Revue des sciences 07/09



<- Revue des sciences précédente | Revue des sciences suivante ->

Revues : Pour la Science - Sciences et Avenir - La Recherche - Science&Vie 
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie

Ce mois-ci, pas grand chose à part la possible utilisation de la mélatonine pour retarder le vieillissement (ce qui a fait l'objet d'un article à part) et surtout le fonctionnement aléatoire du cerveau qui me semble primordial sur de nombreux plans, vraiment très important à comprendre. De même on a une explication cohérente de la taille minimale des cellules vivantes à cause des contraintes mécaniques à l'échelle nanométrique. Il semble que la seule condition pour pouvoir nourrir la planète, soit d'abandonner la viande rouge trop gourmande en ressources, sinon rien d'impossible, en plus bio (selon Pour la Science). La combinaison de la fusion et de la fission pourrait fournir à relativement court terme une nouvelle source d'énergie plus propre que le nucléaire mais non renouvelable alors qu'il suffirait pour les uns d'éoliennes un peu partout, pour les autres de panneaux solaires dans le désert pour couvrir tous nos besoins d'électricité (ce sont du moins les nouvelles du mois). Il vaut mieux sans doute ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier et faire plutôt feu de tout bois ! En tout cas, la crise montre que, contrairement à ce que disent certains écologistes, ce n'est pas qu'on manque de pétrole, c'est qu'il y en a trop (et de charbon), trop peu cher, provoquant ainsi une surproduction de panneaux solaires fragilisant le secteur, ce qui est intolérable, et précipitant la catastrophe climatique où le soleil nous aura donné bien peu de répit ! J'ai bien aimé une émission sur Arte, du 13 juin, sur l'émergence des mammifères, attribuant leur survie à une meilleure ouïe permettant de vivre la nuit et développant du même coup le néocortex (pour avoir un plan de l'environnement sans doute, compenser en tout cas la privation d'informations directes par la réflexion). Sinon, je continue finalement cette revue des sciences pour les mois qui viennent, sauf si d'autres activités m'obligent à y renoncer car c'est une grosse charge de travail et un peu trop bloquant. Je dois dire que, si je m'en suis un peu lassé, le vrai plaisir c'est de produire de nouvelles idées, de nouveaux éclairages qui changent soudain les perspectives et rendent tout plus clair. C'est le cas, pour moi du moins, du caractère probabiliste de la connaissance. A part ça, il y a bien quelques petites choses intéressantes mais souvent un peu répétitives, même s'il est très étonnant qu'on puisse encore faire de grandes découvertes en égyptologie. Une pépite suffit à justifier tout le reste, comme un moment de bonheur suffit à justifier toute une vie !

<- Revue des sciences précédente


Pour la Science no 381, Jouer...


Pour la Science

- La propulsion des nanorobots, p63

Des moteurs catalytiques qui utilisent le fluide environnant comme combustible propulsent aujourd'hui des robots microscopiques. Ils ouvrent la voie à de nombreuses applications.

À l'échelle d'une cellule ou au-dessous, le déplacement pose des défis spécifiques. L'air et l'eau paraissent aussi épais que de la mélasse, et le mouvement brownien s'oppose au déplacement dirigé des molécules. Dans de telles conditions, des moteurs à explosion ou électriques tels ceux des voitures ou des trains, à supposer que l'on arrive à en construire à l'échelle moléculaire, ne pourraient même pas démarrer.

La nature, en revanche, regorge d'exemples de nanomoteurs. Il suffit de regarder une cellule. Tous ces moteurs sont fondés sur le même principe : ils convertissent de l'énergie chimique, habituellement stockée sous forme d'adénosine triphosphate, ou atp, en énergie mécanique. Et tous exploitent des catalyseurs, des composés qui facilitent certaines réactions chimiques telles que l'hydrolyse de l'atp.

Le biologiste James Marden, de l'Université de Pennsylvannie, a trouvé une loi d'échelle plus générale qui relie la masse d'un moteur à la force maximale qu'il peut exercer. Selon cette loi, valable des moteurs moléculaires jusqu'aux réacteurs d'avion, les moteurs plus petits sont toujours moins puissants. En particulier, tout en bas de l'échelle, vers 50 à 100 nanomètres, toute force propulsive développée par un nanomoteur catalytique ne peut plus surpasser l'agitation moléculaire. Cela implique que les bactéries de la taille du micromètre sont les plus petits nageurs libres de la biologie. Aux échelles plus petites, le mouvement brownien empêche de conserver une trajectoire stable dans un fluide. De fait, dans la nature, tous les moteurs à échelle moléculaire, y compris les protéines musculaires et les enzymes qui produisent l'atp, sont soit contraints de se déplacer le long d'un chemin, soit enchâssés dans une membrane. Il en sera nécessairement de même avec les futurs nanorobots.

Ce qui m'a semblé le intéressant dans cet article, plus que les moteurs nanométriques dont on a déjà beaucoup parlé, c'est l'explication donnée à la taille des cellules vivantes qui ne peuvent être inférieures au micromètre.

- Nourrir la planète : quelles limites ?, p80
Entretien avec Hervé Guyomard

Dans une quarantaine d'années, la population mondiale dépassera neuf milliards de personnes. Comment les nourrir ? Ce défi se heurte à de nombreuses limites, notamment augmenter la production agricole tout en respectant l'environnement.

Avant d'aborder les pistes possibles, rappelons que le monde compte aujourd'hui 6,5 milliards d'habitants et qu'il en comptera plus de neuf milliards à l'horizon 2050. En outre, la croissance de la population aura essentiellement lieu au cours des deux prochaines décennies. C'est donc maintenant qu'il faut agir et trouver les solutions. Pour satisfaire les besoins alimentaires de la planète dans un cadre de développement durable, respectueux des hommes et de la nature, plusieurs leviers devront être simultanément actionnés : mettre en culture de nouvelles terres (à condition qu'elles ne soient pas prises sur les forêts et les espaces naturels), augmenter les rendements, réduire les pertes et les gaspillages ou encore réduire les consommations excessives de produits carnés de façon à libérer des surfaces pour les cultures.

Quant à diminuer la consommation de produits animaux, soulignons simplement que cela nécessite d'accepter que l'augmentation du niveau de vie ne s'accompagne pas nécessairement d'un accroissement des consommations d'huiles, de produits laitiers et de produits carnés au détriment des produits végétaux. Dès lors, il est probable que des politiques publiques fortes, réglementaires, mais aussi incitatives, seront nécessaires pour réduire de façon notable les pertes et les gaspillages à la consommation, et pour limiter la part des produits animaux dans l'alimentation des populations riches.



La Recherche no 432, Spécial Mémoire


Dossier intéressant sur la mémoire qui montre qu'elle n'a pas tant pour fonction de nous rappeler notre passé que de nous projeter dans l'avenir, ce pourquoi au lieu de s'attacher aux détails (mémoire épisodique) elle ne garde que la configuration générale (mémoire conceptuelle) sous une forme approximative. Ces deux formes de mémoire sont bien séparées, la mémoire épisodique, dont on apprend avec surprise qu'elle serait absente chez la plupart des animaux (liée chez nous au langage narratif sans doute), étant concentrée sur les 3 derniers et 3 prochains jours en dehors de quelques événements marquants émotionnellement, au-delà elle est largement reconstruite en fonction de notre état présent (entre correspondance et cohérence), ce qui fait qu'on se souvient des bons moments quand ça va bien et des mauvais quand on déprime. L'identité elle-même est un processus dynamique reconstituée à partir de notre histoire.

Les connaissances conceptuelles sont constituées de schémas et de représentations génériques. Les plus abstraits, les schémas, sont des idées générales sur nous-mêmes : je suis une personne persévérante, gourmande, etc. Les représentations génériques concernent de longues périodes bien définies avec un début et une fin (quand j'étais à l'université, quand je vivais à Paris, quand je travaillais dans l'entreprise "X", etc.). Elles sont reliées par thèmes de vie et non selon un ordre temporel. Nous les appelons les "périodes de vie". Elles sont associées à un autre type de connaissances conceptuelles personnelles : les "événements généraux". Ce sont en quelque sorte des résumés de nombreux événements spécifiques, soi étalés dans le temps (mes vacances en Italie), soit répétés (les week-ends pendant mon adolescence). Ils ont perdu l'inscription contextuelle de chaque événement. Par souci d'économie, on en crée une représentation schématique.

Au fil d'expériences similaires, on passe donc d'un souvenir épisodique à une connaissance conceptuelle. L'événement particulier n'est plus inscrit en tant que tel. C'est un processus de "sémantisation" : avec le temps, le sentiment de "se souvenir" devient celui de "savoir", et le point de vue d'acteur se change en point de vue d'observateur. p44

Ainsi, aussi bien le passé que le futur sont principalement construits sur des connaissances autobiographiques, et non sur des souvenirs épisodiques. p47

Il existe au moins 5 types de mémoire, ou de systèmes de mémoire chez l'homme : mémoires à court terme (ou de travail), procédurale, perceptive, sémantique et épisodique (...) La mémoire épisodique qui existe à l'état émergent chez certains animaux comme les geais buissonniers, représente un tournant majeur dans l'évolution : c'est elle qui a donné à un seul être vivant, l'homme, la capacité de se projeter dans le passé et aussi dans l'avenir, donc de transformer en boucle le cours linéaire du temps. p91

- L'abandon des centrales à charbon, une fausse bonne idée?, p12

Barack Obama a annoncé vouloir bannir toute nouvelle centrale à charbon aux Etats-Unis. Une décision très peu efficace.

Les deux scénarios, qui se fondent uniquement sur la substitution des centrales à charbon par le gaz ou l’éolien, ne réduisent les émissions de CO2 que de quelques pour-cent par rapport à 2008, mais avec un coût d’électricité à la hausse du fait de l’augmentation inéluctable du prix du gaz. Seul le scénario d’économie d’électricité donne des bons résultats.

- Muter des plantes avec précision, p14

Deux équipes américaines viennent de réussir à muter des plantes avec précision en modifiant un gène donné et seulement lui.

Enfin des OGM un peu mieux maîtrisées ! L'insertion ne se fait plus au hasard comme maintenant mais à un endroit précis du génome grâce aux protéines ZF ("doigt de zinc") qui, couplées à une autre enzyme donnent des protéines ZFN destinées à couper l'ADN à un endroit précis.

- Les Indo-Européens venaient d'Ukraine, p18

Des analyses génétiques confirment l'hypothèse de Marija Gimbutas (basée sur des similitudes avec la "culture des Kourganes") que les Indo-Européens étaient bien des nomades vivant en Ukraine et autour de la Volga entre 4500 et 2500 av JC. Le blancs viennent forcément du nord, là où le soleil manque et la vitamine D...


Sciences et Avenir no 749, La science anti-âge


Le dossier du numéro est consacré à la science anti-âge mais il est bien décevant et mal documenté, trop centré sur la chirurgie plastique. Il y a même de quoi être sidéré devant l'incompétence médicale, notamment sur l'hormonothérapie mais plus généralement sur le vieillissement et les maladies dégénératives. Il faut vraiment se prendre en charge soi-même avant que les progrès de la recherche n'arrivent jusqu'aux médecins...

- Transformer les poteaux électriques en éoliennes, p34

Pourquoi pas ? Pas besoin de multiplier les poteaux !

- Un vaccin contre le cancer du poumon, p40

Testé chez des patients souffrant d'un cancer dit à non petites cellules, non opérables mais sans métastases, ce vaccin repose sur une protéine, MUC1, surexprimé dans ce type de tumeur.

- L'épaisseur du cortex prédirait l'Alzheimer, p42


Science&Vie no 1102, Les nouveaux monstres du cosmos


- H5N1 craint le froid, p40

Ce qui a stoppé la pandémie, c'est le fait que le virus H5N1 craint le froid. Sans une nouvelle mutation, il y a donc peu de chance que cette grippe aviaire nous menace vraiment. Heureusement car elle était bien plus mortelle que la grippe porcine.

Le virus ne peut en effet pas se multiplier et donc survivre aux seuls 32°C de nos narines, le site d'inoculation du virus chez l'homme, alors qu'il est tout à fait adapté à la température de 40°C des oiseaux.


- Contraception masculine par injection de testostérone, p42

La méthode n'est paraît-il pas nouvelle, seulement améliorée, mais semble bien étonnante car on savait que la testostérone était indispensable à la production des spermatozoïdes mais le principe, c'est qu'en saturant les récepteurs on donne le signal au cerveau de ne plus produire les gonadotrophines qui stimulent les testicules et la production de spermatozoïdes. En tout cas, 500mg par mois stopperait leur production chez des chinois normaux (sans maladies ni déficits) mais des études antérieures ont montré que si ce traitement était efficace à 90% sur les asiatiques, le pourcentage tombait à seulement 61% pour les européens. On ne sait pas pourquoi (peut-être parce que les asiatiques étant plus nombreux avaient plus intérêt à bloquer la reproduction des hommes trop actifs ?).

- La première moto volante se prépare à décoller, p48

Tous les projets de voiture volante ont échoué à trouver un marché car cela ne correspond pas à un vrai besoin mais c'est toujours aussi fascinant.

Trois roues, un cockpit monoplace caréné, un moteur de 210 ch, une voilure tournante : voilà le Pal-V, curieux engin volant développé aux Pays-Bas par Pal-V Europe, qui devrait débuter ses essais en vol fin 2009. Pour sa partie terrestre, le Pal-V copie (sous licence) le Carver One de Carver Engineering (une autre société néerlandaise) : un tricycle rapide (185 km/h) et léger (500 kg à vide) dont l’inclinaison en virage est assurée par un système hydraulique breveté. La suite, elle, est originale. Le Pal-V abrite en effet un rotor et une hélice propulsive, déployés en 5 min.

A la différence d’un hélicoptère, et selon le principe de l’autogire, le rotor n’est pas motorisé : il tourne grâce au vent relatif dû à l’avancement, fournissant ainsi la portance nécessaire. Simple à piloter, rapide (185 km/h), sûr et endurant (3 heures et demie ou 450 km de vol), l’autogire se pose sur quelques mètres. Mais il lui faut en revanche 180 m pour décoller, ce qui exige un terrain préparé comme pour un ULM (catégorie dans laquelle entrerait le Pal-V). Si les essais sont concluants, la production démarrera en 2012. Le prix n’est pas encore fixé.

- Le cerveau probabiliste, p 98

C'est sans doute un très grand progrès dans la conception du cerveau, progrès qui n'est pas très nouveau (sinon pour moi!) mais qui rendrait paradoxalement envisageable d'en donner une représentation mathématique... C'est en tout cas cohérent avec la fonction de l'analogie ainsi qu'avec le fonctionnement biologique en général (expression des gènes, système immunitaire, etc.) intégrant une grande part d'aléatoire comme tous les phénomènes darwiniens qui sont sélectionnés par le résultat et non pas programmés séquentiellement (c'est la technique de la canne d'aveugle explorant l'environnement aléatoirement). La conscience peut être assimilée à une irritation, un manque d'information, qui se calme quand une réponse est trouvée, orientant l'action.

"Le concept de cerveau probabiliste, qui a émergé dans les années 1990, affirme que le cerveau est une machine à calculer les probabilités des causes possible de ce qu'il perçoit".

"Le cerveau est à toutes les échelles proprement assailli de bruits parasites". Et ces bruits parasites, assimilables à des signaux aléatoires, sont autant d'indices d'un cerveau effectuant des calculs probabilistes.

"Peut-être que le cerveau fonctionne sur 2 modes. Des phases où le taux de phénomènes aléatoires (bruits) est très fort et des phases où il est faible. La première pourrait correspondre à un état de grande créativité, la seconde à un état de grande efficacité".



Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique

- Avons-nous détecté la désintégration de la matière noire ?

C'est le retour cette fois-ci de la Théorie de Grande Unification (GUT) dite SU(5) proposée par Howard Georgi et basée sur le groupe de Lie. Si l'excès de photons énergétiques constaté venait de la désintégration de la matière noire, ce serait résoudre à la fois son mystère et faire un grand pas vers l'unification de toutes les forces. Une fois de plus Laurent Sacco arrive à nous passionner pour ce qu'on est bien incapable de comprendre mais le plus fascinant avec la physique c'est le nombre de théories absolument séduisantes, comme SU(5), qui semblent tout expliquer et qui ne sont pas confirmées par l'expérience pourtant, dans l'incrédulité de leur concepteur. On imagine le drame d'une évidence qui refuse la sanction du réel, de quoi briser l'esprit. Le pire, c'est que ce n'est pas forcément la preuve que la théorie soit fausse mais seulement qu'il y manque un élément. Ainsi Einstein n'ayant pu exploiter la théorie de Kaluza d'une 5ème dimension, celui-ci abandonna la physique alors que sa théorie est à l'origine de la théorie des cordes...

La matière noire est-elle éternelle ? Pas nécessairement si l’on en croit certains théoriciens célèbres comme Savas Dimopoulos de l’Université de Stanford. Dans le cadre de certaines théories supersymétriques expliquant la nature des particules de matière noire, Dimopoulos et ses collègues montrent qu'elles pourraient se désintégrer. Des traces de ce processus seraient observables en cosmologie et au LHC.

Depuis quelque temps déjà, les théoriciens se demandent si les particules de matière noire sont stables ou si elles sont capables de se désintégrer. La raison en est simple. Si elles possèdent ce qu’on appelle des canaux de désintégrations, elles pourraient signaler leur présence dans l’Univers sous forme d’un excès de photons gamma, d’électrons, de positrons ou de neutrinos très énergétiques, inexplicable par les processus astrophysiques standards.

Ce sont peut-être d’ailleurs de tels signaux que viennent d’observer des satellites comme Pamela et Atic.

En plus de conduire à des conséquences testables dans un avenir proche à l'aide du LHC, ou l’étude des rayons cosmiques avec des satellites en orbite, leur théorie est en mesure de donner une explication à certaines anomalies légères qui tracassent les astrophysiciens nucléaires depuis quelques décennies.

Il se pourrait donc bien que dans un avenir proche, malgré l’impossibilité de tester directement des GUT, la conjonctions des observations indirectes en accélérateur, dans le rayonnement cosmique et dans les abondances des noyaux dans les étoiles nous donne la preuve tant attendue que la Nature est bel et bien décrite par une théorie de Grande Unification, fût-elle supersymétrique.

- Le premier processeur quantique

Ces chercheurs ont construit une puce supraconductrice avec deux qubits. Ces qubits sont des atomes artificiels composés de millions d’atomes d’aluminium qui se comportent comme un seul et qui peuvent se trouver dans deux états à la fois (superposition). L’ensemble fonctionne dans un environnement réfrigéré à quelques degrés seulement au-dessus du zéro absolu (-273,15°C).

Pour être performants, les qubits doivent maintenir le plus longtemps possible leur état quantique. L’équipe de Girvin est parvenu à le maintenir jusqu’à une microseconde (performance comparable au Quantronium du CEA), ce qui permet déjà de réaliser des calculs. Les chercheurs ont d’ailleurs testé deux algorithmes spécialement développés pour des systèmes quantiques, comme celui de l’annuaire inversé pour lequel ils ont obtenu 80% de réussite.

- Intrication vibratoire

Des chercheurs sont parvenus à rendre totalement inséparables les mouvements de deux paires d’ions. Une première pour cette étrange relation quantique qu’est l’intrication.

Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à intriquer les vibrations de deux paires d’ions, faisant passer cette propriété quantique à une taille supérieure. John Jost et ses collègues du NIST de Boulder (National Institute of Standards and Technology, Colorado, USA) ont piégé deux paires constituées d’un ion magnésium et d’un ion béryllium. Ces ions -des atomes chargés tous les deux positivement- se repoussent et oscillent donc comme deux boules retenues par un ressort.

Ce sont les mouvements de ces deux paires que les chercheurs ont réussi à intriquer. Comme si les deux pendules d’une horloge, au lieu d’être simplement synchronisés mais indépendants dans leur mouvement, étaient liés entre eux de telle sorte que modifier les oscillations de l’un changerait forcément celles de l’autre.

- Des molécules de Rydberg aussi grosses qu'un globule rouge !

L’observation des molécules de Rydberg est très récente. Un groupe de chercheurs de l’université de l’Oklahoma vient d’ajouter une page de plus à la saga de ces molécules en réussissant à créer puis à observer une molécule formée de deux atomes mais dont la taille est de l’ordre de celle d’un globule rouge...

Le comportement de systèmes atomiques, décrits par la physique quantique, peut parfois se rapprocher de celui d'un objet classique. C'est le cas des systèmes décrits par de grands nombres quantiques, dont le nombre quantique principal « n » correspondant aux niveaux d’énergie des électrons.

En bonus, alors que, comme l’avait démontré Heisenberg, on doit renoncer à parler de la trajectoire d’un électron dans un atome au sens classique lorsqu’il se trouve dans les niveaux d’énergies à bas nombres quantiques, une notion approximative de trajectoire fait sens à nouveau. On est alors face à ce que l’on appelle un atome de Rydberg.

Avec ses collègues du groupe de recherche qu’il dirige à l’université de l’Oklahoma, Shaffer vient de publier un article dans Nature Physics dans lequel il explique, qu’avec un piège magnéto-optique et des atomes froids, il a réussi à créer des molécules de Rydberg géantes avec des atomes de césium. Ces dernières seraient parmi les plus grandes voire les plus grandes molécules connues puisque leur taille serait de 3 à 9 micromètres, ce qui est de l’ordre de la taille d’un globule rouge, environ 7 micromètres.

- Sous pression, le thorium 10 000 fois plus réactif !

A confirmer mais cela pourrait bien être ce qu'on avait pris pour la fusion froide et serait basé en fait sur ce que l’on appelle" la capture d'électrons K".

Le phénomène de cavitation acoustique est connu mais la sonoluminescence associée est plutôt mal comprise. Dans un liquide, sous l’action d’ultrasons de forte puissance, des bulles se forment. C’est le phénomène de cavitation. En implosant, ces bulles émettent de la lumière et il semblerait que des températures de plusieurs milliers de degrés soient alors atteintes. Certains pensent que du plasma serait produit par ionisation de la matière. Une autre hypothèse, très controversée, stipule même qu’il est possible d’obtenir ainsi la fusion froide.

Le physicien italien Fabio Cardone et ses collègues y font état d’une série d’expériences intrigantes avec du thorium 228 en solution. Cet atome est radioactif et selon les résultats des chercheurs italiens, sous l’effet d’un processus de cavitation acoustique créé par des ultrasons, le taux de désintégration du thorium 228 est multiplié par... 10.000 !

- Le muonium, prochaine conquête de la physique ?

Le positronium – un électron autour d’un positron – est connu théoriquement et obtenu expérimentalement mais personne ne savait comment réaliser un assemblage de muon et d’antimuon pour former du muonium. Deux chercheurs américains croient aujourd’hui savoir comment s’y prendre.

Là encore, cet article de Laurent Sacco est surtout intéressant par l'historique qu'il fait de la question.


- Un moteur électrique avec 2 atomes seulement !

Constitué d'un cercle de lumière portant deux atomes ultra-froids, il est encore théorique mais réalisable. C'est ce que démontrent trois physiciens allemands... qui avouent cependant ne pas comprendre pourquoi il fonctionne.

Deux atomes, l'un chargé et l'autre pas, sont piégés dans un cercle de lumière formé par la convergence de faisceaux laser. Un champ électrique variable les met en mouvement. Voilà un moteur électrique...

- Un nanomoteur réduit... à une molécule

Une molécule de 1,2 nanomètre a pu être mise en rotation autour d'un axe. C'est à ce jour le plus petit mécanisme du monde. Application ? Par exemple se déplacer sur un brin d'ADN pour aller effectuer une intervention.

Jusqu'ici, les mouvements déclenchés avec la pointe du microscope à effet tunnel restaient aléatoires. Christian Joachim et son équipe ont, eux, trouvé le moyen de contrôler finement le mouvement de leur molécule, en définissant précisément sa structure mais aussi son environnement et la surface (d'or) sur laquelle elle repose.

Cette modeste molécule hexagonale de 1,2 nanomètre de diamètre peut ainsi être mise en rotation autour de l'axe d'un de ses atomes en modulant la tension au niveau de la pointe du microscope.

 

Climat


Climat, écologie, énergies

- Le cycle solaire redémarre

Deux zones actives ont été enregistrées par les télescopes dans la couronne solaire le 27 mars dernier, et ont pu être observées sans discontinuer pendant quatre jours. Il est à noter que ces deux régions sont considérablement éloignées de l'équateur. Ce qui est normal. C'est en effet dans de telles zones, situées dans des latitudes héliocentriques élevées, que doivent commencer à se manifester à la surface les puissants champs magnétiques du nouveau cycle. Ces champs magnétiques se forment pendant des années dans les profondeurs de notre astre. Cette ceinture va désormais descendre lentement vers l'équateur, durant plusieurs années, augmentant son activité pour constituer ainsi ce que l'on appelle un cycle solaire.

Il y a des analogies entre les cycles solaires et les variations du champ magnétique terrestre, phénomènes cycliques mais chaotiques aussi (certains pensent d'ailleurs que pour la Terre l'océan interviendrait, ce qui expliquerait le couplage des champs magnétiques et du climat).

- La teneur en CO2 n'a jamais été aussi élevée depuis 2 millions d'années

En analysant les restes de coquilles d'animaux marins planctoniques, des chercheurs américains ont reconstitué 2,1 millions d'années d'histoire de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère. Conclusion : il n'est pour rien dans les dernières glaciations mais son niveau actuel est un record.

Grâce aux carottes glaciaires, on savait déjà que la teneur en CO2 n'a jamais été aussi forte depuis 850.000 ans. Ce dernier chiffre peut désormais être porté à 2,1 millions d'années. Sur cette période, la concentration de ce gaz a beaucoup fluctué mais les maximums observés sont en moyenne de 280 ppm (parties par million), contre 385 aujourd'hui.

Le rythme des périodes glaciaires reste un mystère. Il y a deux millions d'années, la Terre les subissait tous les 41.000 ans. Des modifications dans l'axe de rotation de la planète peuvent alors expliquer une telle périodicité. Mais quelque part au milieu du Pléistocène, entre 500.000 ans et un million d'années, ce rythme s'est ralenti et les glaciations surviennent tous les 100.000 ans. Une modification importante de la teneur atmosphérique en gaz carbonique semblait une bonne explication, une période glaciaire commençant avec la baisse de ce gaz à effet de serre. Selon les auteurs, cette hypothèse est à oublier.

Plus on dépasse les anciens maxima, plus on risque de déstabiliser des hydrates de méthane stockées depuis des millions d'années...

- Le réchauffement proportionnel au CO2

En combinant les données rétrospectives sur le climat à des modèles climatiques mondiaux, ils ont démontré qu’il existe une relation linéaire entre les émissions de CO2 cumulées et la température de l'atmosphère terrestre. Bref, un simple coefficient. Voilà de quoi bouleverser les modèles prévisionnels utilisés jusqu’ici, qui devaient tenir compte de complexes relations entre les émissions anthropiques, les puits de carbone, les concentrations atmosphériques et les changements de température.

Selon Damon Matthews en effet, malgré tous les facteurs d’incertitude qui semblaient complexifier inutilement les projections, une émission déterminée de CO2 entraîne une même élévation de température au niveau mondial, et cela quel que soit le lieu ou le moment où elle se produit et quelle qu'en soit la durée.

Les chiffres cités sont précis. Ainsi, l’émission d’une tonne de CO2 dans l’atmosphère terrestre provoque invariablement une augmentation de la température de 0,0000000000015 degré (10 puissance -13°C). Cette valeur peut paraître négligeable, mais sur cette base, une augmentation de la température moyenne de 2 degrés correspond approximativement à une quantité d’émission cumulative d’un peu plus de cinq cents milliards de tonnes de CO2, soit très sensiblement ce qui a été injecté dans l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle.

L'effet de serre, c'est de la physique simple et les négationnistes sont aussi fous que ceux qui voudraient nier la loi de la pesanteur.

- Le trou d'ozone réduit l'absorption du CO2

L'ozone a-t-il un impact sur le rôle de "réservoir de carbone" de l'océan ? Oui, répondent des chercheurs de trois laboratoires rattachés à l'INSU-CNRS, à l'UPMC, au CEA, à l'IRD, au MNHN et à l'UVSQ. Au moyen de simulations inédites, ils ont mis en évidence que le trou dans la couche d'ozone réduisait l'absorption du carbone atmosphérique par l'océan Austral, et participait à l'augmentation de l'acidité des océans. Ces résultats, qui viennent d'être publiés en ligne dans la revue Geophysical Research Letters, devraient avoir une influence non négligeable sur les prochains modèles du GIEC, qui, pour l'instant, ne tiennent pas compte des variations d'ozone.

- Un nouveau type de nuages : l'asperatus

Particulièrement tourmentés et opaques, ils ressemblent à une mer agitée vue par en dessous et assombrissent considérablement le paysage, donnant l’impression d’annoncer une violente tempête. Pourtant, ils finissent toujours par se dissiper sans rien produire de particulièrement fâcheux.

Les scientifiques de la RMS (Royal Meteorological Society) estiment que ce nuage devrait être classé dans sa propre catégorie, et ont décidé de le nommer asperatus, mot signifiant brutal en latin.

- L'exploitation des hydrates de méthane

Il semblerait que les hydrates de méthane du Golfe du Mexique soient exploitables. Mauvaise nouvelle pour le climat, d'autant que cela pourrait augmenter les fuites de méthane, sauf si on évitait ainsi que ces gaz ne soient libérés dans l'atmosphère par le réchauffement (on avait vu le mois dernier que des dégagements de méthane pourraient expliquer les disparitions dans le triangle des Bermudes!).

- Le déclin de l'azote à cause des hydrocarbures

La composition en isotopes de l'azote contenu dans les nitrates déposés au Groenland depuis 300 ans a connu une baisse spectaculaire ces 150 dernières années indiquent des chercheurs. Ce fort déclin coïncide avec la période industrielle, ce qui suggère que les activités humaines en sont la cause.

Ce résultat prouve aussi que le cycle biogéochimique de l'azote a été fondamentalement transformé par l'injection dans l'atmosphère d'oxyde d'azote issu de la combustion des énergies fossiles et par la fixation de l'azote atmosphérique pour fabriquer de l'engrais. Cela suggère aussi que les modèles prédictifs actuels incluant les nitrates atmosphériques doivent être réévalués.

Le changement le plus rapide s'est produit entre 1950 et 1980, après une accélération des émissions issues des énergies fossiles.

 

Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- Le mécanisme des gènes architectes

Les gènes Hox, au nombre de 39, orchestrent le bon déroulement des opérations de construction, chacun d’entre-eux donnant une instruction précise à un moment donné de notre développement. Le scientifique a démontré que les gènes architectes se trouvaient alignés sur nos chromosomes en suivant l'ordre des structures qui vont apparaître: d'abord les éléments de l'épaule, puis ceux du bras, de l'avant-bras, pour finir avec les doigts.

«Les gènes Hox sont bloqués par des modifications biochimiques, appelées méthylations, très tôt au cours du développement de la souris».

Ces modifications sont qualifiées d’épigénétiques, car elles n’induisent pas de changement dans la séquence de l’ADN lui-même. Les molécules bloqueuses agissent plutôt comme un signal, une sorte d’interrupteur moléculaire. Elles sont nécessaires pour éviter que tous les gènes architectes ne soient activés en même temps, de façon chaotique. «Notre étude montre également que cette inhibition est réversible. Les blocages seront levés progressivement, d’un bout à l’autre du groupe de gènes, au moment voulu».

«Nos résultats suggèrent en outre que, dans certains cas précis, la linéarité de cette grande molécule d’ADN qui constitue nos chromosomes pourrait être utilisée, en quelque sorte, comme mesure du temps nécessaire au bon déroulement de notre programme génétique».

- La météorite du lac Tagish nous éclaire sur l'apparition de la vie !

Tombée sur un lac canadien gelé, cette météorite, une chondrite carbonée, voit sa célébrité grandir au point de faire de l'ombre à sa cousine, la fameuse météorite d’Allende. En plus de faire partie des plus anciennes météorites connues, elle est, d'après les chercheurs de l’Université de l’Alberta, quatre fois plus riche en acide formique que toutes les météorites recensées jusque-là. Cette découverte pourrait nous renseigner sur l'apparition des premières membranes cellulaires sur Terre.

La météorite du lac Tagish pourrait bien être « la roche la plus importante qui ait jamais été trouvée sur Terre ! ».

Chris Herd, qui fait partie de ceux qui l'ont analysée, vient de faire une découverte surprenante. On savait déjà qu’elle contient de l'olivine, des chondres, des inclusions riches en calcium et aluminium, de la magnétite et des composés carbonés. On savait également qu’elle ne fait pas partie des chondrites carbonées habituelles mais qu’elle constitue à elle seule une nouvelle sous-classe témoignant d’une origine plus primitive encore que les plus anciennes connues précédemment. On l’appelle désormais la classe C2 des chondrites.

Il proviendrait d’un des rares astéroïdes de type D dans la portion externe de la ceinture d’astéroïdes, de ceux qui n’ont jamais subi de processus de différentiation et n’ont donc jamais été modifiés par la chaleur depuis la formation du système solaire.

Chris Herd et ses collègues ont découvert que la météorite du lac Tagish contient un taux record d’acide formique, près de quatre fois plus que les autres météorites connues à ce jour. Ce composé organique nous est familier. En effet, même si les chimistes l’appellent plus précisément l’acide méthanoïque, il se trouve dans les dards et les piqûres de nombreux insectes comme les abeilles et, bien sûr, les fourmis.

Or, l’acide formique apporté en grandes quantités sur la Terre primitive par le bombardement des météorites pourrait être, selon Herd, un ingrédient important dans les processus de synthèse prébiotiques à l’origine des acides gras composant les membranes des cellules vivantes.

- La vie à trois kilomètres sous la glace

Une nouvelle fois, une minuscule bactérie a été découverte à plus de trois kilomètres de profondeur dans les glaces du Groenland, où son espèce survit depuis 120.000 ans...

Cette découverte est un signe encourageant pour l'existence de formes de vie sur d'autres planètes moins accueillantes que la nôtre.

- Un ancêtre des oiseaux

- Des spermatozoïdes géants

Des fossiles d’ostracodes ont révélé que la fabrication de spermatozoïdes géants dure depuis au moins 100 millions d’années chez ces minuscules crustacés.

Ces crustacés qui mesurent en moyenne un millimètre fabriquent une semence qui fait jusqu’à 10 fois leur taille. L’équivalent pour un homme de taille moyenne serait un spermatozoïde de 17 mètres… Inimaginable – et très coûteux pour l’individu d’un point de vue énergétique. Pourtant, ces spermatozoïdes géants existent chez les ostracodes depuis au moins 100 millions d’années, ont découvert des chercheurs.

La production de spermatozoïdes géants résulte de la compétition entre mâles. Son coût est élevé pour les mâles comme pour les femelles, qui dépensent beaucoup d’énergie à les fabriquer ou les stocker. Cette découverte suggère pourtant que cette stratégie, qui perdure depuis si longtemps, est finalement payante.

- Les méduses prennent le pas sur les poissons

Pourquoi les méduses se mettent-elles parfois à proliférer ? A cause de la surpêche, du réchauffement et de la pollution organique générant des eutrophisations, expliquent aujourd'hui des océanographes australiens.

Les preuves semblent s’accumuler d’un possible renversement des écosystèmes marins d’une domination par les poissons par une domination par les méduses.


- Identification des neurones codant un souvenir

"La destruction sélective de ces neurones, et non d'autres choisis au hasard, efface les souvenirs de la peur à ce son: les souris ne s'immobilisent plus lorsqu'elles l'entendent".

- Le rire est le propre des primates

Les chercheurs ont ainsi établi que le rire n’est pas une caractéristique nouvelle ni propre à l’Homme. Selon eux, il s’inscrit dans l’évolution de l’espèce depuis ses ancêtres communs depuis 10 à 16 millions d’années.

On s'en doutait, le rire n'est pas le propre de l'homme mais des primates (qui n'a vu des singes rire à gorge déployée) mais cette étude montre surtout que le rire est une étape vers le langage.

En effet, les gorilles et les bonobos expriment des rires d’une durée de trois à quatre fois supérieure à un cycle respiratoire moyen. Autrement dit, ces animaux arrivent parfaitement à contrôler leur respiration, une étape essentielle selon les scientifiques pour aboutir à l’acquisition du langage chez les humains.

- Lluc, 12 millions d'années, notre nouveau cousin européen

En Espagne, le crâne d'un hominoïde, avec une mâchoire discrète, si peu prognathe, éclaire d'un jour nouveau l'histoire des ancêtres de l'homme et des grands singes.

Les auteurs indiquent que, désormais, le groupe des kenyapithécinés (kenyapithecins en anglais), des grands singes fossiles (les kenyapithèques et les griphopithèques), sont de bons candidats au titre d'ancêtre de la famille des hominidés. Pour eux, ces primates anthropoïdes, venus d'Afrique entre 15 et 13 millions d'années, seraient à l'origine des premiers hominidés, apparus sur le pourtour de la Méditerranée et répartis ensuite en Eurasie.

Plus tard, ces ancêtres des grands singes et des hommes actuels auraient redécouvert l'Afrique, où serait née la lignée des Homo. Encore hypothétique et controversée, cette histoire reste encore à écrire mais Lluc constitue désormais un chapitre clé.

- Les flûtes des premiers européens

La découverte d’une flûte taillée dans un os de vautour, ainsi que de fragments de flûtes en ivoire, dans les grottes du Jura souabe en Allemagne, confirme que les hommes modernes avaient déjà une solide pratique musicale il y a 35 à 40.000 ans.

- De la guerre et du commerce dans l'origine du comportement social chez l'homme

Deux études de Science décrivent comment l'interaction entre de lointains groupes de chasseurs-cueilleurs, pour la guerre, le commerce ou l'échange d'idées, peut avoir joué un rôle majeur dans l'évolution du comportement social chez l'homme.

Dans le premier article, Samuel Bowles, de l'Université de Sienne et du Santa Fe Institute à Santa Fe, rapporte que les conflits ont pu favoriser la survie des groupes qui contenaient des individus altruistes voulant risquer leur vie pour les autres. Le chercheur a utilisé un modèle théorique de conflit entre groupes humains pour mesurer les coûts et les bénéfices du comportement altruiste à la fois pour les individus et les groupes. Puis il a incorporé des données issues de l'ethnographie et de l'archéologie sur la mortalité des adultes due à la guerre parmi les populations de chasseurs-cueilleurs préhistoriques et modernes. Ses résultats suggèrent que la guerre était suffisamment courante pour que des comportements altruistes aient pu évoluer, car ils pouvaient améliorer les chances pour un groupe de gagner lors d'affrontements mortels.

Une seconde étude propose que la taille des populations et les modes de migration puissent expliquer pourquoi le comportement moderne de l'homme est apparu il y a environ 90 000 ans en Afrique mais bien plus tard en Europe. Ce comportement correspond notamment au développement d'outils élaborés, d'instruments de musique et de l'art. Ses premières traces ont été découvertes en Afrique et datent d'il y a environ 70 000 à 90 000 ans alors qu'elles remontent à 45 000 ans en Europe. Adam Powell, de l'University College London à Londres, et ses collègues ont analysé un modèle de population dans lequel les individus vivent en groupes et apprennent entre eux ou au contact d'autres groupes lors de migrations. Les auteurs ont trouvé que la complexité symbolique et technique est apparue à l'époque en Afrique puis en Europe en raison de mélanges suffisant des populations pour permettre une propagation efficace des innovations culturelles, et pas forcément en raison de changements dans les capacités cognitives.

- Les autistes plus rapides en calcul

Les personnes autistes résolvent les problèmes jusqu'à 40 % plus rapidement que les non-autistes, selon une nouvelle étude de l'Université de Montréal et de l'Université Harvard parue dans la revue Human Brain Mapping.

Au cours de cette recherche, les participants devaient compléter des motifs dans le cadre du test Raven's Progressive Matrices (RPM), qui mesure les aptitudes à tester des hypothèses, à résoudre des problèmes et à apprendre. Les chercheurs ont recruté 15 personnes autistes et 18 autres non-autistes pour l'étude. Âgés entre 14 et 36 ans, les participants ont été jumelés en fonction de leurs résultats préliminaires mesurés à l'aide d'une échelle d'intelligence pour adultes. Ils se sont tous prêtés à un examen d'imagerie par résonance magnétique durant la résolution des problèmes du test RPM afin que l'on puisse explorer leur activité neuronale.

On connaissait déjà les capacités exceptionnelles de "génies" comme Daniel Tammet ("autiste Asperger") mais le phénomène serait assez général chez les autistes, confirmant aussi l'utilisation des aires visuelles en plus des aires de calcul.

"Les deux groupes ont réussi le test des matrices avec la même précision, mais les autistes ont été plus rapides et semblent avoir utilisé des parties du cerveau traitant l'information visuelle".

 

Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène

- La mélatonine retarde le vieillisement

Cela me semblait évident du fait que la baisse de la mélatonine est corrélée à la ménopause/andropause de même qu'une première baisse déclenche l'adolescence et l'éveil de la sexualité mais c'était contesté jusqu'ici. Après avoir prétendu que la mélatonine n'avait aucun effet, on lui en trouve maintenant de nombreux (antidépresseur, anti-âge, anti-insomnies, antioxydants).

Au sein du laboratoire Arago, Elodie Magnanou et ses collaborateurs ont étudié sur le long terme les effets de la mélatonine sur la musaraigne musette, petit insectivore nocturne. En temps normal, l'animal présente les premiers signes de vieillissement dès l'âge de 12 mois, principalement en perdant le rythme de ses activités journalières. En administrant la mélatonine en continu un peu avant 12 mois, l'apparition de ces premiers signes est retardée d'au moins 3 mois, un délai considérable par rapport à la durée de vie de la musaraigne.

Voir aussi Futura-Sciences et mon article Mélatonine et vieillissement.

- L'eau du robinet : pas très claire pour les malades du cancer...

Une centaine d'articles scientifiques passés en revue, 40 experts interrogés et 20 spécialistes cosignataires, dont Luc Montagnier, récent prix Nobel de médecine : le WWF et David Servan-Schreiber lancent une campagne résumée en une phrase, lâchée dans une interview au Parisien : "lorsqu’on a une santé fragile et que l’on vit dans une région où l’eau du robinet dépasse régulièrement les normes acceptables en termes de nitrates et de pesticides, le mieux est de ne pas boire l’eau du robinet, surtout si l’on a un cancer".

En cause, les pesticides, les nitrates et les médicaments qui polluent nos rivières et nos captages d'eau potable. La campagne se base sur des études récentes, qui mettent en évidence divers effets néfastes sur la santé. Suffisant, selon Servan-Schreiber, pour alerter les malades du cancer.

Voir aussi Futura-Sciences.

- Lien établi entre pesticides et Parkinson

Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après l’utilisation.

- Alzheimer: vers un dépistage sanguin

Pour diagnostiquer la maladie, ils ont utilisé une nouvelle technique très peu invasive appelée biospectroscopie proche infrarouge pour identifier les modifications dans le plasma sanguin des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Ces modifications sont détectables très tôt après qu'elles se soient produites, peut-être même pendant les phases précliniques de la maladie.

- Un médicament contre le diabète démontre des vertus inattendues en oncologie

Une équipe de chercheurs canadiens et américains a découvert que la metformine, un antidiabétique très largement utilisé (vendu en France sous le nom de Glucophage), augmente l'efficacité des lymphocytes T du système immunitaire et donc l'efficacité des vaccins antiviraux et anticancéreux.

« Plusieurs des gènes qui interviennent dans la régulation du diabète jouent aussi un rôle dans la progression du cancer », explique le docteur Jones, professeur au McGill's Goodman Cancer dans un communiqué. Il précise également qu’un « grand nombre de données laisse par ailleurs penser que les diabétiques sont davantage sujets à certaines formes de cancer ».

- Un traitement contre les maladies auto-immunes ?

Des chercheurs ont découvert une molécule qui agit contre l’un des responsables des maladies auto-immunes, le lymphocyte Th17.

L’halofuginone est un dérivé d’une molécule extraite d’une des principales plantes de la pharmacopée chinoise, la Dichroa febrifuga, une cousine éloignée de l’hortensia.

De faibles doses d’halofuginone administrées à des souris atteintes d’un modèle de la sclérose en plaques ont réduit la sévérité de la maladie, précisent les chercheurs.

La molécule déclenche dans la cellule une réaction de protection, comme si elle devait faire face à une situation de pénurie. En l’occurrence, c’est le manque d’acides aminés, les briques de base des protéines, qui pose problème à la cellule. En cas de pénurie, la cellule arrête de produire ce qui consomme le plus d’acides aminés. C’est parce que ce circuit est activé par l’halofuginone que la cellule cesse de fabriquer les Th17, expliquent les chercheurs.

- Une nouvelle stratégie contre le Sida?

Une fois qu'une cellule est infectée par le VIH-1, l'activation du gène du virus produit une importante molécule d'acide ribonucléique (ou ARN) du VIH-1 connue sous le nom d'ARN génomique. Cette molécule est ensuite transportée du noyau de la cellule vers la surface intérieure de la membrane du plasma.

Imaginez qu'il saute sur un véhicule en marche et lui fasse prendre la direction qu'il veut.

En comprenant désormais un peu plus comment le VIH-1 réquisitionne le mécanisme de transport de la cellule, les chercheurs peuvent espérer commencer à élaborer des stratégies pour en bloquer le processus.

- Pas de panique !

Une molécule capable de se lier à la protéine translocatrice (18 kDa) semble contrecarrer l'anxiété et les crises de panique chez l'homme comme chez la souris tout en ne causant pas les effets secondaires observés avec les médicaments actuels indiquent des chercheurs. Leurs résultats suggèrent que cette molécule, le XBD173, pourrait être un bon candidat en tant qu'agent rapide et sûr contre l'anxiété.

Les auteurs avancent que l'effet calmant de l'XBD173 provient de sa modulation d'un neurotransmetteur inhibiteur, le GABA, et qu'il pourrait être considéré en vue de futures applications cliniques.

 

Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique

- ''Urban car'' à hydrogène pour 230€ par mois

Même si l'utilisation de l'hydrogène est contestable, cette petite voiture électrique de 350kg cumule les innovations, y compris commerciales avec une location tout compris (carburant, entretien) pour 230€ par mois (mais pas avant 2013!). Associant une pile à combustible à des supercondensateurs et des moteurs électriques dans chaque roue, l'urban car est assez crédible avec 400km d'autonomie mais à seulement 80km/h, ce qui la réserve aux déplacements quotidiens.

- Combiner fusion et fission

Le National Ignition Facility (NIF) va commencer les tests de fusion avec 192 lasers de très grande puissance, ce qui semble une meilleure voie qu'ITER mais n'est pas assuré pour autant de produire suffisamment d'énergie pour compenser l'énergie utilisée par les lasers (il faudrait en produire 100 fois plus pour que ce soit rentable). La combinaison de la fission et de la fusion semble une voie plus abordable.

Cette option n'offre pas les mêmes perspectives presque illimitées de l'énergie de fusion, mais elle pourrait augmenter de plusieurs ordres de grandeur la quantité d'énergie que l'on peut extraire de l'uranium. Dans le même temps, on pourrait supprimer la principale objection à la fission nucléaire grâce à l'élimination de presque tous les déchets radioactifs à longue vie. "Actuellement, on n'obtient aue 0,5% à 1% de l'énergie disponible, nous pourrions monter avec cette technique à 99%".

- Des centrales nucléaires préfabriquées

Ces éléments pourraient être transportés par train jusqu'à la centrale où il suffirait de les assembler ce qui rendrait plus rapide et moins cher la construction de centrales nucléaires.

- Des éoliennes pour tout le monde

D'après une étude de la National Academy of Science des éoliennes un peu partout seraient suffisantes pour fournir toute l'énergie nécessaire au monde entier. On peut penser qu'il est préférable de diversifier les sources et de privilégier le solaire mais c'est l'option que défend Lester Brown depuis quelques années, appelant à un véritable effort de guerre pour produire toutes ces éoliennes. En tout cas, on ne manquera pas d'énergie...

- Produire de l'électricité photovoltaïque dans le Sahara d'ici 10 ans

La plus grande centrale photovoltaïque du monde devrait être montée dans le désert du Sahara grâce à un groupement d'entreprises allemandes. Elle pourrait produire 15% de la consommation énergétique européenne d'ici 2025. Les experts tablent sur un investissement de 400 milliards d'euros.

Le président du conseil de surveillance de Muniche, M. Jeworrek, espère que les premiers plans seront près d'ici 2 à 3 ans maximum. Il souhaite également la participation active de l'Espagne et de l'Italie, ce qui semble être en bonne voie. Les pays concernés en Afrique du nord semblent pour l'instant avoir un avis favorable quant à ce projet. Seul point noir : la participation française qui risque d'être quasiment nulle car selon M. Jeworrek, la France compte encore beaucoup trop sur l'énergie nucléaire.

Pour l'instant donc, les signaux sont au vert et les divers investisseurs se montrent enthousiastes. Dans le Sahara, une surface de 300 km sur 300 km suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière.

La Chine aussi construit de grandes centrales photovoltaïques, ce qui n'empêche pas qu'il y a depuis la crise et la baisse du prix du pétrole une surproduction de panneaux solaires très dommageable. Ceci dit, on attend des baisses de prix drastiques dans les prochains mois à cause des nouvelles technologies bien plus efficaces et moins couteuses.

- Des panneaux solaires flexibles

- IBM se lance dans des batteries puissantes mais dangereuses

Le lithium est dangereux car il s'enflamme au contact de l'air et explose même au contact de l'humidité mais ces batteries lithium-air peuvent stocker 10 fois plus d'énergie que les batteries actuelles, ce qui serait indispensable surtout pour les voitures électriques !


- Des téléphones qui se rechargent avec les ondes

On savait déjà que les ondes peuvent transporter de l'électricité mais Nokia pense pouvoir recharger un téléphone rien qu'avec les ondes ambiantes ! A la base, ce sont des RFiD qui produiraient 50 miliwatts !

Intel, de son côté, a conçu des baffles sans autre alimentation que les ondes :

- Openmoko™ - Open. Mobile. Free

Un mobile à base de logiciels libres mais le "Neo FreeRunner" coûte quand même 250$ au minimum...


- La dent téléphonique et autres inventions futuristes

Il y a d'autres "inventions du futur" dont certaines déjà commercialisées ou presque et l'inévitable voiture volante qui est le type même de l'invention qui n'a jamais marché (et pourtant les prototypes ne manquent pas) !


- Un téléphone hologramme sans écran

L’excellent designer Mac Funamizu continue son exploration de la transparence avec un prototype de téléphone mobile dont l’écran est un trou (qui permet de le passer au poignet par exemple) et qui se rempli d’un hologramme quand on a besoin d’informations.

- Un téléphone 3D

Ce serait un téléphone avec un écran tactile qui peut changer de forme, simple concept qui explore les possibilités offertes, pas que pour les aveugles.

- Un écran souple... dans un bracelet à porter au poignet

Dans la série de plus en plus longue des prototypes d'écrans souples, celui-ci est original : il se porte comme une montre. Le prototype de cet écran miniature, rétroéclairé par phosphorescence, vient d'être présenté. Applications à venir : encore à imaginer...


- Des écrans oled moins chers

Une technique de fabrication d'écrans oled large par jet d'encre fait baisser le prix de ces écrans qui sont plus performants et moins polluants que les autres mais qui étaient trop chers jusqu'ici.


- 3D sans lunettes

Mise au point par des chercheurs européens, cette technologie est le fruit de 2 projets financés par l'union européenne: HOLOVISION, qui s'est achevé en avril 2008, et OSIRIS, qui devrait se terminer fin 2009.

Voir une vidéo.


- Un écran qui vous regarde

Un écran qui est en même temps une webcam permettrait de contrôler la visualisation avec les mouvements du spectateur.

Sur un même circuit, une équipe du Fraunhofer Institute for Photonic Microsystems (IPMS) est parvenue à installer à la fois des capteurs de lumière et des photodiodes en technologie Oled (Organic Light-Emitting Diode, c'est-à-dire des Led organiques). La performance a été rendue possible par la gravure directe des Oled sur le circuit CMos (intégration dite Oled-on-CMos).


- Un mini PC à 209€

Vendu 269€ mais on peut se faire rembourser 60€ si on ne prend pas Windows, cela en fait l'unité centrale la moins chère et celle qui consomme le moins sans sacrifier la puissance.

Pour moins de 300 euros, on nous promet une machine très compacte, qui consomme 5 fois moins qu'un PC classique, qui permet de jouer, de lire des vidéos HD, de faire du montage vidéo...

L'idée de cette nouvelle plate-forme, nommée Ion, c'est d'intégrer la puissance d'une carte graphique aux tâches quotidiennes.

Puissance accrue donc, mais une consommation électrique qui, elle, n'augmente pas. On tourne entre 17 (sur le bureau) et 25 Watts (en jeu), ce qui est bien pour un portable et très rare pour un PC de bureau. A titre de comparaison, une tour classique à usage bureautique, sans carte graphique, consomme près de 80 Watts. Un PC taillé pour le jeu peut, lui, approcher les 300 Watts.

- Un archivage qui résiste au temps

Les nanotubes de carbone (verticaux sur ce dessin) sont installés entre deux séries de conducteurs (jaunes). Les nanoparticules de fer, cristallines, ont été introduites à l'intérieur (éléments noirs). Sous l'effet d'une certaine tension électrique, elles se positionnent à une extrémité ou à une autre. Ici, par exemple, la position vers le haut du dessin représente l'état 1 et vers le bas l'état 0. Pour la lecture, on mesure la résistance électrique du nanotube entre les conducteurs, qui diffère selon le positionnement de la nanoparticule.

La densité d'information qu'il serait possible d'atteindre est excellente puisque l'équipe parle de 10 puissance 12 bits par pouce carré (un nombre à diviser par 6,25 pour obtenir le centimètre carré comme référence).

L'écriture et la lecture n'ont sans doute rien de spécialement rapide mais les chercheurs sont persuadés que ce positionnement de la nanoparticule métallique est thermodynamiquement extrêmement stable. Ils n'hésitent pas à annoncer une valeur se chiffrant en centaines de milliers d'années. De quoi laisser de la lecture aux générations suivantes...

- Orange ferme ses blogs

Le fournisseur d’accès Orange a l’intention de fermer les milliers de blogs de ses clients à la fin juillet. À partir du 20 juillet, les utilisateurs auront la possibilité de télécharger une sauvegarde de leur blog, mais rien ne semble prévu pour migrer les blogs vers un autre opérateur.

Il n'y a que les français pour oser faire une chose pareille ! Ils m'avaient déjà supprimé mon site l'année dernière...

- Google Squared présente vos résultats sous forme de tableau

Quelques jours après la sortie de Bing, le géant américain Google met à disposition un nouvel outil : Google Squared. Cet outil permet de classer les résultats de la requête comparatif. Par exemple, saisissez "french presidents", et validez votre recherche. Vos résultats se présenteront en lignes, et plusieurs informations sur cette recherche apparaîtront en colonne.

Nous remarquons que cet outil s'appuie largement sur WolframAlpha, lancé en mai dernier, en restant moins performant car il ne s'appuie que sur des résultats de recherche, et pas sur un logiciel scientifique doté d'une capacité d'analyse et de calcul...

Selon Futura-Sciences, "Google Squared ressemble davantage à une démonstration qu'à un service en version bêta" !

- Wikipédia va se mettre à la vidéo

- Opéra “réinvente le web” en transformant tous les ordinateurs en serveurs

Comme souvent le progrès est dans la simplicité car on pouvait déjà transformer son ordinateur en serveur mais avec Opéra unite, intégré à la version 10 d'Opéra, on va pouvoir facilement partager sa musique en streaming, en contournant Hadopi... Ce n'est qu'une possibilité complémentaire au stockage sur internet mais qui fait date par sa simplicité de mise en oeuvre et qui devrait se généraliser.

“Opera Unite est une technologie qui permet de transformer n’importe quel ordinateur en serveur web. Dit autrement, votre ordinateur devient un composant à part entière de la machine internet, plutôt que de se contenter d’interagir avec lui”.

Les premières applications utilisant Opera Unite permettent de partager des fichiers (tiens donc), de faire tourner un serveur web, des partager des notes, de chatter, de partager des photos, ou de jouer différents média, mais Eng affirme que des fonctionnalités bien plus impressionnantes sont en cours de développement.

Voir aussi Du "cloud computing" au "home computing" : comment le web devînt fractal.

- Natal, de Microsoft : après le joystick et la Wii, votre propre corps !

Pour lancer le ballon apparaissant à l'écran, shootez. Pour récupérer la clé posée au sol devant la porte spatio-temporelle, baissez-vous et faites semblant de la ramasser sur votre tapis. Pour assommer l'alien qui vient de surgir du champignon géant, lancez un véritable uppercut. Voilà Natal, l'interface de jeux vidéo imaginée par Microsoft...

Doté également de la parole, le système peut se passer définitivement de clavier, de souris et de manettes de jeu, ce qui a fait dire à Steven Spielberg que Microsoft n’a pas inventé la roue, il l’a supprimée !

En pratique, Natal sera capable non seulement d’observer les mouvements de la personne qu’il cadrera dans son champ de vision, mais aussi de reconnaître le visage des joueurs, tandis qu’un dispositif de reconnaissance et de synthèse vocale – que Microsoft annonce multilingue – complétera le dispositif. On imagine dès lors l’immense éventail de possibilités nouvelles offertes en matière de jeux interactifs.

La nouvelle console n’est toutefois pas encore prête à être commercialisée, et Microsoft se donne pour cela de 18 à 24 mois.

Voir vidéo.

- Nouvelles technologies en voie de commercialisation (Technology Review)

Chargeur électrique au butane pour mobiles (100$) - Power Booster pour panneaux photovoltaïques (200$) - Quantum-Dot Lighting lampes à diodes (100$) - (People Like) You Are Here trouver qui aux alentours cherche la même chose - Glaucoma Detector pour ophtalmologistes - Télécommande par gestes de la télé - Heart Watchers pour cardiaques (400$), etc.

Rien de vraiment extraordinaire...

- Bientôt la commercialisation d'un caoutchouc auto-cicatrisant

Ce nouveau matériau supramoléculaire est produit en France à Feuchy (Pas-de-Calais). Issu d'une combinaison d'au moins 60 % d'oligomères d'acides gras issus d'huiles végétales, il est composé de petites molécules qui s’assemblent en réseaux supramoléculaires dits "réversibles", qui, en cas de rupture, sont capables de se réassembler eux-mêmes afin de retrouver leur forme et leur élasticité initiales. Si on découpe en 2 morceaux un élastique composé de ce matériau, il suffit de mettre en contact les deux morceaux, d'exercer une simple pression pour que les deux parties s'unissent. Au bout de 24h, l'élastique retrouve sa solidité à 100%.

Après 5 ans de développement et 6 millions d'euros d'investissement, le matériau est prêt à la commercialisation. En seulement 6 mois, le produit est passé de la phase de laboratoire à l'étape de l'industrialisation !

Le groupe a déjà signé une cinquantaine d'accords de confidentialité avec des partenaires spécialisés dans divers domaines (aéronautique, santé, automobile, etc...). Nous pouvons maintenant imaginer des pièces mécaniques qui s'auto-réparent, un joint d'étanchéité percé qui ne nécessitera que quelques heures de repos pour retrouver sa forme initiale, un bitume qui reste parfait à vie, ou enfin des semelles de chaussures capables de tenir des années !

- JAST présente un robot capable de connaître vos intentions

Après plus de 4 ans de recherche et développement, des chercheurs européens en robotique, psychologie, et sciences cognitives ont mis au point ce robot tant attendu, capable de prédire les intentions de son utilisateur. L'union Européenne a financé ce projet, nommé "JAST" (Joint-Action Science and Technology), pour un budget de 6 millions d'euros. Il a pour but d'étudier les moyens par lesquels un robot peut anticiper les actions que son partenaire de travail va réaliser.

Le projet JAST consiste à construire un système intégrant la capacité d'observation. Ainsi, les robots qui en résultent connaissent la tâche qu'ils ont à effectuer. Ils l'observent, la reproduisent, et sont rapidement capables d'anticiper ou de signaler une erreur quand son partenaire n'a pas respecté la procédure habituelle. Le robot est ainsi, en quelque sorte, doué d'une conscience lui permettant d'évoluer par lui même.

Voir le lien.

- Les robots sont à nos portes

Des robots parfaitement humanoïdes, de plus en plus fonctionnels : mannequin de mode, serveur ou même instituteur. Voici les derniers prototypes.

- Les chambres secrètes sous la pyramide de Gizeh

Très étonnant, ce puits sous la chaussée de Kheops exploré pour la première fois et sans doute dédié à Osiris. L'article est plein de fautes mais il est difficile de savoir si ces chambres funéraires sont antérieures ou postérieures aux pyramides (-2650).

Un premier segment de tunnel, situé à 10 mètres de profondeur, conduit à une chambre souterraine de 8,6 x 3,6 mètres. Un second puits vertical, situé plus au nord, descend encore de 13,25 mètres pour donner accès à une autre chambre de 6,8 x 3,5 mètres, elle-même entourée de six pièces de taille plus réduite.

Trois des six petites chambres ont contenu un sarcophage en pierre correspondant à l’époque de la 5 ou 6ème dynastie (-2374 à -2140) et deux d’entre eux au moins ont renfermé des ossements humains. Divers débris et fragments de poteries nettement plus anciens ont aussi été découverts à ce niveau.

En plus de ces six petites chambres, la pièce principale présente encore une ouverture dans son angle sud-est, où s’amorce un nouveau puits vertical. Celui-ci aboutit, 8 mètres plus bas, dans une nouvelle pièce de 9 mètres de longueur.

Celle-ci est la plus intéressante de toutes. Un pilier carré en orne chaque angle, tandis que l’espace compris entre ses murs a été creusé d’un canal, qui a probablement coulé jadis car ses extrémités situées à des hauteurs différentes lui donnent une certaine déclivité. Ce canal n’est pas rectiligne mais forme le signe hiéroglyphique signifiant maison. En son centre a été déposé un sarcophage de basalte noir, contenant des ossements humains ainsi que diverses amulettes. Etonnamment, on y découvre aussi des poteries rouges polies avec des traces de peinture blanche, qui remontent vraisemblablement à la 26ème dynastie, dite de Saïs (-640 à -558).

Et ce n’est pas tout… Un nouveau tunnel s’ouvre dans la partie nord-est de la partie la plus profonde du réseau, particulièrement étroite et encombrée de boue. Son entrée est juste assez large pour laisser passer un enfant (voir photo).

 

<- Revue des sciences précédente | Revue des sciences suivante ->
copyleftcopyleft 

3 réflexions au sujet de « Revue des sciences 07/09 »

  1. Bonjour,
    Tous les mois c'est un plaisir de vous lire.
    Les mémoires à nanotubes : il faut lire 1000 000 000 000 bits/poucecarré = 10 Go par cm2 en gros ce qui est obtenu actuellement dans une clé USB avec la techno flash nand.
    Quant aux inquiétants nuages asperatus j'ai bien peur qu'il s'agisse de photographie HDR...

  2. Merci, j'ai corrigé le 1012 en 10 puissance 12 ! Il y a toujours plein de corrections à faire...

    Il y a d'ailleurs du relâchement en ce début de vacances : la couverture de la Recherche a disparu et celle de Sciences et Avenir est celle du mois précédent ! (corrigé depuis pour Sciences et Avenir mais la couverture de la Recherche ça dépend des navigateurs car l'image a des erreurs...).

Les commentaires sont fermés.