Les affaires continuent…

Il y a des signes d'une rechute imminente, notamment aux Etats-Unis, et il n'y a rien de bon à en attendre. Alors que ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité voulaient se persuader, étant donné son ampleur, que cette crise systémique serait la dernière du capitalisme, force est de constater que les affaires continuent, aussi bien les scandales politico-financiers que les spéculations financières. Si la situation s'aggrave, on peut dire que c'est sur tous les plans !

On n'est pas à la fin de l'histoire, on n'a rien vu encore, mais l'ambiance nauséabonde, très années trente, est un sombre présage. Si l'histoire ne se répète pas, ce sont bien les mêmes processus qui sont à l'oeuvre. Le fascisme et la xénophobie sont de nouveau à la mode, ce qui paraissait impensable il y a si peu de temps, alors que le communisme ne s'est pas remis de son effondrement trop récent. On ne peut dire que la situation soit favorable aux "progressistes", ce serait plutôt le moment de rentrer dans une résistance minoritaire, qu'on peut espérer assez forte pour renverser le courant, pas de croire que le capitalisme va s'effondrer tout seul pour nous laisser entrer dans le monde merveilleux de la liberté, de l'égalité et de la fraternité républicaine.

C'est un combat qui n'est jamais gagné d'avance. Il semble même qu'on doit absolument passer par le pire avant de redresser la tête. Il n'y a pas de doute qu'on s'en sortira par une écologie-politique mais qui n'est pas de taille encore, trop perdue dans les brumes, entre pragmatisme, moralisme et utopies, pour réussir à rallier l'opinion et s'opposer au raidissement des situations conflictuelles. Ce n'est pas la gauche qui nous sauvera non plus, ayant perdu toute substance et crédibilité. La révolution il faudra bien la faire nous-mêmes pour changer la classe politique, les institutions et les rapports de production mais ce n'est pas pour tout de suite, ce n'est pas le temps du rêve, seulement celui de la résistance pour nous sortir de ce cauchemar.

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Revue des sciences 08/10

  • Voir l'univers avec des neutrinos
  • La résilience
  • Un univers sans fin ni Big Bang
  • Un univers dans chaque trou noir
  • Sapiens survivant de la grande glaciation
  • L'homme a modifié le climat avant même le néolithique
  • Les virus symbiotiques
  • Une crème solaire qui répare l’ADN endommagé
  • L'Inde prépare une tablette tactile à 35 dollars

etc.

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La débandade de l’avant-garde

Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée. (Une saison en enfer)

Il arrive qu'on se réveille de notre sommeil dogmatique, contemplant avec étonnement nos anciennes croyances. Il parait soudain inimaginable qu'on ait pu donner foi avec tant d'arrogance à pareilles fadaises. Bien sûr, c'était chaque fois pour la bonne cause, et nos trop bonnes intentions qui nous trompaient. Mieux vaut croire à l'impossible que renoncer ! Du coup, ceux qui retrouvent un minimum de lucidité s'imaginent en général qu'il n'y a pas d'autre choix que de passer à l'ennemi, toute honte bue. On en fait même souvent une simple question d'âge !

Cela pose surtout la question de savoir s'il faut obligatoirement être un crétin ou un allumé pour être un activiste, un écologiste, un révolutionnaire, quand il y aurait tant besoin de refaire la révolution pourtant. Pour ma part, c'est contre cette bêtise triomphante que j'essaie de m'élever pour construire un autre discours plus effectif que celui des avant-gardes qui restent engluées dans la religiosité mais il faut bien avouer que le mauvais exemple vient de haut, les plus grands esprits ayant pu s'y laisser prendre à se croire effectivement l'avant-garde de l'humanité et la conscience du monde!

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L’énergie entropique

Avoir des "conceptions personnelles" en sciences, cela veut dire presque toujours qu'on se trompe car on est alors dans le dogme, malgré la certitude d'en avoir une "idée claire et distincte". Ce qu'on croit être logique n'est pas assuré pour autant. Une science comme la physique est là-dessus implacable, détruisant les systèmes les plus convaincants et contredisant les déductions les plus évidentes. Du coup, certains s'en croient autorisés à donner crédit aux divagations les plus folles alors qu'il faudrait tout au contraire coller aux faits, sans trop chercher à les interpréter.

Il n'y a pas à s'offusquer du fait que "la science ne pense pas", c'est ce qu'elle doit faire. Newton refusait de devoir donner une explication pour l'action à distance impliquée par la formule de la gravitation dont il constatait simplement l'exactitude (Hypotheses non fingo). Par rapport à Lorentz et Poincaré, l'apport d'Einstein dans la relativité restreinte se limite presque à l'abandon de l'éther, ou plutôt des hypothèses qu'on se croyait obligé de faire à son sujet, osant simplement faire une lecture littérale de la formule de Lorentz. On peut dire que les sciences nous dépouillent de nos préjugés, qu'elles dé-pensent à mesure qu'elles progressent, et loin de confirmer telle ou telle spiritualité contredisent immanquablement le sens qu'on donne naturellement aux choses d'habiter le langage. Bien sûr, on a besoin quand même de faire des hypothèses et d'élaborer des théories pour avancer, pour expérimenter, pour donner sens aux résultats de l'expérience. La cohérence d'ensemble du "modèle standard" est essentielle même si elle subit des restructurations lors des "révolutions scientifiques". C'est toute la difficulté de cette marche en aveugle par essais-erreurs où la cohérence peut être trompeuse et se dogmatiser même si la compréhension d'ensemble finit toujours par évoluer pour tenir compte des faits malgré les résistances à ce qui est vécu comme une perte de sens. Les hypothèses scientifiques, qui sont en général des mises en relation (en formule), n'ont pas à être des convictions. Ce sont des montages soumis à l'épreuve et qu'on doit abandonner s'ils ne sont pas vérifiés.

Voilà un peu, ce que je vais me permettre, ici, sous le mode plutôt de la fantaisie car je n'ai bien sûr aucune compétence en ces domaines même si j'ai étudié de près la question de l'entropie, mais s'attaquer au premier principe sur lequel tout repose (la conservation de l'énergie) ne peut être pris trop au sérieux. L'hypothèse qui me travaille cependant, c'est qu'on pourrait ramener la conservation de l'énergie à une simple probabilité, certes très grande, ce qui permettrait de l'unifier avec l'entropie.

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Le désir plus que la vie

Ethique vs politique du désir
Toute la raison humaine ne serait rien sans son grain de folie car il faut inévitablement être sa propre dupe de quelque façon, attachés au désir plus qu'à son objet, plus qu'à la vie même. C'est pourquoi nous ne serons jamais sages, tout au plus philo-sophes dans notre quête obstinée de vérité. Nous sommes des chercheurs d'impossible, il n'y a pas d'homme ni de femme qui ne recherche le Graal, le Bonheur, l'Amour, la Vérité jamais possédée ou quelque nom qu'on veuille lui donner. Nous vivons inévitablement dans une course éperdue et l'illusion de l'espérance qui nous projette dans l'au-delà d'un avenir rêvé. L'ensorcellement des mots, leur poésie est bien ce qui nous fait humains et notre désir plus qu'animal, désir de désir et d'y croire avant même d'être désir de l'Autre, du simple fait de notre qualité de parlêtres qui se racontent des histoires et prétendent donner sens au monde.

Nous sommes d'une race future, imaginaire, utopique, non advenue encore, toujours en devenir. Il serait suicidaire pourtant d'en rajouter dans l'utopie comme si on ne devait pas composer avec le réel ni faire le partage entre l'idéal et le possible comme entre l'éthique individuelle et les politiques collectives qui ne sont pas du tout sur le même plan. Maintenir le dualisme est essentiel pour comprendre comment on va du désir à la raison et du non-sens originel à l'histoire du sens. Il n'y a pas continuité entre le privé et le public, pas plus qu'entre les fluctuations microscopiques et la stabilité macroscopique. Il faut faire la part des choses et avancer pas à pas, ne pas vouloir se projeter directement dans les étoiles, d'autant que l'idéal lui-même n'en sort pas indemne. Il n'y a pas que l'ignorance, l'erreur, les préjugés, alors que notre jugement est avant tout brouillé par le désir, par son intentionalité comme par les mots. La vérité qu'on découvre est rarement celle qu'on attendait, qui se heurte aux démentis du réel, nous engageant dans une dialectique implacable qui est la vie même.

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Legalize it

Legalize-It.jpg Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une anthropologie élémentaire. Le volontarisme est ici tout simplement criminel en plus d'être mensonger à s'acharner vainement contre un réel qui lui résiste.

La Californie va organiser un référendum sur la libéralisation de la Marijuana en novembre, ce qui pourrait entamer le diktat américain sur l'absurde répression des fumeurs de cannabis, mais ce n'est pas gagné et quand on voit l'état de guerre que la prohibition provoque au Mexique, il n'y a pas de quoi pavoiser sur nos capacités cognitives. On a l'esprit vraiment borné, en particulier à cause de nos hautes aspirations morales, aussi étonnant cela puisse paraître. C'est bien là qu'on peut constater à quel point l'enfer est pavé de bons sentiments et qu'on peut se faire avoir, en perdre tout sens critique, y perdre nos libertés enfin, pour la bonne cause évidemment...

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Revue des sciences 06/10

  • L'Univers est-il mathématique ?

ou comment nous faire gober n'importe quoi !

  • Le temps n'existe pas
  • Les extra-terrestres nous répondent
  • La neutralisation des déchets nucléaires
  • Des nuages à la demande
  • Les débuts de la vie artificielle
  • La réplication spontanée de l'ADN
  • Des ultrasons comme contraceptif masculin
  • L'eau du robinet en question
  • Les débuts de "la" nanotechnologie
  • Garder ses données chez soi bien qu'accessibles de partout

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L’abeille et l’économiste

L'abeille et l'économiste, Yann Moulier-Boutang, carnetsnord, 2010
C'est un livre important et très étonnant, surtout dans le contexte actuel, en ce qu'il commence par célébrer le triomphe de la finance, contre l'évidence du présent désastre, mais l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail. A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse la plus grande part aux marchés et aux ONG...

La partie prospective n'occupe que les 40 dernières pages, et on peut dire que le livre nous tient en haleine pendant les 200 pages précédentes à nous persuader que la finance a une telle puissance qu'on ne peut rien contre elle, puis que le travail immatériel vivant (cognitif, créatif, social, "caritatif") n'est pas mesurable mais résulte d'une pollinisation de la société non prise en compte, pas plus que les destructions écologiques... C'est au moment où aucun espoir ne pouvait plus subsister que les solutions apparaissent enfin !

Si la crise a eu pour effet de renforcer l'hypothèse d'une sortie du capitalisme, on ne peut dire que sa présentation, aux contours mal assurés, en soit très convaincante. Les mesures préconisées apparaissent bien insuffisantes mais il est indéniable qu'elles semblent s'imposer malgré tout. Il faut sans aucun doute les compléter, ne pas abandonner notamment l'impôt progressif, mais on devrait les ajouter désormais à notre panoplie. C'est ce qui fait la valeur de ce livre qui tient aussi à sa capacité à nous éclairer sur le présent en nous mettant en porte-à-faux par rapport à la vulgate de la crise et une condamnation sans appel de la finance.

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Revue des sciences 05/10

  • De l'harmonie musicale à l'émotion
  • Des requêtes quantiques anonymes
  • L'attraction d'un autre univers ?
  • La matière noire, une "matière miroir"
  • La riposte des climatologues
  • Pas de transformation personnelle chez les animaux
  • Le chaînon manquant
  • Aurions-nous des gènes de Néandertaliens ?
  • Le Prozac contre le cancer
  • Cancers : manger fruits et légumes n'aide pas vraiment
  • Les débuts de "la" nanotechnologie
  • Des supercondensateurs en film mince

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La nature et la vie

L'amour de la nature a plus à voir avec l'amour qu'avec la nature, et donc avec les histoires qu'on se raconte. Dés lors, les conceptions qu'on peut avoir de la nature sont assez inconsistantes bien qu'elles tiennent à nos représentations immédiates, c'est ce qu'on va essayer de montrer.

On a vu, en effet, que la véritable origine n'est pas tant l'origine de la vie ou de l'univers mais l'origine de la parole, de l'énonciation comme de l'apprentissage du langage maternel ! La psychologie et l'épistémologie (la phénoménologie) précèdent les mathématiques, la physique, la biologie, la sociologie et celle-ci détermine en grande part la psychologie, fermant le cercle encyclopédique.

Une fois dépouillée de sa gangue mystique personnifiant la Nature, que peut donc nous en dire la science ? D'abord qu'on doit distinguer en son sein ce qui relève de la physique et de la biologie, non qu'il n'y ait une grande interdépendance entre les deux mais parce que cohabitent deux logiques contradictoires, celle de l'entropie et celle de l'information.

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Retour sur les religions

Au commencement, il y a le récit, l'histoire qu'on se raconte, le langage narratif qui produit toutes sortes de mythes en nous faisant prendre les mots pour les choses, leur prêtant des intentions, personnifiant la nature enfin, tout en nous différenciant des animaux, humanité fragile qui nous coupe déjà de l'origine et toujours à retrouver (par des sacrifices).

Sans même parler des techniques qui nous spécifient et de l'artificialisation de notre milieu, la culture s'oppose nécessairement à la nature dans ses symboles, ceci pour des raisons purement formelles : le signe qui n'est pas simple trace doit se détacher de sa matérialité. Dès lors, on peut dire qu'être au monde, c'est habiter le langage qui impose ses catégories au réel (le signifiant divise). C'est notre monde, celui des structures de parenté, des interdits, des rites et des mythes. Le monde humain, celui du sens, est un monde de forces obscures où nous sommes ensorcelés par des mots. Nous pensons toujours à travers une culture, des préjugés, une conception du monde, le prisme d'une tradition avec ses modes du moment. Il n'y a donc pas d'accès direct à l'être, même à vouloir rétablir et célébrer l'union avec les divinités de la nature. L'attitude "naturelle", c'est de donner un sens à tout mais le sens est hérité en même temps que la langue, valeur qui se veut supérieure à la vie même et qui peut se perdre pourtant par nos transgressions et notre mauvaise foi, nous rejetant de l'humanité, déshonoré, notre parole ayant perdu tout crédit...

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Complexification des modèles et simplification de la réalité

Ouf, on l'a échappé belle. On craignait que la canicule ne dure toute l'année mais l'hiver a été froid avec une activité solaire réduite et il parait que la reprise est là avec de timides créations d'emploi (dues au recensement américain?). Tous nos soucis s'envolent. Même l'inflation des matières premières est considérée un peu vite comme une bonne nouvelle. Car, bien sûr, le réchauffement se poursuit au niveau mondial entraînant la fonte des méthanes marins. Les dettes accumulées sont clairement tout aussi insoutenables, menaçant les Etats maintenant, et le pic pétrolier s'annonce imminent alors que la consommation de la Chine et des pays les plus peuplés explose ! Ces faits massifs ne se font cependant pas tellement sentir dans notre quotidien pour l'instant. Est-ce suffisant pour décréter qu'ils n'existent pas et que tout doit toujours continuer comme avant ?

Ce qu'on va examiner ici, c'est en quoi il faut passer par l'aggravation de la crise qui n'est pas contingente mais inévitable car elle opère une simplification de la réalité nécessaire à la décision politique, pour déboucher ensuite sur une complexification des modèles, un peu plus robustes mais qui ne pourront jamais prévoir l'imprévisible dans leur confrontation au réel (et qui peuvent même nous mener au pire à mesure qu'ils paraissent plus infaillibles). C'est la condition post-moderne de l'action dans un monde incertain et qui doit prendre en compte ses conséquences négatives.

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Revue des sciences 04/10

  • Est-il bon d'interdire le thon ?
  • La solidarité est un facteur de survie
  • Virus marins et climat
  • L'eau sur Mars et la Lune
  • La bombe climatique du méthane amorcée ?
  • Le pic du pétrole
  • Bill Gates dans le nucléaire miniature
  • Des plantes qui se clonent
  • Une nouvelle espèce humaine en Sibérie
  • Lecture des pensées dans l'hippocampe
  • Des moustiques génétiquement modifiés pour nous vacciner
  • La vitamine D protège mieux de la grippe que les anti-viraux
  • L'étiquetage RFID arrive
  • Nouvelles batteries
  • L'énergie de l'environnement

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Le savoir-vivre à l’usage des post-modernes

C'est fou le nombre de gens qui voudraient nous apprendre à vivre, flics, curés, psychologues, éducateurs, philosophes médiatiques, etc. A cette foule innombrable, se joignent désormais quelques pseudo-révolutionnaires pontifiants et surtout les nouveaux écologistes qui nous font la morale et prétendent savoir ce qu'il nous faut : une vie naturelle et même pour certains une écologie mentale, mazette ! D'une certaine façon, on peut dire que cette pression sociale est inévitable mais si « le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard », c'est qu'apprendre à vivre, on ne fait que ça, c'est la vie elle-même et pourquoi il ne peut y avoir de véritable « savoir-vivre » en même temps que ce savoir nous constitue et se construit tout au long de notre existence avec son lot de ruptures, de retournements, de désillusions, de surprises.

Ce serait une terrible régression pour nos libertés de ne pas respecter une stricte laïcité sur ce sujet et, de même que les professeurs n'ont pas à se prendre pour des éducateurs mais à transmettre leur savoir, l'écologie-politique ne peut décider de ce que serait la bonne vie, devant absolument se limiter aux dimensions cognitives et politiques sans pénétrer aucunement dans l'espace privé auquel doit être laissé la plus grande autonomie.

Comme toute séparation, celle du privé et du public reste malgré tout relative et poreuse, ce qui était déjà sensible dans la médecine et ses enjeux biopolitiques mais se manifeste singulièrement de nos jours avec le féminisme ou l'écologie. C'est pourtant cette séparation entre morale et politique qu'on cherchera à maintenir fermement ici en montrant d'abord pourquoi il ne peut y avoir de véritable savoir-vivre (qui serait une vie déjà vécue) malgré ce qui se présente comme tel, puis, on essaiera de démêler dans les préceptes écologistes ce qui relève de la politique et ce qui relève d'un strict moralisme.

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La transition énergétique

On n'a rien vu encore. La crise économique s'aggrave en devenant crise politique mais ce n'est pas notre seul problème, ni peut-être le pire car la crise énergétique va rapidement revenir sur le devant de la scène. En effet, le pic de la production pétrolière pourrait bien être atteint en 2014. Oui, dans 4 ans seulement, vous avez bien lu ! Ces annonces sont toujours sujettes à caution, très dépendantes du niveau des cours, mais justement la retombée de ce qu'on a pris pour une bulle du pétrole (à l'origine de l'écroulement financier) a découragé des investissements qui auraient pu exploiter d'autres sources et, c'est un fait, les capacités actuelles sont à leur maximum. On va donc se trouver avec des risques de pénurie sur une période de plus de 10 ans sans doute. Ce n'est pas la fin du pétrole, bien sûr, encore moins l'apocalypse mais juste le signe de la remontée des prix parallèlement à l'activité économique.

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L’intervention des peuples

La situation semble complètement absurde où les gouvernements se retournent contre leur peuple et, comme un quelconque FMI jouant les croquemitaines, veulent imposer des politiques ne pouvant qu'aggraver la crise. C'est là qu'on se rend compte que les gouvernements qu'ils soient de droite ou de gauche ne sont que les fondés de pouvoir des marchés financiers, avec une marge de manoeuvre très limitée, démonstration à quel point les élections sont des pièges à cons, ne visant qu'à nous faire accepter le système, nous en faire les complices !

On a surtout la démonstration de la nécessité de l'intervention des peuples pour mettre une limite à des logiques devenues folles et dénoncer les dettes accumulées sur notre dos. L'histoire ne se fait pas toute seule même si on ne fait pas ce qu'on veut et qu'on en est à peine les acteurs. Tout phénomène laissé à lui-même va à sa perte selon les lois de l'entropie universelle. Sans notre intervention les bornes seront vite dépassées, de même qu'il faut souvent faire grève pour empêcher les petits chefs de péter les plombs et les cadences de devenir infernales. Notre dignité est de mettre des limites, d'exiger le respect de notre humanité, ne pas être réduit à un chiffre ni un moyen pour des fins qui nous sont étrangères. Les caves se rebiffent quand on pousse le bouchon un peu trop loin ! Ce n'est pas une question de sensibilité ou de caractère mais une nécessité logique.

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