Bio-graphie

Chronologie et situation des textes


Présentation (Album)
Jean Zin, né le 22 septembre 1953
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1998


Textes du XXème siècle
Années 2001-2006
Années 2007-2010
Janvier 2002 - WebCam

2006
(53 ans)



2008
(55 ans)

2008L'année s'annonçait agitée mais intéressante, voire décisive, elle l'a été (bien que pas tellement productive!). La santé va beaucoup mieux grâce à des traitements enfin appropriés, mais la jeunesse n'est plus qu'un souvenir... La sortie au début de l'année de 3 revues qui publient des articles de moi (Nouvelles fondations, EcoRev', Multitudes) était plutôt de bonne augure. La reprise par Sarkozy du concept de "Politique de civilisation" d'Edgar Morin a été par contre assez perturbante, d'autant que le GRIT a bien du mal à survivre à son fondateur ! Il y a eu toute une période où il a fallu se coltiner une série de technophobes acharnés, par contre la fin de l'année a été largement consacrée à la crise, de plus en plus aigüe. Je n'ai pu refuser de participer à une conférence des acteurs du numérique dont il devrait rester une vidéo. A noter aussi un article (Le retour des révolutions) dans un journal gratuit sorti en octobre, un autre (Il n'y a pas d'alternative !) dans la revue québécoise Arguments ainsi qu'un chapitre d'un livre consacré à André Gorz, qui doit paraître aux éditions La Découverte l'année prochaine. A noter que mon premier site "Ecologie révolutionnaire" sur wanadoo a été supprimé par Orange le 08/08/08, ce qui m'a fait perdre presque un tiers du trafic !

J'ai continué ma revue des sciences mensuelle (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Le reste de ma production scientifique se résume à une mise au point importante sur l'andropause (la dégénérescence de l'homme) ainsi qu'un compte-rendu plus contestable sur l'émergence de l'humanité.

Pour l'écologie, l'année a commencé par une évaluation des risques climatiques majeurs ? puis une critique du "Plan B" de Mr Brown pour la planète, ensuite l'article pour la revue québécoise Arguments (Il n'y a pas d'alternative !) et celui sur André Gorz (L'écologie politique, une éthique de libération, traduit en espagnol). Sans être très novateurs, ces 2 derniers textes constituent de bonnes synthèses.


Politiquement, l'année commence par une mise au point sur une politique de civilisation de droite, avant tous les textes consacrés à la crise (Le dénouement de la crise, Le retour des révolutions (inflation et papy boom), Rendre la honte encore plus honteuse, La reconstruction du monde, La fin du capitalisme, vraiment ?, Pour un New Deal : revenu garanti pour tous, La bulle sociale, Le renforcement du système, Théorie de la crise et crise de la théorie, La conjonction des crises).

Moins circonstanciels, plus théoriques et plus intéressants sans doute : L'individualisme pseudo-révolutionnaire, L'expression du négatif. A mi-chemin, il y a ces 2 textes sur les difficultés de l'ère de l'information, coincés entre technophiles et technophobes
: L'émergence de la génération internet et Malaise dans la civilisation numérique.

La philosophie a été un peu trop délaissée sans doute dans cette année de basculement où l'incertitude domine. Sur la fin, et dans la foulée de L'expression du négatif, j'ai quand même défendu un matérialisme dialectique à l'épreuve du réel. Il faut signaler aussi L'humanisme en question (Traduit en espagnol : El humanismo en cuestión) et surtout Les limites de l'auto-organisation, plutôt à la charnière des sciences et de la politique, comme souvent, de même qu'il y a pas mal de philosophie dans le texte sur André Gorz.





2009
(56 ans)

C'est l'année de la fin du GRIT, la dissolution ayant été votée le 28 avril, ce qui était un soulagement de ne plus devoir assumer un prophétisme étonnant de naïveté et une dangereuse conception émotionnelle de la politique, mais ce qui mettait un terme à 2 années un peu moins précaires... Je suis donc devenu auto-entrepreneur le 1er avril ! non sans que ce soit pas mal de complications au début ! C'est le moment où l'on s'aperçoit que la crise s'annonce très longue et probablement en W, alors même qu'on annonce partout qu'elle est presque finie. Bonne période malgré tout avec la forme revenue et une des plus productives même si je me sens plus étranger que jamais au monde intellectuel et médiatique dont j'essaie de me tenir éloigné. J'ai quand même renoué un peu avec EcoRev', bien que difficilement. A noter, une petite interview sur l'intime (bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture).

Malgré des velléités d'arrêter, j'ai continué la revue des sciences : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12). Surtout, la participation à un débat de Vivagora m'a permis de comprendre le fait crucial que la vie artificielle n'est pas la vie !

Philosophiquement, l'année est assez riche, commençant par un texte crucial : Un se divise en deux. Il y a aussi la critique du dernier livre de Lukács, L'historicité de l'être social (aliénation et liberté), auquel on peut rattacher (sur le fétichisme), Critique de la valeur, valeur de la critique (critique d'Anselm Jappe) ainsi que Monnaie, société et individuation alors que Gilgamesh ou l'écriture du deuil met en lumière le rôle du négatif ainsi que le compte-rendu d'un livre de Catherine Malabou, Ontologie de l'accident. Il y a d'autres charges contre l'idéalisme béat (Changer la vie, sans rire !, La bulle spéculative, la confusion des esprits). Mon intervention à CitéPhilo sur Gorz m'a donné l'occasion d'une synthèse entre philosophie, écologie et politique : La réalisation de la philosophie. Plus anecdotique, on peut signaler le compte-rendu du livre de Frédéric Worms, La philosophie en France au XXème siècle. Le travail du temps (à l'ère du numérique)  se situe à mi-chemin entre philosophie et économie.

Pour l'écologie-politique, j'ai commencé par un Programme minimal, prolongé par L'avenir radieux (traduction en espagnol d'Eduardo Baird) et Relocalisation mode d'emploi. J'ai essayé aussi de faire comprendre ce que signifiait Changer de système de production et j'ai dû soutenir une polémique idiote contre ceux qui s'imaginait qu'on pourrait se passer du numérique :  La révolution numérique est-elle soutenable?.

Sur le plan politique, j'ai insisté sur la pluralité (Un seul monde, plusieurs systèmes et Le pluriel du futur, plus philosophique). Psychanalyse et politique se rattache aux critiques de l'idéalisme avec la constatation qu'on ne peut se passer de la psychanalyse pour ne pas vouloir l'impossible. On peut signaler aussi Le capitalisme et la mort.

J'ai regroupé un certain nombre de textes en livres :

* L'alternative écologiste, 18/07/09
Il m'a semblé utile de regrouper les textes écrits après la parution de mon premier livre L'écologie-politique à l'ère de l'information (éditions è®e, 2006) et qui en prolongeaient les principaux thèmes : André Gorz - la richesse du possible 10/07 - Ecologie-politique, revenu garanti et philosophie 04/06 - Les limites de la décroissance (interview) 01/06 - Critique de l'écologisme (la maladie infantile de l'écologie) 04/07 - Il n'y a pas d'alternative ! 04/08 - Ce qu'il faudrait faire... 03/06 - Changer de système de production 05/09 - Changer le travail, changer la vie ! 03/07 - Relocalisation, mode d'emploi 07/09 - Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales 10/06 - Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l'économie 05/07 - L'avenir radieux 03/09

* Textes à relier (2006-2009), 20/07/09
- La négativité dialectique : La part du négatif (09/06), La fin de l'aliénation (11/06), L'expression du négatif (11/08), L'épreuve du réel (matérialisme et dialectique) (12/08), Un se divise en deux (01/09), L'historicité de l'être social (aliénation et liberté) (05/09)
- Petite Phénoménologie de l'Esprit illustrée : Misère de la morale (05/06), Les aventures de la dialectique (06/06), L'histoire après l'histoire (Hegel 200 ans après) (03/07)
- Les limites de la rationalité politique (contre les utopies) : Le retour des révolutions (inflation et papy boom) (07/08), Une rationalité décidément trop limitée (09/06), Le frimeur, l'idiot et le vendu (09/07), Le massacre des utopies (09/06), L'individualisme pseudo-révolutionnaire (02/08), Changer la vie, sans rire ! (02/09), La bulle spéculative (05/09)
- L'avenir numérique : Critique de "l'avenir du travail" (08/07), Le capitalisme cognitif (09/07), L'émergence de la génération internet (08/08), Malaise dans la civilisation numérique (09/08), Le travail du temps (à l'ère du numérique) (06/09)
- Transversales (évolution dans les sciences) : L'improbable miracle d'exister (09/02) - Le caractère révolutionnaire de la science (06/06) - Pour une physique pluralisteLe sens de la vieillesse et de la mort (04/07) - Le sens de l'évolution (07/07) - L'émergence de l'humanité (11/08) - Les limites de l'auto-organisation (01/08) - La vie artificielle n'est pas la vie ! (04/09)






2010
(57 ans)

2010Début d'année difficile alors que la crise est comme suspendue, avant sans doute une forte aggravation.

Revue des sciences 01/10, 01/01/10
Phosphore : une crise imminente - Le déplacement (rapide) du Nord magnétique - Etoiles à quarks, instantons, temps imaginaire... - De la syntaxe chez nos cousins primates - C'est de faire la cuisine qui nous aurait différencié des singes - Marseillevirus, un virus géant de 3ème type - Inflammation et cancers - De la viande artificielle bientôt dans nos assiettes? - Des batteries en papier avec une encre en nanotubes


La haine de la pensée, 15/01/10
La démocratie n'est pas le royaume de la raison qu'on prétend mais se trouve menacée depuis l'origine par la démagogie, le clientélisme, la fanatisation jusqu'à nos formes modernes de fascismes. C'est tout autant l'économie libérale qui s'en trouve ébranlée par les bulles spéculatives et les krachs qu'elles provoquent régulièrement, répétant systématiquement les mêmes erreurs. Si tout cela n'est pas une évidence, et comme refoulé derrière les beaux discours qui flattent notre intelligence, c'est bien parce que le fait que tout le monde pense et s'en glorifie n'empêche absolument pas une haine de la pensée à peu près universelle dont il faudrait prendre toute la mesure !

Qu'est-ce que l'écologie politique ?, 21/01/10
Essai d'une définition conceptuelle et critique de l'écologie-politique comme retour au réel et nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l'unification du monde dont on est devenu responsables, intégrant la contradiction entre nature et culture ainsi qu'en posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes.

Sortir du capitalisme, 26/01/10
La crise a remis à l'honneur la nécessité de sortir du capitalisme mais la plus grande confusion règne sur ce que cela pourrait signifier et les moyens d'y parvenir. Il ne fait pas de doute qu'il faut revenir aux analyses de Marx pour apporter un peu plus de rigueur à l'anti-capitalisme, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait reprendre les réponses étatiques que le marxisme-léninisme a voulu y apporter et qui ont été infirmées par l'histoire. Il faut prendre les choses d'un autre côté, en partant non pas de la consommation, ni de la propriété, mais du travailleur et de la production, d'abord en délivrant les travailleurs de l'obligation d'être salariés d'une entreprise capitaliste. Pour cela, il faut impérativement un revenu garanti. De même pour se soustraire au marché globalisé, on a besoin de monnaies locales. La gratuité numérique aussi participe à restreindre la marchandisation et étendre le champ des biens communs. Il y a 4 axes principaux à combiner en système alternatif pour sortir du capitalisme, du salariat, du productivisme et de la société de marché : travail autonome (revenu garanti, coopératives), gratuité (numérique, biens communs), relocalisation (monnaies locales, coopératives) et secteurs protégés.


Revue des sciences 02/10, 01/02/10
Le Microchimérisme - Les cités perdues d'Amazonie - Le darwinisme quantique - Trous noirs au LHC - La Vie sur Terre détruite par une supernova ? - Pourquoi il fait si froid - Des centrales solaires spatiales militaires - Le rire moqueur - C'est le chromosome Y qui nous différencie le plus du singe - Les virus dans le génome - Le bisphénol A dangereux pour le cœur - Bienfaits des anti-inflammatoires - Les ondes électro-magnétiques contre l'Alzheimer - Une télé sans aucun fil, même pour l'alimentation !

La lutte pour l'hégémonie, 05/02/10
Bien que ce soit au pas lent de l'histoire, il semble qu'on entre cette fois véritablement dans la crise économique avec les chômeurs en fin de droit et la fragilisation des Etats. Tous ? non, pas la Chine qui, pour l'instant, prouve la supériorité des dictatures sur les régimes libéraux (ploutocratiques) en périodes de crise. La seule certitude, c'est que les choses vont bouger, en faveur de la Chine inévitablement, on ne sait à quel point et tout est là car on peut attendre le pire de la confrontation d'un empire américain déclinant, dont Obama éprouve l'impuissance, et une puissance chinoise émergente qui monte à la tête de leurs dirigeants. Même si le renforcement du système est l'hypothèse la plus vraisemblable de la sortie de crise, le moment dangereux, c'est le moment où le pouvoir s'unifie provoquant des luttes de pouvoir destinées à assurer l'hégémonie sur le nouveau système. En tout cas, qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas dans l'ennui ordinaire que nous devrons nous motiver pour une possible alternative mais dans l'urgence du désastre qu'il nous faudra reconstruire.

Le désir comme désir de l'Autre, 10/02/10
Le dévoilement de la dialectique du désir comme désir de désir peut avoir un véritable effet de désidération en découvrant que, ce qu'on croyait le plus nôtre, notre désir obstiné de ceci ou cela, n'est que le désir de l'Autre (de sa mère par exemple) ! Difficile à avaler, sans doute, mais pour en finir avec l'individualisme méthodologique, il faut marteler ce que la psychanalyse enseigne de l'inconscient : vous ne savez rien de votre désir qui se joue de vous, sur une autre scène. La philosophie y trouve sa limite mais c'est bien le fétichisme du désir qui s'y dénonce et sa perversion intrinsèque qui n'est pas imputable à sa dénaturation causée par les conditions modernes d'existence. Le désir comme désir de l'Autre constitue un des apports fondamentaux de Lacan qui ne semble pas avoir été intégré encore dans notre culture pourtant, refoulé systématiquement sous des métaphores trompeuses machiniques ou biologisantes, quand elles ne sont pas morales ou religieuses, alors que c'est l'énonciation qui est en cause, qui parle et à qui ?

On a les moyens de s'en sortir !, 16/02/10
La situation semble complètement bloquée, présageant du pire. Le sauvetage du système financier renforce la certitude d'avoir les moyens de sortir de la crise. Or, cette certitude elle-même peut constituer un facteur aggravant dans un premier temps tout en précipitant malgré tout la réorganisation du système et l'intégration mondiale dans un deuxième temps.

Revue des sciences 03/10, 01/03/10
Astrocytes et douleurs chroniques - Une greffe de peau contre l'hypertension artérielle - L'émergence de la conscience - Out-of-Body-Experience - Supraconduction - Un nouveau bras du Gulf Stream réchauffe le Groenland - ADN 2.0 - Révolution électrique avec la Bloom Box ?


L'intervention des peuples, 06/03/10
Il y a nécessité d'une intervention des peuples pour se dresser face aux politiques déflationnistes que les gouvernements sont obligés de défendre, afin d'annuler des dettes insoutenales et d'entrer dans une nouvelle phase d'inflation. Il est intéressant de noter la nécessité de l'intervention du sujet, même si on ne fait pas ce qu'on veut, et le passage obligé par la déflation pour justifier l'inflation.

La transition énergétique, 12/03/10
Avec un pic de production imminent, il y a des risques de pénurie de pétrole sur une période de plus de 10 ans sans doute. De quoi nous enfoncer un peu plus dans la crise, sauf si on décidait de prendre la question énergétique au sérieux et qu'on s'engageait résolument dans la transition énergétique avec une véritable économie de guerre destinée à un basculement rapide vers les énergies renouvelables.

Le savoir-vivre à l'usage des post-modernes, 16/03/10
C'est fou le nombre de gens qui voudraient nous apprendre à vivre. D'une certaine façon, on peut dire que cette pression sociale est inévitable mais si « le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard », c'est qu'apprendre à vivre, on ne fait que ça, c'est la vie elle-même et pourquoi il ne peut y avoir de véritable « savoir-vivre » en même temps que ce savoir nous constitue et se construit tout au long de notre existence avec son lot de ruptures, de retournements, de désillusions, de surprises. Ce serait une terrible régression pour nos libertés de ne pas respecter une stricte laïcité sur ce sujet. Comme toute séparation, celle du privé et du public reste malgré tout relative et poreuse. C'est pourtant cette séparation entre morale et politique qu'on cherchera à maintenir fermement ici en montrant d'abord pourquoi il ne peut y avoir de savoir-vivre (qui serait une vie déjà vécue) malgré ce qui se présente comme tel, puis, on essaiera de démêler dans les préceptes écologistes ce qui relève de la politique et ce qui relève d'un strict moralisme.


Revue des sciences 04/10, 01/04/10
Est-il bon d'interdire le thon ? - La solidarité est un facteur de survie - Virus marins et climat - L'eau sur Mars et la Lune - La bombe climatique du méthane amorcée ? - Le pic du pétrole - Bill Gates dans le nucléaire miniature - Une nouvelle espèce humaine en Sibérie - Lecture des pensées dans l'hippocampe - Des moustiques génétiquement modifiés pour nous vacciner - La vitamine D protège mieux de la grippe que les anti-viraux - L'étiquetage RFID arrive - Nouvelles batteries - L'énergie de l'environnement.


Complexification des modèles et simplification de la réalité, 07/04/10
Ce qu'on va examiner ici, c'est en quoi il faut passer par l'aggravation de la crise qui n'est pas contingente mais inévitable car elle opère une simplification de la réalité nécessaire à la décision politique, pour déboucher ensuite sur une complexification des modèles, un peu plus robustes mais qui ne pourront jamais prévoir l'imprévisible dans leur confrontation au réel. C'est la condition post-moderne de l'action dans un monde incertain et qui doit prendre en compte ses conséquences négatives.


Retour sur les religions, 13/04/10
En prologue à l'examen de la question de la nature, il s'agit de prendre la mesure de la dimension mythique du langage et religieux de l'écriture qui contaminent nos conceptions de l'homme, de la liberté, de la Nature. Les religions et leurs conceptions nous précèdent dont il faut se dégager, mais le monde de l'homme est le monde du sens, du langage. Il faut tenir compte de notre appétance pour le délire qui prend les mots pour des choses réellement existantes. Dieu est inconscient, c'est l'interlocuteur, le surmoi, le juge intérieur, l'intériorisation du social et du langage. Ce n'est pas la Nature mais l'intersubjectivité linguistique et culturelle qui appelle l'Autre qui manque pour donner sens à notre vie et à notre mort. L'inexistence de l'Autre se manifeste concrètement par le sentiment de son absence jusque dans les perversions, névroses et psychoses qui tentent d'y suppléer. L'écologie comme transcendance du monde pourrait récupérer la fonction de référence commune des religions de l'écriture, voie très différente d'une religion de la nature ou de l'Etre suprême mais qui peut nous unir de par toute la Terre, par la science et la technique (les réseaux) plus que par le sentiment.


La nature et la vie, 21/04/10
La nature, c'est à la fois le physique et le biologique dont les logiques sont pourtant opposées mais la vie se construit contre l'imprévisibilité du monde, utilisant l'entropie extérieure contre son entropie intérieure grâce à l'information et l'organisation. La vie c'est la reproduction et l'évolution par sélection après-coup où c'est l'effet qui devient cause et intériorise la contrainte extérieure. Il n'y a pas d'information sans support matériel, une vie immatérielle n'a aucun sens. La subjectivité du vivant, c'est sa variabilité et son inquiétude qui lui permet d'explorer son milieu et d'y réagir. Un virus n'est pas vivant mais fait partie intégrante du vivant, un écosystème n'est pas vivant mais d'être devenus responsables du monde fait passer la biosphère à l'état d'organisme pluricellulaire dont la préservation devient prioritaire. Notre monde vécu est un monde humain, c'est le monde des discours et de l'information, mais nous gardons le sentiment de l'entropie et l'angoisse de la destruction.


Revue des sciences 05/10, 01/05/10
De l'harmonie musicale à l'émotion -Des requêtes quantiques anonymes - L'attraction d'un autre univers ? - La matière noire, une "matière miroir" - La riposte des climatologues - Pas de transformation personnelle chez les animaux - Le chaînon manquant - Aurions-nous des gènes de Néandertaliens ? - Le Prozac contre le cancer - Cancers : manger fruits et légumes n'aide pas vraiment - Les débuts de "la" nanotechnologie - Des supercondensateurs en film mince.


L'abeille et l'économiste, 09/05/2010 (Yann Moulier-Boutang, carnetsnord)
Le livre commence par célébrer le triomphe de la finance, contre l'évidence du présent désastre, mais l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail. A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse la plus grande part aux marchés et aux ONG. Ce sont  des réflexions pour l'avenir plus que pour notre présent qu'il éclaire pourtant en nous enjoignant d'affronter le déplacement du profit vers les placements financiers plutôt que de le dénier vainement.


Revue des sciences 06/10, 01/06/10
L'Univers est-il mathématique ? ou comment nous faire gober n'importe quoi ! - Le temps n'existe pas - Les extra-terrestres nous répondent - La neutralisation des déchets nucléaires - Des nuages à la demande - Les débuts de la vie artificielle - La réplication spontanée de l'ADN - Des ultrasons comme contraceptif masculin - L'eau du robinet en question - Les débuts de "la" nanotechnologie - Garder ses données chez soi bien qu'accessible de partout


Legalize it, 18/06/10
Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une anthropologie élémentaire. Le volontarisme est ici tout simplement criminel en plus d'être mensonger à s'acharner vainement contre un réel qui lui résiste.


Le désir plus que la vie, 27/06/10
L'ensorcellement des mots, leur poésie est bien ce qui nous fait humains et notre désir plus qu'animal, désir de désir et d'y croire avant même d'être désir de l'Autre, du simple fait de notre qualité de parlêtres qui se racontent des histoires et prétendent donner sens au monde. Sans plus aucun désir qui nous anime, l'existence n'est tout simplement pas vivable. Il serait suicidaire pourtant d'en rajouter dans l'utopie comme si on ne devait pas composer avec le réel ni faire le partage entre l'idéal et le possible comme entre l'éthique individuelle et les politiques collectives qui ne sont pas du tout sur le même plan. On ne peut viser ni l'être enfin trouvé, ni le néant destructeur mais seulement le devenir pour le temps qui nous est imparti, c'est-à-dire le sens réellement existant, celui de l'histoire (du moins tel qu'on peut la raconter). C'est bien en politique et en démocratie que le précepte "connais-toi toi-même" est si important. Il faudrait tout de même tenir compte de l'anthropologie la plus sommaire pour ne pas vouloir nous forger un homme nouveau trop unilatéral, que ce soit l'homo oeconomicus ou l'homo sovieticus ou l'homo numericus, le cyborg, etc. Si le désir n'a rien à faire en politique, il faut le savoir et savoir que le désir, c'est quand même ce qui nous fait vivre.


Revue des sciences 07/10, 01/07/10
Economie des monnaies complémentaires - Un cerveau jamais au repos - Réduire la pollution par l'azote - Histones et vieillissement de la mémoire - Le retour du froid en hiver - Les pseudogènes régulateurs - La vie partout ? - Des organismes pluricellulaires de plus de 2 milliards d'années

L'énergie entropique, 06/07/10
L'hypothèse, c'est qu'on pourrait ramener la conservation de l'énergie à une simple probabilité, certes très grande, ce qui permettrait de l'unifier avec l'entropie. En tout cas, elle m'aura servi à tirer une conséquence décisive en renommant l'ère de l'énergie, l'ère de l'entropie dont on sortirait avec l'ère de l'information en entrant véritablement dans l'histoire en construction et la préservation de l'avenir, prenant ainsi la relève de la vie dans son caractère contre-entropique et sa complexification cumulative au cours du temps.

La débandade de l'avant-garde, 14/07/10
C'est aux meilleures sources qu'on peut faire remonter le romantisme révolutionnaire qui mélange l'art, la philosophie et la politique dans une grandiose apothéose, met en cause les savoirs et prétend à une mystique de l'unité, une réalisation de la morale, un accomplissement métaphysique. On le retrouve en effet du jeune Hegel au jeune Marx, et revendiqué par Guy Debord encore avec son exigence d'authenticité faisant preuve curieusement sur ce point d'un manque complet de dialectique. Le filon en semble bien épuisé par la répétition. De quoi justifier de remonter aux origines car ce sont les chimères de toutes les avant-gardes dont il faudrait se délester si l'on veut sortir du spectacle de l'impuissance et prendre les problèmes à leur racine sociale et matérielle plutôt qu'au nom d'une critique artiste ou d'une quelconque spiritualité. C'est la confusion qu'il faut dénoncer entre le Beau, le Vrai et le Bien qui sera examiné ici, à partir de l'écart entre un texte de jeunesse, modèle des programmes d'avant-gardes post-révolutionnaires, et des citations plus tardives de Hegel.



Revue des sciences 08/10, 01/08/10
Voir l'univers avec des neutrinos - La résilience - Un univers sans fin ni Big Bang - Un univers dans chaque trou noir - Sapiens survivant de la grande glaciation - L'homme a modifié le climat avant même le néolithique - Les virus symbiotiques - Une crème solaire qui répare l’ADN endommagé - L'Inde prépare une tablette tactile à 35 dollars.


Les affaires continuent..., 06/08/10
Il y a des signes d'une rechute imminente, notamment aux Etats-Unis, et il n'y a rien de bon à en attendre. Alors que ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité voulaient se persuader, étant donnée son ampleur, que cette crise systémique serait la dernière du capitalisme, force est de constater que les affaires continuent, aussi bien les scandales politico-financiers que les spéculations financières. L'inertie du système mondial est considérable et la situation reste "sous contrôle" mais cela devrait rendre la crise plus durable et l'ambiance nauséabonde, très années trente, est un sombre présage. Si l'histoire ne se répète pas, ce sont bien les mêmes processus qui sont à l'oeuvre. Le fascisme et la xénophobie sont de nouveau à la mode, ce qui paraissait impensable il y a si peu de temps, alors que le communisme ne s'est pas remis de son effondrement trop récent. On ne peut dire que la situation soit favorable aux "progressistes", ce serait plutôt le moment de rentrer dans une résistance minoritaire.


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