La désastreuse défaite du libre par élitisme

Tout le monde devrait utiliser des logiciels libres, c'est l'évidence, de même que les plateformes devraient être publiques ou libres. La défaite jusqu'ici des logiciels libres face aux entreprises commerciales est cuisante. On pourrait y voir un grand mystère, pourquoi payer quand il y a du gratuit? Mais il n'y a pas de mystère, les logiciels libres sont trop souvent faits pour les programmeurs eux-mêmes plus que pour l'utilisateur de masse. On pourrait prendre l'exemple de gimp qui veut forcer son propre format d'image libre et a mis du temps pour permettre de facilement écraser le fichier jpg ou gif modifié. C'est surtout ce que je conclue de mon expérience d'un retour à linux Ubuntu après avoir utilisé quelques années un apple qu'on m'avait offert (où je n'utilisais quasiment que des programmes libres). Je m'attendais à de grands progrès d'ergonomie après ceux que j'avais connu auparavant, j'ai été très déçu (y ayant passé des jours, ce qui m'a bien énervé).

Certes, les problèmes les plus importants viennent du fait que les ordinateurs ne sont pas vendus déjà installés avec linux et que pour des questions de droit, les drivers propriétaires ne sont pas fournis, ce qui mène à des composants non reconnus comme le wifi, ce qui est tout de même assez gênant (du coup il faut passer par le mobile pour être connecté, encore faut-il le deviner) ! Dire qu'on n'y peut rien, c'est renoncer aux marchés de masse car il faut vraiment bidouiller et recompiler à chaque mise à jour, avec plein de pièges (il faut effacer l'ancien répertoire avant de recompiler!). Des solutions automatiques devraient être offertes comme un lien sur un programme externe faisant le travail, mais y compris pour des opérations plus ordinaires, on peut être effaré de la complexité, comme au bon vieux temps - à ne pas mettre entre toutes les mains, vraiment ! On se demande comment les programmeurs ne s'en rendent pas compte.

Bien sûr, on s'en sort toujours car c'est la magie d'internet et des moteurs de recherche qu'on finit par trouver la solution à tous les problèmes. C'est vraiment un super outil pour les programmeurs ou utilisateurs avancés, par pour l'utilisateur ordinaire. On peut faire bien plus qu'avec les autres systèmes mais en bidouillant, en modifiant des fichiers critiques alors que les fonctions facilement accessibles sont très limitées. Il faudrait se focaliser sur l'interface plus que sur les performances (sauf pour les serveurs par exemple).

Ce n'est pas prétendre qu'il n'y aurait pas eu des améliorations mais les trouver suffisantes serait renoncer à la généralisation du libre pourtant indispensable. Il existe sûrement des tentatives plus satisfaisantes que je ne connais pas encore (qui ne sont pas très connues) mais c'est une priorité des années à venir (ce n'est pas nouveau, on le sait depuis un moment), car de toutes façons, le libre vaincra un jour, il faudrait juste que ce ne soit pas dans trop longtemps et, à ce stade, ce n'est plus qu'une question d'interface, de facilité d'utilisation (l'IA pourrait y aider sans doute).

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40 réflexions sur « La désastreuse défaite du libre par élitisme »

  1. J'ai utilisé Unbuntu, mais bof, à part que ça va plus vite que Windows...

    D'autres sont fan d'Apple avec sa touch geek de luxe, mais la vérité c'est que Windows est dans toutes les entreprises où j'ai travaillé, et probablement administrations publiques, alors jongler entre la journée et le soir entre du Unix-Unbuntu et du Windows, c'est un peu la barbe sur le plan ergonomique, sans compter jongler avec le clavier azerty, qwertz, qwerty quand on bosse à l'étranger ou France.

    B Gates a réussi un coup de maître avec son standard de masse Windows, peut être que la Chine est capable de contrebalancer avec une version Unix, mais c'est pas encore là.

    Le libre c'est un peu trop anarchique pour prendre auprès des utilisateurs qui ont autre chose à faire que de tripatouiller des fichiers et répertoires.

    • Au delà de l'OS, il y a les problèmes de virus, Unbuntu est plutôt bien sur ce point, mais les antivirus gratuits sous Windows marchent aussi très bien. Il y a aussi les spams en email, j'ai été infesté il y a 1 an. J'ai tout résolu gratuitement via mon compte gmail en redirection avec mes autres adresses email sur les conseils du fils cet ami décédé récemment, docteur en informatique et travaillant dans une université en Californie. Sa solution simple, même si il faut trouver les paramétrages Google, marche très bien et ne coûte rien, sauf que c'est du Google account qui marche sur une base auto learning assez performante.

      Ca sera du libre et surtout du pas cher avec les gafas existants à base de bricolages mixés. J'utilise du libre tout de même avec open office, chrome, thunderbird qui ne coûtent rien.

    • Windows a gagné la partie grâce à son ouverture, notamment par rapport à Apple. Android montre aussi de grande force à ce niveau. Et la notion de magasin applicatifs avec des logiciels qui ne s'auto-installent pas n'importe comment est bien héritée du libre.
      Microsoft a encore un business basé sur la vente d'Office, mais la concurrence pousse avec des suites en ligne. Ils l'ont bien compris en investissement largement dans leur suite en ligne qui est vraiment très bonne. Leur main-mise sur l'OS ne va pas durer parce que c'est coûteux et ne porte plus de valeur, ils sont obligés de s'ouvrir encore... de la même façon qu'Android fonctionne sous linux, windows fonctionnera sous linux et personne ne s'en rendra compte.
      En tant qu'utilisateur avancé je ne peux pas faire office de témoin de l'usabilité d'Ubuntu. Mais j'ai découvert un certain nombre de personnes qui ont un emploi administratif ou de service, qui n'ont aucune formation informatique, et qui sont passées chez elles sur Ubuntu, et qui ne "tripatouillent" pas particulièrement.

      Globalement les usagers du web ne s'intéressent plus vraiment à l'OS. Par contre ce qui est intéressant c'est comment le web vient à l'usager. Microsoft a perdu la bataille du navigateur, remportée par Google et Blink (Firefox montre de véritables forces, mais Chrome a retourné les informaticiens à son arrivée et ceux-ci, bizarrement, y semblent coincés alors que Firefox est repassé devant techniquement), mais ils investissent, je crois, sur l'intégration d'applications progressives et les tuiles interactives pourraient refaire parler d'elles.

  2. Je suis très surpris. J'ai fait des allers-retours réguliers de Linux (principalement Ubuntu) à Windows jusqu'en 2008 peut-être, en ayant à peu près le même diagnostic que le vôtre. Mais depuis je suis sous Ubuntu sans discontinuer.
    Si il a bien fallu mettre un peu la main à la pâte peut-être jusqu'en 2012, je ne configure tout simplement plus rien depuis. A chaque installation, rapide et simple, sur n'importe quel PC (pour moi ou quelqu'un d'autre, en OS principal ou en second ou en virtualisé) je n'ai plus aucun problème : le truc marche du premier coup, pour tout.
    Mon expérience personnelle ne contredit pour autant pas l'agacement à voir les améliorations d’ergonomie arriver si lentement, ni même l'élitisme d'une partie de la communauté.

    Par contre parler de défaite est une erreur. Android est largement basé sur le libre, de plus en plus de services sont basés sur des logiciels libres... le libre a gagné (et nous pouvons même parier que dans quelques années Windows sera une distribution Linux parmi d'autres). En revanche les services ne sont pas libres, et c'est une autre paire de manches. Pour le coup le monde du libre ne me semble pas du tout pragmatique en ne proposant comme alternative que l'auto-hébergement, sans solution simple de configuration réseau-sécurité.
    Et si les acteurs du libre sont légers sur le sujet, je pense que les gouvernements et les FAI sont particulièrement coupables sur le sujet. Les grands acteurs économiques ne jurent que par la centralisation des moyens, en lançant des projets ridicules pour le cloud, le moteur de recherche et dernièrement la consommation de vidéo (pensée pour surtout ne pas concurrencer la télévision) et en faisant semblant de vouloir contrer les services américains pour pouvoir en réalité les favoriser en y trouvant des interlocuteurs et clients de l'économie de l'influence.
    Les services libres seront basés sur des architectures décentralisées et du matériel individuel (ou coopératif, copropriétaire), proche de l'auto-hébergement sauf que plusieurs fois redondé et des protocoles Peer2Peer... si la configuration réseau-sécurité est packagée. C'est d'ailleurs aussi à cette condition qu'une souveraineté pourrait réellement être construite, littéralement.

    Pour ce qui est de la réflexion au niveau des entreprises et de leur équipement en interne, la case logiciel client libre est en train d'être sautée pour passer directement à celle du service. Là encore il existe des logiciels libres qui fonctionnent. Mais on retrouve à la tête des entreprises les même freins quant à l'adoption de ces outils, c'est à dire globalement une remise en question de la structure hiérarchique pyramidale... qui de toutes façons est questionnée par tout un tas d'autres pressions (démographiques, comportementales, économiques). L'utilisation de services libres n'est évidemment même pas à l'ordre du jour puisque les entreprises cherchent avant tout à protéger leur modèle propriétaire.

    Accessoirement je suis en train de m'arracher les cheveux sur un service libre que j'ai moi-même mis en place pour de la gestion de sécurité justement. Bon ben la sécurité c'est bien, mais à un moment ça devient inutilisable en fait. :'( Donc on y revient, et donc je suis d'accord : l'expérience utilisateur n'est pas suffisamment au centre de la conception du libre, car bien souvent les projets sont dirigés par la technique et pas par le business qui est, quoi qu'on en dise, une boucle de rétroaction directe et relativement efficace.

    • "Les grands acteurs économiques ne jurent que par la centralisation des moyens, en lançant des projets ridicules pour le cloud"

      J'avoue n'avoir jamais bien compris l'intérêt du cloud, payant, pour un particulier, alors qu'on peut faire son back up localement avec un disque dur ou une clé USB en réseau wifi sur une boite free par exemple, pour quelques euros ou dizaines d'euros de matériel qui dure des années.

      Pour ce qui est de la TV, il y a tellement de chaines que je ne vois pas tant l'intérêt de payer ailleurs, il suffit d’enregistrer les émissions type Arte ou films qui passent sur d'autres chaines sur un disque dur externe en liaison freebox avec un bête câble usb.

      Je ne regarde quasiment plus la TV en direct avec ce dispositif d'enregistrement, sans compter le mode replay sur le net.

      Concernant le smart phone, les applis sont effectivement gratuites comme celles de GPS, transactions bancaires internationales sécurisées... alors qu'avant il fallait acheter un GPS dédié, abonnement aux mises à jour de cartes.

      • La délinéarisation des programmes est un premier pas vers la sortie de la télévision. Ce qui compte c'est que désormais les coûts de diffusion sont extrêmement réduits, que ce soit en passant par une plateforme comme Youtube ou même avec l'auto-hébergement. A partir de là la mise en place de licences d'exploitation des fréquences audiovisuelles pour une diffusion exclusive de contenus n'est plus légitime. Vous enregistrez encore des émissions, mais ça ne sert même plus à rien : les émissions sont à disposition, et comme le procédé de copie parfaite est fiable et quasiment gratuit cette mise à disposition devrait devenir la norme car elle va de soi.

        Au niveau des applications disponibles sur les téléphones, il faudrait parler de quasi gratuité pour certaines et pour d'autres carrément de monétisation qui ne passe pas par la distribution, ce n'est pas la même chose. Mais je parle d'ouverture dans mon commentaire plutôt que de gratuité et là encore la distinction est importante. Si Microsoft avait gagné à son époque la bataille de l'OS ce n'était pas parce que c'était gratuit ou que les composants des PC étaient gratuits, mais parce que le système était ouvert, qu'il était possible de produire des matériels ou des logiciels compatibles en en suivant des spécifications mises à disposition.

        Pour ce qui est du "cloud", qu'il soit payant et basé sur des fermes de serveurs ou gratuit et basé sur une architecture P2P, il ne s'agit pas seulement de système de sauvegarde. Mais même à ce niveau l'auto-hébergement total entraîne une indépendance sociale, certes, mais une dépendance totale à ses compétences personnelles et à toutes les contingences matérielles qui pèsent sur ses équipements : si votre appartement brûle un disque dur externe ne servira pas à grand chose.

        • "mais une dépendance totale à ses compétences personnelles"

          Brancher un disque externe sur PC ou boite free ne m'a pas paru plus compliqué que chercher à comprendre un peu l'utilisation d'un cloud.

          "si votre appartement brûle un disque dur externe ne servira pas à grand chose"

          Bonne remarque, mais un appartement qui brûle c'est pas très fréquent, à moins d'habiter un taudis qui ne respecte pas les normes de construction et d'entretien. Donc, en termes d'analyse de risque, le coefficient d'apparition d'un incendie reste un peu epsilonesque.

          • Sinon, un truc que j'ai pas réussi à élucider même en posant la question à free, c'est de savoir si ce que j'enregistre de TV passe par l'antenne TNT ou par la voie internet, auquel cas ça me semble bigrement encombrer le net avec ce que ça entraîne de consommation d'énergie, alors que la TNT c'est un wifi ne nécessitant pas d'infrastructures lourdes. C'était un peu l'idée de Nikola Tesla qui cherchait à transmettre l'électricité en wifi, ce qui était un peu audacieux et le demeure.

          • Saturer une fréquence sans fil est bien plus rapide que de saturer une transmission par câble : si la transmission par câble est saturée, il est toujours possible de rajouter du matériel, alors qu'une fois qu'une fréquence est saturée...

            L'incendie était un cas de défaillance matérielle parmi d'autres. Les disques durs tombent en panne, les réseaux électriques peuvent griller, on peut tout supprimer sans faire exprès... etc.
            Vous n'avez pas eu de problème, tant mieux, mais je connais des personnes qui ont perdu toutes leurs photos personnelles en croyant avoir tout bien fait. Et c'est pareil pour les entreprises, le "cloud" offre réellement beaucoup de garanties.

          • "Saturer une fréquence sans fil est bien plus rapide que de saturer une transmission par câble"

            Sauf que dans le cas de la TV, le système est redondant avec des transmissions TV par câble, consommatrices en énergie, alors qu'il y a un réseau TNT déjà existant depuis des années.

  3. L'industrie audiovisuelle c'est garantir à certains diffuseurs un avantage concurrentiel pour toucher une audience massive. Si on enlève les licences en question et qu'on garantie la neutralité du réseau de diffusion (notamment en interdisant aux fournisseurs d'accès de se positionner comme concurrents de leurs propres clients), alors on ne parle plus d'audiovisuel et comme globalement la technologie derrière l'Internet l'a emporté sur les autres on peut imaginer qu'on parlerait simplement de l'Internet.

    Je ne comprends pas votre remarque sur la TNT... Oui il s'agit d'une amélioration de la transmission par ondes électromagnétiques, ça ne change rien à l'équation. Et encore une fois les fréquences utilisées pour porter l'audiovisuel sont tout à fait utilisables pour transporter n'importe quel signal. Alors évidemment toutes les fréquences ne se valent pas et ne se comportent pas toutes de la même façon au niveau énergétique, de la portée, de la richesse du signal... etc. mais peu importe. Le fait est qu'il est plus facile de saturer une plage de fréquences que de saturer un espace dans lequel on peut faire passer de nombreux câbles.

    • Je disais simplement pour la TV que l'infrastructure TNT existe et qu'elle répond à peu près au souhait de pouvoir visionner ce qui est disponible par cette voie, tout comme la fm concernant la radio.

      Le transfert streaming étant coûteux en énergie-matière- travaux publics d’infrastructures(câbles avec travaux de voirie-poteaux), je me pose la question concernant le bilan économique-écologique de cette logistique de transfert d'information. Sans même parler qu'à terme les infrastructures risquent d'être inondées suite à la montée des eaux du RCA dans les zones côtières du type NY, Californie...

  4. J'ai bien dit que le plus compliqué, c'était quand il ne reconnaissait pas le matériel. Quand il y a les drivers appropriés, il est vrai que l'installation est à peu près automatique. Il y a eu beaucoup de progrès là-dessus, que j'avais connu à l'époque mais il n'y en a pas beaucoup plus depuis. La résolution de ces problèmes de drivers, qui ne sont pas du tout impossibles à résoudre, est d'une complexité hallucinante. On ne peut donner tort aux pros qui trouvent cela facile pour eux mais c'est comme les politiques ignorant la vie de leurs électeurs. Il faut dire que j'ai acheté un HP bas de gamme dont j'espérais mieux aussi, cela marche sans doute mieux avec les vedettes du marché mais le marché de masse n'est pas celui de luxe. On ne peut en tout cas conseiller de passer à Ubuntu à n'importe qui, ou alors il faut faire soi-même l'installation, c'est ça la défaite.

    Le libre s'impose par ses performances, pour les serveurs notamment. C'est bien l'interface qui pêche et fait la fortune des marchands. Effectivement, une fois tout installé et configuré, il n'y a plus qu'à travailler sans plus s'en occuper, ce qui serait parfait si le moindre pépin ou changement de configuration ne demandait à se mettre les mains dans le cambouis et passer des heures à faire des recherches pour taper des commandes linux auxquelles on ne comprend rien. Il manque tout simplement de nombreuses fonctions accessibles graphiquement, la seule raison étant qu'on peut s'en sortir par des commandes texte - sauf quand on est juste utilisateur. Minimiser cet obstacle, c'est accepter de rester marginal et si cela m'énerve, c'est que j'en attends plus du libre (en dehors de m'avoir fait perdre du temps). Pour moi, je m'en suis sorti et je suis sous Ubuntu pour un moment mais avec encore quelques commandes à trouver pour achever mon environnement...

    • "Il faut dire que j'ai acheté un HP bas de gamme dont j'espérais mieux aussi"

      J'ai acheté un Lenovo vraiment bas de gamme, il ne me pose aucun problème depuis 4 ans même en étant sous windows dont j'ai viré pas mal de fonctions pour l'accélérer en faisant une simple recherche sur Google.

      Idem pour le smart phone, j'ai acheté un Huawei il y a longtemps, puis un entrée de gamme Wiko, pas un Iphone.

      Pourtant, je ne suis pas informaticien, même si j'ai reçu quelques formations type basic, assembleur, automates programmables, architecture microprocesseurs dont j'estime qu'elle ne m'ont pas apporté grand chose pour résoudre mes rares problèmes de PC.

      Mais je reconnais que souvent des personnes âgées sont souvent handicapées face au numérique, s'énervent vite au lieu de prendre leur temps en lisant les modes d'emploi.

    • Je n'ai jamais eu que des problèmes avec HP, même avec Windows. Dell me semble une meilleure marque.

      Tous vos arguments sur le libre sont justes et bons je trouve.
      J'en tire la conclusion que les avantages du libre apparaissent donc sur des boucles de rétroaction plus longues que celle du marché de grande consommation, ce qui ne me semble pas très surprenant. Et il y a sans doute quelque chose de correct à tous les niveaux de réflexion du travail, de l'économie, de la structure sociale.

      Les échanges entre ingénieurs des différentes communautés de développement sont parfois vigoureuses (et en fait hélas trop souvent violentes... c'est aussi que la passion s'y immisce), certains sont en effet très peu orientés "expérience usager".
      Il me semble que c'est aussi une question de culture et de formation, et du coup de génération car les nouveaux ingénieurs me semblent avoir compris qu'en matière de logiciel "être pragmatique" ce n'est pas se concentrer sur la technique (voire une approche scientifique et expérimentale pour certains logiciels libres qui se veulent haut-de-gamme) mais chercher à connaître et comprendre les usages, et justement raccourcir les boucles de rétroaction.

  5. Un autre problème est que les entreprises veulent des logiciels validés aux normes et qu'elles payent cher pour cela. Microsoft, SAP... ont toutes des structures techniques-qualité permettant d'être dans les clous des normes dès qu'un problème apparaît.

    Le logiciel libre n'a pas toute cette coordination de services techniques-qualité-législatif-d'assistance en ligne à la demande réactive nécessaire aux entreprises qui financent en grande partie les entreprises informatiques privées. Sur cette base de financement, alors ces entreprises informatiques peuvent fournir ensuite au particulier des produits à coût marginal décroissant.

    "“Le libre, quel numéro de téléphone ?” pour paraphraser Kissinger.

    • Justement, les entreprises préfèrent avoir des numéros de téléphones plutôt que des normes, des fiches témoignant de processus qualité plutôt que des résultats de qualité. Globalement le management à l'ancienne est content de pouvoir s'énerver contre quelqu'un et taper dessus, même quand au final ça ne fait rien avancer car au moins ça donne le nom d'un coupable.

      Les logiciels libres définissent ou suivent des standards, c'est tout le truc, qui plus est des standards publiés. Les services de support des grands acteurs traditionnels (alors on pourrait réagir à l'évocation de Microsoft mais juste derrière c'est l'escalade avec SAP) sont de très mauvaise qualité, et plus l'éditeur est gros, plus il est opaque. Ces entreprises ne sont pas réactives dès qu'un problème technique apparaît mais dès qu'un problème d'image publique apparaît. Mon expérience professionnelle est inverse à la votre.

  6. "Les services de support des grands acteurs traditionnels (alors on pourrait réagir à l'évocation de Microsoft mais juste derrière c'est l'escalade avec SAP) sont de très mauvaise qualité"

    Pour me débrouiller mes affaires, c'était le service interne IT de la boîte où je travaillais que je contactais. Les gus étaient plutôt sympas malgré d'être entre le fer et l'enclume, et m'arrangeaient le truc.

    Le fait est que pour mon boulot, je devais faire le pirate comme demander une autorisation spéciale auprès d'un big boss ou d'un administrateur système pour pouvoir installer des logiciels gratuits non validés pour pouvoir consulter des bases de données. Avec les logiciels validés j'étais trop bridé.

    "Les logiciels libres définissent ou suivent des standards, c'est tout le truc, qui plus est des standards publiés."

    C'est possible et alors je l'apprends, mais c'est pas mon job de régler ces problèmes qualité-logiciel.

    "Globalement le management à l'ancienne est content de pouvoir s'énerver contre quelqu'un et taper dessus"

    Merci, je connais, j'en ai pris plein mon grade sur ce point. J'ai sorti des poutres techniques du pied de certaines boites et je me suis pris en récompense des réprimandes. Les directeurs de services sont tellement tarés qu'ils tapent le plus dur sur ceux qui cherchent le plus et le mieux, avec des résultats. Ca doit être un truc d'atteinte au narcissisme de crétins chefs qui se sentent humiliés et menacés dans leur territoire qui sent leur pisse de clébard artisanalement déposée, un mec arrive et dévoile en 3 mois ce qu'ils n'avaient rien vu pendant des décennies, alors ils sont enragés.

  7. Salut Bonjour,

    (Trop) brièvement :
    Ce que je perçois avant tout comme problème mortel côté « libre »,
    c’est le dogmatisme (contre lequel le libre est entre autres censé lutter).
    Le libre, c’est bien.
    Le critiquer, c’est mal.
    DONC, on peut développer n’importe comment, dans le plus ignoble mépris du sens, de l’utilisateur, de la supposée cause, pas grave, puisque le libre, c’est bien et que c’est mal de le critiquer.
    C.Q.F.D.
    Il suffit de tenter de faire de Thunderbird son gestionnaire de Mél.
    Il faut le subir pour le croire.

    Vive le libre (le vrai).
    aux chiotte les imposteurs.
    & n’oublions pas de titrer la chasse.

    ———————

    « [...] toute forme de mépris [...] prépare ou instaure le fascisme »
    (Albert Camus, L’homme révolté)

  8. … & bien sûr…
    (pour l’élistisme).
    Moi je connais, et je vais te montrer ça, toi, & tu n’y comprendras rien.
    La preuve que moi, je suis drôlement savant et drôlement plus fort que toi
    (à moi le POUVOIR).

  9. Le logiciel libre est une formidable réussite, ce sont les utilisateurs de logiciels privateurs qui sont trop bêtes, car vraiment c'est plus performant, moins cher, plus confidentiel.

    D"ailleurs Linux est partout :

    Tout en haut, c'est du 100%
    http://www.zdnet.fr/actualites/linux-eq ... 381833.htm
    Tout en bas il est là aussi :
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/02/27/on-a-teste-pour-vous-le-raspberry-pi-l-ordinateur-miniature-a-35_4584204_4408996.html

    Tout le monde peut trouver une distribution qui lui convient !
    https://distrowatch.com/

    La mienne est très chouette :
    https://linuxmint.com/

    • C'est l'expression caricaturale de la bêtise élitiste ! C'est bien sûr la faute de l'utilisateur, comme si tous les utilisateurs avaient le temps de se mettre à linux ! Dans une entreprise une telle morgue accusant les clients de son bide ne fait pas long feu et se satisfaire de son niveau de succès actuel (certes non négligeable), c'est ne pas prendre la mesure de ce que le logiciel libre devrait être (de ce qu'il sera par nécessité technique).

      C'est bien parce que les performances des logiciels libres sont à la hauteur qu'il faut se concentrer sur l'interface pour concurrencer les entreprises commerciales (qui ne vont pas disparaître mais devenir moins dominantes et plus sociétés de service).

      • Plutôt que de parler simplement d'interface il faut parler d'expérience utilisateur.
        La prise de connaissance de l'existence d'un logiciel, l'envie de l'installer, l'envie de l'ouvrir... c'est important aussi. Encore une fois dans le monde du libre ce sont les ingénieurs qui poussent les capacités techniques de leurs logiciels, et la neutralité quant aux comportements des usagers est considérée comme une qualité. C'est la même chose pour les réseaux sociaux qui n'utilisent pas les données personnelles... c'est bien joli mais globalement nous ne pouvons pas être mis en relation avec une communauté de comportements sur le réseau du coup, et si c'est pour converser avec des gens qu'on connait déjà ce n'est pas très utile même si c'est "responsable".
        L'approche élitiste n'est pour moi qu'une conséquence d'une idéologie de la neutralité et de l'innocuité.

        • L'expérience utilisateur c'est que les salariés, 90% de la population active, 8 heures par jour, 5 jours par semaine, bosse sur du Windows et qu'ils vont ne pas s'emmerder ensuite avec un OS Linux hors de leur boulot. On peut les traiter de traîtres ou de tout ce qu'on trouvera comme noms d'oiseaux, ça ne changera rien. Un être humain a simplement du boulot, une famille et autre chose à faire que de creuser Linux.

          • Ça a été longtemps la tactique de Microsoft en tous cas. Et nous avons vu passer des contrats "bizarres" avec certaines institutions publiques à ce niveau là et qui ont aidé... ça peut changer. On a vu avec Nokia qu'il existe des cygnes noirs qui se réalisent. Microsoft est en train de prendre un très gros virage d'ailleurs, c'est à dire que pour évaluer ce qui se passe sur le logiciel libre, je pense qu'il faut se positionner sur une échelle de temps plus grande que celle habituelle des produits commerciaux. Le marché est tout de même un feedback à court terme sacrément efficace.

          • Concernant Nokia, comme BlackBerry, ils ont fait l'erreur que n'a pas faite Microsoft, ils sont restés positionnés sur du non ouvert alors que les autres acteurs de smart phones ont joué sur du ouvert. Désormais, un Huawei offre toutes les fonctionnalités pour pas très cher.

            Je sais que c'est agaçant, mais jouer la bonne pièce au bon moment, comme sur un jeu d'échec, change la donne.

    • J'ai essayé linuxmint en live usb et il n'a pas reconnu ma carte wifi Realtek donc ça n'a pas marché mais il a l'air quand même pas mal et va dans la bonne direction en fournissant des drivers propriétaires (mais pas Realtek). Si ça avait marché je l'aurais bien testé mais je n'ai pas envie de perdre encore mon temps en installation.

  10. Je m'insurge contre un propos tenu ici : "Windows a gagné la partie grâce à son ouverture, notamment par rapport à Apple."
    et autres propos concernant le coté pratique de Windows, gnagna.

    Il faut dire et répéter une chose primordiale :
    TOUTES les machines sont équipées de Windows à l'exception de Apple (bcp bcp plus couteux).
    Il y a des exceptions mais pas un millionième de l'offre.

    Cette réalité tient de la vente forcée.
    Cette vente forcée EST ILLÉGALE (en France ua moins).
    Mais cette illégalité est acceptée voire encouragée par l’exécutif (qui règne en maitre sur le reste).

    La victoire de Micro$oft ici et ailleurs EST très fortement aidée par une ESCROQUERIE.

    Vous pensez bien que si Ubuntu (ou autres Linux) était préinstallé, il en serait tout autrement.
    Revenons sur Terre avec la réalité SVP merci.

    • Il est désolant de ne pas vouloir reconnaître les faiblesses de linux et préférer tomber dans une sorte de complotisme où le Méchant Microsoft imposerait son pouvoir occulte contre le droit (tout le système complice).

      Si windows est livré avec toutes les machines, c'est que c'est nécessaire et une demande générale, certes à cause de sa position dominante (usurpée au départ contre cp/m grâce à IBM) mais c'est la loi des réseaux qui donne avantage au plus gros même si ce n'est pas le meilleur et son "ouverture" consistant à l'installer sur toutes les machines en était une condition (le dernier windows semble donner satisfaction contrairement aux précédents, mais je ne l'utilise pas). Sinon, Dell entre autres vent des ordinateurs avec Ubuntu préinstallé, ce qui n'a pas bouleversé le marché et la majorité des produits commercialisés restent difficilement compatibles avec ubuntu. Le jour où linux pourra être mis entre toutes les mains (ce qui me semblait proche il y a quelques années mais n'a pas progressé depuis) on pourra voter une loi qui oblige à le proposer !

      Au lieu de gémir sur l'injustice des critiques, il faut les prendre au sérieux pour que le libre sorte de sa niche et devienne dominant, ce qui arrivera un jour mais d'autant plus vite qu'on arrêtera de penser que c'est la faute des autres. Il manque des interfaces graphiques de configuration, c'est un fait. On l'a dit, c'est l'approche utilisateur qui doit prendre le dessus sur l'approche programmeur, ce n'est pas pour faire de la peine aux programmeurs mais pour la victoire du libre !

    • Que s'est il passé alors historiquement ? Comment Microsoft a-t-il réussi à devenir dominant alors qu'il n'était pas le premier arrivé ? Que s'est-il passé et qu'a pu représenter Microsoft par rapport à ses concurrents de l'époque ? Pour moi ils ont permis aux fabricants de vendre des PC et des composants de PC utilisables par tous le monde. Et oui ça a représenté une ouverture par rapport à ce qui était proposé à côté, même si c'était une ouverture "packagée", même si ce n'était pas "libre".

      • L'histoire de Microsoft est assez comique puisque c'est grâce à sa mère qui jouait au golf avec le directeur d'IBM que Bill Gates a obtenu le marché des PC alors que le directeur de CP/M avait refusé un rendez-vous à Noël ! MS/Dos était un clone de CP/M de la pure contrefaçon comme windows plus tard par rapport à Apple ou Xerox mais, sur le long terme, la réussite de Microsoft tient effectivement à la combinaison de la position dominante d'IBM (alors que des PC équipés de CP/M comme Sirius étaient bien supérieurs) tout en ne se limitant pas à IBM (ce qui n'avait rien d'évident au départ). Une fois devenu un standard dans toutes les entreprises, il devenait difficile de détrôner Microsoft malgré des versions très mauvaises et d'autres meilleures (comme windows 3.1). L'existence d'un standard est une nécessité, ce sera mieux quand ce sera linux, ce qui est tout l'enjeu des prochaines années.

        • Le père de B Gates était un avocat d'affaires réputé, et BG a du être assez bien conseillé concernant les contrats et la propriété intellectuelle qui lui ont permis d'amasser une telle fortune qui repose plus sur des aspects juridiques que technologiques.

        • Linux est en train de devenir le standard justement.
          Ainsi vous parlez de défaite mais sommes-nous capables de reconnaître les victoires qui, mécaniquement, mettent fin à nos revendications ?
          A côté d'Android, Microsoft anime désormais des conférences sur Linux... certes dans un but mercantile, mais la défaite c'est plutôt celle de la prétention d'une inutilité du marché justement. Le libre gagné, en partie en étant présent sur le marché. Encore une fois je ne serais pas étonné si le futur de Windows était celui d'une distribution Linux, avec des morceaux copyrightés au moins au début puisque l'industrie est encore dans la croyance dans le copyright, mais c'est normal.

          • Mais oui les logiciels libres sont l'avenir et déjà le présent pour certaines applications mais il ne s'agit pas de se féliciter, d'être content de soi sous prétexte qu'on est dans le sens de l'histoire, c'est aujourd'hui que les propriétaires ont le marché de masse, même à se servir de linux par dessous. S'impatienter de cette situation pour accélérer le mouvement est tout ce qu'on peut faire contre les marchands qui tentent de le ralentir.

            Il s'agit surtout d'identifier ce qui coince, qui n'est pas la performance mais l'utilisation malgré les gros progrès faits qui me semblent stagner ces dernières années (mais je ne connais pas les autres distributions). Ce qui intéresse les marchands, c'est l'utilisateur, pas la technique.

          • Ces guerres picrocholine à propos du libre me paraissent assez ridicules. Il est évident que le logiciel gratuit gagne du terrain dans un mix payant-gratuit. Je suis sous Windows et Open Office, c'est dire.

  11. à propos de Nokia

    Mais non la catastrophe de Nokia est d'abord "leur" arrogance, l'aveuglement de leur succès - mérité.

    Nokia fabriquait les meilleurs téléphones et ne croyait pas pouvoir perdre ce marché formidable.
    Ils n'ont pas imaginé que l'arrivée des smartphones pourrait séduire massivement les consommateurs et QUITTER le leader incontesté Nokia.

    Ils ont été pourtant alertés de ce risque.

    • Le fait est qu'Android est un système plus ouvert, en publiant les spécifications de son architecture d'une part pour les constructeurs, en publiant un environnement de travail pour les développeurs, et en proposant non seulement un magasin d'applications facile d'accès pour les développeurs mais aussi de se connecter à des magasins alternatifs. Nokia est resté sur un modèle plus fermé... ok, peut-être parce qu'ils étaient avant tout sur le matériel, peu importe, leur arrogance s'est matérialisé en un modèle fermé et rigide, et c'est ça qui a été problématique. L'arrogance, en soi, ça ne gêne aucun consommateur.

    • L'arrogance est un constitutif de toutes les grosses institutions, publiques ou privées. Il est assez classique de voir des grosses boites sclérosées par leur staff & line qui pantoufle avec gros salaires et bagnoles de fonction, ça s'appelle la courtisanerie.

  12. LE modèle du logiciel libre est totalement identique au modèle du logiciel privateur. Sa valeur économique est dans le service et non dans une location/rente du logiciel.

    Richard Stallman ne défend que la liberté, il n'a jamais défendu ou attaqué le commerce.

    Je rappelle que RED HAT a été acheté par IBM plus d'un millard d'euros alors qu'il ne produit que du logiciel libre (et pas opensource).

    Corcernant l'espace de travail et les applications, elles sont nombreux, l'ergonomie est au rendez vous une distribution Mint par exemple, la Ubuntu est revenu sous Gnome après avoir été très UNITY. Ces distributions sont accessibles à un non informaticien, il suffit de passer par la "live" pour installer en 2 clic,pas plus compliquer d'un android ou un windows lorsqu'on doit l'installer from scratch ou préinstallé.

    et le combat est un combat de la liberté contre le confort, comme pour tous les autres domaines de la société humaine...

  13. Moi non plus, je ne suis pas "contre le profit" (les entreprises publiques en font quand elles vont bien), ni contre le commerce. Le profit reste marginal et souvent destiné à l'investissement, il n'est pas toujours assimilables à une surtaxe, ce qu'il est quand il vient d'un monopole, d'une rente privative, ce que produit la logique des réseaux et du numérique, des communications standardisées, ce qui rend les géants du numérique des entreprises publiques de fait et pourquoi il faut les communiser.

    Sinon, même dans le monde libre, tout service a un coût. Je défends le libre pour de multiples raisons dont la principale est certainement technique, nécessité des programmes complexes et durables, de la sécurité et de la confiance. Le fait que ce soit nécessaire le rend possible et permet de prévoir sa victoire pas de prétendre qu'on y est déjà, ce qui est se contenter de trop peu. Le fait que cela démocratise les applications et les rend disponibles à tous, rend le libre plus que souhaitable mais il reste trop minoritaire et pas encore assez accessible à tous. Ce n'est pas pour autant une utopie, la fin de la surveillance généralisée ou des pouvoirs concentrés, encore moins du capitalisme ou du profit. Je milite surtout pour que les plateformes soient réappropriées par les institutions publiques, notamment les plateformes locales par les mairies, mais cela ne rend pas les repas gratuits ni les transports ou échanges locaux et n'abolit donc pas les éventuels profits mais donne simplement la main aux citoyens (ou aux politiques ce qui n'est pas sans problèmes non plus et n'a rien d'utopique).

    Par contre, si le libre était "un combat de la liberté contre le confort", c'est perdu d'avance, les écologistes en savent quelque chose, rien de plus dur sur la durée que l'effort contre le confort.

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