet, les interactions entre la paroi de carbone et les atomes de dysprosium ne sont pas suffisamment fortes pour que des liaisons se créent durablement. Mais quand, par hasard, deux atomes de dysprosium se retrouvent suffisamment proches l'un de l'autre, les parois de leurs cages de fullerènes sont déstabilisées et se rompent, libérant les atomes. Tandis que le mécanisme se poursuit jusqu'à épuisement complet du stock de fullerènes, les atomes de dysprosium se dispersent dans le nanotube.

Quand le nombre d'atomes de dysprosium est suffisant, la paroi du nanotube elle -même est déstabilisée selon le même mécanisme. Des liaisons carbone-carbone se défont puis se reforment, aboutissant à la formation de deux nanotubes (dix dernières secondes de la vidéo).



La Recherche no 437, Les 10 découvertes de l'année


- Les dix découvertes de l'année, p36

Le choix est très étonnant (et assez injustifiable) !

  1. Détourner des cellules pour soigner le diabète. Soigner le diabète à l’aide d’un médicament qui rétablirait la production d’insuline dans le pancréas? Les patients et leurs proches en rêvent. La quête d’une molécule capable de le faire commence, à la suite d’une découverte fondamentale réalisée cette année par une équipe franco-allemande.
  2. L‘année de l’eau sur la Lune. On a trouvé de l’eau sur la Lune ! Et plutôt deux fois qu’une ! En septembre, une première salve de publications dans la revue Science a montré la présence d’eau à la surface de notre satellite. Et deux mois plus tard, la NASA a annoncé en avoir aussi découvert au fond d’un cratère sous forme de glace.
  3. Premiers monopôles magnétiques. Des physiciens ont mis en évidence des « monopôles magnétiques » – entités qui ne possèdent qu’un seul pôle, nord ou sud – plus d’un siècle après que leur existence a été prédite par des théoriciens.
  4. Graisse brune contre graisse blanche. Du tissu adipeux « brun », qui brûle des calories au lieu de les stocker : les nouveau-nés en possèdent, mais on pensait qu’il disparaissait rapidement. La preuve est faite désormais que les adultes en bénéficient aussi.
  5. Une trace physique de la mémoire. Une expérience originale a permis de démontrer qu’un souvenir particulier est codé, dans le cerveau, par un petit nombre de neurones bien définis.
  6. La vie a commencé avec l’ARN. Le scénario des origines de la vie sur Terre donnant la première place à l’ARN, ­ une molécule plus simple que l’ADN, ­vient d’être conforté. Des chimistes ont réussi à en synthétiser l’un des constituants.
  7. Calculer avec des données cryptées. En chiffrant les données que l’on confie à un tiers, on s’assure qu’elles seront conservées en sécurité. Mais jusqu’à présent il était impossible de faire des calculs à distance sur ces données. Le premier algorithme de chiffrement permettant de les manipuler à loisir a été découvert cette année.
  8. Des clones encore plus ressemblants. Jusqu’à présent cloner un animal nécessitait de disposer d’ovocytes. Mais une nouvelle méthode permet de s’en dispenser. Elle fait appel aux « cellules souches pluripotentes induites » pour créer des clones d’un nouveau genre.
  9. Les Chinois ne sont pas seuls à avoir inventé la soie. La découverte de fibres de soie au Pakistan remet en question l’idée que la Chine en ait inventée seule la fabrication.
  10. Trois nouveaux gènes associés à la maladie d’Alzheimer. La découverte de nouveaux facteurs de risque génétiques dans la maladie d’Alzheimer ouvre des pistes aux scientifiques.

- Les étapes de la parole

Lorsque nous parlons, trois grandes fonctions cognitives sont mobilisées : la mémoire des mots et des représentations mentales qui leur sont associées, la connaissance de la grammaire, enfin la capacité à produire des sons de manière organisée.

L’enregistrement révèle la présence de trois pics d’intensité de l’influx nerveux à 200, 320 et 450 millisecondes après l’apparition du mot sur l’écran. Le premier pic correspond à la phase lexicale. Il survient en effet au moment où l’aire de Broca se synchronise avec la zone cérébrale dédiée à la reconnaissance visuelle des mots, située dans le cortex temporal inférieur.

Le second pic correspond à l’étape grammaticale : il est plus important lorsque le patient accorde le nom ou conjugue le verbe. Enfin, le dernier pic représente l’étape phonologique : son amplitude est plus grande quand le mot décliné a une prononciation différente de sa forme initiale. Par ailleurs, ces trois pics d’activité surviennent dans des zones distinctes de l’aire Broca, distantes de quelques millimètres.

- La production de nanotubes passe au stade industriel

Fin 2011, la nouvelle installation d’Arkema produira 400 tonnes de nanotubes de carbone.

Le matériau de base est une source de carbone, du bioéthanol par exemple, que l’on décompose à 700 °C en présence d’un catalyseur à base de fer. Les nanotubes croissent alors à la surface de ce catalyseur, et l’on obtient des nanotubes emmêlés sous la forme d’une poudre. Ils sont ensuite intégrés dans des polymères afin que leur manipulation soit plus facile et sans risque.

- Les électrons grégaires du graphène, p15

Dans certaines conditions, les électrons du graphène interagissent très fortement entre eux et se comportent comme si leur charge électrique n'était qu'une fraction de sa valeur habituelle (c'est "l'effet Hall quantique fractionnaire").

L'une des caractéristique de ce phénomène est que les électrons forment une sorte de fluide. Dans celui-ci, le courant n'est plus porté par les électrons, mais par ce que les physiciens du solide nomment des "quasi-particules" car elles n'ont pas d'existence propre. Or la charge de ces quasi-particules correspond à un tiers de la charge électrique élémentaire.

(en fait, ce n'est pas vraiment nouveau)

- Une éponge en nanotubes de carbone pour absorber les hydrocarbures, p31

Ils ont synthétisé une éponge composée de nanotubes de carbone emmêlés qui forment un réseau à 3 dimensions. Sa densité est de 5 à 10 kg par m3 (ce qui la rend 100 à 200 fois plus légère que l'eau), et sa surface de contact atteint 300 à 400 m2 par gramme.

Lorsque l'éponge est mise contact avec des hydrocarbures ou des solvants, elle absorbe 80 à 180 fois son propre poids, selon le type d'hydrocarbure. En la comprimant, on fait ressortir le liquide. Comme les nanotubes de carbone sont hydrophobes, ils absorbent les solvants organiques et les hydrocarbures, mais pas l'eau.



Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique

- Le déplacement (rapide) du Nord magnétique

Le pôle magnétique nord de notre planète est dans une course infernale en direction de la Russie : 64 kilomètres par an !

Les données récoltées suggèrent ainsi qu'il existe une région de la surface du noyau terrestre dont le magnétisme est rapidement en train de changer. C'est cette région en plein bouleversement qui ferait que notre nord magnétique se translate rapidement aussi. Depuis sa localisation en 1831, le nord magnétique n'a au départ pas beaucoup changé. Soudainement, en 1904, ce nord magnétique s'est déplacé vers le nord-est à environ 15 km par année. En 1989, la vitesse s'est accrue pour atteindre la soixantaine de kilomètres par an.

- Etoiles à quarks, instantons, temps imaginaire...

Les dimensions respectives d'une étoiles à neutrons à gauche et d'une étoile à quarks à droite, comparées à celle du Grand Canyon. Ces étoiles auraient environ la masse du Soleil dont le diamètre est d'environ 1,4 million de kilomètres...

C'est le cadeau de fin d'année de Laurent Sacco, ces histoires fantastiques qui nous font croire qu'on pénètre les secrets de la matière, ici la transformation des quarks en neutrinos dans des étoiles à quarks, conséquences de la théorie électrofaible avec ses instantons et son temps imaginaire qui n'est qu'une façon de prendre en compte les effets non-linéaires.

La notion d’instanton est due au prix Nobel de physique Gerardus ‘t Hooft et elle est n’est pas limitée à la QCD. On peut en trouver dans la théorie électrofaible elle-même. Remarquablement, une solution avec un instanton implique que des quarks peuvent se transformer en neutrinos. Dans les conditions de température et de pression ordinaires de la matière, le taux de transformation est si faible qu’il peut être négligé. Il n’en serait pas de même à l’intérieur de certaines étoiles à neutrons ou même lors d’un stade d’effondrement d’une étoile destinée à devenir un trou noir.

On avait déjà proposé depuis des années que les étoiles à neutrons puissent parfois être si denses qu’un plasma de quarks-gluons devait apparaître dans le cœur de l’étoile. En allant plus loin, les théoriciens avaient même proposé l’existence de véritables étoiles à quarks qui seraient alors plus dense et plus petites que les étoiles majoritairement constituées de protons.

D’après les calculs de Glenn Starkman et ses collègues, au-delà des étoiles à quarks pourraient donc exister des étoiles si denses et chaudes que les processus non linéaires avec temps imaginaire contenues dans la théorie électrofaibles deviendraient importants et permettraient une sorte de combustion des quarks qui se transformeraient en neutrinos énergétiques. D’après les chercheurs, on assisterait alors à la formation d’une étoile électrofaible pouvant briller pendant une dizaine de millions d’années. Une des conséquences de cette théorie est que des étoiles juste un peu au-delà de la masse limite signalant normalement la formation d’un trou noir pourrait en fait passer cette dizaine de millions d’années à l’état d’étoile électrofaible.

Malheureusement, le rayonnement émis par de telles étoiles est essentiellement sous forme de neutrinos, ce qui, à priori, ne rend pas facile leur détection.

- Un soleil devenu étoile variable

En fin de vie, une étoile comme le soleil devient une géante rouge qui entre dans un cycle où elle se dilate et se rétracte.

 

Climat


Climat, écologie, énergies

- Les contre-arguments du GIEC

Ce chapitre 6 du rapport du GIEC, traduit par Le Point, aborde la plupart des questions des sceptiques. Ce n'est pas entièrement convaincant pour l'optimum thermique du Moyen-âge (950-1100) :

"Les enregistrements des zones extra-tropicales, à résolution temporelle de l’ordre du siècle, montrent effectivement des périodes de plusieurs siècles plus chaudes, parfois de plusieurs degrés, que les dernières décennies Ces périodes chaudes locales n’étaient très probablement pas globalement synchrones et se sont produites à des moments où certaines zones des océans tropicaux étaient plus fraîches qu’aujourd’hui. Lorsqu’ils sont forcés par les paramètres orbitaux de 6 ka, les modèles couplés de climat actuels et les EMICs représentent bien les changements de température et de précipitations observés, alors que la température moyenne globale simulée reste quasiment inchangée (<0,4°C, Masson-Delmotte et al, 2005b), exactement comme il est attendu de la saisonnalité du forçage orbital. A cause des réponses régionales différentes entre les tropiques et les hautes latitudes, ainsi qu’entre les différents hémisphères, les concepts couramment utilisés de « optimum thermique du Moyen Holocène », « altithermal », etc n’ont pas de vocation globale et devraient toujours être utilisées dans un contexte régional bien précis. La couverture spatiale, la résolution temporelle et la datation des enregistrements paléoclimatiques de l’Holocène ne permettent pas actuellement de déterminer s’il y a eu des périodes de plusieurs décennies de réchauffement comparable à celui de la seconde moitié du 20ème siècle.

La plus chaude avant le 20ème siècle s’est probablement produite entre 950 et 1100, mais ces températures étaient probablement 0,1 à 0,2°C en dessous de la moyenne de 1961 à 1990 et significativement en-dessous du niveau atteint depuis 1980.

Pour réduire ces incertitudes, il est nécessaire de poursuivre des travaux pour mettre à jour les enregistrements disponibles, car beaucoup de ces séries ont été construites il y a 20 ans, et de produire de nouvelles reconstructions paléoclimatiques anciennes, avec une meilleure couverture géographique. Nous sommes loin d’avoir suffisamment de données pour estimer de manière raisonnable le réchauffement médiéval global. Il y a peu d’enregistrements à haute résolution temporelle dans les océans, les tropiques ou l’hémisphère sud".

Il y a pourtant une hypothèse qui n'est pas vraiment nouvelle (on en parle dans une vidéo qui est passée sur Arte) mais qui relie le changement du régime des vents (convection tropiques/pôles) aux tâches solaires qui ne modifient pas significativement le rayonnement thermique mais les particules cosmiques interagissant avec l'atmosphère et la formation de nuages. Ce mécanisme expliquerait aussi bien l'optimum thermique de l'an mil en Europe que le petit âge glacière du Roi Soleil reliés à un maximum et un minimum de tâches solaires. Voir la brève suivante :

- La quantité de nuages terrestre influencée par les éruptions solaires

Ici, on ne s'occupe que du mécanisme de formation des nuages et non de la circulation thermique.

Lorsque les explosions solaires interfèrent avec les rayonnements cosmiques, il y a une baisse temporaire du nombre d'aérosols dans l'atmosphère qui servent de nucléi de condensation pour les nuages. A cause de cette baisse, on observe, 7 à 8 jours plus tard, une réduction de 7% environ de la masse liquide dans les nuages.

Or, le physicien Scott E. Forbush a démontré en 1937 que les éruptions solaires atténuaient fortement les flux de rayonnements cosmiques, contrairement à ce qui était intuitivement supposé jusqu'alors.

Les conséquences d'un effet Forbush ne sont pas visibles immédiatement. Des études en laboratoire montrent que les rayonnements cosmiques créent des micro-grappes d'acide sulfurique et de molécules d'eau, qui sont les aérosols constituant les nucléi de condensation des nuages. Or, ce n'est qu'après quelques jours de croissance par agglomération que ces grappes seront visibles (ou que leur absence sera remarquable). Ainsi, l'impact de leur absence sur la création de nuages ne devient visible qu'à partir de cinq jours environ. Cet impact prend la forme d'une réduction du nombre de nuages de basse altitude, induite par la baisse d'aérosols-nucléi dans l'atmosphère.

"L'impact des explosions solaires sur l'ennuagement terrestre est énorme", explique Hernik Svensmark. "Cette réduction de 4 à 5% du nombre de nuages peut sembler ridicule, mais cela augmente temporairement les rayonnements solaires arrivant sur l'océan d'environ deux watt par m2, ce qui est équivalent au réchauffement terrestre total observé durant le 20ème siècle."

- A plus de 3°C, la mer peut monter de 8m

Pendant le dernier âge interglaciaire, il y a 125.000 ans, le niveau des mers était de 8 à 9,4 mètres plus élevé qu'actuellement, avec des températures aux pôles de 3 à 5 degrés plus chaudes qu'aujourd'hui.

La réponse des calottes glaciaires à l'élévation des températures s'étale sur plusieurs siècles. La hausse du niveau des mers, qui pourrait dépasser un mètre à la fin du siècle, se poursuivra bien au-delà de 2100.

- 2010 année la plus chaude ?

D'après le Met Office au Royaume-Uni (équivalent de notre Météo France), il est déjà prévu pour 2010 que la température moyenne mondiale devrait atteindre 14.58°C, soit 0.58°C de plus que la moyenne de 14°C sur le long-terme. Cette prévision s'explique par le réchauffement climatique bien sûr auquel s'ajoute le réchauffement modéré de l'océan Pacifique tropical. Le record actuel a été enregistré en 1998 : 14.52°C.

- Vers un refroidissement climatique ?

C'est anecdotique mais ce géologue russe prétend que le réchauffement accélère l'évaporation de l'atmosphère et la convection avec la troposhère ce qui pourrait provoquer un refroidissement. Il ne semble pas que le passé lui donne raison...

Un rapport du Pentagone envisage aussi l'hypothèse hautement spéculative d'un refroidissement sévère et soudain comme il y a 8200 ans (surtout au nord à cause de l'arrêt possible du Gulf Stream qui pour l'instant est préservé par un apport de sel supplémentaire qui compense la fonte d'eau douce).

- Capture du carbone par des nanotubes

Le procédé économiserait beaucoup d'énergie. Les mêmes membranes peuvent servir à la désalinisation.

- L'économie d'énergie : un potentiel énorme aux Etats-Unis

70% de la consommation électrique des Etats-Unis provient du secteur du bâtiment. C’est donc là que se trouve la majorité du gisement d’économie. Le remplacement des chauffe-eau, réfrigérateurs, congélateurs, et autres climatiseurs, par leurs équivalents modernes moins consommateurs d'énergie réduirait la note de 30% à l’horizon 2020. C’est 53% du gisement d’économie potentielle. Le reste se trouve dans l’industrie (35%) et les transports (12%).

Pendant longtemps j'ai défendu les économies d'énergie comme la meilleure solution, la plus écologique mais c'est une erreur car les économies d'énergies ne peuvent éviter l'effet rebond et une augmentation générale de la consommation, ce qui fait que tout le pétrole disponible va être brûlé jusqu'à la dernière goutte. La seule bonne solution, c'est de rendre disponible des énergies alternatives renouvelables et non polluantes. Le seul véritable intérêt des écotaxes est de rendre compétitives ces énergies renouvelables.

 

Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- Les virus géants mélangent les genres

Les virus géants, comme le "Marseillevirus" découvert par une équipe française, ont un patrimoine génétique composite, ce qui remet en question la notion darwinienne d'ancêtre commun à toutes les espèces.

Leur "squelette génomique", c'est à dire les gènes qui leurs sont propres, sont "très différents des autres virus à ADN" mais l'ensemble de leurs gènes, ou répertoire, "montre qu'il y a un échange avec les autres micro-organismes, gros virus et bactéries qui vivent dans les amibes", explique le scientifique.

Les amibes, êtres unicellulaires qui peuvent être des parasites de l'animal ou de l'homme, "sont un lieu de création, un genre de dieu des virus et des bactéries", selon M. Raoult."Avec un génome de 368.000 paires de bases, Marseillevirus est le 5ème plus grand génome viral séquencé. Son diamètre est d'environ 250 nanomètres (soit 250 millionièmes de millimètre", indique dans un communiqué le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Mamavirus compte pour sa part plus de 2 millions de paires de bases, contre quelques dizaines de milliers pour les petits virus.

Les gènes identifiés sur Marseillevirus proviennent de sources très différentes, issues des trois grandes branches du règne du vivant, à savoir les eucaryotes (animaux et plantes dont les cellules ont des noyaux), bactéries et archées (un autre groupe d'organismes unicellulaires distinct des bactéries), ainsi que d'autres virus géants comme le Mimivirus.

La découverte en 2008 de Sputnik, un virus de virus, encore appelé virophage, capable d'infecter le Mamavirus pour s'y répliquer, a montré que ce dernier pouvait "tomber malade", ce qui suppose qu'il s'agit bien d'un organisme vivant.

"L'idée de l'ancêtre unique est un contre-sens. C'est un idée darwinienne, mais Darwin avait tort", explique ce scientifique pour qui "il y a autant d'arbres que de gènes".

Cette conclusion me semble bien hâtive car ce qui distingue bactéries et archées, ce sont leurs membranes, de même qu'il est absurde de considérer les virus comme des être vivants alors qu'ils ne sont que les vecteurs de l'information, faisant partie du vivant sans pouvoir être détachés de l'organisme qu'ils infectent (les virus sont propres à une espèce qui assure leur reproduction). Il y a donc bien un ancêtre unique, ou plutôt deux, ce qui n'empêche pas les échanges et le caractère buissonnant de l'évolution.

Voir aussi Techno-science et Futura-Sciences.

- La vie sur Mars

Après les traces de vie sur une météorite, le fait que le méthane ne peut venir de l'espace renforce l'hypothèse d'une vie sur Mars, sans doute réfugiée dans les profondeurs.

- Une bactérie branchée sur l'électricité

La bacterie Shewanella oneidensis respire le métal et danse sur les courants électriques.

En plus de métaboliser le métal, une pratique connue chez cette bactérie, elle peut manifestement aussi récupérer de l’énergie électrochimique à son contact et en profiter pour nager furieusement durant quelques minutes.

Le métabolisme de cette bactérie est en effet capable d’utiliser pour ses besoins métaboliques des accepteurs d’électrons très variés, comme les nitrites, les nitrates, les thiosulfates, le fer, le manganèse ou encore l’uranium. En d’autres termes, elle peut, littéralement, respirer du fer ou de l’uranium. Rappelons que dans la respiration aérobie, c’est le dioxygène de l’air qui joue le rôle d’accepteur final d’électrons du métabolisme.

Cette électrokinésie est plus qu’une curiosité, puisque Kenneth Nealson espère bien en profiter pour booster les piles à combustible microbiennes. Cette découverte pourrait en effet aider à mieux coordonner les complexes communautés vivantes de ces piles.

- Un seul gène pour changer de sexe

Des chercheurs de l'université de Cologne en Allemagne ont trouvé que notre corps est plongé dans une lutte permanente afin de garder son genre sexuel de départ. Cette découverte va contre la préconception que notre genre sexuel, mâle ou femelle, est défini à la naissance et ne peut se modifier à loisir au cours de la vie.

Chez les mammifères, les mâles ont des chromosomes XY et les femelles XX. Il s'avère donc qu'un autre gène permet de faire basculer le genre sexuel féminin en masculin : FOXL2.

Si ce gène est activé, le corps fait grossir des ovaires ; non-activé, ces ovaires sont remplacés par des testicules. La grande surprise est qu'il existe un véritable combat de notre corps pour garder les choses en l'état, car le gène pourrait basculer ; c'est d'ailleurs le cas pour certaines espèces, notamment des poissons.

- Les patates sont carnivores !

De nombreuses plantes communes et cultivées pourraient être des carnivores dissimulées, au moins en absorbant à travers leurs racines les éléments issus des animaux qu’elles capturent.

Les pommes de terre, par exemple, ont l’air bien inoffensives même si elles sont en fait toxiques (hormis leurs tubercules, fort heureusement), comme beaucoup d’autres espèces de la famille des solanacées. Toxiques ET carnivores.

Ces plantes ont en effet des poils collants qui capturent des insectes. Ces animaux finissent par mourir de faim ou d’épuisement et leurs corps tombent au sol puis se décomposent et fertilisent la terre à proximité des racines de la plante.

Les pétunias aussi...


- Le génome du Panda est celui d'un carnivore !

Alors qu’il se nourrit de bambou à longueur de journée, le panda géant de Chine est fait pour être carnivore, révèle le séquençage de son génome.

Le panda (Ailuropoda melanoleuca) ne possède aucun gène connu permettant la fabrication d’enzymes qui cassent la cellulose, ingrédient majeur des végétaux comme le bambou, précisent Wang Jun (Institut Pékin de Génomique, Shenzhen) et ses collègues dans la revue Nature. La digestion de ce gros ours aux airs de peluche repose donc certainement sur sa flore intestinale.

Pourquoi le panda préfère-t-il se nourrir de graminées plutôt que de viande? Il pourrait s’agir au moins en partie d’une histoire de goût. Les chercheurs ont découvert qu’un gène impliqué dans la fabrication des récepteurs d’un goût fondamental, l’umami, est inactif chez le panda. Or ce goût, comme le sucré, est associé chez les mammifères aux aliments à forte valeur nutritive, comme la viande.

- De la syntaxe chez nos cousins primates

Une étude menée en Côte d'Ivoire révèle que les singes d'une espèce forestière baptisée la "mone de Campbell" émettent six types de cris d'alarme différents. En combinant ces cris, ces primates forment de longues séquences vocales leur permettant de délivrer des messages liés à leur vie sociale ou à divers dangers dont la prédation.

Ces expériences ont montré que le mâle possède six types de cris d'alarme (Boom, Krak, Hok, Hok-oo, Krak-oo, Wak-oo) mais qu'il ne les émet que rarement de manière isolée, préférant former de longues séquences vocales de 25 cris successifs en moyenne (chacune de ces séquences étant constituées de 1 à 4 types de cris différents). De plus, la façon dont le mâle mone de Campbell combine ses cris lui permet de délivrer différents messages. En modifiant une séquence de cris ou l'ordre de succession des cris au sein d'une séquence, les messages varient, informant précisément sur la nature du danger (chute d'arbre, présence d'un prédateur), le type de prédateur (aigle, léopard), la modalité de détection du prédateur (acoustique, visuelle) mais aussi des événements sociaux non liés à la prédation (regroupement avant déplacement, rencontre en bordure de territoire avec un groupe de la même espèce).

Voir aussi Futura-Sciences (Une fois le danger passé, ils concluront d’un Krak Boom-Boom : « le léopard s’éloigne »).

Les chercheurs pensent que cette proto-syntaxe aurait pu apparaître au cours de l’évolution pour compenser la flexibilité vocale limitée des primates, par rapport à d’autres animaux comme les oiseaux et les cétacés, dans un contexte favorable à un tel mode de communication : au sein d’une espèce au comportement social et dans un milieu forestier où la visibilité est limitée.

On est très loin de notre langage narratif...

- C'est de faire la cuisine qui nous aurait différencié des singes

Les humains ne peuvent vivre sans le feu qui permet de cuire les aliments dont ils ont besoin pour nourrir leur gros cerveau avec un intestin raccourci pour mieux l'irriguer. La cuisson pourrait dès lors remonter à 1,9 millions d'années si on en juge par la morphologie alors que les hypothèses actuelles situent la maîtrise du feu plutôt autour de 500 000 ans.

La véritable culture et l'artificialisation du monde commencerait donc avec la cuisine à l'origine d'une boucle de rétroaction positive entre le cerveau et les arts culinaires. Du coup, le prétendu "régime préhistorique" à base de crudités ne serait pas si recommandable que ça. Par contre l'hypothèse que cela aurait déterminé la division du travail entre hommes et femmes est assez contestable puisque les Néandertaliens ne semblent pas avoir respecté une séparation des tâches aussi stricte que les Cro-magnons. Sinon on pourrait effectivement imaginer que la préparation des repas renforce les relations sociales et que la séparation entre les hommes et les femmes favorise l'invention par les femmes du langage narratif pour parler de ce qu'elles ne voient pas. Tout cela est trop spéculatif pour être vrai, la réalité est toujours plus complexe, mais cela renforcerait le rôle des femmes dans l'humanisation. D'autant plus si on ajoute à la cuisine et au langage la couture qui pourrait cette fois avoir fait la différence avec Néandertal.

Par ailleurs, il y a 800 000 ans, l'homme s'organisait déjà autour du foyer mais les chimpanzés seraient déjà capables de conceptualiser le feu et une vidéo de bonobos en captivités montre qu'ils savent en allumer un avec un briquet, et bien d 'autres choses...

Minute 6:05 un singe enflamme du papier avec un briquet, mais aussi au repère 7:17, on voit un bonobo s'essayer à la conduite automobile, ou encore à 8:32, un singe taille un couteau en pierre pour ouvrir une boîte de friandises. A 9:38, une mère utilise une paire de ciseaux pour égaliser la fourrure de son petit.

 

Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène

- Découverte de deux "gardes du corps" des télomères

Rappelons que les chromosomes sont formés de deux brins d'ADN enroulés, soit deux lacets. Lors de la réplication de l'ADN, ces deux lacets doivent être séparés et reproduits à l'identique. "Or en l'absence de la protéine WRN, explique Arturo Londoño-Vallejo, l'un des deux lacets reproduits est systématiquement plus court et moins solide."

Si la protéine POT1 vient à manquer elle aussi, alors ce sont les deux lacets qui sont affectés: les télomères des deux brins nouvellement formés sont anormalement courts. Or le raccourcissement des télomères entraîne un vieillissement prématuré des cellules.

Ainsi, le scénario pourrait être le suivant: en raison de mutations dans son matériel génétique, la cellule tumorales ignore les alarmes extérieures qui la somment d'arrêter de se diviser. Elle continue à proliférer. Ses télomères raccourcissent dramatiquement - éventuellement en raison de la mutation d'une des deux protéines étudiées par les chercheurs de l'Institut Curie. Les erreurs génétiques s'accumulent. La cellule atteint un "point de non-retour" mais au lieu d'entrer en sénescence, réactive la télomérase. Les télomères, bien qu'extrêmement courts, sont conservés envers et contre tout, et les cellules fortement endommagées deviennent immortelles, marque des cellules cancéreuses.

Par ailleurs, il semblerait qu'un régime pauvre en sucre prolonge la vie en produisant plus de télomérase, une enzyme qui prolonge la durée de vie des télomères, alors qu'un gène (p16) qui ralentit leur croissance a été mis en sommeil. Il paraît aussi que ceux qui paraissent jeunes le doivent à leurs télomères plus longs que la moyenne !

- Empêcher l'inflammation de provoquer des cancers

On sait que l'inflammation est un "tueur silencieux" à l'origine de nombreux cancers, entre autres. On vient d'en découvrir le mécanisme désactivant le fameux gène p53 dit "suppresseur de tumeurs" par l'action des cytokines, ce qui pourrait permettre de s'en protéger grâce à la protéine SOCS1 (Suppressor of cytokine signaling) mais qui pourrait induire une résistance à l'insuline ?

La molécule SOCS1 inhibe l'activité cancérogène des cytokines. Les cytokines sont responsables de la forte incidence des cancers associés à un état inflammatoire chronique, tel qu'on observe chez les fumeurs.

"Nous avons été très étonnés de constater que la molécule SOCS1 était directement liée à p53".

"Notre équipe a montré que SOCS1 est un régulateur direct du gène p53 et qu'en son absence, la voie p53 est significativement désactivée".

Les chercheurs ont par ailleurs démontré que la réintroduction de SOCS1 dans les cellules tumorales avait pour effet de placer ces cellules dans un état dormant permanent, ou sénescence cellulaire, les empêchant de se multiplier sauvagement comme le font habituellement les cellules cancéreuses.

- Alzheimer ou cancer, il faut choisir

Les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer sont moins sujettes à développer une forme de cancer. De la même manière, quelqu’un qui a déjà un cancer est moins susceptible de développer la maladie d’Alzheimer.

Pour ceux qui avaient déjà la maladie d’Alzheimer, l’incidence du cancer est réduite de 69% et pour ceux qui avaient un cancer au début de l’étude, l’incidence de la maladie d’Alzheimer est réduite de 43%.

- Des anticorps contre le cancer de la prostate

Des chercheurs américains ont trouvé un anticorps nommé F77 qui se lie plus facilement avec les cellules cancéreuses qu'avec les cellules normales et favorise ainsi la mort des cellules cancéreuses.


- Détecter les cancers en quelques minutes grâce aux nanotechnlogies

Les molécules à isoler sont présentes dans la solution qui circule au-dessus de la puce électronique et s'accrochent spécifiquement sur les nanofils de silicium.

Depuis plusieurs années, Mark Reed et Tarek Fahmy, de la Yale University, travaillent sur des senseurs électroniques capables de détecter certaines molécules dans une solution liquide et appliqués au diagnostic médical. Dans un tel laboratoire sur puce (ou lab-on-a-chip, LOC), la solution s'écoule dans un dispositif miniaturisé, faisant appel à la microfluidique, cette science de la circulation d'un fluide dans un volume minuscule.

Dans les senseurs les plus classiques, la substance recherchée interagit avec le substrat et se fixe en certains endroits. Elle peut alors être détectée grâce à un marqueur, par exemple fluorescent, qui se lie spécifiquement à elle. L'équipe de l'Université Yale étudie, elle, des nanosenseurs purement électroniques, permettant une analyse plus rapide.

Cette petite puce détecte en moins de vingt minutes la présence des antigènes caractéristiques du cancer du sein et du cancer de la prostate dans un échantillon de 10 microlitres de sang obtenu sans aucune préparation.

Un article de Technology Review déplore cependant que ces innovations ne se diffusent pas pour l'instant...

- Un testeur de gènes

- La vitamine C facilite la production de cellules souches

Célèbre pour ses propriétés antioxydantes et son rôle dans la réparation des tissus, la vitamine C semble également faciliter la production de CPi. Les chercheurs ont en effet démontré que l'ajout de vitamine C améliorait la production de cellules souches complètement reprogrammées, de souris mais aussi humaines. Un peu à leur grande surprise, ils ont constaté que d'autres antioxydants n'avaient pas le même effet.

La vitamine C pourrait donc rapidement devenir un ingrédient essentiel dans la fabrication des cellules souches. En permettant d’améliorer les techniques de production, elle pourrait donner un nouvel essor aux thérapies cellulaires et à la médecine régénérative.

- Des embryons de poules pour traiter les blessures

Des chercheurs russes ont élaboré une préparation efficace et peu onéreuse pour traiter blessures, brûlures et autres affections cutanées, reposant sur l'utilisation d'embryons de poules, autrement dit d'œufs.

Les chercheurs commencent par soumettre l'embryon à un rayonnement laser, intensifiant, ce faisant, la multiplication des éléments cellulaires et les processus d'échange.

Toutefois, l'amélioration des propriétés régénératrices de la future matière première médicamenteuse embryonnaire ne s'arrête pas là. Les embryons de poule développés jusqu'au stade désiré sont ensuite refroidis à une température de 2 à 4 °. Cette procédure, agressive pour les embryons, active la création de stimulateurs biogéniques.

Une fois retirés de l'œuf, les tissus de l'embryon de poule sont broyés et amenés à une consistance homogène. Puis ils sont épurés, de telle sorte que la substance prête se présente sous la forme d'un homogénat tissulaire fait de tissus broyés, de cellules et de liquide tissulaire.

- Des bactéries pour construire des vaisseaux

La cellulose produite par la bactérie pourrait être utilisée pour fabriquer des vaisseaux sanguins artificiels. Elle génère moins de risque de caillots ou d’obstruction que les matériaux synthétiques utilisés actuellement.


- Mangez des carottes !

Il apparaît nettement que ces caroténoïdes ont bien un rôle important dans la vue humaine et en particulier en ce qui concerne la rétine (contraste, récupération après exposition au soleil, etc.).

Il ne faut donc pas hésiter à avoir une alimentation riche en ces caroténoïdes pour préserver sa vision avec l'âge, en particulier pour éviter autant que possible ou faire reculer la cataracte et la dégénérescence maculaire.

- Des lentilles de contact pour diabétiques

C'est un ingénieur en biochimie de l'Université de l'Ontario, Jin Zhang, qui a développé des lentilles de contact spéciales, car elles sont capables de changer de couleur selon les niveaux de glucose dans les larmes. Ces lentilles contiennent des nanoparticules qui réagissent chimiquement au glucose.

- Un implant cérébral pour permettre aux paralysés de parler

Le système Neuralynx a été développé par une équipe de chercheurs de l'université de Boston. Les utilisateurs n'ont qu'à penser à ce qu'ils souhaitent dire et un synthétiseur vocal fait le reste de manière quasi instantanée.

- Un implant contre l'épilepsie

- La puce du plaisir

Cette puce fonctionne en envoyant des petites décharges électriques à partir d'électrodes plantées dans le cerveau. Cette technologie a déjà été utilisée aux États-Unis pour le traitement de la maladie de Parkinson. Récemment, des chercheurs se sont focalisés sur une région du cerveau qui est située juste derrière les yeux. Cette région cérébrale est associée avec les sensations de plaisir comme la nourriture ou le sexe. Cette région cérébrale pourrait devenir une cible de choix pour les gens qui éprouvent de la difficulté à ressentir du plaisir ; ceux qui souffrent d' anhédonie.

Il y a quelques années, un chercheur avait implanté la puce dans le cerveau d'une femme qui avait une libido en berne ; elle était devenue sexuellement très active ensuite, mais n'avait pas apprécié cette condition et avait demandé à retirer la puce.

Ce n'est donc pas vraiment nouveau. Il y a différents types d'Orgasmatrons (notamment implantés dans la colonne vertébrale) mais des hormones sexuelles sont sans doute plus appropriées.

- Bientôt une pilule pour hommes ?

Des scientifiques ont en effet trouvé comment et où les hormones androgènes travaillent au sein des testicules afin de produire les spermatozoïdes. Cette découverte pourrait donc bien pouvoir permettre la création d'une « pilule » pour hommes, mais, à l'inverse, représente aussi un espoir pour les hommes qui ne peuvent avoir d'enfants lorsqu'ils produisent trop peu de spermatozoïdes.

Voir aussi Sciences-et-Avenir.

- La solitude est contagieuse

Une étude parue dans Journal of Personality and Social Psychology et menée par une équipe mixte de l’école de médecine de Harvard à Boston, de l’Université de Chicago et de l’Université de Californie à San Diego suggère que le sentiment de solitude est contagieux et peut de disséminer dans les réseaux sociaux tel un virus en période d’épidémie.

Cette étude est la dernière d’une longue série qui a déjà conclue à la contagiosité d’autres caractères physiques et sociaux tels que l’obésité, fumer ou encore la joie. Dans ce nouveau travail, les scientifiques ont démontré qu’il était plus facile « d’attraper » ce sentiment de solitude de ses amis plutôt que de sa famille, que celui-ci se transmettait plus souvent parmi les femmes que parmi les hommes et qu’il était plus contagieux parmi les connections sociales proches vivant à moins de 2 km. De plus, les scientifiques observent que lorsqu’une personne connait un ami avec un sentiment de solitude, celle-ci a 40 à 65% de risques supplémentaires de se sentir seule elle aussi.

- La grippe A surévaluée ?

Une enquête conduite par des journalistes américains révèle que la plupart des cas attribués avant juillet à la grippe A(H1N1) n’étaient pas dus au virus.

Les résultats sont stupéfiants : la grande majorité des cas de « grippe A » ne l’étaient pas : les tests pour le virus H1 N1 étaient négatifs.

Ils étaient tout aussi négatifs pour les virus de la grippe saisonnière.

Les chercheurs interrogés par CBS estiment que les patients souffraient d’autres formes de maladies respiratoires ou de rhume, le tableau grippal pouvant être provoqué par des dizaines de virus courants.

Elle suggère que les cas de grippe saisonnière et les décès qui lui sont attribués sont probablement surestimés depuis des décennies, ce qui réduit l’intérêt du vaccin annuel.

Cela semble contradictoire avec l'étude française qui prétend que 20 millions de Français auraient été infectés à leur insu, sans aucun symptôme, et donc immunisés désormais...

Résultat étonnant : au cours de la première semaine de décembre, 10,6% des 500 femmes enceintes contrôlées possédaient les anticorps dirigés contre le virus de la grippe A pandémique. Elles l'avaient donc rencontré. Or, la même semaine, les réseaux Sentinelles, qui comptabilisent les consultations médicales, ont observé que 2% seulement des personnes de cette tranche d'âge ont consulté un médecin pour des symptômes grippaux.

- L’usage de désinfectants facilite la résistance bactérienne

Des bactéries peuvent devenir résistantes à certains antibiotiques après avoir été en contact avec des désinfectants. Une découverte qui pourrait modifier en profondeur la prévention des infections nosocomiales dans les établissements de soins.

« Notre étude montre que les résidus de désinfectants dilués de manière incorrecte sur les surfaces hospitalières pourraient favoriser la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques. Ce qui est très inquiétant c’est que les bactéries semblent capables de résister aux antibiotiques sans exposition préalable ».

Ces travaux doivent être complétés par des recherches sur d’autres souches bactériennes et avec des désinfectants de plusieurs catégories. S’il se révèle que cette résistance aux antibiotiques induite par l’utilisation de désinfectant est fréquente, il faudra alors revoir les procédures de traitement des surfaces inertes. En premier lieu insister sur un strict respect des indications de dilution et d’utilisation et peut-être même appliquer plus d’un désinfectant sur une seule et même surface. Un peu comme on le fait pour certains germes résistants pour lesquels on administre aux patients plusieurs antibiotiques en même temps.

Par ailleurs, il se pourrait que se laver les mains à l'hôpital propagerait les maladies, notamment par le savon contaminé par les autres.

Pour cet expert, en vous lavant les mains classiquement en milieu hospitalier, il y a plus de chances que vous récupériez des germes dangereux plutôt que de vous débarrasser de ceux apportés depuis l'extérieur.

- Une nouvelle étude indépendante met en cause l’innocuité des OGM

Un organisme indépendant (le Crii-Gen, Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique) vient de publier une étude inquiétante sur trois OGM (le MON810, le MON863 et le NK603). Ces trois OGM sont autorisés à la consommation humaine et animale en Europe, mais l’étude du Crii-Gen soulève beaucoup de questions concernant les risques sanitaires potentiels liés à leur consommation.

Ces OGM produisent des insecticides (MON810, MON863) ou absorbent le désherbant Roundup (NK603).

Or, cette publication internationale montre des effets particuliers liés à la consommation de chaque OGM, différents selon le sexe et la dose. Ils sont associés aux foies et aux reins, les principaux organes réagissant lors d’une intoxication alimentaire chimique. D’autres effets touchent le coeur, les surrénales, la rate et les globules sanguins.


- Le bisphénol A serait dangereux pour les intestins

Découvert à la fin du XIXème siècle, le BPA (une petite molécule constituée de deux phénols, dits « aromatiques ») montre des propriétés voisines, mais beaucoup plus faibles, de celles d'une hormone sexuelle femelle, l'œstradiol, de la famille des œstrogènes. Quelques décennies plus tard, on envisage même un temps d'en prescrire aux femmes enceintes pour éviter les fausses couches. Les chimistes, eux, parviennent à polymériser cette molécule pour réaliser des matières plastiques, polycarbonates et résines époxy. Voilà comment une molécule aux effets biologiques connus, utilisable comme un médicament, est devenue un constituant de multiples objets en plastique, dont les biberons et l'intérieur des canettes de sodas et de jus de fruit.

L'équipe réunie autour de Eric Houdeau a mis en évidence trois effets nocifs : un risque plus grand d'inflammation des parois digestives, une réduction de la perméabilité des parois du côlon et une augmentation de la sensibilité à la douleur. Le plus étonnant est que ces effets apparaissent pour des doses dix fois inférieures à la dose journalière admissible communément adoptée. En fait l'intestin est sensible à des concentrations mille fois inférieures à celles que l'on prend en compte pour d'autres organes.

- Un substitut à l'alcool

Des chercheurs anglais mettent au point un substitut à l'alcool qui provoquerait un sentiment de bien être sans les inconvénients liés à l'ivresse.

Cet alcool de synthèse a été développé par l'équipe du professeur David Nutt, récemment démis de ses fonctions d'expert en drogue du gouvernement britannique pour avoir déclaré que l'ecstasy et le LSD étaient moins dangereux que l'alcool. Ils concentrent leurs recherches sur les benzodiazépines, une classe de médicaments psychotropes qui comprend notamment le diazepam, ingrédient principal du Valium.

Le produit obtenu serait dénué des effets négatifs de l'alcool, comme le changement d'humeur et l'addiction. En outre, la prise d'une simple pilule permettrait de retrouver son état normal instantanément. Bref, on pourrait boire sans être bourré.

Etant à base de valium, on peut contester qu'il n'y aurait aucun risque de dépendance même si la dépendance aux benzodiazépines est plus faible que l'alcool.

 

Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique

- Les Russes relancent la surgénération

La construction d'un nouveau surgénérateur pilote (prototype pour la production en série) pourrait être achevée en 2018 ou 2019.

La Russie est le leader mondial en matière d'élaboration et d'exploitation de réacteurs à neutrons rapides, ou surgénérateurs. Voilà près d'une trentaine d'années que l'unique surgénérateur exploité actuellement dans le monde, le BN-600, a été mis en service à la centrale de Bieloïarsk. Un autre surgénérateur, le BN-800, devrait y être lancé d'ici 2012 ou 2013.

L'utilisation d'un combustible mixte uranium-plutonium, est le point principal qui fait du BN-800 une installation de référence pour le futur surgénérateur, qui sera produit en série et commercialisé.

- Désalinisation avec le soleil

Il exploite en effet le principe de la diffusion : les ions se déplacent des milieux les plus concentrés vers les moins concentrés et les cations (ions positifs) et les anions (ions négatifs) tendent à se neutraliser.

L’eau de mer est aspergée dans une mare exposée aux rayons du soleil et à l’air sec, ce qui favorise l’évaporation et donc la concentration des sels.

L’eau salée, concentrée par cette énergie bon marché, est ensuite pompée dans l’unité de dessalement proprement dite, où elle circule dans un tuyau, en relation avec trois autres flux d’eau de mer dont les concentrations en sels sont normales (3,5%). Les relations entre ces quatre flux sont gouvernées par des liaisons en polystyrène traité spécialement pour ne laisser passer que les ions chargés positivement ou ceux chargés négativement.

Les sels en solutions sont en effet sous forme d’ions, par exemple Na+ et Cl-. Le gradient de concentration créé entre le flux à 18% et ceux à 3,5% provoque un déplacement des ions vers ces derniers. Comme ce déplacement est sélectif, du fait du rôle de filtre des liaisons en polystyrène, un des flux ne reçoit que les cations tandis que l’autre récupère les anions. Un déséquilibre de charge et de concentration (gradient électrochimique) se crée donc entre ces flux et le quatrième qui est en relation avec eux.

Au sein du quatrième flux, les cations migrent vers le flux chargé négativement alors que les anions migrent vers celui chargé positivement. Peu à peu, ce flux se débarrasse de ses ions, donc de ses sels, jusqu’à n’être que de l’eau douce.

La beauté de la chose, c’est que ce procédé fonctionne d’autant mieux qu’il est installé là où l’eau douce fait le plus cruellement défaut : plus le milieu est aride et plus la concentration des sels par l’énergie solaire est efficace. Il faut cependant que ce soit en zones littorales ou qu’il y ait des aquifères salés.

- De la viande artificielle bientôt dans nos assiettes?

Des chercheurs néerlandais viennent de produire en laboratoire une sorte de viande de porc ; un bout de tissu musculaire en fait. Les chercheurs ont extrait des cellules d'un muscle d'un porc et ont réussi à les multiplier pour créer du tissu musculaire artificiel. Ils pensent pouvoir améliorer le procédé pour qu'un jour nous en mangions. Cela aurait vraiment le goût de la viande.

- Des bactéries actionnent des nano-machines

Les bactéries « nagent » dans la solution de manière aléatoire en fait, mais elles vont heurter les engrenages et finir par donner un sens de rotation au bout du compte. Quelques centaines de bactéries sont suffisantes pour obtenir l'effet.

- Des vitres auto-nettoyantes

Il s'agit brièvement d'une nouvelle méthode pour contrôler les atomes et molécules de peptides de telle sorte que ces derniers puissent « pousser » en ressemblant à une sorte de couche d'herbe.

Ces peptides sont capables de repousser les poussières et l'eau. On peut espérer créer très prochainement des panneaux solaires qui ne se salissent jamais et donc gardent un rendement maximal (et sont plus économiques puisque moins de maintenance est nécessaire). On peut aussi imaginer des vitres qu'il ne faut jamais nettoyer. Par ailleurs, ce nanomatériau pourrait également aider l'automobile (en particulier électrique) en permettant la création de batteries bien plus performantes (à haute densité énergétique).

- Des cristaux deux fois plus isolants que le vide !

Si le vide supprime largement la conduction et la convection, la chaleur peut tout de même se propager de façon non négligeable sous forme de photons dans le domaine infrarouge.

La clé reposerait sur les cristaux photoniques, matériaux explorés dans le domaine des nanosciences.

Il s’agit de structures périodiques de matériaux diélectriques ou métalliques conçues pour modifier la propagation des ondes électromagnétiques de la même manière qu'un potentiel périodique dans un cristal semi-conducteur affecte le déplacement des électrons en créant des bandes d'énergie autorisées et interdites. Avec de tels cristaux, on peut, si l’on s’y prend bien, bloquer la propagation de certains photons dans une bande donnée de l’infrarouge.

Fan et ses collègues ont calculé qu’un empilement de 10 couches de cristaux photoniques sur une épaisseur de 100 microns était capable de réduire le transfert de chaleur d’un facteur 2 par rapport au vide sous forme de lumière infrarouge.

- Le recyclage des terres rares

Abondamment utilisées dans les technologie de pointe, et notamment « vertes », les terres rares sont... trop rares. La quasi-totalité vient de Chine et on commence à parler de pénurie. Une technique de récupération, simple et efficace, pourrait changer la donne.

C’est en peaufinant un procédé de récupération du dioxyde de titane (TiO2) dans les déchets industriels que l’équipe du professeur Animesh Jha a réalisé cette percée à la Faculté d’Ingénierie de Leeds. Les membres de cette équipe ont en effet réalisé qu’ils pouvaient récupérer les terres rares contenues dans ce dioxyde de titane, et ce de manière simple et peu coûteuse.

- Recycler les sacs plastiques en nanotubes de carbone

- Les applications des nanotubes de carbone

Technology Review passe en revue les différentes applications des nanotubes de carbone aussi bien comme matériau (cables, films), production et stockage d'énergie (photovoltaïque, batteries, supercondensateurs), circuits électroniques (écrans, mémoires), capteurs (vibrations, antenne), optique (fibres optiques, laser), systèmes biocompatibles et dégradables (médecine, jetables), etc.

- Propulsion ionique améliorée par les nanotubes


- Des piles à hydrogène moins coûteuses

Fabriquer ou utiliser l’hydrogène sans platine est un enjeu important pour cette filière nouvelle. Des chercheurs français ont réussi à mettre au point un catalyseur sans platine, alternative prometteuse pour les piles à combustible.

Pour cela, des chercheurs de plusieurs laboratoires du CEA, de l’Université Joseph Fourier de Grenoble et du CNRS se sont inspirés des hydrogénases, des enzymes présentes dans des microorganismes, qui utilisent du fer ou du nickel pour produire l’hydrogène à partir de l’eau ou pour s’en servir comme source d’énergie.

Cependant les hydrogénases sont délicates à manier, sensibles à l’oxygène et difficiles à produire, ajoute le chercheur. Son équipe a donc opté pour l’utilisation d’un catalyseur synthétique imitant les hydrogénases.

Vincent Artero, Serge Palacin et leurs collègues ont placé ces ‘imitations’ sur des nanotubes de carbone, qui permettent de greffer un grand nombre de catalyseurs par unité de surface sur l’électrode. Pour tester les performances technologiques de ce catalyseur à base de nickel, les chercheurs ont utilisé les moyens du Liten.

«La tension à fournir à l’électrode est quasiment la même qu’avec le platine. La vitesse de catalyse en revanche est 10 à 100 fois plus faible qu’avec le platine».

- Des batteries en papier avec une encre en nanotubes

Ce sont en fait les supercondensateurs à base de nanotubes de carbone qui s'annoncent enfin, mais sur un support papier, ce qui n'était pas prévu...

Une simple feuille de papier peut devenir un excellent conducteur d'électricité une fois enduite d'une solution de nanotubes de carbone et de nanofils d'argent. Simple et bon marché, le procédé, expliquent ses découvreurs américains, peut servir à réaliser des batteries ou des supercondensateurs de grandes capacités.

A la Stanford University, une équipe vient de réussir à mettre au point une sorte d'encre capable de rendre conductrice l'une des faces d'une feuille de papier. Cette décoction, noire comme de l'encre de Chine, contient des nanotubes de carbone et des nanofils d'argent.

Ces minuscules structures, monodimensionnelles, s'accrochent naturellement aux fibres de cellulose, comme l'explique Yi Cui, l'un des co-auteurs de l'étude, publiée dans les Pnas.

Le résultat est une conductivité élevée sur la face ainsi traitée. Les chercheurs indiquent plus précisément la résistance superficielle, qui descend à 1 ohm / carré. Cette unité (en fait des ohms) désigne la résistance d'une surface mesurée entre deux électrodes appliquées sur elle.

Une fois cette surface obtenue, on peut réaliser une batterie en chargeant électriquement ses deux faces. L'équipe avait déjà testé ces nanostructures pour réaliser des batteries mais en utilisant un support plastique. Le papier, finalement, s'est révélé bien meilleur, sur tous les plans.

Les auteurs indiquent une énergie spécifique de 30 à 47 watts-heures par kilogramme (Wh/kg). Elle mesure la quantité d'énergie stockée par unité de masse. Honorable, cette valeur s'approche de celle des batteries NiMh (Nickel-Hydrures métalliques) mais la performance reste largement en deçà des batteries au lithium (plus de 100 Wh/kg voire beaucoup plus).

En revanche, le nombre de cycles de charges et de décharges que cette batterie est capable de supporter sans faillir serait de 40.000, soit beaucoup plus que les batteries au NiMH ou au lithium qui peinent à atteindre le millier. Les auteurs imaginent de nombreuses applications pour ce procédé simple et bon marché. Ce papier conducteur remplacerait avantageusement les composants métalliques servant de collecteur à l'intérieur d'une batterie lithium-ion.

Leur papier, de plus, conviendrait bien pour réaliser des supercondensateurs, ces intermédiaires entre un condensateur (qui tient la charge peu de temps mais peut libérer rapidement une énergie élevée) et une batterie (qui retient longtemps la charge mais ne la délivre qu'avec parcimonie).

Ces caractéristiques, à commencer par son coût très bas, feraient de la batterie en papier un bon candidat pour la voiture électrique, expliquent les membres de l'équipe. Bien pliée, elle pourrait enfermer une grande surface et se glisser dans le volume complexe de l'automobile. Les auteurs voient aussi la possibilité du stockage massif d'électricité à courte période lorsqu'elle est produite irrégulièrement par des éoliennes (quand il y a du vent) ou des cellules photovoltaïques (le jour). Des « réseaux intelligents » doivent alors conserver l'électricité durant quelques heures ou quelques jours pour la relâcher au besoin.

Bien que n'utilisant pas cette technologie, Panasonic va fabriquer des batteries lithium-ion capables d'alimenter une maison pendant toute une semaine ! De nouvelles sources de lithium viennent d'ailleurs d'être découvertes. On annonce aussi un "saut quantique" dans la capacité des supercondensateurs à base de nanotubes de carbones. En réduisant l'espace entre les électrodes à 10 nanomètres on pourraitstocker 10 fois plus d'énergie que les meilleures batteries actuelles en tirant parti des propriétés quantiques mais tout cela reste théorique pour l'instant même si la fabrication par lithographie pourrait commencer rapidement. En fait ce ne serait pas seulement des batteries, mais aussi bien des mémoires flash...

- Un détecteur de nanoparticules inspiré d'une cathédrale

La lumière laser est apportée par la fibre optique qui longe les résonateurs en forme de tores. Deux nanoparticules, ici représentées par des points blancs, sont venues se poser sur le premier d'entre eux et perturbent la lumière tournant dans chaque anneau. La collerette colorée au bas de chaque tore montre les nœuds et les anti-nœuds de l'onde prisonnière de l'anneau. Cette répartition est modifiée quand une nanoparticule touche l'anneau.

Réalisés en verre, les microrésonateurs mesurent entre 20 et 30 microns de diamètre et sont gravés à l'aide des techniques usuelles de microlithographie sur un substrat de silicium.


- Un laser pour détecter polluants ou explosifs

Des physiciens russes ont créé un laser permettant de détecter dans l'atmosphère de nombreux polluants, y compris des substances toxiques ou explosives.

Ce nouveau laser peut être réglé sur plus de 400 lignes de spectre, d'une longueur d'ondes variant de 2,5 à 4 mcm et de 5 à 6,5 mcm. Cette particularité de ce nouvel appareil de spectroscopie lui permet de détecter dans les mélanges gazeux complexes de l'atmosphère les plus petites substances narcotiques, toxiques ou explosives.

Les concentrations minimales d'impuretés atmosphériques découvertes à l'aide de ce spectromètre laser, ainsi que les distances auxquelles cette détection est possible, sont variables selon les substances et vont de quelques mètres à plusieurs dizaines de kilomètres, selon les divers polluants.

- Doubler la performance des cellules photovoltaïques

Cette cellule solaire est faite de silicium amorphe en couches minces avec des ronds en aluminium servant de contacts électriques. Elle fournit la preuve qu'il est possible de doubler ainsi la production des cellules solaires.

Il s'agit de perdre le moins d'énergie possible en chaleur, convertissant les "électrons chauds" en électricité. Grâce à la minceur des couches, les électrons éjectés par des photons trop énergétiques (lumière bleue) ne perdent pas leur énergie excédentaire en chaleur mais produisent un 2ème électron. Le procédé doit être amélioré avec des nanofils avant d'être commercialisé.


- Des panneaux solaires double face

Rosnano va investir 2,5 milliards de roubles dans un projet de fabrication de panneaux solaires reposant sur le monosilicium et sensibles à la lumière des deux côtés. La réalisation de ce projet permettra de mettre sur le marché mondial des panneaux solaires double face ayant un rendement supérieur de 10 à 70 % aux panneaux n'utilisant qu'un seul côté.

La transformation de la lumière solaire dans ces modules se fait non seulement lorsque les rayons solaires viennent frapper le côté qui reçoit directement cette lumière, mais lorsqu'ils frappent la face arrière - les rayons solaires étant alors réfléchis à partir de surfaces naturelles ou de constructions réfléchissantes spéciales.

- Bientôt des papiers peints lumineux

L'éclairage grâce à des murs couverts de diodes organiques (OLED) serait plus économique que des lampes. Le gouvernement américain a donc décidé de financer leur développement.

Dès 2012, des murs lumineux devraient commencer à se vendre sous forme de papier peint ou d'enduit qui, soumis à un faible voltage, produira de la lumière. Le mur émettra une lumière diffuse, proche de celle que l’on a à l’extérieur ; ce sera (selon les investisseurs) beaucoup plus agréable qu’une lumière centrale qui projette des ombres, et le mur ne chauffera que très faiblement.

Ces murs consommeront très peu de courant électrique et l’on pourra régler l’intensité lumineuse ; on peut espérer un rendement 2.5 fois meilleur que pour les ampoules fluorocompactes actuelles.

- Des mémoires flash en plastique

Ce ne sont pas des nanotechnologies et ces 676 mémoires flash ne peuvent rivaliser ni en capacité (densité), ni en longévité avec les mémoires flash classiques, ne pouvant garder l'information plus d'une journée mais elles pourraient être utilisés dans des journaux papier par exemple.


- Le premier téléphone Google

Un concurrent sérieux de l'iPhone d'Apple.

On peut consuslter la liste des acquisitions de Google, liste "difficile à tenir à jour, et peut-être encore plus à interpréter pour comprendre la stratégie globale de Google".

- Google mise sur le local

- Les Favorite Places on Google ou la mise à disposition d’autocollant interactif d’ereputation locale sur la devanture du commerçant du coin.

- A partir d’une photo prise sur le vif, l’utilisateur va pouvoir afficher automatiquement sur son mobile les résultats de recherche de google correspondant à l’objet reconnu sur la photo : un monument, une peinture. Outre des objets, l’application est capable de scanner un texte !


- La Chine renforce son contrôle sur internet

L'objectif des instances gouvernementales chinoises est de briser le commerce du sexe en ligne. Cette lutte vise aussi indirectement des sites « politiquement incorrects » ou qui sont générés principalement par les internautes.

YouTube est ainsi banni depuis mars, suite à la diffusion d'un film d'exilés tibétains. Cet été, ce fut le tour de Twitter, Flickr et Facebook.

- Un réseau social personnel

"Stribe est un service permettant de créer instantanément un réseau social sur son site."

- EVA fait communiquer des nano-agents

Une des idées fondatrices d’EVA est de pouvoir créer autant d’agent que l’on souhaite et même un très grand nombre si nécessaire, comme dans les essaims d’insectes par exemple. En outre, les agents doivent pouvoir s’exécuter sur un unique ordinateur ou bien être distribués sur un réseau de machine.

Dans EVA, on appelle les agents des « nano-agents » car ils sont conçut pour être d’une taille réduite, contrairement à d’autres environnements où chaque agent requiert des ressources informatiques importantes. En effet, une application EVA doit pouvoir non seulement être opérationnelle sur un ou plusieurs ordinateurs, mais également sur des terminaux plus contraints comme les téléphones mobiles ou les systèmes informatiques embarqués.

Une application typique EVA est donc constituée d’un nombre variable de nano-agents répartis dans un ou plusieurs environnements d’exécutions. Une bonne image pour illustrer une telle architecture est celle d’un écosystème présent sur plusieurs sites dans lequel évoluent des petites « bestioles » algorithmiques. On dit de ce type d’approche qu’elle est « bio-inspirée » car elle reprend sous la forme de programmes informatiques certaines structures ou propriétés que l’on peut observer dans les systèmes vivants naturels.

- La réalité augmentée explose

Au salon Siggraph Asia, qui vient de fermer ses portes, la star était la réalité augmentée, qui ajoute des images de synthèse sur le champ de vision. On y remarquait des jeux vidéos futuristes et une entreprise française, Immersion, y a présenté son Cubtile, une interface 3D d'un genre complètement nouveau.

Cet engin prend la forme d'une borne à section carrée dont la partie supérieure porte quatre surfaces translucides verticales plus une au sommet. Ces cinq zones carrées sont des surfaces tactiles multipoints. Et voilà une interface originale pour manipuler avec ses mains, et tous ses doigts, la représentation d'un objet apparaissant en 3D sur un grand écran en face de la borne. Avec quatre plans verticaux et un horizontal, les possibilités de manœuvre sont variées et plutôt intuitives.

L'écran faisant face à l'utilisateur était aussi un miroir. L'image de l'objet à manipuler pouvait apparaître dans le reflet du Cubtile, comme si l'objet réel était vraiment à l'intérieur du cube. Elle pouvait aussi apparaître dans le miroir comme si l'objet flottait au-dessus du Cubtile. L'utilisateur pouvait alors le faire bouger dans tous les sens grâce aux cinq surfaces tactiles.

- Le livre numérique fait une percée ?

Dans un communiqué, le groupe a indiqué que le jour de Noël, ses clients ont acheté plus de livres en format numérique que de livres en format papier.

Le Kindle, un livre électronique, ou e-book, commercialisé en dehors des Etats-Unis depuis octobre dernier, est disponible en France en import sur la version américaine du site, au tarif de 259 dollars (environ 178 euros). Connecté aux réseaux Internet sans fil, cet appareil permet d'acheter des livres en ligne puis de les lire sur un écran 6 pouces (15,2 cm) dont l'encre électronique reproduit l'apparence de la feuille de papier.

La nouvelle est étonnante, étant donné le prix du Kindle. En fait, il s'agit d'une intox d'Amazon car c'est tout simplement que le livre électronique est un meilleur cadeau de dernière minute quand on ne sait pas quel livre offrir...


- iSlate, la tablette d'Apple

Depuis quelques semaines, des rumeurs grandissent au sujet d'Apple et d'un nouveau produit appelé « iSlate », littéralement "Ardoise électronique".

Les analystes annoncent que 1,4 million d'exemplaires seront écoulés les 9 premiers mois.

Ceci dit, Nokia, en difficulté, porte plainte contre Apple, qui domine le marché avec son iPhone, pour contrefaçon, Apple répliquant par une plainte semblable... On s'achemine vers une longue bataille juridique à l'issue incertaine.

- Le top 10 de l'internet des objets

Pachube - capteurs d'IBM - Arduino - Fedex SenseAware - HP CENSE - Japan's Suica Card - Mir:ror - WideNoise - ioBridge- Citysense

Arduino est une plate-forme électronique open-source de prototypage, composée de matériel et de logiciels open source. Il est destiné aux artistes, designers, amateurs et ceux qui s'intéressent à la création d'objets ou d'environnements interactifs.

Pachube vous permet de saisir et partager en temps réel les données d'un capteur.

En Février 2010, Container Centralen commencera à utiliser la technologie des capteurs d'IBM pour permettre aux entreprises de la filière horticole de suivre la progression des livraisons des producteurs aux grossistes et aux détaillants à travers l'Europe.

Le géant de messagerie Fedex International fournit un nouveau dispositif de surveillance des paquets envoyés par le web. Appelé SenseAware, il donne la température, l'emplacement et autres signes vitaux d'une expédition - y compris une fois ouvert ouvert, s'il a été falsifié en cours de route.

"Central Nervous System for the Earth" (CENSE) est un programme de recherche et de développement pour construire un réseau planétaire de détection, à l'aide des milliards de "minuscule détecteurs, bon marché, résistants et extrêmement sensibles". Les capteurs sont similaires aux puces RFID, mais dans ce cas, ils s'agit de minuscules accéléromètres qui détectent mouvements et vibrations.

Au Japon et à Hong Kong, les cartes (et autres appareils, tels que les téléphones et les montres) peuvent être utilisées pour acheter des biens dans les magasins sélectionnés, mais aussi pour accéder à des appartements ou des écoles.

Mir:ror est un appareil de l'entreprise française Violet et qui détecte les objets qu'on lui montre (leur puce RFID) pour leur donner la main.

ioBridge est une plateforme web pour la surveillance et la télécommande à distance, se facturant elle-même

Macrosense "reçoit en continu les données de localisation en temps réel, analyse et traite les données dans le contexte de milliards de données historiques, et les stocke de façon à pouvoir être facilement interrogées pour mieux comprendre l'activité humaine globale".

- Payer son parking avec son mobile

Depuis le 15 décembre, la ville d'Issy-les-Moulineaux a mis en place un nouveau système de paiement pour le stationnemen des véhicules.

Ce système géré par Parkeon est déjà déployé dans 180 villes comme Londres, Miami, Vancouver ou encore Sydney par exemple.

- l'utilisateur se gare et saisit le code de la zone de stationnement,
- il indique la durée de stationnement prévue,
- il confirme le paiement.

Un système d'alerte par SMS prévient l'utilisateur avant la fin de validité de son ticket de stationnement virtuel. Le service présente une vraie souplesse car il est possible de prolonger la durée de stationnement à distance via son mobile.

- Des gadgets...

Faire parler les textes (Intel Reader), extraire son ADN avec ScienceWiz 123 DNA Extraction (15$), etc.

- Une île tropicale (sous serre) en plein milieu de l'Allemagne

C'est une immense serre. Il n'y a pas que Dubaï...

- Robots

Des vidéos de robots, dont ce robot à moustaches qui détectent les obstacles. Voir aussi (en anglais), l'année des robots.

 

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3 réflexions au sujet de « Revue des sciences 01/10 »

  1. A propos de " la syntaxe chez nos cousins primates" vous établissez la distinction entre « syntaxe primitive » et « langage narratif », de préférence à protolangage et langage humain. Il est sans doute déplacé de demander ici les raisons de ce choix de vocabulaire, mais peut-être pouvez-vous fournir en réponse des liens vers des textes antérieurs fournissant des éléments de bonne compréhension de ce qui me semble, de votre part, plus qu’une simple nuance ? Merci

  2. Je n'ai pas vraiment écrit sur la question que j'ai abordée souvent. Ainsi, j'en parle un peu dans "l'homme et l'animal" mais c'est la question du structuralisme et je pourrais renvoyer au texte de Lacan "Fonction et champ de la parole et du langage". En gros, il faut distinguer le code, qui associe un son à un objet, du langage et de sa double articulation qui dissocie le son et le sens en divisant le réel et permettant de parler de ce qui n'est pas présent. C'est effectivement beaucoup plus qu'une simple nuance, une différence radicale qui nous fait habiter le langage et le monde symbolique.

  3. Merci pour cette proposition de lire « Fonction et champ de la parole et du langage ». Je ne résiste pas à la tentation d’une citation : « …Angoisse qu’engendre une action symbolique quand elle se perd en sa propre opacité. Tel est l’effroi qui s’empare de l’homme à découvrir la figure de son pouvoir, qu’il s’en détourne dans l’action même qui est la sienne quand cette action la montre nue » Je proposerais volontiers cette parole comme légende redonnant un sens tout autre que celui de Faute originelle aux images racontant
    « Adam et Eve quittant le Paradis ». Quittant sans retour possible l’innocence animale, ils assumeraient les possibles et les failles de la fonction langagière ? « Même s’il ne communique rien, le discours représente l’existence de la communication ; même s’il nie l’évidence, il affirme que la parole constitue la vérité ; même s’il est destiné à tromper, il spécule sur la foi dans le témoignage…Le soupir d’un silence {vaut] pour tout le développement lyrique auquel il supplée » Merci Eve!

    Et encore merci à vous d’avoir renvoyé ma question à de telles paroles sur le langage

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