Pour la Science
Physique, espace, nanos
- La moitié de la matière provient de galaxies lointaines
- Des micro-satellites pour les voyages interstellaires
- Des rivières souterraines coulent peut-être sur Mars
- Mission Dart : la Nasa veut dévier un astéroïde
- L'exploitation minière de la Lune dès 2020 ?
- Ce que le champ magnétique terrestre doit à la Lune
Climat, écologie, énergie
Biologie, préhistoire, cerveau
- L'ADN poubelle (75%) nous protège des mutations délétères
- Les vers géants des profondeurs vivent plus de 1000 ans
- Les corbeaux savent anticiper
- Les rats savent qu'ils savent et qu'ils oublient
- Deux gènes sociaux expliquent la domestication des chiens
- Le mauvais sommeil des plus âgés en fait des veilleurs de nuit
- La pensée de groupe
Santé
- 16 gènes déterminent l'espérance de vie
- Des cellules souches dans l'hypothalamus pour rajeunir
- La mémoire perdue pourrait être réactivée
- FlatScope, un implant cérébral connecté
Techno
<- Revue des sciences précédente | Revue des sciences suivante ->
Malgré un regain d'optimisme un peu artificiel, les perspectives sont bien sombres et le portrait de l'époque, dessiné par les dernières nouvelles, assez perturbant. Ce ne sont pas tellement les nouveautés qui frappent mais le fait que les risques annoncés s'affirment inexorablement comme notre futur. Le nucléaire en fait partie plus qu'on ne se l'avoue. Il est difficile de savoir à quel point la Terre pourrait devenir inhabitable avec le réchauffement mais on est déjà sur le fil avec l'extinction de la faune sauvage. Il y a certes quelques bonnes nouvelles comme la prévision des éruptions qui serait un grand progrès si cela se confirme (sans pouvoir empêcher cependant l'éruption catastrophique de supervolcans comme Yellowstone). On ne dit pas assez non plus que la transition énergétique a gagné la partie - même si on reste loin du compte et qu'il est difficile de croire que l'année 2021 pourrait être la plus belle de toutes avec ses voitures autonomes et la viande cultivée en laboratoire ! Il est par contre certain qu'on n'a pas fini d'être envahis dans notre quotidien par une intelligence artificielle dont on aura grand besoin pour dépasser notre bêtise collective. Il est même assez probable qu'on ait à plus ou moins long terme des implants cérébraux nous connectant directement à nos appareils numériques - au moins une puce dans la main. On n'évitera pas non plus la modification (optimisation) de notre génome, comme celui de nos animaux ou des moustiques, etc. On pourrait avoir aussi des réseaux neuronaux à l'intérieur de nos cellules - et commence, là sous nos yeux, l'ère interplanétaire, et même interstellaire...

Je ne peux pas, en ce jour anniversaire, ne pas penser à Jacques Robin qui est mort, il y a tout juste 10 ans le 7/7/7 et qui m'aura sollicité en permanence de 2002 à 2007. Même si mon rôle était essentiellement critique, ce qu'il m'a apporté a été décisif, non seulement par son estime mais de m'avoir ouvert aux sciences, ce que je n'aurais jamais osé tout seul et qui est bien sûr fondamental. Le plus important pourtant, c'est incontestablement son insistance sur l'information et sur la rupture qu'elle produisait avec l'ère de l'énergie, avertissant sans cesse qu'on était en train de "changer d'ère". L'étonnant, c'est que 10 ans après, cette rupture reste encore relativement méconnue, déniée ou du moins minimisée alors que l'accélération technologique affole tous les repères. Cela donne la mesure de son avance, et du retard d'une époque sur sa conscience d'elle-même.
Le capitalisme numérique n'a rien à voir avec le capitalisme industriel, on peut même dire que c'est le contraire puisque dans l'industrie, le capital est un préalable à l'investissement dont la réussite est sanctionnée après-coup par le marché alors que dans le numérique l'argent vient après, pour amplifier une réussite et consolider son monopole. Effectivement, dans un monde connecté, "l'effet de réseau" favorise les monopoles car la valeur d'un réseau, pour un utilisateur augmente avec le nombre d'utilisateurs en ligne. Du coup, c'est le premier qui rafle tout et la valeur des "licornes" explose créant des fortunes immenses presque du jour au lendemain.
La politique de Google est incohérente, proclamant qu'il faut privilégier le https mais ne gérant pas automatiquement le passage du http au https sous prétexte que cela pourrait être un autre site ! Un minimum de vérification suffirait pourtant à faire au moins soupçonner que c'est bien le même.
On connaît la puissance de la nouvelle méthode d'édition de gènes CRISPR qui pourrait tomber dans de mauvaises mains mais ce qui n'était pas prévu, c'est qu'elle aurait la possibilité de, non plus seulement réduire le vieillissement mais bien de nous faire
La blockchain utilisée par le Bitcoin est une technique permettant d'effectuer des transactions publiques infalsifiables sans intervention d'un tiers (banque, notaire, Etat). On pourrait assister ainsi à 
La question se pose de l’enseignement du numérique à l’école, entre simple apprentissage de son utilisation ou initiation à la programmation. J’avais émis l’opinion à Antonio Casilli, qui m’avait pris pour un débile, qu’il faudrait enseigner les rudiments du langage machine pour comprendre l’interface entre hardware et software, comment l’esprit venait à la matière, dissiper enfin le mystère de nos appareils numériques en même temps que celui de la pensée.
L'humanité a le chic pour se créer de faux problèmes, qui la détournent des vrais, et s'effrayer de sa propre disparition mais non pas pour des raisons écologiques, qu'elle néglige au contraire beaucoup trop, alors que cela pourrait faire de très nombreux morts. Non, ce qui est redouté, c'est la probable fin de notre espèce comme telle, à très long terme et sans faire aucune victime, par la faute de la génétique, des robots ou de l'intelligence artificielle (comme, pour d'autres, ce serait la faute du féminisme, de l'homosexualité ou autre transgression des normes) ! On ferait mieux de s'occuper des êtres humains qui partout sont en souffrance, mais non, on s'inquiète de l'Humanité avec un grand H, comme avant de la race des seigneurs!

La contestation des hiérarchies en tant que telles est stérile et même contre-productive quand ce qu'il faudrait, c'est les alléger et les démocratiser! C'est ce qui fait toute la différence entre d'inutiles utopies et le véritable progrès social. Il s'agit de comprendre les nécessités de l'organisation et la fonction des structures hiérarchiques pour bien distinguer les hiérarchies opérationnelles des systèmes de domination et avoir la capacité d'en réduire l'hétéronomie ainsi que l'infériorisation des acteurs, c'est-à-dire tout simplement remplacer la contrainte par l'information.
La critique de la technique fait partie des fondements de l'écologie depuis Ellul mettant en cause le système technicien ou Illich les monopoles radicaux de la mégamachine et plaidant pour des outils conviviaux. Avec Gorz, la critique se fait plus politique d'un nucléaire incompatible avec la démocratie et de techniques hétéronomes opposées à celles qui nous donnent plus d'autonomie (passant d'une critique de la technique à une critique du travail et de la subordination salariale). Après-coup, on ne peut que constater à quel point cette critique de la technique a pu être assez souvent exagérée mais surtout qu'elle a échoué sur toute la ligne, ne parvenant pas à infléchir en quoi que ce soit une évolution technique qu'on subit entièrement et dont nous sommes beaucoup plus spectateurs qu'acteurs.
Debord considérait que son acte le plus subversif avait été d'écrire sur un mur "Ne travaillez jamais" et Rimbaud disait avoir "horreur de tous les métiers". Rien ne paraît plus réactionnaire que de vouloir valoriser le travail en soi, simple justification d'une exploitation éhontée et de la soumission passive au devoir comme à la peine (travail, famille, patrie).