Revue des sciences 03/08

Leonard de Vinci

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Revues : Pour la Science - La Recherche 
Brèves : Physique - Climat - Biologie - Santé - Technologie

C'est un mois très décevant au niveau des brèves. Presque rien de vraiment nouveau ou d'excitant, à part un laser ultra puissant qui concentre une énergie phénoménale sur un temps extrêmement court et qui rejoint les exploits de la Z-machine (dont parle Sciences et Avenir), il y a aussi les "qutrits" qui remplaceraient avantageusement les "qubits" dans l'informatique quantique. On assiste par contre au retour de théories plus que douteuses (refroidissement climatique, rôle supposé de phénomènes quantiques dans le vivant, espoir de remonter le temps...). Le retour des races en génétique peut inquiéter aussi à cause des malentendus que cela peut induire dans le public. Sinon la découverte de bactéries dont le génome est entièrement transcrit en ARN renforce l'hypothèse d'un monde à ARN avant que l'ADN ne s'impose. Les recherches sur des formes de vie alternatives pourraient s'avérer passionnantes si elles ne se bornaient pour l'instant au constat qu'on n'a rien trouvé d'autre... Les nanoparticules pourraient être utilisés comme antibiotiques mais au moins certaines seraient aussi dangereuses que l'amiante ! Plus amusant : nous pourrions avantageusement remplacer la consommation de viandes par celle des insectes. Il ne faudrait pas non plus négliger dans nos contrées la prise de vitamine D en hiver, son déficit étant impliqué dans de nombreuses maladies auto-immunes, diabètes ou cancers. Enfin, la comparaison du réchauffement climatique actuel avec la situation il y a 55 millions d'années est assez éclairante sur ce qui nous attend...


Pour la Science no 365, Le vie sur Terre, des naissances multiples ?


Pour la Science

- Fermons les yeux..., p8
Ivar Ekeland

L’actualité bancaire suggère que les dirigeants doivent s’assurer que les surveillants n’ont pas avantage à ignorer les malversations.

Les bonus sont calculés sur les gains réalisés, non sur les risques pris, ce qui incite le surveillant à fermer les yeux tant que les résultats sont bons. Pas vu, pas pris !

- Les limites de la gestion des ressources en eau, en France, p12
Interview de Ghislain de Marsily

Si les estimations d'augmentation globale se confirment (entre 1 et 2° au cours de ce siècle), le cycle de l'eau sera modifié (...) Il pleuvra davantage au Sud du Sahara, moins en Afrique du Nord, moins en Europe du Sud, la zone méditerranéenne remontant jusqu'à Lyon. En France, il pleuvra moins jusqu'à Lyon. En revanche, plus au Nord, à Lille, à Bruxelles, à Oslo, il pleuvra davantage.

- Vieillissement : un tiers de seniors en 2100, p20

Quel que soit l’indice utilisé, le vieillissement de la population va s’accélérer jusque vers 2030, puis ralentir et se stabiliser vers la fin du siècle. D’ici 2100, la proportion de personnes âgées de plus de 60 ans dans la population mondiale va tripler : elle passera de 10 à 32 pour cent.

Le Japon est le pays le plus engagé dans ce vieillissement. L’Amérique du Nord, l’Europe, l’ancienne Union soviétique atteindront le pic entre 2020 et 2030. La Chine, qui est aujourd’hui dans la moyenne mondiale avec 10 pour cent de seniors, vieillira en accéléré et rattrapera l’Europe d’ici la fin du siècle avec 42 pour cent de personnes de plus de 60 ans contre 48 en Europe. En Asie du Sud, le vieillissement commencera seulement en 2030, puis ce sera le tour du Moyen-Orient et, enfin, au milieu du siècle, de l’Afrique subsaharienne.

Carte en 2050 :

- Un génome entier d’ARN, p25

Certains organismes unicellulaires se reproduisent en utilisant une copie de leur génome sous forme d’ARN.

Le cilié Oxytricha nova est doté d'un noyau et d'un macronoyau. Lors de la division ce dernier disparaît, tandis que le premier donne naissance à un micronoyau et à un nouveau macronoyau. Or le génome du micronoyau est inutilisable en l'état, car beaucoup de gènes y sont éparpillés : un remodelage est nécessaire qui est assuré par la transcription en ARN du génome du macronoyau (avant sa destruction), cet ARN constituant un modèle (les gènes y sont bien agencés) pour la retranscription en ADN.

Ces résultats mettent en évidence un nouveau type d'hérédité où l'information génétique est véhiculée par un génome transitoire d'ARN.

- Des formes de vie alternatives, p32
Paul Davies

La vie sur Terre a-t-elle eu des origines multiples ? Pour répondre, les biologistes traquent des micro-organismes radicalement différents de ceux que nous connaissons.

La définition exacte de la vie ne fait pas consensus, mais certaines caractéristiques semblent incontournables. Parmi elles, le métabolisme (l'extraction de nutriments de l'environnement, leur transformation et l'excrétion de déchets) et la reproduction. D'aucuns prétendent que si la vie est née plus d'une fois, une des formes a rapidement dominé et éliminé toutes les autres, par exemple en s'appropriant toutes les ressources disponibles. Toutefois, cet argument est fragile. Les bactéries et les archées, deux types de micro-organismes distincts, coexistent pacifiquement depuis leur apparition il y a 3 milliards d'années, sans que l'un n'ait supplanté l'autre. De plus, la concurrence n'est pas obligatoire : des formes de vie ont pu rester isolées dans des environnements extrêmes où les micro-organismes que nous connaissons ne peuvent survivre. Enfin, deux formes de vie présentes dans un même milieu n'utilisent pas nécessairement les mêmes ressources.

La définition de la vie est délicate. une définition "dure" fondée sur une propriété (par exemple le stockage et l'utilisation d'informations) qui marquerait une transition bien définie entre le vivant et l'inerte rend pertinente l'idée d'une ou de plusieurs origines de la vie. En revanche, une définition "faible", comme l'idée d'une complexité organisée, rend floue les racines de la vie qui peuvent se fondre sans traces dans le domaine de la chimie.

Pour moi, cela ne fait pas de doute, la vie c'est l'information et sa reproduction exacte (grâce à la correction d'erreur) qui enclenche l'évolution darwinienne. Cela commence donc avec l'ARN autocatalytique qui ouvre le champ de la mémoire de la sélection, introduisant un temps cumulatif et une complexification croissante (contre-entropique) du métabolisme (réduit sans doute au début à l'interaction avec une protéine). Cette hypothèse d'un "monde à ARN" est renforcée par la découverte (ci-dessus) de la transcription du génome de Oxytricha nova en ARN lors de sa reproduction. Tout cela légitime sans aucun doute de chercher d'autres sortes de vie, qui ne seraient pas à base d'ARN par exemple.

Le plus probable, à mon avis, reste qu'on trouve d'autres sortes de vie mais à base d'ARN ou d'ADN quand même et donc appartenant à la même histoire évolutionnaire. Dans ce cas, comme l'article le souligne, il pourrait être très difficile de les distinguer de celles que nous connaissons (puisque ces microorganismes auraient immanquablement la même apparence extérieure que des bactéries) ! Une piste intéressante explorée par l'auteur, c'est la découverte de nanobactéries à échelle de 20 à 150 nanomètres, contenant de l'ADN mais forcément dépourvues de ribosomes (qui font au moins de 20 à 30 nanomètres). Les plus petites bactéries connues ont environ 200 nanomètres de diamètre car elles sont toujours pourvues de ribosomes indispensables pour fabriquer les protéines à partir du génome. Manque de chance, La Recherche de ce mois démontre qu'il ne s'agit pas d'un organisme vivant mais d'un monocristal de calcite (un carbonate de calcium) même s'il peut se reproduire dans certaines conditions...

On peut chercher aussi des bases chimiques différentes (ne serait-ce que des acides aminés de chiralité droite!) mais cela me semble plus douteux car il est assez probable que les briques de la vie (ARN et ADN compris) soient venues de l'espace, puisque présentes dans les météorites, et, donc, les mêmes partout... En fait, on peut dire que, d'une certaine façon, des formes de vie alternatives, il n'y a que cela, une multiplication de formes invraisemblables sur la terre comme dans la mer, il est difficile que ce soit très différent ailleurs, les extraterrestres sont déjà parmi nous (pieuvres, dauphins, oiseaux, insectes, etc.) !

- Le puzzle des marchés du carbone, p44

L'Europe est devenue le leader incontesté du marché des quotas de carbone, appelé improprement "marché des droits à polluer", qui atteint les 22 milliards d'euros en 2007 ce qui est loin d'être négligeable.

(Ce qui est amusant, c'est que c'est par refus de ce mécanisme que les européens, Dominique Voynet en tête, avaient fait échouer les négociations de La Haye et provoqué le départ des américains, ce qui a eu la conséquence dramatique de bloquer le processus de Kyoto. L'opposition à ce mécanisme était entièrement idéologique, ce que j'avais essayé de montrer dans EcoRev' (des quotas décidés politiquement valant bien mieux que des écotaxes), passant déjà pour un traître et motivant mon départ des Verts, leur irresponsabilité et leur ignorance m'apparaissant trop graves dans cette affaire vitale...)

- Un réchauffement propice aux mammifères, p56

Il y a 55 millions d’années, le climat de la Terre s’est emballé, entraînant un réchauffement climatique comparable à celui d’aujourd’hui : cette « surchauffe » aurait favorisé l’essor des mammifères.

L'effet des modifications climatiques sur la vie animale et végétale est difficile à prévoir sur le long terme. Pour nous aider, ne pourrions-nous pas nous tourner vers le passé et y trouver une crise climatique équivalente à la fois dans son intensité et dans sa rapidité avec celle que nous vivons ? En étudiant ses conséquences sur la biodiversité de l’époque, nous disposerions d’un modèle « grandeur nature » pour nourrir le débat. Ce modèle existe, c'est le réchauffement qui a marqué la limite entre le Paléocène et l'Eocène, il y a environ 55 millions d'années, soit 10 millions d'années après la crise du Crétacé-Tertiaire pendant laquelle bon nombre d'organismes notamment les dinosaures ont disparu. cet épisode de réchauffement est nommé PETM (pour ''Paleocene-Eocene Thermal Maximum", c'est-à-dire Maximum Thermique du Paléocène-Eocène).

Pour les couches sédimentaires marines datées de la limite Paléocène-Eocène, et par rapport aux températures mesurées pour la Paléocène, les analyses géochimiques de ces fossiles ont mis en évidence une augmentation des températures des eaux de surface de 5°C sous les tropiques et supérieure à 6°C en Arctique. Localement, le réchauffement a pu dépasser 8°C. Ainsi la température des eaux subpolaires a atteint parfois 18 à 23°C, températures équivalentes à celles des eaux subtropicales actuelles.

Grâce à d'autres analyses géochimiques, nous savons également qu'il y a 55 millions d'années, entre 1500 et 4500 milliards de tonnes de carbone ont été injectées dans l'atmosphère sous forme de C02 et de méthane. Ces gaz, puissants moteurs de l'effet de serre, sont la cause de l'intense réchauffement d'alors. Ces études sur le passé prennent tout leur sens dès lors que l'on sait qu'une quantité équivalente de carbone devrait être émise dans l'atmosphère par les activités humaines pendant les XXè et XXIè siècles. On comprend ainsi le parallèle entre le PETM et le réchauffement global.

Reste à connaître la source du carbone responsable du PETM. Sur ce point, les avis divergent. Une des hypothèses est fondée sur la dissolution d'hydrates de méthane, ces cristaux d'eau et de méthane emprisonnées dans les fonds marins. Sous l'effet d'un premier réchauffement minime, ces hydrates de méthane se seraient dissous et auraient émis du méthane. Ce gaz favorisant l'effet de serre, il aurait entraîné par effet "boule de neige" un réchauffement encore plus prononcé. Deux autres hypothèses, peu convaincantes, évoquent l'une la chute d'un astéroïde, l'autre des incendies géants de gisements de charbon. Une quatrième hypothèse stipule que l'assèchement des mers peu profondes aurait favorisé l'oxydation à grande échelle de matière organique, libérant une grande quantité de carbone. Enfin, en avril 2007, une équipe internationale dirigée par Michael Storey, a proposé que de puissantes éruptions volcaniques sur la côte orientale du Groenland et en bordure des îles Britanniques aient déclenché le PETM en dégageant dans l'atmosphère de gigantesques quantités de CO2 et de méthane. Rien ne permet de trancher aujourd'hui.

Cette période a vu une diversification et une expansion des mammifères, avec une diminution de leur taille (nanisme) à cause de la chaleur et d'une réduction de la qualité nutritive des végétaux. Si certains paléontologues voient dans cette période, surtout en Asie, un "jardin d'Eden asiatique" pour les mammifères modernes profitant de la disparitions d'autres espèces, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu d'extinctions parmi les mammifères eux-mêmes.

Quoi qu'il en soit, les mammifères ont pu s'adapter au PETM. Plus encore, ce réchauffement climatique a servi de cadre à leur radiation adaptative. Peut-on en déduire que le réchauffement actuel n'aura pas d'incidence néfaste sur la biodiversité des mammifères ? Pas sûr, car le dérèglement climatique actuel est trop rapide pour que l'évolution biologique et la sélection naturelle "proposent" un échappatoire à de nombreux organismes, notamment aux grands mammifères polaires.

- les systèmes planétaires sont-ils pleins à craquer ?, p64

On retiendra surtout, que, contrairement à ce que croyait Pierre Simon Laplace en 1800, il n'est pas possible de prévoir l'évolution à long terme du système solaire à partir de son état actuel à cause de composantes chaotiques :

Des calculs modernes ont finalement démontré que le Système solaire n'est que marginalement stable, et que son comportement précis est fondamentalement imprévisible à longue échéance.

Occasion de souligner que, paradoxalement, les progrès de la connaissance se traduisent par une augmentation de notre ignorance, de même que la découverte de terres nouvelles encore inexplorées... Ne pas tout savoir ne veut pas dire ne rien savoir, de même qu'imprévisible ne veut pas dire qu'il n'y a pas un déterminisme fort et des limites à l'indétermination chaotique :

Même le chaos opère dans certaines limites. Par exemple, bien que les météorologues ne puissent prédire le temps - autre système chaotique - un mois à l'avance, ils peuvent être quasi sûrs que les conditions se situeront dans une fourchette donnée. les contraintes extérieures, telles la luminosité du Soleil et la durée des jours, posent en effet des limites à l'évolution du système.

Ces résultats ont suggéré à J. Laskar que le Système solaire est "dynamiquement plein", ou presque.

Selon cette théorie, à mesure que le Système solaire vieillissait, il a réussi à rester stable et à résister au chaos généralisé en réduisant le nombre de planètes et en les espaçant. Le nombre actuel de planète doit être le plus grand, et leur espacement le plus réduit que la stabilité à long terme du Système solaire autorise. Le Système solaire augmente son ordre interne en communiquant son désordre - son entropie - au reste de la galaxie, par le biais d'objets éjectés chaotiquement.

Il y aurait cependant Une planète massive au-delà de Pluton.

- La vitamine du soleil, p74

La vitamine D serait un interrupteur génétique déclenchant de nombreux processus vitaux. Son niveau est relié à la longévité notamment pour les régions tempérées et surtout nordiques. Jusqu'à peu on insistait surtout sur les risques pour la santé d'un excès de vitamine D (ou d'exposition au soleil) mais son déficit serait le véritable problème...

Beaucoup de personnes manquent de vitamine D, notamment parce qu’elles ne s’exposent pas suffisamment au soleil. Non seulement cette vitamine renforce les os, mais les biologistes ont découvert récemment qu’elle protège aussi contre certaines maladies graves telles que le cancer.

Une carence en vitamine D, même légère, aurait des effets multiples à long terme : un risque élevé de souffrir de fractures osseuses ; une sensibilité accrue aux infections et aux maladies auto-immunes ; plus de risques de développer certains cancers. Le public a donc tout intérêt à connaître les avantages physiologiques de la vitamine D, et il est peut-être temps de lui fournir des recommandations claires pour qu'il s'expose raisonnablement au soleil et qu'il consomme chaque jour une dose optimale de vitamine D...


La Recherche no 417, Pourquoi le cerveau devient dépendant


Peu de choses dans ce numéro qui n'était pas dans les brèves du mois précédent. Le supplément sur "Le pétrole en 2030" est une très bonne synthèse sur la question mais il n'y a rien de vraiment neuf.

Le dossier sur l'addiction est intéressant, abordant aussi bien les addictions non chimiques (jeu, sexe, travail, etc.) mais il faudrait rendre compte aussi du fait qu'il n'y a pas de sociétés humaines sans drogues, ce qui est un fait massif qui nous distingue des chimpanzés notamment.

Pour le reste, il y a un article important (p54), dont on parle plus haut, qui démontre que les soi-disant nanobactéries ne sont que des "précipités d'hydroxyapatite incluant des protéines" et donc pas du tout vivantes, ce qui n'empêche que ces structures cristallines pourraient se reproduire et même être impliquées dans plusieurs pathologies (dont la prostatite chronique).

Un article sur le méthane insiste pour qu'on réduise en priorité les émissions de méthane car, à l'horizon de 50 ans, son effet de serre est 42 fois supérieur à celui du CO2 même si, à l'horizon du siècle, le méthane n'est plus crédité que d'un effet 25 fois supérieur à cause de sa dégradation avec le temps.

Enfin, signalons un article de Réda Benkirane qui montre l'absurdité du succès du créationnisme dans les pays islamiques alors que, dans le Coran, Dieu n'est pas créateur d'un monde originel définitif, contrairement au Dieu de la Bible, mais transcendant et plutôt créateur perpétuel, ce qui est entièrement compatible avec l'évolution (ceci dit, c'est conforme aussi à Thomas d'Aquin pour qui "Dieu est l'existence en acte, c'est l'acte même d'exister").

La nouveauté du mois, c'est surtout la refonte du site de la revue avec l'ouverture du blog des livres, espace collaboratif qui commence à peine, constitué de petits compte-rendus des livres scientifiques (qu'on peut envoyer à vincent.duclert@larecherche.fr).



Brèves et liens



Physique


cosmologie, astronomie, physique quantique

- L'espace serait dodécaédrique et plus petit que l'espace observé

Le rayonnement de fond cosmologique suggère que l'espace ne serait pas plat et infini (comme la théorie de l'inflation le voudrait) mais serait un espace dodécaédrique de Poincaré produisant des mirages topologiques (c'est-à-dire multipliant les images d'une même zone). Voir interview de Jean-Pierre Luminet.

Pour plus de détails, voir Futura-Sciences.

- La matière noire à grande échelle

Une équipe internationale d’astronomes vient de déceler la trace de la plus grande structure de matière noire jamais découverte. Les filaments, feuilles et amas qui la compose, s’étendent sur une distance énorme : 270 millions d’années lumières !!! Soit 2000 fois la taille de notre voie lactée.

La découverte de cette nouvelle structure géante ne permet pas de trancher car elle découle d’une observation indirecte, reposant sur le principe dit de « lentille gravitationnelle faible ». En clair, la matière noire (ou autre chose…) dévie la lumière émise par des galaxies lointaines, ce qui se traduit par des distorsions enregistrées, dans cette étude, par le réseau d’observatoire "Canada-France-Hawaii Telescope Legacy Survey". L’analyse fine des données ainsi récoltées permet d'évaluer la dimension et la masse de l’objet ayant provoqué cette déviation.

Le résultat obtenu par cette équipe, s’il ne clôt pas définitivement un débat vieux de 70 ans apporte tout de même de solides arguments en faveur de l’existence de la matière noire.

- La matière noire enfin observée grâce aux champs magnétiques ?

La matière noire n’émet pas de lumière par définition. Pourtant, elle pourrait faire sentir sa présence par l’intermédiaire de champs magnétiques. L’effet serait même peut-être déjà visible dans le spectre du rayonnement fossile.

Il se pourrait bien, qu’au final, la matière noire soit un mélange de diverses particules. Parmi elles, certaines possèdent peut-être un moment magnétique.

Susan Gardner a étudié la possibilité qu’au moins une partie de la matière noire soit composée de particules avec un moment magnétique. Il ne semble pas que cela puisse être des particules supersymétriques, mais il pourrait s'agir de particules de Kaluza-Klein par exemple. En présence de champ magnétique, les particules douées d’un moment magnétique s’alignent et produisent un renforcement de celui-ci. C’est tout simplement le principe de l’aimantation d’un morceau de fer dans un champ magnétique.

Si l’on considère qu’une partie des particules de matière possède un moment magnétique couplé aux champs magnétiques de l’Univers à grande échelle, un effet Faraday devrait se produire, selon Susan Gardner, pour les photons du rayonnement fossile. Une signature indirecte de la présence de la matière noire en résulterait.

- Des cordes cosmiques peut-être visibles dans le rayonnement fossile

Très hypothétique mais l'enjeu est important puisque l'existence de "cordes cosmiques" pourrait permettre de tester la théorie des cordes...

Une nouvelle analyse des observations de WMap, confrontée à une nouvelle simulation numérique, indique que l’Univers contient peut-être des cordes cosmiques. Celles-ci auraient en partie été à l’origine de la formation des galaxies.

Ces cordes sont aussi fines qu’un proton mais extrêmement denses : un morceau de de 1,6 kilomètre de longueur pèserait autant que la Terre.

En combinant les deux mécanismes, inflation et présence partielle de cordes cosmiques, les chercheurs se sont aperçus qu’ils obtenaient un accord légèrement meilleur avec les observations de WMap. Environ 11% des fluctuations du CMB observées proviendraient des cordes cosmiques.

- Le cerveau de Boltzmann

Toute existence, et notamment celle d'un observateur, serait le résultat d'une fluctuation de l'entropie et donc d'une improbabilité, mais du coup il serait plus probable qu'un cerveau soit produit par une fluctuation de l'entropie et non un univers tout entier. Il y aurait donc bien des observateurs mais pas d'univers observés (c'est Matrix) ! Voir article. En fait, c'est la négation de l'évolution et de l'apprentissage : il ne peut y avoir de cerveau ni de vie que dans un univers improbable ("la vie est une qualité de la matière qui surgit du contenu informationnel inhérent à l'improbabilité de la forme"). Voir l'improbable miracle d'exister.

- Une "table périodique" pour mieux classifier les trous noirs

Des physiciens ont découvert un ordre caché dans le zoo des trajectoires étranges que les objets sont susceptibles de décrire dans l'espace autour des trous noirs ; cela leur a permis de créer une "table périodique" des orbites des trous noirs. Cette découverte pourrait aider les scientifiques à mieux cibler leur recherche sur les ondes gravitationnelles, ces ondulations de l'espace générées par les déplacements d'objets massifs, comme un couple de trous noirs gravitant l'un autour de l'autre.

- L'asymétrie matière-antimatière résolue ?

Ce serait le caractère non-linéaire des interactions entre quarks qui pourrait expliquer la dissymétrie matière/anti-matière (violation CP).

On découvrit alors que les théories des champs de Yang-Mills étaient bien en mesure de décrire un monde constitué de quarks et de leptons, mais aussi pourquoi leurs comportements dans le monde de la physique hadronique étaient, et sont toujours, aussi difficiles à comprendre.

Ces équations sont profondément non linéaires, comme les équations de Navier-Stokes de la mécanique des fluides décrivant l’atmosphère et les océans.

De même que l’on discrétise un fluide en mailles de taille finie pour simuler numériquement l’écoulement de l’air sur Terre, par exemple autour d’une navette spatiale rentrant dans l’atmosphère ou à l'occasion d'une explosion nucléaire, on utilise une méthode dite de calcul sur réseau (lattice en anglais), avec des éléments finis, pour tenter de comprendre ce qui se passe dans les protons et dans les mésons.

Les théoriciens japonais Kobayashi et Maskawa, en introduisant une matrice qui portent désormais leur noms, réussirent à rendre compte, dans une certaine mesure, de l’asymétrie matière-antimatière observée dans les mésons, grâce à ces 6 quarks.

Toutefois, en l’absence de calculs vraiment précis, il était difficile d’être sûr que cela était vraiment la solution, qui de toute façon n’est qu’une explication partielle.

C’est ce à quoi se sont attachés des théoriciens et des ingénieurs informaticiens du Department of Energy's Brookhaven National Laboratory (BNL), des universités de Columbia, du Connecticut, d’Edinburgh de Southampton et enfin du fameux Riken BNL Research Center (RBRC). Il a fallu pour cela concevoir des superordinateurs spécialement adaptés à des calculs exigeant des dizaines de milliers de milliards d’opérations par seconde et travaillant en parallèle.

L’accord est plutôt bon entre les prédictions du modèle standard, les observations de l’asymétrie matière-antimatière et ce qu’on appelle la violation de la symétrie CP, naturellement contenue dans la matrice de Kobayashi-Maskawa. Le modèle standard avec 6 quarks passe donc victorieusement ce test important sur ordinateur.

- Bientôt des voyages dans le temps au LHC ?

Spéculations très hasardeuses, dans le cadre de la théorie des cordes (ou plutôt d'un univers membrane à 3 dimensions flottant dans un univers ayant 7 dimensions supplémentaires) sur la création (improbable) de trous noirs et de trous de vers permettant aux particules de remonter le temps...

- Ordinateur quantique : après les qubits, voilà les qutrits !

Une équipe composée de physiciens de l'Université de Queensland, l'Université de Bristol et l'Université de Waterloo vient d’annoncer avoir réussi à intriquer un système porteur de qubits avec un autre système porteur de qutrits. Un résultat qui ouvre des perspectives pour le calcul quantique et la réalisation d’ordinateurs quantiques.

Un système avec 3 états, produisant des qutrits (3N), serait moins fragile et il en faudrait moins pour effectuer des calculs quantiques conséquents. C’est donc une voie non seulement pour la miniaturisation des ordinateurs quantiques mais surtout pour contourner le problème de la décohérence.

Les chercheurs sont parvenus à produire des qutrits à partir d’effets d’optique non linéaire réalisant l’intrication de photons polarisés portant des qubits. Ces mêmes photons, portant des qutrits, ont à leur tour été intriqués avec des photons portant des qubits. Cet aller et retour ouvre une voie vers la manipulation des qutrits pour effectuer des calculs quantiques.

Climat


- Offensive des sceptiques

Le monde se préparerait-il à subir non pas un réchauffement climatique, mais une nouvelle glaciation ? C’est ce que n’hésitent pas à avancer certains chercheurs…

Cela paraît assez incroyable au regard de toutes les données disponibles mais il suffit d'un hiver rigoureux en Amérique du Nord (explicable sans doute par La Niña et qui devrait se terminer fin 2009) pour que le réchauffement soit remis en cause, jusqu'à prédire une glaciation malgré la conformation actuelle du cycle planétaire. Décidément, on ne sait pas grand chose avec certitude ! Occasion de souligner que le principal obstacle à l'action, ce n'est pas l'égoïsme mais la diversité des opinions. Évidemment, ce serait une bonne nouvelle si c'était vrai, mais on sait qu'on ne peut juger des évolutions à long terme à partir de variations à court terme, et le cycle solaire est relativement conforme à ses variations décennales ! De plus, l'hiver en France a été le plus chaud depuis 1950 (vérité d'un côté de l'océan, erreur au-delà?). A suivre, donc...

Selon le U.S. National Climatic Data Center (NCDC), de nombreuses villes américaines ont connu – et connaissent toujours – un hiver exceptionnellement froid. La couverture nuageuse en Amérique du Nord, ainsi que dans une grande partie de Sibérie, de Mongolie et de Chine, est la plus importante depuis 1966. Toronto a reçu 70 cm de neige pour les deux seules premières semaines de février alors que l'ancien record, datant de 1950, était de 66 cm... pour tout le mois de février.

Il y a un mois, Oleg Sorokhtin, membre de l’Académie russe des Sciences Naturelles (Russian Academy of Natural Sciences), estimait que l'influence humaine n’est qu’une goutte d’eau dans la mer face aux effets des fluctuations de l'activité solaire. Quand elle est calme, il fait froid chez nous. Et justement notre étoile est de plus en plus calme... Devant l'absence de taches solaires, il conseillait aux gens de faire des stocks de manteaux de fourrure. Plus près de nous, le Canadien Kenneth Tapping estime que nous devrions entrer dans un petit âge glaciaire si l’activité solaire ne reprend pas bientôt.

- L'impact humain sur les océans revu à la hausse

En cumulant les études concernant les effets d'un grand nombre d'activités humaines, il apparaît que les océans et les écosystèmes marins sont plus affectés qu'on le pensait. Le résultat est une carte mondiale de l'influence humaine sur l'océan, une représentation très parlante et un regard que l'on n'avait encore jamais porté sur la Terre...

- Stocker le CO2 au fond des océans

Imaginez un sac gonflable gigantesque en forme de saucisse capable de stocker 160 millions de tonnes de CO2 – l'équivalent de 2,2 jours des émissions mondiales actuelles. Essayez maintenant de vous imaginer ce contenant, de plusieurs kilomètres de long et d'un rayon atteignant jusqu'à 100 mètres, reposant doucement sur le fond marin à plus de trois kilomètres sous la surface de l'océan.

"Au premier abord, ces idées semblent farfelues, mais lorsqu'on les examine de plus près, avec la technologie d'aujourd'hui, il semble qu'elles puissent être techniquement faisables. Mais, ces idées en sont à leurs premiers balbutiements, car aucune étude de conception n'a encore été menée"

Afin de pouvoir stocker le CO2 de cette façon, il faut capter le gaz aux sources industrielles ponctuelles et à la source des installations de production d'énergie, le comprimer en liquide et le transporter dans des pipelines qui s'étendent bien au delà des plateaux continentaux de l'océan. Lorsque le CO2 liquide est pompé jusqu'aux grands fonds, la pression intense et la température froide qui y règnent lui donnent une flottabilité négative. "Cette flottabilité négative est la clé, explique D. Keith. Cela signifie que le CO2 veut s'écouler vers le bas plutôt que de monter dans la biosphère."

Il faut confiner le CO2 parce qu'il a tendance à se dissoudre dans l'océan, ce qui pourrait avoir une incidence négative sur les écosystèmes marins. Heureusement, affirme D. Keith, grâce à cette solution, le coût du confinement est relativement bas. Selon lui, les sacs peuvent être construits avec des polymères existants à un coût de moins de quatre cents par tonne de carbone.

Le véritable coût réside dans le captage du CO2 et son transport jusqu'aux grands fonds. "Si nous pouvons réduire ces coûts, observe-t-il, le stockage dans les océans pourrait être une option qui pourrait contribuer à réduire considérablement les émissions de CO2."

- La faune de l’Antarctique menacée par le réchauffement

Les créatures vivant actuellement dans les océans autour du continent antarctique sont adaptées à un environnement difficile. Durant l'ère glaciaire, cet écosystème a résisté durant une longue période à des températures encore plus basses. Mais il semble bien moins armé contre un réchauffement des eaux qui risque de survenir.

- Les glaciers des Alpes ont diminué des deux tiers

Les glaciers des Alpes ont perdu environ la moitié de leur volume total entre 1850 et 1975 puis 25% supplémentaire du volume restant entre 1975 et 2000 et encore 10 à 15% de ce qu'il en restait entre 2.000 et 2.005.

- Les mauvais côtés des biocarburants

Chacune des deux équipes de recherche a considéré les effets indirects causés par le remplacement de champs et de forêts avec ces nouvelles cultures. C'est ce processus qui relâchera de grandes quantités de carbone dans l'atmosphère par la décomposition ou le brûlis de la végétation existante.

Les deux études, conduites indépendamment, ont estimé la "dette en carbone" que représenterait ces cultures pour biocarburants suivant les endroits, ainsi que le temps que cela prendrait pour que l'ensemble des gaz à effet de serre ainsi émis soit inférieur à ceux dus à l'utilisation de carburants fossiles: il serait de plusieurs décennies à plusieurs siècles dans certains cas.

Les auteurs suggèrent que l'utilisation de déchets de biomasse ou de cultures effectuées sur des surfaces agricoles non utilisées pourrait cependant éviter une grande partie de la dette de carbone.

- Lancement d'une vaste opération de lutte contre la déforestation en Amazonie

Mais cette opération se heurte à une population qui n'a pas d'autres alternatives...


- Une nouvelle étude illustre le danger de la déforestation

La conversion des forêts d'une seule province d'Indonésie en plantations destinées à produire de la pâte à papier ou de l'huile de palme génère davantage de gaz à effet de serre qu'un pays comme les Pays-Bas !


- Les Etats-Unis prêts à un accord contraignant contre l'effet de serre

Les Etats-Unis sont prêts à un accord international contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourrait être annoncé en juillet.

- Pagaille sur le coût en CO2 des transports routiers

Quels impacts sur l'effet de serre ont les 20000 kilomètres annuels d'un usager de la route possesseur d'une 5 Cv ? Combien d'euros déboursera ce conducteur s'il veut "compenser" ses voyages en investissant dans des projets faiblement émetteur de gaz à effet de serre ? Etrangement, les réponses sont pour le moins fluctuantes.

Ainsi, pour compenser un trajet annuel de 20000 kilomètres avec une voiture de moins de 5 cv, consommant 7 litres d'essence au cent kilomètres, il vous en coûtera 43 euros chez Action Carbone, 80 chez Climat Mundi voire jusqu'à 122 chez CO2 solidaire !

Premier motif de désaccord, le prix de la tonne diffère selon les opérateurs, de 15 euros chez Action Carbone à 24 chez CO2 solidaire en passant par 19 chez Climat Mundi. En fait, chaque opérateur est libre de proposer le prix qu'il souhaite lui permettant de financer et suivre les projets. Le problème est que malheureusement, ce prix n'est pas indiqué clairement sur les sites internet de ces opérateurs...

Second motif, tout le monde ne calcule pas de la même façon. Même sur le nombre de tonnes de CO2, les estimations varient jusqu'à plus de 50 %. Dans notre exemple, le voyage vaut 2.9 tonnes de CO2 chez Action Carbone, 4.2 tonnes chez Climat Mundi et entre 3.3 et 5 tonnes chez CO2 solidaire (selon la nature du voyage (urbain, mixte, extra-urbain)).

- Manger des insectes pour prévenir les famines

La réduction de la consommation de viande est une des priorités de la lutte contre l'effet de serre car elle est responsable de plus d'émission de gaz à effet de serre que les transports ! Une des solutions serait de manger des insectes, ce qui est bien meilleur pour la santé.

Très sérieusement, des spécialistes de la FAO suggèrent que la consommation d'insectes pourrait constituer une précieuse source de nourriture en situation de crise (sécheresse, famines…). Il suffirait juste de s'y habituer ou, plutôt, de généraliser une pratique alimentaire connue dans le monde entier et depuis la nuit des temps.

De fait, l’entomophagie – ou la consommation des insectes à des fins alimentaires – est très répandue dans le monde. On peut même affirmer qu’elle est pratiquée par la majorité des humains de cette planète. Dans de nombreux pays, comme le Pérou, l'Afrique du Sud, la Thaïlande, l'Indonésie, la Chine, l'Australie, le Japon ou encore le Mexique, elle fait partie des mœurs alimentaires au même titre que la viande et le fromage en France. Et elle s’impose non seulement par besoin mais aussi par plaisir, les insectes se révélant être délicieux.

Selon le biologiste allemand V.B. Meyer-Rochow, les populations défavorisées ou en état de crise alimentaire pourraient tirer parti des invasions de criquets pèlerins qui ravagent régulièrement leurs récoltes. Il suggère de récolter les nuages d’insectes lors de leurs migrations, qui rassemblent des milliards d’individus pour une masse pouvant atteindre 400.000 tonnes, puis de les traiter et de les réduire en une pâte pouvant être utilisée comme complément alimentaire.

Tina Van Den Briel, nutritionniste pour le programme d’aide alimentaire mondial, doute pour sa part que les insectes puissent devenir une source alimentaire fiable en raison de leur caractère saisonnier et de leur durée de conservation limitée. Mais « ils peuvent constituer un très bon complément alimentaire » reconnaît-elle, estimant qu’il serait peut-être plus judicieux de les utiliser en les ajoutant à l’alimentation des animaux ou en les réduisant en farine afin de produire des gâteaux.

Biologie


évolution, génétique, biodiversité, éthologie, anthropologie, neurologie

- L'eau passée de Mars impropre à la vie ?

Les robots Spirit et Opportunity ont ainsi reporté de fortes concentrations de minéraux dans le sol martien, ce qui induirait des eaux passées de la planète trop salées, acides et oxydantes, ce qui serait incompatible avec le développement d'une quelconque vie microbienne. Et dans le cas où une vie aurait tout de même pu émerger dans cet environnement, Andrew Knoll note qu'il y a un risque qu'elle ait été éradiquée par un bombardement important de météorites qu'a subi Mars il y a environ 3.9 milliards d'années.

- Origine de la vie, purement chimique

A l'aide de simulations sur supercalculateur au Centre de recherche de Jülich (FZJ), les scientifiques ont montré que, dans les conditions originelles, de simples acides aminés peuvent former de longues chaînes peptidiques en dehors des cellules et par suite les premiers éléments constitutifs de la vie, sans avoir recours à un moyen biologique.

En paramétrant les conditions voulues et en introduisant la présence de surfaces de sulfure de fer, les simulations ont révélé que la formation des peptides était accélérée, rendant le milieu propice à la formation de séquences peptidiques.

- L'oxygène, clé de l'explosion cambrienne

A mettre en relation avec la Terre boule de neige qui a précèdé.

L'extraordinaire diversification des êtres vivants, appelée explosion cambrienne, qui s'est déroulée il y a 530 millions d'années sur un court laps de temps, semble corrélée à des variations de la quantité d'oxygène dans l'eau des océans. C'est ce que révèlent les sédiments de la Formation Doushantuo, affleurant dans les Gorges du Yangtsé de Chine du sud.

En comparant avec les remarquables archives fossiles de la formation, ils ont constaté que la première modification importante du taux d’oxygène n’avait eu que peu d’impact sur le réservoir de carbone présent dans l’océan profond, mais que la complexité des formes vivantes de l’époque avait quand même changé quelque peu. En revanche, le second accroissement a correspondu à une grande réduction de ce stock de carbone, ce qui veut dire que l’océan est devenu très riche en oxygène il y a environ 550 millions d’années.

Or, c’est précisément peu de temps après cette date que l’explosion cambrienne s’est produite avec une brutale augmentation de la diversité biologique. En particulier, alors que la première injection d'oxygène s'était traduite par une augmentation modérée de la complexité des organismes présents, parmi lesquels on compte les plus anciens embryons d'animaux connus, la seconde coïncide avec un accroissement considérable du nombre d'espèces de grandes algues.

- L'acidité aurait un rôle de signalisation

Ils ont effectivement remarqué que les cellules intestinales du nématode déclenchaient l’activité des cellules musculaires du tube digestif en modifiant légèrement le pH autour d’elles. Ils estiment que cette variation de l’acidité peut être un mode de signalisation cellulaire répandu dans tout le monde animal : de l’intestin du ver aux neurones dans le cerveau de l’Homme. Si cette hypothèse se vérifie, l’impact de cette découverte sera énorme étant donné que presque tous les processus biologiques sont réglementés par l'acidité.


- Beelzebufo, la grenouille du diable (ou Madagascar en Amérique du Sud!)

Une grenouille géante démontre que Madagascar était reliée au continent Antarctique et à l’Amérique du sud à la fin du Crétacé.

La "grenouille du diable" c’est ainsi que l’ont surnommé ces découvreurs, des paléontologues de l’Université de Stony Brook (New York). Il faut dire que la bête à de quoi impressionner : plus de 40 cm pour un poids avoisinant les 4.5 kilos. De constitution robuste et dotée d’une bouche aux mâchoires puissantes, elle devait se nourrir de lézards, de petits mammifères et peut-être même de bébés dinosaures.

La présence de Beelzebufo à Madagascar et de ses parents modernes en Amérique du Sud serait la dernière trace d’une passerelle aujourd’hui détruite ayant autrefois relié cette île au continent Antarctique – alors beaucoup plus chaud qu’aujourd’hui – et à l’Amérique du sud. Ce passage aurait permis l'expansion de nombreuses espèces sur ces deux régions, et expliquerait pourquoi d’autres fossiles d’animaux découverts à Madagascar sont très semblables à ceux mis au jour sur le continent sud-américain.

- L'origine des oiseaux

Si les oiseaux sont les seuls descendants des dinosaures ce n'est pas que la chute d'une météorite les auraient transformés génétiquement mais qu'ils existaient avant et que le vol les a sauvés de l'extinction !

Les oiseaux sont de lointains descendants d’un groupe de dinosaures (les théropodes, qui peuplaient la Terre il y a 200 millions d'années) mais les scientifiques s’interrogent encore sur l’origine des oiseaux modernes. La question est au centre d’un contentieux entre paléontologues et généticiens de l’évolution. Les premiers à partir de l’analyse des fossiles arrivent à une date d’environ 60 millions d’année tandis que les autres utilisent le taux de variation au sein du génome pour reconstruire l’histoire évolutive qui commence selon eux il y a 100 millions d’années.


- L'invasion de fourmis eurasiennes

Lasius neglectus, ou fourmi aztèque invasive, c’est le nom de cette conquérante qui en dépit de son nom est originaire des environs de la Mer noire. Plusieurs centaines de colonies ont déjà été identifiées dans toute l’Europe (de la Pologne à la Turquie) et les experts redoutent une croissance exponentielle, tant cet insecte à un potentiel invasif élevé.

Effectivement la fourmi aztèque possède tout l’attirail du parfait conquistador. Elle est capable de survivre à une température moyenne de –5°Celsius, ce qui lui ouvre les portes de l’Europe du Nord, avec une attirance pour les zones urbaines. Ensuite c’est une combattante redoutable qui extermine sur son passage les fourmis autochtones mais aussi d’autres insectes et araignées.

- Des gorilles qui s'accouplent comme nous (et les bonobos)

- Toumaï aurait 7 millions d'années

Une nouvelle méthode de datation a permis d’évaluer l’âge de Toumaï, probablement l’une des premières espèces de la lignée humaine, entre 6.9 et 7.2 millions d’années.


- Neandertal victime d’une variante de la vache folle ?

Selon une nouvelle théorie, l’Homme de Néandertal aurait disparu à cause d’une maladie proche de l’encéphalopathie spongiforme bovine, qu’il aurait contracté en pratiquant le cannibalisme.

On ne voit pas comment cela aurait pu faire disparaître toute une espèce. Tout au plus, cela pourrait expliquer la disparition du dernier carré des hommes de Néandertal.


- L'ADN révèle l'histoire de populations d'Afrique centrale

En contradiction avec l'hypothèse du mois dernier que nous serions des descendants de Néandertal, semble-t-il.

Des chercheurs du CNRS et de l'Institut Pasteur (1), en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire et internationale (2), ont étudié l'histoire démographique et génétique des Pygmées et des agriculteurs bantous de l'Afrique centrale. Leur étude suggère que les deux groupes ont commencé à diverger à partir d'une population ancestrale commune il n'y a pas plus de 70 000 ans, puis qu'ils sont restés isolés les uns des autres, avant d'échanger à nouveau des gènes, à partir d'il y a 40 000 ans, par l'intermédiaire de mariages de femmes pygmées avec des hommes agriculteurs.

Cette étude suggère le scénario suivant: les Pygmées ont commencé à diverger de la population ancestrale il y a, au plus, 70 000 ans. Après une période d'isolement, pendant laquelle les différences phénotypiques actuelles entre Pygmées et agriculteurs se sont accumulées, des femmes pygmées ont commencé à se marier avec des hommes agriculteurs (mais pas l'inverse), il y a au maximum 40 000 ans et ceci a continué jusqu'à il y a au moins quelques milliers années.

- Le retour des races en génétique

En étudiant 650 000 variations génétiques courantes portant sur une seule base du génome de 938 personnes issues de 51 populations différentes, Jun Z. Li de l'École de Médecine de l'Université de Stanford et ses collègues estiment avoir effectué la plus grande analyse à ce jour de la diversité génétique humaine. Leur étude éclaire un peu plus l'évolution qu'a connue l'homme moderne dans de petites zones géographiques ainsi que sur son expansion initiale à travers le monde.

Les chercheurs ont par exemple été capables de distinguer les ancêtres génétiques de huit groupes européens et de quatre du Moyen-Orient. Leurs données sont aussi en faveur du modèle "hors de l'Afrique" (Out of Africa) de dispersion des premiers êtres humains modernes qui ont colonisé le reste du monde en cascade à partir du continent africain.

La plus grande source de diversité génétique provient bien de variations au sein des populations confirment les chercheurs, mais ils suggèrent aussi que les différences entre populations sont assez grandes pour pouvoir les distinguer et les comparer assez précisément.

C'est une conclusion inévitable, dès lors qu'il y a une relative isolation, des caractères spécifiques sont favorisés. C'est visible pour tout le monde, pas étonnant qu'on retrouve donc des typologies génétiques qui sont les marqueurs d'une population et de ce qu'on appelait les races. C'est tout de même très différent des anciennes conceptions de la race dès lors que les différences dans un même groupe sont plus grandes qu'avec un autre groupe. Il faut savoir aussi qu'on peut faire une typologie de n'importe quoi (dans ma jeunesse j'ai fait des typologies de ceux qui ont une cuisinière à gaz et un chauffe-eau électrique par exemple!).

- Les yeux bleus n'auraient que 8000 ans !

"A l’origine nous avions tous les yeux marrons". Les variations de couleur des yeux peuvent toutes être expliquées par une quantité plus ou moins grande de mélanine à l’intérieur de l’iris mais les individus aux yeux bleus ne présentent que de faibles variation de la mélanine, ce qui indique qu’ils sont tous liés à un ancêtre commun et ont tous hérités de la même mutation située exactement au même endroit sur leur ADN. En examinant plusieurs personnes de part le monde et en analysant leur ADN mitochondrial , les chercheurs ont pu remonter à l’existence de cet être ancêtre commun qu aurait vécu entre 6000 et 10 000 ans en arrière.

- Disparition des requins

Les requins sont en train de disparaître des océans du monde. La population de nombreuses espèces de gros requins a diminué de moitié en quelques dizaines d’années en raison de l’augmentation de la demande en nageoires, de l’intensification de la pêche récréative, ainsi que de la pêche au thon et à l’espadon qui entraîne la capture accessoire de millions de requins chaque année.


- Les saumons sauvages victimes des élevages... de saumons

Une nouvelle étude démontre les dangers que font peser sur les populations sauvages les élevages de saumons. Celle-là est quantitative et concerne plusieurs pays. Les résultats sont cette fois très nets : les effectifs sauvages se réduisent de moitié au contact des fermes piscicoles.

L'effet des fermes d'élevages n'est donc pas local mais global. A terme, les populations sauvages de saumons sont réellement menacées, expliquent les chercheurs, d'autant que l'aquaculture progresse toujours. Mais Jennifer Ford affirme qu'il existe une solution simple : éloigner les fermes des embouchures des rivières, c'est-à-dire des migrations des saumons.

- L’abattage des éléphants à nouveau autorisé en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l'éléphant est menacé... de prolifération. Protégées, les populations croissent trop vite, soumettant les animaux à la famine et aux épidémies et générant des dégâts dans l’environnement.

- Suivre le processus de mémorisation

Des souris ont été génétiquement modifiées pour rendre fluorescentes les protéines des récepteurs à glutamate, ce qui devrait permettre de suivre le processus de mémorisation (de chocs électriques...).

Santé


génétique, traitements, nutrition, hygiène

- Vulnérabilité du génome face à une faible dose de radiation chronique

Des scientifiques russes ont constaté qu'une faible dose de radiation chronique s'avère plus destructive sur le génome humain qu'une forte radiation ponctuelle.

Ceci est lié au caractère chronique de la radiation causant des formations importantes d'oxygènes actifs.

- Le téléphone portable stresse les tomates
Le Point numéro 1848

A l’université de Clermont-Ferrand, des chercheurs ont aspergé des plants de tomates avec des ondes électromagnétiques semblables à celles émises par le téléphone portable.

Après dix minutes de ce traitement, les «cobayes» se sont mis à produire des molécules de stress.

Le Point cite Gérard Ledoigt, responsable de l’Equipe de recherche sur la transduction et l’autosurveillance cellulaire, qui a mené l’étude, qui note que « les plantes se sont défendues comme si elles avaient été blessées ou abîmées par du gel ou par une forte canicule ».

Le chercheur en biologie cellulaire relève que « jusqu’à présent, on n’imaginait pas que les ondes électromagnétiques pouvaient induire des modifications sur les cellules vivantes », et ajoute que « cellules végétales et humaines sont proches ».

Le Point indique aussi qu’«il y a quelques mois, l’Ertac a lancé une nouvelle étude, cette fois sur les cellules souches de la peau. Sauf que l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement a annoncé la dissolution du laboratoire…».

- Usage intensif du téléphone portable et cancer de la parotide

Sigal Sadetski estime que le risque de développer une telle tumeur est accru de 50 % chez les personnes qui font usage de leur téléphone mobile plus de 22 heures par mois. La chercheuse préconise de généraliser l’utilisation du kit mains libres tout en encourageant l’industrie à mettre au point des technologies moins irradiantes.

- Cancers en hausse, mortalité en baisse

De 170.000 en 1980, le nombre de cas de cancers découverts en une année (ce que l'on appelle le taux d'incidence annuel) est passé à 320.000 en 2005. Les femmes et les hommes ne sont pas égaux devant la maladie puisque l'augmentation est de 84 % chez les premières et de 93 % chez les seconds. Pendant la même période, le risque de mortalité s'est réduit de 24 %. Cette différence vient d'une régression des cancers les plus dangereux (œsophage, estomac et voies digestives supérieures), expliquée en partie par une diminution de la consommation d'alcool et de tabac, et d'une progression de ceux que l'on sait le plus souvent guérir (prostate, seins).

- Les cancers du sein en baisse

Depuis 2004, le nombre de nouveaux cas de cancers du sein est en diminution en France. Les médecins attribuent ce progrès à l’arrêt de l’utilisation des traitements hormonaux de la ménopause.

- L’indice de masse corporelle marqueur indirect des cancers

Les études s’accumulent pour mettre en garde contre le risque accru de certains cancers chez ces sujets en surpoids.

Chez l’homme, une augmentation de 5-IMC était fortement corrélée à un adénocarcinome de l’œsophage (RR= 1.52, p<0.0001), et aux cancers thyroïdiens (1.33, p=0.02), coliques (1.24, p<0.0001) et rénaux (1.24, p<0.0001). Chez la femme, les investigateurs trouvèrent une forte association entre une augmentation de 5-IMC avec le cancer de l’endomètre (1.59, p<0.0001), des voies biliaires (1.59, p=0.04), de l’adénocarcinome de l’œsophage (1.51, p<0.0001) et du rein (1.34, p<0.0001). Ils relevèrent une plus faible association positive (RR <1.20) avec l’augmentation de 5-IMC et le cancer rectal ainsi que le mélanome chez l’homme ; chez la femme, avec le cancer du sein post-ménopausique, le pancréas, la thyroïde et le côlon. Enfin, pour les deux sexes, avec la leucémie, le myélome multiple et le lymphome non-Hodgkinien. Le cancer colique s’avéra plus fortement relié à l’augmentation 5-IMC chez l’homme que chez la femme (p<0.0001).

La question que posent ces études statistiques, c'est que le poids n'est pas forcément la cause, il peut être simplement le signe d'une insuffisance de certaines hormones comme la testostérone par exemple ou de mauvaises conditions de vie.

- Cancer de la prostate : un vaccin expérimental
Le Figaro, Le Parisien

La revue Cancer Research publie les résultats très intéressants de chercheurs du Norris Comprehensive Cancer Center (Californie, Etats-Unis), montrant pour la première fois que le développement du cancer de la prostate chez la souris peut être inhibé par une vaccination spécifique.

L'équipe du Pr Martin Kast a fabriqué un vaccin capable de produire une réponse immunitaire contre un antigène de cellule-souche prostatique (PSCA), une protéine de membrane surexprimée dans un tiers des cancers de la prostate débutant et dans toutes les tumeurs prostatiques lorsqu'elles grossissent.

Ce vaccin (une primo-vaccination suivie d'un rappel 2 semaines plus tard) a été testé chez des souris âgées de 8 semaines et génétiquement modifiées de manière à développer un cancer de la prostate.

Les résultats sont très encourageants. Seulement 2 des 20 souris ayant été vaccinées ont eu un cancer de la prostate à la fin de leur première année de vie. En comparaison, toutes les souris non vaccinées sont mortes de cette maladie.

Selon les auteurs, cette vaccination pourrait s’appliquer aux hommes qui auraient des marqueurs du cancer de la prostate en augmentation sans autre signe et à qui l'on ne peut souvent que proposer une surveillance passive ou une thérapeutique plus agressive.

- Pourquoi la fumée tue

Dans l’édition de mars 2008 du Journal de la Société américaine de biologie expérimentale (FASEB), les chercheurs de l’Université de Californie affirment avoir identifié le principal coupable : le péroxyde d’hydrogène, plus connu sous le nom d’eau oxygénée.

Le péroxyde d’hydrogène est un composé fortement réactif avec de puissantes propriétés oxydatives et réductrices qui peuvent causer d’importants dommages aux tissus vivants.

Il semble bien douteux que ce soit le seul agent cancérigène, la fragilisation de la protéine "suppresseur de tumeur" P53 par le Benzo-a-pyrène ayant été mis en cause depuis longtemps.

- Analyser notre haleine avec un laser

Les techniques de spectroscopie par laser pourraient déceler asthme ou cancers rien qu'en analysant notre haleine.

- Un piège à cellules souches et cellules cancéreuses

Ce sont des microtubes en plastique recouverts de protéines qui capturent cellules souches et cellules cancéreuses.

- Des nanoémulsions antibiotiques contre le SIDA

Cette fois ce sont des nanoémulsions lipidiques qui pourraient vacciner contre la grippe mais des expériences sur des souris montrent qu'elles seraient efficaces aussi contre le SIDA. Les essais sur l'homme ne sont pas pour demain mais il y a déjà des projets d'utilisation dans les élevages de poulets :

- Des nanoparticules dans le poulet

Des chercheurs envisagent de donner à des poules une nouvelle sorte d'antibiotiques : des nanoparticules disposant à leur surface de récepteurs permettant de capturer toutes sortes d'agents pathogènes puis s'agglomérant entre elles avant d'être expulsées du corps. C'est pour l'instant à confirmer aussi bien au niveau de l'efficacité que de l'innocuité pour la poule comme pour l'homme.

- Nanoparticules : risques pour la santé et l'environnement

Ces nanoparticules ne sont pas forcément des produits des nanotechnologies, étant pour l'instant de simples produits chimiques dont les nanotechnologies ne font que montrer la dangerosité potentielle.

Corollaires du développement des nanotechnologies, les nanoparticules s'infiltrent de manière inédite dans les organismes vivants, dont le corps humain, obligeant à revoir les mesures de prévention sanitaires pour les professionnels, voire les consommateurs, ont expliqué jeudi des experts.

Les professionnels participant à l'élaboration ou la production de ces nouveaux matériaux, qui devraient être deux millions avant 2015, sont les plus exposés à l'inhalation de ces particules présentant au moins deux dimensions sur trois inférieures à cent nanomètres, soit un dix-millième de millimètre.

Avec des propriétés chimiques très diverses, les nanoparticules ont pour trait commun d'avoir une très faible masse mais d'occuper une surface proportionnellement considérable.

"Plus la matière est coupée en petits morceaux, plus elle est réactive et donc dangereuse", a prévenu Daniel Bloch, médecin du travail au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), au cours d'une conférence de presse à Paris de l'Observatoire des micro et nanotechnologies (OMNT), une structure de recherche commune au CEA et au CNRS.

Le principe est le même que "quand vous faites un plat en sauce et que vous mettez un oignon, vous l'émincez pour donner plus de goût", a expliqué M. Bloch.

Dans l'industrie, l'exposition aux poussières est traditionnellement mesurée à l'aide de la masse des particules, mais concernant les nanomatériaux, "la surface sera probablement un paramètre plus pertinent que la masse", a estimé ce spécialiste.

Selon M. Bloch, "les valeurs limites d'exposition professionnelle pourraient s'avérer trop élevées s'agissant des aérosols de nanoparticules". Heureusement, des moyens existent pour éviter l'exposition, les dispositifs efficaces pour les gaz l'étant aussi pour les nanoparticules.

Plus de 550 produits contenant ces nouvelles matières sont aujourd'hui commercialisés, un chiffre en rapide augmentation. Les substances les plus couramment utilisées sont l'oxyde de titane et l'oxyde de silice pour les crèmes corporelles.

"Le franchissement de la barrière cutanée ne se fait pas quand la peau est saine, mais elle est possible en cas de coup de soleil, par exemple", rappelle Francelyne Marano, directrice du laboratoire de cytophysiologie et toxicologie cellulaire de l'Université de Paris 7.

Certaines matières sont également utilisées dans l'alimentation, comme la silice colloïdale qui entre dans la composition du chocolat en poudre pour éviter la formation de grumeaux.

La capacité des nouveaux matériaux à passer des poumons dans le sang puis dans d'autres organes reste encore mal connue, souligne Mme Marano. Mais l'inquiétude est là car "on retrouve le type de conformation de l'amiante chez les nanotubes".

Et il semble établi que les nanoparticules peuvent provoquer à des concentrations élevées un stress oxydant, donc des inflammations.

Dans la nature, elles "peuvent transporter par gramme de grandes quantités de contaminants connus" tels l'arsenic ou les pesticides, a expliqué de son côté Jean-Yves Bottero, directeur du Centre européen de géosciences de l'environnement (CEREGE) d'Aix-en-Provence.

Par chance, leur impact à court terme est limité par le fait que "les nanoparticules semblent vite bloquées dans leur transfert et restent dans le sol sans atteindre la nappe phréatique", selon ce scientifique.

Mais il se peut qu'on ait "à faible dose, une altération masquée de l'ADN (patrimoine génétique) sur le long terme" et des effets sur la biodiversité.

- Manque de vitamine E et vieillissement

En affinant l’analyse des résultats, un âge supérieur à 81 ans et le taux faible de vitamine E (chez les participants de 70-80 ans) furent identifiés comme les plus forts déterminants du déclin de la fonction physique : respectivement chez 84% et 60% d’entre eux.

- La PI3-kinasedéclencheur de l'immunité innée

Une équipe française vient de découvrir un mécanisme enzymatique activant la réponse immunitaire dite innée. Désormais bien compris, il pourrait être utilisé pour soigner les maladies auto-immunes - où il est trop actif - et certains cancers - où il est peut-être inhibé.

- Autisme et conscience de soi

L'imagerie cérébrale d'adolescents autistes confirme leur manque du sentiment de soi. A noter que les difficultés des rapports humains qui en résulte ne se retrouvant pas dans la réalité virtuelle, celle-ci est le meilleur moyen de les faire progresser.

- L’Afssaps met en garde contre la prescription à des enfants ou des adolescents d’antidépresseurs
Le Parisien, Le Monde

L’Afssaps a lancé hier une mise en garde contre la prescription à des enfants ou des adolescents d’antidépresseurs comme le Prozac ® sans surveillance médicale stricte et sans association avec une psychothérapie.

Pas moins de 10 000 enfants et 30 000 adolescents, soit un cinquième de ceux souffrant de dépression, sont traités chaque année par antidépresseur.

L'Afssaps durcit ses recommandations dans la prise en charge de la dépression.

Outre le risque de comportement suicidaire et agressif déjà mis en évidence, l'Afssaps s'inquiète "des effets délétères de la fluoxétine sur la croissance et la maturation sexuelle, en particulier des atteintes testiculaires irréversibles", apparus lors d'une étude préclinique chez le rat juvénile.

- Déprimante, la quarantaine?

Selon les résultats de sondages menés sur plusieurs décennies, c’est autour de 44 ans que le risque de souffrir de dépression serait le plus élevé, et ce, autant chez les hommes que chez les femmes.

Le bien-être psychologique suivrait une courbe en « U », ont constaté les chercheurs. La vingtaine serait somme toute une période joyeuse. Puis, le bien-être psychologique déclinerait progressivement jusque dans la quarantaine, pour finalement remonter à l’aube de l’âge d’or. À 70 ans, les personnes en bonne santé présenteraient en général un bien-être psychologique comparable à celui des personnes de 20 ans.

- L'antirides Botox inquiète les autorités américaines

Aux Etats-Unis, la toxine botulique, en usage médical à haute dose, aurait provoqué 16 morts. Or, il s'agit du principe actif du Botox et d'autres produits commerciaux utilisés comme antirides. Aucun accident n'est survenu après une utilisation en cosmétique, donc à faible dose, et cette molécule n'a pas été interdite par les autorités, qui ne valident d'ailleurs pas les chiffres d'accidents mortels. Mais ces antirides sont désormais, officiellement, sous surveillance...


- Remplacer les prothèses par de l’os

Une nouvelle technique combinant l’ablation de la moelle osseuse et l’injection d’une hormone déclenche la formation accélérée de tissu osseux. Cette méthode expérimentale pourrait être une alternative à la chirurgie prothétique en cas de fracture.


- Nouvel espoir dans le traitement de la perte de vision

Des scientifiques ont remporté une importante bataille dans la lutte contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une affection oculaire pouvant causer la cécité et qui touche des millions de personnes. Une équipe internationale de chercheurs, sous la direction du CHU Sainte-Justine et de l'Université de Montréal, a mis au jour le récepteur défectueux responsable de la DMLA de type sec.


- Des yeux artificiels pour les non-voyants

Le système est constitué d'un paire de lunettes de soleil embarquant des caméras filmant des images de ce qui se trouve devant le sujet, d'un appareil électronique les convertissant en signal numérique et d'un jeu d'électrodes de 4 mm2 implanté dans l'oeil pour stimuler le nerf optique. Selon le vice-président de Nidek, Motoki OZAWA, "Lorsque le signal atteint le cerveau, le patient voit à nouveau". C'est partiellement vrai, car ce que le sujet est capable de voir dépend du nombre d'électrodes utilisées. En effet chaque électrode est assimilable à 1 pixel en photo numérique. La deuxième génération du système Nidek, comportant neuf électrodes et utilisée en 2005 à l'université d'Osaka dans une expérience, a montré que les patients équipés étaient capables de voir la lumière.

Une opération chirurgicale est prévue cette année à l'université d'Osaka pour implanter les 49 électrodes de la troisième génération du système Nidek dans l'oeil d'un patient, avec pour objectif, cette fois-ci, de dépasser le stade de simple lumière en améliorant l'efficacité du dispositif. Le système de Nidek ne fonctionne que sur les personnes dont la rétine a perdu sa fonction de transformation des signaux lumineux en influx électriques à cause d'un diabète par exemple.

- Mesurer son glucose sans se piquer

Au lieu de devoir se piquer le doigt pour analyser le taux de glucose dans le sang, ce système détermine le taux de glucose électromagnétiquement, ce qui est un grand progrès pour les diabétiques.

- Les édulcorants pourraient faire grossir

Lorsqu’il capte le goût du sucre, le système digestif se prépare à ingérer des calories, expliquent les chercheurs. Or, les édulcorants inciteraient l’organisme à manger davantage pour compenser l’absence de calories.

- Les maladies émergentes bactériennes
Le Figaro 25.02

Kate Jones, de l’Institut de zoologie de Londres (Royaume-Uni), a décortiqué les données concernant 335 maladies émergentes pour la période allant de 1940 à 2004.

Les chercheurs ont pu monter que, contrairement à ce que l’on croyait jusque-là, plus de la moitié des vecteurs pathogènes sont des bactéries ou des rickettsies (des parasites présents chez les arthropodes), et que les virus ou prions ne sont à l’origine que d’un quart des maladies, le reste étant constitué de protozoaires, des vers et des champignons.

Les maladies émergentes ont connu un pic au cours des années 1980 et la majorité d’entre elles (60 %) sont des maladies zoonoses, transmises par les animaux sauvages.

Même si la courbe cesse de grimper aujourd’hui, elles ont quasiment quadruplé durant 50 ans. Ce pic serait dû, selon les auteurs, à l’apparition du sida, qui a frappé et fragilisé un grand nombre de personnes.

Il existe deux grands milieux favorables à l’émergence de nouveaux pathogènes pour l’homme : les pays tropicaux en développement et les pays riches, où l’utilisation massive des antibiotiques a favorisé l’apparition de souches bactériennes résistantes.

- Le site moteur-de-recherche-medical.org

Un site dédié aux recherches médicales, privilégiant les sources sûres.

Technologie


biotechnologies, énergie, nanotechnologies, robotique, informatique, économie

- OGM : Un papillon fait de la résistance

La vision idyllique de la nature selon les promoteurs d’OGM serait-elle en train de s’effondrer ? Une petite noctuelle, contre laquelle le coton transgénique produit son propre insecticide, vient de développer une résistance à cette toxine.

Pour fonctionner, le principe des zones refuges devrait concerner des zones très vastes. Selon Bruce Tabashnik, le taux de résistance devrait être nul d’ici dix ans en Caroline du Sud, où le pourcentage des zones non-OGM atteint 82 %. Mais cela vaut-il encore la peine de dépenser des sommes astronomiques pour mettre au point des organismes génétiquement modifiés, qui rencontrent de plus en plus d’opposition parmi le consommateur, pour ensemencer seulement 18 % des cultures ?

En corollaire, on peut se demander si beaucoup d’agriculteurs accepteront de consacrer la majorité de leurs terres à la culture de coton destiné exclusivement à nourrir des larves affamées de Helicoverpa zea

- Des algues génétiquement modifiés produisent du pétrole avec du sucre au coût actuel du fuel

- Hercules : un laser surpuissant

C'est sans doute la nouvelle la plus importante du mois car "l'amplification par dérive de fréquences" pouvant produire "vingt mille milliards de milliards" de watts (!) ouvre de multiples perspectives pour la recherche fondamentale tout comme pour la fusion contrôlée mais un des enseignements qu'on peut en tirer c'est qu'on pourrait réduire radicalement la dépense d'énergie de certaines applications en la concentrant sur des impulsions extrêmement brèves, une des voies possible de l'énergie intelligente.

Des chercheurs de l’Université de Ann Arbor, dans le Michigan, et de l’école Polytechnique, viennent d’atteindre avec un laser une puissance équivalente à celle de l’énergie du Soleil reçue par la Terre...

Prenez 300 fois la puissance électrique produite par les Etats-Unis et concentrez-la avec un faisceau laser sur un grain de sable, c’est la performance que vient d’atteindre une équipe de chercheurs internationaux : un record mondial. Cela semble impossible mais, en réalité, la quantité d’énergie mise en jeu est faible. En revanche, ce qui ne l’est pas, c’est la brièveté de l’impulsion laser mise en jeu : 30 femtosecondes !

- Abou Dhabi construit la première cité sans émission de co2

Le riche émirat pétrolier d'Abou Dhabi a commencé dimanche la construction de la première cité au monde prévue pour fonctionner avec un niveau zéro d'émission de gaz carbonique, a déclaré un porte-parole du projet.

"La construction de Masdar City commence aujourd'hui", a-t-il dit, évoquant le projet qui s'étendra sur 6,5 Km2, coutera 22 milliards de dollars et doit être achevé en 2015.

Masdar City, qui signifie "source" en arabe, fonctionnera exclusivement au moyen d'énergies renouvelables, dont l'énergie solaire, une ressource constante dans le désert de l'émirat.

Ses 50.000 habitants circuleront en utilisant des tramways et une série d'autres moyens de transport automatiques.

- L'avion hypersonique A2 : deux fois plus rapide que le Concorde !

Depuis quatre ans, une entreprise britannique planche sur un cahier des charges ambitieux : relier l'Europe à l'Australie en quatre heures avec un avion de ligne. Financé en partie par l'Esa, ce projet vient d'aboutir à un concept réalisable. Il ne reste qu'à le fabriquer. Rendez-vous dans 25 ans...

- Le solaire thermique n'a pas dit son dernier mot...

Un projet de centrale thermique solaire en Arizona devrait produire 280 MegaWatts en chauffant l'eau à 400°C. L'avantage, c'est que, dans l'état actuel des techniques, la chaleur se stocke plus facilement et à un coût bien inférieur à l'électricité.


- Augmentation de 30% du rendement de l'électrolyse

La société QuantumSphere, Inc. (QSI) produit des électrodes recouvertes de nanoparticules de Nickel-Fer qui augmentent la production d'hydrogène par électrolyse de 30% ! De plus ces électrodes bon marché pourraient permettre de se passer de platine dans les piles à combustibles faisant chuter radicalement les prix.

- 9 litres d'hydrogène dans une boîte d'allumettes

L'hydrogène est stocké dans un réservoir en aluminium sous forme de particules d'aluminium hydrogéné, molécule développée par le groupe de recherche. Lorsqu'il est chauffé à 80°C le composé relâche de l'hydrogène sous forme de gaz. Expérimentalement, on a pu extraire 9,3 litres d'hydrogène d'un réservoir mesurant 4 cm x 6 cm et d'une épaisseur de 5,5 mm. Ceci représente une contenance supérieure de 43% par rapport à l'alliage lanthane-nickel (LaNi5) habituellement utilisé pour le stockage de l'hydrogène. Le groupe espère améliorer les propriétés du système afin que l'aluminium hydrogéné libère le gaz à 60°C, ce qui permettrait une utilisation directe de la chaleur rejetée par les appareils électroniques et donc une alimentation par piles à combustible d'instruments portables comme les téléphones ou les ordinateurs. Une fois que l'hydrogène a été libéré, il ne reste plus que de l'aluminium. Ce processus étant irréversible, les réservoirs seraient employés comme des cartouches à utilisation unique. La mise en application de la technologie se fera au plus tôt dans trois ans.

A volume égal, cette méthode permettrait de stocker 3,6 fois plus d'hydrogène que des bonbonnes pressurisées à 35 MPa. La distance parcourue pourra alors atteindre les 650 km pour un réservoir de 90 litres qui ne pèserait que 100 kg, à la place de 220 kg actuellement.

- Des vêtements qui produisent de l'électricité

Ces nanofils dorés d'oxyde de zinc (jaune), chacun d'environ 3,5 micromètres de hauteur, sont cultivés sur une fibre de polymère souple. Le frottement des nanofils plaqués or contre des nanofils non traités (en vert) génére du courant. Utilisés dans des fibres textiles, ils pourraient permettre de convertir les mouvements du corps en courant électrique.

- Des vêtements auto-nettoyants

En fait, cette fois il faut recouvrir les fibres (laine, coton, etc.) avec des nanocristaux de dioxyde de titane. Ensuite il suffit d'exposer les fibres au soleil pour qu'elles brûlent la saleté et s'en débarrassent mais il faut 20h de soleil pour éliminer des tâches de vin !

- L'adhésif inspiré du gecko : on y est presque !

Des chercheurs de l’Université de Berkeley ont fait un pas de plus vers la maîtrise du pouvoir d’adhérence des geckos. En utilisant des microfibres en polypropylène, ils sont parvenus à reproduire les étonnantes capacités de ces petits lézards grimpeurs. Pour le moment, l'exploit n'est réalisé que sur des surfaces propres et lisses, mais ce n'est qu'un début...

Ainsi, deux centimètres carrés d’un tel matériau suffisent à supporter 400 grammes, mais il est possible de les décoller facilement d’une paroi lisse et propre. De plus, et comme dans le cas des geckos, il ne reste aucun résidu sur la paroi après le décollement.

Toutefois, le gecko conserve sa supériorité. Pour l'égaler, il faudrait que les fibres soient auto-nettoyantes, et surtout, que l'adhérence puisse être suffisante sur des surfaces rugueuses : ce n’est pas le cas actuellement.

- Du caoutchouc qui se répare tout seul

Des chercheurs français ont mis au point un matériau capable de s’auto-réparer après avoir été coupé ou déchiré, par simple remise en contact des morceaux à température ambiante.

La matière se compose de molécules organiques, des acides gras, issues de plantes (maïs, colza, pin et tournesol) qui s’assemblent en réseau supramoléculaires et maintiennent leur cohésion grâce à des liaisons hydrogène. A température ambiante le matériau se comporte comme du caoutchouc : il est mou et peut subir des déformations de 100 à 500% en retrouvant en suite sa forme originelle. Lorsqu’il est chauffé il fond et peut donc être facilement modelable.

Mais le plus surprenant réside dans sa capacité à se réparer spontanément : après section, les deux parties se recollent dès qu’elle sont remis en contact sans qu’il soit besoin de les chauffer ou d’exercer une forte pression. Une fois reconstitué, le caoutchouc retrouve ses propriétés et peut à nouveau être coupé sans dommages.

- Record : un tapis de nanotubes de carbone d'un mètre sur deux

- Un transistor en nanotube de carbone

On en parlait, c'est fait : une radio à base de nanotubes de carbone ouvrant à une nouvelle électronique sans silicium.

- Progrès d'IBM dans la manipulation atome par atome

En 1989, des chercheurs d’IBM étaient déjà parvenus à manipuler les atomes individuellement, écrivant avec 35 d'entre eux le nom de leur compagnie. Aujourd’hui, ils ont réussi à évaluer précisément la valeur de la force nécessaire.

- Un téléphone élastique !

Les ingénieurs du Nokia Research Center (NRC), en collaboration avec le Centre de Nanoscience de Cambridge (Royaume-Uni), viennent de lancer une exposition illustrant les possibilités des nanotechnologies dans un futur proche. Un téléphone portable baptisé Morph, qui n’existe pas encore, sert de démonstrateur pour les incroyables perspectives ouvertes.

  • transparent, souple, étirable tout en restant résistant,
  • capable de s’autonettoyer,
  • capable de tirer directement une partie, voire la totalité de son énergie du rayonnement solaire,
  • équipé de nanocapteurs surveillant ce qui se passe dans notre environnement immédiat et en particulier notre santé.

- Le circuit le plus économe du monde

Des chercheurs du MIT viennent de présenter un circuit complet, sur une puce, qui ne consomme que 1 microwatt. Généralisables, les procédés mis en œuvre pourraient servir aux téléphones portables et à tous les appareils mobiles, multipliant par dix la durée de vie de la batterie.

- Un petit PC Linux pour 300€

Surtout destiné aux usages publics mais on constate qu'à mesure que les ordinateurs se généralisent, une offre à bas prix se développe depuis l'Asus EeePC.

La société Linutop met en vente la deuxième version de son PC miniature qui tourne sous Linux. Doté cette fois d’une mémoire interne, il permet de faire tourner plusieurs applications à moindre coût.

L’absence de pièces mobiles le rend totalement silencieux et nettement moins gourmand en énergie : 8 watts seulement contre plus de 100 pour un PC classique utilisé de la même façon.

- Amazon Kindle

Il semblerait que cet e-book d'Amazon rencontre un grand succès. Ce qui m'étonne étant donné le prix (400$, plus 10$ par livre téléchargé!).


- Microsoft se lance dans l'interopérabilité

L'éditeur s'engage à diffuser suffisamment d'informations pour que ses concurrents puissent développer des produits compatibles avec les siens. Trente mille pages de documentation, jusque-là payantes, seront disponibles en téléchargement. Les développeurs y trouveront les détails des API (bibliothèques de fonctions) concernant non seulement Vista, le lecteur Windows Media et les logiciels pour serveurs mais aussi la suite Office.

Microsoft s'engage, de plus, à modifier Office pour que les logiciels de cette suite acceptent des formats de fichiers créés par des développeurs indépendants.

Il faut rappeler que Microsoft a subi 2 amendes de la communauté européenne, 497 millions d'Euros en 2004 et 899 millions cette année (pour la période 2006-2007), soit près de 1,4 Milliards d'Euros pour abus de position dominante !

- Microsoft veut racheter Yahoo

Toujours un train de retard ! C'est le signe du déclin de l'ancien modèle (du PC isolé, de son système d'exploitation propriétaire) et qu'on est bien dans un autre monde, celui des réseaux, de la gratuité et de la publicité en ligne.

- Nouvelles présentations pour Google

Google a commencé à expérimenter la possibilité pour l'utilisateur de choisir des présentations différentes pour les résultats (carte, etc.), façon d'éviter qu'ils aillent voir ailleurs mais ces annonces n'ont suscité aucun intérêt dans la presse, comme si la simplicité de Google faisait sa force.


- Diminution du nombre de clics : Google entre-t-il en récession ?

Le titre a chuté de 6% à l'annonce de cette baisse qui peut être en partie causée par la chasse à la fraude mais qui reflète surtout la récession américaine sans aucun doute car les concurrents n'en ont pas profité.

- Fin du bridage du P2P ?

Le gouvernement américain est "favorable, prêt et capable" d'empêcher les opérateurs d'entraver volontairement le trafic de leurs abonnés. C'est ce qu'a affirmé le président de la Commission fédérale des communications (FCC), lors de l'audition de plusieurs dirigeants de Comcast, ce lundi 25 février. Cette audition a été entraînée suite à plusieurs plaintes déposées par des entreprises utilisant légalement les réseaux peer-to-peer, qui se plaignaient de ralentissement de ces réseaux chez Comcast.

- Le e-commerce victime des vols de colis à la Poste

Le développement du e-commerce en France engendrerait de nombreux vols et disparitions de colis à la Poste, indique une enquête de Que Choisir. Selon le magazine, 1,5 million d'objets disparaîtraient chaque année du circuit postal, sur un total de 263 millions de paquets convoyés. Contactée par l'AFP, La Poste "dément formellement" ce chiffre, sans pour autant fournir ses statistiques. L'ex-PTT refuse de communiquer ses chiffres tant que ses concurrents n'auront pas donné les leurs. Selon le loueur de DVD en ligne Locafilm, cité par Que Choisir, près de 10.000 disques disparaîtraient tous les ans, ce qui représente 5 % de son chiffre d'affaires.

- Imprimante 3D

Desktop Factory 3D printer pour 5000$.

The maximum build volume of the initial product will be 5 x 5 x 5 inches. The thickness of each layer is 0.010 inch.

Plus professionnel, et plus cher, que le fab@home du mois dernier, mais encore bien limité en taille.

- La transparence pour interagir avec le monde réel

Le designer Mac Funamizu a publié sur son blog un concept d’objet mobile qui utilise la transparence pour interagir avec le monde réel. Une tablette transparente, de la taille d’un livre de poche, sert d’outil pour regarder le monde et obtenir des informations numériques sur lui. Vous regardez un immeuble et accédez aux informations disponibles sur celui-ci. Vous lisez un journal, surlignez un mot par transparence, et la tablette vous affiche les résultats de votre moteur de recherche préféré sur celui-ci.

- Un casque pour commander un PC par la pensée...

Rien d'extraordinaire, sinon que ce casque devrait être bientôt commercialisé par Emotiv pour 300$. Même si cela ne semble pas marcher très bien, ce n'est qu'un début, mais on butte déjà sur l'inconvénient principal de commander par la pensée, c'est qu'il faut commander à la pensée et s'empêcher de penser à autre chose...

Pour 300 dollars, il sera bientôt possible de commander un ordinateur à la seule force de la pensée, en posant sur sa tête le casque présenté par Emotiv. L'objectif annoncé est de contrôler un jeu vidéo. La performance est louable, mais les possibilités bien limitées...

Lors d'une phase d'apprentissage, l'utilisateur voit défiler une série d'actions proposées par le logiciel système, équivalent d'un pilote de souris ou de joystick. Pour chacune, il doit penser à quelque chose, sans qu'il y ait besoin d'un rapport quelconque avec l'action.

Il suffit de se déconcentrer un peu pour que la commande reste incomprise ou, au contraire, qu'une autre action se déclenche intempestivement. Les commandes sont d'ailleurs plutôt sommaires, se résumant à quelques mouvements.

- WizKid un robot interactif

On dirait un ordinateur, mais c'est un robot qui interagit avec l'enfant (l'écran se tourne vers lui et il suffit de montrer une pochette de disque pour le jouer, etc.).

- Quand le corps humain se transforme en vecteur de données

Un groupe japonais s'apprête à lancer un système qui, en utilisant la conductivité naturelle du corps humain comme mode de transport de données, permettra d'ouvrir des portes ou de franchir des contrôles d'accès sans utiliser de clé ou de carte d'identification.

NTT Microsystem, filiale du géant des télécoms NTT, a conçu des badges d'accès spéciaux qui, glissés dans une poche ou un sac à main, transmettent leur identifiant à des capteurs placés sur les poignées de porte ou sur le sol. Ces derniers sont eux-même reliés à un dispositif de contrôle.

Plus besoin de fouiller partout à la recherche de sa clé ou de sa carte d'accès: un signal d'identification part du badge, transite par le buste, les bras et mains, ou les jambes et pieds de la personne, pour atteindre la poignée de porte ou le plancher. Si l'individu est reconnu, il a la voie libre.

Un médecin pourrait ainsi mesurer la température et le pouls d'un patient simplement en le touchant avec ses mains. Les informations transiteraient par le corps du docteur pour être reçues par des instruments de mesure.

"Si nous parvenons à augmenter les débits, il sera aussi possible d'écouter de la musique en ayant un casque sur les oreilles et le téléphone/baladeur dans la poche, sans aucun fil entre les deux, ou bien de regarder des vidéos avec des lunettes/écran, juste en utilisant le corps comme mode de transmission".

Voir aussi futura-sciences.

- Un nouvelle technique holographique : FINCH

La technique FINCH ou "Fresnel incoherent correlation holography" (b) se distingue de la technique conventionnelle (a) et permet surtout de faire des hologrammes d'objets animés mais elle ne s'applique ici qu'à des microscopes de pointe...

- Les 14 grands défis de l’ingénierie de demain

Selon L’Académie nationale de l’ingénierie américaine (NAE), il faut :

  1. Rendre économique l’énergie solaire
  2. Utiliser la fusion nucléaire
  3. Développer des méthodes de “séquestration du gaz carbonique”
  4. Savoir gérer le cycle de l’azote
  5. Donner accès à l’eau potable pour tous
  6. Restaurer et améliorer l’infrastructure urbaine
  7. Améliorer l’informatique médicale
  8. Créer de meilleurs médicaments (personnalisés)
  9. Arriver à faire la rétro-ingénierie du cerveau
  10. Eviter une catastrophe nucléaire
  11. Sécuriser le réseau
  12. Améliorer la réalité virtuelle
  13. Développer l’apprentissage personnalisé
  14. Créer les outils nécessaires à la découverte scientifique

- 10 Emerging Technologies of 2008

Deux des technologies- les enzymes cellulolytiques et les magnétomètres atomiques - sont les efforts déployés par d'éminents scientifiques pour résoudre des problèmes critiques, tandis que cinq autres - modélisation de la surprise, connectomics, CMOS probabiliste, le "reality mining" (adaptation personnifiée à la réalité?), les applications Web hors ligne - représentent de toutes nouvelles façons de voir les problèmes. Et les trois dernières - transistors en graphène, nanoradio, et alimentation électrique sans fil - sont d'étonnantes prouesses d'ingénieurs qui ont créé quelque chose d'entièrement nouveau.


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21 réflexions au sujet de « Revue des sciences 03/08 »

  1. Il y eut un jour où pour les hommes il n'y avait pas de nature; et nous vivons le crépuscule d'un autre où il n'y en aura plus. A l'origine - pour certains individus et certains pays, elle n'est pas bien lointaine -, il n'y avait pas encore de nature. Nul n'en parlait, parce que l'homme ne s'était pas encore distingué d'elle pour la considérer. Bientôt il n'y aura plus de nature; comme il était autrefois englobé dans le cosmos, l'homme le sera dans l'espace organisé et rationalisé par l'Aménagement du Territoire (écologique ou non). Le même système définit déjà les gestes du travailleur, et ses vacances dans la verdure organisée. La même explication scientifique s'applique à l'esprit ("rien ne vaut l'accès direct au cerveau", se félicitent-ils) et à la matière et les techniques ordonneront l'homme en même temps que son milieu. Ainsi réintégrera-t-il le tout dont il avait prétendu se distinguer. L'heureux hasard sera le résultat du circuit d'intentionnalité de l'entropie mathématisée: l'anachronique mauvaise herbe sera la possibilité excentrique de la volonté de laisser-faire.
    Contre une civilisation qui tend à faire du monde une seule organisation utilitaire (même les lambeaux de nature "sauvage" sous observation derrière les grillages), dont les mouvements sont réglés sur tous les plans par la technique, aucune révolution n'est envisageable, et les vérités ne génèrent que des diaforus aux tristes topiques.
    Les industries reconstitueront ("dépollueront" pour les plus progressistes) nos alpages et sur nos côtes les plages peu ragoûtantes. Mais si un "aménagement du territoire" désintéressé et intelligent s'efforce d'empêcher ce désastre d'une substitution artificielle, il ne pourra le faire qu'au prix d'une organisation raffinée et implacable. Or l'organisation, le calcul, la loi, le contrôle, la police, est l'exacte antithèse de la nature. Sous le prétexte de l'aménager et de la restaurer, nous achèverons de la détruire. Se dessine à l'horizon, à très faible échéance, le terme de cette (dés)évolution dialectique, l'écologie termine de donner la réplique à l'autodestruction dans les pourparlers de la gestion totale. Un monde armé d'une puissance technique sans limites ne peut nous promettre qu'une seule chose: tout ce qui est faisable, rentable ou nécessaire, sera fait sans qu'aucun dispositif réglementaire, aucun comité d'éthique, aucun "scandale" n'y puisse rien.
    Bien sûr, nous aurons les chimères génétiques pour dépolluer nos sols, notre eau, nos esprits, augmenter la productivité de nos culture ou singulariser nos aliments, nous aurons les tablettes de "plancton" ou "d'insectes" au repas, avec les cinq minutes d'eau recyclée pour la douche bimensuelle et un réflexe implanté sous hypnose fera se rétracter de terreur les habitants au seul articulé de "Malthus": le monde atteint la circularité de la gestion totale, le mouvement autophage de la pollution et la dépollution, de la production et du recyclage (ou déproduction, ou reproduction), l'antique alliance de l'identité des contraires - réunis autour d'une totalité organisation: le système totalitaire de la raison; nous en aurons aussi les à-côtés, les faux-pas, qui comme on sait finissent toujours pas constituer le principal.
    Certes les hommes seront bien dans ce monde d'ordinateurs quantiques, de cochons phosphorescents, de chips d'insectes pour les enfants, de téléphones auto-nettoyants, d'anti-dépresseurs qu'on peut prendre toute la vie et qui permettent d'envisager avantageusement le travail sur écran qui les épanouira.
    Le monde de demain ne me regardent plus: à vous Messieurs.

  2. Il y eu: très joliment écrit ! Dommage que ce soit scandé par des fautes d'orthographes ou des etourderies.

    Saut que ça devient un peu alt.suicide.fr dans les milieux écologistes, et c'est partout pareil. Triste...

  3. @ il y eut
    La nécessité du site de Jean Zin réside en grande partie dans sa capacité à susciter chez l'internaute ( chez moi aussi d'ailleurs) une grande diversité de réactions. A 71 ans( déjà) je crains aussi l'entrée dans un monde qui ne serait plus le mien. Mais pour éviter le site "alt.suicide. fr", on peut, entre autres, relire des auteurs de ma jeunesse:
    "Le révolté, au sens éthymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas "
    Albert Camus (L’homme révolté)

  4. Je dois dire que je trouve bien risible une telle fascination de sa propre pensée et la délectation d'une apocalypse introuvable. Si tout cela était simplement possible, on souhaiterait que cela se réalise pour faire la nique à une telle vanité, mais voilà, ce n'est que fantasme. Les choses sont plus compliquées et ne sont pas si horribles que cela. Il y a de véritables problèmes à régler et tous les délires infantilisants de vieux débiles ou de jeunes cons n'y feront rien du tout. Moi non plus le monde de demain ne me concerne plus tellement, l'époque est plutôt aux adieux mais cela ne m'en fait pas mieux goûter cette mauvaise littérature. Je ne déteste rien tant que la facilité et les courtes vues. Trouver la bonne mesure est autrement difficile, exigeant un peu plus de travail et de prise de recul, sinon on nous promet le pire au moins depuis Tocqueville, position si confortable et qui témoigne d'une si grande opinion qu'on a de soi-même...

  5. Mon cher Monsieur, vous maniez l'insulte assurément avec un art délectable de cafés provinciaux. Vous surinterprétez pour trouver dans ma remarque l'annonce d'une apocalypse qu'elle ne contient pas (rassurez-vous ce monde continuera à court et à moyen à fonctionner tout à fait normalement, à aller de mal en pis): libre à vous de donner dans la mauvaise foi et l'art de l'esquive pour masquer l'inconsistance de vos arguments. Ce n'est certes pas un petit philosophe armé de son outil épistémologique et de ses schémas de dépassement hégéliano-marxistes qui sonnera, après plusieurs millions de philosophes, d'analystes, de scientifiques, de penseurs et de poètes, le tocsin devant la vérité enfin découverte; seul dans l'illusion narcissique des adéquations théorétiques de votre doxa avec le monde monde se trouve une telle vanité.
    Quant à vos remarques sur Tocqueville, elles me font rire, car mon petit cerveau ne peut concevoir l'aveuglement nécessaire pour ne pas voir en quoi le monde actuel est déjà une catastrophe bien plus étendue que tout ce que Tocqueville annonçait.
    Vous avez essuyé bien des critiques ces derniers temps, vous en connaîtrez d'autres, la masse figé de vos préconceptions vous rendant inaudible tout autre discours que le vôtre, il faudra que cela se reproduise - si vous acquérez une audience plus savante et moins impressionnable que le public.
    Ma "pensée", comme vous dites, au moins tout autant que la vôtre, est le fruit de longues études dans d'innombrables domaines, à cette différence qu'elle ne se complaît pas à se croire vérité, seulement à indiquer quelque chose; je plains en tout cas cette prétention juvénile à la vérité, marque certaine d'une philosophie restée dans sa préhistoire.

    Le vieux débile salue donc votre philosophie de placard.

  6. Je me fous absolument des critiques et ne cherche pas à me faire aimer de tous les débiles de la terre. La critique n'avance à rien mais qu'une pensée jaillisse, une proposition positive, voilà qui serait passionnant plutôt que ces pensées automatiques, d'un singe dactylographe qui ne sait pas lire mais se chauffe la cervelle et croit qu'il peut juger du monde en débitant une somme de préjugés.

    Les bons sentiments il en coule à flot mais il semble qu'il y ait une prime à la bêtise et qu'il faudrait dire des absurdités, extrêmes si possible, pour être applaudi au nom de notre grandeur d'âme pourvu qu'on ait l'air de condamner ce monde avec sévérité. Ce n'est pas ce qui nous aidera en quoi que ce soit à nous sortir d'affaire.

    Ce monde ne me plaît d'ailleurs pas plus, plutôt pressé d'en sortir. Non seulement je le fuis, vivant en ermite dans un milieu entièrement préservé (bien que entièrement façonné par l'homme), mais je ne supporte pas plus la connerie humaine contre laquelle j'essaie de me battre un peu, tout en sachant que c'est désespéré et qu'il faudrait que je m'abstienne. Si je peux servir à quelque chose, c'est juste à dégonfler ces baudruches tellement politiquement correctes que personne n'ose les mettre en cause.

    Jetez vraiment votre ordinateur plutôt que de changer de pseudo et oubliez-moi, cela vaudra mieux pour tout le monde, personne n'est obligé de me lire (je ne suis rien en effet) ni de se mettre au courant des nouvelles du mois plus ou moins consternantes, les certitudes éternelles devraient se suffire à elles-mêmes !

  7. sinon vraiment pas mal ces micro usines personalisée . j'ai le sentiment que ça permettrait peut être de se passer de la grosse industrie pour pas mal de trucs , et relocaliser tout ça sous la forme d'un petit artisanat , qui a nettement plus de sens . peut être que je suis à côté de la plaque , mais est ce que c'est vraiment moins polluant pour l'environnement ? la taille risque t'elle d'augmenter , et le prix de baisser encore ?

  8. un dernier truc . je trouve assez consternant les commentaires des derniers articles . preuve peut être qu'à défaut d'être une autorité , et c'est tant mieux , jean zin commence à être une figure médiatique avec qui on veut en découdre , ce qui est un peu nul quand on n'est pas vraiment animer du désir de comprendre .

    je sais bien que jean zin ne choisit pas ses interlocuteurs , et qu'il n'a pas vraiment ici ceux qu'il mérite ( où si peu), mais il produit beaucoup et c'est parfois un peu difficile de suivre le rythme . ça n'est pas une raison pour l'insulter . ses écrits sont toujours heureux et décisifs . même si comme la plus part des gens, j'imagine , j'arrive un peu trop tard à tout , et fréquenter ce site demanderait sans doute de s'y mettre à temps plein . je n'exclu pas de tenter l'expérience dès que possible , car il y a certainement moyen de faire une vrai rencontre avec l'hegelomarxisme politisé , dans la veine d'un debord ou d'un gorz .

    mais ce qui me fascine le plus c'est bien qu'il essaye de répondre à l'essentiel et qu'il ne s'en pas encore suicidé , le diable tient bien la cuissons , finalement . bien plus que moi . certainement qu'il n'écrit pas pour les internautes , en général , peut être plus pour les gens du grit , et contre la connerie ambiante . c'est probablement pour cela qu'il ne faut pas trop se sentir viser .

    si ce petit message; que personne ne lira à part jean sans doute , pouvait commencer à en faire réflechir certains , ça serait déjà pas si mal .

  9. C'est moi qui insulte, il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus. Je revendique une certaine brusquerie de la pensée, surtout contre de courageux anonymes, réaction qui a une fonction cognitive de bien me démarquer de mauvaises interprétations et d'en démonter la fascination. On n'écrit jamais que pour ceux qui savent lire, je ne fais pas de propagande, mais ce n'est pas d'hier que je suis bien conscient de l'inutilité de tout cela à court terme au moins, ce qui n'est pas si facile à vivre...

    Sinon les imprimantes 3D économisent au moins le transport, c'est pourquoi elles doivent faire partie de l'arsenal du futur et d'une certaine relocalisation. André Gorz y insistait dans ses derniers textes mais il ne faut pas en attendre de miracles non plus, on n'en est qu'au début.

  10. @Jean

    Merci pour tous ces efforts. Je ne sais pas si vous avez besoin d'encouragements mais en tous cas je vous lis attentivement tout en m'autorisant un point de vue critique en vue d'essayer d'aller plus loin (peu importe si j'échoue ou non). En tous cas personnellement je trouve votre travail nécessaire, d'autant plus que je suis bien trop fainéant pour le faire moi-même (et sans doute pas suffisamment compétent pour atteindre les mêmes résultats).

    J'espère que vous allez continuer même si nous vous énervons (n'est-ce pas un peu normal ?).

  11. Je dois dire que je suis pas mal bluffé par ce que je lis de J Zin, même si ça n'est pas l'effet recherché de sa part, je suppose. Mais cette aptitude à aborder autant de sujets complexes est impressionnante. En ce qui me concerne j'en suis très loin, dur de reconnaitre ses limites, alors qu'on essaye de faire des efforts qui sont d'ailleurs parfois un peu récompensés par la vague impression d'avoir un peu compris quelque chose, même si c'est faible. Pour ce qui est de Hegel, je l'avais un peu lu, après Nietsche. Maintenant que j'habite en Allemagne et que j'en apprends la langue très laborieusement, un jour j'arriverai peut être à lire Hegel dans sa langue.

    Toujours est il que ce blog m'apporte des infos scientifiques pour mon boulot ou en tous cas me stimule l'imagination. Pour ma part, c'est déjà pas mal.

  12. Et que rechercher d'autre si ce n'est de chercher à savoir ? Etonnant de voir un donneur de leçon (il y eu) essayer de détourner les phares vers celui qui n'offre qu'une vision (Jean Zin).

    Merci à vous, Jean, de faire ce que vous faites avec force et détermination. J'espère que votre passage à vide sera de courte durée, car malgré ce que vous pensez, nous avons tous besoin de vous.

    Rien que pour exemple : j'ai vendu un exemplaire de votre livre à une personne, lors du salon Primevère à Lyon, stand des Verts. Elle n'était pas spécialement fan d'écologie, et encore moins de pensée philosophique. Elle a dévoré votre livre, et nous en débattons depuis deux jours par mail. C'est anodin surement, mais c'est pour moi déjà beaucoup. Merci donc pour ce que vous offrez.

  13. Une hirondelle ne fait pas le printemps mais c'est toujours agréable de voir que mon livre n'est pas tombé complètement dans l'oubli. Il est sûr qu'il a bien des défauts, presque illisible sans doute : ce n'est guère qu'un recueil d'articles et au moins celui sur construire une alternative aurait dû être refait. Il y a quand même de la matière et ce ne serait pas mal si on pouvait en reprendre le contenu. Il y aurait bien d'autres recueils d'articles qui pourraient être intéressants mais il fallait commencer par le plus important, qui n'a pas trouvé son public, hélas. L'essentiel n'est pas la condamnation morale comme on le croit trop facilement, c'est de savoir quoi faire, ce qui est loin d'être évident et devrait mobiliser toute notre capacité de critique et de recherche.

    Sinon, mes compétences sont bien fragiles, ce sont celles de la transversalité, dont tout le monde se fout, tout cela ne vaut pas un clou au marché des techniciens. C'est un savoir toujours en position de faiblesse par rapport aux experts et qui ne peut témoigner que de l'étendue de notre ignorance mais qui révèle aussi des résonances entre domaines éloignés et permet de balayer des erreurs déjà rencontrées ailleurs et déjà réfutées. Il ne s'agit que de rendre compte de ses lectures, de situer le savoir à l'extérieur. On n'aboutit pas ainsi à une clôture, une image finie mais plutôt à un système qui se reconfigure sans cesse mais dont les lignes de force sont assez apparentes, en particulier dans l'avancement de la science qui est notre actualité.

    Bien peu peuvent le faire, d'autant que tout est fait pour le décourager mais, il me semble, qu'il faut commencer par le plus difficile, par Hegel, Lacan et l'histoire des religions, après le reste semble si facile à assimiler et sinon on risque de tomber dans un scientisme stérile et dépourvu d'esprit. Bien sûr c'est un travail considérable et de longue haleine, il faut viser loin avec toujours le sentiment de ne pas y arriver, mais ce n'est pas tout-à-fait aussi impossible qu'on le croit, d'autres pourront prendre le relais.

  14. Sans faire l'impasse sur ceux que vous citez je pense qu'on est obligé de commencer un peu par le plaisir, de lire, de réfléchir, de se confronter aux autres. Le goût se travaille comme la matière mais force est de constater que tout le monde ne partage pas celui-ci.

  15. oui c'est ça, on peut pas faire grand chose d'autre à part critiquer et parler quand même :/! On est tous enfermés dans un maillage hyper serré d'obligations.... enfin moi qui vis à Paris ça me parle bien quand on me dit que je suis enfermé dans l'Aménagement du Territoire.

    Dommage que tout ça ait pris un mauvais tournant, il écrivait bien ce type lol.

    Moi ce dont j'ai peur c'est qu'une grande guerre éclate... le monde prend vraiment un mauvais tournant ces temps-ci, avec les USA qui attaquent la Somalie, l'Irak, l'Afghanistan, seraient impliqués dans le bazar d'Amérique du Sud.... Servir de chair à canon en première ligne pour des criminels....

  16. L'année 2008 est effectivement l'année de tous les dangers, cela peut venir de Colombie, d'Iran, de la Chine, impossible à prévoir dans une situation si tendue où le krach se déroule bizarrement au ralenti.

    Sinon, j'aime de moins en moins les littérateurs. Les belles formules sont souvent là pour cacher de mauvais raisonnements et des philosophies vides comme celle de Finkielkraut. Autant faire de la poésie où il n'est pas aussi facile de dire n'importe quoi.

    Enfin, pas la peine de pleurer, la campagne existe encore, ceux qui veulent y vivre peuvent y vivre. Ce qui les retient, c'est sans doute de savoir que leur vie n'y serait pas meilleure et pas forcément moins aliénée. Il ne faut pas confondre notre fantasme de nature avec la réalité, même si par de trop rares moments cela peut valoir toutes les merveilles.

  17. Si seulement il y avait une université dans la campagne pour mon cursus universitaire ! Un joli bâtiment avec un toit végétal lol ! Ensuite j'irai apprendre l'histoire contemporaine aux enfants dans un village perché des Vosges....

    Bon j'arrête de rêver et je vous laisse parler du sujet du topic ^^ !

    ps: on pourrait introduire la campagne dans Paris aussi non des murs de foin sur les champs Elysées 🙂 ?

  18. c'est amusant ce que vous dites sur la transversalité , l'université et la campagne . alors que c'est sans doute un revenu garanti suffisant et inconditionel qui permettra à coup sur de repeupler ce désert , il manque peu de chose pour que ce soit très agréable à vivre ( supportable , si vous préférez). on mise beaucoup sur le tourisme , plus que sur l'agriculture . mais est il inconcevable de voir s'y implanter cette économie de la connaissance ? ( dès lors que le prix du batit y est beaucoup moins cher qu'en ville , qu'on peut pour des raison de place plus facilement y construire des logements sociaux et qu'on commence à y trouver des autoroutes , de l'information . )

    sinon à l'occasion des municipales j'ai rencontré pas mal d'élus locaux dans mon petit canton ( lalinde ) et j'ai commencé à parler de monaies locales . il est possible que je commence assez vite ( si c'est le bon maire qui passe ) à créer un sel sous la forme associative ( pour evoluer progressivement si ça prend vers une monnaie locale gérée par l'intercommunalité ) et un centre de ressoure ( mis en valeur par un petit ciné club et des comité de lectures où on essayera de liberer la parole )et un salon de thé associatif . l'asso que je vais essayer de créer est orientée sur l'éducation populaire ( et mutuelle ) et l'économie sociale et solidaire. dans l'exploration collégiale d'un corpus , dont une grosse partie est constituer de reférences prises sur internet , il y a bien entendu le site du grit et celui de de jean zin . mais je manque un peu d'argument et de force de persuasion pour "vendre"ce projet de monnaie locale, aux élus qui ne seront convaincu que remporter quelques victoires avec ce SEL , et aussi à la population , constituée pour la majorité de pré retraités et de jeunes retraités . cela dit il n'est pas impossible que ça aboutisse , même si j'y crois sans y croire , j'ai déjà fait quelques tentatives qui ont toutes plus ou moins échouées. les préoccupations écologiques des futurs élus sont loin d'être négligeable . ce qui me semble un peu nouveau par rapport aux dernières municipales . même si ils sont loin de s'imaginer qu'il faut tout relocaliser pour avoir une chance d'échapper à la catastrophe climatique .

  19. Si les commentaires de ce site opèrent souvent d'inattendus déplacements, n'est-ce pas du fait de votre propre usage de la transversalité?Ce qui n'est pas commun. Ils ne sont en fin de compte pas plus ineptes que sur bien d'autres sites. C'est du moins ce que pense le vieux débile que je suis, masqué son un pseudo, qui croit toutefois que votre travail apporte beaucoup, et qui continuera à vous suivre avec assiduité . 69.Pierre Chavant

  20. Je ne suis sûrement pas fréquentable, ce n'est pas pour rien que je vis en ermite, mais ce n'est pas un exploit d'être un peu moins inepte qu'ailleurs et je n'ai rien à retirer bien sûr à ce que j'ai cru devoir répondre à un autre. La vérité divise et je brusque mes plus proches tout autant mais ce n'est pas personnel, d'autant plus pour un pseudo virtuel ! Je préférerais bien sûr n'avoir rien à redire et qu'on s'embrasse Folleville mais je désespère et c'est moi qui craque, aussi débile qu'un autre sans doute !

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