Manifeste pour une écologie-politique

Introduction du livre "L'écologie-politique à l'ère de l'information" (éditions è®e, 128 pages, 11 euros, dans toutes les bonnes librairies à partir du 20 janvier 2006!).
livre
Un spectre hante les cauchemars du monde marchand globalisé : le spectre de l'écologie. Toutes les puissances politiques, religieuses ou commerciales du vieux et du nouveau monde se sont groupées en une sainte alliance pour y faire allégeance, verbalement du moins, faisant étalage de sommets internationaux en conférences mondiales de leur souci constant des questions écologiques... tout en continuant, la plupart du temps, comme si de rien n'était !

Dans la plus grande confusion se mêlent développement durable, sauvegarde de la nature, crise de l'énergie et altermondialisme pour réduire l'écologie à une vague menace qui plane sur nos têtes tout en restant complètement inconsistante et insaisissable, tiraillée entre tendances contradictoires. Chacun semble persuadé de la nécessité d'une alternative écologiste sans avoir la moindre idée de la façon d'y parvenir, jusqu'à dénier son caractère politique et social pour se contenter d'un catastrophisme sans nuances, de bonnes intentions, de grandes déclarations et de petits gestes...


Il en résulte deux choses :

- L'écologie est déjà reconnue comme une puissance par toutes les puissances de la planète.

- Il est grand temps que les écologistes exposent à la face du monde entier leurs conceptions, leurs buts, leurs tendances et qu'ils opposent au spectre de l'écologie un véritable manifeste écologiste avec un programme concret d'alternative au productivisme.

C'est le but que se propose ce petit livre qui rassemble des textes rédigés au cours de ces dix dernières années de luttes et de controverses écologistes, tentatives de dissiper la confusion en donnant un contenu au projet de l'écologie-politique et un sens à l'écologie comme réponse aux ruptures de civilisation que nous connaissons. Au-delà d'une vague prise de conscience de l'étendue des destructions écologiques et des impasses du productivisme, il s'agit de participer à la construction d'une alternative politique écologiste et de nouveaux rapports de productions plus conformes aux nouvelles forces productives.

En effet, comme chacun peut le constater dans son existence quotidienne, nous vivons des bouleversements considérables avec l'entrée dans l'ère de l'information et du savoir, à laquelle l'écologie-politique est reliée intimement que ce soit par l'exigence de formation et de développement humain aussi bien que par la régulation de notre environnement et la préservation des menaces écologiques. La question de la maîtrise de l'information y est manifestement centrale, prenant le pas sur les rapports de force. Les leçons n'en ont pas été suffisamment tirées alors que toutes les données ont changé en quelques décennies : technique, production, consommation, médias, finances... Les anciennes institutions sont déconsidérées, le productivisme est remis en cause, le salariat s'effrite en se généralisant mais si les urgences se font bien de plus en plus pressantes, nous n'avons pas tellement à redouter cette révolution qui s'annonce et pourrait nous apporter une vie meilleure, une véritable libération du travail et une plus grande solidarité avec la réalisation de nos droits comme droit à l'existence : passage de la marchandisation du monde à la valorisation de la personne, de la croissance au développement humain, du salariat productiviste au revenu garanti.

On voit que l'écologie-politique n'a rien à voir avec d'anciennes traditions, c'est bien plutôt la confrontation avec la réalité la plus actuelle, celle de la mondialisation achevée, des changements climatiques, des accidents industriels et de l'épuisement des ressources, dans un monde dominé par la technique, monde unifié de satellites, de réseaux, d'informations, de marchandises où nous cherchons à retrouver qualité de vie et convivialité perdue.

Pas de mystère, l'exigence écologiste naît des désastres écologiques du productivisme, comme la sociologie et le socialisme étaient nés de la destruction de la société par le capitalisme libéral individualiste et massifiant. C'est l'exploitation intensive des ressources naturelles qui a ébranlé les rapports de l'humanité à la nature, outrepassant les limites vitales. Notre souci va inévitablement vers ce qui nous menace et comme toujours on ne reconnaît l'importance des choses ou des gens qu'au moment où ils viennent à nous manquer !

- La modernité réflexive

Qu'est-ce donc que l'écologie-politique ? En mettant l'accent sur les pollutions, l'épuisement des ressources, la destruction des environnements et les risques technologiques, c'est-à-dire sur le négatif de notre industrie et du progrès, l'écologie nous amène à relativiser le caractère bénéfique des innovations techniques et la légitimité de notre mode de développement, ce qui pose la question à la fois du principe de précaution et d'une alternative à notre société de consommation. L'écologie naît d'une réflexion sur la modernisation des sociétés, ce que Ulrich Beck appelle la modernité réflexive (La société du risque). C'est un nouveau stade cognitif, conscience de soi collective qui est la négation de la séparation de l'économie avec la société et la nature, savoir des limites, du possible et du nécessaire, mais surtout de notre ignorance, voire de notre folie (principe de précaution). C'est pourtant l'opposée du scepticisme libéral car c'est aussi le refus d'un laisser-faire aveugle, d'une évolution subie passivement, au profit de l'investissement dans l'avenir et l'action collective, exigence de réflexion sur les conséquences de nos actes et de notre production (principe de responsabilité).

Bien sûr cette projection dans le futur peut se réduire pour certains à la conservation de nos avantages présents ou même au retour des traditions du passé, mais se poser la question de notre avenir commun nous oblige à discuter de nos fondements, de ce qui nous importe dans la société, des conditions qui font qu'une société, pas seulement une économie, est soutenable. Dès lors qu'on refuse de se laisser faire et de s'adapter à des conditions de plus en plus "insoutenables" par la médecine ou la génétique, c'est bien la société qu'il faut changer au nom de nos finalités humaines et de notre être-ensemble, ce qu'on appelle la convivialité. La préservation de notre avenir, c'est le passage de l'histoire subie à l'histoire conçue, c'est réaffirmer notre liberté collective et notre responsabilité envers les générations futures mais c'est surtout remettre les valeurs humaines avant les intérêts privés, le qualitatif avant le quantitatif, avec toute la difficulté du conflit des valeurs et des cultures...

L'écologie-politique en tant que projet politique est loin de se réduire à l'environnement puisque c'est un concept dialectique qui intègre les différentes contradictions et reconnaît la séparation pour la dépasser, reliant ainsi campagne et ville, nature et société, écologie et politique, local et global. En particulier l'écologie-politique ne se réduit pas au cosmopolitisme ni à la globalisation du monde mais doit rester ancrée dans le local, exigeant même une relocalisation de l'économie. C'est la seule réponse au totalitarisme massifiant, aussi bien qu'aux désastres du productivisme, grâce à une économie plurielle et des politiques décentralisées, à l'articulation de la totalité et de l'individu, à leurs inter-dépendances et leur autonomie relative.

- L'alternative au productivisme

Le simple fait de poser la question de la société que nous voulons est une contestation radicale de l'économisme dominant, de l'économie comme négation de la société et seul horizon de notre avenir. Sans tomber dans l'utopie ou la planification autoritaire pour autant, c'est déjà une réfutation du libéralisme et l'affirmation du politique comme projet, finalité, idéal, au-delà d'un marché désorienté. Face au libéralisme qui triomphe sur la disparition du politique, seule l'écologie peut construire un nouveau projet de société crédible qui réponde aux limites planétaires comme aux leçons de l'histoire : une société ouverte et coopérative pour une planète limitée.

Pourtant l'expérience historique catastrophique des divers totalitarismes et volontarismes interdit encore à la plupart de soutenir cette question de notre destin commun, la liberté humaine se reniant pour ses fautes passées : c'est juré, on ne l'y reprendrait plus ! Cette haine de la pensée n'a produit qu'un post-modernisme sans consistance dans sa négation de la totalité alors que la tempête nous traite universellement, le climat nous totalise, que nous le voulions ou non. Ce n'est pas la liberté du marché et des capitaux, responsable de tant de destructions, que nous devrions défendre, mais les conditions d'une véritable autonomie de la personne. Le totalitarisme qui nous menace, c'est plutôt celui de la marchandise, l'idéalisme qu'il faut combattre, c'est celui du libéralisme et de la passivité spectaculaire.

L'écologie n'est pas une utopie, c'est la poursuite du capitalisme productiviste qui est complètement utopique. C'est notre système de développement qui n'est pas durable. Il ne s'agit pas de prophéties d'avenir, "la catastrophe a déjà eu lieu" ! On constate chaque jour un peu plus l'étendue du désastre.

Au-delà de l'environnementalisme, et dans la lignée de Illich, Gorz, Bookchin, l'écologie-politique est bien un projet de société alternatif au capitalisme productiviste, projet de relocalisation de l'économie basé sur l'indivisible tryptique : revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales. L'écologie-politique comme développement local et humain est la construction par le bas d'une réponse globale au totalitarisme marchand qui menace nos conditions vitales. Il se pourrait que notre époque non seulement rende possible ce qui n'était qu'un rêve inaccessible, mais qu'elle l'impose même avec l'autorité de l'urgence.

En effet, il ne faut pas seulement subordonner l'économie à la société et aux cycles écologiques mais aussi tirer parti de la révolution informationnelle exigeant de plus en plus d'autonomie et de formation, ce qui devrait se traduire par la réorientation de l'économie vers le développement humain, l'immatériel et les services, vers la production de l'homme par l'homme plutôt que les consommations matérielles, vers la coopération des savoirs plutôt que la compétition marchande... Les technologies informationnelles se révèlent aussi indispensables dans toutes les régulations en multipliant les capacités de rétroaction, d'évaluation des résultats et de correction ou d'ajustement de l'action publique. On verra que c'est un des enjeux décisifs pour l'avenir de reconnaître à quel point l'écologie-politique est liée à l'ère de l'information.

Dans un premier temps, il est absolument essentiel de clarifier les divers sens de l'écologie et distinguer l'écologie-politique, comme alternative au productivisme et politique de l'avenir, de tout ce qui peut se réclamer de l'écologie à différents titres, écologie de droite ou libérale, gestionnaire ou catastrophiste ! Le premier texte date de plus de 10 ans déjà mais n'a rien perdu de son actualité.

Juin 2005


L'intégralité du livre est disponible en version lybè®e (copyleft), version numérique (PDF) gratuite d'un livre papier payant : http://www.editions-ere.net/projet110

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16 réflexions au sujet de « Manifeste pour une écologie-politique »

  1. J'ai pour ma part, lu mon premier livre sur l'écologie en 1984 : "Comprendre l'écologie" de Michel Dupupet aux éditions CHRONIQUE SOCIALE ; ISBN 2-85008-048-9. C'était un livre plutôt technique et le constat qui y était développé, est toujours valable quoique la situation se soit aggravée depuis.

    A cette époque il n'y avait qu'une écologie politique et elle était authentique. Les "écologie de droite ou libérale, gestionnaire" n'existaient pas. N'étaient désignés environnementalistes que les récupérations extérieures au mouvement existant dans les partis de pouvoir ou d'opposition en place.

    Je souhaite bonne chance au manifeste ci-dessus présenté bien que je ne l'aie pas lu. C'est quand même navrant de devoir tout reprendre à la base en 2006 ! §:(

  2. Je suis bien d'accord, c'est dramatique comme l'écologie a régressé depuis le livre d'André Gorz (Michel Bousquet) "Ecologie et politique" qui date de 1975 ! Il y avait tout de même à l'époque "l'écologie profonde" et beaucoup de confusions, surtout le monde a beaucoup changé depuis, ce n'était pas encore tout-à-fait l'ère de l'information et la globalisation n'était pas achevée.

  3. J'ai lu le livre la politique de la nature de Bruno Latour et ne pensez vous pas que l'écologie politque a beaucoup a tirer de cette idée d'en finir avec la nature (nature au sens du mythe de la caverne).
    Ce developpement theorique et ce retour au fondamental finalement tres prometteur est il integré a ce nouveau livre ?

  4. Une piste pour l'écologie politique :
    "On a les chefs qu'on mérite", cet adage doit il rester vrai ? Le système politique ne doit il pas permettre à chacun d'être homme politique ? Pourquoi seuls les plus ambitieux, les plus intéressés, les plus veules, bref les plus forts ou les plus mechants, sont ils les seuls à s'intéresser à la politique de manière active ? Le système pseudo-démocratique actuel n'est-il pas "étudié pour" ?

    Les systèmes "démocratiques" EtatsUnien, Francais et Allemand ont déjà montrè leur inaptitude.

    Face au bruit des bottes et au cercle Azincourt qui menace la France, n'est-il pas temps pour tout citoyen de prendre à son compte la politique ?

  5. Je vous confirme la présence en librairie de votre livre. J'ai pu l'acheter sur Montpellier le jour de sa sortie. Il était rangé à environnement ou qq.chose dans le genre. Je le cherchais à philosophie politique, ou critique politique... Je ne suis pas sur que ce soit sa meilleure place.

  6. Vous avez raison, mon livre n'a rien à voir avec l'environnement (ni avec la nature). Ce n'est pas un livre de sensibilisation aux problèmes écologiques mais entièrement tourné vers la construction d'une production alternative et des conditions sociales d'une sortie du productivisme. C'est essentiellement un livre politique où l'économie tient une grande place, essayant de remonter aux causes humaines et d'y trouver des réponses politiques concrètes. Les problèmes environnementaux ne sont pas abordés comme tels, les ouvrages sur le sujet ne manquent pas mais ce qui manque ce sont les alternatives qui sont l'objet de ce petit livre. Le caractère transversale de l'écologie-politique bouscule les classifications de toutes façons.

    J'en profite pour souligner que ce n'est pas un livre très facile et qu'on n'est pas obligé de tout lire. C'est un recueil de textes qui peuvent donc se lire séparément. Ce n'est peut-être pas mon meilleur livre mais sans doute un des plus utiles (et il faudrait que celui-ci se vende pour qu'il y en ait d'autres...), témoignage d'un parcours et de convictions qui se sont renforcées au cours des années, dans le sillage d'André Gorz (Misères du présent, richesse du possible) et de Jacques Robin (Changer d'ère).

  7. Salut. J'ai lu en diagonale la version telechargeable. Nous sommes dans le meme bateau ecologistes, mais pas pour les memes raisons.

    D'abord, il y a cette odeur anti-religieuse traditionnelle des livres de gauche qui me met mal a l'aise. Je crois que le rejet absolu de la spiritualite nous condamne a la vision "Jouissons jusqu'a en crever puisque rien n'a de sens". Je ne crois pas qu'il soit si innocent que notre societe occulte l'idee de mort, ne glorifie que les idees de jeunesse pour pouvoir vendre sa camelote.

    Il y a egalement le discours tres volontariste dans lequel je ne me reconnais pas. Je desire partager avec mes interlocuteurs et non les convaincre. Je fais part de mes points de vue et ils en disposent. Toujours respecter la responsabilite de l'autre. Je n'ai pas envie de "militer": qui suis-je pour penser que mon point de vue est le meilleur ? Par contre debattre, questionner, interroger, oui.

    Merci pour le livre et bon courage.
    O.

  8. Ma position envers la spiritualité est ambivalente car je suis effectivement persuadé qu'il n'y a rien de pire qu'un matérialisme borné et cette espèce de religion de la jouissance qui se croit justifiée par un biologisme de pacotille du même tonneau que le racisme nazi. On est là dans la débilité active, celle de "l'esprit qui se nie avec la force infinie de l'esprit".

    On ne peut se passer de valeurs qui nous dépassent, notre vie ne prend sens qu'à s'inscrire dans l'aventure humaine, dans un au-delà d'un monde à venir, celui des générations futures qui nous jugeront. Il y a à la base de toute existence un principe d'insuffisance comme dit Bataille et la spiritualité concerne en premier lieu la rencontre de l'Autre. Je défends donc des valeurs humaines et une spiritualité qu'on peut assimiler à la culture et aux relations humaines. L'écologie c'est bien l'affirmation d'une transcendance du monde.

    On voit que le choix ne se réduit pas au matérialisme borné ou aux religions. Il est sûr que mon opinion sur les religions n'est pas très bonne. Les religions sont responsables de trop de violences, de dogmatismes, de fanatismes, d'idioties. Je ne méconnais pas pourtant leurs richesses et j'ai fait une histoire des religions que je vous recommande. Les religions sont toujours (toujours!) des constructions politiques mais elles donnent sens à l'existence et à la liberté individuelle, au moins par la culpabilité.

    Je n'ai pas du tout la prétention de supprimer les religions de la surface de la Terre alors qu'elles ont survécu aux réfutations scientifiques et à la diffusion des savoirs. Je ne suis pas du tout dans une croisade anti-religieuse, il faut au contraire apprendre à vivre avec les différentes religions. La seule chose sur laquelle je veux insister c'est qu'il ne faut pas confondre les registres et que l'écologie n'est pas une religion tout simplement parce qu'il n'y aura pas de salut individuel. Peu importe notre vertu, si on est de bons écologistes, la seule chose qui importe c'est d'arriver à s'en tirer tous ensemble, c'est d'arriver à une société plus écologique et à sortir du productivisme. Rien à voir avec le moralisme de la simplicité volontaire.

    En régime démocratique, lorsqu'on discute de politique il faut laisser ses croyances au vestiaire ainsi que tout moralisme pour construire une organisation collective. On a besoin pour cela d'une bonne dose de volontarisme mais certes il ne faut pas se croire dépositaire de la vérité. Je suis bien conscient de mon ignorance et c'est pour cela que je travaille ces questions depuis des années. Je donne le résultat de mes recherches, ce n'est pas simplement "mon" opinion équivalente à n'importe quelle autre opinion même si elle est bien sûr discutable et que je la livre au débat public.

    Je ne me contente pas pour autant de vouloir débattre avec mes concitoyens, je déplore qu'on n'aille pas dans la bonne direction et donne des analyses et des arguments pour une indispensable alternative. Loin de moi l'idée que ce serait le dernier mot de l'histoire, que ce serait suffisant et qu'il n'y aurait plus à discuter. Il me semble que je donne une direction plus que des directives, et dirigé vers plus de démocratie participative, je n'impose rien à personne que je sache ! Tout n'est pas équivalent et il y a urgence.

    Je ne sais si on peut dire que je milite, en tout cas le doute ne me quitte pas, mais je ne veux pas laisser faire injustices et destructions écologiques tant que je peux. J'ai bien peur pour ma part que les choses tournent mal, même dans "notre camp". Le simplisme, la désignation d'un bouc émissaire, l'autoritarisme, la violence sont des risques toujours présents contre lesquels j'essaie de me battre sans trop d'illusions mais avec la conscience de devoir le faire, c'est cela ma responsabilité. Il ne s'agit pas là encore d'être un gentil gars (je ne suis pas un modèle, loin de là), mais de se sortir collectivement de l'impasse où nous sommes et changer d'ère enfin.

  9. Salut Jean et merci pour ta réponse.

    Je vois que ton point de vue sur science et religion est plus nuancé
    que ce que j'avais pensé.

    Il est souvent difficile de parler de ces thèmes parce que les
    occidentaux ont souvent peu de culture et la religion est forcément
    pour eux une religion du livre. Il existe des formulations du
    transcendant qui me plaisent davantage, que je trouve plus
    poétiques et qui traduisent mieux la "sensation spirituelle":
    bouddhisme, taoisme, chamanisme par exemple. Certaines traditions
    spirituelles montrent qu'il est possible d'avoir un disours sur le
    sens sans pour autant renier les vérités scientifiques élémentaires.
    Certains diront que ces religions sont des philosophies. Je ne le
    crois pas, en tout cas pas au sens de la philosophie occidentale qui
    veut tout discuter et rationaliser. Le sentiment de révolte que je
    ressens devant la baisse de la diversité animale n'est pas un
    sentiment rationel lié à une quelconque utilité. C'est un sentiment
    intime de l'ordre du transcendant. Pour moi, aucun progrès scientifique
    ne peut faire poids face au gigantesque cimetière que nous avons
    laissés derrière nous. En ce sens, je me reconnais dans ta phrase quand
    tu dis que "l'écologie est l'affirmation d'une transcendance du monde".

    Même pour les raligions "anti-scientifiques" comme le christianisme
    qui demande de croire à la résurrection d'un homme, mon opinion s'est
    adoucie ces dernières années. Disons que je vois des personnes qui
    vivent cette religion au sens où elle l'utilisent pour créer du lien
    autour d'elles. Et dans les labos scientifiques où je travaille, je
    vois très souvent compétition et mesquinerie. Alors la supériorité de
    la rationalité, je m'en méfie. Évidemment, il existe des exemples
    opposés, des scientifiques exemplaires et des chrétiens qui votent
    front national. On sera sans doute d'accord sur ce
    point: l'essentiel est moins dans les croyances (nous en avons
    tous...) que dans la façon dont on les fait vivre pour réussir à vivre
    ensemble.

    Bonne soirée,
    O.

  10. Bonjour Jean,

    Je viens de commencer la lecture de ton ouvrage... j'y trouve beaucoup de choses intéressantes, bien que je doive te dire que le scientifique que je suis tique assez fréquemment (je passe sur le 2 en exposant de CO2) sur le caractère extrêmement anthropocentré de la vision que tu proposes... pour moi qui considère l'écologie comme une discipline scientifique avant d'être un mouvement politique (je n'y peux rien c'est l'étymologie qui veut ça) ta réflexion se place encore trop en dehors de la nature.

    J'y reviendrai une fois ma lecture avancée.

    En tout cas je voulais également te signaler (pour faire le parallèle avec un autre de tes posts) que ta lecture d'Albert pourrait te porter à faire une critique plus construite de ses propos, notamment en ce qui concerne sa vision de l'équilibre environnementale. En revanche ces propos sur le salariat rejoignent, il me semble je ne suis pas très compétent, en partie ta propre analyse.

    A bientôt, bonne continuation.

  11. Pour l'heure, il me semble qu'il importerait de démontrer que la guerre pollue, qu'elle dilapide l'usage du temps des hommes et des énergies de la planète dans des budgets exhorbitants,...

  12. !!! Je ne vois pas qui contesterait que la guerre est destructrice et qu'elle coûte cher ! Par contre, il n'y a aucun intérêt à condamner moralement la guerre, cela n'a aucun effet sur les causes réelles des guerres. Certains pensaient que le développement du commerce supprimerait les guerres alors que cela en a créé de plus terribles encore. Avec plus de raisons on peut prétendre que les démocraties ne se font jamais la guerre et qu'il faut donc répandre la démocratie, à condition de ne pas faire la guerre pour cela (Irak) et de considérer que les fascismes ne sont pas des démocraties (ce qui est vrai mais les fascistes viennent au pouvoir par le vote, tout comme les islamistes).

    Sinon je répondrais à "Tycho B." que je ne parle jamais d'écologie scientifique, je parle d'écologie-politique (et je mets presque toujours le tiret), de notre responsabilité politique envers notre environnement. Cela n'aurait aucun sens de parler d'une écologie-politique qui ne soit pas "anthropocentrée" car le problème c'est bien notre industrie, l'action humaine qui détruit nos ressources et nos conditions vitales, le problème c'est la régulation de nos sociétés, de notre production et de nos interactions avec la nature. Ceci dit, je ne ferais pas de l'équilibre le but de l'écologie-politique mais la régulation, ce qui est un peu différent acceptant certains déséquilibres, et la responsabilité de l'avenir.

  13. Faudrait-il un rééquilibrage en économie et écologie au niveau temporel ? On constate que l'économie capitaliste est essentiellement centrée sur le court-terme, celui de l'instantanéité du profit immédiat avec l'impatience d'un solde positif et des perspectives de dividendes, tandis que l'écologie elle au contraire se conçoit sur des périodes longues avec en vue un développement durable. Dans un modèle libéral est-il possible d'imposer une vision à long-terme à des personnes dont l'horizon ne dépasse guère plus celui des bilans annuels ?

  14. Bonjour !

    En effet comme vous l'exprimer !

    La terre = s.o.s
    L'humanité = s.o.s
    L'eau potable = s.o.s
    l'oxygène = s.o.s

    Les religions & politiques = la foi, l'utopie..
    J'ai l'impression que les gens, de part le monde, ne font pas encore réelement fait la différence entre le réel et l'irréel ?..
    Dumoins en ce qui concerne la place de la religion dans la gestion des peuples entre-eux et de celle de la planète !!!

    Oui la religion peu perdre un peu l'homme dans les médandres de son esprit et il faut encore du temps pour discerner, déterminer, l'équilibre et la valeur des choses et de la foi.

    L'avenir, la prérénité, la viabilité, l'équilibre et l'harmonie entre l'être humain et la nature = pas encore en accord !?

    Une des solutions pour l'avenir :
    réside dans l'attention que nous saurons donner au travers de l'éducation des générations à venir et d'ainsi de sensibilisé les jeunes sur notre environnement, c'est à dire le monde qui nous entoure et dans lequel ils vivront eux-même !

    L'important est de ne pas perdre de vue que tout se passe :
    AU NIVEAU POLITICO-INDISTRIEL !
    Et la prises (temps x..) de mesures politiques décisives sont le seul remède efficace !

    Le développement des actions humaines (bio-diversité, climat, pollutions, surconsomations..) met l'équilibre de la terre en danger ?

    ...peut-être que dans un futur proche les nations & peuples de la terre n'auront plus vraiment le choix !

    Un jour - Une évidence - Une réflexion - Des décisions - Des actions

    Pourquoi ne pas créer une : unité au sein d'une entente mondiale pour l'écologie & l'environnement !

    La gestion des ressources doit être une "affaire" sérieuse !

    Et les richesses de la terre ne sont pas l'apanage de quelques uns !

    Qui ne connaît pas la célèbre phrase ;

    Le monde de demain est ce que nous en faisons aujourd'hui !

    Seriez-vous tenté d'aller de l'avant dans le message à transmettre envers l'équilibre de la terre par les actions humaines ?

    Amicalement

    John l.

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