Présentation :1999
Jean Zin
né le 22 septembre 1953




1993 La plupart des courriers que je reçois me demandent qui je suis et ce que je fais. Il n'est pas toujours facile de répondre sur ce qu'on fait, encore moins sur ce qu'on est, du moins lorsque l'on n'a, comme moi, aucun titre officiel à quoi que ce soit et les compétences effectives les plus hautes dans plusieurs domaines pourtant. J'ai donc pris l'habitude de me désigner par la négative, et même selon une formule mathématique comme "non P complet". Veuillez ainsi me considérer comme non-philosophe, non-psychanalyste, non-programmeur, non-pianiste- peintre- poète- père- politicien. Debord se disait "docteur en rien", on m'a insulté, il y a quelque temps, d'un "étudiant en rien", pourquoi pas ? Sauf que je ne me contente certes pas d'étudier, je cherche réellement à transformer le monde même si je ne fais souvent qu'y échouer.

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Photomaton Je n'ai jamais pu me faire à une institution comme la Sorbonne en 1973, où je ne suis pas resté, ni à un groupe comme l'École Freudienne de Paris (j'ai quitté la Cause freudienne peu de temps après avoir fait, au forum de sa constitution, une communication sur "l'institution ou le partage de la bêtise". Je suis parti ensuite dans le Lot début 1983 pour faire de l'informatique, passionné par la micro-informatique naissante). En 1991 un groupe de psychanalystes dissidents m'ayant sollicité, j'ai participé à la création de ce groupe (voir textes sur Lacan) avant de l'abandonner vite à ses mondanités, ses rivalités et ses réseaux transférentiels pour me consacrer à la rédaction du Prêt-à-penser. Je me suis toujours préféré solitaire plutôt que de satisfaire à la médiocrité d'un groupe, mais l'urgence de la situation sociale et des problèmes de santé m'ont décidé à démissionner de la direction d'une petite entreprise d'informatique industrielle pour me consacrer à l'action politique (je me suis inscrit aux Verts). J'ai organisé des réunions de critique psychanalytique juste avant les grèves de décembre 1995, sans réussir à constituer un groupe de psychanalystes. J'ai animé ensuite des cafés philosophiques à Figeac de 10/96 à 04/97, puis j'ai été présenté aux élections législatives par les Verts (voir affiche). De 06/97 à 02/98 j'ai lancé un petit journal local (La Feuille Verte) avant de me concentrer sur le mouvement des chômeurs (APEIS, Jussieu, Revenu d'Existence) qui me semblait porteur du dépassement du salariat. J'ai participé, à la Sorbonne, à l'université critique issue de "l'assemblée libre des chômeurs et fainéants de Jussieu". Le 16 mai 1998, il y a eu quelques interventions musclées et des déclarations perturbatrices contre M. Bourgeois. Un camarade a été expulsé de l'université (la revue TIQQUN en a rendu compte). Je poursuis aussi ma critique du travail ainsi que de la prohibition des drogues (intervention à une réunion internationale le 29/05/99, Pourquoi les drogues ? et à France Culture le 15/06/99), le journal Politis du 8/07/99 a consacré un article à mon site. En 2000, j'ai synthétisé mon analyse du capitalisme dans Les cycles du Capital, et participé à la création d'une revue écologiste EcoRev'.

J'ai essayé, sans grand succès, de provoquer un renouveau de l'écologie radicale, construisant un projet d'alternative écologiste. Bien que très minoritaire et m'opposant à la logique des écotaxes, je me suis occupé de la lutte contre l'effet de serre (La responsabilité du climat) et j'ai été chargé par les Verts de la politique des revenus. Nous avons construit la revendication d'un "Revenu Social Garanti" immédiatement réalisable, mais depuis j'ai quitté les Verts qui sont de plus en plus ridicules dans leur électoralisme soumis au PS, de plus en plus normalisés et de moins en moins écolos. J'ai réalisé un site dédié au Droit au Revenu mais de janvier 1999 à mai 2001 je n'avais moi-même plus aucune ressource... J'ai rassemblé mes textes écologistes dans Ecologie-Politique, an 01 début 2001, puis j'ai travaillé pour les Etats Généraux de l'Ecologie Politique sur la refondation sociale, la question du pouvoir, d'une démocratie cognitive ainsi que sur la construction de l'autonomie, et la théorie des systèmes, tout ceci sous forme de comptes-rendus de livres, et très résumé dans un article sur les enjeux actuels de l'écologie. J'ai quitté ensuite les EGEP qui ont perdu toute substance, pour entrer au GRIT (Groupe de recherches Inter et Transdisciplinaires) de Jacques Robin où j'ai poursuivi, avec la revue Transversales, la construction d'alternatives locales à la globalisation ainsi qu'un approfondissement de la théorie de l'information (de l'information comme lutte contre l'entropie) ou de la complexité et son idéologie (voir aussi l'improbable miracle d'exister qui a été une synthèse importante pour moi). J'ai fait un numéro de Transversales sur le stress. Le GRIT aura aussi été l'occasion de me frotter à la physique (Théorie des cordes et quanta) ou à la biologie, critiquant l'idéologie progressiste de l'évolution et réinterrogeant la notion de finalité (voir aussi l'origine de la vie, plus tardif). Mes études sur la démocratie post-totalitaire n'ont fait que confirmer ma propre expérience de l'impasse du modèle de la démocratie représentative. Je défends depuis, sauf exception comme le référendum sur la constitution européenne, le vote blanc aux élections pour dénoncer une fausse démocratie face à l'Empire, l'Europe, les marchés, les médias, les sondages...

Le GRIT ayant cessé la plupart de ses activités depuis fin 2003 et l'état de l'écologie-politique ne s'améliorant pas, c'est en dehors de toute structure que j'ai essayé de construire un projet écologiste européen avec un programme préliminaire qui sera complété par le projet de coopératives municipales. Ces textes ont eu un certain écho ainsi que celui sur les alternatives écologistes, bien que sans véritables suites pour l'instant. J'ai commencé à insister sur la nécessaire critique de l'idéologie post-moderne, de l'idéologie des réseaux, de la fracture numérique ou de tout optimisme technologique. Un texte philosophique sur le savoir absolu tente de renouveler le sens de "la fin de l'histoire" comme "histoire conçue" chez Hegel. En 2004, je me suis lancé dans une série d'études sulfureuses sur l'Amour et la sexualité féminine ! Enfin, un projet de livre sur "Le monde de l'information" tentera de synthétiser l'essentiel de mes recherches (toujours pas publié). Mon premier livre est sorti en janvier 2006 (L'écologie-politique à l'ère de l'information). Depuis, je poursuis ce travail sur mon blog, avec en plus une revue des sciences mensuelle.

   C'est là que j'habite, à l'écart du village...
(Photos des alentours : chemin, automne, truffière)Pech males, l'école, mas du garde
Pour ce qui est du travail, après avoir été PDG d'une petite entreprise d'informatique industrielle pour la redresser (tâche accomplie), je me suis retrouvé chômeur suite à quelques vicissitudes et trahisons diverses, dans une position de plus en plus précaire. Chercher un emploi est trop souvent humiliant et malgré toutes mes compétences (gestion, informatique, internet, philosophie etc. voir cv), je ne trouve pas d'emploi qui mérite l'effort, encore moins le talent! Après des années consacrées à devenir excellent, à la pointe des possibilités de l'époque, il me faut me rendre à l'évidence que toute cette excellence ne peut trouver d'emploi dans ce monde sinon à servir les intérêts les plus bas. La rage monte de plus en plus contre cette société qui n'affirme plus sa communauté, se livre aveuglément aux désastres de l'intérêt immédiat et avec laquelle on ne doit plus collaborer. Je suis loin d'être inactif pourtant et passe tout mon temps disponible et mon énergie à l'action politique et subversive. J'ai trouvé en 2001 un petit boulot aux "Etat Généraux de l'Ecologie Politique" pour qui j'ai fait le site économique et social. A partir du mois de mars 2002 j'ai essayé de relancer le GRIT, sans beaucoup de succès et n'ai trouvé aucun emploi, les quelques promesses qu'on m'a faites ne seront pas tenues avant que le GRIT ne m'embauche in extremis en 2007-2008, juste avant sa dissolution... J'ai survécu jusque là grâce à des contributions bénévoles de toutes parts (Egypte, Corée, Suisse...) qui valorisent incontestablement mon travail mais ne sont pas régulières et m'étonnent toujours. Tous ces soutiens m'ont été très précieux et m'ont encouragé à continuer mon parcours, sans m'en donner vraiment les moyens hélas... J'essaie depuis de survivre comme auto-entrepreneur !

Crayssac août 1993
avec les voisins du village
 
 

Paris rue Blomet 1982
à Paris, avant de partir dans le Lot (1982)
 
 
 
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