Le désir plus que la vie

Ethique vs politique du désir
Toute la raison humaine ne serait rien sans son grain de folie car il faut inévitablement être sa propre dupe de quelque façon, attachés au désir plus qu'à son objet, plus qu'à la vie même. C'est pourquoi nous ne serons jamais sages, tout au plus philo-sophes dans notre quête obstinée de vérité. Nous sommes des chercheurs d'impossible, il n'y a pas d'homme ni de femme qui ne recherche le Graal, le Bonheur, l'Amour, la Vérité jamais possédée ou quelque nom qu'on veuille lui donner. Nous vivons inévitablement dans une course éperdue et l'illusion de l'espérance qui nous projette dans l'au-delà d'un avenir rêvé. L'ensorcellement des mots, leur poésie est bien ce qui nous fait humains et notre désir plus qu'animal, désir de désir et d'y croire avant même d'être désir de l'Autre, du simple fait de notre qualité de parlêtres qui se racontent des histoires et prétendent donner sens au monde.

Nous sommes d'une race future, imaginaire, utopique, non advenue encore, toujours en devenir. Il serait suicidaire pourtant d'en rajouter dans l'utopie, comme si on ne devait pas composer avec le réel ni faire le partage entre l'idéal et le possible tout comme entre l'éthique individuelle et les politiques collectives qui ne sont pas du tout sur le même plan. Maintenir ces dualismes est essentiel pour comprendre comment on va du désir à la raison et du non-sens originel à l'histoire du sens. Il n'y a pas continuité entre le privé et le public, pas plus qu'entre les fluctuations microscopiques et la stabilité macroscopique. Il faut faire la part des choses et avancer pas à pas, ne pas vouloir se projeter directement dans les étoiles, d'autant que l'idéal lui-même n'en sort pas indemne. Il n'y a pas que l'ignorance, l'erreur, les préjugés, alors que notre jugement est avant tout brouillé par le désir, par son intentionalité comme par les mots. La vérité qu'on découvre est rarement celle qu'on attendait, qui se heurte aux démentis du réel, nous engageant dans une dialectique implacable qui est la vie même.

Trop blasés déjà, il nous faut, semble-t-il, des liqueurs de plus en plus fortes, l'insatisfaction chevillée au corps (I can't get no). Il ne suffit pas, en effet, d'admettre que nous sommes des êtres de désir. C'est bien plus grave puisque c'est un désir qui ne peut trouver de satisfaction et se détourne de ce qu'il a tant convoité dès que possédé : ce n'était donc que ça ! L'érotisme vise explicitement à en différer la consommation avec son inévitable déception finale. Ce n'est pas seulement qu'on ne peut plus désirer ce qu'on a comme disait Platon, c'est plus essentiellement qu'on vit d'illusions, qu'on projette sur le futur des fantasmes pleins de contradictions, qu'on en fait toujours trop. Si on arrivait vraiment à ce qu'on désire, la vie n'aurait d'ailleurs plus aucun sens, c'est l'impasse des appels à la raison. Une fois complétée, la collection n'a plus besoin de collectionneur. De même que la vie artificielle n'est pas la vie, une vie parfaite ne serait pas une vie ! En fait, ce qu'on présente comme une vie parfaite, n'est le plus souvent qu'une mort parfaite, au sommet de la gloire ou en plein amour fusionnel. Dans les moments de grand bonheur, effectivement, mourir peut n'avoir plus guère d'importance, mais si la mort n'y met un terme, le temps s'en chargera bientôt, car c'est le temps qu'il nous reste qu'il faudra habiter de nouveau de nouvelles envies, dût-on le déplorer ou s'en réjouir. Le difficile, c'est la durée.

Pas de paradis ni d'harmonie finale au bout du chemin, que l'ennui mortel qui se dégage de toutes les utopies auxquelles on préférera toujours la douleur du manque et d'un désir jaloux où s'éprouve la sensation de vivre au moins, à défaut de l'appétit de grandir d'une jeunesse impatiente. Rien de pire que le vide et l'angoisse de l'absence de désir quand le manque nous manque. C'est la limite de la liberté et pourquoi on s'invente des interdits comme obstacles imaginaires à ce qui est pourtant de l'ordre de l'impossible plus que de notre impuissance. Il n'y aura jamais coïncidence du réel et du discours, de la jouissance et de son but, de la présence et du sujet. Il y a de quoi rire de ceux qui voudraient arranger tout ça, dans une harmonie des désirs et une suffisance satisfaite. Que faire alors ? Non pas rien, justement, et sombrer dans la passivité. Il n'y a pas de raison de déserter ni de se laisser-faire, nous devons tout au contraire habiter notre temps et ne pas céder trop facilement sur notre désir !

Rien de vraiment neuf, assurément, mais il y en a bien peu qui défendent ces évidences aujourd'hui qu'on nous ressert à chaque occasion moralisme et bons sentiments sans aucune effectivité. On confond le bonheur trouble de la passion avec la passion ordinaire d'un bonheur trop lisse identifié aux attributs de la réussite sociale. Non, il ne suffit pas d'être un gentil garçon, ni même d'être le plus savant et rationnel qu'on peut l'être, sans rêve ni illusions. Sans plus aucun désir qui nous anime, l'existence n'est tout simplement pas vivable. On ne le sait que trop bien dans les moments de dépression que peut provoquer quelque accès de lucidité, fautif cependant de s'imaginer n'avoir plus rien à découvrir, plus rien à attendre de la vie. Il est vrai qu'on peut s'attendre au pire mais, pour vivre, il ne faut pas trop y penser. On ne peut vivre à n'importe quel prix mais ce n'est pas la pensée qui nous fait vivre, c'est la vie qui nous fait penser. Pour justifier la vie, il vaut mieux assurément l'énergie débordante de petits chats qui sautent partout. Il faut vouloir grandir, vouloir aimer, vouloir la Lune. Toute beauté, toute belle femme, est une trompeuse promesse de bonheur et d'épanouissement. On peut dire que la prégnance du désir est dans nos gènes, son caractère hypnotique. Il n'y a pas que l'instinct animal cependant qui nous leurre et nous mène par le bout du nez. On s'enivre surtout de mots. Il faut faire preuve de beaucoup d'humour avec nos faiblesses et nos prétentions excessives car elles ne sont pas seulement trop humaines, elles nous sont vitales !

Il faut s'en persuader, nul état ne pourrait nous combler, faire taire nos inquiétudes, aucun retour en arrière ni l'homme augmenté des transhumanistes, ni même aucun décervelage. C'est à cause de notre situation existentielle d'habitants de l'éphémère, éprouvant leur inadéquation à l'universel qui nous requiert pourtant par le langage. C'est à cause du désir de désir qui nous humanise et nous rend coupables. C'est, avant tout, à cause du non-sens du monde auquel il nous faut donner sens pourtant. La vérité, c'est le non sens de départ, qui n'est pas une raison de ne rien faire, tout au contraire. Comme dit Utopia : "si le monde n'a aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ?". Oui, mais cela ne veut pas dire qu'on pourrait dire ou faire n'importe quoi, puisqu'on n'est pas aidé ! Il ne s'agit pas de promettre le bonheur ni de dicter sa loi en vain à un réel qui nous échappe. On ne peut viser ni l'être enfin trouvé, ni le néant destructeur mais seulement le devenir pour le temps qui nous est imparti, c'est-à-dire le sens réellement existant, celui de l'histoire (du moins tel qu'on peut la raconter). C'est le paradoxe d'un sens qui dépend entièrement de nous, tout en étant un sens hérité, qui nous précède (la tradition révolutionnaire) et nous est entièrement donné avec la configuration politique du moment (il n'y a rien là de subjectif bien que le subjectif doit y "participer"). On peut juste profiter des opportunités historiques quand elles se présentent. Non pas pour réaliser l'utopie ni changer les hommes mais pour continuer l'histoire humaine, l'histoire de notre émancipation, avec ses ruptures, pour devenir un peu plus humains peut-être ?

Le sens reste fragile, évanescent, insuffisant. La vie est dure pour tout le monde et il faut en rabattre constamment sur nos idéaux mais cela n'enlève rien à ce qui reste extraordinaire, au regard de l'improbable miracle d'exister ! Exister, c'est exister politiquement mais l'existence doit se prouver et ne se pose qu'en s'opposant (à l'entropie comme à la mort, à l'injustice comme au pouvoir). Pas la peine de noircir le tableau même si nos humeurs nous poussent volontiers à nous plaindre d'un réel si déceptif qui nous écrase, nous résiste et nous dément. On ne peut prétexter le non-sens du monde pour refuser la vie qui lui donne sens. Le monde ne trouvera jamais grâce à nos yeux, comme s'il devait se conformer à nos rêves alors qu'il n'a que le sens qu'on lui donne, qu'on lui a donné dans l'histoire, et qu'on doit prolonger mais c'est bien lui qui nous fait rêver à mieux, nous et quelques autres qui appartenons à ce monde tout aussi bien. Ce qui se présente comme des raisons de mourir, au moins de désespérer, se révèle en fait une raison de vivre, des combats à mener, ce qui peut donner sens au-delà de la vie à notre existence dans sa résistance même.

L'époque vieillissante est portée aux propos catastrophistes d'intellectuels atrabilaires mais il est assurément absurde de croire pouvoir condamner définitivement un monde dont nous sommes le produit, absurde de le condamner au nom même des valeurs qu'il prétend incarner. Inutile de s'en prendre aux dieux, personne ne répond. Ce sont les menaces et les injustices du monde qui nous appellent à la résistance, c'est ce monde qui est notre monde, déjà forgé par les luttes des hommes et dans lequel il faut vivre. C'est notre lot. La seule chose qu'on peut faire, c'est de la poésie, c'est de donner sens à ce qui n'en a pas, de lutter contre l'injustice, de faire advenir un monde un peu meilleur même s'il n'abolira ni l'injustice ni le malheur. Juger le monde de haut n'a pas de sens, il faut par contre le transformer pour lui donner sens justement, même à notre petit niveau, ce qui ne veut pas dire le rendre conforme à nos désirs d'apporter simplement notre pierre à l'édifice commun.

Il y a toujours une disharmonie entre l'homme et le monde qu'il faudrait reconnaître au lieu de la nier en nous promettant une réconciliation finale, comme s'il pouvait y avoir réconciliation entre le fleuve et celui qui tente de remonter péniblement le courant. Si la réalisation de la philosophie peut avoir un sens, ce ne peut être de nous promettre un monde idéal, celui dont parlent les religions (le Ciel sur la Terre), sans plus de désirs ni de folies. La philosophie n'est pas là pour raconter des sornettes mais, tout au contraire, pour nous dépouiller de nos préjugés et de nos illusions afin de nous ouvrir à l'histoire, au devenir, à l'inconnu. C'est bien en politique et en démocratie que le précepte "connais-toi toi-même" est si important. Il faudrait tout de même tenir compte de l'anthropologie la plus sommaire pour ne pas vouloir nous forger un homme nouveau trop unilatéral, que ce soit l'homo oeconomicus ou l'homo sovieticus ou l'homo numericus, le cyborg, etc. Il faudrait tenir compte un peu plus de la sociologie, de la psychologie, de la psychanalyse, de notre rationalité limitée, de notre diversité, de nos contradictions et de l'indécidable pour ne pas nous idéaliser dangereusement ni nous figer dans une identité factice mais prendre la mesure des difficultés à surmonter pour une démocratie qui ne soit pas du semblant.

Depuis son origine, la philosophie a partie liée avec la démocratie et la dénonciation de la démagogie qui est sa pathologie, le règne de la communication et du verbiage des sophistes. La philosophie et les sciences se sont constituées par le rejet du dogmatisme (étatique) comme du scepticisme (libéral), ce qui en fait des savoirs en progrès, savoir qui connaît sa propre ignorance sans vouloir s'en satisfaire. De même, politiquement, la voie est étroite, entre activisme et renoncement, enthousiasme imbécile et dépression mortifère. Si l'on ne veut pas servir à rien, il faut se situer dans le courant pour s'y opposer ou le dévier en fonction des forces en présence. Il ne s'agit certainement pas de réaliser nos désirs en politique (surtout pas le désir d'être président ou ministre!) mais de réduire les inégalités, combattre les injustices, conquérir de nouvelles libertés, continuer le combat de nos pères. Il s'agit de se situer dans une "tradition révolutionnaire", au nom de la raison et de l'amour de la vérité plus que de nos désirs les plus fous, afin de participer à l'histoire en train de se faire. Il n'y a qu'une seule voie pour cela, la voix publique, celle du récit collectif qui doit rendre compte des faits, des droits effectifs plus que des valeurs.

Il est crucial de bien comprendre quelle est notre marge de manoeuvre pour ne pas être réduits à l'impuissance par des ambitions délirantes un peu trop répandues comme de vouloir changer les gens (ce qui pour beaucoup est le seul objectif politique qui vaille). On attribue un peu facilement les malheurs du temps à la force des puissants, si ce n'est à leur méchanceté. On suppose des complots ou quelque force obscure. Le retournement qu'il faut opérer, c'est de considérer que notre faiblesse vient surtout de n'avoir rien d'autre à y opposer de consistant, du moins d'être incapables de nous entendre sur les solutions. Il ne sert à rien de vouloir mobiliser les désirs ou changer notre imaginaire. Notre désir ici n'a pas son mot à dire quand on doit construire un projet collectif. C'est le caractère irréaliste, inadapté ou catégoriel des revendications qui les déconsidère, pas la propagande ennemi. Notamment, en rester au quantitatif, c'est donner le pouvoir à la finance qui sur ce plan est imbattable. Ceux qui s'imaginent que la solution est évidente et connue de tous sont obligés de croire que ce sont les médias qui nous tiennent en leur pouvoir pour nous empêcher de voir la réalité mais c'est plus grave car la contestation elle-même est complétement en dehors de la réalité. En fait, malgré la foi des militants, ce qui ne se réalisera pas, c'est presque toujours ce qui n'est pas possible ou du moins pas durable mais qui souvent n'est pas si désirable que ça non plus, bien qu'ils en soient si persuadés. Il faut faire avec une réalité complexe et multiple. Ce sont nos finalités qu'il faut adapter précisément à la situation, à la richesse des possibles. On n'a que faire de fantaisies arbitraires ni de grands principes. La question politique est avant tout cognitive face à la rupture anthropologique de l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. S'il y avait vraiment une alternative crédible et l'union des travailleurs, ces puissances souveraines qui nous semblent si invincibles ne tiendraient pas un instant, mais pour cela il faudrait au préalable en rabattre un peu sur nos prétentions trop idéales, pour obtenir beaucoup plus pratiquement !

L'analyse des potentialités effectives ne va pas de soi, c'est l'objet du débat politique mais qui exige de toutes façons un travail d'enquête et d'information sur les conditions concrètes des pratiques concernées. On ne peut se payer de mots, parler de valeurs, d'idées, d'absolus. C'est justement à cause de l'irrationalité du désir et de nos penchants pour l'utopie qu'il faudrait exclure du débat public tout ce qui vise une perfection qui n'a plus rien d'humaine. Aristote n'a pas été au bout de son opposition à Platon sur ce point mais c'est incontestablement l'idée d'un Bien suprême qui est contradictoire avec ce que nous sommes, avec la vie elle-même qui n'est pas sans la mort qui l'accompagne, avec l'histoire qui avance par son mauvais côté, avec l'information et l'évolution qui ne sont concevables hors d'un monde incertain. Le seul bien, c'est l'activité elle-même et donc le désir. Non seulement la vérité n'est pas donnée et doit être conquise sur l'erreur et les préjugés, non seulement elle ne peut éliminer toute illusion, mais elle reste toujours incertaine, provisoire, imparfaite, in-finie, à suivre. Il faudra bien l'admettre pour regarder la réalité en face et reprendre l'initiative. D'une certaine façon, les libéraux, eux, l'ont bien compris, sauf qu'ils ont tort de prétendre qu'on ne saurait rien, sous prétexte qu'on ne sait pas tout, et que, dès lors, on ne pourrait rien faire que s'occuper de ses petits intérêts, comme si l'amour n'existait pas et la simple solidarité humaine, comme si nous n'avions pas en charge notre destin commun, comme si le langage et le sens n'étaient pas communs tout comme les techniques, le système de production, l'espace public, etc.

On peut dire que l'amour, invoqué un peu lourdement par d'autres, manifeste ouvertement pourtant toutes nos contradictions, non pas l'amour rêvé et bienveillant mais l'amour réel ou plutôt leur opposition même. Vouloir que tout le monde s'aime, comme on le répète un peu béatement, c'est à l'évidence contradictoire. Qui donc serait prêt à se satisfaire d'un amour de principe ? Pire, c'est bien souvent l'amour la cause de l'égoïsme et de l'agressivité, quand il ne tourne pas à la haine. Plus généralement, les relations humaines sont inadéquates. Alors qu'on vise son désir, il n'y a pas moyen de ne pas être pris pour objet par l'autre, lui appartenir de quelque façon, subir sa pression. La domination est dans le langage qui nous poursuit de ses injonctions. Le malentendu est la règle. Cela n'empêche pas l'amour, sinon nous ne serions pas là, mais tout cela ne tient ordinairement que par convention. Comme disait Lacan, ce qui fait tenir les relations humaines, ce n'est pas d'y penser. On ne peut toujours s'en abstenir, hélas, question de sensibilité plus ou moins maladive...

Ce sont choses massives dont les politiques et les bâtisseurs d'utopie devraient se souvenir, notre propension à poursuivre des chimères qui n'ont nul besoin de quelque diable pour échouer. A chaque fois, la cause du krach, ce n'est rien d'autre que la bulle spéculative qui précède, l'exubérance irrationnelle des foules. La question n'est pas de savoir quelle idéologie nous apporterait le bonheur mais seulement de franchir une nouvelle étape historique (réflexive) qui nous ramène au réel et à plus de modestie, ce qui ne veut pas dire qu'on n'a pas besoin d'une bonne révolution de temps en temps mais qu'il n'y a pas de chemin du bonheur, il n'y a pas de vie naturelle, ni d'harmonie préétablie, ni de vérité assurée. La vie est exploration et apprentissage. Dire qu'il n'y a pas de bonheur serait d'ailleurs tout-à-fait inexact, ce qui n'existe pas, c'est la béatitude qu'on nous promet, l'image du bonheur publicitaire ou de moments d'ivresse, alors que les gens sont bien plus heureux qu'on ne croit. Les sondages l'attestent, dans les pires conditions parfois, en dehors bien sûr des dépressifs qui sont tout de même plus de 10%. Il faut le savoir, nous habitons un monde d'illusions qui se confronte au réel inévitablement et doit retomber sur terre, mais nous ne pouvons vivre sans illusions, sans la jouissance dont le manque rendrait vain l'univers. C'est ce tremblé du désir et de la vérité qui est la vie même. Toute notre liberté est dans notre capacité d'égarement (errare humanum est) mais aussi de correction de nos erreurs (persevare diabolicum).

Il faut le rappeler sans cesse aux tentatives de normalisation : l'idiotie fait partie de la nature humaine. On a besoin d'illusions, soit ! cela ne souffre pas de discussion, il est primordial de reconnaître notre part de bêtise, de ne pas la nier, mais pas de la glorifier non plus ! Il y a là un autre piège, l'illusion de la maîtrise où toute une frange de la pensée critique est tombée. Certes, "les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou" mais ce n'est pas une raison pour s'imaginer qu'on pourrait choisir d'être fou ni amoureux et se mettre à défendre n'importe quelle folie plus ou moins raisonnable pour sortir d'un trop long ennui. Ce n'est pas comme cela que ça se passe dans les faits (ce qu'on appelle "la signification du phallus", le passage du désir de désir au désir de l'Autre). C'est plutôt dû à la faiblesse de notre position, à notre peu d'assurance dans l'être. C'est la conscience du non-sens initial qui ne tient pas face à l'affirmation de l'autre dont l'existence nous apparaît soudain plus consistante que la nôtre et qui accroche le désir en nous mettant en cause dans notre être. De même, c'est la capacité des mots à suggérer un sens et l'absence effective de garant, de juge suprême pouvant authentifier a priori la vérité de ce qui est dit, la bonne foi comme les bonnes idées, qui nous soumet à la pensée de groupe et à l'histoire, nous condamnant à expérimenter une à une toutes les idées un tant soit peu crédibles, ce qu'on appelle procéder par essais-erreurs, conséquence du fait que la vérité n'est pas donnée avec nos bonnes intentions. Notre intelligence est supposée limiter ces tâtonnements aveugles mais on ne peut jamais les éliminer, l'histoire n'étant pas écrite d'avance, on reste sujet.

On a beau le savoir, notre vécu reste celui de l'objet du désir qui se dérobe et qu'on poursuit comme son ombre. La conscience est absorbée par son objet, la perception disparaît dans le perçu, la méconnaissance est bien de structure. Il n'y a pas d'issue envisageable dans ce va et vient de la vérité et du désir sinon que cela devrait justement nous inciter à différencier le champ politique des désirs individuels et ne pas laisser ceux-ci trop parasiter ceux-là.

Il est urgent, pas seulement pour la sauvegarde de nos libertés, de reconnaître en l'homme un être de désir et de prendre toute la mesure des complications que cela introduit non seulement par la pluralité et la concurrence des désirs mais par leurs illusions et leurs excès. A rebours du moralisme, écologiste ou autre, tenir compte du désir de l'homme dans ce qu'il a de nécessaire autant que de trompeur doit nous faire renoncer à réprimer nos désirs pour former un homme idéal, dépourvu de sa "part maudite", mais cela doit nous engager aussi à nous méfier de la contamination des objectifs politiques avec toutes les formes de mysticisme comme de manipulation de l'enthousiasme des foules. La part du désir, c'est presque toujours la part du ratage qui n'est pas seulement sexuel. Il est très important de tenir compte à la fois d'un désir qui n'a rien de naturel et d'une réalité qui n'est pas si désirable.

Pour une écologie-politique qui doit certes être radicale mais surtout réaliste, cela veut dire qu'on ne peut prétendre tout changer, comme le prêchent certains écologistes qui se croient très audacieux avec une vision de la nature trop idéalisée et délestée de toute sa sauvagerie. On peut espérer réduire ou supprimer la publicité qui veut capter nos désirs mais on ne va pas détruire les villes ni fermer toutes les entreprises. Il faut tenir compte des réalités locales puisque l'écologie consiste plutôt à se limiter, à faire au mieux avec ce qu'on a étant données les contraintes écologiques, non pas à vouloir faire une société entièrement artificielle, à notre propre convenance. La politique doit servir à transformer l'organisation sociale pas les citoyens eux-mêmes. Rien d'exaltant, sans doute, pour un désir qui ira se nicher ailleurs même si on peut quand même changer de système de production, relocaliser et libérer le travail autonome par un revenu garanti mais le monde futur ne peut être très différent de ce monde-ci car il faudra faire avec les mêmes personnes que celles que nous connaissons, et qui ne sont pas toutes écologistes, ni toutes de notre religion ! La diversité est ici de règle, des désirs comme des discours, qui se retrouvent dans la commune, laïque en ce qu'elle ne tient qu'au lieu qui nous rassemble au-delà de nos contradictions sociales, de nos désirs individuels et de tout ce qui relève de notre sphère privée. Si le désir n'a rien à faire en politique, il faut le savoir et savoir que le désir, c'est quand même ce qui nous fait vivre.

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59 réflexions au sujet de « Le désir plus que la vie »

  1. Assez d'accord sur l'ensemble.

    La difficulté de vivre c'est d'avoir constamment à négocier avec les représentations des autres et aussi avec les siennes, plus difficile encore. Mais si on a compris un peu ça, alors des améliorations sont possibles. Ca nécessite une permanente remise en question de ses propres discours ou logique, toujours être apte à se rendre compte de ses méprises, la queue basse du chien surpris à avoir fait une bêtise.

    Se rendre compte de sa bêtise c'est déjà tolérer celle des autres comme faisant partie de notre condition.

    Refuser la possibilité de faire des erreurs, c'est fatal.

  2. quant au désir révolutionnaire il me semble obigatoirement se perdre dans le bruit et la fureur pour l'éternité sans cesse à la recherche de sa dissonnance cognitive . voilà pourquoi il ne faut pas touche supprimer le bruit quant on déclare qu'on est pas un facho ! hygiene sonore tue ! c'est bien d'être perdu aussi même de saturer à la rigueur il y a des bruits parfois impénétrables ou qui rendent fou . mais les bulles ( c'est un peu ça le désir , das trieb que lacan voulais traduire par dérive on pourrait dire aussi fantaisie )

  3. les bulles sont faites pour éclater , les folie passer et les civilisation naitres et mourrir dans l'hubris ! il n'y a pas à avoir peur de la folie ( comment se fait t'il qu'une écriture de type maniacque se fasse retoquer dans vos commentaire et soit vue comme une pourrirture . c'est rien comprendre sur ce que je dis de l'espace furieux où le pire cotoye le meilleur , les sérials killers avec les génies

  4. @brunet : Une hypothèse : peut-être comprendrait-on mieux le sens (éventuel) de vos propos si vous honoriez ces menues conventions de l’écriture que sont la syntaxe, la grammaire et l’orthographe.

  5. Il y a ceci que je préférerais qu'on parle ici du texte (qui n'est même pas complétement terminé à cette heure) et pas de l'un ou de l'autre, mon désir n'étant pas d'ouvrir un espace de libre parole comme il n'en manque pas.

  6. JE ne voit aucune impossibilité à changer sa vie et changer le monde . une fête qui débarde sur la rue et la vie commune en est transformée . je trouve sincèrement qu'on a raison d'essayer de faire la fête sur la place public ( il y a les arts de la rue , le hip hop , ...) et de tenter de réenchanter un peu le quotidien qui en a bien besoin par moments . que cela passe par des apéro géant et autre formes de ce capitalisme festif tout a fait détestable , je le déplore , mais il y a un truc a creuser dans cette direction même dans le cadre d'une analyse de la pluralité des positions sociales économiques et politiques , où on a aussi tout a fait le droit d'être un pisse froid insupportable et ne rien vouloir changer à sa vie . il y a quand même 500 000 gros paranos dans ce pays à qui il faut faire comprendre et vite qu'on ne peut pas faire n'importe quoi qu'il y a une limite au sécuritaire la seule créationsocial- historique (et imaginaire ) positive de la société depuis 30 ans .

    moi j'ai le sentiment qu'on ne parle pas du même moment historique , moi je me situe d'emblée dans une phase terminale de la civilisation au milieu des macabés des charniers . en même temps c'est 1934 et 1941 . mais aussi 2010 et depuis la décomposition sociale, mentale , ..... et la bulle du délire collectif sont allées créscendo .

    et le plus sur moyen de refaire société , à suivre georges balandier , c'est de passer par une refondation culturelle et religieuse , comme ce qui a donné lascaux , perche merle j'en passe et des meilleur . car là où renait le désir , renait un peu le monde qui n'est pas la dernière des choses communes à mourrir et se forger dans la psychose ( à suivre castoriadis et pierra aulagnier . ) .

  7. Il y a toujours eu besoin de beaucoup de fêtes pour maintenir la cohésion sociale, cela n'a rien de révolutionnaire et ne donne aucune issue politique. Le carnaval comme les saturnales inversent les rôle le temps de la fête pour revenir à l'identique ensuite.

    Les situationnistes se sont disputés bêtement la paternité de l'interprétation de la commune comme fête avec Henri Lefebvre. C'était à l'évidence une bêtise (Qu'est-ce pour nous mon coeur que ces nappes de sang...).

    Ce que dit ce texte, c'est le contraire de l'interprétation actuelle de la révolution par sa forme au profit de son contenu, c'est le contraire du courant anarcho-désirant en tant que le désir aurait une portée politique, mais ce n'est pas pour autant un appel à la répression des désirs ou leur normalisation comme la plupart.

    Je réfute aussi les discours catastrophistes ou déclinistes avec une conception cyclique et dialectique de l'histoire.

  8. oui moi je parle de la fête des opprimés , du bal des vampires aussi . je trouve qu'il y a dans n'importe quelle fête aussi nulle soit elle un point critique où le devenir peut se cristaliser dans quelque que chose de tout autre , ce pourquoi il est parfois utile de crever l'écran . mais je suis bien d'accord que la fête carnaval ou théatre est inssuportable , pour reprendre deleuze , la fête c'est une usine , ça produit . elle est trouée , émergence , rupture , et rencontre .

  9. vous dites : "Je réfute aussi les discours catastrophistes ou déclinistes avec une conception cyclique et dialectique de l'histoire."

    alors pourquoi tant de gens font la fête hanté par un terrible desespoir. je crois qu'on est dans un phénomène cyclique économiquement , idéologiquement et générationnellement , mais il y a aussi des effets purements cumulatifs , comme la technique ( ce n'est pas le seul ) qui explique que la folie actuelle n'est pas une constante anthropologique et civilisationelle mais le signe que la civilisation est morte . la guerre civile mondial qui est la réalité de tous les malades mentaux , est une vérité spectaculaire en phase de s'imposer massivement . non c'est très clairement d'agonie de cette civilisation marchande à laquelle nous assistons . la fin du spectacle en spectaculaire concentrée qui revient à la fin pour liquider le spectacle en spectacle de la ruine qui est dans toutes les têtes déjà . en 1934 il y avait des solidarités qui ont disparu depuis . nous somme tous condamnés à la vie nue , à la fragilité et la vulnérabilité quasi totale . regardez les chiffres de la réalité psychiatrique depuis 30 ans . et vous verrez que nous somme à la fin de quelque chose qui a durer mais qui ne donne même plus l'impression de tenir debout , un monde commun en miette .

  10. c'est d'ailleur pour ça qu'on s'interresse à nos désirs , vu que là problèmes ! il n'y a plus d'agencements dans lesqueles il peut couler . comme de l'eau . du coup des poches se forment , les gens rêves et c'est pas trop bon dans une démocratie ça . il faut réserver ce calvaire ( arizona dream) aux chamans aux artistes aux défricheurs aux pionniers , mais pas au bétail , les éffets secondaire s'étalent très clairement toutes les jours devant le regard et les oreilles de ce qu'on fait on dit tout haut alors qu'on devrait fermer ça guelle . moraliser l'économie , c'est aussi moraliser l'économie libidinales ( c'est un peu votre position par rapport au lacanniens et l'ecf si je ne me trompe ? ) . mais il ne faut pas confondre le n'importe quoi avec ce qui n'en a que l'appence mais ce trouve être véritablement génial ! qu'on m'en excuse . je ne suis pas le maitre du monde seulement le maitre de mon garage ! . )

  11. mais vous avez tort de négliger la question du "comment?" au profit du "que faire? quoi faire ?" on peut tout à fait faire les deux , et c'est même très populaire , beaucoup plus qu'on ne croit . à ne pas vouloir reconnaitre la question du style ou de la réalité du charme , vous finirez par penser que tout le monde est fou , alors que si tout le monde est fou c'est que tout le monde est normal et qu'il y a des régimes de la folie qui sont ni normal ni anormal , mais minoritaire ( une façon de faire une langue dans la langue et de produire d'autres agencement d'autres circuit libidinaux , .....

  12. en plus c'est marrant vous parlez du local et je pense que ce serait mieux à l'avenir que les agencements ce relocalisent que l'on revienne au corps au face à face , mais vous ne parler pas des agencement de désir locaux . depuis les cultures et les mouvements nationnalitaire , la notion de pays que est entrée en politique avec dominique voynet , il faut maintenant parler du charme du local , c'est à dire du pittoresque( voir romanesque) , par opposition à touristique ( vérités pittoresques , mensonges touristique ! ) . c'est le sens du principal cri du grand jeu :" laissez agir le punk qui est en vous ! ". et le pittoresque c'est l'hypnose plus sincère qu'il nous faut , un nouveau sol pour continuer l'aventure humaine .

  13. Je ne m'attends pas à être compris. Ce n'est d'ailleurs pas moi qu'il faut comprendre mais notre situation historique. Je ne crois pas du tout à la fin du monde mais cela fait quelques années que je diagnostique la fin d'un monde, il est normal qu'on fasse la confusion, ce qui est aussi le début d'un nouveau monde. Il est certain que c'est moins simplet qu'un reicho-deuleuzisme de bas étage et a peu de chance d'être entendu. Il faut s'être heurté à ces problèmes pour trouver un intérêt à leur solution.

    Je ne défends pas de position, je ne fais pas de propagande, je ne sais pas ce que je vais écrire avant, pour moi l'écriture consiste au contraire à éprouver une position et à travailler les réponses possibles au-delà de la réaction immédiate, ce qui veut dire aussi à déranger. Pas besoin de texte s'il n'y a pas de question mais il est peu probable que les objections qu'on peut faire annulent ce qui y est dit et constitue un progrès, notamment à mettre le désir de désir avant le désir de l'Autre.

    Je n'étais pas parti pour faire un texte politique, je voulais faire un recentrage sur le désir mais la politique s'est invitée à cause de la politisation du désir d'un côté et sa répression de l'autre. Cela alourdit le texte et ralentit sa progression mais l'articulation n'est pas si facile entre éthique et politique du désir qui vont en sens inverse alors qu'on tend naturellement à leur confusion. Du coup, c'est un peu la suite du "savoir-vivre à l'époque post-moderne". Nous sommes certainement à un moment crucial de basculement du monde bien qu'avec une insoutenable lenteur et des mouvements en sens inverses aussi. De quoi augmenter l'égarement, dont il faut essayer de sortir.

    Le travail théorique, j'en suis chaque jour plus convaincu, réussit mieux dans le monde que le travail pratique : dès qu'une révolution se produit dans le royaume de la représentation, la réalité effective ne tient plus en place. (Hegel). Cela implique une pensée bien rare. Il faudrait ajouter que la révolution dans les idées suit elle-même la révolution des forces productives. Il y a donc 3 temps : production, idéologie, politique dans la transmission d'un changement de configuration matérielle. Rien avoir avec un schéma qui irait du désir à sa satisfaction.

  14. La grande majorité des gens vient à la vie sans rien posséder comme moyens de produire pour la satisfaction de leurs besoins vitaux. Ces gens naissent bien en-deça d’une conscience du désirable ? Vient d’abord le temps de l’éducation, de

    l‘éveil et de la formation du désir de vivre actif ( choix, affinités, capacités propres). Ce qui ouvre sur le temps dit de la vie active, lequel exige l’accès à l’emploi, soit l’obligation de gagner sa vie aux bons soins des employeurs, eux-m^mes employés par ceux qui sont propriétaires des moyens de production et d’échange. Cela est trivial à redire ici, mais comment débattre de la question du désir, concrètement, dans un tel monde qui s’impose sous cette forme indésirable ?

    La seule réponse est dans la recherche d’une utopie- concrète ( oxymore qui n’est pas plus paradoxal que l’étonnant concept de social-libéralisme ) : comment parvenir à une autre civilisation, où les mots feraient sens, de nouveau ? Paradoxalement , par le désir affirmé de résister à toutes les tentatives ( fortes aujourd’hui) de détruire les compromis et arrangements qui avaient, au siècle précédent, rendu l’exploitation capitaliste plus supportable : droit au travail, législation du travail, assurances sociales, fort secteur public compensant le libéralisme inhérent à la propriété personnelle des moyens de production ( soit ce qui restera dans l’Histoire comme le « compromis social-démocrate).
    C’est du désir de consolider ce qui existe ( et que le pouvoir au service du capital prétend « réformer »)que naîtra le désir d’aller plus avant, jusqu’à l’abolition du salariat .
    La défense aujourd’hui du droit à la retraite ( dés lors qu’elle est attaquée) commence à apparaître beaucoup plus révolutionnaire que les appels gesticulatoires à l’abolition du capitalisme. Prendre sa retraite ne signifie pas essentiellement le retrait, à un âge méritant, hors du cycle stressant des emplois contraints. Dans son principe il s’agissait de retirer une part importante du salaire ( donc de la plus value capitaliste) qui, différé, ( vers la retraite ou la sécurité sociale) était soustrait ( retiré) de toute spéculation financière. Contrairement au système libéral des fonds de pension la somme différée est. redistribuée comme revenu d’existence vers des vieux ( j’en suis !) qui ne participent plus à la production de marchandises, mais, libérés du travail contraint, peuvent s’adonner à des activités choisies, pollinisatrices au sens de Moulier-Boutang.
    Améliorer ce principe ( encore plein d’insuffisances et d’inégalités), c’est au grand dam des capitalistes envisager son extension possible vers la revendication concrète d’un revenu universel d’existence suffisant. A condition de ne pas en rester à la défense de l’acquit, mais d’entretenir ce vif désir d’aller toujours plus loin à partir de ce qui est, sans rêver un avenir religieux ou imaginaire.
    Qu’en pensez-vous ?

  15. Je dis à peu près le contraire, les mesures que je défends n'étant pas celles que je trouve désirables mais les plus adaptées aux contraintes et opportunités du moment. La question est cognitive avant de pouvoir dépendre de l'action militante et de nos désirs qui n'ont pas à intervenir ici mais uniquement dans nos choix individuels. Comme disait Socrate, nul ne fait le mal volontairement, ce n'est qu'ignorance...

    Je suis assez interloqué qu'Agoravox ait repris ce texte sujet à tous les malentendus comme on le voit ! Comme je fais la revue des sciences, j'aurais peu de temps pour répondre.

  16. C'est drôle le désir est ma reflexion actuelle d'un point de vue artistique !

    Merci, ce texte est vraiment formidable ! Et bourré de justesse, d'humanité et de tolérance !

  17. J'avais vu et décidé de ne pas en parler, c'est tellement absurde de prédire la fin de l'espèce humaine dans 100 ans. C'est la preuve qu'on peut dire n'importe quoi, complétement en dehors des ordres de grandeur, ne faisant que déconsidérer les écologistes à prétendre défendre l'espèce humaine au lieu de parler simplement des hommes, un peu comme certains craignaient la disparition de la race aryenne !

    On peut prédire de grandes catastrophes, il y en aura, mais la disparition de l'espèce humaine signifie la disparition de tous les humains ce qui est impossible à si brève échéance avec notre technologie. Même si la terre devient invivable, on pourra toujours vivre dans la mer au moins.

    Certes il pourrait y avoir des milliards de morts mais l'absurde comme toujours, c'est de vouloir porter les choses à l'absolu, c'est-à-dire à l'absurde, comme si ce n'était pas grave s'il restait un homme et une femme pour tout recommencer...

    Tous les vieux ne sont pas gâteux mais il est indéniable que la vieillesse pousse à la dépression et à tout voir en noir. Il y a de véritables raisons d'inquiétude, y compris d'extinctions massives mais le catastrophisme est vraiment une connerie !

  18. JZ > "du texte (qui n'est même pas complétement terminé à cette heure)"

    Ça signifie qu'il subit des (grosses) modifications après publication ? Si c'est le cas, ce serait pas mal de mettre à la fin du texte un truc du genre "modifié le xx/xx/xx"
    Histoire de savoir si il faut se "retaper" la lecture.

  19. Il y a tout de même des progrès en matière écologique, un peu, même si ça n'efface pas les cumulo nimbus, moi même je suis très étonné tous les jours de la variété végétale et ornithologique du coin où je suis, en ce moment, le fait de ne me déplacer en général qu'à pied ou en vélo y est pour quelque chose aussi, sans compter le beau temps de retour :
    http://voyages.liberation.fr/voir-e...

  20. Oui, il y a d'immenses destructions mais tout ne se dégrade pas. L'air des villes par exemple s'améliore chez nous (pas en Chine!). La difficulté est bien cognitive d'être incapables de penser une réalité contradictoire et le retournement des cycles, ne faisant que prolonger bêtement les courbes (ce que Hegel appelait le mauvais infini). Il est frappant de constater à quel point on ne se rappelle que les mauvais moments quand on déprime et que les bons quand on est euphorique. C'est l'essence même de l'humeur, de créer une ambiance franche (l'affect est capacité d'agir) alors que la réalité est inévitablement mitigée. La question de son évaluation reste entière, on le voit, entre optimistes béats et catastrophistes désespérés, la voie moyenne du GIEC n'étant pas forcément la bonne...

  21. @Sak : C'est effectivement ce que je redis régulièrement, les textes sont modifiés après publication, mieux, leur publication provoque presque systématiquement des modifications. C'est un peu comme les versions bêta devant être testées ! Il vaut toujours mieux attendre un peu pour les lire (et lire toujours la dernière version) mais normalement, quelques heures après il y a une version à peu près stable.

    Ce texte-ci a été spécialement publié dans un état imparfait car je voulais le terminer le jour précédent, ayant ma revue des sciences à faire. C'est une façon d'accélérer le tempo. Ainsi, je l'ai publié à midi, avant de manger, et j'ai réorganisé au moins 2 paragraphes de façon assez importante l'après-midi. Je n'ai envoyé l'article par la newsletter qu'à 18H alors qu'il était déjà référencé par plusieurs. Il y a eu ensuite d'autres corrections, surtout stylistiques mais pas seulement, des énoncés contradictoires sont retirés. Il y a des précisions aussi (par exemple, par rapport à la citation de Monolecte, j'ai rajouté "On ne peut vivre à n’importe quel prix"). Même après la publication par Agoravox, le lendemain à 11h, il y a eu des petites modifications. Je peux même dire qu'il y en aura aussi aujourd'hui, ensuite ça devrait se calmer. Il est rare qu'un texte soit modifié après plus de 4 jours.

    Bien sûr, ça ne change pas le fond de l'article, cela n'est pas une raison de le relire, sauf pour lever une ambiguïté. Lorsqu'il y a une véritable refonte, comme pour "Qu'est-ce que l'écologie-politique ?", je le signale, sinon, c'est délicat pour des changements mineurs, d'autant que parfois je retire ce que j'ai ajouté. C'est vraiment un blog, pas un texte imprimé. On peut voir l'écriture en train de se faire.

  22. Bravo pour ce splendide texte.

    Il est urgent, pas seulement pour la sauvegarde de nos libertés, de reconnaître en l’homme un être de désir et de prendre toute la mesure des complications que cela introduit non seulement par la pluralité et la concurrence des désirs mais par leurs illusions et leurs excès.

    Les échecs de l’autorégulation du libéralisme et de la planification du socialisme ont confirmé que d’un point de vue anthropologique nous ne sommes pas seulement des êtres de besoin, mais aussi de désir et d’angoisse. L’énergie du désir est sans commune mesure avec celle du besoin et, seule, nous permet, au sens propre et au sens figuré, de déplacer des montagnes. Si on place ce désir dans l’ordre de l’avoir, cela va engendrer une situation de rareté artificielle considérable entretenue par le fait que le désir de richesse ou de pouvoir des uns ne peut se réaliser qu’au détriment de celui des autres. Patrick VIVERET, [Sortir du mode de l'avoir]

    Mais, si je me souviens bien, vous êtes plus circonspect que Patrick VIVERET. Vous dites : « attention avec le désir, à trop idéaliser, les travers fascistes et totalitaires ne sont pas loin. »

  23. Patrick Viveret simplifie à outrance. C'est le type même de la solution purement imaginaire, purement verbale, sans parler que le désir dans l'ordre de l'être, c'est de l'ordre du meurtre. On n'a pas pu dialoguer bien qu'il soit pour les désaccords féconds (ce n'est pas de sa faute les véritables dialogues ne se font qu'après-coup) mais c'est comme Habermas, ces positions trop optimistes, basées sur des bons sentiments, rejettent dans la barbarie ce qui ne rentre pas dans leurs bonnes intentions et leurs dispositifs d'arbitrage, la reconnaissance de la différence et de la divergence se révélant finalement assez limité.

    Donc, oui, pas touche au désir (ce qui devrait vouloir dire aussi pas de pub), pas de manipulation des valeurs collectives, pas de propagande. Seulement des solutions à nos problèmes, comme le Sol qu'on doit à Patrick Viveret mais qui doit s'inscrire dans une alternative. C'est la production (et les produits) qu'il faut changer, pas les désirs. D'une certaine façon on pourrait interpréter comme le passage de l'avoir à l'être celui que le préconise de la consommation à la production, déplaçant le désir sur le développement humain, le travail autonome et la valorisation de ses compétences plutôt que sur le quantitatif, mais c'est très concret, cela concerne le faire plus que l'être et n'intervient pas dans l'intimité.

    Il ne s'agit pas de prêcher une quelconque sagesse mais de donner une autonomie plus grande, conquérir de nouvelles libertés plutôt que de les restreindre encore. La liberté consiste à ne pas se laisser dicter sa conduite. L'idée d'un soulèvement mondial où tous les hommes s'unissent pour l'écologie notamment reflète un penchant très totalitaire. Je ne dis pas qu'en une ou deux occasions cela ne pourrait être vital mais pour le reste du temps, il vaut mieux compter sur l'autonomie individuelle comme construction sociale pour avoir un véritable impact écologique en se libérant de la société de consommation pour un travail plus épanouissant.

  24. Le billet me fait penser à des études récentes de Thomas Fritz sur la musique :
    http://www.spst.org/semaineduson/ar...

    De cet article on peut distinguer deux types de musiques, une à fonction sociale et une personnelle, émotionnelle occidentale, dite universelle.

    Où comment la fonction sociale première mettrait en retrait l'émotion personnelle qui se retrouve universelle dans ses manifestations.

  25. Pour ma part, j'ai appris aussi à apprécier les dissonances qui me paraissent plus sensibles, moins évidentes, plus ouvertes à mon sens, caractéristique de culture personnelle.

    Mode mineur versus mode majeur.

  26. J'abordais la question de la musique dans la revue des sciences du mois de mai :
    http://jeanzin.fr/20...

    Il est certain que depuis le Jazz et le Blues, les dissonances ont une grande valeur expressive mais à condition d'être intégrées à du non dissonant.

    Je ne vois pas trop le rapport avec l'article même si, pour Aristote, la musique est politique (c'est dans le politique qu'il parle de la catharsis, plus que dans la poétique). C'est notamment la musique militaire. On a là plutôt la manipulation des désirs individuels qui sont synchronisés et mis au service de l'enthousiasme guerrier. D'une certaine façon on pourrait dire que la musique, c'est le rêve totalitaire où tous les coeurs sont à l'unisson et marchent au pas, même si c'est dans un grand festival anarchiste ou des punks. La musique est la meilleure des machines à influencer, ne faisant que manipuler nos émotions. Même si je préfère les chansons, je suis moi aussi sensible à ce "sentiment océanique" exaltant (que Freud ne connaissait pas, insensible à la musique) mais qu'il vaut mieux réserver à la musique et à la fête plutôt qu'à la politique quoiqu'on ait le frisson en chantant certains chants révolutionnaires qui donnent du courage, ce qui peut être indispensable mais qui est aussi dangereux. La guerre a besoin de l'irrationnel mais ce sont les armées bien organisées qui gagnent.

  27. comment faire une chose qu'on ne désire pas par ailleurs ? à laquelle on ne croit pas ? impossible , la seule excuse à se sale boulot , c'est de le faire salement : enjazzer l'action , la performer par toutes sortes de poudres, de potions , de tisanes , de liqueures . cela ne peut se réaliser que dans la fureure et le bruit de l'histoire . d'être davantage qu'un révolutionnaire de bureau ou de salon.

    le pire c'est que je ne crois pas du tout que des démarches politiques classique aient le moindre résultat pour faire ce qu'il faudrait . juste une meute de génies sans talents , de vagabons éfficaces .

    je pense sincèrement que vous ne savez plus du tout pour qui vous écrivez ( comme alain badiou , mais c'est une autre histoire ) .

  28. Il me semble que l'art en général est une machine à influencer, bien que certains le disent subversif.

    Peut être que la musique touche plus fort que la peinture.

    Enfin, personnellement la peinture me fait plus d'effet à long terme que la musique, je suis probablement plus visuel qu'auditif. A tel point qu'après la visite d'une expo, j'en ressort parfois dans un état un peu second pendant quelques heures, étrange effet.

    La musique est aussi très organisée, presque mathématique dans ses règles, bien qu'elle touche l'émotion, les humeurs.
    Tout comme le langage qui a une organisation.

    La peinture parait plus brute, tout le monde peut peindre, mais à regarder certains peintres comme Stael ou Picasso et bien d'autres, c'est assez élaboré comme langage et techniques.

  29. pour marteler , si ce que vous pensez arrive , cela n'arrivera que par accident , au détour d'une fête un peu trop enfumés à écouter des supers sons au milieu d'un peuple d'ombre et des éfluves du bal des vampires de l'avant veille !

  30. ce que j'attend de l'art c'est quavec l'art dans la cité , il y arrive enfin quelque chose . c'est plus du tout l'art marchandise et la merde en boite de l'industrie culturelle , mais l'art pirate , l'art pittoresque , encré dans le local . l'art est politique et pourtant en art on ne peut faire sans désir qui est le moteur de toutes ces activité et rituels étranges et étranger qui signent l'appartenance à la cause humaine au sens large , participant historiquement et anthropologiquement du phénomène humain ? et c'est faire tout le contraire de ce qu'on attend d'un "artiste" . pas de créer une multinationnale de la merde triste qui intoxique et moutonne massivement les populations et l'esprit des gens ( lavage de cerveau à la jeff kohuns), mais utiliser ce pouvoir ce fascination pour faire autre chose que du contre feux , lancer la donne, dire la vérité , et expérimenter tout à fait autre chose aux lisières de la ville . et pilloner sans fin , comme dans une guerrilla ( idéologique ) , une émeute , un squat ( cognitif) . faire qu'il arrive en fin quelque chose , une mise en situation pour que les gens aient enfin envie de ce parler en toute liberté . pour ça il faut coluche , pas françois mitterand !

  31. la musique : la grande productrice d'affects pour deleuze . on devrait tous être mélomanes c'est d'ailleurs très bon pour la santé , de rire , danser et chanter . crier aussi , comme des loups . il faut libérer la bête, laissez tomber satan comme l'éclair ! laisser voir la réalité de la kabbale dirigées contre nous .

  32. un truc que je ne comprends absolument pas dans l'histoire de la psychanalyse c'est que freud , grand cocaïnomane , n'était pas mélomane . et ça me trou le cul ! dans le poste précédent on avait un peut l'impression que la question des drogues était une question festive et culturelle , aussi elle ne va pas sans quelques musiques . l'histoire de freud me dis plutot que les société du passé sont inconnaissables ( vous imaginez qu'il y avait 80 000 cocaïnomanes à paris en 1924 et certainement plus avant 1917? ) .

  33. @brunet :

    Possible que Freud ait été bloqué du tympan, pourtant la psychanalyse relève de l'écoute.

    Mais bien des musiciens avaient des problèmes auditifs, Beethoven. Comme quoi les handicapés nous dépassent souvent puisqu'ils cherchent ailleurs qu'en dessous du lampadaire.

  34. @olaf :

    Pour cause d'une forme de fibromyalgie latente chronique et d'hypersensibilité auditive, épidermique ou autre, il me semble.

    Assez raide quand ça handicape le corps et l'esprit depuis l'âge de ?.... 13 ans.

  35. On est beaucoup à être un peu handicapés, un peu autistes, un peu mal finis, de quoi se plaindre au fournisseur mais partie intégrante de la créativité de la vie.

    Je n'en suis pas sûr, il faudrait vérifier, mais il me semble que Freud avait réellement un problème neurologique avec la musique. Il y a en tout cas une maladie qui empêche de reconnaître la musique comme autre chose que du bruit...

    Je n'ai pas le temps de répondre à tout mais je n'écris pour personne, surtout pas pour ceux qui me lisent ici par hasard. C'est souvent adressé à quelqu'un de particulier qui ne lit pas mon blog mais, de plus en plus, c'est pour moi que j'écris me situant trop en dehors des poncifs de l'époque et travaillant simplement une question. Malgré les apparences, ce n'est pas une exhortation publique mais une réflexion ou plutôt une écriture.

    En tout cas, il y a bien une chose que je n'arrive pas à faire entendre qui me sépare radicalement de la plupart de ceux qui se prétendent révolutionnaires aujourd'hui (dans une période pas encore révolutionnaire), c'est la croyance religieuse et totalitaire dans une fête révolutionnaire comme dans l'ivresse du soulèvement (ou celle de la violence) qui ne sont que des conneries, tout comme de s'imaginer que nos transgressions pourraient avoir une portée politique (en dehors de l'art qui n'influence pas tant qu'il ne restructure les discours et change les points de vue quand il est du grand art).

    On ne fait pas plus la révolution par plaisir et parce que c'est son plus cher désir qu'on ne fait la guerre. Il y a bien sûr des petits soldats qui rêvent de tueries mais quand on fait la guerre c'est qu'on y est forcé, que ça s'est décidé à un autre niveau. Ce n'est pas moi qui fait l'histoire dans ma tête, c'est nous, c'est-à-dire quelques uns placés là et qu'on suit ou pas. Je martèle qu'on ne fait pas la révolution pour faire une société conforme à nos désirs, c'est absurde et suicidaire. On la fait parce qu'elle s'impose pour des raisons de justice et d'efficacité, un peu plus désirable pour nous que l'ancienne société, sans doute, on a intérêt à l'abolition des privilèges, mais ce n'est pas pour réaliser ce qu'on désire et d'ailleurs, ça ne se passe jamais comme on le voulait. Trop de fêtes, trop de vide avec trop de prétentions dans les discours, un désir trop idéalisé, trop de désir en politique, trop de "mon programme" !

  36. je ne dis même pas ça , je dis simplement que la fête sous certaines conditions ( une fête révolutionnaire qui est bien souvent l'anti thèse que ce qu'on considère être la fête même ) est bien la part cachée du travail , avec sa dépense , sa fureur, son orgie , sa débauche et cela peut même être un moment où on fait la fête tout seul à la rigueur, à s'exciter devant son PC . mais après si ce n'etait que ça la révolution se serait du vent c'est tout . il faut tout un travail de discernement et d'élucidation derrière qui est très long difficil et laborieux . mais si une révolution ne s'appuyent pas aussi sur des compoprtements ludiques et une certaine politique du temps et du désir, ça ne va pas très loin . par exemple quand il y a une grêve dans une usine , après avoir fait le blocages les ouvriers ne trouvent rien de mieux à faire que de tapper le carton et faire les grillades plutot que de se parler , enfin . pour moi la fête c'est la fureur de l'énonciation : un squat cognitif , une guerrilla idéologique . je ne peut pas dire mieux .

  37. et plus loin , il faut quand on se dit de la pensée critique , penser et agir avec son corps ivre et chaviré . la fête c'est du bruit qui pense c'est des coprs qui sous l'exaltation des drogues va penser dire agir avec son corps , et c'est ça qui fait le charme d'une personne son délire , son grain de folie . je pense plus loin que vous ne pouvez véritablement penser qu'entre ami(e)s . il faut que l'information et la communication soit précédée de procéduire d'adoptions , où on s'attache à nos interlocuteurs ( pour les aimer où les haïrs peu importe ) et on se met à y croire que toute cette palabre est effectivement réelle comme moi et pas simplement décorative . et le corps les mimiques , les coups de folies dans le regard ou la voie c'est du désir qui coulent enfin . vous n'allez quand même pas empecher l'eau de couler dans le désert ? quand on veut cultiver les sols par la suite c'est le b-A BA

  38. et la teuf c'est le point de fusion , c'est la porte d'entrée ( la neuvième porte à suivre polansky) vers la logique des magmas et la question de l'autonomie comme autolimitation face au sans fond de l'abime au bord duquel nous campons . mais je trouve que ce genre de fête ( aller à l'espace furieux ) devrait être réservé à un petit nombre et pas à la grande majorité ( la vulgarité sans limite de thierry ardison le samedi soir sur la 2 pendant 20 ans !) qui fera mieux de retrouver le sens de la discipline et de l'effort car le proces révolutionnaire qui impose d'en passer par l'espace furieux , virent à la récréation puérile , au spectacle partout ailleur et intoxique véritablement les esprits les rends trop impulsifs , émotifs , incapable de ne pas ceder à son désir ( acèse ) . d'ailleur je crois que je désir c'est bien tant qu'on y succombe pas après c'est très très chiant et ça fini toujours mal . il faut être un moine pour tracer sur l'espace furieux ou un chaman . pas de petits branleurs à la petite semaine qui prennent pour une récéeation stérile ce qui consitue un travail execivement laboreux et très très pénible ( c'est une vie de chien la vie d'artiste ! ) .

  39. et la teuf c'est le point de fusion , c'est la porte d'entrée ( la neuvième porte à suivre polansky) vers la logique des magmas et la question de l'autonomie, comme autolimitation face au sans fond de l'abyme au bord duquel nous campons . mais je trouve que ce genre de fête ( aller à l'espace furieux ) devrait être réservé à un petit nombre et pas à la grande majorité ( la vulgarité sans limite de thierry ardison le samedi soir sur la 2 pendant 20 ans à fait bien du mal et à largement contribuée à la sauvagerie et la barbarie actuelle !) qui fera mieux de retrouver le sens de la discipline et de l'effort car le proces révolutionnaire qui impose d'en passer par l'espace furieux , vire à la récréation puérile , au spectacle, partout ailleur et intoxique véritablement les esprits, les rends trop impulsifs , émotifs , incapable de ne pas ceder à leur désir ( acèse ) . d'ailleurs je crois que le désir c'est bien tant qu'on y succombe pas après c'est très très chiant et ça fini toujours mal . il faut être un moine pour tracer sur l'espace furieux ou un chaman . pas de petits branleurs à la petite semaine qui prennent pour une récréation stérile ce qui consitue un travail excessivement laborieux et très très pénible ( c'est une vie de chien la vie d'artiste ! ) .

  40. j'ai quand même le sentiment que l'art est bien là pour enfièvrer le lien entre ce que je vie et ce que je pense , et accèsoirement esquiver la kabbale , transformer la malédiction en bénédiction . l'is disait que la beauté est une promesse de bonheur . ce n'est pas le bonheur , ce n'en est que la promesse qui doit nous activer nous mettre en quète c'est tout ! je crois que nous sommes à une époque où les liens entre la vie , le désir et la pensée , de mon point de vue , ne peuvent plus être rompu . et c'est tant mieux . ce n'est pas une perversion d'être jeune , ou de prendre des drogues , ou de désirer . alors c'est un peu embètant car l'art c'est la communauté et en tant que communauté il est un peu à cheval entre le privé et le public et dans le débat et le cordon sanitaire que vous essyez de tendre , lart est bien là pour polluer le débt . amener le désir en politique et la politique du désir qui est bien une politique des minorités actives ( comme pour le revenu garanti)

  41. On n'est donc pas du tout d'accord, je trouve même absolument ridicule ces prétentions qui font partie de la vulgate actuelle (Reich, Leary, Deleuze, Onfray, etc.), non que les fêtes orgiaques ne puissent avoir un effet thérapeutique, ni même qu'elles ne soient nécessaires mais il n'y a rien là de politique, c'est du délire. Je ne peux que répéter qu'il n'y a pas de politique du désir, que ça c'est vraiment du vent, de l'initiation à la petite semaine, encore plus de parler de "tout un travail de discernement et d'élucidation derrière qui est très long difficile et laborieux". Evidemment, il ne s'agit pas de revenir à l'obscurantisme des Chamans qui prétendent qu'il y a un autre monde, ni aux prêtres, ni aux sages qui prétendent savoir, résurgences totalitaires (car la tentation totalitaire est constante, ce n'est pas un accident, nourrissant tous les fanatismes depuis la nuit des temps). Au contraire, la seule politique du désir qui vaille, c'est de tenir compte du désir pour ne pas vouloir trop en faire et de bien séparer privé et public, ne pas mêler désir et politique justement. Là-dessus on peut donner raison à Arendt. Il n'est pas vrai qu'un discours ou une oeuvre se juge à la vie puisque la vérité n'est pas toute ; on n'en a chacun qu'un bout. Il n'est pas vrai non plus que l'art soit expression (de l'individu) alors qu'il est tout entier dans la correction, le modelage, la formation. On n'a que faire de "vrais révolutionnaires", pas plus que de "vrais hommes", on a besoin d'une raison commune, de lois sociales et d'institutions publiques, on a besoin d'une alternative sérieuse pas de désirs furieux ou pas. Ce n'est pas une question d'intensité mais de vérité. On a besoin de changer la société pas de se changer soi-même en se regardant le nombril. C'est bien sûr très décevant que même une révolution (comme l'abolition des privilèges ou de l'esclavage) ne puisse faire qu'améliorer un peu les choses. De quoi vous dégoûter d'être révolutionnaire, vraiment pas drôle !

  42. @brunet :

    Pas contre de surfer sur les fêtes et autres drogues psy, ça peut stimuler et décoincer des situations de regard, changer l'angle de vue.

    Comme les rêves aussi. Mais un moment ou l'autre, il faut décanter l'ivresse à froid, à gueule de bois, on ne se chauffe pas la tête indéfiniment, le froid matin d'hiver s'impose tôt ou tard. Il y a quelque part dans la science et les statistiques un regard gelant qui nous glace, loin des enthousiasmes des espoirs frictionnant. Et pourtant c'est probablement de ce gel austère, pas sexe, qu'on tire de faibles conclusions.

    Aucune morale castratrice là, mais l'aridité du réel qui ne promet rien, n'affirme que ce que l'on aura bien fait l'effort de lui faire dire. Pas festif pour un sou, pas sympa du tout.

    Désolé pour les animateurs de groupes.

  43. oui c'est vraiment pas drôle c'est pour cela qui si ça arrive se sera un coup de chance ( il ne s'est pas encore produit et ça doit nous interroger). si la proposition est tout a fait crédible je ne vois que des consommateur choisir entre deux boutons pour le vote de la fin du film , mais pas une armée de gens qui veulent vraiment en découdre et expérimenter le couteau entre les dents , la relocalisation , la démocratie cognitive, se battre pour le reenu géranti . .... et moi j'y suis sur le terrain et je vois rien sortir de cette merde territoriale à part quelques kabbales suplémmentaires que j'aurai envie de diriger contre eux . rien à faire je suis complètement isolé et me coltine cette merde depuis trop longtemps je veux que ça soit festif au moins ça . festif et pittoresque , contemporain et populaire .

  44. à la limite il n'y a aucune idée à faire valoir, l'envie de jouer et d'en découdre suffit amplement . il faut ensuite se laisser haper par cet art étrange qui consiste à faire la fête pour pas cher et ne me dite pas qu'il n'est pas possible de commencer la révolution sur fond d'insécurité alimentaire par de grandes et belle fêtes populaires , histoire de se réchauffer un peu au contact de la chaleur humaine .

  45. Ce qui est dramatique, c'est que pendant que des zozos rêvent de révolutions imaginaires, ce qui risque d'arriver, c'est plutôt le néo-fascisme des tea parties.

    On peut comparer l'idéalisme des intellectuels de gauche actuels à leur pacifisme bien compréhensible après la boucherie de 14 alors qu'il fallait faire barrage à Hitler.

  46. Dans le club merveilleux des amateurs de thé on trouve des gens adorables et jolis aussi. Ça me parait être une bonne illustration de la porneia des grecs.

    Effectivement, les temps de crise amènent toutes sortes de délires, c'est bien de ça qu'il faut se méfier, d'ailleurs c'est très festif, quelques onces de décervelage et le tour est joué :
    http://www.purepeople.com/article/b...

  47. Punis pour avoir voulu être trop autonomes
    http://yurtao.canalblog.com/archive...
    Globalia, sa dictature et ses manipulations sont patentes. Comment ne pas verser dans l’autre extrême ? Il nous reste à espérer un Gandhi ou une étincelle d’introspection capable de canaliser la haine et la rage des foules dans le bon sens…
    Comme le dit brunet, « à la limite il n'y a aucune idée à faire valoir, l'envie de jouer et d'en découdre suffit amplement »

  48. Je dis exactement le contraire et on peut l'illustrer par le CPE qui a vu de grandes mobilisations n'obtenant rien d'autre que le rejet du texte faute de véritable alternative. L'explosion sociale est souvent nécessaire pour mettre des limites aux dérives du pouvoir (l'intervention des peuples) mais pour changer les choses, il faut un projet réalisable, de nouveaux droits, de nouvelles institutions.

    Dans la cohorte de tous ceux qui croient savoir ce qu'il nous faut et les vraies valeurs sans se donner la peine de comprendre notre monde, il n'y en a pas un qui soit d'accord avec plus de quelques autres, ça tire à hue et à dia dans tous les sens avec des vieux discours usés jusqu'à la corde. Dans ce contexte, il faut s'attendre au pire et plutôt aux réactions xénophobes et autoritaires. L'échec d'Obama, c'est peut-être la fin des dernières illusions et l'annonce d'un durcissement essayant la manière forte, au nom de la liberté ! Ce qui empêche la stupide Ayn Rand d'avoir une trop grande audience aux states, c'est son athéisme, mais il est certain que les libertariens sont dangereux, de véritables têtes brûlées.

    Une émission sur 1789 comme celle d'hier sur Arte montre bien qu'une révolution se fait par un enchaînement où la volonté des acteurs n'est pas si décisive, forcée plutôt par les événements. Une dimension méconnue était la haine de la femme qui se déchaînait contre Marie-Antoinette, très loin des bons sentiments. Des jacqueries, il y en a eu beaucoup, qui ne se sont jamais terminées à l'avantages des gueux, la colère n'est rien si elle n'est pas guidée par la raison et ne profite des opportunités du moment.

  49. Il serait interesant de connaître votre point de vue sur l'analyse défendue par Bernard Friot, dans son billet invité, sur le blog de Paul Jorion, aujourd'hui. "Comprendre notre monde" plutôt que prôner une révolution sans contenu, n'est-ce pas s'inscrire dans les luttes de ceux qui nous ont précédés plutôt que de "vouloir en découdre" sans savoir où l'on va aboutir ?

  50. J'ai écrit sur Bernard Friot en 1999 et je l'ai même rencontré. Comme Robert Castel qui a eu le même maître, je le trouve trop dogmatique et trop simpliste. Je suis content qu'il se soit rapproché du revenu garanti qu'il critiquait à l'époque mais son défaut est celui d'une grande partie de la gauche qui prétend que les capitalistes ne servent absolument à rien. Le problème, c'est que lorsque les choix d'investissement sont faits par une bureaucratie plus ou moins démocratique, ce n'est pas si simple ni forcément mieux, générant beaucoup de corruption. Quand il y a de gros intérêts en jeu, il vaut mieux le reconnaître. Le contrôle extérieur des entreprises par des normes et par des lois ainsi que leur taxation peut être plus efficace.

    Contrairement à lui, je n'identifie pas activité et travail, au moins à cause de la reconnaissance financière qui est déterminante. Tout travail n'est pas productif ni n'en vaut un autre. Dans l'abstrait tout se vaut mais c'est plus compliqué dans la réalité quand on cherche l'efficacité.

    Il ne reconnaît pas le travail autonome en tant que tel, ni les raisons de son émergence actuelle et tient pour acquis la valorisation de ses compétences, ce qui n'est pas mon cas, ce pourquoi j'insiste sur les institutions du travail autonome, pas seulement le revenu garanti mais des coopératives municipales destinées au développement humain. Ce n'est plus un marché du travail mais seulement des produits. Evidemment, cela ne paraît ni aussi simple, ni aussi évident, ni aussi grandiose...

    Il y avait déjà eu une tentative de soustraire le travail au marché, celle du programme de la résistance qui aboutit aux conventions collectives qui prétendaient déterminer le salaire en fonction du poste et des diplômes. Cela n'a pas fonctionné longtemps, les indices n'étant pas réactualisés et ne servant plus que de minima légaux.

  51. quand on songe ce que le travail autonome doit à l'ivresse on ne peut pas ne pas voir que ce travail là doit être une fête pour ne pas devenir un suicide . c'est de cette fête là dont je parle , moi là trouvant surtout dans les bas fonds où c'est la plèbe qui parle fort , c'est bien une fête révolutionnaire certes avec un désir de révolution comme en 68 , mais aussi un avenir ( et c'est là que ce que vous défendez me semble décisif , mais trop encrouter dans des trucs de vieux chnock alors que la révolution est portée par les générations montantes . mais j'insiste sur cela quand la vérité n'est pas libre , la liberté n'est pas vrai et il ne faut pas s'appuyer sur une branche pourri . vous semblez miser sur les décroissants , les jeunesse sobre et catholique unie dans la joie de vivre et l'allègresse façon endive moite . hélas désolé de vous le dire mais ils ne sont pas du tout crédible face aux pirates dans mon style qui ont d'avantage la classe . moi je ne suis pas un petit bourgeois , et si je suis une brebis , c'est la brebis rebelle qui s'est égarée , le mouton noire . par chez moi je suis connu comme le loup blanc et je suis comme atila , là où je passe plus rien ne repousse !

  52. Il n'y avait pas de désir de révolution en 68, surprenant tout le monde (surtout les prétendus révolutionnaires, en dehors des situationnistes). C'est après qu'il y a eu la nostalgie de recommencer. Les révolutions qui réussissent ne sont jamais faites par la plèbe mais bien par les petits-bourgeois comme Robespierre ou Lénine (voir "Les phénomènes révolutionnaires"). Je ne mise certainement pas sur les décroissants qui sont pour une bonne part des décervelés qui servent surtout à discréditer l'écologie (surtout le journal de la décroissance, niveau zéro). En tout cas, la révolution n'est pas à l'ordre du jour même si les événements peuvent se précipiter avec la crise. La seule chose qu'on peut faire pour l'instant, bien qu'on n'y arrive pas, c'est de commencer la relocalisation et ça il faut le faire avec toute la population pas tout seul en se mettant tout le monde à dos. Il faut sans doute que la situation s'aggrave pour que ça puisse se faire, inutile de vouloir forcer les choses pour qu'elles ratent.

  53. @un utopiste : C'est pratique courante et j'y suis habitué mais il est toujours un peu gênant de voir sa réponse recopiée ailleurs, dans un autre contexte, ici le blog de Paul Jorion, ce qui est sujet à malentendus. Il se trouve que je suis intervenu rarement sur ce blog mais presque uniquement sur des sujets connexes (philosophie, science, étymologie). Ce pourquoi je ne participe pas au travail tant vanté des commentaires, c'est que je trouve ça très nul. Impossible de faire entendre une position un peu complexe (en plus, le nombre est insupportable, impossible de lire tout ce verbiage). J'ai des divergences évidentes avec Paul Jorion sur de nombreuses questions de fond mais je l'estime cependant et surtout trouve positif le rôle qu'il joue dans la reconfiguration de la finance. Je ne voudrais donc pas lui nuire mais je ne crois pas du tout pouvoir me faire entendre, pas plus de lui que de quiconque d'ailleurs, dans la conjoncture actuelle. J'y ai renoncé, me contentant d'essayer de dire ici ce que je crois pouvoir dire, même si ça déplaît à tout le monde et surtout à ceux qui veulent une solution magique (ce qui est bien compréhensible) ! Il serait peut-être intéressant par contre que Paul Jorion débatte avec Yann Moulier-Boutang sur le rôle de la finance.

  54. Que votre réponse à ma question précédente ait été copiée- collée sur le blog de Paul Jorion, je n’y suis pour rien : je n’aurais jamais commis une telle bévue en effet ! J’avais trouvé opportun de signaler le billet de Bernard Friot comme venant selon moi fort à propos sur votre blog, car en contrepartie des thèses ( citées par Olaf) développées actuellement par les ultraconservateurs aux USA ( thèses d’Ayn Rand et Tea Party- voir les commentaires précédents) Face à l’ultra- individualisme, Bernard Friot montre, par le système de protection sociale hérité en France du Conseil National de la Résistance, qu’une dose de collectivisme et un meilleur équilibre « capital- travail » est toujours envisageable sans faire appel à la fête révolutionnaire forcément sauvage dont nous tympane Brunet à longueur de commentaires. C’est opportun et positif ce que déclare actuellement cet auteur(B. Friot) même si c’est insuffisant pour tout résoudre, certes. Mais est-ce la question que de vouloir tout résoudre par les Idées ?
    Problème très complexe de savoir penser l’avenir en adaptant l’héritage de l’histoire, ce qui implique de choisir son camp, d’oser s’engager dans des collectifs, et de rechercher des compromis ( usage de la dialectique) entre des intérêts antagonistes . Ne pas renier le concept de « lutte des classes », pour un « réformisme radical » ( pour qui veut aller à la racine des phénomènes émergents , il lui faut prendre en compte en premier lieu l’histoire, et aussi du nouveau en état d’ex- sistance, d'in-sistance .

    Et là, c’est la débandade, la foire d’empoigne, ça tire à hue et à dia. Ainsi que vous le signalez souvent, avec quelques seulement autres, les nouveaux moyens de production et d’échanges, les externalités importantes et auparavant imprévues des techniques de production, etc, soit bien des données nouvelles font que les compromis sociaux antérieurs ne sont plus reconductibles en l’état où nous les avions reçus . Mais, je le crois profondément, c’est en appui sur la défense des acquis consensuels passés ( ce que l’ennemi de classe vaut détruire !) que s’élaborera une conscience collective d’une nécessaire métamorphose de l’héritage reçu, dans la traversée des vicissitudes de l’in-stance du présent. C’est comme pour conduire un cheval selon les grecs anciens : Le conducteur hérite d’Athéna la technique et le mors, mais c’est Poséidon qui règle l’humeur du cheval ( selon J.P. Vernant, ancien Résistant et historien- philosophe ).

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