Du revenu garanti aux coopératives municipales

Pour publication, suite au colloque à Montreuil pour un revenu social, les 30 et 31 mars 2012 (où je n'étais pas) j'ai dû fusionner, et améliorer, les deux articles que je leur avais écrit (Un revenu pour travailler et Des coopératives municipales pour des travailleurs autonomes).

Du fait de son inconditionnalité le revenu universel est supposé par la plupart de ses partisans nous « délivrer du travail », le chômage de masse et le travail précaire qui rendent tellement indispensable une garantie de revenu étant confondus avec une « fin du travail » au moins très prématurée. C'est oublier surtout que la caractéristique principale des différents types de « revenu d'existence » consiste à pouvoir le cumuler avec un revenu d'activité afin d'éviter qu'il ne se transforme en « trappe à pauvreté », ce qui en fait donc, tout au contraire, un « revenu pour travailler », permettant simplement d'accéder au travail choisi. Si le revenu garanti peut se comparer à l'abolition de l'esclavage en nous délivrant du travail forcé comme de la subordination salariale, il ne devrait en aucun cas être réduit à l'assistanat alors qu'il constitue une des conditions d'un travail autonome, au moins pour ceux qui sont dépourvus de capital.

En cela, il doit être considéré comme productif, justifiant dés lors un montant supérieur au minimum vital sans qu'on puisse l'assimiler en totalité à une dépense encore moins à une perte sèche, la part non récupérée devant être largement inférieure à 30%. Si le financement doit bien en être assuré, il serait dommageable de l'identifier à un simple coût. Il faut au contraire présenter le revenu garanti comme une ressource pour des capacités inemployées, un investissement comparable à la formation

D'un point de vue écologiste, le revenu garanti est un élément central d'une production alternative en permettant de sortir du productivisme salarial mais aussi en opérant une reconversion de la consommation vers la production par l'accès à un travail qui ne soit pas seulement alimentaire, c'est-à-dire en mettant le travail au coeur de la vie, loin de nous en délivrer pour une vie d'oisiveté. S'il y a libération du travail, c'est à la fois dans le sens d'une libération de la nécessité comme de l'exploitation mais plus encore d'une libération du potentiel qui est en nous, délivré de la rentabilité immédiate.

Bien sûr, il faut avoir du travail une notion plus générale que l'emploi salarié pour devenir "le premier besoin de la vie", comme dit Marx. Si le revenu garanti doit être inconditionnel, c'est pour laisser toute autonomie dans l'emploi de sa vie mais l'autonomie sert à faire ce qu'on pense devoir faire, et notamment valoriser ses compétences. Rien de tout cela ne serait possible cependant à l'ère industrielle. Ce qui non seulement permet mais appelle une garantie du revenu, c'est uniquement notre entrée dans l'ère de l'information transformant profondément le travail avec l'automatisation se substituant au travail de force ou travail forcé au profit de l'autonomie et la motivation d'un travail choisi, tout ce que les machines ne peuvent pas faire et dont l'économie immatérielle a tant besoin mais qui génère également bien plus de précarité que les industries lourdes. Assurer la continuité du revenu devient indispensable pour ne pas perdre le bénéfice de formations de plus en plus longues et tenir compte d'une productivité devenue plus statistique à mesure que le travail devient plus immatériel. C'est évidemment ce qui sera décisif dans le succès économique d'une telle mesure. Le revenu garanti doit être qualifié ici de productif au sens d'une meilleure production et de la préservation sinon de l'optimisation des capacités productives.

Cependant, pour que ce point de vue soit effectif, on ne peut faire du revenu garanti une mesure isolée sans des institutions comme les coopératives municipales démocratisant l'accès au travail autonome et permettant d'assurer localement une véritable production.

- Le travail autonome

La valorisation du travail autonome ne va pas de soi puisque c'est l'opposé de la société salariale défendue par la social-démocratie et les syndicats, et tout aussi éloigné des utopies contraires de la fin du travail. Pour un sociologue comme Luc Boltanski la revendication de l'autonomie dans le travail relèverait d'une « critique artiste » superfétatoire au regard d'une « critique sociale » ne s'intéressant qu'à l'augmentation des salaires (au partage travail/salaire). Les vertus de l'autonomie sont cependant bien réelles dans le règne du vivant comme en économie ou politique et surtout elles s'imposent non par la récupération des tendances libertaires de Mai68, ni pour séduire les cadres, mais à cause d'un travail de plus en plus immatériel et des nouvelles exigences des nouvelles forces productives d'un niveau de compétence, « d'employabilité », en hausse constante. Plus qu'un mauvais penchant d'une humanité indomptée, l'autonomie est une contrainte cognitive dans le vivant comme dans tout système complexe, le travail à l'ère du numérique n'en étant d'une manifestation. Ces nouvelles forces productives entrent en contradiction avec les rapports de production salariaux, produisant de plus en plus de précarité alors même que le travail autonome se trouve jusqu'ici réservé à une élite, soit par le niveau de richesse familiale, soit par le niveau de qualification et de rémunération attendue.

On peut dire qu'on se trouve plutôt dans ce que Alain Ehrenberg ou Marcel Gauchet appellent « l'autonomie subie » et qui peut certes avoir des effets délétères (une liberté qui nous laisse tomber). Il y a malgré tout de bonnes raisons de pousser dans ce sens en essayant de tirer parti de l'opportunité historique de sortir de la société salariale, qui est une société de consommation, pour démocratiser le travail autonome. Cette "libération du travail" est bien ce que les luttes d'émancipation devraient viser après l'échec de la collectivisation des moyens de production, ne remettant pas en cause la subordination salariale, et la déception, sauf rares exceptions durables, des tentatives autogestionnaires ne transformant pas fondamentalement les rapports de production ou vite laminés par la concurrence (et les banques). L'abolition du salariat et d'un travail mesuré par le temps a longtemps été l'objectif final des syndicats. Il aurait dû le rester car c'est l'un des facteurs du productivisme et de la séparation du producteur de son produit. Sortir de l'aliénation salariale n'est pas s'affranchir des contraintes du travail lui-même, c'est accéder au travail autonome et pouvoir produire en dehors du système capitaliste.

Seulement, pour cela, il faut donner les moyens de sortir du salariat à ceux qui le voudraient, d'abord certes par un revenu garanti procurant un minimum d'indépendance financière, mais aussi en les aidant à valoriser leurs compétences et coopérer avec d'autres.

- La production de l'autonomie

Il ne suffit pas de libérer le travail pour que chacun ait accès au travail autonome, d'autant plus que le niveau exigé augmente. Contrairement à l'idéologie dominante comme à celle d'un « homme complet » fantasmé, tout le monde ne sait pas tout faire. Il y a plutôt une diversité de talents qui se complètent et nous rend utiles les uns aux autres. La personne n'est pas une entreprise à elle toute seule, ayant tout au contraire besoin de l'assistance et la coopération des autres. L'autonomie n'est pas un état préalable et naturel, c'est une production sociale permettant de relâcher la pression des nécessités vitales. C'est pour cela qu'on a besoin des institutions du travail autonome afin d'universaliser nos droits, les rendre effectifs pour tous en fournissant les supports sociaux de l'autonomie à ceux qui n'ont pas de capital.

Le revenu garanti constitue à l'évidence pour beaucoup la condition d'un travail autonome et du travail choisi. Pour qu'un travail soit choisi, on ne doit pas y être obligé du tout, condition de la liberté du travail (et de prendre le temps d'élaboration, de formation, d'expérimentation, etc.). Mais s'il est exclu d'obliger quiconque à un travail autonome, cela n'empêche pas de l'encourager, d'en donner les moyens, de le rendre possible et d'y inciter par toutes sortes de mesures. Ce qu'il faut, c'est donner les moyens à chacun de développer ses talents et donc organiser la coopération des travailleurs autonomes ainsi que l'adéquation avec la demande locale. C'est la contrepartie de l'inconditionnalité, non pas d'en restreindre l'universalité mais d'y joindre l'incitation et les moyens de compléter son revenu. Plus d'assistance pour sortir de l'assistance (ce que Amartya Sen appelle le développement humain). On ne peut laisser les gens se débrouiller tout seuls au nom d'une égalité de principe déniant les inégalités réelles.

Ce serait ainsi la fonction des coopératives municipales de fournir, quand c'est possible, les conditions matérielles et humaines du travail autonome les moyens d'exercer son activité, offrant ainsi à tous une alternative au marché du travail et à l'emploi salarié dans une entreprise marchande. Comme le revenu garanti, la finalité de ces coopératives municipales est clairement un objectif de démocratisation puisqu'il s'agit cette fois encore de remplacer les privilèges du capital par des droits sociaux, plus précisément de ne pas laisser les travailleurs autonomes isolés et vulnérables, ni les coopératives sous la coupe des marchés. C'est donc bien une assistance à l'autonomie, le contraire d'un renforcement de la répression sociale et du workfare. La durabilité et la reproduction de ces dispositifs ne dépendent cependant pas tant de nos bonnes intentions que de son caractère productif et de sa capacité plus ou moins grande à relocaliser effectivement l'économie.

- Faire système

Pour être absolument nécessaire, un revenu garanti n'en est pas pour autant suffisant mais doit être complété par d'autres dispositifs afin de s'adapter aux nouvelles conditions de production et procurer les moyens de son autonomie. Il faudrait considérer le revenu garanti non pas comme une revendication isolée et minimaliste mais un nouveau compromis social, un nouveau type de fonctionnement économique, de production et de répartition des revenus basé sur la promotion de l'autonomie dans le travail et des structures coopératives avec des droits sociaux attachés à la personne plutôt qu'à l'entreprise. Il faudrait donc penser le revenu garanti comme un projet cohérent et productif plutôt qu'une revendication ponctuelle et ruineuse. On a vu la complémentarité qui pouvait exister entre revenu garanti et coopératives municipales mais se préoccuper de trouver des débouchés aux compétences locales mène à s'occuper non seulement des revenus et de la production mais aussi de la circulation en dynamisant les échanges locaux par des monnaies locales notamment, les monnaies locales étant l'instrument privilégié de la relocalisation. Par quelque bout qu'on les prenne, on retrouve le triptyque revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales faisant système (distribution, production, circulation).

Comme on le voit bien, colloque après colloque, il n'y a pas du tout d'unité du revenu garanti dont les différentes versions expriment toute une gamme de projets différents peu compatibles entre eux. C'est qu'on ne peut donner sens à un dispositif isolé qui dépend du rôle qu'on lui fait jouer dans l'organisation sociale. Cela peut aller de la simple mesure sociale, d'un palliatif du marché du travail assurant une consommation minimum, jusqu'à l'élément d'un nouveau système de production relocalisé qui change la façon de produire en donnant accès au travail choisi. C'est uniquement grâce à un ensemble de dispositifs faisant système (production, répartition, échange) qu'un revenu garanti permettrait de sortir du capitalisme et passer de la sécurité sociale au développement humain, mais surtout de la consommation à la production, de la valorisation des marchandises à celle des oeuvres (de l'avoir à l'être ou plutôt au faire).

La notion de système reste obscure pour la plupart, notamment de ceux qui se déclarent anti-système sans savoir bien ce qu'on vise ainsi sinon une force mystérieuse, un fonctionnement imposé auquel on ne reconnaît aucune légitimité et qu'on refuse de subir passivement. Il est dommageable que la théorie des systèmes soit à peu près tombée dans l'oubli alors qu'il est crucial de comprendre le fonctionnement d'un système de production pour sortir de l'utopie tout comme d'initiatives isolées. En effet, il faut savoir que le fonctionnement d'un système ne dépend pas de ses éléments (de la bonne volonté individuelle) mais résulte de processus d'ensemble, de circuits qui se bouclent, circuits d'énergies, de matières et d'informations (ou d'argent). Un système forme une totalité où l'ensemble peut être affecté par un événement local, comme une fuite dans un circuit d'eau. Ainsi des événements lointains comme l'inflation provoquée par l'afflux d'or des Amériques à la fin du XVIème siècle, manifestait déjà nos interdépendances. Il a fallu attendre 1758 pour que le Dr Quesnay montre, avec son tableau de l'économie, l'analogie entre les circuits économiques et le système sanguin, reliant les classes sociales et des parties éloignées dans une totalité qui rend les éléments solidaires. On peut considérer que l'apport principal de Marx aura été de montrer que la production était bien organisée en système combinant production, reproduction et circulation, système ayant sa dynamique propre (basée sur le profit et l'investissement) avec ses rapports de production spécifiques (salariat) adaptés à l'organisation productive ainsi qu'à l'état des techniques. Ainsi, le capitalisme s'est différencié du féodalisme aussi bien que d'une économie de prédation comme production déterminée par la circulation (le marché financier), l'investissement industriel et le travail salarié. La plus-value résultant de l'augmentation de productivité par l'investissement capitaliste et produisant de l'argent avec de l'argent par l'intermédiaire du travail salarié constitue ce qu'on appelle une boucle de rétroaction positive. C'est son moteur de croissance introduisant un autre type de contrainte systémique qui s'ajoute aux flux de la théorie des systèmes mais dans tous les cas les systèmes sont des totalités effectives auto-entretenues.

Penser global, c'est penser système, circuits, flux, interdépendances, organisation, division des fonctions, coordination, sans oublier la reproduction assurant sa durabilité. Que production et reproduction fassent inévitablement système pour durer ne signifie pas cependant qu'il n'y aurait qu'un seul système, fût-il dominant ! Il est vital de comprendre le fait que nous faisons partie d'une pluralité de systèmes, totalités effectives qui nous déterminent matériellement plus que nous ne les déterminons mais entre lesquelles on peut jouer. Il n'y a pas d'économie qui ne soit une économie mixte, une économie plurielle où cohabitent au moins économie domestique, publique et marchande. C'est d'ailleurs ce qui a permis au capitalisme de se constituer à partir des villes franches en marge du système féodal comme doit pouvoir se construire aujourd'hui avec la relocalisation un nouveau système alternatif au capitalisme. Comme toute entreprise, un système doit s'auto-entretenir, se boucler sur lui-même, avoir sa dynamique propre sans avoir besoin d'exclure tout autre système de façon totalitaire (comme le voudraient les néolibéraux).

Il faudrait se convaincre aussi qu'on ne construit pas un nouveau système de production par le haut mais par le bas, surtout quand il s'agit de relocalisation, et qu'il n'y a pas d'autres alternatives que cet ancrage dans le local et la démocratie de face à face pour réinsérer l'économie dans le social et le politique. Pour cela on a besoin à la fois d'un revenu garanti, qui permet le travail autonome, de coopératives municipales pour exercer son activité et s'associer à d'autres travailleurs autonomes, de monnaies locales enfin pour assurer plus de débouchés à la production locale sans se fermer à l'extérieur.

- Les coopératives municipales

L’appellation de "coopérative municipale" paraît contradictoire, une coopérative étant normalement la propriété de ceux qui y travaillent. Cela n'a cependant rien de nouveau, il y a toutes sortes de coopératives municipales dans les domaines du bâtiment, de l'agriculture ou du commerce. C'est dans un sens assez différent que Murray Bookchin[1], le théoricien du municipalisme libertaire, en avait repris l'idée puisque son souci premier était de protéger les coopératives ouvrières de la pression concurrentielle en les municipalisant mais aussi d'impliquer la population locale dans leur gestion (sorte de nationalisation plus locale et qui laisserait un fonctionnement coopératif, les décisions financières notamment relevant de la municipalité mais le fonctionnement interne des participants). J'ai simplement rapproché ce dispositif des « ateliers coopératifs »[2] destinés à l'auto-production et dont André Gorz faisait l'un des éléments de la sortie du salariat productiviste. Il avait évoqué, en effet, dans son livre "Misères du présent, richesse du possible" (1997) à la fois le revenu garanti, les monnaies locales et des ateliers coopératifs comme base d'alternatives locales. On peut dire que mon apport se limite à insister sur leur complémentarité (qu'ils font système) et à les avoir communalisés, c'est-à-dire d'en faire une fonction politique, de rendre au politique sa fonction de régulation de l'économie, y compris au niveau local. Cependant, il est bien clair que ce n'est plus l'auto-production qui est visée mais bien le travail autonome, ce qui est très différent.

Il ne faut voir dans ces coopératives municipales qu'un cadre institutionnel pour l'investissement des municipalités dans la production locale et le soutien du travail autonome. Ce n'est pas un modèle prêt à l'emploi avec une structure juridique bien définie entre simple association municipale ouverte à tous les habitants et des Scic (Sociétés coopératives d'intérêt collectif) plus rigides. Sous le nom de "coopérative municipale" on désigne une institution locale financée par la municipalité et regroupant des travailleurs autonomes, dont les formes, les moyens et les objectifs dépendent des besoins locaux et qui seront ce que les gens voudront en faire mais qui consistent généralement à dynamiser les échanges locaux, faciliter les coopérations et donner les moyens d'un travail autonome et du développement humain. Il s'agit bien cependant d'assurer une production locale et beaucoup dépendra de l'efficacité de la mise en relation entre l'offre et la demande, de l'organisation de l'échange et de la valorisation des capacités inutilisées.

Bien sûr, les coopératives municipales n'ont pas vocation à un quelconque monopole local, pas plus que les monnaies locales ne sauraient se substituer aux devises courantes. On se situe bien dans une économie plurielle et ouverte, en offrant simplement une alternative au salariat ou des débouchés locaux à des capacités inemployées. La relocalisation est destinée à équilibrer la globalisation, pas à s'enfermer dans son quartier ou son village ! Peu importe le nom ou la forme, on aura besoin d'institutions plus ou moins équivalentes, liées au territoire et protégées du marché, pour réduire la précarité, permettre le développement des activités autonomes, favoriser les échanges locaux et la coopération des habitants.

Cela peut paraître un peu trop utopique sauf que la coopérative municipale n'est pas le nom d'un modèle d'organisation plus ou moins idéale, c'est le nom de problèmes à résoudre et qui se posent avec acuité, ne pouvant être résolus par l'organisation économique actuelle : questions du travail autonome, de la relocalisation et de la sortie du totalitarisme de marché à l'ère post-industrielle qui est l'ère du numérique et de l'écologie. Il s'agit de sortir du salariat au profit du travail autonome et du travail choisi, ce qui ne signifie pas seulement favoriser la créativité numérique mais tout autant la formation, les services de proximité, les activités artistiques, et même de redonner vie à l'artisanat et à la petite agriculture vivrière. On n'est pas obligé cependant de tout faire en même temps ni dans une structure unique, on peut commencer par un projet plus limité correspondant aux besoins les plus pressants. Ce qui peut contrebalancer des difficultés de mise en œuvre qu'il ne faut pas se cacher, c'est de pouvoir l'expérimenter localement et sans tarder.

Ses formes devraient en être très diversifiées selon les pays, selon qu'on soit en ville ou à la campagne. Les grandes villes constituent d'ailleurs l'enjeu principal puisque cela concerne désormais la majorité de la population mondiale. Il devrait y avoir une grande diversité tout autant à l'intérieur des coopératives municipales puisqu'elles recouvrent plusieurs types d'activités, en fonction des compétences disponibles et des souhaits de chacun, les principaux domaines étant de plus en plus du côté de la santé, du service aux personnes, de l'éducation, la formation, la culture, l'information, l'informatique, le divertissement, le tourisme, etc. Cela suppose différentes structures à chaque fois en fonction du nombre concerné mais on voit facilement qu'il est impossible de comparer ce qui sera fait dans les petites ou grandes villes et selon les lieux. Un des problèmes de structures municipales subventionnant des activités économiques, c'est le risque d'entrer en concurrence déloyale avec des artisans ou entreprises locales, ce qui est une raison pour laquelle les activités couvertes par les coopératives municipales ne seront pas partout les mêmes.

Il est donc difficile d'en donner une représentation plus concrète, en dehors de généralités comme la nécessité de locaux et d'ateliers ainsi que la mise à disposition de services (formation, assistance) procurés en priorité par des coopérateurs. Une fonction importante de la coopérative étant de rapprocher les besoins locaux avec les compétences locales aussi bien dans la constitution d'équipes de production (voire d'entreprises) que dans les échanges locaux (pour lesquels on a besoin aussi d'une monnaie locale), cela nécessite non seulement un site web ergonomique mais aussi une certaine visibilité et des lieux de rencontre ou de rassemblement. Les ateliers peuvent se constituer pour partie au moins sur le modèle des fab labs dédiés à la fabrication personnelle assistée par ordinateur (avec des imprimantes 3D et des découpes laser) encadrés par des coopérateurs. On peut concevoir aussi des ateliers de réparation mais il devrait y avoir surtout des machines plus professionnelles. Il ne s'agit pas de se limiter à l'auto-production et au bricolage bien que cela puisse être une façon d'y intéresser une plus grande partie de la population au début. L'essentiel de l'activité de la coopérative est destinée à produire des revenus et des échanges. On se situe bien dans le cadre d'une valorisation des compétences de chacun.

Il faut signaler enfin la possibilité de s'affranchir de la TVA pour les échanges internes à la coopérative en utilisant une monnaie interne, comme dans les SEL (Systèmes d'Echange Locaux dispensés de TVA). Il ne s'agit pas de s'enfermer pour autant dans des échanges internes. Les coopératives municipales sont destinées à aider les travailleurs autonomes à gagner de l'argent y compris en s'ouvrant à l'extérieur. Il ne faut pas exclure non plus d'avoir des salariés de la coopérative. Elles pourraient servir tout aussi bien de société de portage (comme les CAE, Coopératives d'Activité et d'Emploi), assurant un statut de salarié à des travailleurs autonomes.

Rien n'oblige quelqu'un à quitter la coopérative (ou la société de portage) même si ses affaires marchent bien mais il ne faut pas l'empêcher non plus. Il s'agit d'étendre la liberté dans une économie plurielle, pas de la brider. Dès lors, on peut penser qu'une bonne part de ceux qui auront le mieux réussi voudront s'autonomiser de la coopérative et rejoindre la sphère marchande. Il faut donc s'attendre à ce que la majorité des activités qui restent dégagent un revenu insuffisant ou soient même déficitaires, ce qui implique des subventions municipales en fonction des ressources de la commune même si, en premier lieu, ce sont les activités bénéficiaires de la coopérative qui doivent en assurer le financement.

Tout cela exige l'investissement à la fois de la commune et des habitants, c'est un projet politique ambitieux qui doit être assumé collectivement mais qui peut s'avérer vital en temps de crise. Ce qui compte, ce sont les objectifs de ces coopératives, ce sont ces objectifs qui doivent être validés par les élus (et popularisés auprès des habitants), en premier lieu la relocalisation et la dynamisation de l'économie locale mais aussi son traitement social et l'objectif de développement humain.

Notes

[1] « Les "coopératives appartenant à la municipalité" ne seraient pas des coopératives au sens conventionnel du terme. Elles ne seraient pas des coopératives privées ou des fédérations de coopératives privées. Elles seraient la "propriété" d'une communauté réunie dans une assemblée populaire. Elles opéreraient donc comme partie de la communauté, pas séparément, et elles devraient rendre des comptes à la communauté. Non seulement seraient-elles la "propriété" de la communauté, mais plusieurs de leurs politiques seraient décidées par la communauté en assemblée. Seule l'application pratique de ces politiques serait-elle de la juridiction des coopératives individuelles. », Murray Bookchin, Le municipalisme libertaire, Ecosociété

[2] « Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à, l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. » André Gorz, La sortie du capitalisme a déjà commencé, Ecologica, p40

(Il y a une version plus courte en pdf pour publication)

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34 réflexions au sujet de « Du revenu garanti aux coopératives municipales »

  1. La mise sous tension (désir de profit) du capitalisme explique sa vitalité.
    Pouvez-vous expliciter davantage où est la source d'énergie du tryptique "revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales"?
    Est-ce que le désir d'avoir une place, qui est la souffrance des exclus, contribue à sa force motrice? (cf par exemple "La lutte des places" de V. Gaulejac)

  2. Très bonne question, Monsieur Michel Martin ! Mais encore faut-il préciser que la "tension", en régime capitaliste, ne provient pas seulement du désir de profit. Il faut lui adjoindre le risque des pertes, qui est bien réel.

    A partir de là, une idée serait de "déplacer" l'objet du désir capitaliste, (et donc la compétition afférente), vers un objet d'ordre symbolique : la notoriété, le prestige, l'influence, etc. car cela n'éliminerait pas ce besoin de compétition dont les humains ont terriblement besoin pour occuper leur cerveau survitaminé. Mais bon, j'ai bien conscience qu'il s'agit d'un vœu pieux.

  3. La véritable compétition est avec soi-même, qu'il ne faut pas confondre avec le besoin de reconnaissance ou d'amour. Le présupposé ici, c'est effectivement le désir de valoriser ses compétences et de faire quelque chose de sa vie. Sur l'autre face, c'est l'ennui éprouvé d'une vie d'oisiveté, ce dont l'indemnisation du chômage a pu faire une expérience de masse, chose très nouvelle dans l'histoire et qui prend un tout autre sens à l'ère du numérique.

    La boucle de rétroaction positive est supposée venir du fait d'une motivation devenue indispensable et plus adaptée au travail autonome rendu possible par le revenu garanti et trouvant plus facilement des débouchés grâce à la monnaie locale. La chose ne se démontre pas mais s'expérimente, ce qui pourra me démentir.

    Je ne prétends pas que cela pourrait produire un emballement du même type que le capitalisme, c'est très différent comme l'illustrent les logiciels libres dont il faut avoir compris pourquoi ils s'imposent, sur le modèle des sciences et sans aucun rapport avec une quelconque "valeur-travail", pour des raisons qu'on peut dire cognitives ou plutôt qui relèvent des contraintes du champ numérique, en premier lieu au niveau de la complexité et de la durabilité. Dans le domaine des services et partout où l'on doit mobiliser nos qualités humaines, relationnelles, c'est pour d'autres raisons encore que le travail autonome devrait être considéré comme mieux adapté.

    Il faut bien dire pourtant que si cela allait tellement de soi, il n'y aurait pas besoin de coopératives municipales pour constituer une économie locale, mais les marchés aussi ont besoin d'institutions pour marcher. Il faut croire que les transformations du travail à l'ère du numérique seront plus déterminantes que l'appât du gain mais il ne s'agit pas d'un tout ou rien car on se situe bien dans une économie plurielle d'où le profit ne sera pas absent, simplement moins de monde devrait en dépendre à mesure que plus de monde pourra tirer profit de la possibilité de faire un travail qu'on aime.

    Tout cela me paraît assez improbable, mais les raisons que j'en donne demeurent.

  4. Une des contributions motrices peut aussi venir de l'espace d'émancipation du travail contraint que peut apporter la coopérative municipale. Le fait de pouvoir passer d'un domaine à l'autre peut apporter une respiration très désirable.

  5. Je suis cet échange de près car je suis dans un groupe qui va lancer une monnaie locale et je les bassine depuis un certain temps sur les coopératives municipales alors si l'on pouvait monter ces deux pieds il ne manquerait plus que le revenu garanti....

  6. Un texte de réflexions de Keynes relayé par Olivier Berruyer à propos de l'autosuffisance nationale. Je retiens l'idée de lier plus fortement liberté et responsabilité qui émane de ce texte et qui me semble indispensable à l'existence de tout contrat social effectif.

  7. Il y a beaucoup de bonnes choses dans ce texte mais il est paradoxal de revendiquer l'actualité d'un texte de 1933 insistant justement sur le fait qu'on doit changer de façon de penser avec le temps, et il s'en est passé depuis ! Notre globalisation n'a pas grand chose à voir avec les moyens de communication ou de transport d'alors et nous avons besoin de relocalisation plus que d'auto-suffisance nationale (sauf pour une île ?). Le libre-échangisme débridé que Keynes (ou Polanyi) considérait comme dépassé est pourtant revenu en force avant de provoquer les mêmes dérives. Cela ne peut vouloir dire que d'y voir une analogie avec notre moment historique, le retour d'un cycle nous situant en 1933, ce qui n'a rien d'encourageant car le pire était encore à venir...

  8. très bien je fait tourner et je bois une gorgée à ta santé !! salam le smart man de corn , le gars trop costo trop hors format à la réputation qu'on écorne !! la fièvre carabinée on part à l'assaut du château depuis la pénombre de nos haciendas , et le boom bap mental de nos petits boniments et nos bâtiments , dans la tiédeur de l'été qui s'approche , quand avec nos petites vies de vieille planche pourrie et nos grandes santés, fumeur de joints corsés, l’âme écorchée , sans soin et sans sécu nos dents se décroche : et même que parfois on a la dalle et on crêche sous des porches !! criss cross dans la crasse : quand je sourirais mes dents attraperons un rhume ! en zig zag sur la ligne de crête !!

  9. @Jean Zin :
    Oui, presque tout l'article de Keynes pourrait avoir été écrit aujourd'hui.
    Au travers de l'expérience de l'exception culturelle concernant le cinéma qui consiste à réinjecter des fonds prélevés sur le maillon fort (la distribution) vers le maillon faible (la création) il est possible de percevoir que les cycles concentration/explosion du capitalisme actuel appuyé sur une doctrine libérale n'est pas nécessairement une fatalité.
    Contrairement à la tectonique des plaques sur la quelle nous n'avons aucune prise, il ne faut tout de même pas perdre de vue que l'économie est un système construit. Je partage votre idée que la maillon le plus puissant sur lequel nous avons le plus de prise se situe au niveau local, une petite variation à ce niveau pouvant produire des effets macro considérable (c'est très connu pour les matériaux qu'une petite variation sur les molécules de base conduit à de très grandes modifications de propriétés macroscopiques). Ce niveau recèle probablement une puissance de transformation importante qui peut aussi être pour le pire (les soviets et autres molécules totalitarisantes). Toutefois, tous les niveaux recèlent un potentiel de modification, quand bien même il faut bien admettre notre relative impuissance cognitive et opérationnelle. Mais je crois qu'il est important de ne pas renoncer en fonction de ses moyens.

  10. Il me faut répéter que, bien sûr, il ne faut négliger aucun niveau mais que plus on s'éloigne du local et moins on a de prise sur des masses qui nous dépassent, plus les décisions sont contraintes par les événements. Il faut répéter aussi que ce n'est pas parce que la culture, la société, la civilisation sont par définition des constructions que cela voudrait dire qu'elles sont arbitraires et qu'on pourrait décider d'une toute autre construction (un homme nouveau au sens du communisme aussi bien que du féminisme) ou une société complètement artificielle. Pour rester dans la physique, les fluctuations quantiques n'ont aucun effet sur la structure de la matière qui tient à des effets de masse.

    Bien sûr, celui qui est président peut influer plus que nous sur les choix à faire mais pas tellement. On peut avoir l'impression que l'élection d'Hollande a changé la donne mais ce n'est pas le plus décisif au regard d'une modification des positions en fonction de l'échec patent des politiques de rigueur et des nouveaux équilibres européens et mondiaux qui en résultent. De même, les élections grecques pourraient déclencher des réactions en chaîne mais qui sont déjà inscrites dans les faits. C'est pareil quand un krach se produit (ou une révolution) l'événement déclenchant est souvent anodin et sans véritable importance car la cause réelle du krach, c'est la bulle précédente (ici la bulle du crédit). De même, le mouvement de protestation du Québec est en grande partie dépendant d'un retournement idéologique qui est mondial.

    Comme je l'ai dit après le mouvement des indignés, la révolution mondiale a déjà commencé et il faut en tirer le maximum mais, vraiment, à part participer aux manifestations, il faut prendre la mesure de notre peu d'influence sur le cours du monde malgré tous ceux qui veulent nous persuader du contraire en se révoltant contre notre passivité et nous encourageant à rêver de sauver le monde ou des utopies les plus absurdes. On ne peut que forcer à prendre les mesures qui s'imposent de par les transformations déjà effectives dans la production et les déséquilibres accumulés.

    C'est justement ce que Keynes ne peut pas avoir connu et ce que négligent encore la presque totalité de ceux qui critiquent le système (alors que ceux qui le font marcher sont bien obligés d'en tenir compte). Il faut déterminer sur quelle planète nous sommes venus au monde pour déterminer quelles actions on peut y mener et sur quoi on peut peser (en premier lieu la réduction des inégalités et la défense des plus fragiles au lieu de faire payer la crise aux plus pauvres).

  11. Il faut déterminer sur quelle planète nous sommes venus au monde pour déterminer quelles actions on peut y mener et sur quoi on peut peser (en premier lieu la réduction des inégalités et la défense des plus fragiles au lieu de faire payer la crise aux plus pauvres).
    Bien d'accord et c'est pour cette raison que j'ai trouvée intéressant le mécanisme de l'exception culturelle qui vit plutôt bien de cette redistribution des forts (distributeurs) vers les faibles (créateurs).
    Si on fait le ratio moyen de temps éveillé consacré au travail (comptabilisé) au cours d'une vie, on est surpris du résultat qui avoisine les 10%, ce qui permet de découvrir des marges de manœuvre d'organisation insoupçonnées, alors que son poids politique avoisine plutôt la fourchette haute.

  12. jean zin point FR , un géant au cœur d'enfant , une gribouille amère !! qui nique les poncifs , les amalgames , les contre vérités et les langue de vipères !! et que ceux qui ont dans la bouche un cadavre aillent se laver les dents !! le temps des pirates de l'intelligence et du jeu est enfin venu , mais bien entendu !! une verrue sur la place du village, sous les pavés des plages et sous les plages des pavés , ça viens d'internet de la fume et la biture ça vient de la ure !! bravo à toi Mr jean le gars trop costo , et parfois un colosse, comme moi , mais au pied d'argile ; travailleurs autonomes , travailleurs précaire , un rendez vous à se croiser nous et nos carcasses de paumés errantes sur goudron ou pavé !! et on fout la patate dans la gueule à tous les cerbères , et les salopes dans la brume de l'aurore on les invite à croiser le fer !!

  13. tous à l'hacienda , ivre de ciment et de formol et caché dans les bois , tenue de combat, personne ne nous retrouvera !! et inchalah !! les salauds on les aura !! mais bien entendu !! à l'aurore , ma jouissance et mes freestyles c'est de l'or !! olé !! et qu'on balances nos dernières illusions par dessus le parapet de nos pensées acérée ,: cris, fureurs, fièvres et chuchotements , car parfois l’œil lucide à des relents acides !!

  14. retour à lacan sa belle personne ces beaux habits son belle esprit , le grand man de la ville si indiscipliné et si bien entouré , toujours dans les bons coups !! hélas on a pas eu la rencontre avec castoriadis ( la sagna l'a fait avec guattari ! ) et surtout gorz et debord . c'est l'aventure et la principale intrigue du grand jeu , allons nous arriver à faire danser , réconcilier et faire parler de si vieux macchabées et de si vieilles lunes !! les marxiens débarque tel les petits hommes verts , demandons le maximum du possible et tentons parfois l'improbable pour réussir l'impossible !!!

  15. voilà qui me plaît : nous avançons sobres et sérieux comme des papes (c'est dire) mais dans nos têtes bouillonnent les beaux esprits, les esprits qui nous ont éveillés du moins et oui : tentons l'improbable vipère sur la banquise.

  16. songez aussi que c'est peut être très triste d’avoir 20 ans dans se monde et d'ouvrir la porte qui donne sur le néant où tu deviens un chien errant ! le nihilisme monte avec les jenes générations , il faut aussi prendre soin de la jeunesse : quelles transmission pour les mec barrés , les mecs de ton quartier , les génies qui comatent ma prose et hume le nouvel esprit du monde !! le rap c'est un sous marin dans un tas de fumier !! un rap à la gorge rouge , mais si il y a le rouge , il y a le noire , et 7 , le bordelais qui à cloné B. James , lui le petit skateur de Bayonne !! petit bourgeois mais pas trop mauvais , bobo hard core , c'est parmi les bobo les plus sympathique , ils ne croient en rien : moi je n'y croit plus !! il faut ré allumer les étoile et écouter le bruit de la chouette de minerve ( génération NRV !! c'est dans la rue qu'on tire notre NRJ ) qui hulule au crépuscule !! putain fou pas le roman du réel à la poubelle !! salam mon pote , nos vies dans une capote dans cette époque opaque que bill gates a mis en cloque !!!

  17. , une petite lettre à jean zin POINT FR

    Ô ! dieu fait un cd à ma gloire , les vadérétro satanas et la vérité en guise de port d'arme un diadème sur le macadam , le hic c'est que j'ai en partie perdu cette littérature que tu as enlevé sur gens jean point fr , perdu peut être à jamais !! cela me semblait pas mal sans doute même si comme toujours , je vais trop loin tu es pas le premier à me le dire , trop querelleur , un arsenal dans la tête , je te fais bientôt un envoi postale peut tu me redonner ton adresse postale à corn , impossible de la retrouver ! c'est des petites coupure , qui peut devenir une monnaie locale par apposition d'un autocollant régulièrement , cela me semble au point , un aboutissement dans l'art de se parler et se croiser , et bientôt dans ta boite au lettre les papiers cogiteurs du grand jeu format petite coupure , une monnaie complémentaire fondante et eventuellement tésaurisable , ( c'est de l'art ! ) . bien à toi et bon courage et bonne chance , nique les salles facture et va chialer dans le ccas de ton quartier , nous on s'en tape des critère de ton quartier si la fièvre nous prends n'essaye trop pas de nous en écarter !! amitiés !!

    oui milles pardon j'arraite les copier coller facebbok , le salle bouc versus jean zin point mais l'invite dans la rue à croiser le fer est d'actualité !! salam le smart man de corn !! au plaisir

    mes amitiés !!

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    Message du : 28/05/2012 14:55
    De : "Jean Zin "
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    Sujet : Re: Jean Zin "Du revenu garanti aux coopératives municipales" - Nouveau commentaire

    Salut Yvan,

    Si tu pouvais modérer le nombre de tes commentaires...

    Amitiés

    --
    Jean Zin
    http://jeanzin.fr/

  18. jean zin point fr qui te pose le régulateur d'aboiement !:! bon je vais essayer d'être très calme , un grand calme , un grand jeu sur le net et dans la vraie vie , il faut revenir à Lacan en revenant à jean zinc , bravo le gars trop costo !! le gars de corn à la réputation qu'on écorne , trop hors format mais bien acéré et limité ,, très contenu le numéro est bien au point !! bravo !! c'est pas trop fort en douleur , c’est juste des mots sur les maux , doux calmes acérés , bien affutés , et une bonne couleur sur les douleur , de la bonne éducation populaire ( pas complètement anti contemporaine ! ) , la vrai celle dont , depuis 60 ans on a pas voulu , mais on est là !

  19. inchalah comme en hp sous ho à monpton , inchalah je vais maintenant faire le dos rond et me satisfaire tant bien que mal de ma prise en charge , peut être un grand jeu à l'ECF bordeaux et au CPCT , l'institut à bordeaux de la psychanalyse de la précarité en 5 ou 10 fois vous donner la conviction que votre expérience n'est pas complétement inintéressante , fade et sans saveur , le savoir au bord des lèvre quand mes doigts sur le clavier et la cervelle fume , de bon lyrics écris sous teushi et café noir et putains de fonds de tiroirs , un arsenal dans la tête le braquage est national !! l on ira déféquer sur leur ondes dans les copulations cognitives et des défécations nationales !! tricolore bloc béton , dans l'hacienda du bunker N° 12 , un avertissement à la nation , part millions au précipite la chute , on déchire tout et on active la grande baston pour que de même que pour la Palestine et l’Irak , se soient les financiers qui raquent les salles factures , et les convocations , on esquive les coup bas à couze , où les coqs chantent par dessus les bouze , les blouses blanches s'occupent de moi et m’apportent peut être le flouse avec deux doigts d'alcool de pomme , calmer le feu de tous ces salopes qui nous foutent en rogne !! le flouse pour le grand jeu , un cadeau des mondains pour les gueux , les pouilleux et le grand jeu , mais je n'en parle pas d'avantage , il faut se méfier des grandes oreilles et des envieux ! nous on reste curieux et bienheureux !! avec ou sans euros , pour moi et pour nous quoi !! l’impôt révolutionnaire , qui fait la nique à toutes vipères !! et la patate dans la gueule à tout les cerbères , dans les catacombes de tes songe , wesh le gars de corn !

  20. ok la Vipère t'es un poète, si, si...t'as le flow et t'es porteur de feu comme disait l'autre, l'autre c'est Breton... dans la coopérative municipale il faudra inclure l'art ...comment ? c'est à inventer mais peut-être que les coopératives seront comme la beauté :convulsives ou ne seront pas..mais on commencera sobre et sérieux et dans le territoire de 50 000 habitants néc'essaires pour une économie de face à face ou l'on expérimentera Montpon ne sera pas loin, et Bordeaux non plus d'ailleurs...

  21. Pour ne pas abonder dans votre anti-volontarisme, l'exemple de la réussite de la fête des voisins vous démontre qu'une initiative sans moyen ou presque peut rencontrer le succès, sans pour autant que son auteur se prenne pour Dieu.
    Alors si la fête des voisins a pu ainsi se développer, je ne vois pas pourquoi les coopératives municipales ne le pourraient pas. Est-ce que vous avez essayé de faire connaître les coopératives municipales auprès de l'AMF (Association des Maires de France)?

  22. Non, je n'ai jamais essayé de faire connaître les coopératives municipales mais je ne considère pas que ce serait à moi de le faire.

    Sinon, la fête des voisins, c'est bien mais il n'y a quand même pas de quoi en faire un plat... Il y a bien sûr toujours des initiatives individuelles couronnées de succès mais c'est rare et moins par leur audace ou l'action militante que par leur pertinence à rencontrer une demande sociale. C'est comme le cacerolazos québécois, cela ne prend pas à tout les coups de frapper sur une casserole !

  23. @Jean Zin :
    "Non, je n'ai jamais essayé de faire connaître les coopératives municipales mais je ne considère pas que ce serait à moi de le faire."
    Bon, OK, je tente une action auprès d'une municipalité de "gauche plurielle" de 10000 habitants dont je connais bien quelques élus. Je vous tiens au courant, on verra bien si cette casserole là résonne ou pas!

  24. Un référendum citoyen en Suisse sur un revenu universel de 1650 à 2000 euros (en supprimant les autres prestations sociales).

    http://reflets.info/le-sens-de-leco...

    Il y a bien peu de chances que ça passe mais c'est quand même le signe que l'idée pénètre dans les esprits (il y a aussi la tentative du BIEN de faire inscrire un revenu minimum dans les principes européens).

  25. Une vidéo sur la création d'une monnaie SOL à Toulouse :
    http://vimeo.com/43395372

    Je trouve l'expérience un peu décevante, trop limitée, mais ce qui est intéressant, c'est justement les difficultés rencontrées et la structuration démocratique de l'expérience qui peut servir pour la mise en place d'une coopérative municipale notamment. Pour tirer vraiment parti de ces alternatives, il faut une situation plus désespérée comme en Grèce ou en Espagne...

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