Zaz


2 clips, en guise de voeux pour une nouvelle année agitée sans doute.

Pour ma part, je suis très déceptif, vraiment pas de quoi être admiratif, me chargeant de calmer les ardeurs de quelques inévitables fans. Même si je prouve la nécessité d'une relocalisation, voire d'une révolution, ce n'est pas que j'en sois véritablement partie prenante, trop usé, solitaire et insupportable au monde. Il ne faut pas compter sur moi. Je ne suis pas celui que vous croyez, irrécupérable, complétement out. J'ai largué les amarres et ne suis certainement pas le seul. C'est pourtant avec des gens comme ça qu'il faut faire société aussi...

Heureusement, il y en a qui sont plus sympas et dans ces temps de fêtes auxquelles je me dérobe, j'ai voulu me laisser aller à rendre hommage à qui me permet d'en rire et d'y croire encore dans le spectacle médiatique, simple lubie adolescente pour une chanteuse sympathique annonçant des temps nouveaux avec aussi cette pochade (que je préfère et recommande) dont je me sens d'autant plus proche que je suis tout à côté de l'Aveyron...

ZAZ je veux (clip officiel)

Le Front de Libération de l'Aveyron

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35 réflexions au sujet de « Zaz »

  1. Zaz, c'est bon à entendre ctte fraicheur, ça me remet en tête l'ambiance qu'il y avait dans les années Hippies. L'entarteur est aussi un bon ami pour nous aider à nous décoller du gluant pognon et calmer les pontifs. C'est toujours bon à prendre.
    Nouvelle année mouvementée, c'est probable et assez angoissant, la tendresse au pouvoir, c'est pas encore pour demain.
    Voeux amicaux.

  2. On ne peut dire que j'ai vraiment le moral. Je fais plutôt le dos rond car je ne vois pas comment ça pourrait se passer bien, un peu comme en Côte d'ivoire. Comme je le martèle le retour de l'inflation rend impossible de rembourser les dettes mais avant qu'on l'admette... Les bonnes surprises sont toujours possibles en ces affaires mais il ne faut pas trop compter dessus !

  3. L'idée que propose Lordon de saisir les banques si elles font à nouveau faillite me semble bon pour en faire un voeu. Ce sera toujours ça de moins qui ira aux actionnaires qui n'en ont rien à faire des entreprises qu'ils détiennent.

  4. Bonjour,

    @ Jean : J'ai du rater un épisode : pourquoi pensez vous que l'inflation ne facilitera pas le remboursement de la dette ?

    A part ça, je ne suis pas si pessimiste que vous. La crise qui vient sera avant tout l'opportunité idéal de changer le système, non ?

  5. Oui, je me suis trompé de mots, c'est le refinancement des dettes à court terme qui devient impossible alors que le remboursement est facilité sur le long terme. La charge de la dette à court terme augmentant pour les Etats, c'est bien le remboursement qui devient trop lourd pour les dettes publiques mais pour les dettes privée à long terme ou les retraites, il y a au contraire diminution relative de la dette. C'est même une des meilleures façons de réduire les dettes (l'euthanasie des rentiers).

    Sinon, je suis pessimiste sur le court terme, pour l'année prochaine et quelques autres sans doute, car ce sont les fausses solutions qui seront essayées d'abord et toujours les mêmes utopies sans issues mais je reste optimiste à plus long terme (cf. l'optimisme de la raison) sans m'imaginer pour autant qu'on change radicalement de système. Le point crucial me semble la réduction des inégalités et l'augmentation significative des impôts sur le revenu, ce qui serait déjà pas si mal (et plus important que la nationalisation des banques). C'est encore mieux si ça peut déboucher sur un revenu garanti et la relocalisation !

    Sur le plan idéologique, je crois par contre que le basculement a déjà eu lieu dont la chanson de Zaz témoigne. L'ambiance est déjà plus respirable, moins délétère. Cela n'empêche pas des risques de guerre et de dégradation de la situation qui n'ont rien d'agréable dans un premier temps au moins...

  6. Une raison de plus pour espérer, l'économiste américain Robert Frank propose aux américains un impôt progressif sur les revenus après avoir retranché l'épargne (en gros ce qu'on a chez nous et qui nous sauve pour l'instant), il appelle ça un impôt progressif sur la consommation.

    Certains aspects sociaux liés à l'égo ou au désir mimétique entretiennent cette surconsommation. Le but de cette proposition est d'inciter les américains à épargner. La part des revenus épargnés ne serait pas imposée dans cette logique qui est donc bien une façon de taxer la consommation et de favoriser l'épargne. Je ne crois pas que ça nous serait venu à l'idée de l'appeler impôt sur la consommation, ce qui nous donne un apperçu de la distance qui nous sépare des américains.

  7. Il y a toujours du mimétisme mais la surconsommation me semble structurelle plus que psychologique, le problème étant du côté de l'offre plus que de la demande mais cette proposition est très intelligente du fait que les américains vivent à crédit. De là à ce qu'elle soit acceptée... Seule la guerre a permis à Roosevelt d'augmenter drastiquement les impôts en 1940.

    Mon pessimisme à court terme vient du fait qu'il faut la pression de la catastrophe pour prendre les mesures qui s'imposent, il faut y être forcé, ne pas avoir le choix mais dès que ça va un peu mieux les affaires reprennent comme si de rien n'était !

  8. C'est effectivement surprenant qu'il faille des catastrophes pour faire les sauts nécessaires s'imposant, alors que notre conscience et notre éducation nous amènent au surplomb lissant et présomptueux de la connaissance anticipatrice qui souvent ne fait que renforcer les structures que l'ont souhaiterai changer.

    Le réel nous botte le cul, plus ou moins durement selon les contingences !

  9. Il y a pour cela de fortes raisons à la fois épistémologiques et sociologiques que j'ai abordées dans "Complexification des modèles et simplification de la réalité" et qu'on retrouve par exemple dans l'affaire ivoirienne où le doute sur les résultats se combine avec la soif de pouvoir malgré une religiosité pleine d'amour qui risque de mener à la guerre civile. C'est aussi pour cela que tous ceux qui rêvent d'utopie, de nationalisation, de pouvoir du peuple, etc., peuvent mener au pire car les mêmes phénomènes se produisent dans les systèmes étatisés aussi démocratiques soient-ils. C'est aussi ce qui fait la naïveté de Paul Jorion bien que son travail d'élaboration soit utile. J'ai mis beaucoup de temps à me résoudre moi-même à ne plus compter sur la démocratie (encore moins sur les prétendus sages) mais uniquement sur la réaction des peuples (et la réaction à la réaction), si rare et difficile pourtant. Il faut prendre la mesure de tout ce qui s'oppose aux mesures qui s'imposent, à ce qu'on peut appeler la friction de l'histoire. Nous ne sommes pas maîtres de notre destin, acteurs mais pas auteurs de l'histoire...

    J'ajoute que c'est pareil en physique (sans parler du climat!), Planck faisant la réflexion que les nouveaux paradigmes s'imposent du fait que ceux qui croyaient aux anciens meurent et non parce que la vérité illuminerait tout le monde soudain ! L'objection aux bons sentiments, c'est que la vérité n'est pas donnée contrairement à ce que croient les gentils militants qui se retrouvent entre eux pour refaire le monde à coup de yaka faucon ! Même la question des inégalités qui semble assez simple ne l'est pas puisqu'on peut analyser la réaction post-68 comme la conséquence d'augmentations des salaires trop fortes, la baisse des profits menant à la stagflation, de même que l'avantage repris par les profits a été délirant menant à la crise actuelle. C'est pourquoi il y a nécessairement des cycles. Lorsque c'est le système qu'il faut changer, qu'il y a changement de paradigme, c'est encore plus difficile et donc brutal. Il faut que notre existence soit réellement mise en jeu pour changer les règles.

  10. Merci! Je ne connaissais pas Zaz, elle a une voix agréable et beaucoup de gaité. La 2de vidéo m'a bien fait rigoler; c'est tout de même pas tous les jours qu'on se marre.

    Bonne année à vous aussi.

  11. Je suis pas certain que "je veux" ce soit très second degré quand même. J'suis peut-être bête mais moi les paroles de cette chanson me navrent plutôt qu'autre chose. Peut-être que ça m'est pas destiné aussi, elle me semble témoigner d'une époque tellement lointaine, les années 80 ou peut-être avant encore. Ou alors c'est voulu. Je suis perplexe, en plus d'être agacé, face à cette chanson qu'on entend trop en boucle... je me suis senti agressé dès la première fois que je l'ai entendue.

  12. ??? Je ne vois pas pourquoi cette chanson devrait être second degré ? Je ne prétends pas que ce soit un chef d'oeuvre, celui qui l'a écrit n'est pas un génie, plutôt un signe des temps mais je ne vois pas ce qu'il y a de navrant, ni années 80. Je comprends qu'on puisse être saturé à trop l'entendre mais je ne savais pas que c'était un tel carton. En fait, c'est par le deuxième clip, le gag sur l'Aveyron, que je l'ai connue et plutôt content qu'elle ait rencontré le succès avec le tube "je veux", mais pourquoi se sentir agressé ? Il y a pire quand même...

  13. J'ai trouvé ça comme une sorte de grunge revu terroir, plutôt drôle les charcutailles animées rappelant "tiens voilà du boudin".

  14. Je n'aime pas trop la revendication de soi ajoutée à l'obligation de reconnaissance demandée aux autres. Ainsi elle "est comme ça", très bien, mais potentiellement, sans plus de précisions, on peut lui jeter des pierres et ce serait "comme ça" aussi. La revendication de la franchise n'est peut-être pas particulièrement années 80, disons que je l'ai rencontrée plus particulièrement au collège à cette période là où j'ai vite remarquer que les gens qui revendiquent trop un caractère sont en fait dans le diagnostic que les autres ne les voient pas du tout comme ça. C'est à dire que revendiquer la franchise, d'après mon expérience personnelle bien entendu, c'est déjà se rendre compte qu'il y a un problème de franchise (les autres sont sensés le remarquer par eux-même qu'on est franc ou pas). Le "J'en ai marre des langues de bois" est assez insupportable, vue la teneur du discours de cette chanson. Le "regardez-moi" est bien ce que je disais au-dessus, une obligation de reconnaissance. Alors ce n'est peut-être pas "années 80", c'est peut-être juste adolescent, sachant que j'étais adolescent à ce moment.
    Pour finir, et ce qui me semble le plus violent, est "allons ensemble découvrir ma liberté" et surtout "bienvenue dans ma réalité". J'accepte qu'elle aie sa liberté, sa réalité, mais d'une je garde les miennes et de deux je trouve ça inintéressant de rester à un constat de différenciation sans aucune négociation. Non seulement je n'irai pas de force dans sa réalité, mais en plus je pense que c'est plus intéressant de tenter de créer une réalité commune plutôt que de définir des enclos chacun pour soi.
    J'essaye de mettre des mots sur des sentiments qui sont en effet de l'ordre de l'agression. Je me trompe peut-être et je ne parle justement pas ici pour revendiquer quoi que ce soit, pour imposer ma réalité, mais pour essayer de comprendre ce qu'il y a en jeu peut-être.

  15. Je ne pense pas que la chanson mérite une argumentation politique, pas plus que le gag sur l'Aveyron. Je dois dire que j'ai un peu tiqué aussi sur "ma liberté" et "ma réalité", tout en pensant que ça peut tout-à-fait se soutenir, façon de se détacher des valeurs dominantes, et qu'il est plus dangereux de parler de "la" réalité. Ce qui me semble significatif, c'est l'anti-bling-bling, c'est de dévaloriser les fausses valeurs et l'argent mais c'est surtout que la chanson me plaît, son rythme, l'air et surtout la chanteuse. Je me la suis passée en boucle un moment...

    Dans mon adolescence, je n'aurais pas écouté n'importe quoi (il me fallait du sérieux, aussi bien Brel que Joplin ou Hendrix, etc.), mais désormais je suis plus ouvert et j'avoue que j'aime les chansons idiotes, surtout celles qui donnent la pêche (c'est par où je pèche), sans penser devoir m'en justifier.

    La musique fait cependant partie du politique pour Platon et Aristote. Qu'une simple chanson soulève tant d'avis contradictoires n'est donc pas encourageant pour la politique et la construction d'une réalité commune. Je n'ai pas été très convaincu non plus par les chansons postées par Marie Ange Wahab, que je trouve un peu trop tristounes et mal chantées (il y a là aussi des exceptions) mais qui témoignent d'une grande unité de ton propre à l'époque. On ne devrait pas discuter des goûts et des couleurs mais Kant a montré qu'on juge toujours comme si notre goût était universel alors qu'il dépend au moins du moment, de l'humeur et de l'âge (de l'histoire, de la culture, etc.).

    Ainsi, pour moi, la musique classique que j'ai apprise avec le piano, ne vaut rien du tout, trop pompeuse et téléphonée (il y a des exceptions), pourtant elle en fait vivre beaucoup jusqu'à l'extase. J'admets qu'il est injustifiable de préférer les Beatles, pourtant c'est un jugement moral encore qui me fait préférer le rock même si seuls comptent finalement la joie éprouvée et le fourmillement des jambes, En tout cas, rien d'original dans mes goûts qui sont ceux de ma génération en grande partie...

  16. Marrant, moi aussi, le classique, ou plutôt le milieu cultureux du classique m'a lassé, venant d'une famille de musiciens classiques doués, parfois surdoués, sauf moi à part que j'apprécie la musique et que j'ai appris le piano classique, avec une chinoise entre autres. J'y ai trouvé beaucoup de snobisme hystérique, un peu comme ceux des grandes écoles qui ont fait maths sups. On voit ça aussi dans le milieu de la peinture où ça s'extasie à outrance. L'art est un sujet d'emprise du pouvoir, aucun doute. Ses artifices sont puissants.

    Pourtant, le plus doué de ma génération familiale s'est provincialisé et a loupé toutes les promotions que le parisianisme lui auraient procurées autrement si il avait joué le jeu social qui l'ennuyait. Même l'Allemagne via un officier de la Wechmacht lui avait proposé un poste prestigieux en Allemagne qu'il a poliment refusé en arguant de l'occupation allemande de la France qu'il ne pouvait approuver.

    Il préférait être tranquille à la campagne et s'inspirer du folklore
    de la région comme l'ont fait aussi beaucoup de musiciens de l'est de l'Europe. Il s'amusait aussi à écrire des rag-times, des musiques de films ou à faire des improvisations impromptues reflétant le caractère de telle ou telle personne qu'il rencontrait. Plutôt facétieux dans le fond, même si il avait une culture musicale encyclopédique. Il mourut sans un rond d'avance pendant son travail, fauché par la camarde au seuil de la vieillesse, comme depuis sa jeunesse où chaque sou était un problème, en simple mortel, pendant que ses mômes crevaient la faim et de tuberculose ou se retrouvaient en camp de concentration, même pas eu le temps de toucher la retraite.

  17. "Tristoune" mais aussi "Rigolus" ! les 2 cohabitent ; une généreuse avalanche de larme ou un bon rire tonitruant s’imposent pour garder l’équilibre de cette coloc

    Parce que les chansons changent parfois une vie, font couler une larme, ou provoquent une émotion... et nous accompagnent lors de nos luttes !

    La chanson populaire « Politic Kill » n’est pas tristoune
    j'ai aimé l'idée du rassemblement de diverses cultures qui expriment la même réflexion. Cette chanson populaire est l’expression de la parole des peuples opprimés, parole qui leur a été confisquée, c’est tout simplement une réalité ressentie et subie. Rien dans cette chanson ne dit que cette réalité est une fatalité !! (lieu ou "Tristoune" pourrait se délecter) pour moi c’est une chanson populaire engagée ou le pronom Nous se substitue au Je de Zaz.

    http://www.dailymotion.com/pageitem...

    et cette vidéo montre qu'une large place est laissée à "Rigolus"

  18. @Marie Ange > Je n'arrive pas à faire fonctionner votre lien.
    @Jean > Peut-être en effet que si je ne comprenais rien aux paroles ça me plairait. Je ne suis d'habitude pas très attentif au texte, la plupart du temps quand je le suis je me trompe dans la signification de la chanson, comme Divine Idylle de Paradis dont je croyais, avant de lire les paroles, que le sujet était celui d'une hétérosexuelle dont l'homme idéal était une femme... je trouvais ça carrément intéressant comme concept. Du coup après j'ai tenté de retranscrire ce que j'aurais pu entendre: http://ropib.blogspot.com/2007/08/m...
    Bref, tout ça pour dire que je ne fais pas exprès de réagir mal à cette chanson de Zaz. L'argumentaire politique que j'en fais est une tentative d'expression de ce que je ressens, de ce que j'ai ressenti dès la première écoute et de cette première impression dont je n'arrive plus à me détacher. La première impression, hélas, on le dit souvent, est souvent très difficile à remettre en question. Je connaissais la chanson sur l'Aveyron, que j'avais bien aimée, et je ne savais pas que c'était avec Zaz (pourtant reconnaissable)... peut-être que je vais pouvoir la réhabiliter au sein de moi-même grâce à ça, je ne sais pas.
    @Olaf > La musique classique, comme les références culturelles qu'on peut sortir, est souvent utilisée comme un marqueur social. Beaucoup de gens ont un vernis culturel, convoquable à la demande à Questions pour un champion, mais pas de réel gout correspondant. Moi j'aime bien certains morceaux de musique classique, j'ai même parfois pleuré en en écoutant certains... c'est une question de sensibilité et, c'est vrai, de moment aussi. Mais quand on entend certains, comme Alain-Gérard Slama sur France Culture, qui nous explique très sérieusement que certaines musiques sont si belles qu'il ne faut pas les écouter je pense qu'il y a arnaque dans le discours (on reconnaitrait presque une parole de moine). Sorti de ce vernis qui sert un rapport de force, un rapport sincère à l'art, toujours complexe, est difficilement mesurable et a fortiori monnayable.
    Je me rappelle d'une discussion que j'avais eu avec quelqu'un qui se positionnait comme un expert au sujet d'une peinture, où je tentais d'échanger sur ce qu'elle pouvait évoquer et où il me répondait sur "ce que c'était"... comme s'il pouvait y avoir une vérité indiscutable, une obligation de ressentir ce qui est prévu. J'ai tenté de retranscrire notre dialogue d'alors: http://ropib.blogspot.com/2006/12/g...

    (Je me cite beaucoup dans ce commentaire, m'en veuillez pas trop)

  19. J'ai corrigé le lien qui ne marchait pas.

    Pas trop le temps de répondre mais je voulais effectivement dire que je préférais la version de Manu Chao de Politic kills. Il y a d'autres choses que j'aime bien comme la chanson de Youssef ou San Severino que j'écoute depuis longtemps, etc.

    J'ajoute que pour ma part j'ai du mal à substituer un nous au je, le "nous" me semblant inadéquat, égaré, faussé. Ce n'est pas faute d'avoir essayé mais la chose me semble désespérée, pour un temps du moins. Il ne suffit pas de vouloir, il faut pouvoir...

  20. Le nous, c'est bien souvent le nous des moutons de Panurge où
    nous devons nous couler dans le moule.

    L'universalisme est souvent une forme de ce type de subjectivité collective qui marche d'un seul pas.

  21. @Jean Zin :
    le mot substitué n’est pas approprié, ce que je voulais exprimer c’est le « Je » tourné vers les autres qui fait naître le NOUS, même furtivement cette reconnaissance du « Je » dans le Nous, permet de maintenir le souffle de ce NOUS et plus encore dans les sociétés où l’hyper-individualisme domine et contraint les gens à s’adapter à ses modes de comportement qui démantèle la collectivité en une longue série de JE isolé. Cette volonté de maintenir ce NOUS est une force même si cela ne suffit pas toujours à le faire exister ; à l’inverse de ce « Je » contre tous, centré sur lui-même.

  22. @olaf
    pour l'humour : où sont les moutons ? celles qui suivent l'amour, le plaisir de la chair, la vénalité ou la l'amour libre
    http://www.dailymotion.com/video/xh...

    se couler dans un moule peut dépasser son rôle initial de duplication et engendrer un processus créatif à part entière et déterminant dans une démarche personnalisée qui fait émerger un nouveau moule.........

  23. La question d'un "Je qui est un Nous" est la question de la Phénoménologie de Hegel, qui engendre toute la dialectique dont je rends compte dans "misère de la morale". Ce n'est donc pas si simple bien qu'il soit certain qu'on est fait des autres et que nous devons refaire communauté à partir d'une société d'individus au lieu de se fonder sur l'appartenance à une ancienne tradition (quoiqu'on peut s'appuyer sur la tradition révolutionnaire française).

    Pour Régis Debray, c'est un peu pareil. l'éloge des frontières n'est pas sans raisons mais tout ce qui manque de dialectique est insignifiant, ou dangereux. Comme si tout cela n'était pas un processus objectif et dépendait de notre bon vouloir. Il n'y a certainement aucun retour en arrière possible !

  24. Salut à toi, à vous, à nous

    Ca fait quelques années que je passais sur ce site sans avoir reuni les conditions de comprendre, vouloir/pouvoir comprendre ce que tu fais, Jean. Mais maintenant c'est nettement plus cohérent, parce que l'étude d'une certaine branche des science sociale m'a fait prendre conscience de trucs, qui résonnent avec tout ce que tu dis/écris.

    Ce qui m'a permis d'arriver à mettre un sens dans mon monde, c'est mon problème sur ce qu'est la "nature/l'environnement/l'agro écologie/le développement durable/la décroissance", et sur le fait que chacunE prend sa réalité comme allant de soi, que c'est une propriété universellement partagé que de naitre dans l'impensé, percevoir taken for granted, "allant de soi" ce qui nous entoure suivant les conditions dans lesquels on se développe.

    La forme meme par laquelle on peut communiquer, à distance, gratuitement dans la réciprocité est déja un sacré truc, encore qu'il faut avoir été exposé aux conditons qui permettent de s'en apercevoir pour commencer à vouloir en tirer parti, politiquement, socialement, philosophiquement, revolutionnairement.

    Merci en tout cas, je crois que je te comprends.

  25. Effectivement, il ne suffit pas que chacun ait accès à des textes pour les comprendre. Dès le moment où une pensée s'est construite sur un vaste corpus elle exige un certain travail (je ne dirais pas équivalent mais relativement consistant quand même) pour être accessible, d'autant plus que les idées défendues sont un peu trop exotiques ou à contre-courant. Ce n'est certes pas facile de devoir en passer par Hegel et Lacan ou par les lois de l'évolution, si mal comprises, tout comme ce qui oppose l'information à l'entropie (et l'énergie) mais tout cela ne vise qu'à l'effectivité.

    Ma question, c'est de savoir ce qu'il faut faire pour faire reculer les inégalités, conquérir des libertés nouvelles, s'ouvrir aux nouvelles générations, passer du travail forcé au travail choisi pour sortir du productivisme et reconfigurer la société en fonction des nouvelles technologies numériques notamment. Non pas tant ce qu'on voudrait mais ce qui est possible, ce qui est requis par notre moment historique et sans refouler les leçons de l'histoire en se condamnant à refaire les mêmes erreurs.

    Pour cela, il faut partir effectivement de notre rationalité limitée et ne pas s'imaginer qu'il ne s'agirait que d'une question de volonté alors que c'est le réel qui est en jeu, réel qui nous échappe et nous contraint, sur lequel on se cogne. Difficile d'admettre notre ignorance déniée par tous les militants mais de quoi changer complétement le sens de la démocratie et limiter nos utopies aux potentialités du moment, seule voie aussi pour réaliser le nécessaire rééquilibrage d'une société éclatée et construire une alternative mais tout cela est billevesée pour tous ceux qui sont tellement plus ambitieux et veulent tout changer jusqu'aux lois de la logique et toutes les connaissances accumulées, nous laissant dans l'impuissance la plus totale autant que tous les terroristes les plus exaltés qui s'imaginent changer le monde et s'inscrire dans l'histoire.

    Pour cette oeuvre de salut public, je voudrais ne compter pour rien, ce qui est mon utopie à moi, mais il faut bien dire que je suis on ne peut plus isolé (je participe à cet isolement) et donc aussi inefficace dans l'immédiat que tous les pseudo-révolutionnaires. Je ne peux compter que sur le travail, la compréhension et la contamination de quelques lecteurs. Merci donc de ce soutien.

  26. Cet article est très bien mais ne dit rien d'autre que mon article Legalize it et sans doute sans plus d'effet sinon de nous montrer qu'on est au moyen âge, qu'on en est resté à la chasse aux sorcières, que nos politiques sont irrationnelles et complétement démagogiques (on sait pourtant ce qu'il faut faire pour réduire les risques : légaliser, informer, soigner). Il faudrait ajouter que c'est la négation du droit et l'arbitraire policier, véritable inquisition moderne, mais certains s'effrayent beaucoup plus de peurs imaginaires de technologies fantasmées, la question des drogues n'étant pas plus défendable que n'était la cause homosexuelle il y a peu.

  27. Le droit instauré du mainstream est celui qui prédomine par inertie du temps. Comment le modifier parait compliqué tellement les poids sont lourds, bien plus que prévus.

  28. Oui, heureusement que je ne suis pas le seul à dire ce qui crève les yeux (alors que tant de Mexicains crèvent à cause de la prohibition).

    Les prohibitionnistes devraient d'ailleurs interdire la musique aussi considérée comme équivalente à la cocaïne ! Ce qui fait douter de l'étude, cependant, c'est quand même qu'ils prétendent que l'Adagio pour cordes de Samuel Barber serait le meilleur morceaux de musique !!!

  29. Et au niveau des assurances ? L'usage de drogue est considéré comme un comportement à risque, faut-il considérer qu'à la suite d'une légalisation on pourrait avoir droit à des couvertures prenant en compte le risque associé à cet usage (dont le montant serait à la discrétion des assurances) ?
    D'ailleurs, à côté de ça, je m'étonne que la crise banquière ne s'accompagne pas d'une crise assurantielle.

  30. je commence à établir mon staff pour les présidentiels de 2012 , VII et rap and revenge , ministre de la défense et des armée , costes à la culture , sophie diaz subalterne , moi président et chargé des question d'éducation populaire , villes et banlieues ( verte rouge grise rebeu) , écologie politique , jean zin et yann artus bertrant , logement et cadre de vie : jeudi noir et stéphane plaza ! plus spécial conseillé logement : le dal et augustin legrand , à l'université , louise grossette et manicolex et sonia du "là où " , à la culture tividibi et alexis gruss pour le cirque avec bartabas , andicapée rené briffouillère , sport manicolex , et moi , ministre de la rue : fils du béton et kalifrat , et mélanchon porte flingue etet xavier mathieu porte parole et chargé de communication agvec les lyricaliste et ralhyd et paolina ! , édith briffouilliere aux retraité pauvre et et travailleurs précaire , philippe la ssagna et jean zin à la santé ........

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