La transition énergétique facteur de croissance

- La transition énergétique facteur de croissance

decarbonisation

Les analyses économiques classiques des politiques d'atténuation du changement climatique ont généralement conclu que l'austérité économique résulterait de l'austérité carbone. Ces analyses s'appuient cependant essentiellement sur l'hypothèse d'un équilibre économique faisant l'impasse sur les notions pourtant bien établies d'hétérogénéité des comportements, de dépendance du chemin emprunté et de transition technologique. Ici, nous montrons que, tout au contraire, la décarbonisation du secteur de l'électricité au niveau mondial peut conduire à une amélioration des performances économiques. En modélisant le processus d'innovation-diffusion et de déséquilibre dynamique, nous avons déterminé comment les instruments de politique climatique destinés à la réduction des émissions modifient l'activité économique par le biais des prix de l'énergie, des dépenses publiques, de l'augmentation des investissements et des recettes fiscales. Même si la hausse des prix de l'électricité réduit revenus et production, cela serait plus que compensé par les emplois supplémentaires générés par les investissements dans les nouvelles technologies. Nous insistons sur le fait que les débats en cours sur les effets des politiques climatiques doivent être complètement revus afin de refléter la réalité des dynamiques complexes de l'économie mondiale qui ne sont pas pris en compte par les modèles conventionnels.

La part du solaire me semble très sous-estimée mais l'approche systémique est intéressante et confirme que la transition énergétique devrait être un facteur de croissance (un peu comme une guerre) - à condition toutefois que cela ne se traduise pas par des importations massives et que la transition soit réellement mondiale mais le bienfait économique consiste surtout à ne plus verser son tribut à la rente pétrolière.

En tout cas, cela contredit complètement tous ceux (Jancovici, Cochet, etc.) qui prétendent que l'augmentation du prix du pétrole devrait conduire à une sévère récession sous prétexte que l'économie est dépendante de l'énergie. Reste une question de rythme entre la raréfaction des ressources fossiles et leur substitution par les renouvelables. Sur le court terme, une augmentation du prix de l'énergie devrait quand même avoir un effet récessif avant d'initier des investissements qui inversent la tendance.

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6 réflexions au sujet de « La transition énergétique facteur de croissance »

  1. Pas si évident que cela , oui ....
    Les entreprises, pays... sont en compétition au jeu du moindre coût ; il est donc bien plus facile et rentable de "finir "les fossiles encore largement plus rentables que les renouvelables qui demandent recherche , mise au point systémique et donc beaucoup d'investissements ; d'autant qu'avec le charbon et les restes pétroliers ou gazier, il y a de quoi faire encore plusieurs années.
    il y aura donc , à la fois maintien du système existant au prix du milieu qui continuera à être sacrifié ; au prix de populations et territoires laissés en marge d'un processus qui ne les emploie pas ; au prix aussi de la recherche et de la "vraie" transition qui n'est pas seulement technique mais systémique et qui d'une manière ou d'un autre demande questionnements , investissements, mise en capacité de prospective.
    Le secteur économique mondialisé tel qu'il fonctionne actuellement va donc plutôt perdurer et chercher à se renforcer ; l'appauvrissement de ceux , hommes et territoires, qui ne sont pas pris en compte aussi ;
    les tensions sociales et pesées climatiques ne peuvent que perdurer avec , si elles deviennent trop pressante , le retour de l'autorité musclées au nom de "la loi" .
    la droitisation extrême au sens de repli identitaire , rejet de l'autre , recherche de boucs émissaires ....Va se poursuivre ,mais va aussi se heurter aux gagnants de la mondialisation économique qui vont continuer , sans doute en renforçant les moyens de propagande et police à mettre en avant cette mondialisation , ce "progrès" cette "modernité" cette marche en avant sans alternative . Ils ont en tous cas l'argent ,le pouvoir économique et militaire.

    • Oui, je ne pense pas que cette étude suffise à stopper la course aux hydrocarbures. Il est quand même intéressant de montrer que la transition énergétique n'est pas forcément pénalisante économiquement. Il y a quand même un moment où l'augmentation des coûts d'extraction sera plus élevé que celui du solaire qui est déjà rentable y compris face au nucléaire dans de nombreux pays bien ensoleillés. La recherche n'est pas "à faire", elle se fait avec des progrès constants mais un paquebot ne se manoeuvre pas comme un petit esquif et, effectivement, l'argent et le pouvoir sont du côté des pétroliers...

  2. Ce que je veux dire c'est que "la pénalisation économique " n'est pas pour tout le monde ; c'est à dire que oui , globalement il y a appauvrissement pour de plus en plus de gens , cela étant particulièrement sensible dans les pays qui se désindustrialisent , mais en même temps l'enrichissement continue pour un grand nombre. Et dans le même temps les enjeux écologiques sont loin d'être résolus si tant est qu'on cherche même à les résoudre.
    Il faut donc réintroduire dans la réflexion globale cette fracture entre deux mondes. Mais aussi tenter , bien que cela soit inaudible , des questionnements et expérimentations dans le sens de l'intérêt général .Sur des perspectives à plus long terme.

    C

    • La désindustrialisation ne me parait pas vraiment le problème, et pourtant c'est dans l'industrie que je travaille, enfin je suis classifié comme tel, mais je pourrais tout aussi bien être classifié dans les services, c'est juste un problème de classification.

      Encore une fois, l'industrie se relocalise par l'automatisation qui n'augmente pas la création d'emplois.

      Je conseille la lecture de :

      http://www.amazon.fr/Dix-id%C3%A9es-qui-coulent-France/dp/2081309580

      • En tant qu'ingénieur dans l'industrie, mon travail est uniquement de traiter de l'information technique, économique et juridique, ce qu'internet permet de faire d'une toute autre façon qu'avant son apparition. Nous sommes donc loin d'une industrie de main d’œuvre qui travaille à la pièce.

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