Voulez-vous savoir le secret de notre monde globalisé tout comme du passage de la mort à la vie ? Vous verrez que, aussi décevant que cela puisse paraître, ce n'est rien d'autre que l'information !
Encore faut-il comprendre ce qu'est l'information et ce qui l'oppose à l'énergie entropique jusqu'à rendre possible l'écologie aujourd'hui dans sa lutte contre l'entropie galopante de la société industrielle, qu'il ne faut pas confondre avec la société de l'information qui lui succède, modernité réflexive qui commence à peine mais bouscule déjà le monde entier avec fracas. Impossible de l'ignorer qui a fait de nous déjà des hommes nouveaux.
L'entropie n'est pas une loi aussi implacable qu'on le prétend (du moins en dehors de la thermodynamique), la vie est la preuve du contraire. On peut être aussi buté qu'on veut, on doit bien reconnaître que l'information est à la base de la vie (reproduction, réaction, régulation) qui s'oppose assez bien à l'entropie pour avoir réussi à coloniser toute la biosphère et atteindre une complexité inouïe. L'évolution est un processus d'apprentissage et d'organisation (d'outillage, dès les protéines), mémorisé par les gènes, puis le cerveau, puis par l'écriture, enfin par le numérique. L'information n'a rien de magique, elle ne supprime ni l'énergie, ni la matière mais elle en optimise l'usage et permet de s'affranchir localement des forces de désorganisation avec un succès durable.
L'important à comprendre c'est que la logique du vivant, d'une information qui est aussi réaction (différence qui fait la différence), n'a plus grand chose à voir avec la logique des phénomènes physiques, énergétiques ou matériels, du fait de son caractère non-linéaire mais surtout (ré)actif. Le monde de l'esprit prend le dessus sur les forces matérielles, c'est cela l'écologie aussi qui est une activité incessante (réaction informée) au même titre que l'homéostasie du vivant. C'est à cette condition que l'ère de l'information permettra le passage de l'entropie à l'écologie, non que l'entropie disparaîtrait mais parce que les ressources de notre intelligence globale seraient tendues vers la conservation de nos conditions de vie et la reconstitution de notre milieu (passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables, recyclage, relocalisation, etc.). Ce n'est pas gagné, comme notre survie est toujours menacée, cela doit du moins devenir notre objectif commun. Mais revenons au début...
La critique est un art difficile, trop souvent enrégimentée et ramenée à des attaques personnelles. C'est d'autant plus difficile de critiquer quelqu'un qu'on admire et un livre qui non seulement a reçu un très bon accueil mais qu'on peut trouver salutaire dans le contexte actuel. On pourra difficilement être en désaccord sur la plupart des propositions avancées, s'il y a désaccord il portera donc sur le fait qu'il ne suffit pas d'un catalogue de bonnes intentions mais surtout, sur l'ambition trop globalisante et la confusion, revendiquée, des dimensions éthique et politique, avec pour conséquence le rêve insensé d'une conjugaison de réformes économiques, éducatives, réformes de vie et de la pensée, réforme morale enfin dans une métamorphose aussi improbable que finalement effrayante.
On peut s'étonner qu'Olivier Besancenot dise avoir vécu jusqu'ici dans un monde sans révolutions alors qu'il a dû connaître au moins le renversement des régimes communistes et les "révolutions de couleur", sans doute considérées par lui plutôt comme des contre-révolutions puisqu'elles n'étaient que des conversions au capitalo-parlementarisme mais c'est bien l'horizon de la "révolution de jasmin". L'autre hypothèse, rabâchée, celle de la révolution avortée du Caire, ce sont les frères musulmans mis pas pour rien au premier plan. En tout cas, rien ne laisse espérer, dans un cas comme dans l'autre, l'engagement dans un processus révolutionnaire comme en Amérique du sud. Certes, il faut soutenir le renversement des dictatures mais il ne suffit pas de renverser le tyran, il faut voir qui le remplace.


J'avais trouvé intéressant le buzz autour de la proposition d'Eric Cantona de retirer son argent des banques, non que j'aie jamais cru à un véritable bankrun, ni même que ce serait souhaitable, mais parce que le succès médiatique rencontré manifestait une salutaire défiance envers les banques et que cela pouvait être une façon d'exprimer notre protestation citoyenne comme de répondre aux réactions déplacées de nos élites.
Paul Jorion est un acteur important de notre conjoncture, d'une façon qui peut faire penser au rôle d'Etienne Chouard lors du referendum sur la constitution européenne pour sa place sur internet, bien que ce soit très différent. Il porte, en particulier, l'interdiction des paris sur les prix afin de limiter la volatilité spéculative et ne pas confondre la finance avec un casino. Rien de révolutionnaire là-dedans, juste de très nécessaire. Nous sommes assez proches dans l'analyse de la crise (bien que je donne plus d'importance au retour de l'inflation) mais je ne suis pas aveuglement pour autant toutes ses propositions qui sont d'ailleurs assez loin des miennes. Cela ne m'empêche pas de lire régulièrement son
On peut prendre pour une provocation de parler d'optimisme de la raison au moment de la montée de tous les périls, pourtant c'est justement dans ces moments qu'il ne faut pas céder à la panique mais préparer les "lendemains qui chantent", car les beaux jours reviendront même si beaucoup en doutent. On peut dire qu'on en voit déjà les premières lueurs, un peu comme les premiers résistants annonçaient la libération au coeur de la nuit nazie.
On ne peut séparer l'écologie du social, comme le voudrait l'écologie libérale, pas plus qu'on ne peut séparer l'homme de son milieu. Ce sont bien les effets désastreux sur notre qualité de vie et notre santé qui nous alertent sur les problèmes écologiques, cependant les causes sont le plus souvent du côté de la production, des procédés et substances employées mais aussi du travail lui-même, responsable en grande partie de la dégradation de nos conditions de vie car s'il est avéré que "le travail, c'est la santé" quand c'est un travail valorisant, c'est loin d'être toujours le cas.
Le mouvement actuel semble dans une impasse. On ne voit pas quels pourraient être ses débouchés, comment on pourrait obtenir le retrait de la réforme une fois celle-ci votée (sauf à passer par une véritable grève générale). On n'est pas dans la même situation qu'avec le CPE, la question des retraites et donc de notre avenir ne peut être mise sous le tapis, mais c'est peut-être justement la chance que la mobilisation dure et se radicalise, même s'il va très certainement y avoir un reflux très important en terme de nombre. De quoi donner le temps de s'organiser et de gagner en consistance, d'élaborer des propositions alternatives majoritaires puisqu'à partir des retraites, c'est bien le travail tout au long de la vie qui est en cause ainsi que les 30 prochaines années sur lesquelles il faut se projeter alors que tout a changé autour de nous.

Il y a des signes d'une rechute imminente, notamment aux Etats-Unis, et il n'y a rien de bon à en attendre. Alors que ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité voulaient se persuader, étant donné son ampleur, que cette crise systémique serait la dernière du capitalisme, force est de constater que les affaires continuent, aussi bien les scandales politico-financiers que les spéculations financières. Si la situation s'aggrave, on peut dire que c'est sur tous les plans !

Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une
C'est un livre important et très étonnant, surtout dans le contexte actuel, en ce qu'il commence par célébrer le triomphe de la finance, contre l'évidence du présent désastre, mais l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail. A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse la plus grande part aux marchés et aux ONG...
Ce qu'on va examiner ici, c'est en quoi il faut passer par l'aggravation de la crise qui n'est pas contingente mais inévitable car elle opère une simplification de la réalité nécessaire à la décision politique, pour déboucher ensuite sur une complexification des modèles, un peu plus robustes mais qui ne pourront jamais prévoir l'imprévisible dans leur confrontation au réel (et qui peuvent même nous mener au pire à mesure qu'ils paraissent plus infaillibles). C'est la condition post-moderne de l'action dans un monde incertain et qui doit prendre en compte ses conséquences négatives.
La situation semble complètement absurde où les gouvernements se retournent contre leur peuple et, comme un quelconque FMI jouant les croquemitaines, veulent imposer des politiques ne pouvant qu'aggraver la crise. C'est là qu'on se rend compte que les gouvernements qu'ils soient de droite ou de gauche ne sont que les fondés de pouvoir des marchés financiers, avec une marge de manoeuvre très limitée, démonstration à quel point les élections sont des pièges à cons, ne visant qu'à nous faire accepter le système, nous en faire les complices !
La situation semble complètement bloquée, présageant du pire. Une étincelle suffirait à tout faire exploser et on a du mal à voir comment cela pourrait s'arranger, la montagne de dettes accumulées devant être détruite d'une manière ou d'une autre, le plus probable étant par