L'année
s'annonçait agitée mais intéressante, voire
décisive, elle l'a été (bien que pas tellement productive!). La
santé va beaucoup mieux grâce à des traitements enfin appropriés, mais la jeunesse n'est plus qu'un
souvenir... La sortie au début de l'année de 3 revues qui
publient des articles de moi (Nouvelles fondations, EcoRev', Multitudes)
était plutôt de bonne augure. La reprise par Sarkozy du concept de "Politique de civilisation"
d'Edgar Morin a été par contre assez perturbante, d'autant que le GRIT
a bien du mal à
survivre à son fondateur ! Il y a eu toute une période
où il a fallu se coltiner une série de technophobes
acharnés, par contre la fin de l'année a
été largement consacrée à la crise, de plus
en plus aigüe. Je n'ai pu refuser de participer à une
conférence des acteurs du numérique dont il devrait
rester une vidéo. A noter aussi un article (Le retour des révolutions) dans un journal gratuit sorti en octobre, un autre (Il n'y a pas d'alternative !) dans la revue québécoise Arguments ainsi qu'un chapitre d'un livre consacré à André Gorz, qui doit paraître aux éditions La Découverte
l'année prochaine. A noter que mon premier site "Ecologie révolutionnaire" sur wanadoo a été supprimé par Orange le 08/08/08, ce qui m'a fait perdre presque un tiers du trafic !
J'ai continué ma revue des sciences mensuelle (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Le reste de ma production scientifique se résume à une mise au point importante sur l'andropause (la dégénérescence de l'homme) ainsi qu'un compte-rendu plus contestable sur l'émergence de l'humanité.
Pour l'écologie, l'année a commencé par une évaluation des risques climatiques majeurs ? puis une critique du "Plan B" de Mr Brown pour la planète, ensuite l'article pour la revue québécoise Arguments (Il n'y a pas d'alternative !) et celui sur André Gorz (L'écologie politique, une éthique de libération,
traduit en espagnol). Sans être très novateurs, ces 2
derniers textes constituent de bonnes synthèses.
Politiquement, l'année commence par une mise au point sur une politique de civilisation de droite, avant tous les textes consacrés à la crise (Le dénouement de la crise, Le retour des révolutions (inflation et papy boom), Rendre la honte encore plus honteuse, La reconstruction du monde, La fin du capitalisme, vraiment ?, Pour un New Deal : revenu garanti pour tous, La bulle sociale, Le renforcement du système, Théorie de la crise et crise de la théorie, La conjonction des crises).
Moins circonstanciels, plus théoriques et plus intéressants sans doute : L'individualisme pseudo-révolutionnaire, L'expression du négatif.
A mi-chemin, il y a ces 2 textes sur les difficultés de
l'ère de l'information, coincés entre technophiles et
technophobes: L'émergence de la génération internet et Malaise dans la civilisation numérique.
La philosophie a été un peu
trop délaissée sans doute dans cette année de
basculement où l'incertitude domine. Sur la fin, et dans la foulée de L'expression du négatif, j'ai quand même défendu un matérialisme dialectique à l'épreuve du réel. Il faut signaler aussi L'humanisme en question (Traduit en espagnol : El humanismo en cuestión) et surtout Les limites de l'auto-organisation,
plutôt à la charnière des sciences et de la
politique, comme souvent, de même qu'il y a pas mal de
philosophie dans le texte sur André Gorz.
C'est l'année de la fin du GRIT,
la dissolution ayant été votée le 28 avril, ce qui
était un soulagement de ne plus devoir assumer un
prophétisme étonnant de naïveté et une
dangereuse conception émotionnelle de la politique, mais ce qui mettait un terme à 2 années un peu moins précaires... Je suis donc devenu auto-entrepreneur
le 1er avril ! non sans que ce soit pas mal de complications au
début ! C'est le moment où l'on s'aperçoit que la crise s'annonce très longue
et probablement en W, alors même qu'on annonce partout qu'elle est presque finie. Bonne
période malgré tout avec la forme revenue et une des plus productives même si je
me sens plus étranger que jamais au monde intellectuel et
médiatique dont j'essaie de me tenir éloigné. J'ai
quand même renoué un peu avec EcoRev', bien que
difficilement. A noter, une petite interview sur l'intime (bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture).
Malgré des velléités d'arrêter, j'ai continué la revue des sciences : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Surtout, la participation à un débat de Vivagora m'a permis de comprendre le fait crucial que la vie artificielle n'est pas la vie !
Philosophiquement, l'année est assez riche, commençant par un texte crucial : Un se divise en deux. Il y a aussi la critique du dernier livre de Lukács,
L'historicité de l'être social (aliénation et liberté), auquel on peut rattacher (sur le fétichisme), Critique de la valeur, valeur de la critique (critique d'Anselm Jappe) ainsi que Monnaie, société et individuation alors que Gilgamesh ou l'écriture du deuil met en lumière le rôle du négatif ainsi que le compte-rendu d'un livre de Catherine Malabou, Ontologie de l'accident. Il y a d'autres charges contre l'idéalisme béat (Changer la vie, sans rire !, La bulle spéculative, la confusion des esprits).
Mon intervention à CitéPhilo sur Gorz m'a donné
l'occasion d'une synthèse entre philosophie, écologie et
politique : La réalisation de la philosophie. Plus anecdotique, on peut signaler le compte-rendu du livre de Frédéric Worms, La philosophie en France au XXème siècle. Le travail du temps (à l'ère du numérique) se situe à mi-chemin entre philosophie et économie.
Pour l'écologie-politique, j'ai commencé par un Programme minimal, prolongé par L'avenir radieux (traduction en espagnol d'Eduardo Baird) et Relocalisation mode d'emploi. J'ai essayé aussi de faire comprendre ce que signifiait Changer de système de production
et j'ai dû soutenir une polémique idiote contre ceux qui
s'imaginait qu'on pourrait se passer du numérique : La révolution numérique est-elle soutenable?.
Sur le plan politique, j'ai insisté sur la pluralité (Un seul monde, plusieurs systèmes et Le pluriel du futur, plus philosophique). Psychanalyse et politique
se rattache aux critiques de l'idéalisme avec la constatation
qu'on ne peut se passer de la psychanalyse pour ne pas vouloir
l'impossible. On peut signaler aussi Le capitalisme et la mort.
J'ai regroupé un certain nombre de textes en livres :
* L'alternative écologiste, 18/07/09
* Textes à relier (2006-2009), 20/07/09
- La négativité dialectique : La part du négatif (09/06), La fin de l'aliénation (11/06), L'expression du négatif (11/08), L'épreuve du réel (matérialisme et dialectique) (12/08), Un se divise en deux (01/09), L'historicité de l'être social (aliénation et liberté) (05/09)
- Petite Phénoménologie de l'Esprit illustrée :
Misère de la morale (05/06), Les aventures de la dialectique (06/06), L'histoire après l'histoire (Hegel 200 ans après) (03/07)
- Les limites de la rationalité politique (contre les utopies) : Le retour des révolutions (inflation et papy boom) (07/08), Une rationalité décidément trop limitée (09/06), Le frimeur, l'idiot et le vendu (09/07), Le massacre des utopies (09/06), L'individualisme pseudo-révolutionnaire (02/08), Changer la vie, sans rire ! (02/09), La bulle spéculative (05/09)
- L'avenir numérique : Critique de "l'avenir du travail" (08/07), Le capitalisme cognitif (09/07), L'émergence de la génération internet (08/08), Malaise dans la civilisation numérique (09/08), Le travail du temps (à l'ère du numérique) (06/09)
- Transversales (évolution dans les sciences) : L'improbable miracle d'exister (09/02)
- Le caractère révolutionnaire de la science (06/06) - Pour une physique pluralisteLe sens de la vieillesse et de la mort (04/07) - Le sens de l'évolution (07/07) - L'émergence de l'humanité (11/08)
- Les limites de l'auto-organisation (01/08) - La vie artificielle n'est pas la vie ! (04/09)
Début d'année difficile alors que la crise est comme suspendue, avant sans doute une forte aggravation.
Revue des sciences 01/10, 01/01/10
Phosphore : une crise imminente
- Le déplacement (rapide) du Nord magnétique - Etoiles à quarks, instantons, temps imaginaire...
- De la syntaxe chez nos cousins primates - C'est de faire la cuisine qui nous aurait différencié des singes
- Marseillevirus, un virus géant de 3ème type
- Inflammation et cancers
- De la viande artificielle bientôt dans nos assiettes? - Des batteries en papier avec une encre en nanotubes
La haine de la pensée, 15/01/10
La démocratie n'est pas le royaume
de la raison qu'on prétend mais se trouve menacée depuis
l'origine par la démagogie, le clientélisme, la
fanatisation jusqu'à nos formes modernes de fascismes. C'est
tout autant l'économie libérale qui s'en trouve
ébranlée par les bulles spéculatives et les krachs
qu'elles provoquent régulièrement, répétant
systématiquement les mêmes erreurs. Si tout cela n'est pas
une évidence, et comme refoulé derrière les beaux
discours qui flattent notre intelligence, c'est bien parce que le fait
que tout le monde pense et s'en glorifie n'empêche absolument pas
une haine de la pensée à peu près universelle dont
il faudrait prendre toute la mesure !
Qu'est-ce que l'écologie politique ?, 21/01/10
Essai d'une définition conceptuelle et critique de
l'écologie-politique comme retour au réel et
nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l'unification
du monde dont on est devenu responsables, intégrant la contradiction
entre nature et culture ainsi qu'en posant des limites aux possibles, à
nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes.
Sortir du capitalisme, 26/01/10
La crise a remis à l'honneur la nécessité de sortir du capitalisme mais
la plus grande confusion règne sur ce que cela pourrait signifier et
les moyens d'y parvenir. Il ne fait pas de doute qu'il faut revenir aux
analyses de Marx pour apporter un peu plus de rigueur à
l'anti-capitalisme, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait reprendre les
réponses étatiques que le marxisme-léninisme a voulu y apporter et qui
ont été infirmées par l'histoire. Il faut prendre les choses d'un autre
côté, en partant non pas de la consommation, ni de la propriété, mais
du travailleur et de la production, d'abord en délivrant les
travailleurs de l'obligation d'être salariés d'une entreprise
capitaliste. Pour cela, il faut impérativement un revenu garanti. De
même pour se soustraire au marché globalisé, on a besoin de monnaies
locales. La gratuité numérique aussi participe à restreindre la
marchandisation et étendre le champ des biens communs. Il y a 4 axes
principaux à combiner en système alternatif pour sortir du capitalisme,
du salariat, du productivisme et de la société de marché : travail
autonome (revenu garanti, coopératives), gratuité (numérique, biens
communs), relocalisation (monnaies locales, coopératives) et secteurs
protégés.
Revue des sciences 02/10, 01/02/10
Le Microchimérisme - Les cités perdues
d'Amazonie - Le darwinisme quantique - Trous noirs au LHC - La Vie sur
Terre détruite par une supernova ?
- Pourquoi il fait si froid - Des centrales solaires spatiales
militaires
- Le rire moqueur - C'est le chromosome Y qui nous différencie le plus
du singe
- Les virus dans le génome - Le bisphénol A dangereux pour le cœur -
Bienfaits des anti-inflammatoires - Les ondes électro-magnétiques
contre l'Alzheimer
- Une télé sans aucun fil, même pour l'alimentation !
La lutte pour l'hégémonie, 05/02/10
Bien que ce soit au pas lent de l'histoire,
il semble qu'on entre cette fois véritablement dans la crise économique
avec les chômeurs en fin de droit et la fragilisation des Etats. Tous ?
non, pas la Chine qui, pour l'instant, prouve la supériorité des
dictatures sur les régimes libéraux (ploutocratiques) en périodes de
crise. La seule certitude, c'est que les choses vont bouger,
en faveur de la Chine inévitablement, on ne sait à quel point et tout
est là car on peut attendre le pire de la confrontation d'un empire
américain déclinant, dont Obama éprouve l'impuissance, et une puissance
chinoise émergente qui monte à la tête de leurs dirigeants. Même si le
renforcement du système est l'hypothèse la plus vraisemblable de la
sortie de crise, le moment dangereux, c'est le moment où le pouvoir
s'unifie provoquant des luttes de pouvoir destinées à assurer
l'hégémonie sur le nouveau système. En tout cas, qu'on ne s'y trompe
pas, ce n'est pas dans l'ennui ordinaire que nous devrons nous motiver
pour une possible alternative mais dans l'urgence du désastre qu'il
nous faudra reconstruire.
Le désir comme désir de l'Autre, 10/02/10
Le dévoilement de la dialectique du désir comme désir de désir
peut avoir un véritable effet de désidération en découvrant que, ce
qu'on croyait le plus nôtre, notre désir obstiné de ceci ou cela, n'est
que le désir de l'Autre (de sa mère par exemple) ! Difficile à avaler,
sans doute, mais pour en finir avec l'individualisme méthodologique, il
faut marteler ce que la psychanalyse enseigne de l'inconscient : vous
ne savez rien de votre désir qui se joue de vous, sur une autre scène.
La philosophie y trouve sa limite mais c'est bien le fétichisme du
désir qui s'y dénonce et sa perversion intrinsèque qui n'est pas
imputable à sa dénaturation causée par les conditions modernes
d'existence. Le désir comme désir de l'Autre constitue un des apports
fondamentaux de Lacan qui ne semble pas avoir été intégré encore dans
notre culture pourtant, refoulé systématiquement sous des métaphores
trompeuses machiniques ou biologisantes, quand elles ne sont pas
morales ou religieuses, alors que c'est l'énonciation qui est en cause,
qui parle et à qui ?
On a les moyens de s'en sortir !, 16/02/10
La situation semble complètement bloquée,
présageant du pire. Le sauvetage du système financier renforce la
certitude d'avoir les moyens de sortir de la crise. Or, cette certitude
elle-même peut constituer un facteur aggravant dans un premier temps
tout en précipitant malgré tout la réorganisation du système et
l'intégration mondiale dans un deuxième temps.
Revue des sciences 03/10, 01/03/10
Astrocytes et douleurs chroniques
- Une greffe de peau contre l'hypertension artérielle - L'émergence de la conscience - Out-of-Body-Experience
- Supraconduction
- Un nouveau bras du Gulf Stream réchauffe le Groenland
- ADN 2.0
- Révolution électrique avec la Bloom Box ?
L'intervention des peuples, 06/03/10
Il y a nécessité d'une intervention des
peuples pour se dresser face aux politiques déflationnistes que les
gouvernements sont obligés de défendre, afin d'annuler des dettes
insoutenales et d'entrer dans une nouvelle phase d'inflation. Il est
intéressant de noter la nécessité de l'intervention du sujet, même si
on ne fait pas ce qu'on veut, et le passage obligé par la déflation pour justifier l'inflation.
La transition énergétique, 12/03/10
Avec un pic de production imminent, il y a
des risques de pénurie de pétrole sur une période de plus de 10 ans
sans doute. De quoi nous enfoncer un peu plus dans la crise, sauf si on
décidait de prendre la question énergétique au sérieux et qu'on
s'engageait résolument dans la transition énergétique avec une
véritable économie de guerre destinée à un basculement rapide vers les
énergies renouvelables.
Le savoir-vivre à l'usage des post-modernes, 16/03/10
C'est fou le nombre de gens qui voudraient nous apprendre à vivre.
D'une certaine façon, on peut dire que cette pression sociale est
inévitable mais si « le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop
tard », c'est qu'apprendre à vivre, on ne fait que ça, c'est la vie
elle-même et pourquoi il ne peut y avoir de véritable « savoir-vivre »
en même temps que ce savoir nous constitue et se construit tout au long
de notre existence avec son lot de ruptures, de retournements, de
désillusions, de surprises. Ce serait une terrible régression pour nos
libertés de ne pas respecter une stricte laïcité sur ce sujet. Comme
toute séparation, celle du privé et du public reste malgré tout
relative et poreuse. C'est pourtant cette séparation entre morale et
politique qu'on cherchera à maintenir fermement ici en montrant d'abord
pourquoi il ne peut y avoir de savoir-vivre (qui serait une vie déjà
vécue) malgré ce qui se présente comme tel, puis, on essaiera de
démêler dans les préceptes écologistes ce qui relève de la politique et
ce qui relève d'un strict moralisme.
Revue des sciences 04/10, 01/04/10
Est-il bon d'interdire le thon ? - La solidarité est un facteur de
survie
- Virus marins et climat
- L'eau sur Mars et la Lune
- La bombe climatique du méthane amorcée ? - Le pic du pétrole - Bill
Gates dans le nucléaire miniature - Une nouvelle espèce humaine en
Sibérie - Lecture des pensées dans l'hippocampe
- Des moustiques génétiquement modifiés pour nous vacciner - La
vitamine D protège mieux de la grippe que les anti-viraux
- L'étiquetage RFID arrive - Nouvelles batteries - L'énergie de
l'environnement.
Complexification des modèles et simplification de la réalité, 07/04/10
Ce qu'on va examiner ici, c'est en quoi il faut passer par
l'aggravation de la crise qui n'est pas contingente mais inévitable car
elle opère une simplification de la réalité nécessaire à la décision
politique, pour déboucher ensuite sur une complexification des modèles,
un peu plus robustes mais qui ne pourront jamais prévoir l'imprévisible
dans leur confrontation au réel. C'est la condition post-moderne de
l'action dans un monde incertain et qui doit prendre en compte ses
conséquences négatives.
Retour sur les religions, 13/04/10
En
prologue à l'examen de la question de la nature, il s'agit de
prendre la mesure de la dimension mythique du langage et religieux de
l'écriture qui contaminent nos conceptions de l'homme, de la
liberté,
de la Nature. Les religions et leurs conceptions nous
précèdent dont il
faut se dégager, mais le monde de l'homme est le monde du sens,
du
langage. Il faut tenir compte de notre appétance pour le
délire qui prend les mots pour des choses réellement
existantes. Dieu
est inconscient, c'est l'interlocuteur, le surmoi, le juge
intérieur,
l'intériorisation du social et du langage. Ce n'est pas la
Nature mais
l'intersubjectivité linguistique et culturelle qui appelle
l'Autre qui
manque pour donner sens à notre vie et à notre mort.
L'inexistence de
l'Autre se manifeste concrètement par le sentiment de son
absence jusque dans les perversions, névroses et psychoses qui
tentent d'y
suppléer. L'écologie comme transcendance du monde
pourrait récupérer la
fonction de référence commune des religions de
l'écriture, voie très
différente d'une religion de la nature ou de l'Etre
suprême mais qui
peut nous unir de par toute la Terre, par la science et la technique
(les réseaux) plus que par le sentiment.
La nature et la vie, 21/04/10
La nature, c'est à la fois le physique et le biologique dont les
logiques sont pourtant opposées mais la vie se construit contre
l'imprévisibilité du monde, utilisant l'entropie extérieure contre son
entropie intérieure grâce à l'information et l'organisation. La vie
c'est la reproduction et l'évolution par sélection après-coup où c'est
l'effet qui devient cause et intériorise la contrainte extérieure. Il
n'y a pas d'information sans support matériel, une vie immatérielle n'a
aucun sens. La subjectivité du vivant, c'est sa variabilité et son
inquiétude qui lui permet d'explorer son milieu et d'y réagir. Un virus
n'est pas vivant mais fait partie intégrante du vivant, un écosystème
n'est pas vivant mais d'être devenus responsables du monde fait passer
la biosphère à l'état d'organisme pluricellulaire dont la préservation
devient prioritaire. Notre monde vécu est un monde humain, c'est le
monde des discours et de l'information, mais nous gardons le sentiment
de l'entropie et l'angoisse de la destruction.
Revue des sciences 05/10, 01/05/10
De l'harmonie musicale à l'émotion -Des requêtes
quantiques anonymes
- L'attraction d'un autre univers ? - La matière noire, une
"matière miroir"
- La riposte des climatologues
- Pas de transformation personnelle chez les animaux - Le chaînon
manquant - Aurions-nous des gènes de Néandertaliens ?
- Le Prozac contre le cancer - Cancers : manger fruits et
légumes n'aide pas vraiment
- Les débuts de "la" nanotechnologie - Des supercondensateurs en
film mince.
L'abeille et l'économiste, 09/05/2010 (Yann Moulier-Boutang, carnetsnord)
Le livre commence par célébrer le triomphe de la finance,
contre l'évidence du présent désastre, mais
l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses
dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les
dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La
taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la
sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un
revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail.
A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique
des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse
la plus grande part aux marchés et aux ONG. Ce sont des
réflexions
pour l'avenir plus que pour notre présent qu'il éclaire
pourtant en
nous enjoignant d'affronter le déplacement du profit vers les
placements financiers plutôt que de le dénier vainement.
Revue des sciences 06/10, 01/06/10
L'Univers est-il mathématique ? ou comment nous faire gober n'importe quoi !
- Le temps n'existe pas - Les extra-terrestres nous répondent - La
neutralisation des déchets nucléaires - Des nuages à la demande - Les
débuts de la vie artificielle - La réplication spontanée de l'ADN - Des
ultrasons comme contraceptif masculin - L'eau du robinet en question -
Les débuts de "la" nanotechnologie - Garder ses données chez soi bien
qu'accessible de partout
Legalize it, 18/06/10
Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la
prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à
peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur
laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances
fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré
tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en
dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et
les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une
anthropologie élémentaire. Le volontarisme est ici tout simplement
criminel en plus d'être mensonger à s'acharner vainement contre un réel
qui lui résiste.
Le désir plus que la vie, 27/06/10
L'ensorcellement des mots, leur poésie est bien ce qui nous fait
humains et notre désir plus qu'animal, désir de désir et d'y croire
avant même d'être désir de l'Autre, du simple fait de notre qualité de
parlêtres qui se racontent des histoires et prétendent donner sens au
monde. Sans plus aucun désir qui nous anime, l'existence n'est tout
simplement pas vivable. Il serait suicidaire pourtant d'en rajouter
dans l'utopie comme si on ne devait pas composer avec le réel ni faire
le partage entre l'idéal et le possible comme entre l'éthique
individuelle et les politiques collectives qui ne sont pas du tout sur
le même plan. On ne peut viser ni l'être enfin trouvé, ni le néant
destructeur mais seulement le devenir pour le temps qui nous est
imparti, c'est-à-dire le sens réellement existant, celui de l'histoire
(du moins tel qu'on peut la raconter). C'est bien en politique et en
démocratie que le précepte "connais-toi toi-même" est si important. Il
faudrait tout de même tenir compte de l'anthropologie la plus sommaire
pour ne pas vouloir nous forger un homme nouveau trop unilatéral, que
ce soit l'homo oeconomicus ou l'homo sovieticus ou l'homo numericus, le
cyborg, etc. Si le désir n'a rien à faire en politique, il faut le
savoir et savoir que le désir, c'est quand même ce qui nous fait vivre.
Revue des sciences 07/10, 01/07/10
Economie des monnaies complémentaires - Un cerveau jamais au
repos - Réduire la pollution par l'azote - Histones et vieillissement
de la mémoire - Le retour du froid en hiver - Les pseudogènes
régulateurs - La vie partout ? - Des organismes pluricellulaires de
plus de 2 milliards d'années
L'énergie entropique, 06/07/10
L'hypothèse, c'est qu'on pourrait ramener la conservation de l'énergie
à une simple probabilité, certes très grande, ce qui permettrait de
l'unifier avec l'entropie. En tout cas, elle m'aura servi à tirer une
conséquence décisive en renommant l'ère de l'énergie, l'ère de l'entropie dont on sortirait avec l'ère de l'information
en entrant véritablement dans l'histoire en construction et la
préservation de l'avenir, prenant ainsi la relève de la vie dans son
caractère contre-entropique et sa complexification cumulative au cours
du temps.
La débandade de l'avant-garde, 14/07/10
C'est aux meilleures sources qu'on peut faire remonter le romantisme
révolutionnaire qui mélange l'art, la philosophie et la politique dans
une grandiose apothéose, met en cause les savoirs et prétend à une
mystique de l'unité, une réalisation de la morale, un accomplissement
métaphysique. On le retrouve en effet du jeune Hegel au jeune Marx, et
revendiqué par Guy Debord encore avec son exigence d'authenticité
faisant preuve curieusement sur ce point d'un manque complet de
dialectique. Le filon en semble bien épuisé par la répétition. De quoi
justifier de remonter aux origines car ce sont les chimères de toutes
les avant-gardes dont il faudrait se délester si l'on veut sortir du
spectacle de l'impuissance et prendre les problèmes à leur racine
sociale et matérielle plutôt qu'au nom d'une critique artiste ou d'une
quelconque spiritualité. C'est la confusion qu'il faut dénoncer entre
le Beau, le Vrai et le Bien qui sera examiné ici, à partir de l'écart
entre un texte de jeunesse, modèle des programmes d'avant-gardes
post-révolutionnaires, et des citations plus tardives de Hegel.
Revue des sciences 08/10, 01/08/10
Voir l'univers avec des neutrinos - La résilience
- Un univers sans fin ni Big Bang - Un univers dans chaque trou noir -
Sapiens survivant de la grande glaciation - L'homme a modifié le climat
avant même le néolithique
- Les virus symbiotiques - Une crème solaire qui répare l’ADN endommagé
- L'Inde prépare une tablette tactile à 35 dollars.
Les affaires continuent..., 06/08/10
Il y a des signes d'une rechute imminente, notamment aux Etats-Unis, et
il n'y a rien de bon à en attendre. Alors que ceux qui prennent leurs
désirs pour la réalité voulaient se persuader, étant donnée son
ampleur, que cette crise systémique serait la dernière du capitalisme,
force est de constater que les affaires continuent, aussi bien les
scandales politico-financiers que les spéculations financières.
L'inertie du système mondial est considérable et la situation reste
"sous contrôle" mais cela devrait rendre la crise plus durable et
l'ambiance nauséabonde, très années trente, est un sombre présage. Si
l'histoire ne se répète pas, ce sont bien les mêmes processus qui sont
à l'oeuvre. Le fascisme et la xénophobie sont de nouveau à la mode, ce
qui paraissait impensable il y a si peu de temps, alors que le
communisme ne s'est pas remis de son effondrement trop récent. On ne
peut dire que la situation soit favorable aux "progressistes", ce
serait plutôt le moment de rentrer dans une résistance minoritaire.