Les 1% contre-attaquent

PeterThielMême si elle est critiquable sur de nombreux points, une étude d'Oxfam prétend qu'en 2016 les 1% les plus riches du monde possèderaient autant que les 99% autres. En fait, ce serait surtout les 0,1% qui en détiendraient la plus grande part, grâce aux bénéfices mirobolants de la pharmacie ou de la finance. On a donc confirmation d'un monde dominé par une toute petite oligarchie, conformément aux thèses de Piketty et du mouvement d'occupation des places. Un peu comme devant les désastres de la saignée grecque, on se dit que la simple connaissance de ces faits devrait suffire à mettre fin à ces aberrations. Ce n'est pas du tout ce qui semble se passer. Non seulement il n'a pas suffi de révéler le complot pour que les conjurés tout honteux soient mis hors d'état de nuire mais l'oligarchie organise la contre-attaque, justifiant d'un côté ces inégalités par des lois de la nature (loi de puissance) ou de l'économie (compétitivité) et achetant des politiciens de l'autre. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils baissent la garde et se laissent dépouiller par souci de justice !

Peter Thiel, fondateur de Paypal, est un libertarien, soutien de Ron Paul, qui veut construire des villes flottantes, véritables micro-Etats offshore échappant aux taxes et législations nationales. Il s'affiche à la fois comme homosexuel et chrétien mais opposé à la redistribution (pur produit américain). La tradition de justification des inégalités par les lois de la nature est très ancienne, au moins dans sa prétention de scientificité depuis Spencer, qu'on fasse référence à la compétition individuelle ou au biologisme raciste ou sexiste. Cette fois, dans son livre Zero to One, c'est une loi statistique qui est invoquée et à laquelle on ne pourrait se soustraire.

On pourrait se dire qu'on n'a pas de temps à perdre avec une nouvelle idéologie d'extrême-droite, sauf que c'est celle des nouveaux milliardaires (comme Elon Musk), qui ont la puissance financière. De plus, il faut bien admettre que cela ne s'appuie pas sur rien mais sur son expérience dans le domaine des startups qui a fait sa fortune. C'est effectivement un domaine qui illustre une version extrême du principe de Pareto qui constatait une inégalité de distribution très courante, dite des 80-20, par exemple entre 20% du temps de travail effectuant 80% de la production et, donc, 80% du temps restant ne produisant que 20% de mieux (fignolage). Une loi de puissance prolonge ces inégalités qui augmentent de façon asymptotique (jusqu'au 1% puis 0,1%, etc.). Cette tendance à la concentration du capital est l'exact contrepied des phénomènes entropiques d'homogénéisation puisque ces distributions ne tendent pas vers la moyenne, ne suivent pas une "loi normale" - ce qui lui fait dire qu'on ne vit pas dans un monde normal mais sous une loi de puissance.

C'est purement descriptif et un fait, à prendre en compte, notamment avec le numérique où "le premier rafle tout", sans que ce soit une raison bien sûr pour l'ériger en norme et prôner un libéralisme débridé mais au contraire pour en corriger les effets (en terme de répartition de la richesse ou de limitation de puissance). En effet, la première leçon à en tirer, c'est bien qu'à laisser faire, malgré l'entropie universelle, il n'y a pas homogénéisation autour de la moyenne mais au contraire creusement des inégalités, principe bien connu de la théorie des systèmes (canalisation) ou même des banquiers qui ne prêtent qu'aux riches...

Encore faut-il pouvoir réduire ces inégalités, et il ne faut pas croire que les oligarques vont se laisser faire. Ainsi des milliardaires beaucoup moins connus, Charles et David Koch, ont décidé de financer massivement les républicains les plus favorables aux riches afin de "sortir du collectivisme" de Barak Obama ! C'est la conséquence directe de la décision de la Cour suprême des États-Unis de déclarer anticonstitutionnelle la limitation des contributions politiques des entreprises, livrant la démocratie aux puissances d'argent. On peut dire que c'était déjà le cas avant, la Chambre de Commerce des États-Unis ayant toujours pesée sur les politiques suivies, mais il faut croire que ce n'était pas assez pour ces nouveaux riches arrogants !

On peut toujours en rire, faire comme si ce n'était que fétu de paille, prétention du tout petit nombre vite balayée par la masse des électeurs. Sauf que la puissance de l'argent est effective à la fois dans la propagande télévisuelle et dans l'organisation. Sauf que cette domination vient de la réussite de leurs affaires, d'une puissance matérielle contre laquelle il ne suffit pas de se révolter en coupant quelques têtes. On peut même dire qu'à faire reposer nos sociétés sur l'économie et la richesse, elles ne peuvent être que des oligarchies, si l'on en croit Aristote, vouées à la maximisation de leurs profits. La démocratie y devient purement formelle comme on s'en est aperçu depuis quelques années et comme le souligne Juncker pour qui il doit être bien entendu que la démocratie ne pourrait remettre en cause aucun traité, aucun contrat.

Malgré la victoire de Syriza, il serait donc bien imprudent de s'imaginer qu'on serait épargnés par ces dérives, qu'on serait à l'aube d'un renouveau démocratique et d'un retour de la social-démocratie. Pour des enseignants à l'ESSEC, qui parient sur leur échec, ces mirages d'une autre économie ne seraient ni plus ni moins que de la simple démagogie, les souffrances du peuple grec étant ramenées à un ressentiment psychologique déplacé, un manque de gratitude envers ceux qui imposent pourtant des politiques qui font des morts et sont à l'évidence contre-productives (ne faisant qu'augmenter la dette), mais la logique financière ne connaît pas d'états d'âme et n'est pas prête à nous faire des cadeaux, encore moins des excuses, fière de défendre une loi implacable, dure aux petits et douce aux puissants :

Hélas, le peuple n'a pas approuvé le succès économique des hommes courageux du gouvernement mais a exprimé la rancœur qui l'habite d'avoir été soumis à pareille purge, lui habitué à être ménagé et acheté par le personnel politique désireux d'être élu et réélu. Il a donc porté massivement au pouvoir les démagogues de la gauche radicale incarnée par le parti Syriza.

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43 réflexions au sujet de « Les 1% contre-attaquent »

  1. pour un mec de gauche de base c'est logique. Au moins peut on parler de doctrine ?

    L'injustice est quelque chose de variable en religion, y a aussi cette justification. Le mec a plein de pognon, c'est Dieu qui l'a voulu d'une manière ben il est élu justifié par le pognon.

    Sans comptez en exergue le coté historique et doctrinale, les expérience dans la modernité de d'hyper collectivisation ou de l'hyper autoritarisme ont échoué, après on peut se chamailler sur les causes et les acteurs mais ça a peu d'importance. Le système actuel a toutes les manettes et il détruit écrase tiens en joue tout ce qui peut le contester. Et certains on malin plaisirs à tirer des ficelles qui leur donne la part belle, trop belle, je vous l'accorde.

  2. Il y a une forme de démence désinvolte à vouloir être si riche, comme si cette richesse
    immunisait contre la mort inéluctable. Remplir son compte en banque pour attirer le désir de l'autre qui permettrait la reproduction de son espèce, sa race, vers un monde parfait. Tout cela a à voir avec la sexualité, l'orgasme rémunérant hormonal faisant son office pharmacologique temporaire, la nécessité de reproduction pour perpétuer l'espèce, sa propre espèce. Tous ces idiots ne se rendent même plus compte de ce qui les meut à l'insu de leur plein gré. Ils jonglent avec toutes les technologies financières et matérielles, sans même se rendre compte qu'ils sont les jouets de leurs désirs sans fin. Comment dire...

    • Perso gagner trop de fric ne m'attire pas plus que ça, mais avoir du temps me cultiver, faire ce que je veux quitte à glander ça me plait.

      C'est une sorte d'hybris, je note le "grâce aux bénéfices mirobolants de la pharmacie ou de la finance", la pharmacie pour prolonger, la finance pour patrimoiner, rajoutons en ce temps la mort (des autres pense-t-on) avec l'armement qui gagne et toutes ces expériences hyper-technologique et transhumaniste qui laisse penser à une recherche au-delà de cet Homme, c'est pas ... pas très catholique.

      • Dans mon cas, je peux dire chiffres à l'appui que je suis un gros glandeur, mais qui a rapporté du blé à d'autres, mais pas à moi. Pourquoi ? Parce que je me suis foutu du salaire et de mon patrimoine, seuls le soleil, la mer et la lune illuminaient ma vie. J'ai toujours eu un mépris pour les comptables mercantiles bornés.

        Toutes ces merdes de comptables mourront riches sans avoir rien vécu de la vie. Un soleil levant, un soleil couchant, une vraie larme, un vrai sourire.

    • En fait, ils ne veulent pas tant être plus riches que défendre un ordre naturel, au nom de l'efficacité, et donc justifier leur propre supériorité. Les gens n'agissent pas si souvent pour des motifs égoïstes mais s'imaginent toujours agir pour le Bien quand ils font les pires saloperies (que ce soient les djihadistes ou les banquiers).

      L’homme heureux se contente rarement du fait d’être heureux ; il éprouve de surcroît le besoin d’y avoir droit. Il veut aussi être convaincu qu’il mérite son bonheur, et surtout qu’il le mérite par comparaison avec d’autres. Et il veut donc également pouvoir croire qu’en ne possédant pas le même bonheur, le moins fortuné n’a que ce qu’il mérite. (Max Weber, Sociologie des religions, Paris, Gallimard, 1996, p. 337)

      Le truc à chaque fois c'est de transformer un fait en droit mais ce qui est intéressant ici, c'est de reconnaître cette tendance à concentrer la richesse pour au contraire la corriger, non pas tant empêcher la tendance monopolistique des réseaux, qui se justifie (plus on est sur un réseau plus il est intéressant, que ce soit facebook - où je ne suis pas - qu'une mafia) mais empêcher que cela se transforme en domination et appauvrisse tout le monde.

  3. Peut-être rappeler le livre de David Graeber sur "la dette, les 5000 premières années", bien cohérent avec Piketty mais sur une période plus longue. L'effacement des tablettes finit par se produire, mais d'une façon toujours différente et en général violente.

    • David Graeber est très critique avec Piketty pour diverses raisons. Il ne partage pas du tout son analyse pour diverses raisons: la dette, le travail, la création monétaire, le revenu de base,...

      • c'est possible que David Graeber soit en désaccord avec Piketty sur ce qu'il faudrait faire, il n'en demeure pas moins que les deux pointent le mécanisme de concentration de patrimoine/pouvoir.
        L'échelle de temps de Graeber c'est 5000ans, mais avec une approche moins documentée que Piketty. L'échelle de temps de Piketty, c'est beaucoup plus court (je ne sais plus bien à combien il remonte).
        David Graeber s'attend à ce que cette concentration finisse de façon assez brutale comme ça s'est toujours passé jusqu'ici, que les 1% (voire 0.1%) continueront à s'entêter dans leur position jusqu'à ce que ce ne soit plus tenable et qu'une crise de réajustement brutale se produise.
        Piketty propose un mécanisme de régulation logique, mais peu probable, de taxation progressif du patrimoine afin d'éviter ce phénomène concentration/explosion. C'est peu probable que sa proposition soit suivie, bien qu'on ait pu dire la même chose de l'IR progressif avant sa mise en place.

        • Les propositions de Piketty sont très insuffisantes et son analyse trop unilatérale mais dans la conjoncture actuelle, c'est un allié qui a ouvert les yeux à beaucoup sur la concentration de la richesse. Quant à Graeber, il est sympathique et utile avec sa perspective historique mais pas assez matérialiste, ne tenant pas compte des rapports de force.

  4. « plus on est sur un réseau, plus il est intéressant que ce soit Facebook- où je ne suis pas- qu’une mafia » Pouvez-vous développer cette remarque ?
    Pour moi je ne suis pas non plus sur Facebook, pas plus que je ne me suis joint aux foules qui se sont désidentifiées par un slogan aussi flou que « je suis Charlie ». Il y a sur Wikipedia une bonne étude des concepts actuellement construits autour du mot « réseau ». Au concret « un ensemble de lignes entrelacées » selon l’image d’un filet- en tant que piège-. et au sens figuré « un ensemble de relations »sociales ou sociétales. . En ce qui concerne les communications sur la Toile , chacun de vos lecteurs sait que les services de ce système ouvrent la porte à des mafias qui vont à la pêche de marchés et du pouvoir en analysant de l’extérieur les tendances des comportements émotionnels de la faune humaine, dont nous sommes les unités d’une multitude.
    Une excellente figure, par l’expression poétique, de la situation de poissons que nous sommes, sur le Net, pour des mafias diverses, m’ a été donnée par le poème puissant de Robert Ganzo en ouverture de sa série « Rivière » et dédié à ses filles

    Hypnotisé le voyageur
    Au bord de la route en voyage
    ou joueur pauvre : le pêcheur
    pris au filet du paysage
    Attentif à d’émouvants signes
    là-bas, au bout de ses extases
    il lit les messages des lignes
    qui sont, dans l’eau, comme des phrases
    Tout un peuple d’argent murmure
    la présence e ce géant.
    la faim afin qu’elle ne dure,
    mordre à quel mystère béant ?

    Les réseaux ouverts de libre communication langagière peuvent entre autres possibilités permettre l’extension de trabucos tendus aux individus humains, qui frétillent en bandes dispersées dans une multiplicité de courants statistiquement analysables. Quid de la démocratie, dans un tel univers ?

    • Le fait qu'un réseau se renforce à mesure qu'il grandit est un principe bien connu des réseaux informatiques (plus il y a de monde, plus on a d'occasions d'utiliser le réseau) comme une mafia est d'autant plus intéressante qu'elle est puissante.

      Que les réseaux soient un obstacle à la démocratie est connu depuis son origine puisque les dèmes, divisions purement territoriales, étaient supposées casser les réseaux familiaux ou claniques.

      • Les réseaux étendus sont assez entropiques, au delà d'une masse critique, il n'y a plus beaucoup de processus décisionnels, car les décideurs sont trop nombreux pour s'entendre sur la direction à suivre, plus de puissance, mais des puissances qui s'affrontent dans le réseau générant une inertie face à des réseaux plus petits, mais plus rapides et déterministes opérationnellement.

        Le consensus nécessaire au maintien des grands réseaux nécessite de réduire le nombre de champs de conflits identifiés et normalisés. C'est là qu'intervient le Colonel Blotto, état major réduit et extension des champs dénormalisés de conflits subjacents.

        • Cela dépend des réseaux, c'est peut-être vrai pour les réseaux centralisés comme les mafias mais ne s'applique pas à des réseaux comme facebook qui mettent en relation des individus et n'ont aucun besoin de consensus (rien à voir avec une entreprise ou une armée).

          • J'évoquais les réseaux de pouvoirs et d'alliances à ne pas confondre avec les réseaux techniques de communication.

            Facebook est un réseau de communication dans lequel se meuvent des réseaux d'influence et de pouvoir.

  5. J'ai cité le poème de mémoire. A l'avant dernier vers il n'avait pas écrit " La faim, afin qu'elle ne dure" Mais " L'angoisse, afin qu'elle ne dure" ce qui étend beaucoup plus le lointain sémantique des
    phrases qui conduisent à la chute du poème. J'ai traduit par " faim",
    sens prosaïque étroit inclus dans le mot "angoisse", parce que c'est midi?

  6. Vis à vis de cette tendance multimillénaire à la concentration de patrimoine/pouvoir, quelles propositions de régulation envisager?
    Pour le moment, ce sont surtout les réajustements violents qui ont eu lieu, avec une inversions des rapports de force. Les "gueux" finissent par devenir dangereux pour les nantis quand ils sont trop nombreux et qu'ils n'ont plus rien à perdre.
    Parmi les solutions théoriques, l'organisation de la lutte des classes demeure logique, avec la difficulté de l'identification à une classe (les indignés? les 99%?). L'idée de Piketty de taxer le patrimoine est logique aussi. Travailler à la source comme le propose Jorion pourrait avoir une certaine efficacité (interdire les paris sur les prix, ne faire qu'une cotation par jour pour couper l'herbe sous le pied du HFT). Morceler le monde de la monnaie avec le Bancor qui crée des sas entre les pays qui peuvent limiter la propagation des pb et permettre aux acteurs locaux d'élaborer des solutions régulatrices.
    Il y a un point de vue culturel qui n'est pas envisagé qui pourrait faire la différence, passer d'une culture du chef à une culture de la décision par consentement. Cela peut sembler dérisoire, mais pourrait avoir un grand impact régulateur par effet de grand nombre.

    • Culture de la décision par consentement; . Le postulat : canaux d'expression à ce consentement ou non consentement: ? ? ?
      Pour "l'impact régulateur par effet de grand nombre." , c'est le principe des pétitions, mais elles ne s'attaquent ni à cette tendance multimillénaire, ni à la concentration de patrimoine/pouvoir...
      Ce matin, un politique a eu le courage d'évoquer "l'étalement de la dette de l'Allemagne à la fin de la guerre" la décision d'une somme remboursable annuelle maximum et le secours des banques . . . on peut tjs rêver !

      • Une culture du consentement ne peut se propager que dans des "organisations" (collectifs divers, entreprises, associations, assemblées), ce que Jean Zin nomme une "démocratie de face à face". Son efficacité n'est pas basée sur des "bons sentiments" ou de "bonnes intentions", mais sur une meilleure prise en compte des réalités, des informations disponibles, et ce qui est important, de façon itérative. La principale objection qui est faite à cette culture provient d'une confusion entre consensus et consentement. Le consentement est obtenu dans un collectif (groupe ou sous-groupe ne dépassant pas 20 personnes) quand toutes les objections soulevées ont été prises en compte, soit par une amélioration des propositions, soit par une reformulation, soit par un abandon.
        L'intérêt d'une telle culture, c'est de déplacer la mise au centre des "chefs", des "sauveurs", par les problématiques, ce qui génère beaucoup plus d'acteurs, beaucoup plus de places et moins d'idéologie. C'est une forme d'actualisation d'une idée participative sous-jacente à la démocratie.

    • Les outils utilisés jusque là étaient les lois anti-trust (qui ont épargné Microsoft et Google) et une fiscalité qui était très forte avant Reagan.

  7. « Il y a un point de vue culturel qui n'est pas envisagé qui pourrait faire la différence »
    De ce point de vue Jean Zin pourrait-il donner son point de vue sur ce qu’a écrit récemment Augustin Bergue sur son blog « Mésologie », article qui étudie la question du dépassement de la modernité concernant l’architecture contemporaine.? La reconsidération selon A.Berque du dualisme occidental ( Logique d'Aristote, Descartes, newton... à partir d’autres sources est très éclairante et on retrouve des questions que Jean Zin a aussi abordées. Il n’y a pas que la culture économique, bien sûr la plus cruciale à considérer actuellement, mais dans quel cadre épistémologique général ?
    http://ecoumene.blogspot.fr »
    « Y a –t-il une rationalité non cartésienne au Japon ? »

  8. Avec une telle configuration, quid de la démocratie ? du bien commun "res publica" (en 2 mots étymologiquement), car ce bien commun il s'en foutent

    « Derrière le gouvernement visible, il y a un gouvernement invisible sur le trône qui ne doit aucune loyauté au peuple et qui ne reconnaît aucune responsabilité. » Théodore Roosevelt 1912

    ps : perso la démocratie, je n'y crois pas, si ce n'est pour garantir un cadre relativement malléable à l'exploitation

      • De mémoire c'est une boutade de Winston Churchill.
        Marrant venant d'un gas qui voulait se convertir à l'Islam, mais les marchands du temple de la City ont su le convaincre d'autres choses, enfin si l'ont en croit sa biographie ils ont su le faire chanter, ils sont forts en renseignements ces anglois.

        En même temps faut se méfier de la propagande des deux bords notamment la Républicaine qui ne recule devant rien, oui oui les nobles cuissaient toutes les gueuses, mangeait les enfants, d'ailleurs on a du leur couper la tête pour les calmer, mais c'est pas nous les violents disent ils encore du haut de leurs guerres mondiales.

  9. Comment les "1%" on monopolisé le marché des drogues :

    "Ce qu’ils voulaient était radicalement différent : maintenir le monopole de la France, de la Grande Bretagne et des États-Unis sur le marché légal des drogues, sur les opiacés utilisés dans les soins médicaux et les hôpitaux. C’est là l’enjeu financier. Ces pays souhaitaient maintenir un monopole éminemment lucratif. Ce n’est pas une question de toxicomanes dans les rues. L’enjeu ce sont les hôpitaux et les cabinets médicaux où tous les jours on emploie tant de cocaïne et de morphine. C’est là que se trouve l’enjeu financier. Les représentants de ces pays voulaient s’assurer que personne ne fasse entrer de drogues illicites sur le marché, ce qui viendrait troubler leur monopole."

    http://www.laviedesidees.fr/La-vie-en-societe-une-improvisation.html

  10. Bonjour Jean, c'est ma première intervention sur votre site et je vous remercie de donner la parole aux internautes.
    Ne serait-il pas intéressant de rappeler ce qu'est l'argent à l'origine ? d'ailleurs mal nommé puisqu'il s'agissait d'or.
    Dans sa symbolique, ce dernier représentait le soleil (dû, sans doute, au processus de sa transformation et de son analogie représentative). Ainsi, l'or transmet, suivant les différentes civilisations, une énergie hautement masculine (contrairement à l'argent qui représente la lune et donc féminine). Cette matière rare appartient donc maintenant à une population rare... On remarque que ce déséquilibre produit une sphère "gonflée à bloc" dont la membrane devient de plus en plus ténue (ceinte par un nombre de personnes de plus en plus réduit) en opposition avec une sphère dont la membrane est épaisse et donc avec une capacité de réception moindre.
    Ce "trou noir en or" est d'une masse importante puisqu'il détermine la manière dont l'autre sphère réagit, on a là un principe newtonien classique.
    Vu ce système, on pourrait imaginer un "effondrement sur elle-même" de cette sphère "Or" (ce que ne manquera pas de respecter les cycles solaires). Au delà d'une masse critique d'énergie, cette dernière libèrera de sa puissance pour se reformer, plus concise, plus subtile mais aussi amoindrie en matière. Cette libération d'énergie permet au système de bénéficier des différentes particules qui le compose.
    Que fait la terre ? sans soleil et sans lune (sans or et sans argent) elle meurt car tout son écosystème et, par delà cela, son principe même de fonctionnement en sont soumis. Malgré cela, il faut une certaine distance pour que cette collaboration fonctionne...

    C'est donc là que réside le principe d'équilibre richesse / utilisation de la richesse : c'est l'équidistance calculée et juste entre la distribution et l'utilisation. Ces interactions sont réciproques car leur création se sont faites simultanément (création d'un système solaire). Ainsi, un dialogue subtil établi entre les sphères permet un système naturel et, par les lois de cette nature, cohérent.

    Ainsi, je serai optimiste...
    Rien ne sert de vouloir devenir le soleil (et par là, d'espérer vouloir avoir plus) puisqu'il pourvoit aux besoins par sa propre masse et surtout garder la distance qui permet l'équilibre.
    Autrement dit, vouloir obtenir plus de ce que l'on rejette (l'argent) devient un système pervers qui donne large avance à celui qui possède et déséquilibre cette équidistance sus mentionnée. C'est cela qui rend malheureux...
    De plus, il faut un temps pour tout... Le soleil lui-même connaît ses propres circonvolutions, ses libérations d'énergie et le rendent vivant. Il est donc soumis, lui aussi, aux lois de la nature.
    N'oublions pas que dans le cosmos, des systèmes se créent et meurent mais ça n'est pas pour autant que les lois disparaissent.
    N'oublions pas non plus que l'or se dit étymologiquement "Aurum" mais qui traduit dans la langue de l'ancien testament "Aur" qui veut dire lumière. Mais c'est la lumière à travers la matière : un alchimiste n'a que faire de transformer le plomb en or mais cette indication lui permet de confirmer qu'il est sur le bon chemin...
    Bien à tous.

  11. Je savais que Musk était ami avec Thiel mais je ne pensais pas qu'il partageait les mêmes idées. Je le pensais plus idéaliste, notamment du fait de space x. Mais j'ai lu un article qui va dans vote sens au sujet de Musk:http://www.wearemany.com/elonmusk-ai-fears/
    Cependant il existe deux tendances principales à mon avis chez ces élites, celle de Gates et de Thiel, mais aussi celle minoritaire de gens comme Jeremy Howard que prônent le revenu de base:
    https://www.youtube.com/watch?v=xx310zM3tLs

    • Il n'y a effectivement pas d'unité entre les capitalistes en concurrence les uns avec les autres, il y en a de meilleurs (comme Warren Buffet qui voudrait être plus taxé) et des pires (comme les libertariens), de même qu'il y avait des nobles révolutionnaires comme Philippe égalité, mais ceux qui défendent farouchement leurs intérêts sont les plus nombreux et savent faire front quand il le faut !

      Je ne trouve pas terrible l'article sur Musk mais voici ses livres préférés, dont celui de Thiel :
      http://uk.businessinsider.com/elon-musk-favorite-books-2014-10

  12. Nous assistons en ce moment à une lutte sans merci entre la finance spéculative et agressive emmenée par l'Allemagne et la BCE, face au gouvernement grec, démentant les prévisions qui pensaient que ce nouveau gvt allait plier rapidement.

    La BCE vient de couper les liquidités pour les banques grecs, le gvt d'Athènes semble réagir calmement: partie de poker menteur ?

    • Pour l'instant, le nouveau gouvernement grec me semble avoir fait un sans faute, notamment en brandissant la menace de la faillite, ce qui est leur seule arme du faible au fort (quand vous devez beaucoup d'argent à la banque, c'est la banque qui a un problème). Les dirigeants européens ne sont pas à la hauteur pour l'instant et semblent prendre le risque d'une faillite qui serait pire que celle de Lehman brothers, ne comprenant pas que c'est leur intérêt d'indexer le remboursement sur la croissance (un peu comme une saisie sur salaire), enfermés dans leurs arguties juridiques et le dogmatisme de la Buba.

      • Oui, mais le problème c'est que la Grèce doit à la BCE, qui elle-même ne doit en fait à personne puisque c'est l'institution monétaire itself.

        La BCE est créatrice de monnaie, autrement dit elle peut récupérer des dettes et les effacer aisément. Ce qu'elle ne fait pas évidemment, conforme à son orthodoxie néolibérale.

        Pour le reste, la Grèce doit essentiellement aux États, qui eux non plus ne peuvent pas faire faillite. A moins d'une sortie de l'euro je ne vois pas de solution pour le nouveau gvt.

  13. Comme le dit un commentaire sur internet: je ressens la lutte de la Grèce comme la guerre d'Espagne du XXIe siècle. Tout comme pour celle-ci la non-assistance de la France aura des conséquences économiquement totalitaires sur tous les pays de l'Europe. Nous sommes vraiment au rendez-vous. Si nous ne savons pas nous mobiliser immédiatement, maintenant, en solidarité avec la Grèce, c'en est fait de nous.

    Puisse la décision de la BCE ouvrier les yeux de ceux qui croyaient que l'Union Européenne telle qu'elle existe s'identifie à la démocratie. Les masques tombent, et Syriza aura au moins permis de révéler que nous sommes dans une nouvelle forme de dictature.

    • "je ressens la lutte de la Grèce comme la guerre d'Espagne du XXIe siècle. "

      N'importe quoi, "abat l'argent" n'a rien à voir avec "on veux plein d'euros" !!? Puis regardez le programme de Syrisa y a des éléments de branlettes et d'autres pro-mondialiste donc pas de quoi fouetter des oligarques.

      "Tout comme pour celle-ci la non-assistance de la France aura des conséquences économiquement totalitaires sur tous les pays de l'Europe. "

      La France obéit aux puissants comme d'hab, d'ailleurs pendant la guerre d'Espagne c'est la gauche conventionnelle qui a maté ce mouvement original de Catalogne qui était anarcho-socialiste(le vrai) et patriotique.

      Sans comptez la géopo, avec les attaques dures du monde Occidental large sur le monde Orthodoxe : Yougo, Grêce (mou) et Ukraine.

      Mais le soucis qui nous concerne tous et ce site en parle pas mal, c'est le saut de la civilisation sociale à la civilisation technicienne et la technique fait peu de cas des humains surnuméraires trompés qui pleurnichent. Puis la technique est très asservissante. C'est dégeu mais c'est comme ça.

      • Tenez lisez cela:
        http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-

        Si Syriza était de la "branlette" comme vous dites, la BCE et l'oligarchie eussent été accommodantes.

        Ce n'est pas le cas, l'oligarchie ne tolère même pas un mouvement seulement social-démocrate comme Syriza.

        Vos propos me rappellent ceux que tenaient l'extrême gauche avant la chute d'Allende au Chili. Sauf qu'ici le Pinochet (qui pourrait être un Pinochet grec profitant du chaos qu’entraînera l'ultimatum de la BCE à la Grèce) c'est la BCE.

        Facile de parler de "branlette" derrière son clavier. Il y a un moment où il faut prendre ses responsabilités et choisir son camp, sans insulter le plus faible. Un démocrate ne doit pas tolérer le chantage de la BCE.

          • Quant on voit que Kojève l'européiste hégélien tenait en haute estime un juriste constitutionnaliste allemand proche du nazisme, complètement foutraque et véreux, une ordure en fait, comme Carl Schmitt, faut pas s'étonner de l'état actuel de l'Europe :

            "Le goût prononcé de Kojève pour la chose politique lui fit tenir une correspondance avec le juriste constitutionnaliste Carl Schmitt, qui au sortir de la Seconde Guerre mondiale, du fait de ses affinités en 1932 avec le parti national-socialiste, était passablement discrédité. Cependant Kojève tenait Schmitt pour un penseur de premier plan. Alors qu'il répondait à la question de Rudi Dutschke : « Que faire ? » par cette réponse abrupte : « Apprendre le grec ! », ce philosophe qui passait pour être farouchement stalinien aurait dit à Jacob Taubes, qui s'étonnait de voir Kojève s'apprêter à rendre visite à Schmitt à Plettenberg : « Qui donc d'autre vaut la peine d'être rencontré en Allemagne ? »."

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Koj%C3%A8ve

          • L'embêtant avec wikipédia, c'est que cela ne remplace pas la connaissance d'un auteur, outre que c'est souvent écrit par des ignorants.

            Kojève a certes participé à la construction européenne après-guerre, à une époque où l'Europe n'existait pas encore mais, d'une part il n'a fait que prendre le train en marche contrairement aux théories du complot qui font de l'Europe une création des Rothschild (complot dont Kojève aurait ait partie!), d'autre part son rôle a surtout été d'arrimer l'Europe du sud à la construction européenne pour mettre la France au centre et ne pas tomber sous la coupe germanique, enfin Kojève était surtout mondialiste puisque théoricien de l'Etat universel et homogène dont il voit la préfiguration dans Napoléon.

            Certes, il a dit qu'il était stalinien et voyait en Staline un successeur de Napoléon (tout comme Mao apportant la philosophie occidentale en Chine avec le marxisme) mais ceux qui prennent cela au pied de la lettre ne comprennent rien à sa philosophie, ni à son action effective pro-occidentale et anti-stalinienne, ne connaissant rien à sa vie (il a fui la révolution), ni à son ironie pourtant célèbre. Cette boutade avait l'intérêt de résumer son interprétation marxiste de Hegel mais n'a de sens que dans ce cadre qu'il faut connaître pour ne pas en donner une interprétation politique.

            C'est un peu pareil pour Carl Schmitt. Il est exact factuellement qu'il avait Carl Schmitt en haute estime et devait aimer disputer avec lui, cela signifie d'autant moins un accord avec ses thèses qu'il a écrit un gros livre pendant la guerre (dans le Lot) pour les réfuter ("Esquisse d'une phénoménologie du droit"). On ne peut en dire autant de nombreux intellectuels "de gauche" qui font référence à Carl Schmitt aujourd'hui, en premier lieu Agamben et son perroquet Julien Coupat ("A nos amis" est un titre qui fait référence à l'opposition ami-ennemi supposée structurante de la politique pour Schmitt).

            Il ne s'agit pas de défendre Kojève, qui a été important pour moi comme pour beaucoup d'autres dans la lecture de la phénoménologie de l'esprit, mais dont je rejette maintenant la lecture marxisante qu'il en a fait. La personne Kojève n'a aucune importance, on ne peut se passer de ses livres quand on s'intéresse à la philosophie, de même qu'on ne peut se passer de Heidegger bien qu'il ait été un nazi antisémite (Heidegger dont Kojève disait qu'il avait très mal tourné, s'il ne le dit pas de Schmitt, c'est peut-être parce que Schmitt était déjà nazi avant les nazis, déjà engagé sur cette pente terrifiante de l'état d'exception ?).

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