# Jean Zin > Ecologie-politique, ère de l'information et développement humain ## Posts - [Les limites de la décroissance (interview)](https://jeanzin.fr/2006/01/13/les-limites-de-la-decroissance-interview/): 1§ Quel regard portez-vous sur la popularité grandissante du mouvement pour la décroissance ? Avez-vous l'impression, comme certains, que la décroissance est en train de devenir un concept fédérateur au sein de la nébuleuse altermondialiste ? Le mouvement pour la décroissance est d'abord le symptôme de la faillite des Verts qui ne portent plus aucun projet et qui se sont vidés de leurs militants écologistes en se transformant en parti d'élus à la remorque du PS. A l'évidence, cet écologisme de gestion n'est pas à la hauteur des défis que nous devons surmonter. Le mot d'ordre de la décroissance a le mérite d'introduire une rupture et de regrouper un grand nombre de militants écologistes plus ou moins radicaux. Il a surtout le mérite de réintroduire la question écologique dans le débat public. En même temps il a les défauts des slogans derrière lesquels on peut tout mettre. C'est effectivement un concept fédérateur qui arrive à regrouper des tendances très différentes malgré un nombre limité de militants pour l'instant. Je ne crois pas que les altermondialistes soient vraiment séduits par la décroissance, mot d'ordre de riches, alors qu'ils seraient plus intéressés par la relocalisation de l'économie qui en est le véritable coeur. Je suis pour ma part assez critique sur la possibilité de faire de la décroissance une base politique sérieuse et je déplore une dimension moralisante beaucoup trop présente à mon goût alors qu'il s'agit d'organisation sociale. Je suis donc en désaccord avec une certaine idéologie de la décroissance, mais je me sens très proche de Serge Latouche à qui j'apporterais volontiers mon soutien. Simplement, je ne cherche pas comme lui à "décoloniser notre imaginaire" car ce n'est pas notre imaginaire qui est colonisé mais nos vies et il faudrait proposer des alternatives matérielles plutôt que des bons sentiments, question d'organisation collective encore, plus que d'état d'esprit. - [La reconstitution politique de l'Europe et la reprise des luttes idéologiques](https://jeanzin.fr/2006/01/07/la-reconstitution-politique-de-l-europe/): Où l'on reparle de constitution européenne... Après le temps de la bouderie et de la politique du pire, les gouvernements européens se décident enfin à remettre en chantier le "plan B" (rebaptisé "plan D" pour ne pas avoir l'air de se désavouer !), sur une base largement conforme à ce qu'on avait prévu (en particulier l'abandon de la IIIème partie) avec une possible innovation intéressante : un référendum européen pour le ratifier. On a donc bien eu raison de voter NON ! Seulement il ne faut pas rêver, cela ne veut pas dire que c'est gagné et que les libéraux s'avoueraient vaincus. Les déclarations actuelles sur la compétitivité de l'Europe pour justifier une nouvelle constitution montrent qu'ils n'ont rien compris et qu'ils ne sont pas du tout prêts à retirer du texte cette concurrence libre et non faussée complètement mythique et folle, contredisant le caractère politique d'une constitution qui rassemble des citoyens, non pas des clients, et prenant le contre-pied d'une nécessaire relocalisation de l'économie. Il nous faut donc reprendre la lutte, procéder à la reconstitution de nos forces après avoir dû tenir pendant des mois contre les railleries des partisans du OUI nous accusant de tous les échecs de l'Europe et du déclin de la France même! C'est aussi l'occasion d'approfondir la fracture idéologique qui s'est manifestée lors du référendum entre raison d'Etat et résistance sociale. - [La théorie holographique de la gravitation](https://jeanzin.fr/2006/01/01/la-theorie-holographique-de-la-gravitation/): La revue Pour la Science du mois de janvier est particulièrement intéressante en premier lieu sur la gravitation bien sûr mais Il y a aussi l'article sur la nouvelle génération de centrales nucléaires, celui sur Le stress de la pauvreté (relatif à la richesse des riches dont le stress augmente aussi avec les inégalités alors qu' une réduction de l'inégalité des revenus se traduit par une meilleure santé tant pour les pauvres que pour les riches !). Dans le même ordre d'idée Jean-Paul Delahaye montre que la ségrégation urbaine est un effet nuisible majeur que personne ne prévoit ni ne désire résultant de l'agrégation de microcomportements. La neurobiologie du soi est un peu décevante. On peut en retenir malgré tout que le système réflexif ne code pas des souvenirs, mais des intuitions, sollicitant des régions qui produisent des réponses émotionnelles rapides fondées non pas sur le raisonnement explicite, mais sur des associations statistiques. Ce système n'élabore la connaissance de soi que très lentement, parce qu'il doit disposer de nombreuses expériences pour former ces associations, mais dès qu'il commence à prendre forme, il devient très puissant. D'autre part le sentiment de soi serait un produit de la vie sociale et l'idée que le soi humain pleinement développé est un produit de la société des hominidés expliquerait pourquoi il y a tant de recouvrements entre la façon dont nous pensons à nous et celle dont nous pensons à autrui (théorie de l'esprit). Ce que confirme Ivar Ekeland pour qui, dans les alliances, peu importe ce que je pense, ce qui compte c'est ce que je pense que mon adversaire pense que je pense ! Le plus passionnant (et le plus incompréhensible!) c'est tout de même cette "théorie holographique de la gravitation", véritable "révolution copernicienne" dont nous allons essayer de rendre compte. L'accroche de la revue (La gravité : une illusion?) est un peu trop racoleuse, rappelant l'affaire Sokal. Il ne peut y avoir de doute sur le fait que la gravitation n'est en aucun cas une "illusion". Elle est aussi réelle que l'alternance du jour et de la nuit. Ce qui peut être remis en cause, c'est uniquement notre "représentation" naïve du monde (de même que ce n'est pas le soleil qui tourne autour de la Terre malgré ce qu'on voit tous les jours mais la Terre qui tourne autour du soleil et sur elle-même) ! C'est peut-être encore plus extraordinaire. - [Choix de textes (1981-2005)](https://jeanzin.fr/2005/12/29/choix-de-textes-1981-2005/): Ce blog prend la suite de mon ancien site (Ecologie révolutionnaire) créé en 1997 et qui n'a pas démérité mais qui commençait à être un peu trop fourni ! Cette fin d'année où l'on ressent plus qu'à aucun autre moment nos appartenances sociales et notre fragilité humaine, m'a poussé à tenter d'en faire le bilan, d'en donner une présentation sommaire qui fasse sens peut-être pour quelques-uns. Il est toujours difficile de juger de la valeur de ce qu'on fait et de faire un choix parmi ses propres textes, voici du moins une sorte de digest du chemin parcouru jusqu'ici. - [Le mystère de nos origines](https://jeanzin.fr/2005/12/24/le-mystere-de-nos-origines/): Documentaire de John Rubin et John Bredar (2004) National Geographic Television, 22 Décembre 2005 sur France 5 à 17h25, 85' J'ai trouvé ce documentaire particulièrement intéressant, en particulier pour le rôle crucial attribué au jet de pierre comme première arme à distance qui aurait suffi à donner la suprématie à notre espèce. Il est amusant aussi de voir les divergences et convergences avec les hypothèses autour des origines de l'homme dont je me faisais l'écho il y a 6 mois à partir d'un article de Pour la Science. - [Chavez et la révolution bolivarienne](https://jeanzin.fr/2005/12/16/chavez-et-la-revolution-bolivarienne/): Chavez et la révolution bolivarienne, Le Temps des cerises, 2005 Aussi étonnant que cela puisse paraitre, une révolution est en cours actuellement au Venezuela malgré le dénigrement systématique des médias. Certes, la figure d'Hugo Chávez est déroutante pour la gauche démocratique mais il a gagné toutes les élections et l'on se rend vite compte à quel point on ne peut appliquer nos catégories dans une situation si éloignée de la notre et juger avec nos critères cette bien curieuse révolution d'inspiration bolivarienne. Cela rend manifeste aussi qu'on ne peut avoir une vision idéalisée de la politique qui est un rapport de forces, une révolution a toujours des mauvais côtés, il ne s'agit jamais que de choisir le "bon côté" qui n'est souvent que le moins pire. Mais Hugo Chávez est vraiment étonnant et pour l'instant il ne mériterait presque que des louanges même si on peut légitimement douter que cette période révolutionnaire basée sur la mobilisation des pauvres dure encore longtemps. Il a réformé la constitution, distribué des terres et scolarisé plus de 80% des enfants. C'est exactement ce qu'il fallait faire. On peut lui reprocher son imprévisibilité, son caractère de trublion qui effraie et dérange le jeu mais c'est grâce à cela qu'il a pu bouleverser le jeu diplomatique et redonner une impulsion au mouvement révolutionnaire dont Lula incarne plutôt l'échec. Je ne parierais pas un Kopeck sur son avenir mais c'est l'illustration que l'histoire est faite de rencontres improbables. On hésite entre la prudence et l'enthousiasme. Rien n'est gagné encore mais il ne s'agit pas que de Chavez, avec les victoires électorales de la gauche sur tout le continent, il se pourrait bien que l'Amérique latine invente sous nos yeux un socialisme démocratique auquel on ne croyait plus, en démontrant qu'on peut avoir une politique révolutionnaire sans violences et sans renoncer ni à la démocratie, ni à réduire les inégalités. - [Les conditions sociales de l'individu et de l'économie](https://jeanzin.fr/2005/12/08/les-conditions-sociales-de-l-individu-et-de-l-economie/): Le paradoxe de Robinson, François Flahault, Mille et une nuits, 2005 Ce petit livre est absolument formidable dans sa façon de retourner les évidences sur lesquelles se fonde l'individualisme et dont il montre que les bases remontent au moins aux Grecs, à la République de Platon platement utilitaire et artificielle, assemblage d'individus existant en soi, comme en dehors de la société ! Hobbes partira des mêmes présupposés devant une guerre des religions qui défait le tissu social. De même Locke dans une Amérique immense et encore sauvage. La conception asiatique s'oppose depuis l'origine à cet individualisme occidental. Tout ceci n'est pas très nouveau, qu'on songe à Lucien Goldmann pour qui "l'hypothèse du sujet individuel est une idéologie déformante, élaborée elle-même par un sujet collectif". La thèse d'une "économie des personnes" condition d'une économie des biens est finalement très proches de Polanyi (bizarrement non cité) mais ce qui est nouveau c'est l'assurance avec laquelle François Flahault affirme que nous vivons une "révolution des idées", de la conviction que l'individu précède la société au constat que la vie sociale est à la base du processus d'humanisation, elle précède l'émergence de l'individu. - [Les 7 principes de la désobéissance civile de Howard Zinn](https://jeanzin.fr/2005/12/07/les-7-principes-de-la-desobeissance-civile-de-howard-zinn/): Je viens de découvrir ce texte sur Internet et je suis tellement en accord avec mon célèbre homonyme américain que je ne résiste pas à mettre sur mon blog cette version d'un vieux principe de Confucius et de Thoreau, "Lorsque la consigne est infâme, la désobéissance est un devoir". Confucius disait "Si un État est gouverné par les principes de la raison, pauvreté et misère sont des sujets de honte ; si un État n'est pas gouverné par les principes de la raison, richesses et honneurs sont des sujets de honte". C'est la parfaite illustration du principe hégélien de "la raison examinant les lois" et de la responsabilité politique de chacun. - [Impression du livre](https://jeanzin.fr/2005/12/06/impression-du-livre/): L'écologie-politique à l'ère de l'information (éditions è®e, 128 pages, 11 euros) vient de sortir de l'imprimerie et sera distribué dans les librairies le 20 janvier. Existera aussi en version lybè®e, version numérique gratuite d'un livre papier payant : https://www.editions-ere.net/projet110 - [Kit de création d'une coopérative municipale](https://jeanzin.fr/2005/12/05/kit-de-creation-d-une-cooperative-municipale/): Vous voulez créer une coopérative municipale dans votre commune et ne savez pas comment faire ? Tout dépend du contexte, des moyens, des rapports de force. Il y a tout à inventer, c'est une aventure collective mais on peut donner des exemples qui devront être adaptés aux réalités locales. - [Le bluff des "nanobabioles"](https://jeanzin.fr/2005/11/28/le-bluff-des-nanobabioles/): Le prix Nobel de physique 1998 Robert B. Laughlin dénonce dans son livre "Un univers différent" le bluff des nanotechnologies qui sont faites en aveugle, tout comme les OGM, bien loin d'en maîtriser les produits, encore moins les processus de fabrication, alors qu'à cette échelle les fluctuations quantiques posent des problèmes insurmontables. Les nanotechnologies seraient le dernier avatar d'un réductionnisme dont le physicien annonce la fin devant l'impossibilité de déduire les propriétés émergentes de la matière à partir de ses composants atomiques qui ne sont absolument pas réductibles à des particules solides qu'on pourrait assembler une à une. L'escroquerie serait du même ordre que celle de la fusion froide. Les seules véritables nanotechnologies relèvent jusqu'à ce jour de la chimie ou de la biochimie. - [Autonomie et dépendance](https://jeanzin.fr/2005/11/26/autonomie-et-dependance/): L'autonomie est toujours partielle mais plus on est autonome et plus on a de dépendances, plus on est responsable, plus les dépendances sont intériorisées. Il n'y a pas de libertés sans pouvoirs qui les contraignent mais l'autorégulation par l'autonomie est indispensable au-delà d'une certaine complexité. A l'ère de l'information l'autonomie devient indispensable dans la production, exigence de développement humain et d'un revenu d'autonomie mais il y a aussi des pathologies de l'autonomie qui renforcent la servitude volontaire, libéralisme détruisant les libertés d'individus coupés de tout lien social et ne pouvant plus se coordonner, avec les dépressions qui vont avec. - [L'état d'urgence sociale](https://jeanzin.fr/2005/11/15/l-etat-d-urgence-sociale/): A croire les médias et le gouvernement, la guerre est déclarée. On pourrait en rire tant l'ordre règne partout sans en être apparemment troublé le moins du monde. Il n'y a pas de quoi rire pourtant car l'état d'urgence n'est pas décrété contre des actes isolés de délinquance mais bien parce que la révolte rencontre des soutiens dans toute la population, parce qu'il y a un véritable état d'urgence sociale. - [L'effondrement des civilisations](https://jeanzin.fr/2005/11/10/l-effondrement-des-civilisations/): Dans un dossier assez intéressant sur l'archéologie de la Bible au proche-orient, le magazine La Recherche du mois de novembre fait état d'une théorie de l'effondrement des civilisations, de caractère systémique, généralisant des phénomènes répétés à des millénaires de distance. Ce sont des processus bien connus mais qui valent d'être médités, passant par les stades de l'effondrement suivi d'un âge sombre avant la renaissance des inégalités, des élites politiques et de la civilisation. On ne peut en tirer la conclusion qu'il faudrait encourager les inégalités car l'effondrement peut se produire par excès d'inégalités, la véritable richesse, c'est la cohésion sociale dont inégalités et richesses ne sont qu'un sous-produit. - [Le soulèvement de la jeunesse](https://jeanzin.fr/2005/11/06/le-soulevement-de-la-jeunesse/): Enfin cette jeunesse maltraitée, méprisée, précarisée, marginalisée, exclue du coeur de la vie se révolte contre ce vieux monde qui était déjà mort depuis longtemps et ne le savait pas encore. Certes, ce n'est pas une révolution, ce n'est que de la rage, mais brûler les voitures n'est-ce pas le rêve de nombreux écologistes ? C'est la lutte qui crée les solidarités et donne forme avec le temps aux revendications politiques. Je suis trop loin de tout pour savoir comment les choses évolueront mais cela m'étonnerait que les escarmouches cessent avant la fin de l'année (sauf s'il y a des morts) et cette pression peut s'avérer décisive politiquement, le pire hélas n'étant pas exclu d'un renforcement de l'Etat policier ce qui devrait obliger les véritables démocrates à se ranger du bon côté. - [Première expérience](https://jeanzin.fr/2005/11/01/premiere-experience/): Après une première expérience et la mise en place du blog, une première évaluation des bons et mauvais côtés du Blog ou de DotClear mais surtout l'occasion d'un petit bilan personnel. - [RTT contre Revenu garanti](https://jeanzin.fr/2005/10/26/rtt-contre-revenu-garanti/): Le mouvement social est profondément divisé entre deux utopies difficiles à concilier. D'un côté le projet de fonctionnarisation de la société (interdiction de licenciement et plein emploi par réduction du temps de travail), de l'autre le développement du travail autonome et des nouvelles forces productives (revenu garanti et développement humain). Ces projets s'opposent en tous points mais surtout comme la défense des anciennes institutions d'un côté et l'adaptation aux nouvelles forces productives de l'autre. La situation est tragique car, pour les partisans de la RTT ceux qui défendent le revenu garanti participent à la dislocation des protections sociales alors que les partisans du revenu garanti accusent l'illusion du retour au plein emploi de laisser la misère se développer pour ne pas la cautionner ! - [Les travaux et les jours](https://jeanzin.fr/2005/10/22/les-travaux-et-les-jours/): Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Après le travail acharné de l'été (jamais je n'avais tant écrit), après le temps pressé de la récolte et l'ivresse des vendanges, après le retour au monde un peu trop tourbillonnant et un peu avant de couper le bois pour l'hiver, je me trouve étrangement désoeuvré (ce qui est très inhabituel pour moi), profitant des dernières chaleurs d'un automne éblouissant ; temps suspendu, sous le signe de la Balance, en attendant toutes les catastrophes qu'on nous annonce (grippe aviaire, fin du pétrole, explosion du réchauffement climatique, disparition du champ magnétique, etc). On n'y coupera pas, il faut s'attendre au pire, notre monde est fini. N'est-il pas temps de s'enivrer ? Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise... - [Passage au Blog !](https://jeanzin.fr/2005/10/20/passage-au-blog/): Après un faux départ au mois de juillet, je vais essayer de nouveau la migration au format Blog à partir du 20 octobre 2005. - [La coopérative municipale](https://jeanzin.fr/2003/11/04/la-cooperative-municipale/): La relocalisation de l'économie, la dynamisation des échanges locaux et le développement d'activités autonomes ont besoin de coopératives municipales d'un genre nouveau, inspirées par Bookchin et permettant d'assurer à la fois une garantie du revenu et les moyens de valoriser ses compétences, en fait centre de l'ensemble des fonctions locales économiques et sociales : - Développement local, dynamisation des échanges locaux (relocalisation de l'économie) - Protections sociales contre la précarité (revenu garanti) et services d'assistance ou de formation - Valorisation des compétences, aide à l'autonomie et recherche des synergies (coopérations) - Production alternative non marchande et nouvelles forces productives immatérielles et coopératives - Centre de traitement de l'information locale et construction d'une intelligence collective - [L'improbable miracle d'exister](https://jeanzin.fr/2002/09/16/l-improbable-miracle-d-exister/): L'existence de l'univers est un miracle (une singularité), l'existence de la matière est un miracle (un défaut dans l'être), l'émergence de la vie est le miracle qui répond au miracle d'un monde improbable. L'indétermination de l'existence constituant notre liberté précède toute détermination, toute matière, toute vie, toute information, tout sens. Notre monde est un monde d'événements largement imprévisibles, notre vie un miracle fragile. - [Après nous le déluge](https://jeanzin.fr/1999/06/21/apres-nous-le-deluge/): Si on veut être sérieux, on ne parle pas du temps qu'il fait, on parle des élections pas du climat, pourtant notre été pourri peut tout-à-fait préfigurer ce qui nous attend avec le réchauffement du climat. Au début chacun se dit que ce n'est pas dramatique qu'il fasse un peu plus chaud, on est tous un peu frileux, nostalgie de l'Afrique originaire. Seulement après quelques grosses chaleurs, ce qui nous attend c'est le déluge, tout simplement, dès que l'évaporation augmente (ce qui n'a pas vraiment commencé encore) comme au temps de la fonte des glaciations. Le réchauffement de la planète c'est aussi le mauvais temps chez nous, un été oscillant entre chaleur insupportable et refroidissements, c'est surtout de plus en plus de pluies. Le Sahara pourra reverdir mais beaucoup de terres seront inondées. Ainsi, il ne fallait pas prendre à la légère cette expression de l'irresponsabilité : après-nous le déluge. - [Les 3 écologies](https://jeanzin.fr/1993/11/27/les-3-ecologies/): L'écologie a des significations radicalement différentes selon l'utilisation politique qui en est faite. Plutôt que de vouloir rassembler des stratégies antagonistes, elle doit se scinder au contraire en 3 tendances contradictoires (droite réactionnaire, environnementale libérale, politique solidaire). - [APPEL AU MOUVEMENT](https://jeanzin.fr/1991/01/31/appel-au-mouvement/): La fin du communisme et l'essoufflement de la social démocratie ne peuvent pas laisser longtemps l'espoir en berne, comme si l'humanité avait pu jamais se résigner à son sort: supporter sans rien dire l'arbitraire, l'injustice et la misère, attendre sans rien faire que la mort nous gagne, sans raisons de vivre qu'un morne confort et sa plate servitude. Passé le temps de comprendre, la flamme doit renaître plus forte et brillante pour ne pas seulement résister mais vaincre, les combats ne manquent pas, il ne faut plus disperser nos forces mais les ajouter. Nous ne voulons pas des partis (un de ... Lire la suite - [Revue des sciences 03/08](https://jeanzin.fr/2008/03/01/revue-des-sciences-03-08/): Un génome entier d'ARN Des formes de vie alternatives PETM : un réchauffement propice aux mammifères Un système solaire chaotique La vitamine D contre le cancer Ordinateur quantique : après les qubits, voilà les qutrits ! Réchauffement ou refroidissement ? Stocker le CO2 au fond des océans Manger des insectes plutôt que de la viande Le retour des races Cancers Promesses et dangers pour la santé des nanoparticules Résistance aux OGM Un laser surpuissant 9 litres d'hydrogène dans une boîte d'allumettes Du caoutchouc qui se répare tout seul Google en récession Technologies émergentes et du futur - [L'individualisme pseudo-révolutionnaire](https://jeanzin.fr/2008/02/20/l-individualisme-pseudo-revolutionnaire/): On ne le sait que trop, les hommes ne sont pas ce qu'ils prétendent être ! Ils agissent souvent à rebours de leurs motivations conscientes, et semblent parfois se débattre comme un insecte dans une toile qu'ils referment sur eux par leurs efforts mêmes pour tenter de s'en sortir. C'est caricaturalement, toute la complicité des terroristes avec l'ordre policier qu'ils renforcent à tel point que, lorsque des fanatiques religieux ou quelques crétins d'extrême gauche qui se prennent pour des héros ne font pas le travail pour eux, l'extrême droite ou les pouvoirs établis savent tout le profit qu'ils peuvent tirer à organiser eux-mêmes quelques faux attentats plus ou moins sanglants (on l'a vu en Italie). Ce n'est pourtant pas la seule confiscation par l'individu de l'action et de la conscience collective. Il est assez étonnant de constater à quel point en effet on rencontre de nos jours une presque totale individualisation de la politique, centrée sur soi, avec un individualisme exacerbé qui se croit révolutionnaire à transgresser les lois pour certains (jouissance perverse), à vivre hors du système pour d'autres (enfermé dans sa folie), quand d'autres encore se contentent de revendiquer une "simplicité volontaire" ou toute autre conduite exemplaire (mais chargée d'une culpabilité névrotique). Le seul point commun à ces stratégies purement individuelles, même si elles n'ont à la bouche que l'intérêt commun et dépensent beaucoup d'énergie, c'est de ne rien changer du tout à la société. C'est un fait, malgré qu'on en ait. Ce ne sont à l'évidence rien que des pseudo-révolutionnaires sans aucune révolution effective, comme s'il ne s'agissait pas tant de faire (la révolution) que d'être ("révolutionnaire" ou "écologiste") et de s'identifier ainsi à quelque figure idéalisée. On peut y voir un retournement véritablement paradoxal du souci de l'authenticité dans la vie quotidienne qui se transforme en spectacle narcissique, une mise en scène permanente et une sorte de moralisme inversé. Pour la révolution on peut attendre. - [Revue des sciences 02/08](https://jeanzin.fr/2008/02/01/revue-des-sciences-02-08/): Repenser l'écologie Trop de charbon, trop sale ! Le point sur la dépression La transformation du temps en espace en expansion ! La première image d'un trou noir Les dégagements massifs de méthane peu probables? Le niveau des océans pourrait monter plus vite que prévu Aux origines de la vie : ARN+protéine ? Le premier Big Bang du vivant L'Homme de Néandertal est-il notre ancêtre ? Lire dans les pensées Un vaccin à vie contre la grippe ? Un traitement immédiat contre l'Alzheimer ! Clonage humain : première réussite ? La première bactérie entièrement synthétique Une voiture à air comprimé Les Fab@home débarquent - [Le dénouement de la crise](https://jeanzin.fr/2008/01/23/le-denouement-de-la-crise/): Contrairement aux apparences, on peut décrire la crise actuelle comme un effet de la régulation elle-même, à l'intersection des techniques financières et des injections de liquidités pour effacer les bulles précédentes, tout cela ne faisant qu'aboutir finalement à une explosion du risque ainsi qu'à une bulle immobilière. Cela suffirait à comprendre qu'on n'est pas cette fois dans un simple krach boursier et que les autorités de régulation ne font qu'aggraver la situation quoiqu'ils fassent. Cependant, l'essentiel est de comprendre qu'il s'agit aujourd'hui d'un retour au réel dans sa brutalité, inaugurant un nouveau cycle d'inflation, cycle à la fois économique, technique et générationnel. Ce qui se joue, c'est à la fois un renversement de tendance, retour de l'inflation provoqué par les pays émergents (tensions sur les matières premières et constitution d'un marché intérieur par augmentation des salaires), mais c'est aussi une redistribution des rôles. Les Etats-Unis resteront bien sûr la plus grande puissance, au moins militaire, mais ils perdront sans doute leur hégémonie (et celle du dollar). Derrière le tremblement de terre, il y a une véritable tectonique des plaques. - [Les limites de l'auto-organisation](https://jeanzin.fr/2008/01/16/les-limites-de-l-auto-organisation/): Le thème de l'auto-organisation vient du systémisme et de la cybernétique dite de second ordre car elle inclut l'observateur dans l'objet observé, introduisant ainsi l'étude des processus autoréférentiels. Ce qui pouvait se présenter comme une limite apportée à la volonté de contrôle et de planification, a fini par prendre toute la place et reléguer les apports de la théorie des systèmes et de la cybernétique aux préoccupations effectivement de second ordre, si ce n'est pire, accusées de tous les maux dans leurs prétentions "totalitaires" ! L'idéologie de l'auto-organisation sera vite récupérée par le néolibéralisme avec d'un côté le bien (les marchés auto-régulés, la liberté) et de l'autre le mal (l'Etat, le système). On ne peut se passer pourtant du point de vue global, macroscopique, qui fait apparaître le système (sanguin ou nerveux) avec la notion essentielle de circuit qui nous totalise, et plus précisément la circulation de matière, d'énergie et d'information (ou d'argent) qui les contrôle. Il y a des limites à l'auto-organisation aussi, différents niveaux, différentes temporalités. L'enjeu d'une critique, c'est bien à la fois de sortir d'un certain nombre de confusions sur l'auto-organisation et de reconnaître ses limites sans revenir en arrière pour autant, question qui reste posée aux organisations à venir. C'est une question très concrète dans cette phase où les vieilles organisations manifestent leur inadaptation (elles ne savent pas qu'elles sont déjà mortes) mais où les mouvements informels ont montré aussi toutes leurs limites, ne tenant aucune de leurs promesses... - [Quels risques climatiques majeurs ?](https://jeanzin.fr/2008/01/13/quels-risques-climatiques-majeurs/): Prendre conscience des risques majeurs à long terme : même si ce n'est pas le plus probable à court terme, le risque d'un emballement du climat qui provoque un empoisonnement de l'atmosphère et des extinctions massives doit constituer notre horizon, la menace qu'il faut absolument éviter et, pour cela, même si on n'arrive pas à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui semble hors de notre portée, tout faire pour ne pas dépasser en tout cas les 4°C de réchauffement, ce qui n'est pas gagné d'avance et dépend entièrement des prochaines décennies... - [Une politique de civilisation de droite](https://jeanzin.fr/2008/01/09/une-politique-de-civilisation-de-droite/): Il en est de même de l'écologie, de la refondation sociale ou de la "politique de civilisation". Dès lors que ces enjeux cruciaux ne sont pas assumés pleinement par une gauche minée par ses archaïsmes et ses luttes d'appareils ou d'ambitions personnelles, c'est une aubaine pour la droite et le patronat d'en reprendre à leur compte les mots d'ordre en les vidant largement de leur substance afin de ménager au mieux leurs intérêts. C'est une illustration de la dialectique entre droite et gauche car les lignes ne sont pas immuables, comme on le croit trop souvent, mais bougent toujours et jouent régulièrement à front renversé. - [Revue des sciences 01/08](https://jeanzin.fr/2008/01/01/revue-des-sciences-01-08/): L'origine de l'inflation cosmique Transformer des plantes annuelles en plantes vivaces Objectif terre 2050 ! Objectif Mars ? Les vagues scélérates La théorie de la Terre "boule de neige fondue"! (mauvaises) nouvelles du climat Huile de palme : une catastrophe écologique planétaire Un continent de déchets Les singes nous surpassent... Neandertal mort de froid ? Accélération de l’évolution génétique chez les hommes modernes Vieillissement, inflammation et perte d'énergie Transformer le CO2 en carburant avec le solaire Des nanos code-barres Conversion de lumière en son Wikia Search et Weave pour remplacer Google ! Google lance la localisation sur GSM - [L'hypothèse extrême](https://jeanzin.fr/2007/12/08/l-hypothese-extreme/): Les prévisions des climatologues sont en général des prévisions moyennes et raisonnables, d'autant plus qu'elles font l'objet de négociations politiques dans le cadre du GIEC, avec le souci de ne pas désespérer les populations. Cependant, les incertitudes étant immenses, il est toujours fait mention qu'on ne peut exclure des ruptures de seuils et des phénomènes d'emballements qui sortent radicalement des projections actuelles mais seraient trop improbables pour être prises en considération... Seulement, voilà, les dernières nouvelles du climat ne sont pas bonnes du tout et renforcent justement l'hypothèse d'un emballement possible à relativement court terme. Ce ne sont pas des informations qu'on peut prendre à la légère même s'il ne s'agit pas de paniquer. Il faut du moins sérieusement envisager la possibilité d'un tel enchaînement qui augmenterait les températures dramatiquement, bien au-delà des modèles actuels, par un processus qui s'auto-alimente lui-même et qui aurait peut-être déjà commencé ! - [Revue des sciences 12/07](https://jeanzin.fr/2007/12/01/revue-des-sciences-12-07/): L'empreinte parentale des gènes Les longues traînes De l'ARN dans les télomères Une théorie du tout exceptionnellement simple Des condensats de Bose-Einstein à la demande Fonte de la banquise en Arctique, l'emballement? Une production d'électricité 100% renouvelable Une super-souris Un modèle du cerveau opérationnel Une souris résistante au cancer ! Mieux que le vin : la pilule-longévité ! Inflammation et diabète ou schizophrénie - [La valeur de vérité !](https://jeanzin.fr/2007/11/14/la-valeur-de-verite/): Il y a toujours la tentation d'en appeler aux valeurs en politique, à l'humanisme, à la morale sinon à Dieu, à l'éducation, la propagande ou l'endoctrinement et de tout promettre jusqu'au bonheur même. Il semble bien que la politique ne puisse être autre chose si l'on en juge aux dernières élections, il y a pourtant une toute autre voie, trop discréditée, qui est plus matérialiste et raisonnable sans être moins révolutionnaire : c'est d'en appeler à la vérité des faits. On pourrait dire que c'est la voie scientifique si le marxisme qui s'en était réclamé n'en avait fait un scientisme borné, c'est du moins la voie philosophique et celle d'une "démocratie cognitive" dont l'écologie a tant besoin. La question de la vérité est une question pratique et s'il n'y a pas véritable séparation des valeurs et des faits, c'est la vérité qui a le dernier mot et change nos valeurs à l'épreuve des faits. C'est pourquoi il faudrait privilégier la vérité sur les bons sentiments : seule la vérité est révolutionnaire ! - [Une politique pour le XXIème siècle](https://jeanzin.fr/2007/11/07/une-politique-pour-le-21eme-siecle/): Pendant que certains s'enferment dans un romantisme révolutionnaire qui se donne en spectacle et rejoue indéfiniment la même scène, d'autres renoncent à l'essentiel pour se résoudre à renforcer le système. Etre un révolutionnaire sérieux en essayant de changer le monde vraiment est une autre paire de manche. Bien peu s'y essaient. On aura beau les trouver décevants au regard des révoltés métaphysiques, le GRIT fut bien un repère de tels révolutionnaires, si différents soient-ils, d'Henri Laborit à Edgar Morin, Jacques Robin, André Gorz, Félix Guattari, Cornélius Castoriadis, etc. Il ne s'agit au fond que de comprendre son temps et de s'engager dans son actualité, les possibilités du moment et les perspectives d'avenir, ne pas abandonner la lutte après tant d'échecs mais d'en tenir compte au contraire, tout comme des bouleversements que nous avons subis, pour continuer l'émancipation humaine avec toutes ses difficultés et ses contradictions. - [Revue des sciences 11/07](https://jeanzin.fr/2007/11/01/revue-des-sciences-11-07/): Notre mémoire numérique s'efface Alzheimer : un autre diabète ? Labourer la Mer pour refroidir la Terre ! Des bactéries peuvent nous transmettre leurs gènes Un nouveau mode de transmission neuronal Un modèle animal pour l'autisme Vitesse variable de la lumière ? Matière noire Communiquer avec des neutrinos Vers une nouvelle extinction de masse ? Pourquoi on ne déprime pas plus Téléphone portable et cancer Un virus en cause dans le cancer de la gorge Sucre et maladies dégénératives Des chromosomes artificiels Biocarburants Bioplastiques Un nano poste de radio Batteries supercondensateurs - [L'écologie-politique, avenir de la gauche](https://jeanzin.fr/2007/10/16/l-ecologie-politique-avenir-de-la-gauche/): On peut analyser de différentes façons l'effondrement des Verts aux dernières élections présidentielles : par leurs défauts internes ou les défauts de l'élection, par la faute à Hulot, à Bové, au PS, aux médias... Certes tout cela a pu jouer mais il faut surtout rapprocher cet effondrement de deux autres faits : d'une part il ne faut pas faire comme si la marginalisation des Verts n'était pas celle de toute la gauche (l'extrême-gauche bien sûr mais jusqu'au PS puisque les valeurs de gauche y étaient marginalisées aussi !), d'autre part cette décrédibilisation du parti écologiste se produit paradoxalement au moment même où les problèmes écologiques commencent à être pris au sérieux par la société toute entière, y compris les partis de droite... La gauche ne peut se tenir à l'écart de cette prise de conscience écologique et c'est sans doute un des enjeux principaux d'une refondation de la gauche d'arriver non seulement à prendre en compte ces questions écologiques mais à se reconstruire autour d'une véritable écologie-politique qui n'est pas autre chose que la continuation du socialisme par d'autres moyens. En effet, si l'écologie-politique constitue bien une nouvelle façon de faire société, avec de nouveaux biens communs, le sentiment d'une communauté de destin et d'une responsabilité collective, cette solidarité sociale renforcée ne signifie aucunement qu'il faudrait nier pour autant la division de la société ni la nécessaire résistance des dominés. Au contraire, c'est une base solide pour exiger avec plus de force encore la réduction des inégalités, pour ce qui serait une véritable écologie de gauche mais qui aura besoin d'être défendue par toute la gauche, pas seulement par une de ses composantes. La gauche y trouverait sans aucun doute un nouveau souffle pour reprendre l'offensive, une nouvelle légitimité qui pourrait rassembler le mouvement social sur un objectif à long terme. Pour le dire simplement : l'écologie-politique, c'est l'avenir de la gauche ! En effet, la leçon qu'on doit tirer de notre situation historique, c'est qu'il y a une double impasse : celle d'une écologie réduite à un parti groupusculaire, mais tout autant celle d'une gauche tournée vers le passé et sans projet, éclatée en petites chapelles sur le marché des idéologies et confinée à des stratégies purement défensives. - [André Gorz - la richesse du possible](https://jeanzin.fr/2007/10/08/andre-gorz-la-richesse-du-possible/): Ce que nous devons à André Gorz est bien plus qu'une leçon de vie, d'honnêteté et d'exigence, c'est une conception politique de l'écologie qui nous relie à l'histoire et touche à la vérité de l'existence dans sa contingence même, mais c'est aussi la proposition d'une véritable alternative écologiste au service de l'autonomie individuelle. Avec une trop grande discrétion sans doute, ce fut l'indispensable passeur entre la philosophie et l'écologie-politique, un penseur de l'avenir qui nous relie au passé dans ce qu'il a de meilleur : ses luttes d'émancipation, l'anticapitalisme et la volonté d'authenticité. On peut dire que c'est lui qui nous a passé le témoin de la tradition révolutionnaire, même atténuée en "réformisme radical", une conception qui reste révolutionnaire de l'écologie, une écologie qui change la vie vraiment et nous rend plus libres, plus vrais, un peu plus nous-mêmes ! André Gorz a été un des premiers à parler d' "écologie politique", mais au-delà de sa vision politique de l'écologie, d'une écologie du vivre-ensemble, il occupe une place singulière parmi les fondateurs de l'écologie, de se situer à la fois en continuité et en rupture avec le marxisme, fidèle au projet d'émancipation tout en rejetant ses illusions et tirant les leçons de l'histoire. C'est sans doute ce chemin hésitant qu'il trace pour l'écologie entre aveuglement et renoncement qui fait sa réelle importance. S'il a pu ancrer l'écologie politique dans l'histoire des luttes ouvrières, c'est par le détour d'une lecture philosophique de Marx, héritée de l'Ecole de Francfort et des théories de l'aliénation centrées sur la critique de la forme marchandise et la recherche d'une authenticité de l'existence. Il ne faut pas oublier que c'est à partir d'un "existentialisme athée" qu'il fait une lecture écologiste de Marx, introduisant une philosophie sans transcendance dans une écologie dont le sens est trop souvent brouillé par les références religieuses (Ellul, Illich, Jonas, etc.). On peut même dire que c'est une philosophie engagée dans la sortie de la religion dès lors qu'elle rejette toute hétéronomie au profit de l'autonomie de l'individu... Ce n'est pas encore l'heure de dresser le bilan d'une oeuvre qu'il faudrait étudier plus longuement, seulement de témoigner de ce qu'elle pouvait avoir de fondatrice pour l'écologie, d'indispensable pour la sauvegarde de notre avenir, d'encourageante enfin, préservant jusqu'au bout toute la richesse du possible qui ne dépend que de nous ! - [Revue des sciences 10/07](https://jeanzin.fr/2007/10/03/revue-des-sciences-10-07/): Wikipédia, la normalisation ? La raison des singes Les mouvements secrets de l'oeil Cerveaux mâle et femelle identiques Mécanismes neurologiques du refoulement Vacciner les plantes, sans pesticides ! Les bactéries et l'espace Des dinosaures aux oiseaux La vitamine C contre le cancer L’ubiquinol contre le vieillissement De la glace chaude Une pile à combustible à hydrazine Le retour des centrales solaires Le photovoltaïque enfin rentable Le dernier Boeing dangereux en cas de crash Grimper aux murs comme Spiderman Un exosquelette sans moteur Un virus crée un réseau gigantesque et nanotubes de carbone, etc. - [Le point sur le climat](https://jeanzin.fr/2007/09/27/le-point-sur-le-climat/): Les réactions suscitées ce mois-ci par le rapport du GIEC sur les émissions de gaz à effet de serre justifiaient d'essayer de faire le point sur le climat. En effet, Courrier International joue la provocation en titrant Le réchauffement n'existe pas, du moins certains le croient, pour nous présenter un dossier qui confronte les opinions dissidentes à l'état des connaissances sur le sujet. De son côté, Pour la Science essaie de nous persuader, de façon un peu prématurée, "Réchauffement climatique : le temps des certitudes" ! On verra que ce n'est pourtant pas tout-à-fait aussi simple, les incertitudes sont immenses, on en apprend encore tous les mois ! On n'est donc pas au bout de nos surprises mais il y a peu de chances qu'il y en ait de bonnes, c'est plutôt le pire qui s'annonce, en particulier à cause de notre inaction, et, à la vitesse où ça va, la question de savoir si on pourra faire face ou s'il est déjà trop tard est bel et bien posée... - [André Gorz, une écologie politique](https://jeanzin.fr/2007/09/25/andre-gorz/): C'est trop méconnu mais la France a produit sans doute les principaux théoriciens de l'écologie-politique, en premier lieu Jacques Ellul et André Gorz (mais aussi René Passet, Jacques Robin, Edgar Morin, Serge Moscovici, etc.). Ce n'est pas que les écologistes français en aient tiré profit en quoi que ce soit car ils les ont toujours ignorés superbement. C'est même une des principales raisons pour lesquelles il m'avait paru si nécessaire de faire une revue écologiste où l'introduction de chaque numéro par un "classique" de l'écologie était donc essentiel pour s'inscrire dans une histoire durable de l'écologie. Le premier texte que nous avons voulu mettre, dans le premier numéro d'EcoRev' (dans le numéro zéro!), c'était naturellement "Leur écologie et la nôtre" d'André Gorz... Si André Gorz a été le plus important pour nous, c'est qu'il a été le premier à essayer d'articuler "écologie et politique", à partir du marxisme et de son échec, faisant pour toute une génération le chemin qui va d'un certain marxisme (celui de Sartre) à l'écologie-politique tout en conservant une optique "marxienne", une exigence de communauté, d'émancipation et de vérité rattachée à une histoire de la raison. Rien à voir avec les visions mystiques de l'écologie, même s'il y a, toujours présente, une exigence d'authenticité héritière de toute la culture critique de la philosophie occidentale et de la poésie moderne. On peut dire d'André Gorz qu'il était la conscience de Sartre, lui faisant la morale qu'il n'arrivait pas à faire et puis disant "adieu au prolétariat" comme aux illusions du maoïsme, tout en gardant à la fois l'anticapitalisme et l'idéal d'une existence authentique avec les autres. - [Le frimeur, l'idiot et le vendu](https://jeanzin.fr/2007/09/24/le-frimeur-l-idiot-et-le-vendu/): Ce n'est pas seulement dans la politique qu'on rencontre ces trois figures pathétiques qui font obstacle à la construction d'une démocratie cognitive ! On condamne en général surtout le traître mais on verra que ce n'est pas forcément le pire, on sait bien que "l'enfer est pavé de bonnes intentions"... En tout cas, on ne fera rien sans ce trio infernal (pas d'homme nouveau, il faut faire avec ce qu'on est) mais on ne fera rien de bon si on n'en sort pas un minimum. Paradoxalement on ne s'en sortira pas si on n'est pas conscient qu'on ne pourra jamais en sortir complètement : nous avons absolument besoin de reconnaissance, notre rationalité est forcément limitée et nous avons inévitablement des intérêts à défendre quoiqu'on dise ! - [Le capitalisme cognitif](https://jeanzin.fr/2007/09/09/le-capitalisme-cognitif/): Le capitalisme cognitif, la nouvelle grande transformation, Yann Moulier-Boutang, Editions Amsterdam C'est un livre que tout le monde devrait lire, au moins les économistes, car il fait le point d'études économiques trop méconnues sur les transformations du capitalisme et du travail à l'ère de l'information alors, qu'à part une frange du patronat qui s'y trouve confrontée très concrètement et tente d'en tirer profit, tout le monde semble faire comme si rien n'avait changé, que ce soient les syndicats, les politiques et même la plupart des économistes (libéraux aussi bien que ce qui reste de marxistes à l'ancienne). Il faut dire que, pour tous ceux qui en sont restés à l'ère industrielle, du fordisme et de la "valeur-travail", il est bien difficile de comprendre la logique de cette "nouvelle économie" si déroutante, en réduisant l'analyse à déclarer ce capitalisme "financier", ce qui est une tautologie ! Pour cette impuissance à comprendre ce qui constitue une nouveauté radicale, Yann Moulier-Boutang utilise l'image du "vieux vin dans de nouvelles bouteilles" ou du "vin nouveau dans de vieilles bouteilles", selon qu'on garde l'idéologie pour l'appliquer aux réalités nouvelles, ou qu'on change d'idéologie pour l'appliquer à des réalités anciennes. On peut se demander d'ailleurs si le reproche ne peut lui être retourné dans une certaine mesure, mais, ce qui est sûr, c'est que, ce dont nous avons besoin, ce sont de nouvelles théories pour une réalité nouvelle ! Ces théories existent. Contrairement aux essayistes qui veulent nous faire croire qu'ils ont tout inventé et tirent de leur génie la lumière dont ils éclairent le monde, Yann Moulier-Boutang, comme tous les gens sérieux, nous donne ses références et tous les noms des auteurs et des ouvrages dont il a fait son miel. C'est en s'appuyant sur un grand nombre de travaux d'économistes ou d'autres chercheurs, reliant ainsi fort à propos des savoirs dispersés, qu'il déroule une démonstration implacable de notre "nouvelle économie" et peut en proposer une théorie alternative à l'économie mathématique. Malgré un très large accord sur la plupart des analyses, nous discuterons cependant les deux principales thèses qui justifient son titre, d'abord le fait que l'économie "cognitive" plus que l'économie de l'information caractériserait notre époque, mais surtout le fait que le capitalisme soit vraiment compatible avec cette nouvelle économie de l'immatériel, alors que tout montre au contraire son inadaptation, aussi bien sur les droits de propriété que sur le salariat : c'est véritablement un nouveau système de production. - [Newsletter 09/07](https://jeanzin.fr/2007/09/01/newsletter-09-07/): Revue des sciences du mois de septembre 2007 Le langage (codé) de la mémoire Les premiers pas de la vie La plasticité du cerveau Découverte d'un énorme "trou" dans l'Univers Réchauffement après 2009... Plus de pluies que prévu Le trou dans la couche d'ozone augmente ! La vie venue des comètes ? Les mammouths : tués par une comète ? L'échec de la pensée positive Effacer la mémoire... Des piles à combustibles au méthanol pour les portables Un cerveau artificiel pour des robots ! etc... - [La valeur-travail](https://jeanzin.fr/2007/08/20/la-valeur-travail/): La "valeur-travail" peut s'aborder de différentes façons, par sa fonction dans la détermination des prix (théorie de la valeur), par le rôle du travail dans la reconnaissance sociale et l'épanouissement de soi (valorisation de la personne), enfin par sa rémunération (le prix du travail) qui est encore tout autre chose. Ce sont des points de vue très différents, et qui mènent à toutes sortes de confusions plus ou moins intéressées lorsqu'on ne les distingue pas suffisamment clairement, mais qui ne s'excluent pas les uns les autres pour autant. En tout cas il y a beaucoup plus à dire que les simplifications idéologiques habituelles sur ce qui constitue un des enjeux fondamentaux de notre avenir et l'on ne devrait pas hésiter à s'appuyer sur les discours électoraux qui prétendent revaloriser le travail pour obtenir une véritable revalorisation du travail ainsi que de nouvelles protections sociales pour les travailleurs, en tenant compte des évolutions de la production et des transformations du travail, de ses nouvelles exigences d'autonomie et de formation, tout comme de la précarité qui se développe et dont il faudrait se prémunir collectivement au bénéfice de tous. - [Critique de l'avenir du travail](https://jeanzin.fr/2007/08/03/critique-de-l-avenir-du-travail/): L'avenir du travail, sous la direction de Jacques Attali, avec le concours de Pierre Cahuc, Fançois Chérèque, Jean-Claude Javillier, Phlippe Lemoine, Luc-François Salvador, Dominique Turcq, Philippe Vivien. Institut Manpower, Fayard, 2007. En fait d'avenir du travail, il ne s'agit guère plus ici que de prolonger les tendances actuelles, en particulier celles du monde anglo-saxon pris comme modèle dominant, afin de dessiner à gros traits l'avenir auquel nous serions condamnés. C'est une présentation très partiale qui reprend la plupart des poncifs de la vulgate libérale, le plus incroyable étant qu'on n'y parle pas du tout d'écologie, encore moins de relocalisation de l'économie bien sûr, et qu'on fait comme si le système actuel était durable et ne devait connaître aucun bouleversement majeur à court terme : les riches vont continuer à devenir plus riches, les systèmes sociaux vont continuer à se dégrader, etc. Ce monde invivable qu'on nous promet, sauf dans certains pays scandinaves qui semblent habités par des martiens, est certes celui qui paraîtra le plus probable : on ne peut dépasser son temps (en 1942 Schumpeter était, lui, persuadé du triomphe du socialisme soviétique!). De l'autre côté il y a ceux qui veulent revenir en arrière, au compromis salarial fordiste comme si rien n'avait changé depuis plus de 60 ans, imputant à l'avidité du patronat et à la faiblesse des luttes syndicales la dégradation du salariat. Ces syndicalistes font comme si on pouvait décider complètement de notre avenir, comme si ce n'était qu'une question de volonté et de combativité. Entre laisser faire et volontarisme, il faudrait plutôt prendre la mesure effectivement de la mutation technologique en cours, des transformations du travail, de la mondialisation achevée mais aussi des nouvelles contraintes écologiques, des déséquilibres générationnels, des dégâts du libéralisme et des aspirations des peuples pour essayer de déterminer ce qui serait possible et surtout souhaitable. Bien sûr l'avenir ne sera ni l'un ni l'autre mêlant le pire et le meilleur sans doute, mais nous ne sommes pas de simples spectateurs et nous sommes responsables collectivement de notre avenir. - [Newsletter 08/07](https://jeanzin.fr/2007/08/01/newsletter-08-07/): Revue des sciences du mois d'août 2007 Champ gravitationnel entre Brans-Dicke et Higgs ! La voie lactée, un espace de tranquillité au bord du vide L'altruisme des singes L'Afrique précurseur du néolithique Océans plus chauds, cyclones plus violents Hyperactivité et troubles de l'attention chez l'adulte Les dangers du WiFi Le génome de l'anémone de mer si proche du notre ! Le rôle crucial des ARN "non codants" Dépister le cancer du poumon en analysant l’haleine L'homme "sans cerveau" ! Le vin contre le vieillissement du cerveau Un robot volant qui imite l'aile des oiseaux Un robot qui joue au foot etc... - [Autonomie et dépendances](https://jeanzin.fr/2007/07/21/autonomie-et-dependances/): "Plus un système vivant est autonome, plus il est dépendant. Plus il s'enrichit en complexité et entretient par là même des relations multiples avec son environnement, plus il accroît son autonomie en se créant une multiplicité de dépendances. L'autonomie est à la mesure de la dépendance." (Jacques Robin, Changer d'ère[1], p204) L'autonomie est toujours partielle et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, plus on est autonome et plus on a de dépendances, plus on est responsable, plus les dépendances sont intériorisées. Il n'y a pas de libertés sans pouvoirs qui les contraignent mais l'autorégulation par l'autonomie s'impose au-delà d'une certaine complexité. De plus, à l'ère de l'information l'autonomie est devenue un élément déterminant dans la production immatérielle, ce qui devrait se traduire par les nouvelles exigences d'un développement humain et d'un revenu d'autonomie en l'absence desquelles nous sommes confrontés plutôt à des pathologies de l'autonomie qui renforcent la servitude volontaire. - [Le chemin parcouru...](https://jeanzin.fr/2007/07/20/le-chemin-parcouru/): Des péripéties sans importance m'ont amené dernièrement à m'interroger sur mon travail passé. Si l'on est rarement son meilleur juge et que les procédures d'auto-évaluation sont parmi les plus humiliantes qui soient lorsqu'elles sont destinées à de quelconques autorités plus ou moins incompétentes, elles ne sont pas sans intérêt quand elles sont faites pour soi-même, pour mesurer le chemin parcouru et faire le bilan de ses propres recherches. Certes le résultat est bien maigre. Tout cela pourrait se résumer à un constat d'échec sur l'inutilité de ce que j'ai pu faire et la relative confidentialité de mon audience, même si la qualité de certains de mes lecteurs peut en compenser le nombre restreint ! - [Pour une physique pluraliste](https://jeanzin.fr/2007/07/18/lee-smolin/): Rien ne va plus en physique ! L'échec de la théorie des cordes, Lee Smolin Quitte à contredire son titre, il faut dire que voilà encore une fois un livre fantastique sur la physique, et accessible à un assez large public, qui témoigne de l'ébullition théorique d'une physique certes de plus en plus spéculative mais aussi de plus en plus extraordinaire et pleine d'émerveillements. On y découvre de nouvelles orientations de la recherche assez excitantes et pleines de surprises. C'est une leçon d'anti-dogmatisme, d'ouverture d'esprit et de créativité débridée (Feyerabend). On est loin d'une fin de la physique ! Le mystère du monde reste intact, mieux, notre ignorance semble s'accroître à mesure que nous avançons, et ceci alors même que l'année 2008 devrait être décisive avec les nouvelles expériences du LHC, quand il sera enfin opérationnel. En fait il y a plusieurs livres en un : une histoire limpide de la physique depuis Galilée et de ses révolutions théoriques tendues vers l'unification des phénomènes. une évaluation critique de la théorie des cordes et de son hégémonie malgré les déceptions qu'elle a provoquées et son incompatibilité avec la relativité générale une revue des théories alternatives : MOND (Modified Newtonian Dynamics), DSR-II (relativité doublement restreinte), gravitation quantique à boucles, géométries non-commutatives, triangulations dynamiques... une critique de l'état de la science et de ses pesanteurs sociologiques ou de ses effets de mode. C'est peut-être ce dernier point qui est le véritable objet du livre, le reste ne servant que d'illustration aux dysfonctionnements de la communauté scientifique, à notre rationalité limitée et aux difficultés des changements de paradigme. C'est pourtant ce dont on ne rendra pas vraiment compte, sinon pour noter qu'on retrouve ici un problème générationnel bien plus général et qu'on connaît trop bien : Les aînés ont trop de sécurité du travail, trop de pouvoir et trop peu de responsabilités; les jeunes ont trop peu de sécurité du travail, trop peu de pouvoir et beaucoup trop de responsabilités, tout ceci au zénith de leur période créative et la plus ouverte aux risques. p 444 - [Jacques Robin, l'homme qui relie](https://jeanzin.fr/2007/07/07/jacques-robin/): Jacques Robin, né le 31 août 1919 à Nantes, est mort le samedi 7 juillet au matin à Paris. Il était peu connu du grand public et pourtant il a marqué profondément la vie intellectuelle, rassemblant autour de lui les esprits les plus originaux de l'époque sur de fortes intuitions, en premier lieu le sentiment de mutation et même de rupture anthropologique provoquée par notre entrée dans l'ère de l'information. Il avait des idées très claires sur ce qu'il fallait faire, bien que trop en avance sur son temps sans aucun doute, puisque c'était un des pionniers de l'écologie-politique, un des premiers à défendre la nécessité d'un "développement humain" et d'un revenu garanti ainsi que de monnaies sociales et d'une économie plurielle ("avec marché" et non pas "de marché"). Il a participé à la diffusion de la théorie de l'information, de la cybernétique et de la théorie des systèmes dont il a défendu une approche humaniste privilégiant l'autonomie. Enfin, toute sa vie, il a plaidé avec obstination pour une indispensable transversalité des sciences et des cultures, attentif à la complexité des interactions entre biologie, culture et techniques. Il suffit de citer les noms de quelques uns de ceux qui participaient aux groupes de réflexion qu'il avait formés depuis 1966, à l'origine avec Henri Laborit et Edgar Morin : Henri Atlan, Jacques Attali, André Bourguignon, Robert Buron, Alain Caillé, Cornélius Castoriadis, Jean Chesneaux, Jean-Pierre Dupuy, André Leroi-Gourhan, Félix Guattari, André Gorz, Stéphane Hessel, René Passet, Armand Petitjean, Michel Rocard, Joël de Rosnay, Jacques Sauvan, Michel Serres, Roger Sue, Jacques Testart, Patrick Viveret, etc. (il faudrait en ajouter bien d'autres). - [Newsletter 07/07](https://jeanzin.fr/2007/07/05/newsletter-07-07/): Revue des sciences du mois de juillet 2007 Bloquer le diabète Ecouter les ondes gravitationnelles Neurones et cannabis Le geste précède la parole Les ondes et le cerveau Voir avec la langue Les trous noirs n'existeraient pas ! Première vidéo d'un trou noir ! Flaques d'eau sur Mars ? Voir à travers un mur avec l'axion ? L'emballement de l'effet de serre Un monde sans pétrole ? Les neurones des éponges Dangers du RoundUp Espoirs pour traiter le Parkinson Le cholestérol ne bouche pas les artères Retrouver les mitochondries de sa jeunesse Le cannabis contre les allergies L'homme au sang vert Biologie synthétique : les premiers pas Alimentation électrique sans fil Thermo-acoustique : refroidir en produisant de l'électricité ! Calculateurs moléculaires Technologies pour les pauvres... - [Le sens de l'évolution](https://jeanzin.fr/2007/07/02/le-sens-de-l-evolution/): Lorsque les religions ou les idéologies se mêlent de sciences, ce n'est jamais bon, ni pour la religion, ni pour les sciences. La théorie de l'évolution est particulièrement mise en cause par les théories créationnistes ou les tenants de "l'intelligent design" qui témoignent d'une incompréhension totale du darwinisme, dont ils contestent même le caractère scientifique au nom d'une fausse conception de la science (celle de Karl Popper notamment). Pourtant, le problème n'est pas tant l'offensive des fondamentalistes, offensive qui ne peut aller bien loin ni produire aucun progrès des connaissances, mais plutôt le raidissement des scientifiques pris dans la tourmente et qui les amène à une dogmatisation de leur science. Ainsi, le dossier de Pascal Picq dans Pour la Science ("Faits et causes de l'évolution") est certes fort utile pour répondre aux objections des croyants mais il est trop animé par sa réfutation des interprétations religieuses jusqu'à se croire obligé de nier par exemple l'évidence de la complexification (dont la théorie de l'évolution est supposée rendre compte pourtant) ainsi que le rôle de la finalité en biologie, qu'il ne faut certes pas prendre dans son acceptation religieuse ! En tout cas, je voudrais défendre ici l'idée qu'on peut admettre que l'évolution a un sens tout en restant dans un discours scientifique et sans faire aucune concession aux religions. - [Un univers à notre mesure ?](https://jeanzin.fr/2007/06/22/un-univers-a-notre-mesure/): Leonard Susskind, Le paysage cosmique Le principe anthropique a tout pour déplaire. N'est-ce pas une façon de renoncer à toute explication scientifique, une sorte de tautologie qui se contente de dire que les choses sont telles qu'elles sont ? On peut même tomber avec le "principe anthropique fort" dans l'illusion religieuse et téléologique qui va prétendre que les choses sont telles qu'elles devaient être, guidées par une volonté supérieure, un "dessein intelligent" ! Dans sa version faible, l'affirmation que notre monde doit réunir toutes les conditions de notre existence est pourtant incontestable : le caractère relativement exceptionnel de notre planète en témoigne réunissant non seulement les conditions de l'apparition de la vie (ce qui doit être assez courant) mais aussi un temps d'évolution assez long pour mener jusqu'aux organismes pluricellulaires et finalement jusqu'à l'humanité avec la science qui essaie de comprendre le monde. C'est une situation si rare qu'il ne serait pas impossible qu'on soit les seuls, sur cette Terre, malgré la myriade d'étoiles et de galaxies qui nous entourent ! Au moins sur ce point, le principe anthropique ne saurait être mis en doute : inutile de vouloir expliquer les caractéristiques de notre planète purement aléatoires sinon par le fait que nous en sommes le produit. C'est à un tout autre niveau pourtant que le principe anthropique s'impose aujourd'hui aux cosmologistes puisque ce sont les caractéristiques de notre univers qui ne pourraient s'expliquer autrement que par notre présence pour le penser. En effet, toute autre valeur de la "constante cosmologique" en particulier aurait pour résultat de rendre notre existence impossible ! - [L'invention de Jésus](https://jeanzin.fr/2007/06/20/l-invention-de-jesus/): On peut s'étonner qu'il y ait de nos jours si peu de spécialistes qui osent remettre en cause l'existence de Jésus alors qu'on n'a aucune trace archéologique ni même aucun témoignage de son existence historique en dehors des évangiles ! Les hypothèses les plus farfelues circulent à son sujet, quitte à en faire une sorte de révolutionnaire tout ce qu'il y a de plus humain, sans envisager que ce puisse être simplement une figure symbolique dans la lignée de l'interprétation allégorique de la Bible par Philon d'Alexandrie ! Les religions sont la pire et la meilleure des choses. La pire car prendre à la lettre ces histoires fantastiques témoigne de l'étendue de notre crédulité et mène aux fanatismes les plus meurtriers : rien de pire en effet que les guerres de religion ou qu'une foi pétrie de certitudes ! C'est aussi la meilleure des choses pourtant car l'enseignement spirituel des religions est ce qu'il y a de plus précieux et subtil, expression de notre propre divinité et de la "dignité de l'homme" (Pic de la Mirandole) qui donne une valeur absolue à chacun, "vagabond de la vérité ... ouvert à tout le possible, poète de lui-même" ! En l'absence de cette dimension spirituelle, l'homme est souvent réduit à rien, à son utilité ou à ses gènes, en tout cas à ses déterminations ne lui laissant plus aucune liberté. On ne peut dépasser les religions qu'en reconnaissant leur part de vérité, en reconnaissant qu'elles parlent de nous. Pour cela rien de mieux que l'histoire des religions. - [De nouvelles perspectives pour des révolutions futures...](https://jeanzin.fr/2007/06/10/perspectives-pour-des-revolutions-futures/): L'époque est désespérante, c'est le temps de la réaction triomphante avant celui de déceptions tout aussi grandes pour ceux qui y auront un peu trop cru. Il est fort possible que nous allions au pire mais si nous perdons encore bien des batailles, cela ne veut pas dire que nous avons perdu la guerre pour autant, ni même que l'époque précédente valait beaucoup mieux ! Il nous faut plutôt tirer parti de la dure leçon qu'on nous inflige, que cela serve au moins à perdre nos illusions et à mieux connaître nos ennemis. Il est absolument crucial de prendre notre part dans cet échec retentissant et profiter de l'occasion pour renvoyer aux poubelles de l'histoire tous les vieux politiciens qui prétendent nous représenter et les idéologies dépassées qui nous mènent à l'impasse. C'est une chance qu'il ne faut pas laisser passer car ces vieux partis vermoulus sont bien le principal obstacle à notre victoire, de même que la chute du communisme nous a ouvert de nouvelles perspectives de libérations dégagées enfin de toute compromission avec des bureaucraties criminelles. De ce funeste passé faisons table rase ! Le danger bien sûr serait de se décourager d'avance et de renoncer à reprendre la lutte ancestrale mais le premier danger, à n'en pas douter, ce serait de n'avoir rien à opposer au discours de la haine que nos bonnes intentions et de ne rien avoir appris de nos défaites, enfermés dans nos certitudes comme dans nos organisations. Les nouvelles perspectives des révolutions à venir n'ont effectivement pas grand chose à voir avec les anciennes, elles sont à la fois plus locales et plus globales, mais on n'en a pas fini avec la révolution et les luttes de libération... La révolution n'est pas finie La démocratie radicale La libération du travail L'amour libre ? - [Newsletter 06/07](https://jeanzin.fr/2007/06/01/newsletter-06-07/): Revue des sciences du mois de juin 2007 Le pétrole sera-t-il bradé ? Les limites des théories en économie Dites NO à la dépression! Le méthane, signe de vie sur Mars ? 12 films sur la rétine ! Les robots de Bill Gates Savoir qu’un autre ne sait pas peut nous aider à savoir ! Saturation des réseaux La plus grande extinction de masse L'hypothèse d'une deuxième dimension temporelle ??? La supraconductivité imperméable aux champs magnétiques Climat, ça se gâte ! Un régime trop gras peut rendre diabétique La Z-machine fait un pas en direction de la fusion contrôlée ! Un ordinateur à 10 dollars !! - [Notre avenir en question](https://jeanzin.fr/2007/05/18/retrouver-un-avenir/): La guerre a eu lieu, Maurice Merleau-Ponty (1945)- Le temps de la fin, Günther Anders (1960) - Où va le monde ?, Edgar Morin (1981) - Pourquoi tout n'a-t-il pas déjà disparu ?, Jean Baudrillard (2007) - La Réification, Petit traité de Théorie critique, Axel Honneth (2007) C'est une plongée dans les livres qui viennent de paraître à laquelle je vous convie, plongée souvent utile pour explorer les questions du temps et qui parfois fait sens, parfois beaucoup de sens... La conjonction d'un certain nombre de rééditions en petit format, en particulier les carnets de l'Herne, donne effectivement un éclairage singulier sur notre moment historique, témoignant à la fois de notre désorientation devant l'avenir et du besoin d'un retour critique sur notre passé, hanté par la disparition du communisme et de l'espoir d'un avenir radieux. C'est un retour dépourvu de toute nostalgie et qui témoigne que nous vivons un temps de ruptures et de révolutions, mais qui est plein de pièges aussi et d'une certaine délectation morose dont Edgar Morin tentait déjà en 1981 de se défaire, avec une grande lucidité. Les réflexions de Maurice Merleau-Ponty sur la guerre, qui viennent aussi d'être rééditées en petite plaquette, complètent le tableau fort à propos, ainsi que la toute récente reprise par Axel Honneth du concept de réification, permettant d'ouvrir une voie peut-être, entre conscience de soi, dans toutes nos faiblesses, et reconnaissance mutuelle. L'ensemble de ces lectures laissent entrevoir, dans le secret de leur rencontre, le maigre espoir de retrouver un avenir malgré tout, "sortir du XXème siècle" enfin et redevenir responsables de nos actes, en passant de l'historie subie à l'histoire conçue. - [Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l'économie](https://jeanzin.fr/2007/05/18/les-monnaies-locales-un-outil-pour-la-relocalisation-de-l-economie/): Un autre monde est possible et une petite carte de paiement pourrait en être le sésame. A l'occasion du lancement du SOL, monnaie alternative pour les réseaux de l'économie solidaire et les échanges de proximité, il faut revenir sur l'importance des monnaies locales pour la relocalisation de l'économie et la sortie du productivisme marchand, même si ce n'est pas dans l'air du temps et très loin des projets d'une gauche déboussolée... Il est certes bien difficile de convaincre de l'utilité d'une monnaie locale, on croit même que c'est impossible à mettre en oeuvre alors que c'est sûrement la voie de l'avenir et que les outils en sont immédiatement disponibles, ce qu'on peut qualifier de miraculeux ! Le principal obstacle qui reste désormais se situe dans une évolution radicale des mentalités qui devraient opérer un complet retournement en pensant le changement social à partir du local, dans l'esprit de l'altermondialisme. Au lieu de tout attendre du pouvoir central et des stratégies top-down, il faudrait se convertir à la construction par le bas (bottom-up) d'une alternative locale à la globalisation marchande. Les prochaines élections municipales pourraient permettre d'en commencer l'expérimentation sans plus tarder. Hélas, c'est loin d'être gagné d'avance. Pourtant l'enjeu est de taille et il y a urgence ! C'est pourquoi nous allons essayer de répondre aux 3 questions : pourquoi une monnaie ? pourquoi relocaliser l'économie ? pourquoi une monnaie locale ? - [La maladie de la disparition](https://jeanzin.fr/2007/05/10/la-maladie-de-la-disparition/): Une nouvelle "fable des abeilles" pour notre temps ! Il se murmure que les abeilles disparaissent, annonçant une catastrophe écologique, et que la cause pourrait en être la multiplication des téléphones portables à cause de la pollution électro-magnétique qu'ils provoquent (l'électrosmog). C'est, en fait, plus que contestable mais selon des chercheurs allemands de la Landau University la saturation des ondes désorienterait tellement les abeilles qu'elles ne pourraient plus rejoindre leur ruche, ce qui pourrait entraîner leur extermination en provoquant ce qu'on appelle en anglais Colony Collapse Disorder, et en français la "maladie de la disparition". Voilà ce qu'on pourrait prendre effectivement pour un signe annonciateur de notre propre disparition... Cependant, même si les ondes n’en sont probablement pas la véritable cause, non seulement on est bien malgré tout face à un risque majeur mais on peut y voir aussi une fable sur l'inconscience avec laquelle nous travaillons à notre propre destruction en détruisant systématiquement nos conditions vitales, tout cela à cause d'une conception un peu trop myope de la productivité et d'une rentabilité immédiate. On verra que c'est une leçon écologique qui s'applique tout autant à l'économie cognitive et qu'il faudrait aussi en tirer les conséquences dans la préservation des milieux humains. - [Le ressentiment dans l'Histoire](https://jeanzin.fr/2007/05/08/le-ressentiment-dans-l-histoire/): Comprendre notre temps, Marc Ferro - Odile Jacob (27 avril 2007) Pour une bonne partie de la gauche et des forces progressistes ou humanistes, le réveil a été terrible. On a éprouvé, avec cette campagne, le choc d'un retournement dialectique, comme on ne le croyait plus possible, et d'un très étonnant retour du refoulé. Le sol tremble sous nos pieds devant la réapparition des monstres du passé, de l'irrationnel, de la religion, du patriotisme, de la morale, de la démagogie, de l'idéologie, de l'ordre policier mais, par dessus tout, sans doute, du ressentiment qui a envahi les discours et se déchaîne sans retenue dans une frange de la population : ressentiment contre les précaires (profiteurs, assistés, fainéants), les immigrés, les jeunes et même Mai 68 maintenant ! C'est donc fort à propos que Marc Ferro nous rappelle la place du ressentiment dans l'histoire comme une dimension ineffaçable et qu'il faut prendre en compte "pour comprendre notre temps" mais surtout pour entrer en résistance contre la folie des hommes et changer le monde vraiment, peut-être ! - [Newsletter 05/07](https://jeanzin.fr/2007/05/05/newsletter-05-07/): Revue des sciences du mois de mai 2007 Les promesses de la plasmonique ! 800 000 ans d'histoire du climat Prédire les maladies autoimmunes Conséquences du théorème de Gödel en physique De l'eau sur Mars ! Trous noirs et trous de ver : la porte des étoiles ! Climat : les effets pervers de la reforestation Invasion de crapauds mutants en Australie La dégénérescence de l'homme Les abeilles menacées par l'excès d'ondes électro-magnétiques La génétique, un océan d'idées reçues La vaccination des bactéries contre les virus Nouvelles pistes contre le cancer Délocalisation du cerveau ? La controverse des antioxydants Inquiétudes sur les nouvelles technologies - [DCA, l'arme anti-cancer ?](https://jeanzin.fr/2007/05/02/dca-l-arme-anti-cancer/): Il est toujours délicat de parler d'un supposé traitement miracle contre le cancer, il y a déjà eu tant d'espoirs déçus, mais il y a de bonnes raisons d'attirer l'attention sur une découverte très récente et qui provoque déjà un certain engouement outre-atlantique : un produit simple et peu coûteux le DCA (DiChloroAcetate) pourrait entraîner la mort des cellules cancéreuses sans nuire aux cellules saines ! Cela parait trop beau pour être vrai et demande confirmation mais, s'il faut en parler quand même, c'est que les laboratoires pharmaceutiques ne s'intéressent guère à une molécule chimique qu'ils ne peuvent breveter et qui est trop bon marché ! Il faut donc les faire changer d'avis ou bien que les pouvoirs publics prennent en charge rapidement les essais cliniques afin de confirmer ou non le potentiel thérapeutique du DCA, ce qui ouvrirait la voie à de nouvelles approches des cancers. En effet, sur le plan scientifique l'intérêt de cette découverte est de renforcer l'hypothèse métabolique du cancer plutôt que celle des mutations de l'ADN, l'une n'étant pas exclusive de l'autre d'ailleurs. - [Le sens de la vieillesse et de la mort](https://jeanzin.fr/2007/04/29/le-sens-de-la-vieillesse-et-de-la-mort/): La longévité a-t-elle une limite ?, Pour la Science, no 355 Le très intéressant interview de Jean-Claude Ameisen, dans la revue Pour la Science du mois de Mai 2007, nous incite à une méditation sur la mort et le vieillissement, tout comme dans son merveilleux livre "La sculpture du vivant" où l'on découvre le rôle vital du suicide cellulaire, d'une mort omniprésente au coeur de la vie même. La vieillesse et la mort font partie intégrante de la vie, ce ne sont pas de regrettables accidents mais la conséquence de la jeunesse et de la reproduction. Cela n'empêche pas d'essayer de lutter contre la vieillesse, ni d'augmenter l'espérance de vie, encore faut-il que ce soit dans de bonnes conditions. Ce n'est pas tant une question technique ou génétique, qu'une question écologique et sociale. - [L'amour du maître ou de la démocratie ?](https://jeanzin.fr/2007/04/26/l-amour-du-maitre-ou-de-la-democratie/): Il faut le dire, les élections présidentielles relèvent d'une conception fasciste de la démocratie, favorisant la démagogie et l'appel d'une dictature de la majorité sur toutes les minorités. C'est encore plus marqué cette fois, au niveau des discours au moins, avec le retour du "Travail, Famille, Patrie" et même de la religion ! C'est un rappel à l'ordre brutal pour la génération 68. Espérons que ce ne soit qu'une dernière divagation avant la démocratie des minorités et des droits de l'homme dont nous avons tellement besoin pour une société écologisée et plus conviviale. En tout cas, c'est à peu près plié semble-t-il. Il y a bien peu de chance qu'on évite le pire maintenant, mais c'est tout de même assez serré pour que ce ne soit pas complètement impossible. Du coup chaque voix compte, et même si l'abstention d'une élection anti-démocratique est l'attitude la plus logique normalement, cela deviendrait trop irresponsable dans la situation présente, alors qu'il faut se mobiliser sans attendre pour faire barrage à la tentation autoritaire d'un Etat répressif. Ne pas voter, c'est voter Sarkozy. Il ne s'agit pas de faire confiance à Ségolène Royal, qui a bien des défauts assurément et qu'on n'a pas besoin d'idéaliser. Si elle avait de bonnes chances d'être élue je n'aurais même pas idée d'aller voter pour elle, mais, pas de confusionnisme pour autant, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Il y a une différence de logique radicale entre les discours des deux candidats : il faut choisir si nous voulons un maître, qui prétende nous aimer et nous promette la lune, ou si nous voulons une démocratie pour nous gouverner nous-mêmes ! - [La relativité d'échelle en question](https://jeanzin.fr/2007/04/26/la-relativite-d-echelle-en-question/): Parmi les newsletters scientifiques, la lettre des Automates Intelligents se signale par son intérêt et son anticonformisme. Bien que nos points de vue soient assez différents je suis assez souvent surpris de la proximité de nos interprétations malgré tout. On ne peut leur reprocher un réductionnisme affiché, qui reste assez prudent et modéré, dès lors que leur ambition est de donner plus d'intelligence aux automates. Par contre, c'est sans doute la sous-estimation de la notion d'information (dans ce qui l'oppose à l'énergie et la matière) qui peut expliquer leurs excursions dans la physique bien que cela n'ait qu'un rapport lointain avec leur objet. Sans adopter les mêmes positions, on peut partager quand même cet esprit d'exploration qui stimule la réflexion, et saluer l'honnêteté intellectuelle de leurs recherches. Ils ont choisi, ce mois-ci, de mettre en valeur la "relativité d'échelle" défendue par Laurent Nottale et qui est très controversée, entre avancée théorique décisive et simple supercherie. C'est l'occasion de se frotter à la science en train de se faire, quand on parle forcément de ce qu'on ne connaît pas et qu'il est bien difficile de trancher entre nouvelle ou fausse science. C'est dans cette totale incertitude, en dehors de l'expérience, que l'éthique scientifique doit être mise à l'épreuve et savoir faire preuve de discernement, en éprouvant par là même tout ce que l'on ignore encore malgré tous les savoirs accumulés. - [La joyeuse incertitude de l'avenir !](https://jeanzin.fr/2007/04/20/la-joyeuse-incertitude-de-l-avenir/): Le moment de vide qui précède une élection serait assez comparable à l'indétermination du vide quantique avant une mesure, selon l'image qu'en donne Gilles Cohen-Tannoudji. C'est le calme avant la tempête. Quand chacun retient son souffle, immobile et comme suspendu à la question, tout semble encore possible. Les sondages ont beau vendre largement la mèche, il leur arrive heureusement de se tromper, ce qui mène d'ailleurs certains à leur nier toute pertinence (dans une dénégation plus ou moins délirante de la réalité des rapports de force). Il est indéniable que les votes restent effectivement plus ou moins indéterminés et fluctuants avant l'ouverture des bureaux de vote, alors qu'une fois exprimés, c'est comme si les raisons qui nous ont mené à ce résultat existaient depuis toujours (la sociologie politique la plus concrète et matérielle, bien plus que l'idéologie de la liberté et des valeurs dont on voudrait se persuader). De tout côté on nous promet rupture ou révolution ! Même si c'est un signe des temps, on ne sait si on doit en rire ou en pleurer, se replier sur soi ou prendre les jambes à son cou. Plutôt que de parler de politique et d'ajouter de la confusion à la confusion en ces temps d'incertitude et même d'angoisse du futur, on peut toujours essayer de se consoler en rappelant comme cette indétermination (relative) de l'avenir est malgré tout consubstantielle à notre liberté et même à notre simple intérêt pour la vie ! Le pire n'est pas toujours sûr, voilà qui suffirait à notre joie de n'avoir pas seulement des mauvaises nouvelles, du moment qu'on ne peut savoir vraiment de quoi demain sera fait. Bien sûr tout cela paraîtra un peu trop paradoxal ou sacrificiel, alors qu'on ne fait que rêver d'un bonheur sans fin. C'est donc ce qu'il faut essayer de montrer. - [La part maudite](https://jeanzin.fr/2007/04/16/la-part-maudite/): Les dernières nouvelles de l'histoire de la Terre, de l'évolution de la vie et du climat, semblent confirmer l'intuition de Georges Bataille d'une humanité vouée comme toute vie à la consumation et la dépense de l'énergie excédentaire. Ainsi, notre rôle actif dans l'effet de serre et le réchauffement climatique n'aurait rien de tellement exceptionnel ou de hasardeux, se situant dans le prolongement de tous les organismes multicellulaires dont la fonction serait liée à la lutte contre les glaciations et l'excès de production d'oxygène ! Certes nous sommes bien coupables d'avoir passé les bornes et la rapidité du processus que nous avons déclenché nous menace directement, ainsi qu'une bonne partie des organismes vivants. Rien ne nous protégera contre nous-mêmes et nos folies. A semer à tous vents nos gaz empoisonnés, nous risquons assurément d'être balayés par les tempêtes et de nous brûler aux rayons d'un soleil de plomb. Il y a urgence à réagir malgré toutes les incertitudes dès lors qu'on risque un emballement qui pourrait être fatal, mais au niveau des temps géologiques et de l'histoire de la biosphère, ce ne serait sans doute qu'une péripétie dans la co-évolution de la vie et du climat. En effet, il est étonnant de constater, au-delà des extinctions massives et des cataclysmes que la Terre a pu connaître, comme la vie et le climat se sont ajustés réciproquement jusqu'à constituer un système dynamique qui se stabilise plus ou moins sur le très long terme. Il n'y a pas l'environnement d'un côté et les gènes de l'autre mais une interaction constante qui brouille bien plus qu'on ne croit la séparation entre intérieur et extérieur, entre vivant et non-vivant (entre sujet et objet). Ce n'est pas une raison pour faire de Gaïa un être vivant à part entière mais il y a bien une précieuse union intime entre la vie et son milieu, un équilibre dynamique, plus ou moins cyclique et jamais en repos, où se dépense notre excès d'énergie dans un foisonnement de formes vivantes aussi chatoyantes qu'éphémères, mais qui se reproduisent pourtant et perdurent à travers les âges en façonnant le monde à leur ressemblance pour en faire un monde vivant, le monde de la vie. - [Critique de l'écologisme (la maladie infantile de l'écologie)](https://jeanzin.fr/2007/04/09/critique-de-l-ecologisme/): L'écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écolos qui n'ont jamais été qu'une bande de rigolos inoffensifs, même s'ils ont constitué une nécessaire avant-garde, vivante et colorée. Il faut sortir de l'écologisme et de toutes ses naïvetés, qui sont la maladie infantile de l'écologie, pour une écologie enfin adulte capable de prendre en main notre communauté de destin planétaire et qui se tourne vers l'avenir plutôt que vers le passé. Il y a urgence ! Il ne s'agit pas de se fier au réformisme mou d'une écologie d'experts en costard cravate et sans imagination, ce qu'il faut c'est trouver des solutions pour assumer nos responsabilités collectives mais les écologistes actuels font plutôt partie du problème même s'ils ne sont qu'un symptôme de l'infantilisation de toute la société. L'écologie-politique à l'ère de l'information n'a rien à voir avec un quelconque retour en arrière, ni avec un moralisme puritain, c'est l'accès à un nouveau stade cognitif et politique d'unification du monde et de prise en compte du négatif de notre industrie, d'une pensée globale et d'un agir local, d'une relocalisation équilibrant la globalisation des réseaux numériques et des marchés. Il ne s'agit pas de prétendre que la chose est facile, ni qu'elle est sans dangers, au contraire, c'est bien pourquoi il faut se méfier de l'idéologie pour s'occuper de ce qui ne marche pas, prendre à bras le corps les problèmes qui se posent concrètement, en multipliant les expérimentations avec une direction par objectifs prudente et attentive à l'expression du négatif afin de pouvoir corriger au plus vite notre action en fonction du résultat. A l'opposée d'une idéologie bêtifiante ou totalitaire, l'écologie devrait s'occuper sérieusement de ce qui ne marche pas, intégrer complexité et dialectique, faire converger conscience collective et développement de l'autonomie. Nous essaierons de dire ce que l'écologie-politique n'est pas et ce qu'elle devrait être, même si c'est risqué et bien loin des simplifications médiatiques comme de l'idéologie dominante. - [Newsletter 04/07](https://jeanzin.fr/2007/04/02/newsletter-04-07/): Revue des sciences du mois d'avril 2007 Le monde de l'ARN Les virus facteurs de biodiversité L'arsenic guérit les maladies auto-immunes ! Calculer avec des condensats de Bose-Einstein ! James Lovelock et la revanche de Gaïa ! Des doigts coupés qui repoussent Trop de lait nuit Solutions techniques pour réduire le CO2 ? Technologies émergentes etc... - [Changer le travail, changer la vie !](https://jeanzin.fr/2007/03/21/changer-le-travail-changer-la-vie/): La confusion est à son comble. Alors que tout a changé avec notre entrée dans l'ère de l'information et que la précarité s'étend, on entend toujours les mêmes vieux discours, par les mêmes vieux partis avec leurs vieilles idées et leurs élites dépassées. Plus personne ne sait quoi penser dans ce marché des idéologies jusqu'à une extrême gauche éclatée repliée sur leurs petites organisations ridicules et incapables de construire une véritable alternative. La "valeur-travail" n'a jamais été aussi haute, au moment même où le travail manque et où il a perdu toute valeur au profit des boursicoteurs et de la finance internationale. Impossible de revenir à la situation antérieure pourtant quand le travail ne se mesure plus au temps salarié car le travail immatériel n'est pas linéaire, sa production n'est pas proportionnelle au temps passé et, par dessus le marché, contrairement au travail forcé d'une simple "force de travail", le travail immatériel et créatif ne peut réussir sans "motivation", sans un certain plaisir de travailler ! Bien sûr, c'est loin d'être le cas partout, la situation empirant au contraire pour beaucoup, mais une majorité de travailleurs aiment quand même leur travail et se battent pour que leur entreprise ne ferme pas. Cette exigence de motivation peut d'ailleurs redoubler l'aliénation aussi et rendre la subordination salariale absolument insupportable d'hypocrisie dès lors qu'elle est forcée... La revendication d'un revenu garanti est de plus en plus nécessaire dans ce cadre mais elle n'a pourtant aucune chance de s'imposer dans le contexte actuel, du moins pas avant que les représentations du travail aient changé, devenu le premier besoin de l'homme comme valorisation de la personne et non plus devoir de subordination, si souvent humiliant. Pour changer cette représentation du travail comme "désutilité" ne servant qu'à "s'enrichir", n'étant fait que pour l'argent et la consommation, alors que la vraie vie serait ailleurs (dans les loisirs et la distraction), il faudrait arrêter de réclamer sa réduction comme d'un mal nécessaire pour exiger au contraire un meilleur travail, de meilleures conditions de travail, afin de ne plus perdre sa vie à la gagner, et faire d'un mal un bien. Pouvoir être heureux dans son travail, voilà qui devrait améliorer considérablement notre qualité de vie, étant donné que le travail en occupe la plus grande partie ! - [L'histoire après l'histoire (Hegel 200 ans après)](https://jeanzin.fr/2007/03/14/l-histoire-apres-l-histoire-hegel-200-ans-apres/): Messieurs, ce moment est historique, car, même si personne n'en parle ni même ne semble le savoir, cela fait tout juste 200 ans que l'histoire est finie ! C'est, en effet, le bi-centenaire de la publication de la "Phénoménologie de l'Esprit" en mars 1807, et donc de la pensée de l'histoire. A suivre Kojève, qui en a popularisé le thème, la pensée de l'histoire annoncerait aussi sec la "fin de l'histoire" ! Voilà qui serait bien paradoxal même si la chouette de Minerve ne s'envole qu'au soir, c'est-à-dire qu'on ne peut comprendre une histoire, en tirer les leçons, qu'une fois la fin connue, et certes, on ne peut continuer aussi naïvement ce dont on vient de prendre conscience ! Etrange fin de l'histoire tout de même, pleine de bruits et de fureurs où le progrès accéléré des techniques et de la richesse a produit les plus grandes destructions et les plus grandes misères aussi, faisant éclater toutes les anciennes solidarités dans une destruction systématique du passé. On pourrait penser que ces questions métaphysiques n'ont aucun intérêt pratique ou politique, on aurait grand tort et d'ailleurs cette "fin de l'histoire" qui est plutôt un concept marxiste (fin des classes sociales et de la lutte des classes) est revendiquée aujourd'hui par de petits idéologues comme Fukuyama qui sont loin d'avoir la carrure de Kojève et de sa lecture marxiste de Hegel, n'y voyant plus qu'une justification de l'ordre établi : la démocratie de marché pour l'éternité ! On verra que cette prétendue "Fin de l'histoire" est à comprendre plutôt chez Hegel comme le passage de l'histoire subie à l'histoire conçue, ce qui est tout le contraire du libéralisme triomphant où il n'y aurait plus rien à faire, mais ce passage n'est pas du tout immédiat, il fait encore partie de l'histoire avec la confrontation des idéologies libérales, puis communistes, puis fascistes, puis nazis, puis sociaux-démocrates enfin néolibérales et, espérons-le, écologistes... Avec l'écologie se projetant dans l'avenir au nom des générations futures, on s'approcherait peut-être d'une véritable fin de l'histoire si l'écologie n'avait pas elle-même une histoire. L'erreur, serait de croire que la philosophie hégélienne serait universellement partagée à peine formulée ou que l'Etat universel se ferait sans drames alors qu'il faut bien avouer que la "Phénoménologie" est carrément illisible et que sa mise en oeuvre ne coule pas de source, c'est le moins qu'on puisse dire ! Il semblerait plutôt que l'histoire n'en finit pas de finir, dans un temps asymptotique qui n'atteint jamais sa fin et connaît plutôt maints retournements en se rapprochant de son objet, si différent à chaque fois de ce qu'on s'imaginait de loin. Ce qui a changé désormais, c'est du moins que l'histoire se joue maintenant entre conceptions de l'histoire, entre visions de l'avenir, c'est-à-dire entre idéologies qui n'ont pas fini de s'affronter pour déterminer ce qu'il nous faut faire, dans la confrontation avec l'expérience et nos propres limites. - [Newsletter 03/07](https://jeanzin.fr/2007/03/01/newsletter-03-07/): Revue des sciences du mois de mars 2007 L'énergie sombre Vieillir pour vivre vieux ! Les trous noirs au coeur de la physique Les virus contre le cancer Sensibilité aux champs magnétiques L'expérience de Wheeler Les risques d'amplification des changements climatiques L'invasion des RFID - [L'égalité c'est la liberté](https://jeanzin.fr/2007/02/26/l-egalite-c-est-la-liberte/): La question de la liberté, et de ses contradictions, reste toujours aussi disputée mais c'est bien notre préoccupation principale tout au long de la vie. C'est un fait constamment vérifié, que ce soit en amour, en famille, en groupe, et, bien sûr, dans la politique entre libéralisme et altermondialisme aujourd'hui où chacun se pose en défenseur de nos libertés ; avec une grande naïveté le plus souvent d'ailleurs, pour ne pas dire un dogmatisme fanatique (dans les deux camps parfois) comme si on ne pouvait qu'être totalement libre ou pas du tout ! Le difficile à admettre, en effet, c'est le caractère contradictoire de la liberté elle-même où se joue notre destin, pas seulement politique, en passant systématiquement d'un excès à l'excès inverse, pris dans une dialectique historique où nous sommes supposés apprendre collectivement de nos erreurs successives ! C'est l'enjeu vital de notre moment historique que de le reconnaître pourtant afin de sortir de l'impasse écologique et sociale du libéralisme sans retomber dans des régimes autoritaires. Pour cela il faut insister sur le fait que ce n'est pas l'égalité qui s'oppose à la liberté désormais, alors qu'on verra au contraire qu'il n'y a pas d'égalité sans liberté, c'est la liberté qui s'oppose à elle même et détruit ses propres bases ! C'est la liberté des marchandises qui s'oppose à la liberté des populations ou qui met en péril les équilibres écologiques. De son côté, l'égalité c'est d'abord l'égalité de droit, l'égalité de conditions qui doit nous permettre de ne pas perdre notre indépendance, ne pas subir de domination. L'égalité c'est la liberté pour tous, c'est la condition de la liberté, et pas seulement juridiquement car il n'y a pas de véritable autonomie sans autonomie financière par exemple (les femmes qui n'avaient pas de revenu en savaient quelque chose). La liberté n'est pas un état naturel, c'est une construction sociale et historique, le résultat de dispositifs techniques et de l'organisation collective, des "supports sociaux de l'individu" (comme dit Robert Castel). Loin de s'opposer à l'égalité, la liberté de tous en dépend complètement. Encore faudrait-il s'accorder sur ce qu'on entend par ces termes d'égalité et de liberté, voire même de fraternité bien qu'il n'ait plus tellement cours celui-là ! - [Introduction du nazisme dans la philosophie](https://jeanzin.fr/2007/02/17/introduction-du-nazisme-dans-la-philosophie/): Emmanuel Faye, Heidegger, L'introduction du nazisme dans la philosophie, Le livre de poche 2007 (Albin Michel 2005) Expérience trouble, troublante que la lecture de ce livre d'Emmanuel Faye qui peut se lire comme un roman policier pour philosophes, certains diront une conception policière de la philosophie mais malgré ses défauts, ses naïvetés, ses conclusions hâtives, ce livre reste sans doute indispensable. Non que la compromission de Heidegger avec le nazisme soit chose nouvelle. J'ai déjà écrit en 1997 un texte, bien imparfait sans doute, sur Heidegger et le nazisme et je parle souvent du "nazi Heidegger", mais l'importance de ce livre n'est pas dans la dénonciation du nazisme de Heidegger, c'est d'en faire enfin une question philosophique. Pas dans le sens que lui donne l'auteur pourtant d'une nazification de la philosophie qui frise le ridicule mais bien d'une introduction du nazisme dans la philosophie, de considérer que le nazisme n'était pas la barbarie de quelques illuminés débiles ayant conquis le pouvoir par erreur mais réellement une erreur dans la pensée, un délire collectif, un enjeu historique qui devait être résolu. Il faut se rendre à l'évidence, les plus grands penseurs ont soutenu le nazisme, de même que Gentile a soutenu le fascisme et Lukàcs le stalinisme malgré leurs désaccords éventuels. Le scandale, c'est que cela n'empêche pas que ce soient de grands philosophes et donc que ce soit un peu de nous. - [Newsletter 02/07](https://jeanzin.fr/2007/02/05/newsletter-02-07/): Revue des sciences du mois de février 2007 Ne plus avoir mal Décodage du cerveau Hibernation et Alzheimer Petits avec de grandes oreilles Le ralentissement du Gulf Stream aurait provoqué le petit âge glacière L'extinction des espèces rares en-dessous d'un certain seuil Acquisition de la capacité à digérer du lait par différentes populations La confusion des inconscients Sommeil et mémoire Grippe aviaire, les morts seront les pauvres Exploitation des pétroles lourds La fin du monde le vendredi 13 avril 2029 ? Animal et humain, d'individu à individu La vie sur Mars Fonctionnement des neurones par activation de gènes, de l'aplysie jusqu'à nous Les premiers primates Qui oublie le passé imagine mal le futur Pourquoi est-on du soir ou du matin ? Un anticancéreux révolutionnaire et bon marché Une voie prometteuse de lutte contre les tumeurs testée chez l'animal Détecter en quelques minutes tout type de virus Parkinson : « Vivre physiquement ses rêves serait un signe avant-coureur de la maladie » Le magnétisme pour les rhumatismes ? Cicatriser à l'électricité Etats-Unis : des embryons « à la carte » Un virtuel trop réel Des secousses sismiques provoquées par l'activité humaine ! Les déchets radioactifs bien plus corrosifs qu'on ne le pensait... Dissémination des OGM La maison-arbre, l'ultime habitat écolo Terre ingrate et bio-diversité sont une bonne source de biocarburants Nouvelles éoliennes Interface bionique neurones-électronique Semi-conducteurs semi-organiques Des ordinateurs quantiques à neutron ? Les nano-usines du futur - [Le retour des grands récits](https://jeanzin.fr/2007/01/31/le-retour-des-grands-recits/): Une brève histoire de l'avenir, Jacques Attali, Fayard, 2006 Voilà le genre de livre qu'on ne croyait plus possible à notre époque post-moderne, retour des grands récits mythiques qui prétendent éclairer l'avenir par un passé lu à travers le prisme déformant des enjeux idéologiques du moment, au prix de multiples anachronismes ou approximations. Bien sûr, Jacques Attali est habitué des hautes sphères. De cette hauteur, on ne s'embarrasse pas de petits détails ni de patientes vérifications, bien loin de Fernand Braudel dont il se réclame ! On peut trouver cela consternant mais c'est surtout le retour à une idéologie décomplexée, des belles histoires qu'on se raconte pour justifier l'ordre établi et notre démocratie de marché ! - [Newsletter 01/07](https://jeanzin.fr/2007/01/01/newsletter-01-07/): Revue des sciences du mois de janvier 2007 Un antidouleur dans la salive L'île de Pâques détruite par les rats ? Les neurones miroirs (et l'autisme) Les gènes mobiles (ou "transposons") Plus chaud, plus vite Transcription de l'ADN Fonction de la fièvre Quitter le système solaire... Dégagement de méthane marin Le réchauffement ralentit l'activité biologique de l'océan ! Chute d'une météorite il y a 4000 ans (les plaies d'Egypte) Un bras qui repousse (comme chez les tritons) ? Le meilleur des vins rouges La chimiothérapie attaque le cerveau Alzheimer et stress Les clefs du bonheur !! Le culte du Python, il y a 70 000 ans ! Windows Vista vous espionne... - [Les enjeux de la démocratie participative](https://jeanzin.fr/2006/12/07/democratie-participative/): La démocratie est bien malade, réduite plus ou moins à une oligarchie (c'est pour Roberto Michels "la loi d'airain" des partis qui la composent, avant de s'appliquer à la démocratie elle-même). Les élus apparaissent comme une élite coupée de leurs électeurs. Du coup, le thème de la démocratie participative s'impose, dans les discours au moins, sans avoir pourtant de véritable contenu la plupart du temps, contenu que nous allons tenter de cerner, en essayant de définir l'esprit d'une véritable démocratie participative dans ce qui l'oppose à celui d'une démocratie majoritaire et délégative. Il est certain que la démocratie doit changer à l'ère de l'information et s'il ne faut pas tomber dans les rêves d'un hyperdémocratie, ni même d'une démocratie numérique, il faudra bien tirer parti de toutes les potentialités des réseaux et ne pas se contenter de quelques mesures alibis et d'une participation de façade, c'est la logique de nos institutions qui doit être remise en cause. En effet, même s'il ne saurait être question de se passer de toute démocratie représentative et du principe de délégation du pouvoir, nous devrons passer malgré tout d'une démocratie compétitive à une démocratie délibérative, ou plutôt à ce que j'appelle une démocratie cognitive : démocratie des minorités où le vote n'est plus le moyen d'expression privilégié, ni même le plus légitime au regard du respect des individus et des collectivités locales. Cela remet en cause une bonne partie des mythes fondateurs de notre République, changement de l'esprit du temps et de l'esprit des lois, toujours difficile à intégrer. - [Newsletter 12/06](https://jeanzin.fr/2006/12/04/newsletter-12-06/): Revue des sciences du mois de décembre 2006 Un monde de flou ! Les virus, inertes ou vivants ? Animal ou végétal ? Les espèces Entre gènes et environnements D'un sexe à l'autre Les degrés de la conscience La frontière classique-quantique L'irresponsabilité climatique Intrication quantique entre lumière et matière Les gènes du sexe Trous noirs et nouvelle relativité espace-temps Un "effondrement vers la vie" ? Une interface cerveau-machine commercialisée dans 5 ans ? Nouvelles cellules photovoltaïques La sécurité informatique n'est plus assurée... - [Royale !](https://jeanzin.fr/2006/11/17/royale/): La victoire est royale. La clameur s'élève pour saluer la nouvelle, le bonheur des foules est communicatif. On voudrait y croire comme au Père Noël ! Et si on en avait pris pour 10 ans, ou même plus ? A considérer la situation froidement, il n'y aurait que des raisons de s'en réjouir, car il n'y a aucune alternative qui ne soit pire ! Qu'est-ce donc qui me fait avoir envie de fuir, de partir en courant ou plutôt de me retirer sur la pointe des pieds, de laisser les enfants s'amuser dans un décor figé de valeurs surannées... - [La fin de l'aliénation](https://jeanzin.fr/2006/11/15/la-fin-de-l-alienation/): Ces quelques réflexions prennent la suite de "la part du négatif" et se motivent du fait que l'utilisation du concept d'aliénation apparaît de plus en plus dépourvue de sens, après toutes ces années à en faire la critique. Ou plutôt, la lutte contre l'aliénation telle qu'elle est revendiquée aujourd'hui, en particulier par certains écologistes, me semble être devenue complètement normative et d'essence religieuse, pleine de contradictions aussi, devenue elle-même facteur d'aliénation, en tout cas pas assez questionnée. - [Newsletter 11/06](https://jeanzin.fr/2006/11/01/newsletter-11-06/): Revue des sciences du mois de novembre 2006 La logique et le temps Les régulateurs du système immunitaire Alerte sur un climat irrespirable ! Concevoir l'univers comme un ordinateur ? Le paradoxe de Darwin (au-delà du cauchemar) Les dangers de faibles doses d'uranium L'orgasme féminin inutile, vraiment ? L'irrégularité de l'évolution Le cerveau numérique La principale nouvelle du mois, c'est qu'avec l'augmentation de l'effet de serre, l'atmosphère pourrait devenir assez rapidement irrespirable. Il faudrait vraiment arrêter les conneries maintenant ! Malgré toutes les incertitudes qui restent, et qui sont effectivement très grandes, le risque de plus en plus vraisemblable d'une catastrophe majeure déclenchée par le réchauffement climatique exige une réaction immédiate de nos sociétés. En effet, les conséquences pourraient en être beaucoup plus graves qu'on ne l'a dit jusqu'ici, et même que ne le montre le film de Al Gore "Une vérité qui dérange" déjà dépassé, puisque cela pourrait aller jusqu'à une extinction de masse par asphyxie ! On n'en est pas là, certes, et rien n'est sûr, mais possiblement dans une centaine d'année seulement on pourrait commencer à manquer d'oxygène. Il faut vraiment se secouer, se réveiller de notre torpeur collective et de notre course à l'abîme ! Réduire les vols aériens semble une priorité mais c'est tout le pétrole et le charbon qu'il faudrait arrêter d'utiliser pour éviter l'emballement et passer au solaire au plus vite. Sinon, les méthodes envisagées pour nous protéger du pire paraissent un peu folles pour l'instant, comme de vouloir obscurcir le ciel ! Il est toujours délicat d'intervenir dans les régulations naturelles, il faudrait commencer au moins par ne pas aggraver la situation en continuant comme si de rien n'était ! - [Guaranteed income, municipal cooperatives, and local currencies](https://jeanzin.fr/2006/10/18/guaranteed-income-municipal-cooperatives-and-local-currencies/): Since the fall of communism, the lack of alternatives has paralyzed any social movement of any significance, such as the struggle against the CPE, which found no political outlet other than an illusory defense of permanent employment contracts, with no effect on the growth of precariousness. The causes of our failure do not lie in the supposed strength of our opponents, but in the weakness of our proposals and our archaic attitudes toward ecological issues and the considerable upheavals we have experienced since entering the information age! It is not enough to criticize capitalism and its unsustainable productivism; we must have ... Lire la suite - [Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales](https://jeanzin.fr/2006/10/18/revenu-garanti-cooperatives-municipales-et-monnaies-locales/): Article pour Multitudes no 27 Depuis la chute du communisme le manque d'alternative paralyse tout mouvement social de quelque ampleur, comme la lutte contre le CPE ne trouvant aucun débouché politique autre qu'une défense illusoire du CDI, sans aucun effet sur le développement de la précarité. Les causes de notre échec ne sont pas dans la force supposée de nos adversaires mais bien dans la faiblesse de nos propositions et dans nos archaïsmes face aux enjeux écologiques tout autant qu'aux bouleversements considérables que nous vivons depuis notre entrée dans l'ère de l'information ! Il ne suffit pas de critiquer le capitalisme et son productivisme insoutenable, il faudrait avoir autre chose à proposer. Au-delà de mesures partielles ou défensives, il y a une nécessité vitale à construire une alternative écologiste à la globalisation marchande, alternative qui soit à la fois réaliste et tournée vers l'avenir, c'est-à-dire en tenant le plus grand compte des contraintes matérielles aussi bien que des nouvelles technologies de l'information, plutôt que de s'accrocher vainement à un passé industriel révolu, et pas aussi glorieux qu'on le dit ! - [Définitions](https://jeanzin.fr/2006/10/05/definitions/): Quelques tentatives de (courtes) définitions : L'écologie-politique L'ère de l'information Décroissance Revenu Garanti Monnaies locales Coopératives municipales (à suivre...) - [Newsletter 10/06](https://jeanzin.fr/2006/10/01/newsletter-10-06/): Revue des sciences du mois d'octobre 2006 Les séquelles des prématurés La vieille histoire des puces cérébrales Une curiosité programmée Le rôle du Gulf Stream surévalué ? Mondialisation et pauvreté Les pseudogènes Les variations du climat La science et les races L'inflation spéculative La longueur des aiguilles... Médecine régénératrice - [La part du négatif](https://jeanzin.fr/2006/09/29/la-part-du-negatif/): "A la base de chaque être, il existe un principe d'insuffisance" (Georges Bataille, Principe d'incomplétude). Il faut enfoncer le clou, l'écharde dans la chair, car on tombe toujours au pire à s'enivrer de mots et se faire une image trop idéalisée de soi-même comme des autres. "Qui veut faire l'ange, fait la bête" disait déjà Pascal, mais l'histoire nous a appris que c'est surtout la porte ouverte à toutes sortes de barbaries, dans la négation de l'existant au nom d'un monde futur supposé purifié de tout négatif ! Ce n'est donc pas seulement ce qu'on peut savoir qui est limité mais bien ce qu'on peut espérer de l'action politique, sans que cela ne diminue en rien pourtant notre devoir de résistance et d'engagement dans la transformation du monde. Il faudra simplement faire preuve d'un peu plus de prudence et de modestie, prendre soin de corriger ses erreurs et de ne laisser aucun pouvoir sans contre-pouvoirs pour l'équilibrer. Refuser l'extrémisme et rabaisser nos prétentions n'est pas se condamner à l'inaction pour autant, ni à un réformisme mou. C'est même tout le contraire puisque c'est ne pas se cacher la réalité des faits. Il faut y voir un préalable à l'indispensable "réalisme révolutionnaire", seul susceptible de se réaliser ! Dans cette perspective, reconnaître la part du négatif (ce qui pourrait définir l'écologie-politique) n'est pas un raffinement intellectuel et marginal, c'est la condition première de toute alternative effective. - [Le massacre des utopies](https://jeanzin.fr/2006/09/18/le-massacre-des-utopies/): C'est peu de dire que notre rationalité est limitée et qu'il n'y a aucune alternative crédible. Lorsque le Monde diplomatique prétend le contraire et nous donne les dernières nouvelles de l'Utopie, c'est vraiment à pleurer ! A lire le niveau des propositions et des débats, la situation semble décidément bien plus grave qu'on ne pouvait le penser. Qu'on dérange des gens de si loin pour des bêtises pareilles, c'est incroyable ! Il y a de quoi être en colère contre ces mondes imaginaires qui se présentent comme libertaires alors qu'ils sont encore plus contraignants et moralistes, jusqu'à un certain totalitarisme ne tolérant aucune survivance du passé, et tout cela au nom de principes illusoires et de fausses analyses ! Il faut en finir avec ces utopies stupides et dangereuses alors que c'est la globalisation marchande qui est complètement utopique et qu'il faudrait y opposer rapidement des alternatives locales. Il y a des problèmes pratiques à résoudre et nous avons besoin d'une alternative concrète au productivisme et au libéralisme qui nous menacent, pas d'un monde prétendu parfait, ni d'un homme nouveau complètement fantasmé, bien loin de ce que nous sommes réellement. C'est pour défendre notre liberté concrète qu'il nous faut nous organiser collectivement et combattre les utopies "libertaires" tout aussi bien que l'utopie libérale. C'est pour avoir une chance de s'en sortir qu'il faut remplacer les idéologies abstraites et les déclarations de principe par une véritable intelligence collective qui prenne en compte les contraintes écologiques, sociales et matérielles. C'est contre nos propre rangs qu'il faut nous retourner car c'est de là que vient le danger, de là ce qui nous condamne à l'impuissance. Après le constat théorique, les travaux pratiques, donc. - [Une rationalité décidément trop limitée](https://jeanzin.fr/2006/09/15/une-rationalite-trop-limitee/): La situation apparaît sans issue. C'est comme si nous avions atteint nos limites ! Il faut revenir en effet sur la raison profonde d'un échec patent, qui n'est pas seulement le mien, mais celui du mouvement social dans son ensemble, et même de la démocratie tout aussi bien que d'Internet dont l'irruption remarquée sur la scène politique a tout de même tournée court, manifestant sa volatilité extrême ! Il faut se persuader que cet échec ne trouve pas ses causes dans nos ennemis, dans la force de l'économie ou la puissance d'un patronat animé des plus mauvaises intentions, mais bien en nous-mêmes, puisqu'il relève en dernière instance d'un déficit intellectuel, déficit théorique et idéologique flagrant, responsable de la dispersion de nos forces et de l'absence de projet commun. En effet, ce n'est pas tant un manque de solidarité ni même une passivité soumise devant le spectacle des marchandises qui sont responsables de notre défaite, alors même que les manifestations contre le CPE étaient apparemment "victorieuses". La responsabilité est bien politique, c'est le manque de perspective et d'accord programmatique, d'une alternative crédible et, finalement, un manque d'intelligence collective qui se heurte à notre inorganisation (où même ATTAC sombre), livrée à une rationalité décidément trop limitée et qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ! - [Newsletter 09/06](https://jeanzin.fr/2006/09/01/newsletter-09-06/): Revue des sciences du mois de septembre 2006 L'auto-organisation au pays des criquets Langage et organisation de l'action Les exoplanètes Un ARN qui sait corriger ses erreurs Les limites de la préservation de la biodiversité L'argent ne fait pas le bonheur La population en 2025 Le Sahara et les changements climatiques Faire pleuvoir à la demande ! Le travail du génie Un gène-clé dans l'évolution du cerveau humain Liaisons longue distance dans le cerveau La molécule qui garde la mémoire à long terme Lien entre allergies et Parkinson Vers un traitement éclair de la dépression ? Les dangers du café contaminé Forcer au suicide les cellules cancéreuses Cancer de la prostate et masturbation ! Une peau toujours jeune ? Le sexe des organes ! Recherche de violations de la relativité Médailles Fields (Werner, Perelman) Menace d'éruption d'un supervolcan près de Naples ! - [Le revenu garanti comme base d'une production alternative](https://jeanzin.fr/2006/08/29/le-revenu-garanti-comme-base-d-une-production-alternative/): Invité par les Alternatifs à parler du revenu garanti le 26 août à Auch, j'ai d'abord dénoncé la dispersion actuelle des forces politiques et le manque total d'alternative responsable de l'absence de débouché du mouvement contre le CPE. Si j'ai bien défendu le revenu garanti, c'est comme base d'une production relocalisée, à l'ère de l'information. En effet, sans revenu garanti favorisant le travail autonome, on tombe dans le travail forcé ou la misère, mais le revenu garanti comme socle de tout développement humain, n'est une véritable alternative qu'à permettre une production plus écologique, simple élément d'un nouveau système de production constitué notamment de coopératives municipales et de monnaies locales. En mémoire de Bookchin mort le 30 juillet 2006 - [De l'individualisme de marché à l'organisation collective](https://jeanzin.fr/2006/08/27/individu-et-organisation/): En réfutant les bases individualistes du libéralisme grâce à la psychologie expérimentale, Jacques Sapir met en évidence la complexité des rapports de l'individu avec le collectif et l'organisation. Ces courts extraits devraient permettre d'avoir un abord plus réaliste de "l'économie comme problème de cohérence multi-critères et multi-niveaux", plutôt que simple équilibre entre l'offre et la demande, ainsi que d'une société organisée et diversifiée dont les statistiques, trop uniformisantes, ne peuvent rendre compte (ce que montrait déjà Maurice Halbwachs). Bien sûr, il ne fait que redécouvrir la sociologie économique (qui n'est pas seulement marxiste) et croit un peu trop rapidement apporter ainsi une révolution en économie qui réduirait à zéro toute la science économique antérieure, ce qui est excessif car le point de vue statistique garde une certaine pertinence macroéconomique (de même qu'en Bourse, le modèle Black-Scholes de répartition gaussienne des cours est vérifié d'ordinaire, hors situations extrêmes dont les fractales de Mandelbrot rendent mieux compte). Il apporte du moins quelques éléments pour comprendre les anomalies, les ratages, "les trous noirs de la science économique" comme il appelle un de ses livres. Le plus intéressant c'est que ce démontage de l'individualisme dépasse l'économie proprement dite pour s'étendre à la formation de tout collectif, dont on sait bien (sauf les libéraux) qu'il se distingue de la somme des individus qui le composent et de leur action, car tout collectif est multi-dimensionnel et doit intégrer un ensemble de contraintes et d'enjeux, ce qu'un point de vue unilatéral (économiciste) ne peut que rater. A l'époque d'Internet, il est indispensable de rappeler le rôle de l'organisation dans la constitution d'une conscience collective qui n'émerge pas d'elle-même mais s'inscrit toujours dans un cadre préétabli, dans un discours institué. Il est clair que les institutions ou les organisations construisent bien une pensée collective, qui cesse d'être l'addition de la pensée des acteurs inclus soit dans l'institution soit dans l'organisation. p41 (2003) - [La question de la technique](https://jeanzin.fr/2006/08/22/la-question-de-la-technique/): Jacques Ellul, Le bluff technologique, 1988 A l'évidence, le progrès technique s'emballe (omniprésence des réseaux, télésurveillance, biotechnologies, nanotechnologies, etc.) jusqu'à pouvoir nous menacer dans notre existence même. L'optimisme technologique n'est plus de mise devant les dérives, les déceptions et les nuisances qui se multiplient. Il faut absolument dénoncer, avec Jacques Ellul, l'obscurantisme du "bluff technologique" qui prétend résoudre tous nos problèmes et nous faire accéder à l'épanouissement individuel, ou même une surhumanité (si ce n'est l'immortalité), tout aussi bien qu'à une véritable intelligence collective qui brille surtout par son absence, jusqu'à présent du moins ! Au-delà de l'indispensable critique écologiste de la technique, sommes-nous condamnés pour autant à son rejet pur et simple, tombant ainsi d'un obscurantisme dans l'autre ? La technique est-elle ce "processus sans sujet", d'essence totalitaire, qui nous mène à notre perte plus sûrement que le totalitarisme du marché ? Société de la Technique ou société du Spectacle ? Forces matérielles ou rapports sociaux ? C'est une question vitale, celle en tout cas de la transformation des moyens en fin, et plus difficile à trancher qu'il n'y paraît à première vue tant les choses sont intriquées, mais, ce qui est sûr, c'est que cela constitue l'enjeu même de notre temps, la question qui nous est posée et à laquelle nous devons répondre collectivement. - [Seuls sur la Terre ?](https://jeanzin.fr/2006/08/09/seuls-sur-terre/): Sommes-nous seuls sur la Terre ou bien existe-t-il d'autres vies extra-terrestres ? Contrairement à ce qu'on croit habituellement, la réponse est loin d'être évidente. En effet, si le nombre d'étoiles et de galaxies semble faire pencher la balance du côté de l'existence de planètes semblables à la nôtre, les conditions à rassembler pour l'apparition de la vie restent vraiment exceptionnelles, encore plus pour pouvoir abriter des êtres évolués, et les chances que d'autres civilisations puissent exister en même temps que la nôtre sont pratiquement nulles... Sans qu'on puisse être vraiment certain qu'on soit un cas unique dans l'histoire de l'univers, comme certains le prétendent, on ne peut non plus être aussi certain qu'on a pu le penser qu'il y aurait d'autres formes d'intelligence en dehors de la nôtre, ce qui a de quoi nous interloquer. Il est intéressant, en tout cas, d'essayer d'en évaluer les probabilités en dehors de toute idée préconçue, la question se divisant en 3 parties : 1) la probabilité d'un environnement qui permette l'éclosion de la vie, 2) la probabilité que la vie apparaisse lorsque les conditions y sont favorables, 3) la probabilité que la vie évolue vers des formes complexes et une intelligence comparable à l'intelligence humaine, lorsqu'on lui en laisse le temps. - [Newsletter 08/06](https://jeanzin.fr/2006/08/01/newsletter-08-06/): Revue des sciences du mois d'août 2006 Le sucre fait dormir Les lois universelles du mouvement Avantage sélectif de la coopération sur l'agressivité La perméabilité du cerveau par les ondes La dépendance au bronzage Commander un ordinateur par la pensée Pilotage d'un mécanisme par des neurones Fabrication de spermatozoïdes à partir de cellules souches Superposition des Big Bang ! Existe-t-il des petits trous noirs ? Krach immobilier et crise systémique Incertitudes sur le réchauffement climatique La structure ondulatoire de la matière La dominante ce mois-ci, c?est peut-être le passage de la frontière entre l?animé et l?inanimé, entre biologie et physique comme entre neurone et ordinateur, mais c?est aussi l?opposition du court et du long terme. Pour ce mois de vacances on se permettra aussi une petite évasion aux marges de la science vers des théories non standards ("la structure ondulatoire de la matière") et des opinions dissidentes (sur le réchauffement climatique). - [L'élimination annoncée des Verts](https://jeanzin.fr/2006/07/20/l-elimination-annoncee-des-verts/): Voynet choisie par les Verts pour se ridiculiser comme candidate à l'élection présidentielle... - [Les champs quantiques](https://jeanzin.fr/2006/07/19/les-champs-quantiques/): On m'a demandé une petite note sur les champs quantiques. Bien sûr je ne suis pas compétent pour cela mais il faut bien dire que ce qu'on trouve sur le sujet (sur Wikipédia par exemple) est absolument incompréhensible pour le commun des mortels. Ce que j'ai fait sera incompréhensible aussi à beaucoup mais un peu moins tout de même et ce serait déjà mieux si les encyclopédies se mettaient à ce niveau pour éviter tous les délires que suscite la physique quantique. On a besoin de toutes façons de plusieurs niveaux de vulgarisation. Evidemment, il faudrait que les physiciens compétents corrigent mes simplifications et mes erreurs... - [Conditions d'une alternative antilibérale démocratique](https://jeanzin.fr/2006/07/04/conditions-d-une-alternative-antiliberale-democratique/): La désorientation actuelle est totale, au moins dans la mouvance antilibérale tiraillée entre différents archaïsmes plus ou moins inquiétants et sans véritable projet, prête à se vouer à tous les saints... C'est pourtant un besoin impérieux, en politique, d'avoir une vue claire de ses buts, mais il faut bien dire que la conjoncture est déroutante. En effet, ce n'est pas sur un seul front qu'on doit se battre (la globalisation néolibérale) alors que la mutation historique que nous vivons est à la fois politique, économique, écologique et cognitive ! C'est donc sur ces 4 fronts qu'il faudrait avancer pour redonner sens à la démocratie et à la politique en luttant contre un libéralisme destructeur sans retomber pour autant dans un totalitarisme criminel. Voie étroite et difficile, pleine de contradictions mais qui est de notre responsabilité collective. Nous n'avons pas le droit d'échouer si on veut garder une petite chance d'éviter le pire et de sauvegarder notre avenir commun. Il faut se persuader que les causes de l'échec ne sont pas la méchanceté et l'égoïsme de nos adversaires mais bien notre propre bêtise et l'insuffisance de nos propositions. Il faut bien dire que les obstacles semblent insurmontables et l'objectif impossible à atteindre puisqu'il faudrait à la fois : 1) refonder la démocratie et nos solidarités sociales par la mobilisation populaire sans tomber dans un volontarisme autoritaire et intolérant, 2) plutôt que d'en faire un moyen pour des systèmes sociaux, faire au contraire de l'individu la finalité de tous en s'organisant pour assurer son autonomie concrète et sa participation politique ("mettre l'homme au centre"), 3) on ne peut éviter sans dommages de tenir compte de notre entrée dans l'ère de l'information et de l'écologie ce qui implique de réorienter l'économie vers le développement humain, l'immatériel et la relocalisation, rupture considérable s'il en est ! 4) enfin, il faudrait réussir à construire l'intelligence collective qui nous manque si cruellement, entre démagogie et technocratie, instituer peut-être une improbable mais si nécessaire "démocratie cognitive". - [Newsletter 07/06](https://jeanzin.fr/2006/07/01/newsletter-07-06/): Revue des sciences du mois de Juillet 2006 Rien de pire que d'attendre Devenir invisible ! Et si l'on manipulait le climat ? Le partage social des émotions Des globules blancs anticancer ! Un nanofrigo ! Un ordinateur à enzymes dans le corps Parkinson : un déficit de sélection des mouvements On a produit une température de deux milliards de degrés ! Famines et diabète Choux et soja goitrogènes (hypothyroïdies) - [Le caractère révolutionnaire de la science](https://jeanzin.fr/2006/06/27/le-caractere-revolutionnaire-de-la-science/): Qu'est-ce que le temps ? Qu'est-ce que l'espace ? Carlo Rovelli Il y a parfois d'excellentes surprises comme ce petit livre d'une centaine de page et qui se lit comme un roman bien que le sujet en soit des plus difficiles puisque c'est "la gravité quantique à boucles" ! Certes on ne fait que survoler la question, et on ne saura pas vraiment à la fin ce qu'est le temps ni ce qu'est l'espace. On a plutôt affaire au récit de cette recherche avec toutes ses incertitudes. Carlo Rovelli, qui a été un militant révolutionnaire dans l'Italie des années '70, participant entre autres à une des premières radios libres, radio Alice, insiste sur le caractère révolutionnaire de la science, bouleversant nos conceptions comme la "révolution copernicienne" nous obligeant à reconnaître que nous ne sommes pas le centre de l'univers et que c'est nous qui tournons (2 fois même!), et non pas le Soleil autour de nous (absolument inimaginable!). Copernic parlait de la "révolution des planètes" mais c'était un tel renversement de nos représentations que le terme a pris un sens "révolutionnaire". Cette capacité de remise en cause qui maintient tout en doute montre qu'il n'y a pas de véritable différence entre science et philosophie. S'il y a une opposition c'est entre scientisme (ou technique) et philosophie, c'est-à-dire un savoir qui se voudrait objectif, sans place au subjectif et au processus d'apprentissage, réduisant l'homme à l'animal ou même à un automate. La physique fondamentale, devenue tellement spéculative, se rapproche au contraire de la philosophie, offrant un terrain où l'esprit révolutionnaire peut s'exercer et triompher des conservatismes sociaux. Bien maigre consolation sans doute d'une société qui se délite, mais où se nouent de façon exemplaire science, philosophie et démocratie autour du caractère révolutionnaire de tout apprentissage et du travail du négatif, d'un scepticisme qui fait progresser le savoir plutôt que de le détruire. - [Toute la vérité sur le cannabis ?](https://jeanzin.fr/2006/06/18/cannabis/): Il est toujours difficile de dire la vérité mais il y a des sujets plus difficiles encore, où l'on n'ose dire autre chose que ce qu'on doit dire (il y a même des lois qui voudraient nous interdire de dire la vérité !). C'est un peu comme lorsque la pédophilie a pris soudain la place du mal absolu dans l'imaginaire social, au point que certains aient pu s'imaginer investis d'une mission, assez en tout cas pour en prendre à leur aise avec la vérité, jusqu'au premier scandale judiciaire... Chaque fois que la vérité est bafouée et qu'on hurle avec les loups, on fait plus que s'en mordre les doigts. Vérifier les faits ne relève pas d'une complaisance coupable, c'est le préalable à toute prétention de juger. Mais sur le sujet des drogues c'est encore plus difficile car c'est un sujet plein de contradictions (puisque toute drogue est à la fois remède et poison) ! Dès lors, au lieu de faire la part des choses, on se retrouve d'ordinaire avec des discours simplistes qui s'affrontent, entre partisans qui ne voient que des avantages (il y en a) et les adversaires qui ne voient que les dégâts (il y en a aussi). Ce n'est pas comme cela qu'on peut faire une politique efficace de réduction des risques et dans l'état actuel ça mène plutôt au pire (par rapport aux autres pays beaucoup moins répressifs et plus réalistes). Disons-le tout de suite : le cannabis (le chanvre) est la moins dangereuse des drogues, ce qui n'est pas rien au vu des ravages de l'alcool notamment, mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas une drogue, ni qu'elle n'a aucun dangers. Cette journée du "18 Joint" m'a semblé l'occasion d'une mise au point, nécessaire après une récente campagne médiatique et des contre-preuves aussi insatisfaisantes les unes que les autres ! - [Les phénomènes révolutionnaires](https://jeanzin.fr/2006/06/15/les-phenomenes-revolutionnaires/): Jean Baechler, PUF 1970 - La table ronde 2006 Si l'époque actuelle est bien révolutionnaire, cela ne signifie en aucun cas qu'on pourrait revenir naïvement au mythe du grand soir et à la vulgate marxiste alors que nous avons besoin, au contraire, d'étudier lucidement les "phénomènes révolutionnaires" du passé afin de tirer toutes les leçons de leurs échecs et de leurs dérives autoritaires, ce qui ne nous laisse guère de raisons d'être optimistes... Il faudrait tout de même accorder une plus grande place aux analyses de Marx, et plus généralement à l'économie, que ne l'a fait l'auteur de cette petite étude. En effet s'il y a bien nécessité d'une révolution, c'est au moins pour adapter les rapports de production (qui datent du fordisme) aux nouvelles forces productives (immatérielles). Ce qui est d'ailleurs une conception en tout point conforme à celle de Schumpeter. Il ne s'agit pas simplement d'adapter les institutions actuelles mais bien d'en changer, de les reconstruire sur d'autres bases (revenu garanti et développement humain). Un tel bouleversement ne pourra se faire sans doute en dehors d'une situation révolutionnaire, dont la lutte contre le CPE a pu donner une sorte d'avant-goût, même si elle a tourné court, hélas. Rien à voir en tout cas avec une révolution communiste à l'ancienne, du moins on peut l'espérer ! Il y a une autre raison, tout aussi impérative, à la révolution de notre organisation sociale et de notre système de production, ce sont les contraintes écologiques. Pour sortir du productivisme insoutenable du capitalisme globalisé et de la société de consommation, il y a urgence à relocaliser l'économie et se libérer de la subordination salariale en développant le travail autonome. Le réformisme n'y suffira pas, il faut construire un autre monde, un autre système productif qui tire parti du devenir immatériel de l'économie. Nous avons besoin pour cela d'une alternative, pas seulement d'une "réduction" ou d'une "décroissance". Ce qui importe, ce n'est pas tant d'être révolutionnaire, encore moins de "prévoir" une révolution qui ne se ramène pas ici à un événement ponctuel, c'est le contenu qu'on lui donne, la réponse aux contradictions de notre époque de transition, la prise en compte de notre entrée dans l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. Ce n'est pas tout. A suivre Hegel, Kojève, Castoriadis, il y a nécessité pour les sociétés démocratiques qui ne font plus la guerre de se refonder périodiquement par des soulèvements populaires, par l'intervention des mobilisations sociales, affirmation de l'auto-nomie de la société, de sa solidarité active et d'une véritable démocratie participative. Enfin, on peut considérer que les révolutions ne sont pas simplement un renversement d'institutions périmées, ce sont aussi (comme les révolutions des astres) des phénomènes cycliques et générationnels (voir "Les cycles du capital"). - [Les aventures de la dialectique](https://jeanzin.fr/2006/06/11/les-aventures-de-la-dialectique/): Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Phénoménologie de l'esprit II (VI) L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté - progrès dont nous avons à reconnaître la nécessité. (Philosophie de l'Histoire, p27-28) Voici donc la suite de la misère de la morale. Le chapitre précédent ayant exploré les contradictions des positions morales et leur insuffisance concluait sur la nécessité du passage au politique pour la réalisation de la justice. On entre ainsi dans la dialectique de la prise de conscience historique de notre existence collective, histoire politique succédant à la morale individuelle. Faite dans des conditions matérielles difficiles et m'ayant demandé beaucoup plus de travail que je ne pensais, je n'ai pas réussi à simplifier autant cette partie, bien plus longue et moins convaincante sans doute que le parcours des impasses morales, mais il y a malgré tout de précieuses analyses historiques qui font tout le charme de la Phénoménologie de l'Esprit (Antigone, l'individualisme romain, la critique trop réductionniste des religions par les lumières, les contradictions de la liberté menant à la Terreur révolutionnaire, etc.). Comme Marx le soulignait : La "conscience malheureuse", la "conscience honnête", le combat de la "conscience noble" et de la "conscience vile", etc., toutes ces parties isolées contiennent (bien que sous une forme encore aliénée) les éléments nécessaires à la critique de domaines entiers, tels que la religion, l'État, la vie bourgeoise, etc. (Marx II p125) Je ne prétends pas rendre compte de toute la richesse de la dialectique hégélienne, juste donner un aperçu de sa puissance de dévoilement et de son caractère indispensable en politique. Si cela pouvait permettre à tous ceux qui se prétendent anti-hégéliens (qui ne l'est pas de nos jours?) de savoir au moins un peu de quoi il est question... Par exemple, et à l'opposé de ce qu'on croit, il serait bien salutaire que les marxistes reviennent à Hegel pour comprendre qu'il n'y a pas plus d'abolition des classes qu'il n'y a de volonté générale quelque soit l'acharnement de la Terreur pour en imposer l'existence par la négation de l'existant. Les figures de la moralité pouvaient être représentées par des contemporains, les figures de la politique renvoient à des situations ou des personnages historiques, et donc moins actuels, même si on peut en tirer des enseignements pour notre temps et surtout pour l'action politique qu'elle éclaire singulièrement. En effet, la dialectique n'est plus individuelle, elle est collective avec ses retournements et ses changements de mode, ses retours de bâton toujours surprenants, où progresse, malgré d'inévitables régressions, la conscience de notre liberté (et de notre responsabilité collective). Il est, en tout cas, très amusant d'en suivre les tribulations, de contradictions en effets pervers (du Conformisme à l'Ethique puis au Droit et à la Culture jusqu'à la reconnaissance mutuelle dans l'Etat démocratique comme intelligence collective consciente d'elle-même). - [Newsletter 06/06](https://jeanzin.fr/2006/06/03/newsletter-06-06/): Revues scientifiques du mois de Juin 2006 Les forêts ne sont pas des puits de carbone Drogues et neurotransmetteurs Cerveau et méthode globale L'ordinateur quantique Les émotions sociales L'environnement sculpteur de gènes Refroidissement global ! Energie sombre et neutrinos Les retombées de Tchernobyl Le caractère culturel de l'intelligence Vieillissement, hormone de croissance et insuline Des anti-dépresseurs contre le cancer Danger du faux sucre et collusion avec l'industrie - [Misère de la morale](https://jeanzin.fr/2006/05/20/misere-de-la-morale/): Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Phénoménologie de l'esprit I (V-B) J'ai toujours trouvé extrêmement regrettable que ne soient pas plus largement présentes dans le débat public (ou même les controverses philosophiques) les réflexions si éclairantes de Hegel dans la "Phénoménologie de l'Esprit" sur la généalogie de la morale et les contradictions de ses figures successives, contradictions qui ne peuvent se résoudre que par le passage à l'action politique. C'est, bien sûr, à cause de son style impénétrable que la lecture de Hegel est réservée au tout petit nombre. Cela justifie à mes yeux la tentative d'en restituer la "trame romanesque" avec ses multiples péripéties et ses retournements dialectiques, en espérant que cela puisse clarifier les enjeux d'un retour au politique du moralisme ambiant. En effet, la conscience morale apparaît lorsque la conscience de soi se reconnaît dans la conscience des autres (un Je qui est un Nous), nostalgie de l'unité avec les autres. Seulement, en restant paradoxalement individuelles et abstraites, ces positions morales développeront ensuite toutes leurs limites et contradictions. Hegel illustre ainsi la succession dialectique de leurs impasses respectives : du traditionnalisme à l'hédonisme, puis de la "loi du coeur" utopique à la discipline de la vertu, bientôt réduite au mérite individuel et aux "bonnes oeuvres" quand ce n'est pas au développement personnel ou même à une simple occupation plus ou moins distrayante... En retour, la volonté de défendre une loi morale qui soit véritablement universelle se révèle inapplicable, aboutissant à une morale réflexive, morale de la responsabilité et de la vigilance (pouvant aller jusqu'à la désobéissance civique) qui débouche enfin sur l'engagement politique, seul à même de rendre le monde un peu plus juste en dépassant l'impuissance morale et la conscience malheureuse de l'individu isolé. J'illustrerais, pour rire et pour faciliter la compréhension, ces différentes positions morales par des figures contemporaines plus ou moins inadéquates (Finkielkraut, Onfray, Glucksmann, Foucault, Benasayag, Kouchner, Sartre, Morin, Rosanvallon, Slama, Bové), qu'on m'en excuse ! - [Newsletter 05/06](https://jeanzin.fr/2006/05/01/newsletter-05-06/): Revues scientifiques du mois de Mai 2006 Maximum solaire en 2012 Le niveau des mers pourrait monter de 4 mètres d'ici 2100 L'effondrement des sociétés Grippe aviaire et vaccin Un antidépresseur mélatoninergique très prometteur Calculer avec des tresses quantiques Jeûner pour rajeunir Recherches sur le "transfert de cerveau" ! La Voie Lactée protégée des explosions gamma - [Qu'est-ce que la philosophie ?](https://jeanzin.fr/2006/04/26/qu-est-ce-que-la-philosophie/): Si le pouvoir d'unifier disparaît de la vie humaine et si les oppositions perdent leur relation vivante, leurs interactions, et gagnent leur indépendance, la philosophie devient alors un besoin. G.W.F. Hegel, La différence entre les systèmes philosophiques de Fichte et de Schelling, p110 La philosophie est à la mode, parait-il. Du moins une certaine forme de philosophie qui procède de l'individualisme et du développement personnel, tout autant que de la demande de sens et de spiritualité, entre la religion et la thérapeutique. On voudrait faire de la philosophie un traité de "savoir vivre", voire un catalogue de recettes pour une vie déjà vécue, pour l'assurance vie d'un bonheur garanti, alors qu'à vrai dire, "le bonheur est toujours pour demain" et "le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard" ! Il faut rétablir que le philo-sophe n'est pas le sage puisque, au contraire, la philosophie c'est d'abord la découverte de notre ignorance et de notre bêtise, causes des malheurs du temps. Le philo-sophe est un citoyen, la philo-sophie est une discussion publique, c'est "la recherche de la vérité", la question plus que la réponse. Pour Aristote, c'est l'étonnement, le savoir pour le savoir, le plaisir de la découverte et de la spéculation, mais pour les philosophies existentialistes, c'est plutôt la remise en cause de notre être et de notre propre authenticité. C'est donc à la fois la connaissance la plus désintéressée et la vérité la plus brûlante sur ce que nous sommes, en son incertitude. Kojève situe la philosophie et les sciences en opposition aussi bien au dogmatisme qu'au scepticisme comme savoir en progrès, la philosophie se distinguant des sciences à devoir rendre compte de son propre discours, de son énonciation, de sa vie et de sa propre éthique. Il oppose ainsi la philosophie aux discours théoriques ou pratiques. En tout cas, elle s'affronte à la vérité dans ses limitations historiques, ce pourquoi elle est d'abord histoire de la philosophie, que cela plaise ou non, depuis Platon dans ses dialogues et surtout depuis Aristote débutant l'examen d'une question par les opinions de ses prédécesseurs. La recherche du bonheur qui peut mener à toutes sortes de techniques du corps tout autant ne constitue ici qu'une porte d'entrée possible à l'initiation philosophique (voir Proclus, sur le premier Alcibiade) pour s'interroger sur ses finalités, un moment daté de la conscience de soi comme fausse conscience et de la recherche de la vérité comme de l'unité perdue. Le philosophe n'est pas le sage ni le saint, la confusion qui date de l'Empire romain ne devrait pas être possible sur ce point (ni Aristote, ni Platon ne sont en rien des ascètes). C'est pourtant la même confusion qu'on retrouve de nos jours du philosophe avec le savant ou l'expert (quand ce n'est pas avec le journaliste ou le politique qui a réponse à tout). Il n'y a pas plus grande erreur alors que la philo-sophie interroge les savoirs, cultive le doute, l'étonnement devant les évidences, la prudence enfin, découvrant toujours plus l'étendue de notre ignorance et de notre débilité mentale. Elle ne promet ni bonheur ni certitude sinon cette vérité inavouable de nos limites cognitives et des vertus de la discussion publique. Cette position critique, c'est ce qu'on appelle la "docte ignorance", aussi éloignée de l'ignorance crasse et de ses préjugés que d'un scepticisme aveugle ou de ces demi-savants dont Pascal se moquait parce qu'ils "ont quelque teinture de cette science suffisante, et font les entendus. Ceux-là troublent le monde et jugent mal de tout" (327). Etre philosophe c'est juste savoir un peu mieux ce qu'on ignore, être plus prudent peut-être, mais sur le plan de la sagesse et des savoirs, il faut bien dire qu'on en est tous à peu près au même point. Malgré des différences individuelles qui peuvent paraître considérables, il n'y a pas de quoi se donner des grands airs, encore moins de se donner en modèle. Ce qu'on peut savoir de plus que les autres n'est finalement pas grand chose par rapport à tout ce qu'on ignore encore et l'on n'est jamais à l'abri de dire des bêtises, on ne le sait que trop! La recherche du bonheur est sans doute très différente à notre époque des temps anciens, plutôt contaminée par le spectacle publicitaire de l'individualisme marchand. Hannah Arendt remarquait justement que le bonheur est devenu une revendication de salariés consommateurs, une compensation d'un travail aliénant, au contraire d'un homme d'action notamment. Ce n'est pas ce qu'on entend d'ordinaire, et qu'il faut redire avec force, depuis que la psychanalyse existe au moins, et contre les philosophes s'il le faut, car c'est bien notre réalité la plus quotidienne, la plus essentielle, la vérité de l'insatisfaction qui est le vrai passage du temps et nous poursuit jusqu'au bout. On n'en guérit pas plus que de la vie. Etre philosophe serait d'y reconnaître notre condition et renoncer à la maîtrise, au bonheur parfait comme au bien suprême, devenus inutiles fardeaux, sans renoncer à ses rêves de justesse et de justice, sans renoncer à prendre ses responsabilités, sans renoncer à mettre sa vérité et son existence en jeu. L'homme c'est le désir et la liberté, l'appel du large, l'incomplétude de l'être et la difficulté de choisir, le manque de savoir et le besoin d'être reconnu par les autres, de se distinguer et de s'inscrire dans l'histoire humaine, in-dividu social et divisé pourtant entre la souffrance et l'ennui, mi-ange, mi-bête si ce n'est pire encore! mais l'aventure n'est pas finie où nous avons notre part à jouer avant de rire de nos rêves... - [Ecologie-politique, revenu garanti et philosophie](https://jeanzin.fr/2006/04/19/ecologie-politique-revenu-garanti-et-philosophie/): Petit interview pour le Journal du Pays Basque à l'occasion de ma venue au Forum Social de Bayonne le 29 avril décroissance ou alternative l'enjeu de la garantie du revenu dimension philosophique de la résistance à la barbarie néolibérale. - [Newsletter 04/2006](https://jeanzin.fr/2006/04/09/newsletter-04-2006/): Revues scientifiques du mois d'avril 2006 Les salaires chinois ont monté de 25% en 3 ans ! Réchauffement climatique et méthane La vitamine C protège le fumeur La virulence de la grippe aviaire devrait s'atténuer avec le temps Le Big Bang de plus en plus mis en défaut L'évolution du darwinisme Des muscles artificiels 10% des enfants de 10 ans prennent de la Ritaline aux USA ! - [Vers la révolution du revenu garanti ?](https://jeanzin.fr/2006/04/05/la-revolution-du-revenu-garanti/): Alors que la lutte contre le CPE s'annonce victorieuse et que se pose la question de la suite du mouvement, le débat entre enfin dans sa phase décisive où ce n'est plus seulement la précarité des jeunes mais la précarisation de toute la société qui est en cause avec la nécessité de trouver de nouvelles protections contre cet état de fait insupportable. Il n'est plus possible de s'en tenir à des positions libérales ni au simple conservatisme. Pour l'instant le modèle inaccessible semble être celui du Danemark, c'est-à-dire d'une grande liberté juridique équilibrée par des syndicats puissants, une grande flexibilité des emplois associée à tous les moyens du développement humain, assez loin de notre réalité actuelle et pas aussi bien qu'on le prétend. L'idée d'un contrat unique où l'on gagne des points à mesure qu'on reste dans la même entreprise ne fera que renforcer la précarité des plus précaires. C'est aussi le reproche qu'on peut faire à la revendication d'une sécurité sociale professionnelle qui représente bien ce qu'il faudrait faire (assurer une continuité du revenu "au-delà de l'emploi") mais avec le même inconvénient de protéger surtout les plus protégés, les insiders, en laissant de plus en plus d'exclus à l'extérieur, outsiders sans droits et sans avenir. Il n'est pas possible de tolérer ceci plus longtemps et il est temps d'affirmer, comme un nouveau droit de l'homme, le droit à un revenu décent, revenu d'autonomie sans lequel il n'y a pas vraiment de droits. Cela semble encore trop utopique et pourtant c'est une revendication qui insiste et gagne de plus en plus de partisans, revendication qui devrait s'imposer dans le contexte actuel car le revenu garanti n'est pas seulement l'instrument de la lutte contre la précarité et la misère, c'est surtout un renversement complet de logique de la sécurité sociale au développement humain, c'est l'investissement dans la personne, dans son autonomie et sa créativité exigées par le devenir immatériel de l'économie où ceux qui sont devenus plus ou moins des "travailleurs du savoir" sont destinés à la résolution de problèmes dans un environnement incertain. C'est enfin la base d'une production alternative et d'une économie relocalisée. - [Travailler et consommer moins ou autrement?](https://jeanzin.fr/2006/04/01/alternative-ou-decroissance/): Forum Social de Bayonne, 29 avril, 9h La nécessité d'une décroissance matérielle est reconnue par tous les écologistes ainsi que la critique des illusions d'un développement durable. Rappel salutaire des contraintes écologiques, cela ne suffit pas à faire de la décroissance un programme politique pour autant. D'abord, parce que la décroissance matérielle ne signifie pas automatiquement une décroissance économique. La croissance du PIB est un indicateur monétaire (en partie donc annulée par l'inflation) et la croissance des services ou de l'immatériel se distingue par définition d'une croissance matérielle ! Malgré les dévoiements d'un développement prétendu durable, on ne peut confondre développement complexifiant et croissance matérielle. Ce n'est pas l'essentiel pourtant car, outre cet aspect "réducteur", le slogan de la décroissance a surtout l'inconvénient de se présenter comme une simple réduction quantitative : la même chose en moins, où la seule chose qu'on puisse faire c'est de se serrer la ceinture en espérant que ce soit assez massif pour avoir un effet global significatif (étant donné le nombre de pauvres et de miséreux dans le monde on devrait faire vraiment très fort pour peser dans la balance!). Il faudrait à l'évidence construire un système de production alternatif sur d'autres bases plutôt que s'imaginer pouvoir réduire la croissance d'un système productiviste qui s'emballe au contraire à un rythme de plus en plus insoutenable ! Il n'y a pas d'autre solution que l'altermondialisme, c'est-à-dire une alternative locale au capitalisme globalisé. Une économie écologisée n'est pas une économie plus économe encore (!), mais une économie réinsérée dans son environnement, relocalisée et recentrée sur le développement humain. Il ne s'agit pas tant de produire moins mais autrement, il ne s'agit pas de réduction mais d'alternative, pas seulement de décroissance matérielle quantitative mais de développement humain et de qualité de la vie. - [Ce qu'il faudrait faire...](https://jeanzin.fr/2006/03/23/ce-qu-il-faudrait-faire/): Colloque AlterEkolo du samedi 25 mars 2006 Il n'y a pas d'un côté les problèmes de chômage ou de précarité de nos vies privées d'avenir, et de l'autre les problèmes écologiques de décroissance et de sauvegarde de notre avenir commun, ce qui semble bien peu compatible sous cette forme, alors que, dans les deux cas, il s'agit de mettre des limites à un néolibéralisme destructeur et de préserver nos conditions vitales. Tout projet politique ne tenant pas compte des contraintes écologiques est condamné par avance, de même que tout projet écologiste qui voudrait ignorer les contraintes économiques et sociales. L'altermondialisme représente, bien plus que les Verts, cette prise de conscience écologique et sociale avec ses deux exigences de relocalisation et de développement humain. Ce qui manque souvent à l'altermondialisme malgré tout, c'est la prise en compte des transformations considérables d'une économie informationnelle qui se se réduit pas du tout à la globalisation marchande. Un autre monde est possible mais il ne suffit pas de résister au totalitarisme marchand, il faut se poser la question : que pourrait être la société à venir, plus écologique et moins précaire ? Ni simple décroissance, ni retour en arrière, cette économie relocalisée et recentrée sur le développement humain doit constituer une alternative concrète au capitalisme en permettant la sortie du salariat productiviste, grâce notamment au revenu garanti ainsi qu'à des monnaies locales. Hélas, tout cela parait encore trop utopique, à contre-courant de la mondialisation et de la précarisation néolibérale mais très éloigné aussi des revendications des organisations de gauche (ATTAC, Copernic, LCR, PC, PS...). Même s'il faut effectivement renforcer l'Etat et réformer la fiscalité, les solutions que nous proposent ces partis (protectionnisme, "plein emploi", étatisme, taxations et même réduction du temps de travail) ne sont pourtant que des solutions imaginaires et trop souvent liberticides alors que c'est notre autonomie qu'il faudrait développer. Il y a de quoi désespérer et se persuader que c'est foutu d'avance... Dans la période actuelle on ne peut se contenter de baratin sur la sécurité de l'emploi, ni d'objectifs trop lointains. Il ne s'agit pas d'établir le programme détaillé d'une cité idéale ni de faire le catalogue de nos valeurs mais de donner une ligne directrice forte et lisible pour la construction d'alternatives locales à la globalisation marchande. - [Retrouver un avenir commun](https://jeanzin.fr/2006/03/21/retrouver-un-avenir-commun/): Le moment est crucial. Jamais la situation n'avait été aussi favorable aux luttes sociales. C'est l'occasion ou jamais pour les salariés de se joindre au mouvement pour défendre leurs revendications, il n'y a pas de doute là-dessus. Et pourtant, il semble que les syndicats s'effraient de leur pouvoir et reculent devant l'appel à la grève générale. Il semble surtout que les salariés ne soient pas favorables encore au renversement du régime, rencontrant la limite du mouvement actuel, son absence de projet qui peut causer sa perte. L'abolition du CPE ne mérite pas une révolution à lui tout seul ! Si on fait une révolution, certes bien nécessaire, cela ne peut être pour revenir simplement au passé et un CDI de plus en plus théorique. Chacun sent bien confusément que c'est une chimère sous cette forme. Pour sortir de la précarisation de nos vies, il faut une ambition plus positive et tournée vers l'avenir, une refondation des protections sociales centrées sur la personne et les nouvelles forces productives. Il faut profiter de la conjoncture pour adapter notre système social à l'ère qui s'ouvre devant nous, en développant notre autonomie plutôt qu'en rigidifiant les règles. Ce n'est pas la direction empruntée pour l'instant (on comprend pourquoi quand on impose la flexibilité sans la sécurité). Heureusement, cette fois nous avons le temps puisque le mouvement est fait semble-t-il pour durer maintenant, temps indispensable à la réflexion et l'élaboration collective. - [Rétablir la vérité](https://jeanzin.fr/2006/03/17/retablir-la-verite/): Il est comique de voir le gouvernement s'accrocher au CPE et tenter de le justifier ou de l'adoucir sans comprendre qu'il s'agit de bien autre chose désormais. Ce n'est pas seulement contre une mesure discriminatoire et imposée sans concertation que s'élève la jeunesse mais plus encore contre l'officialisation de la précarisation de l'emploi et la destruction des protections sociales dont le CPE ne représente qu'une étape supplémentaire. Derrière ces revendications immédiates, il y a tout le malaise d'une jeunesse maltraitée mais, au-delà de la jeunesse même, il s'agit pour toute la société de défendre nos valeurs humaines de solidarité, après des années d'un individualisme arrogant, et de rétablir enfin la vérité sur ce que nous sommes, vérité trop longtemps bafouée par les salauds en tout genre. - [Minorité de blocage](https://jeanzin.fr/2006/03/15/minorite-de-blocage/): Au-delà du CPE, l'enjeu du mouvement actuel est bien la résistance à la précarisation de nos vies et la refondation des solidarités sociales mais tout autant la contestation d'une démocratie procédurale qui se résume à la formule : vote et tais-toi ! - [Le basculement du monde, soudain !](https://jeanzin.fr/2006/03/11/basculement-du-monde/): Il serait bien étonnant que le gouvernement ne mette pas un terme à la mobilisation étudiante en retirant le CPE. Même dans ce cas, l'essentiel semble pourtant déja acquis : le retour des mobilisations sociales et la reconstitution de nos solidarités devant ce qui a été perçu comme une déclaration ouverte de précarité par toute la société, au-delà de ses jeunes. Fini le temps des défaites, la honte a changé de camp, les revendications sociales ont retrouvé toute leur légitimité. Un nouveau cycle de luttes est enclenché et il y a longtemps que les circonstances n'avaient été aussi favorables. Bien sûr tout pourrait retomber avec un retrait qui s'impose à l'évidence. On constate malgré tout que, dans les grandes crises, les pouvoirs s'obstinent souvent à envenimer les choses (les dieux aveuglent ceux qu'ils veulent perdre), ce qui n'est la plupart du temps que le symptôme d'une perte de légitimité de leur autorité. Pour l'instant le gouvernement semble avoir tout fait pour provoquer l'explosion et, s'il ne recule pas, ce sera le signe que décidément les temps sont bien mûrs pour une révolution ! - [Philosophie de la liberté ou psychologie de la soumission](https://jeanzin.fr/2006/03/08/philosophie-de-la-liberte-ou-psychologie-de-la-soumission/): Elisabeth Roudinesco, Philosophes dans la tourmente, Fayard, 2005 Ce livre ne dit pas vraiment son projet qui consiste à mobiliser la philosophie française (Sartre, Canguilhem, Foucault, Deleuze, Derrida), donc au-delà même de la "French Theory", contre l'offensive des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la remise en cause de la psychanalyse. Pas étonnant donc que l'historienne de la psychanalyse s'en mêle et convoque les philosophies de la liberté contre une psychologie de la soumission, du conditionnement et de la normalisation, héritière de la bonne vielle méthode Coué et de l'hypnose! La "tourmente" des philosophes, c'est donc ici leur dissidence et leur part de folie, leur rejet de la normalisation et leur position par rapport au tragique de l'existence ou par rapport à la psychanalyse : comment leurs propres fêlures pouvaient s'intriquer avec leurs oeuvres sans pouvoir les expliquer de façon simpliste ni avoir les oeuvres sans leur part d'ombre, sans pouvoir diminuer enfin le témoignage de leur liberté dans cette lutte avec l'ange. Point de vue partiel et partial sans doute mais qui n'est pas sans valeur pour défendre la liberté de l'esprit contre une entreprise de contrôle généralisé, surtout en ramenant au jour l'oeuvre de Canguilhem. On peut regretter tout de même qu'on soit contraint finalement au choix entre un biologisme déraisonnable et un psychisme désincarné sans pouvoir faire sereinement la part du corps et de l'esprit. - [Revues de mars 2006](https://jeanzin.fr/2006/03/05/revues-de-mars-2006/): inversion du gulf stream (réchauffement) cyanobactéries et Terre gelée (refroidissement) fonction immunologique de l'ADN et maladies auto-immunes nanotransistors nanomoteur à laser vers la vie artificielle (et ses risques...) mythes et réalités de l'intelligence collective - [Une atmosphère de fin de monde...](https://jeanzin.fr/2006/03/03/fin-de-monde/): Tout n'est pas toujours pareil et tous ceux qui se persuadent, libéraux en tête, que rien ne peut jamais leur arriver vont devoir se réveiller de leur sommeil dogmatique car nous vivons sans doute la fin d'un monde, celui du XXème siècle au moins et de la globalisation libérale, la fin du monde "moderne", et Gramsci le disait bien, c'est au moment où l'ancien se meurt et le nouveau ne parvient pas à voir le jour que surgissent des monstres. L'hypothèse que le temps de demain sera identique à celui d'aujourd'hui est toujours, et de loin, l'hypothèse la plus probable, mais cela n'empêche pas le temps de changer, ni d'être le changement même... La stabilité ordinaire des échanges n'empêche pas les krachs de se produire après trop d'arrogances nourrissant des bulles spéculatives qui peuvent durer un moment mais finissent immanquablement par éclater. Les tensions s'exacerbent jusqu'au point de rupture. Il semble que toute une série de fractures pourraient converger et se rejoindre pour faire de cette année l'année de tous les dangers, sous les plus mauvaises augures. Et si ce n'est pas cette année ce sera la suivante ! A quoi bon jouer les oiseaux de malheur ? Ne vaut-il pas mieux se taire quand tout semble perdu et qu'on ne peut plus y croire ? Les chances sont bien maigres de ne pas céder à la tentation du pire mais s'il faudrait en effet pouvoir se donner un objectif commun, défendre l'espérance dans une utopie collective, tirer parti des si considérables potentialités de l'époque, il faut bien constater que tout cela manque cruellement encore, n'emporte pas l'adhésion, et, si on veut avoir une chance de les surmonter, il faut reconnaître d'abord les causes de notre impuissance devant ces bouleversements considérables que nous devons subir dans les pires conditions. Il n'y a pas seulement la destruction du code du travail presque achevée (du CNE au CPE), l'extension considérable d'une précarité invivable, le choc des générations qui s'amorce à peine, la guerre des religions qui n'est pas prête de s'éteindre, l'entrée dans l'ère de l'information comme ignorée de tous ! Il y a aussi la menace d'une nouvelle peste qui décime des populations devenues trop nombreuses, avant le déclenchement sans doute d'un nouveau déluge avec le réchauffement climatique ; et le plus extraordinaire c'est que nous continuons comme si de rien n'était, comme si on voulait brûler tout le pétrole qui nous reste jusqu'à sa dernière goutte et courir à notre perte ! Surtout ne rien changer, le nez dans le guidon ! Pas étonnant que le ciel nous tombe sur la tête. - [De la statistique à l'organisation sociale](https://jeanzin.fr/2006/02/02/de-la-statistique-a-l-organisation-sociale/): On ne peut considérer une société ou un marché comme une foule inorganisée d'individus isolés n'ayant aucun rapport entre eux. Dès lors les statistiques sont trompeuses en ne retenant que les effets globaux sans tenir compte des différenciations internes et de l'organisation sociale (ce qui, notamment, justifie la richesses des riches en accablant les pauvres responsables de leur pauvreté). Il est aussi absurde de traiter statistiquement une société que les lettres d'un livre qui ne sont pas du tout distribuées au hasard ! Il faut au moins reconnaître que la société est divisée par la lutte des classes, mais aussi par toutes autres sortes de divisions (sexuelle, générationnelle, géographique, inclus/exclus, etc), ce que l'approfondissement par Maurice Halbwachs des causes du suicide permettait déjà d'établir contre Durkheim. - [Brèves (revues scientifiques)](https://jeanzin.fr/2006/02/01/breves-revues-scientifiques/): Quelques nouvelles des revues scientifiques du mois de février : progrès dans les nanotechnologies ? le gène de la drogue qui nous distingue du chimpanzé ! la catastrophique production de méthane des forêts. la corrélation entre inégalités et destruction des sociétés. l'origine extraterrestre de la vie beaucoup plus probable depuis qu'on a réussi à contaminer Mars ! - [Manifeste pour une écologie-politique](https://jeanzin.fr/2006/01/19/manifeste-pour-une-ecologie-politique/): Introduction du livre "L'écologie-politique à l'ère de l'information" (éditions è®e, 128 pages, 11 euros, dans toutes les bonnes librairies à partir du 20 janvier 2006!). Un spectre hante les cauchemars du monde marchand globalisé : le spectre de l'écologie. Toutes les puissances politiques, religieuses ou commerciales du vieux et du nouveau monde se sont groupées en une sainte alliance pour y faire allégeance, verbalement du moins, faisant étalage de sommets internationaux en conférences mondiales de leur souci constant des questions écologiques... tout en continuant, la plupart du temps, comme si de rien n'était ! Dans la plus grande confusion se mêlent développement durable, sauvegarde de la nature, crise de l'énergie et altermondialisme pour réduire l'écologie à une vague menace qui plane sur nos têtes tout en restant complètement inconsistante et insaisissable, tiraillée entre tendances contradictoires. Chacun semble persuadé de la nécessité d'une alternative écologiste sans avoir la moindre idée de la façon d'y parvenir, jusqu'à dénier son caractère politique et social pour se contenter d'un catastrophisme sans nuances, de bonnes intentions, de grandes déclarations et de petits gestes... - [L'intervention des peuples](https://jeanzin.fr/2010/03/07/l-intervention-des-peuples/): La situation semble complètement absurde où les gouvernements se retournent contre leur peuple et, comme un quelconque FMI jouant les croquemitaines, veulent imposer des politiques ne pouvant qu'aggraver la crise. C'est là qu'on se rend compte que les gouvernements qu'ils soient de droite ou de gauche ne sont que les fondés de pouvoir des marchés financiers, avec une marge de manoeuvre très limitée, démonstration à quel point les élections sont des pièges à cons, ne visant qu'à nous faire accepter le système, nous en faire les complices ! On a surtout la démonstration de la nécessité de l'intervention des peuples pour mettre une limite à des logiques devenues folles et dénoncer les dettes accumulées sur notre dos. L'histoire ne se fait pas toute seule même si on ne fait pas ce qu'on veut et qu'on en est à peine les acteurs. Tout phénomène laissé à lui-même va à sa perte selon les lois de l'entropie universelle. Sans notre intervention les bornes seront vite dépassées, de même qu'il faut souvent faire grève pour empêcher les petits chefs de péter les plombs et les cadences de devenir infernales. Notre dignité est de mettre des limites, d'exiger le respect de notre humanité, ne pas être réduit à un chiffre ni un moyen pour des fins qui nous sont étrangères. Les caves se rebiffent quand on pousse le bouchon un peu trop loin ! Ce n'est pas une question de sensibilité ou de caractère mais une nécessité logique. - [Revue des sciences 03/10](https://jeanzin.fr/2010/03/01/revue-des-sciences-0310/): Astrocytes et douleurs chroniques Une greffe de peau contre l'hypertension artérielle L'émergence de la conscience Out-of-Body-Experience Supraconduction Un nouveau bras du Gulf Stream réchauffe le Groenland ADN 2.0 Révolution électrique avec la Bloom Box ? etc. - [¿Qué es la ecología-política?](https://jeanzin.fr/2010/02/23/que-es-la-ecologia-politica/): Traducción del artículo Qu'est-ce que l'écologie politique ? par Eduardo Baird (Argentine). - [On a les moyens de s'en sortir !](https://jeanzin.fr/2010/02/16/on-a-les-moyens-de-s-en-sortir/): La situation semble complètement bloquée, présageant du pire. Une étincelle suffirait à tout faire exploser et on a du mal à voir comment cela pourrait s'arranger, la montagne de dettes accumulées devant être détruite d'une manière ou d'une autre, le plus probable étant par l'inflation (un nouveau cycle de Kondratieff). La décision prise de bloquer les dépenses n'est pas seulement le contraire de ce qu'il faut faire mais elle est tout bonnement impossible. Avec toutes les autres crises qu'il faut affronter (écologique, géopolitique, technologique, anthropologique), il y a vraiment de quoi paniquer. Et pourtant, largement grâce à l'intervention des Etats et aux protections sociales, tout semble continuer comme avant et on a le plus grand mal à imaginer un désastre prochain. On peut penser que c'est folie mais on peut y voir aussi un acquis du sauvetage du système financier renforçant la certitude d'avoir les moyens de sortir de la crise. Or, cette certitude elle-même peut constituer un facteur aggravant dans un premier temps tout en précipitant malgré tout la réorganisation du système et l'intégration mondiale dans un deuxième temps. - [Le désir comme désir de l'Autre](https://jeanzin.fr/2010/02/10/le-desir-de-l-autre/): On ne peut rien comprendre au monde sans dialectique, on ne peut rien comprendre à la succession des idéologies libérales, totalitaires, néolibérales, etc. Ce n'est pas seulement l'identité des contraires, fondement de l'ésotérisme et d'un savoir paradoxal réservé au petit nombre, ni même leur complémentarité ("L'erreur n'est pas le contraire de la vérité. Elle est l'oubli de la vérité contraire". Pascal). Il s'agit bien de leur contradiction active dont nous sommes plutôt les sujets, produits de l'époque que nous produisons, de même que nous sommes les produits des autres, d'une culture et d'un langage que nous participons à (dé)former et transmettre. Le désir illustre parfaitement cette dialectique entre intérieur et extérieur en tant qu'il est désir de désir. Si la dialectique est indispensable, à condition de n'être pas un simple artifice, pour penser les renversements de situation, les changements de mode et d'idéologie, elle l'est tout autant pour sortir de la logique d'identité et de l'illusion du moi autonome alors qu'on est entièrement pris dans les discours institués et les relations sociales. Il faut bien dire que le dévoilement de la dialectique du désir comme désir de désir peut avoir un véritable effet de désidération en découvrant soudain que, ce qu'on croyait le plus nôtre, notre désir obstiné de ceci ou cela, n'est que le désir de l'Autre (de sa mère par exemple) ! Difficile à avaler, sans doute, mais pour en finir avec l'individualisme méthodologique, il faut marteler ce que la psychanalyse enseigne de l'inconscient : vous ne savez rien de votre désir qui se joue de vous, sur une autre scène. On n'est pas cause de soi, c'est l'Autre qui nous cause. La philosophie y trouve sa limite mais c'est bien le fétichisme du désir qui s'y dénonce et sa perversion intrinsèque qui n'est pas imputable à sa dénaturation causée par les conditions modernes d'existence. Le désir comme désir de l'Autre constitue un des apports fondamentaux de Lacan qui ne semble pas avoir été intégré encore dans notre culture pourtant, refoulé systématiquement sous des métaphores trompeuses machiniques ou biologisantes, quand elles ne sont pas morales ou religieuses, alors que c'est l'énonciation qui est en cause, qui parle et à qui ? - [La lutte pour l'hégémonie](https://jeanzin.fr/2010/02/05/la-lutte-pour-l-hegemonie/): Bien que ce soit au pas lent de l'histoire, il semble qu'on entre cette fois véritablement dans la crise économique avec les chômeurs en fin de droit et la fragilisation des Etats. Tous ? non, pas la Chine qui, pour l'instant, prouve la supériorité des dictatures sur les régimes libéraux (ploutocratiques) en périodes de crise. Elle n'est pas, bien sûr, à l'abri de troubles sociaux et pourrait connaître une résurgence du maoïsme sous une forme nouvelle, même si cela paraît impensable encore. La seule chose qui soit sûre, c'est que les choses vont bouger, en faveur de la Chine inévitablement, on ne sait à quel point et tout est là car on peut attendre le pire de la confrontation d'un empire américain déclinant, dont Obama éprouve l'impuissance, et une puissance chinoise émergente qui monte à la tête de leurs dirigeants. - [Revue des sciences 02/10](https://jeanzin.fr/2010/02/01/revue-des-sciences-0210/): Le Microchimérisme Les cités perdues d'Amazonie Le darwinisme quantique Trous noirs au LHC La Vie sur Terre détruite par une supernova ? Pourquoi il fait si froid Des centrales solaires spatiales militaires Le rire moqueur C'est le chromosome Y qui nous différencie le plus du singe Les virus dans le génome Le bisphénol A dangereux pour le cœur Bienfaits des anti-inflammatoires Les ondes électro-magnétiques contre l'Alzheimer Une télé sans aucun fil, même pour l'alimentation ! - [Sortir du capitalisme](https://jeanzin.fr/2010/01/26/sortir-du-capitalisme/): La crise a remis à l'honneur la nécessité de sortir du capitalisme mais la plus grande confusion règne sur ce que cela pourrait signifier et les moyens d'y parvenir. Pour certains, comme les partisans de la taxe Tobin ou de l'interdiction de la spéculation sur les prix, on devrait parler plutôt d'une sortie du capitalisme financiarisé et dérégulé qu'on a connu depuis 30 ans, tout comme pour ceux qui veulent un meilleur partage capital/travail et plus de protectionnisme. Pour d'autres, c'est le marché lui-même qui est en cause, voire la vénalité de l'homme, son individualisme ou son égoïsme. On fait appel aux valeurs, on voudrait moraliser le capitalisme et ses profits sans comprendre qu'il s'agit d'un système qui élimine ceux qui voudraient faire preuve d'un peu trop de moralité justement ! Bien sûr, de nombreuses mesures préconisées sont positives, qu'elles jouent sur les régulations, les normes ou la redistribution mais on ne peut parler en aucun cas d'une sortie du capitalisme. Il ne fait pas de doute qu'il faut revenir aux analyses de Marx pour apporter un peu plus de rigueur à l'anti-capitalisme, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait reprendre les réponses étatiques que le marxisme-léninisme a voulu y apporter et qui ont été infirmées par l'histoire. On doit bien admettre que ce n'est pas aussi simple qu'on le croyait et qu'on ne fait pas ce qu'on veut. Il nous faut trouver d'autres voies pour sortir du salariat et du productivisme, de la détermination de la production par le profit tout comme de la marchandisation du monde. - [Qu'est-ce que l'écologie politique ?](https://jeanzin.fr/2010/01/21/qu-est-ce-que-l-ecologie-politique/): La question de la nature de l'écologie-politique se pose du fait qu'il s'agit d'un mouvement émergent, se constituant en réaction à des questions concrètes, et non de l'application d'une doctrine préalable. On peut dire que son corps de doctrine, encore très disputé, s'est constitué en marchant, ce qui justifie l'approche historique en général adoptée. L'inconvénient de cette approche est cependant de ne pouvoir sortir tout-à-fait de la confusion initiale, notamment de la religiosité, du romantisme et du volontarisme dont l'écologie-politique a tant de peine à se débarrasser, réduite à une aspiration morale, à une pure question de valeurs, un désir d'harmonie sinon d'amour des hommes et des bêtes, au lieu d'une responsabilité incontournable qui en fait plutôt un enjeu cognitif vital. Il ne s'agit pas, en effet, dans la prise en compte des contraintes écologiques de préférences personnelles : sur ce plan, on n'a pas le choix ! La réduction de l'écologie-politique à l'amour de la nature est à la fois inévitable historiquement et intenable pratiquement. Il faut l'affirmer haut et fort, on n'a pas besoin de faire de sentimentalisme pour prendre l'écologie-politique au sérieux, notamment sa dimension politique qui introduit dès lors la division entre les écologistes qu'on ne peut absolument pas rassembler en un seul courant qui irait de l'écologie profonde à l'écologie sociale. Il y a nécessité d'un retour au réel et d'une définition plus conceptuelle et critique de l'écologie-politique comme nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l'unification du monde dont on est devenu responsables (jusqu'au climat à l'ère de l'anthropocène), avec toutes les implications pour la politique de la prise en compte des enjeux écologiques. Dans ce cadre, et comme son nom composé l'indique, l'écologie-politique doit intégrer la contradiction entre nature et culture (campagne et ville), posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes, mais il est bien question d'intelligence collective à construire et non de conversion des âmes, il est question de projet politique et non de morale. - [La haine de la pensée](https://jeanzin.fr/2010/01/15/la-haine-de-la-pensee/): Tout le monde pense, cela ne fait pas question : tout vient de là, c'est une évidence, le pire comme le meilleur, non seulement notre intelligence plus qu'animale mais aussi toute l'étendue de la bêtise humaine qui en représente l'envers, aussi vrai que l'homo sapiens est tout autant l'homo demens. Les progrès des sciences et les grands penseurs du passé nous aveuglent sur nos propres capacités qui n'ont pas tellement progressé pourtant depuis la préhistoire : nous ne sommes guère que des "nains juchés sur des épaules de géants" selon l'expression de Bernard de Chartres. Ce n'est donc pas parce qu'on pense qu'on ne penserait pas des conneries, tout au contraire, et si le bon sens est la chose du monde la mieux partagée, il se pourrait bien qu'il ne soit constitué que des préjugés de l'époque, de l'idéologie dominante, du "discours courant" et du conformisme de la "pensée de groupe", sans parler de toutes sortes de névroses individuelles ou collectives... Voilà qui complique singulièrement une démocratie qui n'est pas le royaume de la raison qu'on prétend mais se trouve menacée depuis l'origine par la démagogie, le clientélisme, la fanatisation jusqu'à nos formes modernes de fascismes. C'est tout autant l'économie libérale qui s'en trouve ébranlée par les bulles spéculatives et les krachs qu'elles provoquent régulièrement, répétant systématiquement les mêmes erreurs. Si tout cela n'est pas une évidence, et comme refoulé derrière les beaux discours qui flattent notre intelligence, c'est bien parce que le fait que tout le monde pense et s'en glorifie n'empêche absolument pas une haine de la pensée à peu près universelle dont il faudrait prendre toute la mesure ! - [Revue des sciences 01/10](https://jeanzin.fr/2010/01/01/revue-des-sciences-0110/): Phosphore : une crise imminente Le déplacement (rapide) du Nord magnétique Etoiles à quarks, instantons, temps imaginaire... De la syntaxe chez nos cousins primates C'est de faire la cuisine qui nous aurait différencié des singes Marseillevirus, un virus géant de 3ème type Inflammation et cancers De la viande artificielle bientôt dans nos assiettes? Des batteries en papier avec une encre en nanotubes - [Psychanalyse et politique](https://jeanzin.fr/2009/12/15/psychanalyse-et-politique/) - [La réalisation de la philosophie](https://jeanzin.fr/2009/12/07/la-realisation-de-la-philosophie/): Entrer dans le 21ème siècle avec la pensée d’André Gorz, CitéPhilo. Je ne suis pas un homme de parole, je crois que je l'ai prouvé de nouveau à Lille, le 28 novembre, où j'étais invité à parler d'André Gorz ! Si nous étions trop nombreux et le temps imparti trop court, l'intérêt de ces rendez-vous manqués, c'est de se poser la question de ce qu'on aurait à dire à un public qu'on imagine philosophique. Il m'est apparu indispensable de ne pas réduire la dimension philosophique d'André Gorz au seul ouvrage qui en relève explicitement, "Fondements pour une morale" qui n'est pas sans faiblesses, et d'insister plutôt sur sa dimension politique de reprise du projet de "réaliser la philosophie" après le terrible échec du communisme. Il est tout aussi impossible de se couper d'une histoire de l'émancipation que de faire comme si le collectivisme bureaucratique n'avait pas échoué partout. L'indigence de ce qui reste des théoriciens marxistes devrait inciter à refaire ce parcours qui va du marxisme à l'écologie politique, en passant du collectivisme à l'autogestion puis à la réduction du temps de travail avant de se focaliser sur le travail autonome et la sortie du salariat grâce au revenu garanti et l'économie de l'immatériel. Il ne s'agit en aucun cas de revenir en arrière mais bien de continuer l'histoire, et dans l'état de confusion actuelle, une clarification des enjeux semble on ne peut plus nécessaire ! - [Revue des sciences 12/09](https://jeanzin.fr/2009/12/01/revue-des-sciences-1209/): Les dangers des nanomatériaux L'homme de Néandertal Trous noirs ou étoiles noires ? Energies renouvelables Libre arbitre et mécanique quantique Le monde va trop vite pour l'enfant autiste De l'électricité à partir de la chaleur et de la résonance Reconstitution d'un film à partir de l'activité du cerveau - [Penser l'après capitalisme avec André Gorz](https://jeanzin.fr/2009/11/23/penser-l-apres-capitalisme-avec-andre-gorz/): Le numéro 33 d'EcoRev', "Penser l'après capitalisme avec André Gorz" vient de sortir avec Changer de système de production et des articles originaux de René Passet, Yann Moulier-Boutang, Bernard Maris, etc. (cliquer sur l'image pour la présentation). Pour commander le numéro : https://ecorev.org ou https://www.difpop.com - [Revue des sciences 11/09](https://jeanzin.fr/2009/11/01/revue-des-sciences-1109/): Hasard et incertitude Différence entre espace et temps Explosion de la faim dans le monde Eruption solaire inquiétante L'origine de la vie dans des roches poreuses Une pile nucléaire de la taille d'une pièce de 5 centimes ! - [Le pluriel du futur](https://jeanzin.fr/2009/10/25/le-pluriel-du-futur/): On voudrait en finir avec le capitalisme comme on a cru en avoir fini avec le communisme. Rompre avec son passé, quel rêve ! Effacer ses traces sur internet ou brûler les livres autrefois adorés. Ainsi, la révolution culturelle voulait faire table rase de l'héritage confucéen, tout comme en 1989 les bibliothèques se sont vidées des oeuvres de Marx... Ce que notre époque post-moderne devrait apprendre pourtant, c'est tout au contraire que rien ne se perd. Le passé ne disparait jamais complètement et laisse ses traces, ineffaçables. Nous sommes plutôt condamnés à l'éternel retour du même, aux résurgences de souvenirs oubliés, comme la religion orthodoxe en Russie ! Il faut se persuader en effet que toute négation étant partielle ne peut jamais faire que ce qui a été n'ait été et ne reste d'une certaine façon notre présent. On ne fait jamais qu'ajouter de nouvelles possibilités aux anciennes. Peindre notre avenir aux couleurs de nos rêves est aussi absurde que les visions cauchemardesques et si des révolutions sont encore bien nécessaires ce n'est pas pour achever l'histoire par la victoire contre le mal et la réconciliation des coeurs. Non, le futur ne sera pas homogène, ce sera un futur pluriel aussi bien pour les systèmes de production que pour les modes de vie, les idéologies ou les religions. Reconnaître la division de la société tout comme la division du sujet semble bien notre tâche historique, tâche qui peut avoir l'air insurmontable mais qui est pourtant un préalable indispensable, on le voit bien, à sortir la gauche de l'impuissance et de l'éclatement, écartelée entre un idéalisme débridé et un simple réalisme gestionnaire à courte vue. Il faut revenir encore une fois à Hegel pour critiquer ce que la fin de l'histoire marxiste pouvait avoir gardé de religieux. - [Critique de la valeur, valeur de la critique](https://jeanzin.fr/2009/10/16/critique-de-la-valeur-valeur-de-la-critique/): Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise, pour une nouvelle critique de la valeur C'est pour répondre à de multiples demandes que j'ai fini par me résoudre à reprendre la critique de la critique lorsqu'elle s'égare sur le terrain des valeurs et prétend nous découvrir le secret du monde dans la tromperie de la marchandise. J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer les propensions de notre époque à l'idéalisme qui s'insinue jusque chez les derniers marxistes s'imaginant encore que ce sont les idées qui mènent le monde ! Il faut bien dire qu'il peut être très difficile de sortir de certaines fourchettes mentales, fasciné par des déductions trop logiques. Ici, on se monte la tête avec un Marx ésotérique, bien caché en effet puisque c'est celui du premier chapitre du Capital (!), et qui n'aurait d'autre souci que de nous guérir de notre fétichisme ! Il est tout de même étrange que les analyses de Marx soient interprétées de façon si peu matérialiste et qu'une critique métaphysique de la valeur prétende nous sauver alors que c'est très matériellement que la valeur-travail est attaquée par les nouvelles forces productives immatérielles. Il y a une grande étrangeté à pouvoir être d'accord avec une grande partie de ce livre, sur l'abstraction de la valeur et des rapports sociaux dans un système de production devenu autonome, en particulier sur la nécessité de sortir du salariat mais sans que cela puisse signifier une quelconque "fin du travail" ou de tout "système" de production, seulement passer du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome ! Il est effectivement très inquiétant de constater qu'on puisse être si proche de la vérité et la rater complètement pourtant, en inversant simplement l'ordre des causalités. Car ce qui est déterminant, qu'on le veuille ou non, c'est bien la production matérielle et "le bon marché des marchandises qui est la grosse artillerie renversant toutes les murailles de Chine" (K.Marx, Manifeste) ! - [Le capitalisme et la mort](https://jeanzin.fr/2009/10/05/le-capitalisme-et-la-mort/): Le capitalisme et le monde de la marchandise semblent se caractériser par leur évacuation complète de la mort, revendiquant une fin de l'histoire qui serait une histoire sans fin, une culture de paix portée par le commerce ainsi que les promesses publicitaires d'une vie de plaisirs. Point par point, le réel y fait objection pourtant par l'irruption de la mort tant redoutée, le maître absolu, que ce soit sous la forme de l'effondrement systémique, de la guerre ou du suicide (tellement incompréhensible pour l'homo oeconomicus!). On n'en a pas fini avec la mort, pas plus qu'avec le réel ni avec l'histoire. Ce n'est pas tant parce que le capitalisme serait mortifère, animé d'une "pulsion de mort" venue on ne sait d'où, mais parce que la mort fait partie de la vie et qu'on se cogne au réel inévitablement. Si le capitalisme monte ainsi invariablement aux extrêmes, c'est tout simplement parce qu'il ne connaît pas de limites et ne rencontre ses limites qu'à mettre en cause notre existence, individuelle ou collective. Si la mort est en jeu, c'est que la vérité n'est pas donnée ni le réel transparent et qu'il ne peut y avoir de changement des règles collectives sans menacer l'existence du collectif comme tel et jusqu'à la vie de chacun, obligé de choisir son camp. - [Revue des sciences 10/09](https://jeanzin.fr/2009/10/01/revue-des-sciences-1009/): Gare à gauche (les deux cerveaux) ! Le hasard au coeur de la vie Une centrale nucléaire flottante ! L'antigravité de l'antimatière expliquerait tout ! Attention aux rayons cosmiques ! Les migrations humaines Une puce dans le corps pour détecter H1N1 Parkinson, Alzheimer, des progrès... L'imprimerie nanométrique Le solaire : toujours plus Le CyCab, une voiture sans conducteur Google rend possible l'impression de livres épuisés - [La question de l'organisation](https://jeanzin.fr/2009/09/20/la-question-de-l-organisation/): La période est objectivement révolutionnaire avec la conjonction des crises économique, écologique, géopolitique et même anthropologique depuis notre entrée accélérée dans l'ère du numérique, cela ne fait aucun doute. La question n'est pas des raisons de se révolter ou de changer les institutions, elles sont légions depuis longtemps, mais cela ne suffit pas à faire une révolution car les conditions subjectives sont loin d'être remplies alors qu'on assiste à la fois au pourrissement des vieux partis ainsi qu'à la dispersion des forces de gauche impuissantes à surmonter leurs divergences bien réelles, sans parler des syndicats devenus purement opportunistes et dépourvus de projet comme de toute stratégie. La leçon qu'on devrait en tirer, c'est qu'à l'organisation en partis concurrents ou même en réseaux plus ou moins occultes, il faudrait préférer une organisation en communes et en comités locaux ouverts à tous. Aussi bien pour la démocratisation que pour l'alternative à la globalisation marchande, il faut désormais partir du local. C'est là seulement qu'on peut changer les choses vraiment. - [Un seul monde, plusieurs systèmes](https://jeanzin.fr/2009/09/07/un-seul-monde-plusieurs-systemes/): Le capitalisme ne s'est pas effondré, la finance est repartie au quart de tour mais le chômage n'a pas fini de monter et le système restera en panne longtemps encore, tant que les pays les plus peuplés ne tireront pas une croissance mondiale qui ne peut plus reposer sur le crédit américain. En attendant, les effets en chaîne de la faillite du modèle de financiarisation néolibérale continueront à se faire sentir de façon implacable dans les années qui viennent. Une des leçons de la crise (en 1929 déjà), sous l'apparence d'une transmission instantanée à la Terre entière, c'est l'inertie considérable de l'économie mondiale (fonction de la taille), inertie renforcée cette fois par les mesures gouvernementales relativement appropriées ainsi que par les protections sociales qui ne font sans doute que retarder la destruction des emplois et la restructuration de la production sur un modèle plus soutenable. A court terme, une rechute rapide semble inévitable, au moins du dollar, provoquant une récession probablement pire que la précédente, sans signifier pour autant un effondrement total du système en tant que tel, habitué de ces épisodes dramatiques et dont il finit par sortir au bout d'un temps plus ou moins long, au prix de guerres souvent, de profondes restructurations toujours. En tout cas, malgré les signes contradictoires de reprise et de détresse sociale, ni le grand soir, ni le retour de la croissance ne sont pour demain, on pourrait en avoir pour 10 ans ou plus, c'est dans ce contexte qu'il faut penser notre présent et préparer la sortie de crise, même si des accélérations de l'histoire sont toujours possibles. Si le schéma de la crise est assez classique, on peut la caractériser comme la première véritable crise planétaire et, à coup sûr, la première de l'ère du numérique. Une nouvelle guerre mondiale n'a certes rien d'impossible dans cette ambiance de réarmement général et il faut souhaiter un peu plus de protectionnisme raisonné mais on ne retournera pas à des économies fermées ni à l'affrontement de systèmes car, s'il y a bien un acquis sur lequel on ne reviendra pas, selon toute vraisemblance, c'est sur la mondialisation des réseaux, des images et donc des marchandises. Si "un autre monde est possible" malgré tout, c'est dans ce contexte d'unification planétaire, au moins des communications, même si le processus est, certes, loin d'être achevé. S'il n'y a plus qu'un seul monde, cela voudrait-il dire qu'il n'y aurait plus qu'un seul système comme on peut le craindre légitimement devant la contamination de toutes les activités par la logique marchande et l'extension infinie des marchés ? Non, bien sûr, ce serait nier l'existence d'une économie familiale et d'une économie publique, au moins. Le néolibéralisme a bien tenté de nier cette pluralité au nom d'un totalitarisme du marché mais son échec et son inhumanité sont désormais patents. Il y a donc bien possibilité d'une pluralité de systèmes, simplement ils ne vont plus se différencier en blocs territoriaux, ni selon les pays comme on changeait de religion en changeant de prince, mais seront obligés de cohabiter sur le même territoire. Il s'agit de voir comment. - [Revue des sciences 09/09](https://jeanzin.fr/2009/09/01/revue-des-sciences-0909/): Bilan énergétique négatif de la relocalisation ? Un robot herbivore autonome Liberté et manipulations Alzheimer, Parkinson, maladies contagieuses ? La bombe climatique amorcée ? Le traitement de la pierre par le feu, il y a 75 000 ans La protéine de l'oubli Une machine à laver sans eau ou presque L'ADN du bricoleur La Chine divise par 2 le prix du solaire La voiture à air comprimé Le numérique pour réduire la consommation d'énergie Imprimante de livres numériques Interfaces futuristes Un robot qui apprend à sourire en se regardant - [La philosophie entre-soi](https://jeanzin.fr/2009/08/27/la-philosophie-entre-soi/): Frédéric Worms, La philosophie en France au XXè siècle, folio C'est un livre original et important que nous offre, directement en poche, Frédéric Worms, spécialiste de Bergson et de la philosophie du vivant. Autant le dire tout de suite, cette histoire n'est pas du tout mon histoire, ignorant tout un pan de la philosophie française contemporaine mais son découpage en moments philosophiques n'est pas sans intérêt même s'il est bien sûr contestable et partial, privilégiant ses propres thèmes. En révélant l'autonomie relative du champ philosophique et son caractère autoréférentiel (ou relationnel), il fournit de nouveaux éclairages sur quelques philosophes et donne cohérence à la trajectoire d'une French theory qui ne peut malgré tout être déconnectée qu'artificiellement de la philosophie allemande en particulier. Le plus fascinant pourtant, c'est de retrouver, malgré la volonté expresse d'y échapper, une histoire strictement hégélienne de la philosophie après Hegel, avec les thèmes qui se répondent et se déplacent d'une période à l'autre : l'histoire, le processus, la dialectique, le négatif, la mort, le concept, etc. Je ne vais pas faire un véritable compte-rendu du livre mais plutôt revenir sur ce qui m'a le plus frappé, non pas le tournant du siècle mais l'enjeu des philosophies du concept (Cavaillès, Canguilhem) et même la réévaluation de Camus comme philosophie de la mort (suicide et révolte logique). Sur Derrida, je serais plus interrogatif. Ces regards rétrospectifs qui embrassent notre passé sous un point de vue unilatéral ne se justifient qu'à se projeter dans le futur, analysé ici comme celui de la philosophie du care, de la vie et de l'écologie. - [La condamnation à mort](https://jeanzin.fr/2009/08/23/la-condamnation-a-mort/): C'est un fait, le pouvoir médical est exorbitant de pouvoir décider de la vie et de la mort. On est certes un peu ébahi de voir des Américains traiter Obama de nazi sous prétexte que des commissions devraient décider de rembourser ou non tel ou tel traitement. On ne voit pas bien en quoi la sélection par l'argent qui prévaut sinon serait en quoi que ce soit préférable mais la mauvaise foi des Républicains, véritables Talibans de l'intérieur, agit malgré tout comme révélatrice d'un problème amené à prendre de plus en plus d'importance dans une société médicalisée et vieillissante : non pas celui de l'Etat nazi mais bien de l'euthanasie ! celui du pouvoir de vie et de mort qui est devenu l'apanage des médecins et du système de soins constituant un des fondements principaux de nos sociétés, y compris de la misère des pays surpeuplés, sans être suffisamment interrogé jusqu'ici dans ses contradictions et ses impasses. - [La confusion des esprits](https://jeanzin.fr/2009/08/14/la-confusion-des-esprits/): Ce qui caractérise vraiment notre présent et qu'il faudrait retenir de ces moments de crise, c'est la confusion des esprits, à quel point des discours contradictoires s'affrontent sans qu'on puisse être certain de quel côté va pencher la balance. Pour les uns, la crise est déjà finie et c'est reparti pour un tour, pour d'autres c'est la fin de tout. Les économistes, qui n'en finissent pas de retourner leur veste, avouent y perdre leur latin quand ils ne font pas que répéter machinalement leurs certitudes dogmatiques comme pour s'en persuader eux-mêmes. On est bien loin de la pensée unique et du consensus habituel qui veut nous faire croire à la sagesse des experts dont les limites sont devenues patentes, cette sagesse se limitant la plupart du temps à répéter ce que les autres disent. Il est vrai que dans le train train ordinaire des affaires, c'est-à-dire quand il ne se passe rien, les choses sont assez facilement prévisibles. C'est une autre paire de manche quand il faut intégrer des contraintes qui pour être bien réelles, ne sont pas toutes économiques. Il y a tellement de niveaux d'analyses pertinents, bien que sur des temporalités différentes, entre rétablissement financier, retour de la croissance, tensions sur les matières premières, mouvements sociaux, phénomènes générationnels, évolutions techniques, équilibres géopolitiques, menaces climatiques... Dans cet égarement général et la confusion des langues, impossible de se comprendre. Dès lors, il paraît non seulement bien présomptueux de prétendre avoir raison au milieu de mille opinions contraires mais c'est devenu tout simplement inaudible dans ce brouhaha, toutes les idées étant démonétisées du fait de leur inflation. C'est justement de cela qu'il faut témoigner, des limites de notre rationalité, de l'absence de garant de la vérité qui permet à n'importe qui de dire n'importe quoi. Mieux, toutes les conneries possibles doivent être soutenues systématiquement, une à une. Tout ce qui peut être dit doit être dit ! Que tout cela serve de leçon au moins à ceux qui surestiment l'esprit humain et notre intelligence collective alors que nous sommes des animaux dogmatiques et qu'on ne connaît le réel qu'à se cogner dessus. Ce ne sont pas seulement les économistes au service de l'ordre établi qui sont confrontés à leur ignorance mais tout autant les pensées alternatives qui voudraient le renverser. Le préalable serait de faire le constat de notre rationalité limitée et d'une confusion des esprits à laquelle personne n'échappe. - [Petite interview sur l'intime](https://jeanzin.fr/2009/08/08/petite-interview-sur-l-intime/): Questions d'Yvan Brunet Bombe climatique, sursaut démocratique, solitude, précarité, écriture... - [Revue des sciences 08/09](https://jeanzin.fr/2009/08/01/revue-des-sciences-0809/): La cosmologie hétérogène Qu'est-ce qui nous rend humains ? L'invisibilité en vue Faire face à la crise de l'eau Le cannabis protège-t-il de l'héroïne? Un nouvel argument pour la théorie holographique Les nuages ne réduisent pas le réchauffement Un médicament anti-rejet prolonge la vie des souris Remise en cause des tests génétiques sanguins Le café réduirait le risque de maladie d'Alzheimer La fusion bientôt accessible ? Photovoltaïque, solaire thermique, carburant solaire - [W ou la malédiction de la reprise (de l'inflation)](https://jeanzin.fr/2009/07/21/w/): C'est entendu, malgré les analogies, la crise actuelle ne présente pas le caractère catastrophique de celle de 1929, principalement à cause de nombreux amortisseurs sociaux et politiques sans compter l'ébauche d'un gouvernement mondial qui renforce considérablement le système, redoublant la fonction de garant en dernier ressort des Etats. On est loin, pour l'instant du moins, d'un effondrement du système, encore plus de la fin du capitalisme tant espérée ! Ce n'est pas pour autant qu'on serait sorti d'affaire et qu'il n'y aura pas des bouleversements plus ou moins dramatiques, la véritable crise, qui est celle du dollar, n'ayant pas encore eu lieu. Le premier choc a été contenu mais ce n'est que le premier et il faut s'attendre à une courbe en W plus qu'à une reprise en U comme on voudrait s'en persuader avec quelque précipitation. Les réactions optimistes et le sentiment de soulagement général sont même une preuve éclatante qu'il ne pourra y avoir les nécessaires réajustement sans y être contraint, par des situations catastrophiques justement ! La question est celle du réel des déséquilibres et de leur inévitable correction (The harder they come, the harder they fall). - [Textes à relier (2006-2009)](https://jeanzin.fr/2009/07/20/textes-a-relier/): Il n'y a pas que les textes sur l'alternative écologiste qui pourraient faire l'objet d'une édition papier si le public ne risquait d'en être encore plus restreint! Il est de toutes façons utile de regrouper les textes selon leurs thématiques en faisant une sélection des années 2006-2009 complétant le précédent Choix de textes (1981-2005), ce qui ne veut pas dire que ceux qui n'y figurent pas n'ont aucun intérêt mais souvent plus circonstanciels ou isolés. Les différents cahiers de textes rassemblés ici portent sur Hegel et la dialectique, les limites de notre rationalité politique (critique de la critique), l'avenir numérique ainsi que les sciences... - [L'alternative écologiste](https://jeanzin.fr/2009/07/18/alternative-ecologiste/): Tome II Il m'a semblé utile de regrouper les textes écrits après la parution de mon premier livre L'écologie-politique à l'ère de l'information (éditions è®e, 2006) et qui en prolongeaient les principaux thèmes (Ne pas se tromper d'écologie et L'alternative au productivisme). André Gorz s'étant suicidé depuis, il était naturel de lui rendre hommage car je ne fais que prendre sa suite sur de nombreux points même si je ne peux être considéré comme son disciple. Alors que les critiques du premier livre visaient surtout une écologie de droite ou gestionnaire, cette fois-ci les critiques de l'écologisme visent plutôt ses versions utopiques, morales et sectaires. L'alternative défendue n'a pas changé (revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales), sa cohérence s'affirme simplement un peu plus ainsi que son urgence pour sortir de la crise. - [Relocalisation, mode d'emploi](https://jeanzin.fr/2009/07/14/relocalisation-mode-d-emploi/): La relocalisation économique et politique se trouve au coeur de l'écologie-politique et ceci, non pas tant pour économiser de l'énergie, comme le croient ceux qui réduisent la question écologique à celle de l'énergie, mais bien pour équilibrer la globalisation marchande et préserver notre milieu, notre qualité de vie, nos échanges humains, pour réhabiter notre territoire enfin, en traduisant une pensée globale en agir local. La relocalisation n'a pas les inconvénients d'un protectionnisme national ou européen qui pour être en partie nécessaire ne peut aller trop loin désormais au risque d'attiser les conflits. On peut donc s'étonner qu'on ne parle pas plus de relocalisation alors qu'elle constitue une composante essentielle de la sortie de crise et devrait être centrale au moins dans les programmes écologistes. On aimerait effectivement que les partis écologistes proposent les voies d'une véritable alternative et ne se contentent pas de vouloir accumuler des contraintes et des mesures isolées sensées réduire un productivisme qu'on sait pourtant consubstantiel au capitalisme, ne pouvant absolument pas se passer de croissance ! - [L'historicité de l'être social (aliénation et liberté)](https://jeanzin.fr/2009/07/05/lukacs/): Georges Lukács, Prolégomènes à l'ontologie de l'être social "La genèse de l'être social est avant tout une transformation de l'homme". p337 C'est le dernier livre de Georg Lukács (1885-1971), l'auteur du fameux "Histoire et conscience de classe" (1923) qui avait tant inspiré l'école de Francfort mais surtout Lucien Goldmann et Guy Debord dans la critique du fétichisme de la marchandise et du spectateur passif. Il est donc assez incompréhensible que ce livre posthume vienne seulement d'être traduit en français ! Certes, il n'est pas sans faiblesses mais à défaut d'être un grand livre, il n'en demeure pas moins absolument indispensable, et à plus d'un titre dans le contexte actuel. Pas pour les fausses raisons qu'on en donne en dos de couverture. Pas seulement non plus pour prolonger et corriger les analyses d'"Histoire et conscience de classe", ni juste pour réfuter les post-situationnistes qui sont restés scotchés à une période historique révolue, mais plutôt pour son insistance sur notre historicité et la part active que nous prenons à la détermination de notre avenir même s'il n'est jamais conforme à nos rêves et qu'on ne fait que troquer une ancienne aliénation contre une nouvelle, sans fin de l'histoire pensable. Au soir de sa vie, c'est l'irréversibilité du temps qu'il essaie de penser, en même temps que l'expérience de tous nos échecs sans renoncer à vouloir faire l'histoire, une histoire qui nous dépasse mais qui n'est pas écrite à l'avance et dont nous faisons partie, où nous avons un rôle à jouer même à notre insu. Au-delà de l'historicité de l'existence et de la dialectique entre sujet et objet comme entre infrastructure et superstructure, ce livre est précieux de rappeler cette évidence, contre une vision trop "socialiste" ou unanimiste de la "volonté générale", que, si les sociétés humaines ne sont pas des corps biologiques intégrant leurs finalités et régulations, ni des troupeaux d'animaux grégaires, et si elles doivent se constituer politiquement (explicitement), elles sont nécessairement divisés et plurielles car faites d'êtres parlants et de travailleurs ayant leurs propres finalités qui se diversifient et ne se totalisent pas, sinon après-coup, même si ces finalités ont pourtant bien une origine sociale. - [Revue des sciences 07/09](https://jeanzin.fr/2009/07/01/revue-des-sciences-0709/): De la mémoire au savoir Le cerveau probabiliste Combiner fusion et fission Des téléphones qui se rechargent avec les ondes Opéra “réinvente le web” en se transformant en serveur Les chambres secrètes sous la pyramide de Gizeh - [Mélatonine et vieillissement](https://jeanzin.fr/2009/06/21/melatonine-et-vieillissement/): Une étude sur la musaraigne vient confirmer le potentiel controversé de la mélatonine pour retarder le vieillissement et les maladies dégénératives, s'ajoutant à une liste déjà impressionnante de propriétés thérapeutiques (antioxydant, régulation du sommeil, dépression, diabète type 2, cancer...). S'il ne faut jamais croire au miracle dans le domaine de la santé et qu'il vaut toujours mieux un suivi médical, le peu d'effets indésirables de cette hormone justifie qu'elle soit en vente libre dans la plupart des pays... sauf en France où elle est carrément interdite (!), du moins sous sa forme naturelle. Cet excès de précaution n'est pas seulement contre-productif, il est plus que louche, protégeant à l'évidence les intérêts des firmes pharmaceutiques plus que la santé publique. - [Le travail du temps (à l'ère du numérique)](https://jeanzin.fr/2009/06/06/le-travail-du-temps/): Au lieu de supprimer la rareté, une surabondance d'informations ou de biens ne fait que mettre en évidence à quel point c'est le temps qui nous manque toujours, constituant notre bien le plus précieux et le plus rare. Le temps, c'est la vie, c'est l'existence même, la durée qui nous est impartie dans ses limites matérielles. Nous ne sommes pas pour autant spectateurs passifs de ce passage du temps. Privés certes d'éternité, en tant que simples mortels, nous nous projetons activement malgré tout dans le futur d'une vie qui ne s'épuise pas du tout dans l'instant de la présence mais imprime sa marque dans les mémoires. Le temps, c'est d'abord le temps du désir, finalité qui s'introduit dans la chaîne des causes et configure un monde où le temps vient à manquer par construction, dans l'écart entre le subjectif et son objectif, entre la triste réalité et son idéalisation. Il n'y a donc rien de plus normal que de faire du temps de travail la mesure de la valeur et l'on comprend fort bien que le moteur du capitalisme soit le gain de productivité, c'est-à-dire la réduction du temps de travail par unité produite. Seulement, il y a un hic à l'ère du numérique ! C'est que le travail immatériel n'étant pas linéaire, au contraire du travail de force ou du temps machine, il ne peut plus se mesurer par le temps dès lors que sa productivité n'est plus proportionnelle au temps passé. Ce n'est pas accessoire et entre en opposition frontale avec le salariat comme temps de subordination au profit du travail autonome et de contrats de projet. On devrait bien assister à une totale reconfiguration des rapports de production, des modes de distribution et des protections sociales. Ce n'est pas pour autant l'abolition du temps, évidemment, surtout pas qu'il nous manquerait moins, bien au contraire. Ce n'est même pas la disparition de la valeur-travail qui garde une bonne part de sa pertinence. C'est seulement, mais ce n'est pas rien, que le temps ne suffit plus à mesurer la production immatérielle, ce dont il faut essayer d'évaluer toutes les conséquences. - [Revue des sciences 06/09](https://jeanzin.fr/2009/06/01/revue-des-sciences-0609/): Les singularités nues Influences subliminales Bientôt des pico-projecteurs laser Le retour de la supergravité L'énergie noire constante ou pas ? Le soleil au plus bas La synthèse de l'ARN aux origines de la vie Le chaînon manquant : notre ancêtre lémurien Le calcul mental comme déplacement spatial Des RFiD comme neurostimulateurs Concentrateurs photovoltaïques Recycler le CO2 en méthanol L'ordinateur en ligne Ecrire par la pensée - [Changing the system of production](https://jeanzin.fr/2009/05/19/changing-the-system-of-production/): The economic and financial crisis, serious as it may be, will not provoke the end of capitalism which has weathered worse. But if an exit from capitalism has begun, it is for other reasons, which are more profound and more durable, and which are linked to our entry into the digital era and immaterial labor. It is these new productive forces which question the very basis of industrial capitalism, such as payment for wage labor or exchange value. It is for material reasons, connected to the reproduction of productive forces, that the production system is forced to change radically, just as ... Lire la suite - [Changer de système de production](https://jeanzin.fr/2009/05/19/changer-de-systeme-de-production/): Ce n'est pas la crise économique et financière, aussi grave soit-elle, qui pourra provoquer la fin du capitalisme qui en a connu bien d'autres. Mais si la sortie du capitalisme a déjà commencé, c'est pour de toutes autres raisons, plus profondes et plus durables, liées à notre entrée dans l'ère du numérique et du travail immatériel. Ce sont ces nouvelles forces productives qui remettent en cause les bases même du capitalisme industriel : aussi bien la rémunération du travail salarié que la valeur d'échange ou la gratuité numérique. C'est pour des raisons matérielles, liées à la reproduction des forces productives, que le système de production est contraint de changer radicalement, de même que c'est pour des raisons liées à la reproduction matérielle que ce système devra intégrer les limitations écologiques, notamment en favorisant la relocalisation de l'économie. Si la sortie de la société salariale a déjà commencé, c'est pour l'instant surtout à notre détriment par destruction des protections sociales et l'explosion de la précarité. Il faudra comme toujours des luttes sociales pour conquérir de nouveaux droits et pouvoir réorienter ce nouveau système vers notre émancipation et une économie plus soutenable. Rien ne se fera tout seul. C'est en tout cas dans ce cadre matériel que notre action peut être décisive, loin de toute utopie ou subjectivisme des valeurs. Les "nouvelles technologies" ont ici une place centrale, comparable à la machine à vapeur. Il n'y a pas que le matérialisme de la reproduction et des techniques qu'il faut prendre en compte cependant, mais tout autant les flux constituant la production en système justement : il faut absolument que ça marche ! Pour sortir du productivisme capitaliste et de son modèle industriel, il ne suffira pas d'initiatives isolées ni de mesures partielles, il faut que les nouveaux rapports de productions et des nouveaux dispositifs fassent système (production, distribution, circulation), en assurant leur reproduction. - [La bulle spéculative](https://jeanzin.fr/2009/05/11/la-bulle-speculative/): On ne parlera pas ici de la bulle financière mais bien de la formation d'une bulle spéculative dans l'idéologie, d'un idéalisme arrogant qui s'affiche d'un bout à l'autre du spectre politique, véritable symptôme de l'époque. On peut dire en effet que ce ne sont pas seulement les bourses qui ont été contaminées par la fièvre spéculative, mais bien toute la pensée, l'idéalisme s'exaspérant dans la dernière période à la mesure de notre impuissance, au point de toucher jusqu'aux derniers représentants du marxisme. - [La crise n'a pas (encore) eu lieu](https://jeanzin.fr/2009/05/08/la-crise-n-a-pas-encore-eu-lieu/): Le système financier ne s'est pas écroulé, les bourses remontent, la spéculation reprend, la révolution n'a pas eu lieu. On commence à parler, timidement, de sortie de crise. Les financiers couverts d'opprobres relèvent la tête : ce n'était pas si grave, le système est increvable, on peut décidément tout se permettre... Ce n'est pas un mauvais moment pour faire le point sur les causes de la crise et ses suites probables, car on n'a rien vu encore ! La lenteur des conséquences économiques et sociales peut surprendre mais ne devrait pas tant nous étonner car la crise de 1929 aussi avait été assez longue à l'allumage avec de nombreux rebonds faisant faussement espérer une reprise qui n'arrivait jamais. Un peu comme pour le climat, plus on a affaire à des cycles longs, plus l'inertie est grande même s'il y a des moments d'accélération brutale. Il faut souligner à quel point les crises illustrent comme nous sommes dépendants d'une situation qui nous échappe en grande partie, la seule liberté qui nous est laissée étant de faire ce qu'il faut faire et ne pas se tromper sur la difficile interprétation des faits pour ne pas empirer encore les choses ! On est loin de pouvoir maîtriser les effets collectifs de nos actions qui s'imposent à nous comme des phénomènes naturels extérieurs (il nous faut attendre que la mer monte pour quitter le port). Les crises illustrent aussi comme nous sommes dépendants des moindres signes, le nez collé à la vitre. D'où l'importance de prendre un peu de recul afin d'essayer de comprendre les véritables causes de la crise et comment elle pourra se résoudre. Pour cela il ne suffit pas de faire appel à des déductions théoriques (libérales ou marxistes) mais il faut prendre sur l'économie comme sur l'idéologie un point de vue historique et même cyclique. Il y a cependant une très grande résistance à la notion de cycle sans laquelle pourtant on ne comprend rien à ce qui se passe, à notre actualité dans sa répétition du passé. - [Revue des sciences 05/09](https://jeanzin.fr/2009/05/01/revue-des-sciences-0509/): Produire des cellules embryonnaires dépourvus de virus Les virus sont nos meilleurs ennemis L'Atlantide retrouvée ? L'univers serait bien un hologramme Modifier la loi de la gravitation ? La photosynthèse dès 3,5 milliards d'années Une peinture qui perce les bactéries Les dangers des bouteilles en plastique Le cannabis contre le cancer OGM, l'heure du bilan Une centrale solaire spatiale en 2016 Un programme pour lire sur les lèvres - [Gilgamesh ou l'écriture du deuil](https://jeanzin.fr/2009/04/30/gilgamesh/): Comment les plus vieux écrits de l'histoire pourraient-ils nous apprendre encore quelque chose à notre époque hypermoderne ? C'est pourtant le paradoxe qu'une vérité gravée dans le marbre ne soit pas pour autant acquise pour toujours : il faut encore qu'elle soit lue, et relue, afin de pouvoir nous apporter ses lumières et dissiper les illusions du sens commun. C'est pourquoi l'oubli des "humanités" est toujours un oubli de l'histoire, un retour à l'obscurantisme, à l'imitation, si ce n'est à la barbarie. On écrit toujours contre l'oubli, contre l'apparence et l'immédiat. Ce qui s'écrit, c'est la contra-diction elle-même mais c'est aussi le passage du temps. Paradoxalement, ce qu'on fixe par l'écriture, c'est le changement lui-même et notamment l'impensable transformation de soi qui nous fait passer du rire aux larmes et de l'ombre à la lumière, subversion d'une identité figée dans ses rigidités et ses certitudes. L'écriture qui rend compte du mouvement des astres doit rappeler à celui qui est trop joyeux qu'il fut si malheureux autrefois, comme à celui qui est trop triste, les bons moment qu'il connaîtra encore. Cette transformation du héros de l'histoire est la trame de tout récit comme roman des origines qui prend les formes fantasmatiques de la toute-puissance ou du prince charmant, autant dire le rêve des golden boys, dans leur absence totale d'originalité depuis la nuit des temps. C'est pourtant la vanité de ce rêve que nous raconte déjà l'un des premiers mythes de l'histoire, l'épopée de Gilgamesh, qui montre comme le pouvoir et les biens de ce monde sont illusoires face à la mort, surtout celle d'un ami. Le trajet de Gilgamesh est assez semblable à celui de ces traders fous qui se retrouvent soudain au monastère, à ces compétiteurs effrénés qui changent de vie après avoir frôlé la mort dans un accident. On peut lire dans la renonciation à l'absolu, à l'immortalité, au surhomme, la conscience de soi de notre humanité qui prend forme, mais l'essentiel, loin de toute pensée positive et d'une "joie de vivre" naturelle autant que du culte de la performance, c'est bien cette confrontation à la mort, au négatif, à nos limites car ce n'est rien d'autre que notre fragilité et notre détresse éprouvées qui nous rendent plus humains et fraternels. - [Une Europe à refaire](https://jeanzin.fr/2009/04/18/une-europe-a-refaire/): L'Europe est en bien mauvaise posture. Loin d'être épargnée par une crise venue des Etats-Unis elle s'en trouve paradoxalement bien plus ébranlée, dans ses fondements même, jusqu'à pouvoir la menacer d'éclatement à brève échéance. Puisque l'Europe a fait la preuve de son impuissance, et même de son inexistence, pas étonnant que les élections européennes ne passionnent guère les foules, ni les médias qui l'évoquent à peine. Bien sûr, il y a de bonnes raisons de penser que la seule solution à la crise, serait la relocalisation d'un côté mais aussi une Europe protectrice de l'autre, qui pourrait même y gagner un leadership mondial que justifierait son rang économique. Seulement il faudrait pour cela une toute autre Europe, une Europe des peuples forgée dans des mouvements sociaux européens et reconstruite sur de toutes autres bases. Les raisons d'y croire sont bien minces mais tout ce qu'on peut souhaiter à cette assemblée de notables et de technocrates coupés de la population, c'est que leur mandat se termine vite et que les bouleversements qui s'annoncent débouchent sur une véritable constituante mettant un terme à cette Europe de supermarché. Ce n'est pas du tout le plus probable pour l'instant mais si la crise est aussi profonde qu'elle s'annonce, il ne faut pas sous-estimer la combattivité des peuples et les redistributions des cartes qui devraient s'opérer. Cela pourrait être en tout cas l'occasion d'une véritable naissance de l'Europe politique, tout autant que de sa désagrégation... - [Du communisme à l'écologie](https://jeanzin.fr/2009/04/17/du-communisme-a-l-ecologie/): Dans ces temps de bouleversement où c'est la réalité qui redevient révolutionnaire, on assiste partout au retour du commun, depuis si longtemps totalement discrédité pourtant par l'idéologie néolibérale. La glorification de l'individu avait atteint de tels sommets qu'on ne peut que se réjouir de l'éclatement de cette bulle narcissique et du retour, vital, à la réalité de nos interdépendances et solidarités collectives. On peut craindre cependant que selon une stricte logique dialectique, on s'emporte à réduire un peu trop du coup la part de l'individu au nom d'une communauté retrouvée. Pourtant de simples considérations matérielles devraient mener à l'abandon des anciennes idéologies au profit d'une écologie-politique constituant une réponse bien plus adaptée à notre époque en se confrontant aux défis planétaires tout en restant attentive aux diversités locales, effectuant ainsi une synthèse de l'individu et du collectif plus équilibrée, moins centralisée, moins idéologique, plus objective enfin. - [La révolution numérique est-elle soutenable?](https://jeanzin.fr/2009/04/11/la-revolution-numerique-est-elle-soutenable/): La crise sociale, économique et financière qui commence à peine s'explique parfaitement par les cycles de Kondratieff, retour de la révolution bien nécessaire mais qui n'est finalement qu'un phénomène cyclique générationnel se reproduisant tous les 60 ans à peu près et qui dessine l'issue de la crise par la reprise de l'inflation et la réduction des inégalités comme pendant les 30 glorieuses. Schumpeter ajoute que chaque nouveau cycle se caractérise par des innovations techniques et une nouvelle génération d'entrepreneurs qui enclenchent une croissance longue après la phase dépressive de "destructions créatrices". Il se produit justement, en ce moment même, une précipitation de l'histoire et un saut technologique dont la portée pourrait dépasser de beaucoup le prochain cycle, puisque c'est une véritable unification technique de l'humanité comme l'agriculture a pu l'être auparavant, mais à un rythme sans commune mesure cette fois. C'est en effet incroyable mais il y a déjà 60% de l'humanité qui utilise un téléphone portable, avec une accélération ces derniers mois en particulier dans des pays pauvres (mais jeunes) dépourvus d'infrastructures, ceci alors même qu'on assiste à une convergence entre ordinateurs et téléphones. C'est un événement considérable, véritable basculement anthropologique vers un homo numericus devenu une part de notre humanité, au coeur de notre avenir malgré qu'on en ait, et dont il faut prendre la mesure de l'impact écologique, - [Artificial life is not life!](https://jeanzin.fr/2009/04/06/artificial-life-is-not-life/): In artificial biology, a distinction must be made between 1) genetically modified organisms, which are indeed living organisms, even if they are enslaved, 2) synthetic biology, which is limited to synthetically reconstructing a given genome, which has succeeded in effectively recreating a living bacterium (perhaps a mammoth one day), 3) finally, the project of artificial life, i.e., the creation of a living cell from scratch using a minimal genome, or even bases other than DNA or RNA (such as APN). We are nowhere near this yet, but what is interesting is that it raises the question of the creation of a ... Lire la suite - [La vie artificielle n'est pas la vie !](https://jeanzin.fr/2009/04/06/la-vie-artificielle-n-est-pas-la-vie/): Dans la biologie artificielle, il faut distinguer 1) les organismes génétiquement modifiés qui sont bien des organismes vivants, même asservis, 2) la biologie synthétique qui se borne à reconstruire synthétiquement un génome donné, ce qui réussit à recréer effectivement une bactérie bien vivante (un mammouth peut-être un jour), 3) enfin, le projet d'une vie artificielle, c'est-à-dire la création de toutes pièces d'une cellule vivante à partir d'un génome minimal, voire d'autres bases que l'ADN ou l'ARN (comme l'APN). On n'y est pas du tout mais l'intéressant, c'est que cela pose par avance la question de la création d'une nouvelle forme de vie car on peut être à peu près sûr que cette vie artificielle n'aura rien à voir avec la vraie vie. En effet, la vie c'est l'évolution alors qu'une vie artificielle se doit de ne pas évoluer, ou à la marge, afin de pouvoir répondre à nos impératifs techniques. Plutôt que des organismes vivants, ce ne sont que des machines biologiques, éventuellement programmables, qu'on devrait arriver à produire ainsi. Rien de vraiment vivant donc car la vie ne se réduit ni à la reproduction, ni au métabolisme alors qu'elle est plasticité, processus de transformation par interaction avec son milieu. Une vie sans évolution, c'est comme une intelligence incapable d'apprentissage, un contresens. Il n'y a pas de vie coupée de ses origines, sans une histoire qu'elle continue (héritage génétique) ni sans un monde qu'elle habite et qui la constitue (diachronie et synchronie). - [El porvenir radiante](https://jeanzin.fr/2009/04/05/el-porvenir-radiante/): Traducción del artículo L'avenir radieux : Eduardo Baird. He traducido este bello y estimulante artículo de Jean Zin, a quien ya conocemos, que declara el Año 01 de una nueva era, Y nos habla con alegría de nuestra necesidad de autonomía y solidaridad. Llega a su fin el régimen depredador y corrupto, muere el mundo de la expoliación y el lucro. Ayudémosle a morir! Después de tanta infamia y de tanta crueldad, de tanta explotación, exclusión y hambre, nace el mundo fraterno y solidario, el mundo de los productores libres y asociados. Ayudémosle. a nacer! Eduardo Baird. - [Revue des sciences 04/09](https://jeanzin.fr/2009/04/01/revue-des-sciences-0409/): L'APN pour remplacer l'ADN ? Le labour obsolète Un quark isolé ! La fusion froide, le retour (bis) ? De l'eau liquide sur Mars ! Les organismes de l'espace Un chimpanzé capable (coupable?) de préméditation La part génétique du cerveau Le viagra responsable d'une épidémie de Sida chez les vieux C'est le sucre qui fait vieillir Trop de viande rouge tue ! Une explication génétique de la schizophrénie Observer les protéines en action Une batterie rechargée en quelques secondes Plus de 60 % des Terriens possèdent désormais un portable Cacher son IP à Hadopi - [La revanche de l'esclave (Kojève)](https://jeanzin.fr/2009/03/24/la-revanche-de-l-esclave-kojeve/): Lutte pour la reconnaissance et dialectique du Maître et de l'esclave Pour inaugurer la nouvelle version du blog, il m'a semblé utile de mettre à la portée de tous cette introduction à la fameuse "introduction à la lecture de Hegel" d'Alexandre Kojève analysant le désir humain comme désir de désir, texte qui a été essentiel pour la philosophie française et la réception de Hegel, ayant influencé Bataille, Lacan, Sartre, etc. On peut contester son interprétation de Hegel à la lumière de l'être pour la mort heideggerrien et du travail marxien mais il a le mérite de le rendre lumineux, ce qui n'est pas rien ! Il ne s'agit pas de prendre au mot cette dialectique du maître et de l'esclave qui reste au niveau du B.A.BA mais de donner à penser la structure du désir (il s'agit de philosophie pas d'idéologie). Ainsi, une interprétation individualiste serait bien peu hégélienne d'une lutte à mort des riches contre les pauvres. On naît du côté des dominants, plus souvent qu'on ne le devient soi-même. Reste la structure du désir et d'une conscience-de-soi qui renie sa part animale pour être reconnue par les autres consciences-de-soi dans son autonomie mais se heurte plutôt à toutes ses dépendances, n'ayant d'autre issue que la transformation révolutionnaire du monde (son humanisation) et la reconnaissance mutuelle dans toutes nos imperfections, c'est-à-dire en abandonnant la prétention à la maîtrise (l'homme total) ainsi que la conception aristocratique de la liberté, miroir inversé de l'asservissement... - [Misérables métamorphoses](https://jeanzin.fr/2009/03/21/miserables-metamorphoses/): Ontologie de l'accident, Catherine Malabou, Essai sur la plasticité destructrice Le mythe de la métamorphose est consubstantiel à l'être parlant, au monde des mots. Pour les chamans, le devenir animal était certes une véritable transformation personnelle, bien qu'éphémère, alors que l'initiation constituait un rite social, rite de passage entre l'adolescence et l'âge adulte par la confrontation avec la drogue, la séparation et la mort (la peur et la souffrance). Depuis l'Empire romain, dépouillant le citoyen de tout pouvoir politique, c'est tout autre chose, on a commencé à se replier sur soi en rêvant d'une transformation purement individuelle (cultiver son jardin), thème repris par les mystiques néoplatoniciens et par la conversion chrétienne, parant la métamorphose attendue de toutes les vertus, sauvés un par un de tous nos péchés et du poids du monde ! Je vends la vie parfaite, la vie sainte et vénérable. Qui veut être au-dessus de l'homme ? Qui veut connaître l'harmonie de l'univers et revivre après sa mort ? (Lucien de Samosate, Philosophes aux enchères). Ces promesses ultimes ont été reprises un peu trop légèrement par les théories de l'aliénation nous faisant miroiter l'idéal d'un homme complet et d'une existence authentique enfin, dépouillée du vieil homme et de nos anciennes dépendances, comme si la vieillesse et la dépendance n'étaient pas notre avenir et qu'on pouvait vivre impunément, sans blessures ni remords. - [L'auto-entrepreneur et la fin du salariat](https://jeanzin.fr/2009/03/08/l-auto-entrepreneur-et-la-fin-du-salariat/): Le nouveau statut d'auto-entrepreneur est une véritable révolution en ce qu'il supprime toute "barrière d'entrée" pour le travail autonome, contrairement aux professions libérales exigeant des revenus conséquents pour payer charges sociales et impôts, avec un décalage d'un an souvent, ce qui rendait dramatique l'arrêt de l'expérience réservée aux classes moyennes supérieures. Paradoxalement les charges sociales sensées protéger les travailleurs empêchaient donc de travailler les plus modestes : ne pouvant se mettre à leur compte ils étaient condamnés au travail au noir ou au chômage s'ils ne trouvaient pas d'emploi salarié. La suppression de cette barrière d'entrée va amener une concurrence nouvelle pour les professions libérales qu'elle protégeait, réduisant leurs revenus en participant à la déqualification générale. On s'étonne qu'il n'y ait pas eu de réaction de ce côté pour concurrence déloyale. Mais, c'est que les effets ne sont pas encore visibles, puisque l'expérience commence à peine... Ce n'est pourtant pas de ce côté que la montée en puissance des auto-entrepreneurs sera le plus dévastateur puisqu'il pourrait sonner la fin du salariat, rien de moins, dans une précarité généralisée sans aucune protection sociale pour l'instant. Il ne semble pas qu'il y ait une limite au nombre d'auto-entrepreneurs qu'une entreprise peut employer et les cotisations sociales étant plus que divisée par 2 (23%), on ne voit pas pourquoi l'employeur ne préférerait pas des auto-entrepreneurs qui coûtent moins cher et qui n'obligent à rien, ne bénéficiant d'aucuns droits sociaux. - [L'avenir radieux](https://jeanzin.fr/2009/03/05/l-avenir-radieux/): Beaucoup en conviendront, c'est une très bonne nouvelle que l'ancien monde s'écroule. Il n'y a pas à se lamenter sur son sort mais à s'impatienter plutôt d'un effondrement d'une insupportable lenteur. Même si on doit en passer par des moments difficiles, ce qu'on nous présente comme de très mauvaises nouvelles, sont pour nous un retour plus que salutaire à la réalité, à la prise de conscience collective. Au moment du plus grand danger et malgré toutes les menaces qui s'amoncellent, on peut retrouver paradoxalement un optimisme perdu depuis bien longtemps, la Guadeloupe n'étant que la première de nos victoires dans la reconquête de tous nos droits et la réappropriation de la démocratie par ses citoyens. Il ne faut plus en douter, c'est un avenir radieux qui s'ouvre devant nous, nous sommes dans l'An 01 d'une ère nouvelle avec tout à construire, tout à inventer, ce qui ne veut pas dire faire n'importe quoi et donner libre cours à tous les fantasmes mais, tout au contraire, pour répondre aux défis qui nous sont lancés, il nous faudra tenir compte de toutes les contraintes écologiques, économiques, techniques, sociales ainsi que de tous nos défauts, individuels et collectifs, de notre nature double et fragile, de notre besoin d'autonomie comme de solidarité. Après avoir tenté de donner un programme minimal susceptible d'unir les revendications sociales, il est temps d'esquisser dès maintenant ce que pourrait être l'étape suivante, pas si éloignée, un programme maximum si l'on veut, afin d'en éprouver les limites et sortir des visions religieuses, idéologiques ou émotionnelles de la politique au profit d'un projet concret, d'une nouvelle organisation économique et sociale au service de l'épanouissement humain. - [Revue des sciences 03/09](https://jeanzin.fr/2009/03/01/revue-des-sciences-03-09/): ADN :lecture à double sens Une ombrelle pour la planète Terre Parkinson, maladie auto-immune Axions et caméléons Le graphane, du graphène avec de l'hydrogène Grippe, vers un traitement universel ? Effets cancérigènes de l'alcool, de la viande et des béta-carotènes Confirmation de l'effet anticancérigène de la vitamine C L'hybride à air comprimé, la solution ? RFiD 2.0 Les nouveaux objets réactifs Technologies émergentes - [Une monnaie locale pour la Guadeloupe !](https://jeanzin.fr/2009/02/24/une-monnaie-locale-pour-la-guadeloupe/): La gwadloup cé tan nou, la gwadloup cé pa ta yo Les Guadeloupéens nous montrent la voie d'un retour des mouvements sociaux et de la lutte des classes mais surtout d'une réappropriation par les citoyens de leur propre pays et d'un retour aux fondements de la démocratie. Leurs revendications apparaissent à l'évidence légitimes, faisant apparaître la nécessité d'un gouvernement démocratique local, sans quitter pour autant la communauté nationale. Voilà de quoi ranimer l'aspiration révolutionnaire au modèle fédératif conciliant localisme et solidarité nationale. Il y a un élément qui ne fait pas partie du programme pour l'instant et qui pourtant semble pouvoir résoudre pas mal de problèmes dans le contexte actuel : la création d'une monnaie guadeloupéenne. Il ne s'agit pas de créer une devise nationale concurrente à l'Euro mais une monnaie locale, monnaie complémentaire et non convertible, monnaie de consommation dite aussi monnaie fondante (car elle perd de la valeur avec le temps contrairement à l'épargne). C'est le meilleur instrument, surtout dans une île, pour favoriser les échanges locaux, les circuits courts et réduire la dépendance des produits importés. Il est sans doute déjà un peu tard pour s'en préoccuper car les désordres monétaires nous menacent à courte échéance maintenant (qu'ils viennent des pays de l'Est ou de l'effondrement du dollar) mais dans ce contexte, il n'y a pas que les îles qui pourraient tirer profit de monnaies locales. Il faut savoir du moins que ça existe, que c'est possible, que les instruments en sont prêts et qu'une monnaie comme le SOL peut être expérimentée rapidement avec cartes à puce, lecteurs de carte et programmes associés ! - [André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle](https://jeanzin.fr/2009/02/19/andre-gorz-un-penseur-pour-le-xxi-siecle/): André Gorz bénéficie d'une gloire posthume étonnante par rapport à son audience relativement confidentielle jusqu'ici. C'est à l'évidence dû en grande partie à son dernier livre Ecologica, recueil de textes sur l'écologie politique qu'il a rassemblés juste avant son suicide le 22 septembre 2007. En particulier son tout dernier texte, publié dans EcoRev' et repris dans Ecologica, "La sortie du capitalisme a déjà commencé" parait largement prémonitoire puisqu'il annonce l'effondrement du capitalisme financier. D'autres pourraient se prévaloir d'avoir vu venir la crise avec plus de précisions sur les mécanismes de son déclenchement, mais aucun ne propose comme lui les voies d'une sortie du capitalisme, alternative dessinée en 1997 dans "Misères du présent, richesse du possible" et qui fait sa valeur irremplaçable dans le contexte actuel. Le livre qui vient de sortir aux éditions La Découverte, André Gorz, un penseur pour le XXI° siècle, regroupe des contributions très disparates d'anciens interlocuteurs d'André Gorz, rassemblées par Christophe Fourel (Patrick Viveret, Jean Zin, Carlo Vercellone, Denis Clerc et Dominique Méda, Marie-Louise Duboin, Jean-Baptiste de Foucauld, Philippe Van Parijs), témoignant de la diversité de ses influences et même des lectures contradictoires qu'on peut faire de son oeuvre. - [Changer la vie, sans rire !](https://jeanzin.fr/2009/02/15/changer-la-vie/): Changer la vie, sans rire! Qu'ont-ils fait de nous ces pantins cravatés et sans fiel ? Je réclame le droit de réponse et décrète, au nom de tous les offensés, la révolution poétarienne (REVOCU, 1987). Depuis l'effondrement du capitalisme financier et le retour des grandes mobilisations sociales, après ces longues années d'hiver, on se précipite de tous côtés à reparler de "changer la vie". Certes, il y a du pain sur la planche et l'on sera bien obligés de changer, ne serait-ce que pour des raisons écologiques, mais, pour atteindre nos objectifs, il vaudrait mieux ne pas se tromper de cible et promettre plus qu'on ne pourra tenir. Ce serait un véritable changement de résister à la tentation de trop belles utopies et un progrès décisif pour la crédibilité de l'alternative car promettre de changer la vie, cela n'a rien d'original, il semble qu'on n'ait fait que cela depuis des temps immémoriaux. Il n'y a pas que le Parti Socialiste mitterandien pour avoir osé en faire une promesse électorale, tous les poètes communistes se sont attachés à nous vanter des lendemains qui chantent où tous les coeurs s'étreignent dans une société réconciliée, sans parler des libéraux qui nous font sans cesse la réclame de marchandises sensées pouvoir nous changer la vie (individuellement cette fois) ! Plus les lendemains sont flous et plus on peut délirer dessus, c'est sûr, en laissant croire que tout s'arrange à la fin. C'est, en tout cas, ce qu'on voudrait croire au nom du nécessaire optimisme de l'action dit-on, car il ne fait pas de doute qu'il va falloir changer le système, mais justifiant ainsi une propagande excessive où toute vérité se perd, vite à nos dépens. Il est crucial de savoir garder la bonne mesure. - [Revue des sciences 02/09](https://jeanzin.fr/2009/02/01/revue-des-sciences-02-09/): L'ordre inévitable Susskind : information, trous noirs et principe holographique La sexualité féminine La vie sur Mars Climat et civilisations Le village des cannibales Les bases neuronales du conformisme et de la pensée de groupe Le gène de la neurodégénérescence Un ancien médicament ralentirait le vieillissement L'espérance de vie ne progresse plus ! - [Programme minimal](https://jeanzin.fr/2009/01/25/programme-minimal/): On rêve de tous côtés d'un après-capitalisme qui reste complètement mythique alors que ce qui se met en place pour l'instant ce n'est qu'une régulation minimale du système, son renforcement beaucoup plus que sa remise en cause, même s'il y a des inflexions notables vers plus de justice sociale ainsi qu'une totale déconsidération des classes supérieures et de leur cynisme, considérées désormais comme aussi parasitaires et inutiles que la noblesse a pu l'être aux tout débuts de la révolution industrielle ! Certes, pour le moment on est encore dans "l'avant-guerre", avant les "événements" qui se multiplient un peu partout, avant que les conséquences de l'effondrement ne se fassent sentir socialement dans la vie de tous les jours. Pour l'instant tout cela reste abstrait, de l'ordre de l'événement médiatique qu'on proclame si facilement historique voire révolutionnaire alors qu'on avait perdu la notion même d'événement dans un monde où plus rien ne semblait pouvoir changer. L'histoire risque de bousculer ces trop beaux ordonnancements et la catastrophe engendrer des possibilités nouvelles mais il n'y a jamais création ex nihilo. Les révolutions s'inspirent inévitablement de philosophies et d'expériences révolutionnaires précédentes plus qu'elles n'en inventent de toutes pièces. On part toujours de quelque part. Il n'est donc pas inutile de faire un état des lieux des propositions qui émergent pour l'instant afin de tenter d'évaluer leur portée et tirer le maximum du peu de potentialités révolutionnaires qu'elles laissent. - [Interventions publiques (audio et vidéo)](https://jeanzin.fr/2009/01/21/interventions-publiques/): Quelques (rares) enregistrements audios et vidéo, sans beaucoup d'intérêt. - [Currency, society, and individuation](https://jeanzin.fr/2009/01/16/currency-society-and-individuation/): Between a simple reform of financial capitalism following its collapse and the revival of metaphysical utopias brought about by the apocalyptic nature of the combination of crises, there is only one viable path: that of global regulation and local alternatives. This is perfectly illustrated by local currencies, even though money is so mysterious and difficult to comprehend in its two social and individualizing aspects, testifying to our cognitive limitations but also to a reality that is richer and more contradictory than all our theories. It is important to understand that money is an entirely social instrument, a true fetish even more ... Lire la suite - [Monnaie, société et individuation](https://jeanzin.fr/2009/01/16/monnaie-societe-et-individuation/): Entre une simple réforme du capitalisme financier suite à son effondrement et le réveil des utopies métaphysiques provoquées par le caractère apocalyptique de la conjonction des crises, il y a une seule voie praticable qui est celle à la fois de la régulation globale et des alternatives locales. C'est ce qu'illustrent à merveille les monnaies locales bien que la monnaie soit si mystérieuse et difficile à penser dans ses deux faces sociales et individualisantes, témoignant de nos limites cognitives mais aussi d'une réalité plus riche et contradictoire que toutes nos théories. Il s'agit de comprendre que la monnaie est un instrument entièrement social, véritable fétiche plus encore que la marchandise mais en tant qu'elle incarne la société comme telle et constitue une façon d'une société d'agir sur elle-même tout en augmentant le degré d'indépendance des individus (mais aussi leurs inégalités!). Voilà qui devrait inciter à la réappropriation politique de la monnaie, notamment au niveau local par des monnaies locales, mais ce sera l'occasion aussi de revenir sur le fétichisme de la marchandise et la théorie de la valeur comme théorie systémique et théorie de la représentation plutôt que théorie de l'aliénation. - [One divides into two](https://jeanzin.fr/2009/01/10/one-divides-into-two/): When triumphant liberalism imposed unbridled individualism on us, with a conception of man reduced to his worst aspects, the urgent need was to affirm our original community and rebuild our social solidarity. But when social movements awaken and we witness the return of the state, the urgent need becomes the affirmation of individual freedom and the avoidance of destructive idealism, while preserving the duality, even the duplicity, of our human reality. Just because there is something universal does not mean that there is nothing particular. There is the collective, but there is also the individual. Of course, there are not only ... Lire la suite - [Un se divise en deux](https://jeanzin.fr/2009/01/10/un-se-divise-en-deux/): Quand le libéralisme triomphant nous imposait un individualisme débridé avec une conception de l'homme réduite à ses plus mauvais côtés, l'urgence était bien d'affirmer notre communauté originaire et de refonder nos solidarités sociales mais lorsque les mouvements sociaux se réveillent et qu'on assiste au retour de l'Etat, l'urgence redevient l'affirmation de la liberté individuelle et de ne pas tomber dans un angélisme destructeur mais de préserver la dualité, voire la duplicité de notre réalité humaine. Ce n'est pas parce qu'il y a de l'universel qu'il n'y a pas de particulier. Il y a du collectif mais il y a aussi de l'individuel. Certes, il n'y a pas que des corps, il y a aussi les relations entre les corps mais il y a quand même la part du corps. Il n'y a pas de dignité en dehors de l'appartenance à la communauté humaine mais cette dignité réside malgré tout dans notre liberté et responsabilité individuelle ; liberté constituant l'essence même de l'amour et de ses contradictions, à mille lieues de la liberté idéalisée du libéralisme. Tout est matière, tout est solidaire mais tout ne forme pas une unité indistincte, il y a différentes dimensions, une pluralité de systèmes et d'organismes, il y a des vivants, il y a de l'information, il y a du langage, il y a de l'esprit (dans toute parole, toute réflexion). Il n'y a pas que l'identité de tous avec tous, il y a aussi la différence de chacun avec chacun. Il n'y a pas que ce qui nous rassemble, il y a aussi ce qui nous divise voire nous oppose et après avoir voulu tout réunir, il nous faudra séparer de nouveau. - [Revue des sciences 01/09](https://jeanzin.fr/2009/01/01/revue-des-sciences-01-09/): Risques financiers : quelle modélisation mathématique ? Le grand rebond La régulation des gènes, moteur de l’évolution Les marges de désert, berceaux des civilisations Presque tout est indécidable ! LUCA, l'ancêtre ARN de la vie ADN reconstitué L'origine de la sexualité La disparition de Néandertal dû à la compétition avec l'homme L’auto-organisation des moules La reprogrammation cellulaire Philips iPill : la pilule électronique Un os artificiel injectable Sommeils agités et neuro-dégénérescence Vidéoconférence 3D ! - [La conjonction des crises](https://jeanzin.fr/2008/12/19/la-conjonction-des-crises/): Tout pourrait revenir comme avant ou presque, semble-t-il, avec quelques règles en plus, quelques ajustements, de sévères corrections même, mais tout cela n'aurait été au fond qu'un mauvais moment à passer, une simple réduction de l'activité, des bénéfices, des revenus. On nous annonce pour l'année prochaine une récession entre 1% et 5%, la belle affaire ! Pas de quoi faire un plat pour cela, chacun peut retourner à ses petites affaires et joyeuses fêtes à tous ceux qui croient au Père Noël ! L'optimisme forcé des économistes a été dénoncé comme un des facteurs de la crise, il ne semble pas qu'on en soit sorti pour autant, passant de l'affirmation que "le plus dur est derrière nous" à ces prévisions qui ne prévoient rien mais ne font que faire tourner des modèles qui viennent pourtant de démontrer leur incapacité d'intégrer les hypothèses extrêmes, les facteurs externes, les ruptures de seuil et, donc, de calculer les risques réels alors même qu'on assiste au télescopage de toute une série de crises pas seulement économique et financière. - [Théorie de la crise et crise de la théorie](https://jeanzin.fr/2008/12/14/theorie-de-la-crise-et-crise-de-la-theorie/): La crise, et après ?, Jacques Attali, Fayard Alors qu'on s'enfonce dans la récession, que les premiers effets commencent tout juste à s'en faire sentir mais que montent déjà l'angoisse et la révolte, on aurait bien cru devoir approuver sans réserve pour une fois ce petit livre de Jacques Attali, tant l'accord peut être grand sur le diagnostic, aussi bien sur les causes que sur la gravité d'une crise qu'il avait été l'un des premiers à annoncer. Ce qui ne gâte rien, on y retrouve une rhétorique de gauche assez "percutante" (sans doute liée au fait qu'il en profite pour régler quelques comptes avec les banquiers de la City qui l'avaient obligé à démissionner de la présidence de la BERD !). Comme on le verra, ça commence fort, effectivement, et rien à dire sur le déroulé des événements, mais ça se gâte tout de même sur la fin au niveau des propositions. Non que la plupart ne soient pas raisonnables mais ce sont surtout ses conceptions idéologiques de l'économie et de la démocratie qu'on peut trouver très insuffisantes et bien trop technocratiques, minimisant par trop les dimensions sociale et politique. Cette théorie de la crise révèle une crise théorique plus profonde de l'économie libérale et de la place qu'y occupe la politique, crise provoquée par l'éclatement de la bulle idéologique, tentative désespérée de retrouver un nouveau consensus sans rien chambouler, juste en serrant quelques boulons par-ci par-là, voire en imaginant quelque autorité supérieure. C'est un vieux rêve de conseiller du prince, sans doute, comme s'il y avait des sages qui savaient assez de vérités déjà connues pour décider de l'avenir sans faillir, alors que les économistes se disputent sans arrêt dans de véritables guerres des religions ! Ce n'est pas encore la fin de l'histoire. La question est de savoir s'il ne s'agit que de rétablir l'ordre ou d'en changer, ce qui d'ailleurs ne dépend pas tellement de l'opinion qu'on peut en avoir mais ne se fera pas pour autant sans luttes ni sans douleurs. Le meilleur qu'on peut en attendre, c'est la refondation de nos solidarités dans une crise systémique qui nous dépasse tous mais nous réunit aussi de par toute la Terre. - [The test of reality (materialism and dialectics)](https://jeanzin.fr/2008/12/10/the-test-of-reality-materialism-and-dialectics/): The veil is torn, the empire is crumbling, fortunes are being lost, powers are being overthrown! The beautiful stories we were told are revealed for what they were: pure ideology justifying the unjustifiable domination of the powerful. This is no reason to believe in nothing anymore, or to believe that ideas rule the world, and to fall back into the same rut by simply switching from one ideology to another, just as blind and barbaric. Instead of getting lost in the sky of ideas, we must take advantage of the crisis and the bursting of the financial bubble to return to ... Lire la suite - [L'épreuve du réel (matérialisme et dialectique)](https://jeanzin.fr/2008/12/10/l-epreuve-du-reel-materialisme-et-dialectique/): Le voile se déchire, l'empire s'écroule, les fortunes se défont, les pouvoirs sont renversés ! Les belles histoires qu'on nous racontait se révèlent ce qu'elles étaient, de la pure idéologie justifiant l'injustifiable de la domination des dominants. Ce n'est pas une raison pour ne plus croire en rien ni pour croire que ce sont les idées qui mènent le monde et retomber encore une fois dans les mêmes ornières en ne faisant que passer d'une idéologie à une autre, tout aussi aveugle et barbare. Au lieu de se perdre dans le ciel des idées, il nous faut profiter de la crise et de l'éclatement de la bulle financière pour revenir aux réalités, revenir sur terre, à la critique de la vie quotidienne, et donc en premier lieu du travail qui en occupe une grande part. Il ne faut pas renoncer à prendre notre revanche ni à continuer l'émancipation humaine mais ce n'est pas en faisant des promesses inconsidérées ni en rêvant de quelconques utopies qu'on s'en sortira, c'est en s'attachant à ce qui constitue l'expérience même de la vie, dans l'exploration des possibles, avec toutes ses contradictions et ses déceptions, ses hauts et ses bas, ses ombres et ses lumières, ses forces et ses faiblesses. - [Revue des sciences 12/08](https://jeanzin.fr/2008/12/01/revue-des-sciences-12-08/): L'extraordinaire génome de l'ornithorynque Le secret de la masse du proton percé Détection de matière noire et de dimensions supplémentaires ? Production en masse d'anti-matière Le climat des 2 derniers millénaires L'intelligence de l'homme due à des neurones plus performants La polyvalence insoupçonnée de nos gènes L’ADN du mammouth laineux reconstitué Le vin contre le mécanisme universel de vieillissement ! Des minis centrales nucléaires en vente libre ! - [L'émergence de l'humanité](https://jeanzin.fr/2008/11/25/l-emergence-de-l-humanite/): Quand d'autres hommes peuplaient la Terre, Jean-Jacques Hublin En toutes choses, il est bon de revenir au commencement, Ab Ovo. Le problème pour l'émergence de l'homme hors de l'animalité, c'est qu'il y a plusieurs commencements mais cela n'empêche pas qu'il est essentiel de comprendre d'où l'on vient. En particulier, contrairement à ce dont on voudrait se persuader, l'homo sapiens est loin d'avoir été non-violent, ni véritablement en harmonie avec son environnement dans les époques pré-néolithiques supposées époques d'abondance et d'an-archie. Il est significatif qu'un paléontologue du XIXème siècle (Gabriel de Mortillet mort en 1898, p154), libre penseur attaché à la laïcité n'ait pu se résoudre à reconnaître les premières tombes de Cro-Magnon découvertes en 1868 et témoignant à l'évidence d'un rituel religieux. La religion n'était donc pas une création récente des prêtres pour nous dominer mais nous sortions bien de l'obscurantisme depuis l'origine ! Dans l'enfance de l'humanité déjà, les mots étaient chargés de magie et les choses de sens, animés par nos projections et nos terreurs. Le savoir n'est jamais donné au départ, si ce n'est dans l'instinct animal, il progresse avec le temps et, comme on sort de l'animalité, on sort de l'ignorance : petit à petit, pas à pas. L'émergence de l'humanité, c'est l'émergence de la conscience de soi de l'être parlant, d'une pensée matérialisée dans un langage et d'un savoir cumulatif, ce qui n'a pas commencé tellement avant 50 000 ans, et ce qui n'est pas si long au regard des temps cosmiques ou même de l'évolution biologique... - [L'expression du négatif](https://jeanzin.fr/2008/11/20/l-expression-du-negatif/): Devant les malheurs du temps, il semble qu'il ne nous resterait plus qu'à rêver à quelque monde merveilleux ou alors nous raidir dans une radicalité extrême sans aucune effectivité. Tous nos murs sont couverts de promesses de bonheur en technicolor, nous croulons sous les marchandises qui voudraient maintenir notre désir en haleine, mais un certain nombre de contestataires de l'ordre établi voudraient nous persuader que leur produit est bien meilleur encore, renchérissant sur les promesses d'une jouissance supposée plus authentique celle-là, certifiée par quelques experts auto-proclamés, comme d'autres lavent plus blanc que blanc ! Ce n'est pas pour autant bonnet blanc et blanc bonnet, paraît-il, puisque les deux jouissances s'opposeraient comme le bien au mal, la vérité au mensonge ou l'avoir à l'être. Hélas, on a vu si souvent la vérité se transformer en mensonge et le vrai n'être plus qu'un moment du faux. Il n'est pas impossible que ces prétentions excessives ne soient pire encore et un progrès de l'aliénation plutôt, avec une plus grande intériorisation des normes sociales, une soumission plus terrible encore à quelques leaders pris en modèle. Ce ne serait, en quelque sorte, que la continuation de la dictature des apparences par d'autres moyens... - [Le renforcement du système](https://jeanzin.fr/2008/11/11/le-renforcement-du-systeme/): On n'a encore rien vu de la crise économique et l'effondrement financier menace toujours mais avec l'engagement inattendu de la Chine dans un véritable New Deal et l'élection d'Obama qui devrait aller dans la même direction, l'hypothèse que la crise soit surmontée devient soudain nettement plus crédible. On n'y est pas encore, loin de là, mais il faut prendre conscience que cette crise née d'un excès de confiance dans la stabilité du système pourrait aboutir à son renforcement jusqu'à un point inégalé jusque là, achevant véritablement la globalisation marchande. On ne peut écarter la possibilité bien réelle d'une période d'instabilité géopolitique plus ou moins dévastatrice mais qui n'est pas le plus probable pour l'instant et ne ferait que reculer sans doute ce "Nouvel Ordre Mondial" qui commence à se dessiner. En tout cas, il faut envisager sérieusement que ce soit dans cet horizon, d'un système entièrement mondialisé, qu'il faudra désormais inscrire toute action politique, ce qui ne signifie pour autant ni la fin de l'histoire, ni qu'il n'y aurait plus d'alternative ! Occasion de revenir sur ce que c'est qu'un système, en quoi il nous contraint mais aussi les marges de manoeuvres qu'il nous laisse et les différents niveaux d'intervention qu'il permet, en commençant par le local. - ["L'argent dette", un monétarisme de plus...](https://jeanzin.fr/2008/11/02/l-argent-dette-un-monetarisme-de-plus/): Le monde est désespérant et incompréhensible, surtout en période de crise où l'on a tant besoin de trouver des coupables, de réponses simplistes, de solutions imaginaires mais qui ne font qu'ajouter au désastre, hélas ! La difficulté de la politique c'est de ne pas tomber dans cette démagogie, dans ce qu'on voudrait bien entendre ou dans l'action purement symbolique, mais de garder le cap d'une transformation matérielle effective qui oblige à dénoncer les impasses de fausses théories et d'emportements un peu trop idéologiques. - [Revue des sciences 11/08](https://jeanzin.fr/2008/11/01/revue-des-sciences-11-08/): La circulation des savoirs dans l'antiquité Les virus des profondeurs La conception métabolique du cancer Un monde sans carburants fossiles d'ici 2090 Vers une prévision de la météo dépassant la semaine L'origine de la vie dans les volcans ? Connecter un seul neurone à volonté Le tabac impliqué dans le cancer du sein ? Effacer les souvenirs sélectivement Les biotechnologies à portée de tous... Un bioordinateur dans la cellule Des mutations génétiques contrôlées par laser La lumière à la place du WiFi L'empire de Google Le local dans le monde numérique La communication télépathique pour les militaires Les exosquelettes arrivent... - [La bulle sociale](https://jeanzin.fr/2008/10/20/la-bulle-sociale/): Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, l’économie, en fait, dépend d’elle. Cette puissance souterraine, qui a grandi jusqu’à paraître souverainement, a aussi perdu sa puissance. (Guy Debord, La Société du Spectacle) Non seulement la société doit tenir debout, mais elle doit avoir l'air de tenir debout ! (Pierre Legendre, La société comme texte) La crise du crédit est une crise de confiance nous dit-on, confiance qui a été mal placée et trompée, confiance devenue impossible dans un château de cartes et un emballement qui se nourrissait de lui-même mais n'était pas tenable (pas plus que les chaînes d'argent ou les systèmes de vente pyramidale), et ce malgré toutes les belles théories fort imaginatives qui voulaient nous démontrer le contraire, hautes mathématiques à l'appui ! On n'imagine pas les dégâts, d'avoir voulu croire que l'argent pouvait faire de l'argent et que les arbres pouvaient monter jusqu'au ciel, soudain il semble qu'on ne peut plus croire en rien ni se fier à personne. Sauf aux Etats pense-t-on, derniers remparts contre la panique généralisée, mais pour combien de temps ? - [Pour un New Deal : revenu garanti pour tous](https://jeanzin.fr/2008/10/16/pour-un-new-deal-revenu-garanti-pour-tous/): Alors que des sommes faramineuses sont injectées dans le système financier et qu'une récession mondiale s'annonce dont les conséquences pourraient être dramatiques pour les plus pauvres, on est atterré de voir le patronat ne rien trouver de plus pressé que de réclamer une baisse de l'indemnisation du chômage ! C'est non seulement extrêmement choquant mais d'une bêtise immonde ! Il faut de toute urgence une mobilisation générale pour non seulement étendre une couverture chômage réduite à une peau de chagrin (puisqu'elle ne concerne même plus la moitié des chômeurs) mais obtenir un revenu garanti pour tous, véritable New Deal devenu indispensable après le krach à la fois économiquement et moralement dans une société devenue presque entièrement salariale et marchande, où plus personne ne produit ce qu'il consomme, avec une précarité qui se généralise ! - [La fin du capitalisme, vraiment ?](https://jeanzin.fr/2008/10/12/la-fin-du-capitalisme-vraiment/): La situation est grave et c'est loin d'être fini mais il faut d'autant plus raison garder : toute réussite dépend de la justesse de l'analyse. Suite à l'avalanche d'articles qui annoncent la fin du capitalisme, l'interview d'Immanuel Wallerstein dans Le Monde du 11 octobre, titré justement "Le capitalisme touche à sa fin", me fournit l'occasion de préciser brièvement pourquoi il ne faut pas faire preuve de trop de précipitation en l'affaire, ni prendre un peu trop ses désirs pour la réalité... - [El humanismo en cuestión](https://jeanzin.fr/2008/10/04/el-humanismo-en-cuestion/): Traducción del artículo L'humanisme en question : Eduardo Baird. - [La reconstruction du monde](https://jeanzin.fr/2008/10/03/la-reconstruction-du-monde/): La crise est entrée comme prévu dans sa phase systémique, bien qu'avec un certain retard. Il n'est pas facile de commenter à chaud une situation chaotique qui peut soudain diverger du tout au tout. La situation semblait jusqu'ici relativement sous contrôle malgré les sommes faramineuses en jeu qui pourraient cependant dépasser rapidement les capacités d'intervention des Etats mais on a vu que c'est de l'idéologie et de la politique que pourrait venir le grain de sable précipitant l'écroulement du système. Le facteur humain est là aussi ce qui dérègle les plus beaux montages théoriques et les plus belles mécaniques sociales mais la véritable cause de la crise, on le sait, c'est le retour de l'inflation et la fin de la domination américaine qui n'a plus les moyens de vivre à crédit sur le dos de son empire ni de financer ses guerres, ce qui devra se traduire tôt ou tard par un effondrement du dollar... C'est un retour au réel mais il est assez stupéfiant de voir qu'en une semaine on est passé de l'évidence que le capitalisme était indépassable au fait qu'il était complètement dépassé ! Toute la culture de gauche considérée comme ringarde revient aussitôt, tout aussi vivante qu'avant, avec les mêmes thèmes (liberté, égalité, fraternité). C'est peut-être pour cela qu'il paraît que le moral des français remonte un peu depuis que la capitalisme financier s'écroule ! - [Revue des sciences 10/08](https://jeanzin.fr/2008/10/01/revue-des-sciences-10-08/): Les arbres ont le secret de l'immortalité L'addiction comme découplage émotionnel Les mini trous noirs Les noeuds de lumière La décohérence prise sur le vif Des supraconducteurs magnétiques La bombe méthane est amorcée ? Le trou d'ozone ne se résorbe pas Des bateaux à nuages Les 68 molécules à la base de la vie Analyse-minute de votre ADN par une puce électronique Grimper aux murs (sales) La colonisation de la Mer par Google Des ultrasons pour donner corps à la réalité virtuelle Un nouveau stade cognitif ? - [Digital civilization and Its Discontents](https://jeanzin.fr/2008/09/15/digital-civilization-and-its-discontents/): To digital workers. Changing eras We know much less than we think we do. Thought is slow and our rationality is limited. It is difficult for us to be our own contemporaries and understand our current situation. Yet we need only look up from our keyboards to see all the upheavals we are experiencing. There have been others, no doubt, and every era has its malaise, but it is not quite the same every time. For example, we have moved from guilt neurosis to the depression of heightened individualism, which nevertheless indicates progress in our autonomy, in which digital technology has ... Lire la suite - [Malaise dans la civilisation numérique](https://jeanzin.fr/2008/09/15/malaise-dans-la-civilisation-numerique/): Aux travailleurs du numérique. Changer d'ère On en sait beaucoup moins qu'on ne croit. La pensée est lente et notre rationalité limitée. Il nous est difficile d'être nos propres contemporains et de comprendre notre actualité. Il suffit de lever la tête de son clavier pourtant pour mesurer tous les bouleversements que nous vivons. Il y en a eu d'autres, sans doute, et à chaque époque son malaise, mais ce n'est pas tout-à-fait le même à chaque fois. Ainsi, on est passé de la névrose de culpabilité à la dépression d'un individualisme exacerbé, ce qui dénote un progrès malgré tout de notre autonomie où le numérique n'est pas tout-à-fait pour rien, mais il faut bien convenir que la dématérialisation, la permanence des connexions, la rapidité des échanges ont un effet déréalisant nous précipitant dans un tout autre monde, qu'on peut trouver assez inquiétant. Tout ne va pas pour le mieux, non, et on n'a pas fini d'en éprouver tous les effets pervers mais le malaise est en grande partie idéologique, de ne pas arriver à lui donner sens, en plus de réelles difficultés d'adaptation à ce nouvel écosystème. Certes, le sentiment de perte n'est pas seulement celui de nos repères, de nos anciens modèles, c'est aussi la perte bien réelle de nos protections sociales aggravant douloureusement notre précarité, ainsi que l'absence de prise en compte des nouvelles conditions de production, mais cette inadaptation résulte bien d'une insuffisante compréhension des transformations en cours. Il faut dire que les changements que nous vivons sont tellement considérables qu'on peut les comparer aux débuts du Néolithique ou de l'écriture mais à une vitesse considérablement accélérée. Les anciennes idéologies sont devenues complètement obsolètes. On le sait, mais elles restent encore dominantes tout comme les institutions en place qui se révèlent tout aussi inadaptées aux conditions de l'économie immatérielle. Non seulement nous devons subir cette inadaptation qui provoque beaucoup de souffrances et de destructions de compétences mais nous devons essuyer les plâtres d'un dur apprentissage où tous les excès et les premières illusions se confrontent au réel. On peut dire qu'on se trouve au plus mauvais moment, celui de la crise, quand une nouvelle époque tarde à naître et se peuple de monstres (délires complotistes, technophobes ou mystiques). On peut dire aussi qu'on est au moment le plus crucial, dans l'oeil du cyclone, au moment où notre voix et notre action peuvent porter le plus et décider de l'avenir. - [Revue des sciences 09/08](https://jeanzin.fr/2008/09/01/revue-des-sciences-09-08/): L'auto-organisation de l'espace-temps Chenilles et papillons : fusion de 2 organismes ? Les hydrates de gaz, un rouage du climat Plus rapide que la lumière ! Les trous noirs créateurs Le Système Solaire : une exception La fonte de l'Arctique, une bombe climatique à retardement Tectonique et climat Le singe qui se prenait pour un enfant Un virus de virus Fabrication de neurones in vitro L'électricité à partir de l'infrarouge En route vers l'invisibilité Les microtubes de carbone L'ordinateur à 12$ Un robot avec des neurones de rat! - [L'émergence de la génération internet](https://jeanzin.fr/2008/08/13/l-emergence-de-la-generation-internet/): Alors que la génération internet émerge à peine de son enfance et s'apprête à conquérir le monde pour le changer bien au-delà de ce qu'on imagine, la confusion est à son comble avec certaines critiques de la société voulant faire des nouvelles technologies l'origine de tous nos maux. Les raisons de la colère certes ne manquent pas : arrogance de l'argent, inégalités qui se creusent, mépris des pauvres, perte des solidarités, précarisation du travail, conformisme réactionnaire, réflexes identitaires, libertés bafouées, flicage généralisé. On conviendra pourtant qu'il n'y a rien là-dedans qui permette d'accuser internet et les nouvelles technologies des malheurs du temps comme d'aucuns voudraient nous le faire croire. A l'évidence, ce ne sont pas du tout des processus obscurs ni le perfectionnement des techniques de contrôle et de surveillance qui sont en cause mais, tout au contraire, des politiques très précises et assez récentes même si elles nous sont devenues tellement banales et familières qu'on les dirait presque naturelles... - [Revue des sciences 08/08](https://jeanzin.fr/2008/08/01/revue-des-sciences-08-08/): Les femmes en Mésopotamie La myéline, le câblage des apprentissages L'ocytocine, molécule de la confiance Contrôle de la position d'un électron Des ARNm recombinants Première carte détaillée des connexions du cerveau Le vieillissement, maladie ou processus génétique ? Des médicaments contre l'Alzheimer Des animaux transgéniques pour servir d'appareils médicaux ! De l'ADN artificiel La révolution solaire Un moteur actionné par la lumière Imprimer ses créations en 3D - [L'humanisme en question](https://jeanzin.fr/2008/07/20/l-humanisme-en-question/): Comme la plupart des notions trop générales, le Bien, le Mal ou la liberté, l'humanisme peut être mis à toutes les sauces de sorte qu'on pourrait vouloir s'en débarrasser à juste titre, mais ce n'est pas si simple car on ne peut guère s'en passer non plus. Il y a donc plutôt un enjeu politique à défendre dans la définition même de l'humanisme, en sachant qu'il peut servir à couvrir toutes les barbaries comme on a massacré au nom de Dieu, de l'amour ou de la civilisation. Le débat n'est pas nouveau qui met aux prises un humanisme essentialiste, qu'on peut dire biologisant, raciste, spéciste mais qui est aussi traditionaliste, religieux, idéologique, avec un humanisme "existentialiste" pour qui l'homme est à venir, pour qui il est liberté et projet, être parlant en devenir, apprenti de la vie et découverte des possibles. A cette opposition s'ajoute les différentes formes d'anti-humanisme qui peuvent être d'inspiration existentialiste aussi (Heidegger avec l'ouverture à l'Etre) tout autant que théologique, structuraliste, historiciste, sexuel ou politique voire purement critique (décentrement cognitif). On voit qu'il n'y a aucune unité de l'humanisme, pas plus que des courants anti-humanistes, le plus connu étant sûrement celui de l'écologie profonde qui voudrait ôter à l'humanité toute prééminence sur les autres espèces mais qui s'enferme ainsi dans ses contradictions. On n'est pas des bêtes et on veut être traité comme des hommes, qu'on respecte notre humanité. Ce qui pose beaucoup plus de problème aujourd'hui, ce serait d'ailleurs plutôt le post-humanisme, celui du surhomme, de l'homme amélioré ou de l'homme génétiquement modifié... - [Gorz, un pionero de la ecología política](https://jeanzin.fr/2008/07/16/gorz-un-pionero-de-la-ecologia-politica/): La ecología política, una ética de la liberación Traducción del artículo "L'écologie politique, une éthique de libération" : Eduardo Baird. - [Le retour des révolutions (inflation et papy boom)](https://jeanzin.fr/2008/07/14/le-retour-des-revolutions/): Si notre intelligence nous distingue des autres animaux, notre rationalité n'en est pas moins très limitée par de nombreux phénomènes bien connus, qu'ils relèvent des préjugés, de l'imperfection de l'information ou de la pensée de groupe mimétique. Cependant, notre plus grand défaut, sans doute, c'est notre capacité de transformer toute vérité en erreur en oubliant la vérité contraire (Pascal, IV.2.148), ce qui ne manque jamais ! Délirer, ce n'est rien d'autre que de rester fasciné par une vérité dont on ne peut plus se détacher, y tenir plus que tout sans plus voir le négatif du positif. Il faut le savoir, nous sommes un animal dogmatique, toujours un peu "bornés". C'est la même fascination qui nous fait inévitablement juger de l'avenir à l'aune du présent alors que les temps changent et que les vérités de demain ne seront pas celles d'hier. Ainsi, on pouvait s'imaginer un Reich de 1000 ans en 1940, puis un communisme triomphant pour l'éternité, puis un néolibéralisme définitif, tous renvoyés aux poubelles de l'histoire... De même on juge presque toujours de l'avenir du monde selon notre état du moment qui peut passer pourtant du rire aux larmes, mais on fait comme si la vie était déjà gagnée ou perdue d'avance et n'était pas sujette à toutes sortes de hauts et de bas. A chaque fois, on y croit dur comme fer, et que c'est pour toujours cette fois ! ("Ma tête se détourne, le nouvel amour". Rimbaud). Ainsi, depuis qu'on a voulu abandonner toute pensée dialectique au profit d'une "pensée unique" sans aucune alternative, on est entré dans le temps de la fin : fin de l'histoire, fin de la politique, fin des mobilisations sociales, fin de la liberté, fin de l'homme, fin du monde... Eh bien, tout au contraire, loin d'être la fin de tout, le retour de l'inflation et le papy boom pourraient bien être le signe que ça va repartir pour un tour et que nous allons connaître un retour des révolutions cycliques et de nouveaux commencements, un nouveau cycle économique, politique et générationnel ! - [Revue des sciences 07/08](https://jeanzin.fr/2008/07/01/revue-des-sciences-07-08/): Alexandre Grothendieck, écologiste et mathématicien Les excitons ou quasi-particules La dernière glaciation s’est arrêtée en moins d’un an ! Confirmation de l'origine extraterrestre de la vie ? De la vie sur Mars ? Le secret des cellules souches Concentration ou créativité Les dangers du portable Une soucoupe volante propulsée par électromagnétisme ! - [L'écologie politique, une éthique de libération](https://jeanzin.fr/2008/06/21/l-ecologie-politique-une-ethique-de-liberation/): Ecologie et politique Une philosophie de l'existence L'anticapitalisme écologiste Ecologie du travail Ecologie et technique L'alternative écologiste Décroissance et simplicité volontaire André Gorz n'a certes pas inventé l'écologie, se situant notamment dans le sillage d'Ivan Illich, mais il y a ajouté une dimension politique pleinement assumée. Son recueil d'articles, paru en 1975, avait d'ailleurs pour titre "Ecologie et politique". Il commençait significativement par un texte de rupture entre "Leur écologie et la nôtre", texte décisif où, contre l'écologie de marché et l'expertocratie verte, il prenait ouvertement le parti d'une écologie émancipatrice basée sur l'autonomie et clairement anticapitaliste. - [Revue des sciences 06/08](https://jeanzin.fr/2008/06/01/revue-des-sciences-06-08/): Ralentir et localiser la lumière Le méthane, bombe climatique L'acidification des océans Solar Grand Plan Une pluie de météorites dans 5 millions d'années L'Europe, c'est le lait ! Les nanotubes cancérigènes Un robot qui grimpe aux murs - [Puissance de la faiblesse](https://jeanzin.fr/2008/05/21/puissance-de-la-faiblesse/): Selon toutes apparences, rien de plus faibles que les analyses et propositions du GRIT. Rien qui tienne vraiment le coup ni qui puisse exalter les foules, rien qui puisse susciter les mobilisations, encore moins satisfaire les esprits métaphysiques qui prennent tout cela de très haut. On peut dire que ce qui nous caractérise, c'est une "pensée faible", pensée à bas bruit, mais cette faiblesse pourrait bien faire sa force, finalement... - [Rendre la honte encore plus honteuse !](https://jeanzin.fr/2008/05/13/rendre-la-honte-plus-honteuse/): Le moment est venu de reprendre l'offensive idéologique après toutes ces années d'hiver. Partout se lèvent des émeutes de la faim et des luttes sociales en réponse à la reprise de l'inflation qui est le signe de l'échec des marchés, incapables d'assurer notre simple survie et provoquant des désastres écologiques aussi bien qu'humanitaires. Comment rester sans rien faire ? Le caractère collectif, macroéconomique, de l'inflation en fait à l'évidence un problème collectif, politique, justifiant la mobilisation des foules et de tous ceux qui n'acceptent pas d'être les victimes consentantes d'un système qui les condamne. C'est du moins l'occasion de célébrer le retour de la solidarité, des mobilisations collectives, et la fin de la culpabilisation individuelle voulant nous faire croire que nous serions responsables chacun personnellement du sort qui nous est fait et que tout ce que nous avons subi, nous l'avons bien voulu et mérité même, tout comme la richesse des riches serait entièrement méritée ! La honte change de camp, ce sont les signes de la réussite individuelle qui redeviennent ringards, illégitimes, honteux et aussi ridicules qu'en 1968 justement, au profit des véritables valeurs humaines trop longtemps bafouées et d'une vie dont la réussite ne se mesure pas à l'épaisseur du porte monnaie. Finie la bêtise médiatique aussi universellement méprisée désormais qu'elle était triomphante. La passion de la vérité va nous ressaisir, l'exigence démocratique se manifester à nouveau, nos élites satisfaites ramenées au banc des accusés, nos économistes doctrinaires soumis aux railleries publiques. C'est le moment de reprendre nos affaires en main (là où nous vivons) et pour les artistes de refaire des affiches, des slogans, des caricatures pour délégitimer le pouvoir de l'argent et de l'apparence, la consommation ostentatoire et les valeurs en toc. Même si les signes en sont encore bien maigres, c'est le moment sans doute de reprendre la lutte pour l'émancipation et pour faire triompher la raison, malgré tous les échecs passés dont il nous faudra bien tirer toutes les leçons, éviter toute dérive, éviter d'en faire trop mais il nous faudra essayer encore, essayer de faire mieux, en continuant toujours à faire honte aux bourgeois irresponsables, aux petits frimeurs prétentieux, aux experts pontifiants et, tant que nous ne sommes pas tout-à-fait morts ni vaincus, vouloir marcher encore sur la tête des rois. "Un des motifs de l’art et de la pensée, c’est une certaine honte d’être un homme" (Deleuze). - [Revue des sciences 05/08](https://jeanzin.fr/2008/05/01/revue-des-sciences-05-08/): Graphène et nanoélectronique Les limites du calcul quantique La sortie d'Afrique Une preuve des ondes gravitationnelles ? Les superisolants Le permafrost sibérien libère son méthane Seuls dans l'univers Cancer du sein : les acides gras trans fortement suspectés Le point faible des voitures électriques : le chauffage Une imprimante 3D auto-réplicatrice Les limites du numérique Krach démographique 2010-2015 Les paysages fabuleux de Dallol - [La dégénérescence de l'homme...](https://jeanzin.fr/2008/04/23/la-degenerescence-de-l-homme/): On a sans doute bien raison de nous vanter les mérites d'une retraite comme deuxième jeunesse puisque qu'une bonne hygiène de vie permet à de nombreux retraités de vivre la belle vie, avec une sexualité épanouie par dessus le marché, mais... pas tous, loin de là, et beaucoup risquent d'être bien déçus, le temps venu, de ne pas atteindre à ce paradis ! On en connaît tous qui en sont bien loin, voire pour qui "la vieillesse est un naufrage" et, question de vérité, il ne faut pas se raconter d'histoire dans l'espoir de conjurer la malédiction des maisons de retraite. S'il y a effectivement une vieillesse heureuse, il y a aussi le malheur de vieillir et la dégénérescence génitale, qu'il faudrait mieux prendre en compte pour alléger nos vieux jours. Il est probable que le mode de vie a une grande importance dans les maladies dégénératives mais il y a certainement aussi une part génétique. En tout cas, ce n'est pas une question psychologique comme on voudrait s'en persuader, ni un manque de pensée positive, ni une erreur cognitive, mais bien plutôt la conséquence d'un déficit hormonal la plupart du temps : quand on ne peut plus engendrer, on dégénère, c'est la dure loi de la sélection naturelle même si elle ne s'applique pas à tous. Le plus troublant, en effet, c'est que la perte de la force vitale s'accompagne d'une perte de la joie et de l'envie de vivre, tout simplement. Comme si on était poussé à se diriger soi-même vers sa propre tombe. Voilà qui vaut d'être médité et participe sans doute au rejet de leur époque par de plus ou moins jeunes vieillards déjà trop usés par la vie ! On parlera ici des hommes, du moins de ceux qui subissent une "andropause" encore trop méconnue, mais les femmes ménopausées sont aussi concernées par le manque de testostérone, dont le rôle est trop sous-évalué sous prétexte que cela ne concerne pas tout le monde (question d'équité et de santé publique). En fait, la testostérone semble bien être une hormone cruciale, plus qu'on ne pouvait le croire. Ce n'est pas la seule, mais une des plus importantes sans aucun doute pour notre "vitalité". - [Il n'y a pas d'alternative !](https://jeanzin.fr/2008/04/23/il-n-y-a-pas-d-alternative/): Alors que les menaces écologiques se font de plus en plus pressantes, on peut s'étonner du léger des solutions qu'on prétend y apporter, pas du tout à la hauteur des enjeux et sans une véritable vision globale. Au lieu d'une écologie-politique collective et réaliste, on nous vend plutôt habituellement une écologie individualiste et moralisante, que ce soit dans sa version religieuse ou libérale, mais, en dehors de quelques marginaux, il n'est jamais question, ou presque, d'une véritable alternative au productivisme qu'on impute à l'avidité humaine plus qu'au système du profit. On en appelle soit à la conversion des esprits et des coeurs, soit à de simples mesures techniques ou incitations financières, comme s'il était devenu impossible en tout cas de changer un système mondialisé, au moment même où il y aurait tellement besoin pourtant de dispositifs politiques concrets, du local au global, pour adapter notre système de production aux nouvelles forces productives tout autant qu'aux nouvelles contraintes écologiques. On n'y échappera pas, quelles que soient les résistances et les conservatismes. Dès lors, la question n'est pas tant celle de l'ancien système, ni de simplement le brider par des lois, des luttes ou par nos prières, que de savoir par quoi le remplacer et d'en construire un autre plus adapté à notre temps, combinant une inévitable relocalisation de l'économie avec toutes les institutions du travail autonome et du développement humain. Hélas, les instruments principaux d'une alternative au salariat productiviste comme à la mondialisation marchande paraîtront sans doute bien exotiques par rapport aux modèles de référence et à nos habitudes de pensée, voire complètement hors de propos : monnaies locales, coopératives municipales, revenu garanti ! Il n'y a pas d'autre alternative pourtant, ni libérale, ni autoritaire, ni morale. - [Revue des sciences 04/08](https://jeanzin.fr/2008/04/01/revue-des-sciences-04-08/): L'ADN poubelle, source de complexité Piment, cannabis et inflammation Le royaume de Shoa Théorie quantique "relationnelle" Invention technique et innovation utilitaire au néolithique La nutraceutique Une nouvelle physique pour les mésons? Climat : les 10 années cruciales Les structures de base de l'ARN Le papillon se souvient de sa vie de chenille Une imprimante à tissus humains ! De l'électricité avec de la chaleur Robots, Paranos, Gratuité, etc. - [Le "Plan B" de Mr Brown pour la planète](https://jeanzin.fr/2008/03/09/le-plan-b-de-mr-brown-pour-la-planete/): Le plan B, pour un pacte écologique mondial, Lester R. BrownLester R. Brown dirige l'Earth Policy Institute après le World Watch Institute. C'est l'un des écologistes les plus respectés, notamment des économistes. Ses propositions ne sont certes pas nouvelles d'une éco-économie qui voudrait écologiser l'économie marchande par la vérité des prix écologiques (c'est-à-dire par des écotaxes) ainsi que par des normes ou des éco-labels, sans exclure pour autant des politiques étatiques (éducation, contrôle des naissances, santé). Bien qu'on nous détaille le processus "d'effondrement" de notre civilisation par surexploitation de nos ressources (génératrice de conflits, de migrations, de pauvreté, de terrorisme), le "plan Brown" pour sauver la planète semble d'une facilité déconcertante, témoignant d'un optimisme technologique sans réserves et persuadé même que cette mobilisation générale pour un monde plus durable sera générateur d'une nouvelle période de croissance, très loin de menacer notre économie ou notre confort. Vraiment pas de quoi s'inquiéter, juste un coup de collier à donner pour redresser la barre ! Il ne faut donc rien attendre de vraiment révolutionnaire dans ce livre qui date de 2006, même si on y parle de "révolution environnementale" mais uniquement dans le sens d'une nouvelle "révolution industrielle" boostée par de nouvelles énergies et de nouveaux marchés. Pour autant, on aurait bien tort de mépriser ce qui constitue une sorte de "programme minimum" de survie, même s'il ne vise qu'à rendre un peu plus durable notre mode de développement, car il reste à peu près le seul programme actuel des écologistes qui soit considéré comme crédible (repris notamment par Nicolas Hulot). Il présente l'avantage de sembler pouvoir être mis en place assez rapidement, puisqu'il ne change rien au système, et d'attirer au moins l'attention sur les grands chantiers du moment même si on peut trouver avec quelques raisons que c'est bien insuffisant, trop irréaliste et complètement déconnecté des transformations de l'économie à l'ère de l'information... - [L'oubli du récit](https://jeanzin.fr/2012/08/19/l-oubli-du-recit/): Il y a beaucoup de raisons à notre rationalité limitée tenant à notre information imparfaite et notre débilité mentale, à la pression du groupe et aux paradigmes de l'époque quand ce n'est pas un savoir trop assuré pris dans la répétition jusqu'à se cogner au réel. Il y a bien sûr aussi le poids de l'intérêt comme de l'émotion. Tout cela est à prendre en compte et il y a déjà largement de quoi en rabattre sur nos prétentions mais on reste encore dans le biologique. Or, la connerie humaine va très au-delà d'un manque d'information ou d'une bêtise animale puisque ce qui nous distingue, c'est bien notre propension à délirer et d'habiter un monde presque entièrement fictif. Il n'y a de folie que d'homme. On peut dire que c'est l'envers de notre liberté mais c'est surtout le produit du langage narratif, ce qui n'est pas assez souligné et s'oublie derrière le contenu alors que c'est sans doute ce qui nous humanise et le distingue radicalement des langages animaux. Ainsi, ce ne serait peut-être pas la parole adressée à l'autre mais le récit plus que le langage lui-même qui nous aurait fait entrer dans un monde humain peuplé d'histoires de toutes sortes, pas seulement de signes. - [Une philosophie sans consolation](https://jeanzin.fr/2012/08/10/une-philosophie-sans-consolation/): Si pleurer, c'est déjà être consolé, les consolations ne manquent pas à notre vallée de larmes. Il y a aussi, sans conteste, un plaisir de la recherche de la vérité et de l'écriture qui, même à rendre compte de nos malheurs, nous console vaguement de l'injustice du monde et de la précarité de l'existence dans le commerce avec les idées éternelles, un peu comme un blues déchirant peut exalter notre sentiment de vivre dans l'expression même de la douleur la plus profonde. Il y a indéniablement un bonheur de la philosophie, presque malgré elle, mais c'est l'erreur la plus commune parmi les philosophes de prétendre faire du bonheur la promesse de leur philosophie comme d'une quelconque sagesse ou psychologie normative. Si le philo-sophe avoue qu'il n'est pas sage, c'est d'aimer trop la vérité et de ne s'intéresser qu'au discours public, au bien dire plus qu'à son bien-être. Or, la vérité est presque toujours déceptive, ce serait une erreur vraiment d'y rechercher une quelconque consolation que rien ne justifie au contraire puisqu'à perdre nos illusions, c'est la rugueuse réalité à laquelle on se cogne (c'est ça le cognitif). Ce serait trop facile de pouvoir attribuer nos malheurs simplement à notre aveuglement, à un voile que la philosophie déchirerait pour nous ouvrir enfin à la jouissance interdite (Béatrice), à la splendeur de la vérité (claritas) et au point de vue divin (dit du troisième genre, au-dessus des simples mortels). C'est le conte pour enfant que nous racontent toutes les religions et dont la philosophie n'a pas pu se défaire depuis Aristote qui critiquait pourtant avec quelques raisons le souverain bien de Platon mais qui le remplace immédiatement par la contemplation du philosophe et le bonheur de savoir. Il ne restait plus aux professeurs de vertu et aux petits maîtres qu'à s'engouffrer dans ce nouveau marché avec chacun sa petite recette entre exaltation des plaisirs et refoulement stoïque des peines. A ces faux philosophes qui voudraient faire de nous des spectateurs satisfaits et passifs du spectacle du monde, il faut opposer une lucidité plus diabolique sans doute mais une philosophie désabusée et stratégique, dépourvue de promesses autres que celles d'une action organisée. Il n'y a rien qui permette dans les lois de la nature, les sciences sociales ni l'expérience historique d'être trop optimiste. Nous n'avons pas de raison de nous réconcilier avec le monde, point où Marx avait raison contre Hegel sauf que c'était juste pour repousser la réconciliation au supposé communisme à venir, avec des promesses bien plus insensées que celles de Hegel pour qui la lutte des classes et les contradictions sociales n'ont pas de fin. Seulement, ce n'est pas parce que rien n'est sans raison ou que l'argumentation tend à l'universel qu'on devrait s'en satisfaire et ne plus s'opposer au monde qui court à sa perte. Dans sa lutte perpétuelle contre la mort qui nous ronge aucune vie ne peut rester inactive ni espérer la fin de l'entropie universelle. La lutte et la contradiction sont bien au fondement du monde de la vie et non le laisser-faire du simple spectateur. Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas renverser l'ordre établi qu'il faudrait le prétendre juste et passer dans le camp de la réaction. Il n'y a aucune raison de renoncer à plus de justice ni à vouloir aller au bout des possibilités de l'époque, il faudrait du moins mieux tenir compte des rapports de force matériels et se donner des objectifs réalisables au lieu de se payer de mots. - [Revue des sciences août 2012](https://jeanzin.fr/2012/08/01/revue-des-sciences-aout-2012/): Le cerveau stressé Boson de Higgs et supraconductivité Des nano-antennes qui amplifient la lumière Augmentation des émissions de CO2 de 3% Effondrement imminent... Des panneaux thermo-voltaïques transparents Le premier modèle numérique complet d'une bactérie La vie comme inversion de causalité Faire évoluer des mouches pour qu'elles sachent compter Une méduse artificielle avec des cellules de rat Ce qui est impossible pour l'oiseau ne l'est pas pour l'homme On peut stimuler par optogénétique le cerveau d'un singe Une momie écossaise faite de membres disparates Le QI des femmes a dépassé celui des hommes On pourrait prédire par le jeu de regards ce qu'on va dire Ecrire par la pensée La découpe laser de bureau plus utile que les imprimantes 3D - [Ne pas surestimer nos moyens](https://jeanzin.fr/2012/07/09/ne-pas-surestimer-nos-moyens/): Passée la période des élections et des espérances révolutionnaires les plus folles, nous voilà revenus au sol et la situation est encore plus catastrophique qu'on ne veut bien le dire. Tout semble perdu sur tous les fronts avec des marges de manoeuvres réduites à la portion congrue. Dream is over. Le plus grave, on ne le répétera jamais assez, ce sont les problèmes écologiques qui s'annoncent de plus en plus insolubles avec le développement des pays les plus peuplés (après Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qu'on désigne sous le nom de BRICS, voici venir les « Next eleven » dont l'économie décolle : Bangladesh, Égypte, Indonésie, Iran, Corée, Mexique, Nigeria, Pakistan, Philippines, Turquie, Vietnam...) alors qu'on se dirige vers un pic de population où la pression sur les ressources sera à son maximum. Dans l'immédiat, ce sont les problèmes économiques qui sont destinés à s'aggraver durablement en attendant le krach de la dette et le retour de l'inflation. La pression budgétaire se combine à la pression du développement des autres continents pour démanteler les protections sociales et mettre à mal notre "modèle européen". Article traduit en espagnol pour EcoPolítica par Elisa Santafe. - [Jacques Robin, souvenirs mêlés](https://jeanzin.fr/2012/07/07/jacques-robin-souvenirs/): A part mon intérêt pour les sciences et une interdisciplinarité qui s'exprimait déjà dans mon "Prêt-à-penser" de 1994, rien ne me destinait à m'intéresser au GRIT, un de ces rares think tank à la française que Jacques Robin avait fondé sous le nom de "groupe des dix" en 1966 avec Henri Laborit et Edgar Morin. J'étais dans un tout autre univers, plus préoccupé de Debord et Lacan, bien que prenant mes distances avec l'un comme avec l'autre, et plutôt entre Rimbaud et Brel. En tout cas cela me semblait bien trop biologisant, presque hors sujet. Ce en quoi je me trompais lourdement car la théorie de l'information et la théorie des systèmes qu'ils exploraient sont bien au coeur de notre époque. - [Passage (difficile) sous wordpress](https://jeanzin.fr/2012/07/04/passage-difficile-sous-wordpress/): Mon blog, qui prenait la suite le 20/10/05 du site "Ecologie Révolutionnaire" créé en avril 1997 chez wanadoo.fr, était sous dotclear jusque là, d'abord chez jeanzin.free.fr puis jeanzin.fr. Pour des raisons essentiellement techniques, on vient de passer très difficilement sous wordpress. J'utilise le thème par défaut (Twenty Eleven) avec un thème hérité (child) pour les modifications de présentation (css). Le plus débile, c'est qu'on soit obligé de modifier "functions.php" (notamment pour la pagination) ce qui est dangereux et peut tout bloquer. Ce qui est le plus débile dans wordpress en général, c'est l'éditeur visuel qui supprime les "<br>", ce qui pourrait se comprendre mais aussi les <br clear="all"> ce qui empêche toute mise en page ! On n'imagine pas une telle bêtise et fière de l'être avant d'utiliser ce qui est pourtant devenu un standard mondial. On est tout autant estomaqué de voir qu'on nous impose un traitement des guillemets mal programmé qui donne des aberrations (heureusement on peut le déconnecter mais dans functions.php encore). Ce que je regrette le plus de Dotclear, c'est la syntaxe wiki (bien mieux que Markdown et beaucoup moins pénible que le html). Sinon, bien sûr, les compteurs des pages ont été remis à zéro à cette date. - [Revue des sciences juillet 2012](https://jeanzin.fr/2012/07/01/revue-des-sciences-juillet-2012/): Des super-supernovae cataclysmiques Des gènes sauteurs dans le cerveau La physique spéculative Partir coloniser Mars sans retour possible Le granite à l'origine des multicellulaires Il y aurait eu des croisements entre hommes et bonobos La première révolution sexuelle, celle du couple La supériorité de Sapiens dans la mortalité infantile Les premières peintures dateraient de 41 000 ans Dissonances cognitives : peur de la mort et foi en Dieu Ressusciter les morts Prolonger la vie par thérapie génique Contrôler le cerveau avec l'optogénétique La dépression Un écran tactile .. avec des boutons physiques ! Le gratte ciel le plus haut, préfabriqué en 3 mois - [Une seule solution, la fédération](https://jeanzin.fr/2012/06/19/une-seule-solution-la-federation/): Il n'y a pas eu de miracle grec. En fait, hein, il n'y a jamais de miracle. On peut bien sûr trouver que notre chambre toute rose à nous est un véritable miracle dans une France rancie et xénophobe, mais c'est un tout petit miracle. On ne sent aucune velléité de mobilisations sociales capables d'en tirer parti comme en 1936. Pour la relance promise, il ne faut pas s'imaginer qu'elle puisse être à la hauteur alors que la crise est loin d'être finie, qu'elle n'est pas du tout limitée à la Grèce et que la pression des marchés risque de rogner encore des protections sociales pourtant de plus en plus vitales. Il y a bien eu quand même le miracle des révolutions arabes qui ont lancé un mouvement mondial d'agitation mais dont le résultat est bien éloigné, pour l'instant du moins, des espoirs les plus fous des révolutionnaires comme de ceux des démocraties occidentales... - [For a philosophy of information](https://jeanzin.fr/2012/06/10/for-a-philosophy-of-information/): It seems that philosophy has remained stuck on the question of language, unable to integrate the concept of information except to offer a superficial critique of its triviality. This is all the more unfortunate given that it is therefore incapable of thinking about our current reality, which is precisely that of the information age. However, this article is not about current events, news reports, communication, or networks, but rather about considerations that may seem much more outdated regarding the very concept of information as it has manifested itself in the digital and computerized world. Both science and lifestyles have been profoundly ... Lire la suite - [Pour une philosophie de l'information](https://jeanzin.fr/2012/06/10/pour-une-philosophie-de-l-information/): Il semble que la philosophie soit restée bloquée sur la question du langage sans arriver à intégrer la notion d'information sinon pour faire une critique superficielle de sa trivialité. C'est d'autant plus fâcheux qu'elle se trouve incapable dès lors de penser notre actualité qui est celle de l'ère de l'information, justement. Des actualités, il ne sera pas question ici pourtant, ni des journaux d'information ni même de la communication ou des réseaux, mais de considérations qui paraîtront beaucoup plus inactuelles sur le concept lui-même d'information tel qu'il s'est manifesté dans le numérique et l'informatisation du monde. Aussi bien les sciences que les modes de vie en ont été profondément affectés sans que cela ne semble avoir beaucoup préoccupé les philosophes, sinon pour des condamnations morales tout-à-fait inutiles et vaines, alors que ce sont ses catégories qui devraient en être bouleversées. C'est ce qu'on va essayer de montrer par ce qui relie information et finalité tout comme ce qui sépare l'émetteur du récepteur, l'information du fait, le logiciel du matériel, dualisme fondamental du corps et de l'esprit qui nous coupe de la présence immédiate mais devrait permettre de fonder un véritable matérialisme spirituel. De quoi renouveler le sens de la vie comme incertitude de l'avenir sans laquelle il n'y a pas d'information qui vaille. Il serait téméraire de vouloir déduire de prémisses si générales des conclusions un tant soit peu politiques mais on pourrait tirer tout de même de cette base, qui semble si mince, une éthique de la réaction et de la correction de nos erreurs, en tout cas donner un nouvel éclairage à des questions plus anciennes. - [Revue des sciences 06/12](https://jeanzin.fr/2012/06/01/revue-des-sciences-0612/): La crise italienneL’espace est-il discret ? Les villes africaines de la Côte des esclaves Troubles mentaux, l’escroquerie ? Taux d’acidification record pour les océansL’énergie solaire en passe de devenir compétitive Vers un petit âge glaciaire ? Les plantes marines plus importantes que les forêts Des virus pour produire de la piézoélectricité La méthylation de l’ARN change notre conception de l’expression génique Les oiseaux, des bébés dinosaures ? La duplication d’un gène à l’origine du cerveau humain? L’avantage de Sapiens : les communications longue distance ? Les bienfaits de la mort dans notre vie La vidéoconférence en hologramme Solidoodle, l’imprimante 3D à moins de 400 euros ! - [Du revenu garanti aux coopératives municipales](https://jeanzin.fr/2012/05/17/du-revenu-garanti-aux-cooperatives-municipales/): Pour publication, suite au colloque à Montreuil pour un revenu social, les 30 et 31 mars 2012 (où je n'étais pas) j'ai dû fusionner, et améliorer, les deux articles que je leur avais écrit (Un revenu pour travailler et Des coopératives municipales pour des travailleurs autonomes). Il y a aussi une version pdf raccourcie. - [Au-dessus du vide](https://jeanzin.fr/2012/05/13/au-dessus-du-vide/): Je me suis demandé comment on pouvait souhaiter que les choses s'arrangent au mieux, à supposer même qu'on ait des dirigeants exceptionnels, mais de quelque façon que j'envisage la question, je ne vois que la nécessité de précipiter la chute au plus vite maintenant. Peut-être un manque d'imagination de ma part mais il y a de bonnes raisons de penser qu'on ne pourra pas s'en sortir sans passer par le défaut de paiement, des dévaluations massives et un retour de l'inflation, pas seulement pour les Grecs mais une bonne partie de l'Europe et les Etats-Unis au premier chef. C'est un peu répétitif de ma part mais il y a indéniablement encore un risque de krach de la dette, d'éclatement de l'Europe, de désordres monétaires et de tensions internationales. Il vaudrait mieux crever l'abcès que de faire inutilement durer le supplice. - [Prendre le parti pour le tout](https://jeanzin.fr/2012/05/08/prendre-le-parti-pour-le-tout/): Les élections présidentielles, sont les élections les plus folles, celles qui donnent lieu régulièrement aux espoirs les plus démesurés. On nous promet de changer le monde tous les 5 ans avec force moyens de communication et foules rassemblées. Crise oblige, cette fois, plus que les autres, une bonne part de l'électorat a même cru que cette élection pourrait déboucher sur une véritable alternative et non sur une simple alternance. Même le président en place s'est cru obligé de jouer la rupture avec soi-même ! Or, ce qui frappe derrière le triomphe des discours qui prétendent se faire l'expression des désirs collectifs, c'est une forme partagée d'hallucination collective qui mène à s'illusionner sur une possible victoire en prenant la petite partie qu'on représente pour le tout d'un peuple fantasmé. Chacun parle au nom du peuple mais pas du même peuple à chaque fois... Ce n'est pas parce qu'un président est élu avec un peu plus de 50% des voix qu'il n'y a pas presque une moitié de l'électorat qui n'en voulait pas et qui ne va pas disparaître soudain du paysage comme par enchantement. C'est ce qu'on ne veut pas reconnaître, l'existence des autres. Il est un fait qu'il y a des gens de droite et même des fachos comme il y a des staliniens à gauche, la diversité est infinie qu'on voudrait ramener à l'unité d'un peuple qui ne se soude pourtant que dans la guerre (si ce n'est le sport), n'ayant alors de commun que son ennemi (tout comme l'unité d'un parti se limite à son adversaire). Prétendre parler au nom du peuple, du prolétariat, des femmes, des écologistes, etc., est une imposture qui se dénonce d'elle-même la plupart du temps par les scores infinitésimaux de ceux qui y croient pourtant dur comme fer mais ce n'est guère différent quand c'est une majorité qui se prend pour la volonté générale. En soi, la démocratie majoritaire a quelque chose de totalitaire impliquant la domination d'une moitié de la population sur l'autre, ce à quoi on devrait opposer une démocratie des minorités plus juste dans la détermination d'un intérêt général moins partisan. Il semble bien cependant qu'admettre cette diversité des opinions et des intérêts soit un peu trop difficile. Cela ne nous condamnerait-il pas à l'impuissance, à devoir toujours composer avec l'ennemi ? Impossible de s'y résoudre, ce serait accepter trop d'injustices et nous dépouiller de notre humanité même avec la liberté de choisir notre destin, ce serait la fin de nos rêves et de nos si belles utopies. Plutôt la guerre ! - [Revue des sciences 05/12](https://jeanzin.fr/2012/05/01/revue-des-sciences-0512/): Les virus géantsLa gravitation quantique en deux dimensionsDes interférences de molécules organiques Les reines noires qui ont résisté à Rome L’univers a eu un début même s’il n’a pas de finSimulation de l’univers à partir du Big Bang L’érosion des sols cause de l’explosion du Cambrien et des squelettesLes origines climatiques des civilisationDes réseaux de chaleurs économiseraient 500 Milliards ! La vie sur Terre pourrait avoir ensemencé le système solaireLe regroupement fonctionnel des gènesLa sexualité avantage les plus sains (les plus beaux)Des babouins apprennent à reconnaître des mots écritsLe développement neurologique lié à la mémoire et la finalitéMécanisme neuronal de l’apprentissageBruit neuronal et apprentissage statistiqueLa mémoire perdue pourrait être retrouvéeUn atlas de l’intelligence dans le cerveau humainLa cuisson des aliments depuis plus d’1 million d’années ?L’histoire de France rectifiée L’effet anti-cancer de l’aspirineLes phtalates réduisent de 30% la testostéroneCyberplasm, le microrobot presque vivant pour détecter les maladiesDes prothèses commandées par la pensée La reconnaissance d’objets remplace les code-barres On se moque du temps que je passe à cette revue des sciences, en pure perte semble-t-il, mais si j'y vois un exercice salutaire pour la pensée, d'étonnement ou de prévoyance, en tout cas échappant au discours courant, j'ose prétendre en faire aussi une sorte d'oeuvre d'art, certes pas toujours réussie car c'est trop pour un seul homme, avec des zones laissées en friche ou à peine esquissées, des ratés, des ratures... J'y vois pourtant des correspondances qui en constituent l'unité secrète (comme sur l'apprentissage cette fois ou les influences cosmiques, entre autres) même si cela reste inaperçu à la plupart et qu'il n'y a rien de plus éphémère que les nouvelles du mois constituant notre actualité, comme un visage dessiné sur le sable, aussitôt effacé par les flots... - [Des coopératives municipales pour des travailleurs autonomes](https://jeanzin.fr/2012/04/21/cooperatives-municipales/): Comme on le voit bien, colloque après colloque, il n'y a pas du tout d'unité du revenu garanti dont les différentes versions expriment toute une gamme de positions politiques différentes. C'est qu'on ne peut donner sens à un dispositif isolé qui dépend du rôle qu'on lui fait jouer dans l'organisation sociale. Cela peut aller de la simple mesure sociale, d'un palliatif du marché du travail assurant une consommation minimum, jusqu'à l'élément d'un nouveau système de production relocalisé qui change la façon de produire en donnant accès au travail choisi. C'est uniquement grâce à un ensemble de dispositifs faisant système (production, revenu, échange) qu'un revenu garanti permettrait de sortir du salariat capitaliste et de passer de la sécurité sociale au développement humain, mais surtout de la consommation à la production, de la valorisation des marchandises à celle des oeuvres (de l'avoir à l'être comme disent les publicitaires). Dans cette optique, le revenu garanti constitue effectivement pour beaucoup la condition d'un travail autonome et du travail choisi, ce qui est bien dans ce cas un revenu pour travailler (et qui donc s'auto-finance en partie) même si on ne doit pas y être obligé du tout, condition de la liberté du travail (et de prendre le temps d'élaboration, de formation, d'expérimentation, de soins, etc., sans oublier le temps de vivre évidemment!). La difficulté, comme toujours, c'est de tabler sur la liberté individuelle plutôt que la contrainte mais s'il est exclu d'obliger quiconque à un travail autonome (ni à une quelconque contrepartie productive d'ailleurs), cela n'empêche pas de l'encourager, de le rendre possible, d'y inciter par toutes sortes de mesures. Ce serait la fonction des "coopératives municipales" de fournir, quand c'est possible, les conditions matérielles et humaines du travail autonome permis par un revenu garanti, offrant ainsi à tous une alternative au marché du travail et à l'emploi salarié dans une entreprise marchande. - [Voilà le travail !](https://jeanzin.fr/2012/04/14/travail/): Il est tragique de voir qu'on voudrait interdire les licenciements au moment où c'est le CDI qui va disparaître, ce qui n'est qu'un exemple de volontarisme aveugle ne pouvant que mener à l'échec par refus de s'adapter à un nouvel environnement. On ne fait certes pas ce qu'on veut, obligés de tenir compte de la réalité, notamment de l'évolution des rapports de force aussi bien que des nouvelles forces productives, ce qui ne veut pas dire qu'on ne pourrait rien faire du tout, encore moins qu'on devrait accepter sans rien dire son misérable sort. Tout au contraire, notre époque est pleine de promesses d'une vie meilleure, d'une "libération du travail" qui serait le passage du travail forcé au travail choisi, ce qui n'est pas rien ! Seulement, au lieu de saisir cette chance, on préfère caresser l'illusion d'un retour en arrière au nom d'un pouvoir politique très surévalué. Le seul pouvoir du politique, c'est de tirer parti des potentialités du temps, de la « richesse des possibles » qui ne se confondent absolument pas avec toutes les rêveries qu'on a pu faire et qui n'ont jamais en rien changé le monde. En refusant de se tourner vers l'avenir et de nouveaux droits, on risque simplement de perdre tous nos droits sociaux acquis de haute lutte. Le diagnostic sur les transformations du travail à l'ère du numérique et toutes les possibilités que cela pourrait nous ouvrir est donc absolument essentiel pour abandonner les stratégies perdantes. Hélas, c'est complètement inaudible encore, on préfère les vieilles rengaines auxquelles on est habitué et qu'on se remémore avec émotion, mais les faits son têtus ! Dans ce contexte, il ne m'a pas semblé complètement inutile de rassembler un certain nombre de mes textes sur le travail pour qu'on prenne justement un peu plus le travail au sérieux, tel qu'il est aujourd'hui, et qu'on admette qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir un travail et de perpétuer l'ancienne subordination salariale mais de se préoccuper du contenu du travail et de la liberté dans le travail (le travail d'un homme libre). Au lieu de se bercer de l'illusion d'une fin du travail ou cultiver au contraire la nostalgie de la société salariale sur laquelle on reste bloqué, il faudrait se rendre compte à quel point, pour une bonne part de la population, changer le travail changerait réellement la vie (sans parler de la relocalisation de l'économie et de la sortie du productivisme consumériste). C'est cela qui est à portée de notre main, ou plutôt qui est notre avenir, la sortie du capitalisme par le travail autonome et non pas le national-capitalisme à la mode. Ces transformations du travail qui changent notre vie, c'est au niveau local, dans notre vie la plus quotidienne qu'elles devront s'enraciner, et c'est là, dans notre rayon d'action, qu'on pourrait s'y mettre sans tarder. - [Revue des sciences 04/12](https://jeanzin.fr/2012/04/01/revue-des-sciences-0412/): L’invention des hiéroglyphesUn canon à la place d’une fuséeUn mini trou noir traverserait la Terre sans dommagesPremières communications avec des neutrinosUn nouveau domaine, l’orientation du spin des électronsDes Leds qui ont un rendement supérieur à 100 % Le petit âge glaciaire était planétaireNouvelles projections démographiquesCapturer le CO2 puisqu’on ne peut réduire les émissions Les météorites, des machines à fabriquer les briques du vivantLes insecticides responsables de la disparition des abeillesLa fabrique de faux souvenirsLe cerveau des gorilles a évolué de manière proche des humainsNatasha, plus malin qu’un singe ordinaireNéolithique et disparition des mammouths dus à un astéroïdeLa vieillesse, clé de notre évolution, préprogramméeLes neurones du cerveau organisés en grilleL’effet du cannabis sur la mémoire de travailDe la difficulté d’inventer la roue L’ADN défectueux dans le sang cause du vieillissement ?La cause de l’Alzheimer trouvée : le FCN ?Le LSD contre l’alcoolismeL’élimination totale du SIDA en vue ?Un nouveau médicament contre toutes sortes de tumeurs L’impression nanométrique pour fabriquer rapidement des molécules - [Comment peut-on être de droite ?](https://jeanzin.fr/2012/03/29/comment-peut-on-etre-de-droite/): Il ne fait aucun doute pour moi, qu'être de droite, c'est être un salaud, égoïste et violent envers les autres, partisan du colonialisme, de l'esclavage, de l'extermination des pauvres, du rejet des immigrés, du mépris des faibles, de la dictature de l'argent, si ce n'est de la dictature tout court. On voit bien tous les thèmes défendus par la droite, de la sécurité ou la xénophobie à la défense des riches ou de la réussite individuelle, en tout cas de la culpabilisation des assistés, toute la barbarie humaine même bien refoulée. On sait que Sarkozy a bâti sa carrière sur le refus de s'excuser d'être de droite, légitimant au yeux de ses partisans soulagés les positions les plus immorales (sa réplique habituelle étant "on ne va pas se gêner !"). Un livre qui vient de paraître voudrait nous persuader que c'est une erreur de perspective de la gauche d'avoir une idée si négative des électeurs de droite, qui seraient eux, plus clairvoyants sur les gauchistes ! Certes, il n'est pas imaginable qu'il n'y ait une droite et une gauche mais il est assez ridicule de vouloir réduire cette division constitutive des démocraties à une question biologique entre réformateurs et conservateurs, refoulant les déterminations sociologiques beaucoup plus prégnantes. Qu'il y ait une droite raisonnable, pourquoi pas, celle que représenterait le prétendu "Parti Socialiste" par exemple serait encore acceptable, mais les droites actuelles ne semblent pas si bien intentionnées. - [Changer de système de vote](https://jeanzin.fr/2012/03/26/changer-de-systeme-de-vote/): La revue Pour la Science du mois d'avril a fait un dossier assez engagé sur les élections, que ce soit sur l'énergie, la sécurité ou la santé, ce qui est quand même assez étonnant pour cette version française de Scientific American. Le plus intéressant, qui m'a semblé mériter un article à part, c'est la proposition de 2 mathématiciens, Michel Balinski et Rida Laraki, reprise du rapport d’Olivier Ferrand pour Terra Nova "Réformer l’élection présidentielle, moderniser la démocratie", qui consisterait à remplacer le vote par une sorte de note attribuée aux candidats : Excellent, Très bien, Bien, Assez bien, Passable, Insuffisant, à Rejeter. Ne votez pas, jugez  ! La proposition est certes critiquable mais elle mérite assurément réflexion. - [New Age, le retour](https://jeanzin.fr/2012/03/22/new-age-le-retour/): La mode est au revival de ce qu'on croyait enterré depuis longtemps, occasion de rappeler que rien ne se perd d'un passé qu'il ne suffit pas de refouler. Ainsi, il n'a pas suffi de la victoire de 1945 pour supprimer tous les fascistes, de même que l'écroulement de l'URSS n'a pas été la disparition de tous les communistes de la terre, même réduits à la portion congrue. Ce n'est pas seulement que ces idéologies survivent et reviennent nous hanter mais que les nazis et les staliniens sont encore parmi nous sous d'autres habits néolibéraux ou religieux. Cependant, l'histoire ne se répète pas et les idéologies comme les gens évoluent dans l'après-coup de l'expérience et la confrontation avec de nouveaux contextes. Les fascistes d'aujourd'hui ne sont pas aussi abjects que les fascistes d'hier, de même que les communistes qui restent ont beaucoup changé et perdu de leur assurance. Qu'on assiste à une résurgence du passé qui se donne en spectacle ne veut pas dire que ces idéologies tournées vers un temps révolu auraient un quelconque avenir en dépit du retour critique dont elles auraient été capables. Le nouveau monde numérique dans lequel nous sommes entrés exige de toutes autres idéologies et même un complet renversement des valeurs par rapport au monde industriel qui s'achève. S'il faut absolument revenir en arrière pour trouver un appui historique, après le retour à la crise de 1929, à la Commune de 1871, voire à la Bastille de 1789, pourquoi pas revenir à 1967 dont le mouvement des occupations n'est pas si loin ? Là aussi, il ne faut pas s'attendre à devoir reprendre toutes les extravagances du New Age, le travail de l'histoire devant permettre de balayer ses naïvetés et ses outrances, mais c'est quand même plutôt dans ce sens qu'il faudrait aller plutôt qu'un retour au XIXè ou aux 30 glorieuses. Nous avons besoin de l'expression du nouvel esprit du monde, celui des pirates, de l'intelligence et du jeu, de nouvelles valeurs pour une ère nouvelle soucieuse des questions écologiques autant qu'éprise de liberté tout comme à l'époque psychédélique mais avec les réseaux numériques en plus. - [La crise et le déclin de l'Occident](https://jeanzin.fr/2012/03/07/la-crise-et-le-declin-de-l-occident/): 4 ans ! plus de 4 ans déjà que cette crise systémique a commencé et qu'on nous promet qu'on en voit la fin, qu'elle est déjà derrière nous, qu'elle est circonscrite alors qu'on attend toujours son dénouement qui tarde à venir pendant que les pays tombent un à un sous le poids de leur dette. Ce n'est pas fini et pourrait durer longtemps encore. Le temps de l'histoire est bien trop lent pour nos vies humaines, on se lasse vite de redire tout le temps la même chose. J'avais déjà averti qu'un pilotage à vue pouvait retarder assez longtemps les inévitables conséquences de cette crise : krach de la dette, effondrement du dollar et retour de l'inflation qui devraient inaugurer un nouveau cycle de Kondratieff (de croissance). Il faut dire que les moyens employés sont démesurés, se chiffrant en milliers de milliards, ce qui donne à chaque fois l'impression d'une situation maîtrisée alors qu'on se met dans une position très instable, comme en surfusion où le moindre incident déclenche une nouvelle crise encore plus grave ! C'est effectivement une caractéristique de ces crises systémiques, plus on les retarde et plus elles s'aggravent... - [Revue des sciences 03/12](https://jeanzin.fr/2012/03/01/revue-des-sciences-0312/): L’archéologie cognitive Vers une inversion des pôles ? La disparition de Neandertal L'altitude des nuages en baisse réduit le réchauffement - [Les 5 principaux regrets des mourants](https://jeanzin.fr/2012/02/25/les-5-principaux-regrets-des-mourants/): Bronnie Ware, une infirmière australienne en soin palliatif, a noté les réponses des mourants qu'elle accompagnait, dégageant dans un livre leurs 5 principaux regrets, étonnamment convergents, dont le Guardian a rendu compte au début du mois. Occasion de quelques réflexions personnelles qui n'avaient guère leur place dans la revue des sciences. - [Le monde humain comme monde commun](https://jeanzin.fr/2012/02/20/le-monde-humain-comme-monde-commun/): Etienne Bimbenet, L'animal que je ne suis plus, Folio Le monde commun est un rêve qui nous façonne depuis la première parole. p401 Ce livre est intéressant à plus d'un titre. D'abord il fournit un accès à toute une littérature qui va du cognitivisme à la phénoménologie en passant par l'éthologie, ensuite il tente une phénoménologie du vécu spécifiquement humain, en opposition à celui de l'animal. Son parti pris lui interdit de faire vraiment du langage ce qui nous sépare de l'animalité en donnant matérialité à la pensée (ce qui la façonne en retour) pour essayer d'en cerner la condition de possibilité pré-verbale. On peut considérer que c'est une impasse conceptuelle mais qui se révèle étonnement productive même si, malgré tous ses efforts, l'empreinte du langage se fait constamment sentir. Il aboutit en effet à situer dans la désignation, le simple geste de montrer du doigt, ce qui différencie déjà l'enfant du chimpanzé (qui en serait à peu près incapable), d'autant plus que ce geste ne serait pas impératif mais déclaratif. On peut certes trouver des contre-exemples ponctuels mais non pas contester son caractère exceptionnel dans le règne animal. Par contre, il est difficile de ne pas faire le lien avec la nomination. Faut-il donc y voir la condition du langage ou son effet (les bébés comprenant des mots dès 6 mois mais montrant du doigt dès 3 mois) ? Les deux pourraient se confondre dès lors qu'il y aurait eu sélection génétique, incorporation au génome de cette dimension essentielle de la nomination puisque c'est bien la spécificité de l'espèce humaine qui est visée (désignée) ici. - [Mais pourquoi donc les auteurs devraient-ils avoir des droits ?](https://jeanzin.fr/2012/02/15/pirate/): Comme on m'a demandé de participer à la réponse du Parti Pirate à un article de Laurent Joffrin sur le piratage, je me suis rendu compte que j'étais beaucoup plus radical qu'eux car opposé pour ma part au droit d'auteur, dans ma propre pratique, et peu soucieux de garantir les ressources des Majors. Position parfaitement "irresponsable" d'après le monsieur mais basée à la fois sur les capacités infinies de reproduction du numérique, sur la nécessité de partage du savoir ou de la culture, et sur les risques d'un contrôle totalitaire mais aussi sur le refus d'assimiler la création à un travail rémunérateur ou un investissement. Il n'y a en effet aucune raison que les auteurs aient des droits, pas plus que les artistes ne devraient absolument devenir riches quand ils ont du succès, eux qui ont toujours connu plutôt une vie de bohème. Si on veut gagner de l'argent, on fait autre chose. - [Ni César, ni tribun](https://jeanzin.fr/2012/02/10/ni-cesar-ni-tribun/): Dans cette période de retour du nationalisme, y compris à gauche, il n'est pas mauvais de citer ces paroles de l'Internationale que j'ai toujours préférées à celles de la Marseillaise (bien que je ne crois pas du tout qu'on puisse du passé faire table rase!). Cette composante libertaire qui faisait partie intégrante du communisme originel n'a pas empêché cependant que tous les pays socialistes qui avaient pris ce chant révolutionnaire pour hymne ne tombent systématiquement dans "le culte de la personnalité", pas assez analysé et dont cet article essaiera de montrer les convergences avec sa version individualiste. En effet, de même que Guy Debord avait distingué le "spectaculaire concentré" caractérisant les régimes dictatoriaux du "spectaculaire diffus" de la société marchande, on peut distinguer deux types très différents de culte de la personnalité, celui du chef, paré de toutes les vertus, et celui du "développement personnel" (de l'entrepreneur risquophile au consommateur béat ou de la pensée positive au créatif culturel), du petit maître enfin que chacun est sommé d'être, même dans les milieux marginaux ou qui se veulent radicaux ! Il est toujours intéressant de comprendre en quoi on se trouve contaminé par ce qu'on croit combattre radicalement mais l'enjeu pratique ici, c'est d'appeler à une stricte séparation entre morale et politique comme entre vie privée et vie publique, séparation mise à mal notamment par la critique de la vie quotidienne, le féminisme et l'écologie, position moraliste renforçant une personnalisation qu'on projette ensuite facilement sur un leader comme sur quelques vedettes médiatiques. Ce qui se voulait émancipation s'est transmué ainsi en nouvelle aliénation. Si nous devons nous sauver nous-mêmes, ce n'est pas en fonction des personnes ni de leur supposée excellence mais en tant qu'opprimés, exploités, méprisés. Cette nécessaire séparation entre morale et politique ne va pas de soi pourtant puisqu'elle exige une sortie des logiques identitaires et de toute idéalisation avec la reconnaissance de notre part de négatif, chose à laquelle on ne peut se résoudre... - [Revue des sciences 02/12](https://jeanzin.fr/2012/02/01/revue-des-sciences-0212/): L'avenir du travail Le vieillissement est dans le sang Les premiers multicellulaires Pas d'origine unique pour l'agriculture Comment un conducteur devient isolant La faute aux microbes Des physiciens expérimentent l'invisibilité temporelle Réchauffement : l’Homme retarde la prochaine glaciation Réduire les émissions de méthane et de particules Des prises intelligentes Standardiser les capteurs Réduire le gaspillage Les machines à laver polluent la mer Sous le fond des océans, la vie primitive Le caractère visible par IRM Le déclin cognitif commence à 45 ans Des psilocybes hallucinogènes contre la dépression ? Les autistes ont des bactéries intestinales différentes Les bienfaits de l'exercice La MutMap les nouveaux OGM Un smartphone qui se configure avec des puces RFID Un "hologramme tactile" Piloter un robot par la pensée - [Homme-Femme, l'idéologisation de la science](https://jeanzin.fr/2012/01/27/homme-femme/): Le dernier numéro de Sciences et Avenir consacré à la réfutation des différences entre hommes et femmes m'a paru tellement caricatural qu'il constitue une bonne illustration des dérives idéologiques de la science, aussi bien du côté sexiste que du politiquement correct constituant son pendant et qui n'ont tous deux rien à voir avec la science faussement invoquée dans un cas comme dans l'autre. Une nouvelle étude qui établit tout au contraire que ces différences existent mais qu'elles ne sont que statistiques va nous permettre de faire le point sur la confusion entre nature et norme. - [Critique de la critique](https://jeanzin.fr/2012/01/12/critique-de-la-critique/): J'avais déjà montré comme les mouvements d'avant-garde post-révolutionnaires pouvaient trouver leur modèle originel dans le trio d'étudiants formé par Hölderlin, Schelling et Hegel (la poésie, la mythologie et la science) voulant réaliser immédiatement ce qui leur apparaissait comme la Vérité même dont la Révolution française leur avait donné la preuve en même temps qu'un sentiment d'inachèvement avec la grande déception thermidorienne finissant en césarisme... On peut dire que Hegel a forgé sa dialectique sur ces contradictions de l'affirmation d'une liberté absolue qui mène à la Terreur supprimant toute liberté alors qu'ensuite l'Empire dominateur répand le Code civil et le règne du Droit, apportant la liberté dans une grande part de l'Europe ! Ce renoncement à l'immédiateté est de l'ordre d'un deuil impossible qui plongera Hegel dans une grande dépression mais il ne faut pas voir dans ses élans de jeunesse un simple égarement qu'il aurait dû surmonter car l'opposition au monde et la négation de l'existant constituent le moment initial de la dialectique qui s'enclenche avec la nécessité que ce premier positionnement critique soit suivi d'une "critique de la critique". C'est effectivement ce qu'on désigne habituellement comme le troisième temps d'une dialectique qui ne se limite certes pas à l'opposition des bons et des méchants car après la thèse puis l'antithèse, il y a la "négation de la négation" qu'on appelle trop rapidement synthèse. C'est, en effet, loin d'être la fin de l'histoire, plutôt l'engagement dans une série de rebondissements futurs et de retournements contradictoires dont le schéma est toujours à peu près le même. Si un mouvement révolutionnaire se pose d'abord en s'opposant à l'ordre établi et son discours trompeur, son arbitraire, ses injustices, il lui faut ensuite faire face à ses divisions internes et ses propres préjugés à mesure qu'il devient lui-même un pouvoir. - [Revue des sciences 01/12](https://jeanzin.fr/2012/01/01/revue-des-sciences-0112/): Le dernier ancêtre de Sapiens et Neandertal Nourrir et préserver la planète Les mathématiques pour réguler la finance 40% des emplois industriels perdus depuis 1975 Mars plus habitable que la Terre, en sous-sol Le peak oil repoussé, un nouvel âge d'or du pétrole Des super-condensateurs textiles pliables La tour Eiffel couverte de plantes Les orang-outans jouent avec des iPads L'apprentissage accéléré par IRM et neurofeedback Des téléviseurs holographiques ? - [2012, l'année de tous les dangers](https://jeanzin.fr/2011/12/20/dangers-2012/): On a beau ne pas croire à toutes les prédictions farfelues sur la fin du monde et vouloir faire le malin à qui on ne la fait pas, il est quand même bien difficile de s'imaginer que le monde ne va pas s'écrouler cette année, sans attendre sans doute la date fatidique du 21/12/12 ! Certes, ce ne sera pas vraiment la fin du monde, même pas du capitalisme comme on se précipite à l'espérer, mais il est encore plus difficile de savoir comment on va pouvoir se sortir de ce bourbier, les élections ne faisant qu'ajouter à la confusion. Pour les bons voeux, on repassera. Comme cela fait 4 ans que ça dure, on a pris l'habitude de l'extrême lenteur avec laquelle la crise s'aggrave et fait tomber les Etats un par un, on pourrait en avoir pour 10 ans peut-être mais, tout de même, cette fois on ne voit pas comment on va s'en tirer. Beaucoup dépend de l'effondrement du dollar qui devrait s'être produit depuis longtemps déjà et donc peut à nouveau être différé quelque temps alors même que la planche à billets tourne à plein régime, venant de rajouter au pot encore 1000 milliards fictifs, c'est Noël ! Il est quand même peu probable que ça tienne encore longtemps comme cela, la crise touchant maintenant au coeur, ne laissant personne à l'abri et devant se transmettre aux monnaies désormais. - [Un revenu pour travailler](https://jeanzin.fr/2011/12/14/un-revenu-pour-travailler/): Je voudrais prendre à revers l'interprétation courante d'un revenu de base inconditionnel comme devant nous délivrer du travail alors qu'il est tout au contraire la condition d'un travail autonome et qu'il doit donc être considéré comme productif. C'est ce qui lui donne un tout autre sens que la seule suppression de la misère, justifiant dés lors un montant supérieur au minimum vital sans que cela puisse être considéré comme une simple dépense mais au contraire une ressource ou un investissement. Cependant, pour que ce point de vue soit effectif, on ne peut faire du revenu garanti une mesure isolée sans les institutions démocratisant l'accès au travail autonome (notamment des coopératives municipales), non pas un solde de tout compte mais un point de départ, une condition préalable au dépassement du salariat qui n'est en rien une fin du travail dans une civilisation des loisirs si ennuyeuse. - [Theory of society](https://jeanzin.fr/2011/12/09/theory-of-society/): Following on from my book on life, I am once again tackling a task that is impossible but which I believe to be essential in view of the various political ideologies and projects for social transformation. This is by no means an attempt to provide a complete theory of human sociality, which would require entirely different dimensions, but simply to offer some key insights into how human societies function beyond the myths we have created about them. This minimal anthropology is not a theoretical problem but a highly practical one, in that it allows us to determine against the dreams of ... Lire la suite - [Théorie de la société](https://jeanzin.fr/2011/12/09/theorie-de-la-societe/): Dans le prolongement du livre sur la vie, je m'attelle à nouveau à une tâche impossible mais qui me paraît indispensable au vu des différentes idéologies politiques et des projets de transformation sociale. Il ne s'agit en aucun cas de prétendre à une théorie complète de la socialité humaine, ce qui exigerait de toutes autres dimensions, mais à donner simplement quelques repères principaux du fonctionnement des sociétés humaines au-delà des mythes qu'on s'en fait. Ce minimum d'anthropologie n'est pas, en effet, un problème théorique mais pratique au plus haut point en ce qu'il permet de déterminer, contre les rêves d'un "homme nouveau" fantasmé, ce qu'on peut espérer en politique et les limites de la plasticité humaine, au-delà de la fable d'une nature bonne qui aurait été pervertie ou de l'appel aux valeurs morales aussi bien qu'aux hommes de bonne volonté comme si tous nos problèmes venaient de la méchanceté du coeur des hommes. Le problème, c'est bien plutôt que pour comprendre les sociétés et leur rapport aux individus qui les composent, il faut non seulement adopter un matérialisme historique et dialectique complètement déconsidéré mais intégrer des concepts très controversés comme ceux de totalité sociale, de structure, de système ou de cycle (de macroéconomie), de champ social, de discours ainsi que de rationalité limitée, d'information imparfaite, etc. La société, ce n'est pas la communauté, pas un peuple, ce n'est pas la famille, ce n'est pas seulement nos rapports ou nos échanges avec les autres, c'est une organisation sociale, des rites et des institutions, des textes fondateurs, un mode de vie et de coexistence sur un territoire, avec en premier lieu les systèmes de production assurant la survie matérielle et la reproduction sociale. Toute une tradition nominaliste a prétendu que la société n'existait pas, ce qui est consternant d'aveuglement, en particulier dans les rapports avec d'autres sociétés, pas seulement la guerre. Ce réductionnisme voudrait tout expliquer par l'auto-organisation des individus ou leurs capacités d'imitation alors que la mobilisation générale vient clairement d'un niveau supérieur sur lequel l'individu a peu de prises. Ce qui n'existe pas, c'est plutôt l'individu autonome, le self made man qui ne doit rien à personne et dont Robinson a créé le mythe fondateur. Il faut reconnaître tout au contraire nos interdépendances et nos appartenances, non seulement une langue commune et toute la culture dont nous héritons, mais aussi bien la coopération productive, la monnaie, les circuits du don et des échanges, l'état des techniques et de la médecine, les infrastructures matérielles et le code de la route qui va avec, etc., existence bien réelle de la société au-dessus de nous. Il faut être aveuglé par l'idéologie pour ne pas reconnaître l'utilité sociale, la sphère publique et les biens communs légitimant l'impôt qui les finance et qui doit être approuvé démocratiquement, domaine privilégié de la politique, mais cette société au-dessus de nous peut faire sentir aussi toute son oppression en écrasant les individus. On va donc essayer d'esquisser quels sont ces individus qui font société alors qu'ils en sont le produit, quels sont les principaux déterminismes sociaux et le système de production auxquels ils participent. - [Revue des sciences 12/11](https://jeanzin.fr/2011/12/01/revue-des-sciences-1211/): Des traces d'autres univers ? Les virus comme armes On veut faire revivre l'homme de Neandertal! Toutes les particules intriquées ? Le risque de trous noirs au LHC réévalué Des constantes fondamentales changeraient dans le temps et l'espace Le réchauffement moins sensible au CO2 que prévu ? Imprimer le graphène en 3D avec une jet d'encre L'ancêtre de la vie aurait été un super-organisme marin Naissance de la parole Les questions du cerveau L'orgasme féminin en IRM Une protéine contre les radiations Le BPA dans les boîtes de conserve Voir avec les oreilles Les fibres optiques rattrapées par le sans fil Des bombes à 6000km/h et la militarisation de l'espace - [La montée des taux et le krach de la dette](https://jeanzin.fr/2011/11/14/la-montee-des-taux-et-le-krach-de-la-dette/): D'une certaine façon, on peut dire qu'il ne sert à rien de se projeter dans le long terme. Les boursiers savent bien qu'il ne faut pas avoir raison trop tôt et qu'il vaut mieux avoir tort avec les autres que raison tout seul, ce qui signifierait dans ce cas perdre gros sur le court terme. Cela explique les mouvements erratiques de la Bourse et leur réactivité disproportionnée aux nouvelles immédiates, bien trop rassurés en effet par les dernières péripéties d'une prise de pouvoir de la finance sur les Etats. Non seulement on ne gagne rien sur le moment à la clairvoyance mais personne ne vous en saura gré lorsque les faits vous auront donné raison et que cette opinion sera devenue commune. On dira par exemple que, de toutes façons, il y a toujours des prophètes de malheur qui finissent par avoir raison quand une catastrophe se produit, un peu comme une montre arrêtée marque l'heure exacte une fois par jour... Ce n'est pourtant pas la même chose de croire qu'il n'y aura plus jamais de crises comme on s'était laissé allé à le penser (comme en toute bulle) ou d'annoncer la prochaine, même si on est bien incapable d'en donner la date. Ce n'est pas de prévoir la crise cependant qui peut avoir un quelconque intérêt, mais de tenter d'en expliciter les mécanismes, même si c'est un exercice complètement inutile. En tout cas, dans les politiques de rigueur comme dans les réactions boursières personne ne semble apercevoir ce qui crève les yeux, que la hausse des taux contre lesquelles les Etats se mobilisent est inévitable à plus ou moins long terme, précipitant tôt ou tard le krach de la dette. - [Revue des sciences 11/11](https://jeanzin.fr/2011/11/01/revue-des-sciences-1111/): Le retournement temporel des ondes La dualité onde-corpuscule à l'œil nu L'intelligence se construit par l'inhibition Quand l’Univers s’est illuminé Les américains aussi veulent capturer des astéroïdes La lévitation des supraconducteurs Les cycles solaires font les hivers froids à cause des UV Une contre-expertise de climato-sceptiques confirme le réchauffement Le sodium à la place du lithium Des membranes pour stocker l'énergie Chaleur plus électricité Après le Mimivirus, le Mégavirus Une longévité épigénétique qui se transmet sur 3 générations L'humanité de l'homme Les bases neuronales de l'hypnose Les ondes arrêteraient le métabolisme du glucose Holodesk pour manipuler la 3D avec les mains Des exosquelettes impressionnants - [La relocalisation par internet](https://jeanzin.fr/2011/10/23/la-relocalisation-par-internet/): Il y a de fortes raisons de privilégier les approches politiques et collectives mais il se pourrait que ce soit un objectif plutôt qu'un préalable. La conception systémique d'une véritable alternative combinant production, échanges et revenu a l'avantage de fixer un cap en montrant la cohérence entre revenu garanti, monnaies locales et coopératives municipales mais l'inconvénient d'apparaître irréalisable tout en même temps... De même que la vie n'est pas apparue par une auto-organisation miraculeuse mais a été précédée de plusieurs étapes, il faut sûrement procéder très progressivement pour la relocalisation et la construction d'un système alternatif. Du coup, tout pourrait commencer par quelque chose d'on ne peut plus simple : un site d'échanges locaux. - [Mayotte à feu et à sang](https://jeanzin.fr/2011/10/21/mayotte-a-feu-et-a-sang/): Un courrier que j'ai reçu sur la situation à Mayotte. Comme les médias nationaux ne font pas leur boulot, je vous envoie quelques nouvelles du front, car c'est bien de front dont il s'agit. Nous en sommes ici à 25 jours de grève et de manifestations. Et il a fallu un mort pour que les médias nationaux se déplacent, que l'assemblée nationale et le sénat s'émeuvent. Le prétexte de ces émeutes est le véritable problème de la vie chère. Je dis prétexte parce que les évènements font émerger des problèmes sociaux encore plus épineux. - [Le retour des luttes d'émancipation](https://jeanzin.fr/2011/10/20/le-retour-des-luttes-d-emancipation/): Pour toutes sortes de raisons le mouvement des indignés ne semble pas prendre pour l'instant en France. C'est pourtant de là que l'impulsion initiale est partie, à la grande surprise du merveilleux Stéphane Hessel qui n'y est pas pour grand chose et a dû essuyer par ici de nombreuses critiques injustifiées. Ce n'est pas si grave et n'empêchera pas ce premier mouvement révolutionnaire mondial d'être irréversible et de marquer le retour des luttes d'émancipation après des années de soumission à l'économisme le plus sordide. Bien que le caractère social des revendications soit manifeste, facteur premier des mobilisations, il faut insister sur le fait que ce ne sont pas simplement des revendications matérielles et des luttes catégorielles mais tout autant des luttes d'émancipation qui visent à étendre les droits de l'individu contre le système et se libérer de la dictature économique (ce qui n'est certes pas une mince affaire mais prend avec la crise un sens très tangible). En tout cas, depuis les révolutions arabes, on entend beaucoup le mot de liberté. Il faut célébrer ce retour de l'étendard de la liberté dans notre camp, qu'avait voulu nous confisquer trop longtemps un libéralisme économique autoritaire. On peut dire que ce mouvement dénonce une liberté formelle au nom de la défense de nos libertés concrètes. Cela suffit pour nous faire renouer avec toute la tradition révolutionnaire dont nous prenons la suite même à l'aborder avec un regard très critique et beaucoup moins d'illusions afin de ne pas refaire les mêmes erreurs mais tirer enseignement de ses échecs passés. - [L'appauvrissement volontaire](https://jeanzin.fr/2011/10/09/l-appauvrissement-volontaire/): Bien loin des analyses du Capital, les marxistes avaient tendance à réduire le capitalisme à la captation illégitime de la force de collectivisation du travail, ce qui leur permettait de promettre des lendemains qui chantent avec une productivité soi-disant augmentée et une abondance socialiste que tout démentait hors la propagande soviétique. Il faut se persuader au contraire que le capitalisme et son productivisme intrinsèque sont imbattables dans la production de richesses monétaires et de marchandises. Toute alternative devrait donc se traduire par une réduction plus ou moins sensible du pouvoir d'achat d'une majorité de la population, d'autant plus dans ces périodes de crise. Prétendre qu'on saurait mieux faire marcher l'économie que le capitalisme marchand est une illusion sauf à en adopter son productivisme justement. On ne fait pas ce qu'on veut en économie. L'échec de 1936, c'est la dévaluation et l'inflation qui ont annulé les augmentations de salaire arrachées de haute lutte, sa victoire, ce sont des droits conquis comme les congés payés. On peut certes attendre beaucoup d'une "libération du travail" et de la créativité qu'elle devrait produire, une bien meilleure qualité de vie mais certainement pas une augmentation du PIB ni des revenus sauf pour les plus pauvres. - [Revue des sciences 10/11](https://jeanzin.fr/2011/10/01/revue-des-sciences-1011/): Seuls dans l'Univers? Histoire de l'oeil Le réchauffement du Permien moins rapide que l'actuel La vie avant l'ARN Des neutrinos iraient plus vite que la lumière L'espace orienté Les Chinois pensent à exploiter des astéroïdes Supraconducteurs L'explosion de la consommation d'énergie Et si nos voitures roulaient au nucléaire ? De l’hydrogène produit grâce à l'osmose inverse et des bactéries Du pétrole en Moselle ? La fin des marronniers Reconstitution de ce que voit le cerveau Un rat avec une partie de cerveau électronique Un vaccin contre le cancer du poumon Vitamines B contre Alzheimer Near Death Experiences 38,2% d'Européens ont des troubles psychiques Les premiers câbles électriques en nanotubes - [La relocalisation de la production](https://jeanzin.fr/2011/09/24/relocalisation/): Adresse aux 2èmes rencontres de la relocalisation (24 et 25 septembre) L'écologie, c'est d'abord la relocalisation puisque c'est la réhabitation de notre territoire et la réappropriation de nos vies dans lesquelles la production et le travail occupent une grande place. L'économie locale est à la fois un facteur déterminant de notre qualité de vie et de l'équilibre local. La relocalisation concerne aussi bien la production d'énergie, par le solaire et autres énergies renouvelables, l'agriculture, avec l'organisation de circuits courts, et même l'industrie qui délocalise, mais la relocalisation concerne majoritairement les services (de proximité) et le travail immatériel à l'ère du numérique. Il s'agit non seulement de travailler au pays (sans dépendre de multinationales) mais d'accéder au travail choisi et d'échapper au salariat productiviste (ce qui nécessite un revenu garanti) tout en trouvant à valoriser ses compétences (grâce à des coopératives municipales), en privilégiant les échanges de proximité (avec des monnaies locales). - [Vers des villes vertes](https://jeanzin.fr/2011/09/14/vers-des-villes-vertes/): L'écologie comme "vie naturelle" peut difficilement s'appliquer aux grandes villes et pourtant, non seulement la majorité de la population mondiale vit maintenant dans des grandes villes mais c'est devenu écologiquement incontournable, réduisant les déplacements et l'impact sur l'environnement. Il n'y a pas d'alternative au moment où l'on va atteindre le pic de la population mondiale qui doit encore augmenter de 40%, ce qui n'est pas rien. Dans ce contexte, le retour à la terre ne sera possible que pour une toute petite minorité (qu'on peut certes encourager). C'est bien là où l'écologie responsable se révèle incompatible avec des utopies écologistes complètement en dehors du temps alors qu'il faut bien s'affronter aux réalités de l'époque pour sauvegarder l'avenir. On ne choisit pas le monde dans lequel on naît et il ne fait aucun doute que le monde futur sera à la fois numérique et plus peuplé qu'aujourd'hui (sauf épidémie foudroyante toujours possible) avant d'entamer sa décroissance dans 50 ans peut-être ? Au lieu de rêver d'un déferlement des urbains sur les campagnes, l'enjeu actuel est donc plutôt de rendre les villes plus écologiques, d'amener la nature dans les villes plutôt que de bâtir des villes à la campagne. - [Revue des sciences 09/11](https://jeanzin.fr/2011/09/01/revue-des-sciences-0911/): Le désordre des protéines La langue façonne la pensée Le principe de Peter Un quasar lointain éclaire les débuts de l'univers La nouvelle théorie de Lee Smolin : l'espace des moments La gravité n'est pas une émergence entropique La Lune aurait absorbé une autre lune Les Chinois veulent détourner Apophis de la Terre Une ceinture d'antiprotons autour de la Terre Une cape d'invisibilité pour la lumière visible Influence des rayons cosmiques sur la formation des nuages Une prolongation du courant du Labrador en eau profonde Une machine à fabriquer de l'eau Confirmation du monde ARN à l'origine de la vie Les mêmes contraintes conduisent aux mêmes évolutions De l'importance de la biodiversité La communication universelle entre bactéries Un robot-abeille parle aux abeilles L'évolution à l'envers : un alligator dans un oeuf de poule Homo Erectus faisait cuire ses aliments Le vieillissement s'arrête à 90 ans Vaginale "et" clitoridienne Vous n'avez plus que 12 ans à vivre Une pilule contre les coups de soleil L'Ecstasy contre le cancer Nicotine contre Parkinson Le sel aggrave le déclin cognitif Du sang neuf pour un cerveau neuf Un test de paternité pendant la grossesse Une mousse stable 6 mois jusqu'à 60°C Graver ses DVD dans la pierre Utiliser les interférences pour accélérer les communications sans fil Passer les vitesses du vélo par la pensée - [Vent de panique](https://jeanzin.fr/2011/08/15/vent-de-panique/): Il n'y aurait pas grand chose à ajouter sur une crise qui s'aggrave comme prévue, sinon qu'on mésestime en général la capacité d'un "pilotage à vue" de faire durer des états instables. Il avait été démontré ainsi qu'on pouvait (théoriquement) contrôler des phénomènes chaotiques comme des ouragans avec de petites interventions bien ciblées à condition d'avoir une réactivité suffisante mais, bien sûr, plus la crise dure et plus un quelconque grain de sable peut tout gripper. Or, on a de bonnes raisons de croire que ce grain de sable devrait être politique. Que ce soit du côté des USA ou de la désintégration de l'Euro (voire de la Chine?). En tout cas, la situation se détériore avec le temps faisant éclater la belle solidarité initiale face à la menace de crise systémique et laissant souffler ce qu'on doit bien appeler un vent de panique, sensible dans les commentaires de quelques analystes au moins. - [Revue des sciences 08/11](https://jeanzin.fr/2011/08/01/revue-des-sciences-0811/): L'inflation cosmique remise en question Des octonions pour la théorie des cordes L'entropie négative La quantification des trous noirs Un trou dans le temps Maintenir l'intrication dans la durée Une nanosphère superposée en 2 endroits à la fois Des cellules solaires imprimées ou en spray Les maisons Nano en kit de Tata à 500€ Ce qui n'est pas génétique dans l'évolution Un signal bioélectrique précéderait la différenciation des organes La personnalité d'animaux sans cerveau Pas de grand-parents avant 30 000 ans Nous étions 10 fois plus nombreux que Neandertal Nos ancêtres les Gravettiens Le cerveau du vague au précis On a fait pousser une dent de souris dans un rein… Le contrôle par la pensée pour les paralysés Les machines outils de la nanotechnologie Les robots intelligents - [Crise globale et alternatives locales](https://jeanzin.fr/2011/07/22/crise-globale-et-alternatives-locales/): Les dernières péripéties des créanciers européens pour s'assurer le remboursement de leur dette par une Grèce exsangue manifestent plusieurs évidences : - D'abord que "la crise n'a pas encore eu lieu", qu'on ne fait que repousser mois après mois depuis 2008 par des mesures plus ou moins impressionnantes, mais qui devrait s'aggraver assez vite maintenant. - Ensuite, qu'on ne fait à chaque fois que le minimum requis, même si ce minimum a pu être au début des sommes inimaginables, les dernières mesures étant notoirement insuffisantes, le défaut de paiement de la Grèce pouvant même avoir des effets systémiques, un peu comme la faillite de Lehman Brothers. - Enfin que les décisions ne dépendent pas plus de nous qu'une déclaration de guerre, nous transformant en spectateurs plus qu'en acteurs de l'histoire. La démocratie se réduit ici au fait que ceux qui prennent les décisions soient nos élus, mais ils s'enferment pendant des heures pour nous gratifier des conclusions de leur conclave sans que nous ayons notre mot à dire, ou plutôt sans que personne ne se soucie de ce qu'on peut en dire. Pas tout-à-fait, les discours dominants et des théories économiques (largement erronées) gardent une grande influence mais seulement en ce qu'ils s'incarnent dans des institutions. - [Un homme de parole (le sujet du langage)](https://jeanzin.fr/2011/07/10/un-homme-de-parole-le-sujet-du-langage/): Pour finir la série, après avoir survolé l'histoire de l'humanisation du monde et de sa transformation matérielle, il s'agit de comprendre en quoi précisément le langage narratif a pu tout changer de notre vécu au point de nous séparer des autres animaux. Il n'y a pas de nature humaine, ce qui fait l'homme, c'est la culture qui s'oppose à la nature par construction, la raison qui nous détache du biologique, la civilisation qui réprime nos instincts, l'histoire qui prend le relais de l'évolution. C'est un nouveau stade de la séparation du sujet et de l'objet, de l'autonomisation de l'individu par rapport à son environnement, processus qui vient de loin et n'est pas réservé à notre temps. Tout n'est pas culturel pour autant. Il ne s'agit en aucun cas de nier les mécanismes biologiques étudiés avant, par exemple dans la différence des sexes, mais de ne pas les assimiler trop rapidement à ce que la culture y superpose de systématisation (dans la division actif/passif notamment). Pour les sociétés humaines, rien ne justifie de faire du biologique une raison suffisante, encore moins une norme culturelle, et il faudrait éviter les tentations scientistes de mettre sur le compte de la biologie ce qui résulte d'une longue histoire. L'essentiel, c'est le lien de la culture et du langage tel qu'il avait été établi par le structuralisme dont l'apport là-dessus est considérable et ne peut être ignoré. On peut regretter le discrédit dans lequel il est tombé de nos jours, certes à cause de ses excès, ses erreurs, ses errements. Le phénomène est on ne peut plus classique et relève justement d'une analyse structurale : chaque génération se construit sur l'opposition à la génération précédente et toute théorie trop dominante est destinée à un temps de purgatoire quand elle est passée de mode ! Il n'empêche que la culture, les contes, les mythes, les rites, les modes relèvent bien d'une approche linguistique et structurale, ce qui n'est en rien une négation de l'histoire comme le craignait Jean-Paul Sartre, ni même de l'humanisme, encore moins de la liberté. On devrait parler plutôt, comme Lucien Goldmann, d'un structuralisme génétique car les structures évoluent, bien sûr. Ce n'est pas parce qu'il y a des règles qu'elles ne peuvent pas changer, simplement elles doivent garder une certaine cohérence, un peu comme l'évolution du squelette doit respecter des contraintes structurelles, évoluant donc plutôt par sauts et changements de paradigme (ou d'épistémé). - [L'humanisation du monde](https://jeanzin.fr/2011/07/07/l-humanisation-du-monde/): On continue. Après avoir passé en revue l'origine de la vie et de la subjectivité puis tout ce que nous partageons avec les animaux, en particulier les chimpanzés, il faut prendre la mesure de ce qui malgré tout nous sépare de la nature (et donc de toute nature humaine) avec le langage, la culture, la civilisation, séparation progressive mais qui n'est plus réductible au corps, ni à l'espèce dès lors qu'il s'agit bien de l'humanisation du monde. S'il faut tenir compte de notre nature animale et de nos besoins vitaux, puisque nous restons des animaux, le biologisme nous réduisant au corps a toujours été une dangereuse barbarie, même lorsque c'est au nom de la jouissance et d'une libération de nos pulsions. L'écologie-politique consiste à réintroduire la nature dans la culture (mettre la nature en culture), ce qui est tout autre chose. - [Revue des sciences 07/11](https://jeanzin.fr/2011/07/01/revue-des-sciences-0711/): Ce que l'épilepsie révèle de la conscience Le baclofène contre la dépendance à l'alcool ? Un démon de Maxwell pour refroidir les atomes Premiers accouplements, premiers vivipares La fonction du rêve L'inexplicable dualité entre trous noirs et supraconduction Vers un petit âge glaciaire ? Lutter contre la pollution atmosphérique augmenterait la température de 3°C ! Le GIEC envisage des miroirs pour nous protéger du soleil Un accélérateur d'évolution Reproduction en laboratoire des premiers multicellulaires ? La vieillesse, un effet du risque de mortalité précoce ? Les Australopithèques n'étaient pas nomades L'évolution humaine 30 fois plus lente que prévue Le croisement avec Neandertal nous aurait adapté aux contraintes locales Le néolithique a dégradé nos conditions de vie La simulation du fonctionnement du cerveau Copier et restituer la mémoire La médecine chinoise contre le Parkinson - [La part animale de l'homme](https://jeanzin.fr/2011/06/26/la-part-animale-de-l-homme/): Redonnons le contexte. Après avoir défini la vie comme se créant elle-même dans l'épreuve du réel par la reproduction et la sélection constituant un processus cognitif dès la première cellule, nous avons essayé de cerner ce qui constituait la subjectivité du vivant, son vécu dans ses formes les plus simples jusqu'à l'apparition d'un système nerveux et les premiers sentiments de plaisir ou de peine à la base des capacités d'apprentissage. Dans ce chapitre, nous allons essayer de rassembler tout ce que notre subjectivité doit à sa part animale. Là encore on pourra toujours y voir de simples poncifs d'une vieille biologie réfutée depuis longtemps alors que c'est plutôt leur ré-interprétation complète à l'aune de l'éthologie et de la biologie la plus actuelle ainsi qu'une "critique de la critique" de l'anthropomorphisme, du vitalisme et du finalisme qui ne nous ramène pas à l'état antérieur (négation de la négation toujours partielle), mais qui réintroduit ces notions, qui s'imposent de l'expérience animale et de notre vécu, en les débarrassant de leur contamination initiale par la théologie. Notamment, ce qu'on appelle "la théorie de l'esprit", capacité de se représenter la subjectivité d'un autre animal, justifie une certaine connaissance participative qui accède sans conteste à une réalité effective malgré sa part de projection et d'arbitraire. - [La révolution a déjà commencé](https://jeanzin.fr/2011/06/15/la-revolution-a-deja-commence/): Avant de prendre congé, alors que le mouvement semble connaître un reflux, à l'exception notable de la Grèce, il me semble que c'est le moment de se rendre compte que, quoiqu'il arrive, la révolution a déjà commencé. Cela ne veut pas dire que la victoire serait proche, encore moins qu'elle serait facile. Il faut s'attendre à bien des revers mais si l'on peut dire que la crise n'a pas encore vraiment eu lieu, retardée par l'intervention des Etats, on a du moins déjà les prémices des révolutions à venir. Dans le sillage des révolutions arabes, le mouvement des indignados a bien posé les bases des mobilisations populaires devenues indispensables pour sortir de l'impasse où nous conduisent des marchés financiers aveugles. - [La subjectivité du vivant](https://jeanzin.fr/2011/06/12/la-subjectivite-du-vivant/): Je continue la publication de ce "livre de la vie" chapitre par chapitre afin de pouvoir les enrichir et les corriger dans ce work in progress On a tenté de dégager les principes de la biologie, d'une compréhension scientifique de l'évolution, mais cela nous a mené à reconnaître la subjectivité du vivant, sa spontanéité. Je m'aventure un peu loin sans doute à vouloir aborder la question non plus cette fois du côté de l'objectivité des processus biologiques mais du ressenti, du vécu lui-même que nous ne pouvons connaître que par notre expérience d'être vivant mais qui commence indubitablement avec le plus simple des organismes et donc avec la cellule bien avant l'animal. Je n'aurais jamais cru pouvoir parler un jour de la subjectivité de l'amibe. Rien ne semble apparemment plus ridicule. Pourtant, si la vie commence avec les bactéries, c'est à ce niveau que doit bien commencer le vécu. Avant Pasteur, les philosophes n'avaient pas ce problème épineux même si on soupçonnait déjà que la fermentation était vivante. Ainsi, Hegel ne connaissait rien du bacille du choléra qui l'a emporté ; mais si Aristote, Kant, Hegel, Heidegger ont tous insisté sur la subjectivité de l'organisme comme totalité, on doit bien admettre que cela s'applique à la cellule tout autant. Ce qui mérite réflexion au moins. - [Revue des sciences 06/11](https://jeanzin.fr/2011/06/01/revue-des-sciences-0611/): L'anatomie du neutron Les surprises de l'évolution humaine Des hallucinogènes médicaments À chacun son satellite Un bâtiment de 400m² il y a 11 000 ans Une planète habitable ? Découverte d'un boson Z' et d'une nouvelle force ? Enorme astéroïde en direction de la terre Le réchauffement climatique pourrait ranimer la maladie du charbon Le photovoltaïque et thermovoltaïque ultime Les bactéries peuvent-elles engendrer des ondes magnétiques ? Des doutes sur la date de l'origine de la vie Des gènes humains trouvés chez les chiens Le gène du risque de ceux qui ont quitté l'Afrique La conscience est top-down La mémorisation des souvenirs S'indigner, signe de santé mentale Une voiture qui prend vos habitudes La domotique commandée par smartphone Fabs Labs, etc. - [La démocratie est un rapport de force](https://jeanzin.fr/2011/05/29/la-democratie-est-un-rapport-de-force/): Quelques réflexions rapides sur les perspectives du mouvement en cours Rien de plus bienvenu que d'exiger une démocratie réelle à la place d'une démocratie formelle de plus en plus vidée de sa substance mais il faudrait bien comprendre pourquoi le droit de vote ne suffit pas à définir un régime démocratique, ce qui peut paraître étonnant, tout de même, du moins quand les élections ne font pas l'objet de falsifications patentes. On fait appel en général à une supposée "servitude volontaire" assez imbécile, donnant l'illusion qu'il suffirait d'éclairer le peuple de nos lumières pour qu'il suive la voie lumineuse de l'émancipation (la nôtre bien sûr). C'est tout autre chose et un peu plus compliqué, d'une part du fait que la vérité n'est pas donnée (on a toujours moins raison qu'on ne croit et on ne pense pas tous pareil, loin de là) mais surtout parce que le vote est avant tout un rapport de force, ce qui est beaucoup trop dénié alors que sous la monarchie, voter était ouvertement un rite de soumission. - [Auto-organisation et sélection génétique](https://jeanzin.fr/2011/05/21/auto-organisation-et-selection-genetique/): Le vivant post-génomique ou qu'est-ce que l'auto-organisation, Henri Atlan Henri Atlan faisait partie des membres originaires du GRIT mais cela n'empêche pas que je me situe à peu près à son exact opposé sur des points fondamentaux qu'on peut relier à nos conceptions différentes de l'information. En effet, non seulement il prétend tout expliquer par l'auto-organisation, ce qui me semble très exagéré au moins (et pas du tout aussi original qu'a pu l'écrire Philippe Petit) mais il attaque frontalement tout ce que je crois devoir réhabiliter (voir mon article précédent) : la spécificité de la vie, le rôle de la finalité comme inversion de l'entropie et même la sélection darwinienne comme seul facteur explicatif, ce qu'il appelle "l'épistémologie évolutive" (p134), sans parler de la liberté et du dualisme entre l'esprit et le corps (comme entre l'information et l'énergie ou la matière). - [La vie incréée](https://jeanzin.fr/2011/05/12/la-vie-increee/): La vie, c'est apprendre à surmonter l'entropie pour éviter le pire et tirer parti de l'occasion. Ce n'est pas la première fois que j'écris sur le sens de la vie et la trivialité des réponses que j'en donne paraîtra déplacée à tous les croyants comme à ceux qui voudraient rêver leur vie mais ce texte qui prolonge de l'entropie à l'écologie est le premier chapitre d'un livre sur la biologie et la vie comme évolution qui devait rassembler la matière des articles cités à la fin. C'est de façon complétement inattendue que s'est imposé le thème de l'absence d'un dieu créateur pour comprendre les finalités biologiques, l'essence de la vie et de son autonomie évolutive, la neutralité scientifique n'étant pas tenable à propos de la différence entre une vie qui se construit pas à pas et une création par un supposé grand architecte. On verra, en effet, que la vie se caractérise bien par sa vitalité qui est à la fois reproduction, sélection, évolution, régulation (boucle de rétroaction), exploration, adaptation, activité vitale constituant sa subjectivité, sa spontanéité, et qui s'oppose constamment aux forces de destruction entropiques grâce à l'information, la correction d'erreur et la mémoire, processus cognitif dès la première cellule introduisant la finalité dans la chaîne des causes, la difficulté étant de comprendre, hors de tout spiritualisme, le dualisme fondamental opposant la vie à la matière inerte, sa réactivité, son dynamisme propre, l'expérience du temps (de l'après-coup) et l'épreuve du réel permettant l'inversion des causes et de l'entropie jusqu'à se complexifier de façon inouïe et coloniser toute la biosphère. Il y a, bien sûr, des conséquences politiques à en tirer à l'ère de l'information, de l'écologie et du développement humain. - [Revue des sciences 05/11](https://jeanzin.fr/2011/05/01/revue-des-sciences-0511/): L'acquisition du langage La production des mots La localisation des chromosomes Le biface venu d'Inde ? Le bilinguisme favorise la flexibilité cognitive MOND contre Einstein Homo heidelbergensis ancêtre de Néandertal et Sapiens ? Pas de langue universelle mais une origine commune 11 milliards en 2050 ? Les oméga-3 aggraveraient le cancer de la prostate Stimulation du cerveau par ultrasons etc. - [Les contradictions entre révolution et démocratie](https://jeanzin.fr/2011/04/12/les-contradictions-entre-revolution-et-democratie/): Lorsque j'annonçais le retour des révolutions et de l'inflation, cela ne paraissait guère crédible à l'époque, pas tellement plus que lorsque je soulignais l'année dernière la nécessité de l'intervention des peuples, tant s'imposait la certitude d'une fin de l'histoire où plus rien ne pouvait changer. Maintenant que ce sont devenus des faits incontestables, il convient de tempérer les illusions qu'ont pu faire naître les révolutions arabes et la perspective d'un effondrement du capitalisme bien peu probable (même si le pire est sans doute encore devant nous), en rappelant la dialectique bien connue des mouvements révolutionnaires suivis régulièrement par un retour à l'ordre souvent musclé. Pour ne pas se tromper de stratégie, il faudrait prendre en compte à la fois ce que les soulèvements populaires peuvent avoir de nécessaires, y compris en démocratie quand elle devient trop oligarchique, et les limites que la démocratie peut mettre aux espérances révolutionnaires. On le sait depuis Mai68, rien de mieux que d'organiser des élections pour mettre fin à une révolution qui se retrouve (forcément) minoritaire. Ce sont les contradictions entre révolution et démocratie qu'il faut mesurer, en même temps que ce qui les rend inséparables : les démocraties se fondent sur des révolutions et s'y régénèrent périodiquement mais une révolution réellement démocratique empêchera toute dictature révolutionnaire, et même toute instauration d'une prétendue "démocratie directe". Il n'y aura jamais aucune majorité pour cela. Ce qu'on peut attendre d'une révolution, c'est autre chose, une réaffirmation des solidarités sociales, une réduction des inégalités et des institutions plus justes, mieux adaptées à notre temps. - [Revue des sciences 04/11](https://jeanzin.fr/2011/04/01/revue-des-sciences-0411/): La fin du monde n'est pas pour demain Virus géant ou nouvelle forme de vie ? Le tirage au sort améliore la démocratie La religion en voie d'extinction dans 9 pays Le feu utilisé après la colonisation de l'Europe Un gène de longévité contre les huiles saturées Une chaîne d'assemblage de cellules Prendre un robot par la main - [La fuite dans l'irrationnel](https://jeanzin.fr/2011/03/25/la-fuite-dans-l-irrationnel/): Georg Lukács, La destruction de la raison (Schelling, Schopenhaeur, Kierkegaard) Il y a des moments où la raison ne peut plus se faire entendre dans le déchaînement de foules prises de haine, de panique ou d'enthousiasme. Il y a des moments où plus rien ne compte de ce que nous avait appris l'histoire (ou les sciences sociales) dans l'illusion de tout pouvoir recommencer à zéro. L'étonnant, c'est que cette fuite dans l'irrationnel puisse être le fait de "philosophes" et pas seulement de foules fanatisées. On retrouve encore une fois les égarements de la raison elle-même, sous la forme cette fois de la bêtise savante. Ici Lukács essaie de remonter aux sources philosophiques de l'irrationalité nazi qu'il identifie largement à l'existentialisme d'Heidegger (qu'Emmanuel Faye accusera effectivement de L'introduction du nazisme dans la philosophie). Un volume entier est consacré à Nietzsche, inspirateur indéniable du nazisme, alors que ce volume-ci s'attache à ses prédécesseurs moins connus (Schelling, Schopenhauer, Kierkegaard) et leurs différentes stratégies de fuite dans l'irrationnel (idéalisme, volontarisme, subjectivisme) témoignant de l'affolement de la pensée après la Révolution Française et l'essor de l'industrie, mais qui reviennent en force de nos jours. - [Le pouvoir du peuple](https://jeanzin.fr/2011/03/09/le-pouvoir-du-peuple/): La situation devient plus tendue. Les révolutions arabes montrent à la fois le pouvoir du peuple assemblé et ses limites au-delà du renversement du tyran, sans autres perspectives que de rejoindre nos vieilles démocraties marchandes essoufflées. Ici, la crise commence à faire sentir ses conséquences dévastatrices en même temps que les limites d'un pouvoir politique inévitablement soumis aux marchés et dont la collusion avec les riches affiche sans ambiguïté son caractère ploutocratique tout comme la dérive oligarchique de presque tous les partis (conformément à "la loi d'airain de l'oligarchie"). Loin des belles envolées métaphysiques dont on la célèbre à l'envie dans les discours, la démocratie a bien perdu tout son sens, réduite au choix d'un Président Directeur Général chargé de gérer au mieux l'économie du pays ou simplement d'éviter le pire. Face au scandale des compromissions de toute la classe politique et de la transformation de nos élus en élites gouvernantes coupées des populations, le rejet est plus profond que jamais, exprimé par le souhait bien compréhensible qu'ils dégagent tous, souhait repris par les populistes de droite comme de gauche. Car il y a bien convergence sur de nombreux points de populismes qui s'affrontent pourtant Front contre Front. L'opposition au libéralisme et à l'Europe avait déjà rapproché les deux côtés lors du référendum sur la constitution européenne. La crise ajoute le thème du protectionnisme et la nécessité de mesures radicales, sauf que ce ne sont pas les mêmes, bien sûr. Du moins, on peut dire que cette gauche anoblit l'appel à un pouvoir fort, au retour du politique, elle lui donne une crédibilité qui profitera toujours plus au nationalisme et à l'extrême-droite qui manient la haine de l'étranger et de boucs émissaires faciles. Il ne s'agit pas de nier les différences, patentes, mais de voir en quoi une certaine gauche renforce une extrême-droite qui a le vent en poupe, constat désagréable qui était déjà celui des fascisme et nazisme inspirés des communistes qu'ils combattaient. - [Revue des sciences 03/11](https://jeanzin.fr/2011/03/01/revue-des-sciences-0311/): L'homme nu Pas de métissage avec les Néandertaliens ? Des condensats de Bose-Einstein à température ambiante La masse négative et répulsive de l'antimatière ? Cerveau Homme/Femme Les portes des étoiles existent ? Prévenir 44mn avant un séisme Réduction du vieillissement et allongement de la vie Fellation et cunnilingus plus dangereux que le tabac Des sprays ADN pour identifier objets et malfaiteurs Conduire par la pensée - [De l'entropie à l'écologie](https://jeanzin.fr/2011/02/22/de-l-entropie-a-l-ecologie/): Voulez-vous savoir le secret de notre monde globalisé tout comme du passage de la mort à la vie ? Vous verrez que, aussi décevant que cela puisse paraître, ce n'est rien d'autre que l'information ! Encore faut-il comprendre ce qu'est l'information et ce qui l'oppose à l'énergie entropique jusqu'à rendre possible l'écologie aujourd'hui dans sa lutte contre l'entropie galopante de la société industrielle, qu'il ne faut pas confondre avec la société de l'information qui lui succède, modernité réflexive qui commence à peine mais bouscule déjà le monde entier avec fracas. Impossible de l'ignorer qui a fait de nous déjà des hommes nouveaux. L'entropie n'est pas une loi aussi implacable qu'on le prétend (du moins en dehors de la thermodynamique), la vie est la preuve du contraire. On peut être aussi buté qu'on veut, on doit bien reconnaître que l'information est à la base de la vie (reproduction, réaction, régulation) qui s'oppose assez bien à l'entropie pour avoir réussi à coloniser toute la biosphère et atteindre une complexité inouïe. L'évolution est un processus d'apprentissage et d'organisation (d'outillage, dès les protéines), mémorisé par les gènes, puis le cerveau, puis par l'écriture, enfin par le numérique. L'information n'a rien de magique, elle ne supprime ni l'énergie, ni la matière mais elle en optimise l'usage et permet de s'affranchir localement des forces de désorganisation avec un succès durable. L'important à comprendre c'est que la logique du vivant, d'une information qui est aussi réaction (différence qui fait la différence), n'a plus grand chose à voir avec la logique des phénomènes physiques, énergétiques ou matériels, du fait de son caractère non-linéaire mais surtout (ré)actif. Le monde de l'esprit prend le dessus sur les forces matérielles, c'est cela l'écologie aussi qui est une activité incessante (réaction informée) au même titre que l'homéostasie du vivant. C'est à cette condition que l'ère de l'information permettra le passage de l'entropie à l'écologie, non que l'entropie disparaîtrait mais parce que les ressources de notre intelligence globale seraient tendues vers la conservation de nos conditions de vie et la reconstitution de notre milieu (passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables, recyclage, relocalisation, etc.). Ce n'est pas gagné, comme notre survie est toujours menacée, cela doit du moins devenir notre objectif commun. Mais revenons au début... - [D'autres voies, peut-être...](https://jeanzin.fr/2011/02/15/edgar-morin/): Edgar Morin, La Voie, Fayard, 2011 La critique est un art difficile, trop souvent enrégimentée et ramenée à des attaques personnelles. C'est d'autant plus difficile de critiquer quelqu'un qu'on admire et un livre qui non seulement a reçu un très bon accueil mais qu'on peut trouver salutaire dans le contexte actuel. On pourra difficilement être en désaccord sur la plupart des propositions avancées, s'il y a désaccord il portera donc sur le fait qu'il ne suffit pas d'un catalogue de bonnes intentions mais surtout, sur l'ambition trop globalisante et la confusion, revendiquée, des dimensions éthique et politique, avec pour conséquence le rêve insensé d'une conjugaison de réformes économiques, éducatives, réformes de vie et de la pensée, réforme morale enfin dans une métamorphose aussi improbable que finalement effrayante. On ne peut reprocher à Edgar Morin d'avoir rassemblé dans ce livre l'essentiel du travail de toute une vie et de nous livrer, sous une forme on ne peut plus accessible, les leçons qu'il en tire pour l'avenir, aussi bien en économie et politique qu'au niveau éthique ou cognitif. Ce qu'on peut lui reprocher, par contre, c'est de vouloir lier trop étroitement les domaines du privé et du public, pas si loin de la religion de l'humanité d'Auguste Comte. En nous donnant ainsi une représentation du monde globale et cohérente, il définit certes les contours d'une nouvelle idéologie qui peut avoir son utilité mais qu'on ne peut rêver d'imposer à tous alors qu'une bonne part des réformes concrètes proposées mériteraient d'être discutées et défendues. En tout cas, si le Grit n'a pas survécu à ces divergences, on peut s'émerveiller de voir la présence dans l'actualité éditoriale de quelques unes de ses figures principales comme Edgar Morin ou René Passet, sans parler de Stéphane Hessel qui en était proche lui aussi. - [Rien ne sert de faire la révolution, il faut savoir qu'en faire](https://jeanzin.fr/2011/02/07/rien-ne-sert-de-faire-la-revolution-il-faut-savoir-qu-en-faire/): On peut s'étonner qu'Olivier Besancenot dise avoir vécu jusqu'ici dans un monde sans révolutions alors qu'il a dû connaître au moins le renversement des régimes communistes et les "révolutions de couleur", sans doute considérées par lui plutôt comme des contre-révolutions puisqu'elles n'étaient que des conversions au capitalo-parlementarisme mais c'est bien l'horizon de la "révolution de jasmin". L'autre hypothèse, rabâchée, celle de la révolution avortée du Caire, ce sont les frères musulmans mis pas pour rien au premier plan. En tout cas, rien ne laisse espérer, dans un cas comme dans l'autre, l'engagement dans un processus révolutionnaire comme en Amérique du sud. Certes, il faut soutenir le renversement des dictatures mais il ne suffit pas de renverser le tyran, il faut voir qui le remplace. - [Revue des sciences 02/11](https://jeanzin.fr/2011/02/01/revue-des-sciences-0211/): La généalogie des langues indo-européennes L'évolution par fusion Une théorie géométrique du tout Le nombre de vieillards diminue ! Un deuxième soleil à la fin de l'année ? Téléportation dans le temps Téléporter de l'énergie Les nanotechnologies permettent de produire le si rare palladium La plupart des planètes sont invivables 2010 record ou pause dans le réchauffement ? L'inversion des courants marins Les catastrophes ont fait 295.000 morts en 2010, du jamais vu depuis 1983 L'Histoire, reflet du climat? Faire pleuvoir dans le désert L'efficacité énergétique contre*productive ? 58KM2 de panneaux solaires seraient suffisant pour produire toute l'électricité mondiale ! Le pompage-turbinage Des mammouths clonés dans 5 ans ? Un chien est parvenu à apprendre 1 022 noms Nos vices nous réunissent, nos vertus nous séparent Les antioxydants font baisser la fertilité féminine et augmentent celle des hommes ! Première impression 3D en métal Des lunettes LCD qui changent la correction à la demande Wavi Xtion: Kinect pour PC - [Néo-fascisme et idéologie du désir](https://jeanzin.fr/2011/01/13/neo-fascisme-et-ideologie-du-desir/): Mai 68 : la contre-révolution libérale libertaire, Michel Clouscard D'un côté on a d'anciens maoïstes ou libertaires, ou même des disciples de Foucault ou Deleuze, devenus les chantres du libéralisme le plus débridé. De l'autre, on a de soi-disant révolutionnaires qui, au nom de ces dérives, accusent Mai 68 de tous les maux et se rangent du côté de l'ordre moral autoritaire et régressif. Le résultat, c'est que tout ce beau monde, qui se réclamait pourtant d'une gauche plus ou moins extrême, se retrouve finalement bien à droite et qu'on peut les rassembler, malgré leur farouche opposition, dans ce qu'on appelle non sans raisons les "néo-cons", plus cons encore que les anciens ! Il faut bien dire que les raisons de parler de Michel Clouscard sont assez minces, se réduisant principalement à l'activité éditoriale des éditions Delga qui ont déterré son oeuvre mais publient surtout plusieurs ouvrages indispensables de Georg Lukács restés inédits en français. Le bon côté de Michel Clouscard c'est, en effet, sa reprise de la critique de Lukàcs d'un néo-kantisme réifiant au profit d'une conception dialectique de l'histoire. On verra qu'il n'est pas sûr pourtant que sa conception de l'idéologie échappe à cette critique mais la raison de rendre compte de ce livre, c'est paradoxalement son ancienneté qui en fait un précurseur puisqu'il date de 1973, donc de l'immédiat après-68. Malgré le simplisme de sa grille explicative "unidimensionnelle", il montrait déjà la complicité de la libération des désirs avec la "société de consommation", bien qu'il récuse ce terme pour les travailleurs exploités, dénonçant la collusion des libertaires et des libéraux, qui se vérifiera plus tard (de Cohn-Bendit à Jerry Rubin). Seulement, cette critique le mène, comme bien d'autres après lui, à des tendances réactionnaires et un certain confusionnisme moralisant qui ne vaut guère mieux. En ces temps troublés, nous avons besoin pourtant de dépasser les impasses du passé et revenir à une critique sociale de plus en plus urgente sans devoir revenir en arrière sur la libéralisation des moeurs. - [Revue des sciences 01/11](https://jeanzin.fr/2011/01/01/revue-des-sciences-0111/): L'univers caché de la lumière noire Importance des mutations rares Le créationnisme, en astronomie aussi Anti-oxydants et oméga-3 n'existent pas ! Pas de trous noirs au LHC Supraconductivité De l'ADN avec de l'arsenic ? Des souris qui chantent comme des oiseaux... Des souris nées de deux pères… Nouvelle espèce humaine Denisovienne, retour des races ? Une stimulation magnétique transcranienne inhibe les jugements moraux Les effets de la testostérone Les polluants organiques persistants diminuent le cortisol L'espérance de vie diminue aux Etats-Unis Une pilule de jeunesse pour le système immunitaire Aspirine pour tous ? L'interface gestuelle avec Kinect etc... - [Zaz](https://jeanzin.fr/2010/12/26/zaz/): 2 clips, en guise de voeux pour une nouvelle année agitée sans doute. - [L'économie expliquée par l'histoire](https://jeanzin.fr/2010/12/17/rene-passet/): René Passet, Les grandes représentations du monde et de l'économie à travers l'histoire - [Révolution virtuelle et révolution réelle](https://jeanzin.fr/2010/12/10/revolution-virtuelle-et-revolution-reelle/): J'avais trouvé intéressant le buzz autour de la proposition d'Eric Cantona de retirer son argent des banques, non que j'aie jamais cru à un véritable bankrun, ni même que ce serait souhaitable, mais parce que le succès médiatique rencontré manifestait une salutaire défiance envers les banques et que cela pouvait être une façon d'exprimer notre protestation citoyenne comme de répondre aux réactions déplacées de nos élites. L'échec total de l'opération montre cependant toute la distance qu'il peut y avoir entre une mobilisation virtuelle et les mobilisations réelles. Plus important encore, la difficulté éprouvée à la mise en pratique de ce qui semblait si évident et si simple, en parole du moins, aura eu pour effet bien plutôt de faire sentir à chacun à quel point il était dépendant du système, ne pouvant sérieusement souhaiter son effondrement... On pourrait en tirer la conclusion que toute révolution est devenue impossible, alors même qu'on est dans une période on ne peut plus révolutionnaire où l'intervention des peuples est devenue absolument nécessaire mais il ne faudrait pas se tromper de révolution ni se monter la tête. Cette intervention ne peut prendre d'autre forme qu'une grève générale et ne peut prétendre abattre un système devenu vital, seulement renverser le rapport de force entre le travail et la finance pour changer les règles du jeu, mettre un terme à la destruction des protections sociales, conquérir de nouveaux droits (revenu garanti pour tous) et commencer peut-être à construire un autre système de production. - [Revue des sciences 12/10](https://jeanzin.fr/2010/12/01/revue-des-sciences-1210/): Dieu et la science Un petit âge glaciaire sur l'Europe ? Le peak oil aurait été atteint en 2006 ! La biologie n'est pas de la chimie Mécanisme de rajeunissement des cellules Neandertal moins semblable qu'on ne le croyait ? Longueur de l'index et testostérone Fille-garçon : un cerveau différent Contrôler son propre cerveau Le cannabis inhibe le système immunitaire - [La valeur et le prix](https://jeanzin.fr/2010/11/18/la-valeur-et-le-prix/): Paul Jorion, Le Prix, éditions du croquant, 350 pages Paul Jorion est un acteur important de notre conjoncture, d'une façon qui peut faire penser au rôle d'Etienne Chouard lors du referendum sur la constitution européenne pour sa place sur internet, bien que ce soit très différent. Il porte, en particulier, l'interdiction des paris sur les prix afin de limiter la volatilité spéculative et ne pas confondre la finance avec un casino. Rien de révolutionnaire là-dedans, juste de très nécessaire. Nous sommes assez proches dans l'analyse de la crise (bien que je donne plus d'importance au retour de l'inflation) mais je ne suis pas aveuglement pour autant toutes ses propositions qui sont d'ailleurs assez loin des miennes. Cela ne m'empêche pas de lire régulièrement son blog avec intérêt. Sa soudaine notoriété s'est traduite par une activité éditoriale intense débordant la crise elle-même et n'ayant pas peur de faire preuve de la plus grande ambition théorique puisqu'il va jusqu'à s'attaquer à la question de "Comment la vérité et la réalité furent inventées". L'originalité de son approche, c'est de combiner des références philosophiques (Aristote, Hegel, Kojève) à ses expériences ethnologiques et financières. Son dernier livre sur "Le prix" en fait d'une certaine façon la synthèse apportant une contribution décisive sur la formation des prix qui relativise la loi de l'offre et la demande par l'inégalité des rapports sociaux en même temps que la philia des partenaires. L'économie doit tenir compte de la sociologie, ne pas se contenter d'un regard macroéconomique et passer de la statistique à l'organisation sociale. On peut trouver cependant exagéré de vouloir en faire le seul déterminant en recouvrant tout l'économique par le sociologique, de même qu'on ne peut faire de la valeur une simple abstraction inutile. C'est d'ailleurs ce qu'on discutera principalement ici, le rapport de la valeur au prix et leurs temporalités différentes. - [L'optimisme de la raison](https://jeanzin.fr/2010/11/15/l-optimisme-de-la-raison/): Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien; c’est dans les occasions où tout est à craindre, qu’il ne faut rien craindre; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même. (Sun-Tse, L’Art de la Guerre) On peut prendre pour une provocation de parler d'optimisme de la raison au moment de la montée de tous les périls, pourtant c'est justement dans ces moments qu'il ne faut pas céder à la panique mais préparer les "lendemains qui chantent", car les beaux jours reviendront même si beaucoup en doutent. On peut dire qu'on en voit déjà les premières lueurs, un peu comme les premiers résistants annonçaient la libération au coeur de la nuit nazie. Aujourd'hui, la situation est loin d'être aussi dramatique, bien qu'on n'ait rien vu encore, la succession des interventions pour repousser une crise systémique de plus en plus insoluble ayant épuisé tous les moyens des Etats (taux d'intérêts minimum, déficits maximum) jusqu'à se fragiliser eux-mêmes et se retourner contre leurs citoyens pendant que s'amorce une guerre des monnaies. Cependant, l'expérience de la crise de 1929 nous donne un coup d'avance, peut-on dire, la répétition du krach de la dette ayant déjà provoqué un retournement idéologique très sensible. Certes, ce qui domine pour l'instant, c'est plutôt la désorientation et une confusion des esprits qui peut mener à toutes sortes de dérives autoritaires et xénophobes, mais qui met tout de même un terme à une lente descente aux enfers, période de désocialisation et d'individualisme exacerbé où le dogmatisme néolibéral nous a fait entrer dans une des périodes les plus noires pour l'intelligence. Le remake des années folles avec les années fric avait de quoi nous dégoûter d'un monde qui bafouait tous nos idéaux et inversait toutes les valeurs mais quand le désespoir se transforme en colère et qu'il faut passer à l'action, il n'est plus temps de se complaire aux éructations de quelques vieilles badernes atrabilaires qui nous prédisent inlassablement la fin du monde, alors que ce n'est que la fin du vieux monde à laquelle nous assistons et qui ne mérite pas tant de remords. On peut, tout au contraire, espérer à nouveau et discerner les immenses potentialités de l'époque, époque révolutionnaire comme il n'y en a jamais eu dans l'histoire à cette rapidité et cette ampleur, avec une conjonction inédite des crises (économique, écologique, géopolitique, technologique, anthropologique, idéologique) où tout est bouleversé de fond en comble en quelques dizaines d'années seulement, au point qu'on peut légitimement avoir l'impression que le sol se dérobe sous nos pieds, des idéologies dépassés ne permettant pas de comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe. Il y a un nouveau langage à inventer. C'est dans ces périodes pourtant qu'il est peut-être le plus exaltant de vivre, c'est là que s'ouvrent des possibles et que notre action peut être décisive pour orienter l'avenir et peser sur les choix futurs. C'est dans ces commencements qu'il est le plus important de savoir déceler la richesse des possibles, en évitant de s'égarer sur des voies utopiques sans issue pour saisir plutôt les véritables opportunités qui s'offrent à nous. Il s'agit de construire une stratégie politique pour une sortie de crise qui ne sauve pas seulement les meubles mais qui soit la conquête de droits nouveaux et d'une société pacifiée, d'une économie plus soutenable au service du développement humain, prenant en compte les conditions de sa reproduction. Vraiment de quoi retrouver une bonne dose d'optimisme pour notre avenir et les jeunes générations. - [Le travail fait la santé](https://jeanzin.fr/2010/11/10/le-travail-fait-la-sante/): Pour une écologie du travail On ne peut séparer l'écologie du social, comme le voudrait l'écologie libérale, pas plus qu'on ne peut séparer l'homme de son milieu. Ce sont bien les effets désastreux sur notre qualité de vie et notre santé qui nous alertent sur les problèmes écologiques, cependant les causes sont le plus souvent du côté de la production, des procédés et substances employées mais aussi du travail lui-même, responsable en grande partie de la dégradation de nos conditions de vie car s'il est avéré que "le travail, c'est la santé" quand c'est un travail valorisant, c'est loin d'être toujours le cas. Une écologie du travail, attentive à l'amélioration des conditions de travail, devrait constituer une priorité de santé publique dès lors qu'une grande partie des maladies se révèlent être, à l'origine, des maladies du stress potentialisant les pollutions toxiques et les déséquilibres biologiques. On commence tout juste à s'en apercevoir devant les dégâts d'une gestion par le stress qui a révélé toute son inhumanité, seulement le problème est bien plus général que les "suicides au travail" qui n'en sont que les martyrs les plus visibles. La société, la citoyenneté démocratique et les droits de l'homme ne s'arrêtent pas à la porte de l'entreprise qui est au contraire un des principaux lieux de socialisation et de vie commune bien que ce soit de façon plus ou moins temporaire, à la différence des villages d'autrefois. C'est un territoire qu'il faut reconquérir et civiliser en s'opposant aux nouvelles barbaries comme les luttes ouvrières ont combattus les anciennes. On ne peut accepter l'extra-territorialité du travail qui est une bonne part de notre vie, aussi bien d'un point de vue politique que des répercussions écologiques ou sur notre santé. Il faut s'en persuader, la question du travail devrait constituer avec la relocalisation l'axe principal d'une véritable politique écologiste. - [Revue des sciences 11/10](https://jeanzin.fr/2010/11/01/revue-des-sciences-1110/): Conceptions du temps L'ensemble de tous les ensembles Un voyage sans retour pour Mars en 2030 ? C'est bien le CO2 le problème principal Les origines asiatiques des hominidés Stimulation magnétique transcrânienne contre la dépression Une nouvelle substance pour retrouver la mémoire Du céleri contre la dégénérescence du cerveau Cancer et pollution L'exposition aux antennes relais est mauvaise pour la santé Les progrès stupéfiants de l'interface cerveau/machine Un portable qui se charge grâce à la chaleur Le WiFi en P2P Twitter permet de prévoir l'évolution de la bourse à 87% Une voiture imprimée en 3D qui roule! Des voitures volantes sur nos routes - [Ce n'est qu'un début...](https://jeanzin.fr/2010/10/22/ce-n-est-qu-un-debut/): Le mouvement actuel semble dans une impasse. On ne voit pas quels pourraient être ses débouchés, comment on pourrait obtenir le retrait de la réforme une fois celle-ci votée (sauf à passer par une véritable grève générale). On n'est pas dans la même situation qu'avec le CPE, la question des retraites et donc de notre avenir ne peut être mise sous le tapis, mais c'est peut-être justement la chance que la mobilisation dure et se radicalise, même s'il va très certainement y avoir un reflux très important en terme de nombre. De quoi donner le temps de s'organiser et de gagner en consistance, d'élaborer des propositions alternatives majoritaires puisqu'à partir des retraites, c'est bien le travail tout au long de la vie qui est en cause ainsi que les 30 prochaines années sur lesquelles il faut se projeter alors que tout a changé autour de nous. De son côté, le pouvoir, on ne peut plus discrédité, s'est mis lui-même dans une impasse à refuser d'écouter les syndicats pourtant unanimes, car on ne voit pas non plus comment la protestation cesserait désormais dans un contexte si objectivement révolutionnaire. On peut dire que toutes les conditions sont remplies avec cette crise profonde qui remet en cause l'ordre précédent dans ses fondements même, faisant apparaître son injustice criante et son insoutenabilité effective. Jusqu'ici, la réalité était en avance sur une subjectivité révolutionnaire complétement absente, donnant un aspect irréel encore aux dernières manifestations avec un côté marche forcée auquel on avait du mal à adhérer car, cette fois, ce n'est pas la subjectivité qui nous met en marche mais, qui petit à petit, rejoint ce que la rupture historique que nous vivons peut avoir de réellement révolutionnaire. - [La globalisation aggrave les risques systémiques](https://jeanzin.fr/2010/10/06/la-globalisation-aggrave-les-risques-systemiques/): C'est presque une tautologie de dire que la globalisation aggrave les risques systémiques, de même qu'elle aggrave les risques de pandémie, mais l'application de la théorie de l'évolution à l'économie permet plus précisément de prédire que la mondialisation devrait accroître le risque de récession et de récupération lente, un phénomène qui serait corroboré par des données réelles. C'est pourtant le contraire de ce qu'on prétendait à nous vendre une "mondialisation heureuse" qui n'était qu'un emballement insoutenable même si elle a permis le décollage de la Chine ou du Brésil, entre autres. Notre seule chance de sortie réside d'ailleurs dans le découplage relatif de ces pays et des vieilles économies endettées mais les interdépendances sont probablement trop fortes. De quoi nous condamner sans doute à une crise plus longue, en rapport avec les masses en jeu, mais c'est surtout l'occasion de revenir à plus de modularité ainsi qu'à la pluralité des systèmes, sur le modèle du vivant, ce qui a toujours constitué le fondement explicitement anti-totalitaire de l'écologie-politique. - [Revue des sciences 10/10](https://jeanzin.fr/2010/10/01/revue-des-sciences-1010/): Des extra-terrestres... Quand la mer sauva l'humanité Les esclaves des tombes néolithiques L'origine du cerveau D'étonnantes corrélations au LHC Une fenêtre sur l'avant Big Bang ? Les cellules communiquent par nanotubes Le rôle de l'homme dans la disparition des mammouths en Europe L'homme de Florès, un crétin ? L'inactivation d'un gène augmente la mémoire des souris L'ablation d’un rein par le vagin Le vagin artificiel C'est le sucre qui rend accroc à la nicotine Un casque pour influer sur le cerveau des soldats Un scanner 3D pour 50$ ! Les robots débarquent - [Le travail dans la sortie du capitalisme](https://jeanzin.fr/2010/09/10/le-travail-dans-la-sortie-du-capitalisme/): Du travail forcé au travail choisi On ne s'en tirera pas en se tournant les pouces. Il y a tout un travail à faire pour sortir du capitalisme et qui consiste principalement à organiser le travail en dehors du capitalisme et donc du salariat, donner les moyens de passer du travail forcé au travail choisi, libération du travail comparable à l'abolition de l'esclavage et que certains appellent un peu rapidement la fin du travail alors que ce n'est que la fin (relative) du salariat et du marché du travail. Malgré toutes les exagérations sur l'automation et l'âge de l'abondance, ce n'est absolument pas la fin de la production ni des services ou des fonctions sociales. A l'opposé des illusions d'une production qui se ferait toute seule, il s'agit d'arriver à "produire la richesse autrement" en relocalisant l'économie notamment mais, pour cela, il faut prendre la question du côté de la production et non du côté de la consommation avec un moralisme sans aucune effectivité. Le préalable d'une véritable alternative au capitalisme serait, en effet, d'abandonner les tendances idéalistes actuelles et revenir sur terre, admettre qu'il nous faut prendre en compte la réalité concrète de la production et qu'il y a une limite à ce qu'on peut espérer, à la conscience de soi comme à la maîtrise de notre avenir. Pour être effectif, le dépassement du capitalisme doit s'appuyer sur le mouvement réellement existant, sur l'adaptation des rapports sociaux aux nouvelles forces productives et non sur nos préférences subjectives, nos croyances religieuses ou nos réactions émotionnelles. Ce que les luttes pour l'émancipation peuvent nous faire espérer, ce n'est pas rien puisque c'est une conquête du même ordre que l'abolition de l'esclavage, conquête fondamentale s'il en est mais dont il faut se rappeler qu'elle n'a pas débouché pour autant, loin de là, sur une liberté totale ni même sur l'émancipation des travailleurs qui ont dû conquérir de haute lutte depuis protections sociales et droit du travail. Nous avons à faire le pas suivant avec la difficulté de devoir tenir compte de la nouvelle rupture de civilisation que nous connaissons à l'ère de l'écologie, de l'information et du développement humain. - [Revue des sciences 09/10](https://jeanzin.fr/2010/09/01/revue-des-sciences-0910/): L'Univers perd-il de l'énergie ? La gravité, un retour à l'équilibre ? La "constante de structure fine" varie selon la direction de l'espace examinée ! L'hygroélectricité Réseaux différents pour prédateurs ou pollinisateurs Images du cerveau Les singes parlent avec les mains - [Les affaires continuent...](https://jeanzin.fr/2010/08/06/les-affaires-continuent/): Il y a des signes d'une rechute imminente, notamment aux Etats-Unis, et il n'y a rien de bon à en attendre. Alors que ceux qui prennent leurs désirs pour la réalité voulaient se persuader, étant donné son ampleur, que cette crise systémique serait la dernière du capitalisme, force est de constater que les affaires continuent, aussi bien les scandales politico-financiers que les spéculations financières. Si la situation s'aggrave, on peut dire que c'est sur tous les plans ! On n'est pas à la fin de l'histoire, on n'a rien vu encore, mais l'ambiance nauséabonde, très années trente, est un sombre présage. Si l'histoire ne se répète pas, ce sont bien les mêmes processus qui sont à l'oeuvre. Le fascisme et la xénophobie sont de nouveau à la mode, ce qui paraissait impensable il y a si peu de temps, alors que le communisme ne s'est pas remis de son effondrement trop récent. On ne peut dire que la situation soit favorable aux "progressistes", ce serait plutôt le moment de rentrer dans une résistance minoritaire, qu'on peut espérer assez forte pour renverser le courant, pas de croire que le capitalisme va s'effondrer tout seul pour nous laisser entrer dans le monde merveilleux de la liberté, de l'égalité et de la fraternité républicaine. C'est un combat qui n'est jamais gagné d'avance. Il semble même qu'on doit absolument passer par le pire avant de redresser la tête. Il n'y a pas de doute qu'on s'en sortira par une écologie-politique mais qui n'est pas de taille encore, trop perdue dans les brumes, entre pragmatisme, moralisme et utopies, pour réussir à rallier l'opinion et s'opposer au raidissement des situations conflictuelles. Ce n'est pas la gauche qui nous sauvera non plus, ayant perdu toute substance et crédibilité. La révolution il faudra bien la faire nous-mêmes pour changer la classe politique, les institutions et les rapports de production mais ce n'est pas pour tout de suite, ce n'est pas le temps du rêve, seulement celui de la résistance pour nous sortir de ce cauchemar. - [Revue des sciences 08/10](https://jeanzin.fr/2010/08/01/revue-des-sciences-0810/): Voir l'univers avec des neutrinos La résilience Un univers sans fin ni Big Bang Un univers dans chaque trou noir Sapiens survivant de la grande glaciation L'homme a modifié le climat avant même le néolithique Les virus symbiotiques Une crème solaire qui répare l’ADN endommagé L'Inde prépare une tablette tactile à 35 dollars etc. - [La débandade de l'avant-garde](https://jeanzin.fr/2010/07/14/la-debandade-de-l-avant-garde/): Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère. - Et je l'ai injuriée. (Une saison en enfer) Il arrive qu'on se réveille de notre sommeil dogmatique, contemplant avec étonnement nos anciennes croyances. Il parait soudain inimaginable qu'on ait pu donner foi avec tant d'arrogance à pareilles fadaises. Bien sûr, c'était chaque fois pour la bonne cause, et nos trop bonnes intentions qui nous trompaient. Mieux vaut croire à l'impossible que renoncer ! Du coup, ceux qui retrouvent un minimum de lucidité s'imaginent en général qu'il n'y a pas d'autre choix que de passer à l'ennemi, toute honte bue. On en fait même souvent une simple question d'âge ! Cela pose surtout la question de savoir s'il faut obligatoirement être un crétin ou un allumé pour être un activiste, avant-garde qui reste engluée dans la religiosité, mais il faut bien avouer que le mauvais exemple vient de haut, les plus grands esprits ayant pu s'y laisser prendre à se croire effectivement l'avant-garde de l'humanité et la conscience du monde! - [L'énergie entropique](https://jeanzin.fr/2010/07/06/l-energie-entropique/): Avoir des "conceptions personnelles" en sciences, cela veut dire presque toujours qu'on se trompe car on est alors dans le dogme, malgré la certitude d'en avoir une "idée claire et distincte". Ce qu'on croit être logique n'est pas assuré pour autant. Une science comme la physique est là-dessus implacable, détruisant les systèmes les plus convaincants et contredisant les déductions les plus évidentes. Du coup, certains s'en croient autorisés à donner crédit aux divagations les plus folles alors qu'il faudrait tout au contraire coller aux faits, sans trop chercher à les interpréter. Il n'y a pas à s'offusquer du fait que "la science ne pense pas", c'est ce qu'elle doit faire. Newton refusait de devoir donner une explication pour l'action à distance impliquée par la formule de la gravitation dont il constatait simplement l'exactitude (Hypotheses non fingo). Par rapport à Lorentz et Poincaré, l'apport d'Einstein dans la relativité restreinte se limite presque à l'abandon de l'éther, ou plutôt des hypothèses qu'on se croyait obligé de faire à son sujet, osant simplement faire une lecture littérale de la formule de Lorentz. On peut dire que les sciences nous dépouillent de nos préjugés, qu'elles dé-pensent à mesure qu'elles progressent, et loin de confirmer telle ou telle spiritualité contredisent immanquablement le sens qu'on donne naturellement aux choses d'habiter le langage. Bien sûr, on a besoin quand même de faire des hypothèses et d'élaborer des théories pour avancer, pour expérimenter, pour donner sens aux résultats de l'expérience. La cohérence d'ensemble du "modèle standard" est essentielle même si elle subit des restructurations lors des "révolutions scientifiques". C'est toute la difficulté de cette marche en aveugle par essais-erreurs où la cohérence peut être trompeuse et se dogmatiser même si la compréhension d'ensemble finit toujours par évoluer pour tenir compte des faits malgré les résistances à ce qui est vécu comme une perte de sens. Les hypothèses scientifiques, qui sont en général des mises en relation (en formule), n'ont pas à être des convictions. Ce sont des montages soumis à l'épreuve et qu'on doit abandonner s'ils ne sont pas vérifiés. Voilà un peu, ce que je vais me permettre, ici, sous le mode plutôt de la fantaisie car je n'ai bien sûr aucune compétence en ces domaines même si j'ai étudié de près la question de l'entropie, mais s'attaquer au premier principe sur lequel tout repose (la conservation de l'énergie) ne peut être pris trop au sérieux. L'hypothèse qui me travaille cependant, c'est qu'on pourrait ramener la conservation de l'énergie à une simple probabilité, certes très grande, ce qui permettrait de l'unifier avec l'entropie. - [Revue des sciences 07/10](https://jeanzin.fr/2010/07/01/revue-des-sciences-0710/): Economie des monnaies complémentaires Un cerveau jamais au repos Réduire la pollution par l'azote Histones et vieillissement de la mémoire Le retour du froid en hiver Les pseudogènes régulateurs La vie partout ? Des organismes pluricellulaires de plus de 2 milliards d'années - [Le désir plus que la vie](https://jeanzin.fr/2010/06/27/le-desir-plus-que-la-vie/): Ethique vs politique du désir Toute la raison humaine ne serait rien sans son grain de folie car il faut inévitablement être sa propre dupe de quelque façon, attachés au désir plus qu'à son objet, plus qu'à la vie même. C'est pourquoi nous ne serons jamais sages, tout au plus philo-sophes dans notre quête obstinée de vérité. Nous sommes des chercheurs d'impossible, il n'y a pas d'homme ni de femme qui ne recherche le Graal, le Bonheur, l'Amour, la Vérité jamais possédée ou quelque nom qu'on veuille lui donner. Nous vivons inévitablement dans une course éperdue et l'illusion de l'espérance qui nous projette dans l'au-delà d'un avenir rêvé. L'ensorcellement des mots, leur poésie est bien ce qui nous fait humains et notre désir plus qu'animal, désir de désir et d'y croire avant même d'être désir de l'Autre, du simple fait de notre qualité de parlêtres qui se racontent des histoires et prétendent donner sens au monde. Nous sommes d'une race future, imaginaire, utopique, non advenue encore, toujours en devenir. Il serait suicidaire pourtant d'en rajouter dans l'utopie comme si on ne devait pas composer avec le réel ni faire le partage entre l'idéal et le possible comme entre l'éthique individuelle et les politiques collectives qui ne sont pas du tout sur le même plan. Maintenir le dualisme est essentiel pour comprendre comment on va du désir à la raison et du non-sens originel à l'histoire du sens. Il n'y a pas continuité entre le privé et le public, pas plus qu'entre les fluctuations microscopiques et la stabilité macroscopique. Il faut faire la part des choses et avancer pas à pas, ne pas vouloir se projeter directement dans les étoiles, d'autant que l'idéal lui-même n'en sort pas indemne. Il n'y a pas que l'ignorance, l'erreur, les préjugés, alors que notre jugement est avant tout brouillé par le désir, par son intentionalité comme par les mots. La vérité qu'on découvre est rarement celle qu'on attendait, qui se heurte aux démentis du réel, nous engageant dans une dialectique implacable qui est la vie même. - [Legalize it](https://jeanzin.fr/2010/06/18/legalize-it/): Il n'y a pas d'exemple plus flagrant de l'échec d'une politique que la prohibition. On le sait au moins depuis que Roosewelt avait décidé, à peine élu, d'arrêter cette guerre insensée contre la population sur laquelle le crime et la corruption prospéraient ainsi que les tendances fascisantes de l'Etat. L'expérience historique n'empêche pas malgré tout une dénégation générale avec une obstination dans l'erreur qui en dit long sur notre rationalité limitée, sur la démagogie régnante et les tentatives folles de former un homme nouveau en dépit d'une anthropologie élémentaire. Le volontarisme est ici tout simplement criminel en plus d'être mensonger à s'acharner vainement contre un réel qui lui résiste. La Californie va organiser un référendum sur la libéralisation de la Marijuana en novembre, ce qui pourrait entamer le diktat américain sur l'absurde répression des fumeurs de cannabis, mais ce n'est pas gagné et quand on voit l'état de guerre que la prohibition provoque au Mexique, il n'y a pas de quoi pavoiser sur nos capacités cognitives. On a l'esprit vraiment borné, en particulier à cause de nos hautes aspirations morales, aussi étonnant cela puisse paraître. C'est bien là qu'on peut constater à quel point l'enfer est pavé de bons sentiments et qu'on peut se faire avoir, en perdre tout sens critique, y perdre nos libertés enfin, pour la bonne cause évidemment... - [Revue des sciences 06/10](https://jeanzin.fr/2010/06/01/revue-des-sciences-0610/): L'Univers est-il mathématique ? ou comment nous faire gober n'importe quoi ! Le temps n'existe pas Les extra-terrestres nous répondent La neutralisation des déchets nucléaires Des nuages à la demande Les débuts de la vie artificielle La réplication spontanée de l'ADN Des ultrasons comme contraceptif masculin L'eau du robinet en question Les débuts de "la" nanotechnologie Garder ses données chez soi bien qu'accessibles de partout - [L'abeille et l'économiste](https://jeanzin.fr/2010/05/09/l-abeille-et-l-economiste/): L'abeille et l'économiste, Yann Moulier-Boutang, carnetsnord, 2010 C'est un livre important et très étonnant, surtout dans le contexte actuel, en ce qu'il commence par célébrer le triomphe de la finance, contre l'évidence du présent désastre, mais l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail. A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse la plus grande part aux marchés et aux ONG... La partie prospective n'occupe que les 40 dernières pages, et on peut dire que le livre nous tient en haleine pendant les 200 pages précédentes à nous persuader que la finance a une telle puissance qu'on ne peut rien contre elle, puis que le travail immatériel vivant (cognitif, créatif, social, "caritatif") n'est pas mesurable mais résulte d'une pollinisation de la société non prise en compte, pas plus que les destructions écologiques... C'est au moment où aucun espoir ne pouvait plus subsister que les solutions apparaissent enfin ! Si la crise a eu pour effet de renforcer l'hypothèse d'une sortie du capitalisme, on ne peut dire que sa présentation, aux contours mal assurés, en soit très convaincante. Les mesures préconisées apparaissent bien insuffisantes mais il est indéniable qu'elles semblent s'imposer malgré tout. Il faut sans aucun doute les compléter, ne pas abandonner notamment l'impôt progressif, mais on devrait les ajouter désormais à notre panoplie. C'est ce qui fait la valeur de ce livre qui tient aussi à sa capacité à nous éclairer sur le présent en nous mettant en porte-à-faux par rapport à la vulgate de la crise et une condamnation sans appel de la finance. - [Revue des sciences 05/10](https://jeanzin.fr/2010/05/01/revue-des-sciences-0510/): De l'harmonie musicale à l'émotion Des requêtes quantiques anonymes L'attraction d'un autre univers ? La matière noire, une "matière miroir" La riposte des climatologues Pas de transformation personnelle chez les animaux Le chaînon manquant Aurions-nous des gènes de Néandertaliens ? Le Prozac contre le cancer Cancers : manger fruits et légumes n'aide pas vraiment Les débuts de "la" nanotechnologie Des supercondensateurs en film mince - [La nature et la vie](https://jeanzin.fr/2010/04/21/la-nature-et-la-vie/): L'amour de la nature a plus à voir avec l'amour qu'avec la nature, et donc avec les histoires qu'on se raconte. Dés lors, les conceptions qu'on peut avoir de la nature sont assez inconsistantes bien qu'elles tiennent à nos représentations immédiates, c'est ce qu'on va essayer de montrer. On a vu, en effet, que la véritable origine n'est pas tant l'origine de la vie ou de l'univers mais l'origine de la parole, de l'énonciation comme de l'apprentissage du langage maternel ! La psychologie et l'épistémologie (la phénoménologie) précèdent les mathématiques, la physique, la biologie, la sociologie et celle-ci détermine en grande part la psychologie, fermant le cercle encyclopédique. Une fois dépouillée de sa gangue mystique personnifiant la Nature, que peut donc nous en dire la science ? D'abord qu'on doit distinguer en son sein ce qui relève de la physique et de la biologie, non qu'il n'y ait une grande interdépendance entre les deux mais parce que cohabitent deux logiques contradictoires, celle de l'entropie et celle de l'information. - [Retour sur les religions](https://jeanzin.fr/2010/04/13/retour-sur-les-religions/): Au commencement, il y a le récit, l'histoire qu'on se raconte, le langage narratif qui produit toutes sortes de mythes en nous faisant prendre les mots pour les choses, leur prêtant des intentions, personnifiant la nature enfin, tout en nous différenciant des animaux, humanité fragile qui nous coupe déjà de l'origine et toujours à retrouver (par des sacrifices). Sans même parler des techniques qui nous spécifient et de l'artificialisation de notre milieu, la culture s'oppose nécessairement à la nature dans ses symboles, ceci pour des raisons purement formelles : le signe qui n'est pas simple trace doit se détacher de sa matérialité. Dès lors, on peut dire qu'être au monde, c'est habiter le langage qui impose ses catégories au réel (le signifiant divise). C'est notre monde, celui des structures de parenté, des interdits, des rites et des mythes. Le monde humain, celui du sens, est un monde de forces obscures où nous sommes ensorcelés par des mots. Nous pensons toujours à travers une culture, des préjugés, une conception du monde, le prisme d'une tradition avec ses modes du moment. Il n'y a donc pas d'accès direct à l'être, même à vouloir rétablir et célébrer l'union avec les divinités de la nature. L'attitude "naturelle", c'est de donner un sens à tout mais le sens est hérité en même temps que la langue, valeur qui se veut supérieure à la vie même et qui peut se perdre pourtant par nos transgressions et notre mauvaise foi, nous rejetant de l'humanité, déshonoré, notre parole ayant perdu tout crédit... - [Complexification des modèles et simplification de la réalité](https://jeanzin.fr/2010/04/07/complexification-des-modeles-et-simplification-de-la-realite/): Ouf, on l'a échappé belle. On craignait que la canicule ne dure toute l'année mais l'hiver a été froid avec une activité solaire réduite et il parait que la reprise est là avec de timides créations d'emploi (dues au recensement américain?). Tous nos soucis s'envolent. Même l'inflation des matières premières est considérée un peu vite comme une bonne nouvelle. Car, bien sûr, le réchauffement se poursuit au niveau mondial entraînant la fonte des méthanes marins. Les dettes accumulées sont clairement tout aussi insoutenables, menaçant les Etats maintenant, et le pic pétrolier s'annonce imminent alors que la consommation de la Chine et des pays les plus peuplés explose ! Ces faits massifs ne se font cependant pas tellement sentir dans notre quotidien pour l'instant. Est-ce suffisant pour décréter qu'ils n'existent pas et que tout doit toujours continuer comme avant ? Ce qu'on va examiner ici, c'est en quoi il faut passer par l'aggravation de la crise qui n'est pas contingente mais inévitable car elle opère une simplification de la réalité nécessaire à la décision politique, pour déboucher ensuite sur une complexification des modèles, un peu plus robustes mais qui ne pourront jamais prévoir l'imprévisible dans leur confrontation au réel (et qui peuvent même nous mener au pire à mesure qu'ils paraissent plus infaillibles). C'est la condition post-moderne de l'action dans un monde incertain et qui doit prendre en compte ses conséquences négatives. - [Revue des sciences 04/10](https://jeanzin.fr/2010/04/01/revue-des-sciences-0410/): Est-il bon d'interdire le thon ? La solidarité est un facteur de survie Virus marins et climat L'eau sur Mars et la Lune La bombe climatique du méthane amorcée ? Le pic du pétrole Bill Gates dans le nucléaire miniature Des plantes qui se clonent Une nouvelle espèce humaine en Sibérie Lecture des pensées dans l'hippocampe Des moustiques génétiquement modifiés pour nous vacciner La vitamine D protège mieux de la grippe que les anti-viraux L'étiquetage RFID arrive Nouvelles batteries L'énergie de l'environnement - [Le savoir-vivre à l'usage des post-modernes](https://jeanzin.fr/2010/03/16/le-savoir-vivre/): C'est fou le nombre de gens qui voudraient nous apprendre à vivre, flics, curés, psychologues, éducateurs, philosophes médiatiques, etc. A cette foule innombrable, se joignent désormais quelques pseudo-révolutionnaires pontifiants et surtout les nouveaux écologistes qui nous font la morale et prétendent savoir ce qu'il nous faut : une vie naturelle et même pour certains une écologie mentale, mazette ! D'une certaine façon, on peut dire que cette pression sociale est inévitable mais si « le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard », c'est qu'apprendre à vivre, on ne fait que ça, c'est la vie elle-même et pourquoi il ne peut y avoir de véritable « savoir-vivre » en même temps que ce savoir nous constitue et se construit tout au long de notre existence avec son lot de ruptures, de retournements, de désillusions, de surprises. Ce serait une terrible régression pour nos libertés de ne pas respecter une stricte laïcité sur ce sujet et, de même que les professeurs n'ont pas à se prendre pour des éducateurs mais à transmettre leur savoir, l'écologie-politique ne peut décider de ce que serait la bonne vie, devant absolument se limiter aux dimensions cognitives et politiques sans pénétrer aucunement dans l'espace privé auquel doit être laissé la plus grande autonomie. Comme toute séparation, celle du privé et du public reste malgré tout relative et poreuse, ce qui était déjà sensible dans la médecine et ses enjeux biopolitiques mais se manifeste singulièrement de nos jours avec le féminisme ou l'écologie. C'est pourtant cette séparation entre morale et politique qu'on cherchera à maintenir fermement ici en montrant d'abord pourquoi il ne peut y avoir de véritable savoir-vivre (qui serait une vie déjà vécue) malgré ce qui se présente comme tel, puis, on essaiera de démêler dans les préceptes écologistes ce qui relève de la politique et ce qui relève d'un strict moralisme. - [La transition énergétique](https://jeanzin.fr/2010/03/12/la-transition-energetique/): On n'a rien vu encore. La crise économique s'aggrave en devenant crise politique mais ce n'est pas notre seul problème, ni peut-être le pire car la crise énergétique va rapidement revenir sur le devant de la scène. En effet, le pic de la production pétrolière pourrait bien être atteint en 2014. Oui, dans 4 ans seulement, vous avez bien lu ! Ces annonces sont toujours sujettes à caution, très dépendantes du niveau des cours, mais justement la retombée de ce qu'on a pris pour une bulle du pétrole (à l'origine de l'écroulement financier) a découragé des investissements qui auraient pu exploiter d'autres sources et, c'est un fait, les capacités actuelles sont à leur maximum. On va donc se trouver avec des risques de pénurie sur une période de plus de 10 ans sans doute. Ce n'est pas la fin du pétrole, bien sûr, encore moins l'apocalypse mais juste le signe de la remontée des prix parallèlement à l'activité économique. - [Programmer des cellules avec de l'ADN](https://jeanzin.fr/2013/03/29/programmer-des-cellules-avec-de-ladn/): - Programmer des cellules avec de l'ADN Il s'agit de programmer des cellules pour effectuer des tâches complexes et répondre à de multiples conditions grâce à des "portes logiques" (AND, OR, XOR) comme dans un programme informatique mais le but de ce qu'ils appellent un transcripteur, c'est par exemple de détecter des cellules cancéreuses. La réaction peut prendre plusieurs heures et il y aurait des systèmes plus rapides à partir des ARN mais qui ne peuvent stocker des informations alors qu'avec cette méthode, non seulement on peut gérer plusieurs conditions et bénéficier d'une sorte de mémoire mais il y aurait conservation ... Lire la suite - [Le vieillissement du sang serait réversible](https://jeanzin.fr/2013/03/29/le-vieillissement-du-sang-serait-reversible/): - Le vieillissement du sang serait réversible Une équipe suédoise de l’université de Lund a réussi à donner une nouvelle jeunesse à des cellules souches sanguines âgées. Ils ont reprogrammées des cellules souches hématopoïétiques (CSH) de souris âgées pour obtenir des cellules souches pluripotentes induites (CSPi) qui sont, en théorie, semblables à des cellules souches embryonnaires non différenciées. L’équipe suédoise a ensuite transplanté ces CSPi dans des souris. Les cellules se sont alors différenciées en CSH puis en cellules sanguines. Pour finir, les auteurs ont comparé la composition sanguine de ces souris chimères à celle de jeunes souris. Leurs résultats montrent ... Lire la suite - [Détecter la grippe au moyen d’une micropuce](https://jeanzin.fr/2013/03/29/detecter-la-grippe-au-moyen-dune-micropuce/): - Détecter la grippe au moyen d’une micropuce L’équipe du professeur Jan J. Dubowski a développé une micropuce permettant de détecter rapidement des éléments pathogènes tels que des virus et bactéries. «Nous avons récemment tiré avantage de nanotechnologies impliquant les semi-conducteurs et la mécanique quantique pour la conception d’une micropuce capable de détecter rapidement les virus de l’influenza». - [Un antidiabétique, la metformine, contre le vieillissement et le cancer](https://jeanzin.fr/2013/03/29/un-antidiabetique-la-metformine-contre-le-vieillissement-et-le-cancer/): - Un antidiabétique, la metformine, contre le vieillissement et le cancer On en avait parlé rapidement en décembre (tout comme des statines), et déjà en juillet 2009, mais on en connaît désormais le mécanisme et cela pourrait être une découverte très importante. Ces chercheurs expliquent dans la sortie électronique du 23 mars de la revue Aging Cell comment ils ont trouvé qu'un antidiabétique, soit la metformine, réduit la production des cytokines inflammatoires qui normalement activent le système immunitaire, mais qui, en cas de surproduction, peuvent mener à une inflammation pathologique, une condition qui endommage les tissus dans le processus du vieillissement ... Lire la suite - [Un crâne témoignant d'un croisement entre une Néandertale et un Sapiens](https://jeanzin.fr/2013/03/29/un-crane-temoignant-dun-croisement-entre-une-neandertale-et-un-sapiens/): - Un crâne témoignant d'un croisement entre une Néandertal et un Sapiens Depuis le temps qu'on attendait une preuve de cette interfécondité ! Il n'empêche que la survie de la mère aurait pu être mise en danger par éclampsie notamment, ce qui pourrait être du coup une explication de la disparition de Neandertal ? Le menton d'un Néandertalien tardif, mort il y a quelque 35 000 ans en Vénétie, et le contexte de sa découverte indiquent qu'il s'agirait d'un métis H. sapiens - H. neanderthalensis. Ce fragment humain vieux de quelque 35 000 ans a été retrouvé dans une couche pleine ... Lire la suite - [Le déclin des pollinisateurs sauvages](https://jeanzin.fr/2013/03/29/le-declin-des-pollinisateurs-sauvages/): - Le déclin des pollinisateurs sauvages Le déclin des insectes pollinisateurs a des conséquences mesurables sur la fructification des plantes. Et les abeilles domestiques sont deux fois moins efficaces que les insectes sauvages... Une augmentation des visites de pollinisateurs sauvages accroît la fructification (transformation de fleurs en fruits) deux fois plus que la même augmentation de visites d'abeilles domestiques. Ces dernières ne pourront donc pas compenser entièrement le déclin des pollinisateurs sauvages ! Si les disparitions d'abeilles sont bien le signal d'une menace sur la pollinisation, il ne faudrait pas se focaliser uniquement sur nos abeilles domestiques mais essayer de protéger ... Lire la suite - [Les exosquelettes arrivent dans les usines](https://jeanzin.fr/2013/03/29/les-exosquelettes-arrivent-dans-les-usines/): - Les exosquelettes arrivent dans les usines Les exosquelettes, ces extensions mécaniques du corps humain, permettent de booster la productivité et la qualité des travaux de manutention de 30 %. Outres les secteurs médicaux et militaires, les constructeurs voient dans le civil et l’industrie des applications prometteuses pour les exosquelettes : la manutention, le bâtiment, dans des conditions dangereuses ou inconfortables. La durée de vie des batteries limite encore l’autonomie et le champ d’action. Mais c’est un marché prometteur, estimé à 10 milliards de dollars dans les dix prochaines années, avec très peu d’acteurs en concurrence. - [Des structures photoniques pour refroidir des bâtiments en plein soleil](https://jeanzin.fr/2013/03/28/des-structures-photoniques-pour-refroidir-des-batiments-en-plein-soleil/): - Des structures photoniques pour refroidir des bâtiments en plein soleil Il s'agit d'un métamatériau photonique nanostructuré, constitué de quartz et de carbure de silicium, qui non seulement réfléchit la lumière mais aussi favorise la radiation de chaleur, permettant de refroidir les bâtiments, et à une longueur d'onde qui ne serait pas arrêtée par l'effet de serre ! Le nouveau dispositif qui ne nécessite aucune énergie est capable d'atteindre une puissance frigorifique nette supérieure à 100 watts par mètre carré. - [Visualisation 3D de nanoparticules](https://jeanzin.fr/2013/03/28/visualisation-3d-de-nanoparticules/): - Visualisation 3D de nanoparticules En combinant plusieurs techniques (scanning transmission electron microscopy, equally sloped tomography et three-dimensional Fourier filtering) on obtiendrait une image 3D de résolution atomique permettant de voir des défauts de structure que les autres méthodes ne permettaient pas de mettre en évidence (comme cette dislocation à l'intérieur d'une nanoparticule de platine de 10 nanomètres représentée ci-contre). - [Les maladies inflammatoires issues de l’évolution des premiers européens](https://jeanzin.fr/2013/03/28/les-maladies-inflammatoires-consequences-de-levolution-des-premiers-europeens/): - Les maladies inflammatoires issues de l’évolution des premiers européens Les gènes qui nous rendent susceptibles de déclarer des maladies inflammatoires pourraient avoir été sélectionnés par l’évolution chez les Européens du passé. Autrefois, ils auraient protégé nos ancêtres des infections, mais aujourd’hui, alors que les conditions d’exposition aux pathogènes ont changé, nous en payons le contrecoup avec des maladies comme la sclérose en plaques, la maladie de Crohn ou la polyarthrite rhumatoïde. Car ce qui est néfaste pour nous aujourd’hui a peut-être par le passé sauvé la vie de nos ancêtres. De nombreuses recherches ont révélé qu’il existait des centaines de ... Lire la suite - [Un plastique biodégradable avec des champignons | Collective-Evolution](https://jeanzin.fr/2013/03/28/un-plastique-biodegradable-avec-des-champignons-collective-evolution/): - Un plastique biodégradable avec des champignons | Collective-Evolution Ce serait bon marché et pourrait se produire localement. - [Hyperactivité : l’effet protecteur du soleil ?](https://jeanzin.fr/2013/03/28/hyperactivite-leffet-protecteur-du-soleil/): - Hyperactivité : l’effet protecteur du soleil Le manque d’intensité lumineuse pourrait expliquer 1/3 des cas de trouble de l’attention et de l’hyperactivité (TDHA) chez l’enfant et jusqu’à 57 % chez l’adulte. « Nous avions un modèle théorique, selon lequel les patients hyperactifs qui souffrent pour beaucoup de difficultés d’endormissement, étaient influencés par le rythme circadien (correspondant à un cycle de 24 heures), explique Martijn Arns chercheur au Research Institute Brainclinics. Nous avons eu alors l’idée de comparer les deux cartes de 2003 et 2007 et nous avons constaté une parfaite correspondance. » Selon Martijn Arns le TDAH serait lié, pour ... Lire la suite - [Utiliser la cendre pour produire de l'hydrogène](https://jeanzin.fr/2013/03/27/utiliser-la-cendre-pour-produire-de-lhydrogene/): - Utiliser la cendre pour produire de l'hydrogène La technique consiste à placer les cendres dans un environnement dépourvu d'oxygène. La cendre est humidifiée avec de l'eau, ce qui suffit à produire de l'hydrogène. Cette technique aurait un potentiel important : 20 milliards de litres d'hydrogène par an, soit 56 gigawatts-heures (GWh). Calculé en électricité, c'est l'équivalent des besoins annuels de près de 11.000 maisons individuelles. Les chiffres donnés, qui ne paraissent pas si considérables, concernent la Suède. C'est uniquement la cendre la plus lourde qui est utilisée et qu'on laisse à l'air libre pendant six mois pour éliminer ses métaux ... Lire la suite - [Des modèles de trous noirs sans gravité](https://jeanzin.fr/2013/03/27/des-modeles-de-trous-noirs-sans-gravite/): - Des modèles de trous noirs sans gravité C'est une nouvelle tentative de tenter de se passer de la gravité ou plutôt de considérer la gravité comme un phénomène émergent (entropique), ce qui me semble très contestable mais intéressant quand même. - [Project Zero, l'étrange avion-hélicoptère électrique](https://jeanzin.fr/2013/03/27/project-zero-letrange-avion-helicoptere-electrique/): - Project Zero, l'étrange avion-hélicoptère électrique Ce drone, encore à l’état de démonstrateur, s’appuie sur ses ailes pour voler, et les deux rotors qui le sustentent comme un hélicoptère basculent pour passer en mode avion. L’engin à l’allure futuriste a été dessiné par le styliste automobile Stile Bertone. Il est électrique et peut recharger ses batteries au sol, avec ses rotors fonctionnant comme des éoliennes. Étonnant, vraiment étonnant… - [Modeler le verre à échelle nanométrique avec un microscope électronique](https://jeanzin.fr/2013/03/27/modeler-le-verre-a-echelle-nanometrique-avec-un-microscope-electronique/): - Modeler le verre à échelle nanométrique avec un microscope électronique Les électrons s'accumulant sur le verre non conducteur, ils le chauffent, le phénomène pouvant se contrôler visuellement en direct grâce au microscope dont on règle l'intensité. On pourrait obtenir ainsi des nano-tubes capillaires pouvant servir par exemple pour des imprimantes industrielles de haute précision ou comme micro-pipettes à l'échelle d'une cellule. - [Des cellules solaires organiques et recyclables](https://jeanzin.fr/2013/03/27/des-cellules-solaires-organiques-et-recyclables/): - Des cellules solaires organiques et recyclables sur des nanocristaux de cellulose Les performances sont très faibles (2,7%) mais c'est un début pour des cellules solaires faites avec des substances végétales (sans plastique ni métaux) et entièrement recyclables. La base est constituée de nanocristaux de cellulose (transparents) dont on avait signalé le potentiel il y a quelque temps déjà. Voir aussi Futura-Sciences. - [Aux origines du rire](https://jeanzin.fr/2013/03/27/aux-origines-du-rire/): - Aux origines du rire Comme dans le cas des vocalisations accompagnant les séances de chatouilles chez les grands singes, sa fonction première aurait été de communiquer une intention de s'adonner au jeu ou de signaler le désir de poursuivre un jeu en cours. L'évolution du rire et de l'humour aurait été marquée par trois adaptations distinctes, soit l'acquisition d'une théorie de l'esprit, l'évolution du langage et la reconnaissance d'incongruités dans les représentations symboliques. Ainsi, non seulement une théorie de l’esprit permet-elle d’identifier chez les autres une contradiction entre leurs intentions et leurs actions ou entre leurs croyances et la réalité, ... Lire la suite - [Pour une société duale](https://jeanzin.fr/2013/03/26/pour-une-societe-duale/): La crise commence à nous atteindre, confirmant que nous sommes le suivant sur la liste du club Med. Même si les chiffres ont été révisés à la baisse, jusqu'ici les protections sociales avaient servi d'amortisseur et les salaires avaient continué à augmenter globalement, même très peu, mais c'est fini, le pouvoir d'achat est sur la pente descendante risquant d'aggraver la récession et malgré tous ceux qui prétendent pouvoir nous sortir d'affaire, nous allons nous heurter comme les autres à l'impuissance des peuples (qui est celle de leurs gouvernements). Face à cet appauvrissement programmé, il vaudrait mieux essayer de s'y adapter que de compter sur un nationalisme exacerbé qui n'est plus de saison même s'il a fait le succès économique des totalitarismes des années 1930. Une Europe unie et forte pourrait nous faire retrouver une certaine prospérité mais plusieurs processus matériels menacent le modèle européen salarial (numérique, déclin de l'industrie et de l'Occident, développement des pays les plus peuplés, contraintes écologiques), cette crise pouvant n'être qu'un avant-goût de ce qui nous attend par la suite. Du point de vue écologique, on pourrait même considérer la crise comme une chance - à condition de s'organiser pour cela et ne pas faire porter le plus gros du poids sur les plus pauvres comme maintenant. - [Zombies : le virus de la grippe rend plus sociable](https://jeanzin.fr/2013/03/26/zombies-le-virus-de-la-grippe-rend-plus-sociable/): - Zombies : le virus de la grippe rend plus sociable Les gens vaccinés contre la grippe ont moins d'interactions sociales que ceux qui attrapent le virus, façon pour le virus de mieux se transmettre. Des gens renfermés se mettraient à avoir envie de sortir ! On espère en tirer profit pour influer sur la sociabilité. L'article parle d'autres cas bien connus de parasites prenant le contrôle d'un animal et notamment de la toxoplasmose qui inhibe chez la souris la peur du chat pour se faire manger et ne rend plus l'odeur de son urine repoussante. Il se trouve que je ... Lire la suite - [Les nanofibres optiques captent mieux la lumière](https://jeanzin.fr/2013/03/26/les-nanofibres-optiques-captent-mieux-la-lumiere/): - Les nanofibres optiques captent mieux la lumière En captant la lumière tout autour, ces nanofibres optiques améliorent le rendement des cellules photovoltaïques en divisant théoriquement par 8 les coûts. Ils pourraient remplacer avantageusement loupes et miroirs utilisés pour l'instant mais tout cela reste très théorique et loin de l’industrialisation encore. - [ERDF va utiliser des drones pour inspecter les lignes haute tension](https://jeanzin.fr/2013/03/26/erdf-va-utiliser-des-drones-pour-inspecter-les-lignes-haute-tension/): - ERDF va utiliser des drones pour inspecter les lignes haute tension Afin d'inspecter les lignes à haute tension, ERDF (Electricité Réseau Distribution France) veut utiliser un drone à la place de l'hélicoptère. Avec un poids de 4 kg, les engins de Delta Drone volent à une vitesse maximale de 50 km/h et disposent d'une autonomie d'environ 30 minutes. L'utilisation de drones civils est soumis à une réglementation dans le territoire français depuis le mois de mai 2012. - [Un traitement antivirus à large spectre](https://jeanzin.fr/2013/03/24/un-traitement-antivirus-a-large-spectre/): - Un traitement antivirus à large spectre Des scientifiques américains annoncent avoir découvert une molécule capable, à elle seule, de stopper de nombreux virus pathogènes, parmi lesquels ceux causant Ébola, la rage, les oreillons ou la rougeole. Le composé CMLDBU3402 court-circuiterait la machinerie que le virus utilise pour copier son génome en bloquant la transcription. De par leur échantillonnage, les auteurs supposent qu’un tel traitement pourrait s’appliquer à l’ensemble des virus partageant les mêmes caractéristiques, ceux dits à ARN simple brin, à polarité négative et non segmenté (NNS). - [La sortie d'Afrique entre 62 000 et 95 000 ans](https://jeanzin.fr/2013/03/24/la-sortie-dafrique-entre-62-000-et-95-000-ans/): - La sortie d'Afrique entre 62 000 et 95 000 ans D'une certaine façon ce nouveau calibrage de l'horloge moléculaire permettant de dater notre séparation des Africains est moins intéressant que la question elle-même car ce n'est pas la même chose si l'exode date d'avant ou pendant la dernière période glaciaire (Würm) seulement cette datation ne permet pas de le déterminer. Dès lors qu'on veut dater une origine, c'est la trace la plus ancienne qui doit faire foi or on peut dater de 75 000 ans le début de la glaciation, ce qui est dans la fourchette donnée et suggèrerait plutôt ... Lire la suite - [Les trous noirs comme boules de lumière](https://jeanzin.fr/2013/03/23/les-trous-noirs-comme-boules-de-lumiere/): - Les trous noirs comme boules de lumière Ce court papier tente de montrer qu'une boule de photons dont la densité est telle qu'elle se maintient par la force de gravitation aurait à peu près le rayon de Schwarzschild, ce qui fait penser que les trous noirs pourraient être constitués en interne de pur rayonnements. De plus notre univers pourrait être lui-même un tel trou noir, une boule de photons correspondant au fond cosmologique. - [Des batteries à flux moins chères](https://jeanzin.fr/2013/03/23/des-batteries-a-flux-moins-cheres/): - Des batteries à flux moins chères Les batteries à flux sont une bonne solution pour les batteries de réseau, notamment pour les énergies intermittentes. En abaissant les coûts par le remplacement du vanadium des batteries redox par le chrome de fer, EnerVault rend donc ces énergies intermittentes plus opérationnelles. - [L'industrialisation des piles à combustible](https://jeanzin.fr/2013/03/23/lindustrialisation-des-piles-a-combustible/): - L'industrialisation des piles à combustible Lancée en juillet 2004, cette start-up, basée à Bidart, au Pays Basque, a mis au point fin 2012 dans son laboratoire la première machine au monde à bobiner des piles à combustible. « La technique de fabrication de la pile à combustible ou à hydrogène est encore artisanale. Elle n'a presque pas évolué depuis 20 ans », s'étonne par Pierre Forté, le PDG de Pragma Industries, un ex- ingénieur de l'aéronautique, qui a fait l'essentiel de sa carrière chez Dassault. C'est pourquoi, si ces piles stockent trois fois plus d'énergie qu'une batterie lithium-ion, elles n'ont ... Lire la suite - [L’huile d’olive contre la maladie d’Alzheimer](https://jeanzin.fr/2013/03/22/lhuile-dolive-contre-la-maladie-dalzheimer/): - L’huile d’olive contre la maladie d’Alzheimer L’oléocanthal, un composé retrouvé dans l’huile d’olive, pourrait protéger de la maladie d’Alzheimer en chassant des neurones les protéines bêta-amyloïdes. - [Calculer les déplacements intérieurs avec des capteurs de mouvements](https://jeanzin.fr/2013/03/22/calculer-les-deplacements-interieurs-avec-des-capteurs-de-mouvements/): - Calculer les déplacements intérieurs avec des capteurs de mouvements Le GPS ne marchant pas à l'intérieur des bâtiments on pourrait calculer l'emplacement où l'on se trouve juste par l'enregistrement de ses mouvements, ce qui pourrait être utile notamment pour les pompiers. De son côté, Apple a mis au point avec WifiSlam une géolocalisation d'intérieur basée sur le Wifi (ou les mobiles). - [Extraire le gaz de schiste avec du CO2](https://jeanzin.fr/2013/03/22/extraire-le-gaz-de-schiste-avec-du-co2/): - Extraire le gaz de schiste avec du CO2 On pourrait se passer d'eau pour la fracturation en utilisant du CO2 qui pourrait se récupérer ensuite mais cela exigerait des pipelines de CO2 et des pressions plus grandes. Il faut aussi séparer ensuite méthane et CO2 ce qui fait une opération supplémentaire mais le CO2 aurait une plus grande affinité avec la roche ce qui permettrait d'en laisser une bonne partie dans le sous-sol et d'extraire plus de méthane. C'est bien sûr mieux que l'eau, notamment dans les contrées arides mais le bilan carbone n'est pas évident et, surtout, il faudrait ... Lire la suite - [Du CO2 et de l'éthylène pour faire des plastiques](https://jeanzin.fr/2013/03/22/du-co2-et-de-lethylene-pour-faire-des-plastiques/): - Du CO2 et de l'éthylène pour faire des plastiques En présence de nickel, et d'autres catalyseurs, le CO2 et l'éthylène forment un précurseur de l'acrylate. C'est intéressant pour se passer du pétrole dans la fabrication de plastiques et utiliser le CO2 qu'on va capturer en énormes quantités. Il faut quand même de l'éthylène venant de la biomasse. - [Des hologrammes avec un écran LCD 3D](https://jeanzin.fr/2013/03/21/des-hologrammes-avec-un-ecran-lcd-3d/): - Des hologrammes avec un écran LCD 3D HP a réussi à transformer un écran LCD 3D sans lunettes pour obtenir des hologrammes, c'est-à-dire pouvoir regarder un objet ou un film 3D sous différents angles (200 points de vue) comme s'ils flottaient au-dessus de l'écran. La clé pour faire un affichage 3D sous différents points de vue, c'est la reproduction de tous les rayons de lumière se reflétant sur un objet sous tous les angles et d'obtenir une image différente à l'oeil gauche et droite du spectateur. Le système utilise des métamatériaux où chaque pixel possède trois jeux de rainures qui ... Lire la suite - [La supraconduction liée au changement de phase](https://jeanzin.fr/2013/03/21/la-supraconduction-liee-au-changement-de-phase/): - La supraconduction liée au changement de phase Dans le plan pression-température, il existe une ligne dite "ligne de Widom", où plusieurs changements rapides, par exemple dans la viscosité, se produisent. Les chercheurs ont trouvé l'analogue de ce phénomène dans les supraconducteurs où, dans le plan température-densité, les propriétés électroniques changent très rapidement le long d'une ligne. "Ces changements rapides peuvent être compris comme étant la manifestation d'une ligne de Widom, explique le professeur Tremblay. Cette ligne émane de deux phases distinctes à basse température: une phase conductrice, analogue au liquide, et une phase presque isolante, analogue à la vapeur." Cette ... Lire la suite - [Contrôle électrique des propriétés optiques de métamatériaux](https://jeanzin.fr/2013/03/21/controle-electrique-des-proprietes-optiques-de-metamateriaux/): - Contrôle électrique des propriétés optiques de métamatériaux Les métamatériaux utilisent les nanotechnologies pour obtenir des propriétés optiques exotiques. La nouveauté, c'est qu'on pourrait moduler électriquement ces propriétés, ouvrant à de nouvelles applications. - [Le refus du réel](https://jeanzin.fr/2013/03/20/le-refus-du-reel/): Il ne suffit pas d'avoir des idées claires et distinctes pour que ce soient des idées justes. Il ne suffit pas non plus de trouver une situation intolérable pour trouver comment s'en sortir, ni surtout pour se mettre d'accord sur les solutions. Il n'y a pas que les divisions entre droite et gauche mais au sein même de la gauche, il y a profonde division sur les politiques à suivre. Cette division est notre réalité première qu'il faudrait reconnaître, nous condamnant sinon à l'impuissance ou à l'échec, mais cela devrait nous faire renoncer à toute vision totalitaire d'une société unie, ce que chacun désire sans aucun doute mais qui ne se peut pour de très bonnes raisons et d'abord parce que personne ne détient la vérité qui n'est pas donnée mais fait l'objet de luttes acharnées et ne se détermine qu'après-coup dans l'expérience du réel. On ne s'unit que dans le combat contre l'ennemi, extérieur aussi bien qu'intérieur (prenant ainsi immanquablement le parti pour le tout). On devrait le savoir désormais, l'idée que "le" peuple prenne le pouvoir n'a pas de sens dans nos démocraties pluralistes, du moins en dehors du niveau local et d'une démocratie de face à face. Plus le pouvoir s'étend sur de vastes contrées et plus il doit composer avec des forces et des masses en jeu qui ne dépendent pas de notre bon vouloir (pas plus que les sciences ne peuvent dépendre de la démocratie). A ce niveau, ce qui compte, c'est moins le volontarisme que la justesse et la réactivité des politiques suivies, largement aux mains de technocrates. Le "déficit démocratique" n'est pas très différent entre les USA, la Chine et l'Europe même si ce n'est pas pour les mêmes raisons (l'argent, le parti, le jeu des nations), la pertinence des politiques suivies se jugeant au résultat. L'enjeu est donc bien d'abord cognitif, non pas qu'un hypothétique peuple accède au pouvoir on ne sait comment mais de savoir quoi faire. L'important serait d'avoir une analyse juste de la situation, ce qui n'est pas du tout le cas de la gauche actuelle dont les discours se caractérisent plutôt par un refus du réel obstiné et sans issue où l'imputation à la crise de causes imaginaires amène à des solutions tout aussi imaginaires (on va en examiner quelques unes), essuyant avec constance défaite sur défaite. - [L'autisme déclenché par un déficit en zinc ?](https://jeanzin.fr/2013/03/19/lautisme-declenche-par-un-deficit-en-zinc/): - L'autisme déclenché par un déficit en zinc ? Ils ont constaté que la plupart des enfants atteints d'autisme ont une carence en zinc. Une telle carence provoquerait la modification de l'expression des gènes et servirait d'élément déclencheur à l'autisme. Le manque en zinc est constaté à tous les âges mais plus les enfants vieillissent moins la carence est importante. Des recherches antérieures ont également démontré que la carence en zinc dans la petite enfance entraînait des troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité ou le TDAH. Il y a cependant d'autres facteurs. Ainsi, les hommes âgés qui font des enfants ... Lire la suite - [Un polymère photovoltaïque pour servir de rétine](https://jeanzin.fr/2013/03/19/un-polymere-photovoltaique-pour-servir-de-retine/): - Un polymère photovoltaïque pour servir de rétine On pourrait donc remplacer les photorécepteurs défaillants ou détruits par un polymère photovoltaïque sur lequel les neurones se branchent pour en percevoir (transmettre) le signal. Le problème, c'est que les polymères actuels ne sont sensibles qu'à certaines longueurs d'onde, ne restituant pas tout le spectre coloré de la lumière. - [La stratégie commando appliquée à l'entreprise](https://jeanzin.fr/2013/03/19/la-strategie-commando-appliquee-a-lentreprise/): - La stratégie commando appliquée à l'entreprise En fait, c'est l'application aux entreprises de la stratégie militaire des USA inspirée de Sun Tzu et dite "Light Footprint" (empreinte légère). Ce n'est pas tant ce que je trouve intéressant, quoique le basculement y compris pour les entreprises des actions de masse vers des actions de commando, des petits groupes, et des incursions ciblées sans trop d'impact sur l'environnement (trouvant des alliés locaux et limitant les destructions) est absolument essentiel, rejoignant l'évolution politique des contestataires du système (vers la guerre de partisans sinon le terrorisme). Comme je le souligne depuis longtemps, à ce ... Lire la suite - [Un bateau en eaux internationales pour 368 start-up](https://jeanzin.fr/2013/03/18/un-bateau-en-eaux-internationales-pour-368-start-up/): - Un bateau en eaux internationales pour 368 start-up Confrontés à ce problème administratif qui limite le recrutement de talents étrangers, deux entrepreneurs de la Silicon Valley proposent une solution simple: s'installer dans les eaux territoriales internationales, qui échappent au droit américain. Ils envisagent de jeter l'ancre à 12 miles nautiques de San Francisco. Leur projet, baptisé Blueseed, consiste à recréer sur un navire de croisière -qui pourrait prendre la forme d'une île- tout l'écosystème favorable aux start-up. Ils accueilleraient des entrepreneurs étrangers à la tête de jeunes pousses en phase d'accélération. Ils trouveraient sur le bateau des bureaux et des ... Lire la suite - [Des balades touristiques en ballon stratosphérique](https://jeanzin.fr/2013/03/16/des-balades-touristiques-en-ballon-stratospherique/): - Des balades touristiques en ballon stratosphérique Une société espagnole, Zero2infinity, qui propose de flotter à bord d’un ballon à plus de 36 kilomètres du sol puis de connaître l'apesanteur pendant la descente. Cette société, créée par Jose Mariano Lopez-Urdiales, développe un ballon où la nacelle est remplacée par une capsule pressurisée. L'enveloppe emplie d’hélium, d’une hauteur de 168 mètres, transportera les passagers à seulement deux kilomètres en dessous du point de départ du saut de Felix Baumgartner. Ce voyage de cinq heures, dont trois à haute altitude, permet de s'offrir une petite période d’apesanteur de deux minutes. En effet, au ... Lire la suite - [Des ondes térahertz détruisent et réparent l'ADN](https://jeanzin.fr/2013/03/16/des-ondes-terahertz-detruisent-et-reparent-ladn/): - Des ondes térahertz intenses détruisent et réparent l'ADN Une exposition à des ondes térahertz de forte intensité fragilise les liaisons hydrogènes de l'ADN mais déclenche en même temps la production de protéines réparatrices (p53, la gardienne du génome, p21, qui désactive la division cellulaire le temps de la réparation, Ku70 qui reconstitue les liaisons perdues). Cette étrange propriété pourrait servir dans certains cancers. - [Un vélo électrique en bois](https://jeanzin.fr/2013/03/16/un-velo-electrique-en-bois/): - Un vélo électrique en bois Réputé plus confortable qu'un vélo classique, car le bois absorbe mieux les chocs que l'aluminium, le Vélibois est "particulièrement maniable, parce qu'il dispose d'un cadre en bois creux, donc plus léger", notent ses concepteurs. Il pèse une vingtaine de kilos et coûtera environ 2.500 euros prix public, comme un vélo électrique. - [Microsoft invente l’écran tactile 3D avec retour d’effet](https://jeanzin.fr/2013/03/16/microsoft-invente-lecran-tactile-3d-avec-retour-deffet/): - Microsoft invente l’écran tactile 3D avec retour d’effet Dans leur centre de recherche et développement, des ingénieurs de Microsoft ont mis au point un écran 3D tactile doté d’un système à retour d’effet qui permet de ressentir les objets virtuels que l’on touche. Une innovation qui pourrait trouver des débouchés notamment en médecine ou dans l’enseignement de certaines disciplines. Pour illustrer le fonctionnement de leur système, Mike Sinclair, Michel Pahud et Hrvoje Benko, les trois ingénieurs de Microsoft Research à l’origine du projet, ont développé un jeu qui consiste à manipuler cinq objets de formes et de textures différentes. On ... Lire la suite - [Du chauffage gratuit grâce aux ordinateurs ?](https://jeanzin.fr/2013/03/16/du-chauffage-gratuit-grace-aux-ordinateurs/): - Du chauffage gratuit grâce aux ordinateurs - 20minutes.fr L'idée semble d'autant plus farfelue qu'elle est brevetée ! Cela n'empêche pas que la décentralisation des serveurs et la récupération de leur chaleur ne sont pas du tout absurdes. En plus d'engloutir des quantités astronomiques d'électricité - les plus gourmands consomment l'équivalent de l'électricité d'une ville de 100.000 habitants -, leurs calculs intensifs dégagent une grande quantité de chaleur, dont le refroidissement représente 80% du coût du bâtiment. La start-up propose donc de disperser les calculateurs dans des mini-centres de calcul chez les particuliers, qui profitent sur place de la chaleur qui ... Lire la suite - [Reconstitution par l'optogénétique des circuits et comportements de C. elegans](https://jeanzin.fr/2013/03/16/reconstitution-par-loptogenetique-des-circuits-et-comportements-de-c-elegans/): - Reconstitution par l'optogénétique des circuits et comportements de C. elegans On commence par le plus simple, l'optogénétique permettant de tester les circuits neuronaux on a pu reconstituer les circuits neuronaux du ver bien connu Caenorhabditis elegans qui n'a que 302 neurones de quoi faire progresser notre connaissance d'un fonctionnement qui reste encore très mal compris. On vient de faire aussi la carte du cerveau d'un poisson-zèbre (du moins de 80% de l'activité de ses 100 000 neurones). - [Avant d'avoir deux ailes, les oiseaux en ont eu quatre](https://jeanzin.fr/2013/03/16/avant-davoir-deux-ailes-les-oiseaux-en-ont-eu-quatre/): - Avant d'avoir deux ailes, les oiseaux en ont eu quatre Les oiseaux actuels se servent d'une paire d'ailes pour voler. Mais comment ont-ils pu développer cette capacité ? Pour arriver au vol avec leurs deux membres actuels, une étude détermine que les premiers oiseaux ont dû, au fil de l'évolution, abandonner les deux ailes arrières que possédaient leurs ancêtres. - [16 cartes du réchauffement en Europe](https://jeanzin.fr/2013/03/16/cartes-du-rechauffement-en-europe/): - 16 cartes du réchauffement en Europe | Grist J'avoue que je ne crois pas trop à ces projections régionales tant de facteurs pouvant changer les courants marins comme le régime des vents. Le climat est un phénomène global qui n'a pas plus de rapport avec la météo qu'avec la précision géographique. Ce sont malgré tout des ordres d'idée qu'il faut prendre en compte sans trop s'attacher au détail de la localisation (il n'est pas impossible que le climat se refroidisse en Europe par atténuation du Gulf Stream, fonte des glaces et renforcement des vents du nord, sans que cela puisse ... Lire la suite - [Navia, le premier robot navette dans les rues de Lyon](https://jeanzin.fr/2013/03/15/navia-le-premier-robot-navette-dans-les-rues-de-lyon/): - Navia, le premier robot navette dans les rues de Lyon "C’est la première fois qu’un véhicule de ce type circulera en condition urbaine réelle, au milieu des piétons" - [Impasses géopolitiques de la géoingénierie](https://jeanzin.fr/2013/03/15/impasses-geopolitiques-de-la-geoingenierie/): - Impasses géopolitiques de la géoingénierie | ETC Group ETC Group attire l'attention sur le fait de savoir qui serait l'acteur de la géoingénierie, sur quelles données, pour quels intérêts. Il n'y a effectivement pour l'instant aucun consensus sur le sujet, ni sur les risques, ni sur ce qu'il faut faire. Cependant, lorsque les intérêts vitaux des plus puissants seront en jeu, on se passera de consensus et il n'y a pas de nécessité d'avoir un modèle parfait pour agir dès lors qu'on se règle sur l'effet et qu'on en mesure le feedback (sachant que les volcans font déjà le travail, ... Lire la suite - [Des capteurs pour pister les salariés](https://jeanzin.fr/2013/03/15/des-capteurs-pour-pister-les-salaries/): - Des capteurs pour pister les salariés Un capteur qui suit vos moindres faits et gestes au bureau pour les transmettre à votre patron, cela vous effraie ? Pourtant ce n'est pas de la science-fiction. C'est le Wall Street Journal qui le révèle. Toutes cette masse d'informations est collectée, décortiquée et analysée. C'est ce que l'on appelle le big data. A en croire la banque, le but de cette expérience n'était pas d'observer ce qu'untel faisait de ses journées mais de comprendre les comportements qui distinguaient les salariés productifs des autres. Résultat : les collaborateurs de Bank of America les plus ... Lire la suite - [Boson de Higgs confirmé et fin de la physique des particules ?](https://jeanzin.fr/2013/03/15/boson-de-higgs-confirme-et-fin-de-la-physique-des-particules/): - Boson de Higgs confirmé et fin de la physique des particules ? Le nouveau boson découvert au Cern semble bel et bien être un quanta d’excitation d’un champ scalaire, donc de spin nul, avec une parité positive comme il se doit pour le boson découlant du mécanisme de Brout-Englert-Higgs. Il se désintègre selon des réactions qui sont elles aussi conformes pour le moment à celles prédites par la théorie électrofaible de Glashow-Salam-Weinberg. Pour le moment, malheureusement, aucun signe d’une nouvelle physique n’a été découvert au LHC, et cela préoccupe une grande partie des physiciens des hautes énergies. On peut en ... Lire la suite - [Une biologie synthétique plus efficace](https://jeanzin.fr/2013/03/14/une-biologie-synthetique-plus-efficace/): - Une biologie synthétique plus efficace BIOFAB vient de dévoiler un ensemble de séquences d'ADN (du domaine public) et de modèles statistiques qui augmentent considérablement la fiabilité et la précision avec laquelle les systèmes biologiques peuvent être manipulés. Les améliorations portent notamment sur la séquence promoteur de l'ADN et sur le site d'adhésion au ribosome. L'important, c'est que jusqu'ici les manipulations génétiques restaient difficiles avec beaucoup de déchets et qu'avec ces progrès, elles pourraient passer à une vitesse supérieure. Ajoutons que Craig Venter se dit proche d'un premier génome synthétique viable mais on en reparlera quand on en saura un peu ... Lire la suite - [Neandertal avait meilleure vue mais moins de matière grise](https://jeanzin.fr/2013/03/13/neandertal-avait-meilleure-vue-mais-moins-de-matiere-grise/): - Neandertal avait meilleure vue mais moins de matière grise ? Neanderthals may have swapped social lives for big eyes - New Scientist Il apparaîtrait que le cerveau de Neandertal était organisé différemment du nôtre, notamment avec des aires visuelles plus développées (peut-être pour mieux voir dans le brouillard du nord ou dans la pénombre) mais cela se serait fait au détriment du lobe frontal et notamment des capacités de socialisation. Conclusions peut-être un peu rapides, d'autant que Neandertal était un grand chasseur en groupe mais après une période où la différence entre Neandertal et Sapiens était complètement déniée, les dernières ... Lire la suite - [L'intelligence de souris améliorée par des astrocytes humains](https://jeanzin.fr/2013/03/13/lintelligence-de-souris-amelioree-par-des-astrocytes-humains/): - L'intelligence de souris améliorée par des astrocytes humains Bien que les neurones soient très semblables d’une espèce à l’autre, les astrocytes humains sont très différents de ceux trouvés dans le reste du monde animal. Ces scientifiques américains avaient par exemple montré en 2009 que ces cellules étaient bien plus grosses et présentaient surtout environ dix fois plus de digitations, leur permettant d’entrer en contact avec bien plus de synapses ou de vaisseaux sanguins. C’est ainsi qu’une question leur est venue : les propriétés uniques des astrocytes peuvent-elles expliquer la particularité du cerveau humain? Déjà, les tests in vitro ont montré ... Lire la suite - [D'ici 5 ans le premier antivieillissement ?](https://jeanzin.fr/2013/03/13/dici-5-ans-le-premier-antivieillissement/): - D'ici 5 ans le premier antivieillissement ? Cela fait longtemps qu'on parle du resvératrol et du gène SIRT1 procurant les bénéfices de la diète. Un composé synthétique se révèlerait très efficace et pourrait être commercialisé dans 5 ans. Tout cela au conditionnel mais plausible. - [Le temps des clones](https://jeanzin.fr/2013/03/13/le-temps-des-clones/): - Le temps des clonesDes générations de clones de souris produites avec succès - Sciences et Avenir Les scientifiques japonais ont réussi à surmonter un inconvénient majeur des techniques de clonage : la tendance à la dégradation génétique au cours des générations successives. Au bout de quelques générations les clones présentaient des anomalies génétiques importantes et en fin de compte aucun individu viable ne pouvait plus être obtenu. Pour supprimer ces erreurs les chercheurs ont utilisé un agent chimique (appelé "inhibiteur de l'histone déacétylase") qui facilite l’enroulage de l’ADN autour des histones comme du fil autour d'une bobine. Ce qui empêche ... Lire la suite - [Et maintenant, le méthane marin...](https://jeanzin.fr/2013/03/13/et-maintenant-le-methane-marin/): - Et maintenant, le méthane marin... Comme annoncé, on commence à s'attaquer aux hydrates de méthane. On est donc loin d'en avoir fini avec les hydrocarbures même si on n'en est pour l'instant qu'à la recherche et que les prix sont trop élevés (le double du prix actuel du gaz). Les risques de déstabilisation du méthane marin sont encore plus grands qu'avec le gaz de schiste... Le Japon a annoncé mardi avoir extrait pour la première fois du gaz d'hydrate de méthane de ses fonds marins. L'archipel disposerait pour cent ans de réserves de ce gaz qui pourrait être l'une des ... Lire la suite - [Ruée sur le krill](https://jeanzin.fr/2013/03/12/ruee-sur-le-krill/): - Le krill, la petite crevette qui suscite de gros appétits Composé de minuscules crevettes et crustacés, le krill (Euphosia superba) constituerait la première source de protéines au monde : entre 150 et 500 millions de tonnes, l'équivalent du poids de la population humaine ! En 2011, 181 000 tonnes de krill ont été pêchées, soit 44% de plus qu'en 2002. Avec la diminution des stocks de poisson habituellement utilisés comme nourriture pour l'aquaculture (anchois, petit maquereau, sardine...), le krill apparait comme le nouvel eldorado. Les Chinois, eux, comptent utiliser la crevette directement pour l'alimentation humaine, sous forme de pâté ou ... Lire la suite - [Un microARN contrôle l'horloge de développement](https://jeanzin.fr/2013/03/12/un-microarn-controle-lhorloge-de-developpement/): - Un microARN contrôle l'horloge de développement C'est intéressant parce que le rôle de ces microARN était méconnu jusqu'à peu, considérés comme produits inutiles de l'ADN poubelle. On sait maintenant qu'ils ont un rôle de régulation notamment en inhibant la formation d'une protéine ou en détruisant un autre ARN. On découvre que ce micro ARN (mir-125a-5p) a un rôle essentiel dans les oscillations déterminantes pour la différenciation des tissus. Sa fonction d'horloge est basique, se retrouvant chez le poisson-zèbre par exemple, l'ARN étant produit par un gène en même temps qu'une protéine correspondante et bloquant l'expression de ce même gène jusqu'à ... Lire la suite - [Réparer un crâne avec une imprimante 3D](https://jeanzin.fr/2013/03/12/reparer-un-crane-avec-une-imprimante-3d/): - Réparer un crâne avec une imprimante 3D   À peine la FDA, l’agence américaine du médicament, autorisait-elle la mise sur le marché d’un implant crânien confectionné par une impression 3D que la prothèse a été posée chez un patient américain. Où il a remplacé les trois quarts de sa boîte crânienne. Ce procédé révolutionnaire pourrait se généraliser dans les années à venir. - [Des centrales nucléaires au sel fondu plus petites et à moitié prix](https://jeanzin.fr/2013/03/12/des-centrales-nucleaires-au-sel-fondu-plus-petites-plus-sures-et-a-moitie-prix/): - Des centrales nucléaires au sel fondu plus petites et à moitié prix Ces nouvelles centrales nucléaires refroidies avec des sels fondus et non avec de l'eau seraient bien plus petites que les centrales actuelles, et donc beaucoup moins chères. Elles seraient aussi plus sûres en ayant un point de refroidissement plus haut et produiraient moins de déchets grâce à des neutrons plus rapides mais l'article suivant conteste ce point le sodium fondu étant très dangereux et pouvant mener à des emballements. Comme elles ne devraient pas être opérationnelles avant 2020, il pourrait y avoir d'autres solutions d'ici là (la fusion ... Lire la suite - [La question du suicide](https://jeanzin.fr/2013/03/11/la-question-du-suicide/): Le suicide est incompréhensible pour une société de consommation individualiste qui nous pousse sans cesse au jouir, ne valorisant que la pensée positive et le développement personnel. Ecraser les autres, jouer des coudes dans une compétition acharnée, voilà qui est naturel mais se retirer du jeu n'a aucun sens pour un biologisme primaire et une interprétation un peu trop simpliste du darwinisme (réduit à une naturalisation du capitalisme). Au début des attentats suicides pratiqués par les Islamistes, ce qui dominait, c'était bien l'incrédulité qu'une telle chose soit encore possible dans notre monde alors qu'on ne tolère même plus que la guerre fasse une seule victime dans nos rangs ! C'est pourtant de l'étonnement qu'il aurait fallu s'étonner tant le suicide a toujours eu une grande place dans notre humanité, conséquence immédiate de notre conscience de la mort et de notre liberté, loin d'une supposée aberration psychologique. Pour Camus, on le sait, il n'y a même qu'un seul problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide, et les surréalistes sont partis de la question : le suicide est-il une solution ? Ce n'est pas pour autant sujet dont on parle (un professeur en a fait l'expérience récemment) mais qu'on préférerait bien plutôt refouler de nos consciences si le suicide n'était si présent dans notre actualité. C'est un suicide qui a déclenché la révolution tunisienne et les suicidés du travail sont devenus une nouvelle forme de protestation sociale alors même que le suicide assisté est devenu la revendication d'une fin de vie dans la dignité (si ce n'est dans l'amour comme pour André Gorz avec sa compagne). Cela ne cadre pas bien avec notre prétendue réduction à l'animalité pas plus qu'avec la soi-disant disparition de la mort, le Maître absolu, dans nos sociétés marchandes. On ne peut mettre bien sûr tous les suicides sur le même plan, le fanatique qui se fait exploser et le philosophe qui se suicide. Ce n'est pas la même chose de se sacrifier pour les siens ou d'affirmer sa liberté, de vouloir culpabiliser les survivants ou simplement se soustraire à la douleur et la déchéance. Ce n'est pas la même chose une décision rationnelle ou prise sous le coup de l'émotion, de la fatigue, de l'épuisement. Il vaut certainement le coup de bien faire ces distinctions, de sortir de la confusion générale mais aussi d'en discuter les raisons et la limite que le suicide pose à des conditions de vie insupportables comme à l'humiliation, du moins lorsque des luttes collectives ne peuvent y suppléer. - [La Chine crée un nouvel internet plus contrôlable](https://jeanzin.fr/2013/03/11/la-chine-cree-un-nouvel-internet-plus-controlable/): - La Chine crée un nouvel internet plus contrôlable La Chine est en train de mettre en place un internet plus sécurisé et plus rapide, permettant d'identifier la provenance des paquets (Source Address Validation Architecture ou SAVA) ce qui a l'avantage de pouvoir bloquer les spams et les virus (malware) mais bien sûr aussi de renforcer la censure. Le gain de performances devrait généraliser ce système aux autres pays mais ce serait la fin de l'anonymat et de l'extraterritorialité du réseau, réintégré dans le régime de droit commun, autant dire la fin de l'internet tel qu'on l'a connu jusqu'ici. Voir aussi ... Lire la suite - [Une tablette indienne à 40$](https://jeanzin.fr/2013/03/11/une-tablette-indienne-a-40/): - Une tablette indienne à 40$ - [L'énergie sombre comme entropie de la décohérence](https://jeanzin.fr/2013/03/09/lenergie-sombre-comme-entropie-de-la-decoherence/): - L'énergie sombre comme entropie de la décohérence C'est une explication (assez étonnante) de l'énergie sombre par la décohérence d'intrications quantiques entre "époques cosmologiques" (cosmological eras). En conséquence, l'entropie de von Neumann liée au processus d'intrication, peut être comparée à l'entropie thermodynamique dans un univers homogène et isotrope. Les modèles cosmologiques correspondants sont compatibles avec les limites actuelles de l'observation sans avoir recours à une quelconque constante cosmologique. Pour Von Neumann il y a effectivement perte d'information dans le phénomène de décohérence, d'effondrement de la fonction d'onde, de passage du quantique au classique (à l'inverse de Léonard Susskind persuadé qu'il ne ... Lire la suite - [Le meurtre du dominant par les chimpanzés coalisés](https://jeanzin.fr/2013/03/08/le-meurtre-du-dominant-par-les-chimpanzes-coalises/): - Le meurtre du dominant par les chimpanzés coalisés Voilà qui rend les chimpanzés bien plus proches de nous car c'est une situation qui nous est familière, des révolutions de palais aux révoltes populaires, sans même parler du meurtre du père de la horde primitive chez Freud ! Il est très rare qu'un chimpanzé dominant soit tué par ses rivaux - il n'y a chez les chimpanzés que des ébauches d'humanité 🙂 Pimu avait régné sur sa troupe, en Tanzanie, de 2007 à 2011. La scène a été filmée : L'attaque a eu lieu un matin juste après un début de ... Lire la suite - [De l'électricité avec les tourbillons](https://jeanzin.fr/2013/03/08/de-lelectricite-avec-les-tourbillons/): - De l'électricité avec les tourbillons Contrairement aux éoliennes verticales qui exploitent les vents horizontaux, il s'agit de turbines horizontales exploitant les courants d'air chaud, ce que font déjà les tours solaires qui sont des constructions imposantes alors qu'on serait plus proche en taille ici des éoliennes actuelles, avec une plus grande efficacité et un coût moindre (notamment de maintenance). La production serait plus constante qu'avec l'éolien. Le potentiel serait de 16 mégawatts pour chaque km² alors qu'il n'est que de 3 à 6 mégawatts pour l'éolien. Le coût serait 20% inférieur à l'éolien et 65% inférieur au photovoltaïque actuel. Voir ... Lire la suite - [Sapiens s'est métissé avec des hommes plus archaïques](https://jeanzin.fr/2013/03/07/sapiens-sest-metisse-avec-des-hommes-plus-archaiques/): - Sapiens s'est métissé avec des hommes plus archaïques. Jusqu'à maintenant, les études génétiques dataient l'ancêtre commun de tous les hommes actuels entre 60 000 et 140 000 ans (60 000 ans étant la datation de la langue mère par la linguistique cette fois). Le chromosome Y d'un Afro-américain, qui s'appelait Albert Perry et qui est différent de tous les autres analysés, remonterait à 338 000 ans, soit avant l'Homo sapiens dont les plus anciens fossiles remontent à 195 000 ans. On le retrouverait chez 11 hommes d'un village du Cameroun. En fait, ce n'est guère étonnant, témoignant de croisements, même ... Lire la suite - [Le sel aggrave inflammation et maladies auto-immunes](https://jeanzin.fr/2013/03/07/le-sel-aggrave-inflammation-et-maladies-auto-immunes/): - Le sel aggrave inflammation et maladies auto-immunes Le sel incite les globules blancs à se spécialiser en "interleukine 17-produisant les cellules T auxiliaires". Celles-ci produisent une molécule appelée interleukine 17A (IL-17A) qui induit la destruction des agents pathogènes. Mais l'IL-17A aggrave également l'inflammation dans plusieurs maladies auto-immunes. Dans les cellules humaines, l'excès de sel a fait monter en flèche la proportion d'IL-17A de 2% à 40%, multipliant par 10 ses concentrations. - [Study: Mental picture of others can be seen using fMRI](https://jeanzin.fr/2013/03/06/study-mental-picture-of-others-can-be-seen-using-fmri/): - Study: Mental picture of others can be seen using fMRI Avec un IRM fonctionnel, on pourrait savoir à qui l'on pense mais c'est surtout qu'il y a des circuits différents attachés aux différentes personnes dans le cortex préfrontal. - [Un matériau très efficace pour la capture du carbone](https://jeanzin.fr/2013/03/06/metal-organic-framework-offers-efficient-carbon-capture/): - Metal-organic framework offers efficient carbon capture On vient de trouver un métal très efficace et bon marché pour capturer le carbone, ce qui serait une méthode de réduction de nos émissions en les supprimant à la source (notamment pour les centrales à charbon mais pas seulement). Le problème, c'est de savoir quoi faire après de tout ce CO2... - [Réorganisation du blog](https://jeanzin.fr/2013/03/06/reorganisation-du-blog/): Les articles sur les sciences n'apparaîtront plus sur la page principale du blog, pour les voir il faut aller sur https://jeanzin.fr/science/ ou cliquer sur Science dans le menu du haut. C'est parce que j'ai arrêté la revue des sciences et vais tester des publications de brèves au fil de l'eau que je n'ai pas voulu noyer le reste avec et préféré déporter le blog de sciences à part. Du coup les articles de sciences font l'objet aussi d'une liste de diffusion à part, sans les brèves cependant, qui font l'objet d'une autre liste et n'apparaîtront que dans le RSS de science, mais tout cela est en test et susceptible d'évoluer. [En fait, seules les brèves n'apparaissent pas sur la page principale du blog] Les adresses des articles n'ont pas changé mais il faut changer l'ancien https://jeanzin.fr/category/sciences par l'adresse ci-dessus (pour les autres catégories aussi, il faut supprimer /category et faire https://jeanzin.fr/politique/ par exemple). De même pour le RSS des catégories qui devient pour la catégorie science : https://jeanzin.fr/science/feed/ ou https://jeanzin.fr/science/feed/atom/ - [Revue des sciences mars 2013](https://jeanzin.fr/2013/03/01/revue-des-sciences-mars-2013/): Fin de ce type de revue des sciences Une nouvelle source d'énergie dans les neurones Mémoire défaillante contre famine L'obsolescence programmée est-elle répandue ? Human Brain Project : simuler le cerveau humain Nos limites cognitives (encore!) 5ème force et non-particules L'inertie viendrait de la dissymétrie de l'effet Casimir Des hommes sur Mars dès 2018 ? Des cristaux réactifs Les briques de base pour des nanostructures Mauritia, un ancien continent sous l'Île de la Réunion L'Arctique en déconfiture Ralentissement du tapis roulant océanique et de l'absorption du CO2 La géoingénierie, c'est facile Lockheed Martin promet la fusion dans 10 ans Potentiel controversé de l'éolien 40 000 tonnes de harengs asphyxiés par un barrage Les proto-ARN ? Virus pélagiphages et bactéries marines L'ancêtre des insectes Les abeilles sensibles au champ électrique L'ancêtre des mammifères Les dauphins s'appellent par leur nom Voir la pensée d'une souris La part inconsciente de nos décisions Un gène du cerveau propre à l'homme Un gène du langage diffère chez l'homme et la femme L'origine de la musique Le corps nu devient support identitaire Les traditions locales plus importantes que les gènes Le mécanisme de réparation de l'ADN Cancers Helicobacter pylori contre l'obésité et le diabète Un lien entre Alzheimer et le diabète de type 2 Une protéine qui bloque la formation de neurones freine le déclin cognitif Un patch électrique contre la dépression Le rhume lié à des télomères courts ? La dynamique d'une épidémie, du plus virulent au moins Des nanocapsules pour éliminer l'alcool du sang Un tatouage électronique pour surveiller la santé L'intelligence artificielle meilleure qu'un médecin L'impression de cellules souches en 3D Manipuler des animaux avec la lumière Smartclothes : des vêtements écran tactile Lunettes numériques Stylos numériques Montres numériques Un mini drone pour vous filmer partout Une aide à la conduite pour 150$ - [Stéphane Hessel](https://jeanzin.fr/2013/02/27/stephane-hessel/): C'est quelqu'un que j'aimais beaucoup, bien avant qu'il ne soit connu (il était proche de Jacques Robin). Il m'aimait bien et m'encourageait à participer au comité d'éthique mondial (Collegium) que j'avais trouvé si vain. Moi j'admirais sa façon d'exprimer avec un large sourire des convictions très fortes et charpentées, c'était vraiment la classe, mais je m'en veux tellement de ne pas avoir pu aller à ses 90 ans où j'étais convié, ne l'ayant pas revu depuis... Son rôle dans le mouvement des indignés est de l'ordre du miracle, d'une rencontre avec l'actualité inespérée (c'est ça le bonheur), incarnant une sorte de ... Lire la suite - [Sur les villes en transition](https://jeanzin.fr/2013/02/21/sur-les-villes-en-transition/): Les "villes en transition" sont incontestablement des initiatives positives et nécessaires qu'il faut encourager comme tout ce qui va dans le sens d'une relocalisation de l'économie et de ce qu'ils appellent les capacités de résilience locale (diversité, modularité, proximité). On pourrait cependant préférer un projet plus global de villes vertes car il y a deux points, qui sont au centre de cette démarche, sur lesquels on peut avoir un regard plus critique. D'abord la focalisation sur une fin du pétrole qui est loin d'être avérée encore, ensuite la dépolitisation d'une démarche qui gagnerait à prendre une dimension véritablement municipale. - [Stopping creative destructions](https://jeanzin.fr/2013/02/18/stopping-creative-destructions/): Traduction en anglais par Loïc Barbarin de l'article : En finir avec les destructions créatrices. - [Commune connerie](https://jeanzin.fr/2013/02/14/commune-connerie/): Errare humanum estQuand on se rend compte à quel point on a pu être con, on ferait mieux de se taire. C'est d'ailleurs ce que je fais en dehors de ce blog mais vraiment, je ne peux nier avoir avec ma génération collectionné les égarements. En commençant par la religion qui est la preuve massive de notre crédulité et à laquelle je croyais dur comme fer quand j'étais enfant, jusqu'à vouloir être curé ! Je me trouvais à l'époque bien moins crédule quand même que les païens adorateurs d'idoles, puis, je me suis cru beaucoup plus malin quand je n'y ai plus cru et que je me suis engagé dans les mouvements post-soixante-huitards, certain qu'on pouvait changer le monde avec quelques mots d'ordre simplistes et que notre génération allait tout reprendre à zéro (on a vu). Je n'étais quand même pas trotskiste, ni aussi con que les maoïstes casqués scandant de façon effrayante "Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao" ! Avec le recul, la somme de bêtise et d'aveuglements de ces temps là semble considérable (y compris pour un Sartre!), vraiment pas de quoi s'en glorifier outre-mesure même si l'effet à long terme en est largement positif. Après je me suis cru obligé de vivre en communauté et d'aller voir ce qui restait des hippies en Californie. Malgré des côtés sympas, notamment les expériences psychédéliques, il fallait là aussi se traîner un paquet de stupidités plus ou moins mystiques avec la dénégation du surmoi collectif. L'École Freudienne de Paris, ensuite, c'était tout un poème avec Lacan en sujet supposé savoir qui suscitait bien malgré lui des attitudes quasi religieuses de croyants et provoquait une palanquée de délires imbitables trop chargés de signifiants. L'apport de Lacan est incontestable mais ce n'est pas dans les milieux intellectuels qu'il y a le moins de connerie, c'est sûr, et rien de pire que les disciples ! Il y a même quelques raisons de considérer les différentes philosophies en leur fond, et pour leurs adeptes au moins, comme des formes de la bêtise et de la religion (de Platon à Deleuze) bien qu'y échappant par l'argumentation publique. Mon intervention à la création de la Cause Freudienne s'appelait déjà "l'institution ou le partage de la bêtise" mais je ne peux dire que j'en étais complètement indemne, ce qu'on voit bien une fois qu'on a pris ses distances. A mes débuts dans l'écologie, ce n'était guère mieux. J'avais encore, sans le savoir, une conception naïve de la démocratie et m'imaginais, comme les autres militants, que notre devoir était de dessiner une sorte de société plus ou moins idéale, sauf qu'il y en avait plusieurs et que ça faisait des tendances écolos qui s'affrontaient pour rien. Ce qui est curieux, c'est que nous étions nourris de sciences sociales et de déterminisme économique mais qu'on faisait comme si le politique pouvait s'en abstraire par la simple force d'une volonté générale inexistante. Surtout, la vie de parti démentait les belles paroles, la politique elle-même laissant peu d'espoir de changer les choses, réduite à la lutte des places gagnée forcément par les plus ambitieux, et les élections se révélant entièrement dépendantes de ses réseaux. Ça fait déjà beaucoup. Ce n'est pas une raison pour ne plus rien faire ou espérer mais au moins nous amener à plus de modestie. Si je ne renie rien de mon parcours historique qui ne se résume pas à sa part d'aveuglement, il y a bien eu glissement d'une écologie révolutionnaire devenue désormais plus alternative et localiste. Je suis donc devenu finalement plus matérialiste et réaliste, avec une meilleure compréhension de notre entrée dans l'ère de l'information qui change toutes nos représentations. Comment croire pourtant que je ne me fais pas encore trop d'illusions ou que je ne serais pas encore à côté de la plaque d'une façon ou d'une autre étant donné le peu d'écho rencontré ? Comment croire que ce serait la fin de l'histoire et de notre propre évolution, qui n'a aucune raison de s'arrêter ? C'est paraît-il une illusion commune et fait partie de nos errements les moins évitables. De quoi, en effet, nous faire juger faussement de l'avenir à l'aune du présent alors que les temps changent et que les vérités de demain ne seront pas celles d'hier (ce dont témoignent notamment les sciences par leurs changements de paradigme mais il y a aussi les modes qui changent et des cycles idéologiques). Après une telle carrière, c'est en tout cas la prétention de dire le vrai qui ne peut plus être si assurée, avec la nécessité de maintenir le soupçon sur nos certitudes et une attitude critique, y compris envers la pensée critique - ce qui ne doit pas faire tomber pour autant dans un scepticisme dogmatique. Si je raconte mon histoire, ce n'est pas que je me crois plus con qu'un autre mais que je ne crois pas être un cas particulier car c'est ce que chacun a pu vérifier dans sa vie, sauf à rester figé dans une position par fidélité excessive qu'on peut à juste titre qualifier de psychorigide. C'est aussi ce que les sciences expérimentent quotidiennement, où il n'y a pas tellement moins de connerie ou de tromperies qu'ailleurs mais où c'est l'expérience qui tranche et l'on est forcé par les nouvelles découvertes à remettre en cause en permanence nos anciennes croyances qui nous semblaient pourtant les plus certaines et rationnelles. La pratique de ma revue des sciences me le rappelle chaque mois mais, en fait, rien de mieux que la programmation pour toucher ses propres limites et se confronter à l'erreur comme ce qui est le plus humain et contre quoi il faut se prémunir sans cesse, seule façon de la surmonter (car surmonter nos erreurs, on ne fait que ça). Il n'y a rien de nouveau là-dedans, que du bien connu, ce qu'on appelle désormais les biais cognitifs et dont on va voir la difficulté d'en faire toute la liste, mais c'est en général ce qu'on refuse d'admettre pourtant, à quel point on est bête et ignorant. Moi-même, il me faut me le rappeler régulièrement. Naturellement on se monte la tête à se croire qualifié pour déterminer comment le monde doit marcher (la monnaie, les banques, l'économie, les impôts, etc.). Le pire, c'est que moins on en sait et plus on croit savoir ce qu'il faut faire ! Certains croient même que ce serait le principe de la démocratie ! Il faut tout au contraire en savoir beaucoup pour savoir tout ce qu'on ignore encore. C'est ce qu'on appelle l'ignorance docte qui est tout l'opposé de l'ignorance crasse ou des préjugés du sens commun. C'est en s'approchant des phénomènes dans le détail qu'on peut constater tout ce qui nous échappe et qu'on n'imaginait pas de loin. Au contraire des démagogues qui flattent le savoir du peuple comme d'une assemblée inspirée par les dieux pour mieux l'endoctriner, c'est notre ignorance commune qui devrait nous rassembler et qui est bien plutôt le principe de la démocratie aussi bien chez Aristote que John-Stuart Mill. Répétons-le, il ne s'agit pas de tomber dans un scepticisme généralisé et la passivité d'un spectateur désabusé mais bien d'en rabattre sur nos prétentions et revenir à un peu plus d'humilité au lieu de prendre des airs de héros déchus ou d'anges vengeurs en se comportant comme des perroquets répétant de vieux discours depuis longtemps caducs. Aussi bien en politique qu'en économie, notre désorientation est manifeste et peut mener au pire. Il faudrait en prendre acte. Cependant, le constat sévère de son insuffisance est ce qui devrait rendre le travail intellectuel encore plus crucial et non pas du tout le disqualifier complètement. - [En finir avec les destructions créatrices](https://jeanzin.fr/2013/02/08/en-finir-avec-les-destructions-creatrices/): De l'écosystème à l'organisme Comme au moment des bulles financières, il y a un côté surréaliste à voir tout un échafaudage qui ne devrait pas tenir debout et qui pourtant ne s'écroule pas, comme suspendu dans les airs. Cela ne dure qu'un temps, le krach finissant toujours par se produire, mais il ne faut pas sous-estimer cette force d'inertie importante qui est fonction des masses en jeu et qui brouille le jugement. On peut expliquer ainsi la période actuelle d'euphorie comme si la crise était derrière nous alors que rien n'a été réglé pourtant. C'est peu de dire que le plus probable serait qu'on replonge, comme les révolutions arabes qui tournent mal. Le pire est toujours possible mais cela ne doit pas empêcher d'envisager l'hypothèse beaucoup plus improbable qu'on arrive à éviter l'effondrement (à le repousser indéfiniment au moins). Ce n'est pas, en effet complètement impossible, on en aurait en tout cas les moyens à l'ère de l'information et de l'écologie, de régulations globales et de la constitution d'un Etat universel. Surtout, cette fois, on voit qu'il n'y a pas seulement l'inertie naturelle mais bien une coordination active des Etats, même minimale, même à contre-coeur, ce qui nous installe déjà dans un tout autre régime. Arriver à éviter les crises systémiques, principal souci depuis la faillite de Lehman Brothers, pourrait se révéler le principal vecteur de l'achèvement d'une unification du monde déjà effective mais cette situation inédite ne serait pas sans conséquences, en premier lieu de se priver de ce que Schumpeter appelait des "destructions créatrices", provoquées pour lui par l'innovation ("le nouveau ne sort pas de l'ancien mais apparaît à côté de l'ancien et lui fait concurrence jusqu'à le ruiner"). Certains ont pu même dire qu'il n’y a crise que s’il y a innovation, ce qui est très exagéré. Pour René Passet, la nécessité de ces destructions créatrices serait plutôt une caractéristique des systèmes complexes obligeant à passer par l'effondrement pour se reconstruire sur d'autres bases. Dans un cas comme dans l'autre, vouloir empêcher les crises systémiques, ce serait incontestablement une façon d'arrêter l'évolution économique, au moins de la freiner. En effet, cela se traduit très concrètement d'abord par une garantie étatique des banques qui en supprime le risque ("l'aléa moral"), constituant pourtant sa matière première, tout autant que son caractère privé. Beaucoup s'en offusquent exigeant qu'on laisse les banques faire faillite en toute bonne logique libérale mais, comme la bombe nucléaire, c'est une arme qui s'est révélée bien trop dévastatrice pour répéter l'opération. On ne voit pas bien cependant comment on éviterait dès lors d'étendre cette protection aux autres grandes entreprises jusqu'à celles qui ont un impact local fort, dans ce qui s'apparenterait de plus en plus à une économie administrée plus qu'aux lois du marché. La contamination à une grande partie de l'économie pourrait être irrésistible à la longue. Derrière le libéralisme affiché, ce qui se met en place, ce serait ainsi une gouvernance mondiale qu'on peut qualifier de cybernétique de naviguer à vue sous la pression des événements et pas du tout selon un plan préconçu comme les anciennes économies planifiées. Il faut y voir un événement majeur qu'on peut analyser comme la transformation de l'écosystème planétaire en organisme, en grande partie grâce aux réseaux numériques mais pas seulement puisque c'est la crise systémique qui nous a fait rentrer dans la fin d'un certain libéralisme. Tout comme un organisme se définit par sa résistance à la mort, la prévention des crises systémiques (y compris écologiques) contient l'exigence de régulations globales et change la donne par rapport à la concurrence internationale, signe qu'on quitterait l'économie sauvage et la jungle du marché pour constituer une sorte d'organisme planétaire avec des échanges régulés. - [Revue des sciences février 2013](https://jeanzin.fr/2013/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2013/): La théorie de l'information La synchronisation des neurones Des hivers plus rigoureux L'illusion de la fin de l'histoire Réconcilier physique classique et quantique La gravitation comme phénomène émergent Des températures négatives Influence des cycles solaires sur le climat Une source naturelle de destruction de l'ozone Détruire les cirrus pour réduire l'effet de serre La fonte des glaces pourrait refroidir la mer et le climat Un lampadaire qui absorbe le CO2 21 exemples de maisons autonomes Le gène généreux La durée de vie en formule L'équilibre entre cancer et reproduction Différences entre chiens et loups Le gène des dominants La causalité fait partie intégrante de la vision Se protéger de la dégradation de l'ADN en vieillissant Des ADN à quadruple hélice dans certains cancers Le cannabis encouragerait à l'effort ! Stress et dépression Liaison entre la violence et le plomb Un traitement contre l'herpès Une puce pour décrire les suspects avec leur ADN Photomaton fait des cabines ADN Un détecteur de mensonge par vidéo - [Le coup le plus dur](https://jeanzin.fr/2013/01/15/le-coup-le-plus-dur/): Pendant qu'on se lamente sur les nouvelles défaites des syndicats, trahis comme d'habitude par la CFDT (c'est FO qui jouait ce rôle avant), le coup le plus dur vient d'être donné par le gouvernement socialiste avec la perspective de désindexer les retraites de l'inflation. Qu'on ne s'y trompe pas, c'est la voie ouverte à une diminution drastique des retraites comme de tout autre droit qui serait désindexé. La chose semble facile et ne pas mériter de désapprobation car l'inflation recule encore pour l'instant et nous sortons d'une longue période d'inflation minimale. Il est habituel qu'on s'imagine à chaque fois que cela va durer toujours alors qu'on entre au contraire dans une nouvelle période d'inflation. C'est très explicite avec le nouveau premier ministre japonais, mais les USA et la Grande-Bretagne sont sur la même pente, inévitable même si l'Euro s'y refuse par principe, la hausse des matières premières à cause du développement des pays les plus peuplés devant y participer de plus en plus. - [TINA](https://jeanzin.fr/2013/01/13/tina/): Par cette affirmation péremptoire : There Is No Alternative, la détestable Margaret Thatcher inaugurait l'ère de la pensée unique, celle des vainqueurs du communisme et du mépris des pauvres. En réaction, une gauche en déroute s'est crue obligée de prétendre qu'il y avait bien sûr des alternatives, dans une sorte de croisade au nom de nos libertés, mais dont on n'a rien vu encore malgré toutes les déclarations enflammées. Il y a d'ailleurs une petite chose qu'on oublie dans l'affaire, c'est que les politiques de Reagan et Thatcher ont eu un effet positif sur des économies malades, ce pourquoi elles ont obtenu le soutien renouvelé des populations sur une assez longue période. En fait, depuis la crise où ces politiques néolibérales ont fini par nous mener, ce n'est plus la pensée unique mais plutôt la désorientation générale où règne une pluralité des théories dont aucune n'est assez convaincante. Chacun y va de sa petite solution à une situation multidimensionnelle alors qu'on est confronté à notre réelle impuissance et que ce sont les événements qui dictent à nos gouvernements les mesures à prendre - parfois de façon complètement contre-productive comme des mesures de rigueur conduisant à une récession creusant le déficit et exigeant de plus en plus de rigueur ! Il y a à l'évidence besoin d'une alternative mais qui reste introuvable alors même qu'on prétend qu'il y en aurait plusieurs ! Quand ça ne marche pas, il faut trouver incontestablement une alternative mais il n'y a en général qu'une façon de s'en sortir, compte tenu d'un ensemble de contraintes qui peuvent changer au cours du temps (il y a notamment des cycles d'inflation et de désinflation). Le problème, c'est notre difficulté aussi bien à faire le bon diagnostic que de savoir quoi faire dans cette phase de la crise. C'est un problème cognitif, cela n'empêche pas qu'il n'y a sans doute qu'une stratégie qui est la bonne, et qui sera imposée par les faits, même s'il faut éprouver une à une toutes les erreurs possibles avant de les rejeter (ce qu'on appelle procéder par essais-erreurs, un peu à l'aveugle). Il me semble que, plutôt que de faire preuve de complaisance envers toutes les naïvetés et protestations généreuses sans conséquences, il vaudrait bien mieux faire le tour de toutes les contraintes auxquelles il nous faut faire face, de ce qui est nécessaire et des possibles effectifs qui ne coïncident malheureusement pas. En premier lieu, il y a bien sûr les contraintes écologiques, la nécessité de la reconversion énergétique et de la relocalisation. Il faut s'en persuader, on n'a pas le choix, ce pourquoi j'avais titré un article : "il n'y a pas d'alternative". C'est bien ce mot d'ordre qu'il faut reprendre à notre compte au lieu de glorifier une liberté illusoire. Nous devons absolument changer et cela ne dépend pas de notre bon vouloir, de nos valeurs ou de notre excellence mais de notre simple survie. L'alternative est inévitable et il n'y a pas d'autre alternative, c'est continuer comme avant qui est impossible ! - [The universal and homogeneous state](https://jeanzin.fr/2013/01/08/the-universal-and-homogeneous-state/): As globalization progresses, more and more people would like to escape it by returning to an idealized nation in splendid isolation, even though the slightest attempt at originality raises storms and forces a return to the past. External pressure is undeniably homogenizing, just as prices tend to converge in open markets. Lamenting or rejecting this fact does not change anything, except to build a wall between us and the rest of the world, which is no longer tenable. We are part of this world and this time, just like this weak Europe. The only territory we have left is that of ... Lire la suite - [L'Etat universel et homogène](https://jeanzin.fr/2013/01/08/l-etat-universel-et-homogene/): A mesure que la mondialisation progresse, plus nombreux sont ceux qui voudraient s'y soustraire par un retour à une Nation idéalisée dans un splendide isolement alors même que la moindre mesure originale tentée soulève des tempêtes et oblige à revenir en arrière. La pression extérieure est incontestablement homogénéisante, tout comme les prix ont tendance à s'unifier dans des marchés ouverts. Le déplorer ou vouloir le refuser ne change rien à l'affaire, sauf à vouloir dresser un mur entre nous et le reste du monde, ce qui n'est plus du tout tenable. Nous faisons partie de ce monde et de ce temps, comme de cette Europe si faiblarde. Le seul territoire qu'il nous reste est celui de la proximité, ce qui n'est pas rien et le lieu des alternatives locales à la globalisation marchande mais ce n'est pas ce qui empêchera le monde de continuer à s'unifier. Il fut un temps, pas si lointain, où le mondialisme semblait n'être qu'une idéologie d'élites cosmopolites alors qu'on semble découvrir avec retard l'effacement effectif des frontières qui se manifeste bruyamment par l'exil fiscal notamment. Sur la fiscalité, là aussi, nous avons donc perdu la possibilité de trop nous écarter de la norme européenne. La démocratie nationale a bien perdu l'essentiel de sa substance. On peut en éprouver légitimement un sentiment de dépossession. Nous appartenons indubitablement à un Empire plus large dont l'éclatement est toujours possible dans ces moments de crise mais qui ne nous redonnerait pas l'éclat d'antan et précipiterait plutôt notre déclin alors qu'une Europe unie redeviendrait, pour un temps au moins, la première puissance. Ce n'est pourtant qu'une partie de la question car, on observe surtout la constitution d'une sorte de gouvernement mondial de l'économie, notamment à travers les politiques coordonnées des banques centrales et la régulation des marchés financiers - mais pas sur les monnaies qui restent encore nationales. Impossible de savoir, donc, si cette solidarité résistera à la guerre des devises qui a commencé mais ce ne serait sans doute qu'un accroc dans un mouvement de plus long terme d'unification du monde déjà largement effective, Etat universel en formation depuis longtemps. Certains voient dans l'émergence d'un Etat supra-national le résultat d'un complot américain, ou même plus précisément des Rothschild, et auquel Kojève notamment aurait prêté main forte ! L'histoire ne serait ainsi qu'une suite d'intentions mauvaises, comme dans les conceptions policières de l'histoire ignorant les forces matérielles et les tendances de fond. On peut faire plutôt de l'unification du monde une conséquence de l'entropie universelle et du développement des communications. C'est cette dimension entropique qu'on va examiner ici et que René Passet pense retrouver dans l'interprétation de la fin de l'histoire et des classes sociales comme homogénéisation des populations en même temps que différenciation des individus. - [Revue des sciences janvier 2013](https://jeanzin.fr/2013/01/01/revue-des-sciences-janvier-2013/): Peut-on parler d'addiction au sucre ? Quantique mais non discret Obtenir un indice de réfraction égal à zéro 2 bosons de Higgs ? Des traces de vie sur Mars ? La fonte de l'Arctique, une bombe climatique La fonte de l'Arctique va faire réapparaître des vieux virus Si la glace fond, les volcans s'activent ! Des lasers surpuissants pour la géothermie Manger des vers Des petites montagnes russes comme métro L'épissage alternatif déterminant dans la complexification Lire les voyelles dans le cerveau La main de l'homme faite pour donner des coups de poing Le gras et le sucré sont des drogues L’acide quinolinique, la molécule qui pousse au suicide L'Alzheimer causé par la division cellulaire des neurones Des cellules cancéreuses normalisées par la pression - [La pauvreté recule](https://jeanzin.fr/2012/12/18/la-pauvrete-recule/): Profitant d'une panne de mon accès internet, j'ai vu sur Arte hier des rediffusions de films sur la pauvreté bien intéressants. Le premier (Why Poverty - Donnez votre argent !) était consacré à l'aide au développement et au rôle des vedettes médiatiques (Bob Geldof et Bono) dans la mobilisation de l'opinion publique. Le deuxième film (Pauvres de nous, voir la vidéo) était encore plus intéressant dans sa démonstration du fait que la pauvreté d'un pays était loin d'être naturelle mais bien résultat du pillage par l'occident à l'opposé de la propagande colonialiste. Les sociétés traditionnelles d'Amérique comme d'Afrique ou d'Asie étaient ... Lire la suite - [Un revenu de base compétitif](https://jeanzin.fr/2012/12/12/un-revenu-de-base-competitif/): L'augmentation du chômage n'est pas dû à notre soudain décrochage du niveau d'excellence qui était le nôtre mais plus prosaïquement aux restrictions budgétaires imposées par une crise financière qui touche tous les pays développés et devrait s'achever (mais quand ?) dans un retour de l'inflation qui rendra plus facile les ajustements des salaires comme la résorption de la dette. En attendant, on ne peut nier que les Allemands nous soient passés devant ces dernières années, depuis les lois Hartz du chancelier Schröder de triste mémoire. Il faut voir ce que c'est, par un prétendu socialiste pressé de s'en mettre plein les poches ! Le principe dit de responsabilisation, consiste à condamner les plus faibles à une pauvreté effectivement en hausse sensible dans ce pays qui s'enrichit sur leur dos. Cette dénégation des sciences sociales, qui prétend rendre les individus responsables de leur sort et de la situation macroéconomique, a du moins l'avantage de faire des économies sur les droits sociaux et soulager les riches écrasés par les impôts ! En plus de culpabiliser les pauvres, ils n'ont vraiment pas honte de les condamner par dessus le marché aux travaux forcés, au travail gratuit pour mériter leurs maigres allocations, et tout cela, pour leur bien évidemment. Le travail rend libre, on vous le dit, c'est ancré dans les gènes sans doute ! Il y a, en tout cas, de vrais salauds. Comme ce ministre britannique menaçant de couper les vivres aux chômeurs qui ne cherchent pas assez de travail alors que le chômage augmente à cause de sa politique budgétaire et s'il n'y a pas de travail, où voulez vous en chercher ? Quand il s'agit de taper sur les pauvres, ont trouve toujours des arguments moraux (ici aussi, bien sûr, on a des raclures comme le ridicule Wauquiez qui pense qu'on n'a plus les moyens d'assurer une vie décente aux plus pauvres tellement la France s'est appauvrie!). Ce débat se focalise actuellement sur le gain de compétitivité procuré par cette diminution des prestations sociales et des salaires. Si la France, qui a déjà une des meilleures compétitivités, doit encore l'améliorer, c'est surtout par rapport à son principal concurrent de la zone Euro (pas seulement par rapport aux pays à bas salaire), par rapport à son dumping social, et cela, sans pouvoir utiliser la dévaluation, donc. Evidemment, une solution idéale serait de faire preuve de tant de dynamisme et d'innovation qu'on n'ait pas besoin de réduire les coûts mais il ne faut pas trop rêver. On n'est pas les seuls dans la course et, en attendant, la précarité gagne de plus en plus, ça c'est sûr. Que font les pays du sud pour s'aligner ? Ils baissent les salaires, solution intolérable mais qui nous pend au nez. Plutôt que dénier le problème vainement, il vaudrait sans doute mieux en prendre acte et en tirer les conséquences. Or, la seule façon de rendre acceptable ces baisses de salaire, ce serait de les compenser par une allocation universelle. Solution que les syndicalistes ont en horreur mais qui pourrait s'avérer très efficace et jouer un bon tour à nos concurrents principaux s'acharnant sur leurs pauvres. - [Revue des sciences décembre 2012](https://jeanzin.fr/2012/12/01/revue-des-sciences-decembre-2012/): Alimentation durable Les causes du vieillissement OGM, le vrai débat Un gène de la dépendance au cannabis lié à la schizophrénie Le réchauffement serait de 4°C en 2100 Nouveau record d'émission de CO2 La fracturation hydraulique produit des fuites de méthane Crises : la solution des villes L'Inde mise sur des centrales nucléaires au thorium La diversité génétique de nos cellules Des pointes de lance il y a 500 000 ans La révolution culturelle de l'humanité a 71 000 ans Notre intelligence déclinerait depuis -4000 C'est le mot qui fait imiter le bébé Les plus jeunes à l'école réussissent moins bien Les effets néfastes des sels d'aluminium dans les vaccins Lien entre production de neurones et cancer du sang L'autisme, une surproduction de protéines ? Les drones civils vont se généraliser - [L'histoire avant l'histoire](https://jeanzin.fr/2012/11/25/l-histoire-avant-l-histoire/): Alain Testart, Avant l'histoire L'époque semble, dans les sciences sociales, aux mises au point méthodologiques, comme si la situation actuelle rendait plus urgent de sortir de l'idéologie (y compris du marxisme et du politiquement correct) pour pouvoir se rapprocher des faits afin de rendre compte de ce qui se passe. Après le Monde pluriel de Bernard Lahire, que j'ai trouvé un brin décevant malgré une bonne orientation de départ, voilà un autre livre réflexif sur sa discipline dont la grandeur est de nous confronter à notre ignorance sans renoncer à construire un savoir (voie de la philosophie ni dogmatisme, ni scepticisme). Il faut dire que notre préhistoire est le meilleur témoignage de notre propension à reconstruire toute une histoire avec quelques traces matérielles. La paléoanthropologie ressemble à un Sherlock Holmes qui devrait réviser sans arrêt ses conclusions avec la découverte de nouveaux indices. Dans ma revue des sciences je m'amuse à chaque fois de la réécriture de nos origines à partir d'une simple dent parfois, comme un jeu de piste fait pour nous égarer mais on ne peut dire pour autant que ce n'est pas un savoir en progrès, en ceci que sont réfutées de plus en plus des mythes que nous formons, les récits qu'on en fait inévitablement. Ce n'est donc pas pour rien qu'Alain Testart commence son livre-programme par une histoire de la préhistoire et de la notion d'évolution ou de progrès pour se situer lui-même dans ce temps historique (avec une critique du progressisme déjà datée), temps de la science où l'on sait qu'on changera d'avis si de nouvelles découvertes l'exigent. Le plus intéressant, pour nous, c'est de penser l'évolution de la technique et son accélération à partir du Néolithique. Les questions des inégalités et de la richesse sont aussi importantes pour réfuter les visions idylliques qu'on se fait du "bon sauvage" mais on sera plus circonspect sur l'explication de la démocratie européenne par la supposée rémanence d'une culture "démocratique" datant du néolithique et dont le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas toujours été évidente ! - [Jamais période ne fut aussi révolutionnaire...](https://jeanzin.fr/2012/11/11/jamais-periode-ne-fut-aussi-revolutionnaire/): Peut-être devrait-on parler d'évolution plutôt que de révolution tant ce mot est chargé d'illusions mais nous sommes indubitablement, malgré une impression d'immobilisme et de régression, dans une période révolutionnaire de bouleversements accélérés comme il n'y en a peut-être jamais eu dans l'histoire humaine à cette rapidité, avec des risques mais aussi des potentialités inouïes. Pas celles que la plupart de ceux qui se disent révolutionnaires espèrent encore, surévaluant notre pouvoir sur les événements et notamment sur une crise qui n'en finit pas de s'aggraver. La crise de 1929 n'a pas été aussi fulgurante qu'on l'imagine, les choses n'arrêtaient pas de s'arranger, on voyait le bout du tunnel tout le temps bien que le chômage n'en finissait pas de monter... On a vraiment l'impression de refaire exactement les mêmes erreurs que dans les années 1930, un véritable décalque mené tambour battant. Il semble qu'on n'ait pas le choix et que les événements décident de nous plus que nous ne décidons d'eux. Il faut en prendre la mesure. Par rapport à cette sombre époque, nous avons à faire face en plus au déclin industriel résultant du développement des anciens pays du tiers monde, des nouveaux enjeux écologiques et du déferlement numérique tout aussi planétaire. Tout cela conspire à l'affaiblissement de la politique et du niveau national mais aussi à la mise en concurrence des systèmes sociaux. Dans ces moments de complète transformation, les tentations de retour en arrière sont aussi compréhensibles que vaines, ne faisant que retarder la prise en compte de ces nouvelles réalités. Ainsi, on peut être sidéré aussi bien de la minimisation de la crise que de l'ignorance par les gauches des nouvelles conditions de production et des nouveaux rapports de force géopolitiques ! Quand on voit l'inadéquation à la fois des politiques suivies par les gouvernements et de ce qu'y opposent ceux qui les contestent, il est clair que la question est d'abord cognitive, témoignant de notre impuissance et d'une désorientation générale. C'est sur ce point qu'il faudrait un progrès décisif, exigé par l'unification du monde déjà effective. On n'y est pas du tout. - [Revue des sciences novembre 2012](https://jeanzin.fr/2012/11/01/revue-des-sciences-novembre-2012/): La fin de la fin du pétrole ! Le désir n'est pas le plaisir Les bébés connaissent la grammaire Nouvelle théorie combinant topologie et symétrie L’enrichissement de l’uranium par laser Les débuts de la vie avec 3 ARN Lien entre gros cerveau et cancer Carte universelle de la vision dans le cerveau Les mots produisent des images - [La révolution avant la révolution, et après...](https://jeanzin.fr/2012/10/23/la-revolution-avant-la-revolution/): La Révolution Française a servi de référence aux révolutions suivantes. Ce n'était pourtant pas du tout une révolution préméditée, conséquence plutôt d'une révolution déjà effectuée dans les esprits à l'époque des Lumières, d'une culture politique exprimée par les écrivains se substituant à la religion. Elle a pourtant servi de nouvel événement fondateur et de modèle aux révolutions futures dans sa prétention à reconstruire la société sur des bases entièrement rationnelles (avec l'unification des mesures, de la langue, de l'école, des populations). Il y a toujours à apprendre des échecs de la Révolution dans sa tentative d'incarner par la Terreur la volonté générale et un usage déraisonnable de la raison, dérives dénoncées tout de suite par les réactionnaires comme Burke et que reproduiront peu ou prou la plupart des révolutions qui suivront. Ce sont ces mêmes dérives qui seront la cible des critiques du totalitarisme mais par d'anciens révolutionnaires cette fois. Il y a sans doute plus à apprendre encore de ce qui a précédé la Révolution, y trouvant là un débouché inespéré sans que ce soit toujours conscient, en empruntant des parcours improbables et sinueux, à l'opposé de toute stratégie préétablie, les plus conservateurs et fanatiques provoquant eux-mêmes leur perte. - [L'ordre grammatical](https://jeanzin.fr/2012/10/15/l-ordre-grammatical/): Je prends l'habitude de faire des billets à part lorsque mes commentaires sur une étude scientifique prennent trop d'ampleur. Il s'agit cette fois d'une incursion dans la grammaire sous l'angle de la théorie de l'information, mais aussi de la détermination génétique du langage par rapport à l'hypothèse de grammaire universelle de Chomsky. - [Le management collaboratif](https://jeanzin.fr/2012/10/13/le-management-collaboratif/): Il y a de bonnes raisons de critiquer un management inhumain obsédé par le profit et qui fait peser des contraintes cruelles ou simplement stupides sur les salariés, jusqu'aux pratiques sadiques d'un management par le stress qui a des morts sur la conscience. C'est un domaine qui voit surgir toute une palanquée de petits gourous qui vendent aux entreprises des recettes miracles qui ne sont pas toujours sans intérêt mais qui sont appliquées, en général, avec un dogmatisme destructeur. Le véritable intérêt du management, c'est de poser les problèmes, d'adopter une méthodologie cartésienne pour diviser les tâches et répartir les moyens en fonction des objectifs. Sinon, les résultats étant le plus souvent très décevants, on assiste à une succession de modes un peu comme pour les régimes amaigrissants, le développement personnel ou les théories économiques. Cela mène à de véritables folies parfois ou flirt avec les sectes (la scientologie et l'analyse transactionnelle étant pas mal implantées dans ce secteur). Surtout dans le domaine commercial, il semble qu'on tente d'extirper tout scrupule moral, avec la prétention de former un homme nouveau dépourvu d'humanité sur le modèle d'un homo economicus uniquement préoccupé de ses gains immédiats. Il ne manque certes pas de raisons de se battre contre cette nouvelle sorte de totalitarisme décervelant. Cependant, l'avantage de l'entreprise par rapport au politique, c'est que les effets pervers et la contre-productivité des excès du management se font sentir plus rapidement et finissent par susciter des réactions salutaires, surtout dans un contexte où la nature du travail a changé. De même que la montée de la précarité provoque une destruction de compétences et manifeste l'inadaptation des protections sociales à l'économie post-industrielle, on s'aperçoit aussi qu'il y a contradiction entre le formatage des salariés et ce qu'on peut exiger d'eux en terme de coopération et d'autonomie. Impossible de transformer une entreprise en marché. Il a été montré depuis longtemps que les entreprises sont des sociétés hiérarchiques, ce qui permet notamment de minimiser les "coûts de transaction" mais aussi de se coordonner et de planifier les opérations. Contre l'idéologie libérale, il faut bien admettre que l'économie est une composition de dirigisme d'entreprise (voire de bureaucratie) et de concurrence de marché. - [Réexaminer notre rapport aux drogues](https://jeanzin.fr/2012/10/10/reexaminer-notre-rapport-aux-drogues/): On considère en général que le problème des drogues est le type même du problème marginal concernant des marginaux. Il y aurait tant de choses plus importantes, surtout en cette période de crise. On considère aussi qu'il n'y aurait en tout cas aucun rapport avec l'écologie réduite à l'environnementalisme. C'est pourtant tout le contraire. Les drogues ont une place centrale dans les sociétés humaines, elle est simplement presque universellement déniée. Il ne s'agit que d'en devenir conscients, de regarder la réalité en face. Il est même difficile de faire le tour des différentes dimensions affectées par les préjugés scientistes ou religieux sur les drogues qui incarnent au plus haut point nos limites cognitives et le poids des fausses opinions. De même, la plupart de ceux qui ne sont pas écologistes voudraient limiter l'écologie à un secteur spécialisé et consensuel en oubliant sa dimension politique et conflictuelle soulignée par André Gorz en 1974 (leur écologie et la nôtre). Si l'écologie-politique attentive au bien-être des populations ne peut être insensible à ces questions vitales et liberticides, il y a incontestablement division dans l'écologie entre hygiénistes ou moralistes (qui confondent le naturel avec le normatif) et une écologie-politique attachée à l'autonomie du vivant et sa diversité comme à l'expérience de soi et l'exploration du monde, à l'opposé de toute administration autoritaire de nos vies, même au nom de l'écologie. - [Revue des sciences octobre 2012](https://jeanzin.fr/2012/10/01/revue-des-sciences-octobre-2012/): Rareté des trous noirs favorables à la vie Nouvelles symétries avec le principe d'unarité La géométrie non-commutative revient dans la course Un minimum solaire de plus en plus probable La vie sur Mars plus récente que sur Terre ? Le mécanisme de correction d'erreur de l'ADN Le rôle régulateur de l'ADN "poubelle" La manipulation des rêves, une réalité chez le rat Des souvenirs artificiels créés… en laboratoire L'espèce humaine plus mélangée en Afrique du sud Notre peau blanche est trop récente pour venir de Neandertal Le maïs OGM de Monsanto cancérigène ? Des implants réparent des fonctions déficientes du cerveau Des jeux en immersion totale chez soi Le robot industriel d'avenir pour PME - [La politique est un théâtre](https://jeanzin.fr/2012/09/29/la-politique-est-un-theatre/): Certains ont de la démocratie et de la politique une vision on ne peut plus naïve, comme s'il suffisait de changer de général pour gagner la guerre, de donner un mandat ou un ordre pour qu'il soit exécuté, comme si ce n'était qu'une question de choix rationnel dans un contexte d'information parfaite ou même de simple bonne volonté. Evidemment, les choses doivent leur paraître fort étranges, au point d'imaginer quelque complot ou forces obscures pour expliquer que les gouvernants ne fassent pas ce qu'ils voulaient faire et parlent tous la même langue de bois. Il y a pourtant de bonnes raisons à cette impuissance du pouvoir, qu'il faudrait mieux comprendre et dont l'épisode que nous vivons peut servir de parfaite illustration. Ce n'est pas seulement que les gouvernements ne font pas ce qu'ils veulent mais ils prennent des décisions absurdes au su et au vu de tout le monde. Ce n'est pourtant pas qu'ils sont complètement idiots. On fait comme si c'était une question de morale ou simplement d'intérêt voire de rapport de force mais c'est plutôt que le champ politique a ses contraintes spécifiques. La notion de discours élaborée par Foucault ou Lacan, implique que, loin de ce qu'on s'imagine, l'on ne peut ni dire ni faire n'importe quoi, il y a des formes et des codes à respecter, un jargon spécial à utiliser, des procédures à suivre, des instances de validation, avant de subir dans l'après-coup l'épreuve du réel, la pression des faits sur lesquels on se cogne. - [De quelques aspects de la situation](https://jeanzin.fr/2012/09/18/de-quelques-aspects-de-la-situation/): Ce qui caractérise les grandes crises, c'est leur capacité de propagation, leur caractère multifactoriel et générationnel provoquant une complète restructuration en fonction de changements précédents des rapports de force, ce qu'on peut comparer à un tremblement de terre qui enregistre le déplacement des plaques tectoniques ou bien aux vibrations qui vont permettre à des aimants de "s'auto-organiser" entre eux à égale distance. Il faut toujours distinguer l'incident souvent mineur qui peut déclencher un conflit de ses causes profondes, de même qu'il ne faut pas réduire un krach à sa cause factuelle alors que la véritable cause n'est autre que la bulle précédente. On a malgré tout tendance à se fixer sur l'une ou l'autre cause plus ou moins contingente, quand on n'y voit pas un simple complot, de même qu'on a toujours eu tendance à vouloir minimiser une crise qu'on a cru d'abord de courte durée, puis uniquement bancaire ou financière avant de faire porter le chapeau à l'Euro voire aux politiques d'austérité, pendant que les pays s'enfoncent un à un dans la dépression. Chacun y va de sa petite mesurette sensée nous sortir de cet accident historique et permettre de revenir à l'état antérieur, au business as usual. Sauf que, dès qu'on ne se focalise plus sur l'un ou l'autre aspect de la crise mais qu'on en prend une vue d'ensemble, c'est une série de phénomènes massifs, dont j'ai essayé de faire la liste, qui s'imposent à nous et dessinent un monde futur bien différent de l'ancien. - [La société de consommation avant le capitalisme](https://jeanzin.fr/2012/09/11/la-societe-de-consommation-avant-le-capitalisme/): Il arrive qu'on prenne pour une caractéristique de l'humanité voire de la vie elle-même ce qui n'est que l'idéologie d'une nouvelle classe dominante voulant faire oublier qu'elle vient juste d'usurper la place mais il arrive tout autant qu'on prenne pour une nouveauté absolue ce qui ne date pas d'hier pourtant. Il est toujours difficile de faire la part de la continuité et celle de la rupture, il ne faut pas se fier là-dessus aux premières évidences trop tranchées et globalisantes. Le plus grave, en ces affaires, c'est de se tromper dans l'ordre des causalités. Ainsi, il n'est pas indifférent de faire de la société de consommation une cause ou une conséquence du capitalisme. Tout dépend évidemment de ce qu'on appelle "société de consommation" et qui désigne normalement ce qu'on appelle aussi le compromis fordiste de l'après-guerre. C'est le moment où le travail salarié dépend directement de la consommation des salariés (l'emploi dépend de la croissance). On peut dire ainsi que le capitalisme s'impose d'abord matériellement par sa productivité puis dure ensuite par la société de consommation, ce que Debord appelait le spectaculaire intégré où toute la société s'intègre à l'économie de marché. Cette analyse reste valable pour cette période bien que dépassée par l'ouverture des marchés aux pays émergents qui entraîne baisse des salaires et dislocation des protections sociales en délocalisant les marchés (c'est le spectaculaire désintégré). La fièvre consumériste et la publicité envahissante n'ont rien de nouveau, dénoncées en vain depuis plus de 50 ans maintenant. Nombre de critiques de l'aliénation marchande avaient voulu faire du capitalisme l'unique cause d'un dérèglement du désir qui serait depuis entièrement dénaturé et fabriqué, avec pour conséquence un discours moralisateur inutile et pesant. C'est là que Jan de Vries apporte un démenti salutaire à cette fable trop simpliste, en montrant que la société de consommation, dans le sens cette fois d'une fin de l'autarcie, de la monétisation et de l’achat de marchandises, a bien précédé le capitalisme industriel au XVIIIè siècle. - [Revue des sciences septembre 2012](https://jeanzin.fr/2012/09/01/revue-des-sciences-septembre-2012/): Vers une glaciation ? Les cinq piliers de l'entraide Comment internet modèle notre cerveau Le monde serait-il un ordinateur quantique ? Les mystères de la science L'univers n'est pas fractal Tirer de l'énergie des particules intriquées en violant la thermodynamique Le bruit du cerveau empêche la perception de l'intrication L'impression 3D de molécules Photographier les ondes électromagnétiques Une peinture anti-chaleur Extraire l'uranium des océans De vastes réserves d'eau découvertes en Afrique La pâte de bois, nanomatériau du futur L'ADN avant l'ARN ? L'homo carnivore L'indo-européen viendrait de Turquie et non des Kourganes Localisation des fonctions du cerveau Le cerveau ne décide pas avant nous Les facteurs de l'agressivité La simulation de la civilisation La thérapie génique directement dans le cerveau Le cannabis mauvais pour le cerveau des jeunes La morphine sans addiction ? Un contraceptif masculin non hormonal Détourner le virus du sida pour lutter contre le cancer Nos défauts de méthylation nous donnent à la fois plus de plasticité et de cancers Des pansements électroniques Ce qu'on peut faire avec une imprimante 3D - [La cliodynamique, nouvelle science des cycles](https://jeanzin.fr/2012/08/29/la-cliodynamique-nouvelle-science-des-cycles/): Un article de Nature sur la cliodynamique qui devait faire partie de la revue des sciences m'a semblé mériter un traitement à part tant la compréhension des cycles dans l'histoire me semble primordiale et ce n'est pas tous les jours qu'on trouve dans Nature l'affirmation que la Révolution, c'est ce qu'il y a de mieux pour obliger les élites à redonner le pouvoir à la majorité, “That's why we are where we are”. Les cycles donnent lieu à tous les malentendus et suscitent une suspicion généralisée mais cela fait longtemps que j'appelle à une science des cycles on ne peut plus matérialiste, or voilà qu'on commence à y appliquer des méthodes scientifiques. Même si elles sont critiquables, elles vont incontestablement dans la bonne direction et bien qu'on ne puisse prétendre en tirer aucune véritable prédiction, il n'est pas indifférent que ces modèles laissent prévoir une montée de la violence jusqu'en 2020, ce que confirment des constatations plus empiriques et spécifiques à notre temps de crise. - [La montée du national-capitalisme](https://jeanzin.fr/2013/05/19/la-montee-du-national-capitalisme/): Ce serait une insulte de confondre militants ou économistes "de gauche" et l'extrême-droite malgré le développement assez récent d'une mouvance rouge-brun mais comment ne pas voir que le national-capitalisme qu'ils défendent les uns comme les autres se combine bien mieux avec le nationalisme et le rejet des immigrés qu'avec un antiracisme universaliste ? - [Du bon usage du dictionnaire de synonymes](https://jeanzin.fr/2013/05/17/du-bon-usage-du-dictionnaire-de-synonymes/): Comme tout le monde, j'utilise beaucoup le dictionnaire de synonymes de l'université de Caen. N'y voyant qu'un seul synonyme de l'expression "pour le moment" je leur ai suggéré "jusque là", suggestion qu'ils prendront sans doute en compte mais ils ont d'abord contesté que ces expressions soient équivalentes. Ce à quoi j'ai répondu que, bien sûr, elles n'étaient pas toujours synonymes mais seulement parfois, raison suffisante pour l'indiquer. Cela m'a fait réfléchir à l'usage que j'avais du dictionnaire de synonyme et qui va bien au-delà du souci de ne pas répéter le même mot, ce qui est certes une contrainte forte de ... Lire la suite - [Une bactérie et des endocannabinoïdes contre l’obésité et le diabète](https://jeanzin.fr/2013/05/17/une-bacterie-et-des-endocannabinoides-contre-lobesite-et-le-diabete/): - Une bactérie et des endocannabinoïdes contre l’obésité et le diabète Les scientifiques ont montré que des souris avec une alimentation riche en graisse possédaient 100 fois moins d’Akkermansia muciniphila que des rongeurs alimentés normalement. Pour rééquilibrer la flore intestinale des souris gavées, les chercheurs leur ont administré l’espèce bactérienne et ont encouragé sa croissance avec des prébiotiques, des nutriments spécifiques favorisant leur développement. L’expérience est un succès : non seulement l’écosystème microbien intestinal est rétabli, mais les souris perdent du poids ! Encore mieux, elles se mettent à sécréter plus efficacement de l’insuline, l’hormone impliquée dans le diabète. L’équipe belge ... Lire la suite - [Des calculs analogiques avec des cellules vivantes](https://jeanzin.fr/2013/05/16/des-calculs-analogiques-avec-des-cellules-vivantes/): - Des calculs analogiques avec des cellules vivantes On peut transformer des cellules bactériennes en calculatrices vivantes capables de calculer des logarithmes, de diviser, et de faire des racines carrées, en utilisant juste 3 ou 4 séquences génétiques. Ces systèmes effectuent des calculs analogique en exploitant les fonctions biochimiques naturelles qui sont déjà présents dans la cellule plutôt que de les réinventer avec la logique numérique, les rendant ainsi plus efficace que les systèmes numériques élaborés par la plupart des biologistes synthétiques. Pour une addition ou une multiplication analogique permettant de calculer la quantité totale de deux ou plusieurs composés dans ... Lire la suite - [La musique triste est l'amie des coeurs brisés](https://jeanzin.fr/2013/05/16/la-musique-triste-est-lamie-des-coeurs-brises/): - La musique triste est l'amie des coeurs brisés L'intéressant, c'est que cet effet bénéfique serait du même ordre que la compassion d'un ami qui reconnaît notre détresse au lieu de la nier. Cela n'empêche pas, bien sûr, que la musique entraînante donne la pêche mais pas quand on est déprimé justement, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Il est d'ailleurs significatif que la chanson prise en exemple dans ce dernier lien ne me paraît ni très bonne, ni ce qu'il y a de plus entraînant mais elle appelle par contre explicitement au bonheur ! Pour ma part je me faisais ... Lire la suite - [Poussières, fertilisation de l'océan et fluctuations rapides du climat](https://jeanzin.fr/2013/05/16/poussieres-fertilisation-de-locean-et-fluctuations-rapides-du-climat/): - Poussières, fertilisation de l'océan et fluctuations rapides du climat Les poussières portées par le vent, qui ont un effet sur la pompe biologique, sont aussi impliquées dans les changements climatiques rapides. Publiée dans Nature Geoscience, l’étude montre que durant ces événements de Heinrich, la glace de mer antarctique s’est retirée, transformant alors les vents d’ouest en vents du sud. La combinaison de ces deux paramètres a impliqué une remontée des eaux profondes, et donc une libération du CO2 dissous enfoui. Par ailleurs, les conditions climatiques plus chaudes en Patagonie ont diminué l’apport de nutriments des continents vers l’océan Austral, réduisant ... Lire la suite - [Le pompage turbinage en eau profonde pour les éoliennes marines](https://jeanzin.fr/2013/05/16/le-pompage-turbinage-en-eau-profonde-pour-les-eoliennes-marines/): - Le pompage turbinage en eau profonde pour les éoliennes marines Le concept Ores (Offshore Renewable Energy Storage) est assez simple : pourquoi ne pas associer une sphère creuse, qui servirait à la fois de point d’ancrage et de système de stockage, à chaque éolienne flottante ? Cette structure devrait mesurer entre 15 et 35 m de diamètre, être creuse et avoir des parois de 3 m d’épaisseur. Elles permettront à la sphère de résister à la pression hydrostatique qui règne, par exemple, à 750 m de profondeur (condition optimale de production), mais pas seulement. La structure doit également être suffisamment ... Lire la suite - [Vers un contre-choc pétrolier?](https://jeanzin.fr/2013/05/15/vers-un-contre-choc-petrolier/): - Vers un contre-choc pétrolier? L'extraction du pétrole de schiste américain croît beaucoup plus vite que prévu, estime l'Agence internationale de l'Energie. De quoi bouleverser les équilibres mondiaux, et faire baisser les cours, rapidement. La production américaine va augmenter de 3,9 millions barils/jour d’ici 2018, estiment les experts. Elle dépassera donc dans cinq ans le niveau encore attendu, voilà quelques semaines, pour 2035. Cette production non-conventionnelle contribuera à elle seule, pour moitié, à la croissance de l’offre mondiale d’or noir hors Opep. A l’horizon 2018, la demande de pétrole atteindrait 96,7 millions de barils/jour –compte tenu des projections de croissance économique, ... Lire la suite - [Des puces RFID dans du papier (des billets)](https://jeanzin.fr/2013/05/14/des-puces-rfid-dans-du-papier-des-billets/): - Des puces RFID dans du papier (des billets) Grâce à une technologie de gravure au plasma, des scientifiques américains ont créé des puces RFID suffisamment fines pour être incorporées dans du papier. Un procédé moins onéreux et plus rapide que les méthodes actuelles, qui pourrait être utilisé pour sécuriser des documents officiels et des billets de banque. « Nous employons la technique de gravure ionique réactive (Reactive Ion Etching, ou RIE) avec laquelle des ions de haute énergie du plasma attaquent la surface d'une plaquette en forme de disque, pour en retirer de la matière. Dans notre procédé Leap, le ... Lire la suite - [Une plante carnivore sans "ADN poubelle"](https://jeanzin.fr/2013/05/14/une-plante-carnivore-sans-adn-poubelle/): - Une plante carnivore sans "ADN poubelle" Cette plante a l'un des plus petits génomes des multicellulaires avec 28 500 gènes mais le plus étonnant c'est que son "ADN poubelle" (non codant pour une protéine) ne serait que de 3% alors qu'il est largement majoritaire d'habitude. Cela a l'avantage de prouver que cet ADN poubelle n'est pas toujours indispensable, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas de fonction (de régulation ou spatiale dans le repliement de l'ADN pour l'expression des gènes ou leur rapprochement). On doit supposer aussi qu'il y a dans ce cas un mécanisme éliminant l'ADN inutile. - [Elevage industriel de vers de mouche comme nourriture animale](https://jeanzin.fr/2013/05/14/elevage-industriel-de-vers-de-mouche-comme-nourriture-animale/): - Elevage industriel de vers de mouche comme nourriture animale Destinées à l'alimentation animale, les larves de mouches cultivées par une entreprise sud-africaine permettent aussi de recycler des déchets d'abattoir et des déchets alimentaires. "Nous avons créé la première opération d'élevage industriel de mouches" a expliqué à l'AFP Jason Drew, membre de l'équipe de AgriProtein Technologies. Cette entreprise sud-africaine élève entre 7 et 8 millions de mouches femelles dans son établissement de Stellenbosch, dans le sud-ouest du pays. Bien nourries, ces mouches pondent des œufs qui sont ensuite récupérés et déposés sur un substrat peu ragoûtant : déchets des usines alimentaires, ... Lire la suite - [Plaidoyer pour l'altermonde](https://jeanzin.fr/2013/05/11/plaidoyer-pour-l-altermonde/): A mesure de notre impuissance face à la crise, on voudrait nous persuader, contre toute évidence, que les hommes auraient toujours choisi la société dans laquelle ils voudraient vivre et que ce ne serait qu'une question de volonté. On ne voit pas sur quels exemples historiques pourraient s'appuyer de telles prétentions, la révolution de 1789 n'ayant pas été préméditée, échappant en permanence à ses acteurs, et celle de 1917 ayant produit le contraire de ce qui était voulu ! Ce sont des forces historiques qui sont à l'oeuvre et nous dépassent, ce sont elles qu'il faut tenter de comprendre avec les opportunités qu'elles peuvent ouvrir et qui dépendent assez peu de nos préférences subjectives. Il n'y a aucune raison de surestimer nos moyens ni de croire qu'on pourrait construire une quelconque utopie (en plus celle de notre choix !) dans une rage normalisatrice. Au contraire, la situation semble plutôt désespérée sur tous les fronts, accumulant défaites sur défaites. Sur le plan social, le sud de l'Europe dévasté nous entraîne sur la même pente alors que la lutte contre le réchauffement climatique semble perdue, du non renouvellement du protocole de Kyoto à l'exploitation de toutes les sources d'hydrocarbure (gaz de schiste, méthanes marins, pétroles non conventionnels, charbon). On ne sait comment on va faire face, non pas tant au pic de population qui n'est plus tellement éloigné qu'à un nouveau doublement de la classe moyenne mondiale qui est déjà passée de 1 à 2 milliards depuis l'an 2000 et devrait plus que doubler encore dans les années qui viennent. Le refus de prendre en compte ces évolutions géopolitiques tout comme le bouleversement total que le numérique apporte dans nos vies depuis une dizaine d'années ne peut que renforcer notre impuissance collective et notre soumission aux événements qui décident de nous plus que nous n'en décidons dans l'urgence, le nez dans le guidon. - [Une "cape d'invisibilité" qui détourne la chaleur](https://jeanzin.fr/2013/05/10/un-cape-dinvisibilite-qui-detourne-la-chaleur/): - Une "cape d'invisibilité" qui détourne la chaleur Une plaque de cuivre et de silicium structurée comme des métamatériaux permet de propager la chaleur autour d'une zone centrale sans l'affecter. Le cuivre est un bon conducteur de chaleur, tandis que le silicium utilisé, appelé PDMS, est mauvais conducteur. "En mettant sur une plaque de cuivre des structures annulaires de silicium, on obtient un matériau qui conduit la chaleur dans toutes les directions à des vitesses variables qu'on peut contrôler". "Ce qui est impressionnant, c'est que des méthodes optiques puissent s'appliquer au domaine très différent de la thermodynamique". Cette façon de canaliser ... Lire la suite - [Une voiture volante à décollage vertical](https://jeanzin.fr/2013/05/10/une-voiture-volante-a-decollage-vertical/): - Une voiture volante à décollage vertical Avec l’avant d’une Ford Fusion et le corps d’un Bell-Boeing V-22 Osprey, le TF-X serait capable de décoller (et atterrir) à la verticale grâce à un moteur électrique puis de traverser les airs avec l’aide d’un moteur à combustion traditionnelle. Capable d’atteindre les 320 k/h en mode avion, Terrafugia envisage de ne pas réclamer de brevet de pilote, les ordinateurs se chargeant du pilotage automatique. - [Amélioration de la combustion du méthane et de la récupération du CO2](https://jeanzin.fr/2013/05/08/amelioration-de-la-combustion-du-methane-et-de-la-recuperation-du-co2/): - Amélioration de la combustion du méthane et de la récupération du CO2 En mettant en contact le méthane avec un composé solide oxygéné (transporteur d'oxygène) la combustion est plus efficace et accélérée, ce qui permet des systèmes plus petits. Le nouveau transporteur d'oxygène mis au point est un "conducteur mixte ionique-électronique" à base de rouille qui serait 70 fois plus rapide. De plus, en complétant le système avec une condensation de la vapeur d'eau produite, le CO2 restant pourrait être facilement récupéré. - [Les langues d'Europe et d'Asie dérivent d'une langue commune](https://jeanzin.fr/2013/05/08/les-langues-deurope-et-dasie-derivent-dune-langue-commune/): - Les langues d'Europe et d'Asie dérivent d'une langue commune Il semblait difficile pour la phonologie de remonter au-delà de 8000 ans pour reconstituer les formes primitives de langues qui se sont différenciées (ex : le Sanskrit "bhratar" devient "brother", "frater", "frère", etc.) jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que les mots les plus courants évoluaient beaucoup moins que les autres. En se focalisant sur 23 mots "ultra-conservés" (thou, I, not, that, we, to give, who, this, what, man/male, ye, old, mother, to hear, hand, fire ,to pull, black, to flow, bark, ashes, to spit, worm), l'étude a pu ainsi montrer que les ... Lire la suite - [Les Mammouths ont disparu parce qu'on tuait les dominants](https://jeanzin.fr/2013/05/06/les-mammouths-ont-disparu-parce-quon-tuait-les-dominants/): - Les Mammouths ont disparu parce qu'on tuait les dominants C'est toujours un mystère l'impact disproportionné que semblent avoir eu les humains à une époque où ils étaient si peu nombreux. En tout cas partout où ils pénétraient hors d'Afrique les grands mammifères disparaissaient rapidement. La seule explication qu'on pouvait imaginer était des hécatombes exterminant des troupeaux entiers se précipitant de falaises pour échapper aux feux de broussailles allumés par les chasseurs, ce dont on a peu d'exemples répertoriés. Un tout autre processus, plus indirect, pourrait être la cause de ces extinctions, la propension à s'attaquer aux animaux les plus grands ... Lire la suite - [L'hormone du vieillissement](https://jeanzin.fr/2013/05/04/lhormone-du-vieillissement/): - L'hormone du vieillissement Il y a différents facteurs de vieillissement mais son accélération post ménopause/andropause a clairement une origine hormonale qu'on pouvait attribuer à la baisse de la mélatonine mais on vient de trouver dans l'hypothalamus ce qui favoriserait l'inflammation (ce tueur silencieux) et réduirait la sécrétion de GnRH (gonadotropin-releasing hormone), hormone sexuelle nécessaire aussi à la production des neurones : la protéine NF-κB (nuclear factor kappa-light-chain-enhancer of activated B cells). En la bloquant, les souris vivraient 20% plus longtemps, ce qui n'est pas tant que ça mais démontre du moins que les hormones cérébrales ont bien un rôle important ... Lire la suite - [Les réserves d'hydrocarbure doublées pour les USA](https://jeanzin.fr/2013/05/04/les-reserves-dhydrocarbure-doubles-pour-les-usa/): - Les réserves d'hydrocarbure doublées pour les USA Le doublement des réserves estimés ne couvre pour l'instant que l'équivalent de la consommation annuelle des USA mais ces estimations devraient continuer à augmenter à cause des progrès de la géologie comme des techniques d'extraction. Cela confirme l'impasse des éco-énergétistes, survivalistes et autres transitionneurs qui tablent sur un épuisement rapide du pétrole. Il faut absolument changer de stratégie. The bigger point is that those who think we should stop using fossil fuels should stop hoping that we’ll run out. We won’t. The amount of oil and gas in the ground is enormous. - [Pour montrer sa maîtrise IBM fait une animation avec des atomes](https://jeanzin.fr/2013/05/03/pour-montrer-sa-maitrise-ibm-fait-une-animation-avec-des-atomes/): - Pour montrer sa maîtrise IBM fait une animation avec des atomes L'animation image par image n'a pas d'intérêt sinon de montrer la capacité de positionner avec précisions des atomes grâce à un microscope à effet tunnel. L'objectif est à terme d'obtenir des mémoires atomiques (au niveau de l'atome) et ce qu'on peut trouver étonnant par rapport à ce qu'on pouvait imaginer avant, c'est le peu d'incidence des fluctuations quantiques à ce niveau, cette stabilité étant une condition des nanotechnologies en général et qui avait été contestée par le prix Nobel de physique 1998 Robert B. Laughlin parlant même du bluff ... Lire la suite - [Une peinture solaire au graphène qui change de couleur](https://jeanzin.fr/2013/05/03/une-peinture-solaire-au-graphene-qui-change-de-couleur/): - Une peinture solaire au graphène qui change de couleur Du graphène associé à de fines couches d'autres matériaux (dichalcogénures) et pouvant s'appliquer comme une peinture sur les murs des bâtiments aurait des capacités photovoltaïques similaires aux autres systèmes tout en pouvant changer de couleur à la demande. - [Une oreille artificielle imprimée en 3D](https://jeanzin.fr/2013/05/02/une-oreille-artificielle-imprimee-en-3d/): - Une oreille artificielle imprimée en 3D L'objectif principal des chercheurs était de trouver un moyen efficace et polyvalent de fusionner l'électronique avec un tissu biologique (bionique). Ils ont utilisé pour cela l'impression 3D de cellules et de nanoparticules suivis de leur mise en culture afin de combiner une petite bobine de fil avec un cartilage, créant ce qu'ils appellent une oreille bionique. "La conception et la mise en œuvre d'organes et de dispositifs bioniques qui améliorent les capacités humaines, ce qu'on appelle cybernétique, a fait l'objet d'un intérêt scientifique croissant. Ce domaine a le potentiel de fournir des organes de ... Lire la suite - [WiPower : la recharge sans fil et sans contact](https://jeanzin.fr/2013/05/02/wipower-la-recharge-sans-fil-et-sans-contact/): - WiPower : la recharge sans fil et sans contact WiPower repose sur le couplage inductif afin de créer un champ proche propice à un transfert d’énergie à l’aide d’un émetteur et d’un récepteur. Cela signifie qu’il sera nécessaire d’intégrer un récepteur dans le terminal mobile ou bien de l’équiper de la coque idoine. L’émetteur pourra être placé jusqu’à 45 mm du dispositif qui doit être chargé. C’est peu mais suffisant pour le placer sous une table, un bureau ou dans un mur. - [Winflo, l’éolienne flottante française](https://jeanzin.fr/2013/05/02/winflo-leolienne-flottante-francaise/): - Winflo, l’éolienne flottante française Grâce au projet Winflo, des éoliennes offshore seront bientôt implantées plus au large, là où les fonds marins peuvent atteindre jusqu’à 200 m de profondeur. Les turbines actionnées par deux pales reposeront sur des plateformes semi-submersibles flottantes. Les éoliennes seront ancrées de manière souple par un système de câbles. Or, leur installation dégraderait moins les fonds marins que la pose d’une plateforme sous-marine conventionnelle. L’absence de base bétonnée ou métallique signifie également que le démantèlement d’un parc laissera peu de traces dans la nature. Cette opération se fera d’ailleurs assez aisément, puisqu’il suffira de détacher les ... Lire la suite - [Revue des sciences mai 2013](https://jeanzin.fr/2013/05/01/revue-des-sciences-mai-2013/): Les origines de la créativité Qu'est-ce qu'un objet complexe ? Les réfutations du satellite Planck La Nasa va capturer un petit astéroïdeNettoyer l’espace de ses débris Prochaine glaciation dans 50 000 ans L’Anthropocène commence avec l’agriculture Le pic de la population en 2050 ? Cultiver des espèces marines pour se nourrirL’exploitation de l’hydrogène naturel Les énergies propres ne font pas le poids contre le charbonPrivilégier la réduction des autres gaz à effet de serre sur le CO2 Bientôt des supercondensateurs à la place des batteries Le stockage par gravité et train électrique Chauffage et climatisation économes pour voiture électriqueDes arbres bioluminescents pour éclairer les rues La vie serait plus ancienne que la TerreLa soupe primitive à l’origine de la vie Nos mains façonnées par les pierres tailléesDes poteries de 20 000 ans pour cuire les poissonsLe Sahara verdoyant s’est désertifié brutalement voilà 4.900 ans L’Europe conquise par les agriculteurs espagnolsLe plaisir de la surprise dans la musique EyeTalk : des lunettes qui lisent pour les mal-voyants Vendre les « drogues légales » en pharmacie plutôt qu’internet À l’ère de l’informatisation du crime S’authentifier juste par la pensée - [Pas d'anti-gravité pour l'anti-matière ?](https://jeanzin.fr/2013/05/01/pas-danti-gravite-pour-lanti-matiere/): - Pas d'antigravité pour l'antimatière ? La réponse n'est pas encore assurée mais la poursuite des expériences, avec des antiatomes d'hydrogène qu'on laisse tomber, devrait confirmer qu'il n'y a aucune différence gravitationnelle entre matière et antimatière. Confirmer une évidence ne semble avoir aucun intérêt mais cela permet de se débarrasser de toutes les hypothèses qui prétendaient le contraire. Notamment l'absence d'antimatière aurait pu être expliquée par une antigravité les faisant se repousser. C'est vraiment de la science-fiction mais il faut savoir que l'antimatière a donné lieu à beaucoup de délires depuis sa déduction par Dirac. A l'origine, il y avait juste ... Lire la suite - [Un film plastique bon marché pour la 3D](https://jeanzin.fr/2013/05/01/un-film-plastique-bon-marche-pour-la-3d/): - Un film plastique bon marché pour la 3D Nanoveu produit des films plastiques incorporant des nanoparticules pour ajouter la 3D sans lunettes aux écrans de smartphones ou tablettes sans distorsion de l'image. - [Les origines de la créativité](https://jeanzin.fr/2013/05/01/les-origines-de-la-creativite/): - Les origines de la créativité (PLS) C'est une vieille histoire de tenter de dater nos origines et une "coupure épistémologique" nous séparant à jamais de l'animalité alors qu'on trouve toujours des précédents dans un processus qui semble plus progressif. Il n'empêche que la véritable révolution culturelle semble se passer vers 50 000 ans et qu'on peut remonter pour ses prémices à 70 000 ans peut-être alors que cet article remonte bien avant, sous le couvert d'une "créativité" tout de même bien lente en ces temps reculés par rapport à l'accélération suivante. La seule véritable coupure pensable et qui n'est pas ... Lire la suite - [Prochaine glaciation dans 50 000 ans](https://jeanzin.fr/2013/05/01/prochaine-glaciation-dans-50-000-ans/): - Prochaine glaciation dans 50 000 ansDidier Paillard, La Recherche, p38 Cet article a l'intérêt de lever une incroyable incertitude dont je m'étonnais en septembre 2012 sur la prochaine glaciation présentée alors comme imminente alors que, cette fois, ce sont mes propres conjectures quand j'avais fait des recherches sur le sujet qui sont confirmées sauf que ce n'est plus dans 30 000 ans mais dans 50 000 ans désormais qu'on devrait entrer dans une nouvelle période glaciaire (atténuée par nos émissions de CO2 qui persisteraient pendant une centaine de milliers d'années dans le réservoir océanique notamment, ce qui me semble très ... Lire la suite - [Les réfutations du satellite Planck](https://jeanzin.fr/2013/05/01/les-refutations-du-satellite-planck/): - Les réfutations du satellite Planck (PLS) Par exemple, une question débattue depuis plus de dix ans est la suivante : les constantes fondamentales changent-elles au cours du temps ? Certains modèles supposent que la constante de structure fine, qui régit l'intensité de la force électromagnétique, varie avec le temps (...) Les résultats de Planck montrent que ce paramètre ne varie pas, dans la limite de précision de l'expérience. De même, parmi les nombreux modèles d'énergie sombre développés par les cosmologistes, certains supposent que cette composante hypothétique de l'Univers a des propriétés qui évoluent avec le temps. Si les données de ... Lire la suite - [Qu'est-ce qu'un objet complexe ?](https://jeanzin.fr/2013/05/01/quest-ce-quun-objet-complexe/): - Qu'est-ce qu'un objet complexe ? Nombre d'idées ont été proposées pour définir et évaluer la complexité des objets, des processus et des interactions. L'une des propositions, la profondeur logique de Charles Bennett, retient l'attention générale. Grâce à des résultats accumulés depuis son introduction en 1977, elle constitue la piste la plus sérieuse pour une définition scientifique robuste de complexité structurelle ou de richesse en organisation. La mise au point d'outils qui, dans certains cas, la mesurent, permet d'envisager des applications. Selon la vision de Ch. Bennett, la complexité structurelle d'un objet (qu'il dénomme profondeur logique) est la longueur du calcul, ... Lire la suite - [La fusion des sens](https://jeanzin.fr/2013/05/01/la-fusion-des-sens/): - La fusion des sens (PLS) Ce que nous entendons dépend notablement de ce que nous voyons et ressentons. Autrefois, le cerveau était vu comme un couteau suisse, où chaque sens aurait une région dédiée. La plupart des neuroscientifiques et des psychologues pensent aujourd'hui que l'évolution a conduit à des échanges importants entre les sens – autrement dit, à des aires sensorielles « entrelacées » physiquement dans le cerveau. Ainsi, bien que le cortex visuel traite essentiellement la vue, il peut aussi être influencé par d'autres informations sensorielles, issues par exemple du toucher. Les chercheurs peuvent changer les résultats de tests ... Lire la suite - [L'Anthropocène commence avec l'agriculture](https://jeanzin.fr/2013/04/30/l-anthropocene-commence-avec-l-agriculture/): - L'Anthropocène commence avec l'agriculture L'empreinte de l'homme sur la géographie et le climat daterait d'au moins 5000 ans où il y avait déjà un cinquième des terres qui étaient cultivées. On n'imagine pas qu'une population si peu nombreuse d'à peine 10 millions puisse avoir eu un impact global significatif mais il fallait à l'époque beaucoup plus de terres par habitant qu'aujourd'hui. Les nouvelles terres étaient conquises par le feu et les dégagements de CO2 auraient déjà augmenté de 20 à 30 ppm (10%), l'empreinte carbone par habitant étant à cette époque 10 fois plus important qu'aujourd'hui ! Tout cela semble ... Lire la suite - [Un seul gène crée des circonvolutions dans le cerveau de souris](https://jeanzin.fr/2013/04/29/un-seul-gene-cree-des-circonvolutions-dans-le-cerveau-de-souris/): - Un seul gène crée des circonvolutions dans le cerveau de souris Le cerveau humain se distingue nettement du cerveau de souris par sa taille, mais aussi par sa forme. Alors que chez la souris, l’encéphale est lisse, le nôtre est couvert de replis et de crevasses, permettant d’augmenter le volume total. Mais en bloquant l’activité d’un seul gène, nommé Trnp1, il devient possible de façonner ces circonvolutions chez le rongeur. - [Nettoyer l'espace de ses débris](https://jeanzin.fr/2013/04/29/nettoyer-lespace-de-ses-debris/): - Nettoyer l'espace de ses débris La vidéo présentée à la 6ème Conférence européenne sur les débris spatiaux qui s'est déroulée du 22 au 25 avril 2013 met en évidence l'état actuel des débris qui encombrent l'espace. Elle présente également des solutions pour en réduire leur nombre. Plusieurs concepts sont exposés visant à éliminer les anciens satellites des orbites économiquement vitales. Ces mesures sont actuellement étudiées par l'industrie et les agences spatiales. Selon Heiner Klinkrad “La seule façon de résoudre ce problème est d'aller régulièrement dans l'espace au niveau de l'orbite pour y rapatrier entre cinq et dix objets massifs par ... Lire la suite - [Des arbres bioluminescents pour éclairer les rues](https://jeanzin.fr/2013/04/27/des-arbres-bioluminescents-pour-eclairer-les-rues/): - Des arbres bioluminescents pour éclairer les rues La bioluminescence, vous connaissez ? C’est la capacité qu’ont certains animaux à produire de la lumière. Maintenant, imaginez que l’on arrive à produire des arbres bioluminescents. Les rues ne seraient plus éclairées par ces horribles lampadaires, mais par les arbres eux-mêmes ! Le projet lancé sur Kickstarter il y a 4 jours est déjà financé à 150% ! L’idée est d’introduire des gènes de bioluminescence dans une plante qui s’appelle Arabidopsis et fait partie de la famille de la moutarde. Avec cette plante, plus besoin d’électricité pour s’éclairer. Cette start-up a fabriqué un ... Lire la suite - [Mettre une prise solaire à ses fenêtres](https://jeanzin.fr/2013/04/27/mettre-une-prise-solaire-a-ses-fenetres/): - Mettre une prise solaire à ses fenêtres Il s’agit d’un chargeur solaire muni d’une ventouse qui peut se fixer directement sur une fenêtre. - [Un écran qui se modèle en relief sous vos doigts](https://jeanzin.fr/2013/04/27/un-ecran-qui-se-modele-en-relief-sous-vos-doigts/): - Un écran qui se modèle en relief sous vos doigts Un tout nouveau prototype d'appareil peu coûteux, appelé Obake, ajoute une nouvelle dimension à la technologie de l'écran tactile. La surface de l'appareil peut en effet réagir à la main de l'utilisateur. Il serait de plus relativement simple à faire: les coûts du matériel ne dépassant pas 60 $ ! Six moteurs sont positionnés en dessous d'un écran malléable en caoutchouc pour en contrôler le mouvement. Un rétroprojecteur est utilisé pour afficher des images dessus. Un petit microphone en dessous de l'écran capte les vibrations du doigt qui touche la ... Lire la suite - [Des transistors en nanofils d'oxyde de zinc pour une peau sensible à la pression](https://jeanzin.fr/2013/04/26/des-transistors-en-nanofils-doxyde-de-zinc-pour-une-peau-sensible-a-la-pression/): - Des transistors en nanofils d'oxyde de zinc pour une peau sensible à la pression De quoi en faire une peau artificielle aussi sensible que la nôtre grâce à leur effet piézo-électrique et utilisable pour la robotique ou des prothèses. - [Vers la transmission de champs magnétiques](https://jeanzin.fr/2013/04/26/vers-la-transmission-de-champs-magnetiques/): - Vers la transmission de champs magnétiques Les champs magnétiques diminuent très rapidement avec la distance à la différence des champs électromagnétiques qui se transmettent très facilement eux. Grâce à des métamatériaux manipulant les ondes à un niveau nanométrique, on pourrait désormais transmettre le champ magnétique dans des nano-tuyaux. Les tests ont été faits avec un alliage supraconducteur ferromagnétique (de cobalt et de fer) de 7 cm de long. Un tube composé de 20 anneaux concentriques et dix fois plus long que large, devrait transmettre 90% d'un champ magnétique d'une extrémité à l'autre. Un tube de seulement 2 anneaux concentriques devrait ... Lire la suite - [Le tournant identitaire et gnostique du nazi Heidegger](https://jeanzin.fr/2013/04/25/le-tournant-identitaire-et-gnostique-du-nazi-heidegger/): Jean-Pierre Faye, L'expérience narrative et ses transformations, 2010 Jusqu'ici les philosophes n'ont fait qu'examiner les récits, la narration, le mythos à la lumière du logos, de la raison. N'est-il pas urgent d'examiner les "raisons" à la lumière des positions de narration ? Une simple "tache" narrative peut contribuer à renverser la position de la "pensée". p59 S'il y a bien un aveuglement consternant, c'est celui d'un grand nombre d'intellectuels envers le nazisme de Heidegger, qui n'aurait jamais dû faire le moindre doute pourtant, et qu'on peut assimiler à du négationnisme (il faut voir comme Guillaume Fagniez, dans le numéro de l'hiver 2012 de la revue Philosophie, tente de désamorcer, en dépit du contexte lourdement antisémite, la charge de Heidegger contre "l'Asiatique" dans une conférence italienne de 1936 "L'Europe et la philosophie allemande" et de le disculper entièrement par la méfiance qu'il suscite malgré tout chez les idéologues officiels alors qu'il est quand même l'ambassadeur du régime à cette occasion et membre du parti - certes du côté des SA qui avaient perdu la partie en 1934). Il faut bien dire que même ceux qui parlaient déjà, comme moi, du nazi Heidegger, avaient cependant tendance à atténuer sa responsabilité, en faisant tout au plus un "idiot utile" du régime, sa conception toute personnelle du national-socialisme étant supposée très éloignée de la vulgarité d'un racisme biologique et de toute politique d'extermination. C'était sans doute le croire plus bête qu'il n'était car on découvre depuis quelques années à quel point il adhérait à l'idéologie hitlérienne et tentait de l'intégrer à sa philosophie, d'en donner sa version du moins, certes critique mais avec le souci de se conformer à l'orthodoxie nazi, et pas seulement pour se protéger. Ce qu'il appellera lui-même un tournant de sa philosophie, daté de son époque nazie, se révélera effectivement une véritable introduction du nazisme dans la philosophie, passant de l'angoisse de la mort trop individuelle à l'enracinement, l'identitaire, l'originaire, l'appartenance à un peuple mythique, le retour d'une religiosité vaguement mystique et la réduction de l'histoire à une décadence où nous perdrions notre humanité et notre âme à cause de l'empire de la technique et de la raison. On ne peut dire que ce soit un tournant nazi car il était encore plus nazi avant mais bien l'introduction de son nazisme dans sa philosophie (devenue en même temps critique du nazisme réel, un peu comme un trotskiste critiquant Staline). On ne peut dire non plus que ces thèmes soient étrangers à notre actualité, leur résurgence témoignant plutôt qu'ils n'ont pas fait l'objet d'assez d'attention de la part de nos penseurs. Il faut tout de suite préciser que cette faute originelle ne suffit pas à l'annulation de tout ce que Heidegger a pu apporter à la philosophie et qui est considérable mais c'est justement le scandale, exigeant d'y penser à deux fois et qui ne peut laisser indemne ses apports justement. Le point sur lequel je voudrais insister et qui rapproche l'existentialisme d'une sagesse plus que d'une philo-sophie avec le thème de l'aliénation, c'est la complicité entre authenticité et extermination. De quoi choquer, certes, les âmes sensibles qui trouveront cela trop exagéré pour leurs intentions si pures mais qu'on ne peut que constater chez les critiques de la technique comme de l'aliénation ravalant facilement les autres à des automates ou des bêtes en troupeau, délestés de toute humanité. La recherche de l'origine comme de leur propre identité en aura décidément ébloui beaucoup trop par ses promesses d'inouï (et il faut bien dire que ses analyses existentiales pouvaient être éblouissantes, tout comme sa lecture du Sophiste par exemple, et ce qu'il peut avoir de plus faux reste un moment de la vérité comme sujet qui se dévoile dans ses errements mêmes, impossible à expulser de l'histoire de la philosophie, pas plus qu'on ne peut expulser le nazisme de l'Histoire qui ne renvoie pas à une vérité de l'origine mais au compte de nos impasses et illusions). - [L'Europe conquise par les agriculteurs espagnols](https://jeanzin.fr/2013/04/25/leurope-conquise-par-les-agriculteurs-espagnols/): - L'Europe conquise par les agriculteurs espagnols Bien que l'échantillon soit trop faible, il se pourrait qu'on retrouve dans 40% des Européens les gènes mitochondriaux d'une population ayant peuplé la péninsule ibérique entre 6100 et 4200 ans. Comme les Basques sont la population la plus ancienne d'Europe et qu'ils sont apparentés aux Berbères, on peut supposer que la colonisation par les agriculteurs est venue principalement de là même si la carte que j'ai trouvé indique bien l'existence de plusieurs foyers. Il se pourrait que la brusque désertification du Sahara il y a 4900 ans dont parle la brève précédente y soit ... Lire la suite - [Des métamatériaux optiques avec des nano-antennes](https://jeanzin.fr/2013/04/25/des-metamateriaux-optiques-avec-des-nano-antennes/): - Des métamatériaux optiques avec des nano-antennes Ces chercheurs ont mis au point une nouvelle façon de manipuler la lumière en utilisant des antennes optiques à l'échelle nanométrique. Ce sont effectivement des nano-antennes radios, pliés en V pour créer ce qu'on appelle un "résonateur optique". En recouvrant une surface avec un certain nombre de ces résonateurs, courbés sous des angles différents, on crée ce qu'on appelle une metasurface à partir de laquelle on peut obtenir de la lumière à peu près tout ce qu'on veut. C'est une toute nouvelle classe d'optiques, dépourvue des distorsions communes à leurs homologues conventionnels, et qui ... Lire la suite - [L'exploitation de l'hydrogène naturel](https://jeanzin.fr/2013/04/25/lexploitation-de-lhydrogene-naturel/): - L'exploitation de l'hydrogène naturel Il y a trois ans environ, les chercheurs de l’Institut ont été contactés par une équipe russe : des émanations naturelles d’hydrogène avaient été détectées au sein des plaines de Russie. Or, traditionnellement les spécialistes ont toujours considéré que le gaz d’hydrogène, que l’on trouve dans l’atmosphère, ne pouvait pas se former dans le sous-sol. L’hydrogène naturel semble cumuler tous les atouts : sa combustion ne libère pas de CO2. Sa production dans le sous-sol se fait de manière continue, contrairement aux réservoirs d’hydrocarbures qui s’épuisent au cours du temps. Son exploitation ne nécessite pas de ... Lire la suite - [Transformer la chaleur en énergie de spin](https://jeanzin.fr/2013/04/24/transformer-la-chaleur-en-energie-de-spin/): - Transformer la chaleur en énergie de spin Il s'agit de fournir de l'électricité à partir d'une source de chaleur générant une onde de spin dont on peut extraire de l'énergie. - [Les énergies propres ne font pas le poids contre le charbon](https://jeanzin.fr/2013/04/24/les-energies-propres-ne-font-pas-le-poids-contre-le-charbon/): - Les énergies propres ne font pas le poids contre le charbon L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit que d’ici 2017, la consommation de charbon égalera celle du pétrole. Malgré une croissance remarquable de l’énergie solaire et des éoliennes, l’utilisation du charbon ne diminue pas, pire encore, elle augmente. Pourtant, afin de ne pas atteindre la limite critique d’un réchauffement climatique de 2 °C pour le siècle prochain, il faudrait fermer une centrale à charbon par semaine durant dix ans... Dans un nouveau rapport, l’AIE suggère que les énergies renouvelables ne peuvent pas faire face à l’augmentation de l’utilisation de charbon ... Lire la suite - [Doubler le rendement des cellules solaires](https://jeanzin.fr/2013/04/23/doubler-le-rendement-des-cellules-solaires/): - Doubler le rendement des cellules solaires Le rendement de ces cellules solaires serait de 50%. Leur principe consiste à décomposer la lumière du soleil, comme avec un prisme, en six à huit longueurs d'onde de couleurs différentes. Chaque couleur est ensuite traitée par un semi-conducteur adapté. L'équipe d'Atwater travaille sur trois modèles. Dans le premier (cf illustration), le soleil est recueilli par un bac en métal réfléchissant et dirigé à un angle spécifique dans une structure faite d'un matériau isolant et transparent. Le revêtement extérieur de la structure transparente est constitué de plusieurs cellules solaires composées chacune de l'un des ... Lire la suite - [Chauffage et climatisation économes pour voiture électrique](https://jeanzin.fr/2013/04/23/chauffage-et-climatisation-economes-pour-voiture-electrique/): - Chauffage et climatisation économes pour voiture électrique Le chauffage est l'un des talons d'Achille des voitures électriques faisant baisser notablement leur autonomie car ne pouvant utiliser la chaleur des moteurs thermiques. Les chercheurs décrivent leur nouvel appareil comme une batterie thermique. Il utilise des matériaux qui peuvent stocker de grandes quantités de liquide de refroidissement dans un petit volume. Comme le liquide de refroidissement se déplace à travers le système, il peut être utilisé pour le chauffage comme pour le refroidissement. Dans ce système, l'eau est pompée dans un récipient à basse pression où elle s'évapore. La vapeur d'eau est ... Lire la suite - [EyeTalk : des lunettes qui lisent pour les mal-voyants](https://jeanzin.fr/2013/04/23/eyetalk-des-lunettes-qui-lisent-pour-les-mal-voyants/): - EyeTalk : des lunettes qui lisent pour les mal-voyants Pour la partie matérielle, les lunettes intègrent un capteur photo 8 mégapixels associé à un processeur de traitement d’image, un module de mémoire de stockage de 4 Go, un circuit intégré et un écouteur. Côté logiciel, la configuration repose sur une version adaptée du système d’exploitation Linux, ainsi que trois applications spécialement développées par EyeTalk pour la capture, le traitement de l’image et la conversion texte-voix. Pour prendre une photo, le porteur des lunettes tient devant lui le contenu dont il souhaite obtenir une transcription vocale et prend une photo à ... Lire la suite - [Le Doliprane pour supprimer la peur de la mort](https://jeanzin.fr/2013/04/20/le-doliprane-pour-supprimer-la-peur-de-la-mort/): - Le Doliprane pour supprimer la peur de la mort De nouvelles recherches ont démontré que l’acétaminophène, le nom générique du Tylenol (ou paracétamol), aidait les gens à dépasser le stade de l’anxiété, et à leur faire oublier la peur de la mort. Selon Randles, les anxiétés en rapport avec les questions sur la mort et l’existence même sont comparables à des « douleurs » pour le cerveau. Le cerveau envoie des signaux signalant que quelque chose ne va pas, que l’on peut donc visiblement inhiber grâce au Tylenol (ou Doliprane). Ce qui est intéressant, c'est que la peur de la ... Lire la suite - [L'hypocrisie favorable à la coopération](https://jeanzin.fr/2013/04/20/lhypocrisie-favorable-a-la-cooperation/): - L'hypocrisie favorable à la coopération Les stratégies coopératives buttent sur le bénéfice individuel des attitudes non-coopératives. Ce que montre cette étude, c'est que dissimuler les attitudes non-coopératives encourage la coopération alors que les avouer y met un terme. On a donc tout intérêt à ne pas exiger un niveau de moralité trop élevé si on ne veut pas en saper les bases ! - [Rendre n'importe quelle surface tactile par webcam](https://jeanzin.fr/2013/04/20/rendre-nimporte-quelle-surface-tactile-par-webcam/): - Rendre n'importe quelle surface tactile par webcam La division de recherche de Fujitsu a dévoilé une nouvelle technologie nommée Fingerlink Interaction System qui permet de convertir une page standard de texte sur un papier en un média interactif. On peut ainsi surligner du texte ou des images avec un seul doigt ainsi que faire du « tirer-glisser » ou cliquer sur des liens web écrits sur la page. Enfin, on peut animer un objet virtuel 3D. Le système utilise des caméras, un projecteur, un traitement d'image, de l'électronique et des programmes. - [S'authentifier juste par la pensée](https://jeanzin.fr/2013/04/19/sauthentifier-juste-par-la-pensee/): - S'authentifier juste par la pensée Il serait possible d’utiliser les ondes cérébrales pour contrôler un système d’authentification. À partir d’un casque EEG bon marché (Neurosky MindSet), des chercheurs ont enregistré l’activité du cerveau de plusieurs personnes soumises à des exercices mentaux spécifiques. Le but étant de dégager des modèles de pensées susceptibles de servir de mot de passe. Leur système s’est révélé fiable à 99 %. Au cours de l’expérience, l’équipe de l’université de Californie à Berkeley a découvert que seules trois activités mentales étaient jugées faciles à réaliser, et susceptibles de convenir à un usage fréquent pour un système ... Lire la suite - [Vidéo des mouvements atomiques d'une réaction chimique en temps réel](https://jeanzin.fr/2013/04/19/mapping-molecular-motions-leading-to-charge-delocalization-with-ultrabright-electrons-nature-nature-publishing-group/): - Vidéo des mouvements atomiques d'une réaction chimique en temps réel Ces images d'atomes en mouvement en temps réel obtenus grâce une source d'électrons ultra lumineux permettent de mieux comprendre les réactions chimiques. Leur enregistrement est l'observation directe d'un état de transition dans lequel les atomes subissent une transformation chimique en nouvelles structures avec de nouvelles propriétés, dans ce cas un transfert de charge conduisant à un comportement métallique de ces molécules organiques. Voir aussi R&Dmag. - [Un stress intermittent produit plus de neurones](https://jeanzin.fr/2013/04/18/un-stress-intermittent-produit-plus-de-neurones/): - Un stress intermittent produit plus de neurones On savait déjà qu'un minimum de stress était bénéfique pour conserver des capacités qui s'usent si on ne s'en sert pas mais à condition de ne pas être constant (chronique) ne laissant pas le temps de recharger ses batteries. On sait désormais qu'un stress intense mais temporaire tient le cerveau en alerte et sécrète une hormone de croissance (FGF2) provoquant la production de nouveaux neurones alors qu'un stress chronique et un niveau trop longtemps élevé des hormones du stress finit par bloquer leur production (dépression qui pourrait être soignée par cette protéine FGF2). ... Lire la suite - [Le biais de l'optimisme](https://jeanzin.fr/2013/04/18/le-biais-de-loptimisme/): - Le biais de l'optimisme Ce n'est pas une découverte, juste un confirmation qu'on voit la vie en rose et qu'on a du mal à s'imaginer les malheurs qui nous attendent. Par contre, ce qui est intéressant, c'est qu'on est plus heureux à se rappeler ou de projeter un petit nombre d'événements heureux que beaucoup ! - [Un labyrinthe virtuel infini](https://jeanzin.fr/2013/04/18/un-labyrinthe-virtuel-infini/): - Un labyrinthe virtuel infini Des chercheurs de l’université technique de Vienne (Autriche) ont élaboré une application de réalité virtuelle qui donne l’illusion de se promener dans un labyrinthe sans fin, alors que l’on tourne simplement en rond. Les pièces et les couloirs fictifs que voit la personne sont générés dynamiquement, de manière à correspondre à l’espace physique réel dans lequel elle évolue. Cette technique repose sur un algorithme nommé Flexible Spaces (espaces flexibles) qui organise l’environnement virtuel à la volée, à partir de paramètres aléatoires. Les déplacements de l’utilisateur sont suivis par un logiciel de capture des mouvements (PhaseSpace Impulse) ... Lire la suite - [Cargoxpress, un porte-conteneurs à voile solaire](https://jeanzin.fr/2013/04/18/cargoxpress-un-porte-conteneurs-a-voile-solaire/): - Cargoxpress, un porte-conteneurs à voile solaire Avec sa surprenante « voile », un nouveau navire porte-conteneurs pourra bientôt augmenter son autonomie de 80 % grâce aux vents et au soleil. Le Cargoxpress possèdera une coque de 84m de long en composite, des flans protégeant toute la cargaison, et un toit long d’environ 70 m monté sur des rails et disposant de 1.200 m2 de panneaux solaires en couche mince, dont la production d’énergie moyenne espérée est de 800 kWh par jour. Or, ce toit pourra être dressé à un angle de 85° et pivoter à 360°, tout en étant mobile ... Lire la suite - [Des nano-éponges pour absorber les toxines](https://jeanzin.fr/2013/04/18/des-nano-eponges-pour-absorber-les-toxines/): - Des nano-éponges pour absorber les toxines Cette nano-éponge est capable d'absorber et neutraliser les toxines qui détruisent les cellules qu'elles pénètrent en les trouant, ce qui inclut les infections bactériennes à staphylocoque doré par exemple ainsi que les venins de serpent ou d'abeille. Afin d'échapper au système immunitaire et rester en circulation dans le sang, les nano-éponges sont enveloppées dans des membranes cellulaires de globules rouges. Une seule membrane de globule rouge peut recouvrir de nombreuses nano-éponges qui sont 3000 fois plus petite qu'un globule rouge puisqu'elles ont un diamètre d'environ 85 nanomètres. Ces nano-éponges ont une demi-vie de 40 ... Lire la suite - [Privilégier la réduction des autres gaz à effet de serre sur le CO2](https://jeanzin.fr/2013/04/18/privilegier-la-reduction-des-autres-gaz-a-effet-de-serre-sur-le-co2/): - Privilégier la réduction des autres gaz à effet de serre sur le CO2 L'étude se concentre sur l'élévation du niveau de la mer considérée comme la conséquence la plus grave du réchauffement et ne parle pas seulement de gaz (méthane, ozone, hydrofluorocarbones) mais aussi des particules de carbone ayant un effet de serre bien plus puissant que celui du CO2 quoique sur des durées beaucoup plus courtes et sur lesquels il serait plus facile d'avoir des résultats à court terme. Voir aussi Futura-Sciences. On peut cependant douter de la diminution des émissions de méthane alors que c'est la débâcle pour ... Lire la suite - [Une éolienne électrostatique sans parties mécaniques](https://jeanzin.fr/2013/04/17/une-eolienne-electrostatique-sans-parties-mecaniques/): - Une éolienne électrostatique sans parties mécaniques EWICON : une éolienne sans pales, sans mouvement et sans bruit EWICON est une éolienne sans pales, sans turbine, et qui ne dispose d'aucune partie mobile, et donc ne produit aucun bruit. Elle est de ce fait parfaitement adaptée à une implantation dans les zones habitées. Le projet actuel se base sur une structure d'acier inoxydable sur laquelle repose une série de tubes isolés placés à l’horizontale. Chaque tube contient plusieurs électrodes et canules, qui diffusent des particules d’eau chargées positivement dans l’air de façon continue. À mesure que ces particules sont éloignées par ... Lire la suite - [Les erreurs viennent d'informations imparfaites non de notre rationalité limitée](https://jeanzin.fr/2013/04/16/les-erreurs-viennent-d-informations-imparfaites-non-de-notre-rationalite-limitee/): - Les erreurs viennent d'informations imparfaites non de notre rationalité limitée Cela ne s'applique sans doute qu'à un type de problème, il ne faut pas trop généraliser, mais dans ce cas, on a constaté que les erreurs venaient du bruit et non d'une mauvaise interprétation. Il est certain qu'avec une mauvaise information de départ, il n'y a pas besoin d'en rajouter pour se tromper. A notre grande surprise, le processus mental interne était parfaitement correct. Toutes les imperfections venaient du bruit dans les processus sensoriels. - [Bientôt des supercondensateurs à la place des batteries](https://jeanzin.fr/2013/04/16/bientot-des-supercondensateurs-a-la-place-des-batteries/): - Bientôt des supercondensateurs à la place des batteries Cela fait longtemps qu'on attendait d'avoir des supercondensateurs pouvant stocker suffisamment d'électricité pour remplacer les batteries, ce que ces chercheurs prétendent avec trouvé avec un oxyde de niobium (une terre rare). Ce n'est hélas pas pour tout de suite, il faudra attendre encore plusieurs années avant qu'on arrive à la commercialisation mais ce n'est qu'une question de temps. Les chercheurs ont synthétisé un type d'oxyde de niobium qui a fait preuve d'une capacité de stockage importante grâce à ses propriété de "pseudocapacitance par intercalation", où les ions se placent dans l'oxyde de ... Lire la suite - [La vie serait plus ancienne que la Terre](https://jeanzin.fr/2013/04/16/la-vie-serait-plus-ancienne-que-la-terre/): - La vie serait plus ancienne que la Terre Une extrapolation au vivant de la loi de Moore pour le numérique, constatant un doublement du nombre de transistors tous les 2 ans, établirait cette fois un doublement de la complexité biologique tous les 376 millions d'années. Si on tente de régresser à partir de ce rythme de complexification à l'origine de la vie, on trouverait 9,7 milliards d'années (±2,5), ce qui est le double de l'âge de la Terre (4,5). On peut bien sûr penser avec quelques raisons que ces calculs sont n'importe quoi, de l'ordre de la numérologie, mais cela ... Lire la suite - [Entropie et perte de l'information des trous noirs](https://jeanzin.fr/2013/04/15/entropie-et-perte-de-l-information-des-trous-noirs/): Leonard Susskind, La guerre des trous noirs, folio J'arrête la physique ! C'est du moins ce à quoi me pousse la lecture de ce livre qui n'est pas si récent mais vient seulement de sortir en poche et m'a consterné. Non pas à cause de la théorie holographique qui parait certes très délirante mais dont j'avais rendu compte favorablement au tout début de ma revue des sciences et qui n'est pas la disparition d'une dimension comme on la présente ici aussi mais son internalisation, les différences de distances étant remplacées par des différences de taille. Non, ce qui me sidère, c'est que les conceptions de base sur lesquelles s'appuie l'auteur, entropie et information, me semblent fausses dans leur imprécision comme dans les conséquences qu'il croit pouvoir en tirer. Inutile de dire que je ne peux me mesurer avec Leonard Susskind qui fait partie des plus grands physiciens contemporains (et dont j'avais bien apprécié le livre précédent sur le paysage cosmique). C'est sûrement moi qui ai tort, ne comprenant décidément rien à la Physique. Je peux juste faire état de ma perplexité et de mes objections, en attendant qu'on les réfute... La notion d'information utilisée en physique quantique désigne en fait un ensemble de paramètres des matrices de diffusion (S-matrix) suffisantes pour décrire l'évolution d'une interaction et supposée pouvoir s'inverser pour reconstituer l'état initial (p249), "assurant qu'aucune information n'est jamais perdue" (p251). Le problème, c'est que ce qu'on désigne ici comme information, n'est une information que pour nous, désignant en réalité une énergie (cinétique, électrique, spin, etc.) ou ses degrés de libertés (plus tard on parlera même des ondulations d'une corde), en tout cas une réalité "matérielle" et non pas une information "immatérielle" sur cette réalité ("l'information que le général Grant est enterré dans sa tombe se trouve dans la tombe de Grant !", p174). Dès lors, ce qu'on appelle la conservation de l'information n'est rien d'autre que la conservation de l'énergie qui s'égare à glisser à une conservation de la forme alors que l'énergie est au contraire ce qui se trans-forme, et se conserve dans cette transformation (les deux côtés de l'équation devant s'équilibrer). La confusion entre l'énergie et l'information a pour conséquence d'étendre ce qui se conserve vraiment (l'énergie cinétique ou électrique) aux relations et structures qui sont perdues par les interactions multiples qu'elles subissent et qui les brisent en morceaux. - [Le stockage par gravité et train électrique](https://jeanzin.fr/2013/04/15/le-stockage-par-gravite-et-train-electrique/): - Le stockage par gravité et train électrique C'est une alternative aux STEP (Stations de Transfert d’Energie par Pompage/turbinage) considérées jusqu'ici comme la panacée mais qui restent des investissements lourds ne pouvant se faire partout et nécessitant de grandes quantité d'eau. Le principe des centrales d'ARES reste le même d'un stockage par gravité mais cette fois ce seraient des charges lourdes (wagons) qui remontent une pente pour le stockage et la redescendent pour restituer l'énergie avec un rendement de 78% proche de celui des STEP mais pour un coût bien moindre. On devrait donc voir ce système ce généraliser si on ... Lire la suite - [Réduire la consommation des centres de serveurs](https://jeanzin.fr/2013/04/14/reduire-la-consommation-des-centres-de-serveurs/): - Réduire la consommation des centres de serveurs Avec des dizaines de milliers d'unités de traitement et de stockage qui doivent être refroidies, environ la même quantité d'énergie est utilisée pour les équipements de refroidissement des centres de données ou pour leur alimentation. L'indicateur de performance énergétique est le PUE (power-usage effectiveness), rapport entre l'énergie totale consommée par le centre et celle réclamée par les seuls systèmes informatiques. Un PUE idéal serait donc de 1, alors que la moyenne se situe entre 1,83 et 1,92. Par exemple, sur un site, il peut être intéressant de faire baisser la fréquence des unités ... Lire la suite - [Ce sont les autres qui nous font vivre](https://jeanzin.fr/2013/04/13/ce-sont-les-autres-qui-nous-font-vivre/): - Ce sont les autres qui nous font vivre L'étude tente de mesurer l'effet sur l'espérance de vie des interactions de groupe ou de leurs ruptures, aussi bien chez les fourmis, les mouches à fruits ou les humains ! On peut dire qu'il n'y a rien de vraiment nouveau mais il est toujours bon de rappeler comme l'individu dépend du groupe dans les espèces grégaires comme les cellules des organismes pluricellulaires. Les auteurs mettent en effet sur le même plan la survie des organismes avec le phénomène de l'apoptose qui serait liée à la nécessité pour les cellules de recevoir en ... Lire la suite - [Faire migrer des cellules avec de la lumière](https://jeanzin.fr/2013/04/12/faire-migrer-des-cellules-avec-de-la-lumiere/): - Faire migrer des cellules avec de la lumière En introduisant des récepteurs photosensibles dans des cellules immunitaires, une équipe de recherche a réussi à faire migrer ces cellules grâce à la lumière. Pour réaliser cette prouesse, les auteurs ont utilisé des récepteurs membranaires appelés opsines. Ces dernières sont présentes dans les cellules oculaires et forment une classe de protéines capables de réagir à l’énergie lumineuse. Elles font partie de la famille des récepteurs couplés aux protéines G. Les cellules immunitaires, quant à elles, possèdent des récepteurs de la même famille, leur permettant de sentir la présence d’agents infectieux et de ... Lire la suite - [Le plaisir de la surprise dans la musique](https://jeanzin.fr/2013/04/12/le-plaisir-de-la-surprise-dans-la-musique/): - Le plaisir de la surprise dans la musique Une étude se propose d'expliquer pourquoi à certains égards la musique offre le même genre de plaisir qu'un bon thriller. La musique semble satisfaire notre soif de stimulation mentale mais l'IRM montre que c'est la zone responsable de la sensation de "bonne surprise" qui est activée. "Nous faisons constamment des prédictions. Même si nous ne connaissons pas un morceau nous essayons toujours de prédire comment il devrait se dérouler". Il peut paraître "surprenant" que les gens tirent profit d'avoir leurs attentes contredites. Mais ces résultats ne font que donner une base neuronale ... Lire la suite - [On se sent toujours sous le regard des autres](https://jeanzin.fr/2013/04/12/on-se-sent-toujours-sous-le-regard-des-autres/): - On se sent toujours sous le regard des autres Le sentiment que d'autres personnes vous regardent est codé en dur dans votre cerveau, même si personne ne vous verse la moindre attention. Le sentiment que les autres nous regardent serait un mécanisme évolutif conçu pour nous garder en alerte et prêt pour l'interaction avant que cela n'arrive vraiment. - [Nos mains façonnées par les pierres taillées](https://jeanzin.fr/2013/04/12/nos-mains-faconnees-par-les-pierres-taillees/): - Nos mains façonnées par les pierres taillées Notre espèce s'adapte donc à ses outils dès l'origine (au moins depuis Homo Erectus). C'est surtout le poignet qui évolue en quelques centaines de milliers d'années pour pouvoir saisir plus fermement des petits objets. Il y a environ 1,7 millions d'années, les outils de nos ancêtres sont passés de pierres basiques cognées ensembles à des pierres taillées servant de hachettes. La force et la dextérité nécessaire pour fabriquer et utiliser ces outils ont rapidement façonné nos mains telles qu'elles sont aujourd'hui - à en juger par un fossile de la plus ancienne main ... Lire la suite - [Un système pour renforcer la mémorisation](https://jeanzin.fr/2013/04/12/un-systeme-pour-renforcer-la-memorisation/): - Un système pour renforcer la mémorisation Grâce à un dispositif relativement simple, un étudiant désireux d’apprendre toutes les dates importantes de la Révolution n’aurait qu’à se rendre au laboratoire, où l’on placerait sur son crâne des électrodes mesurant l’activité de son cerveau. Après avoir révisé sa leçon, il irait se coucher pendant que l’appareil commencerait à analyser l’activité de son cerveau. Dès que celui-ci repère un certain type d’ondes cérébrales qu’on appelle les ondes lentes, il envoie un petit signal sonore (un « bip » d’un vingtième de seconde) dans son oreille, exactement au moment où l’onde atteint son maximum, ... Lire la suite - [Retenir et restituer des photons avec des métamatériaux](https://jeanzin.fr/2013/04/12/retenir-et-restituer-des-photons-avec-des-metamateriaux/): - Retenir et restituer des photons avec des métamatériaux Grâce à des métamatériaux en 3 couches, les ondes électro-magnétiques d'une fréquence précise sont absorbées par un condensateur qui peut les restituer ensuite en conservant leur direction et leur phase. Cette propriété pourrait être utilisée pour les ordinateurs quantiques ou des radars (car utilisant des micro-ondes). - [Le Sahara verdoyant s'est désertifié brutalement voilà 4.900 ans](https://jeanzin.fr/2013/04/11/le-sahara-verdoyant-sest-desertifie-brutalement-voila-4-900-ans/): - Le Sahara verdoyant s'est désertifié brutalement voilà 4.900 ans Que le Sahara ait connu une époque verdoyante au début du néolithique n'a rien d'une nouvelle puisqu'on soupçonne même qu'il ait été son creuset, avec notamment les premières pratiques d'élevage. On progresse simplement dans la précision des datations et l'évaluation de la brutalité du phénomène mais cette datation ne rend pas crédible de lui attribuer un déploiement d'inventivité pour tenter d'y répondre alors qu'on se situe à un moment où l'agriculture a déjà un long passé. L'image d'un jardin d'Eden dont on aurait été brutalement chassé ne serait pourtant pas si ... Lire la suite - [Des poteries de 20 000 ans pour cuire les poissons](https://jeanzin.fr/2013/04/11/des-poteries-de-20-000-ans-pour-cuire-les-poissons/): - Des poteries de 20 000 ans pour cuire les poissons La découverte de résidus de poissons cuits dans des poteries japonaises de 15 000 à 10 000 ans remet en cause les certitudes antérieures sur le caractère purement ornemental ou religieux des poteries d'avant le Néolithique (voir par exemple cet article de La Recherche de 2008 dont j'ai rendu compte dans ma revue des sciences). Encore tout récemment, on retrouve cette hypothèse dans le livre d'Alain Testart, Avant l'histoire, pour qui les plus anciennes céramiques peuvent être datées de 26000 ans mais n'auraient servi que de jouet ou de gadget ... Lire la suite - [Le pic de la population en 2050 ?](https://jeanzin.fr/2013/04/10/le-pic-de-la-population-en-2050/): - Le pic de la population en 2050 ? Un modèle mathématique (qui vaut ce que valent les modèles, celui-ci emprunté à la physique de la matière condensée) semble confirmer, à partir de l'évolution de la population mondiale entre 1900 et 2010, l'hypothèse basse d'un pic de population autour de 2050 avant d'entamer sa décroissance. Par rapport aux prévisions de 1992 pour 2010, c'est déjà l'hypothèse la plus basse qui a été vérifiée. Cela implique qu'on serait très proche du maximum de population à la fois dans le temps et pour le nombre puisque le maximum pourrait se trouver aux alentours ... Lire la suite - [Un encre à nanotubes pour un solaire moins cher](https://jeanzin.fr/2013/04/10/un-encre-a-nanotubes-pour-un-solaire-moins-cher/): - Un encre à nanotubes pour un solaire moins cher En fait, ce n'est pas que ces cellules photovoltaïques à base de nanotubes d'arséniure de gallium seraient vraiment moins chères mais plutôt qu'elles auraient une efficacité supérieure de 25% pour à peu près le même prix ! Voir aussi R&D mag. - [À l'ère de l'informatisation du crime](https://jeanzin.fr/2013/04/10/a-lere-de-linformatisation-du-crime/): - À l'ère de l'informatisation du crime Francis Fortin, Cybercriminalité: entre inconduite et crime organisé Aujourd'hui, dans la presque totalité des crimes, il y a une composante Internet. Que ce soit dans un cas de vol, d'intimidation, de pornographie juvénile, de diffamation, d'usurpation d'identité, de meurtre ou même de fusillade en milieu scolaire, il y a toujours un moment où Internet a été utilisé. S'adressant aux étudiants, policiers et procureurs, l'ouvrage se penche sur les usages problématiques d'Internet (atteinte à la réputation), les crimes touchant l'intégrité physique et psychologique de la personne (leurre, pornographie juvénile et cyberintimidation), les crimes économiques (vol ... Lire la suite - [Vendre les "drogues légales" en pharmacie plutôt qu'internet](https://jeanzin.fr/2013/04/09/vendre-les-drogues-legales-en-pharmacie-plutot-quinternet/): - Vendre les "drogues légales" en pharmacie plutôt qu'internet C'est le professeur David Nutt qui appelle le gouvernement britannique à appliquer le même principe que la Nouvelle-Zélande pour les "drogues légales" en permettant qu'elles soient vendues en pharmacie car se les procurer sur internet est beaucoup plus incertain et dangereux, notamment s'il faut intervenir pour une overdose. Souvent, ces drogues sont légales tout simplement parce que la nouvelle molécule n'a pas encore été interdite, le rythme de production des molécules modifiées étant plus rapide que le rythme législatif, il faut cependant en tenir compte à cause de leur disponibilité immédiate sur ... Lire la suite - [Un clavier flexible et qui clique](https://jeanzin.fr/2013/04/09/un-clavier-flexible-et-qui-clique/): - Un clavier flexible et qui clique On avait déjà parlé de plastiques pour écrans tactiles pouvant se déformer sous nos doigts et l'article parle bien de leur intégration aux écrans tactiles justement mais on peut penser qu'un clavier à part si facile à emporter serait plus pratique car avec des touches plus larges s'il pouvait se connecter sur n'importe quel appareil, y compris les smartphones. En fait dans ce clavier haptique, les touches vibrent et peuvent déclencher un click caractéristique confirmant la frappe. - [Cultiver des espèces marines pour se nourrir](https://jeanzin.fr/2013/04/08/cultiver-des-especes-marines-pour-se-nourrir/): - Cultiver des espèces marines pour se nourrir Des chercheurs de l'Université de Grenade sont arrivés à cultiver pour la première fois en captivité une espèce animale marine dénommée petite ortie de mer (Anemonia sulcata), et ont déjà initié la culture du concombre de mer (Stichopus regalis), bien que celui-ci en est encore à sa phase initiale de recherche. Les deux espèces présentent un énorme potentiel culinaire et d'excellentes propriétés nutritionnelles. Outre ces deux anémones de mer, les scientifiques sont également arrivés à cultiver artificiellement une plante marine, la salicorne, aussi appelée "asperge de mer" en Espagne. Actuellement, la capture d'anémones ... Lire la suite - [Faire bouger la queue d'un rat par la pensée !](https://jeanzin.fr/2013/04/07/faire-bouger-la-queue-dun-rat-par-la-pensee/): - Faire bouger la queue d'un rat par la pensée ! Ce n'est pas vraiment par la pensée mais seulement par le cerveau d'un homme lui même contrôlé par un programme visuel qui déclenche le signal transmis au cerveau du rat. Tout cela est à la fois très primitif, barbare et effrayant. Tout ce qu’il faut faire, c’est de brancher votre humain sur un électro-encéphalogramme et d’envoyer des bruits ultrasoniques dans le centre moteur du cerveau de votre rat. Quand les humains voient un certain flash dans le stroboscope face à lui, le système se déclenche et la queue du rat ... Lire la suite - [Vidéo d'un trou noir absorbant de la matière](https://jeanzin.fr/2013/04/07/video-dun-trou-noir-absorbant-de-la-matiere/): - Vidéo d'un trou noir absorbant de la matière La représentation qui en est donnée est surprenante, à voir. Les astronomes viennent d'observer qu'après avoir sommeillé pendant plusieurs décennies, un trou noir situé à une distance de 47 millions d'années-lumière s'est réveillé pour capturer un objet cosmique de faible masse, une naine brune ou une planète géante, qui s'est approchée trop près de lui. Un événement similaire d'absorption, même s'il ne s'agira que d'un nuage de gaz, se produira prochainement dans le trou noir situé au centre de notre galaxie, la Voie lactée. En analysant les caractéristiques de ce rayonnement, les ... Lire la suite - [La Nasa va capturer un petit astéroïde](https://jeanzin.fr/2013/04/07/la-nasa-va-capturer-un-petit-asteroide-europe1-fr-international/): - La Nasa va capturer un petit astéroïde La Nasa envisage une mission robotique pour capturer un petit astéroïde avant de le remorquer pour le mettre sur orbite de la Lune. "Ce programme combine à la fois la recherche nécessaire pour exploiter les ressources des astéroïdes et les moyens de dévier leur trajectoire en cas de menace pour la Terre ainsi que le développement de technologies permettant de faciliter une future mission (habitée) vers Mars". - [Des qubits avec les vibrations de nanotubes](https://jeanzin.fr/2013/04/06/des-qubits-avec-les-vibrations-de-nanotubes/): - Des qubits avec les vibrations de nanotubes Plusieurs dispositifs utilisés pour réaliser des ordinateurs quantiques élémentaires susceptibles d’ouvrir la voie à des supercalculateurs quantiques reposent sur l’utilisation de particules chargées. Ce qui les rend de facto particulièrement sensibles à des perturbations électromagnétiques diverses. C’est pourquoi certaines équipes tentent de construire des ordinateurs quantiques avec des qubits stockés sous forme d’états d’oscillation ou de vibration de systèmes nanomécaniques neutres. L’idée de base consiste à réaliser des nanorésonateurs mécaniques avec des nanotubes de carbone fixés à leurs deux extrémités. Il est possible d’exciter des modes de vibration quantiques de ces nanotubes avec ... Lire la suite - [La soupe primitive à l'origine de la vie](https://jeanzin.fr/2013/04/05/la-soupe-primitive-a-lorigine-de-la-vie/): - La soupe primitive à l'origine de la vie Cette nouvelle étude montre comment un produit chimique similaire à celui présent dans toutes les cellules vivantes et vital pour générer l'énergie nécessaire aux processus biologiques, aurait été apporté par des météorites contenant des minéraux phosphorés et atterrissant dans des flaques chaudes ou acides autour des volcans, choses susceptibles d'avoir été communes sur la Terre primitive. Toute vie sur Terre est animée par un processus appelé chimiosmose, où le triphosphate d'adénosine (ATP), sorte de "batterie" chimique rechargeable du vivant, est à la fois cassé et re-formé par la respiration pour libérer de ... Lire la suite - [Produire à nouveau des neurones en luttant contre l'inflammation](https://jeanzin.fr/2013/04/05/produire-des-neurones-en-luttant-contre-linflammation/): - Produire à nouveau des neurones en luttant contre l'inflammation Ce qui est intéressant, c'est d'avoir une explication de l'efficacité du changement de sang pour la reprise de la production de nouveaux neurones chez les individus âgés ainsi que le rôle de l'inflammation dans les maladies neurodégénératives. Des travaux plus poussés ont révélé que les cellules souches de la moelle osseuse de souris irradiées ou âgées produisaient un niveau élevé de TGF-ß, une molécule signal de la famille des cytokines. Cette dernière induit une sorte de dormance des cellules souches neuronales, qui deviennent alors plus sensibles à l’apoptose (c’est-à-dire à la ... Lire la suite - [BionicOpter, une libellule robot géante](https://jeanzin.fr/2013/04/03/bionicopter-une-libellule-robot-geante/): - BionicOpter, une libellule robot géante Bien que le BionicOpter mesure 70cm d'envergure pour 48cm de long, il ne pèse que 175 grammes. Tout comme son modèle biologique, ce robot est pourvu de deux paires d'ailes indépendantes qui, grâce à des battements rapides (15 à 20 Hz), lui permettent de contrôler sa direction, son altitude et d'effectuer de brusques changements de trajectoire. - [Les pesticides sont bien la cause de la disparition des abeilles](https://jeanzin.fr/2013/04/02/les-pesticides-sont-bien-la-cause-de-la-disparition-des-abeilles/): - Les pesticides sont bien la cause de la disparition des abeilles Les néonicotinoïdes, des pesticides couramment employés en agriculture, désorientent les abeilles à certaines doses. Il apparaît maintenant qu’ils affectent également leurs capacités d’apprentissage et de mémorisation, tout comme le coumaphos (principalement employé aux États-Unis pour lutter contre le varroa, un acarien parasitant les abeilles). Cela s’explique peut-être par les troubles neurologiques qu'occasionnent ces produits phytosanitaires. Les néonicotinoïdes (clothianidine et imidaclopride) ont directement provoqué une hyperactivité des cellules de Kenyon (elles représentent 40 % des neurones du corps pédonculé), avant de rapidement inactiver l’activité neuronale. Or, ces cellules nerveuses interviennent ... Lire la suite - [Manipuler un photon sans le détruire](https://jeanzin.fr/2013/04/02/observation-of-quantum-state-collapse-and-revival-due-to-the-single-photon-kerr-effect-nature-nature-publishing-group/): Manipuler un photon sans le détruire. Cela semble très intéressant, non seulement pour l'informatique quantique mais parce que cela crée un nouvel état quantique permettant de manipuler un photon sans le détruire grâce à un effet Kerr induit. L'intrication d'un photon avec un atome permettrait en effet d'agir indirectement sur le photon en manipulant l'atome. Le titre du papier insiste sur la disparition et la recouvrement d'un état quantique grâce à l'effet Kerr à un seul photon. Le dispositif consiste en un qubit supraconducteur couplé à une cavité résonnante à micro-ondes. - [Des ARN messagers synthétiques](https://jeanzin.fr/2013/04/02/des-arn-messagers-synthetiques/): - Des ARN messagers synthétiques Ce ne sont pas seulement des ARN artificiels mais des ARN dont les nucléotides ont été légèrement modifiés pour éliminer les 2 obstacles que sont leur destruction par le système immunitaire et leur instabilité naturelle, cette modification leur procurant une durée de vie exceptionnelle de 72 heures. - [Revue des sciences avril 2013](https://jeanzin.fr/2013/04/01/revue-des-sciences-avril-2013/): L’énergie sombre comme entropie de la décohérence Impasses géopolitiques de la géoingénierie Le rôle controversé du Gulf Stream Ruée sur le krill Nettoyer l’océan des déchets plastiques Et maintenant, le méthane marin… De l’électricité avec les tourbillons Extraire le gaz de schiste avec du CO2 Un plastique biodégradable avec des champignons Des cellules solaires organiques et recyclables Des structures photoniques pour refroidir des bâtiments en plein soleil Utiliser la cendre pour produire de l’hydrogène Des centrales nucléaires au sel fondu plus petites et à moitié prix Une biologie synthétique plus efficace Programmer des cellules avec de l’ADN Le temps des clones Reconstitution par l’optogénétique des circuits et comportements de C. elegans L’intelligence de souris améliorée par des astrocytes humains Aux origines du rire Sapiens s’est métissé avec des hommes plus archaïques La sortie d’Afrique entre 62 000 et 95 000 ans Un crâne témoignant d’un croisement entre une Néandertale et un Sapiens Neandertal avait meilleure vue mais moins de matière grise Le vieillissement du sang serait réversible Détecter la grippe au moyen d’une micropuce Zombies : le virus de la grippe rend plus sociable Un antidiabétique, la metformine, contre le vieillissement et le cancer Le sel aggrave inflammation et maladies auto-immunes La crise chypriote profite à la monnaie virtuelle bitcoin La Chine crée un nouvel internet plus contrôlable Une tablette indienne à 40$ Réparer un crâne avec une imprimante 3D Des hologrammes avec un écran LCD 3D Microsoft invente l’écran tactile 3D avec retour d’effet Calculer les déplacements intérieurs avec des capteurs de mouvements Project Zero, l’étrange avion-hélicoptère électrique Des balades touristiques en ballon stratosphérique Finalement, la revue des sciences continue pour l'instant sous cette forme minimale d'une sélection des brèves publiées dans le mois. [...] - [Accélération de la végétation arctique et du réchauffement](https://jeanzin.fr/2013/04/01/acceleration-de-la-vegetation-arctique-et-du-rechauffement/): - Accélération de la végétation arctique et du réchauffement Un nouveau modèle prévoit un accroissement de 50% de la végétation dans la région arctique pour les prochaines décennies, ce qui devrait accélérer plus qu'on ne le croyait le réchauffement climatique en modifiant l'albédo (l'absorption de la chaleur par rapport à sa réflexion). - [Le rôle controversé du Gulf Stream](https://jeanzin.fr/2013/03/31/le-role-controverse-du-gulf-stream/): - Le rôle controversé du Gulf Stream Le Gulf Stream, courant marin chaud en provenance des tropiques, est-il vraiment responsable de la relative douceur des hivers européens ? Plusieurs théories remettent en cause cette explication ou la précisent. Une autre hypothèse émise il y a quelques années, selon laquelle la fonte de la calotte glaciaire du Groenland risquerait d'influer sur le Gulf Stream et d'avoir des conséquences désastreuses sur le climat européen, est remise en cause. Cependant, le changement climatique en cours pourrait tout de même modifier la puissance du Gulf Stream, ce qui atténuerait les effets du réchauffement climatique sur ... Lire la suite - [Nous mangeons nos souvenirs](https://jeanzin.fr/2013/03/31/nous-mangeons-nos-souvenirs/): - Nous mangeons nos souvenirs La sensation d'être rassasié dépend à la fois de la quantité et de l'apparence des aliments que nous avons ingérés. En 2011, Suzanne Higgs et ses collègues de l'École de médecine de Birmingham ont, en outre, montré que le souvenir des repas récents peut diminuer la quantité consommée lors des repas suivants (l'effet persiste plusieurs heures). Pour interpréter ce phénomène, on s'est souvenu que les patients qui souffrent d'« amnésie rétrograde », avec une lésion bilatérale de l'hippocampe, souffrent aussi d'hyperphagie : après avoir mangé à satiété, un patient se remet à manger. Les résultats sont ... Lire la suite - [Nettoyer l'océan des déchets plastiques](https://jeanzin.fr/2013/03/31/nettoyer-locean-des-dechets-plastiques/): - Nettoyer l'océan des déchets plastiques Un étudiant de dix-neuf ans a présenté un projet avec pour objectif le retrait des océans de 7.25 millions de tonnes de plastique en cinq ans en mettant à contribution les courants marins qui transporteront les déchets vers des barrages flottants, les bases étant fixes. De plus, le recyclage des déchets de plastique pourrait rapporter la somme de 500 millions de dollars. Cinquante ingénieurs travaillent présentement sur ce nouveau concept dont le quart de l'étude de faisabilité est terminé. - [Les océans se réchauffent en profondeur](https://jeanzin.fr/2013/03/30/les-oceans-se-rechauffent-en-profondeur/): - Les océans se réchauffent en profondeur L’océan absorbe la quasi-totalité du rayonnement solaire, et le réémet essentiellement sous forme de chaleur. Si bien que près de 90 % du réchauffement climatique concerne les océans. L’étude révèle qu’une grande partie du réchauffement climatique agit dans les océans profonds. Son résultat clé est frappant : ces dix dernières années, en dessous de 700 m de profondeur, l’océan a accumulé beaucoup plus de chaleur qu’au cours des 50 années précédentes. D’après cette étude, si l’océan profond accumule autant de chaleur, c’est parce que l’océan Pacifique était en phase négative de la Pacific Decadal ... Lire la suite - [Une bactérie modifiée pour produire du fuel avec du CO2](https://jeanzin.fr/2013/03/30/une-bacterie-modifie-pour-produire-du-fuel-avec-du-co2/): - Une bactérie modifiée pour produire du fuel avec du CO2 Ce que les chercheurs ont réalisé fut d'utiliser un microorganisme du nom de Pyrococcus Furiosus. Cette archéobactérie extrêmophile vit près des sources chaudes dans l'océan (sources hydrothermales). On a manipulé le matériel génétique de cet organisme afin qu'il puisse se nourrir de dioxyde de carbone à des températures bien plus basses et produise des hydrocarbures directement utilisables. D'autres modifient des plantes pour en extraire plus facilement les sucres. - [La crise chypriote profite à la monnaie virtuelle bitcoin](https://jeanzin.fr/2013/03/30/la-crise-chypriote-profite-a-la-monnaie-virtuelle-bitcoin/): - La crise chypriote profite à la monnaie virtuelle bitcoin Avec les fermetures temporaires des banques et les craintes d'une taxe sur les dépôts à Chypre, le cours du bitcoin s'est envolé ces dernières semaines. Résultat : l'île en crise de la zone euro devient le premier pays au monde à accueillir un distributeur de cette monnaie virtuelle. En deux semaines, il est passé de 40 dollars à 72 dollars pour un bitcoin. Avec le succès de cette monnaie sur l'île, Chypre est devenu le premier pays au monde à disposer d'un guichet automatique de bitcoin. Selon l'investisseur canadien Jeff Berwick ... Lire la suite - [Pas de thermodynamique à l'échelle nanométrique](https://jeanzin.fr/2013/07/23/pas-de-thermodynamique-a-lechelle-nanometrique/): - Pas de thermodynamique à l'échelle nanométrique Il n'y a rien de plus logique que les lois de la thermodynamique ne soient pas applicables à l'échelle atomique dès lors que ce sont des lois statistiques. L'augmentation de l'entropie n'est rien d'autre que la probabilité qu'un ensemble tende vers son état de plus grande probabilité si rien ne l'en empêche, ce qui n'a aucun sens au niveau d'un atome isolé. A ce niveau, on a affaire à l'autre sorte d'entropie liée à la transformation de l'énergie (par frottement, réaction chimique, décohérence, etc.) et qui n'est pas du même ordre que l'entropie statistique. ... Lire la suite - [Plus de morts avant par les vendettas que par les guerres ?](https://jeanzin.fr/2013/07/19/plus-de-morts-avant-par-les-vendettas-que-par-les-guerres/): - Plus de morts avant par les vendettas que par les guerres ? Une des choses les plus étonnantes et contrariant les contempteurs de la civilisation, c'est la découverte que les sociétés traditionnelles étaient bien plus meurtrières que nos sociétés modernes avec leurs armes de destructions massives et leurs guerres mondiales comptant les morts par millions. Le mythe rousseauiste de l'homme originaire en prend un coup tout comme la nostalgie des anciennes communautés. Il n'est pas question de revenir à ces temps barbares un peu trop idéalisés. Les liens communautaires ont un prix, notamment le prix du sang qui empoisonne les ... Lire la suite - [Une écriture chinoise vieille de 5000 ans](https://jeanzin.fr/2013/07/12/une-ecriture-chinoise-vieille-de-5000-ans/): - Une écriture chinoise vieille de 5000 ans Les Chinois ont toujours revendiqué l'ancienneté de leur civilisation mais leurs dynasties mythiques et le manque de traces archéologiques faisait douter jusqu'ici de leurs datations qui ne paraissent plus aussi fantaisistes puisqu'on vient de trouver ce qui ressemble à une écriture primitive seulement quelques siècles après les premières écritures sumériennes. Les inscriptions trouvées sur des objets, au sud de Shanghai, seraient à peu près de 1.400 ans antérieures à plus ancienne trace écrite de la langue chinoise jusqu'ici. L'une des pièces comporte six formes de mots comme enchaînés, ressemblant à une courte phrase. ... Lire la suite - [Chaque particule crée son propre espace-temps par son mouvement](https://jeanzin.fr/2013/07/10/chaque-particule-cree-son-propre-espace-temps-par-son-mouvement/): - Chaque particule crée son propre espace-temps par son mouvement Pour le spécialiste de la gravitation à boucle, Jerzy Lewandowski, conformément à la relativité générale, chaque particule massive aurait son propre espace-temps dont la caractéristique la plus étonnante est qu'il serait orienté en fonction du mouvement de la particule et non pas identique dans toutes les directions (isotropie) comme pour un photon sans masse (et comme nous concevons l'univers). - [Des nuages pour sauver le corail ?](https://jeanzin.fr/2013/07/10/des-nuages-pour-sauver-le-corail/): - Des nuages pour sauver le corail ? Devant les risques du réchauffement pour le corail, un climatologue propose d'envoyer de l'eau de mer dans les nuages pour les rendre plus réfléchissants et protéger les coraux situés en-dessous. Il y a déjà eu une proposition de géoingénierie "locale" consistant à protéger le pôle Nord qui représente la menace principale actuelle mais on avait vu que cela renforcerait la sécheresse en Afrique. De même, les nuages sur la barrière de corail auront des effets ailleurs mais un critique pointe surtout le risque que, pour une raison ou une autre, la production de ... Lire la suite - [Retour à l'origine de la pensée de Heidegger](https://jeanzin.fr/2013/07/08/retour-a-l-origine-de-la-pensee-de-heidegger/): La parution des premiers cours de Heidegger est un événement important pour comprendre les origines de sa pensée, lui qui prônait justement de toujours revenir à l'origine pour se délester de tous les discours qui la recouvrent. Cela permet aussi de se réconcilier avec les problématiques qu'il a mises au jour, et qui alimenteront toute la période existentialiste, avant leur contamination par la période nazie (et même s'il fréquentait déjà les cercles réactionnaires et pangermanistes). De quoi mieux comprendre à quel point son parcours s'enracine dans la théologie (notamment Luther et Kierkegaard bien qu'il soit lui-même catholique "à l'origine" O22), ce qui expliquerait la religiosité de ses partisans, ainsi que ce qui l'oppose radicalement à la phénoménologie dans laquelle il s'est pourtant formé comme assistant de Husserl. Celui-ci est en effet accusé de scientisme, à viser une certitude impersonnelle, alors qu'il s'attache lui-même à la temporalité de l'existence et son historicisme vécu (nébulosité éloignée d'idées claires et distinctes), assumant sa finitude et son point de vue dont nul ne saurait s'abstraire. Ce qui est mis ainsi en valeur, c'est le rapport direct et personnel de chacun à l'histoire, historicité de l'être-là humain comme ouverture aux possibilités du moment (être dans un monde). - [L'illusion démocratique](https://jeanzin.fr/2013/07/05/l-illusion-democratique/): Les révolutions arabes sont confrontées à la perte des illusions sur la démocratie et plus généralement aux limitations du politique. Il faut dire que les illusions ne manquent pas, ici comme là-bas, sur une démocratie qu'on s'imagine toute puissante et pouvant décider de la société dans laquelle on veut vivre, ce qui veut dire forcément imposer son mode de vie aux autres. C'est assez clair avec les tentatives d'islamisation des pays arabes comme de la Turquie (sans parler de l'Iran), mais ce n'est guère différent de nos démocrates révolutionnaires, de droite comme de gauche, qui s'imaginent remodeler la société française s'ils arrivaient à gagner une majorité aux élections. Cette conception d'une démocratie majoritaire est celle des totalitarismes et doit être abandonnée pour une démocratie des minorités qui n'est pas l'incarnation dans le vote d'une supposée volonté générale mais l'instrument de la démocratisation de la société. C'est ce qu'on pourrait sans doute appeler une démocratie libérale sauf que pour mériter son nom de démocratie, elle ne peut oublier sa dimension sociale. A quoi sert de faire la révolution alors se diront tous ceux qui veulent tout changer sinon rien ? A changer le personnel dirigeant, au moins, ce qui est souvent plus que nécessaire comme on le voit mais ne va pas beaucoup plus loin effectivement car les réalités ne changent pas qui s'imposent aux beaux discours et il ne suffit pas de faire étalage de sa bonne volonté ou de sa bonne foi pour savoir gérer un pays. Quand ça ne marche pas, le pouvoir est renversé fût-il démocratiquement élu. Il faut s'en persuader malgré la mythologie révolutionnaire, la démocratie n'est que le pire des régimes à l'exception de tous les autres, juste une façon de pacifier les conflits. Non seulement ce ne sont pas les meilleurs qui sont élus (ce sont les plus ambitieux, les plus habiles, les plus démagogues), mais on ne peut décider de tout, et même de pas grand chose en fait (moins qu'avant en tout cas). Pour le comprendre, il faudrait comprendre que le fonctionnement d'un système dépend assez peu de nous et qu'il y a des phénomènes sociaux qui nous dépassent comme il y a une évolution du monde irréversible (notamment technologique). Il n'est pas possible d'imposer la charia dans les pays musulmans, pas plus qu'on ne pourrait décider ici d'un monde sans musulmans. Il n'est pas vrai qu'on puisse mettre tous les étrangers dehors, ni fermer nos frontières, ni changer toute l'économie. Tout cela est pur fantasme et verbiage prétentieux. Ce n'est pas que certains autocrates ne tentent de forcer le destin, mais cela ne peut qu'empirer les choses. Ce qui est curieux, c'est comme ces prétentions de dicter sa loi ne posent pas question, malgré l'expérience séculaire de la démocratie, pas plus que l'idée que le monde devrait être conforme à nos souhaits, ce qu'il n'a jamais été, comme s'il n'avait pas d'existence propre et ne dépendait que de nous par devoir moral dirait-on. On fait comme si sa dérive était toute récente par rapport à un état antérieur idéalisé, témoignant simplement ainsi d'avoir un peu trop cru à la propagande officielle quand on était petit. - [L'Hyperloop : Los Angeles-San Francisco en 30 mn](https://jeanzin.fr/2013/07/03/lhyperloop-los-angeles-san-francisco-en-30-mn/): - L'Hyperloop : Los Angeles-San Francisco en 30 mn On avait déjà parlé de ces projets de transports ultra-rapide sur le principe des canons magnétiques dans un tube sous vide mais si on en reparle, c'est parce que Elon Musk, le milliardaire de Tesla Motors qui veut envoyer des hommes sur Mars, s'investit dans ce projet, qui n'est pas nouveau puisqu'il daterait de 1972 et reste encore flou. Le VHST commencerait par accélérer jusqu'à sa vitesse maximale, avancerait en roue libre pendant un moment et finirait par ralentir. L'énergie cinétique utilisée pour accélérer serait restituée au moment de la décélération grâce ... Lire la suite - [Des lentilles de contact avec zoom télescopique](https://jeanzin.fr/2013/07/02/des-lentilles-de-contact-avec-zoom-telescopique/): - Des lentilles de contact avec zoom télescopique Cette lentille d'un peu plus d'un millimètre d'épaisseur destinée en priorité aux malades atteints de dégénérescence maculaire peut grossir de 2,8 fois la vision, en toute discrétion. Voir aussi le Journal du Net. - [Action à distance sur des particules intriquées](https://jeanzin.fr/2013/07/02/action-a-distance-sur-des-particules-intriquees/): - Action à distance sur des particules intriquées C'est assez extraordinaire, témoignant comme de petits progrès techniques peuvent mener soudain à un bouleversement total. Ainsi, après qu'on ait appris à piéger des particules intriquées en les préservant de la décohérence, on s'est aperçu qu'on pouvait même les soumettre à des variations continues de champs magnétiques faibles sans briser l'intrication, ce qui permet dès lors de modifier immédiatement à n'importe quelle distance l'autre particule intriquée (ce qu'on appelle téléportation). Ce n'est pour l'instant qu'une proposition théorique et il reste bien des limitations mais on voit comme ce qui était considéré impossible pour ... Lire la suite - [Des "plâtres" imprimés en 3D plus légers et esthétiques](https://jeanzin.fr/2013/07/01/des-platres-imprimes-en-3d-plus-legers-et-esthetiques/): - Des "plâtres" imprimés en 3D plus légers et esthétiques Léger, aéré, lavable et mince grâce à son squelette en polyamide (un polymère), contrairement à un plâtre, il pourrait même être réutilisé. Il s’agit de prototypes fabriqués à partir de radiographies et scanners. Parfaitement adapté au bras du porteur, il suffit de l’imprimer en deux morceaux puis de les souder. - [Revue des sciences juillet 2013](https://jeanzin.fr/2013/07/01/revue-des-sciences-juillet-2013/): Métaux étranges intriqués et théorie des cordes * La somme de 2 statistiques peut inverser leur résultat * La peau des pommes de terre est toxique Dépeçage de la viande, il y a 2 millions d'années Dossier spécial cerveau | La Recherche * Si l'on ne change rien, les poissons vont disparaître L’intrication crée des trous de vers ? * Action à distance sur des particules intriquées * Les trous noirs bien différents de ce qu’on croyait Des vols suborbitaux pour remplacer les longs courriers Rendre invisible un objet d’un certain point de vue Des ondes sonores pour un positionnement précis de nanofils Des impulsions laser multiplient les cristaux de glace des cirrus Les déserts sont-ils en train de reverdir ? Le renouvelable, seconde source d’électricité en 2016 Une éolienne à voile plus efficace L’ancêtre des primates Notre ADN diffère du chimpanzé par les séquences régulatrices * L’homme lance des pierres depuis 2 millions d’années * Ce qui distingue l’esprit humain On peut voir dans le cerveau les pensées de la veille * Le contrôle par la pensée devient complètement naturel * Un médecin italien veut greffer des têtes humaines * On peut lire sur son visage la souffrance du bébé qui va naître De l’ocytocine pour les dépressifs Un édulcorant réduit de 70% le Parkinson des mouches * Le blocage du récepteur B1R contre l'Alzheimer * Des petites doses de THC protègent le cerveau Un antibiotique réduirait la dépendance * L’acide hyaluronique l’anticancer des rats-taupes nus * Les antalgiques baissent la testostérone Mindwalker, l’exosquelette contrôlé par la pensée Microsoft a breveté les communications numériques avec notre corps La reconnaissance de gestes par déformation des ondes WiFi Des lunettes pour manipuler des objets en 3D La vidéo hologramme couleur pas chère avec des ondes sonores * Des cafards-robotisés bientôt en vente Un robot pour guider les passagers à l’aéroport La voiture qui va se garer toute seule et vient nous chercher arrive * Un drone contrôlé par la pensée - [Des lunettes pour manipuler des objets en 3D](https://jeanzin.fr/2013/07/01/des-lunettes-pour-manipuler-des-objets-en-3d/): - Des lunettes pour manipuler des objets en 3D Le logiciel développé par Atheer Labs pourrait permettre à des lunettes connectées de servir pour des conférences vidéo avec des gens comme s'ils étaient réellement dans la salle avec vous ou de jouer à des jeux 3D véritablement interactifs. Ce sont essentiellement des caméras qui servent de capteur de profondeur pour détecter les mouvements de la main et des doigts. "Dans quelques années, vous pourrez aller au restaurant et laisser une petite note en l'air qu'un ami pourra voir quand il viendra". - [Le blocage du récepteur B1R contre l'Alzheimer](https://jeanzin.fr/2013/07/01/le-blocage-du-recepteur-b1r-contre-lalzheimer/): - Le blocage du récepteur B1R contre l'Alzheimer C'est la première fois qu'un traitement semble pouvoir guérir de l'Alzheimer et inverser ses symptômes en réduisant l'inflammation cérébrale. Les chercheurs ont découvert dans le cerveau de souris atteintes de maladie d'Alzheimer une plus grande concentration d'un récepteur appelé bradykinine de type B1 (B1R), lequel intervient dans l'inflammation. "En administrant une molécule qui bloque sélectivement l'action de ce récepteur, nous avons observé des améliorations importantes de la fonction cognitive et de la fonction vasculaire cérébrale". Ces résultats montrent qu'une plus grande concentration du récepteur B1R est associée à des plaques de protéine bêta-amyloïde ... Lire la suite - [Métaux étranges intriqués et théorie des cordes](https://jeanzin.fr/2013/07/01/metaux-etranges-intriques-et-theorie-des-cordes/): - Métaux étranges intriqués et théorie des cordes Outre la découverte (pour moi) des "métaux étranges" ("non liquide de Fermi") et l'utilisation de la théorie des cordes ou des branes (notamment de sa dualité) pour résoudre des problèmes de la matière condensée (alors qu'on pensait que la théorie des cordes ne servait à rien), ce que je trouve le plus intéressant, c'est que l'intrication (massive) puisse être à l'origine de propriétés physiques comme la supraconduction ou les variations atypiques de la résistivité de cet état particulier de la matière. De quoi renforcer l'hypothèse de von Neumann d'une entropie d'intrication. Les métaux ... Lire la suite - [Si l'on ne change rien, les poissons vont disparaître](https://jeanzin.fr/2013/07/01/si-lon-ne-change-rien-les-poissons-vont-disparaitre/): - Si l'on ne change rien, les poissons vont disparaître Aujourd'hui, la technologie est devenue le problème numéro un de la pêche. On l'utilise pour rafler plus, plus loin, plus profond, alors qu'elle pourrait être employée à trier le poisson au fond de la mer, et non plus sur le pont du navire. Les prises accessoires représentent près du tiers des captures. Elles sont inutiles et les poissons rejetés ne servent à rien dans les écosystèmes ; ils finissent sous forme de vase. La pêche ressemble un peu à un jeu vidéo : on peut voir quelles espèces sont présentes, à ... Lire la suite - [Dépeçage de la viande, il y a 2 millions d'années](https://jeanzin.fr/2013/07/01/depecage-de-la-viande-il-y-a-2-millions-dannees/): - Dépeçage de la viande, il y a 2 millions d'années Il y a 2,6 millions d'années, commence la période où les paléoanthropologues situent l'émergence du genre Homo. Elle est caractérisée par un grossissement du cerveau des hominidés, qui entraîne une demande accrue en calories. On observe aussi l'apparition des premières pierres taillées et des premières traces, peu nombreuses, de leur utilisation sur des os d'animaux. Tous ces indices suggèrent que c'est à cette époque que les hominidés auraient commencé à consommer de la viande. Un site (Kanjera) mis au jour au Kenya par une équipe internationale et daté de 2 ... Lire la suite - [Dossier spécial cerveau | La Recherche](https://jeanzin.fr/2013/07/01/dossier-special-cerveau-la-recherche/): - Dossier spécial cerveau | La Recherche Pas grand chose de nouveau dans ce dossier de La Recherche sur le cerveau mais tout de même bien intéressant ; l'occasion de se rafraîchir la mémoire au moins et surtout d'en saisir la cohérence car le fonctionnement du cerveau reste largement un mystère, pour peu de temps encore sans doute étant donné le progrès des techniques d'observation ou manipulation des neurones (optogénétique, etc.). D'abord, page 41, les illusions d'optique prouvent que "notre vision surmonte les incertitudes" de la perception en reconstruisant les images, dans ces cas particuliers à tort et simplement parfois parce ... Lire la suite - [La somme de 2 statistiques peut inverser leur résultat](https://jeanzin.fr/2013/07/01/la-somme-de-2-statistiques-peut-inverser-leur-resultat/): - La somme de 2 statistiques peut inverser leur résultat Les trois tableaux sont compatibles, aucune erreur ne s'est produite. Les résultats sont sans appel : chez les hommes, le placebo est meilleur que le médicament ; chez les femmes, le placebo est meilleur que le médicament. Pourtant, en regroupant hommes et femmes, le médicament produit de meilleurs résultats que le placebo. On se trouve dans un cas du paradoxe de Simpson : la fusion de données concluant individuellement dans un sens – l'inutilité du médicament testé – donne des résultats concluant dans le sens inverse. De nombreux cas réels présentent ... Lire la suite - [La peau des pommes de terre est toxique](https://jeanzin.fr/2013/07/01/la-peau-des-pommes-de-terre-est-toxique/): - La peau des pommes de terre est toxique Lisons les résultats des études récentes d'A. Aziz, T. Shibamoto et leurs collègues des Universités de Faisalabad (Pakistan) et de Davis (États-Unis). Ces chimistes se sont intéressés à deux glycoalcaloïdes (ce sont des défenses de la plante contre les ravageurs) présents dans la partie superficielle des pommes de terre : la solanine et la chaconine. Ces deux composés sont thermorésistants : ils restent actifs après cuisson des pommes de terre, et résistent même à 285 °C. Ils provoquent gastro-entérites, diarrhées, vomissements, fièvres, modifications de la pression sanguine, syndromes neurologiques, et peuvent même ... Lire la suite - [Le pic de population repoussé ?](https://jeanzin.fr/2013/06/30/le-pic-de-population-repousse/): - Le pic de population repoussé ? J'ai d'abord hésité à parler de ce qui n'est pas vraiment une nouvelle car basé sur des tendances incertaines mais il est quand même bon de mettre en doute les dernières prévisions qui étaient très optimistes sur la transition démographique accélérée de nombreux pays émergents jusqu'à parler d'un pic de population en 2050 autour de 9 milliards alors que l'ONU table maintenant sur 11 milliards en 2100. C'est en partie à cause de l'allongement de la vie que ce chiffre est revu à la hausse mais c'est aussi le rythme de développement de l'Afrique ... Lire la suite - [L’activité des neurones réduit la diffusion de l'eau dans cette zone](https://jeanzin.fr/2013/06/28/lactivite-des-neurones-reduit-la-diffusion-de-leau-dans-cette-zone/): - L’activité des neurones réduit la diffusion de l'eau dans cette zone Lors d’une activité cérébrale, le sang est rapatrié dans les régions stimulées qui demandent de l’oxygène. La RMN des protons dans ces zones se modifie en fonction du volume, du débit et de l’oxygénation des globules rouges. On peut alors cartographier les zones cérébrales actives lors de certaines séquences spécifiques, grâce à l’IRMf. Cependant, cette approche n’est pas toujours fiable et l’effet n’est pas immédiat, la modification des paramètres sanguins s’observe environ six secondes après une activation cérébrale. Denis Le Bihan et son équipe du Commissariat à l’énergie atomique ... Lire la suite - [On peut voir dans le cerveau les pensées de la veille](https://jeanzin.fr/2013/06/27/on-peut-voir-dans-le-cerveau-les-pensees-de-la-veille/): - On peut voir dans le cerveau les pensées de la veille C'est très étonnant et très nouveau. L'activité spontanée du cerveau "au repos" garderait trace de l'activité de la veille (à un rythme plus lent), phénomène de rémanence peut-être lié aux processus de mémorisation mais qui pourrait potentiellement donner accès à certaines préoccupations intensives de la veille (par exemple des phobies). Un jour, nous pourrions être en mesure d'avoir une bibliothèque de configurations mettant en correspondance des expériences particulières avec l'activité observable qu'elles produisent. En théorie, cela pourrait permettre de lire le passé de quelqu'un à partir de ses ondes ... Lire la suite - [L'homme lance des pierres depuis 2 millions d'années](https://jeanzin.fr/2013/06/27/lhomme-lance-des-pierres-depuis-2-millions-dannees/): - L'homme lance des pierres depuis 2 millions d'années Cela fait quelque temps que la découverte de stocks de galets avait mené à l'hypothèse de l'utilisation du jet de pierre aux tout début de notre humanité pour se défendre des prédateurs et d'occuper ainsi le sommet de la chaîne alimentaire mais aussi de se nourrir plus régulièrement de viande, ce qui serait nécessaire au développement du cerveau. C'est donc très important et relié aux premières pierres taillées. Une étude vient de montrer que notre force de lancer, bien supérieure à celle de chimpanzés plus forts pourtant, est due à une conformation ... Lire la suite - [Le renouvelable, seconde source d'électricité en 2016](https://jeanzin.fr/2013/06/27/le-renouvelable-seconde-source-delectricite-en-2016/): - Le renouvelable, seconde source d'électricité en 2016 "La production d'électricité de l'hydraulique, du vent, du solaire et d'autres sources renouvelables dépassera celle du gaz et sera le double de celle du nucléaire dans le monde en 2016", indique l'AIE. - [Un médecin italien veut greffer des têtes humaines](https://jeanzin.fr/2013/06/27/un-medecin-italien-veut-greffer-des-tetes-humaines/): - Un médecin italien veut greffer des têtes humaines Dans une étude publiée il y a quelques jours par la revue Surgical Neurology International, le neurologue italien Sergio Canavero annonce tout de go qu'il est désormais possible de... greffer des têtes humaines. Une moelle épinière tranchée net par un instrument chirurgical peut se réparer assez aisément pourvu qu'on remette les deux sections en contact dans un mélange de deux polymères, le polyéthylène glycol (PEG) et le chitosane. Ces produits sont en effet capables d'activer une sorte de fusion-réparation des cellules nerveuses endommagées, comme l'ont montré des expériences réalisées sur des cochons ... Lire la suite - [Des panneaux solaires d'épaisseur nanométrique](https://jeanzin.fr/2013/06/26/des-panneaux-solaires-depaisseur-nanometrique/): - Des panneaux solaires d'épaisseur nanométrique Des panneaux solaires constitués de 2 couches, d'un atome d'épaisseur chacun, de graphène et de disulfure de molybdène n'ont qu'un rendement de 1 à 2%, ce qui est faible en surface mais par rapport à la matière, le rapport est de 1000 fois plus que les systèmes conventionnels. Ce serait donc utile au moins quand la légèreté est cruciale. Il y a aussi des photo-transistors associant graphène et chlorophylle qui semblent prometteurs. - [De l'ocytocine pour les dépressifs](https://jeanzin.fr/2013/06/26/de-locytocine-pour-les-depressifs/): - De l'ocytocine pour les dépressifs Il semble que l'ocyticine puisse servir à tout pour l'amour comme pour la guerre, pour les autistes comme maintenant pour les dépressifs, leur faisant trouver plus de réconfort auprès des autres, ou pour les victimes de rejet social, leur faisant retrouver confiance dans les autres. Cela fait longtemps qu'on en parle comme si cela devait devenir la prochaine drogue (dans la lignée de l'extasy) mais cette drogue du lien social est ce qui se rapproche le plus d'une drogue officielle assurant la cohésion sociale (voire la fidélité des hommes volages!). "Chez les personnes en difficulté, ... Lire la suite - [La voiture qui va se garer toute seule et vient nous chercher arrive](https://jeanzin.fr/2013/06/24/la-voiture-qui-va-se-garer-toute-seule-et-vient-nous-chercher-arrive/): - La voiture qui va se garer toute seule et vient nous chercher arrive Il n'y a pas que Google qui s'intéresse aux voitures autonomes. Cette fois, c'est Volvo qui présente un prototype capable de trouver tout seul une place de parking libre et de s'y garer puis de venir nous rechercher ensuite. Il suffit de s’arrêter le long du trottoir, de descendre de la voiture, puis de cliquer sur le bouton « va te garer » sur une application smartphone. Le véhicule part alors en quête d’une place de parking. Lorsqu’il la trouve, il se gare et envoie un SMS ... Lire la suite - [Une montre connectée flexible](https://jeanzin.fr/2013/06/23/une-montre-connectee-flexible/): - Une montre connectée flexible Smile est une montre connectée se présentant comme un bracelet. Basée sur deux écrans flexibles OLED couleur, l’un s’activant dès que l’on relève le bras, l’autre dès que l’on fait tourner le bracelet sur son poignet. La Smile intègre trois caméras (deux « classiques » et une servant de scanner, lecteur sur le côté du bracelet). La reconnaissance vocale est aussi de la partie. Le prix : 480$ en version 128 Go, ou 550$ en 256 Go. Il y a une autre montre connectée capable de lancer des applications android, sans parler de celle de Sony ... Lire la suite - [L’acide hyaluronique l'anticancer des rats-taupes nus](https://jeanzin.fr/2013/06/23/lacide-hyaluronique-lanticancer-des-rats-taupes-nus/): - L’acide hyaluronique l'anticancer des rats-taupes nus Le rat-taupe nu est un rongeur très étrange chez qui l’on n’a jamais observé un seul cas de cancer. D’où lui vient cette propriété ? De la forme particulière d’acide hyaluronique qu’il produit, selon une nouvelle étude. Les chercheurs pensent que la molécule vient encercler les cellules, les empêchant alors de se multiplier de manière anarchique, ce qui tue la tumeur dans l’œuf. Des propriétés exploitables pour prévenir le cancer chez l’Homme ? Pas sûr. Pour que la thérapie soit vraiment efficace, il faudrait probablement que la molécule soit produite dans tout notre organisme, ... Lire la suite - [La vidéo hologramme couleur pas chère avec des ondes sonores](https://jeanzin.fr/2013/06/21/la-video-hologramme-couleur-pas-chere-avec-des-ondes-sonores/): - La vidéo hologramme couleur pas chère avec des ondes sonores C'est assez bluffant puisque la puce nécessaire pour des performances très au-dessus de l'état de l'art aurait un coût inférieur à 10$. L'astuce, est d'utiliser les ondes sonores qui révèlent tout leur potentiel pour guider et moduler des ondes lumineuses. Non seulement cela promet l'arrivée prochaine des hologrammes mais devrait être à la base de nombreux appareils vidéo. Le cœur du système d'affichage est une puce optique, ressemblant à une lame de microscope, constituée d'un cristal appelé niobate de lithium. Juste en dessous de la surface du cristal sont creusés ... Lire la suite - [Des ondes sonores pour un positionnement précis de nanofils](https://jeanzin.fr/2013/06/21/des-ondes-sonores-pour-un-positionnement-precis-de-nanofils/): - Des ondes sonores pour un positionnement précis de nanofils La lithographie peut difficilement imprimer des motifs inférieurs à 50nm, ce qui pourrait se faire avec des ondes sonores stationnaires à la surface d'un matériau. De quoi former, en effet, des lignes creuses où les nanofils en solution sont canalisés. Des ondes perpendiculaires peuvent diriger le motif dans une autre direction comme dans un circuit imprimé. De quoi gagner donc en miniaturisation mais aussi en souplesse, pouvant se faire en temps réel, un peu comme des imprimantes 3D par rapport à un processus industriel. - [Les trous noirs bien différents de ce qu'on croyait](https://jeanzin.fr/2013/06/21/les-trous-noirs-bien-differents-de-ce-quon-croyait/): - Les trous noirs bien différents de ce qu'on croyait L'interféromètre du Très Grand Télescope de l'ESO a réalisé l'image la plus détaillée à ce jour de la poussière qui entoure un vaste trou noir situé au centre d'une galaxie active. Les astronomes s'attendaient à ce que toute la poussière rougeoyante se situe dans un tore en forme de beignet autour du trou noir ; ils ont en réalité découvert qu'une grande partie de la poussière se trouve au dessus et en dessous du tore. Ces observations montrent que la poussière est éjectée du trou noir à la manière d'un flux ... Lire la suite - [Stabiliser un antioxydant avec des nanoparticules](https://jeanzin.fr/2013/06/20/stabiliser-un-antioxydant-avec-des-nanoparticules/): - Stabiliser un antioxydant avec des nanoparticules Les antioxydants utilisés notamment dans l'alimentation ont une durée de vie courte car très réactifs. L'acide gallique est l'un des meilleurs antioxydants mais ses molécules ont tendance à interagir entre elles, les neutralisant. En les combinant avec de grosses nanoparticules en dioxyde de silicium, cela les empêcherait d'interagir entre elles comme de gros ballons empêchant de s'approcher. Le résultat, c'est un antioxydant plus efficace et plus durable. - [L'intrication crée des trous de vers](https://jeanzin.fr/2013/06/20/lintrication-cree-des-trous-de-vers/): - L'intrication crée des trous de vers ? C'est une hypothèse audacieuse, quoiqu'un peu farfelue, de Juan Maldacena et Leonard Susskind qui ne sont pas n'importe qui. A partir de la possibilité de trous de vers reliant deux trous noirs intriqués, ils en viennent à supposer qu'il se formerait des trous de vers entre un trou noir et chaque photon intriqué du rayonnement de Hawking. On pourrait en déduire que l'intrication de n'importe quelle particule indépendamment de la distance résulte à chaque fois de tels "trous de vers". Le problème de départ, c'est qu'un photon qui s'échappe du trou noir est ... Lire la suite - [Le nécessaire préchauffage final de l'inflation cosmique](https://jeanzin.fr/2013/06/20/le-necessaire-prechauffage-final-de-linflation-cosmique/): - Le nécessaire préchauffage final de l'inflation cosmique L'inflation a un effet de refroidissement radical (une sorte de congélateur instantané) un peu comme un gaz compressé qu'on détend (en fait la longueur d'onde des photons qui s'allonge). Il faut donc qu'il y ait un préchauffage intense avant pour garder une température compatible avec le rayonnement final donnant naissance aux quarks et autres fermions. L'hypothèse de John Giblin, c'est que cette chaleur aurait été le résultat de la résonance entre le champ de l'inflation et le champ électro-magnétique dotant les photons d'une très grande énergie libérée à la fin de l'inflation. Cela ... Lire la suite - [Un édulcorant réduit de 70% le Parkinson des mouches](https://jeanzin.fr/2013/06/19/un-edulcorant-reduit-de-70-le-parkinson-des-mouches/): - Un édulcorant réduit de 70% le Parkinson des mouches C'est un édulcorant qu'on trouve dans les chewing-gums sans sucre, entre autres, et qui réduirait les agrégats de la protéine α-Synuclein (α-syn) à l'origine du Parkinson (selon un mécanisme semblable à celui des maladies à prions). Sur les mouches modèles, les symptômes seraient améliorés de 70%. On est loin de l'homme mais c'est la première fois qu'on a une piste de traitement. On en parle depuis avril. - [Des vols suborbitaux pour remplacer les longs courriers](https://jeanzin.fr/2013/06/19/des-vols-suborbitaux-pour-remplacer-les-longs-courriers/): - Des vols suborbitaux pour remplacer les longs courriers S3 n’a que quelques mois d’existence et pourtant leurs projets semblent déjà bien avancés de navettes suborbitales non habitées capables de lancer des petits satellites allant jusqu’à 250 kg d’ici 2018. S3 a annoncé le 16 juin, un nouveau partenariat avec Thales Alenia Space. Ce sont eux qui ont fabriqué Columbus, le laboratoire pressurisé européen qui se trouve actuellement sur la Station spatiale internationale. Pour S3, ce partenariat est l’occasion de bénéficier d’une expérience réussie pour développer une version habitée de leur navette suborbitale. Cette dernière avancée leur permettra de transporter des ... Lire la suite - [Microsoft a breveté les communications numériques avec notre corps](https://jeanzin.fr/2013/06/19/microsoft-a-brevete-les-communications-numerique-avec-notre-corps/): - Microsoft a breveté les communications numériques avec notre corps Microsoft vient de se voir accorder un brevet décrivant un appareillage transmettant des données via de faibles impulsions électriques au travers du corps humain. De quoi échanger des données informatiques lors d’une simple poignée de main, de sécuriser des paiements ou encore de s’identifier pour accéder à certains bâtiments. Il est composé de trois éléments : une surface faisant office de masse, une couche d’isolant, et une autre conductrice reliée à un module de communication permettant de faire transiter les données via le corps humain. - [Qu'appelle-t-on penser ?](https://jeanzin.fr/2013/06/18/qu-appelle-t-on-penser/): Ce que la pensée, en tant qu'elle est percevoir, perçoit, c'est le présent dans sa présence. [p166] Le trait fondamental de la pensée est la re-présentation. [p167] Toutefois nous ne pensons pas encore en mode propre, aussi longtemps que nous ne considérons pas en quoi l'être de l'étant repose, lorsqu'il apparaît comme présence. [p169]Heidegger, Que veut dire "penser" ? D'être revenu récemment sur le nazisme de Heidegger m'a fait mesurer à quel point sa conception de la pensée (comme présence tournée vers son origine, recueil d'un sens déjà donné, simple perception enfin) était étrangère à ma propre expérience (mise en relations et travail critique de réflexion d'un savoir en progrès dans l'épreuve historique de ses contradictions). Bien sûr tout dépend de ce qu'on désigne comme pensée, simple flux de la conscience, reconstitution de mémoire, exercice logique, examen rigoureux, choix décisif ou rêverie poétique (voire érotique). Il est d'autant plus étonnant d'avoir réduit ainsi la pensée (et le langage) à un simple recueillement d'essence religieuse et dépourvu de toute négativité même si la présence est chez lui aspiration à l'être, tension vers l'objet de la pensée. Là-dessus, les critiques de Derrida, dans "La voix et le phénomène", restent très utiles, montrant comme cette métaphysique de la présence (ou mystique de l'authenticité) compromettait toute la phénoménologie (et l'existentialisme). Il vaut d'y revenir car, politiquement, on sait où peut mener la surévaluation de l'origine mais c'est un peu la même chose avec la "tradition révolutionnaire", à vouloir "refaire Mai68" par exemple, comme si on n'avait rien appris de ses errements, au lieu de proclamer un nouvel âge de liberté capable de reconnaître ses erreurs. - [Une éolienne à voile plus efficace](https://jeanzin.fr/2013/06/18/une-eolienne-a-voile-plus-efficace/): - Une éolienne à voile plus efficace L'éolienne est pourvue d'un dispositif qui déploie ou enroule les voiles automatiquement afin d'adapter la vitesse de rotation de l'éolienne à celle du vent. Selon ses concepteurs, cette structure présente plusieurs avantages par rapport aux éoliennes tripales "classiques". Tout d'abord, sa faible hauteur (14 m pour les voiles, et 7m pour le "mat" central) la dispense d'obtenir un permis de construire spécifique. En contrepartie, son rendement énergétique est moins bon que si elle était juchée sur un mat de grande hauteur. Selon VoileO, le prototype actuel développe une capacité de production de 75 kilowatts ... Lire la suite - [Quels effets de l'accélération ou gravitation sur l'intrication ?](https://jeanzin.fr/2013/06/15/quels-effets-de-lacceleration-ou-gravitation-sur-lintrication/): - Quels effets de l'accélération ou gravitation sur l'intrication ? Ce n'est qu'une proposition d'expérimentation originale pour tester l'effet sur leur intrication quantique d'une différence de gravitation ou d'accélération entre des condensats de Bose-Einstein proches du zéro absolu abrités par des micro-satellites dont l'un changerait d'orbite. Assez facile à tester donc, alors qu'il est si difficile de mesurer l'influence de la gravitation au niveau quantique, et même s'il faut répéter l'expérience un grand nombre de fois. Mais comment savoir si la décohérence serait due au changement d'orbite ou d'accélération et non pas à une autre interaction ou fluctuation quantique? - [Le contrôle par la pensée devient complètement naturel](https://jeanzin.fr/2013/06/14/le-controle-par-la-pensee-devient-completement-naturel/): - Le contrôle par la pensée devient complètement naturel Des petites électrodes placées sur le cerveau permettent aux patients d'interagir avec des ordinateurs et de contrôler des membres robotisés simplement en pensant à exécuter ces actions. Apprendre à contrôler un bras robotisé ou une prothèse pourrait devenir une seconde nature. Les chercheurs ont constaté qu'au début, l'activité cérébrale est centrée dans le cortex préfrontal, une zone associée à l'apprentissage d'une nouvelle compétence. Mais après aussi peu que 10 minutes, l'activité du cerveau frontal diminue, évoluant vers des modèles conformes à ceux observés lors des actions automatiques. "Nous avons maintenant un marqueur ... Lire la suite - [Notre ADN diffère du chimpanzé par les séquences régulatrices](https://jeanzin.fr/2013/06/14/notre-adn-differe-du-chimpanze-par-les-sequences-regulatrices/): - Notre ADN diffère du chimpanzé par les séquences régulatrices On a du mal à comprendre ce qui nous différencie des chimpanzés génétiquement alors qu'on partage quasiment tous leurs gènes. C'est peut-être qu'on n'est pas si différents, en effet, mais il y a quand même déjà plusieurs pistes impliquant, au niveau cérébral, le développement du cortex, les cellules nerveuses (neurones et astrocytes), avec une plus grande diversité génétique ou une méthylation épigénétique moins stricte et plus de neurones miroir (qui existent déjà chez les singes), enfin, plus récemment, le développement de l'aire de Broca attachée au langage et aux procédés techniques. ... Lire la suite - [Des cafards-robotisés bientôt en vente](https://jeanzin.fr/2013/06/14/des-cafards-robotises-bientot-en-vente/): - Des cafards-robotisés bientôt en vente Un groupe de biohackers, fraîchement sortis de l'université du Michigan (États-Unis) a eu l'idée d'exploiter le signal nerveux émis par les antennes du cafard afin... d'en téléguider les mouvements. Pour ce faire, ils ont imaginé un dispositif électronique relié au système nerveux de l'animal. Ce dernier envoie une impulsion électrique dans l'antenne gauche ou dans la droite, modifiant ainsi la trajectoire de l'animal. Dans le cadre de ce projet, le dispositif électronique est relié via une liaison sans fil bluetooth à un téléphone portable. Pour devenir le maître des mouvements du cyber-cafard, l'utilisateur doit donc ... Lire la suite - [Mindwalker, l’exosquelette contrôlé par la pensée](https://jeanzin.fr/2013/06/13/mindwalker-lexosquelette-controle-par-la-pensee/): - Mindwalker, l’exosquelette contrôlé par la pensée Il y a trois ans naissait le projet Mindwalker. Financé par l’Union européenne, il rassemble sept universités et entreprises qui ont travaillé à la mise au point d’un exosquelette qui peut être contrôlé à partir des ondes émises par le cerveau (EEG, électroencéphalographie) ou l’activité musculaire (EMG, électromyographie). Cet appareillage est destiné à redonner de la mobilité à des personnes ayant perdu l’usage de leurs jambes. Le mois dernier, les premiers tests en conditions réelles ont été réalisés à la Fondation Santa Lucia de Rome avec cinq patients paralysés des membres inférieurs. Harnachés dans ... Lire la suite - [Un antibiotique réduirait la dépendance](https://jeanzin.fr/2013/06/13/un-antibiotique-reduirait-la-dependance/): - Un antibiotique réduirait la dépendance Une nouvelle étude suggère que la protéine GLT1 (Glutamate Type I Transporter), impliquée dans l’élimination du neurotransmetteur glutamate, a un rôle clé dans la dépendance à la cocaïne. En utilisant un antibiotique permettant d’augmenter la quantité de cette protéine dans le cerveau, une équipe de l’université de l'Indiana à Bloomington a pu limiter la consommation de cocaïne chez le rat. Au cours de la période de sevrage, ils ont observé une diminution de la protéine GLT1 dans le noyau accumbens, une région cérébrale qui joue un rôle important dans le système de récompense. Pour pallier ... Lire la suite - [On peut lire sur son visage la souffrance du bébé qui va naître](https://jeanzin.fr/2013/06/13/on-peut-lire-sur-son-visage-la-souffrance-du-bebe-qui-va-naitre/): - On peut lire sur son visage la souffrance du bébé qui va naître Les premières expressions apparaissent vers la 24e semaine de grossesse. À ce moment-là, les fœtus sont capables de réaliser des mimiques simples pour lesquelles une seule région du visage se modifie. Au bout de 36 semaines, leurs expressions sont beaucoup plus complexes et font intervenir au moins quatre mouvements en même temps. À partir de ces images on pourrait penser que le fœtus exprime une douleur. Bien que les fœtus soient en bonne santé, tous affichaient une expression de souffrance à la fin de la grossesse. Selon ... Lire la suite - [De la pensée globale à l'action locale](https://jeanzin.fr/2013/06/13/de-la-pensee-globale-a-l-action-locale/): L'action politique passe par plusieurs étapes. Il y a d'abord le moment de l'indignation ou de la sensibilisation aux désastres écologiques et sociaux du capitalisme qui motivent l'engagement à s'opposer au monde tel qu'il est. Ensuite, le premier devoir d'un militant est celui de sa formation, moment pour comprendre les raisons qui nous ont mené là et les transformations en cours. C'est le travail auquel Marx s'était astreint avec "Le Capital", dégageant les causes globales de notre système de production (détermination de la production par les marchés financiers, l'innovation et le salariat). Il ne s'agit pas en effet de laisser libre cours à une imagination débridée ni de se limiter aux condamnations morales et aux bons sentiments, il faut connaître les processus matériels et les contraintes systémiques qui mènent à des conséquences si funestes. On peut dire qu'on remonte du local au global en remontant des effets aux causes. Il y a également tout un travail d'information à approfondir notamment sur le climat et l'épuisement des ressources, il ne suffit pas de convictions personnelles. (c'est la réécriture complète pour EcoRev' de l'introduction de l'article "Plaidoyer pour l'altermonde") - [Ce qui distingue l'esprit humain](https://jeanzin.fr/2013/06/12/ce-qui-distingue-lesprit-humain/): - Ce qui distingue l'esprit humain The Human Spark: The science of human development, Jerome Kagan La question de ce qui nous différencie du chimpanzé est abordée par Jérôme Kagan à partir de la spécificité du développement de l'enfant. Nourrissons humains et chimpanzés se comportent de manière remarquablement similaires dans les quatre à six premiers mois. C'est seulement au cours de la deuxième année que l'on commence à diverger profondément. Au moment où les lobes frontaux de l'enfant se développent et que les connexions augmentent entre les sites du cerveau, le petit homme commence à développer les talents distinctifs de notre ... Lire la suite - [Des impulsions laser multiplient les cristaux de glace des cirrus](https://jeanzin.fr/2013/06/12/des-impulsions-laser-multiplient-les-cristaux-de-glace-des-cirrus/): - Des impulsions laser multiplient les cristaux de glace des cirrus En projetant le faisceau laser à impulsions ultracourtes sur un cirrus, un nuage de haute altitude composé de cristaux de glace (couche supérieure de la troposphère), l’effet observé a alors surpris les chercheurs. En une dizaine de minutes, l’action du laser a multiplié par 100 la densité des cristaux. « les nouvelles particules de glace ont alors rapidement diminué la pression en vapeur d’eau jusqu’à la saturation de la glace, ce qui a augmenté l’épaisseur optique du nuage parfois de trois ordres de grandeur ». Ce dernier détail n’est pas ... Lire la suite - [Un robot pour guider les passagers à l'aéroport](https://jeanzin.fr/2013/06/12/un-robot-pour-guider-les-passagers-a-laeroport/): - Un robot pour guider les passagers à l'aéroport L'aéroport de Genève compte un androïde dans son personnel. Le RobbI est affecté à l'accueil pour recevoir les passagers qui descendent de leur avion pour leur indiquer la sortie. En cas de besoin, il les conduit vers les toilettes, aux différents guichets, aux distributeurs de tickets.. - [Un smartphone qui se plie quand il reçoit un appel](https://jeanzin.fr/2013/06/12/un-smartphone-qui-se-plie-quand-il-recoit-un-appel/): - Un smartphone qui se plie quand il reçoit un appel MorePhone est constitué d'un écran électrophorétique fin et flexible et de câbles en alliage à mémoire de forme qui se contractent lors des notifications. Ceci permet au téléphone de soulever chacun de ses coins, individuellement ou ensemble. Chaque coin peut être configuré pour transmettre une information particulière, comme par exemple le coin droit du bas peut être utilisé pour indiquer la réception d'un message. Pour les messages urgents, les coins peuvent aussi se plier d'un côté puis de l'autre à plusieurs reprises. - [Un drone qui se colle aux murs](https://jeanzin.fr/2013/06/10/un-drone-qui-se-colle-aux-murs/): - Un drone qui se colle aux murs En fait, ce n'est pas un vrai drone. Il faut le lancer à la main ce qui l'apparente plus à un jouet pour l'instant mais l'idée est intéressante car si les drones devaient remplacer les livreurs, la meilleure façon serait de se coller aux fenêtres ou au mur d'à côté. Bien sûr un quadricopter pourrait attendre qu'on ouvre la fenêtre mais ils sont plus lents, plus bruyants et consomment plus d'énergie. En fait, on peut s'attendre à ce que cela serve d'abord à la surveillance (façon de mettre temporairement une caméra quelque part). ... Lire la suite - [Les déserts sont-ils en train de reverdir ?](https://jeanzin.fr/2013/06/07/les-deserts-sont-ils-en-train-de-reverdir/): - Les déserts sont-ils en train de reverdir ? Les déserts sont de plus en plus verdoyants. Depuis les années 1980, dans certaines régions arides, la hausse de la concentration de CO2 (élément essentiel à la photosynthèse) dans l’atmosphère a stimulé la croissance des plantes. En moyenne, entre 1982 et 2010, la couverture végétale s’est densifiée de 11 % dans les régions arides du centre de l’Australie. Plus généralement, on enregistre une augmentation du feuillage dans toutes les zones désertiques, telles que le sud-ouest des États-Unis, le Moyen-Orient et certaines parties de l’Afrique. L’équipe de Canberra a mis en évidence que ... Lire la suite - [Les antalgiques baissent la testostérone](https://jeanzin.fr/2013/06/07/les-antalgiques-baissent-la-testosterone/): - Les antalgiques baissent la testostérone Aspirine, paracétamol… Les anti-inflammatoires non stéroïdiens les plus célèbres pourraient révéler leur côté obscur : ils inhiberaient la production de testostérone (ainsi que des prostaglandines) chez l’Homme et seraient donc à ce titre des perturbateurs endocriniens. Chez le rat, cela se traduit par une féminisation des nouveaux nés mâles. Cela n'empêche pas semble-t-il la corrélation entre prise quotidienne de petites doses d'aspirine et moins de cancers ou maladies dégénératives. Serait-ce justement grâce à la baisse de testostérone ? - [Des petites doses de THC protègent le cerveau](https://jeanzin.fr/2013/06/07/des-petites-doses-de-thc-protegent-le-cerveau/): - Des petites doses de THC protègent le cerveau Des doses très faibles, 1000 fois inférieures à celles d'un joint, données entre 1 à 7 jours avant une opération et 1 à 3 jours après (ou après un traumatisme crânien) empêchent la mort de cellules neuronales (en particulier par manque d'oxygène) et facilitent leur croissance. Le THC provoquerait une réaction de résistance anticipant le stress. Ces doses très faibles pourraient être utile aussi pour l'épilepsie (ainsi que pour prévenir les crises cardiaques). On connaissait déjà l'intérêt de très faibles doses pour diminuer l'inflammation. - [L'ancêtre des primates](https://jeanzin.fr/2013/06/07/lancetre-des-primates/): - L'ancêtre des primates Arboricole et sans doute insectivore, ce poids plume de quelques centimètres de haut et d'à peine 30 grammes vivait il y a 55 millions d'années. L'ancêtre de tous les primates a été baptisé Archicebus achilles. "Il ressemble à un hybride bizarre, avec les pieds d'un petit singe, les bras, jambes et dents d'un primate très primitif, et un crâne avec des yeux étonnamment petits". Au fil de l'évolution, une branche a abouti d'un côté aux tarsiers actuels, des petits primates nocturnes et arboricoles aux grands yeux exorbités. Une autre a donné naissance aux anthropoïdes (grands singes sans ... Lire la suite - [Rendre invisible un objet d'un certain point de vue](https://jeanzin.fr/2013/06/07/rendre-invisible-un-objet-dun-certain-point-de-vue/): - Rendre invisible un objet d'un certain point de vue Rien à voir avec une "cape d'invisibilité", plus proche de la prestidigitation, un jeu de miroirs peut rendre invisible un objet de n'importe quelle taille mais d'un point de vue unique. Dès qu'on n'est plus devant, on voit tout mais cela pourrait s'appliquer à des satellites par exemples, devenus invisibles de la Terre. L'image ci-dessous montre comment on peut masquer une chaise avec une poubelle derrière. Il y a un système similaire qui rend invisible de différents côtés (mais pas quand on n'est pas juste en face). Enfin, la technique des ... Lire la suite - [Un drone contrôlé par la pensée](https://jeanzin.fr/2013/06/07/un-drone-controle-par-la-pensee/): - Un drone contrôlé par la pensée Le professeur Bin He et ses étudiants en ingénierie bio-médicale d'une université du Minnesota ont réussi à piloter un drone de la marque Parrot, et ce, uniquement par la pensée. Le dispositif, qui ne nécessite pas d'implant (non-intrusif), est composé d'un casque relié à un ordinateur. L'utilisateur pense à des gestes précis, un poing fermé par exemple, le casque capte alors les micro-courants électriques parcourant le cortex puis les transmet à l'ordinateur. Un programme est chargé d'analyser ces données, et les transforme en commandes pour le drone. - [La Turquie peut-elle ébranler l'Europe ?](https://jeanzin.fr/2013/06/06/la-turquie-ebranle-l-europe/): Loin d'être finie, la crise ne fait que s'aggraver et préparer un krach pire que les précédents. Le temps des révolutions ne fait lui-même que commencer sans doute dans cette période de grands bouleversements. Ce n'est qu'un début ! Il est impossible de savoir à l'heure actuelle quel sera le destin d'un mouvement encore informel mais si les manifestations en Turquie sont très émouvantes, c'est dans un tout autre sens que les révolutions arabes car "ceci n'est pas une révolution". C'est plutôt un souffle de liberté qui a été comparé spontanément à Mai68 plus qu'à un renversement de dictature. Il n'est pas insignifiant, en effet, que se revendique ouvertement pour la première fois une sorte de droit à l'alcool, ceci après le Mali où les djihadistes avaient fait de l'interdiction du tabac et de l'alcool un marqueur de leur pouvoir régressif. On peut dire que cette revendication d'occidentalisation rapproche la jeunesse turque de l'Europe. Bien qu'il y ait un nationalisme assez fort, il semble bien, en effet, que ce soit aussi un mouvement pour l'Europe, dont ils se sentent exclus, et non pas contre, alors que ceux qui sont dedans en font l'origine de tous les maux... - [La reconnaissance de gestes par déformation des ondes WiFi](https://jeanzin.fr/2013/06/05/la-reconnaissance-de-gestes-par-deformation-des-ondes-wifi/): - La reconnaissance de gestes par déformation des ondes WiFi Les chercheurs ont montré qu'il est possible de tirer parti des signaux Wi-Fi autour de nous pour détecter les mouvements spécifiques sans avoir besoin de capteurs sur le corps humain ou des caméras. En utilisant un routeur Wi-Fi adapté et quelques appareils sans fil dans le salon, les utilisateurs peuvent contrôler leurs appareils électroniques et appareils ménagers, de n'importe quelle pièce de la maison avec un simple geste. Quand une personne se déplace, il y a en effet un léger changement dans la fréquence du signal sans fil. WiSee a besoin ... Lire la suite - [Les aliments anticancéreux](https://jeanzin.fr/2013/06/02/les-aliments-anticancereux/): - Les aliments anticancéreux Beaucoup de médecins contestent ce qu'ils considéraient comme des exagérations, voire du charlatanisme, prêtant à certains aliments des propriétés anticancéreuses. Or une étude vient de démontrer que des capsules contenant grenade, thé vert, curcuma et brocoli font baisser de 63% le niveau de PSA (lié au cancer de la prostate). - [Un capteur photo en graphène ultra sensible à la lumière](https://jeanzin.fr/2013/06/02/un-capteur-photo-en-graphene-ultra-sensible-a-la-lumiere/): - Un capteur photo en graphène ultra sensible à la lumière Des chercheurs de l’Université Technologique de Nanyang (NTU) située à Singapour ont développé un capteur à base de graphène capable de détecter la lumière dans un très large spectre, allant du visible à l’infrarouge moyen. Sa particularité est de présenter une très grande photoréponse ou sensibilité à la lumière. Le professeur Wang a mis au point des nanostructures de graphène qui « piègent » les électrons générés par la lumière pendant un temps beaucoup plus long que dans les transistors des capteurs CMOS par exemple. Le signal électrique beaucoup plus ... Lire la suite - [Volt-Gaz-Volt : stocker l'électricité en méthane](https://jeanzin.fr/2013/06/01/volt-gaz-volt-stocker-lelectricite-en-methane/): - Volt-Gaz-Volt : stocker l'électricité en méthane Je ne suis pas sûr que ce projet Volt-Gaz-Volt présenté par Corine Lepage soit le meilleur (par rapport au stockage par gravité par exemple). Il reste un peu cher et demande des investissements lourds mais il peut s'insérer dans les réseaux existants, ce qui lui ouvre un marché. Le projet s'appelle VGV (Volt Gaz Volt) et permet de transformer en méthane le surplus d’électricité produit par l’éolien et le photovoltaïque. Il a été présenté mercredi 29 mai au Parlement européen par Corinne Lepage. «Nous ne sommes pas dans l’utopie, mais dans la réalité. VGV ... Lire la suite - [Motorola invente la pilule qui sert de mot de passe](https://jeanzin.fr/2013/06/01/motorola-invente-la-pilule-qui-sert-de-mot-de-passe/): - Motorola invente la pilule qui sert de mot de passe La marque a imaginé une pilule qui, une fois avalée et au contact des acides contenus dans l'estomac, déclencherait un signal qui permettrait de se connecter à un smartphone ou une tablette sans avoir à entrer son mot de passe. La pilule en question contient en fait une minuscule puce, et ne nécessite pas de batterie : elle puise son énergie à partir des acides contenus dans l'estomac. Cette puce enverra aux appareils un signal d'authentification qui leur permettra de se connecter. La société, qui appartient désormais à Google, a ... Lire la suite - [Revue des sciences juin 2013](https://jeanzin.fr/2013/06/01/revue-des-sciences-juin-2013/): Les préons, constituants des quarks ? * La culture est-elle dans les gènes ? * L’aire de Broca dédiée à la grammaire comme à la rationalité procédurale * Manipuler le climat au Nord assècherait le Sahel Nouvelle théorie géométrique de la relativité quantique * Au coeur des trous noirs la gravité diminuerait soudain L’intrication quantique persiste entre deux photons si l’un disparaît * Le contrôle d’un atome à 20nm près Une « cape d’invisibilité » qui détourne la chaleur Un réchauffement moins rapide ? Changement climatique et révolutions arabes Vers un contre-choc pétrolier ? * Un biocarburant à partir de stations d’épuration Des voitures qui roulent à l’azote liquide ? Utiliser les nanotubes comme filtres ultrarapides pour le dessalement Elevage industriel de vers de mouche comme nourriture animale Des calculs analogiques avec des cellules vivantes Une plante carnivore sans « ADN poubelle » Les Mammouths ont disparu parce qu’on tuait les dominants * Les langues d’Europe et d’Asie dérivent d’une langue commune * Réciprocité, moralité et religion * Un vaccin universel contre la grippe à base de nanoparticules Une bactérie et des endocannabinoïdes contre l’obésité et le diabète Des vitamines B contre l’Alzheimer L’hormone du vieillissement La nourriture réduite à une poudre Des répliques de coeurs par imprimante 3D Une oreille artificielle imprimée en 3D Des imprimantes 3D en libre service Des puces RFID dans du papier (des billets) Motorola invente la pilule qui sert de mot de passe Des masques pour mieux écouter ou voir Un assistant robot qui devance nos actions Des drones pour repérer les tagueurs de train Une voiture volante à décollage vertical - [BPA : des petites doses plus perturbantes que des doses élevées](https://jeanzin.fr/2013/05/31/bpa-des-petites-doses-plus-perturbantes-que-de-doses-elevees/): - BPA : des petites doses plus perturbantes que des doses élevéesLa Recherche, p40 Ce n'est pas vraiment une nouveauté mais comme c'est contesté par beaucoup au nom du vieux principe "c'est la dose qui fait le poison", il est intéressant d'en connaître la raison qui serait due à "l'agrégation des récepteurs entre eux lorsque la concentration de l'hormone augmente. Une fois agrégés, tous ces récepteurs sont absorbés par la cellule. L'hormone ne peut donc plus se fixer, et son effet diminue". (p44) Les hormones agissent en effet la plupart du temps à très petites doses, ce phénomène protégeant de la ... Lire la suite - [PediPower : recharger son mobile avec sa chaussure](https://jeanzin.fr/2013/05/30/pedipower-recharger-son-mobile-avec-sa-chaussure/): - PediPower : recharger son mobile avec sa chaussure PediPower est un prototype de semelle pour chaussure capable de recueillir l’énergie cinétique produite par le talon lors de la marche. Mis au point aux États-Unis par un groupe d’étudiants de l’université Rice, ce système pourrait servir à alimenter des terminaux mobiles, mais aussi des équipements médicaux. - [Un assistant robot qui devance nos actions](https://jeanzin.fr/2013/05/30/un-assistant-robot-qui-devance-nos-actions/): - Un assistant robot qui devance nos actions Le prototype observe les mouvements de votre corps, ensuite, il accède à une base de données vidéos d’environ 120 activités ménagères (ouvrir micro-ondes, manger, se brosser les dents…). De là, il peut savoir quelle sera votre prochaine action et vous aidera en ce sens. Ainsi il peut apporter une canette ou encore ouvrir la porte du réfrigérateur. - [Stimulation transcrânienne pour jeux vidéo](https://jeanzin.fr/2013/05/30/stimulation-transcranienne-pour-jeux-video/): - Stimulation transcrânienne pour jeux vidéo On a pas mal parlé de l'amélioration des performances (mathématiques notamment) grâce à la stimulation transcrânienne par courant continu (tDCS) mais le foc.us vise maintenant le marché des jeux vidéo ce qui laisse présager des usages abusifs qui pourraient être dangereux. - [Au coeur des trous noirs la gravité diminuerait soudain](https://jeanzin.fr/2013/05/30/au-coeur-des-trous-noirs-la-gravite-diminuerait-soudain/): - Au coeur des trous noirs la gravité diminuerait soudain... Ce n'est qu'une application de la gravité quantique aux trous noirs, ce qui exclut l'impossible singularité à laquelle aboutit la relativité générale. La nouveauté, c'est que les équations simplifiées indiqueraient qu'à partir d'un certain niveau atteint de densité de l'énergie, la gravité diminuerait soudain, ce qui peut s’interpréter comme l'ouverture sur un autre univers, ce qu'on appelle une fontaine blanche comparable au Big Bang. Il me semble, cependant, que la supposée évaporation des trous noirs est en contradiction avec l'idée qu'ils abriteraient un autre univers. - [Un biocarburant à partir de stations d'épuration](https://jeanzin.fr/2013/05/30/un-biocarburant-a-partir-de-stations-depuration/): - Un biocarburant à partir de stations d'épuration Pour produire un algocarburant à moindre coût, la start-up réunionnaise Bioalgostral a développé une technologie permettant de fertiliser la culture de ses microalgues en valorisant des déchets, à savoir des eaux usées et les boues d'une station d'épuration. D’ici quelques années, les insulaires pourront, si tout se passe bien, se déplacer grâce à un biodiesel local. Par ailleurs, La Recherche, p32, signale que Veolia teste un procédé de production de bioplastique (PHA) à partir de boues d'épuration. - [Les écrans souples arrivent](https://jeanzin.fr/2013/05/30/les-ecrans-souples-arrivent/): - Les écrans souples arrivent Cela fait un moment qu'on en parle mais LG vient de montrer un prototype d'écran souple OLED qui pourrait être commercialisé à la fin de l'année. - [Manipuler le climat au Nord assécherait le Sahel](https://jeanzin.fr/2013/05/29/manipuler-le-climat-au-nord-assecherait-le-sahel/): - Manipuler le climat au Nord assécherait le Sahel La Recherche, p16 Une des solutions envisagées pour empêcher un emballement du climat à cause de la fonte des glaces accélérée du Pôle Nord (phénomène qu'on ne retrouve pas au Pôle Sud), aurait été de se concentrer sur cette zone pour la protéger des rayonnements solaires. Pour cela, il suffirait par exemple d'injecter des particules dans l'hémisphère Nord. Las, des simulations prédisent que cela accentuerait encore la désertification de l'Afrique. Lorsque l'opération est menée dans l'hémisphère Nord, la température de la Terre diminue d'environ un degré sur cette période. Mais le Sahel ... Lire la suite - [Les préons, constituants des quarks ?](https://jeanzin.fr/2013/05/29/les-preons-constituants-des-quarks/): - Les préons, constituants des quarks ? Don Lincoln, Pour la Science, p19-25 Ce mois-ci est riche en nouvelles perspectives en physique, notamment ce nouvel univers des constituants supposés des quarks et leptons, appelés préons. - Dans les 12 particules élémentaires connues, certaines propriétés se répètent. Ce schéma suggère l'existence possible d'une structure interne de ces objets. - Ces particules pourraient être composées d'entités plus petites, que les physiciens désignent sous le terme générique de « préons ». - Aucune donnée expérimentale ne confirme aujourd'hui cette hypothèse. Mais la question pourrait être tranchée par le collisionneur lhc du CERN et par ... Lire la suite - [La culture est-elle dans les gènes ?](https://jeanzin.fr/2013/05/29/la-culture-est-elle-dans-les-genes/): C'est un article d'histoire des sciences qui revient sur les polémiques entre génétique et culture qu'on retrouve actuellement entre partisans et adversaires des théories du genre et qui témoignent d'une idéologisation de la science des deux côtés assez incroyable car aucune des deux positions n'est tenable jusqu'au bout d'une entière détermination par les gènes ou d'une culture sans rapport aucun avec une nature humaine. - [Des drones pour repérer les tagueurs de train](https://jeanzin.fr/2013/05/29/des-drones-pour-reperer-les-tagueurs-de-train/): - Des drones pour repérer les tagueurs de train La Deutsche Bahn déployera prochainement des drônes silenceux, qui auront pour mission de prévenir les actes de vandalisme sur ses trains et ses lieux. Les drônes seront presque silencieux, équipés de trackers GPS, mais aussi de détecteurs infrarouges, qui aideront à repérer les contrevenants. Ils seront en mesure de voler à une altitude de 150 mètres, d’atteindre une vitesse de 53 km/h, et de tenir une surveillance 80 minutes consécutives. On peut renvoyer à "La théorie du drone" de Grégoire Chamayou, quoique je trouve bien naïve et dangereuse sa recherche de responsabilité ... Lire la suite - [Devenus bipèdes à cause d'un terrain escarpé](https://jeanzin.fr/2013/05/29/devenus-bipedes-a-cause-dun-terrain-escarpe/): - Devenus bipèdes à cause d'un terrain escarpé C'est une nouvelle version du singe qui se redresse pour parcourir la savane, sauf qu'on y rajoute les contraintes d'un terrain escarpé et rocailleux. Une autre théorie impliquait le transport de nourriture sur de longues distances mais ce n'est pas contradictoire. Ainsi les Hominiens ont été obligés de marcher sur leurs deux jambes pour s'adapter à l'environnement de l'Afrique méridionale et orientale. Ils sont devenus progressivement des bipèdes, car ils ont dû marcher au lieu de grimper dans les arbres qui commençaient à se raréfier. La vaste forêt laissait place à une vaste ... Lire la suite - [Utiliser les nanotubes comme filtres ultrarapides pour le dessalement](https://jeanzin.fr/2013/05/29/utiliser-les-nanotubes-comme-filtres-ultrarapides-pour-le-dessalement/): - Utiliser les nanotubes comme filtres ultrarapides pour le dessalement Des simulations laissent penser que le flux de molécules d'eau à travers des membranes en nanotubes de carbone serait extrêmement rapidement, ce qui les rendrait très intéressants comme filtres au point de vue coût-efficacité pour des usines de dessalement d'eau de mer: les molécules d'eau passent en effet à travers les pores nanométriques alors que les ions de sel ne le peuvent pas. Les molécules d'eau voleraient littéralement à travers les nanotubes de carbone sans toucher les parois hydrophobes, d'où leur friction réduite et des performances très supérieures (au moins de ... Lire la suite - [Des masques pour mieux écouter ou voir](https://jeanzin.fr/2013/05/28/des-masques-pour-mieux-ecouter-ou-voir/): - Des masques pour mieux écouter ou voir Un groupe d’étudiants du Royal College of Art de Londres a mis au point deux masques électroniques affinant la vue et l’ouïe. Le masque Eidos Vision permet de décomposer un mouvement en temps réel, et Eidos Audio peut isoler un son et l’amplifier en usant de l’ostéophonie. Le système utilise des capteurs et un traitement informatique pour sélectionner une entrée sensorielle et la renforcer en l’amplifiant. Ces dispositifs, encore au stade de prototypes, pourraient trouver des applications dans le sport, la musique, mais aussi la santé. Imaginez assister à un concert où, muni ... Lire la suite - [Des armures exosquelettes pour les soldats](https://jeanzin.fr/2013/05/28/des-armures-exosquelettes-pour-les-soldats/): - Des armures exosquelettes pour les soldats "L'armure devrait peser moins de 10 kilos, ne consommerait pas plus de 100W, et devrait permettre à un soldat pesant 80 kilos de transporter 45 kilos de matériel à une vitesse de 1,25 m/s, tout en réduisant la consommation métabolique du combattant de 25%, détaille la Darpa dans ses spécifications techniques. Ainsi, une batterie de 4,5 kilos de dernière génération suffirait à fournir l'énergie nécessaire pour une mission classique de 24 heures." La combinaison est faite dans un tissu élastique dont les fibres, soigneusement orientées, sont capables de se contracter sous l'effet d'implusions électriques. ... Lire la suite - [Changement climatique et révolutions arabes](https://jeanzin.fr/2013/05/28/changement-climatique-et-revolutions-arabes/): - Changement climatique et révolutions arabes Il est intéressant de lier la sécheresse faisant monter le prix du pain et les révolutions arabes, un peu comme en 1789, mais la situation devrait empirer avec le réchauffement. Dans une région aride, où les terres cultivables sont rares, la question de l’approvisionnement alimentaire est politiquement sensible. Déjà en janvier 1977, les émeutes du pain en Egypte avaient marqué les esprits et fait vaciller le régime (79 morts, plus de 500 blessés et de 1000 arrestations). Or, en 2010 et 2011, un enchaînement catastrophe se produit : des phénomènes climatiques extrêmes (vagues de chaleur, ... Lire la suite - [Affaiblissement des vents de la stratosphère](https://jeanzin.fr/2013/05/27/affaiblissement-des-vents-de-la-stratosphere/): - Affaiblissement des vents de la stratosphère Dans la stratosphère, les vents dominants au niveau de l’équateur changent de direction régulièrement. Cette oscillation est parfaitement naturelle, mais il apparaît qu’elle s’est affaiblie ces 60 dernières années. La diminution de son amplitude est une conséquence directe du changement climatique. Pour la période 1953-2012, là où la pression est de 70 hPa, c'est-à-dire à environ 19 km d’altitude, l’amplitude de l’oscillation quasi biennale a diminué d’environ un tiers. Les chercheurs démontrent que le renforcement du mouvement ascendant de l’air supprime la force des vents de l’OQB dans les modèles. Ils en ont alors ... Lire la suite - [Un vaccin universel contre la grippe à base de nanoparticules](https://jeanzin.fr/2013/05/27/un-vaccin-universel-contre-la-grippe-a-base-de-nanoparticules/): - Un vaccin universel contre la grippe à base de nanoparticules En fait, pour l'instant, le vaccin n'est pas vraiment universel, mais il pourrait le devenir. La nanoparticule est créée à partir d’hémagglutinine, une protéine retrouvée à surface des virus de la grippe (le H utilisé pour dénommer les différentes souches - ici le H1), et de la ferritine, une protéine qui transporte le fer et qui possède la propriété de se regrouper spontanément en amas. Ces polypeptides ont été fusionnés par autoassemblage, obtenant un cœur sphérique composé de 24 molécules de ferritine, duquel s’élèvent huit colonnes, chacune constituée de trois ... Lire la suite - [L'aire de Broca dédiée à la grammaire comme à la rationalité procédurale](https://jeanzin.fr/2013/05/26/l-aire-de-broca-dediee-a-la-grammaire-comme-a-la-rationalite-procedurale/): - L'aire de Broca dédiée à la grammaire comme à la rationalité procéduraleThierry Chaminade, La Recherche, p60 J'ai voulu mettre un titre plus précis mais cela aurait pu être "L'origine commune du langage et de la technique". L'article original s'appelle "Parler comme on taille des silex", Thierry Chaminade mettant en relation langage et taille des silex par l'intermédiaire du développement de l'aire de Broca, bien connue pour son lien au langage mais qui serait aussi nécessaire pour suivre des procédures de fabrication selon des règles du même ordre que la grammaire. C'est bien sûr très important puisque cela identifie langage et ... Lire la suite - [La nourriture réduite à une poudre](https://jeanzin.fr/2013/05/25/la-nourriture-reduite-a-une-poudre/): - La nourriture réduite à une poudre Rob Rhinehart, un ingénieur américain, a inventé une poudre à diluer capable de remplacer toute autre nourriture pour l'humain. Ce professionnel de l'ingénierie électrique a créé "Soylent". Une poudre blanchâtre qui contiendrait tout ce dont l'homme a besoin pour vivre. Des vitamines, des minéraux, des acides aminés, des calories, du gras – de l'huile d'olive et un peu d'huile de poisson... Et aucune des toxines qui se trouvent dans de nombreux aliments, promet l'Américain de 24 ans. Si la poudre blanche tient ses promesses, elle pourra s'adapter aux besoins de chaque individu, en fonction ... Lire la suite - [Une lentille pour projeter des images 3D en l'air](https://jeanzin.fr/2013/05/25/une-lentille-pour-projeter-des-images-3d-en-lair/): - Une lentille pour projeter des images 3D en l'air Ce n'est pas si extraordinaire car ne projetant l'image 3D d'un objet qu'à seulement quelques longueurs d'onde et c'est encore grâce à des métamatériaux qu'on obtient un indice de réfraction négatif permettant de concentrer à distance des rayons ultraviolets (pas seulement des micro-ondes). On peut juste se dire que c'est prometteur pour la suite. Cette lentille plate ne repose pas sur des motifs nanométriques, mais consiste plutôt en simple sandwich de couches alternées d'épaisseur nanométrique d'argent (vert) et de dioxyde de titane (bleu), dont la production utilise des méthodes classiques. Lorsqu'il ... Lire la suite - [Nouvelle théorie géométrique de la relativité quantique](https://jeanzin.fr/2013/05/25/nouvelle-theorie-geometrique-de-la-relativite-quantique/): - Nouvelle théorie géométrique de la relativité quantique Pour New Scientist, ce n'est que du sensationalisme mais cette nouvelle théorie d'un physicien qui s'était tourné vers la finance, Eric Weinstein, aurait l'avantage de donner des réponses à tous les mystères de la physique actuelle (matière noire, expansion, etc.) en unifiant relativité générale et mécanique quantique dans ce qu'il appelle "Geometric Unity" généralisant les symétries. Le groupe de symétrie de Weinstein résulte de sa tentative de concilier les équations d'Einstein (courbure de l'espace-temps) avec les équations de Yang-Mills, sur lesquelles il travaille depuis longtemps, tout comme celle de Dirac, toutes les deux ... Lire la suite - [Des voitures qui roulent à l'azote liquide ?](https://jeanzin.fr/2013/05/25/des-voitures-qui-roulent-a-lazote-liquide/): - Des voitures qui roulent à l'azote liquide ?  Pour le moment, les tentatives de la compagnie Highview Power Storage ont conduit à la mise au point d’un dispositif dont le rendement de conversion de l’énergie est de 50 à 60 %, alors que les batteries classiques peuvent atteindre 90 %. Des améliorations sont à espérer, mais pas au point de concurrencer directement les batteries à ce niveau. Toutefois, cela ne veut pas dire que l’azote liquide n’est pas un concurrent sérieux pour les accumulateurs nickel-hydrure métallique ou les batteries lithium-ion, que l’on utilise dans les voitures hybrides notamment. En effet, ... Lire la suite - [Des vitamines B contre l'Alzheimer](https://jeanzin.fr/2013/05/25/des-vitamines-b-contre-lalzheimer/): - Des vitamines B contre l'Alzheimer Les volontaires avaient tous plus de 70 ans et étaient atteints de troubles cognitifs légers, un stade intermédiaire entre la situation normale et la démence, souvent annonciateur de la maladie d’Alzheimer. Les 156 participants ont été répartis en deux groupes : une moitié avalait quotidiennement 20 mg de vitamine B6, 0,5 mg de vitamine B12 et 0,8 mg de vitamine B9 (acide folique), tandis que le reste était sous placebo. Après un suivi de deux ans, tous les patients avaient perdu de la matière grise. Un résultat cohérent puisque c’est le lot de tout le ... Lire la suite - [L'intrication quantique persiste entre deux photons si l’un disparaît](https://jeanzin.fr/2013/05/25/lintrication-quantique-persiste-entre-deux-photons-si-lun-disparait/): - L'intrication quantique persiste entre deux photons si l’un disparaît Les chercheurs ont réalisé une fascinante variante des expériences précédentes d’échange d’intrication (schéma du bas sur l’image ci-dessus). Ils ont commencé par produire une première paire de photons intriqués et ont mesuré la polarisation sur le photon 1. Ensuite seulement ils ont fabriqué la paire de photons (3-4) et effectué une mesure d’état de Bell avec les photons 2 et 3. Ils ont vérifié leurs résultats en réalisant plusieurs fois la même expérience. Ils ont constaté, comme le prévoyait les équations de la mécanique quantique, que les résultats des mesures sur ... Lire la suite - [Des imprimantes 3D en libre service](https://jeanzin.fr/2013/05/24/des-imprimantes-3d-en-libre-service/): - Des imprimantes 3D en libre service Pour l'instant il ne s'agit que de 2 magasins Top Office équipés de machines bas de gamme (2000€) mises à disposition des clients un peu comme les photocopieuses autrefois et pour une somme modique (entre 10 et 30€). Il vaudrait mieux des fab labs mais c'est un moyen de faire décoller le marché (si ça se généralise, ce qui serait à portée de toutes les boutiques). Des modèles laser un peu plus chers (3300$) mais plus performants et qui restent abordables arrivent : Signalons enfin que la NASA investit dans une imprimante 3D de ... Lire la suite - [Des semi-conducteurs de l'épaisseur d'un atome](https://jeanzin.fr/2013/05/23/des-semi-conducteurs-de-lepaisseur-dun-atome/): - Des semi-conducteurs de l'épaisseur d'un atome Les chercheurs ont travaillé avec du sulfure de molybdène (MoS2), un matériau semi-conducteur peu coûteux avec des propriétés optiques et électroniques similaires aux matériaux déjà utilisés dans l'industrie des semi-conducteurs. Cependant, la différence du MoS2 avec les autres matériaux semi-conducteurs, c'est qu'il conserve ses propriétés même lorsqu'il n'a qu'un seul atome d'épaisseur. Dans la nouvelle technique, les chercheurs mettent des poudres de soufre et de chlorure de molybdène dans un four dont ils élèvent progressivement la température jusqu'à 850°C où la poudre se vaporise. Les deux substances réagissent dès lors pour former du MoS2 ... Lire la suite - [Réciprocité, moralité et religion](https://jeanzin.fr/2013/05/22/reciprocite-moralite-et-religion/): - Réciprocité, moralité et religion The Bonobo and the Atheist: In search of humanism among the primates, Frans de Waal Frans de Waal distingue 2 sources de la morale chez les animaux, notamment les bonobos : d'une part les rapports individuels, comme la réciprocité, et d'autre part la cohésion du groupe, son harmonie. Chez l'homme, la moralité ne viendrait donc pas de la religion mais c'est la religion qui ne serait qu'une codification de la moralité (c'est le grand mensonge de la religion de nous persuader que sans elle, il n'y aurait pas de moralité, remplaçant une tendance naturelle par des ... Lire la suite - [Des répliques de coeurs par imprimante 3D](https://jeanzin.fr/2013/05/22/des-repliques-de-coeurs-par-imprimante-3d/): - Des répliques de coeurs par imprimante 3D pour les étudier A partir d'une tomographie du coeur d'un patient, une imprimante 3D en fait une copie reprenant toutes ses malformations pour mieux les étudier avant intervention. A terme, le projet est d'imprimer avec des cellules (comme cela s'est déjà fait) un coeur fonctionnel. - [Un réchauffement moins rapide ?](https://jeanzin.fr/2013/05/22/un-rechauffement-moins-rapide/): - Un réchauffement moins rapide ? Tout ne va pas au pire puisque la sensibilité climatique serait un petit peu inférieure aux calculs précédents et la hausse des températures entre 2050 et 2070 ne serait plus que de 1,3°C au lieu de 1,6°C, différence qui laisse un peu plus à notre portée de ne pas trop dépasser les 2°C bien que ce soit douteux (tout dépend des émissions futures). Il titrent cet article "seconde chance", juste au moment où l'on pouvait croire que la partie était perdue. On imagine assez bien que les climato-sceptiques les plus paranoïaques n'y voient qu'une manipulation ... Lire la suite - [Le contrôle d'un atome à 20nm près](https://jeanzin.fr/2013/05/22/le-controle-dun-atome-a-20nm-pres/): - Le contrôle d'un atome à 20nm près Les "piège à ions de Paul" permettent d'enfermer un atome dans un champ électromagnétique (...) Les physiciens ont réussi à ajuster la fréquence radio de manière à ce qu'elle soit en phase avec le mouvement de l'atome. Le système présenté a vocation de synchroniser le mouvement de deux atomes, même très éloignés. Mais cette étude met surtout en avant la possibilité pour la première fois de suivre en continu la position d'un atome, avec un domaine d'incertitude de 20 nm. A partir de cette information, la vitesse est mesurée par moyen optique. On ... Lire la suite - [Des microfleurs artificielles](https://jeanzin.fr/2013/05/22/des-microfleurs-artificielles/): - Des microfleurs artificielles Ce qui est extraordinaire dans ces fleurs artificielles, c'est le degré de maîtrise et de reproductabilité où l'on peut arriver à cette échelle qui n'est certes pas celle des nanotechnologies mais s'en approche. Le but était surtout de montrer comment des structures complexes semblables à celles qui composent les coquilles de mollusques peuvent se former en fonction des variations de la température, du pH ou du CO2. Ces structures sont générées à partir d’eau mélangée avec des sels de baryums et du silicate de sodium. La solution est ensuite déposée sur une plaque métallique disposée à l’intérieur ... Lire la suite - [La tentation du National](https://jeanzin.fr/2015/11/25/la-tentation-du-national/): La haine se déchaîne, l'état d'urgence est décrété, le Front National monte, la gauche est anéantie et nous voilà enrôlés dans une guerre qu'on croyait ne pas être la nôtre, montrant encore une fois comme nous sommes ballotés par les évènements et dépendants de l'ambiance générale qui nous transforme soudain au plus intime. Malgré toutes les bonnes raisons du monde, j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi Hollande s'était mêlé des affaires de la Syrie où il n'avait aucune légitimité, mais je comprends bien qu'on ne peut plus arrêter maintenant, surtout que dans cette guerre, impossible d'avoir aucune sympathie avec un tel ennemi. C'est l'ennemi idéal pour nous unir contre lui. On ne peut rester neutre, pas plus qu'on ne pouvait l'être avec les nazis mais le combat contre un ennemi comporte toujours une part d'identification (si les nazis préparent une bombe atomique, il faut en avoir une avant). Quoiqu'on dise, il y a décidément beaucoup de ressemblances avec les suites de la crise de 1929, malgré de si grandes différences entre les époques. Des hommes de bonne volonté comme Paulhan avaient dû renoncer avec effarement à leur pacifisme, tellement consterné par son erreur et sa naïveté qu'il résolut de ne plus jamais se mêler de politique. Je me suis moqué aussi des théories de l'aliénation qui faisaient florès en ce temps là, au moment où montait un péril bien réel celui-là. L'histoire décide de nous très au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer et fait de l'ancien révolutionnaire un bon petit soldat ou résistant, obligé de laisser de côté sa critique de la démocratie et de son pays pour les défendre contre bien pire encore. Ce n'est pas une découverte - l'effet d'une déclaration de guerre sur la population ressoudée autour d'un chef et gommant ses divisions - mais c'est un peu ce que nous vivons, même sous une forme très atténuée. - [Etat de guerre](https://jeanzin.fr/2015/11/17/etat-de-guerre/): Qu'est-ce pour nous, Mon Cœur, que les nappes de sang... Il se trouve que la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que les guerres font de moins en moins de morts. C'est un fait trop peu connu cette diminution considérable du nombre de guerres et surtout du nombre de morts qu'elles provoquent, ce qui est bien difficile à admettre quand on est en guerre soi-même et qu'on compte ses morts, mais phénomène considérable à l'échelle de l'humanité et qu'on peut mettre sur le compte d'une unification du monde plus avancée qu'on ne croit. Dans ce contexte, ce qui frappe, c'est le caractère spectaculaire des morts du terrorisme malgré leur relatif petit nombre par rapport aux anciens conflits. Certes, nous ne sommes pas à l'abri d'une montée en puissance, mais il y a encore de la marge (le risque nucléaire est cependant toujours présent, sans parler du nouveau risque biologique). - [L'évolution d'Aristote](https://jeanzin.fr/2015/11/10/l-evolution-d-aristote/): Il y a un mystère Aristote (-384/-322) dont les écrits parvenus jusqu'à nous, dits "ésotériques" car constituant ses notes personnelles, n'ont été retrouvés et édités qu'au Ier siècle av. J.-C (vers -60), presque 3 siècles après (où il est difficile de départager ce qui est d'Aristote des notes de ses élèves). On s'imagine en général qu'il a dominé toute l'antiquité jusqu'au Moyen-Âge alors qu'assez vite il a été relativement oublié, tout comme Platon ravalé à un simple écrivain, au profit des stoïciens qui vont prendre toute la place, s'identifiant à la philosophie même jusqu'à l'émergence bien plus tardive des néoplatoniciens préparant la venue du christianisme à partir de Philon d'Alexandrie ("Philon platonise, Platon philonise"). Malgré son matérialisme (ou hylèmorphisme) et sa négation de l'immortalité de l'âme, Aristote aura surtout séduit les Musulmans avant que l'Église catholique ne s'en empare tardivement avec Thomas d'Aquin et la scolastique, aux XII-XIIIème siècles. S'il est le seul à ne pas avoir connu de renaissance (p6), c'est de n'avoir plus quitté la scène mais son règne absolu n'aura duré que quelques siècles. On peut dire jusqu'à Descartes bien que ce ne soit pas un événement ponctuel. Même aujourd'hui, et plus encore que Platon, Aristote reste la base de la philosophie, qu'on peut relire avec profit sur n'importe quel sujet ou presque, loin d'être aussi dépassé qu'on l'imagine (après plus de 23 siècles! donnant une impression de proximité troublante). Il ne fait aucun doute qu'Aristote procède de Platon et bâtit sa philosophie sur le travail préalable de l'Académie, mais, de même que dans son évolution Platon se détache de Socrate, de même l'évolution d'Aristote est celle de son éloignement de Platon comme de sa théorie des Idées, remplaçant la notion animiste de participation par celle, scientifique, de cause (matérielle, formelle, efficiente ou finale). Mais réfuter Platon n'est pas réfuter la philosophie, c'est la continuer au contraire. Par cette répétition de la rupture, se fonde la continuité d'une histoire de la philosophie en progrès où il s'agit de se situer, comme Aristote le fera constamment en citant systématiquement ses prédécesseurs. Il a été, en tout cas, élève de Platon jusqu'à sa mort, en -347, pendant 20 ans, ce qui n'est pas rien. Lorsqu'il est arrivé à l'Académie, en -367, il n'avait que 17 ans, époque du Théétète (dont il reprendra la définition de la philosophie comme étonnement) et de l'arrivée d'Eudoxe à Athènes. Il n'a pas attendu cependant la mort de Platon pour écrire une réfutation en règle de la théorie des idées ("ΠΕΡΙ ΙΔΕΩΝ", sur les idées) où Platon n'a vu qu'une révolte contre lui, disant qu'Aristote "l'avait traité comme les poulains qui, à peine nés, ruent contre leur mère". Il reconnaissait bien cependant ses capacités puisqu'il lui avait confié l'enseignement de la Rhétorique et qu'on l'appelait, paraît-il, "l'intelligence de l'école" (νοῦς τῆς διατριβῆς). Pour justifier sa "trahison" et se défendre de l'interprétation "psychanalytique", Aristote se déclarait "Ami de Platon, mais plus encore de la vérité" (témoignant de l'échec du dialogue et de ce qui rend les relations entre intellectuels si compliquées et fragiles). Comme il le dit au début de l'Éthique à Nicomaque (I-4) : "Vérité et amitié nous sont chères l'une et l'autre, mais c'est pour nous un devoir sacré d'accorder la préférence à la vérité". C'était justement le sujet de notre lecture du Phèdre de Platon, dont il faut souligner que la fin du dialogue est consacrée à la Rhétorique, sujet confié à Aristote qui en forgera une logique longtemps indépassée, la forme du syllogisme se substituant au dialogue contradictoire. La philosophie devient ainsi l'objet d'un enseignement transmissible tout comme une technique oratoire ou la simple grammaire. Plus globalement Aristote est du côté de l'observation méthodique et du biologique (des sciences matérialistes ioniennes) alors que Platon était du côté de la géométrie et du symbolique (de la théologie idéaliste pythagoricienne ou éléate), l'un désignant la terre matérielle et l'autre pointant vers les cieux (rejouant l'opposition d'Héraclite et Parménide). Il est intéressant d'essayer de comprendre comment on passe de l'un à l'autre en rompant avec ses anciennes appartenances, non par une différence de caractère mais pour résoudre les contradictions précédentes et, comme on le verra, simplement à l'origine par l'analyse rigoureuse du langage et des procédés de démonstration s'appliquant aussi bien à la physique qu'à l'éthique ou la politique. - [Revue des sciences novembre 2015](https://jeanzin.fr/2015/11/01/revue-des-sciences-novembre-2015/): Les incertitudes du climat L'explosion démographique africaine Réduire l'impact écologique du numérique Les clés de la créativité L'effet zénon : l'observation fige une particule La Terre une des premières planètes habitables ? Des extra-terrestres à 1480 années lumières ? Un village international sur la Lune ? Passer par la Lune pour aller sur Mars Un rayon tracteur attire les objets avec des ondes sonores La fusion avec des stellarators Se servir des abeilles pour répandre des pesticides Des traces de vie (carbone organique) de 4,1 milliards d'années ? Des extinctions de masse tous les 26 millions d'années à cause des astéroïdes Le glutamate fournit de l'énergie au cerveau Un implant cérébral pour bouger un curseur par la pensée La taille du cerveau n'est pas corrélée à l'intelligence La main a bien évoluée pour donner des coups de poing Moins croire en Dieu avec la stimulation magnétique… Il suffirait d'injecter des cellules souches dans les ovaires pour les régénérer Le mois de naissance influence les maladies de la vieillesse Un médicament contre l'asthme qui régénère le cerveau des vieux rats L'ingestion de cannabis par des petits enfants peut être très dangereux Le cœur des femmes et des hommes vieillit différemment Des vêtements s'adaptant à la chaleur grâce à un biofilm Détection des mouvements à travers les murs avec le WiFi RoBoHoN, le robot smartphone Des engins de chantier autonomes guidés par des drones Terrafugia, un nouveau modèle de voiture volante - [Actualité de l'histoire](https://jeanzin.fr/2015/10/15/actualite-de-l-histoire/): Ce qu'on appelle la conscience se confond peu ou prou avec l'intentionalité, c'est à dire avec le désir et la projection dans le futur, cause finale qui n'est pas le propre de l'homme mais du moins de ses oeuvres, du travail humain comme réalisation d'un plan préconçu. Il est donc on ne peut plus naturel qu'à prendre conscience de l'histoire, on veuille l'orienter vers nos fins, passer de l'histoire subie à l'histoire conçue - mais il n'est sans doute possible que de passer d'un processus particulier subi à un processus corrigé, amélioré, domestiqué. Prétendre plier l'ensemble de l'histoire à notre volonté est tout aussi impossible que de supprimer l'universelle entropie, ce qui ne peut jamais se faire que ponctuellement, travail de correction d'erreur qui est à la base de la vie mais n'en fait pas un processus d'auto-création, de sculpture de soi quand c'est plutôt l'extériorité qu'on intériorise ainsi. En renonçant au volontarisme utopique et à l'arbitraire subjectif, le marxisme a ouvert une autre voie, celle de nager dans le sens du courant supposé hâter la venue du communisme. L'histoire a montré justement que c'était un peu plus compliqué et que ce qui arrive n'est pas ce qui était espéré. Beaucoup en tirent la conclusion précipitée qu'on ne pourrait rien faire ni rien prévoir (c'est ce qui fait du libéralisme un scepticisme) mais il n'y a rien de plus faux. Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas tout qu'on ne peut rien du tout, c'est juste qu'il faut prendre les problèmes un par un et "diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu’il se pourrait, et qu’il serait requis pour les mieux résoudre" (Discours de la méthode). Ce qui ne marche pas, c'est l'idéalisme, bien qu'il continue à séduire les foules, et notre action reste incontestablement très limitée au regard de la totalité, plus emportée par le mouvement que le dirigeant, même si on agit toujours contre ses dérives. Il n'est pas question pour autant de se laisser faire, de rester passifs. Non seulement notre action a le plus souvent un résultat positif mais elle est même vitale, action concrète, efficiente, loin du pouvoir magique de l'idée ou d'une simple force de conviction (qui participe cependant au rapport de force). On devrait, dès lors, abandonner la poursuite d'un "sens de l'histoire" qui serait un sens unique alors qu'il y a différentes temporalités, qui ne se totalisent pas dans un présent où elles ne font que se croiser, et différents processus à l'oeuvre très hétérogènes, certains cycliques, d'autres éphémères, d'autres permanents ou presque. Ainsi, l'entropie constitue le sens de l'histoire le plus englobant menant le cosmos à la mort thermique sans doute mais la lutte contre l'entropie est, pour cela même, ce qui englobe tous les êtres vivants depuis la première cellule jusqu'à nos techniques de pointe. L'évolution, c'est toujours "un se divise en deux" (processus de spéciation). Il n'y a pas de conscience pour unifier l'univers, pas plus qu'il n'y a d'ensemble de tous les ensembles mais il y a bien une multitude de totalités effectives sur lesquelles on peut agir de notre place, qui dépendent de nous (dans notre rayon d'action). - [Revue des sciences octobre 2015](https://jeanzin.fr/2015/10/01/revue-des-sciences-octobre-2015/): La ruée vers l'hydrogène naturel ? Newton était un faussaire Vote électronique : un scrutin à sécuriser Démocratie 2.1 La matière noire comme matière furtive De l'eau liquide sur Mars (quand il fait beau) Des bombes atomiques pour réchauffer Mars ! Une station service pour satellites dans l'espace Vers une généralisation des horloges atomiques miniatures Une machine à photons pour prendre des décisions Biodiversité : 49 % d'animaux marins en moins en 40 ans Des micromoteurs au peroxyde d'hydrogène transforment le CO2 en bicarbonate Plier les cellules pour suivre le soleil Convertir la lumière en courant continu avec des nanotubes En imitant la nitrogénase on pourrait faire des engrais plus écologiques L'aléatoire au coeur du fonctionnement de la cellule Cpf1, une nouvelle enzyme CRISPR plus efficace que Cas9 Transfert de gènes de virus des guêpes aux papillons Le traitement du signal des neurones tient compte de leur temporalité Un neurone artificiel fonctionnel Activer des neurones avec des ultrasons Communiquer de cerveau à cerveau Koko, le gorille qui parle (sur la mort) Homo naledi, un nouvel ancêtre de l'homme ? La testostérone rend les hommes moins sensibles que les femmes Un rein fonctionnel créé à partir de cellules souches humaines Un laboratoire dans une aiguille Des tests électrochimiques pas chers avec de l'ADN Un appareil portable débarrasse le sang des pathogènes dans les septicémies Une éponge à cellules cancéreuses Première spermatogénèse humaine créée in vitro Des filles qui deviennent des garçons à la puberté Transwheel un Segway "drone" de livraison terrestre - [La révolution nationale (le retour)](https://jeanzin.fr/2015/09/24/la-revolution-nationale-le-retour/): La confusion est à son comble avec des électeurs de gauche qui se mettent à voter à l'extrême-droite et des intellectuels de gauche qui ne comprennent pas qu'ils s'y trouvent assimilés, eux qui ont pourtant de si bonnes intentions ! S'il est presque impossible d'arrêter ce basculement vers la droite et le nationalisme (qui a des raisons objectives mais dont l'ancien marxiste Jean-Pierre Chevènement sert de pivot), on peut du moins essayer de comprendre et dénoncer l'irrationalisme des "vestiges théologiques sur lesquels repose la souveraineté de l’État-nation" comme dit Wendy Brown, ce nouveau souverainisme n'étant qu'une forme de sécularisation ("démocratique") d'un pouvoir de droit divin, conception qu'on peut dire religieuse de la politique mais, surtout, symptôme d'une situation bloquée et de notre impuissance réelle devant la dégradation de nos conditions de vie. L'incroyable résurgence de tendances fascisantes qu'on croyait complètement refoulées s'explique d'abord par une crise économique assez comparable à celle qui leur a donné naissance (bien que dans un contexte très différent) mais aussi par une méconnaissance de la nature du fascisme trop facilement assimilé aux régimes autoritaires, en oubliant qu'il vient de la gauche et prétend parler au nom du peuple qui le soutient de ses votes. A force de le diaboliser, avec quelques raisons, on n'y voyait plus que la violence alors que l'adhésion populaire considérable qu'il a suscité venait d'un besoin de solidarité et d'appartenance pas si éloigné des aspirations communistes (bien que s'y opposant radicalement par le matérialisme, l'internationalisme et le collectivisme). C'est à cause de cette image tronquée du fascisme que nos souverainistes de gauche ne peuvent absolument pas s'y reconnaître, découvrant soudain tout étonnés que cette solidarité nationale était tout ce qu'ils cherchaient à l'extrême-gauche ! - [Amour et vérité](https://jeanzin.fr/2015/09/11/amour-et-verite/): Sur le Phèdre de Platon Si, après être revenu à Socrate, je continue avec Platon, ce n'est pas que j'accorde une importance démesurée aux débuts de la philosophie, ni à sa déconstruction, car une philosophie de l'information établit au contraire que nous sommes façonnés par notre milieu et notre temps plus que par nos origines ou notre généalogie. Cela n'empêche pas que le platonisme a servi de base aux différents idéalismes qui ont suivi, y compris religieux, et ma préoccupation reste celle de la place de l'idéalisme et du volontarisme en politique. Cet idéalisme avait été immédiatement critiqué par Aristote, tellement plus raisonnable que Platon : ce ne sont pas les idées qui déterminent le réel mais les causes finales et efficientes. L'idéalisme se trompe de causalité et ne recherche pas les véritables causes. Parler de ces causes comme matérielles (ce que je fais pour me faire comprendre) est d'ailleurs très réducteur puisque la subjectivité (efficiente) et les valeurs (finales) y sont déterminantes mais tout autant déterminées (par les discours et la situation, matière et forme). Que l'idéalisme ait prospéré malgré cette réfutation en règle manifeste qu'il répond à une nécessité. On classe, d'ailleurs, habituellement le matérialisme du côté de la passivité, de ce qu'on subit, de ce qui ne dépend pas de nous, d'un réalisme raisonnable attentif au concret alors que l'idéalisme est supposé le côté actif, celui des idées ou valeurs qui nous motivent et de la rationalisation à prétention universelle. Cette opposition est fautive car l'action efficace est bien matérielle, l'engagement idéologique étant la plupart du temps purement verbal quand il ne mène pas au pire. On y tient cependant, jusqu'à prétendre que rien ne se serait fait sans idéal, ce qui est au moins la négation de la violence dans l'histoire (mais aussi de la puissance économique). Malgré tout, même si on ne lui donne plus le premier rôle mais plutôt de perturbateur, ce serait une erreur de croire pouvoir se passer de l'idéal, pas plus qu'on ne peut se passer d'amour. On ne sait pas assez que dans toute bonne dialectique la négation n'est jamais totale mais doit intégrer une part de ce qu'elle contredit et dont elle prend la relève (comme la confiture, l'Aufhebung conserve autant qu'elle supprime !). Si la vérité n'est pas à l'origine, mais au contraire l'ignorance et l'erreur, il y a aussi une vérité de l'erreur (qui n'est qu'un moment de la vérité) et même une vérité du délire (supposé d'inspiration divine, notamment dans l'amour). Ainsi, malgré toutes leurs dérives et fabuleuses inventions, il est absolument impossible de négliger les dialogues de Platon, pas plus que sa théorie des idées qui, pour être fausse, voire délirante, n'est pas sans raisons (renvoyant notamment à la cognition et au langage). C'est là où Aristote est lui-même critiquable de ne pas avoir pris assez en compte cette part subjective du désir avec tous ses égarements. Ainsi, en faisant (comme dans le Théétète) du simple étonnement l'origine de la philosophie et du désir de savoir, Aristote en désamorce les enjeux et le choc qu'avait pu représenter la dialectique impitoyable de Socrate, honteuse prise de conscience de nos erreurs et de notre ignorance. Il avait pourtant avec Platon une preuve supplémentaire que la raison même peut nous tromper, pas seulement l'opinion (ce sur quoi se fondera la science expérimentale ne se suffisant plus des théories). La philosophie ne se réduit certes pas à une simple curiosité désintéressée, un passe-temps inoffensif, une accumulation de connaissances, un regard extérieur, ni même à l'amélioration de soi. Elle pose une question vitale, celle de la vérité qui peut ébranler l'ordre social. Si Aristote ramène la philosophie au plaisir de la connaissance et de la contemplation, alors même qu'il valorise par ailleurs l'activité et la cause finale, c'est qu'il est engagé, tout comme Platon, dans la reconstruction d'un système dogmatique destiné à sauver la vérité après l'entreprise de démolition de Socrate. En effet, la philosophie se distingue du scepticisme en maintenant l'exigence de vérité et d'un savoir en progrès même si cela conduira à de nouveaux dogmatismes, supposés définitifs, excluant le temps, et rationnels, excluant tout subjectivisme (ce qui provoquera en retour la réaction stoïcienne, centrée sur le sujet). Ce n'est pas pour rien que l'aristotélisme a dominé tout le Moyen-Âge avec une scolastique dogmatique dont Descartes permettra de sortir par le retour du sujet dans la recherche de la vérité (qui est d'abord besoin de certitude). Relier l'amour à la vérité n'est donc pas une mince affaire (quoique l'église s'en empare facilement) puisque c'est non seulement limiter la connaissance à nos catégories a priori comme à notre idéologie de classe mais la faire dépendre de nos attentes, préférences et idéalisations. On ne peut pas dire que la position de Platon là-dessus soit constante car, dans la République l'on n'en trouve plus trace, véritablement furieux contre l'amour. L'imposition qui se croit rationnelle de la justice aux hommes, les traitant en objets, mène à les dépouiller de leur subjectivité, de leurs désirs et de l'amour même. C'est tout le contraire dans le Lysis, le Banquet et le Phèdre où Platon préserve la part du subjectif et du désir, comme il l'avait appris de Socrate qui ne se disait savant qu'en amour, opposant ainsi l'esprit vivant à la lettre morte. On avait déjà vu, dans le Lysis, qu'il n'y avait pas de savoir véritable sans désir de savoir, sans amour de la vérité (philo-sophie). Il est frappant que dans le Phèdre, même après s'être éloigné de Socrate, n'étant plus du tout dans le non-savoir mais exposant son système, l'amour reste fondateur, condition du savoir (qui n'est pas clôt sur lui-même). Certes, tout l'effort de Platon sera de l'édulcorer, en faire une pure relation intellectuelle entre les belles âmes. Il n'est pas si certain pourtant qu'ils soient si compatibles. Ce dont il nous faut prendre conscience, c'est de la contradiction entre l'amour et la vérité - en même temps qu'ils sont intimement liés... C'est bien cette contradiction à quoi nous confronte la politique car pour entraîner les foules il faut susciter de l'amour et toutes les illusions qui vont avec, alors que l'action politique ne peut avoir de portée qu'à dépasser ces illusions pour s'attacher à la vérité des faits. Les ravages du volontarisme n'auront jamais été aussi manifestes qu'avec le grand bond en avant où la mobilisation décrétée par Mao se traduira par des millions de morts de famine, largement à cause de la dissimulation de la vérité et des faux chiffres donnés par une bureaucratie trop zélée. Le dilemme, c'est que sans enthousiasme, le risque est de rester passif, ne faire que subir et laisser les pires faussaires triompher. Ainsi, il est assez clair qu'on aurait les moyens de s'en sortir et d'affronter les défis qui nous sont posés, que ce soient les transformations de la production à l'ère du numérique, les inégalités ou le souci écologique. Ce qui manque cruellement, ce sont les moyens humains, d'arriver à mobiliser sur des objectifs réalistes au lieu de poursuivre des chimères. Il faut se rendre à l'évidence qu'il ne suffit pas des écrits scientifiques, il faut y joindre la parole, les discours, mais rien ne garantit qu'un discours vrai soit audible face aux séductions des grandes envolées idéologiques et des promesses démagogiques. L'amour nous fait défaut et l'idéal nous égare. - [Revue des sciences septembre 2015](https://jeanzin.fr/2015/09/01/revue-des-sciences-septembre-2015/): L'énigme des gluons L'émergence des hominidés (homoplasie) Les migrations indo-européennes confirmées par l'ADN ancien La menace de l'acidification des océans Tout le mal vient de la conscience de la mort L'inflation serait due à un noeud de gluons ? L'univers aurait subi 7 contractions momentanées La fin de l'univers à cause des petits trous noirs au LHC ? Un ascenseur spatial gonflable Une montée des océans d'un mètre d'ici 100 à 200 ans Capturer le C02 en le transformant en nanofibres de carbone Des vitres photovoltaïques Un pas vers la fusion Une table qui absorbe et restitue la chaleur Des cellules souches totipotentes produites pour la première fois Développement avec la méthode CRISPR d'antibiotiques ciblés L'intelligence des pieuvres Les bribes de langage des bonobos La main précède l'intelligence Optoclamp une boucle de rétroaction pour l'optogénétique Provoquer une apnée inconsciente par stimulation de l’amygdale gauche Différence de réaction au cannabis sous oestrogène entre hommes et femmes Des dolmens en Sicile à 40m sous la mer Arrêter le cancer Un médicament qui efface les souvenirs de l'addiction à la méthamphétamine Robots Le projet Hyperloop se concrétise Les avions hypersoniques - [Créer un mouvement des alternatifs ?](https://jeanzin.fr/2015/08/23/creer-un-mouvement-des-alternatifs/): Le parti écologiste est perdu dans la politique politicienne. Il peut être utile, notamment au niveau européen, en soutenant quelques mesures importantes, mais il donne un spectacle lamentable et il n'y a rien à en attendre, déconsidérant plutôt l'écologie aux yeux de tous - tout autant d'ailleurs que les écologistes extrémistes et moralisateurs dont se moque tout le monde. C'est absolument dramatique alors même que l'urgence écologique se fait plus pressante et que les populations y sont de plus en plus sensibles. Ce n'est pas le Parti de Gauche qui peut combler ce déficit de l'écologie politique ni représenter une quelconque alternative avec sa planification écologique qui sort d'un autre âge, enfermée dans un étatisme tourné vers le passé et qui n'a de toutes façons aucune chance de prendre le pouvoir - sinon par une alliance contre-nature avec le Front National telle que prônée désormais par Jacques Sapir qui prétend refaire ainsi le Conseil National de la Résistance ! Le souverainisme de gauche comme nouvelle forme de dictature du prolétariat est aussi illusoire que dangereux en ouvrant ainsi la voie au nationalisme et à l'extrême-droite, faisant plutôt obstacle au renouveau d'une gauche radicale tournée vers l'avenir, prenant en compte la révolution numérique et la nécessaire relocalisation aussi bien politique qu'écologique. L'avenir est du côté des alternatives locales qui émergent un peu partout, même si c'est de façon désordonnée et en faisant preuve souvent de trop d'angélisme. C'est sur cette résistance en acte qu'il faudrait pouvoir s'appuyer pour contrer la droitisation des esprits et l'incroyable retour au mythe d'une identité nationale qui nous rassemblerait tous, riches ou pauvres, jusqu'à prétendre identifier la Nation à la Révolution qui lui a donné naissance, caution de gauche au nationalisme impensable il y a de cela quelques années à peine. La forme que pourrait prendre un regroupement partant de la base reste problématique. L'exemple de Podemos est caricatural par le pouvoir personnel qui y tient lieu de démocratie radicale. Pour autant, est-ce qu'il ne serait pas souhaitable de constituer à partir des initiatives concrètes une sorte de parti des alternatifs ? Il y a de fortes objections car on ne peut plus ignorer que le champ politique a ses contraintes et fonctionnements propres qu'on ne peut pas si facilement subvertir. Il vaut mieux en être conscient pour en tenir compte au lieu de s'assurer de ses bonnes intentions et qu'on ne s'y laissera pas prendre. Il y a donc bien des inconvénients à s'occuper de politique ("si tu fais de la politique la politique te fait") mais peut-on s'en passer ? peut-on déserter la place quand la menace se fait plus pressante ? On peut émettre des doutes légitimes sur le fait que ce soit faisable, tant chaque expérience locale est unique, avec des niveaux de radicalité très variables, mais l'intérêt d'un tel regroupement ne serait pas mince, permettant de donner une portée globale aux alternatives locales, donner visibilité et cohérence à ces expérimentations méprisées par la politique nationale (y compris des Verts) alors que c'est là, en se frottant à la réalité, que se construit le nouveau monde, notamment avec des monnaies locales et les institutions locales du développement humain, du travail autonome et des échanges de proximité (sous forme, par exemple, de coopératives municipales ou coopératives intégrales). - [Désir et critique de la sagesse chez Socrate](https://jeanzin.fr/2015/08/12/desir-et-critique-de-la-sagesse-chez-socrate/): Peu de gens lisent les premiers dialogues de Platon dont l'authenticité est mise en doute par certains car ils semblent à la fois maladroits et contredire ce qui deviendra sa philosophie ultérieure. C'est que, justement, ces dialogues sont plus socratiques que platoniciens, écrits du vivant de Socrate et nous donnant ainsi accès à son enseignement, en grande partie négatif, basé sur l'affirmation paradoxale qu'il ne sait rien. C'est d'autant plus intéressant pour le Charmide que son thème est précisément celui de la sagesse, dont la philo-sophie se distingue par la recherche et le désir. Le Charmide pose cependant tout un tas de problèmes et d'abord celui de sa datation. Je ne sais comment procèdent ceux qui le datent de -388, bien après la mort de Socrate en -399 et surtout après la domination des Trente Tyrans, en -405, mais il paraît quand même fort étrange que Platon mette en scène après cela Critias et Charmide qui faisaient partie de sa famille mais s'étaient illustrés par leur cruauté et brutalité pendant l'oligarchie, se faisant détester de toute la population. Certes, il aurait pu vouloir illustrer ainsi qu'il ne suffit pas de prétendre être juste et sage pour l'être effectivement, mettant en scène leur ignorance et suffisance. C'est ce qui le rapprocherait du "premier Alcibiade" (qui a été promu, bien plus tard, par Proclus et les néoplatoniciens comme initiation à la philosophie), Alcibiade courtisé par Socrate ayant lui aussi mérité par ses multiples traîtrises la haine de ses concitoyens et servant à illustrer l'ignorance des politiciens qui ne date pas d'aujourd'hui... Je laisse la question ouverte tout en privilégiant, à cause de son contenu, l'hypothèse d'une rédaction du Charmide du vivant de Socrate, avant le Lysis où apparaît pour la première fois l'idée de Bien suprême et qui aurait suscité, aux dire de Diogène Laërce, la critique acerbe de Socrate « Ἡράκλεις, ὡς πολλά μου καταψεύδεθ' ὁ νεανίσκος », citation contestée et souvent édulcorée, traduite par : "Dieux ! que de choses ce jeune homme me prête !", alors que Socrate parle explicitement de tromperie (kata-pseudo). En effet, comme on le verra, Socrate conteste cette idée de bien en soi, plus proche en cela d'Aristote à ne considérer que des biens (ou des savoirs) particuliers même s'il semble identifier le savoir, le beau, le bon et le bien (ou le juste et l'utile) mais dans les actions concrètes ou les différents métiers. [On retrouve cette identification, du beau, du vrai et du bien, chez le jeune Hegel, à l'origine des avant-gardes politico-philosophiques]. Il est assez troublant de voir comme Platon insiste un peu lourdement au début de plusieurs de ces dialogues sur l'excitation sexuelle de Socrate à la vue de beaux jeunes hommes (jalousie de sa part ou indice de la place du désir dans sa quête ?). On fera effectivement des recoupements très instructifs avec la psychanalyse, mais, dans la continuité des articles précédents, ce dont je voulais rendre compte, c'est de la critique originelle de la sagesse par Socrate (y compris du savoir de l'ignorance), contestant tout autant la prétention à se faire soi-même qui sera celle de tant de philosophes pourtant et qui est encore l'idéologie dominante, celle de l'individualisme libéral. La difficulté, spécialement dans ces premiers dialogues, c'est qu'ils examinent une idée et son contraire, conformément à la maïeutique socratique, sans arriver à conclure souvent (bien que le Charmide soit indiqué du "genre probatoire", il se termine par l'aveu de son échec), laissant au lecteur le soin de continuer la réflexion par soi-même, avec toujours le risque de comprendre de travers. Penser par soi-même n'a pas de sens (le savoir ne s'invente pas), sinon de faire vaciller ses anciennes certitudes, découvrir son erreur et chercher à savoir en s'informant et en confrontant son point de vue à d'autres. - [L'urgence d'une capture du CO2 massive](https://jeanzin.fr/2015/08/08/l-urgence-d-une-capture-du-co2-massive/): Comme tous les écologistes, je pensais qu'une modification de nos modes de vie et de production s'imposait pour éviter un réchauffement catastrophique, j'étais même plus radical que mes petits camarades dont le réformisme ne me semblait pas à la hauteur des enjeux. Malgré le ralliement tardif de Naomi Klein, qui débarque au dernier moment pour nous assurer que "Tout peut changer", il est pourtant bien difficile d'y croire encore. Il n'y a aucun signe d'un tel changement alors que le temps presse. Bien fou qui se fierait au fantasme toujours déçu d'une sorte de soulèvement mondial réorientant l'économie. L'économie se transforme à grande vitesse, au point qu'on peut dire que jamais période ne fut aussi révolutionnaire mais à cause de l'accélération technologique et du déferlement du numérique, sans que nous y soyons pour grand chose. Par contre, la prise de conscience de notre incontournable responsabilité du climat est plus lente et rencontre l'opposition d'intérêts puissants et de marchands de doute pernicieux. - [Revue des sciences août 2015](https://jeanzin.fr/2015/08/01/revue-des-sciences-aout-2015/): Fin de la supersymétrie ? au LHC un quark "beauté" devient un quark "up" Découverte de fermions de Weyl (sans masse) La matière noire pourrait ressembler aux pions Une planète ressemblant (de loin) à la Terre Les images de Pluton de New Horizons L'EmDrive pour aller sur Mars en 70 jours Scanner des objets avec les muons cosmiques Une cape d'invisibilité fine et sans ombre Communiquer sous l'eau et à travers l'acier grâce au graphène L'extinction de la mégafaune à cause du réchauffement, non de l'homme La chute de l'Empire romain à cause des volcans Un minimum de Maunder dans 15 ans ? Le réchauffement climatique sera-t-il atténué en Europe ? La fonte de l'Antarctique ouest à un point de non retour Le plancton augmente la part de lumière solaire réfléchie vers l’espace Un riz OGM produisant moins de méthane L'optogénétique programmable Des cerveaux (de singe) en réseau pour mieux contrôler un avatar Différences épigénétiques avec Neandertal de Sirt1 favorisant le langage Localisation de neurones individuels liés à la mémorisation Les terres submergées témoignent d'une agriculture depuis 23 000 ans La lumière rouge accélère le métabolisme des cellules et la cicatrisation La vitesse du vieillissement est très variable Un traitement universel contre les plaques du cerveau (Parkinson, Alzheimer) L'union européenne finance un miroir surveillant notre santé Impression 3D de structures en ADN Des bactéries qui pilotent un robot - [Anthropolitique](https://jeanzin.fr/2015/07/26/anthropolitique/): Connaître notre ignorance Il y a des gens qui sont contents de faire de la philosophie et contents d'eux. Ce n'est pas mon cas. Ils prétendent arriver ainsi à la vérité et au Bien suprême. Il ne faut douter de rien ! Ma propre expérience est plutôt celle de la déception permanente et de la désillusion, si ce n'est de la rage. On sait pourtant bien qu'il n'y a que la vérité qui blesse, comment pourrions nous trouver une consolation dans une philosophie cherchant sincèrement la vérité ? Ce qu'on découvre n'est pas ce qu'on cherchait, encore moins ce qu'on espérait et plus on apprend, plus on découvre ses limites et l'étendue de ce qu'on ignore encore. Bien sûr, ce n'est pas le cas des méditations plus ou moins religieuses qui ne trouvent cette fois que ce qu'elles cherchent, jusqu'à donner corps à des abstractions par une sorte d'auto-hypnose. On peut dire la même chose de tous ceux qui se prétendent adeptes de la pensée critique alors qu'ils adoptent simplement un dogme opposé au discours dominant et passent leur temps à renforcer leurs convictions les plus délirantes en restant entre-soi. Une philosophie véritablement critique ne va pas prendre ses désirs pour la réalité mais commence par s'informer à diverses sources, soumettre ses propres conceptions à la question en récoltant les objections qu'on peut y faire. L'écriture (démocratisée chez les Grecs grâce aux voyelles) est sans doute une condition de cette réflexivité, en plus de donner accès à la diversité des opinions et des cultures. Voilà bien ce qu'internet devrait amplifier si chacun ne s'enfermait pas dans son petit monde (réduisant les autres à des ennemis ne cherchant qu'à nous tromper) ! Ce moment négatif de la critique mine forcément nos anciennes certitudes et nos traditions, opposées à d'autres traditions, introduisant la division dans la société et une indéniable "insécurité culturelle", détruisant la belle unité originaire par le poison du doute et de la liberté de pensée. Le recul critique, la non-identité à soi, est incontestablement une épreuve dépressive qui nous confronte à nos illusions perdues et n'encourage certes pas les enthousiasmes naïfs ni un quelconque unanimisme. C'est politiquement incorrect car constituant une voie solitaire, en rupture de notre groupe (de pensée) et qu'on peut à bon droit accuser de désespérer Billancourt, tout comme de pervertir la jeunesse... Il y a un troisième temps à cette dialectique qui ne s'arrête pas au travail du scepticisme, intenable jusqu'au bout, et réaffirme positivement la nécessité de l'action ou de l'expérience. Ce ne peut être cependant un retour pur et simple au point de départ, oubliant le négatif, mais seulement à partir de sa prise de conscience et de tout ce qui s'oppose à nos bonnes volontés comme à notre unité - ce qui va du caractère déceptif du réel aux limites de notre rationalité, en particulier d'une intelligence collective qui brille la plupart du temps par son absence. Ce n'est pas drôle et même assez déprimant, ne laissant qu'assez peu d'espoir de servir à quelque chose en dehors de notre rayon d'action local alors que nous voulons penser la totalité qui est l'autre nom de la société comme ce qu'on intériorise au plus intime. L'enjeu est pourtant bien de tenir le pas gagné, intégrer nos erreurs passées, notre capacité à nous illusionner et la déception de nos espoirs dans les nouveaux combats à mener, condition pour avoir une chance de les gagner au lieu de vouloir de nouveau soulever les foules d'ivresses messianiques et répéter vainement les mêmes échecs, croyant pouvoir remplacer une raison défaillante par le sentiment. Ce qui peut paraître trop défaitiste et passer pour un manque d'ambition est pourtant tout-à-fait la méthode mise en pratique par les sciences, avec le succès que l'on sait. Cependant, il vaut bien avouer que la plupart des philosophies semblent faites pour refouler ce savoir de l'ignorance et de notre in-conscience, constructions largement fantasmatiques flirtant le plus souvent avec la théologie et surestimant le pouvoir de l'esprit comme la béatitude promise, où la vérité n'est plus qu'un moment du faux. Mettre en cause notre intelligence, reste trop choquant pour la plupart, notamment pour les démocrates convaincus, alors que c'est quand même la base des sciences expérimentales et de la méthode socratique. Ce n'est pas d'hier que les sciences ont renoncé à s'en tenir au discours et à une raison raisonnante, pour ne se fier qu'au résultat effectif, aussi contrariant soit-il. Malgré cela, on en reste globalement à une confiance à peu près universelle dans une providence divine où tout devrait finir par s'arranger. Il y a certes des prophètes de malheur qui annoncent régulièrement la fin du monde, ainsi que des vigiles clairvoyants qui nous alertent sur les menaces bien réelles que nous faisons peser sur notre environnement, mais il faut bien dire que nous faisons preuve habituellement d'une confiance excessive dont il est difficile de se défaire, y compris les philosophes surestimant les bienfaits de la prise de conscience, ce qu'on retrouve en politique alors qu'on constate plutôt, notamment pour les menaces écologiques, que les informations ne sont pas toujours bonnes ni porteuses d'espoir ou d'action... - [L'uberisation de l'économie locale et solidaire](https://jeanzin.fr/2015/07/17/luberisation-de-leconomie-locale-et-solidaire/): Les péripéties qui occupent notre actualité peuvent avoir de graves conséquences (guerres, misère, etc.) mais derrière le bruit et la fureur, ce qui se joue malgré tout et auquel on manque tout autant, c'est de nous adapter à la nouvelle donne numérique d'une façon qui ne soit pas trop indigne, préserve nos territoires en retrouvant l'initiative locale, et surtout fonctionne assez bien pour durer et assurer sa reproduction. Plus la crise dure et plus notre retard sur la technologie devient manifeste, la pensée tournée vers un passé plus ou moins lointain, au lieu d'un futur devenu impensable, et vers un Etat top/down vidé de sa substance au lieu des collectivités locales et des initiatives de la base. Alors qu'on subit la crise de plein fouet, on est très loin d'une politique qui déciderait de l'avenir ! Pourtant, plus qu'on ne croit, la plupart des enjeux de l'écologie comme du numérique passent par une prise en charge locale, sur les lieux de vie et de travail, qui peut paraître dérisoire mais que personne d'autre ne peut faire pour nous. Nos principales limitations sont cognitives, incapables de comprendre ce qui se passe et de s'accorder sur les solutions, intelligence collective qui brille par son absence même si on peut espérer que le numérique finisse par améliorer un peu les choses sur ce plan. Le spectacle qu'on a de nos jours persuaderait plutôt qu'on s’enferre obstinément dans l'erreur mais il faut croire, qu'à la longue, les idées progressent malgré tout. Revenu garanti et monnaies locales, deux des trois dispositifs qui m'avaient semblé être effectivement devenus indispensables à l'ère de l'écologie et du numérique globalisé, deviennent un peu plus audibles avec le temps et commencent même à s'expérimenter un peu partout. Les coopératives municipales n'ont par contre rencontré aucun écho ou presque. Cela peut être dû à son caractère apparemment trop archaïque par rapport à la numérisation de toutes les activités. Or, il faudrait tout au contraire s'approprier les technologies numériques qui sont notre avenir, qu'on le veuille ou non. Des coopératives municipales sont avant tout des institutions du travail autonome, un soutien à l'autonomie individuelle (autonomie produite socialement) un peu comme la création de pépinières d’entreprises ou le coworking, voire un statut comme celui d'entrepreneur salarié. Il devrait être clair que la formation et le développement humain sont au coeur de la nouvelle économie immatérielle et collaborative dont la fonction principale devient la valorisation des compétences et des potentialités de chacun. Le fait de lier ces institutions locales à la commune vise à les ancrer dans la démocratie locale, assurer leur pérennité et y inclure tous les habitants. Cela ne veut pas dire qu'il faudrait tout étatiser ni reproduire des entreprises hiérarchiques ou fonctionnarisées quand d'autres modèles émergent, qui posent certes des problèmes qu'il faudra résoudre mais semblent bien inéluctables et dont on ne pourra se passer dans le soutien au travail autonome - quitte à ce que ce soit hors institutions. Il semble qu'il y ait ces temps-ci un début de prise au sérieux des transformations du travail (15 ans après!) avec le succès rencontré par Uber et les questions que cela pose au droit du travail entre autres. Ce qu'on appelle l'uberisation de l'économie n'est cependant rien d'autre que le fait de tirer parti de nouvelles possibilités apportées par les mobiles, et notamment la géolocalisation, pour optimiser les déplacements et la rapidité du service rendu (la rencontre de l'offre et de la demande), avec pour conséquence le développement du travail indépendant (sans protections) au détriment du salariat (protégé) et des entreprises (l'entreprise, c'est Uber selon la justice californienne). Une des fonctions de l'entreprise, selon Coase, serait de réduire les coûts de transaction (ce n'est pas la seule, il y a aussi la coordination des acteurs, l'organisation, la formation, etc.), or les nouvelles technologies annulent ces coûts de transaction et donnent un accès instantané à certains services en dehors de l'entreprise. Il ne sera pas possible que ces potentialités ne se généralisent pas à l'avenir même s'il y aura toujours des entreprises. La résistance ne pourrait être que de courte durée. On peut même y voir un nouveau service public à développer sauf que, dans le numérique, l'intérêt d'être une entreprise privée, c'est de pouvoir attirer des capitaux considérables (qui ne sont pas là au départ, particularité de ce capitalisme), plus qu'un Etat pourrait y dépenser, permettant des investissements massifs même si la société ne fait que des pertes pendant de longues années. Il faut bien dire qu'on ne voit pas vraiment ce qu'apporterait de plus un service public ici (à creuser). - [Revue des sciences juillet 2015](https://jeanzin.fr/2015/07/01/revue-des-sciences-juillet-2015/): Transparence numérique : s'adapter ou disparaître L'écriture numérique Soigner inflammation et douleur avec l'électricité Les Australopithèques ont évolué pour utiliser les premiers outils Grothendieck, précurseur du théorème de Bell Le monde ARN reconstitué ? Les trous noirs n'auraient ni horizon, ni singularité Nouvelle théorie de l'espace menant à la "grande dislocation" La gravité facteur de décohérence Des nano-satellites pour suivre des capteurs au sol Détecter les astéroïdes avec des télescopes imprimés en 3D Les réserves d'eau douce souterraine de la Planète s'épuisent La sixième extinction de masse en cours La prétendue "pause" dans le réchauffement n'était due qu'à un changement de thermomètre Capturer le CO2 des cimenteries avec des membranes Découplage entre CO2 et croissance en Chine grâce aux renouvelables Un seul gène à l'origine des multicellulaires Les rats rêvent aux endroits où ils voudraient aller Le chimpanzé dévisage, le bonobo cherche le regard Les Egyptiens seraient les ancêtres des sapiens sortis d'Afrique Avec Brain-to-text, un ordinateur peut lire dans les pensées Musique et langage Un drone qui attrape des moustiques pour les analyser et prévenir les épidémies Le cerveau est connecté au système immunitaire Comment combattre l'Alzheimer et retrouver la mémoire La protéine responsable du Parkinson identifiée De l'électronique injectée directement dans le cerveau Des nanoparticules dans le cerveau activées par magnétisme L'aspirine détruit les cellules souches cancéreuses Régimes Lier mémoire sémantique (base de connaissance) et "mémoire épisodique" pour comprendre un texte Mind Control TV : la BBC teste une télévision contrôlée par la pensée Une imprimante 3D industrielle ultra-rapide à base d'infrarouge et de jet d'encre L'impression 3D couleur (sans colorants) Robo-Mate, le petit exosquelette qui vous rend 10 fois plus fort Bee-Plane, l'avion détachable - [Intellectuel et stratège](https://jeanzin.fr/2015/06/27/intellectuel-et-stratege/): Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces - [Eloge de l'assistanat](https://jeanzin.fr/2015/06/15/eloge-de-l-assistanat/): Du développement personnel au développement humain Les conceptions fausses de la politique, telles que nous les avons dénoncées, renvoient in fine à des conceptions fausses de l'individu. C'est assez largement admis aussi bien pour l'homo oeconomicus que pour l'homo sovieticus, abstractions éloignées d'une réalité plus contradictoire et sous-estimant l'une comme l'autre les déterminations extérieures, économiques ou sociales (sans parler de l'écologie). On voit qu'il y a de multiples façons opposées de se tromper. Ces conceptions de l'individu ne sont pas, bien sûr, des productions de l'individu, reflétant son expérience immédiate, mais des productions sociales, des idéologies collectives qui ne coïncident que très partiellement avec la réalité (raison pour s'en désoler). Ce ne sont donc pas ces conceptions qui sont déterminantes, plutôt déterminées. Cependant, c'est en cela que nous sommes les plus concernés, nous identifiant à cette conception à mesure qu'elle nous donne de l'importance et nous justifie, fait de nous son héros. De nos jours, l'idéologie dominante (anglo-saxonne) est plutôt celle du développement personnel, de la réalisation de soi, où l'on est supposé choisir sa vie comme on choisit un métier. Tout est là. Cette confusion du travail et de la vie, correspond bien aux nouvelles conditions de production, s'appuyant ainsi sur des évolutions matérielles effectives et l'individuation des parcours. Elle constitue néanmoins, et comme toujours, une déformation de ces nouvelles nécessités qui sont plutôt celles du développement humain au lieu de cette injonction à la normalisation qui nous est faite et qui se résume à l'identification au Maître. Selon la définition qu'en donne Amartya Sen, le développement humain, c'est le développement des capacités et de l'autonomie des individus, autonomie qui n'est donc pas naturelle mais une production sociale. Cela suppose effectivement que tous les individus ne sont pas autonomes par eux-mêmes, maîtres de leur vie, mais qu'on a besoin pour cela de l'assistance des autres, leur aide et coopération. Tout au contraire, le développement personnel stipule que c'est dans "la recherche permanente de son authenticité que chacun finira par réaliser une vie qu'il doit construire" (Nicolas Marquis). Cette supposition d'un individu autonome détaché de son environnement et qui aurait en lui ses forces d'émancipation n'est pas si loin des critiques de l'aliénation, notamment des situationnistes substituant leur révolution individuelle, dans leur vie quotidienne, aux luttes sociales. La version "néolibérale" du développement personnel rend plus manifeste la fonction normative de cette recherche d'authenticité, même si la norme, pour les situationnistes était celle de la transgression. Le jargon de l'authenticité nourrissait aussi le nazisme de Heidegger, obsession de sa germanité et rejetant les masses frappées d'inauthenticité en dehors de l'humanité. En effet, derrière le mythe de la renaissance, de la résilience, de l'événement qui délivre de l'aliénation, il y a surtout la célébration des gagnants, des élus, de l'exception à la règle - mais la vraie vie est toujours absente, c'est toujours une vie autre... - [Revue des sciences juin 2015](https://jeanzin.fr/2015/06/01/revue-des-sciences-juin-2015/): Sur la voie de la maîtrise du climat ? La néoténie humaine, une idée à relancer Dans la tête de Néandertal Rôle de la pression mécanique dans la différenciation des cellules Empathie, sens moral, altruisme L'espace en spirale expliquerait que la matière ait primé sur l'anti-matière La concentration de CO2 dépasse les 400 ppm, un record 40 volcans sont en éruption en ce moment dans le monde La force des éruptions liée aux poches de gaz des volcans La fragmentation des écosystèmes met en danger la biodiversité Des énormes vagues sous-marines homogénéisent les températures Le pollen des fleurs augmente les pluies La gestion numérique des éoliennes de la conception au temps réel Résonance - Une éolienne oscillante... sans pales et sans rotation... Des batteries à eau salée pour stockage de longue durée L'édition de gène CRISPR-Cas9 contrôlée par laser La sexualité, c'est la santé Un plus gros cerveau favorise la survie de poissons femelles Les mouches ont bien des émotions (anxiété) Les femelles lémuriens sont dominantes grâce... à la testostérone Des singes combinent des sons dans leur langage Le processus de décision du cerveau La transplantation de neurones GABA rétablit la plasticité de l'enfance Pas d'inégalités entre hommes et femmes chez les chasseurs-cueilleurs? Des chasseurs-cueilleurs qui remplacent le sexe par l'adoption De l'huile lourde pour résister au vieillissement oxydatif La stimulation électromagnétique renforce la mémoire Retrouver une vue parfaite par l'injection dans l'oeil d'une lentille bionique Restaurer la vue par optogénétique Restaurer la mémoire perdue par l'optogénétique Le Viagra contre le paludisme Du cannabidiol contre l'addiction au cannabis ? Fumer trop jeune du cannabis ferait stresser plus et perdre 10 cm ! De la morphine à partir de levure modifiée Une neuroprothèse "intuitive" branchée sur les intentions plutôt que les mouvements Un robot qui s'adapte aux dysfonctionnements Des robots-outils intelligents à main Transports du futur : un drone/taxi à décollage vertical - [L'échec politique, entre religiosité et déterminismes](https://jeanzin.fr/2015/05/23/l-echec-politique-entre-religiosite-et-determinismes/):  Et c’est parce que ce milieu imaginaire n’offre à l’esprit aucune résistance que celui-ci, ne se sentant contenu par rien, s’abandonne à des ambitions sans bornes et croit possible de construire ou, plutôt, de reconstruire le monde par ses seules forces et au gré de ses désirs. Durkheim - Les Règles de la méthode sociologique La politique est décidément bien décevante, chose acquise à peu près pour tout le monde aujourd'hui - surtout depuis la crise financière et les révolutions arabes - sauf qu'on s'obstine à mettre encore notre impuissance collective entièrement sur le compte de notre défaitisme et notre passivité, alors que notre activisme pourrait y participer tout autant à se tromper de cible et se croire obligé de répéter comme un mantra, d'échecs en échecs, qu'il faudrait rester utopistes car ce serait sinon accepter les injustices du monde ! On peut dire que c'est le privilège de l'âge, après des années de militantisme, de constater à quel point c'était une impasse et n'a servi à rien ou presque, mais cela ne date pas d'hier. Il ne s'agit pas de s'en accommoder mais d'essayer de comprendre pourquoi au lieu de le dénier bêtement en s'imaginant avoir trouvé cette fois la bonne martingale qui grâce aux réseaux sociaux, à notre excellence ou quelque autre merveille assurera le triomphe de ce qui a toujours échoué jusque là... Le premier obstacle est bien là, en effet, dans cette loi du coeur, simple refus du réel comme de reconnaître l'étendue de notre impuissance que personne pourtant ne peut plus feindre d'ignorer, et préférer croire aux miracles, toujours prêts à suivre les marchands de rêves. A n'en pas douter, se focaliser sur les problèmes concrets (reconversion énergétique, relocalisation, inégalités, précarité) donnerait une bien meilleure chance de les régler mais on préfère rehausser notre image avec des ambitions plus élevées et la dévotion à quelques grands idéaux ou la nostalgie d'une société fusionnelle, perdus dans une religiosité, mêlant l'abstraction et l'affectif, dont c'est la réalité qui fait les frais. Durkheim explique assez bien cette projection dans la totalité par le fait que "le concept de totalité n'est que la forme abstraite du concept de société" même si, à l'origine, cela s'appliquait à des sociétés beaucoup plus restreintes (à taille humaine). Il y a une nécessité des rites d'unification d'une société pluraliste pour sa cohésion et la réduction des tensions internes, fonction des fêtes et commémorations (des banquets républicains chez les Grecs) mais il est aussi essentiel de ne pas en faire trop et de reconnaître nos divisions innombrables, qui nous opposent et réduisent d'autant le pouvoir du politique à un point d'équilibre entre droite et gauche. Hélas, après le désastre des totalitarismes fascistes et communistes, puis le remplacement des anciennes luttes de libération et des guérillas communistes par les djihadistes, il semble bien qu'il soit plus difficile qu'on ne croit de sortir des schémas religieux et de la quête de l'absolu pour prendre à bras le corps les questions matérielles considérables qui se posent alors que jamais période ne fut aussi révolutionnaire - mais pas au sens quasi théologique qu'on voudrait lui donner! Dans le sillage du travail poursuivi sur la débandade des avant-gardes, la critique de la critique, la surestimation de nos moyens, les solutions imaginaires, la fin de la politique et l'ineffectivité de la philosophie politique, il m'a semblé utile de revenir d'abord sur ce qui nous trompe, nous empêchant de reconnaître nos déterminismes et résoudre nos problèmes, puis sur ce qui nous contraint matériellement, que cela nous plaise ou non, essayant de dessiner ainsi le cadre peu reluisant de l'action collective, nous laissant peu d'espoirs, et les mécanismes effectifs derrière la façade politicienne de la démocratie compétitive. Il n'y a là paradoxalement rien de nouveau, que du bien connu mais dont on ne veut rien savoir dans les discours politiques au moins. Dire ce qui est ne peut viser à décourager l'action mais tout au contraire lui donner un peu plus d'effectivité peut-être, en abandonnant la pensée magique ? En tout cas, même si c'est probablement en vain, c'est pour cela que je continue ce travail ingrat - car il est vital qu'on arrive à s'en sortir et qu'on ne se laisse pas faire, en dépit de tout ce qui nous en empêche (nous-mêmes en premier). - [Revue des sciences mai 2015](https://jeanzin.fr/2015/05/01/revue-des-sciences-mai-2015/): Intelligence : les babouins passent le test Des virus tueurs de tumeur Les éruptions solaires ont un cycle de 11 mois Des milliers de glaciers sous la surface de Mars L’acidification des océans cause de la plus grande des extinctions Des organismes synthétiques pour capturer le CO2 Le e-diesel avec de l'eau, du CO2 et de l'électricité Un mini-supercondensateur aux capacités d'une batterie Une batterie ultrarapide en aluminium Utiliser le CO2 pour stocker l'énergie La désalinisation et la purification de l'eau en moins de 3mn L'ADN pourrait se former spontanément Les neurones auraient évolués 2 fois Des rats aveugles avec un GPS dans la tête se déplacent comme s'ils voyaient Les femelles primates auraient utilisé des armes les premières Les hominines taillaient déjà des outils il y a 3,3 millions d'années Homo sapiens avait la supériorité des armes sur Neandertal Comment les Européens sont devenus blancs et buveurs de lait L'édition de gène pourrait s'appliquer aux ARNs Plus les animaux vivent vieux et plus ils ont des gènes antiinflammatoires La déficience en zinc déclenche une prolifération incontrôlée des cellules La stimulation du système immunitaire par 2 médicaments vient à bout des tumeurs Le soja diminue les cancers mais, en supplément il les augmente ! Le cannabis favorise les faux souvenirs La stimulation profonde du Parkinson empêche une trop grande synchronisation des neurones 11 gènes liées aux personnes extraverties augmentent l'effet placebo Le paracétamol, anti-douleur et anti-émotions ? Une pilule pour contrôler sa faim avec son smartphone Un oeil bionique/caméra à vision augmentée imprimé en 3D pour 2027 ? Sentir des émotions dans la paume de sa main envoyées par smartphone - [L'impossible responsabilité du climat](https://jeanzin.fr/2015/04/14/l-impossible-responsabilite-du-climat/): Comme on le soutenait à l'époque (ce n'est pas l'énergie qui manque) contre ceux qui annonçaient une fin du pétrole imminente (et continuent à y croire!!), la question n’est certes pas du pic pétrolier sans cesse repoussé puisque, tout au contraire, il faudrait garder dans le sol un tiers des réserves pétrolières, la moitié du gaz naturel et 80% du charbon qui s’y trouvent ! Ce serait absolument vital mais paraît pourtant complètement irréaliste. On ne peut pas compter, en tout cas, sur un manque de carburant qui nous ferait entrer dans un monde à la Mad Max, ni se reposer sur cette "apocalypse pétrole" pour des "villes en transition" - car pendant ce temps là les émissions de gaz à effet de serre n'arrêtent pas de monter. Dans l'état actuel du monde, la seule façon de limiter l'extraction des énergies fossiles et nos émissions, semble bien d'accélérer le développement des énergies renouvelables qui atteignent leur maturité et deviennent enfin compétitives (notamment le solaire) aussi bien par rapport au pétrole qu'avec le nucléaire, donnant accès à une énergie gratuite et décentralisée. Il faut s'engager également dans la capture du CO2, l'isolation des bâtiments ainsi que la sauvegarde ou l'extension des forêts voire la réduction de l'élevage et de la consommation de viande, mais se concentrer sur cet objectif à notre portée de reconversion énergétique devrait être notre priorité, avec la plus grande capacité de rassemblement (suffisante?). - [Philosophie politique et politique effective](https://jeanzin.fr/2015/04/08/philosophie-politique-et-politique-effective/): Dans notre situation actuelle, il ne m'a pas paru inutile de confronter les prétentions de la philosophie politique depuis ses origines à la réalité des rapports de force et des processus matériels. La question de la politique remonte en effet aux débuts de la civilisation et de la philosophie. Ce n'est vraiment pas nouveau. Les réponses qu'on y a donné ont été, tout comme de nos jours, soit aussi irréalistes qu'effrayantes (comme la République de Platon) soit un simple rabâchage de jugements de valeur ou de condamnations morales sans aucune portée. On en a beaucoup voulu à Machiavel, pourtant on ne peut plus progressiste, de se préoccuper de l'effectivité du politique et de la politique effective telle que pratiquée à son époque comme du temps des Romains, en contradiction souvent avec les discours de façade. Il y a une profondeur historique qu'on s'imagine pouvoir superbement ignorer comme si rien ne pouvait nous empêcher de faire "tout autre chose" que les anciens peuples. Aussi intolérable cela puisse nous paraître, il y a bien une réalité qui s'impose à nous et qu'on peut juste essayer d'améliorer. Maintenant qu'on ne peut plus croire à l'histoire sainte marxiste, on peut y voir une simple variante d'illusions anciennes (victoires éphémères des prophètes armés) nous ayant ramenés au point de départ. Dans nos sociétés de zapping permanent, il est difficile de croire qu'il n'y aurait rien de nouveau sous le soleil, rien que nous puissions radicalement changer et, il est vrai que notre distance avec ces époques reculées est considérable, en particulier depuis l'essor du numérique, mais il ne faut pas croire que cela rendrait caduque l'histoire ancienne (ce qu'on appelait les "humanités") et tout notre passé. On reste frappé au contraire de la similitude avec les déplorations de notre actualité la plus brûlante. Le constat est toujours le même du gouffre entre les prétentions du politique et la réalité du gouvernement. Plutôt que de s'imaginer être les premiers au monde à vouloir le transformer, comme tout juste débarqués, il faudrait quand même finir par prendre la mesure de tout ce qui s'y oppose depuis toujours, en particulier nos limites cognitives qui nous font adopter des solutions simplistes et surévaluer nos capacités. La question n'est pas théorique mais au plus haut point pratique car il est désormais vital de transformer le monde. D'une part pour s'adapter aux nouvelles forces productives et aux réseaux globalisés, d'autre part pour faire face aux dérèglements écologiques que nous provoquons. Il le faut et pourtant on n'y arrive pas. C'est de là qu'il faut partir et se focaliser sur nos moyens, eux aussi tellement limités, pour aboutir à des résultats concrets au lieu de se déchirer sur nos visions du monde et des objectifs lointains inatteignables. Notre actualité est celle de la confrontation de conceptions fascisantes de la politique (ou de la démocratie comme volontarisme), ne pouvant que mener au pire, en opposition frontale avec la réalité de la politique et d'une démocratie pluraliste qui sont le lieu de la diversité et du compromis. Rien de révolutionnaire à en attendre, c'est la réalité qui est révolutionnaire avec l'accélération technologique et l'emballement du climat, ce qui rend notre impuissance d'autant plus dramatique et inexcusable, impossible de ne pas bouger, on n'a pas le choix. Le problème, c'est que plus la crise nous réduit à l'impuissance et plus on s'accroche à des rêves de révolutions miraculeuses, de communauté retrouvée, délivrés de nos dettes, de l'argent, du travail, véritable royaume de Dieu sur terre - qui n'est pas seulement trompeur mais en rajoute encore à notre impuissance. D'autres s'y sont essayés tant de fois, au nom de Dieu, de l'amour, de l'altruisme, de la solidarité, de la fraternité ou de la Nation (la race, la civilisation, la tradition, etc.). Toujours la même chanson. Il faut prendre au sérieux ces effusions qui remuent les âmes mais elles n'ont aucune prise sur les choses. Ce n'est pas comme cela qu'on s'en tirera mais en trouvant des solutions concrètes à des questions matérielles et en construisant les rapports de force nécessaires. On ne peut laisser se développer précarité et exclusion ni le creusement des inégalités ni la dévastation de nos territoires mais il faut pour cela désidéaliser la politique, la désenchanter pour revenir au réel enfin, il y a urgence ! - [Revue des sciences avril 2015](https://jeanzin.fr/2015/04/01/revue-des-sciences-avril-2015/): Cancer épigénétique : des cellules souches mal différenciées Quelle est notre place dans l'Univers L'évolution de l'homme sur la piste du loup Confirmation du Boson de Higgs et de la théorie électro-faible Intrications en masse La matière noire n'interagit pas avec elle-même Il y aurait eu des super-Terres dans le système solaire Le plus gros impact de météorite, il y a plus de 300 millions d'années Boeing brevète un arc électrique pour atténuer les ondes de choc Un "isolant-topologique" optique Une sorte de Lego chimique avec les nanotechnologies clics Le début de l’Anthropocène remonte à la découverte de l’Amérique Les éruptions volcaniques influencent durablement le climat Déclin du puits de carbone amazonien lié à une surmortalité des arbres La fonte de l'Antarctique s'accélère Refroidir les eaux de surface avec les eaux profondes ? On passe des smartgrids aux microgrids, du global au local Un béton photovoltaïque Un drone capable de planter 1 milliard d’arbres par an Cyanure et sulfure d'hydrogène avec du cuivre à l'origine de la vie ? Premières images des plus petites des bactéries possibles L'insertion d'ADN de mammouth laineux dans celui de l'éléphant Des loups devenus pêcheurs Nous avons de l'ADN bactérien acquis par transfert horizontal de gènes Le premier Homo, il y a 2,8 millions dans la vallée de l'Omo ? La religion à l'origine de la civilisation Des souvenirs modifiés pendant le sommeil Pour prendre une décision, le cerveau fonctionne comme une entreprise Les agents sénolytiques pour éliminer les cellules sénescentes Des traitements efficaces contre l'Alzheimer ? Des nanoparticules magnétiques pour stimuler le cerveau sans fil Bientôt un médicament pour refroidir le cerveau ? Le premier joint électronique 100% légal L'allergie au cannabis Le cholestérol accapare la vitamine E Le foetus fait la grimace quand la mère fume Des vers attirés par le cancer pour le détecter dans l'urine Reconstruire la cornée à partir des dents... en passant par la joue Des fibres optiques qui imitent le fonctionnement du cerveau Une imprimante 3D ultrarapide et travaillant en continu - [Des situationnistes aux djihadistes](https://jeanzin.fr/2015/03/11/des-situationnistes-aux-djihadistes/): De la difficulté d'être radical Le Réel, c’est ce qui s’impose à nous, qu’on n’a pas choisi et qui nous échappe ou nous surprend, ce qui n’est pas conforme à notre vouloir, c’est la transcendance du monde sur lequel on se cogne, indifférent à notre existence. Le réel, c'est notre ennemi sans visage, de quelque nom qu’on le qualifie : que ce soit la finance, le marché, l’injustice, la violence, la domination, l'égoïsme, la bêtise, etc. A chaque fois, cependant, on cherche des coupables (il y en a), désignant quelques boucs émissaires commodes dont il faudrait se débarrasser afin de nous délivrer du mal. Pour cela, il semble bien qu’il suffirait d’un sursaut collectif (démocratique, religieux ou identitaire), sursaut révolutionnaire qui nous sortirait soudain de notre passivité et prétendue soumission volontaire, en laissant place à une merveilleuse société conviviale qui n’aurait plus d’ennemis ! Ces fadaises théologico-politiques sont assez universellement répandues, y compris chez de grands penseurs. Non pas qu'il n'y ait des moments révolutionnaires décisifs mais qui ne résultent pas tant que cela de la volonté des acteurs auxquels la situation échappe continuellement, car le réel est toujours là, quoiqu'on dise. Il y a dans l'idéologie révolutionnaire (à distinguer des révolutions effectives) deux contre-vérités patentes : d'abord l’idée qu’on pourrait se mettre d’accord entre nous, ce que pourtant tout réfute dans nos sociétés pluralistes (qu'on pense aussi bien aux religions qu'aux idéologies, aux controverses sur l'économie ou le climat, les impôts, etc.), ensuite l’idée que l’histoire pourrait s’arrêter, sans plus de pression évolutive, dans une vie vécue d’avance au service des biens et de l’ordre établi. Car, le comique dans l'affaire, c'est que le révolutionnaire qui prend le pouvoir (ou croit le restituer au peuple) ne voit plus du tout de raisons que celui-ci soit contesté désormais, prêt au règne de la pire terreur s'il le faut ! Le problème n'est pas seulement que ces illusions populistes sont fausses mais qu'elles sont dangereuses en particulier parce qu'elles font très logiquement de tous ceux qui ne suivent pas ces illuminés les responsables de l'injustice du monde, devenus de simples ennemis à éliminer, les chantres de l'unité produisant leur propre division. Être persuadé détenir la vérité divise en effet l'humanité en amis et ennemis, comme s'il y avait "eux", les esprits pervers de mauvaise foi qui refuseraient la vérité pour soutenir l'ordre établi, et "nous", les purs, les hommes de bonne volonté, ou les vrais Musulmans, sachant très bien ce qu'il faut faire pour détruire le système et sauver ce monde en perdition. Ces tendances fascisantes sont à la mode un peu partout, reflets d'une impuissance de plus en plus flagrante qui appelle des politiques autoritaires qui s'y casseront le nez tout autant. Le point qu'il faut souligner ici, c'est que, bien sûr, ne pas adhérer aux délires des complotistes ou de militants "anti-système", plus ou moins violents ou stupides, ne peut absolument pas signifier qu'on ferait partie des partisans du système en place. Et ce n'est certainement pas en renforçant cette dichotomie entre eux et nous qu'on fera reculer la violence. En effet, le plus insupportable face au terrorisme, c’est l’indécence avec laquelle on célèbre une République idéalisée qui feint de découvrir la désespérance de ses banlieues alors qu’elle traite si mal tous ses exclus et qu’elle est accaparée par des élites complètement coupées de la population et des immenses transformations en cours. Non, ce monde dans lequel nous sommes venus à l'existence n’est pas le nôtre, ce n’est pas nous qui l’avons fait et, en dehors des progrès sociaux attaqués de nos jours, il n’y a aucune raison de le glorifier ni de s’en faire les rentiers satisfaits. Ce monde est inacceptable et il faut le dire. Cela ne suffit pas à savoir comment le rendre meilleur, mais c’est un premier pas incontournable. On ne peut en rester à une condamnation morale, il faut avoir le souci de la traduire dans les faits, même si la mise en pratique n'a rien de l'évidence (j'en sais quelque chose pour la coopérative municipale). Il n'y a pas de raisons de ne pas essayer d'aller au maximum des possibilités du temps, encore moins de se satisfaire du monde tel qu'il est, mais il nous faut tenir les deux bouts d’une révolte nécessaire contre les injustices sociales en même temps que le réalisme obstiné des solutions qu'on y oppose en mesurant, hélas, l’insuffisance de nos moyens - au lieu de se chauffer la cervelle avec des rêves d'absolu qui ne font qu'empirer les choses. A l'opposé de cette radicalité bien trop prosaïque, il y a, en effet, les révoltés métaphysiques. C'est ce qui va permettre l'étrange rapprochement des situationnistes avec les djihadistes d'aujourd'hui (prenant la place des guérillas communistes d'antan), rapprochement contre-nature et qu'on ne peut pousser trop loin mais qui est plus éclairant, sans aucun doute, que le recours à des diagnostics psychiatriques dignes de la façon dont le régime traitait ses ennemis à l'époque soviétique. - [Revue des sciences mars 2015](https://jeanzin.fr/2015/03/01/revue-des-sciences-mars-2015/): Les Jarawas au paradis des chasseurs-cueilleurs Des exoplanètes plus accueillantes que la Terre L'héritage épigénétique Les blockchains, clefs d'un nouveau monde Le stress : un mécanisme d'adaptation au danger Pas de Big Bang mais un univers éternel ? Le chat de Schrödinger à l'échelle moléculaire La fonction d'onde existe bien et n'est pas un artefact informationnel Une naine rouge a frôlé le système solaire, il y a 70 000 ans Les cycles d'activité solaire stables depuis 400 ans La matière noire au coeur du soleil modifie la diffusion de chaleur Tous les 30 millions d'années la matière noire attire les comètes sur nous et augmente le volcanisme Du soleil et des bactéries pour fabriquer du carburant Plus les écosystèmes sont complexes, plus ils sont stables 2 milliards d’années sans évolution pour des bactéries sulfureuses L'ADN de nos bactéries peut transmettre des caractères à notre descendance 8 neurones suffisent pour jouer à Tétris ! Les ondes cérébrales renforcent ou affaiblissent les synapses Face à la déforestation, l'orang-outang opte pour la marche à pied Neandertal disparu il y a 45 000 ans ? Ovule et sperme obtenus à partir de cellules de la peau Une protection contre le VIH L'huile d'olive tue les cellules cancéreuses 24% des psychoses à cause du cannabis de forte puissance! Le cannabis, la moins dangereuse des drogues Une mauvaise pilule d’ecstasy gagne l'Europe Des guides pour réparer les nerfs, imprimés en 3D Vous trouverez encore dans ce numéro des nouvelles terribles ou extraordinaires, avec des exoplanètes plus accueillantes que la Terre, la transmission des caractères acquis, l'avenir insoupçonné des documents numériques infalsifiables inspirés du bitcoin ou, encore, qu'on puisse obtenir ovule et sperme à partir de cellules de la peau - débouchant notamment sur la possibilité d'engendrer entre homosexuels. On apprend que pourrait se faire en 2017 le projet fou de Sergio Canavero de greffer une tête d'homme sur un autre corps. On apprendra aussi avec surprise qu'une étoile est venue nous visiter à l'aube de l'humanité moderne, il y a 70 000 ans et que tous les 30 millions d'années la matière noire attire sur nous les comètes et augmente le volcanisme... - [Non, les robots ne sont pas la cause du chômage !](https://jeanzin.fr/2015/02/18/non-les-robots-ne-sont-pas-la-cause-du-chomage/): Une étrange rumeur se répand : nous serions menacés du grand remplacement par les robots qui nous voleraient nos emplois, alors même que nous connaissons actuellement un chômage de masse sans que les robots n’y soient pour rien, ou si peu ! Décidément, cette peur du remplacement prend toutes les formes. On a peur d'être remplacés par d'autres cultures, d'autres religions, comme on a peur d'être remplacés par des robots ou des transhumains. Cette peur d’un monde dont nous serions expulsés est on ne peut plus originaire, témoignant de la fragilité de notre ex-sistence et du caractère éphémère de la vie - car nous serons remplacés, cela ne fait pas de doute, pas plus que notre condition de mortels dont nous ne serons pas délivrés de sitôt ! L'idée que les progrès techniques feraient disparaître le travail est un classique qu’on retrouve à chaque grande crise où l’effondrement économique détruit les emplois en masse et crée soudain une « surpopulation » d’inemployables. Ce n'est pas du tout la première fois mais, à ne pas vouloir croire aux cycles économiques, on s’imagine à chaque fois que ce serait définitif cette fois, comme Dubouin dans les années 1930 qui parlait alors de « la grande relève par la machine » s’appuyant sur une déjà prétendue fin du travail pour justifier un revenu d’existence (qui se justifie tout autrement, par la non-linéarité du travail immatériel et non sa fin). Ce n'était pourtant un mystère pour personne que les causes de la crise de 1929 étaient bien financières ! Il faudrait quand même prendre conscience de toute la distance entre ces prophéties réitérées et les faits qui ont suivi. On peut rapprocher ces fausses évidences de ceux, pour qui ce sont les immigrés qui nous volent nos emplois mais, au fond, vouloir faire de la réduction du temps de travail un remède à la raréfaction des emplois procède de la même erreur d’analyse sur le fonctionnement économique et la nature du travail dans une société développée, qui n’a plus rien de la couverture de besoins basiques ni d'un ensemble de tâches fixes à partager mais évolue avec la technique et dépend largement de facteurs monétaires. - [Comment l’esprit vient à la matière avec le numérique](https://jeanzin.fr/2015/02/08/comment-l-esprit-vient-a-la-matiere-avec-le-numerique/): La question se pose de l’enseignement du numérique à l’école, entre simple apprentissage de son utilisation ou initiation à la programmation. J’avais émis l’opinion à Antonio Casilli, qui m’avait pris pour un débile, qu’il faudrait enseigner les rudiments du langage machine pour comprendre l’interface entre hardware et software, comment l’esprit venait à la matière, dissiper enfin le mystère de nos appareils numériques en même temps que celui de la pensée. En effet, rien mieux que le numérique ne rend visible le dualisme de la pensée et de l’étendue, de l’esprit et du corps qui ne sont pas « une seule et même chose » comme le prétend Spinoza, le programme n’est pas l’envers de la machine, leurs existences sont à la fois distinctes et liées (mais pas inséparablement). Les conséquences philosophiques du numérique me semblent complètement négligées tant on rechigne à réduire « Les lois de la pensée » à une algèbre booléenne. Le risque de réductionnisme existe si on n’y introduit pas le langage narratif au moins et le mode de fonctionnement des réseaux de neurones ou du machine learning qui n’ont rien à voir avec un programme linéaire, cela ne doit pas empêcher de savoir par quelles procédures le numérique se matérialise, une pensée s’incarne (comme dans l’écriture) et les instructions s’exécutent (« comment l’esprit meut le corps »). - [Revue des sciences février 2015](https://jeanzin.fr/2015/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2015/): L'énergie et le temps La rupture de déterminisme entre niveau quantique et macroscopique Les isolants topologiques remis en cause Les nuages réduisent la pollution en oxydant les polluants La montée des océans réévaluée Pas d'effondrement à l'Île de Pâques ? Un système solaire de 11 milliards d'années favorable à la vie ? Des traces de colonies microbiennes sur Mars Des bactéries modifiées ne pouvant survivre hors du laboratoire S'adapter avant d'évoluer Des animaux mâles d'un côté et femelle de l'autre Les premiers mammifères grimpaient dans les arbres Les macaques rhésus pourraient apprendre à se reconnaitre dans un miroir ? Nos représentations sont centrées sur la main L'asymétrie de notre cerveau nous distingue des chimpanzés Des rétrovirus améliorent l'expression des gènes dans les neurones Les premiers apprentissage (de plusieurs langues) influencent le cerveau pour toujours Les Australopithèques utilisaient des outils il y a 3 millions d'années Les chasseurs-cueilleurs non violents ? Un crâne de Sapiens croisé avec Neandertal en Israël, daté de 50 000 ans Les Bushmen submergés depuis 5000 ans par les agriculteurs bantous Le stress de la présence d'étrangers réduit l'empathie Les hommes se marient quand les femmes se font rares Une prise de sang suffit pour analyser un cancer Le casque à hologramme de Microsoft La téléportation d'objets effective Un robot qui apprend en regardant des tutoriels sur YouTube Un drone destructeur de drones - [Les 1% contre-attaquent](https://jeanzin.fr/2015/01/30/les-1-contre-attaquent/): Même si elle est critiquable sur de nombreux points, une étude d'Oxfam prétend qu'en 2016 les 1% les plus riches du monde possèderaient autant que les 99% autres. En fait, ce serait surtout les 0,1% qui en détiendraient la plus grande part, grâce aux bénéfices mirobolants de la pharmacie ou de la finance. On a donc confirmation d'un monde dominé par une toute petite oligarchie, conformément aux thèses de Piketty et du mouvement d'occupation des places. Un peu comme devant les désastres de la saignée grecque, on se dit que la simple connaissance de ces faits devrait suffire à mettre fin à ces aberrations. Ce n'est pas du tout ce qui semble se passer. Non seulement il n'a pas suffi de révéler le complot pour que les conjurés tout honteux soient mis hors d'état de nuire mais l'oligarchie organise la contre-attaque, justifiant d'un côté ces inégalités par des lois de la nature (loi de puissance) ou de l'économie (compétitivité) et achetant des politiciens de l'autre. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils baissent la garde et se laissent dépouiller par souci de justice ! - [Contre le retour de l'ordre moral](https://jeanzin.fr/2015/01/23/contre-le-retour-de-l-ordre-moral/): Nous sommes facilement le jouet de nos émotions. Il y a incontestablement une exaltation de la foule, une puissance des masses qui renforce notre idéal du moi et nourrit pour un temps l’illusion de l’unanimité - si dangereuse à rejeter les récalcitrants hors de la communauté nationale (émotionnelle). On a beaucoup trop parlé de cette communauté retrouvée dont on savait pourtant bien qu’elle serait presque aussitôt perdue - mais dont la nostalgie pourrait nourrir, hélas, les régressions nationalistes et xénophobes. Ceux qui en espèrent plus de solidarité seront sûrement bien déçus alors que, paradoxalement, on récolte plutôt un renforcement du moralisme et de la répression, y compris de la liberté d'expression ! Cependant, au-delà de cette mobilisation générale devant l’ennemi, ce qui distingue cette fois son objet si singulier n’est pas tant la liberté d’expression, erreur vite corrigée par l’emprisonnement de gamins, ni même le droit à la caricature, mais bien plutôt le droit aux transgressions morales si ce n'est aux « gauloiseries » les plus grossières. La façon la plus favorable d’interpréter cette levée en masse en réponse au massacre, avec le slogan identitaire "Je suis Charlie", c’est de constater en effet qu'on ne peut en évacuer ce que cela contient d'opposition résolue au retour de l’ordre moral - auquel on assiste pourtant effarés ! Il ne faut pas se leurrer. En temps ordinaire, cette opposition est loin d'être majoritaire, tant de gens semblent rêver d’un Nouvel Ordre Moral supposé merveilleux et régler tous nos problèmes, sauf que les rêves des uns sont le cauchemar des autres... Le tournant moraliste de la politique est déjà ancien mais c'est une impasse dont il faudrait sortir. On ne peut oublier non plus que les grandes manifestations précédentes étaient dirigées contre le mariage homosexuel au nom des valeurs chrétiennes. Il paraît donc opportun de s’appuyer sur ce qui restait d'immoraliste, de provocateur et de raillerie des autorités dans Charlie Hebdo pour résister aux dérives actuelles et revenir à une conception véritablement laïque de la politique, y compris vis à vis de la morale et des idéologies, fussent-elles déclarées républicaines : droit de ne pas respecter les bonnes moeurs et l'opinion dominante, droit à la liberté individuelle, principe même de la laïcité, dans une stricte séparation du public et du privé ! - [Le piège de l'islamophobie](https://jeanzin.fr/2015/01/08/le-piege-de-l-islamophobie/): Evidemment, malgré les appels à ne pas faire d’amalgame entre terrorisme et musulmans, cela ne fait pas un pli, on sait à qui va profiter le crime dans une Europe où l’islamophobie est à son comble, notamment en France avec le succès des Finkielkraut, Zemmour, Houellebecq et la montée du Front National. On le voit avec les crétins qui accusent immédiatement le Coran, rien que ça, d’être le véritable coupable de la tuerie ! Ce ne sont plus des caricatures cette fois mais un livre qui serait maléfique. Au moins, il n’y a pas à s’embêter avec des causes plus concrètes et complexes, le simplisme est bien plus satisfaisant pour l’esprit et pour protéger les si gentils chrétiens que nous sommes, pleins d’amour et d’ouverture à l’autre, contrairement à ces chiens de musulmans. Il serait bien justifié de massacrer ces barbares, au moins de les renvoyer « chez eux » sinon les parquer dans des camps… - [Revue des sciences janvier 2015](https://jeanzin.fr/2015/01/01/revue-des-sciences-janvier-2015/): Nouvelle théorie immunitaire homéostatique du microbiote La moitié des étoiles brillent hors des galaxies La dualité onde-particule explique le principe d'incertitude d'Heisenberg Les deux directions du temps ? Planck: révélations sur la matière noire et les neutrinos fossiles La Terre a produit son eau elle-même Des centrales nucléaires au sel fondu recyclant les déchets nucléaires Tuer les insectes avec une lumière bleue La vie sur Mars ? Le loopome ou l'épigénétique des boucles de l'ADN Une puce contrôlant par laser l'expression de l'ADN Mécanisme de synchronisation entre le noyau et les mitochondries La mémoire dans les neurones, pas dans les synapses ? La compétition crée un petit nombre de dominants Nous partageons des dizaines de gènes vocaux avec les oiseaux Plus les primates innovent et partagent, plus ils ont de parasites Un coquillage gravé par Erectus, il y a 300 000 ans Le cheval, la plus belle conquête de l'homme Copier des virus qui protègent les neurones qu'ils infectent Le gaz hilarant contre la dépression Un pacemaker contre l'arthrite Traiter la microglie pour guérir de l'Alzheimer ? Les phtalates affectent les performances cognitives Une paralysée bouge un bras robotisé par la pensée Des lentilles révolutionnaires restaurent la vue des personnes âgées Des drones pour faire l'inventaire des stocks - [Il faut que ça pète !](https://jeanzin.fr/2014/12/19/il-faut-que-ca-pete/): La situation est étrange avec à la fois l'impression que tout s'écroule de partout et que rien ne bouge, comme englués dans un passé immobile en même temps que passent devant nous des trains à grand vitesse. Il semble bien inutile de continuer à écrire sur le sujet tant on pourrait ressortir d'anciens billets sur la crise pour décrire notre présent où rien n'a été résolu, seul a été évité - ou reporté - l'effondrement général mais avec pour résultat de l'éterniser. Chacun peut constater le prix exorbitant payé par les populations les plus fragiles, à cause d'obstinations dogmatiques surannées, condamnées même par le FMI et les USA, ainsi que le caractère irréel des discours tenus, sans qu'il semble qu'on ne puisse rien y faire... C'est peut-être pour cela qu'on n'entend pas plus parler de ce qui se présente pourtant comme le plus grand défi à l'Europe et à l'Allemagne depuis les pétards mouillés de Matteo Renzi et Hollande. On ne semble pas croire qu'il sera impossible d'acheter à coups de millions une vingtaine de députés pour éviter des élections ! Et si le 29 décembre le compte n'y est toujours pas, que des élections sont inévitables, une victoire de Syriza reste inimaginable. Et pourtant c'est, à l'heure actuelle le plus probable et ce qui pourrait changer complètement les perspectives de l'année à venir, mais dans quel sens ? Tout est là. Dislocation de l'Europe ou son renforcement ? L'hypothèse que cela se passe bien n'est certes pas la plus plausible mais comme toujours qu'il ne se passe rien alors qu'à l'évidence, au point où certains pays sont étranglés, il faudra bien que ça pète un jour ou l'autre ! - [La fin programmée de l'humanité](https://jeanzin.fr/2014/12/08/la-fin-programmee-de-l-humanite/): Trouble dans le genre humain L'humanité a le chic pour se créer de faux problèmes, qui la détournent des vrais, et s'effrayer de sa propre disparition mais non pas pour des raisons écologiques, qu'elle néglige au contraire beaucoup trop, alors que cela pourrait faire de très nombreux morts. Non, ce qui est redouté, c'est la probable fin de notre espèce comme telle, à très long terme et sans faire aucune victime, par la faute de la génétique, des robots ou de l'intelligence artificielle (comme, pour d'autres, ce serait la faute du féminisme, de l'homosexualité ou autre transgression des normes) ! On ferait mieux de s'occuper des êtres humains qui partout sont en souffrance, mais non, on s'inquiète de l'Humanité avec un grand H, comme avant de la race des seigneurs ! Aux dernières nouvelles, il est effectivement certain que les frontières de l'humanité ne sont plus aussi assurées, ce n'est pas une raison pour s'en inquiéter outre mesure mais pour réinterroger nos catégories. C'est sûr que ce serait exaltant de se croire engagés dans un conflit hollywoodien de dimensions cosmiques où nous serions du côté des humains contre les machines, mais il faudrait se demander si on ne donne pas ainsi dans une bêtise trop humaine, en effet, à voir les déclarations récentes de quelques sommités faisant preuve d'une singulière peur de l'intelligence qui nous menacerait, fichtre ! Je croyais le contraire... - [Revue des sciences décembre 2014](https://jeanzin.fr/2014/12/01/revue-des-sciences-decembre-2014/): Un trou noir à l'origine du Big Bang ? La vaccination sans stérilisation à l'origine du sida? La science des rêves Le boson de Higgs remis en cause Un propulseur spatial à plasma dans le vide Les trous noirs supermassifs étrangement alignés et parallèles Les sursauts gamma rendent la vie impossible dans 90% des galaxies Révision de la physique de base du réchauffement Expérimentations de géoingénierie à très petite échelle en 2017 Une pile à combustible qui marche au kérosène La réfrigération magnétique arrive Les abeilles remplacées par d'autres pollinisateurs Une ville-globe flottante sous la mer L'origine de la vie dans la croûte terrestre ? Des colliers de ribosomes pour produire en masse des protéines Les plantes coupées doublent leur ADN Rendre des cellules immortelles, c'est facile Activer des gènes par la pensée Réplique numérique du cerveau d'un ver (à roulette) Contre l'infanticide la polyandrie plus efficace que la monogamie Le fonctionnement multitâche des neurones La séparation des asiatiques et des européens daterait de 40 000 ans La violence est plus causée par la moralité que par son absence Le langage n'arrête pas d'évoluer Un transistor imprimé pour détecter les maladies Une injection par semaine contre l'Alzheimer Des chromosomes géants cancéreux et circulaires Les propriétés anti-inflammatoires du curcuma en émulsion Une imprimante de textiles intelligents Communiquer de cerveau à cerveau Des lentilles de contact avec vidéo Courez aussi vite qu'Usain Bolt avec ces bottes bioniques Des voitures transparentes pour plus de sécurité Le train qui ne s'arrête pas pour prendre les voyageurs au vol Un nouveau moyen de transport aérien personnel - [Morale et politique dans la Phénoménologie](https://jeanzin.fr/2014/11/22/morale-et-politique-dans-la-phenomenologie/): Comme j'ai eu du mal à le retrouver et que je considère que c'est très éclairant, toujours utile à faire connaître et à relire, je republie ce condensé, qui date de 1996, des parties de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel consacrées à la moralité et à la politique, parties bien trop peu étudiées qui suivent la dialectique du Maître et de l'esclave. Je trouve que condenser ce texte touffu en fait mieux apparaître la dialectique des positions subjectives qu'on peut illustrer avec des exemples très actuels - comme je l'ai fait dans la "version longue" - bien que cela ne puisse évidemment en restituer toute la richesse (et la difficulté). Juste un outil pour ne pas rester coincé dans une posture morale ou politique et mesurer toutes les étapes à franchir... Moralité Après la confrontation à la nature extérieure (observation), nous en sommes au point où la conscience de soi n’est plus la certitude de la réalité immédiate, sensible, et de son objectivité, mais se rapporte essentiellement à une autre conscience de soi comme vérité sur soi-même, re-connaissance. "Elle est alors l'esprit qui a la certitude d'avoir son unité avec soi-même dans le dédoublement de sa conscience de soi et dans l'indépendance des deux consciences de soi. Cette certitude doit maintenant s'élever à la vérité". La conscience de l'unité avec les autres prend d'abord la forme du traditionalisme. Mais celui-ci échoue à se justifier devant des traditions étrangères aussi bien qu'il renonce à se réaliser véritablement. Du coup, sous les critiques des intellectuels, l'unité avec les autres se réduit dès lors à l'égoïsme de la jouissance que chacun dispute à chacun. Mais la vérité de la jouissance est sa fin, consommation du désir qui s'épuise dans la répétition. Avec l'exaltation de la chair, "c'est l'esprit qui se nie avec la force infinie de l'esprit" mais ne peut empêcher que revienne à la conscience la présence angoissante de la mort. Par son côté universel, la conscience surmonte cette menace et trouve en soi le principe du dépassement de son plaisir égoïste comme de la mort dans l'universalité. Cette aspiration morale éprouvée immédiatement comme loi du coeur s'oppose au monde sans plus de raisons que de lui imposer une logique subjective (bonne volonté) qui ne rend pas compte d'elle-même. Ce rejet de la réalité extérieure au nom de pures utopies par une conscience individuelle qui se croit supérieure au monde relève d'un délire de présomption qui peut aller jusqu'à la "folie des grandeurs" et la paranoïa. Si la loi du coeur advient à se réaliser un tant soit peu et se cogne sur le réel, elle perd de son assurance, de sa légitimité face à tous ses ratés et le coeur invoque la fureur extérieure du complot, la main du diable sur de pures intentions. La leçon à tirer de ce délire de persécution est le rejet des prétentions de l'individualité à imposer son arbitraire au cours du monde. C'est plutôt contre cette individualité que va désormais s'appliquer son zèle par la discipline de la vertu. Le cours du monde auquel s'oppose la vertu est justement le règne de l'égoïsme universel et de la recherche du plaisir désormais rejetés. Mais la vertu ne se réalise qu'à la mesure des forces de chacun et sa valeur ne réside donc plus dans sa réalisation mais dans son effort et sa foi. Le mérite se mesurant à la peine, le monde qui nous fait souffrir est revalorisé d'autant comme révélateur de la vertu et de la foi. De plus l'effort et la foi concernent l'individualité dont la discipline voulait se défaire, ne pouvant jouir de ses propres réussites et sans pouvoir modérer l'orgueil de l'ascète comme une boursouflure vide. Plutôt que de rester tournée vers sa propre excellence la vertu ne se suffit plus de la foi mais exige les oeuvres. La vertu est jugée à ce qu'elle fait. Les oeuvres pourtant sont fragiles et multiples, éphémères, disparaissantes. Le but est dès lors tout entier dans le chemin mais l'oeuvre ne vaut plus alors que comme occupation et non plus comme accomplissement. La tromperie, l'escroquerie de cette vertu satisfaite se manifeste dans la compétition sociale ce qui finit par imposer la loi morale, dans son universalité inconditionnelle qui pourtant ne peut rendre compte de la singularité concrète et imposer sa loi sans réflexion. Du coup, ce qui importe à nouveau c'est bien encore la réflexion elle-même, la conscience qui examine la loi et se l'approprie, l'interprète, la loi se réduisant à son application par la conscience. Pourtant là encore la limite est vite trouvée dans le jésuitisme des rationalisations égalisant tout contenu. La conclusion qui s'impose est bien celle de l'impuissance de toute théorie générale à rendre compte des choix pratiques particuliers, tombant dans l'arbitraire. La théorie dépend plutôt désormais de la pratique, devenue politique et qui en détermine la perspective. - [Devrons nous refaire des ateliers nationaux ?](https://jeanzin.fr/2014/11/17/devrons-nous-refaire-des-ateliers-nationaux/): Ce n'est certes pas le moment de tirer des plans sur la comète ni de rêver à quelque sixième république fantasmée. On doit plutôt s'attendre au pire dans les années qui viennent avec sans doute une droite dure décidée à démanteler nos protections sociales et l'effondrement annoncé du parti socialiste. Il ne semble pas qu'on prenne la mesure de notre situation catastrophique avec le chiffre officiel de 3 millions et demi de chômeurs et près de 6 millions d'inscrits au total (auquel on peut ajouter 1 ou 2 millions qui ne sont plus inscrits). Avec ça, inciter les chômeurs à rechercher un emploi est mission impossible. Plus durablement, la précarité se généralise avec la perte des droits sociaux attachés au salariat traditionnel. Cela fait des millions de vies détruites et participe à la désespérance générale sinon une colère sourde pas forcément orientée sur les véritables coupables. Les politiques démontrent leur impuissance à influer sur ces phénomènes économiques massifs et on peut trouver assez risible que face à cette marée, on annonce 10 000 emplois aidés de plus ! histoire de dire qu'on fait ce qu'on peut, sans doute, mais qui fait une belle jambe à tous les autres chômeurs... On retrouve cette disproportion entre l'étendue du problème et le léger des solutions qu'on prétend y apporter avec ceux qui défendent encore une réduction du temps de travail. En dehors du caractère complètement irréaliste de cette revendication dans la France actuelle, alors que les 35h risquent plutôt d'être abrogées, ce qui frappe, c'est qu'on ne pourrait en attendre qu'une centaine de milliers d'emplois dans l'immédiat, ce qui ne serait là encore qu'une goutte d'eau par rapport aux millions de chômeurs. Les 35h avaient effectivement créé 300 000 emplois sur le moment, pense-t-on, mais si cela nous avait protégé durablement du chômage, cela se saurait, ne pouvant constituer une réponse proportionnée. Il y a une véritable dissonance cognitive dans ce type de propositions complètement déconnectées de la réalité, tout autant que dans les rêves de plein emploi à coup de grandes politiques macroéconomiques. - [Revue des sciences novembre 2014](https://jeanzin.fr/2014/11/01/revue-des-sciences-novembre-2014/): Quand l'homme est devenu prédateur Le climat moteur d'évolution L'émergence de la coopération Aux origines de la division sexuelle du travail La monogamie, un atout pour notre espèce Quand est apparue la richesse ? L'outil a-t-il forgé l'homme ? Le bond technique d'il y a 50 000 ans La colonisation de Mars Découverte de l'axion comme matière noire au coeur du soleil ? Fragmentation de la fonction d'onde d'un électron dans l'hélium liquide Attirer des particules avec un laser Combiner réseaux de neurones et informatique classique pour s'auto-programmer L'emballement climatique des feux de forêt qui noircissent la neige Le réacteur de fusion annoncé par Lockheed Martin La spectroscopie par drone au service des agriculteurs Le mécanisme de division des brins d'ADN Le premier amant pourrait influencer les futurs enfants Quand les babouins adoptent des chiens et des chats en ville Le plus proche parent de l’Eve primitive en Afrique du sud Le croisement avec Neandertal vers 50 000 ans Les plus vieilles peintures rupestres en Indonésie (-40 000 ans) The language myth, Vyvyan Evans L'écologie des émotions La perte musculaire accélère le vieillissement La dépression rend le cerveau plus lent Les flavanols du chocolat freineraient le déclin cognitif Les 8 sortes de schizophrénie Un robot opère un épileptique en passant par la joue Transplantation cardiaque d'un coeur mort Des pénis cultivés en laboratoire, prêts à être implantés L'impression 3D des lunettes Un gadget connecté pour réguler ses émotions Projection en 3D dans l'air avec des lasers Bientôt des combats de robots géants Un skateboard volant par électromagnétisme - [Le féminisme d'un point de vue matérialiste](https://jeanzin.fr/2014/10/06/le-feminisme-d-un-point-de-vue-materialiste/): Le féminisme fournit un exemple emblématique de représentations collectives intériorisées et d'un changement idéologique qui se fonde sur des changements matériels et n'a donc rien d'arbitraire ni ne dépend d'inclinations personnelles et pas autant qu'on le croit de l'activisme féministe. Le féminisme manifeste ce qu'il y a de culturel mais aussi de lié à l'évolution technique, dans la division sexuelle qui n'explique donc pas tout, ce qui ne doit pas aller jusqu'à nier la part du biologique qui saute aux yeux (de façon trompeuse parfois). C'est un réel qui détermine l'idéologie, pas l'inverse. Le féminisme l'illustre à merveille, même à se persuader du contraire et s'imaginer que ce ne serait qu'une question de valeurs individuelles... - [Revue des sciences octobre 2014](https://jeanzin.fr/2014/10/01/revue-des-sciences-octobre-2014/): Effets relativistes dans l'atome Comment s'ouvrent les vésicules Détecter les épidémies plus vite et plus tôt Des pyramides de Ponzi dans l'économie (bulles) Le principe d'incertitude d'Heisenberg remis en cause Les outils ont fait l'homme Le rôle de la conscience Téléportation entre photon et matière à 25 km Concentrations records des gaz à effet de serre L'explosion démographique ne s'arrêtera pas au cours de ce siècle La fibre optique amène la lumière du jour dans les pièces sombres Le rôle de l'électricité dans l'apparition des acides aminés Dinosaures Le gène du langage FOXP2 rend les souris plus intelligentes Les meurtres chez le chimpanzé La moitié des guerriers vikings étaient des femmes Une hormone contre le vieillissement Voir avec des sons Effets psychiatriques et cognitifs de la toxoplasmose Débarrasser le sang des pathogènes avec des nanoparticules magnétiques Avec Thaw, un smartphone interagit avec un écran Un système de reconnaissance de geste, le smartphone en poche Un exosquelette léger, souple et discret pour aider la marche Un robot qui apprend à voler avec un simulateur   - [Matérialisme et idéologie](https://jeanzin.fr/2014/09/24/materialisme-et-ideologie/): On peut penser qu'une philosophie matérialiste ne sert pas à grand chose, puisque la philosophie en perd sa primauté et qu'elle ne peut nous promettre aucune consolation ni même de vraiment se libérer des déterminismes sociaux. C'est ce qui fait que dans le domaine politique, domaine où il reste pourtant le plus indispensable, le matérialisme semble être devenu depuis le déclin du marxisme absolument intolérable, assimilé à un réalisme cynique. Il est incontestable qu'en faisant du sujet le produit de son temps, les sciences sociales réduisent en effet à la peau de chagrin le rôle des militants et discréditent tout volontarisme face aux forces en présence alors que les foules s'enthousiasment facilement aux discours enflammés de tribuns appelant au soulèvement pour changer d'imaginaire, renverser les savoirs établis, se libérer des anciennes lois et des siècles passés, casser l'histoire en deux pour faire enfin triompher le Bien et la Justice ! N'étant pas nés de la dernière pluie, on ne devrait plus pouvoir croire ces vaines rengaines mais il faut bien constater qu'il est presque impossible de se défaire de la fausse évidence que si "nous" le voulions et si nous nous rassemblions, tout deviendrait possible (Yes we can, si tous les gars du monde voulaient se donner la main, prolétaires de tous pays unissez-vous, paix sur terre aux hommes de bonne volonté, etc). Y renoncer, ce serait consentir à notre servitude et on se perd en conjectures sur les raisons pour lesquelles cela ne marche pas, incompréhensibles, en effet, si c'étaient les hommes qui faisaient l'histoire, ou un esprit qui nous guide et non des processus très matériels, histoire qui n'est pas cette marche triomphante vers la civilisation qu'on imagine à la gloire de notre humanité mais bien plutôt une évolution subie - notamment l'évolution technologique mais tout autant l'évolution culturelle qui l'accompagne. Nous sommes victimes d'une double erreur de perspective : celle de surestimer notre rôle dans l'histoire et donc la puissance des idéologies par rapport aux causalités matérielles, celle de nous placer à l'origine de nos pensées en déniant leur origine sociale, culturelle, historique qui nous est inaccessible, renvoyée à un jugement moral. Nous ne sommes pas transparents à nous-même, vides de tout présupposés, la part de l'inconscient nous domine plus qu'on ne veut bien l'admettre. Ce qui nous empêche de percevoir l'énorme influence des représentations collectives, c'est que nous les avons intériorisées, notamment en prenant parti. Ce qui montre qu'elles sont cependant plus déterminées que déterminantes au regard des évolutions matérielles, c'est bien qu'elles changent selon les pays et les époques, dans une histoire dont nous sommes le résultat et non pas l'aboutissement, y compris dans notre opposition à l'ordre établi qui épouse elle aussi les discours du moment avec tous leurs codes et illusions (le jihad religieux se substituant aujourd'hui aux révolutionnaires communistes d'antan). - [Les salauds au pouvoir](https://jeanzin.fr/2014/09/07/les-salauds-au-pouvoir/): C'est une tendance bien connue dans les moments de crise de rechercher des boucs émissaires et de rendre les pauvres et précaires responsables de leur propre sort. La montée du chômage qui en fait un phénomène social, macro-économique, le rend aussi forcément trop lourd à financer, charge qu'on va imputer aux chômeurs eux-mêmes, devenus une surpopulation indésirable dont on aimerait bien se débarrasser. Il y a toute une tradition anglo-saxonne complètement décomplexée qui va dans ce sens, de Malthus et Spencer à Thatcher et ses successeurs qui en rajoutent sur la culpabilisation des pauvres même si on ne va plus jusqu'à prôner ouvertement leur élimination au nom de la science lugubre que serait l'économie ! Chez nous, cette brutalité était moins bien admise par notre égalitarisme républicain, restant l'apanage de l'extrême-droite ou de petits salauds ambitieux genre Wauquiez. C'est pourquoi il faut s'alarmer de voir ces discours repris par un gouvernement, censé de plus être de gauche ! Certes, il n'y a là rien de neuf, dira-t-on. Les pauvres ont constamment été soumis à l'état d'exception, l'oppression et le mépris : ce sont les perdants, les losers, une race inférieure que les winners, très contents d'eux-mêmes et de leur réussite sociale, contemplent de haut. Il faudrait bien faire changer la honte de camp, rendre plus honteux ces véritables salauds qui nous accablent de leur morgue et de leurs petits esprits mais, par définition, on ne pourra jamais mettre les perdants (prolétariat) au pouvoir. La seule force des pauvres est le nombre - ce qui ne veut pas dire hélas qu'il suffirait de faire nombre pour ne pas se croire du côté des dominants, mettre encore plus salauds au pouvoir et chercher d'autres boucs émissaires : juifs, musulmans, immigrés, étrangers. Le ressentiment peut être ravageur, mieux vaudrait ne pas l'attiser par la haine des chômeurs. - [Revue des sciences septembre 2014](https://jeanzin.fr/2014/09/01/revue-des-sciences-septembre-2014/): Les Lucaniens, irréductibles Italiques Qui sont vraiment nos ancêtres ? Un missile sur Mars à la recherche de la vie sous terre La chaleur emmagasinée par les océans sera relâchée dans plus de 10 ans Les émissions du permafrost dues au soleil plus qu'aux bactéries Les barrages tropicaux émettent par "bullage" 10% du méthane anthropique Détecter des séquences d'ADN par leur vibrations avec des ondes terahertz Similitudes génétiques du ver à la mouche et à l'homme L'adaptation en direct d'un poisson à la vie terrestre Des ondes gamma augmentent la sensibilité des souris La zone visuospatiale du cerveau ne vieillit pas Les équations du cerveau OpenBCI, une interface neuronale directe pour les makers L'homme de Florès, juste un trisomique ? Neandertal aurait disparu plus tôt qu'on ne pensait Moins d’hormones mâles aurait permis le développement de la civilisation Un astéroïde responsable de l'extinction de la mégafaune il y a 13000 ans La croissance des enfants ralentie par le cerveau La musique de notre adolescence nous poursuit toute notre vie La fraude pourrait se détecter par le langage utilisé L'aspirine permettrait de prévenir les cancers Le diabète lié à l'hibernation chez les ours L'autisme provoqué par un excès de plasticité cérébrale ? Les causes épigénétiques de l'Alzheimer Effacer les souvenirs douloureux avec du xénon Un yaourt contre la maladie de Parkinson ? Un implant restaurant la courbure de la cornée à la place des lunettes Microphone visuel, les paquets de chips vous espionnent Prendre le contrôle du corps d'un autre - [Un revenu de base nécessaire mais pas suffisant](https://jeanzin.fr/2014/08/18/un-revenu-de-base-necessaire-mais-pas-suffisant/): Journées d'été du revenu de base le vendredi 22 août à 16h30Cela fait plusieurs années que je n'interviens plus en public mais la situation est on ne peut plus mauvaise. Bien que les prévisions économiques restent toujours hasardeuses, le risque d'une nouvelle crise systémique pire que la précédente est loin d'être écarté (cela fait même un moment qu'elle aurait dû se produire). En dépit de l'indifférence générale et malgré les incertitudes du climat, il est encore plus certain hélas qu'on assiste, en Arctique notamment, à un emballement des dégagements de méthane qui s'annonce ingérable. A plus court terme, sans parler des guerres qui se rallument à nos portes, les perspectives politiques sont dramatiques, avec la montée de l'extrême-droite et du nationalisme. Sur tous ces fronts, il n'est certes plus temps de rêver... Cela ne doit pas empêcher de porter la revendication d'un revenu de base dont le besoin se fait de plus en plus sentir mais devrait empêcher du moins tout optimisme excessif et de s'égarer sur son caractère supposé miraculeux. Qu'on ne puisse vivre sans revenu est une évidence qui tarde à s'imposer et dont c'est tout le mérite du revenu de base de la mettre au premier plan. Reste qu'il ne suffit pas de revendiquer un droit, fut-il vital, ni d'exiger des montants déraisonnables. On est bien obligé de tenir compte de sa faisabilité et de son acceptabilité. Surtout, un "revenu garanti" dans l'esprit du régime des intermittents (mieux qu'un simple revenu de base) ne peut éviter de s'inscrire dans un projet plus global, tenant compte des évolutions du travail et de la production, tout comme des enjeux écologiques et de la nécessité d'une relocalisation de l'économie. - [Revue des sciences août 2014](https://jeanzin.fr/2014/08/01/revue-des-sciences-aout-2014/): La généalogie des mythes Suivre l'évolution d'une superposition quantique jusqu'à son effondrement La corrélation de particules après-coup Séparer une particule de ses propriétés Amplifier les fluctuations du vide Le réchauffement favorise la variabilité climatique et les records de froid De la vapeur avec du soleil L'arbre aux 40 fruits différents Du plastique à partir de (déchets de) végétaux Constructions en bio-briques Nos cellules héritent de la chimie d'il y a 4 milliards d'années Le clonage humain obtenu grâce à la caféine Modifier les connexions entre neurones Un siphonophore, colonie d’individus spécialisés Les 66 communications par gestes des chimpanzés Le cerveau des bonobos très proche du nôtre La supériorité de Sapiens serait dans ses réseaux étendus La conscience chez les bébés Le cerveau normalise les émotions Entre amis, une ressemblance génétique étonnante Comment on juge les gens sur leur mine Les champignons hallucinogènes font faire des rêves éveillés Plutôt recevoir des chocs électriques que s'ennuyer Améliorer l'intelligence des foules en éliminant les plus influençables Enregistrer et restaurer la mémoire avec une puce Réveiller la douleur pour qu'elle ne soit plus chronique Alzheimer : un test sanguin pour un dépistage très précoce Le pacemaker remplacé par l'injection d'un gène dans le cœur Un implant contraceptif qui se désactive par WiFi Un virus de l'intestin contrôle l'équilibre bactérien Un écran permettant de se passer de lunettes de correction Les Google Glass pilotées par la pensée AirDog, un drone qui vous suit pour vous prendre en film Des moteurs aux pieds Un avion qui se divise en 3 Une ville flottante et sous-marine au large de Hong-Kong - [Ecologie, intermittents et travail immatériel](https://jeanzin.fr/2014/07/24/ecologie-intermittents-et-travail-immateriel/): Interview par Ingrid Merckx pour Politis Quels rapports voyez-vous entre les revendications des intermittents et l'écologie politique ? La connexion avec les "intermittents" se situe à plusieurs niveaux : 1) La sortie du productivisme capitaliste, c'est-à-dire du salariat, au profit du travail autonome, d'un travail choisi plus épanouissant mais moins productif - ce qui nécessite revenu garanti et coopératives municipales, institutions locales du travail autonome et du développement humain qui sont la base d'un nouveau système de production non productiviste et plus adapté aux nouvelles forces productives. 2) En effet, le passage de l'ère de l'énergie (industrielle) à l'ère de l'information (post-industrielle) fait passer de la force de travail, dont la production est proportion du temps passé, au travail immatériel dont la productivité est non linéaire, non mesurable par le temps comme Marx le pressentait dans ses Grundisse, se rapprochant du travail artistique et créatif, travail par objectif, beaucoup plus précaire et aléatoire que le salariat industriel. - [La fin de la politique](https://jeanzin.fr/2014/07/10/la-fin-de-la-politique/): Plus la situation est bloquée, et dépourvue de toute perspective, et plus on se croit obligé de proclamer sa radicalité, appeler à l'insurrection et promettre une société idéale refaite à neuf, en rupture totale avec la société précédente et tous les millénaires passés... sans aucune chance, bien sûr, d'aboutir à rien, sinon au pire. Car ces visions exaltées, qui sont récurrentes dans l'histoire et auxquelles je n'ai pas échappé avec ma génération, ne sont pas du tout si innocentes qu'on croit mais répondent bien plutôt à un besoin profond dont les Islamistes nous rappellent le caractère à la fois religieux et criminel, en dépit d'intentions si pures (où, dans leur rêve, il n'y aurait aucune raison de ne pas être de leur côté sauf à être foncièrement mauvais). Plutôt que s'imaginer devoir renforcer les convictions, gagner l'hégémonie idéologique, changer les esprits, appeler à l'amour universel, il faudrait pourtant en finir au contraire avec ces conceptions messianiques de la politique et d'une communauté fusionnelle pour revenir à la dimension matérialiste et pluraliste d'une politique démocratique qui n'est pas "souveraine" et dominatrice mais bien plutôt faite de compromis et de rapports de force. C'est ce qui est sans aucun doute inacceptable à la plupart dans ce besoin d'absolu devant l'injustice sociale et les désastres écologiques qui s'annoncent. C'est pourtant ce qui constitue la condition pour donner un minimum d'effectivité à nos protestations et avoir une petite chance d'améliorer les choses au lieu d'aller de défaites en défaites (en croyant garder la tête haute et n'avoir pas à s'en alarmer!). Il y a le feu, il n'est plus temps de faire des phrases et se donner des grands airs. - [Revue des sciences juillet 2014](https://jeanzin.fr/2014/07/01/revue-des-sciences-juillet-2014/): L'intelligence des céphalopodes Énergies renouvelables : l'essor sera lent La réalité n'existe pas L'Univers est-il un ordinateur quantique ? L'enfant apprend à résister à ses intuitions Une théorie de l'information physique : les constructeursUn vaisseau plus rapide que la lumière dans l'hyperespace ? Le rôle important des tourbillons géants de l'océan 20% des réserves d'hydrocarbures à découvrir situées dans l'Arctique La réfrigération magnétique Le codon STOP contourné par des bactéries Des protéines d'algue qui contrôlent la cohérence quantique Une vie complexe il y a 2 milliards d’années L'anxiété de l'écrevisse La différenciation des cellules souches Contrôler les muscles par optogénétique Le langage combinerait les mots des singes et la syntaxe des oiseaux ? Pensée et apprentissage passent par la synchronisation des ondes cérébrale La conscience localisée dans le claustrum ? Le rôle structurant du mensonge dans la diversification des sociétés Alzheimer : un excès de GABA empêcherait la mémorisation Un dérivé de la vitamine A pour traiter le diabète de type 2 3 jours de jeûne suffisent pour régénérer tout le système immunitaire Votre ADN sur une clé USB ! Un pacemaker alimenté par les mouvements des muscles Un programme qui associe concepts et images Piloter un avion par la pensée Xplorair : la voiture volante prend son envol en 2017 - [Les trous noirs de la gauche](https://jeanzin.fr/2014/06/16/les-trous-noirs-de-la-gauche/): L'état de la gauche est on ne peut plus désastreux. C'est de notoriété publique désormais. On s'attend même à son effondrement complet au moment où l'on aurait tant besoin pourtant de politiques de réduction des inégalités et de protections nouvelles contre une précarité qui se généralise à grande vitesse. C'est bien sûr la faute de la gauche elle-même, dans toutes ses composantes, gouvernementales ou non, même à ne pas vouloir se l'avouer ni pouvoir sortir de ses archaïsmes qui la plombent, ni de ses illusions qui profitent surtout aux démagogues de l'autre bord. Il ne s'agit en aucun cas de je ne sais quels "tabous" de la gauche qu'il faudrait lever sous prétexte que cela aurait fait le succès de l'extrême-droite, que ce soit la nostalgie de la Loi, de la morale et des anciens interdits (sinon du patriarcat), ou le retour au national avec la sortie de l'Euro et de l'Europe d'un côté (dont les avantages sont très largement surévalués), le protectionnisme et le rejet des immigrés de l'autre (impossible de sortir de cette logique binaire). Sous prétexte de se donner un cadre de souveraineté censé nous sortir de notre impuissance actuelle, le peuple ne désigne plus dorénavant les dominés mais les nationaux, électeurs supposés assez avisés (dans leur prétendue common decency) pour nous donner leurs voix et auxquels on cherchera inévitablement à donner une identité culturelle plus ou moins foireuse qui nous rendrait tous identiques et solidaires malgré nos différences et oppositions de classe, de cultures ou de religions. De quoi justifier forcément la collaboration de classes entre bons français tout comme en quatorze on a pu mener des paysans au massacre pour défendre leurs si patriotiques capitalistes et marchands de canon ! L'argument nationaliste est absolument imparable dès lors qu'on prétend à une alternative radicale qui nous isole du reste du monde et se réduit tout bêtement à l'étatisation de l'économie, comme si cette merveilleuse solution n'avait pas déjà échoué partout et comme si on était en état de le refaire ! On croyait qu'ils avaient disparus avec l'URSS mais pour ces nouveaux staliniens, étatistes autoritaires (démocratiques et populaires bien sûr) qui rêvent de s'emparer du pouvoir pour nationaliser nos multinationales et imposer leur propre modèle (à rebours du monde des réseaux), il n'y a aucun doute dans leurs rêves sur la valorisation du niveau national qu'ils s'imaginent, un peu légèrement, pouvoir être à leur portée alors qu'ils travaillent plutôt pour l'extrême-droite montante. Jusqu'à finir, pour certains, par rejoindre les ennemis d'hier. C'est, du moins, ce que le fascisme a illustré à une autre époque, certes bien différente de la nôtre mais selon une même logique. - [Heidegger, sauveur du monde](https://jeanzin.fr/2014/06/06/heidegger-sauveur-du-monde/): Apports à la philosophie. De l'avenance (1936-1938) ou Contributions à la philosophie. De l'événement Après avoir dénoncé sa compromission avec le nazisme, dans sa philosophie même, j'ai essayé de rendre compte des origines, largement religieuses, de la pensée heideggerienne dont l'existentialisme s'est nourri mais à partir de ce qu'on peut appeler son moment athée. Celui-ci commence avec son cours sur l'Ontologie et prendra toute sa force dans Être et Temps. Il s'agit avec ce livre posthume, qui est en même temps, surtout dans sa première moitié, une critique du nazisme réel (par rapport au sien), d'aborder ce qu'on appelle le "tournant" et qui est plutôt de l'ordre d'une conversion (ou re-conversion!) puisqu'il s'agit bien d'un retour au religieux sous la forme du "Dieu à venir", incroyable personnification de la totalité de l'Être et de l'histoire qui prend la place de l'humanisme existentialiste en refondant l'appel à une transcendance capable de donner toute sa valeur à l'existence. Le plus paradoxal (il n'est d'ailleurs pas sans en éprouver la contradiction et vouloir en sortir, par exemple p517), c'est qu'on peut considérer que son errance tient malgré tout à la surévaluation de la place qu'il laisse à l'homme dans l'histoire (berger de l'Être). En quoi il se révèle finalement solidaire des errements de son temps, à rebours des critiques qu'il en fait de la façon la plus explicite (dans "la lettre sur l'humanisme" notamment) et de ce qui constitue l'objet même de son "tournant" : Ce retournement où ce n'est pas l'étant qui est fondé par l'homme, mais où, tout au contraire, c'est être homme qui se voit fondé par l'Etre. (p214) Malgré un vocabulaire abscons et des pages illisibles (par exemple p322), beaucoup de gens devraient lire ce qu'on peut considérer comme un délire pénible et répétitif, mais qui a l'intérêt de pousser jusqu'au bout les conséquences (religieuses) de positions qu'on retrouve largement dans l'écologie et les discours technophobes, tout comme chez les critiques de l'aliénation ou les discours élitistes qui se croient subversifs, tous ceux enfin qui se voudraient effectivement les sauveurs du monde (et ils sont nombreux). Le plus tragique, en effet, c'est que tous ces utopistes à côté de la plaque sont de nouveau prêts à s'allier avec les pires populistes et réactionnaires au nom de leurs rêves de retour au passé et d'une nature idéalisée, sinon de croyances ouvertement religieuses, sans voir qu'ils prêtent ainsi main forte à des périls bien plus grands et qui n'ont rien d'imaginaires cette fois ! Il ne peut s'agir pour autant de réduire à rien les apports d'un des si rares grands philosophes sous prétexte qu'il a été un nazi convaincu - avant certes de le regretter amèrement (mais sans véritable repentir, ne s'offusquant pas tant de "la brutalité de la violence" p279, encore moins comme on le verra dans les cahiers noirs de l'antisémitisme qu'il partage ou la régénération de la race allemande, et prônant plutôt une désertion de la politique). Cela prouve à quel point les philosophes peuvent se tromper et comme la recherche de la vérité peut égarer les plus grands esprits et pas seulement les masses incultes comme on voudrait s'en rassurer. Lorsqu'on touche à l'essentiel, le risque de l'erreur en est décuplé, la moindre déviation, une négation de trop, peut porter à de lourdes conséquences. Il ne suffit pas pour autant de se délecter d'une critique facile et moralisante qui s'imagine pouvoir, au nom de ses propres certitudes, rejeter de l'histoire comme nuls et non advenus tous ces errements, simplement les oublier comme s'ils n'avaient jamais eu lieu, faire un trou dans nos mémoires... Au contraire, il n'est pas possible de se soustraire à l'exigence de faire du faux un moment du vrai, ce qu'on essaiera pour finir dans ce qu'on peut appeler une inversion matérialiste ou scientifique de son idéalisme mystique ouvertement anti-scientifique. La subjectivité de l'être-parlant, qui n'est effectivement plus cause de soi - ce sur quoi on s'accorde - peut être renvoyée au désir de désir et à l'énonciation plus qu'à un Etre mythifié (et sans nous réduire à nos neurones). Ces dimensions sociale et symbolique sont partie intégrante de notre monde, très matériellement, même si elles ne rendent pas compte de la part subjective, du fait d'y être concerné dans son être et dans l'urgence, ce qui constitue bien l'expérience de l'existence sur laquelle il nous éclaire, engagée dans les rapports humains et sociaux, les paroles trompeuses, les promesses non tenues et la manie de se raconter des histoires. Qu'on ne puisse nier nos déterminations, et qu'on soit bien obligés d'admettre que nous sommes forcément limités à l'état des savoirs et des représentations de notre temps, n'est pas une raison pour autant d'adopter un point de vue extérieur, de surplomb, indifférent, ni de se dérober à la nécessité de fonder la dignité du sujet et la valeur de l'existence - sans avoir besoin pourtant d'un Dieu qui nous les donne (mais l'Autre, garant de la vérité, qui n'existe pas?). - [Revue des sciences juin 2014](https://jeanzin.fr/2014/06/01/revue-des-sciences-juin-2014/): Simuler une cellule vivante La biologie de synthèse La supersymétrie, une théorie en crise ? Un atlas neuronal des comportements des larves de mouche Sirt1 compacte l'ADN La tardive diversification des mammifères L'effet Casimir pourrait maintenir ouvert les trous de ver Créer des paires de particule-antiparticule avec un laser Extraction de pétrole des sables bitumineux Concept EauSoleil L'effet thermogalvanique pour convertir en électricité la chaleur perdue L’arbre à vent Une nouvelle batterie révolutionnaire au carbone organique Dessalement de l'eau de mer par ionisation Toshiba se lance dans les usines à végétaux Darwin aurait plagié (en 1859) la théorie de Patrick Matthew (1832) Des bactéries survivent dans l'espace Des bactéries avec un code génétique artificiel étendu Les mouches réfléchissent avant d'agir Le remodelage des connexions nerveuses Voir son cerveau en action De légers courants électriques pour contrôler ses rêves Musique et langage Les mêmes neurones pousseraient au sexe ou à la violence Les radicaux libres déclenchent les mécanismes de protection de la cellule Pas de cause unique du vieillissement mais l'interaction de plusieurs facteurs Manger du piment rouge allongerait l'espérance de vie Comment orienter le destin d'une cellule souche par les tensions subies Les bienfaits cardiovasculaires de l'huile d'olive Un pacemaker alimenté sans fil Remplacer l'optogénétique par la chimiogénétique pour traiter l'épilepsie Des lunettes ajustables pour les pays pauvres (entre 2 et 5€) Produire des protéines artificiellement en dehors de la cellule Un spectromètre pour analyser la nourriture, entre autres oPhone : recevez des odeurs par SMS Des robots qui s'assemblent quand on les chauffe La voiture sans volant de Google Un train à sustentation magnétique et sous vide roulant à 3000 km/h - [Rappelle-toi Barbara...](https://jeanzin.fr/2014/05/15/barbara/): Il faut dire que je suis un peu émotif en ce moment, en tout cas ce morceau, intitulé "Barbara et son public", que je ne connaissais pas et constitué des interminables rappels d'un public qui ne veut pas la laisser partir et lui chante ses chansons pour qu'elle les reprenne, m'émeut jusqu'aux larmes par l'amour qu'ils renvoient à une chanteuse sur le retour, dont je n'aime d'ailleurs pas tellement les interprétations un peu trop braillées par rapport aux originaux plus intimes, témoignant sans doute d'autant plus de reconnaissance que ses chansons ont accompagné les moments les plus difficiles et solitaires de leur existence (le mal de vivre, soleil noir, à mourir pour mourir, etc.) même si ce ne sont pas forcément les meilleures ni celles qu'ils chantent ici. Il y a de bonnes chances que cela laisse froid la plupart des auditeurs mais il me semble qu'on retrouve dans cette ferveur quelque chose des émotions politiques ou religieuses, enthousiasme des foules qui est quand même plus innocent dans l'enceinte d'une salle de spectacle... - [Les causes multiples du vieillissement](https://jeanzin.fr/2014/05/07/les-causes-multiples-du-vieillissement/): Plusieurs nouvelles récentes rendent compte des multiples causes du vieillissement qu'il m'a semblé utile de rassembler, avec toutes les incertitudes qui restent, mais plaidant du moins contre une cause unique et exclusive qu'il suffirait de traiter (avec une protéine miracle présentée comme un véritable élixir de jouvence) et plutôt pour des stratégies anti-âge diversifiées et complémentaires. Il peut arriver que les déterminations génétiques ne dépendent que d'un seul gène mais c'est assez rare. Les phénomènes de complexification des organismes et de sélection naturelle, notamment la sélection de groupe et les pressions écologiques, privilégient plus souvent la conjonction de plusieurs processus dont l'un ou l'autre prend le dessus en fonction de circonstances diverses (stress, surpopulation, infections, nourriture, mode de vie, notamment sommeil et activité physique). Ainsi, on peut identifier une série de facteurs de sénescence : stress oxydatif, mitochondries, télomères, citokynes inflammatoires, baisse hormonale (mélatonine, hormones sexuelles), cellules souches, méthylation et, aux dernières nouvelles, certaines protéines mais il y a aussi toutes les maladies et accidents de la vie, les virus eux-mêmes faisant partie intégrante de la régulation des populations en fonction de leur densité (ce qui nous rend si exposés à une pandémie actuellement). La plupart du temps on peut dire que ça se dérègle de tous les côtés mais parfois agir sur un seul de ces facteurs peut allonger significativement la vie et il faut souligner qu'il y a quelques espèces où plus ils sont vieux, plus ils se reproduisent et sont performants, la sélection ayant valorisé la durabilité dans des milieux extrêmes comme le désert - confirmation éclatante que le vieillissement n'est pas une fatalité et ne résulte pas d'une simple usure des corps mais se trouve le plus souvent génétiquement programmé (quand le saumon meurt après pondaison, ce n'est en rien un défaut de régulation mais au contraire une optimisation des ressources pour sa descendance qui s'en nourrit). - [Revue des sciences mai 2014](https://jeanzin.fr/2014/05/01/revue-des-sciences-mai-2014/): Théorie des trous de vers et de la matière noire L'extinction du Permien à cause des bactéries méthanogènes Le "plan B" du climat : la géoingénierie spatiale Bientôt le boom des mini centrales nucléaires Du pétrole avec de l'eau de mer Villes flottantes Le métabolisme aurait précédé les cellules La transmission épigénétique par les ARNm Autisme et Schizophrénie inconnus de Neandertal ? La durée de vie limitée par le nombre de cellules souches La protéine REDD1 cause l'atrophie des dendrites dans la dépression Même un usage occasionnel du cannabis modifie le cerveau L'Alzheimer causé par l’inflammation chronique Un vagin complet et fonctionnel à partir de cellules des patientes Des cellules souches à partir de la peau d'un homme de 75 ans Du sang artificiel Restaurer l'audition de personnes sourdes avec un virus Le bisphénol A provoquerait obésité et diabète Des nanorobots qui contrôlent un cafard avec des protéines Un drone qui recharge sa batterie sur les lignes électriques ? Des exosquelettes contrôlés par la pensée (EEG) - [Solutions imaginaires](https://jeanzin.fr/2014/04/27/solutions-imaginaires/): Comme une bonne partie de ma génération, j'ai voulu passionnément changer le monde après Mai68 mais, contrairement à la plupart et lorsque le chômage m'a permis d'y consacrer tout mon temps, je m'y suis attelé très sérieusement. En témoigne la quantité de textes que j'y ai consacré. Je ne peux pas dire, hélas, que cela m'ait rendu très optimiste sur les chances d'y arriver... En fait, à comprendre la théorie de l'évolution par la théorie de l'information, c'est-à-dire par la détermination du milieu, et devenir de plus en plus matérialiste, j'y ai perdu toute illusion de pouvoir décider de l'avenir face à l'accélération technologique et l'étendue de nos limites cognitives, ce qui ne veut pas dire que notre action ne serait pas décisive dans ces temps de mutation mais en partant plutôt du local et de la nécessité de relocaliser une économie globalisée à l'ère du numérique. Il n'y a rien là cependant qui puisse provoquer l'enthousiasme des foules, ni satisfaire un quelconque besoin métaphysique ni même notre indignation devant les injustices du monde qu'on peut seulement réduire à notre mesure. Impossible de s'y résoudre, sans doute. Pour Ernst Bloch, il serait impossible de vivre sans utopie, sans rêves, encore plus de transformer la société sans une bonne dose d'idéalisation. Le principe espérance serait indispensable à la vie comme à la politique, carotte devant notre nez pour nous faire avancer ! Le mythe de la boîte de Pandore nous assure pourtant que l'espérance y serait restée enfermée... Le désir qui nous porte paraît indissociable d'un esprit qui regarde le monde et veut le refaire (Bloch nous assure même que "le bâton tordu veut être redressé" !), dénonçant ses injustices et voulant le soumettre à notre jugement, le passer au cordeau, ne pouvant accepter enfin une réalité qui nous blesse et nous choque tant. D'avoir une pensée et de se projeter dans l'avenir nous oblige au moins à dire ce que nous voudrions - sans s'embarrasser hélas de sa faisabilité le plus souvent ! A de nombreuses reprises, en politique, on a bien expérimenté pourtant à quel point il n'était pas sans dangers de nourrir des fantasmes et ne pas tenir compte des rapports de force ou de la situation économique. Cela mène généralement à la confusion de ce qui est juste pensable et pur imaginaire, avec le possible effectif, le réalisable à notre portée. Rien ne sert de chauffer les foules en faisant appel à Jaurès, à Robespierre, si ce n'est à Dieu lui-même, pour nous éviter la confrontation avec les réalités matérielles. C'est, en effet, la première illusion, illusion religieuse d'une conversion universelle des coeurs qui nous ferait entrer soudain dans le royaume de la justice. La Révolution Culturelle chinoise a pu y ressembler, mais avec quel résultat ! Il nous faut revenir à des objectifs plus modestes, malgré qu'on en ait... Selon certains, il ne faudrait pas tenir compte de l'échec du communisme qui resterait une hypothèse crédible comme s'il n'avait pas rassemblé déjà la majorité de la population mondiale ! Il ne faudrait pas non plus tenir compte des échecs des derniers mouvements sociaux et de la montée de l'extrême-droite, pas plus qu'il ne faudrait tenir compte du reste du monde, de l'écologie, du numérique, etc. C'est tout juste si la faute n'en reviendrait pas à ceux qui osent émettre des critiques là-dessus et ne feraient que désespérer Billancourt, empêchant qu'un grand mouvement progressiste ne balaye tout sur son passage ! On peut laisser ces militants autistes continuer à se taper la tête contre les murs, cela n'avancera à rien qu'à retarder les adaptations nécessaires et le retour des luttes d'émancipation. L'autre attitude serait, au contraire, de coller aux évolutions, les orienter autant que faire se peut à notre profit, la seule solution serait de s'engager dans la grande transformation de l'ère du numérique et dans des solutions locales au désordre global, seule façon d'être fidèle en acte à ce refus de l'injustice mais c'est une fidélité trop dérisoire pour les utopistes refusant de faire le deuil de l'impossible en passant de l'éthique au politique. Après avoir critiqué les propositions d'ATTAC ou du PNUD, on va donc essayer de passer en revue, de façon un peu trop sommaire j'en conviens, quelques fausses bonnes idées ne constituant que des solutions imaginaires : prendre aux riches, supprimer l'argent ou la propriété, arrêter le progrès ou la croissance, augmenter les salaires, réduire le temps de travail, ne pas rembourser ses dettes, supprimer l'armée, se réapproprier les médias, une démocratie radicale, sortir de l'Europe et de l'Euro, etc. Il ne s'agit pas de prétendre que la plupart de ces revendications ne seraient pas souhaitables, même si ce n'est pas toujours le cas, mais qu'elles ne sont pas faisables en l'état et surtout qu'elles nous détournent de solutions plus effectives. - [Permanence et fonctions des hiérarchies](https://jeanzin.fr/2014/04/12/permanence-et-fonctions-des-hierarchies/): La contestation des hiérarchies en tant que telles est stérile et même contre-productive quand ce qu'il faudrait, c'est les alléger et les démocratiser ! C'est ce qui fait toute la différence entre d'inutiles utopies et le véritable progrès social. Il s'agit de comprendre les nécessités de l'organisation et la fonction des structures hiérarchiques pour bien distinguer les hiérarchies opérationnelles des systèmes de domination et avoir la capacité d'en réduire l'hétéronomie ainsi que l'infériorisation des acteurs, c'est-à-dire tout simplement remplacer la contrainte par l'information. Ces idées ne sont pas nouvelles puisqu'elles ont été à l'origine de la formation du GRIT (plutôt "le groupe des dix" à l'époque), portées surtout par Henri Laborit, notamment dans "la nouvelle grille" comme on le verra plus loin. Tout ce mouvement venait de la théorie des systèmes et de l'écologie (des écosystèmes, inspirant notamment le rapport de Rome sur les limites de la croissance. Voir aussi le Macroscope de Joël de Rosnay avec son dernier chapitre sur l'écosocialisme). Ce mouvement devait hélas, comme toute la "cybernétique de deuxième ordre", un peu trop s'engluer ensuite dans une auto-organisation informe qui inspirera une bonne part du néolibéralisme (sous le nom d'ordre spontané). L'auto-organisation a une place certes irremplaçable, qu'il fallait intégrer, mais bien plus réduite qu'on ne l'a imaginée (comme si la sélection naturelle en était restée aux bactéries au lieu d'organismes de plus en plus complexes). Les choses sont moins immédiates et bien plus subtiles (dialectiques) que les mots d'ordre politiques, devant combiner l'organisation collective et l'autonomie des acteurs - d'autant plus à l'ère du numérique. Il n'y a pas de truc miraculeux pour cela même s'il y a quelques dispositifs utiles, le plus important étant de garder un point de vue critique sur les pouvoirs et de chercher à réduire les dominations sans refouler les rapports de pouvoir ni le fonctionnement effectifs. - [La passion de la liberté](https://jeanzin.fr/2014/04/08/la-passion-de-la-liberte/): Impossible de s'en raconter, faire comme si nous n'étions pas coincés de toutes parts à nous débattre entre mille contraintes, nous cogner contre une dure réalité qui n'a rien d'idéale (où les autres nous font si souvent souffrir). Pour ne rien arranger, il nous faut bien admettre nos limites cognitives et perdre de notre superbe, tant de fois nous nous sommes trompés ou avons été trompés, pris dans les modes du moment ou victimes de notre propre connerie. Perdus au milieu d'un monde dont nous avons tellement de mal à suivre le rythme, le nez dans le guidon, il n'y a pas à la ramener ! Nous sommes bien le jouet de nos humeurs et de nos désirs, le produit de notre milieu et de notre histoire, d'une nature animale aussi bien que d'une culture symbolique... Le sujet de la science nous dépouille de toutes nos illusions et ce savoir sur le savoir semble bien réduire la liberté, comme le pensait Spinoza, à la simple ignorance des causes qui nous font agir, tout à l'opposé de nos rêves de toute-puissance et de la fascination de penser le monde, un monde qui serait forgé à notre image ! Depuis toujours la sagesse, sinon la guérison, serait paraît-il de s'en arranger, d'accepter notre état de créature et comme s'absenter du monde dans sa contemplation passive ; mais il n'est pas si sûr qu'on pourrait s'en satisfaire, ni surtout que ce serait souhaitable, à perdre l'essentiel de ce qui fait notre humanité en reniant ainsi notre part de liberté - encore faut-il dire laquelle. On pourrait d'abord rétorquer à cette sorte de monde psychotique implacable de la science (monde compact et sans interstices d'une causalité mécanique abolissant le temps) que la liberté consiste justement à ne pas savoir, tiraillé entre des exigences contradictoires ou hésitant par manque d'informations. Pour Norbert Elias, ce serait même la multiplication des contraintes comme des choix auquel l'individu se trouve confronté qui renforcerait notre sentiment de liberté ! Ne pas savoir quoi faire est indubitablement la preuve qu'on n'est pas si déterminé qu'on le prétend mais cela ne veut pas dire qu'on ne serait pas très largement déterminé quand même, et, surtout, ne rend absolument pas compte de ce qui est en jeu et nous concerne plus intimement, de cette passion de la liberté qui nous habite et qui n'est en rien contradictoire cette fois avec toutes nos déterminations. Il faut complètement inverser la façon dont on pense liberté et détermination pour en faire, non pas un impossible libre-arbitre ni la voix de l'universel en nous ni une question métaphysique, mais bien une passion subie, la négativité d'une rupture, d'un acte qui tranche, d'une limite franchie. - [Revue des sciences avril 2014](https://jeanzin.fr/2014/04/01/revue-des-sciences-avril-2014/): La reconnaissance visuelle chez les insectes Stimuler le cerveau pour stopper la dépression Inflation : les ondes gravitationnelles du Big Bang enfin découvertes ?Pas de firewall à l'horizon des trous noirs La thermoélectricitéL'exploitation des insectes de l'alimentation à l'énergieDes plantes bioniquesRécupérer avec un aimant le phosphore des eaux usées Du génome au transcriptome Un chromosome de levure artificiel et optimisé Les dauphins se servent du poisson globe comme drogue hallucinogène Reconstitution 3D en temps réel de l'activité du cerveau à partir de l'EEG Des centaines de formes de neurexine et donc de synapses Permanence des hiérarchies Suspendre la vie des patients avant de les opérer Un check-up sur une puce Un antibiotique activé par la lumière Nettoyer les cellules mortes Des cellules de la peau transformés en neurones montrent la cause des troubles bipolaires Les lentilles de contact intelligentes de Google Des drones jetables avec des imprimantes 3D Snoopy, le drone qui peut espionner les smartphones Un visage de robot expressif par projection d'images - [Le sujet de la science](https://jeanzin.fr/2014/03/14/le-sujet-de-la-science/): La plupart des "intellectuels" de notre temps, y compris ceux qui se veulent les plus subversifs, ne sont que des moralistes et des idéologues qui produisent une littérature édifiante sans aucune portée et qui semble destinée plutôt à nous raconter ce qu'on veut entendre - ce qui les met du côté des religions. Cette réaction "humaniste" peut, en effet, être caractérisée comme une religion du sujet exaltant sa liberté contre les sciences et techniques qui en dénoncent au contraire les illusions, notamment politiques. C'est cette opposition du sujet à la science comme du volontarisme au déterminisme qui prend la place des grandes idéologies du siècle dernier, témoignage de la difficulté à intégrer les avancées des sciences et les bouleversements de technologies qui nous transforment au point de mettre en question notre humanité même (la mise en question de notre être devient une question très concrète). C'est donc parce qu'elle serait menacée par les sciences et techniques qu'on va chercher à donner un contenu positif à une humanité qu'on reconnaît même aux fous et aux pires criminel, qui ne sont effectivement traités ni en animaux, ni en robots. Malheureusement, sans le support de la religion, il n'est pas si facile de démarquer l'un de l'autre par une qualité véritablement universelle, jusque dans les états les plus pathologiques (comateux par exemple). A la place, on ne fait souvent que surévaluer grossièrement la subjectivité, la parole, l'intelligence, la culture. Sans avoir rien à renier de nos déterminismes ni des sciences, il est possible pourtant de sauvegarder une place éminente au sujet qui l'oppose radicalement aux simples objets mais aussi aux autres animaux (il ne s'agit pas de vitalisme). Ce sujet de la science est cependant dépouillé de tout narcissisme. En son universalité, ce n'est pas une identité ni une essence mais uniquement une "position de sujet", dissymétrie qu'on retrouve dans la position du citoyen par rapport aux pouvoirs, ce qui est sa dimension politique. Toute tentative de définir ce sujet de la science que nous sommes par quelque particularité ne peut qu'échouer en menant à la négation (plus ou moins violente) d'une partie de notre humanité mais aussi à la crainte de la perdre soi-même, alors qu'un sujet, cela résiste à tout comme on le voit notamment avec le sujet de la folie. - [Ukraine : l'engrenage fatal ?](https://jeanzin.fr/2014/03/07/ukraine-l-engrenage-fatal/): A l'heure qu'il est, l'hypothèse du déclenchement d'une guerre meurtrière en Europe ne semble pas la plus probable tant ce serait une folie. Toutes sortes d'organismes et d'intérêts plaident pour calmer le jeu mais, voilà, cela ne tient qu'à un fil, on marche sur des oeufs et le moindre coup de feu pourrait rendre la situation irréversible. C'est l'occasion de comprendre comme l'histoire échappe à ses acteurs malgré tout ce qu'on nous serine à longueur de temps. Certes des trésors de diplomatie pourraient désamorcer la montée des tensions, mais il n'y a là rien d'assuré. La première chose à souligner, c'est à quel point nous dépendons entièrement de ce qui se passe loin de chez nous, d'enjeux historiques qui nous dépassent et d'un excité quelconque pouvant servir d'étincelle à cette poudrière. Ce qui nous rend si dépendants, ce sont les traités qui nous engagent, tout comme en 1914 ou 1939. Ici, nous serions impliqués par ricochet de notre appartenance à l'OTAN mais les USA et la Grande-Bretagne se sont engagés plus directement à défendre l'intégrité de l'Ukraine en contrepartie de leur abandon de sa puissance nucléaire héritée de l'URSS. - [Revue des sciences mars 2014](https://jeanzin.fr/2014/03/01/revue-des-sciences-mars-2014/): L'inconscient cognitif L'ordinateur quantique Pour Lee Smolin le temps existe, pas l'espaceUn univers qui émergerait du videLa matière noire : des neutrinos stériles ?Prévoir l'éruption des volcans ?La supraconduction à température ambiante avec du graphène Des nanostructures thermoélectriques pour réduire les pertes de chaleurUn robot tondeuse qui marche à l'herbe Les mutations les plus courantes dominent les plus adaptéesDes virus à l'origine des multicellulaires ? La reproduction épigénétiqueComment sont reliés taille et métabolismeDes mâles XX en l'absence de FOXL2Le lait maternel s’adapte au sexe du bébéLe lancer: une activité strictement masculine durant la préhistoireUn implant cérébral pour enregistrer la mémoire et la restaurer quand on la perdComment le cerveau fabrique la religionMoins de suicides dans les grandes villes Prédire la mortalité à 5 ans avec 4 biomarqueursEdition hi-fi d'un génome défectueux d'une seule lettreDes tissus artificiels vascularisésL'ocytocine et le chlore à l'origine de l'autisme ?Bloquer la douleur par optogénétique Google Ara, le smartphone modulable à 50$La reconnaissance de commandes gestuelles sans pilesLe contrôle facile par le cerveauMieux que les accessoire connectés, le t-shirt digital Un skype avec votre chienUne imprimante 3D soudeuse à partir de fils métalliquesUn robot aux performances cognitives proches de celles des abeillesL'informatique neuromorphique inspirée des insectes Un drone autonome de cartographie Une voiture open source minimale à monter soi-même en 1h Pégase, la voiture volante made in France Un jet supersonique sans hublots, remplacés par des écrans - [L'accélération technologique](https://jeanzin.fr/2014/02/14/l-acceleration-technologique/): La critique de la technique fait partie des fondements de l'écologie depuis Ellul mettant en cause le système technicien ou Illich les monopoles radicaux de la mégamachine et plaidant pour des outils conviviaux. Avec Gorz, la critique se fait plus politique d'un nucléaire incompatible avec la démocratie et de techniques hétéronomes opposées à celles qui nous donnent plus d'autonomie (passant d'une critique de la technique à une critique du travail et de la subordination salariale). Après-coup, on ne peut que constater à quel point cette critique de la technique a pu être exagérée mais surtout qu'elle a échoué sur toute la ligne, ne parvenant pas à infléchir en quoi que ce soit une évolution technique qu'on subit entièrement et dont nous sommes beaucoup plus spectateurs qu'acteurs. Le rattrapage actuel de la Chine rappelle l'échec de la Révolution Culturelle à suivre sa propre voie, avec ses propres techniques, d'avoir oublié les principes d'un matérialisme historique si dénigré alors que le progrès technique bouleverse les rapports sociaux comme jamais et s'impose très matériellement au système de production comme, en son temps, la machine à vapeur à l'industrie. En fait, ce qui rend désormais si tangible le caractère impersonnel et inéluctable de l'évolution technique, c'est bien son accélération dont on n'a encore rien vu, étant donné ce qui nous attend dans les prochaines années. Ce déferlement incessant suscite inévitablement une levée des résistances individuelles et ce qui devient simplement une critique des nouvelles techniques soumises à des comités d'éthique absolument sans autre effectivité qu'un très léger retard dans leur adoption. Il n'y a pas à s'en étonner, la résistance à l'évolution fait partie intégrante de l'évolution, de sa robustesse, mais sans autre effet qu'éphémère et très localisé. On peut empêcher localement des infrastructures, interdire des OGM (mais importer du soja modifié), tenter de sortir du nucléaire, réglementer à tour de bras mais pas empêcher partout dans le monde ces techniques d'être employées et perfectionnées, jusqu'à devoir s'y convertir malgré nous. Il est en effet impossible d'oublier ce qu'on a appris, notre histoire étant celle d'un savoir cumulatif dans les sciences et techniques. L'évolution technique est largement darwinienne, guidée dans l'après-coup par l'information, l'extérieur, le milieu et non par les individus qui l'explorent, prenant ainsi véritablement le relais de l'évolution génétique qu'elle accélère déjà. Au même titre que l'évolution de l'espèce, mais pour des temps nettement plus réduits, l'état des techniques constitue le marqueur d'une époque et de notre être-au-monde, des transformations auxquelles nous sommes confrontés dans notre existence historique concrète et singulière, le vrai passage du temps qu'on ne rattrape jamais. Il vaut mieux le savoir et savoir que ça n'est pas près de s'arrêter, que nous ne pourrons ni sauter du train en marche ni faire barrage de notre corps à la vague qui nous engloutit. - [Revue des sciences février 2014](https://jeanzin.fr/2014/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2014/): Comment le cerveau code les concepts L'homme devenu carnivore, les grands carnivores disparaissent Les mathématiques de la parcimonie qui révolutionnent les images numériques Raisonner, c'est inhiber nos intuitions L'unité européenne, il y a 5000 ans Un u-bit intriqué avec tout l'univers Les trous "noirs" laissent passer la lumière La téléportation de l'énergie à grandes distances Canaliser les flux de chaleur Exploiter tout le spectre solaire en le convertissant en chaleur Des centrales "omnivores" pour produire du bio-méthane à la demande Des batteries à flux redox organiques rapides et bon marché La vie favorise volcanisme et tectonique des plaques qui la font évoluer L'analyse génétique gène à gène accélérée Des cellules dans l'acide citrique deviennent pluripotentes en 30mn 20% du génome de Neandertal dans la population Les Sapiens chasseurs-cueilleurs européens avaient les yeux bleusParler mobilise les 2 côtés du cerveau La mémoire des premières années se perd à 7 ans L'effet Dostoïevski de l'extase épileptique localisé dans l'insulaL'ecstasy contre l'anxiété Effacer une mémoire récente avec un inhibiteur de HDAC2 Les nanoparticules avenir de la médecine L'aspirine contre les macromutations et les métastases cancéreuses Le téléphone modulaire de ZTE Une imprimante 3D qui construit une maison en 24 heures - [EcoRev'41 : Produire autrement](https://jeanzin.fr/2014/01/19/ecorev41-produire-autrement/): Il est difficile de rendre compte de toute la richesse de ce numéro qui explore un peu toutes les pistes. Pour ceux qui se préoccupent du concret de la production, il y a là matière à réflexion. Je dois bien avouer pourtant que de passer en revue les alternatives proposées m'a laissé plutôt morose et sceptique, ce que n'a fait que renforcer l'utopie genre "An 01" à la fin du numéro qui nous présente un monde idéal grâce à une super "Dotation Inconditionnelle d'Autonomie". Je me suis essayé moi aussi à présenter un avenir radieux, mais en sachant combien c'est artificiel et simple rhétorique, façon d'escamoter le réel de la vie, sa dureté, ses conflits, ses malheurs et tous les obstacles qui se dressent sur la route. Il ne suffit pas d'avoir chacun son utopie, plus ou moins naïve et bancale, en s'imaginant que tous l'adopteraient avec enthousiasme dans l'illusion de l'unanimité alors qu'on ne représente rien... Je le répète souvent, le problème ne vient pas tant de nos ennemis mais bien plutôt de notre déficit intellectuel collectif, notre impuissance à nous entendre sur une stratégie réaliste, laissant le champ libre à tous les illuminés et démagogues. Pour l'instant, ce qui s'annonce n'a rien de réjouissant, l'heure n'est certes pas à se bercer d'illusions. On peut juste tabler sur les convergences qui se dessinent et se réjouir de voir que les lignes bougent - bien trop lentement, hélas, retardant par toutes sortes d'archaïsmes notre adaptation au monde qui vient et bouleverse tous nos repères, monde globalisé du numérique, de l'écologie et du développement humain. - [Du national-populisme au nazisme](https://jeanzin.fr/2014/01/15/du-national-populisme-au-nazisme/): Hannah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour, Antonia Grunenberg Lorsqu'on se replonge dans l'Allemagne pré-nazi et les débats philosophico-politiques de l'époque sur l'aliénation et les utopies communautaires ou communistes, on ne peut qu'être frappé de l'immense écart avec ce qui a suivi. Pour certains, ces massacres de masse n'auraient été qu'une parenthèse dans cette quête de l'absolu qu'il faudrait reprendre à notre compte comme si de rien n'était, comme si le réel n'en avait révélé le caractère non seulement illusoire mais criminel. Il est assez effarant de voir à quel point on se fait encore des idées aujourd'hui sur la politique et l'issue de la crise, comme s'il n'y avait jamais eu d'histoire avant nous et que notre situation était entièrement inédite. Il est exact que notre entrée dans l'ère de l'information "change tout" mais il ne faut pas exagérer comme la "nouvelle économie" qui pouvait prétendre que les règles de la logique même avaient changé avant l'éclatement de la bulle internet qui a ramené ces spéculations hasardeuses à la dure réalité (de même que les gigantesques sommes injectées finiront bien par faire s'écrouler le château de cartes). Ce qui est vrai, c'est que le numérique apporte de nouvelles possibilités d'information et de mobilisation mais il rend aussi à peu près impossible le repli nationaliste. Si l'histoire ne se répète jamais à l'identique, le contexte en étant toujours assez différent, il n'en reste pas moins qu'on peut y déceler des cycles qui reviennent comme les modes et qu'il est toujours instructif d'y retrouver des conjonctions étonnement semblables, notamment entre la crise de 1929 et la nôtre, caractéristiques de la fin d'un cycle de Kondratieff (fin de la déflation, krach de la dette et début d'un nouveau cycle d'inflation). Rien ne permet d'en prédire la suite, le pire n'est jamais sûr, les leçons du passé pouvant toujours servir, comme on l'a vu avec les réactions des banques centrales à l'opposée des années 1930, et c'est bien ce à quoi on peut participer en rappelant quelques faits. - [Le jeu de la guerre](https://jeanzin.fr/2014/01/08/le-jeu-de-la-guerre/): Il ne faudrait pas laisser croire qu'il n'y aurait que le travail dans la vie. S'il vient en premier, c'est qu'il en occupe la plus grande part dans la population, nous fournissant tout simplement les moyens de vivre. Cependant, une fois admis le vide des loisirs et de l'oisiveté, on ne peut prétendre qu'il n'y aurait qu'une seule façon d'y échapper. Il n'y a pas que le travail ou le jeu mais aussi l'amour et la guerre. Le travail n'a jamais été le seul mode d'existence possible, ce qu'exprimait bien la tripartition (prétendument) indo-européenne entre "ceux qui travaillent" (laboratores), "ceux qui combattent" (bellatores) et "ceux qui prient" (oratores). La disparition de la guerre dans nos contrées, ou du moins cette paix inhabituellement longue dans notre histoire européenne, pouvait faire croire que la combativité se réfugierait désormais entièrement dans la compétition économique. Il était sans doute un peu naïf de s'imaginer qu'une fonction si ancienne et structurante que la guerre se dissolve sans laisser plus de traces. Il semble bien que, pour certains du moins, ce qui en prend la place, c'est une forme de militantisme politique aux accents effectivement militaires et qui va des révolutionnaires de gauche ou de droite jusqu'aux Islamistes. Le hasard des commémorations du centenaire de la guerre de 1914 fait resurgir notamment les récits d'Ernst Jünger sur "La guerre comme expérience intérieure", témoignant de l'ivresse des combats, qui fait trouver si terne le retour à la vie civile, et pas seulement de ses horreurs - ce qui n'était pas précisément ce qu'on souhaitait rappeler de cette terrible boucherie (pas plus que ce qui relie les nations à la guerre). Or, cela va faire 20 ans, cette année aussi, que Guy Debord, devenu curieusement une icône et même un "trésor national", s'est donné la mort d'un coup de fusil. Il se trouve que ce n'est pas pour rien qu'il avait fait un "jeu de la guerre" et se proclamait stratège, justifiant ainsi une posture qu'on peut dire aristocratique de refus du travail. Significativement, quand on lui demandait ce qu'il faisait dans la vie, il ne disait pas qu'il ne travaillait pas, conformément à son grand principe. Non, mais, bien après que cela ait perdu tout sens, il se prétendait encore révolutionnaire professionnel ! Il avait donc bien une profession, faire la guerre, soldat de la révolution (enfin, il se voulait plutôt général!) comme bien d'autres militants dans l'âme et même s'il en critiquait le dévouement sacrificiel. Cet imaginaire héroïque a certainement participé à son prestige et il fait manifestement aujourd'hui le succès du jihad et d'apprentis terroristes mais imprègne beaucoup d'autres discours radicaux, de plus en plus à droite, hélas ! - [Revue des sciences janvier 2014](https://jeanzin.fr/2014/01/01/revue-des-sciences-janvier-2014/): Numérique : l'ère de l'apprentissage Le QBisme, interprétation bayésienne de la fonction d'ondeEnterrer le carbone en déterrant du méthane ? D'énormes réserves d'eau douce sous l'océanDix insectes autorisés pour la consommation humaine en Belgique C'est l'environnement qui détermine l'évolution génétiquePlus ils sont vieux, plus ils se reproduisent et plus ils sont performantsLe cerveau se réorganise à la naissance en baissant la sérotonine87 gènes seulement différencient SapiensLa complexité culturelle fonction de la taille des groupes NAD+ la clé du vieillissement ?Avec l’âge, le manque de sommeil augmente le risque de diabète et de maladies neurodégénérativesLa démence de plus en plus tardLe cannabis ferait grossir les seins... des hommes Ryno, le monocycle électrique La revue des sciences reparaît donc mais seulement les extraits terminés sont publics - [Qu'est-ce que la subjectivité ?](https://jeanzin.fr/2013/12/30/qu-est-ce-que-la-subjectivite/): On peut dire que l'année aura été consacrée à une mise en cause radicale de la subjectivité dans ses conceptions religieuses ou mythiques qui n'épargnent pas la philosophie, jusqu'à l'existentialisme au moins, ni bien sûr la politique, en particulier le supposé rationalisme démocratique plutôt démenti par les faits. Tout cela n'empêche pas la subjectivité d'exister et de constituer notre expérience intime de la vie. Après avoir constaté à quel point elle était plus déterminée que déterminante - que nous ne sommes pas le centre de l'univers autant qu'il nous semble et que son destin ne dépend pas de nous autant qu'on l'imagine -, il faut bien réintroduire une subjectivité définie non seulement par la représentation mais par ce qu'on ressent et ce qu'on peut, par ce qui caractérise notre être-au-monde, c'est-à-dire d'être confronté à des rencontres et des possibilités qu'on n'a pas choisies mais qui constituent bien notre réalité actuelle, réalité constituée essentiellement de rapports sociaux (être-pour-les-autres). Réalité à laquelle le sujet s'oppose par construction, dénonçant son indifférence et ses injustices qu'on ne peut cependant corriger que localement, une par une. Il reste bien ce qui dépend de nous, l'intervention pratique de la subjectivité et du vivant, notre marge de liberté et d'action même si des forces supérieures ont finalement le dernier mot et que notre esprit est brouillé par toutes sortes d'influences néfastes qui l'aveuglent si souvent (il n'y a pas de désir de savoir mais seulement de croyances rassurantes). Cette réintroduction de la subjectivité dans une histoire soumise à des causalités plus matérielles avait déjà été tentée par Jean-Paul Sartre autour de 1960, en réponse aux attaques de Lukàcs[1], avec "Question de méthode" essayant de concilier "Marxisme et existentialisme", ce qui aboutira à sa "Critique de la raison dialectique". Il n'arrivera pas à en achever le second tome qui tentait vainement de fonder une intelligibilité de l'histoire comme si elle était l'émanation de la subjectivité (et non le règne de l'après-coup). Justement, vient de paraître sous le titre Qu'est-ce que la subjectivité ? une conférence italienne de 1962 initialement appelée "Marxisme et subjectivité", ce qu'on pourrait traduire par "matérialisme et subjectivité", voire déterminisme et liberté, illustrant avec des anecdotes son grand oeuvre qu'il venait de publier et préfigurant son travail sur Flaubert, sorte de psychanalyse matérialiste. Plutôt que d'en faire une véritable critique, c'est surtout l'occasion de réexaminer l'incidence politique d'une subjectivité dépouillée de sa transparence à soi. - [Le plaisir du travail](https://jeanzin.fr/2013/12/20/le-plaisir-du-travail/): Debord considérait que son acte le plus subversif avait été d'écrire sur un mur "Ne travaillez jamais" et Rimbaud disait avoir "horreur de tous les métiers". Rien ne paraît plus réactionnaire que de vouloir valoriser le travail en soi, simple justification d'une exploitation éhontée et de la soumission passive au devoir comme à la peine (travail, famille, patrie). Il y avait incontestablement quelques bonnes raisons, depuis notre exil du paradis des chasseurs-cueilleurs, d'identifier le travail à la peine et la contrainte, punition divine sinon forme d'esclavage. Il se pourrait cependant qu'à l'ère du numérique et de l'automatisation, le travail se dépouille de sa pénibilité physique pour ne plus consister en simple dépense d'énergie, comme dans la thermodynamique originelle, mais bien plutôt comme l'inverse de l'entropie ce qui n'est pas exactement la même chose et moins fatiguant à s'appuyer, tout comme la cueillette, plutôt sur l'information (comparable au démon de Maxwell triant les molécules les plus rapides au lieu de les accélérer). Sur cette face, on peut dire le travail "immatériel" du fait qu'il n'exploite pas une "force de travail" mais mobilise des subjectivités avec leurs compétences particulières pour l'exécution d'une tâche au service d'un objectif commun. Dans ce contexte, il faut montrer en quoi l'autonomie est essentielle pour sortir de l'aliénation salariale mais aussi qu'il ne s'agit absolument pas de se délivrer du travail comme du royaume de la nécessité pour un royaume de la liberté qui se révèle bien vide et livré en général à de bien piètres divertissements. Il ne s'agit pas de s'éviter toute difficulté, ni même d'épargner les corps mais de passer du travail forcé au travail choisi, du travail souffrance (désutilité) au travail plaisir voire au travail passion, il s'agit enfin de rendre le travail désirable autant que faire se peut. Ce qu'il est déjà d'une certaine façon, si l'on en croit les sondages et malgré de nombreux contre-exemples, d'autant plus convoité sans doute qu'il manque (il faut voir comme les salariés défendent leur emploi). Il y a encore de grands progrès à faire pour qu'on puisse s'en satisfaire, notamment à gagner un peu plus en autonomie, mais ce qui pourrait passer raisonnablement pour de simples voeux pieux semble malgré tout confirmé par les évolutions en cours. - [Vivement 2050 ?](https://jeanzin.fr/2013/12/17/vivement-2050/): Programme pour une économie soutenable et désirable Cette fois, on peut dire qu'on a affaire quasiment à la version officielle de l'alternative, du moins pour les pays riches, celle de l'ONU (du PNUD) dans la suite du rapport Meadows sur les limites de la croissance (rapport de Rome). Si ce n'est pas beaucoup plus convaincant, on verra que ce n'est pas tellement éloigné des propositions d'ATTAC même si leur démarche, qui privilégie le consensus sur la confrontation, s'appuie beaucoup plus sur les nécessités matérielles que sur la combativité militante. Le titre reprend pourtant le leitmotiv de rendre désirable un monde sans croissance, comme si le monde était le résultat de nos désirs et de notre subjectivité, comme si on décidait de la société dans laquelle on vit, illusion tenace. Comme la plupart, ils s'imaginent en effet qu'il s'agirait de "parvenir à s'entendre sur un projet de société soutenable et désirable" (p65) alors qu'il serait bien sûr impossible d'accorder nos désirs, ce n'est que sous la menace bien réelle qu'on resserre les rangs dans l'urgence. - [Le petit manuel de la transition d'ATTAC](https://jeanzin.fr/2013/12/09/le-petit-manuel-de-la-transition/): Après avoir beaucoup travaillé ces derniers temps à revenir à une forme de matérialisme historique rénové contre les illusions de la politique, les dangers du volontarisme, de l'extrémisme, de l'idéalisme et du moralisme, le temps est venu des travaux pratiques et de porter la critique sur les propositions qui se donnent comme alternatives, puisqu'il ne s'agit pas seulement de comprendre la transformation du monde mais bien d'essayer de le changer réellement pour mieux s'y adapter. On ne parlera pas ici de tous ceux pour qui l'alternative se limite au retour du nationalisme, du protectionnisme, des nationalisations, à la sortie de l'Euro, au rejet des immigrés, à la fermeture des frontières pour pouvoir s'isoler du reste du monde et se retrouver "entre-nous" (fantasme d'Emmanuel Todd qui en connaît pourtant les disparités familiales et alors même que 50% des salariés travaillent pour des multinationales) ! Les interventions africaines actuelles nous rappellent comme cette Nation tant vantée avait une dimension coloniale, d'où viennent les immigrés d'aujourd'hui (comme les Pakistanais vont en Angleterre). La mondialisation nous l'avons faite les armes à la main. On ne parlera pas non plus de ceux qui rêvent de l'expropriation des capitalistes et de la collectivisation de l'économie comme au bon vieux temps. Tant qu'à faire, autant s'attaquer à ceux qui se présentent comme altermondialistes, et dont j'ai été le plus proche, en regardant ce qu'ils proposent comme "Petit manuel de la transition" pour toutes celles et ceux qui aimeraient mais doutent qu'un autre monde soit possible ! - [Revenu garanti vs revenu de base (vidéo)](https://jeanzin.fr/2013/12/07/revenu-garanti-vs-revenu-de-base/): Dans le cadre d'une vidéo intitulée "Un revenu pour la vie" (et qui a besoin d'être financée), Les Zooms Verts ont insisté pour venir me voir le 20 octobre dernier afin de filmer un échange avec Frédéric Bosqué sur les différences entre revenu garanti et revenu de base. Je ne suis pas télégénique ni un bon orateur et ce n'est que l'enregistrement brut de la conversation, avec des longueurs et des raccourcis douteux, bref c'est un peu pénible et bien trop long mais il me semble que la discussion est assez éclairante sur le sujet, notamment par la différence des arguments mobilisés. On aborde aussi les questions du travail, du don, des coopératives municipales ou des monnaies locales ainsi que la nécessité que je défends d'une approche matérialiste et systémique, à l'opposé d'un volontarisme politique vanté de toutes parts mais qui n'est que le symptôme de notre impuissance. Curieux comme on se croit obligé de promettre le bonheur et de croire à des rêves alors qu'il ne s'agit que de faire face (difficilement) aux nécessités. - [La peur pourrait se transmettre épigénétiquement](https://jeanzin.fr/2013/12/02/la-peur-pourrait-se-transmettre-epigenetiquement/): - La peur pourrait se transmettre épigénétiquement Des chercheurs ont constaté que les souris peuvent transmettre aux générations suivantes des informations apprises d'expériences traumatiques ou stressantes - dans ce cas, la peur de l'odeur de la fleur de cerisier. Il ne faut sans doute pas aller trop vite et vouloir expliquer, comme ils le font, la phobie des araignées par exemple par des modifications épigénétiques qui ne se transmettent pas aussi bien que les modifications génétiques et ont tendance à disparaître au fil des générations mais il n'en reste pas moins très étonnant de voir l'ADN servir de mémoire transgénérationnelle par ... Lire la suite - [Revue des sciences décembre 2013](https://jeanzin.fr/2013/12/01/revue-des-sciences-decembre-2013/): La structure en réseaux du langage Vol habité vers mars en 2017 ?Une superposition quantique qui dure 39mn à température ambiante La supraconductivité à température ambiante avec des métamatériauxSupraconductivité à température ambiante avec ruban 2D en étain Filmer à la vitesse de la lumière Le réchauffement de ces 15 dernières années est double de ce qu'on croyaitProduire du méthanol avec le CO2 d'un volcan De l'électricité avec les ondes Wi-Fi Les phonons pour transformer la chaleur en électricité Batteries, etc. Nouveau système de combustion qui double l’efficacité des moteurs La mode des téléphériques urbains (à Paris aussi) Une douche qui recycle son eau Origine de la vie : la reproduction de l'ARN aurait eu besoin de citrates Des méduses nées dans l'espace ne sont pas adaptées à la gravité terrestre Les cellules souches se divisent en cellule différenciée et cellule souche 2 gènes seulement du chromosome Y seraient indispensables Les Dénisoviens, un croisement entre Neandertal et Erectus ? Depuis toujours on passe 1h à se déplacer en moyenne Inhiber un gène provoque d'autres mutations Rien de mieux que les noix pour la santé Le diabète cause l'Alzheimer L'habenula jouerait un rôle déterminant dans la prise de décision et la dépression Biocomputation avec des réseaux de gèneUn simulateur de goût électriqueUne imprimante 3D à 100$Le premier pistolet en métal imprimé en 3D (extraits)  - [Supraconductivité à température ambiante avec un ruban 2D d'étain](https://jeanzin.fr/2013/11/25/supraconductivite-a-temperature-ambiante-avec-un-ruban-2d-detain/): - Supraconductivité à température ambiante avec un ruban 2D d'étain On avait déjà parlé des potentialités d'utiliser les isolants topologiques pour la supraconductivité à température ambiante puisque, curieusement, ils conduisent l'électricité uniquement sur leurs bords mais sans résistance. Les électrons ne peuvent se déplacer à l'intérieur du matériau et sont repoussés à leur surface où ils circulent librement, sans perte. Cette propriété serait justement exploitable avec ce qu'on appelle une structure 2D consistant en un ruban d'un seul atome d'épaisseur, ici d'étain, appelé stanène en référence au graphène (lui aussi ruban 2D) mais avec la racine latine d'étain (stannum). Grâce à ... Lire la suite - [Sortir du capitalisme. Le scénario Gorz](https://jeanzin.fr/2013/11/22/sortir-du-capitalisme-le-scenario-gorz/): Colloque organisé à Montreuil en novembre 2012 par le MAUSS Je dois dire que j'ai trouvé cet ensemble de 16 courtes communications plus intéressant que le livre précédent sur Gorz ("André Gorz, un penseur pour le XXIème siècle") auquel j'avais pourtant participé, témoignant mieux, par les critiques même dont il est l'objet, de sa position singulière en même temps que de tous les débats auxquels il a été associé, principalement autour des thèmes de l'autonomie et du travail. S'y dessine d'une certaine façon la constellation intellectuelle de la gauche depuis Mai68 avec toutes ses divisions idéologiques (qu'on peut trouver risibles pour la plupart) et la suite d'échecs auxquels elle a été confrontée ainsi que les si difficiles révisions auxquelles il a fallu se résoudre (du communisme à l'autogestion puis la RTT et le travail autonome enfin), Gorz devançant souvent les autres et pas seulement dans sa politisation de l'écologie. - [Préface pour les temps futurs](https://jeanzin.fr/2013/11/19/preface-pour-les-temps-futurs/): L'avenir est on ne peut plus incertain et les perspectives bien sombres alors même qu'on aurait les moyens comme jamais de relever les défis écologiques et sociaux auxquels nous devons faire face. Il semble cependant presqu'aussi difficile de faire un diagnostic juste de notre situation (entre négationnisme et catastrophisme) que d'arriver à s'entendre sur ce qu'il faudrait faire pour s'en sortir, le facteur humain sur lequel on voudrait s'appuyer étant, hélas, le maillon faible dans l'histoire. Notre époque vit incontestablement la plus grande mutation non seulement de l'espèce humaine mais de la biosphère, au moins par sa rapidité. A la fois sur le plan de la technologie, de la population et de l'écologie, nous sommes confrontés à la nécessité d'une réorganisation complète de notre système de production. La plupart imagine ce changement de système comme un choix politique plus ou moins arbitraire de valeurs morales et une conversion des esprits pour leur idéal alors qu'il relève plutôt de la pression des faits. Au lieu d'imaginer d'autres mondes à sa guise, il vaudrait mieux se convaincre qu'il n'y a pas d'alternative et que nous sommes bien obligés de changer pour nous adapter à des changements matériels déjà effectifs. C'est ce monde qui ne peut plus durer et se transforme, mais il n'est que trop évident que la transition risque d'être très douloureuse pour les plus faibles et qu'il ne suffit pas de prendre le pouvoir pour savoir quoi faire. - [La révolution numérique](https://jeanzin.fr/2013/11/13/la-revolution-numerique/):  Comme on m'a demandé, suite au billet précédent, de revenir sur la révolution numérique et que je n'ai pas le temps actuellement de refaire un texte sur ce sujet que j'ai traité tant de fois, il ne m'a pas semblé inutile de reprendre ici l'introduction de mon livre de 2004 "Le monde de l'information" qui est sans doute mon livre le plus difficile mais certainement le plus indispensable pour comprendre notre temps. Occasion de rendre hommage à Jacques Robin dont la révolution informationnelle était l'obsession depuis toujours et à qui je dois d'en avoir compris toute la portée une fois clarifié ce concept d'information qui était resté si obscur. - [La théorie de l'évolution comme théorie de l'information](https://jeanzin.fr/2013/11/09/la-theorie-de-l-evolution-comme-theorie-de-l-information/): L'interprétation de la théorie de l'évolution comme théorie de l'information et processus cognitif n'est pas nouvelle où c'est l'acquisition (la sélection) et la transmission d'informations génétiques par l'ADN qui produit, dans l'après-coup, une inversion locale de l'entropie par réaction adaptée, correction d'erreurs et reproduction. Le nouveau deep learning ou apprentissage autonome par renforcement, dont les performances en reconnaissance d'image surclassent largement les autres algorithmes, est lui-même basé sur la théorie de l'évolution comme théorie de l'information. Ce n'est pas ce qu'on discutera ici cependant, mais les conséquences sur notre être au monde d'une causalité qui vient de l'extérieur, dans l'après-coup, et d'une évolution dont nous continuons d'être les sujets loin d'en être les auteurs, matérialisme historique rénové qui réduit notre horizon temporel mais où se dissout la figure de l'homme et les prétentions de la subjectivité comme de l'identité. En bouleversant complètement le monde et nos modes de vie, l'organisation sociale et le travail lui-même, le déferlement du numérique montre très concrètement qu'il y a un point sur lequel Marx avait complètement raison, et ce n'est certes pas sur le prophétisme communiste comme réalisation de la religion mais, tout au contraire, sur la détermination matérielle de l'histoire par la technique et l'impossible conservatisme face à une réalité révolutionnaire, découverte de l'évolution dans les systèmes de production indépendamment de notre bon vouloir. C'est cette appartenance à une évolution qui nous dépasse qui est inacceptable à la plupart, tout comme le déterminisme économique longtemps dénié et pourtant on ne peut plus manifeste. - [L'activité du soleil au plus bas depuis 400 ans](https://jeanzin.fr/2013/11/02/lactivite-du-soleil-au-plus-bas-depuis-400-ans/): - L'activité du soleil au plus bas depuis 400 ans L'activité solaire décline rapidement rendant plus probable (à 70%) qu'on se dirige vers un Minimum de Maunder ce qui pourrait réduire un tout petit peu le réchauffement (par modification des courants de haute altitude à cause des ultraviolets) mais pas jusqu'à provoquer un nouveau petit âge glaciaire qui était d'ailleurs aggravé par des éruptions volcaniques. Combiné avec l'absorption actuelle de la chaleur par les océans (et pourquoi pas d'autres éruptions volcaniques), cela pourrait quand même nous donner un petit répit et un peu plus de temps pour agir. Sauf que le ... Lire la suite - [Revue des sciences novembre 2013](https://jeanzin.fr/2013/11/01/revue-des-sciences-novembre-2013/): Haut débit par laser avec un satellite de la Lune Le retour du Peak Oil Technique prometteuse de fusion par laser Supercondensateurs au graphène sur une puce Surpercondensateurs en charbon de bois Les imprimantes 3D écologiquement efficientes L'évolution guidée par les comportements ? Une machine à télécopie d'ADN Reprogrammer des codons stop pour des acides aminés non naturels Les premiers insectes au Carbonifère (-350 MA) Les dendrites ne transmettent pas passivement l'information Les éléphants montrent du doigt (de la trompe) Le langage vient des vocalises ou des gestes ? La main aurait précédé le pied Une seule espèce humaine, une pluralité de visages L'art rupestre peint par des femmes ? Une fenêtre dans le cerveau pour intervenir sans réouvrir le crâne Alzheimer : jeûne, diurétiques et sommeil La lumière booste les mitochondries et le cerveau Le mécanisme qui provoque des métastases Imprimantes 3D : l'âge du fer L'Aeromobil, une superbe voiture volante (extraits)  - [La transition énergétique facteur de croissance](https://jeanzin.fr/2013/10/27/la-transition-energetique-facteur-de-croissance/): - La transition énergétique facteur de croissance Les analyses économiques classiques des politiques d'atténuation du changement climatique ont généralement conclu que l'austérité économique résulterait de l'austérité carbone. Ces analyses s'appuient cependant essentiellement sur l'hypothèse d'un équilibre économique faisant l'impasse sur les notions pourtant bien établies d'hétérogénéité des comportements, de dépendance du chemin emprunté et de transition technologique. Ici, nous montrons que, tout au contraire, la décarbonisation du secteur de l'électricité au niveau mondial peut conduire à une amélioration des performances économiques. En modélisant le processus d'innovation-diffusion et de déséquilibre dynamique, nous avons déterminé comment les instruments de politique climatique destinés à ... Lire la suite - [Revue des sciences octobre 2013](https://jeanzin.fr/2013/10/01/revue-des-sciences-octobre-2013/): L'élagage des souvenirs pendant le sommeil La naissance de l'écriture en Egypte Particules et champs sont-ils réels ? Les gènes voyageurs Spéciations sans isolement géographique 30s d'hypervigilance après l'arrêt du coeur Le trou d'ozone participe au réchauffement Des traces du multivers dans le fond cosmique ? Et si la gravité fluctuait ? Détourner des astéroïdes de la Terre avec des lasers Le quantique devient classique avec l'émergence de la température Des molécules de lumière La supraconduction à température ambiante Utiliser l'acidité du CO2 pour le faire réagir avec du calcaire Les batteries de réseau les mois chères On a trouvé de l'eau sur Mars Pas assez de méthane sur Mars pour qu'il y ait de la vie ? Toucher les cellules Des levures qui rajeunissent Le squelette a commencé par la tête Manipuler la mémoire d'une souris Arrêter la mort Booster les mitochondries fait retrouver l'énergie de sa jeunesse Les dégâts de l'Alzheimer précéderaient les plaques La fin de la douleur ? La caféine mauvaise pour la maturation du cerveau des adolescents La toxoplasmose modifie le cerveau même après disparition du parasite Un écran électronique extensible, pliable et transparent A quoi serviront les montres connectées ? Phonebloks, le smartphone écolo façon Lego Imprimer des objets plus grands que l'imprimante 3D avec Hyperform Un scanner 3D pour mobiles Un drone solaire - [La blogosphère en panne](https://jeanzin.fr/2013/09/29/la-blogosphere-en-panne/): C'est moi ou il y a un trou d'air dans la blogosphère depuis la rentrée ? Le thème de la fin des blogs est un marronnier et c'est peut-être juste rezo.net qui s'épuise mais, c'est un fait qu'il y a pas mal de blogueurs qui arrêtent ou lèvent le pied, et, surtout, qu'en dehors des sciences et techniques toujours aussi dynamiques, on n'a pas grand chose d'intéressant à se mettre sous la dent en ce moment. - [A quoi serviront les montres connectées ?](https://jeanzin.fr/2013/09/25/a-quoi-serviront-les-montres-connectees/): - A quoi serviront les montres connectées ?ou La technologie en train de se faire... On assiste à une véritable avalanche de montres connectées par toutes sortes d'entreprises ne voulant pas rater le prochain marché du numérique complétant smartphones et tablettes/PC. On peut citer la Samsung Galaxy Gear ($300), celle de Qualcomm, Toq ($300), ou la Sony Smartwatch 2, mais il y a aussi la TrueSmart (véritable smartphone), la Smile (avec deux écrans flexibles et trois caméras), Pebble ($150), i’m Watch pour le sport (250€), sans parler de celles de Foxconn (pour iPhone) et, bien sûr les projets d'Apple et Google mais Nissan ... Lire la suite - [La place de la commune dans l'économie post-industrielle](https://jeanzin.fr/2013/09/22/la-place-de-la-commune-post-industrielle/): Derrière les soubresauts d'une crise financière qui menace les protections sociales et provoque un chômage de masse dans l'Europe du sud, nous vivons une mutation d'une toute autre ampleur dont on ne semble toujours pas bien prendre la mesure. En effet, ce n'est pas seulement le développement des pays les plus peuplés qui remet en cause notre ancienne base industrielle mais bien plus l'entrée du monde entier dans l'ère du numérique à une rapidité sans précédent, comparable à celle d'une véritable pandémie. S'il est compréhensible de vouloir récupérer des emplois perdus, on ne peut se cacher que la diminution des emplois industriels est plus liée à l'automatisation et la robotisation qu'aux délocalisations, même si celles-ci existent aussi. Dès lors, il n'y a pas grand chose à espérer d'une relocalisation industrielle même s'il faut toujours encourager la production au plus près de la demande (ce que les imprimantes 3D et autres Fab Labs faciliteront de plus en plus). Toutes les nostalgies n'y feront rien à vouloir revenir aux 30 glorieuses si ce n'est au XIXème, nous n'avons pas le choix sinon d'entrer résolument dans l'ère du numérique qui sape petit à petit et en profondeur l'organisation sociale précédente. C'est notamment le cas du niveau national qui perd pas mal de son importance alors que le local s'en trouve d'autant plus revalorisé. Dès lors, il ne s'agit plus tant d'une relocalisation qui nous ramènerait à un état antérieur ou limiterait simplement la globalisation marchande, il s'agit bien plutôt de recentrer toute l'économie sur le local. - [Détourner des astéroïdes de la Terre avec des lasers](https://jeanzin.fr/2013/09/22/detourner-des-asteroides-de-la-terre-avec-des-lasers/): - Détourner des astéroïdes de la Terre avec des lasers Nous préconisons un train d'impulsions générées par lasers inférieures à la picoseconde pour dévier des objets proches de la Terre (NEO) pouvant entrer en collision avec elle. Nous estimons que dévier un NEO de 10.000 MT, tel que l'astéroïde ayant frappé la Terre près de Chelyabinsk, en Russie, pourrait être réalisable en quelques mois en utilisant une puissance moyenne de l'ordre de dix kilowatts seulement. Nous estimons que cette méthode de déviation serait applicable à des NEO de plus grande taille encore. - [Et si la gravité fluctuait ?](https://jeanzin.fr/2013/09/12/et-si-la-gravite-fluctuait/): - Et si la gravité fluctuait ? Une mesure très précise de la gravité s'est révélée à la fois supérieure aux mesures précédentes et à peu près égale à des valeurs obtenues en 2001, ce qui suggère que la gravité pourrait ne pas être constante mais fluctuer sous l'influence d'un autre champ qui pourrait être celui de l'énergie noire (antigravitationnelle). Cela permettrait éventuellement d'expliquer aussi la matière noire, on voit toutes les conséquences mais, pour l'instant, on en est au stade de la vérification. - [Du matérialisme historique au volontarisme fasciste](https://jeanzin.fr/2013/09/10/du-materialisme-historique-au-volontarisme-fasciste/): A partir de Gentile et de l'interprétation du matérialisme historique comme praxis Le principal défaut de tout matérialisme jusqu'ici est que l'objet extérieur, la réalité, le sensible ne sont saisis que sous la forme d'Objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activité humaine sensible, en tant que pratique, de façon subjective. [...] Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de diverses manières mais ce qui importe, c'est de le transformer. (Thèses sur Feuerbach, Karl Marx) Si Heidegger a été nazi au nom d'une philosophie de l'existence, il avait été précédé par l'actualisme de Giovanni Gentile, philosophe officiel du fascisme. Il est primordial de comprendre de quelle façon le fascisme provient du marxisme, à partir d'une interprétation idéaliste à la fois de l'injonction de transformer le monde et de la praxis, d'un sujet actif opposé à un objet passif (bien avant Lukács). L'autonomie donnée à l'idéologie et aux conceptions du monde par rapport à l'infrastructure en fait un choix arbitraire de valeurs, dans un historicisme assumé, un peu comme celui de Heidegger à ses débuts (malgré de grandes différences) donnant l'illusion de pouvoir changer l'histoire elle-même. On peut y voir l'origine de la réduction du politique à la morale (l'éthico-politique de Gramsci - le plus influencé par Gentile - véritable religion laïque remplacée aujourd'hui logiquement par l'islamisme) menant tout droit aux tendances rouges-bruns qui contamineront les marxismes eux-mêmes. Ce processus de fascisation se caractérise par l'abandon du matérialisme au profit du volontarisme et d'un constructivisme dépourvu de dialectique (qu'on peut dire kantien) où la transformation du monde ne tient plus qu'à la lutte idéologique, à l'espoir que "l'idée devienne force matérielle en s'emparant des masses" (ce qui sera la force du mythe pour un Georges Sorel au parcours effectivement sinueux entre gauche et droite, syndicalisme révolutionnaire et royalistes ou fascistes). Cette traduction bilingue de "La Filosofia di Marx" de Gentile (1899), préfacée par André Tosel, ne sera pas seulement l'occasion de dénoncer les fausses interprétations du rôle des hommes dans l'histoire, conceptions qui sont à l'origine de l'égarement de la gauche comme de la droite dans le siècle des idéologies, mais aussi de préciser le sens que peut avoir pour nous un matérialisme historique et dialectique, matérialisme pratique impliquant certes l'action de l'homme mais qui est plus déterminée que déterminante (en dernière instance). - [L'esprit vagabond et le langage](https://jeanzin.fr/2013/09/06/lesprit-vagabond-et-le-langage/): - L'esprit vagabond et le langage L'homme ne vit pas seulement dans le présent : il peut se projeter dans le passé ou le futur, mais aussi dans l'esprit d'autrui. Cette capacité a peut-être favorisé l'avènement du langage. On peut contester qu'il y aurait eu projection dans un futur éloigné avant le langage narratif et que le langage ne soit qu'un moyen d'expression de capacités déjà là alors qu'il en crée de nouvelles, en donnant une objectivité à l'esprit, et transforme les anciennes. On peut dire que l'article rate l'essentiel de ce qu'il met à jour et qui est la structure ... Lire la suite - [Revue des sciences septembre 2013](https://jeanzin.fr/2013/09/01/revue-des-sciences-septembre-2013/):   L'esprit vagabond et le langage Les ARN multifonctionnels Une régulation des gènes accompagne la maturation du cerveau De l'eau sous la surface de la Lune ? Des hautes pressions font passer la supraconduction de basse à haute température Des panneaux solaires moins chers Quelques raisons pour lesquelles la vie aurait pu venir de Mars L'origine du code génétique Les protéines alternatives Un mini cerveau cultivé en laboratoire La mémoire à long terme est dans le cortex et non dans l'hippocampe Les mots reliés dans le cerveau aux mots de leur définition Notre père à tous précède notre mère originaire Un ElectroEncéphaloGramme dans l'oreille Vers une théorie mathématique du contenu signifiant des communications Microfactory : un fab lab personnel Des périphériques sans batterie qui s'alimentent avec les ondes radio - [Fin de la revue des sciences](https://jeanzin.fr/2013/09/01/fin-de-la-revue-des-sciences/): La revue du mois de mars devait être la dernière. J'ai essayé depuis une autre formule qui s'est révélée moins intéressante avec une charge de travail plutôt supérieure, ce qui fait que j'ai tenté de revenir à l'ancienne formule le mois dernier mais, comme annoncé dans un commentaire du 18 août, cette fois il n'y aura plus de revue des sciences publiée sur le blog. Cela me prend en effet beaucoup trop de temps alors qu'il faut que je trouve des revenus complémentaires n'ayant plus les moyens de vivre. Il pourra y avoir quelques brèves de temps en temps, selon mes disponibilités, mais sans doute assez peu (il n'y en a eu que 3 au mois d'août). En fait les revues des sciences seront publiées ensuite mais tronquées et en différé. - [Quelques raisons pour lesquelles la vie aurait pu venir de Mars](https://jeanzin.fr/2013/08/29/quelques-raisons-pour-lesquelles-la-vie-aurait-pu-venir-de-mars/): - Quelques raisons pour lesquelles la vie aurait pu venir de Mars L'hypothèse que la vie sur Terre serait venue de Mars n'est pas nouvelle, Mars ayant été formée avant la Terre, la Terre ayant reçu des météorites venant de Mars et des bactéries ayant pu résister au voyage comme on l'a prouvé. Il ne s'agit donc pas de l'hypothèse de la panspermie (la vie se serait bien créée localement mais sur Mars), ni de l'origine cosmique des matières organiques et acides aminés constituant de la vie (ce qui est par contre à peu près établi) mais seulement de conditions plus ... Lire la suite - [L'origine du code génétique](https://jeanzin.fr/2013/08/27/lorigine-du-code-genetique/): - L'origine du code génétique Les chercheurs se sont concentrés sur les aminoacyl-ARNt synthétases, des enzymes qui "lisent" l'information génétique incorporée dans les molécules d'ARN de transfert et attachent les acides aminés appropriés à ces ARNt. Une fois qu'un ARNt s'est chargé de son acide aminé, il le transporte jusqu'au ribosome, sorte de "table de travail" cellulaire sur laquelle les protéines sont assemblées, un acide aminé à la fois. Les synthétases procurent aux acides aminés des liaisons chimiques à haute énergie qui accélèrent la formation ultérieure de nouvelles liaisons peptidiques (dont les protéines sont formées). Les synthétases ont également d'importantes capacités ... Lire la suite - [Vers une théorie mathématique du contenu signifiant des communications](https://jeanzin.fr/2013/08/25/vers-une-theorie-mathematique-de-communications-signifiantes/): - Vers une théorie mathématique du contenu signifiant des communications Malgré l'intérêt évident de prendre en compte le sens, celui-ci a été exclu de la plupart des approches théoriques de l'information en biologie. En conséquence, les réponses fonctionnelles basées sur une interprétation appropriée des signaux ont été remplacées par une description probabiliste des corrélations entre les symboles émis et reçus. Cette hypothèse conduit à des paradoxes potentiels. Les modèles de l'évolution du langage inspirés de la théorie des jeux utilisent cette méthode qui est celle de la théorie de Shannon, mais d'autres approches qui envisagent des agents communicants concrets montrent que ... Lire la suite - [Une existence digne de ce nom](https://jeanzin.fr/2013/08/15/une-existence-digne-de-ce-nom/): La remise en cause de notre existence est à la fois la chose la plus banale et la plus embrouillée. Difficile d'en tirer les fils sans s'y perdre, marché florissant des sagesses, des religions comme du "développement personnel", sinon des philosophes médiatiques qui prétendent nous donner les clés du bonheur et nous apprendre à être nous-mêmes ! S'il y a tant de charlatans, c'est malgré tout que la question de l'exigence d'une "existence digne de ce nom" se pose et n'est pas de celles dont on se débarrasse si facilement même si elle n'a pas forcément de réponse (ou alors plusieurs). Ce serait une erreur de réduire la philosophie à cette question de la vie bonne, comme beaucoup le font dans la confusion entre la passion de la vérité et le souci thérapeutique (ou les technologies du bien-être). Il n'empêche que la question se pose à laquelle tous les philosophes sont confrontés, s'empressant d'y répondre en général par le plaisir de la connaissance et de la contemplation ainsi que par le mépris des autres plaisirs, trop éphémères et bestiaux à leur goût - avec le souci, au nom du gouvernement de soi et de l'auto-nomie, du détachement des passions et de nous délivrer du singulier par l'universel, autant dire nous délivrer du souci de l'existence, tout au plus nous apprendre à mourir (consolation de la philosophie). De ne pas situer la vérité hors de la vie ni la réduire aux plaisirs du corps, l'existentialisme introduit une toute autre exigence d'intensité, de créativité, de prise de risque qui est sans aucun doute sa part d'irrationalisme mais peut-être pas aussi fou qu'un rationalisme qui se croirait dépourvu de contradictions (alors qu'il en vit) et resterait insensible au vécu individuel. Pour Sartre, l'existentialisme est un humanisme, ce que récusera Heidegger, mais c'est incontestablement pour l'un comme pour l'autre, une nouvelle éthique plus qu'une ontologie, dans le rapport à soi-même au lieu d'une morale du rapport à l'autre et sa liberté (comme l'avait cru Gorz). Mon récent retour sur les premiers cours de Heidegger m'a semblé en tout cas l'occasion de se confronter à cette exigence de vérité dans l'existence qui nous met face à notre liberté et à nos choix. - [Revue des sciences août 2013](https://jeanzin.fr/2013/08/01/revue-des-sciences-aout-2013/): Le temps du réalisme quantiqueDes animaux en deuil ? Le métissage des espèces humaines Chaque particule crée son propre espace-temps par son mouvement Un corps noir exerce une force attractive plus forte que la gravitation Pas de thermodynamique à l'échelle nanométrique Le dégagement du méthane arctique sera bien catastrophique Des bactéries pour fixer l'azote des plantes et remplacer les engrais Un appareil pour cultiver des larves de mouche à manger La croissance ne dépend plus du pétrole (pas de pic) ? Pas d'espèces pour les micro-organismes de moins de 1mm Les passagers clandestins de l'évolution Progrès de l'opto-épi-génétique pour contrôler l'expression de gènes Une nouvelle compréhension de la transformation en cellules souches Il suffit d'une goutte de sang pour cloner une sourisUne écriture chinoise vieille de 5000 ans Plus de morts avant par les vendettas que par les guerres L'ocytocine aggrave les chagrins d'amour Des champignons hallucinogènes produisent de nouveaux neurones Des chiens connectés (pour handicapés?) L'Hyperloop : Los Angeles-San Francisco en 30 mn On ne retrouvera pas dans cette revue des sciences, qui revient à l'ancienne formule [pour une dernière fois], les nouvelles extraordinaires et un peu effrayantes du mois dernier comme la greffe d'une tête sur un autre corps ou la détection des pensées de la veille mais plutôt la confirmation de mouvements de fond dont, hélas, le réchauffement climatique et la fonte de l'Arctique qui n'est pas une mince affaire. Cette fois, il ne s'agit pas de se faire peur, il faudrait vraiment paniquer car ce qui vient d'être confirmé, c'est la bombe méthane que cela devrait déclencher dans les dix ans ! On est foutu. - [Le métissage des espèces humaines](https://jeanzin.fr/2013/08/01/le-metissage-des-especes-humaines/): - Le métissage des espèces humaines Michael Hammer, Pour la Science, p58 Longtemps contestés, des phénomènes d'hybridation entre espèces humaines, même rares, sont maintenant attestés par l'étude génétique et pourraient avoir participé à notre adaptation. - [Le dégagement du méthane arctique sera bien catastrophique](https://jeanzin.fr/2013/07/24/le-degagement-du-methane-arctique-sera-bien-catastrophique/): - Le dégagement du méthane arctique sera bien catastrophique "Une libération brusque de 50 milliards de tonnes de méthane est possible à tout moment". Des milliards de tonnes de méthane sont piégés juste sous la surface du plateau continental arctique de la Sibérie orientale. La fonte de la région signifie qu'elle est susceptible de produire à tout moment un dégagement gigantesque de gaz qui pourrait avancer le réchauffement climatique de 35 ans, et coûter l'équivalent du PIB mondial. Telles sont les conclusions de la première analyse systématique du coût économique de la fonte de l'Arctique. Ils ont calculé qu'une émission de ... Lire la suite - [Chansons actuelles](https://jeanzin.fr/2018/03/05/chansons-actuelles/): Ce ne sont pas ceux qu'on entend partout mais sûrement plus actuels, la chanson politisée dans ce qu'elle a de meilleur musicalement (HK & les Saltimbanks mais aussi toute la bande Zoufris Maracas, La Caravane Passe, Soviet Suprem). - [Revue des sciences mars 2018](https://jeanzin.fr/2018/03/01/revue-des-sciences-mars-2018/): En attendant le pic de tout Les robots intègrent les capacités d'abstraction On a vu les premières étoiles de l'univers Un seul photon peut envoyer en même temps une information au récepteur et à l'émetteur De l'électricité à partir du rayonnement infrarouge Un gratte-ciel en bois de 350m au Japon CRISPR l'outil à tout faire pour enregistrer, détecter, éliminer Les chauves-souris ne combattent pas les virus Homo Erectus avait-il un langage ? Des peintures de Néandertal, il y a 60 000 ans ? L'ADN ancien révèle les différentes migrations européennes Le stress du père influence le cerveau du fils Similitudes épigénétiques entre autisme, schizophrénie et bipolaires L'origine de l'Alzheimer serait vasculaire Les exomères, agents extérieurs du cancer Les bactéries de la peau protègent du cancer Transplanter des organes de porcs dont les cellules sont remplacées par des cellules humaines Des ultraviolets peuvent éliminer virus et bactéries de l'air Les produits de ménage en spray sont très mauvais pour les poumons Des lunettes connectées normales Le drone taxi chinois Ehang a transporté ses premiers passagers Les nouvelles les plus importantes (et controversées) sont encore celles de notre préhistoire, notamment des peintures attribuées à Néandertal. En physique, la découverte d'un possible signal des premières étoiles fait grand bruit mais demande à être confirmée et une étude montre qu'on pourrait avec un seul photon envoyer en même temps une information au récepteur et à l'émetteur ! Du côté des biotechnologies, on est plus désormais dans la continuité, même si on se fait difficilement à des chimères hommes-animaux comme à la transplantation aux malades d'un organe animal. Ce n'est pas vraiment une surprise que l'édition de gènes CRISPR devienne l'outil à tout faire (pour enregistrer, détecter, éliminer). Les biotechnologies et leur rapprochement du numérique (la convergence NBIC) sont bien lancés pour longtemps et nous entraînent on ne sait où, nous exposant à de nouveaux risques (bioterrorisme, surveillance généralisée, etc). Le progrès fait rage mais n'est plus aussi inattendu. L'urgence reste de faire face d'abord aux crises climatiques et de la biodiversité, mal engagées encore malgré la transition énergétique en cours. Si nous passons le cap, ce qui n'est pas gagné, on pourrait atteindre dans quelques dizaines d'années seulement le "pic de tout", pic de population mais aussi pic de l'équipement et des consommations de matière grâce à la numérisation et aux nanotechnologies. Pour l'instant, alors que les premiers drones-taxis fantasmés depuis si longtemps prennent leur envol et que les robots (qui intègrent capacité d'abstraction et de deviner nos pensées) arrivent tout juste, on en est encore au développement des pays les plus peuplés... - [Le nazi Heidegger, de l'existence à l'Être comme patrie](https://jeanzin.fr/2018/02/07/le-nazi-heidegger-de-lexistence-a-letre-comme-patrie/): La lettre sur l'humanisme (1946) Revenir sur Heidegger peut paraître excessif à certains - son nazisme le disqualifiant définitivement. Ainsi, pour Emmanuel Faye, il n'y aurait rien à sauver de son oeuvre qui ne relèverait que de l'esbroufe, voire du camouflage, et pas de la philosophie. C'est une double erreur car si son nazisme avait effectivement des fondements philosophiques, ils continuent à travailler notre époque et n'ont pas été assez pris au sérieux. L'influence de Heidegger se fait sentir notamment dans la critique de la technique et une certaine écologie qu'on peut dire religion de la nature. Il y a une véritable nécessité à en déconstruire les présupposés. Cette entreprise de dénazification met surtout en lumière tous les dangers de se réclamer d'une essence humaine survalorisée dont on pourrait priver les autres, pauvres aliénés. Xénophobie, racisme et sexisme sont l'envers de tous les discours identitaires sous leurs airs les plus avenants. Cela ne les empêche pas de prospérer car ils répondent à une incontestable demande. Ces dangers sont plus globalement ceux de tout idéalisme voulant se persuader d'une détermination du monde par l'idée (métaphysique ou religion), au lieu de nécessités extérieures impérieuses. Du coup, ils ne craignent rien tant qu'un effondrement subjectif et la perte de notre si précieuse essence attachée à l'idéal. Cette construction d'une identité humaine, toujours menacée, a besoin de se fonder sur un récit mythique avec une origine unique, continue et créatrice. A ces mythes primitifs de fondation, célébrant nos ancêtres, il faut opposer notre réalité historique d'une détermination par le milieu qui nous forme et nous change, ballotés par l'histoire, plus que ses acteurs, et dont nous devons encore apprendre de dures leçons. Cependant, en dépit de cette attaque frontale qui ne se dérobe pas contre des tendances agissant dans la société actuelle, l'autre erreur serait de feindre d'ignorer l'événement qu'a été Être et Temps, ce qu'on a pu y reconnaître de nous-mêmes, devenu inoubliable - tout en refusant l'incroyable glissement qui s'opère à la fin (§74), et plus encore après, de la découverte de l'existence à l'Être comme patrie et plus précisément comme Être allemand - qu'il exaltera jusqu'au bout. J'ai donc trouvé utile de citer l'extrait de la lettre sur l'humanisme où Heidegger argumente justement ce passage d'une ontologie existentielle - description de notre ouverture au monde qui nous met en cause dans notre être - se tournant ensuite vers l'extériorité de l'Être - comme origine et devenir historique - pour aboutir de façon si décevante à l'identifier à la patrie - qu'il tente certes de dénationaliser mais où se retrouve quand même l'expérience de la guerre à l'origine de sa philosophie de l'existence, et ce qui avait justifié très concrètement son engagement nazi. - [Revue des sciences février 2018](https://jeanzin.fr/2018/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2018/): Matière noire : la piste des trous noirs La matière noire superfluide Les nuages, amplificateurs du réchauffement Ces esclaves qui ont façonné nos sociétés Interprétation réaliste de la fonction d'ondes Des atomes intriqués tombent-ils à la même vitesse? Des glaciers de 300m d'épaisseur sur Mars La grande oxygénation libérée par la tectonique des plaques Désoxygénation de l'océan cause de l'extinction du Dévonien L'acidification de l'océan atténuée par la végétation marine Les méthanes marins n'atteindraient pas l'atmosphère Tirer de l'énergie de la chaleur avec les mouvements du graphène Un panneau solaire qui se branche sur une prise ordinaire La bactérie E. coli transforme CO2+hydrogène en acide formique Des météorites primitives avec les ingrédients de la vie Des virus des océans d'un nouveau type à large spectre Des faucons utiliseraient le feu pour chasser Des singes clonés Les tailles des groupes de primates Des Homo sapiens en Israël de plus de 180 000 ans Notre cerveau s'arrondit depuis 200 000 ans Les synapses rappellent la mémoire mais ne la stockent pas Les mathématiques de l'émergence de nouvelles idées Les cils des neurones impliqués dans l'obésité, entre autres Un extrait de curcuma contre l'Alzheimer rajeunit les cellules Un test sanguin détecte les principaux cancers Manipuler l'expression des gènes immunitaires avec des ultrasons Un chien qui respire sous l'eau un liquide oxygéné ! La lévitation acoustique Des captures d'images intelligentes pour voir même derrière les murs Microsoft dépose un brevet pour contrôler Windows par la pensée Un robot pour passer les outils Zapata Ezfly : un étonnant Segway aérien Il y a au moins une découverte stupéfiante, c'est qu'on puisse produire de l'énergie avec la chaleur de façon inépuisable en utilisant l'agitation des atomes, contredisant ainsi les bases de la thermodynamique - ce n'est pas rien ! Une interprétation réaliste de la fonction d'onde serait aussi bouleversante si elle s'imposait et de nouvelles hypothèses sur la mémoire et les synapses révèlent à quel point notre ignorance est grande encore sur le plus fondamental. Qu'on soit entré dans l'ère de l'Intelligence Artificielle et des neurosciences veut surtout dire qu'on n'en est qu'au tout début et qu'on a beaucoup à découvrir dans ces domaines, qui restent très limités pour l'instant mais se développent rapidement. On doit bien admettre qu'à force de nous annoncer de nouveaux élixirs de jouvence, mois après mois, on finira bien par y arriver un jour. De même, le clonage de macaques ne signifie pas qu'on va pouvoir cloner des humains dans la foulée, mais il est tout aussi certain que cela se fera un jour - tout comme la colonisation de Mars où il y aurait des montagnes d'eau, même si ce n'est pas aussi précipité qu'Elon Musk le voudrait. Sur le climat c'est de plus en plus catastrophique mais il y a quand même la bonne nouvelle que le méthane marin n'atteindrait pas l'atmosphère et qu'on pourrait utiliser des bactéries pour capter le CO2. On nous promet sinon une lévitation acoustique, mais c'est à voir, alors qu'un étonnant Segway aérien pourrait bien devenir le premier transport personnel aérien... - [La légalisation du cannabis est inévitable](https://jeanzin.fr/2018/01/23/la-legalisation-du-cannabis-est-inevitable/): On se moque souvent d'autres pays qu'on trouve arriérés au regard de notre civilisation des lumières, celles de la raison et de la liberté, alors que la France est à la traîne pour reconnaître la nécessité de sortir de la prohibition d'une drogue commune beaucoup moins nocive que l'alcool, et qui soigne de nombreux maux ! On peut dire que, malgré leur expérience des ravages de la prohibition de l'alcool, les Américains ont mis bien du temps aussi depuis les années 1970 pour mettre fin à une hypocrisie qui nourrit le crime, remplit les prisons et qui a ravagé le Mexique. Une fois le mouvement entamé, il est cependant devenu irréversible et ne pourra que s'étendre devant l'échec complet, là aussi, d'un volontarisme répressif avec tous ses effets pervers trop minimisés, notamment sur les jeunes et les banlieues. - [L'écologie dans la globalisation](https://jeanzin.fr/2018/01/12/l-ecologie-dans-la-globalisation/): Nous ne sommes plus du tout dans la situation des premiers théoriciens écologistes car depuis la situation n'a fait que s'aggraver en même temps que l'écologie politique a perdu tout crédit. Toute la pensée écologiste doit se mettre à jour car nous n'avons plus de temps devant nous et il n'est plus possible de compter sur un changement de système global - qui aurait été si nécessaire pourtant. En rajouter dans le catastrophisme ne change rien, aussi incompréhensible cela puisse nous paraître ! Le pire n'est d'ailleurs pas toujours aussi certain qu'on peut le craindre (il faut se fier pour cela aux études scientifiques). Ce qui est sûr, c'est qu'il y a des enjeux vitaux et qu'ils nous obligent à un constat lucide sur la situation planétaire et, donc aussi, à ne plus surestimer nos moyens d'y apporter des solutions. La naïveté est sur ce point désarmante alors que la politique, hélas, ne fait pas toujours preuve d'intelligence collective, c'est le moins qu'on puisse dire, et constitue plutôt une grande part du problème. Il ne faudrait pas que les écologistes ne fassent qu'en rajouter, et aggraver encore notre impuissance en continuant à rêver vainement d'utopies globales réglant magiquement tous les problèmes, au lieu de prendre la réalité locale à bras le corps. Il n'est plus un secret pour personne (sauf pour les militants souvent!) que les anciennes idéologies sont bien mortes malgré tous les efforts pour les réanimer. Elles ont fait l'expérience de l'échec du volontarisme à imposer sa conception du monde comme à sortir d'une histoire subie. Beaucoup se refusent encore à accepter que nous ne soyons pas maîtres de notre avenir mais le comprendre nous engage à faire de la prospective plutôt que de construire de nouvelles utopies. L'évolution technologique a balayé le vieux monde et, à l'ère de l'information ou du numérique ou de l'intelligence artificielle, ce qu'il faut penser, c'est une nouvelle écologie politique, mais, on le sait, le frein principal à tout changement de paradigme, c'est une considérable inertie idéologique et sociale dont il faut bien tenir compte et qui affecte tout autant un écologisme qui reste ancré dans la période post-soixantehuitarde, pourtant si différente d'aujourd'hui. Une des différences principales, c'est ce qu'on appelle la globalisation marchande et qui résulte de la faillite de l'économie collectiviste étatique. La fin des économies fermées ouvre un Nouvel Ordre Mondial de concurrence généralisée et de multinationales, où (comme le disait déjà Marx) "le bon marché des marchandises est la grosse artillerie qui abat toutes les murailles de Chine" - Chine dont la croissance s'emballe depuis qu'elle s'est convertie à une économie capitaliste bien plus productiviste, et qui s'étend aussi aux autres pays les plus peuplés de la planète - à l'exact opposé de ce que préconisaient les écologistes. Ce n'est pas cependant la seule globalisation, qu'on ne peut réduire au capitalisme qui n'en est qu'un élément. Avec les réseaux numériques et l'intensification, qu'on peut déplorer, des transports intercontinentaux, il faut admettre que l'unification du monde est bien matérielle et que rien ne semble pouvoir l'arrêter, du terrorisme aux épidémies et migrations. Pendant ce temps la température n'arrête pas de monter mais cette globalisation marchande étant aussi la globalisation des risques écologiques et climatiques, elle suscite la constitution d'une conscience globale qui définit l'écologie politique comme responsabilité collective du négatif de notre industrie. Il s'agit bien d'avertir des catastrophes à venir, ce qui est favorisé par les réseaux numériques. Ceux-ci sont un facteur technique déterminant de l'unification planétaire et de la disparition des frontières, empêchant tout retour en arrière. Il ne faut pas prêter pour autant à cette conscience globale émergente le pouvoir de reconfigurer le monde. Cette conscience de soi collective doit aussi être conscience des limites du politique, sinon elle ne sert à rien. Elle peut du moins pousser à prendre les mesures les plus urgentes. A ce niveau les ONG sont précieuses à condition de ne pas trop en attendre. Ce n'est pas de là que viendra une alternative. - [Revue des sciences janvier 2018](https://jeanzin.fr/2018/01/01/revue-des-sciences-janvier-2018/): Détecter la conscience La conscience comme récit de soi L'Homme s'est-il auto-domestiqué ? Les turbulences du Big Bang causées par les ondes gravitationnelles L'informatique réversible des vallées électroniques Le soleil en activité minimale pour 30 ans ? Des réacteurs nucléaires au thorium pour équiper des drones Des plantes lumineuses Des fossiles de 3,5 milliards d'années Asservissement de la production de protéines des cellules Un drôle de dinosaure cygne L'évolution de la taille et du poids de nos premiers ancêtres Les vieux corbeaux ne fabriquent plus des crochets mais prennent des tout faits Stonehenge des cérémonies sexuelles ? Le tri inconscient avant la conscience Les inégalités sexuelles des maladies neurodégénératives Des anticorps de la mère favoriseraient l'homosexualité du petit frère Des ARN responsables de la sénescence Stress social, inflammation et dépression Un spectromètre dans les smartphones ? Impression 3D de plastiques communicants Un robot au squelette humanoïde qui joue du badminton Des robots insectes qui pensent comme des insectes Keecker, le robot multimédia français Rien d'extraordinaire pour inaugurer ce qui sera la dernière année de cette revue où je fais depuis 12 ans le tour d'horizon du mois écoulé. Il y a quand même de quoi prolonger nos réflexions sur la conscience et on trouvera quelques nouvelles étonnantes (un dinosaure à l'allure de cygne ou une nouvelle informatique réversible à base des vallées électroniques, etc.) mais ce sont les mauvaises nouvelles du climat qui dominent encore. Sinon, même les bienfaits attendus de l'édition de gènes sont contrebalancés par les risques de la technique. De même, un traitement antiviral à base de nanoparticules d'or pourrait bien nous débarrasser de presque tous les virus, ce qui n'est pas forcément aussi positif qu'il y paraît, les rhumes par exemple s'attaquant préférentiellement aux cellules cancéreuses. Il est assez troublant enfin de savoir qu'on va réanimer des morts (leur coeur) afin de pouvoir en prélever des organes... - [Le nihilisme de Nietzsche](https://jeanzin.fr/2017/12/20/le-nihilisme-de-nietzsche/): J'ai toujours trouvé le comble du paradoxe les libertaires se réclamant de Nietzsche, l'expurgeant de tout ce qui a mené les Nazis à s'en réclamer, ce qui n'est quand même pas rien. On peut toujours dire que les penseurs ne sont pas responsables de leurs partisans ni des conséquences de leur pensée, mais c'est un peu léger, tout comme ceux qui ne veulent pas penser le rapport de la philosophie de Heidegger au nazisme, ce qui est encore plus incroyable. Il ne s'agit pas de s'ériger en procureur et renvoyer leurs oeuvres au néant, comme le font trop de critiques superficielles, mais au contraire de relier profondément ce qu'elles peuvent avoir de séduction mais aussi de vérité, tout est là, avec leurs conséquences désastreuses. C'est la même chose pour Marx. On a beau répéter que les régimes marxistes n'avaient rien à voir avec Marx, il y a forcément un rapport. En fait, ce que les errements politiques des philosophes depuis Platon illustrent, c'est non seulement qu'ils ne valent pas mieux que les autres sur ce plan mais, pire, que le Bien est l'origine du Mal souvent, comme la folie est un excès de logique. Non seulement la philosophie promet plus qu'elle ne peut tenir mais souvent elle égare tout autant que les religions, que ce soit sur sa prétendue sagesse ou sur la liberté. On comprend bien ce que Nietzsche peut avoir de séduisant, surtout pour des adolescents qui doivent s'affirmer. D'abord, il est simple (simpliste) et c'est incontestablement un grand écrivain qui nous communique son exaltation en nous encourageant à prendre notre indépendance et renverser les idoles. Sortir de la religion pour un fils de pasteur, ce n'est pas rien (et le poussera vers la paranoïa). Cela en fait donc le philosophe de la mort de Dieu, de son absence et de valeurs ayant ainsi perdu leur fondement, nécessité de s'inventer de nouveaux principes de vie. C'est ce qui en fait l'importance dans l'histoire de la philosophie. Si Dieu est mort tout est permis, s'imaginent les croyants, alors qu'il montre que cela nous rend surtout responsables de nos valeurs et de nos vies. Pas étonnant jusque là que les libertaires y voient un allié mais ça se complique ensuite avec un snobisme élitiste assez ridicule et qui commence avec l'extraordinaire retournement voulant faire de la morale la dictature des faibles et des dominés alors qu'elle est plutôt au service des propriétaires et des dominants ! Ils nous le répètent sans cesse, les riches sont persécutés par les pauvres ! Derrière une salutaire critique de l'hypocrisie morale et de l'insupportable moraline (initiée par les "moralistes français" comme La Rochefoucauld), il y a quand même là de quoi justifier, comme jamais depuis Aristote, inégalités et domination, même déguisées en méritocratie et dépassement de soi. De plus, cette dénonciation d'une morale trompeuse la réduit abusivement à ce qui nous empêcherait de jouir et bride notre instinct. L'amusant, c'est de constater que son rejet de l'idéal et de la morale ne fera qu'aboutir à un autre idéal, une autre morale négatrice. En effet, derrière la dévalorisation de toutes les valeurs dont il est l'aboutissement, le nihilisme se dévoilait comme la négation de la vie au nom de l'idéal (platonicien) ou de valeurs supérieures, comme si elles n'étaient qu'un obstacle à une affirmation positive de la vie, à laquelle il suffirait de laisser libre cours. C'est bien sûr une illusion dogmatique, et, l'inversion des valeurs au profit de la vie ne se résumera finalement qu'à tout réduire à des valeurs (qui valent pour la volonté - de puissance) et n'en garder que la supériorité, l'effort pour se dépasser qui ne prend sens qu'à pouvoir regarder les autres de haut. Du coup, il ne fait que répéter la promesse du crucifié (auquel il s'identifie à la fin) en reconstituant un idéal de vie héroïque qui transfigurerait l'existence, ce qui dévalorise tout autant la vraie vie, vie quotidienne renvoyée au néant, dans un nihilisme encore plus radical sous ses apparences hédonistes d'une vie débordante. - [Rock N' Roll Is Dead](https://jeanzin.fr/2017/12/13/rock-n-roll-is-dead/): Le rock a été un moment important de notre histoire, un peu comme le romantisme par exemple, porteur de valeurs dont certaines restent à défendre - pas toutes - et qui ne sont justement pas celles du pouvoir, ce pourquoi on peut s'amuser de le voir ainsi célébré. S'il faut enterrer cette époque révolue avec ses derniers survivants, cela ne peut se faire sans en prononcer l'éloge funèbre. En effet, tous les discours officiels nous invitent inévitablement à l'optimisme et à être contents de nous, célébrant la réussite (de l'école à l'entreprise). Cet utilitarisme assumé de la pensée positive contamine tous les aspects de la vie, mis au service de la santé du corps comme d'un supposé épanouissement professionnel avant la satisfaction d'une vieillesse sereine. Rien de plus raisonnable, sans doute. C'est bien de cette façon que cela devrait de passer s'il n'y avait un hic, un réel qui dément cette belle harmonie où il n'y aurait que des gagnants. Mais, pour la bienveillance du pouvoir, ce serait de leur faute si les pauvres sont au chômage ou se tuent à la tâche ! Dans ce beau monde bien ordonné, il se trouve malheureusement des inadaptés sociaux, des poètes, des idéalistes qui ne rentrent pas dans les cases et ne jouent pas le jeu. Nul doute qu'aux yeux du pouvoir auquel ils échappent, ces marginaux sont des erreurs de la nature dont la société doit se protéger, sinon rectifier leur génome déficient. J'ai bien peur hélas d'être de ces inadaptés ayant horreur de l'hygiénisme. C'est incontestablement un mode d'existence qui n'est pas généralisable. Je ne suis pas le seul pourtant, et pour ceux-là qui ne suivent pas la norme, le rock a pu être un moyen d'affirmation et d'appartenance. - [Revue des sciences décembre 2017](https://jeanzin.fr/2017/12/01/revue-des-sciences-decembre-2017/): Les nouveaux emplois à venir Les volcans, berceau de la vie ? Le discours intérieur, une fenêtre sur l'esprit Comment sont nées les sociétés humaines ? Antonio Damasio et les sentiments sociaux La fusion de quarks fera-t-elle des bombes encore plus puissantes ? Plus d'énergie noire ni de matière noire avec l'invariance d'échelle du vide Une visite venue d'autres étoiles De nouvelles méthodes de capture du CO2 Les batteries ions sodium pourraient remplacer le lithium ? Transformer l'azote de l'air en engrais Des tardigrades auraient pu venir de poussières cosmiques Un Sapiens archaïque en Chine réécrit notre histoire La liberté des femmes assyriennes, il y a 4000 ans Les nomades relient les cultures de l'âge du bronze Une sculpture grecque datant de 3 500 ans Une cavité de 30m dans la pyramide de Kheops ? Les humains ont exterminé les paresseux géants des caraïbes Apprentissage de la langue maternelle dans une tribu Les bébés apprennent les mots avant de pouvoir les utiliser L'intelligence générale est fonction de la flexibilité du cerveau Comment notre opinion est influencée Pas de création de neurones dans l'hippocampe ? Un implant améliore la mémoire en imitant l'apprentissage Le Gaba contre la rumination des pensées négatives L'inflammation des astrocytes entretient les traumatismes Des analogues du resvératrol rajeunissent les cellules sénescentes Dissémination du VIH-1 par des cellules géantes multinucléées Les robots sexuels arrivent et pourront faire des petits ! Tous les mois ne sont pas aussi riches, avec notamment pas mal d'éléments complétant notre réflexion sur le langage et le discours intérieur, mais aussi de possibles bombes à quarks, une nouvelle unification des forces, une théorie du vide qui réfuterait énergie noire et matière noire, un mystérieux visiteur venu d'autres étoiles, la possibilité que des tardigrades soient arrivés sur Terre dans un nuage cosmique venant d'autres planètes, de nouvelles bases de l'ADN produisant des protéines artificielles. Il n'y a pas que l'IA qui progresse rapidement et trouble notre identité mais aussi la manipulation du cerveau, et un pas de plus a été fait vers le projet fou d'une transplantation de tête d'un humain. Plus anecdotique, les robots sexuels pourraient faire des petits robots mêlant nos caractéristiques génétiques à celles du robot ! La crainte des robots est aussi qu'ils nous mettent au chômage mais si des métiers vont bien disparaître, on verra qu'il devrait y avoir de nombreux nouveaux emplois à venir, même si la reconversion ne devrait pas être facile. L'état de la planète est toujours inquiétant mais il est vraiment difficile de mesurer à quel point avec d'un côté le risque de brusque effondrement, de la biodiversité notamment, ou de l'emballement de la bombe méthane, et de l'autre, le fait que l'espérance de vie continue d'augmenter et que malgré un retard à l'allumage, les mesures se multiplient pour la transition énergétique (sans parler des voitures autonomes) ainsi que les procédés de capture du CO2. Ce n'est pas gagné mais pas encore perdu, toujours sur le fil... - [L'existence éthique de l'être parlant](https://jeanzin.fr/2017/11/16/l-existence-ethique-de-l-etre-parlant/): Après ses conceptions religieuses, voilà que notre époque historique va jusqu'à remettre en cause l'identité humaine elle-même, confrontée aussi bien à l'intelligence artificielle et aux robots qu'au transhumanisme mais aussi au décodage du cerveau et au cognitivisme qui paraissent nous réduire à de simples calculs, à des machines qui pourraient bientôt nous remplacer. En fait, on aurait pu s'inquiéter depuis longtemps de cet effacement de la figure de l'Homme dont parlait Foucault, depuis les premiers ordinateurs au moins, sinon depuis George Boole énonçant "Les lois de la pensée" binaire (en 1854, sans remonter jusqu'à Leibniz). Ce n'est pourtant qu'aujourd'hui que notre identité vacille quand l'on prétend, de façon très prématurée, donner une conscience à nos robots ou manipuler notre génome. Que nous reste-t-il donc, dépouillés de tous nos attributs, y compris de notre espèce génétique et réduits à l'animal ? A ce stade, il semble bien que seul nous distingue encore le langage narratif qui n'est pas du tout maîtrisé par l'Intelligence Artificielle jusqu'ici. Il le sera sans doute un jour mais cela suffira-t-il à faire d'une machine notre égal ? On peut en douter. On a vu, en effet, que notre conscience était fondamentalement une conscience sociale et morale, dévouée au langage narratif et au récit de soi. Ce qui nous spécifie n'est pas tellement nos capacités cognitives mais d'habiter le langage et d'avoir la capacité de dire "Je", de parler en notre nom. En ce sens, on pourrait arguer que nous ne sommes qu'un produit du langage, comme nous le sommes de l'évolution technique, un simple effet qui ne saurait pouvoir causer. La différence avec ce point de vue extérieur, ce qui nous rend signifiants plus que signifiés, c'est l'envers subjectif de ces causalités objectives, ce à quoi on s'identifie ou à qui l'on s'adresse. Ce qu'un parlêtre vise, c'est une intériorité, une subjectivité bavarde, ce qui empêche de nous réduire à une machine ou un objet. Notre "humanité" ne consiste en aucune propriété objective ou biologique, aucune capacité unique ni essence humaine qui nous serait spécifique et précèderait notre existence mais seulement dans notre rapport aux autres par le langage, c'est-à-dire notre responsabilité qui nous constitue comme interlocuteur, comme un homme de parole. Ce devoir-être qu'on peut appeler le sentiment moral dans un sens élargi au social, voire au commérage, est tout ce qui nous distingue des bêtes comme des robots avec lesquels il restera donc une différence fondamentale sans doute. Mais, cette différence ontologique relève entièrement de l'éthique de l'être parlant, c'est-à-dire de la responsabilité de ses paroles et de ses actes passés, d'une continuité de notre être. Au contraire des machines, nous pouvons ressentir honte et culpabilité sans lesquels aucune parole n'est possible (en dehors de l'impératif). De sorte que, sans aller jusqu'à l'extrémisme intenable de Lévinas, on doit effectivement faire de l'éthique la philosophie première, fondement de notre identité, de notre "humanité", se confondant avec notre ontologie existentielle et la question de notre liberté (morale). - [Le langage de la conscience](https://jeanzin.fr/2017/11/07/le-langage-de-la-conscience/): Les progrès rapides de l'Intelligence Artificielle et de l'étude du cerveau posent à nouveaux frais la question de la conscience dont on voudrait doter les robots, imaginant le pire et mettant du coup en question notre identité humaine. C'est qu'il y a confusion entre différents niveaux de conscience. Il y a sans conteste une conscience qu'on peut dire animale ou cognitive, se distinguant de l'inconscience totale des automatismes ordinaires et impliquant une certaine conscience de soi, de sa position dans l'espace. On voit bien cependant que cela n'a rien à voir avec notre propre conscience qu'Alain assimilait à la conscience morale et qui est plus largement une conscience sociale et de notre responsabilité, ce qui constitue notre identité. Or, celle-ci n'est pas réductible au calcul ni à l'imitation mais implique le langage narratif, condition d'un monde commun, ainsi qu'un récit de soi, condition de l'individuation. On s'éloigne ainsi du cognitivisme comme de la crainte de pulsions maléfiques prêtées à tort aux machines pour retrouver les pulsions maléfiques des humains qui se racontent des histoires... - [Revue des sciences novembre 2017](https://jeanzin.fr/2017/11/01/revue-des-sciences-novembre-2017/): Sapiens de Yuval Harari Une conscience artificielle ? La différenciation cellulaire dans le temps avant les multicellulaires L'intelligence artificielle (encore) Lockheed Martin à la conquête de Mars Produire de l'oxygène et du carburant sur Mars avec un plasma de CO2 Les données démontrent l'intrication de 16 millions d'atomes Un métamatériau rend stationnaire l'onde lumineuse La savane apparue il y a 8 millions d'années à cause de l'explosion d'une supernova proche Glaciation et sécheresse auraient poussé les hommes hors d'Afrique Cléopatre régnait sur une Egypte ruinée par le climat La gestion des sols pourrait fortement réduire le CO2 Mieux que les routes solaires, les routes chauffantes Une peinture qui rafraîchit au soleil Néom, la nouvelle ville futuriste d'Arabie Saoudite Les P-bodies stockent les ARNm Décoder le cerveau en direct Les pleurs des bébés déclenchent l'envie des mères de leur parler Les différentes couleurs de peau viennent d'Afrique Des cellules souches contre le mal de dos et le vieillissement Des champignons hallucinogènes contre la dépression Produire un composé du cannabis avec des levures modifiées Clips, l'appareil photo de Google qui prend tout seul des photos En dehors de l'Intelligence Artificielle qui est encore en vedette, et a fait l'objet d'un billet séparé, il n'y a pas de grandes nouvelles mais plusieurs intéressantes quand même, comme le plan de Lockheed Martin pour aller sur Mars, plus réaliste que celui d'Elon Musk, ainsi que l'idée d'y produire de l'oxygène et du carburant avec un plasma de CO2 (ce qu'on pourrait faire sur Terre aussi). On nous confirme que la gestion des sols pourrait fortement réduire le CO2 et les prévisions s'améliorent avec les politiques adoptées. Par ailleurs, une étude, qui devra être confirmée, montre que les pleurs des bébés déclenchent l'envie des mères de leur parler, ce qui pourrait être le canal principal de transmission du langage. Sinon, on apprend que la savane serait apparue il y a 8 millions d'années à cause de l'explosion d'une supernova proche et que c'est la glaciation, synonyme de sécheresse, qui aurait poussé les hommes hors d'Afrique. La génétique montre que les différentes couleurs de peau viennent bien toutes d'Afrique, qui est vraiment notre berceau, y compris pour les peaux claires. On est surpris aussi d'apprendre que Cléopâtre régnait sur une Egypte ruinée par le climat à cause d'une éruption volcanique en -43. Du côté médical, les cellules souches mésenchymateuses se révèlent un traitement anti-vieillissement étonnamment efficace. On reparle de l'utilisation des champignons hallucinogènes contre la dépression mais la production d'un composé anti-épileptique du cannabis avec des levures modifiées annonce sans doute la production ainsi d'autres composants des drogues ou substances thérapeutiques naturelles. - [The age of artificial intelligence](https://jeanzin.fr/2017/10/20/the-age-of-artificial-intelligence/): We have to admit that our world has changed radically in recent years, with the advent of the internet and then mobile phones, but we haven't seen anything yet, and with the arrival of artificial intelligence, nothing will ever be the same again, despite all the resistance to change that is destroying the old order. It has never been clearer that it is not ideas that rule the world, as the era of ideologies would have us believe, when we had to choose between liberalism, communism, and fascism. Instead, it is technological evolution that dictates the rules, as Marx believed, through ... Lire la suite - [L'ère de l'intelligence artificielle](https://jeanzin.fr/2017/10/20/l-ere-de-l-intelligence-artificielle/): On est bien obligé de constater que notre monde a radicalement changé depuis quelques années, avec internet puis les mobiles, mais on n'a rien vu encore et, avec l'arrivée de l'Intelligence Artificielle, rien ne sera plus comme avant malgré toutes les résistances au changement qui détruit l'ordre ancien. Jamais il n'a été plus clair que ce ne sont pas les idées qui mènent le monde, ce dont se persuadait l'ère des idéologies où il fallait choisir entre libéralisme, communisme et fascisme, alors que c'est l'évolution technologique qui dicte sa loi, comme le pensait Marx, le progrès des connaissances et techniques (la connaissance change le monde plus que les grandes idées). Si nous n'avons pas notre mot à dire dans cette évolution, à quoi bon en parler ? C'est que, ne pas pouvoir décider de l'avenir n'implique aucun fatalisme ni laisser-faire. Seulement, plutôt que de s'étriper vainement sur le monde idéal que nous voudrions construire, et qui n'a aucune chance d'exister, cela nous oblige à faire de la prospective pour se préparer au monde qui nous attend vraiment et prévenir les catastrophes qui s'annoncent. La prospective est d'autant plus indispensable dans une époque de rupture où tout s'accélère comme maintenant mais c'est aussi ce qui la rend presque impossible. Il y a trop de bouleversements qui se combinent, dont on ne peut prévoir les effets après-coup, pas plus que les nouvelles découvertes ou pratiques émergentes. Le "cycle de la hype" est là pour montrer qu'on se trompe toujours sur les nouvelles technologies, la science-fiction ne pouvant que tomber dans les pires simplismes alors qu'elle est prise bien trop au sérieux. On ne fait jamais que prolonger les dernières tendances, ce qui est très insuffisant, mais c'est notre situation - et la question qui nous est posée, reste de savoir ce qu'on peut faire dans ce contexte d'avenir incertain. La difficulté de se projeter dans l'avenir est flagrante quand on voit les jugements les plus opposés sur l'Intelligence Artificielle dont les performances progressent si rapidement depuis quelques années seulement et qui commence tout juste à déferler dans nos vies avec les assistants personnels ou domestiques. Si certains ne veulent y voir rien de nouveau, soulignant les limitations actuelles, d'autres tombent dans les exagérations les plus extrêmes, de la crainte du grand remplacement par les robots, qui seront plutôt nos partenaires, à notre asservissement par une intelligence supérieure, quand ce n'est pas une Singularité mythique, extrapolation exponentielle qui n'a aucun sens. La vérité, c'est que l'IA va bien tout bouleverser dans les prochaines années, plus même que le numérique dont elle est l'aboutissement, donnant sens à toutes les données qui se transmettent en masse. On ferait mieux d'en tenir compte mais si on peut s'extasier qu'AlphaGo Zero puisse apprendre en 40 jours une science du Go qui a mis 3000 ans à s'élaborer - tout comme on s'est extasié de la rapidité de calcul de nos ordinateurs - cela n'a rien à voir avec une intelligence omnisciente. Kevin Kelly a raison de dire que la peur d'une intelligence artificielle supérieure à la nôtre est irrationnelle car l'intelligence étant multidimensionnelle, une intelligence supérieure n'a pas de sens sinon dans un domaine spécialisé et il y a des limites à l'intelligence qui ne peut être infinie (ni générale). Apparemment, la seule façon de s'approcher des capacités humaines, c'est d'ailleurs de s'inspirer de notre cerveau mais on n'a pas forcément intérêt à l'imiter complètement car on reproduirait tout autant sa folie (un excès de logique) et ses risques d'erreurs (comme ceux de la pensée de groupe). Il faut ajouter, que, bien plus qu'on ne croit, notre intelligence est déjà largement extérieure (langage, livres, sciences, etc.), liée à notre environnement historique et notre formation plus qu'à notre cerveau. - [L'aliénation dans le travail](https://jeanzin.fr/2017/10/10/l-alienation-dans-le-travail/): J'ai essayé de montrer les dangers du concept moderne d'aliénation (à partir de Feuerbach et Marx), concept entièrement négatif car renvoyant à une identité ou une essence humaine mutilée, faisant de l'aliéné un véritable sous-homme. J'avais critiqué aussi la conception individualiste qu'avait Gorz de l'aliénation dans le travail et son idéal d'auto-production sous-estimant notamment la participation à une entreprise collective. Chez Hegel, au contraire, malgré sa négativité qui la dépouille de sa subjectivité, l'aliénation est beaucoup plus positive ou dialectique puisqu'elle représente le moment de l'objectivation, de la réalisation, c'est-à-dire de notre existence matérielle en acte à l'intersection de l'esprit et de la matière, du sujet et de l'objet. Le sujet se pose en s'opposant à l'objet, y compris à son propre objet, sa production qu'il dépasse, mais il a besoin pour cela de passer par l'objet. L'aliénation est donc pour Hegel une nécessité de l'expression et de la conscience de soi alors que, si on remet la dialectique sur ses pieds matériels, l'aliénation dans le travail relève plutôt de nécessités extérieures, de besoins sociaux et vitaux, ce qui n'empêche pas que le travail nous objective et que nous y sommes mis en question dans notre être. - [Revue des sciences octobre 2017](https://jeanzin.fr/2017/10/01/revue-des-sciences-octobre-2017/): Austérité et robotisation Le réchauffement serait moins fort que prévu Pas de bombe méthane ? Un détecteur portable de neutrinos basse énergie L'inflation cosmologique La gravité un effet de l'effondrement de la fonction d'onde ? Un millier de colons sur la Lune en 2050 ? Transformer le CO2 en carburant L'ADN viendrait des météorites et devancerait les acides aminés L'ancêtre des primates faisait des sauts acrobatiques Un village de la côte ouest du canada daté de -14 000 ans Chez les souris mâles les neurones sexuels sont liés à l'agression Le vieillissement provoqué génétiquement par l'autophagie La stimulation cérébrale réveille un patient en état végétatif depuis 15 ans La dépression différente pour l'homme ou la femme La dépression une maladie inflammatoire ? Un antidépresseur IMAO-A contre la graisse inflammatoire Les macrophages inflammatoires dans notre graisse à l'origine du diabète Un patch avec des nanoparticules réduit de 20 % des bourrelets graisseux Un "stylo" qui détecte des cellules cancéreuses en 10 secondes Des hologrammes sur le pare-brise L'agriculture robotisée sans l'homme du semis aux récoltes C'est difficile d'y croire, mais il y a des bonnes nouvelles ! Les optimistes du mois dernier pourraient bien avoir raison si on en croit une étude britannique qui prétend que le réchauffement est moins fort que prévu il y a 10 ans, et que donc, on pourrait ne pas dépasser les 1,5°C de réchauffement. C'est quand même douteux mais on nous assure aussi qu'il n'y aura pas de bombe méthane. Même si on n'est pas complètement rassuré, cela devrait encourager la transition énergétique commencée un peu tard mais qui nous laisserait donc un peu plus de temps devant nous ? Il y a cependant bien d'autres risques (nucléaire, biotechnologies, supervolcans, etc). En tout cas, on se demande comment font ceux qui sont bardés de certitudes sur l'avenir, d'un côté comme de l'autre ! Les spéculations physiques sont pourtant là pour nous rappeler l'étendue de notre ignorance avec des théories comme celle de l'inflation cosmologique ou la nouvelle interprétation de la gravité comme effet de l'effondrement de la fonction d'onde. Elon Musk prétend toujours aller sur Mars dès 2022, ce dont on peut douter mais il pourrait y avoir un millier de colons sur la Lune en 2050. La médecine prouve également que la science peut se tromper et que des savoirs traditionnels peuvent avoir raison contre elle, en particulier pour le rôle de l'inflammation dans de nombreuses maladies (dépression, obésité, etc.) justifiant les médecines "holistes". Les théories sur l'Alzheimer n'étaient pas plus assurées jusqu'ici mais un traitement qui réduit le cholestérol cérébral semble valider enfin son rôle dans la maladie. Là encore, il faut être prudent. Les théories sur le vieillissement ne sont pas en reste et on apprend cette fois qu'il serait provoqué génétiquement par l'autophagie, la bloquer pouvant doubler l'espérance de vie d'un ver, pour les hommes c'est plus incertain. Par contre, une des nouvelles les plus étonnantes, c'est d'avoir pu réveiller grâce à la stimulation cérébrale un patient en état végétatif depuis 15 ans ! - [Qu'est-ce que la démocratie ?](https://jeanzin.fr/2017/09/22/qu-est-ce-que-la-democratie/): Il y a un grand malentendu sur la démocratie et toute une fausse mythologie sur ses origines et ce qu'elle est supposée être. D'abord, on nous rebat les oreilles de son invention par les Grecs alors que les agriculteurs qui ont remplacé les marins-pêcheurs de la culture mégalithique, étaient très égalitaires et démocratiques si l'on en croit Alain Testart qui parle à leur sujet de "démocraties primitives". Ce n'est pas que les inégalités en étaient absentes mais assez mal tolérées, et, lorsqu'un village devenait trop peuplé avec des inégalités trop grandes, un groupe partait refonder un nouveau village ailleurs. - [Ce qui donne sens à l'existence](https://jeanzin.fr/2017/09/12/ce-qui-donne-sens-a-l-existence/): J'ai déjà essayé de montrer quel était le sens de la vie et de l'évolution, qui est celui d'une diminution croissante de l'entropie, un peu plus que la persistance dans l'être ou une complexification. Il me paraît très utile de le savoir pour comprendre l'histoire et nos sociétés, en premier lieu l'évolution technique comme processus autonome, mais on ne peut dire que ce soit un sens qui nous touche, point de vue qui reste extérieur dans lequel on peut certes s'inscrire, qu'on peut s'approprier, mais qui reste quand même assez abstrait. Pour l'existentialisme, le sens de la vie nous concerne plus intimement et se confond avec notre projection dans le futur, ce qu'on a à être, ce qu'on veut devenir. C'est ce qui sera, par exemple, le fondement de la critique du travail d'André Gorz pour qui la nécessité de donner sens à son travail passerait par le fait de "voir le bout de ses actes". Cela me semble contestable et surtout trop centré sur l'individu, tout comme l'idéal aristotélicien d'une action qui soit à elle-même sa propre finalité (comme la musique), gommant notamment la dimension de participation à une entreprise collective. Il ne suffit pas de voir le bout de ses actes pour donner sens à son travail de même qu'il ne suffit pas d'augmenter le temps libre pour ne pas s'ennuyer. C'est aller un peu vite en besogne. Il y a bien dans l'existentialisme une vérité intime, d'être mis en question dans notre être, mais qui nous enferme trop dans notre petite personne et peut mener, comme tout un pan de la philosophie, vers un "développement personnel" si vain. Même les utopies politiques n'ont pas peur de promettre l'épanouissement de l'individu et de ses capacités, dans une conception spinoziste qui correspond sans doute à ce qu'on peut considérer comme la véritable réussite personnelle et va très bien à certains mais ne trouve pas d'écho en moi, ne suffit pas en tout cas à faire sens. Dans une société parfaite, pour quelle raison écrire des poèmes ou philosopher ? La création artistique censée exprimer notre précieuse intériorité ne serait-elle plus qu'un passe-temps sans conséquence ? Ne perd-elle pas tout sens justement ? Le sens ne vient que des actions collectives, de l'histoire et de l'inachevé, d'un enjeu vital pour l'avenir. Contre un socialisme de caserne effaçant toute individualité, il était salutaire de défendre l'autonomie de l'individu mais ce serait folie inverse de le dépouiller de sa dimension sociale. Comme je le répète souvent, et contrairement à l'idéologie naïve de la liberté, l'autonomie sert à faire le nécessaire, pas à faire n'importe quoi. Le vieil idéal d'être de plus en plus libre est un idéal vide, sans contenu et donc dépourvu de sens. Il faut répondre à la question : que voulez-vous faire de cette liberté ? Que chacun fasse ce qui lui plait ne suffit pas. Le sens ne se décide pas, il n'est sens qu'à s'imposer à nous de l'extérieur, de la société elle-même, sens qu'on n'a pas choisi mais dans lequel on est engagé. Ce qui nous manque pour donner sens à notre vie, notre journée, notre travail, ce n'est aucune condition matérielle mais seulement le sentiment de travailler à une oeuvre commune, d'y avoir une action positive, d'y être reconnu. Dans les pires situations, un résistant pouvait vivre intensément le sens de son combat alors que le confort bourgeois nous laisse dans un ennui profond. On connaît l'histoire du casseur de cailloux qui est heureux parce qu'il construit une cathédrale mais, non, on ne trouvera pas le sens en soi-même. Il n'y a de sens que nécessaire et inscrit dans une finalité collective, un parti-pris manifestant nos appartenances et motivant nos actions. - [Revue des sciences septembre 2017](https://jeanzin.fr/2017/09/01/revue-des-sciences-septembre-2017/): La voiture autonome modifie l'urbanisme Une centaine de volcans sous l'Antarctique Il y a bien une transmission épigénétique CRISPR-RCas9 l'édition de gène qui cible l'ARN L'édition de gène par homologie (sans CRISPR) Des hommes à Sumatra avant l'éruption du Mont Toba (71 000 ans) Les modifications épigénétiques de la parole qui distinguent Sapiens L'agriculture a fragilisé notre squelette et rendus moins forts Une tablette babylonienne de trigonométrie de 3700 ans Les différences du cerveau entre hommes et femmes Contrôler par champs magnétiques les mouvements d'un animal Le cerveau évalue mieux que nous On peut apprendre pendant le sommeil léger mais on oublie après le sommeil profond Une zone du cerveau stimulée rend familier l'inconnu Reprogrammer instantanément les cellules avec une puce délivrant de l'ADN Des cochons OGM pour produire des organes humains à transplanter Des greffes de peau modifiée avec CRISPR contre le diabète Une pilule qui remplace le sport Un anti-inflammatoire réduit crises cardiaques et cancers Le premier jeu de réalité virtuelle contrôlé par le cerveau La dominante de ce tour d'horizon mensuel me semble un retour au réel qui nous promet, après une libération de l'imaginaire multipliant les projets, de longues années avant de les réaliser - que ce soit la colonisation de Mars ou la transition énergétique, qui prendront beaucoup de temps, ou même l'arrivée des voitures autonomes, retardée d'années en années (mais qui devrait reconfigurer nos villes et nos vies). Les crises qu'on nous annonce de toutes parts aussi bien que l'avenir radieux promis par d'autres pourraient tout autant être remis à plus tard. Il faut donc sans doute s'attendre à ce que cette revue soit plus répétitive. Il faudra bien l'arrêter un jour, les blogs n'ayant plus la côte, et passer aux réseaux sociaux (où la plupart des fausses nouvelles seraient répandues par des robots) ! On verra ainsi des cochons OGM pour produire des organes humains à transplanter, mais on en parle depuis un moment. Ce qui est plus étonnant, c'est d'arriver à reprogrammer instantanément des cellules (de la peau par exemple) avec une puce délivrant de l'ADN. On a aussi réussi à faire des greffes de peau modifiée avec CRISPR contre le diabète ou bien à contrôler par champs magnétiques les mouvements d'un animal, alors que sort le premier jeu de réalité virtuelle contrôlé par le cerveau. Étonnamment, la préhistoire est l'un des domaines qui restent les plus actifs ces derniers temps, même si ce n'est guère une surprise de confirmer que le langage narratif est bien notre spécificité de Sapiens, à laquelle nous nous sommes adaptés épigénétiquement. - [Pour une écologie plurielle](https://jeanzin.fr/2017/08/24/pour-une-ecologie-plurielle/): A mesure que les effets négatifs de notre industrie se font plus sentir, les préoccupations écologiques sont devenues incontestablement de plus en plus présentes dans nos sociétés, sans beaucoup de conséquences pourtant en dehors d'une transition énergétique bien engagée - qu'on doit surtout à la baisse des coûts du solaire. Cela a déjà permis une stagnation des émissions de CO2, c'est un début mais, ce qu'il faudrait, c'est les réduire drastiquement ! On est donc bien loin de compte. Les traités internationaux comme les accords de Paris ne doivent pas être sous-estimés ni dénigrés, ce sont des étapes essentielles, même si leur portée est très réduite à court terme. En face, les écologistes qui dénoncent ses insuffisances et alertent sur les dangers courus, ne sont pas pris au sérieux et loin de profiter de la popularisation de leurs thèmes, sont devenus à peu près inexistants, sauf exceptions (il n'est pas si facile d'avoir un rapport de force favorable). Les partis Verts ne sont pas dans un meilleur état que les partis sociaux-démocrates dans le contexte actuel, même si on peut penser qu'ils ont plus d'avenir, mais il faudrait pour cela qu'ils dépassent le carriérisme d'un côté et, de l'autre, le démon de la division groupusculaire qui donne priorité à la lutte entre écologistes sur les menaces vitales. Or, tant qu'on n'a pas prouvé qu'on pouvait faire mieux, ce n'est pas le capitalisme vert qui doit être notre cible, même si on ne peut absolument pas s'en contenter. Ce n'est pas le moment en tout cas d'abandonner le combat politique et militant mais il faudrait s'entendre au moins sur ce que l'état des lieux a de dramatique, et d'abord sur l'échec collectif, aussi bien des politiques gestionnaires que des courants radicaux à changer la donne. Il n'y a pas lieu d'opposer les uns aux autres quand aucun n'a de résultat probant et que le temps presse. C'est un fait que ce qui est nécessaire n'est pas toujours possible pour autant. Alors que les pays les plus peuplés accèdent au développement capitaliste et que s'accélère la numérisation du monde, il faut bien admettre qu'on ne convertira pas du jour au lendemain la terre entière à une vie plus écologique. On peut tout au plus en donner l'exemple, ici et maintenant, avec des alternatives locales. - [La liberté contre l'identité chez Sartre](https://jeanzin.fr/2017/08/16/la-liberte-contre-l-identite-chez-sartre/): Les premiers livres de philosophie que j'ai lu, avant d'en avoir l'âge, ont été la Critique de la raison pratique de Kant puis l'Être et le Néant de Sartre. Ce n'est pas un livre sans faiblesses mais celles-ci n'ont pas tant d'importance au regard de l'influence qu'il exercera sur son époque. En effet, s'y fondait une position politique opposée à celle du nazi Heidegger et de sa quête de l'originaire, position de gauche pour laquelle "l'existentialisme est un humanisme". Revenir à Sartre est utile pour combattre le retour des tendances identitaires et autoritaires en y opposant une liberté de principe qui nous constitue comme interlocuteur, véritable dignité de l'homme. On donnera cependant presque un sens inversé à l'affirmation anti-platonicienne que "l'existence précède l'essence", où l'homme n'est plus au centre, auto-création de soi-même, alors que c'est le milieu qui détermine entièrement l'évolution d'une essence humaine changeante - ce qu'il faut concilier avec notre liberté supposée, sa nécessité métaphysique comme sa réalité pratique. Le début du livre est difficile à suivre, qui fait de la conscience ce qui introduit le néant dans l'être, difficile car peu convainquant finalement mais qui servira de fondement métaphysique à la suite au nom d'une conscience désincarnée qui serait pur néant et négativité du fait que la conscience est toujours conscience de quelque chose dont elle se distingue (conscience de ce qu'elle n'est pas) et projection dans des possibles (qui ne sont pas encore). On peut dire que c'est une simplification brutale de la conscience (et de Hegel ou Heidegger). De même que le travail ne peut être réduit à une négation, de même l'intentionalité ou le projet ne peut être réduit à une néantisation, étant tout au plus de l'ordre de la négation de la négation (néguentropie) ou négation d'un manque (p249), de l'ordre de la réaction, de l'apprentissage et du calcul. On accordera plus facilement la caractérisation de la conscience comme "purement interrogative", à la fin du livre (p713), et qui pour cela nous met en question mais la mise en question de notre être, par la conscience comme par les autres, n'est pas pure annulation ni réductible à l'angoisse de la mort (le Maître absolu) et plutôt division du sujet, culpabilité, réponse argumentée. Bien qu'il soit donc contestable de tout réduire au néant, cela servira de socle à une conception de l'homme très différente de celles de Hegel ou Heidegger - qu'il semble pourtant ne faire que répéter - puisqu'elle le libère au contraire de ses dettes envers le passé comme de toute essence supposée. Il ne s'agit plus d'être-là, d'habiter le lieu, mais de le déborder, toujours déjà pris dans la négation ou la fuite en avant, non à cause de notre finitude de mortels mais de notre réflexivité et de notre projection dans l'avenir, entreprise de désidentification pour laquelle l'identité qui nous fige devient même une insulte, nous ramenant à une chose inerte, nous assignant à notre place, devenus anonymes et muets. On sent bien ce qu'il y a de nécessaire autant que d'excessif à privilégier ce qu'on peut avoir d'insaisissable et d'imprévisible. Les philosophes me semblent toujours délirer un peu (par excès de logique) et leur argumentation souvent purement instrumentale pour défendre des positions subjectives, des règles de vie qui incarnent leur philosophie et en font toute la séduction. Ce plaidoyer pour une liberté irresponsable (bien qu'elle prétende à la plus grande responsabilité), peut être lue comme son autobiographie aussi bien qu'un manuel de savoir-vivre libertaire nous faisant revivre le souffle de la libération après-guerre - qui devait effectivement rompre avec son passé. - [Revue des sciences août 2017](https://jeanzin.fr/2017/08/01/revue-des-sciences-aout-2017/): Le retour du risque nucléaire L'intelligence artificielle enjeu du siècle Les premiers tailleurs de pierre n'étaient pas humains La moitié de la matière vient de galaxies lointaines Des micro-satellites pour les voyages interstellaires Des rivières souterraines coulent sur Mars ? Mission Dart : la Nasa veut dévier un astéroïde L'exploitation minière de la Lune dès 2020 ? Ce que le champ magnétique terrestre doit à la Lune Une enzyme accélère la séquestration du CO2 dans l'océan Du méthane à partir du CO2 et du Soleil L'ADN poubelle (75%) nous protège des mutations délétères Les vers géants des profondeurs vivent plus de 1000 ans Les corbeaux savent anticiper Les rats savent qu'ils savent et qu'ils oublient Deux gènes sociaux expliqueraient la domestication des chiens Le mauvais sommeil des plus âgés en fait des veilleurs de nuit La pensée de groupe 16 gènes détermineraient l'espérance de vie Des cellules souches dans l'hypothalamus pour rajeunir La mémoire perdue peut être réactivée FlatScope, un implant cérébral connecté Un téléphone alimenté par les ondes ambiantes Mira, un casque de réalité augmentée à 99$ Malgré un regain d'optimisme un peu artificiel, les perspectives sont bien sombres et le portrait de l'époque, dessiné par les dernières nouvelles, assez perturbant. Ce ne sont pas tellement les nouveautés qui frappent mais le fait que les risques annoncés s'affirment inexorablement comme notre futur. Le nucléaire en fait partie plus qu'on ne se l'avoue. Il est difficile de savoir à quel point la Terre pourrait devenir inhabitable avec le réchauffement mais on est déjà sur le fil avec l'extinction de la faune sauvage. Il y a certes quelques bonnes nouvelles comme la prévision des éruptions qui serait un grand progrès si cela se confirme (sans pouvoir empêcher cependant l'éruption catastrophique de supervolcans comme Yellowstone). On ne dit pas assez non plus que la transition énergétique a gagné la partie - même si on reste loin du compte et qu'il est difficile de croire que l'année 2021 pourrait être la plus belle de toutes avec ses voitures autonomes et la viande cultivée en laboratoire ! Il est par contre certain qu'on n'a pas fini d'être envahis dans notre quotidien par une intelligence artificielle dont on aura grand besoin pour dépasser notre bêtise collective. Il est même assez probable qu'on ait à plus ou moins long terme des implants cérébraux nous connectant directement à nos appareils numériques - au moins une puce dans la main. On n'évitera pas non plus la modification (optimisation) de notre génome, comme celui de nos animaux ou des moustiques, etc. On pourrait avoir aussi des réseaux neuronaux à l'intérieur de nos cellules - et commence, là sous nos yeux, l'ère interplanétaire, et même interstellaire... - [La domestication de l'homme par l'homme](https://jeanzin.fr/2017/07/09/la-domestication-de-l-homme-par-l-homme/): René Riesel n'avait aucune idée d'à quel point il avait raison en parlant "Du progrès dans la domestication" puisque, plusieurs études semblent bien confirmer que notre espèce se caractérise justement par le fait que nous nous sommes domestiqués nous-mêmes (et féminisés) avant de domestiquer les animaux (d'abord les chiens). C'est un nouvel exemple de la façon dont nous avons été modelés par le milieu et la technique dans le sens d'une dénaturation culturelle nous séparant de l'animal sauvage en nous faisant plus dociles, capables de se retenir et de suivre des règles sociales, d'obéir enfin (c'est la capacité d'obéir qui donne sens à notre liberté). Bien sûr, tout est relatif et progressif mais notre domestication signifie que nous avons dû apprendre à réfréner, voire refouler, nos instincts, ce qui se serait fait par élimination (de la reproduction au moins) des plus agressifs et impulsifs, c'est-à-dire principalement ceux qui avaient le plus de testostérone (cela se voit sur les crânes). La causalité hormonale n'est qu'un des aspects de cette sélection sociale mais elle constitue la condition nécessaire à une plus grande socialité, capable de remplacer la violence par le langage ou des rites (ce que Norbert Elias appelait la civilisation des moeurs, qui ne s'est donc pas arrêtée depuis). Il faut dire que les Bonobos aussi ont évolué dans cette direction mais en privilégiant la sexualité. L'hypothèse intéressante ici, c'est que le développement de notre gros cerveau était antérieur à celui de la culture, précédant l'élimination des plus agressifs qui aurait été la conséquence de nos capacités cognitives permettant de se liguer contre les plus violents (condition de la culture). En d'autres termes, chez les humains, les gentils gagnent contre les méchants (contre la brute blonde néandertalienne), les fils peuvent tuer le père tyrannique de la horde primitive ! On peut d'ailleurs voir dans cette contestation des dominants et l'émergence de la force des faibles, la simple conséquence du perfectionnement et de la disponibilité des armes (qui permettent effectivement aux plus faibles de tuer les plus forts). C'est une hypothèse complémentaire à celle de l'extermination des autres populations consacrant la supériorité des armes et qui pouvait expliquer également l'accélération de l'évolution génétique constatée à cette époque, le rôle de la sélection interne ayant donc été tout autant déterminant, avec sans doute pour partie aussi une certaine domestication des hommes par les femmes (sélection sexuelle). - [Jacques Robin, 10 ans après](https://jeanzin.fr/2017/07/07/jacques-robin-10-ans-apres/): L'événement de l'information Je ne peux pas, en ce jour anniversaire, ne pas penser à Jacques Robin qui est mort, il y a tout juste 10 ans le 7/7/7 et qui m'aura sollicité en permanence de 2002 à 2007. Même si mon rôle était essentiellement critique, ce qu'il m'a apporté a été décisif, non seulement par son estime mais de m'avoir ouvert aux sciences, ce que je n'aurais jamais osé tout seul et qui est bien sûr fondamental. Le plus important cependant, c'est incontestablement son insistance sur l'information et sur la rupture qu'elle produisait avec l'ère de l'énergie, avertissant sans cesse qu'on était en train de "changer d'ère". L'étonnant, c'est que 10 ans après, cette rupture reste encore relativement méconnue, déniée ou du moins minimisée alors que l'accélération technologique affole tous les repères. Cela donne la mesure de son avance, et du retard d'une époque sur sa conscience d'elle-même. L'information a mauvaise presse, elle est trop sordide par rapport à la haute opinion que nous avons de notre esprit. Le langage est incontestablement un objet bien plus noble et représentant de notre humanité, au-delà d'un matérialisme réducteur. Le tournant linguistique de la philosophie ne s'intéressait pas du tout à l'information sinon pour s'en distinguer : la parole ne se réduit pas à l'information (elle s'adresse à l'autre et toute phrase est un fantasme, elle construit un monde). Sauf que, l'information, c'est la vie et que nous sommes vivants, pas seulement humains. La place de l'information dans l'inversion de l'entropie est absolument cruciale mais avait été complètement ignorée par les grandes philosophies jusqu'ici. Ce qui peut étonner, c'est que pratiquer l'informatique (comme je le faisais) ne suffisait pas à comprendre l'information et son importance. L'insistance de Jacques Robin était donc bien indispensable, dans sa répétition même, pour nous rendre sensible l'événement de l'information. - [Revue des sciences juillet 2017](https://jeanzin.fr/2017/07/01/revue-des-sciences-juillet-2017/): La stagnation de l'économie A l'origine, il y avait 2 soleils Après la planète 9, la planète 10 ? Elon Musk veut envoyer 1 million de colons sur Mars L'eau serait un équilibre entre 2 formes de liquides L'océan arctique était un lac d'eau douce, il y a plus de 34 millions d'années La réplication des deux brins de l'ADN n'est pas synchronisée On peut effacer la mémoire non-associative d'un ver sans toucher à sa mémoire associative Le cerveau multidimensionnel La fonction de la conscience dans l'apprentissage L'altruisme chez les chimpanzés Un homo sapiens archaïque de 300 000 ans au Maroc Des proto-hiéroglyphes égyptiens de 5200 ans Une cité impériale de 4000 ans confirme les récits légendaires chinois Sergio Canavero "réussit" des greffes de têtes Des cellules de porc dans le cerveau contre le Parkinson Cibler un rétrovirus de notre génome pour mieux éliminer le VIH Un masque d'auto-hypnose connecté La téléportation biologique Michelin Vision, un pneu imprimé en 3D et réparable Un premier Hyperloop reliant Paris à Amsterdam en 2021 ? Rien de tel que la recherche pour découvrir son ignorance et apprendre à suspendre son jugement. C'est effectivement assez stupéfiant comme il faut sans arrêt réécrire notre histoire, que ce soit celle de Sapiens avec des fossiles plus vieux de 100 000 ans, la proto-écriture égyptienne qui remonterait désormais à 5200 ans ou le palais impérial chinois de 4000 ans obligeant à réexaminer l'historicité des premiers empereurs considérés comme légendaires. On apprend aussi, qu'à l'origine de notre système solaire, il y avait sans doute 2 soleils ! Le plus étonnant pourtant, c'est qu'on devrait vraiment aller sur Mars. Elon Musk prévoit même d'y envoyer un million de colons malgré tous les risques mortels ! Cela prendra sans doute plus de temps qu'annoncé mais c'est en route et difficile à croire. On pourrait aussi reproduire un organisme de Mars sur Terre avec une sorte de "téléportation biologique". Sinon, le cerveau est toujours à l'honneur, approfondissant sa structure multidimensionnelle et la fonction de la conscience dans l'apprentissage. On pourrait même effacer une mémorisation d'un neurone sans toucher à d'autres mémoires. Cela fait bizarre qu'on puisse injecter des cellules de porc dans le cerveau pour lutter contre le Parkinson mais le plus étonnant, là encore, c'est que Sergio Canavero persiste dans son projet de greffer des têtes, ce qui était impensable jusqu'ici et a aussi toutes les chances d'être fatal ! On est loin d'être dans un monde de rêve... - [Le réel au-delà de la technique](https://jeanzin.fr/2017/06/18/le-reel-au-dela-de-la-technique/): On se croit facilement le centre du monde. Ainsi, il est tout aussi naturel de croire que le Soleil tourne autour de la Terre que de croire que ce sont les hommes qui font leur histoire ou que l'économie est déterminée par nos désirs alors que la réalité, c'est que nous sommes les produits de l'évolution (biologique et technique) aussi bien que de notre milieu social, ballotés par les événements et soumis à des puissances matérielles (militaires ou économiques). Nos désirs eux-mêmes sont déterminés socialement comme nos besoins le sont par l'organisation matérielle. Croire que l'histoire serait voulue la rend incohérente sauf à imaginer un esprit mauvais qui se repaît de nos malheurs. Quand on est jeune on accuse facilement la génération de ses parents d'être responsable de ce monde sans âme et de toutes ses inadmissibles turpitudes. Quand on est plus grand, le bouc émissaire pourra être l'étranger, l'élite ou quelques complots puisqu'il faut un coupable au désastre. Beaucoup vont s'en prendre à des entités plus abstraites comme la technique, le capitalisme ou le néolibéralisme, mais personnalisées, comme si elles avaient des intentions, et conçues comme étant l'émanation d'une volonté perverse, d'une avidité sans limite, dont la domination serait plus totale que dans les régimes autoritaires, arrivant à coloniser les esprits par la publicité ou la propagande des médias. Ces concepts abstraits cherchent encore à désigner des coupables. Il y en a, incontestablement, mais en se focalisant sur les personnes, on ne fait pas que se tromper de cause, c'est le réel lui-même qui disparaît derrière ces accusations ad hominem. Après s'être laissé aller dans sa jeunesse à ces indignations morales, Marx a voulu ensuite, avec le concept de système de production et d'infrastructure, revenir aux véritables causes matérielles du capitalisme qui s'imposait par sa productivité et "le bon marché des marchandises" (Manifeste). Il ne fait aucun doute que ce n'est plus pour lui le résultat d'un dérèglement individuel ou moral mais un stade nécessaire de notre développement, malgré toutes ses horreurs - qui devait seulement être dépassé par un communisme supposé encore plus efficient et rationnel. Pour Marx, il y avait bien un déterminisme de l'histoire et du système de production par le progrès des techniques, ne laissant guère de place aux acteurs, sinon celle d'accélérer le pas (ou le ralentir) vers un avenir tout tracé, supposé être miraculeusement ce dont on a toujours rêvé puisque la technique nous délivrant de la nécessité ouvrait enfin sur le règne de la liberté ! Comme c'est la lutte des classes qui devait assurer le passage au communisme, aboutissement de la grande industrie, le déterminisme technologique passait cependant au second plan dans l'action politique (mais on n'attendait pas la révolution de pays arriérés comme la Russie ou la Chine). Jacques Ellul remettra (comme Kostas Axelos) la technique au centre du marxisme, mais cette fois comme système technicien devenu autonome et se retournant contre nous (déshumanisant et limitant notre liberté) - tout en maintenant l'illusion, au nom des sociétés du passé mais en contradiction avec son analyse systémique, que ce ne serait qu'un effet de l'idéologie progressiste, d'un bluff technologique, d'une perte de nos valeurs humaines. Il voudrait donc conjurer le déterminisme technologique par l'idéalisme (écolo ou religieux) ! Pourtant, s'il est vraiment autonome, le système technicien ne dépend plus de nous puisque c'est de son propre mouvement qu'il arraisonne le monde - et c'est bien ce qu'on constate - causalité extérieure à l'homme qui ne fait que courir après, ayant souvent du mal à suivre. Encore faut-il éclairer les raisons matérielles de cette course en avant (guerre, concurrence, profit, rareté) au lieu d'y opposer vainement des valeurs spirituelles et la nostalgie d'une nature perdue. La dernière façon de réintroduire le désir humain dans l'évolution technique, c'est de considérer toute technique comme ambivalente, ce que Bernard Stiegler appelle des pharmaka, au nom du fait que les instruments techniques ne sont pas biologiquement régulés, étant hors du corps (exosomatiques), pouvant donc servir au bien autant qu'au mal, de remède (néguentropique) comme de poison (entropique). Nous resterions ainsi les acteurs de l'histoire par ses bons côtés (nos rêves) en le payant de ses effets pervers (cauchemardesques) mais en fait, Ellul montre que souvent on ne peut séparer les deux faces de la même pièce et, surtout, on rate ainsi la dynamique propre de l'évolution et sa détermination par le milieu. - [L'origine de la religion, de la civilisation et de l'agriculture](https://jeanzin.fr/2017/06/13/l-origine-de-la-religion-de-la-civilisation-et-de-l-agriculture/): On a beaucoup parlé de la dernière découverte au Maroc de fossiles datés de 300 000 ans et attribués à des Homo sapiens archaïques dont le cerveau (et surtout le cervelet) est encore assez différent du nôtre. Cela donne un repère dans une évolution loin d'être achevée entre l'utilisation systématique du feu et de la cuisson nécessaire à un cerveau plus gros, autour de 400 000 ans, et nos ancêtres directs (l'Eve mitochondriale) datés génétiquement de 150 000 ans, probablement en Afrique de l'Est (Ethiopie?) - avec sans doute une origine plus ancienne en Afrique du Sud (aussi bien génétique que linguistique). Les progrès de l'outillage au Paléolithique moyen sont visibles mais seront bien plus lents qu'au Paléolithique supérieur qui connaît autour de 50 000 ans une véritable explosion culturelle menant aux grottes ornées. Un événement décisif s'était produit vers 70 000 ans (peut-être l'éruption du Mont Toba, peut-être avant) qui aurait réduit la population humaine à un tout petit nombre qui va se répandre sur toute la Terre et dont nous héritons les gènes. Le saut cognitif pourrait être corrélé à la constitution de groupes plus nombreux, condition d'un langage (narratif) et d'une culture complexe ainsi que de la diffusion des innovations. La prochaine étape sera celle du Néolithique à la fin de la dernière glaciation, des dizaines de milliers d'années après, et sera encore plus décisive puisqu'elle sera à l'origine de la civilisation agricole. Il est donc très étonnant qu'on ne donne pas plus de publicité aux découvertes récentes sur cette étape primordiale de notre humanité. C'est surtout depuis 2015 qu'est apparue en effet l'importance considérable du site appelé Göbekli Tepe (à la frontière entre la Turquie et la Syrie) qui devient un candidat très sérieux à l'origine de la religion, de la civilisation et de l'agriculture, pas moins ! Même s'il ne manque pas d'informations en ligne (wikipedia) ni même d'émissions de télévision sur le sujet, la nouvelle ne semble pas avoir touché encore le grand public. Il n'est dès lors pas inutile d'y revenir. - [Revue des sciences juin 2017](https://jeanzin.fr/2017/06/01/revue-des-sciences-juin-2017/): Comment aller explorer Alpha du Centaure Parler en sifflant un phénomène planétaire Les mécanismes neuronaux du désir et de l'amour L'expansion de l'univers causé par les fluctuations quantiques de l'espace-temps Les bouillonnements de méthane augmenteraient la capture du CO2 ! Des coraux qui se développent plus vite dans l'eau chaude survivent au réchauffement Convertir l'azote de l'atmosphère en engrais Du lait synthétique avec des levures OGM Des fossiles microbiens de 3,48 milliards Les babouins ont une asymétrie semblable à celle du langage Le rôle de l'alcool depuis 10 millions d'années au néolithique Les migrations humaines par les gènes et la langue La structure hiérarchique de la langue confirmée dans le cerveau Des souvenirs refont surface grâce à la stimulation électrique cérébrale Des cellules souches humaines cultivées pour produire du sang Un ovaire imprimé en 3D a permis la naissance de bébés souris Le cannabis mauvais pour les jeunes, bon pour les vieux Une pilule pour remplacer le sport Une électrode dans le cerveau pour contrôler un exosquelette La voiture volante de Toyota pour 2020 On a ce mois-ci une nouvelle explication de l'expansion de l'univers par les fluctuations quantiques de l'espace temps ainsi que des détails sur le projet d'envoyer une voile solaire vers Alpha du Centaure à 20% de la vitesse de la lumière mais, alors qu'on avait eu le mois dernier une réfutation de la grammaire universelle de Chomsky, cette fois, c'est son hypothèse d'une structure hiérarchique et récursive de la langue qui est confirmée par l'imagerie cérébrale. On apprend aussi que les langages sifflés qui sont une version dégradée du langage parlé arrivent à se faire comprendre à grande distance. Les études linguistiques en accord avec la génétique permettent également de reconstituer les migrations humaines et notre origine sud africaine en sort renforcée. Un article sur le rôle de l'alcool dans notre évolution depuis 10 millions d'années jusqu'au néolithique est intéressant pour l'hypothèse que l'agriculture aurait d'abord été inventée afin de confectionner des boissons alcoolisées rituelles. Sur le cannabis, utilisé lui aussi depuis longtemps, on apprend qu'il serait bon pour les vieux (contre la dégénérescence cérébrale) alors qu'il est mauvais pour les jeunes (surtout avant 17 ans) ! On verra sinon quels sont les mécanismes neuronaux de l'amour (idéalisant) et du sexe (désinhibition) mais le plus étonnant, c'est que, selon leur localisation, différents souvenirs peuvent refaire surface grâce à une stimulation électrique cérébrale. Après l'utérus artificiel du mois dernier, on s'étonnera moins qu'une souris avec un ovaire imprimé en 3D ait pu donner naissance à des petits viables. Une nouvelle pourrait par contre se révéler très importante, si son potentiel se confirme: on pourrait cultiver ses propres cellules souches pour produire du sang à se transfuser. Il y a enfin une pilule pour "remplacer le sport" qui pourrait aider les personnes obèses au moins... - [Le moment Gorz](https://jeanzin.fr/2017/05/25/le-moment-gorz/): Le temps passe qui ne laisse aucune pensée indemne. On prétend qu'il n'y a pas de progrès en philosophie car on peut toujours épouser les philosophies les plus anciennes, sauf qu'on ne peut plus adhérer à tout un pan de ces philosophies, simplement ignoré, et l'on peut dire précisément de ceux qui s'en tiennent là qu'ils ne sont pas de leur temps, ratant les enjeux philosophiques du moment - ce qui n'empêche pas qu'on peut trouver dans le passé de précieux enseignements pour l'avenir. On a du mal à imaginer le monde d'après-guerre où André Gorz à commencé à construire son oeuvre, si éloigné du nôtre puisque c'était le temps du communisme triomphant jusqu'à la révolution culturelle et Mai68. Pour s'y replonger on peut lire l'excellent livre de Willy Gianinazzi, "André Gorz, une vie" qui est bien plus qu'une biographie, retraçant minutieusement les débats politiques des différentes périodes qu'il a traversées, du moins ceux auxquels il a participé - il avait ignoré superbement les situationnistes par exemple (alors que le livre comporte une citation de Vaneigem pour chaque partie!). L'idéologie marxiste avait alors une position hégémonique impensable aujourd'hui. C'est assez sensible dans "Questions de méthode" où Sartre en faisait "l'horizon philosophique indépassable de notre temps", bien que tirant le marxisme du côté de l'humanisme et de la critique de l'aliénation, essayant de réintroduire le rôle de l'individu dans ce que Althusser désignait au contraire comme un processus sans sujet. Cette soumission à l'idéologie dominante a tout de même mené Sartre à faire son autocritique d'écrivain bourgeois quand il écrit sur Flaubert, ou à croire encore dans sa dernière interview qu'après la révolution les rapports humains pourront être transparents enfin !! C'était vraiment une autre époque où tout était idéologisé (art, technique, science, vie quotidienne) et pleine d'utopies dont on peut avoir la nostalgie mais qui étaient très infantiles (religieuses). Bien qu'étant comme Sartre passé à côté des apports incontournables du structuralisme (succédant à l'existentialisme et minorant effectivement le rôle du sujet), André Gorz a malgré tout su coller aux évolutions en cours aussi bien économiques qu'intellectuelles, jusqu'à la fin de sa vie où, grâce notamment à Jacques Robin, il a reconnu assez vite qu'on avait changé de monde avec notre entrée dans l'ère de l'information et de l'économie immatérielle (objet de son dernier grand livre). Il n'hésitait pas à remanier à chaque fois ses analyses et propositions, ce qui en fait une pensée vivante mais divisée en périodes. La cohérence de son parcours peut être résumée par la tentative d'élaborer un marxisme existentialiste et post-communiste, d'en reformuler les objectifs à partir de l'autonomie de l'individu et de son monde vécu. C'est ainsi par la critique de l'aliénation (de Marcuse à Illich) qu'il abordera l'écologie aussi bien que les transformations du travail, critique qui a été qualifiée "d'artiste" en opposition à la critique sociale et qui est bien peu matérialiste en tout cas au regard du déterminisme économique, mais, en dépit de sa modernité et de son hétérodoxie, il s'est voulu marxiste jusqu'au bout, se passionnant encore, dans les tout derniers mois, pour une "critique de la valeur" si vaine pourtant. Dix ans après sa mort, la situation économique, politique, technologique a beaucoup évolué encore, la crise attendue n'ayant eu que des effets régressifs, et c'est à la lumière de ces évolutions que je peux faire le bilan de ce qui a été pour moi et quelques autres le moment Gorz, à la fois sa nécessité historique pour nous et son caractère daté. C'est un fait qu'il nous a permis de passer du marxisme à l'écologie, nous servant à défendre une écologie politique radicale. C'est un fait aussi que nous avons échoué, ce dont il faut bien rendre compte. Reste la voie des alternatives locales qu'il a commencé à élaborer et qui pourrait avoir plus d'avenir ? - [Critique de l'aliénation](https://jeanzin.fr/2017/05/12/critique-de-l-alienation/): La question de l'aliénation est relativement nouvelle, du moins sous ce nom car on pourrait en faire l'origine de la philosophie qui est née dans les riches villes commerçantes de l'Ionie grecque d'abord comme condamnation des richesses excessives et du caractère aliénant de l'argent. L'homme aliéné, ce serait le sophiste vénal qui délaisse la vérité pour le semblant, l'apparence, le divertissement. On pourrait dire aussi que l'aliénation est au coeur des religions du salut qui exigent de se purifier de nos fautes pour retrouver l'innocence première. Ce qu'il faut souligner, c'est qu'on ne vise pas ainsi véritablement l'humanité de l'homme, son aliénation, mais bien plutôt ce qui dépasse l'homme. On pourrait également appeler aliénation chez les stoïciens ou Spinoza le fait de ne pas réaliser son destin, puisque nous aurions une essence individuelle donnée dès le départ, juste appelée à s'épanouir comme expression de soi (deviens ce que tu es). L'aliénation serait ici de briser cet élan vital, de faire obstacle à cette volonté de puissance - qui sera reprise par Nietzsche mais pour le petit nombre des surhommes. En fait, l'aliénation se définira comme atteinte à notre humanité elle-même seulement dans la postérité de Hegel alors que, chez lui, loin d'être un défaut à combattre, l'aliénation désigne l'objectivation, la liberté objective du Droit qui est un progrès de la liberté, de son effectivité, même si elle contraint la liberté subjective. La question de l'aliénation posée au regard d'une essence de l'homme commence donc, bien que sous un mode mineur, avec les jeunes hégéliens qui prétendent réaliser la philosophie et dont Marx a été l'un des représentants (jusqu'à ses manuscrits de 1844). Mauvaise compréhension de Hegel sans doute, pour qui la philosophie vient toujours trop tard et ne saurait dicter au réel sa conduite, mais tirant vers l'anthropologie : D'abord religieuse chez Feuerbach, qui prend au sérieux la présentation de la religion par Hegel comme projection de notre conscience collective qui doit devenir conscience d'elle-même. Puis économique avec l'émergence du prolétariat industriel dans toute son inhumanité et une production devenue autonome qui se retourne contre les producteurs. Les deux formes cardinales de l'aliénation, qui en imposeront le thème, sont effectivement l'aliénation religieuse et l'aliénation dans le travail. Mais c'est seulement des années 1920 à 1970 que l'aliénation deviendra centrale. De l'existentialisme à Lukàcs et l'Ecole de Francfort, aux situationnistes, à Mai68, aux féministes ou écologistes, le thème de l'aliénation aura tendance à se répandre un peu partout, dessinant en creux une essence humaine idéalisée. Même si la lutte contre l'aliénation est moins omniprésente aujourd'hui, elle n'en structure pas moins nos représentations sous-jacentes d'un homme complet, transparent à lui-même, nourrissant tout un imaginaire utopique - assez paradoxal pour un marxisme se voulant matérialiste mais qui n'avait pas peur de prophétiser amour et bonheur universel dans un communisme où l'humanité serait réconciliée avec elle-même ! D'autres sortes de matérialismes oseront les mêmes promesses insensées de réconciliation finale que les religions du salut, que ce soit le sexo-gauchisme s'imaginant, par une mauvaise lecture de Freud cette fois, retrouver une nature harmonieuse dans la transgression de la loi et la levée de tous les tabous, ou encore les écologistes voulant nous faire revenir à un mode de vie naturel censé permettre l'épanouissement de nos qualités humaines. Bien sûr, les promesses ne sont jamais tenues car l'état originel supposé n'existe pas ni la chute dans l'aliénation comme dans le péché. L'homme est un être inachevé, une espèce invasive adaptable à tous les milieux mais qui y reste comme étranger, inadéquat, déraciné. Son identité n'est pas donnée, encore moins immuable alors que, ce qui le caractérise serait plutôt le questionnement et le non-identique (même à me renier, je reste moi-même). L'être parlant que nous sommes ne contient pas sa finalité en lui (Je est un Autre), il est parlé plus qu'il ne parle, constitué des rapports sociaux et des discours ambiants, de sorte qu'on peut dire avec raison que pour un tel être, l'existence précède l'essence. Il faut rétorquer aux tentatives de fonder une norme humaine, une identité originaire de l'humanité qui serait opposable aux robots comme aux transhumains, que nous sommes plutôt les produits d'un apprentissage et d'une évolution qui nous dépasse, que nous ne sommes pas au centre de l'univers, pas plus que ses créateurs, et que ni nos capacités cognitives, ni les sciences ne sont propres à notre espèce encore moins à une tradition ou une race. Ce qui nous distingue des animaux n'est guère que l'ensemble des conséquences du langage et de la technique - ce qui ferait d'éventuels extraterrestres évolués nos frères en humanité. Cependant, si nous étions de purs produits, un simple réceptacle intériorisant l'extériorité, quelque chose comme un appareil photo, le noeud d'un réseau ou encore une éponge absorbant son milieu, la notion d'aliénation n'aurait bien sûr aucun sens. Ce n'est pourtant pas exactement le cas et ce pourquoi il faut l'examiner plus précisément si on veut en critiquer l'usage. - [Les 4 types d'organisation du travail du futur](https://jeanzin.fr/2017/05/08/les-4-types-d-organisation-du-travail/): simple, taylorienne, apprenante et lean production (flux tendus) - [Le capitalisme de réseau](https://jeanzin.fr/2017/05/03/le-capitalisme-de-reseau/): Le capitalisme numérique n'a rien à voir avec le capitalisme industriel, on peut même dire que c'est le contraire puisque dans l'industrie, le capital est un préalable à l'investissement dont la réussite est sanctionnée après-coup par le marché alors que dans le numérique l'argent vient après, pour amplifier une réussite et consolider son monopole. Effectivement, dans un monde connecté, "l'effet de réseau" favorise les monopoles car la valeur d'un réseau, pour un utilisateur augmente avec le nombre d'utilisateurs en ligne. Du coup, c'est le premier qui rafle tout et la valeur des "licornes" explose créant des fortunes immenses presque du jour au lendemain. Un article de décembre (que je ne découvre qu'aujourd'hui) montre comme la blockchain associée au crowdfunding pourrait exploiter cette propriété des réseaux pour le capital-risque en permettant de distribuer aux premiers investisseurs des "jetons" destinés à prendre de la valeur avec le développement de la start-up. C'est ce qu'on appelle ICO (Initial Coin Offering). - [Revue des sciences mai 2017](https://jeanzin.fr/2017/05/01/revue-des-sciences-mai-2017/): Il n'y a pas de super-intelligence L'espace-temps tissé par l'intrication L'intrication quantique est-elle un trou de ver ? La grammaire universelle de Chomsky réfutée L'ancêtre de toutes les cellules déjà complexe Le point froid du rayonnement fossile, la collision d'un autre univers ? L'énergie noire n'existerait pas Le projet fou d'accrocher un immeuble à un astéroïde Une comète à l'origine d'un petit âge glaciaire il y a 13 000 ans Le thermostat naturel des niveaux de CO2 Le réchauffement pourrait diminuer le plancton des océans tropicaux Augmenter la réflexion des nuages avec du sel pour protéger la barrière de corail ? Un sèche-linge à ultrasons Lilium Jet, le premier avion électrique à décollage vertical L'atmosphère primitive a produit les bases de l'ARN grâce aux astéroïdes Des organismes vivant 10km sous terre Des modifications épigénétiques favorisent la spéciation On rêve même pendant le sommeil profond Un utérus artificiel pour des agneaux prématurés de 4 semaines Le sang du cordon ombilical humain améliore la mémoire des souris Prendre un bain chaud serait aussi bénéfique que le sport La guerre entre intelligences artificielles Facebook veut connecter les cerveaux pour communiquer par la pensée De quoi encore se surprendre des étrangetés de notre époque. Il y a au moins deux nouvelles extraordinaires : des utérus artificiels opérationnels et, en physique, des trous noirs intriqués qui formeraient des trous de ver et feraient de l'intrication le tissu de l'univers... On verra aussi des projets fous de pure science-fiction comme de faire des astronautes génétiquement modifiés pour aller sur les autres planètes ou l'idée fantasque de gratte-ciels flottants suspendus à un astéroïde ! Ce qui n'est plus de la science-fiction, par contre, ce sont les robotes sexuelles déjà commercialisées (cher!). Un article nous rassure malgré tout en montrant qu'il ne peut y avoir de super-intelligence ni de singularité, pur mythe, les intelligences étant multiples et limitées. Si on peut espérer que l'intelligence artificielle réduise notre stupidité, il semble que des intelligences artificielles puissent se faire la guerre si elles en ont les moyens. Il faut ajouter que Facebook veut connecter les cerveaux pour communiquer par la pensée. Il reste encore de nombreux mystères, dont celui de la langue et il est intéressant de voir que la théorie de Chomsky d'une grammaire universelle n'est plus tenable. L'origine de la vie reste aussi incertaine en deçà de notre dernier ancêtre, une cellule à ARN pourvue déjà d'un ribosome et donc assez complexe. On apprendra aussi que le cannibalisme ne nourrit pas son homme. Enfin, il se pourrait que la chute d'une comète soit à l'origine d'un petit âge glaciaire il y a 13 000 ans, juste après un premier réchauffement, ce qui pourrait aussi être la cause de la première religion, celle de Gobekli Tepe, menant à l'invention de l'agriculture... - [L'imposture populiste](https://jeanzin.fr/2017/04/13/l-imposture-populiste/): Ce qui devrait être le coeur de la philosophie, c'est bien la question politique, de son irrationalité et de son impuissance. La seule question philosophique sérieuse est celle de notre suicide collectif, la philosophie pratique ne pouvant se réduire à l'individuel qui n'est rien sans l'action collective. Ce que les anciens Grecs appelaient sagesse, celle des 7 sages, était une sagesse politique, bien si précieux car si rare au milieu des folies collectives. Platon lui-même n'aura pas brillé par ses tentatives d'occuper le rôle du roi-philosophe. Rien de plus difficile en effet que de faire régner la concorde et la justice quand tout s'y oppose, passions publiques et intérêts privés, mais surtout notre ignorance qui nous fait adhérer aux solutions simplistes de démagogues. De nos jours, dans le monde des réseaux globalisés et des échanges marchands, c'est-à-dire d'un Etat de droit qui s'impose à nous et qu'on ne peut plus remettre en cause à cette échelle, on peut trouver cela encore plus désespérant car, au-delà du local, la portée de l'action politique s'en trouve extrêmement réduite par rapport aux cités antiques. Un peu comme dans les empires, et contrairement aux discours d'estrade, désormais les institutions démocratiques ne sont plus du tout dans nos pays l'émanation d'un peuple souverain mais s'adressent à la diversité des citoyens dans un ordre mondial établi (défendu par la puissance américaine au nom des droits de l'homme et de la marchandise). C'est là qu'on aurait bien besoin d'une critique de la raison pratique qui en montre toutes les limites, comme la raison pure a dû admettre les siennes, au lieu de prétendre à un universel sans effectivité. Il s'agit de renverser l'idéalisme du sujet, actif et libre, en matérialisme d'une action dictée par l'extérieur. Alors qu'on s'enorgueillit de toutes parts de cultiver l'idéalisme des valeurs qui nous élèvent et les vertus du volontarisme, qui nous ferait triompher de tous les obstacles sur lesquels nos prédécesseurs s'étaient cassé le nez, il nous faudrait nous résoudre au contraire à un peu plus de modestie et une rationalité limitée confrontée à des forces sociales qui nous sont hostiles et des puissances matérielles qui nous contraignent. Ce n'est pas la radicalité du devoir-être, des bonnes intentions initiales, qu'il nous faudrait renier mais les fantasmes de toute-puissance qui font disparaître la dureté du réel, sa multiplicité et la part du négatif dans une surestimation délirante de nos moyens. Ce délire de présomption si enthousiasmant promet des lendemains qui déchantent et cherchent des boucs émissaires à la trahison d'un si beau projet (on a déjà connu). Au lieu de faire assaut de radicalité, s'enivrer de mots et faire violence à un réel qui nous résiste, il n'y a pas d'autre voie que d'essayer d'identifier les leviers qui nous restent et de guider son action sur ses résultats, on peut même dire sur son peu de résultat, question qui devrait nous préoccuper plus que tout car on ne peut en rester là. Il ne fait aucun doute que ce monde est insupportable et qu'il faudrait le changer, il n'y a absolument pas coïncidence entre la pensée et l'être mais bien plutôt disjonction entre l'être et le devoir-être. Nous sommes loin de vivre dans le meilleur des mondes qu'on puisse célébrer. Comment ne pas avoir la rage, depuis toujours, contre les conditions qui nous sont faites et l'injustice universelle ? S'y ajoute désormais l'impératif des urgences écologiques qui rendent plus incontournable encore la nécessité de changer de vie. Il faut partir de ce dualisme initial, rencontre d'une pensée immatérielle menacée matériellement par le non-être qu'elle doit surmonter. Il ne suffit pas pour autant de vouloir pour pouvoir. C'est difficile à comprendre, encore plus à admettre, tant les solutions peuvent sembler relever de l'évidence, mais la réalité première que nous devons reconnaître est bien celle de notre échec, de l'impossible sur lequel on se cogne et du peu de portée d'années de militantisme comme des débats théoriques de l'époque. C'est le préalable pour essayer au moins de trouver les voies d'une action plus efficace, que ce ne soit pas un devoir-être pour rire. La révolte se tourne naturellement vers les théories subversives disponibles qui prétendent offrir un débouché à sa volonté de changer le monde mais elle ne fait le plus souvent ainsi que se nourrir d'illusions. Depuis la fin du communisme, car notre problème est bien l'échec du communisme partout, les aspirations révolutionnaires à l'égalité et la justice, ne trouvant plus d'autres issues, ont dérivé de plus en plus vers l'extrême-droite, de l'islamisme au nationalisme. Au niveau théorique, on a assisté aussi à l'impensable retour d'une sorte de fascisme, sous la forme adoucie du "populisme", auquel Ernesto Laclau et Chantal Mouffe ont voulu donner une dangereuse caution intellectuelle, organisant la confusion entre gauche et droite, alors que, malgré leurs dénégations, le populisme reste l'appel à un pouvoir autoritaire, volontariste, souverainiste, nationaliste et identitaire. - [Revue des sciences avril 2017](https://jeanzin.fr/2017/04/01/revue-des-sciences-avril-2017/): L'intelligence artificielle autonome Les robots devront parfois désobéir Un antibiotique contre Parkinson ? Un trou noir supermassif éjecté à grande vitesse Les extraterrestres propulseraient leurs vaisseaux par des ondes radio ? La Nasa veut rendre Mars habitable en recréant son champ magnétique La programmation de cellules de mammifères opérationnelle Le métabolisme à l'origine de la vie avant l'ARN Le sens de l'évolution maximise l'utilisation d'énergie Un virus à l'origine de la reproduction sexuée Les risques d'extinction sont plus grands que les chances de croissance Des têtards apprennent à voir avec un oeil greffé sur leur queue ! La contagion émotionnelle du jeu chez les perroquets Les espèces de piverts sociables ont vu leur cerveau diminuer ! L'espérance de vie de chimpanzés égale à celle de chasseurs-cueilleurs Des crânes de Denisoviens de 100 000 ans découverts en Chine ? Des gravures de 32 000 ans Augmenter les cellules souches dans le sang avec une protéine Le manque d'oméga-3 cause de l'Alzheimer ? 66% des cancers dues au hasard de mutations fatales Autisme : nette amélioration des troubles grâce à un diurétique Impression 3D de bactéries pour produire des matériaux Faire déplacer un liquide tout seul grâce à des microtubules de cellules Un projecteur vidéo crée une réalité augmentée sans casque Le taxi volant autonome d'Airbus Pas mal de choses finalement ce mois-ci. Ce qui m'a le plus intéressé, c'est une étude sur le sens de l'évolution qui maximiserait l'utilisation de l'énergie et augmenterait les ressources disponibles. A part ça, ce sont les raisons d'inquiétude qui dominent, en particulier le climat bien sûr, d'autant plus que les extinctions sont beaucoup plus rapides que l'émergence de nouvelles espèces. Sinon, en dehors du bioterrorisme et du transhumanisme, on apprend qu'on pourrait greffer sur des hommes un oeil dans le dos (ou autre organe) ! Plus probablement, une interface dans notre cerveau nous permettra d'interagir directement (dans les deux sens) avec nos appareils numériques (cette externalisation pouvant mener à une réduction du cerveau). Non seulement les robots nous ressembleront de plus en plus (revêtus de chair humaine) mais ils devront parfois nous désobéir ou nous contrôler et, combinées avec les blockchains, les conditions seraient sur le point d'être remplies d'avoir des intelligences artificielles autonomes et devenues inarrêtables ! Ce n'est quand même pas pour tout de suite et n'est sans doute pas aussi grave que la destruction de notre environnement mais il est sûr que nos modes d'existence vont profondément changer. Sinon, on peut citer, le projet fou de la Nasa de rendre Mars habitable en recréant son champ magnétique, ou l'hypothèse douteuse que les extraterrestres propulseraient leurs vaisseaux par des ondes radio. Dans les technologies, on a des impressions 3D de bactéries pour produire des matériaux ou bien des liquides autopropulsés, qui se déplacent tout seuls (grâce à des microtubules de cellules), ou encore le taxi volant autonome d'Airbus qui prend forme, etc. - [La tentation du pire](https://jeanzin.fr/2017/03/22/la-tentation-du-pire/): La politique rend fou. Ce n'est pas une nouveauté mais toujours aussi effrayant à chaque fois que les camps adverses se mobilisent et qu'on ressent la pression de la foule. J'avais moi-même dénoncé la folie de se croire majoritaire et de refuser les alliances quand on ne fait même pas 15% des intentions de vote mais il n'est pas sûr pour autant que cette folie générale relève d'une analyse psychologique, encore moins d'une analyse sauvage comme s'y est risqué bien imprudemment Jacques-Alain Miller - le normalisateur du lacanisme - qui prône le vote utile dès le premier tour. Critiquant une "analyste en formation" ayant déclaré : "Pour ma part, je préfère être vaincue que dupe", il croit, en effet, pouvoir dénoncer son narcissisme de la cause perdue, ce qui est tout autre chose que de se faire des illusions, mais surtout, après une réponse musclée de la dame, il en rajoute une couche en invoquant tous les modes de négation chez Freud : Verneinung, dénégation (se rencontre dans la névrose, et chez tout le monde) ; Verleugnung, déni (propre à la perversion) ; Verwerfung, forclusion (dans la psychose). Cette façon de répondre met profondément mal à l'aise, tout comme d'ailleurs de faire croire par une pétition d'analystes qu'on soutient une position politique en tant qu'analyste. Je sais bien que Lacan a cru pouvoir dire en 1967 que "L'inconscient, c'est la politique", semblant prolonger "Psychologie collective et analyse du moi", mais il ne désignait ainsi que "ce qui lie les hommes entre eux" et cela n'empêche pas que ce soit un slogan critiquable lorsqu'il gomme la séparation radicale de l'individu et du collectif (ce que ne fait pas Freud). Le rapport de l'inconscient au politique doit être repensé. Même s'il est incontestablement très tentant de donner une interprétation psychologique à la division de la gauche qui la mène stupidement à la défaite, c'est juste vouloir ignorer les causes réelles de la situation. On pourrait accuser en retour ce psychologisme de refoulement (si ce n'est de forclusion) au profit d'une vision très naïve de la politique et de sa supposée rationalité, vision qu'on peut dire bourgeoise de la défense de l'ordre établi et du service des biens. C'est une position qui est assurément très raisonnable. Sauf que le réel est insupportable. - [Brève histoire de l'homme, produit de la technique](https://jeanzin.fr/2017/03/15/breve-histoire-de-lhomme-produit-de-la-technique/) - [A brief history of man, product of technology](https://jeanzin.fr/2017/03/15/a-brief-history-of-man-product-of-technology/): It seemed worthwhile to attempt a brief summary of human history from a materialistic point of view, focusing not so much on the emergence of man as on what shaped him through external pressures and led us to where we are today, where the reign of the mind remains that of information and therefore of externality. Sticking to the broad outlines is certainly too simplistic, but it is still better than the even more simplistic mythical accounts that we tell ourselves. Moreover, it shows how we can draw on everything we don't know to refute idealistic beliefs as well as ideological ... Lire la suite - [Sister Rosetta Tharpe, la grand-mère du (gospel) rock](https://jeanzin.fr/2017/03/08/sister-rosetta-tharpe-la-grand-mere-du-gospel-rock/): Lorsque je l'ai découverte (grâce à Youtube), j'ai été très étonné de n'avoir jamais entendu parler avant de Sister Rosetta Tharpe (1915-1973) qui est un peu l'équivalent à la guitare électrique de Ray Charles au piano et qui a beaucoup influencé les premiers guitaristes rock. C'est sans doute que ce gospel rock était un peu trop gospel pour l'esprit rock transgressif qui enflammait la jeunesse mais voilà une femme effacée de l'histoire (du moins en France et pour les non spécialistes) dont il est bon de rétablir le rôle pionnier. Didn't It Rain - [La démocratie des minorités](https://jeanzin.fr/2017/03/06/la-democratie-des-minorites/): Derrière les péripéties qui nous divertissent comme spectateurs d'une élection à rebondissements, l'essentiel est bien la décomposition du champ politique, sans doute avant sa recomposition, mais le plus frappant dans cette désintégration des anciennes coalitions, à gauche comme à droite, c'est comme chaque composante peut se prétendre majoritaire et prendre le parti pour le tout, refusant toute alliance avec ceux qui ne pensent pas tout-à-fait comme eux ! Les plus radicaux imaginent que c'est en ne cédant rien sur leur radicalité qu'ils gagneront le pouvoir ! Mieux vaut rester pur que se compromettre, ne faisant qu'ajouter à la division. C'est que l'affluence aux meetings persuade monsieur 15% qu'il représente tout le peuple et les primaires se sont révélées l'expression des plus engagés, privilégiant un certain extrémisme (le programme de leurs rêves) sur les plus réalistes ou prudents, exacerbant les différences et figeant les oppositions. - [Revue des sciences mars 2017](https://jeanzin.fr/2017/03/01/revue-des-sciences-mars-2017/): Le Système solaire, une exception née du chaos Pergélisol et climat : les chiffres de la menace Mieux cultiver pour stocker le carbone Les récepteurs du goût amer déclenchent nos défenses immunitaires La démonstration de l'entropie ? Le réchauffement pourrait bien refroidir l'Europe Un matériau produit de l'électricité avec le mouvement, la chaleur et le soleil Des métamatériaux refroidissent les toits sans énergie Des algues survivent 2 ans dans l’espace Le gène du dimorphisme entre mâle et femelle Les neurones de la conscience connectent l'ensemble du cerveau Le fondement animal de la morale sociale Des centaines de Stonehenge dans la forêt amazonienne L'oxygène de l'air serait cancérogène ! Manger de vieux animaux nous vieillit Dépression et allergies favorisent les infections virales Un laser qui tue les insectes Une imprimante 3D ultrarapide grâce à l’holographie Des robots qui se servent d'outils Petit mois avec peu de véritables nouveautés. On a juste la confirmation que le réchauffement pourrait bien refroidir l'Europe par arrêt du Gulf Stream et que la vie pourrait tout-à-fait venir d'autres planètes, des algues ayant survécu 2 ans dans l’espace. Tout de même, on a été surpris d'apprendre pourquoi les remèdes sont amers, ce qui déclencherait une réponse immunitaire immédiate, et il est bon de savoir que manger de vieux animaux nous vieillirait mais le pire, c'est que l'oxygène de l'air lui-même serait cancérogène ! On verra sinon que la base animale de la moralité est tout simplement la socialité (et non la réciprocité). Enfin, drones et robots commencent à utiliser des outils bien qu'ils soient encore loin de pouvoir remplacer les humains. - [Ne passez jamais au https !](https://jeanzin.fr/2017/02/19/ne-passez-jamais-au-https/): La politique de Google est incohérente, proclamant qu'il faut privilégier le https mais ne gérant pas automatiquement le passage du http au https sous prétexte que cela pourrait être un autre site ! Un minimum de vérification suffirait pourtant à faire au moins soupçonner que c'est bien le même. [En fait, c'est même pire, on n'a pas le droit d'avoir le même site en http et https, considéré comme "duplicate content" !! Vraiment aberrant] Le résultat, c'est que passé à Noël en https, c'est comme si je venais d'ouvrir un nouveau blog et j'ai (presque) disparu depuis (2 mois) de Google où j'étais très bien référencé jusqu'ici, faisant bien sûr chuter la fréquentation cependant, le plus embêtant, c'est qu'on ne peut plus se servir de la recherche sur le blog, ce qui est vraiment utile étant donné le nombre de textes (plus de mille). [Normalement on devrait être revenu en http mais ce sont les navigateurs Firefox et Chrome qui remettent un https dès qu'on a eu le malheur de taper https une fois !] - [Les origines du miracle grec](https://jeanzin.fr/2017/02/18/les-origines-du-miracle-grec/): Ce qu'on appelle, pas pour rien, "le miracle grec" est un bon exemple de l'histoire idéaliste qui voudrait en faire une origine absolue et inexplicable, au lieu d'un stade nécessaire de la civilisation. Il y a deux erreurs qu'on peut faire sur le miracle grec : penser qu'il était une exception, une origine absolue, ou penser que ce n'était qu'un événement spirituel (Heidegger faisant les deux erreurs). Rien de mieux pour réfuter l'idéalisme et montrer que l'histoire résulte de causalités extérieures que d'examiner les trois éléments matériels à l'origine de cette révolution cognitive : l'économie marchande, la guerre entre cités et la démocratisation de l'écriture par l'invention des voyelles. - [Du dualisme à l'écologie](https://jeanzin.fr/2017/02/14/du-dualisme-a-l-ecologie/): Les questions métaphysiques les plus abstraites peuvent avoir des enjeux politiques décisifs. Une métaphysique critique mettant en cause non pas la réalité du monde mais nos représentations et croyances théologico-politiques, n'est pas un obscur jeu de l'esprit, elle a bien plutôt une visée pratique immédiate dans l'opposition entre idéalisme (de la volonté) et matérialisme (des possibles) qui remet en cause le rôle central supposé de l'Homme dans l'histoire et fait toute la difficulté du passage à la prise en charge de notre écologie. Pour la plupart des philosophes, la philosophie commence avec Parménide et l'affirmation de l'unité de la pensée et de l'Être, beaucoup prétendent même que toute philosophie est forcément idéaliste - ce que le marxisme avait voulu démentir sans y avoir vraiment réussi (le matérialisme en échec mettant paradoxalement tous ses espoirs dans une hégémonie idéologique voire une révolution culturelle!). On peut malgré tout soutenir aussi bien que toute philosophie est dualiste et part de la discordance de la pensée et de l'Être comme de l'opinion et de la vérité, même si elle prétend la dépasser. Le dualisme peut prendre d'ailleurs de nombreuses formes différentes, que ce soit celui de l'éternité et du devenir chez Platon, du signifiant et du signifié pour le stoïcisme, de la pensée et de l'étendue chez Descartes, de la représentation et de la chose en soi chez Kant ou, encore, de l'infrastructure matérielle et de la superstructure idéologique chez Marx. Ce qui est vrai, c'est que le dualisme n'est constaté en général que pour le renier et retrouver l'unité perdue (abolition de la lutte des classes dans le commun). Contre toute la tradition idéaliste, voire mystique, il y a nécessité pourtant de comprendre et maintenir le dualisme de l'esprit et du corps, de l'idée et du réel comme du software et du hardware. On peut appeler matérialisme ce qui n'est rien d'autre que la distinction radicale de la pensée et de la matière, extériorité sur laquelle la pensée se cogne, transcendance du monde livré à notre exploration et qui n'est pas négation de la pensée mais son Autre, sans espoir de réconciliation finale. - [Aucune élite ne vaut rien (Alain 1911)](https://jeanzin.fr/2017/02/13/aucune-elite-ne-vaut-rien-alain-1911/): Quelques courtes citations des propos sur les pouvoirs d'Alain qu'il n'est pas mauvais de relire en ces temps d'élections : Notre élite ne vaut rien ; mais nous ne devons pas nous en étonner ; aucune élite ne vaut rien... - [Revue des sciences février 2017](https://jeanzin.fr/2017/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2017/): La modélisation de l'innovation La désinformation sur les réseaux sociaux Les bienfaits des toxines végétales Un nouveau réalisme quantique Des preuves que l'univers est un hologramme ! La matière noire est-elle une illusion et la gravité une émergence ? La lumière revient en arrière dans l'expérience des 3 fentes de Young La complexité des cycles glaciaires La sensibilité du climat au CO2 plus forte que prévue 50 milliards par an pour reconstituer la glace de mer Des bactéries viables avec 2 nouvelles bases dans le génome Un faux départ pour la vie complexe, il y a 2,3 milliards d'années ? La mortalité des corps liée à la préservation des mitochondries ? Les environnements stressants favorisent les tricheurs Un embryon chimère homme-cochon Un anticorps qui protège du sang de vieux (de l'inflammation) La squalamine, extrait du foie de requins, contre le Parkinson Des dents qui se régénèrent toutes seules grâce à un médicament anti-Alzheimer Un viagra mental : l'hormone du désir sexuel ? Des verres liquides intelligents qui s'adaptent à ce qu'on regarde Beaucoup de choses dans ces temps troublés qui redécouvrent nos biais cognitifs et le rôle des réseaux sociaux dans la désinformation. On crée des chimères homme-cochon, des bactéries avec de nouvelles bases, des remèdes pour ne pas vieillir et on aurait découvert une sorte de viagra mental, l'hormone du désir sexuel qui promet de nous rendre amoureux sur commande ! Les physiciens n'ont pas peur de prétendre que notre univers est un hologramme tissé par l'intrication des particules et où la lumière peut revenir en arrière... - [Mes réponses au questionnaire sur le revenu de base](https://jeanzin.fr/2017/01/24/mes-reponses-au-questionnaire-sur-le-revenu-de-base/):   Le Mouvement Français pour un Revenu de Base voulant recenser les différentes propositions existantes m'a demandé de répondre à son questionnaire : - [La réciprocité contre la République](https://jeanzin.fr/2017/01/15/la-reciprocite-contre-la-republique/): Refusant la société telle qu'elle est, depuis toujours les utopistes prétendent la reconstruire entièrement sur des principes supposés anthropologiques, nous racontant des robinsonades qui non seulement n'ont aucune chance de se réaliser mais ne font souvent qu'empirer les choses - illustrant encore une fois comme l'enfer est pavé de bonnes intentions. Si plus personne ne se réfère à Platon, la constitution d'une nouvelle société croit faussement pouvoir s'appuyer sur Aristote et Rousseau (qui parlent d'une toute autre situation) pour fonder la citoyenneté sur la philia ou le contrat. Y ajouter une idéologie de la réciprocité et du don (se réclamant de Mauss) est incontestablement bien intentionné mais ne fait qu'ajouter à la confusion. En effet, ces fictions volontaristes d'une société qu'on aurait choisi pouvaient avoir un sens dans la fondation de villes ou de colonies grecques mais n'en ont plus dans l'Empire du Droit comme elles n'en avaient déjà plus sous l'Empire d'Alexandre ou des Romains. La citoyenneté est désormais un droit. La chose est d'importance car ces représentations ne peuvent que renforcer les prétentions à choisir qui est citoyen et rejeter ceux qu'on n'aime pas pour des raisons de race ou de religion, considérés non-réciproques. C'est au moins la justification du repli sur son cercle d'égaux au contraire d'une approche plus impersonnelle (juridique) qui ne choisit pas ses voisins mais prend la population telle qu'elle est (tout comme les dèmes regroupaient les populations par leur localisation et non par familles). Ainsi, les écologistes qui se lancent dans des alternatives sont incontestablement utiles mais se limitent en général à des convaincus, raison pour laquelle sont préférables des alternatives municipales, de la commune, à partir de tous ceux qui l'habitent (hors de la réciprocité). - [La politique et le vivant](https://jeanzin.fr/2017/01/10/la-politique-et-le-vivant/): Le principal problème politique est la surestimation de nos moyens, surestimation du pouvoir politique dans l'illusion que nous pouvons, car nous le devons, décider du monde, que ce ne serait qu'une question de volonté voire de morale (ou de religion). Il y a des raisons pour cela mais c'est au point que beaucoup de militants se satisfont de leur propre protestation, et qu'on s'imagine que se regrouper à 3 ou 4 pour crier notre indignation pourrait avoir une quelconque portée. On se console que cela ne serve à rien, voire rajoute à notre impuissance, en se disant que nous avons fait notre part, affirmé notre dignité, au lieu de se soucier de (basse) stratégie, de la majorité silencieuse et des puissances matérielles. Laissons ces belles âmes à leur autosatisfaction n'ayant aucune prise sur la réalité et leur monde éthéré de l'idéologie, même si on peut s'étonner qu'on puisse encore donner crédit à ces conceptions théologico-politiques qui ont montré toute leur inhumanité quand elles ont tenté de se réaliser, confirmation sanglante du siècle passé que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Bien sûr, on ne veut rien savoir de cette vieille maxime, pas plus que des horreurs précédentes qui nous empêchent de continuer à rêver, cherchant quelques arguments pour prouver que tous les échecs passés ne valent pas pour nous et que tant que nous serons vivants, l'utopie ne sera pas morte - nous sommes tellement supérieurs aux générations précédentes ! Ces égarements, que j'ai partagé, sont trop systématiques cependant pour ne pas reposer sur de profondes raisons qu'il faut élucider et qu'on peut attribuer au dualisme du discours (politique) et du réel (économique), du nécessaire et du possible, mais tout autant du local et du global. L'injustice du monde nous est insupportable, l'écart entre ce qui est et ce qui devrait être. Il n'y a pas à renier cette légitime indignation mais il ne faudrait pas se tromper de cause. - [Revue des sciences janvier 2017](https://jeanzin.fr/2017/01/01/revue-des-sciences-janvier-2017/): Ce que l'année 2017 nous réserve Evolution du sexe Pourquoi les nazis n'ont pas eu la bombe Coloniser la Lune dans ses "tubes de lave" Les continents n'auraient émergé qu'au Cambrien Un thermostat atmosphérique nous protège des tempêtes solaires Le méthane en augmentation dans l'atmosphère Des particules de calcite contre le réchauffement et pour l'ozone Le refroidissement radiatif Rôle de l'utérus dans le clonage Thérapie génique à base d'acides nucléiques peptidiques (ANP) Les blobs capables de transmettre leurs apprentissages par fusion Les chimpanzés reconnaissent leurs fesses comme nous les visages Les singes pourraient parler, c'est leur cerveau qui ne le peut pas La mémoire d'une histoire est très semblable d'un cerveau à l'autre Comment le cerveau refuse de changer d’opinion politique Le vieillissement cellulaire est réversible La grossesse modifie le cerveau Les cellules cancéreuses qui ressuscitent de l'apoptose Les virus attaquent plus les hommes que les femmes qui les transmettent La fin des bateliers avec les bateaux autonomes A part l'examen de ce que l'année 2017 nous réserve, on verra que les femmes ont déterminé l'évolution du sexe des hommes mais aussi que les chimpanzés se reconnaissent par leurs fesses comme nous par les visages ! D'ailleurs, contrairement à ce qu'on disait, les singes pourraient parler, c'est leur cerveau qui ne le peut pas. Le nôtre a beau être très supérieur, il reste bien limité, refusant notamment de changer d’opinions politiques, parties prenantes de notre identité. Malgré sa plasticité, le fonctionnement de notre cerveau serait cependant étonnamment semblable d'un individu à l'autre, ce qui pourrait permettre de deviner à quelle histoire on pense... D'autres anciennes certitudes sont mises à mal - mais toute science en train de se faire demande confirmation - comme le fait que les continents n'auraient émergé qu'au Cambrien quand ils sont devenus plus légers, provoquant une explosion des formes de vie. Enfin, une des nouvelles les plus importantes sans doute, c'est qu'on a réussi à rendre le vieillissement cellulaire réversible. - [L'apprentissage de l'ignorance](https://jeanzin.fr/2016/12/17/l-apprentissage-de-l-ignorance/): Bien qu'on ne puisse dire que ce soit nouveau ni original puisque c'est par là que Socrate a fondé la philosophie, il est difficile de faire comprendre le sens et la nécessité d'un apprentissage de l'ignorance. Il paraît trop paradoxal que plus on en sait et plus on serait ignorant. C'est qu'il ne s'agit pas de l'ignorance crasse, ignorance qui s'ignore souvent à se persuader en savoir autant qu'un autre (revendication démocratique), mais de la docte ignorance bien moins arrogante à mieux savoir tout ce qu'on ignore. Il ne s'agit pas non plus de scepticisme, même si tout commence par une mise en cause de l'opinion établie. Les sciences se distinguent en effet à la fois du scepticisme et du dogmatisme comme savoir en progrès, soumis à l'expérience et produisant un savoir effectif mais qui ne peut être de l'ordre d'une vérité métaphysique illuminatrice, ne laissant plus rien d'inexpliqué, alors que chaque résultat soulève de nouvelles questions. La puissance de la technique donne l'illusion d'une omniscience trompeuse. C'est le dogmatisme, en général religieux, qui prétend pouvoir tout expliquer, alors que, dans leur confrontation au réel, les sciences ont affaire aux limites de nos savoirs. L'impulsion donnée par Socrate au questionnement des réponses toutes faites aura constamment été étouffée par la volonté de reconstituer, sur les ruines des préjugés de la tradition et du sens commun, un système dogmatique et une religion qui seraient rationnels cette fois. A peine soulevé, le couvercle se referme. Cela commence avec Platon et les stoïciens, jusqu'à Spinoza, Hegel, etc. Leurs différentes grilles de lecture ont l'intérêt de manifester à la fois le pluralisme des représentations et les insuffisances de la raison, nous ramenant à notre ignorance initiale face au monde extérieur, à la dimension de pari de nos choix dans l'incertitude de l'avenir. On n'en reste pas pour autant à cette ignorance originelle, existentielle, d'information imparfaite car le progrès des sciences, non seulement détruit nos anciennes certitudes, mais constitue bien, comme on va le voir, un progrès de l'ignorance elle-même - épreuve d'humilité difficile à soutenir mais indispensable et qui ne ferait pas de mal en politique ! C'est à quoi me sert en tout cas, depuis des années, l'épreuve d'une revue des sciences mensuelle qui dépasse forcément mes compétences et m'empêche ainsi de m'y croire un peu trop. - [Articuler travail et revenu de base](https://jeanzin.fr/2016/12/10/articuler-travail-et-revenu-de-base/): L'idée d'un revenu de base ou universel est incontestablement à la mode, pas seulement dans les milieux branchés de la silicon valley. En dehors des Verts et autres groupuscules, ici, c'est d'abord la droite qui s'en est emparée, notamment avec Dominique Villepin et son revenu citoyen de 850€. Désormais ce sont des socialistes qui en font un enjeu central de leur campagne, façon sans doute de se prétendre radical à bon compte car il faut voir ce que cela recouvre au-delà de la communication politique. On peut remarquer comme, à chaque fois, la mesure semble improvisée, comme si on n'y avait pas pensé avant. Ainsi, Pour Manuel Valls, on est déjà passé du "revenu universel garanti" à un "minimum décent" pour ce qui n'est pourtant guère plus qu'une fusion de différents minima sociaux. On ne sait quel crédit on peut donner à l'affirmation que "ce minimum décent peut aller jusqu'à 800-850 euros (...) pour une personne seule en fonction des ressources, avec toujours le lien sur l'insertion, sur la formation". Le montant fait simplement référence sans doute au maximum de l'allocation aux adultes handicapés, ne signifiant pas que tous en profiteraient également car on n'est plus dans un revenu universel et inconditionnel, s'éloignant du revenu de base qui avait servi simplement d'amorce. Si cela ne va pas beaucoup plus loin qu'un rhabillement du système actuel et une simplification des procédures, un lien est gardé avec le travail bien que sous une forme dont on n'a pas de raison de penser que ce sera plus efficace que depuis la mise en place du RMI. J'insiste sur le fait que ce lien reste indispensable à un système viable et soutenable même s'il faut, en même temps, refuser tout travail forcé et permettre d'accéder au travail choisi. Benoît Hamon est plus fidèle à la logique d'un "revenu universel d’existence" sauf que, du coup, son montant mensuel devra "dans un premier temps" être équivalent à celui du RSA (524€), avant de passer à 750€, une fois le processus lancé et expérimenté... On voit qu'il ne faut pas en attendre grand chose, "dans un premier temps" au moins. Personne ne prétendra qu'on peut vivre avec un RSA, que ce serait un revenu de liberté s'il n'est pas complété par un revenu d'activité. Le montant de 750€ correspond au montant que nous avions évalué comme minimal pour survivre, à la commission des Verts sur le revenu. L'objectif n'est donc pas critiquable mais sa réalisation douteuse ainsi que son financement si on ne se préoccupe pas de donner les moyens à chacun de valoriser ses compétences mais qu'on en fait une dépense nette. La question du revenu ne peut être détachée de la question du travail et de ses transformations actuelles, de l'environnement productif. Qu'une garantie de revenu soit un découplage du revenu et de la production immédiate n'empêche pas son lien global à la production, qu'il faut organiser. - [Revue des sciences décembre 2016](https://jeanzin.fr/2016/12/01/revue-des-sciences-decembre-2016/): Les progrès de la manipulation mentale La migration des interneurones inhibiteurs Comment les ADN se combinent dans l'embryon Une nouvelle étude confirmerait la gravité entropique de Verlinde ? Plutôt que l'inflation, une modification de la gravitation et de la vitesse de la lumières L'EM drive a fait l'objet d'une première publication scientifique La vie sur Mars De nombreux océans sous la croûte terrestre (1000km) Métamatériaux : des forêts pour lutter contre les séismes Plus le climat se réchauffe moins les émissions de volcans protègent du soleil Pour la troisième année les émissions de gaz à effet de serre stagnent Faire de l'électricité avec des déchets nucléaires Récupérer la chaleur des eaux usées pour produire de l'énergie Sélections naturelle et sexuelle produisent deux sous-espèces Les souvenirs de la petite enfance pourraient être réactivés Des femelles singes incitent les mâles à aller au combat Les premiers Australiens responsables de l'extinction de leur mégafaune Se guider avec la stimulation cérébrale à travers un labyrinthe invisible Manipulation de la sensibilité à la hiérarchie par la stimulation cérébrale La fontaine de jouvence : éliminer les mitochondries défectueuses Une enzyme ciblant les protéines tau stopperait l'Alzheimer Mise en cause de l'efficacité des micros ARN Une prothèse pour contourner les lésions de la moelle épinière Le polystyrène est une véritable bombe à retardement Une intelligence artificielle qui lit sur les lèvres Les exosquelettes moins chers et de plus en plus légers et modulaires Un hyperloop sous les mers ? Il y a de quoi se faire peur avec les progrès de la manipulation, que ce soit par un réseau d'influence ou par stimulation cérébrale (de plus en plus présente) et un monde gouverné par des intelligences artificielles, où l'on ingère une pilule numérique quand on prend l'avion, etc. D'autres nouvelles sont plus positives comme cette nouvelle fontaine de jouvence par élimination des mitochondries défectueuses (ou avec du plasma de jeunes). Il est assez étonnant sinon qu'on puisse désormais voir en 3D le bébé dans le ventre, mais comme on peut de mieux en mieux prédire le phénotype à partir du génome on pourrait même avoir une reconstitution de son physique plus tard ? On apprend aussi que sélections naturelle et sexuelle peuvent produire deux sous-espèces assez différenciées. Parmi les autres nouvelles, une des propositions les plus inattendues du mois, c'est qu'on pourrait (à l'avenir) faire des piles électriques à durée perpétuelle avec des déchets nucléaires encastrées dans des diamants artificiels... Enfin, la découverte qu'on flotte sur un océan dans les profondeurs de la Terre n'est pas sans évoquer de très anciennes cosmogonies. - [Plutôt Le Pen que Fillon ?](https://jeanzin.fr/2016/11/28/plutot-le-pen-que-fillon/): A priori, c'est bouclé. Au second tour, Fillon ferait 67% contre Marine Le Pen 33%, sauf qu'il est devenu téméraire de se fier aux sondages et aux vainqueurs désignés d'avance. Si Juppé avait gagné la primaire, il était quasiment certain que les électeurs de gauche auraient fait barrage au Front National, cela me semble beaucoup moins évident avec Fillon et sa brutalité sociale. Je ne m'aventurerais pas à faire des prédictions, il peut se passer beaucoup de choses jusqu'à l'élection et on ne sait pas encore combien de candidats à gauche vont concourir au plus ridicule, mais jamais les chances de ... Lire la suite - [Le retournement du cycle](https://jeanzin.fr/2016/11/19/le-retournement-du-cycle/): L'existence de cycles ne fait aucun doute malgré tous ceux qui le dénient mais les étudier ne permet pas pour autant de faire des prédictions certaines tant leur durée peut être variable et les conditions extérieures différentes (ou la position dans les autres cycles). Nous ne sommes pas dans l'éternel retour du même car le temps linéaire continue, notamment du progrès des sciences et techniques mais il n'y a pas qu'une histoire cumulative, il y a aussi des renversements dialectiques qui se produisent avec une relative régularité aussi bien en politique, dans la mode ou les idées qu'en économie. Justement, l'intérêt d'en reconnaître le caractère cyclique est en premier lieu de ne pas considérer toute tendance actuelle comme définitive mais comme un moment transitoire du cycle. Ainsi, les analogies de notre crise avec celle qui a suivi 1929 sont assez frappantes pour devoir admettre que les mêmes causes ont les mêmes effets, donnant un aperçu de la suite malgré toutes les différences - c'est très loin d'être aussi dramatique pour l'instant mais on n'est même pas à l'abri d'un conflit nucléaire si les tensions devaient monter ! Evidemment, on s'intéressera d'autant plus aux cycles qu'on espère sortir d'une époque régressive. Lorsque nos idées progressent, on s'imagine facilement que ce sera pour toujours tant il est difficile d'admettre que nos évidences puissent n'être que momentanées mais quand tout va au pire, attendre que le cycle se retourne pour retrouver l'espoir mène sans aucun doute à voir un retournement à tous les coins de rue. Tout de même, les signes ne manquent pas qu'on soit, depuis 2008 au moins, dans un tel moment de bascule avec une montée des protectionnismes, une relative démondialisation et une possible reprise de l'inflation. Il n'est pas sûr par contre que ce soit une si bonne nouvelle pouvant annoncer dans l'immédiat une période encore plus régressive et quelques catastrophes à venir - avant de sortir du cauchemar ? - [Combiner démocratie, oligarchie et aristocratie](https://jeanzin.fr/2016/11/11/combiner-democratie-oligarchie-et-aristocratie/): Aristote, Polybe, Montesquieu, Rousseau Depuis Mai68, l'idéal d'une démocratie radicale (celle des assemblées générales) paraissait de l'ordre de l'évidence bien que sans arrêt confrontés à son échec et à toutes les perversions d'un démocratisme dont les Verts m'ont semblé un exemple caricatural (il y en a bien d'autres évidemment). Les réseaux sociaux ont redonné force à cette utopie vite déçue. Malgré ces échecs répétés, impossible d'abandonner l'exigence démocratique, mais il serait idiot, vu le résultat, d'en surestimer la réalité et les vertus, obligés de prendre conscience de la difficulté au moins. Au-delà de la fiction juridique rousseauiste, qui garde toute son importance, si on adopte un point de vue plus matérialiste, on va voir que les plus grands penseurs politiques convergent sur la nécessité de ce que Aristote appelait une république tempérée, avec une division des pouvoirs. On avait souligné à quel point la Politique d'Aristote avait été réfutée par son élève Alexandre le Grand qui la rendait inutile dans l'Empire soumis par la force armée. La philosophie politique est de peu de poids par rapport aux puissances matérielles et le droit du plus fort (que Rousseau refusait de considérer comme un droit) mais justement, c'est bien la nécessité de reconnaître ces puissances effectives par le pluralisme qui justifie une constitution mixte, c'est-à-dire combinant les différentes constitutions démocratique, aristocratique voire oligarchique (c'est le point discuté). - [Brexit, Trump, ...](https://jeanzin.fr/2016/11/09/brexit-trump/): Comme pour le Brexit, l'élection de Trump était considérée impossible jusqu'au dernier moment, ce qui est étrange dans ce cas étant donné le nombre d'Etats qui lui était acquis mais il faut croire qu'on ne voulait pas y croire. Il semble que le populisme ne puisse gagner que par surprise. Il ne faut sans doute pas trop juger Trump sur sa campagne caricaturale, ceux qui le connaissent (comme Dominique Villepin) avertissaient qu'il était plus rationnel qu'il ne pouvait en avoir l'air. Sa présidence pourrait n'être pas aussi catastrophique qu'elle s'annonce. Les risques sont quand même énormes et, en tout cas, cela devrait bouleverser les équilibres mondiaux. L'histoire n'est pas finie et ces coups de boutoir du populisme sont apparemment nécessaires pour débloquer des situations et réorganiser l'économie globalisée en fonction des évolutions en cours. Le tremblement de terre n'est que la conséquence d'une tectonique des plaques antérieure. Il fallait qu'il se passe quelque chose, une rupture avec la période précédente - au moins pour perdre ses illusions sur la démocratie comme sur un retour à une grandeur passée. - [Revue des sciences novembre 2016](https://jeanzin.fr/2016/11/01/revue-des-sciences-novembre-2016/): Prospective La cellule virale, rouage de la vie La vie extra terrestre Les mythes ont aussi un arbre généalogique 6 nouvelles particules pour achever la physique Mond contre la matière noire Un cristal temporel ! Contact laser établi avec 234 civilisations extraterrestres ? Les plans d'Elon Musk pour la colonisation de Mars Dans le graphène, les électrons se comportent comme la lumière De moins en moins d'oxygène dans l'atmosphère Des catalyseurs nanostructurés font de l'éthanol avec du CO2 Un moteur à combustion avec un seul piston 2 fois plus efficace Des bactéries infectés par des virus géants produisent des virus qui en protègent Des bourdons apprennent à tirer une ficelle Les éléphants d'Asie moins hiérarchisés que ceux d'Afrique Des singes produisent par jeu des éclats semblables aux pierres taillées Les premiers agriculteurs sédentaires près des zones humides La neurodynamique darwinienne de l'apprentissage L'homme est loin (derrière les suricates) d'être l'animal le plus meurtrier Une greffe d'ovaire de jeunes rajeunirait ? Les vitamines A et C effacent les méthylations épigénétiques Des isoformes de P53 responsables de cancers et de métastases Des motos volantes pour l'armée La prospective est aussi difficile qu'indispensable, forcément basée sur l'état des savoirs dont cette revue tente de rendre compte. Ce mois-ci, sans parler d'un possible (bien que peu probable) contact laser avec des civilisations extraterrestres, ni des plans pour une colonisation de Mars qui semble quand même bien prématurée, on a un très curieux "cristal temporel" ainsi qu'une nouvelle théorie avec 6 nouvelles particules qui pourrait achever la physique ! On peut s'inquiéter sinon qu'il y ait de moins en moins d'oxygène dans l'atmosphère à cause de la combustion des énergies fossiles mais un nouveau procédé permet, avec des catalyseurs nanostructurés, de faire de l'éthanol directement avec du CO2. Les dernières avancées de la biologie permettent d'établir enfin que l'évolution est bien collective mais brouillent les frontières du vivant et de l'organisme entre virus et microbiote. Il y a de quoi s'étonner que des bactéries infectées par des virus géants produisent des virus qui en protègent, et plus encore, que des bourdons puissent apprendre à tirer une ficelle pour obtenir leur nourriture ! On a aussi un aperçu des premiers mythes, ou la "neurodynamique darwinienne de l'apprentissage" qui semble prometteuse pour l'intelligence artificielle ou la compréhension du fonctionnement du cerveau. - [L'identité en question](https://jeanzin.fr/2016/10/22/lidentite-en-question/): À en croire certains, la crise d'identité serait le nouveau mal du siècle. Quand des habitudes séculaires s'effondrent, quand des genre de vie disparaissent, quand de vieilles solidarités s'effritent, il est, certes, fréquent qu'une crise d'identité se produise. Malheureusement, les personnages qu'inventent les médias pour convaincre du phénomène et souligner son aspect dramatique ont plutôt, de façon congénitale, la cervelle vide; leur identité souffrante apparaît comme un alibi commode pour nous masquer, et masquer à leur créateur, une nullité pure et simple. La vérité est que, réduite à ses aspects subjectifs, une crise d'identité n'offre pas d'intérêt intrinsèque. Mieux vaudrait regarder en face les conditions objectives dont elle est le symptôme et qu'elle reflète. On l'évite en évoquant des fantômes sortis tout droit d'une psychologie à bon marché. p9 C'est en 1974-1975 que Claude Lévi-Strauss organisait au Collège de France ce séminaire interdisciplinaire sur l'identité (publié aux PUF en 1977). On voit que "l'identité souffrante" n'est pas chose nouvelle et il y a quelque impudence à se réclamer de Lévi-Strauss pour nourrir ses propres obsessions identitaires. Le séminaire lui-même m'a paru assez indigeste et partant dans toutes les directions mais ses conclusions n'en restent pas moins à retenir pour une conception moins naïve et mythifiée de l'identité qui, bien que restant cruciale, est à la fois multiple, changeante, floue, incertaine et surtout relationnelle. - [Les radicalisations nécessaires](https://jeanzin.fr/2016/10/14/les-radicalisations-necessaires/): Comme pour ajouter aux malheurs du temps, il n'a rien été trouvé de mieux que d'appeler radicalisation ce qui n'est que fanatisme suicidaire et basculement dans la violence la plus stupide. Il n'y a pourtant aucune radicalisation dans ce pétage de plomb. Ainsi, les crétins d'Action Directe qui se prenaient pour les héros du prolétariat n'étaient rien d'autre que des petits cons qui jouaient à la guerre subversive. Ils n'ont servi à rien qu'à renforcer l'ordre policier et nuire aux luttes sociales complètement étrangères à leur délire. Les nouveaux théoriciens d'une violence libératrice (d'une violence voyez-vous qui serait anti-autoritaire!) peuvent bien parler d'un échec de la non-violence mais l'échec de la violence est encore plus patent. Bien sûr, la violence est nécessaire, voire décisive, dans certaines situations (guerre, révolution, résistance). Si tuer le tyran fait tomber la dictature, et pas seulement changer de maître, il n'y a pas de devoir moral plus sacré mais c'est très rarement le cas. Comme manifestation de détresse ou d'exaspération, et surtout pour attirer l'attention publique, des actes de violence peuvent aussi être porteurs de sens, mais il s'agit alors de violences symboliques. Sinon, il faut être bien clair, valoriser la violence (comme Mussolini s'inspirant de Sorel) n'est rien d'autre que tomber dans le fascisme, la fascination de la force et du mâle dominant qui recherche l'affrontement. La violence est l'exact contraire de la démocratie qui n'est pas la volonté agissante d'un peuple uni guidé par son chef vers le même but alors qu'elle est fondée sur la parole et la non-violence d'un débat pluraliste, certes bien décevant mais qui évite la guerre civile (car nous ne sommes pas d'accord sur la politique à mener, il n'y a pas de peuple uni mais l'opposition de la gauche et de la droite). Dans un régime démocratique, renverser l'ordre établi revient à l'abolition de la démocratie. Une autre façon de l'abolir est d'ailleurs de renforcer la militarisation de l'Etat par une escalade de la violence. De toutes façons, faire parler les armes a toujours confisqué la parole et amené un pouvoir militaire, il n'y a rien de radical là-dedans quelque soit le discours révolutionnaire qui l'accompagne, juste la force brute qui s'illusionne sur sa puissance alors que la force est bien supérieure du côté de l'Etat dont c'est le monopole. Ceux qui se persuadent du caractère progressiste de la violence ne le peuvent qu'à être persuadés que cela débouchera sur quelque paradis merveilleux, ce qui n'est évidemment jamais le cas (même avec des religieux au pouvoir). Croire en une société idéale, comme le siècle des idéologies en a nourri l'illusion au prix de massacres inouïs, constitue à n'en pas douter une excellente justification de toutes les violences mais l'expérience historique ne devrait plus permettre de prêter crédit à ces contes pour enfants. Si la radicalité s'identifiait à la violence, elle serait réservée en effet à quelques attardés, aux débiles mentaux, aux psychopathes, aux terreurs de quartier, aux illuminés. Sauf qu'on a absolument besoin de radicalité, d'une radicalité effective à la fois dans nos vies personnelles et en politique même si cela ne change pas le monde et même si, souvent, cela ne va pas très loin. Il y a un indéniable besoin de radicalisation face aux risques écologiques et pour combattre les injustices, besoin de sortir de l'impuissance politique comme de la routine, des chemins tracés, des dérives de nos vies. Au nom de la déradicalisation on voudrait nous servir une soupe tiédasse à vomir, la modération d'un notable bien installé et satisfait de lui, une vie de conformisme et de pure soumission dédiée à la réussite sociale. Contre cette normalisation, il faut affirmer la nécessité de nous radicaliser un peu plus, augmenter notre puissance d'agir et donner plus de poids à notre existence. - [L'Anthropocène nous rend responsables du monde](https://jeanzin.fr/2016/10/07/lanthropocene-nous-rend-responsables-du-monde/): L'écologie à l'époque de l'Anthropocène Sur l'échelle des temps géologiques, nous sommes dans la période du quaternaire qui se caractérise dans sa première phase, l'époque du Pléistocène, par le retour des glaciations et l'émergence du genre Homo, il y a 2,5 millions d'années. L'Holocène qui succède au Pléistocène, il y a presque 12 000 ans, est par contre une période interglaciaire et coïncide à peu près avec les tout débuts de l'agriculture. On voit que les durées ne sont pas du même ordre. Pour déclarer qu'on entre déjà dans une nouvelle époque, celle de l'Anthropocène, il faut que se soit produit depuis un événement majeur. Ce n'est pas seulement l'influence de l'Homme sur le climat, la faune et la flore qui peut être prise en compte, car elle est au moins aussi ancienne que l'Holocène (ce qu'on appelle l'Extinction de l'Holocène) et même bien avant. En effet, même si c'est difficile à croire, partout où l'homme est arrivé en sortant d'Afrique, et malgré des effectifs si restreints, les grands animaux ont tous disparu quelques milliers d'années après, ce qui a notamment modifié les forêts devenues plus impénétrables. On peut même remonter jusqu'à 1 million d'années, au moment où l'homme est devenu carnivore, occupant le sommet de la pyramide alimentaire, ce qui a eu un impact écologique non négligeable. Plus récemment, les feux de brousse ainsi que la culture des sols, en particulier les rizières par leurs émanations de méthane, ont également modifié sensiblement l'écologie et le climat. En accélérant les échanges et l'essaimage des plantes cultivées comme des virus, la domestication du cheval a constitué la première mondialisation que les bateaux hauturiers comme la caravelle vont achever en y incluant les Amériques. C'est de là que daterait pour certains le véritable début de l'Anthropocène (se manifestant aussi bien par la mondialisation des espèces domestiques ou cultivées que par les populations américaines décimées par la grippe laissant les forêts se densifier, ce qui serait une des causes du petit âge glaciaire). Il ne manque pas d'arguments pour dater plutôt l'Anthropocène des débuts de l'industrialisation vers 1830, au moment où l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère devient mesurable. Paul Crutzen en 2000, premier à défendre avec Eugene Stoermer cette nouvelle époque géologique, la datait alors de 1784 (de l'invention de la machine à vapeur) avant de se rallier à 1945, constituant au moins une deuxième phase de l'Anthropocène, appelée d'ailleurs "la Grande accélération" où les courbes deviennent exponentielles. C'est finalement 1950 qui a été retenu par la commission officielle, moment où l'on trouve la marque de l'industrie humaine partout dans les sédiments (aluminium, béton, plastiques, suie, pesticides, engrais). - [Revue des sciences octobre 2016](https://jeanzin.fr/2016/10/01/revue-des-sciences-octobre-2016/): Le succès des mammifères au temps des dinosaures La pleine lune favorise les violents séismes Les plans pour Mars d'Elon Musk SuperMeat, une startup qui veut démocratiser la viande artificielle Les réseaux de neurones sont bien le fruit de notre univers Le langage des dauphins est proche du nôtre Nos ancêtres lançaient des pierres comme armes Du feu, il y a 800 000 ans, dans une grotte du sud de l’Espagne Nous aurions tous parlé la même langue ? Les sorties d'Afrique L'égalitarisme se développe entre 5 et 8 ans Un virus à l'origine du placenta chez la femme et de la musculature masculine L'accouchement provoqué par l'inflammation du placenta et son vieillissement Cultiver des cellules souches qui restent indifférenciées Un textile pour lutter contre les grosses chaleurs Les nouvelles ne sont toujours pas bonnes pour l'économie comme pour l'écologie. Sinon, rien de très neuf sauf peut-être le fait que le langage des dauphins se rapprocherait du nôtre ou qu'un virus serait à l'origine à la fois du placenta chez la femme et de la musculature masculine (donc du dimorphisme sexuel). Du côté plus délirant, il y a aussi les plans pour Mars d'Elon Musk et les "progrès" des tentatives de greffer une tête sur un corps... - [Note sur le négatif et l'entropie](https://jeanzin.fr/2016/09/13/note-sur-le-negatif-et-l-entropie/): Dans la conception positive des choses existantes, la dialectique inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire, parce que saisissant le mouvement même dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire. K.Marx I, 559  On peut dire qu'il y a deux moteurs principaux de l'histoire et de l'évolution, l'entropie qui dissout toute existence et le négatif qui s'y oppose. Depuis Schrödinger, le vivant se définit en effet par ce qu'on appelle néguentropie ou entropie négative mais on pourrait finalement parler simplement de négatif car, d'une certaine façon, toute négation procède d'une inversion de l'entropie comme réaction opposée au laisser faire (on se pose en s'opposant, négation de ce qui nous nie). Interpréter le négatif comme néguentropie a l'avantage d'éclairer son rôle paradoxal dans la dialectique hégélienne. En effet, le "travail du négatif" a de toute évidence quelque chose de contradictoire avec son produit positif. Il est tout aussi difficile d'identifier, comme le fait Marx, le travail à la négation de l'existant que d'en faire une auto-création de soi-même. On est bien plutôt, dès l'origine, dans la négation de la négation. La première négativité est d'abord extérieure, c'est l'entropie diabolique qui sépare ce qui était uni. La négativité du vivant est donc bien dès l'origine négation de la négation puisqu'entièrement tournée contre ces menaces de destruction entropique qui nous attirent vers le néant : forces qui résistent à la mort, organismes qui se multiplient et s'adaptent aux changements, on a là effectivement un négatif plutôt positif ! - [Système, antisystème et démocratie](https://jeanzin.fr/2016/09/10/systeme-antisysteme-et-democratie/): Notre situation politique catastrophique est la conséquence d'une triple crise à la fois économique, géopolitique et technologique (sans parler de la crise écologique) produisant dans nos vies des bouleversements sur lesquels nous n'avons que très peu de prise même si tous les candidats aux présidentielles de tous les pays proclament le contraire à grands coups de menton. Comme notre impuissance nous est absolument insupportable, on est prêt à n'importe quoi, même au pire, plutôt que de ne rien faire. Toutes sortes de courants minoritaires, se bercent de l'illusion de la victoire de leur champion, pourtant très loin de compte, mais il paraît que c'est un biais très répandu de se persuader d'autant plus d'une possible victoire (d'une équipe de foot par exemple) que la défaite est assurée (il faut s'encourager) ! Cela va jusqu'aux plus gauchistes qui veulent croire à un grand soulèvement qui balaierait l'ordre établi et dont ils seraient les précurseurs - mais, comme les prédictions de fin du monde, on attend toujours... - [Revue des sciences septembre 2016](https://jeanzin.fr/2016/09/01/revue-des-sciences-septembre-2016/): Grothendieck écrivain Agressivité et empathie animale Une planète habitable à 4,24 années lumières ? Une bombe atomique contre un astéroïde dangereux Moon Express, première société privée à exploiter la Lune Des bombes à plasma pour les ondes courtes Superposition temporelle entre avant et après ! Le stockage dans les carbonates est la façon naturelle de réguler le CO2 Produire de l'électricité avec du CO2 Boire du lait de cafard ? Une nouvelle méthode d'édition de gène qui ne coupe pas l'ADN Les chiens "comprendraient" ce qu'on leur dit ! Le traitement inconscient du langage (des mots à double sens) influencé par la conscience L'axe du stress relie le corps à l'esprit Les cannabinoïdes améliorent la vision nocturne Des bactéries pour solidifier le sol et les fondations d'une maison A part des discussions sur l'ignorance ou l'animalité et les signes d'une pause de la mondialisation ou cette idée bizarre de délivrer des médicaments par la pensée, on retiendra surtout ce mois-ci l'étrange superposition temporelle entre avant et après confirmant notre impossibilité de comprendre le monde quantique. Il y a aussi l'encourageante multiplication des procédés pour produire de l'énergie avec du CO2 ou le stocker sous forme de carbonates. Une nouvelle méthode d'édition de gène qui ne coupe pas l'ADN mais y produit des mutations pourrait avoir beaucoup d'importance à l'avenir. Enfin, l'étude du cerveau par IRM montre comme le traitement inconscient du langage (des mots à double sens) est influencé par la conscience (et le contexte), le plus étonnant étant qu'on montre aussi que les chiens "comprendraient" ce qu'on leur dit, utilisant les mêmes zones du cerveau pour décoder le sens d'un côté et les intonations de l'autre. - [Au-delà de la dépression politique](https://jeanzin.fr/2016/08/16/au-dela-de-la-depression-politique/): Malgré le matraquage publicitaire, la leçon de notre époque pourrait être qu'on n'est pas fait pour le bonheur individuel, pas autant qu'on le prétend en tout cas. En dépit de toutes nos dénégations, nous avons, semble-t-il, bien plus besoin de nous battre ou nous engager dans une grande cause pour justifier notre existence. C'est du moins ce que je ressens, comme d'autres, ne comprenant pas trop les jouisseurs hédonistes contents d'eux-mêmes et de leur petite vie au milieu du désastre. Le bonheur comme bien suprême est à vomir. Pour ma part, la situation désespérante du moment avec l'accumulation de mauvaises nouvelles m'a replongé dans une dépression que je ne trouve pas tellement inappropriée mais bien plutôt que tout le monde s'en foute ! Il y a sans aucun doute une part de faiblesse personnelle dans la dépression qui voit tout en noir, et les raisons qu'on croit objectives de désespérer ne le sont pas tant que cela en général. On en est même tout étonné lorsqu'on sort de l'état dépressif, étonné de ne pas être aussi sensible qu'on l'était aux malheurs du monde, qui existent pourtant bien réellement et nous fendaient l'âme non sans raisons. Tout de même, la période accumule les menaces et il n'y a rien à espérer du politique que le pire (même s'il n'est jamais sûr), le plus insupportable étant de ne pouvoir rien y faire étant donné l'état de dispersion de nos forces - où l'archaïsme le dispute à l'utopie pour nous réduire à l'impuissance alors que nous devons faire face à la conjonction de risques écologiques qui pourraient devenir irréversibles et de dérives politiques continuelles à cause du terrorisme ou de l'immigration. Avec la perte de l'espoir en toute alternative désormais (sauf locale), il n'y a vraiment pas de quoi rire même si tout ne va pas toujours dans le même sens et qu'il y a aussi des signes encourageants comme la chute spectaculaire des morts violentes, le retour de la question des inégalités, l'accélération (encore insuffisante) des énergies renouvelables, etc. - [Revue des sciences août 2016](https://jeanzin.fr/2016/08/01/revue-des-sciences-aout-2016/): L'archéologie des violences de la Bible Utiliser les trous comme qubits Notre galaxie ferait partie d'une région de l'univers en train de se vider Les plans de la Nasa pour Mars Le réchauffement modifie les nuages et renforce l'effet de serre Des bactéries pour augmenter les rendements sans OGM ni pesticides Des bactéries rendent les eaux usées potables et produisent de l'électricité Les 355 gènes de la première forme de vie encore incomplète Chez les bonobos, on ne peut savoir quand la femelle est féconde Des Asiatiques avec des gènes d'Homo erectus ? Importance du commerce du chanvre au néolithique Migrations et mélanges des premières populations agricoles La structuration du cerveau est bien génétique Cartographie des connexions du cerveau Les lieux de la délibération et de la décision dans le cerveau Le sentiment de soi relié aux battements de cœur ? Tromper le cerveau Inverser la ménopause avec du plasma riche en plaquettes ? Le vieillissement du cerveau commence à 40 ans Les transfusions de sang de jeunes ou de femmes plus dangereuses ? Piloter plusieurs drones en même temps par la pensée La nouvelle la plus importante du mois, c'est sans doute la reconstitution de 355 gènes de la première forme de vie, encore incomplète, dépendant pour son énergie des cheminées hydrothermales (fumeurs noirs) où elle serait apparue avant de se transformer en bactéries et archéobactéries prenant leur indépendance. De quoi réduire les hypothèses sur l'origine de la vie. Il n'est pas négligeable non plus d'avoir établi qu'il y avait bien similitude entre les cerveaux et que les différentes fonctions y étaient déterminées génétiquement, ce qui limite la plasticité d'un cerveau qui est loin d'être entièrement auto-organisé. Deux nouvelles ont de singulières résonances avec le contexte actuel. D'abord, le mélange et l'unification des populations, du Moyen-Orient à toute l'Europe, depuis l'invention de l'agriculture. Ensuite, le fait que l'archéologie semble confirmer la conquête d'Israël et sa violence meurtrière (la destruction d'une grande ville et le massacre de toute sa population) telle que rapportée dans le livre de Josué. Pour le reste, on apprend toute l'importance du commerce du chanvre au néolithique à partir de la domestication du cheval et on peut s'étonner qu'on arrive à piloter, relativement facilement, plusieurs drones en même temps par la pensée ! - [United](https://jeanzin.fr/2016/07/29/united/): Comme je ne regarde plus les informations répétitives de la télé et que ma box propose d'y voir des vidéos youtube, j'ai découvert avec 5 ans de retard cette série de très bonne musique pleine d'excellentes intentions, "playing for change". On y croit le temps d'une chanson et cela fait du bien, tire une larme à l'oeil - même si cela ne change pas les choses qui vont toujours aussi mal. En tout cas, les bons sentiments peuvent faire de belles oeuvres et passer de bons moments même si cela ne suffit pas à faire de bonnes politiques, hélas. La chanson titre est sympa mais n'est pas forcément le meilleure, je conseille aussi les suivantes. - [Le code est la loi ?](https://jeanzin.fr/2016/07/21/le-code-est-la-loi/): Blockchain, libertarisme et régulation Il y a un événement important qui vient d'avoir lieu et qui ne concerne pas seulement l'avenir de la blockchain mais le fantasme libertarien d'une monnaie sans Etat, comme le Bitcoin, préservée de toute intervention d'une quelconque démocratie, où seulement le code serait la loi. La technologie de la blockchain inaugurée par le Bitcoin consiste dans une sorte de registre public enregistrant des transactions que tout le monde peut lire et que personne ne peut effacer, sans avoir besoin d'un tiers (notaire, banque) pour certifier ces opérations qui se font sur un mode complètement décentralisé et anonyme, en P2P (au prix d'une importante capacité de calcul et consommation d'énergie). Cette technologie est en plein boom actuellement (on parle d'explosion cambrienne des blockchains), intéressant de nombreux acteurs comme les assurances. Le plus grand avenir lui est promis bien qu'on en soit encore aux expérimentations. Or, la blockchain vient de rencontrer son premier véritable accroc, mettant en pièce son idéologie libertarienne pour corriger un bug et récupérer de l'argent volé, cela au nom de la grande majorité des utilisateurs. Tout-à-coup, on est revenu sur terre avec tous les problèmes qu'on connaît bien, de police comme de régulation des marchés. Que le libéralisme soit beaucoup plus productif que l'étatisme n'implique absolument pas que les marchés ni la monnaie pourraient marcher sans Etat et la prétention d'une loi immuable se heurte rapidement au réel. Comme disaient les anciens Grecs "les lois sont comme des toiles d’araignées qui n’attrapent que les petites mouches mais laissent passer les guêpes et les plus gros bourdons". On ne peut faire barrage aux puissances réelles, ce dont la blockchain vient de faire l'expérience. - [La raison dans l'histoire](https://jeanzin.fr/2016/07/15/la-raison-dans-lhistoire/): Toute philosophie part de la bêtise humaine, celle de l'opinion, des préjugés, de l'erreur, de l'imaginaire, de l'émotion, des passions, de la subjectivité enfin, pour nous conduire vers la vérité d'une raison universelle et réflexive surmontant le premier égarement, levant le voile de l'ignorance sur un réel nous apparaissant soudain dans sa clarté originelle. On a vu pourtant comme l'histoire de la philosophie va mettre en cause petit à petit la souveraineté de la raison et la prétention de vérité des discours, jusqu'à remettre en cause semble-t-il la philosophie elle-même. La difficile prise de conscience par la philosophie de notre rationalité limitée devrait effectivement lui être fatale. Sauf qu'il ne s'agit pas de tomber dans un scepticisme encore plus imbécile dont la science se distingue comme savoir en progrès (ni dogmatisme, ni scepticisme), y compris le savoir de nos limites et de notre ignorance. Qu'on ne sache pas tout ne signifie pas qu'on ne saurait rien alors que nos connaissances s'accumulent toujours plus. Que les vérités soient codifiées par les discours et contaminées par l'idéologie ne peut vouloir dire qu'il n'y aurait plus ni vérité ni mensonges. Que notre rationalité soit limitée ne veut pas dire que nous n'aurions aucune rationalité - ce que l'expérience immédiate suffit à démentir. Il est notoire que notre intelligence surpasse celle de tous les autres animaux, ce n'est pas rien même s'il ne faut pas pour cela se prendre pour des dieux ! La difficulté est de tenir les deux bouts d'une rationalité à la fois bien réelle et limitée, comme toute existence effective (même si elle rêve d'infini). Car la raison existe objectivement, en dehors de nous. La plus grande partie de notre intelligence nous est en effet extérieure, dans la culture, le langage, les sciences et techniques, les livres et les réseaux. Les oeuvres de l'esprit font partie intégrante de notre réalité humaine. On ne peut pas nier cette masse de rationalité acquise, pas plus qu'on ne peut nier la connerie humaine, hélas, mais il n'est pas tant question de l'humanité que de processus extérieurs et historiques nous faisant dépendre entièrement de l'époque qui nous a vu naître, pour nos croyances comme nos modes de vie. Nous ne sommes ainsi que des purs produits de notre milieu. - [A propos d'Alain](https://jeanzin.fr/2016/07/06/a-propos-d-alain/): Le devoir d'être libre Je n'ai pas parlé d'Alain dans mon bref survol de la philosophie du XXè siècle où il s'insérait mal, c'est que, même s'il a influencé toute une génération, c'était surtout un pédagogue (à l'ancienne et se plaignant déjà des nouvelles pédagogies) plus qu'un innovateur, faisant de la philosophie une activité réflexive et ne croyant ni au progrès de l'homme ni à celui de la philosophie. Je trouve quand même très rafraîchissante la lecture de ce philosophe pour classes terminales et pour journaux populaires (dont les propos sont un peu comme des billets de blog). Quoi de plus utile quand c'est bien fait, assez au moins pour engager une véritable réflexion ? Il se trouve que j'ai été dans le même lycée que lui, le lycée Michelet de Vanves (moi en 1968!), mais le sentiment de proximité et de fraternité que peut donner sa lecture, en dépit des divergences qu'on peut avoir, me semble à rapporter surtout à son attitude de foncière honnêteté, dans la lignée de Montaigne et Rousseau, ce qui se manifeste par un souci très démocratique de clarté, de simplicité et de modestie qui nous fait sentir l'homme dans toute son humanité. Il ne faut pas s'y tromper, si l'on est modeste, c'est de raison, par lucidité voire par "colère" (p283) de n'être pas ce héros qu'on célèbre ! Cela suffit à nous préserver des vanités de l'ambition mais n'empêche pas de se prendre pour le plus grand des penseurs et de juger le monde de haut. Comment pourrait-on penser autrement puisque "personne ne peut penser pour nous" ? On peut quand même lui rétorquer que si penser par soi-même est donc inévitable, cela ne suffit pas à philosopher pour autant, signifiant trop souvent tout au contraire soustraire ses préjugés à la critique. Il a une confiance excessive dans la clairvoyance de la pensée. Avoir des idées claires et distinctes n'assure en rien qu'elles ne sont pas fausses et simplistes comme le sont tous les partis pris et boucs émissaires. S'il y échappe par son côté socratique dans lequel je me retrouve bien, à reprendre les choses à zéro à chaque fois comme s'il n'en savait rien (p54), ce n'est pas le sort commun. "Une idée que j'ai, il faut que je la nie ; c'est ma manière de l'essayer" p34, c'est effectivement cela, philosopher alors que la plupart ne cherchent qu'à consolider leurs convictions en restant entre-soi. Il n'appliquait pourtant pas cet esprit critique aux philosophes, ne cherchant qu'à les mieux comprendre (sauf les bergsoniens qu'il détestait pour leurs platitudes ! p91). Il estimait beaucoup Platon, Rousseau, Kant ou Hegel, s'agaçant du discrédit de celui-ci pour de bien mauvaises raisons (ce n'est donc pas nouveau) se privant bêtement ainsi des "vérités qui tombent de Hegel comme la farine du moulin" p37, sans avoir à faire grand cas de son système. Bien qu'il en parle moins, on peut dire qu'il hérite d'Aristote, et de son Ethique à Nicomaque, le coeur de sa philosophie, la valorisation de l'action ("Le plaisir s'ajoute à l'acte comme à la jeunesse sa fleur") qui détourne de la recherche du bonheur comme du bien suprême au profit de l'activité elle-même, à la poursuite donc de fins particulières. Ses deux principales références restent malgré tout Auguste Comte et Descartes. Surtout ce dernier pour son dualisme de la pensée et de la matière comme de la liberté et du déterminisme. En effet, s'il défendait volontiers, sans être socialiste pourtant, le matérialisme historique de Marx, auquel il reprochait de ne pas donner assez d'exemples concrets (p83), cela ne lui faisait pas rabaisser pour autant la haute valeur morale de la pensée et de la liberté, exactement comme le monde entièrement mécanique de l'étendue n'affectait aucunement pour Descartes le libre-arbitre de la pensée. Il me semble constituer ainsi le trait d'union trop méconnu entre Descartes et Sartre (du libre-arbitre à la mauvaise foi et l'humanisme si ce n'est la mise en littérature de la philosophie). - [Revue des sciences juillet 2016](https://jeanzin.fr/2016/07/01/revue-des-sciences-juillet-2016/): Les problèmes de l'Intelligence Artificielle Un atome en forme de poire montre que le temps est orienté (pas de voyage dans le passé) On ne devrait pas avoir de contact avec des extraterrestres avant 1500 ans ! Les plans d'Elon Musk pour la colonisation de Mars L'extinction du Permien suivie d'une autre extinction 2 millions d'années après Solidification rapide du dioxyde de carbone injecté dans des sols basaltiques Transformer le méthane en méthanol avec un polymère imprimé en 3D Une feuille artificielle 10 fois plus efficace que la photosynthèse naturelle Un cerveau moléculaire dans le ribosome Reconstitution d'une protéine originelle Les oiseaux ont plus de neurones que les primates ! L'âge de pierre de macaques Les chiens ont deux origines, européenne et asiatique La civilisation de l'Indus plus ancienne que Sumer de 1500 ans L'espoir est cubique On est plus intelligent à 5 ou 7 qu'en groupe Mémoire longue et courte à implémenter dans l'IA Le cerveau sensible aux ondes électromagnétiques ? Contrôler la transgenèse par l'alimentation Des centaines de gènes "zombies" se réactivent après la mort Rebooter le système immunitaire contre la sclérose en plaque Demain, une médecine sexuellement différenciée ? Un avion (drone) Airbus imprimé en 3D De plus en plus souvent, on voudrait enterrer la science, prise dans une répétition sans surprise. Tout de même, les voitures volantes seraient pour bientôt, on va aller bientôt sur Mars et la réalité augmentée aussi devrait débarquer, mais ce sont déjà de vielles histoires tout en n'étant pas pour tout de suite. Par contre, ce qu'il y a d'intéressant, dans les problèmes de l'Intelligence Artificielle, c'est que nous avons les mêmes ! Parmi les nouvelles importantes, il y a surtout la découverte d'une sorte de cerveau moléculaire dans le ribosome et la perspective de capturer le dioxyde de carbone dans des sols basaltiques. Il faut y ajouter la découverte d'atomes asymétriques semblant donner une direction au temps et rendre impossible de voyager dans le passé. On apprend aussi que les oiseaux ont plus de neurones que les primates malgré leur cerveau plus petit et que des macaques en sont au début de l'âge de pierre, ce qui relativise la coupure avec les premiers humains. Enfin, même si cela n'intéresse que les passionnés d'histoire antique, il faut prendre en compte le fait que la civilisation de l'Indus serait plus ancienne que Sumer de 1500 ans et donc véritable berceau de la civilisation. - [La Grande-Bretagne reste en Europe](https://jeanzin.fr/2016/06/25/la-grande-bretagne-reste-en-europe/): Bien que je m'inquiétais dans mon dernier billet de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe "que je trouverais plutôt souhaitable" mais qui risquait "dans ce contexte de renforcer encore les nationalismes", je m'étais couché de fort mauvaise humeur le soir du référendum qu'on annonçait perdu pour les partisans du Brexit. Il devenait insupportable de frôler à chaque fois la catastrophe et que finalement il ne se passe rien. La surprise fut donc totale au petit matin et j'y trouvais quand même quelques raisons de me réjouir. Certes l'Europe pourrait ne pas s'en relever mais le Royaume-Uni n'a jamais voulu qu'un grand marché. On se débarrasse donc ainsi d'un libéralisme intransigeant qui avait infiltré toutes les institutions européennes. Cela ne suffira pas forcément à arranger les choses, les Allemands semblant bien décidés à maintenir sous leur férule les peuples récalcitrants, en premier lieu la France, et leur imposer une rigueur dominatrice se refusant à toute solidarité européenne. Ce sont ces fanatiques à courte vue et mentalité de comptable qui pourraient faire éclater l'Europe, avec un véritable risque de raviver des conflits séculaires - ce qui paraissait incroyable hier encore mais ne doit plus être pris à la légère ! Si la sécession de la Grande-Bretagne ne nous entraîne pas dans l'abîme, achevant une économie mondiale déjà sous perfusion financière, ayant épuisé tous les autres moyens disponibles, l'événement pourrait bien avoir quelques avantages. D'abord, de démontrer à tous les populistes, qui pullulent partout, les limites de la souveraineté et de votes démocratiques qui prétendent décider à quelques pour cent près du destin d'un pays. Car, la première chose qui va sauter aux yeux, c'est que les Britanniques restent en Europe et que leur économie est complètement imbriquée avec les autres pays du continent. Les négociations qui pourraient être assez rudes mettront en évidence que le cadre européen, c'était sans doute pas si mal après tout - y compris pour l'immigration. Il est préférable que ce soit un grand pays qui en fasse l'expérience plutôt que la petite Grèce saignée à blanc. On voit bien que l'Europe n'est pas un mariage d'amour (il suffit d'écouter Wolfgang Schäuble), cela reste du moins un mariage de raison. Qu'il faudrait refonder, mais plus facile à dire qu'à faire. Le chantage au départ de l'Union deviendra permanent et il y aura toujours un moment où un référendum pourra décider de sortir (avec pour premier résultat d'augmenter les différentiels de taux entre pays). Il a fallu une guerre meurtrière aux Etats-Unis pour empêcher la sécession ! La seule voie qui semble praticable est une Europe à plusieurs vitesses mais ne croyez pas les discours, ce sont les événements qui se précipiteront pour nous forcer la main (il n'est même pas absolument impossible qu'un autre référendum contredise le premier, cela s'est déjà vu en Europe). - [La catastrophe est politique](https://jeanzin.fr/2016/06/15/la-catastrophe-est-politique/): Dieu qu'on est con (et c'est peu de le dire) ! Au moins, tout le monde le voit désormais et l'on ne pourra plus raconter qu'on ne savait pas quand on voit le succès d'un Donald Trump comme de tous les populistes et démagogues en Europe. Bien sûr, il faudrait une politique plus favorable aux pauvres et aux travailleurs, mais il ne suffit pas de le revendiquer pour ne pas faire pire. Il y a bizarrement l'idée qu'on avait sans doute été très cons dans le passé mais que maintenant, c'est fini, qu'on ne nous la fait plus car on est un peu plus éduqués (alors que les Allemands étaient le peuple le plus éduqué justement!). La même confiance en l'humanité était au plus haut peu de temps avant l'engrenage menant au déclenchement de la guerre de 1914-18, la clairvoyance des peuples est vraiment à mettre en doute. Les nouvelles sont très très mauvaises, pas la peine de le nier. Certes, le pire n'est jamais sûr mais les menaces s'amoncellent. On a évité in extremis un président autrichien d'extrême-droite. Pas de quoi se rassurer d'une victoire aussi courte alors que la demande d'autorité s'intensifie pour nous protéger des évolutions du monde, des migrants et des terroristes, le musulman remplaçant le juif pour nous unir dans la même haine. Là-dessus, la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe, que je trouverais plutôt souhaitable, risque dans ce contexte de renforcer encore les nationalismes, fragilisant l'Europe (sans aller jusqu'à la fin de la civilisation occidentale comme le craint l'autre Donald, Tusk). Nous entrons incontestablement dans une période troublée. - [Une petite histoire (actualisée) de la philosophie](https://jeanzin.fr/2016/06/11/une-petite-histoire-actualisee-de-la-philosophie/): De l'ignorance socratique à la rationalité limitéeDésir et critique de la sagesse chez Socrate L'apprentissage de l'ignorance (-Vè) Amour et vérité Sur le Phèdre de Platon et ses âmes ailées L'évolution d'Aristote Des idées aux causes efficientes et matérielles Les philosophies du bonheur (Empire) Stoïcisme, épicurisme et sceptiques Pascal, la misère de l’homme et son terrible ennui L'échec de la philosophie La pénétration de la science dans la philosophie Descartes, Spinoza, Leibniz (XVIIè) L’erreur de MarxEntre Hegel et Darwin Comme Un (XIXè) Matérialisme et spiritualité La division du sujet (XXè) Bergson, existentialisme, structuralisme, post-modernisme A propos d’Alain Le devoir d'être libre - [La division du sujet](https://jeanzin.fr/2016/06/08/la-division-du-sujet/): Bergson, existentialisme, structuralisme, post-modernisme On peut écrire l'histoire de la philosophie de mille manières, choisissant forcément parmi les philosophes un tout petit nombre et les réduisant à une seule idée (inutile d'écrire de gros traités!). Il y a sans doute toujours un esprit du temps qui le distingue, des thèmes à la mode, des évènements structurants. Il n'y a pas pour autant une histoire de la philosophie autonome par rapport à la situation politique encore moins par rapport aux avancées de la science. Il n'y a pas non plus de véritable unité de pensée. On trouve à la même époques des pensées retardataires ou en avance sur leur temps. Certes, plus on considère des périodes longues, et plus l'effet de masse gomme les courants marginaux mais il y aura toujours des retours du religieux ou d'anciennes philosophies, et l'on pourra observer aussi des divergences qui se creusent entre pays. Ainsi, alors que la philosophie comme la théologie chrétienne étaient européennes auparavant, à partir de Kant l'idéalisme allemand suivra une toute autre voie que les philosophies française ou anglaise qui se confrontaient aux sciences et au scientisme. A l'inverse, l'idéalisme allemand semble bien se déconnecter complètement des sciences, qui ne servent tout au plus que d'illustration pour une dialectique de la nature a priori et qui ira jusqu'à prétendre interpréter "La Technique et la science comme «idéologie»". Ce n'est pas qu'ils n'aient toujours le mot de science à la bouche, de "La doctrine de la science" de Fichte à "La science de la logique" de Hegel ou même au socialisme scientifique des marxistes qu'on peut ranger dans cette filiation, jusqu'à "La philosophie comme science rigoureuse" de Husserl, mais la science dont ils parlent est une science dogmatique (de l'ordre de la démonstration géométrique), ayant échappé à la confrontation avec l'expérience scientifique et nos limites cognitives (même si le savoir absolu est celui de la limitation de notre savoir). En effet, le constat de l'échec de la raison pure est remplacé par l'idée de contradiction qui peut toujours être dépassée, alors que c'est bien la rationalité elle-même qui est prise en défaut, la souveraineté supposée de l'esprit devant une réalité qui lui est extérieure et qu'il ne comprend pas. On a vu qu'après le siècle de Newton, la philosophie française avait été plus sensible dans la première partie de XIXè (occupé d'abord de thermodynamique) au divorce entre sciences et métaphysique ainsi qu'aux limitations de ce qu'on peut savoir, notamment avec le positivisme d'Aguste Comte finissant en religion de l'Humanité. C'est la révolution darwinienne déshumanisante qui mobilisera ensuite la réflexion, ainsi que la question sociale devenue également prépondérante avec l'industrialisation. Dans ce contexte, l'enjeu de la réaction spiritualiste était bien de s'en détourner et d'échapper à l'objectivation scientifique (comme de sortir de l'histoire) pour revenir à l'expérience subjective, mais la surprise, c'est que ce retour au sujet sera celui d'un sujet divisé (non plus entre sujet et objet ni entre le corps et la pensée mais entre conscient et inconscient, authenticité et aliénation, raison et passion, individu et collectif). Il ne faut d'ailleurs pas voir ce sujet divisé comme un simple dualisme, une double personnalité, mais une multiplicité où se dissout déjà l'image de l'homme sous des causalités extérieures différenciées (biologiques, psychologiques, sociales, culturelles). Dans les toutes premières années du XXè siècle, s'est ajouté un choc comme on n'en a plus connu à ce point avec la relativité et la physique quantique ruinant définitivement le rationalisme et déqualifiant nos propres représentations, de sorte qu'on peut dire effectivement qu'on a eu dès le début du XXè siècle, tous les ingrédients de la suite - avec le passage du spiritualisme à un marxisme scientiste puis à l'existentialisme, puis au structuralisme, pour finir dans la déconstruction post-moderne et relativiste de la French Theory et des cultural studies qui brouillent les oppositions et nous laissent la tâche de reconstituer l'unité du sujet dans sa responsabilité morale et collective au moins. - [Revue des sciences juin 2016](https://jeanzin.fr/2016/06/01/revue-des-sciences-juin-2016/): Composer un génome humain artificiel L'Intelligence artificielle malveillante L'olivine de la croûte terrestre pour réduire l'acidité de l'océan Un ciment d'argile sans chauffage Bangladesh : un climatiseur sans électricité Pour éradiquer ses carpes, l'Australie répand une forme d'herpès dans ses fleuves La butyrylation des histones, 3ème mécanisme épigénétique Une grotte occupée par Néandertal, il y a 176 000 ans Les populations eurasiennes de 45 000 à 7000 ans La première guerre mondiale des peuples de la mer finit à Troie ? Les circuits de la récompense et de la peine sont bien distincts Les zones des mathématiques sont distinctes des zones du langage Redonner vie à des cerveaux morts ? En greffant un utérus à un homme, il pourrait enfanter ? L'exposition aux ondes augmenterait les cancers du cerveau et les problèmes cardiaques Les plaques amyloïdes protègeraient le cerveau d'infections Une molécule géante conçue par ordinateur neutraliserait de nombreux virus Des écouteurs qui s'adaptent à votre audition Un avion personnel Ce n'est sans doute pas un très grand mois mais, tout de même, on y parle de redonner vie à des cerveaux morts et de composer un génome humain artificiel, en choisissant toutes les caractéristiques de la personne... Il est envisagé aussi de greffer un utérus à un homme pour qu'il puisse enfanter ainsi que la conception d'une IA malveillante. Enfin, ce qui n'est pas simple projet mais en voie de réalisation, pour éradiquer ses carpes, l'Australie répand une forme d'herpès dans ses fleuves ! - [Quel chômage technologique ?](https://jeanzin.fr/2016/05/21/quel-chomage-technologique/): Il est indéniable qu'il serait nécessaire de se préparer aux évolutions futures et pouvoir planifier la transition au lieu de laisser faire et d'en subir violemment la sauvagerie. Seulement, pour cela, il faudrait s'entendre sur notre futur, ce qui est loin d'être le cas. Le problème cognitif est primordial car il conditionne nos capacités de réactions. Il ne suffit pas de courir sur tous les plateaux pour inciter à l'action si on ne porte pas le bon diagnostic, notamment sur ce sujet central, qui agite la société, des transformations du travail. Comme à chaque grande crise on nous prédit la fin du travail (Keynes, Duboin après 1929), vieille rengaine qui croyait pouvoir s'appuyer sur une étude de chercheurs d’Oxford (Carl Frey et Michael Osborne) concluant que 47% des emplois étaient « à risque » aux Etats-Unis au cours des dix à vingt prochaines années. C'est ce que l'OCDE (pdf) tente de réfuter en montrant que ce n'est pas si simple et ramenant ce taux à 9%, soit quand même 2 millions de chômeurs ! Il n'y a aucune garantie que ce soit l'OCDE qui ait raison, le nombre de créations d'emplois par poste de haute technologie est surévalué (et ce sont souvent des petits boulots) mais ses arguments méritent d'être discutés. Des innovations comme les camions autonomes peuvent affecter gravement toute une profession plus qu'ils ne pensent. Il devrait y avoir un impact social fort qu'il ne faut pas minimiser, pas plus que la tendance à sortir du salariat, mais ce n'est pas la même chose qu'une "fin du travail". Il est crucial en tout cas de faire les bonnes évaluations. J'ai déjà rappelé que dans la crise actuelle, "Non, les robots ne sont pas la cause du chômage" et que, de toutes façons, ce n'est pas le travail qui manque, c'est l'argent pour le payer, mais les transformations du travail posent de grands problèmes, exigeant notamment une refondation des protections sociales. Il est intéressant de voir que la nécessité d'un revenu de base est de plus en plus reprise comme moyen de compenser la baisse des revenus (et déjà presque mis en place avec la prime d'activité). Par contre je suis un peu étonné que la réduction du temps de travail soit évoquée, qui me semble ne pouvoir être appliquée qu'à un petit nombre d'emplois salariés. Ce qui est encore plus étonnant, c'est qu'ils supposent qu'une réduction du temps de travail compense les suppressions de poste, ce qui est l'argument de ceux qui voudraient lutter contre le chômage par la RTT et qui s'est avéré faux (sauf éventuellement au niveau d'une entreprise voire d'une branche). Je ne peux qu'encourager la réduction du temps de travail partout où c'est possible, jusqu'au mi-temps lorsqu'il n'y a pas de contrainte de continuité de service (ce qui est rare), mais il y a déjà trop de contrats ultra-courts et je ne comprends pas qu'on puisse croire encore que cela pourrait être efficace globalement, sauf un peu sur le court-terme et sans commune mesure avec les millions de chômeurs (de toutes façons malgré les 35h, les salariés travaillent toujours 39h, quand ils ne continuent pas à la maison avec leur portable). Il est encore plus incompréhensible qu'on s'imagine qu'il y aurait une chance que cela se fasse (en dehors d'un certain nombre d'usines ou de services) ! On est là dans le pur théorique si ce n'est dans la simple posture. - [Comme Un](https://jeanzin.fr/2016/05/18/comme-un/):    Matérialisme et spiritualité La science est aujourd’hui le refuge de toute sorte de mécontentement, d’incrédulité, de remords, de despectio sui, de mauvaise cons­cience — elle est l’inquiétude même du manque d’idéal, la douleur de l’absence d’un grand amour, le mécontentement d’une tempérance forcée. Nietzsche - La Généalogie de la morale Depuis l'essor des sciences, les différentes philosophies peuvent être lues comme les tentatives pour concilier les découvertes scientifiques, réfutant les savoirs traditionnels, avec une nouvelle représentation unifiée du monde (qui garde le plus possible de l'ancienne). Au vu de l'avancée des sciences depuis, on voit bien comme toutes ces théories de la vie, de la conscience ou de la représentation n'avaient pas les moyens de leurs ambitions et n'étaient que de fausses sciences (spéculatives et non expérimentales), échafaudages plus ou moins arbitraires qui ne sont en fait que des tentatives de retrouver l'unité perdue et une clôture du sens. Il est tout de même frappant de voir comme les philosophies confrontées à la science ont eu le plus grand mal à se passer de Dieu, objet de toutes sortes de spéculations pour expliquer l'inexplicable et faire exister l'inexistant. Pire, lorsque les croyances religieuses n'ont plus été tenables scientifiquement et que "la mort de Dieu" est devenue une réalité au moins politique, il n'y aura pas de préoccupation plus urgente que de lui trouver des substituts (Etre suprême, religion de l'humanité, dieu à venir). En tout cas, de par son effacement même, devenait possible une anthropologie de la religion et de ses fonctions sociales. Un peu comme aujourd'hui, la conviction dominante d'un XIXè siècle positif était que la marche vers le progrès allait vers une paix perpétuelle (ceci, malgré les guerres coloniales avec leurs massacres inouïs qui ne comptaient pour rien!). La guerre de 14-18 a fait resurgir son négatif avec toute la sauvagerie humaine décuplée par la puissance industrielle et qui allait se prolonger dans le fascisme. A partir de ce moment et, bien sûr, de la révolution soviétique de 1917, on peut dire que les idéologies ont pris toute la place occupée auparavant par la religion. Le vide laissé par "la mort de Dieu" est devenu moins vif mais on voit bien qu'il revient et se fait à nouveau sentir depuis le déclin des idéologies et du théologico-politique (que les djihadistes tentent vainement de restaurer) nous renvoyant à la réaction romantique (post-révolutionnaire) et spiritualiste contre la froide objectivité des sciences où disparaissait tout ce qui fait le prix de la vie. La dépression de John-Stuart Mill en 1826-27 est ici exemplaire, qu'il attribua à son utilitarisme trop étroit d'alors. Auguste Comte a fait une dépression la même année mais il semble que ce soit plus tardivement, après avoir libéré les sciences de toute métaphysique pour se limiter aux savoirs positifs, qu'il éprouvera lui-même, au contact de l'amour, le risque que ce scientisme soit un nouvel avatar de "l'insurrection de l'esprit contre le coeur" (Discours sur l'ensemble du Positivisme, p20) jusqu'à prétendre créer une nouvelle religion, religion de l'Humanité sur le modèle du catholicisme et qui, malgré ses si bonnes intentions, a tous les caractères du ridicule (aux yeux mêmes de son ami John-Stuart Mill). L'autre réaction anti-système et anti-scientiste, qu'on peut faire remonter à Stirner et Kierkegaard, sera celle de Nietzsche et de Bergson avant l'existentialisme (qui prendra justement son essor après la guerre de 1914 et l'exaltation guerrière), du côté du vitalisme, du subjectif et de l'expérience vécue. Ce qu'ils nous apprennent, c'est au moins que sciences, raison et matérialisme ou utilitarisme ne sont que la moitié du monde. - [L'erreur de Marx](https://jeanzin.fr/2016/05/08/l-erreur-de-marx/): Marx est incontestablement l'un des philosophes les plus importants, ayant eu des effets considérables dans le réel jusqu'en Chine qu'il contribuera à occidentaliser. Il y a eu un nombre incalculable de travaux intellectuels se réclamant de lui et qui ont été un peu vite rejetés aux poubelles de l'histoire. On a là encore une fois une philosophie qui se veut scientifique, rationalisme triomphant qui se heurtera là aussi aux limites de notre rationalité comme aux démentis du réels. L'échec historique du marxisme oblige à revenir sur son erreur de fond mais ne signifie pas pour autant qu'on pourrait se passer de Marx désormais, en particulier de l'analyse magistrale qu'il a faite du capitalisme industriel et plus encore du matérialisme historique dont il a posé les bases, théorie scientifique de l'histoire qui est à reprendre. Ce qu'il faut souligner dans la position de Marx, c'est qu'il se trouve dans un entre-deux, suivant l'introduction de l'histoire et de sa dialectique dans la philosophie par Hegel mais précédant l'explication scientifique de l'évolution de Darwin, publiée en 1859 alors qu'il venait tout juste de définir sa propre conception du matérialisme historique dans la préface de sa "Contribution à la critique de l’économie politique". - [Revue des sciences mai 2016](https://jeanzin.fr/2016/05/01/revue-des-sciences-mai-2016/): Les multiples visages de la matière noire Le théorème du libre-arbitre L'EmDrive renouvelle la conception de l'inertie comme effet relativiste Le noyau terrestre 2,5 ans plus jeune que la croûte Un empire galactique dans un amas globulaire ? L'activité tectonique refroidit la Terre depuis 80 millions d'années Il y a 3 millions d'années les rayons cosmiques de supernovae ont refroidi la terre 2500 panneaux solaires en orbite pour fournir de l’énergie sur Terre Des métamatériaux pour le thermophotovoltaïque Les Chinois s'équipent de 20 centrales nucléaires flottantes Le bombardement de Mars aurait favorisé la vie ? L'extinction programmée Un langage de programmation simple pour des circuits d'ADN Quand le spermatozoïde féconde l'ovule un flash lumineux se produit Les dauphins se parlent pour résoudre des problèmes Il n'y avait pas d'homme hybridé avec Néandertal L'homme naturellement polygame, serait devenu monogame à cause des maladies sexuelles La moitié des hommes européens de l'ouest descendraient d'un roi de l'âge du bronze Les insectes conscients d'exister ? La conscience comme conscience du temps ? Cartographier les mots dans le cerveau pour lire dans les pensées Un vaccin pour tous les virus ? Un traitement génique allonge les télomères Des implants pour restaurer la mémoire testés sur des patients Détecter la psychose par une prise de sang ? La neuroimagerie du LSD Se greffer des coeurs de porc ? - [A la place de la République](https://jeanzin.fr/2016/04/19/a-la-place-de-la-republique/): On ne devrait jamais vieillir, c'est certain. Le mouvement des places m'évoque l'enthousiasme de ma jeunesse pour ces rassemblements solidaires et autogérés où l'on se sent si bien à croire refaire le monde avant de prendre le métro pour retourner chez soi. Il y a bien peu de temps encore, j'aurais couru les places, voulant y croire malgré le si petit nombre (quelques milliers seulement), porteurs de l'esprit du temps croit-on, d'un renouveau tant espéré depuis si longtemps. On voudrait qu'il se passe quelque chose et faire plaisir à ses lecteurs avec de belles espérances, oublier la montée du Front National et la droitisation de la société. C'est pourtant le privilège de l'âge de ne plus pouvoir croire à une opération militante certes bien menée mais gonflée par les médias et comme se regardant soi-même sur les réseaux. Passer de bons moments ensemble est toujours bon à prendre mais, s'il y a effectivement l'attente d'autre chose et d'une sorte de miracle (qui ne se produira bien sûr pas), ce qui s'exprime est plutôt un désir de changement mais sans contenu partagé, manifestant la désorientation et l'état de décomposition de l'extrême-gauche tout autant que de la gauche avec cette mise en scène spectaculaire de la démocratie à la place de la république et de ses institutions. Certes on pourra toujours dire que toutes les conneries qu'on entend avec ces histoires à dormir debout sont le germe de futures recompositions mais je crois plutôt qu'on assiste à une tentative ultime de revenir aux vieilles utopies politiques - avant de, peut-être, les abandonner enfin pour s'engager dans la politique effective à l'ère de l'accélération technologique ? Le plus frappant, c'est qu'on voudrait se persuader qu'on est ici dans une première fois, que c'est une mobilisation inédite alors qu'il n'y a pourtant, à l'évidence, qu'imitation de ce qui a déjà échoué - que du déjà vu et du déjà bien entendu. Certes, on peut dire que ce mouvement d'occupation des places prolonge le printemps européen, mais comme l'arrière-garde de ses défaites. Ce mouvement ni spontané ni nouveau n'est pas l'étincelle qui met le feu à la prairie mais plutôt les dernières braises fumantes, avec quelques années de retard, de bien plus grandes manifestations d'aspirations démocratiques, sans plus de résultat. - [La pénétration de la science dans la philosophie](https://jeanzin.fr/2016/04/15/la-penetration-de-la-science-dans-la-philosophie/):    Descartes, Spinoza, Leibniz L'histoire de la philosophie, de par la simple succession des philosophes, en montre toutes les contradictions entre eux, témoignage de leurs erreurs et de l'évolution des esprits. On ne peut faire une histoire des religions qu'à ne pas y croire, de même un historien de la philosophie est bien obligé de prendre ses distances avec les différentes philosophies. S'il faut connaître cette histoire, ce n'est donc pas pour découvrir celui qui aurait trouvé la vraie philosophie, c'est tout au contraire, pour ne pas en rester là et refaire les mêmes erreurs mais renforcer notre esprit critique à voir comme les constructions logiques sont fragiles. Les grands philosophes ne sont pas grands parce qu'ils avaient enfin compris la vérité et seraient indépassables mais seulement parce qu'ils avaient argumenté avec la plus grande rigueur et de façon assez convaincante pour soutenir des positions subjectives qui ont toujours cours de nos jours - car tous les moments de l'apprentissage historique sont reparcourus à chaque génération. Je ne vise ainsi dans ce retour sur les rationalistes du XVIIè qu'à mettre en valeur ce qui peut en éclairer notre actualité. Revenir en arrière, ici, n'est qu'essayer de comprendre la formation et le succès de ces systèmes dans leur époque pour inciter à, de nouveau, aller de l'avant au lieu de rester englué dans le passé, affronter plutôt notre futur désenchanté, cette accélération technologique que nous subissons plus que nous n'en sommes les acteurs. On a vu comme les empires avaient dépouillé la philosophie de sa dimension politique initiale pour la réduire au souci de soi des philosophies du bonheur (stoïcisme, épicurisme, scepticisme) dont l'échec devait mener au mysticisme néoplatonicien avant que la religion ne prenne toute la place. La philosophie religieuse a tenté depuis d'en affronter toutes les contradictions, prise entre le dieu rationnel (éternel, Un, connaissance), le dieu révélé (historique, dogme, foi), le dieu éprouvé (relation, amour, crainte) et confrontée à de multiples hérésies. On peut d'ailleurs souligner que, si les croyants se retrouvent dans des rites communs, ce n'est certainement pas dans la même foi (ou mode de vie) mais dans une grande diversité de croyances (la diversité religieuse est interne aux religions). La question religieuse, avec le schéma création/chute/salut (qui est encore celui de l'aliénation), dominera jusqu'au XVIIè siècle obsédé par les preuves de l'existence de Dieu, qui reste à la base des philosophies de Descartes ou de Spinoza, sous des formes très différentes de garant de la vérité des pensées claires et distinctes, pour l'un, ou de cause englobante pour l'autre. Cependant, confrontées à la science naissante, ces philosophies explicitement déistes participeront malgré elles à la sortie de la religion au profit d'un pur rationalisme sur lequel (et contre lequel) l'autonomie de la science pourra se construire. L'événement, ici, c'est Galilée et la mathématisation de la mécanique. On va assister dès lors à la pénétration de la science dans la philosophie, d'abord avec le monde mécanique de Descartes (qui avait fondé la géométrie algébrique) puis la méthode géométrique de Spinoza composant ce qui se voulait une philosophie scientifique. - [Revue des sciences avril 2016](https://jeanzin.fr/2016/04/01/revue-des-sciences-avril-2016/): 6 milliards d'Africains ? La coopération plus efficace à long terme La matière noire serait faite des trous noirs détectés par les ondes gravitationnelles La propulsion à l'antimatière pour se rapprocher de la vitesse de la lumière Un nouveau boson (graviton?) au LHC ? Une superposition quantique spatiale d'un demi micromètre Le volcanisme, plus grand danger d'extinction Émissions de CO2 : du jamais-vu depuis l’extinction des dinosaures La fonte de l'Antarctique sous-estimée les océans vont monter de +2m L'Europe à l'abri des fluctuations climatiques ? Le refroidissement radiatif CO2NCRETE, utiliser le CO2 pour faire du béton Hyperions, près de New Delhi : l’éco-quartier le plus délirant La cellule minimale a 473 gènes CRISPR-cas9 un nouvel outil très flexible pour les chercheurs Les virus géants intègrent l'édition de gènes contre les autres virus La raie manta arrive à se reconnaître dans un miroir ? Les chimpanzés peuvent avoir des sortes de rites Pour parler, il fallait d'abord moins mâcher grâce à la viande coupée Il y a eu plusieurs croisements avec Neandertal Le mécanisme d'oubli au coeur de l'apprentissage Le vieillissement programmé des mouches jusqu'à nous Il ne s'agit plus de réduire le vieillissement mais de rajeunir Une puce dans le cerveau pour réguler les niveaux de dopamine La stimulation électrique du cerveau augmente les niveaux de calcium Un patch cardiaque relié au médecin L'holoportation La boule pour remplacer la roue ? Sophia un robot troublant L'hyperloop en Slovaquie ? - [La déroute annoncée de la gauche](https://jeanzin.fr/2016/03/22/la-deroute-annoncee-de-la-gauche/): On pourrait en rire si ce n'était à pleurer mais il semble bien que les élections présidentielles soient faites pour nous faire délirer, en particulier une gauche pourtant au plus mal. Il y a en tout cas un certain nombre qui décollent de la réalité et se montent la tête à s'imaginer que ce pourrait être la réalisation de leurs rêves les plus fous, avec reconfiguration complète de l'économie et de la société ! Et pourquoi pas ? Il y a des miracles parfois, non ? On croirait qu'il n'y a jamais eu d'élections, que ce n'est pas pareil à chaque fois, ni que cette fois on peut s'attendre au pire - mais on ne veut pas perdre espoir, pas vrai ? Véritable dissonance cognitive, dans les débats plus ou moins groupusculaires d'une gauche éclatée, la montée du Front National est minimisée voire complètement refoulée sous prétexte que les électeurs populaires devraient se rendre compte de qui sont leurs véritables amis et qu'il y aurait de toutes façons un plafond de verre infranchissable, pourtant de plus en plus haut... Non seulement on fait comme si la menace nationaliste/identitaire/autoritaire n'existait pas et ne montait pas un peu partout en Europe mais, en plus, Mélenchon en sauveur suprême et ses partisans souverainistes ne font que la renforcer tout en s'imaginant, ce qui est complètement délirant, qu'il pourrait gagner l'élection alors qu'il ne fera que précipiter l'élimination de la gauche ! Il y en a qui vivent dans un autre monde. Il est vrai qu'il est insupportable de voir arriver la défaite annoncée, c'est pourtant notre triste réalité et, si par malheur il vous reste un soupçon de lucidité, on va donc vous traiter de rabat-joie, de défaitiste, et sortir quelques formules bien sonnées assurant que, si on n'essaie pas on ne pourra jamais gagner, qu'il y a des bonnes surprises comme l'élection d'Obama (Yes we can ? on a vu pas grand chose) ou celle de Tsipras (!), qu'il y a des retournements de l'histoire (sauf qu'il se fait contre nous actuellement). On se persuade d'un nouveau souffle avec le retour de la gauche anglo-saxonne ou quelques mouvements alternatifs qui s'ébauchent mais qui n'ont fait preuve jusqu'ici que de leurs échecs... La gauche européenne est au plus mal, en voie de disparition - même si ces choses là ne se font pas en un jour, les inerties sociales étant très fortes. C'est d'ailleurs cette inertie qui nous assure que, sauf événement imprévisible, les rapports de force ne changeront guère d'ici l'élection présidentielle. Sous prétexte qu'il y a un timide réveil de la jeunesse étudiante, certains voudraient se persuader d'une révolution imminente - et de gauche en plus ! Révolution fiscale plutôt ? Ce n'est pas qu'il n'y ait des risques d'agitations sociales et de grands troubles avec une aggravation des multiples crises économiques et financières mais sans plus de débouché à la colère que les révolutions arabes, sinon quelques boucs émissaires faciles. On devrait pourtant savoir par l'expérience maintenant qu'il n'y a pas de révolution en démocratie : il y a des élections qui y mettent un terme en reproduisant nos divisions politiques. L'unité fantasmée de la société se heurte en effet à nos divisions effectives et aux contre-pouvoirs bloquant l'action. C'est même pour cela qu'à l'heure actuelle, ce qui domine, c'est l'appel à un pouvoir fort. Alors, pour "destituer le pouvoir", on peut repasser, c'est un complet contre-sens sur notre actualité immédiate. Certes la grande politique c'est fini, mais il semble qu'on ne veuille rien en savoir et vouloir absolument essayer de prouver le contraire ! - [Avant-première : rajeunir, fin d'Uber, boom des renouvelables](https://jeanzin.fr/2016/03/20/avant-premiere-rajeunir-fin-d-uber-boom-des-renouvelables/): Il m'a paru intéressant de faire part en avant-première de trois nouvelles qui me semblent importantes, témoignant de l'accélération technologique, mais qui risquaient d'être noyées dans la Revue des sciences : On connaît la puissance de la nouvelle méthode d'édition de gènes CRISPR qui pourrait tomber dans de mauvaises mains mais ce qui n'était pas prévu, c'est qu'elle aurait la possibilité de, non plus seulement réduire le vieillissement mais bien de nous faire rajeunir ! Ce n'est pas pour tout de suite mais des expériences sur des petits animaux en ont montré la possibilité. Il faudrait expérimenter ces 65 gènes différents dans différentes combinaisons pour voir si nous pouvons reproduire l'inversion du vieillissement que nous avons observé chez les petits animaux. Nous ne savons pas ce que l'inversion d'âge signifierait en termes d'années humaines. Les animaux ont eu leur durée de vie prolongée par des facteurs de deux à 10. Cela semble trop beau pour être vrai pour les humains. La blockchain utilisée par le Bitcoin est une technique permettant d'effectuer des transactions publiques infalsifiables sans intervention d'un tiers (banque, notaire, Etat). On pourrait assister ainsi à la fin d'Uber avec la blockchain ? Pour se passer de la centralisation et du prélèvement d'un pourcentage, il suffirait en effet de passer par la blockchain, qui va révolutionner de nombreux autres domaines et pourrait donc annoncer la fin d'Uber dont la chute serait alors aussi rapide que son ascension. Sauf à offrir un service en plus ou à pouvoir s’équiper rapidement de voitures autonomes... Enfin, alors que l'économie est atone un peu partout, même en Chine, il se pourrait malgré tout qu'on puisse être à la veille d'un nouveau boom économique lié au développement encore bien trop timide des énergies renouvelables qu'il faudrait accélérer par des politiques publiques et de meilleures réglementations. Cela fait plusieurs années que Michel Aglietta plaide pour une telle sortie de crise. Les conditions en seraient désormais réunies malgré la baisse du pétrole et bien qu'une aggravation de la crise ne peut être exclue (les raisons n'en manquent pas), mais l'effondrement n'est pas absolument inéluctable. - [Droit du travail : l'occasion manquée ?](https://jeanzin.fr/2016/03/08/droit-du-travail-loccasion-manquee/): Pour certains, ça y est, c'est le grand soir. Le risque est grand pourtant qu'on assiste plutôt à un baroud d'honneur, un dernier combat d'arrière garde avant la disparition de la gauche annoncée et le retour d'une droite dure. Les choses sont en tout cas très mal engagées, comme si toute la vieille gauche tombait dans le piège de démontrer son archaïsme et qu'elle n'a rien à dire sur nos nouvelles conditions de vie, simple rejet de la mondialisation et des nouvelles forces productives au nom d'une société salariale mythifiée. Cela pourrait être aussi son moment de vérité et ouvrir à une réflexion plus en profondeur sur les évolutions du travail et les nouvelles protections nécessaires au travail autonome et à l'extension de la précarité, au lieu de s'arcbouter sur le salariat du passé et la défense des droits acquis (souvent en vain). Le moins qu'on puisse dire, c'est que, pour l'instant, on est loin de prendre le chemin d'une vision d'avenir et d'une remise à plat du droit du travail pour affronter l'économie numérique et conquérir de nouveaux droits. Impossible pour les syndicats de salariés de lâcher la proie pour l'ombre et, de toutes façons, avec le nombre de débats à gauche sur le sujet, on sait bien qu'il est impossible de se mettre d'accord sur ces questions chargées d'idéologie et qui ne se règlent à chaque fois que sous la pression des faits. - [Revue des sciences mars 2016](https://jeanzin.fr/2016/03/01/revue-des-sciences-mars-2016/): Des particules d’énergie nulle pour résoudre le paradoxe des trous noirs Se masquer pour faire le mal La détection des ondes gravitationnelles Aller sur Mars en 30mn ! La traque de la planète X commence La théorie quantique des ondes guides de David Bohm relancée Dans les sédiments, l'Anthropocène commence en 1950 La fonte des glaciers augmente le volcanisme (et le CO2) Des arbres artificiels qui transforment les vibrations en énergie Des batteries à 54$ par kWh S'éclairer avec des bactéries L'homme de Florès, un Homo erectus ? La crainte des dieux rapproche des communautés éloignées Pas d'effondrement à l'Île de Pâques ? Le séquençage minute de l'ADN Cultiver des neurones pour remplacer les neurones détruits Un implant bionique contrôle un exosquelette par la pensée Les IPP (anti-acide) augmentent de 50% le risque de démence La cryogénisation du cerveau progresse Tester soi-même le cancer du poumon ou de la bouche avec sa salive Les ondes de choc par ultrasons, meilleure alternative au Viagra ? Un bio-superordinateur à base de protéines et alimenté par ATP Un smartphone indien à 3,30€ Valider un paiement par smartphone avec un selfie L'imprimante 3D tous métaux Le temps des robots humanoïdes dans l'industrie est venu - [Pascal, la misère de l'homme et son terrible ennui](https://jeanzin.fr/2016/02/16/pascal-la-misere-de-lhomme-et-son-terrible-ennui/): Il est vrai que c’est être misérable, que de se connaître misérable ; mais c’est aussi être grand, que de connaître qu’on est misérable. Ainsi toutes ses misères prouvent sa grandeur. Ce sont misères de grand Seigneur, misères d’un Roi dépossédé. Même s'il dit lui-même que "se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher" (513-4), il est certes contestable de faire de Pascal un philosophe alors qu'il n'a d'autre dessein que de faire l'apologie de la religion chrétienne au regard de la misère de l'homme sans dieu. S'il admet les failles de la raison, c'est pour les boucher immédiatement avec le dogme hérité ("Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison"). Il est justement intéressant de voir comme le vrai peut venir du faux, et ce que la religion - qui a pris la suite des philosophies du bonheur et de leur échec - peut révéler de nous et de nos faiblesses comme de notre incomplétude. En effet, cette lucidité n'aurait sans doute pas été permise s'il n'en proposait immédiatement le remède trompeur de la foi dans une vérité révélée, autre façon de s'empêcher de penser. - [Les philosophies du bonheur](https://jeanzin.fr/2016/02/10/les-philosophies-du-bonheur/): Stoïcisme, épicurisme et sceptiques - [Revue des sciences février 2016](https://jeanzin.fr/2016/02/01/revue-des-sciences-fevrier-2016/): La matière manquante de l'Univers cachée dans la toile cosmique Propager la résistance au paludisme chez les moustiques Que serait un temps symétrique à l'espace ? Des variations de luminosité inexplicables Le trou noir de notre galaxie se réveille De nouvelles planètes dans notre système solaire ? Un tissage nanométrique apporte solidité et flexibilité Le réchauffement des océans aurait doublé depuis 60 ans Un polymère transparent qui stocke la chaleur Un revêtement d'herbe en plastique fait de l'électricité avec le vent Les cellules dendritiques réagissent par épigénétique aux infections Un ver qui a 5 formes différentes Il y a 10 000 ans, un massacre entre chasseurs cueilleurs Les contes de notre enfance peuvent avoir 6000 ans Une méthode géométrique de calcul intégral des Babyloniens L'incertitude motive l'exploration par l'acétylcholine (et le tabac) Plus de types de synapses qu'on croyait multiplie les informations traitées Le son de notre propre voix influence nos émotions La greffe de tête sur des singes et des souris, une réussite ? Une puce dans le cerveau qui se dissout La schizophrénie, une perte massive de synapses à l'adolescence Effet oxydatif des nanoparticules sur les macrophages Le cancer se déclenche quand une cellule mutée redevient cellule souche Un robot qui aide les spermatozoïdes à atteindre l'ovule ! Détacher une roue de la voiture pour en faire un monocycle Un drone-taxi octocoptère pour se déplacer Des dirigeables stratosphériques comme satellites d'observation - [La naturalisation du capitalisme](https://jeanzin.fr/2016/01/26/la-naturalisation-du-capitalisme/): Les critiques du capitalisme ont toujours réfuté la naturalisation du capitalisme. Ainsi, du côté de Polanyi, c'est l'encastrement de l'économie dans le social qui est prétendu notre état naturel, et Bourdieu ajoutera qu'il y a, dans les sociétés traditionnelles, une négation constante des rapports économiques entre proches, remplacés autant que possible par le circuit du don. Certains vont même remonter jusqu'à la préhistoire pour démontrer que le capitalisme n'existait pas du tout à cette époque, et que donc nous pouvons vivre sans ! Il faut dire que ces critiques mènent souvent, sinon à la négation de l'évolution, du moins à prendre leurs distances avec le darwinisme considéré comme simple expression de l'idéologie capitaliste (ce qui est le cas pour Spencer, il est vrai) alors que Darwin avait souligné l'importance des instincts sociaux et de l'altruisme dans notre survie, c'est-à-dire des tendances anti-darwiniennes à court terme mais donnant un avantage à long terme. Il faut s'inquiéter lorsqu'une loi scientifique aussi fondamentale est contestée pour des raisons politiques mais il y a effectivement un conflit des interprétations et manipulation du concept d'évolution par les uns ou les autres, justifiant la domination d'un côté ou l'émancipation de l'autre. L'essentiel à reconnaître pourtant, c'est d'abord l'évolution elle-même, sa dynamique comme phénomène extérieur qui s'impose à tous et dans lequel nous sommes pris. - [Et si tout ces bouleversements finissaient par s'arrêter ?](https://jeanzin.fr/2016/01/16/et-si-tout-ces-bouleversements-finissaient-par-s-arreter/):    Vers la fin de l'histoire Les transformations s'accélèrent sur tous les plans. On ne sait jusqu'où ça peut aller, ayant tant de mal à suivre le rythme, mais, en fait, ce qui se passe, c'est plutôt qu'un monde s'écroule et qu'un autre le remplace. L'accélération technologique n'est peut-être que passagère (et manifestant déjà un certain ralentissement ?), non que les progrès techno-scientifiques puissent jamais s'arrêter mais ils pourraient perdre de plus en plus leur caractère "disruptif" bouleversant l'organisation sociale à mesure qu'une nouvelle organisation se met en place. L'argument de Francis Fukuyama contre une fin de l'histoire qu'il avait proclamée de façon un peu trop précipitée, c'était que le progrès technique l'empêchait. Ce qu'on peut contester. Certes, nous sommes effectivement très loin encore d'une fin de l'histoire qui n'arrivera pas avant une véritable unification du monde, l'Etat universel et homogène qui est en route depuis la fin du communisme mais est loin d'être achevé (on peut encore en voir des vertes et des pas mûres d'ici là). Préparant cette unification, nous devrions cependant connaître assez rapidement, sur la Terre entière, une adaptation au numérique qui, une fois effective, sera sans doute très durable. Au début tout est à inventer mais une fois les monopoles en place, ils sont presque impossibles à déboulonner et figent les positions. C'est le paradoxe qu'il faut souligner que puisse succéder à notre période de transformations accélérées une longue période de stabilité - un peu comme après la mise en place du Néolithique - et non une singularité exponentielle. Ainsi, notre révolution permanente actuelle ne serait pas forcément le lot de la modernité pour toujours mais seulement du basculement dans l'ère du numérique, du passage de l'ère de l'énergie à l'ère de l'information. - [Rétrospective 2006-2015](https://jeanzin.fr/2016/01/13/retrospective-2006-2015/):    La critique de la critique Si j'ai voulu revenir sur mon parcours de ces dix dernières années, c'est que sa cohérence m'est apparue après-coup et que j'ai éprouvé le besoin de faire le point sur une évolution qui n'était sans doute pas seulement la mienne dans ma génération. On peut dire, en effet, que notre situation métaphysique et politique a radicalement changé depuis notre jeunesse, poursuivant le mouvement d'une sortie de la religion, qui ne date pas d'hier, par une sortie de la politique (ou du théologico-politique des grandes idéologies) depuis la chute du communisme. Que cette situation soit objectivement la nôtre dans nos démocraties pluralistes à l'heure de la globalisation numérique, ne signifie pas une fin de l'histoire achevée, loin de là, nourrissant au contraire des réactions agressives de retour du religieux ou de la Nation (des guerres de religions et du rejet de l'étranger) avec les appels lancinants d'intellectuels attardés au réenchantement du monde et au retour des utopies les plus naïves. Ma propre évolution, tirant les conséquences de cette déception du politique qui ne laisse plus que des alternatives locales à la globalisation marchande, peut se lire comme un approfondissement du matérialisme (dualiste) et du domaine de la nécessité sans pour autant viser, comme le stoïcisme à l'acceptation de son sort ni, comme le marxisme à une impossible réconciliation finale. Il ne peut être question de soutenir l'ordre établi ni renoncer à dénoncer ses injustices. Il ne peut être question de se satisfaire du monde tel qu'il est, ce n'est pas l'exigence de le changer qui doit être mise en cause mais, tout au contraire, qu'elle reste lettre morte, exigence qu'elle se traduise dans les faits quitte à en rabattre sur ses ambitions. C'est donc une conversion au réalisme de l'action, essentiellement locale, sans renier pour autant sa radicalité en allant toujours au maximum des possibilités du temps, ni oublier l'inadéquation de l'homme à l'universel et son étrangeté au monde (espèce invasive qui n'a pas de véritable nature et nulle part chez soi). Dream is over, même s'il y a un nouveau monde à construire. La belle unité de la pensée et de l'être comme de l'individu et du cosmos est rompue, c'est le non-sens premier, l'absurde de nos vies (la misère de l'homme sans Dieu) que l'existentialisme avait déjà affronté mais qui maintenait une primauté du sujet. Cette position est devenue intenable avec les sciences sociales et surtout l'accélération technologique qui manifeste à quel point la causalité est extérieure - ce qu'il faut prendre en compte, y réagir, s'y adapter, ce dont il nous faut devenir responsables mais que nous ne choisissons pas. Malgré tous les efforts pour retrouver une société totalitaire et une identité perdue, la réalité qu'il nous faut affronter, c'est la pluralité et la non identité à soi, c'est celle d'un sujet divisé, et d'un réel étranger qui nous blesse, nous malmène, sur lequel on se cogne. "Il résulte des actions des hommes en général encore autre chose que ce qu'ils projettent et atteignent, que ce qu'ils savent et veulent" (Hegel). Que cela plaise ou non, on peut penser que le miroir de l'information finira par nous forcer à regarder la réalité en face au lieu de nous aveugler de beaux discours. - [Revue des sciences janvier 2016](https://jeanzin.fr/2016/01/01/revue-des-sciences-janvier-2016/): Le retard des technologies Pourquoi rêvons-nous ? Quand l’environnement façonne les langues Un "holomètre" montre que l'espace-temps est continu, pas quantique Production d’un couple proton-antiproton par annihilation électron-positron Des ballons solaires en altitude La feuille artificielle bientôt opérationnelle ? Siemens veut convertir du CO2 en carburant avec le soleil Une colonne d'algues pour capturer le CO2 Les particules métalliques, carburant propre de l'avenir ? Les météorites en phosphures de fer (schreibersite) à l'origine de la vie ? Les eucaryotes, une réaction à la toxicité des océans ? Des animaux marins couvaient leurs oeufs il y a 500 millions d'années Des couples d'oiseaux discutent pour se répartir les tâches Les hommes dorment moins et mieux que les singes La domestication du chien datée par l'ADN de 33 000 ans Des Homo Habilis, il y a 14 000 ans au sud-ouest de la Chine ? L'agrégation hiérarchisée au principe de l'abstraction dans le cerveau Conscience/inconscience, question de fréquence Le cerveau prend ses décisions dans l'action La caféine change radicalement la connectivité du cerveau Les mauvaises actions plus considérées comme intentionnelles que les bonnes Les hommes pauvres ont moins de testostérone et vieillissent plus vite Le THC agit comme l'ocytocine Une caméra laser qui voit même dans les coins Un smartphone transformé en imprimante 3D Naviator, le drone qui va aussi sous l’eau - [L'agrégation hiérarchisée au principe de l'abstraction dans le cerveau](https://jeanzin.fr/2015/12/29/l-agregation-hierarchisee-au-principe-de-l-abstraction-dans-le-cerveau/): - L'agrégation hiérarchisée au principe de l'abstraction dans le cerveau Ce travail d'observation de l'abstraction dans le cerveau (IRM) comme agrégation de sensations de plus bas niveau m'a paru assez important pour en faire une brève, essayant d'en restituer les conclusions qui confirment largement pour une fois nos intuitions sur le sujet. La fonction cognitive et la pensée abstraite viendraient de l'agglomération de plusieurs sources corticales allant du cortex sensoriel aux zones beaucoup plus profondes du connectome (diagramme du câblage des connexions du cerveau). Cela démontre non seulement le principe de base de la cognition mais que tous les comportements cognitifs ... Lire la suite - [Travail = Revenu](https://jeanzin.fr/2015/12/23/travail-revenu/): Il est frappant qu'on n'arrive même pas à s'accorder sur des choses aussi communes que travail et revenu, jusqu'à s'imaginer qu'il n'y aurait là nul réel et seulement de l'idéologie plus ou moins arbitraire ! Il n'est pas inutile de revenir aux bases matérielles (sans tomber pour autant dans un simplisme trompeur), surtout lorsque les discussions s'égarent dans des subtilités où personne n'y comprend plus rien. - [Penser l'émancipation avec et contre Gorz](https://jeanzin.fr/2015/12/19/penser-lemancipation-avec-et-contre-gorz/): Amicus Plato, sed magis amica veritas On voudrait que les intellectuels s'entendent pour nous dire ce qu'il faut penser et faire, ainsi que ce qu'on peut espérer. C'est pourtant bien là-dessus qu'on ne peut s'accorder. Au lieu de le déplorer, il faut en faire le constat fondamental de notre existence, qui lui donne sa dimension de pari et nous fait éprouver la solitude de la pensée dans son errance, alors même qu'il n'y a de pensée que du commun dès lors qu'on est éveillé, comme dit Héraclite, et que toute parole vise l'universel. On se constitue en groupes, en partis, en église pour affirmer une communauté de convictions mais toujours minés par les divisions. Il est naturel de se persuader qu'il suffirait de se mettre autour d'une table pour s'entendre mais on en a assez l'expérience pour savoir que ce n'est pas le cas et que ce n'est pas une question de mauvais caractère ni d'ingratitude ou même de traîtrise si Aristote se sépare de Platon. On organise de grands débats où tous les intervenants disent à peu près la même chose et défendent parfois sans contestation aucune les idées les plus extravagantes tant ce petit monde ne fait qu'essayer de se renforcer dans ses convictions en restant dans l'entre-soi tout en se croyant les sauveurs du monde. La vérité est plus prosaïque de notre rationalité décidément très limitée et de nos différentes conceptions du monde. Gorz s'amusait d'ailleurs de voir comme Alain Caillé arrivait à rassembler pour soutenir un revenu inconditionnel des gens dont aucun ne pensait comme les autres. Il avait aussi particulièrement apprécié dans mon résumé de la phénoménologie (misère de la morale), la partie sur "la république des lettres" (la tromperie mutuelle) où chacun prend les autres pour des imbéciles derrière une reconnaissance de façade. Ce qui nous a réuni est justement de ne pas être seulement des intellectuels mais de se soucier du réel et défendre les mêmes dispositifs. Sinon, malgré une filiation hégélienne et marxienne, nos divergences théoriques, qu'il prenait d'ailleurs assez mal, n'étaient pas négligeables. Cela ne m'empêchait pas de dialoguer avec lui et de rester assez liés pour être convié à ses obsèques confidentielles "dans un de ces lieux perdus au milieu de nulle part, situé en pleine zone industrielle de Rosières-près-Troyes". Une certaine actualité éditoriale (une rediffusion améliorée de là-bas si j'y suis et la traduction d'une interview allemande : "Le fil rouge de l'écologie", sans parler du dernier EcoRev') m'a rappelé tout cela et donné l'envie de revenir sur un certain nombre de nos désaccords de fond, philosophiques plus que politiques. - [Revue des sciences décembre 2015](https://jeanzin.fr/2015/12/01/revue-des-sciences-decembre-2015/): Guerre et coopération à l'origine de l'humanité Pourquoi les bonnes idées tuent les meilleures Faut-il interdire les robots tueurs autonomes ? Le retour réussi de la fusée New Shepard destinée au tourisme spatial Un liquide poreux (pour stocker le CO2 ?) Le réchauffement retarde la fin de la période inter-glaciaire 100% renouvelables avec stockage souterrain Un kit grand public pour la modification génétique chez soi Il y a un sens de l'évolution prévisible malgré la part d'aléatoire Transformer un ver avec la tête d'une autre espèce sans modifier l'ADN Fonction temporelle des neurones et synapses Nous avons tous un mélange de cerveau mâle et femelle Le cerveau passe du système de punition au système de récompense dans l'apprentissage Les enfants d'athées seraient plus altruistes que ceux élevés dans la religion Déclencher la production de globules rouges au lieu d'une transfusion Bloquer la douleur par des dispositifs sans fil implantables Des micro-doses de LSD contre l'anxiété et l'insomnie Le cannabis de synthèse de plus en plus dangereux et combattu Le mécanisme anticancéreux de l'aspirine Microbiote et santé La transplantation de visage la plus complète Les gyropodes (Wheels) se démocratisent (chez Darty) Skreemr, l’avion hypersonique lancé par piste magnétique pour aller à New York en 30 minutes - [Alerte drogues : légalisation ou fascisation](https://jeanzin.fr/2021/05/13/alerte-drogues-legalisation-ou-fascisation/): La bêtise et l'aveuglement peuvent nous coûter cher. Le refus d'écouter les scientifiques n'est pas réservé à une catégorie de la population et ne se limite pas aux complotistes mais peut se propager jusqu'en haut de l'Etat, en particulier au sujet des drogues. Ce n'est pas un sujet mineur par rapport aux questions sociales comme la gauche a pu le penser quand elle ne partageait pas elle aussi l'utopie d'un monde sans drogues (accusées de se substituer à la politique et sans lesquelles les jeunes seraient révolutionnaires!). Les récents événements montrent au contraire que leur interdiction favorise les circuits mafieux et ... Lire la suite - [Rimbaud, la Commune et le retour au réel](https://jeanzin.fr/2021/05/07/rimbaud-la-commune-et-le-retour-au-reel/): Célébrer les 150 ans de la Commune, du 18 mars au 28 mai 1871, c'est célébrer la poésie de Rimbaud qui fait plus que s'ébaucher déjà en 1870 (sensation, le dormeur du val, ma bohème) mais le poète de 17 ans s'épanouira en 1871 avec l'enthousiasme de la Commune et de ses lettres du voyant (à Georges Izambard le 13 mai 1871 puis à Paul Demeny le 15 mai) proclamant que "l'ordre est vaincu" et rejetant la "poésie subjective", à la recherche de l'inconnu, c'est-à-dire du réel derrière les apparences, par un "long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens". C'est à ce moment qu'il se déclare poète, qu'il en fait son destin malgré lui presque mais qu'on ne s'y trompe pas c'est une poésie qui se veut politique, dans le sillage des Châtiments de Victor Hugo qu'il dit garder sous la main. Il se voudrait en avant des luttes des travailleurs. C'est le temps de l'enthousiasme révolutionnaire et de l'utopie, de l'harmonie retrouvée et de la transparence comme de l'amour éternel. - [Théories du complot et critique sociale](https://jeanzin.fr/2021/05/02/theories-du-complot-et-critique-sociale/): Les théories du complot sont, tout comme les mythes et religions, une des manifestations massives des limites de notre rationalité et de nos tendances paranoïaques au délire d'interprétation, manifestant à quel point Homo sapiens est tout autant Homo demens. C'est ce dont on semble refuser absolument de prendre toute la mesure pour ne pas attenter à notre narcissisme et continuer d'entretenir l'illusion de notre fabuleuse intelligence - illusion qui est justement le ressort du complotiste persuadé d'avoir tout compris et de n'être plus dupe de la vérité officielle, ressort plus généralement des militants plus ou moins révolutionnaires. Ces contre-récits réapparaissent, en ... Lire la suite - [Dernières nouvelles de notre préhistoire](https://jeanzin.fr/2021/04/12/dernieres-nouvelles-de-notre-prehistoire/): Il faut toujours prendre les dernières découvertes scientifiques avec des pincettes, surtout quand elles contredisent ce qu'on croyait bien établi avant mais, comme je le répète souvent, il n'y a rien qui change plus que notre passé, la préhistoire étant basée sur un nombre de faits assez réduit (contrairement à la physique par exemple, beaucoup plus difficile à prendre en défaut). Ainsi, après la tendance ces dernières années à repousser toujours plus nos origines (notamment l'Homo sapiens à 300 000 ans), deux études les rapprochent radicalement au contraire, bien que sur des temporalités différentes. La première, étudiant les crânes des premiers ... Lire la suite - [L'utopie rationaliste à l'ère du numérique](https://jeanzin.fr/2021/03/26/lutopie-rationaliste-a-lere-du-numerique/): L'ère du numérique et des réseaux planétaires, donnant un accès immédiat à toutes les connaissances, nous a fait entrer dans un nouvel âge des savoirs qui, étonnamment, sonne le glas de l'utopie rationaliste républicaine, c'est-à-dire de l'émancipation par l'éducation. Ce n'est pas bien sûr la raison elle-même qu'il faudrait mettre en cause pour revenir à l'irrationnel, aux mythes, au mysticisme, à la loi du coeur ou l'intuition. Ce n'est pas non plus la rationalité instrumentale tant critiquée pour sa froideur bureaucratique qui est en question. Tout au contraire, ce que révèle notre actualité, c'est bien plutôt comme notre folie s'oppose à ... Lire la suite - [Rater sa vie](https://jeanzin.fr/2021/03/15/rater-sa-vie/): Qui ne voudrait réussir sa vie ? C'est l'injonction répétée partout, des parents à la publicité. Les bibliothèques sont pleines d'ouvrages et de conseils pour y parvenir. Et pourtant, cela fait partie des fausses évidences qui n'ont aucun sens (tout comme la recherche du bonheur) ou bien dont le sens est d'une indigence extrême, que ce soit le conformisme social de la reproduction familiale, de la réussite financière ou professionnelle, voire d'une petite célébrité ou d'une position dominante tout aussi éphémères. On a beau se rengorger de ces futilités et d'avoir effectivement réussi quelque chose, comme dit Pascal : "le dernier ... Lire la suite - [Le point sur la dépression, causes et remèdes](https://jeanzin.fr/2021/03/04/le-point-sur-la-depression-causes-et-remedes/): L'épidémie de dépressions, depuis le confinement et les mesures de distanciation sociale, manifeste à quel point nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes et qu'on est loin de pouvoir se satisfaire de "demeurer en repos, dans une chambre" ni du simple plaisir d'exister. Notre état naturel serait plutôt dépressif et d'un terrible ennui si la vie sociale ne nous divertissait pas de nous-même - ce qu'on peut mettre sur le compte de notre nature d'animal grégaire ou celui d'être parlant. En tout cas, comme on le verra, Alain considérait avec raison que le meilleur traitement des humeurs dépressives serait de parler ... Lire la suite - [Intégration mobile-PC-TV](https://jeanzin.fr/2021/02/16/integration-mobile-pc-tv/): Cela fait longtemps qu'on annonçait - notamment dans ma revue des sciences - l'intégration incontournable des différents dispositifs numériques, mais cela n'avait pas beaucoup avancé jusqu'ici et ce n'est que très récemment que j'en ai moi-même éprouvé la nécessité au point de changer de distribution linux (de linux Mint à Kde et Neon), juste pour utiliser Kdeconnect qui intègre bien le mobile au portable - ce que j'ai trouvé effectivement très pratique. Même si cela ne marche pas toujours parfaitement, voilà de quoi compléter l'utilisation de Chromium, Mkchromecast ou Vlc permettant de passer sur la télé le son ou l'image (cast ... Lire la suite - [De l'autonomie à l'écologie](https://jeanzin.fr/2021/01/31/de-lautonomie-a-lecologie/): L'idéal d'autonomie, qui domine le champ intellectuel et politique depuis si longtemps, avait été mis par Castoriadis à la base de sa philosophie qui a toujours des partisans et revient dans l'actualité avec la publication de morceaux choisis sous le nom "Écologie et politique". C'est l'occasion de reprendre la critique des fondements et de l'inconsistance, au regard d'une philosophie écologique, de philosophies de l'autonomie qui nous avaient tant séduits (chez Castoriadis comme chez Gorz, entre autres) mais qu'on retrouve paradoxalement de nos jours aussi bien dans le développement personnel ou le management que dans les idéologies révolutionnaires mais aussi sous des ... Lire la suite - [Le virus numérique et les guerres futures](https://jeanzin.fr/2020/12/31/le-virus-numerique-et-les-guerres-futures/): Parmi les nouvelles récentes de 2020, il en est une qui a été absorbée dans le flux des informations quotidiennes, concernant un autre virus, numérique cette fois, qui pourrait pourtant faire date, préfigurant sans doute les guerres futures et le bouleversement radical des stratégies militaires à l'ère du numérique. C'était bien sûr annoncé depuis longtemps mais restait très théorique jusqu'ici, jusqu'à la découverte donc de ce cyberpiratage de grande ampleur (certes on commence à être habitué) qui cette fois avait pu toucher jusqu'à l'armée américaine et même des sites nucléaires (ce qui est moins anodin). En fait, les dommages sont difficiles ... Lire la suite - [La beauté sauvage de l'évolution](https://jeanzin.fr/2020/12/26/la-beaute-sauvage-de-levolution/): Ainsi l'homme doute et désespère, en se fondant il est vrai sur bien des expériences apparentes de l'histoire ; et même en une certaine mesure cette triste plainte a pour elle toute l'étendue superficielle des événements mondiaux; c'est pourquoi j'en ai connu plus d'un qui sur l'immensité océanique de l'histoire humaine cherchaient en vain le Dieu que sur la terre ferme de l'histoire naturelle ils voyaient avec les yeux de l'esprit et avec une émotion toujours renouvelée dans chaque brin d'herbe et chaque grain de sable. Dans le temple de la création, tout leur apparaissait plein de toute-puissance et de bienveillante ... Lire la suite - [Temps de suspens](https://jeanzin.fr/2020/11/06/temps-de-suspens/): Il y a des moments où il est bon de garder le silence pour ne pas ajouter à la confusion ambiante en étalant ses opinions, ses pauvres convictions (et son incompétence), surtout quand les incertitudes se cumulent de la pandémie, du Brexit et de l'élection américaine empêchant toute prédiction à court terme. Il fallait attendre au moins l'élection présidentielle américaine mais plusieurs jours après, le suspens demeure quand à la suite pouvant facilement dégénérer. Le Brexit qui devait se régler en octobre reste lui aussi suspendu à des négociations ne pouvant déboucher que sur une réintégration à l'Europe ou une dangereuse ... Lire la suite - [Les leçons de la préhistoire](https://jeanzin.fr/2020/10/23/les-lecons-de-la-prehistoire/): Une bonne partie de mon travail aura été de vulgarisation des sciences et des recherches actuelles, donnant accès à des connaissances encore peu enseignées, notamment sur notre préhistoire, et qui sont indispensables pour se faire une idée plus juste de notre monde comme de notre humanité. C'est pourquoi j'ai rassemblé ces quelques textes sur les aspects les plus importants des dernières découvertes paléo-anthropologiques. Il ne s'agit pas ici de faire preuve d'originalité, ces connaissances étant bien sûr accessibles partout ailleurs avec les moyens actuels, et ces écrits sont sans doute ce qui vieillira le plus à mesure qu'on fera de nouvelles ... Lire la suite - [CRISPR, le Nobel OGM de tous les dangers](https://jeanzin.fr/2020/10/09/crispr-le-nobel-ogm-de-tous-les-dangers/): Pour les lecteurs de ce blog, et de son ancienne revue des sciences, il n'y a rien de surprenant à ce que la découverte de l'édition génétique ait été récompensée par un prix Nobel car c'est indubitablement une des découvertes les plus importantes qui soit. En effet, le mécanisme CRISPR-Cas9 utilisé par des bactéries pour se défendre des virus en coupant leur ADN s'est révélé un outil puissant d'intervention sur des séquences du génome, facilitant énormément les modifications génétiques jusqu'à les mettre à la portée de n'importe quel biologiste. Si ce n'est donc évidemment pas le début des OGM, c'est un changement d'échelle considérable qui devrait généraliser les manipulations génétiques, y compris sur notre propre génome (un Chinois l'a déjà fait), pour des améliorations qui seront le plus souvent très utiles mais pouvant constituer tout aussi bien une nouvelle "bombe nucléaire" (s'attaquant à l'ADN du noyau) plus dangereuse encore que la menace atomique. Il est on ne peut plus logique qu'à chaque fois qu'on augmente notre puissance technique, on augmente le risque de son utilisation destructrice. Emmanuelle Charpentier admet d'ailleurs tout-à-fait que sa découverte pourrait être mal employée mais ce qui renforce l'inquiétude cette fois, c'est que, contrairement à la physique nucléaire, il n'y a pas besoin d'un Etat ni même d'un véritable laboratoire pour qu'un savant fou fabrique un virus bien plus dévastateur que notre coronavirus. J'y vois un risque majeur bien qu'il ne soit pas pris du tout au sérieux, à ce qu'il semble. - [Nouvelle présentation du blog](https://jeanzin.fr/2020/10/07/nouvelle-presentation-du-blog/): Beaucoup se sont déjà aperçus que je travaillais sur le blog depuis plusieurs semaines. En fait, j'ai d'abord perdu du temps à essayer de trouver une façon de pouvoir le modifier hors ligne mais ce que j'ai trouvé ne marche pas (le plugin swichta qui change le thème personnel et que j'ai laissé juste pour quelques jours mais qui m'a bien foutu la zone en mélangeant les thèmes !). Il fallait adapter le blog aux mobiles qui deviennent majoritaires et cela m'a demandé un temps incroyable pour finalement choisir une version (à base de GeneratePress) très proche de la précédente présentation ... Lire la suite - [La vérité des religions](https://jeanzin.fr/2020/09/21/la-verite-des-religions/): Les religions sont une réalité massive impossible à ignorer puisque correspondant à un stade décisif de notre développement cognitif au même titre que les mythes. C'est d'abord en effet le produit du langage narratif, de sa grammaire permettant le récit du passé et se substituant au langage simplement phonétique qu'on peut dire encore animal, ne servant que de signal ou de désignation (nomination). Ce n'est pas qu'il était impossible avant de représenter des scènes de chasse en combinant images et gestes, mais le langage narratif ouvre au foisonnement des récits et de leurs univers parallèles, récits du lointain ou de l'invisible, monde du sacré opposé au monde profane (visible, matériel, immédiat), mais faisant exister un monde commun qui est un monde de l'esprit, de la culture, avec un langage commun à des groupes élargis qui en assurent la pérennité et la complexification. C'est sans doute la véritable fondation de notre humanité, plus que l'outil - et bien plus récemment, un peu plus de 100 000 ans sans doute jusqu'à 40 000 ans pour Alain Testart car il se produit une "explosion de la communication à l'aide de symboles vers 38000/35000" (Avant l'histoire, p234). Ainsi, société, culture et religion ("l’état théologique ou fictif") seraient indissociables à partir d'un certain stade pour des êtres parlants qui se racontent des histoires. Il n'est pas si facile en tout cas de se débarrasser des religions comme l'espéraient les républicains rationalistes et les marxistes qui assimilaient la religion à l'opium du peuple et l'oppression des dominés par le clergé mais qui auront vu le retour stupéfiant, comme si de rien n'était, de la religion orthodoxe en Russie après plus de 70 ans d'athéisme pourtant (mais la religion y était remplacée par le dogmatisme du marxisme-léninisme stalinien servant d'idéologie commune). Il ne faut pas se fier à notre France déchristianisée et son improbable laïcité républicaine, héritière de nos guerres de religions. Car les religions sont diverses et se tolèrent mal entre elles, servant de marqueurs identitaires. Il n'a pas manqué de tentatives de les réconcilier ni de déclarations oecuméniques, mais l'exemple de Leibniz montre qu'à vouloir réconcilier protestants et catholiques on n'arrive qu'à se faire détester des deux camps car on ne marchande pas avec la vérité, du moins avec ce qu'on croit tel et constitué en conviction "profonde" inébranlable, existentielle. De même, ce qui fait obstacle à la récupération des religions par le rationalisme qui prétend en incarner la vérité, c'est le fait qu'elles touchent à la vérité justement et sont liées à des groupes sociaux, des civilisations. Il est significatif que cette récupération par des athées endurcis se formule presque de la même façon chez Auguste Comte, Durkheim ou Alain, débutant par la proclamation que toutes les religions sont vraies pour en donner des explications scientifiques assez différentes mais qui ratent l'essentiel. - [La fin de la philosophie](https://jeanzin.fr/2020/08/27/la-fin-de-la-philosophie/):   ni sagesse ni savoir absolu ni surhomme Les éléments d'une philosophie écologique que je viens de rassembler ont toute l'apparence d'une philosophie (écologique, dualiste matière/information) et prolongeant l'histoire de la philosophie (Hegel, Marx, etc). Pourtant, je me suis senti très souvent obligé de préciser qu'on pouvait contester que cette philosophie sans consolation soit encore de la philosophie car ne promettant aucune sagesse et plutôt nouvelle version d'une vision scientifique du monde qui est souci écologique, conformément à l'époque, et qui ne procède pas d'un philosophe particulier ni d'un système a priori mais de résultats scientifiques pouvant toujours être remis en cause par l'expérience, après-coup. On serait donc bien dans la fin de la philosophie au sens que lui donne Heidegger pour qui "Fin de la philosophie signifie : début de la civilisation mondiale en tant qu'elle prend base dans la pensée de l'occident européen. La fin de la philosophie au sens de sa ramification en sciences" (Questions IV p118). Ce point de vue "positiviste" vide toujours plus la philosophie de substance au profit des diverses sciences, poursuivant la déconstruction des philosophies idéalistes et de leurs illusions, y compris le matérialisme dogmatisé du marxisme prouvant qu'il ne suffit pas de se vouloir scientifique (car sans Dieu) pour l'être et ne pas tomber dans un nouveau dogmatisme idéaliste. C'est la leçon de l'histoire, raison pour laquelle il y a une histoire nous faisant avancer quoiqu'on dise. Tant que nous ferons des erreurs et que nous aurons des illusions sur la réalité, il y aura donc toujours une histoire de la philosophie mais qu'on pourrait considérer malgré tout comme une sortie de la philosophie et de la métaphysique. Nous serions ainsi dans l'histoire, qui n'est pas finie, de la fin de la philosophie absorbée par les sciences, et se réduisant finalement à la morale, à l'éthique comme philosophie première (Lévinas). - [Prédictions 2020](https://jeanzin.fr/2020/08/13/predictions-2020/) - [Les malheurs de Cro-Magnon](https://jeanzin.fr/2020/08/01/les-malheurs-de-cro-magnon/): François Durpaire fait paraître une Histoire mondiale du bonheur très intéressante, montrant l'évolution historique de cette notion de bonheur (qui est d'abord religieuse) en même temps qu'elle permet de retrouver les mêmes débats partout dans le monde, oppositions entre bonheur hasardeux ou mérité, entre Confucius (Maître Kong) et Mozi (Maître Mo), entre Job et protestants. Analyser les représentations du bonheur à différentes époques est certainement très éclairant. Il est beaucoup plus problématique que Jean-Paul Demoule prétende répondre à la question Cro-Magnon était-il heureux ? Impossible cette fois, en l'absence d'écriture, d'avoir accès à leur idée du bonheur, à laquelle on ne fait que substituer la nôtre. La question n'a effectivement aucun sens sinon de projeter ses propres fantasmes, notamment, comme il le fait, sur une sexualité qu'on ne peut pourtant imaginer libre, prise au contraire dans des lois contraignantes et des tabous organisant les structures élémentaires de la parenté, sans parler des enlèvements et des viols. C'est comme Marylène Patou-Mathis qui projette sur Néandertal ses fantasmes rousseauistes de société sans violence, ou Marshall Sahlins fantasmant sur les sociétés sans Etat, sociétés d'abondance où le travail est minime. Cela lui semble suffisant pour être heureux mais c'est parce que les loisirs sont de nos jours très "valorisés", et le temps libre supposé créatif, épanouissant et non pas terriblement ennuyeux parfois (pour de nombreux chômeurs et retraités ou provinciaux). - [Absurde, inefficace, arbitraire, liberticide, raciste](https://jeanzin.fr/2020/07/27/absurde-inefficace-arbitraire-liberticide-raciste/): L'article 179 du code pénal iranien prévoit la peine de mort à la troisième récidive d'interpellation pour consommation d'alcool. Un iranien vient donc d'être exécuté (pour l'exemple ?) à cause d'une consommation d'alcool trop répétée... Comment peut-on être Persan ? Chez eux l'alcool est interdit et réprimé brutalement, de façon aussi cruelle qu'absurde - sans arriver pour autant à éradiquer l'alcoolisme - alors que, chez nous, l'alcool est partout, mais c'est le chanvre qui est interdit ! Sans aller à ces extrémités, les peines pour infraction à la prohibition pouvaient être assez lourdes jusqu'ici alors que, maintenant, la consommation ne sera plus passible que d'une amende de 150 à 200 Euros. Cela peut sembler un progrès mais est difficilement justifiable et s'apparente plutôt à du racket (à la tête du client) quand la tendance est à la légalisation (Colorado, Californie, Canada), à l'évidence sans grand dommage. On a pu croire assez longtemps que la prohibition allait de soi, s'appuyait sur des raisons médicales objectives dès lors qu'elle était à peu près universellement pratiquée (en dehors de la Hollande notamment). Ce n'est plus du tout le cas. Ce sont les données scientifiques qui ont remis en cause une différence de traitement entre l'alcool et le chanvre qui n'a aucun rapport avec leur dangerosité respective. Cette différence relève purement de l'idéologie ou de la culture, comme le dénonce une déclaration de l'ONU sur les drogues. De même, la légitimité de la prohibition du cannabis vient d'être contestée comme simple héritage colonial par l'Inde et l'Afrique du sud. Le consensus international sur la prohibition s'est bien renversé devant son échec et ses effets pervers, faisant apparaître la prohibition absurde, inefficace, arbitraire, liberticide, raciste. - [Homo sapiens, Google et la question](https://jeanzin.fr/2020/07/20/homo-sapiens-google-et-la-question/): Le désir de savoir à l'ère du numérique Du point de vue extérieur de l'évolution, Homo sapiens se confond avec l'Homo faber, ses capacités cognitives étant avant tout pratiques, techniques, vitales, assurant sa conquête de la planète entière. C'est le plus avancé qui gagne sur les populations archaïques. Les enjeux de l'intelligence sont d'abord matériels, le savoir est un pouvoir. Cela n'empêche pas que, du point de vue subjectif, le savoir ne soit pas seulement utilitaire et qu'il y ait un désir de savoir détaché de son utilité, libido sciendi postulée par Aristote, curiosité futile mais propre à notre espèce. Sa définition de la philosophie (reprise du Théétète), comme venant de l'étonnement et des questions qu'il pose, peut être accusée d'édulcorer la dialectique socratique et le choc qu'elle a pu représenter, révélant non seulement notre ignorance et nos questions irrésolues mais, bien pire, qu'on se trompait avec arrogance à croire savoir ce qu'on ignore. En effet, à l'origine, il n'y a pas la vérité vraie ni un esprit vierge et un rapport direct au monde mais l'erreur, l'opinion, les préjugés, les mythes, des représentations fausses qu'il faut surmonter, pas seulement la pure ignorance. La recherche de la vérité n'est donc pas une activité innocente, ce que savent tous les pouvoirs qui s'en méfient, les enjeux en sont bien réels touchant au social comme au plus intime de notre être, mettant en cause nos croyances et nos appartenances religieuses ou politiques. Le sérieux de la pensée, de la philosophie et de l'Histoire ne peut pas être nié. Pour autant, cela n'empêche pas qu'il y ait des pensées légères et purement distractives. Non seulement notre cerveau semble fait pour résoudre des problèmes, qu'il récompense du plaisir d'avoir trouvé, mais il semble en avoir besoin pour se maintenir en éveil et garder une activité incessante. C'est ce besoin qu'on peut dire biologique qu'il s'agit d'examiner ici et qui se manifeste par les divertissements les plus basiques (jeux de patience, réussite) destinés à tromper le terrible ennui qui nous ronge. Heidegger distinguait 3 sortes d'ennuis : 1) l'ennui ordinaire (de l'attente d'un train) quand on n'a rien à faire et qu'on cherche justement un passe-temps quelconque, 2) l'ennui mondain des soirées inutiles qu'on voudrait fuir et qui sont une perte de temps, 3) enfin l'ennui profond d'une vie qui n'a plus de sens, indifférente, sans désir, hors du temps et suicidaire à se soustraire au monde, sortir du jeu et de l'illusio, faisant la dure épreuve de la durée. L'ennui mondain serait plutôt lié au désir d'autres activités qu'à un manque de désir, mais, là aussi, reconnaître l'importance du désir ne doit pas empêcher de reconnaître dans l'ennui ordinaire, qui nous précipite dans le divertissement le plus insignifiant, un au-delà du désir, à condition de ne pas faire du divertissement ce qui nous empêche de penser à nous et à notre misérable existence, mais ce qui nous permet d'exercer nos facultés mentales. C'est en tout cas une partie de ce qui rend le travail désirable malgré sa pénibilité, et rend si invivable le chômage de longue durée ou les retraites inactives (et bien sûr la prison). Les dieux grecs eux-mêmes craignaient l'ennui, un temps sans histoire, et ce serait selon Hésiode la raison de la création du monde et de l'humanité, pour les divertir, de même que, dans la Bible, Eve est créée pour sortir Adam de l'ennui ! Vraiment, il n'y a rien de plus inhumain que l'ataraxie du sage qui ne se pose plus de questions et contemple de haut l'agitation du monde. Nous avons besoin de désirs, d'actions et de problèmes à résoudre. - [Politics in the Anthropocene era](https://jeanzin.fr/2020/07/09/politics-in-the-anthropocene-era/): Following on from elements of an ecological philosophy (determined by the environment rather than the subject), I have gathered here a number of texts that draw political conclusions by denouncing the idealism of our political illusions (democratic, revolutionary, voluntarist, constructivist, historical). It is not enough to vehemently criticize the world's march toward the abyss and all its injustices in order to remedy them. There is a crucial need for criticism of criticism (of the supposed unity as well as the friend-enemy opposition or the simple inversion of values, or the subjectivism of critiques of rationality, reification, alienation, commodities, etc.) just as ... Lire la suite - [La politique à l'ère de l'Anthropocène](https://jeanzin.fr/2020/07/09/la-politique-a-l-ere-de-l-anthropocene/) - [Gérard Manset](https://jeanzin.fr/2020/07/05/gerard-manset/): Gérard Manset reste à peu près inconnu à la plupart, ce qui est bien étonnant tant il a fait de très grandes chansons (mais il y en a aussi pas mal de moins bonnes). Contrairement à ce qu'on s'imagine de nos jous, si on fuit les médias, les médias ne viennent pas à soi ! Il faut dire que, un peu comme Brel, il n'y a certes pas beaucoup de chansons gaies (seulement 2 sur 13 ici) mais de la bonne musique à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas (et à écouter fort). - [Sommes-nous déjà passés à l'économie administrée ?](https://jeanzin.fr/2020/06/28/sommes-nous-passes-a-leconomie-administree/): Il semble qu'on assiste à un décalage grandissant entre les discours et une réalité prenant, sans qu'on s'en soit aperçu, le contrepied de la situation précédente. Les récents plans de sauvetage de l'économie témoignent en effet par leur ampleur du fait que nous serions entrés, depuis la crise de 2008, dans une phase économique à l'antithèse du néolibéralisme précédent, celle d'une économie administrée par les banques centrales et d'un ordre mondial interconnecté devenu too big to fail. Alors même que la pandémie a fermé temporairement les frontières, faisant croire à un retour des nations souveraines, c'est au contraire la solidarité et la coopération économique qui devraient en sortir renforcées ? - [La cause des pandémies et des virus](https://jeanzin.fr/2020/06/20/la-cause-des-pandemies-et-des-virus/): Pourquoi y a-t-il des virus plutôt que rien ? Pourquoi n'y a-t-il pas de vie sans virus, pas d'organisme sans système immunitaire pour s'en défendre mais pas non plus d'organisme qui ne soit infecté par des virus ? Il faut bien une forte raison. Le statut des virus reste encore très incertain alors qu'ils sont omniprésents depuis l'origine. La question n'est pas de savoir si un virus est "vivant" mais de comprendre qu'il fait partie intégrante du vivant, qu'il en est un élément régulateur vital bien qu'extérieur, sorte d'information circulante auto-reproductrice. Il y a des épidémies bactériennes comme la peste se substituant aux virus pour coloniser les corps et s'y reproduire mais, contrairement aux bactéries, les virus n'ont aucune autonomie par rapport aux cellules qu'ils infectent, dépouillés de toute la machinerie métabolique pour se réduire à leur reproduction par la cellule qu'ils pénètrent, incarnant ainsi une pure fonction reproductive soumise à la sélection naturelle de l'évolution. Surtout, les virus sont loin d'être un détail marginal du vivant et de simples parasites alors qu'ils sont plus nombreux que les bactéries elles-mêmes ("Les virus sont dix fois plus nombreux que les procaryotes et on estime qu’ils tuent la moitié des bactéries présentes sur Terre tous les deux jours"). Plus on descend dans les profondeurs océanes, plus les virus interviennent dans la mortalité des bactéries. Ils sont responsables de 16% de cette mortalité dans les sédiments côtiers, de 64% entre 160 et 1000 mètres, et de 89% au-delà. (La Recherche no 424, p17) Ce fait trop méconnu illustre parfaitement leur rôle dans les profondeurs de l'océan : plus les ressources se font rares, plus il y a de virus dont la fonction principale, à l'évidence ici, est de réduire des populations qui deviennent trop nombreuses, évitant ainsi l'épuisement des ressources pouvant mener à l'extinction de l'espèce au sommet de son expansion. Un organisme sans virus qui en régule la reproduction ne fait pas long feu et peut disparaître après avoir tout dévasté (ça nous parle). Les organismes vivants ne sont jamais que les survivants des virus, qui eux-mêmes ne peuvent se reproduire s'ils éliminent tous leurs hôtes à être trop contagieux et mortels. C'est une question d'équilibre, résultat d'une coévolution sur le long terme et d'une sélection écologique (où des espèces peuvent disparaître avec leurs virus, ou des virus s'intégrer au génome, y apportant de nouvelles fonctions favorisant leur survie). Il est important de bien mesurer le fait qu'un virus est presque toujours spécifique à une espèce, un récepteur (même s'il y a quelques passages d'une espèce à l'autre qui servent d'ailleurs à des transferts de matériel génétique entre espèces, ce qui est très important à l'échelle de l'évolution cette fois). C'est donc bien la densité d'une espèce qui se trouve régulée par les virus, ce qui est un facteur de conservation de la biodiversité en limitant l'explosion démographique d'une espèce par rapport aux autres, favorisant ainsi la complémentarité dans l'exploitation des ressources pour en maximiser la productivité biologique et la durabilité. C'est à ce niveau de généralité qu'il faut situer la cause des virus et des pandémies, cause bien plus déterminante que la cause particulière de tel ou tel virus, la plupart du temps transmis par des animaux selon des conditions contingentes. Il y a toujours la tentation de trouver un coupable (chauve-souris ou pangolin) et d'idéologiser la question, en faire notamment la conséquence de notre destruction des milieux, intention louable de faire servir chaque catastrophe à une juste cause. Cela occulte cependant la véritable cause qui est la combinaison d'une surpopulation, notamment des mégapoles, avec l'intensification des transports longue distance, notamment par avion. On peut facilement vérifier comme la propagation de la pandémie a suivi les voies aériennes cette fois, alors que c'étaient les navires auparavant qui apportaient le bacille de la peste. Il est inévitable que des virus, en mutations constantes, finissent pas profiter de ces vecteurs de dissémination accélérée. On ne peut rêver s'en délivrer, seulement se préparer à la prochaine et renforcer nos défenses. - [Derrida, du phonocentrisme à la déconstruction des hiérarchies](https://jeanzin.fr/2020/06/13/derrida-du-phonocentrisme-a-la-deconstruction-des-hierarchies/):   La voix et le phénomène, 1967 Je trouve la lecture de Derrida très pénible, et encore plus dans ses innovations stupides comme de juxtaposer dans Glas deux textes sans aucun rapport, mais plus généralement par son caractère fuyant, insaisissable, si agaçant. Ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme un philosophe abscons et n'est pas sans rapport non plus avec les subtilités talmudiques voire cabalistiques mais auxquelles s'ajoute une propension à la dénégation (par exemple la préface de La dissémination qui se nie comme préface, tournant autour de l'impossibilité d'une préface !). La position de Derrida était en effet très ambiguë par rapport à la communauté juive dont il voulait se délivrer dans sa jeunesse pour ne plus être discriminé, ce qui ne l'empêchera pas d'en être profondément influencé mais en revendiquant dès son premier texte, une pluralité des origines qui guidera toute son oeuvre et lui permettra notamment de se distancer de Heidegger, dont il était si proche souvent, lui empruntant le concept de déconstruction qui fera sa gloire, mais justement pas pour revenir à une origine perdue et plutôt pour en brouiller les pistes et se soustraire à toute identification. J'ai toujours été très critique envers ses positions, que ce soit dans ma période marxiste ou lacanienne. Il faut dire qu'il faisait partie de la race improbable des nietzschéens de gauche, avec Deleuze et Foucault ! Cependant, en dépit de mes préventions, je le considère malgré tout aussi incontournable que Heidegger et, en tout cas, le représentant le plus important de la French theory, bien plus que Foucault, sans même parler de Deleuze ! La voix et le phénomène (1967) qui est au fondement de son oeuvre ultérieure, et d'une facture plus classique, m'avait vraiment marqué. Au-delà de la critique de Husserl et de la métaphysique de la présence, sa déconstruction du signifiant et d'un certain structuralisme où le phonème se donne comme l'idéalité maîtrisée du phénomène (p87) constituait un pas essentiel justifiant d'y revenir pour faire le point. L'autre raison, reliée plus spécifiquement à mes derniers textes, tient à l'étonnement que sa contestation d'un langage réduit à la présence se soit incarnée dans l'écriture (sainte) alors que le récit en constitue une bien meilleure illustration à faire ouvertement référence à ce qui n'est pas là, recouvrant le réel et l'expérience immédiate de la chose même par des significations culturelles fictives. - [La science et la vérité](https://jeanzin.fr/2020/06/06/la-science-et-la-verite/): Bien qu'ayant arrêté ma revue des sciences fin 2018, j'avais continué quand même à suivre l'actualité scientifique jusqu'au mois dernier mais n'y trouve plus assez d'intérêt, devenu trop répétitif, occasion d'en esquisser un bilan. Quand j'ai commencé, on était dans l'excitation de la convergence NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique, Cognitif) suscitant toutes sortes de fantasmes qui ont eu le temps de se dissiper depuis, montrant qu'on s'emballe trop facilement alors qu'une découverte n'est jamais qu'à moitié aussi importante qu'on le croyait. Si les nanotechnologies sont partout, ce n'est pas la révolution attendue, pas plus que la biologie synthétique. L'Intelligence Artificielle, dont l'explosion a été sans doute l'événement principal de la période (avec les smartphones), va par contre certainement beaucoup plus bouleverser nos vies, mais si elle a bien fait des progrès spectaculaires avec le deep learning, il semble qu'elle atteint un seuil ne devant pas être dépassé avant longtemps. Surtout, le réchauffement climatique et l'écologie qui étaient ma préoccupation principale étaient sujets alors à des controverses qui n'ont plus vraiment cours, le GIEC ayant bien fait avancer les connaissances qui ne s'affinent plus qu'à la marge, confirmant l'urgence d'une transition énergétique qui est d'ailleurs en cours désormais. Il serait absurde de prétendre que le progrès des sciences va s'arrêter alors qu'il n'y a jamais eu autant de chercheurs et de travaux publiés mais on est passé sans doute d'un moment d'effervescence et de changement de paradigme, à ce que Thomas Kuhn appelait la science normale, celle des petits pas et non plus des révolutions scientifiques. Le rythme des découvertes n'est pas constant et connaît des accélérations suivies de longues stagnations comme on l'a vu en physique par exemple, où une nouvelle révolution théorique est attendue en vain depuis des dizaines d'années pour résoudre les question fondamentales de la gravitation quantique et de la matière noire, entre autres. J'évoquais d'ailleurs dès 1994, dans mon "Prêt-à-penser", "La structure des révolutions scientifiques" de Thomas Kuhn, ainsi que la théorie des catastrophes, les fractales, les structures dissipatives de Prigogine et la théorie du chaos, qui étaient à la mode à l'époque, promettant des révolutions conceptuelles qui ont été ramenées depuis, là aussi, à des proportions plus modestes bien que restant importantes. Lorsque j'ai intégré le GRIT (Groupe de Recherche Inter et transdisciplinaire), en 2002, je me suis plus focalisé sur la physique, la biologie et la théorie de l'information ou des systèmes, puis de 2005 à 2018 j'ai donc fait une revue mensuelle des nouvelles scientifiques et ce que cela m'a enseigné, c'est surtout l'étendue de notre ignorance, loin de ce qu'on s'imagine de l'extérieur, notamment la nécessité de ne pas avoir d'opinions en science, presque toujours contredites par l'expérience, alors que les réseaux rendent si facile la manipulation des opinions et la diffusion de fausses nouvelles. - [L'insouciante tragédie de l'existence](https://jeanzin.fr/2020/05/20/linsouciante-tragedie-de-lexistence/): Il est irresponsable d'inciter les gens à chercher la vérité alors qu'il n'y a que la vérité qui blesse et qu'ils risquent de tomber sur le cadavre dans le placard. Rien de plus naïf que de s'imaginer qu'il suffirait de sortir de l'ignorance pour s'accorder sur ce qu'il faudrait faire et que tout s'arrange soudain. Il n'est pas étonnant que les religions prospèrent partout : c'est qu'à ne plus croire en Dieu, il n'est plus possible de diviniser l'humanité comme ont cru pouvoir le faire aussi bien les communistes ou nos républicains rationalistes que la plupart des philosophes. Que reste-t-il donc si on ne suit plus Hegel dans son épopée de l'Esprit, ni Marx dans son histoire sainte, ni Heidegger dans sa quête de l'Etre ? Comment une conception écologique, reconnaissant nos déterminations extérieures qui nous font le produit de notre milieu, pourrait-elle garder une haute idée de l'humanité dès lors qu'on ne la croit plus maître de son destin ? Ce que l'accélération technologique rend plus palpable, c'est qu'au lieu d'être sortis de l'évolution, comme on nous l'enseigne, tout au contraire, c'est l'évolution technique qui nous a forgés et que nous continuons de subir de plus belle, loin d'en avoir la maîtrise, jusqu'à la modification de notre génome. De plus, on est bien obligé de constater qu'en dépit de la haute opinion que nous avons de nous-même, l'Homo sapiens se montre si peu rationnel et si souvent inhumain - même s'il y a tout autant de gestes émouvants d'humanité. Il ne s'agit pas de noircir le tableau, il n'en a pas besoin quand la bêtise régnante s'étale partout, aussi bien sur les réseaux sociaux qu'en politique ou philosophie, nul n'en est à l'abri semble-t-il, mais au plus haut qu'on remonte on ne trouve qu'obscurantisme et l'absurdité des mythes ou de la religion de la tribu, justifiant souvent quelques cruautés au nom de grands mots et de l'ordre du monde. Il n'y a pas à s'en émerveiller. Difficile, de toutes façons, de prétendre s'extirper par l'esprit de notre part biologique, animale, c'est-à-dire de notre destin de mortels qui ne nous grandit pas non plus dans les mouroirs modernes où l'on attend la mort sans aucun héroïsme. On peut toujours s'être illustré par de hauts faits, croire à la valeur de nos exploits passés et à notre haute moralité, à la fin, cela ne compte plus guère, mort presque toujours minable, aussi loin des clichés de Hegel que de Heidegger. Nous ne nous réduisons certes pas à notre biologie et appartenons bien au monde de l'esprit, du sens, des idées et du récit de soi, mais revendiquer notre haute culture ne suffira pas à rehausser notre image quand elle ne fait que nous divertir de notre tragique réalité en nous racontant de belles histoires. Le plus trompeur, c'est de se croire toujours, par notre position, à la fin de l'histoire, du monde, de l'humanité pour en être les derniers représentants vivants. Par suite, l'Histoire a beau être pleine de massacres insensés, on fait comme si tout cela était du passé, comme si nous étions devenus maîtres et possesseurs de ce monde hostile par la force de la raison, heureux contemporains d'une fin radieuse, d'un dimanche de la vie où il ne devait se passer plus rien... - [Heidegger et la phénoménologie de l'existence (1925)](https://jeanzin.fr/2020/05/12/heidegger-et-la-phenomenologie-de-lexistence-1925/): La plupart des cours de Heidegger sont consacrés à l'histoire de la philosophie et la critique de la métaphysique, au nom de la différence ontologique entre l'Etre et l'étant qui le mènera à une forme de mystique. Ce n'est pas du tout le cas de ce cours de l'année 1925, bien qu'il était intitulé "Histoire du temps" car il n'en sera presque pas question. C'est pourquoi les éditeurs ont cru devoir le renommer "Prolégomènes à l'histoire du concept de temps", ce qui n'est guère mieux car, en réalité, il y a une première partie qui est une critique et une refondation de la phénoménologie débouchant sur une deuxième partie consacrée à la phénoménologie de l'existence qui en fait un de ses cours les plus intéressants, contemporain de la rédaction d'Etre et temps (paru en 1927) qui en reprendra l'essentiel. C'est, en effet, une de ses dernières tentatives de pratique de la phénoménologie et qu'il reniera d'ailleurs en partie, donnant trop prise pour lui à une anthropologie philosophique alors que c'est bien ce qui a fait tout le succès d'Etre et temps, inaugurant la période existentialiste dans laquelle il ne se reconnaissait pas du tout. La position de Heidegger envers la phénoménologie est effectivement très ambivalente. Il avait été admiratif des Recherches logiques et était devenu l'assistant de Husserl qui l'incitera à faire une phénoménologie de la vie religieuse (1918-1921), ce qu'on peut considérer comme le précurseur de sa phénoménologie de l'existence, de la vie, en passant par une phénoménologie de l’intuition et de l’expression (1920) qui ira jusqu'à en faire une "Théorie de la formation des concepts philosophiques". Il passera cependant son temps à décrier la phénoménologie, notamment dans sa (si mal nommée aussi) "Introduction à la recherche phénoménologique" (1923-1924), dénonçant parfois violemment les banalités auxquelles elle aboutissait. C'est donc pour répondre aux insuffisances de la phénoménologie de Husserl qu'il élabore cette philosophie de l'existence, Etre et temps étant dédié à son maître en même temps qu'il l'abandonne. Son projet était effectivement de dépasser le subjectivisme de l'intentionalité et de l'ego transcendantal par l'ouverture du Dasein au monde extérieur et à l'historicité, par la primauté de l'attitude existentielle sur la théorie de la connaissance dominant toute la philosophie. C'est un apport considérable qu'on ne peut ignorer même si on ne peut oublier que cela a pu l'amener à devenir un nazi convaincu et que ses descriptions évacuent la dimension morale et plus généralement le rapport à l'autre (au profit exclusif du "On" et "des autres" anonymes). Surtout, on gagne beaucoup à éclairer l'origine mystérieuse, "ontologique", de la temporalité du Dasein, par son ancrage dans le langage narratif (et pas seulement expressif ou communicatif), la prose du monde, le récit qui parle de ce qui n'est pas là et change complètement les perspectives existentielles de notre nature d'animal parlant ou de parlêtres, plutôt animal fabulateur ou mythomane, Homo demens comme Heidegger l'a honteusement illustré. - [Les mésusages de l'entropie](https://jeanzin.fr/2020/04/24/les-mesusages-de-lentropie/): L'entropie est l'un des concepts les plus fondamentaux de la physique. Il est cependant mal assuré. Qu'on songe que le minimum d'entropie peut être aussi bien attribué au zéro absolu qui fige tout mouvement dans une mort thermique qu'à la chaleur maximale du Big Bang avant son inflation la dispersant dans l'univers. Le problème vient du fait que, pas plus que la chaleur, l'entropie n'est une caractéristique individuelle mais qu'elle est toujours holiste, relative à un système et un point de vue sur celui-ci, exprimant le rapport entre deux états d'une évolution temporelle. On peut ainsi relier l'entropie à l'ordre, la différenciation, aux probabilités, donnant lieu, en dehors de la thermodynamique, à de multiples usages plus ou moins légitimes mais dont il faut être conscient des limites. De plus, il faut tenir compte de l'inversion locale de l'entropie qui est cette fois à la base de la biologie (et de l'information), exception qui confirme la règle. Ce n'est donc pas si simple. Si l'entropie est bien notre problème vital et qu'il nous faudrait passer de l'entropie à l'écologie dans de nombreux domaines (en corrigeant les déséquilibres que nous avons provoqués et en intégrant toutes sortes de régulations pour préserver nos conditions de vie), cela ne fait pas pour autant d'un tel concept quantitatif trop globalisant un concept politique opérant - pas plus que de tout ramener à l'énergie que beaucoup identifient un peu trop rapidement à l'entropie. - [Eléments d'une philosophie écologique (de l'extériorité)](https://jeanzin.fr/2020/04/07/elements-dune-philosophie-ecologique-de-lexteriorite/): J'ai tenté de regrouper ici, pour un travail préparatoire, les éléments d'une philosophie écologique, d'une évolution déterminée par l'extériorité aussi bien matérielle et biologique, économique et technique, que sociale et culturelle. Il faut partir des causes matérielles : écologie, économie, technique qui s'imposent à nous au moins sur le long terme, notre part de liberté étant locale, comme toute réduction de l'entropie. Un bref survol de l'histoire de l’homme, produit de la technique permet de mesurer comme l'évolution nous a façonnés, en premier lieu nos mains pour tailler la pierre, au lieu du développement d'une supposée essence humaine plus ou moins divine. La part de l'homme est celle de l'erreur, comme disait Poincaré du rôle de l'homme dans le progrès des sciences. Ce n'est pas qu'il y aurait pour autant une essence de la technique qui se déploierait de façon autonome quand elle est, là aussi, produite par son milieu, par le réel extérieur au-delà de la technique, ce pourquoi on ne choisit pas ses techniques pas plus que l'état des sciences ni celui du monde qui nous a vu naître. On est bien dans un pur matérialisme mais qui est écologique et non pas mécaniste, y compris pour le milieu technique. Ce n'est pas non plus qu'il y aurait une harmonie préétablie entre l'homme et la technique, pas plus qu'entre nous et le monde. Comme dit René Passet "La loi des milieux naturels et humains n'est pas l'équilibre qui les fige, mais le déséquilibre par lequel ils évoluent" (p901). Avec le vivant se produit une scission dans l'être par son opposition locale à l'entropie universelle, vie définie par Bichat comme "l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort". Un se divise en deux, c'est la loi du vivant et de sa différenciation, l'unité brisée se reconstituant en unité de l'organisme confronté à son extériorité en même temps qu'il en est le produit. Tout organisme est inséré dans son milieu tout en y étant séparé ("Au sens ontique, le monde est l'étant que le Dasein, qui est au monde, n'est manifestement pas lui-même", étant l'objet de sa préoccupation. p245). C'est ce dont témoigne l'information supposant la division de l'émetteur et du récepteur, d'un savoir qui n'est pas inné et de la possibilité de l'erreur au principe de la sélection naturelle. Il faut rapprocher théorie de l'évolution et théorie de l'information dans un monde changeant et incertain, incertitude de l'avenir sans laquelle il n'y a pas d'information qui vaille, avec toutes les conséquences qu'on peut tirer d'une philosophie de l'information inséparable de nos finalités mais qui nous coupe de la présence immédiate, fondant plutôt une éthique de la réaction et de la correction de nos erreurs. Nous agissons toujours dans un contexte d'informations imparfaites, un peu à l'aveuglette, soumis au verdict du résultat final, dans le temps de l’après-coup qui n'est ni la présence du présent, ni la fidélité au passé, ni la projection dans l'avenir mais le temps de l'apprentissage, de l'adaptation et des remises en cause. Ce temps de la culpabilité et des remords rejoint les vieux principes de la prudence et d'une bonne méthode expérimentale, témoins là encore de l'extériorité du monde que nous avons à découvrir et de la prédominance des dures leçons de l'acquis sur l'expression d'une nature innée. Un cerveau a besoin d'interactions pour se développer mais la détermination écologique n'est pas pour autant immédiate, nous réduisant à un simple reflet de l'extérieur, se déployant au contraire sur une pluralité de temporalités (génétique, historique, cognitive, psychologique, intersubjective, locale, etc). Un nouveau survol historique suffit à montrer comme une telle philosophie écologique, d'une détermination par le milieu, par l'extériorité au lieu du développement d'une intériorité ou d'une essence humaine originaire, prend à rebours la plupart des philosophies (en dehors de Canguilhem notamment pour qui la vie est assimilation), aussi bien leur idéalisme ou essentialisme qu'un matérialisme mécaniste ou un biologisme vitaliste. - [Retour à la normale](https://jeanzin.fr/2020/04/03/retour-a-la-normale/): On n'en est certes pas encore à un retour à la normale qui devrait être très progressif mais beaucoup s'imaginent que cela n'arrivera pas, soit que l'état d'exception durera toujours, soit qu'on verrait la fin du capitalisme, du néolibéralisme, de la mondialisation, du productivisme. Devant le désastre, on nous appelle de toutes parts à repenser le monde, comme si le monde dépendait de nos pensées alors que c'est plutôt le monde qui nous pense, pourrait-on dire, et nous oblige à réagir en bousculant nos sociétés et nos habitudes. Même des économistes parmi les plus conformistes tombent dans le panneau, comme au moment de la crise de 2008... On a vu la suite. Evidemment, il y aura des changements importants dans quelques secteurs, sans doute une relocalisation de productions vitales voire, espérons-le, une relance des protections sociales mais cela devrait rester assez modéré et s'épuisant d'années en années. Par contre, la reconfiguration économique autour du numérique devrait s'accélérer car, loin d'être un "choix de société", c'est un mouvement irrésistible déjà bien entamé. - [Etat d'urgence](https://jeanzin.fr/2020/03/15/etat-durgence/): Certains, comme Agamben, se ridiculisent en assimilant l'état d'urgence sanitaire actuel à l'état d'exception de Carl Schmitt et un déchaînement de l'arbitraire du pouvoir. Sa nécessité est niée pour une pandémie dont la dangerosité ne justifierait pas des mesures si radicales alors qu'elles s'imposent par la rapidité de la contagion et la saturation des hôpitaux qui s'ensuit. On n'est pas loin des théories du complot absurdes pour lesquelles le pouvoir étant l'incarnation du mal, il ne peut rien faire de bon. Il n'y a pas que l'extrême-droite qui délire, au lieu de relever justement la radicalité du moment et l'effraction de l'événement dans notre quotidien. - [Le récit de soi](https://jeanzin.fr/2020/03/12/le-recit-de-soi/): Je m'étais déjà interrogé sur l'oubli du récit (plus décisif que l'oubli de l'Être qui le recouvre) et singulièrement dans le structuralisme, issu pourtant de la morphologie des contes. Alors même qu'on ne parlait partout que d'analyse du récit, son démontage pas plus que son contenu informationnel ou sa valeur d'énonciation, ne semblait prendre assez en compte la fonction première de la narration qui est de parler de ce qui n'est pas là, d'un monde lointain dans l'espace et le temps, monde virtuel au-delà de nos sens qui est pourtant posé par le langage comme monde commun et nous rattache à l'Histoire, au grand récit de l'histoire du monde tout comme au monde des morts qui nous hantent. Il ne s'agit pas seulement de mots, de signe, de désignation, de trace ni de structure, pas plus que l'idéologie serait une simple question de valeurs alors que c'est une mise en récit - voire comme dit Ricoeur, une mise en intrigue. Le langage narratif qui nous humanise ne se réduit pas au lexique et un jeu de différences ni même à la parole adressée à l'autre quand il est fait pour raconter des histoires. Après avoir substitué à l'essentialisme identitaire, dominant la philosophie depuis Platon, une philosophie écologique insistant sur la détermination par le milieu (et donc l'extériorité), il ne faudrait pas négliger pour cela l'incidence du langage narratif car, là aussi, le développement de l'enfant ne procède pas de l'individuel au social mais du discours social à l'individuel comme l'a montré Lev Vygotski. De quoi remettre en cause cette fois la propension de la philosophie à se focaliser sur le rapport sujet-objet, voire sur le dialogue avec l'autre, au lieu du rapport sujet-verbe, pourrait-on dire, celui du héros de l'histoire. Les faits doivent être à la fois réinsérés dans leur contexte global et la continuité d'une histoire, tout en dénonçant par cela même le caractère factice de cette continuité et l'illusion du continu créé par le récit où le réel extérieur fait effraction, obligeant à chaque fois à ré-écrire l'histoire pour retrouver le fil. Ainsi, du simple fait qu'il parle, l'Homo sapiens est un esprit crédule et Homo demens tout autant, ce qu'illustrent les mythes, les religions, les idéologies et la politique en général. C'est un homme divisé, schizoïde, qui vit dans le mensonge des belles histoires qu'il se raconte (sur la nation, la démocratie, la révolution, le progrès, l'amour, etc.), tout en assurant efficacement ses tâches pratiques et en sachant parfaitement compter ses sous. Les philosophies de la connaissance ou de l'intersubjectivité interrogeant l'être de l'objet, sa présence, ou l'interaction vivante avec l'interlocuteur, ratent l'expérience effective de l'être parlant. Le monde qu'il habite n'est justement pas celui de l'immédiateté naturelle d'un être-là, d'un supposé réel de la vie, d'un retour aux choses mêmes, c'est un monde historique à la temporalité étendue, monde de positions fictives (bien qu'effectives) et de personnages imaginaires, monde culturel enfin avec ses mythes (que tentent de déconstruire les cultural studies avec d'autres récits). Cela touche au plus intime, si l'on en croit La Rochefoucauld remarquant qu'"Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour". Il ne s'agit pas pour autant du développement naturel d'une tradition particulière et de simplement "se-décider pour l’avenir à partir de l’être-été", fidélité aveugle prônée par le nazi Heidegger, comme si on parlait d'un parcours réel en ligne droite. La vérité, c'est qu'on se plie aux différents jeux de rôle qui nous sont assignés par l'organisation sociale et les mythes qui la justifient mais devront changer brutalement sous les assauts extérieurs qui rendent soudain caduc l'ancien storytelling, redistribuant les cartes. Impossible pour autant de sortir d'un récit de soi à la fois individuel et collectif sans devenir fou, hors discours, ce n'est pas rassurant mais, du moins pour ne pas croire trop naïvement aux grands récits idéologiques, il ne serait pas mauvais d'être un peu plus conscients du caractère structurant et partial du récit, recouvrant la vérité historique qu'il prétend dévoiler et qui est donc d'abord récit de soi, nous situant dans les récits collectifs, à la fois dans notre passé et nos visions d'avenir. - [Les écologistes ont une obligation de résultats](https://jeanzin.fr/2020/01/23/les-ecologistes-ont-une-obligation-de-resultats/): Les militants politiques y compris écologistes, restent pris la plupart du temps dans l'imaginaire du XIXè, sans intégrer encore le complet renversement opéré par la question écologique, même par rapport au combat toujours nécessaire contre les injustices - sans parler de l'utopie d'un monde idéal. En effet, l'affaire du siècle n'est plus désormais celle d'un progrès historique futur, mais, qu'on le veuille ou non, l'urgence de limiter la casse devant le désastre annoncé. Le militant pour la justice ou l'idéal peut bien échouer, sa bonne volonté plaide pour lui, confiant que l'avenir lui donnera raison. Dans ce cadre, se battre pour des causes perdues garde un côté héroïque gratifiant pour notre narcissisme. On peut penser que, même si la révolte est écrasée, le prolétaire y a gagné en dignité, sortant de sa condition d'instrument dans la fraternité exaltante des camarades de lutte. Pour un écologiste soucieux de l'état de la planète, c'est très différent car il ne suffit pas de vaines rêveries, ni de vivre des bons moments entre nous, il faut empêcher l'irréversible et ce qui est perdu sera perdu pour toujours. Comme lorsqu'on est en guerre, cette contraction du temps, qui rend les toutes prochaines décennies décisives et bouche l'horizon, exige de suspendre nos projets à très long terme et n'a que faire des bonnes intentions, ni même d'une simple obligation de moyens, chacun faisant ce qu'il peut, quand il s'agit de responsabilité collective et qu'on a une obligation de résultats. - [Pause - en attendant les municipales](https://jeanzin.fr/2020/01/13/pause-en-attendant-les-municipales/): Il fut un temps où j'étais à peu près le seul en France à défendre une écologie révolutionnaire, qui me semblait, non sans raisons, la seule façon d'éviter le pire, et ce qui me valait une certaine audience, surtout bien sûr auprès des écologistes radicaux mais pas seulement. Prenant la question très au sérieux tout mon travail depuis aura été de trouver les voies d'une alternative effective mais finira par déboucher sur le constat de l'impossibilité d'une révolution globale dans ce monde marchandisé - et donc constat de mon échec comme celui de toute une génération trop sûre d'elle, qui n'a servi à rien ou presque et n'a pu empêcher le désastre actuel. Il ne suffit pas d'avoir raison pour changer le monde, encore moins pour en faire un monde idéal. Depuis que je suis devenu plus réaliste devant l'urgence, j'intéresse beaucoup moins, surtout ceux qui n'en veulent rien savoir, se croyant bien plus radicaux que moi, rêvant d'utopies imaginaires et proclamant vainement leur anti-capitalisme à l'époque où le capitalisme achève sa mondialisation sur les ruines du communisme (réellement existant de mon temps). On peut suivre sur mon blog tout mon cheminement critique pour sortir des illusions de l'idéologie et ne plus surestimer nos moyens mais reconnaître les causalités matérielles bien plus puissantes que nous, nous obligeant à des stratégies plus modestes. Il faudrait sans aucun doute sortir du capitalisme mais c'est hors de notre portée avant longtemps, on ne peut y compter pour nous sauver, changer de système de production exigeant beaucoup de temps et se révélant bien plus compliqué qu'on ne le prétend au niveau global. Il n'y a que deux stratégies possibles : - Conquérir des majorités le plus vite possible pour un Green New Deal, ce qui implique de suivre les scientifiques et un consensus sur des mesures limitées mais massives et vitales. - Sur le plus long terme mais à une échelle réduite, s'engager dans des alternatives locales. Tout le reste est baratin. Pour répondre au réchauffement dans l'urgence, seul la transition énergétique, la reforestation, l'agroécologie et la capture du CO2 peuvent limiter l'aggravation de la situation globale, même si on reste dans une économie capitaliste insoutenable. Pour restaurer les milieux, la biodiversité, le développement humain, sortir du capitalisme salarial (changer le travail, changer de vie), il n'y a pas d'autre voie que le local. D'une certaine façon, on peut dire qu'il n'y a pas d'alternative pour limiter les destructions écologiques de notre mode de production, il faut un agir local associé à une pensée globale. Si on pouvait faire mieux, on le ferait, mais il ne sert à rien de se raconter des histoires. Mes conditions de vie actuelles ne me permettant plus d'alimenter le blog, j'ai donc regroupé ici les principaux textes sur les alternatives écologistes sans doute encore trop utopiques mais qui, en cette période de municipales, pourront peut-être en inspirer certains localement et en éprouver la faisabilité (certainement difficile) ou en proposer d'autres versions plus praticables (moins ambitieuses). - [La dignité de l'homme (et de la femme)](https://jeanzin.fr/2019/12/07/la-dignite-de-lhomme-et-de-la-femme/): Pic de la Mirandole (1463-1494) n'est plus guère connu que par son nom et sa prétention de couvrir tous les domaines du savoir de son époque - à seulement 24 ans - mais je me souviens avoir lu avec un certain enthousiasme le début de son discours sur la dignité de l'homme (Oratio de hominis dignitate) qui introduisait ses Neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, y trouvant exprimé merveilleusement la conception de l'homme comme liberté et self made man, créateur de soi-même, sans nature propre, qui sera exaltée jusqu'au marxisme et l'existentialisme sartrien, conception profondément ancrée dans notre culture hypermoderne avec l'idéologie individualiste et méritocratique qui rend chacun responsable de ce qu'il aurait choisi d'être mais qui a l'avantage de ne pas tenir à une essence quelconque (de race, de pays ou de caste). Dès qu'on l'examine, cette conception religieuse universellement appréciée apparaît cependant non seulement délirante mais capable de nous rendre coupables de ce qui ne dépend pas de nous pourtant - l'esclave coupable de son esclavage, le malade coupable de sa maladie - en plus de magnifier une capacité créatrice très surestimée de nos jours. Surtout, si nous devions notre dignité à cette liberté idéalisée, il faudrait, comme Nietzsche, rejeter dans une sous-humanité, voire la bestialité, ceux qui ne sont pas à la hauteur, peuple maudit accusé d'être enfermé dans le matériel et la soumission. Le fait que Pic de la Mirandole ait fricoté avec Savonarole aurait dû éveiller un peu plus les soupçons, mais on sait comme la jeunesse aime le fanatisme, et puis son étrange brouet mêlant les religions juives et chrétiennes à Zarathoustra et aux Chaldéens comme à Platon ou Aristote, semblait un gage de tolérance au nom de l'unité des religions et d'une philosophia perennis largement imaginaire. Revenir à son expression initiale pour la déconstruire obligera cependant à trouver ailleurs que dans cette fabuleuse autonomie et autoproduction revendiquée, ce qui fait vraiment la dignité de l'homme... et de la femme, car il est significatif qu'un homme libre n'ait pas le même sens qu'une femme libre - et il n'était pas question en ce temps là d'aller jusqu'à choisir son genre. - [Introduction à une philosophie écologique](https://jeanzin.fr/2019/11/20/introduction-a-une-philosophie-ecologique/): Il est sans doute contestable d'appeler philosophie ce qui ne promet aucune sagesse, philosophie sans consolation s'affrontant à une vérité déceptive et qu'on pourrait appeler à meilleur escient une anti-philosophie. Parler de philosophie écologique paraîtra tout autant spécieux par rapport à ce qu'on entend généralement sous ce terme puisqu'à rebours de l'unité supposée du vivant, il sera question ici de ses contradictions et d'un dualisme irréductible, d'une détermination par le milieu, par l'extériorité au lieu du développement d'une intériorité ou d'une essence humaine originaire. La question n'est donc plus celle de notre identité éternelle mais de notre situation concrète, d'une existence située qui précède bien notre essence, ce qu'on est et ce qu'on pense (conformément à l'ethnologie et la sociologie). La difficulté est de reconnaître le primat des causes matérielles en dernière instance (après-coup), opposant le matérialisme notamment économique à l'idéalisme volontariste, cela sans pour autant renier la dimension spirituelle et morale, le monde du langage et des récits, dualisme non seulement de la pensée et de l'étendue, de l'esprit et de la matière, du software et du hardware, mais de l'entropie et du vivant anti-entropique, du monde des finalités s'opposant au monde des causes, division de l'être et du devoir-être sans réconciliation finale. Ce matérialisme (ou plutôt réalisme) dualiste s'ancre à la fois dans l'évolution biologique ou technique et dans une philosophie de l'information et du langage, philosophie actuelle, qu'on peut dire post-structuraliste et reflétant les dernières avancées des sciences et des techniques (informatiques et biologiques) mais aussi la nouvelle importance prise par l'écologie en passe de devenir le nouveau paradigme du XXIème siècle. - [Incertitudes climatiques et marchands de doute](https://jeanzin.fr/2019/11/11/incertitudes-climatiques-et-marchands-de-doute/): Les nouvelles du climat vont de pire en pire, réfutant la relative modération des prévisions précédentes qui se voulaient raisonnables. C'est bien le pire des scénarios qui était le plus réaliste, avec le développement des pays les plus peuplés (comme l'Inde) et les populistes climato-sceptiques au pouvoir, ce qui atteste du déficit de gouvernance mondiale qui serait nécessaire pour réduire nos émissions, les prochaines années étant cruciales. On n'évitera donc pas des bouleversements climatiques catastrophiques, même si ce n'est pas la fin du monde, encore moins de l'humanité. Il y aurait de quoi baisser les bras si des actions n'étaient en cours aussi bien sur le front de la reforestation que des énergies renouvelables (solaire, éolien). Il est remarquable que, pour la première fois, les combustibles fossiles sont au coeur de la campagne électorale américaine. Il faut dire que l'énergie verte procure déjà 10 fois plus d'emplois aux USA que les énergies fossiles (fuel, charbon, gaz). Certes, tout cela reste pour l'instant trop insuffisant pour faire autre chose que d'atténuer les conséquences du réchauffement mais c'est déjà ça et il faut tout faire pour accélérer le mouvement. Ce n'est peut-être pas assez apparent pour le public mais il est frappant de voir comme cette accumulation de mauvaises nouvelles a provoqué, depuis moins d'un an, un regain de mobilisation des scientifiques devant l'aggravation de la situation, se focalisant désormais sur l'étude des solutions après avoir travaillé à réduire les incertitudes des modèles climatiques. C’est d'ailleurs le moment où un rapport intitulé "How the fossil fuel industry deliberately misled Americans about climate change" montre que les entreprises pétrolières connaissaient très bien les dangers de leurs émissions de CO2 mais finançaient les climato-sceptiques et la désinformation, polluant le débat en exagérant les incertitudes qui sont effectivement très grandes et pouvaient motiver une certaine retenue des scientifiques - ce qui n'est pas le cas des climato-sceptiques qui ne sont pas du tout sceptiques mais sont au contraire absolument certains d'une vérité alternative et qu'il n'y aurait pas de réchauffement anthropique seulement un cycle naturel ! - [Marie Laforêt](https://jeanzin.fr/2019/11/04/marie-laforet/): Je l'ai toujours trouvée très sous-estimée, n'ayant pas eu la reconnaissance qu'elle méritait, surtout pour les chansons traditionnelles qu'elle chantait merveilleusement. Difficile de faire un choix il y a des dizaines de très bonnes chansons... "Pour te donner ce que je veux t'offrir il me faudra le temps, le temps de réfléchir" ! - [Déconnexion - retour à la nature](https://jeanzin.fr/2019/10/25/deconnexion-retour-a-la-nature/): Il y a deux mystères, celui de l'effet extraordinaire des couleurs d'automne, laissant bouche bée, et qu'il n'en reste pratiquement rien dans les photos comme celle-là. Il est assez clair que nous devenons de plus en plus dépendants de nos outils à mesure qu'ils se perfectionnent. Plus une voiture nous emmène loin, ce qui étend notre autonomie, et plus nous en avons besoin pour revenir, ce qui nous en rend dépendants. C'était déjà le cas de nos premiers abris, du feu, de l'agriculture et de tout progrès devenu irréversible dont il ne sert à rien de dénoncer le revers de la médaille comme on l'a toujours fait. C'est notre destin d'Homo faber, d'espèce technicienne, qui a beau tisser sa toile et construire ses villes, n'affirme pas ainsi sa liberté, ne faisant que suivre l'évolution des techniques, processus cumulatif dont personne ne décide mais l'état des connaissances, et qui modifie les modes de vie selon les époques - pas toujours pour le mieux, c'est le moins qu'on puisse dire, mais pas sans avantages non plus, dont on ne peut plus se passer. De nos jours, c'est le numérique qui bouleverse toutes nos pratiques, ce dont les beaux esprits s'alarment dans la nostalgie des temps anciens qui n'étaient pourtant pas si brillants, et prônent pompeusement les vertus de la déconnexion comme d'une révélation de la vraie vie perdue (comédie humaine chaque fois recommencée). La déconnexion, la vraie, a bien cependant la vertu de faire sentir concrètement à quel point nous sommes devenus dépendants des réseaux numériques (y compris pour les démarches administratives, factures, compte bancaire, train, etc.), à quel point nos vies ont changé en une dizaine d'année seulement, nous faisant déjà une autre humanité dont une bonne partie de la mémoire a été externalisée et qui est habituée à trouver rapidement les réponses à toutes ses questions comme à rester proches de la famille ou des amis malgré les distances. Il s'agit bien de l'humanité toute entière, équipée si vite partout de smartphones (qui datent de 2007 seulement), jusque dans les pays les plus pauvres, jusque parfois dans la jungle la plus reculée ! Ces réseaux qui nous relient et sont devenus vitaux constituent du coup une nouvelle vulnérabilité face aux tempêtes terrestres comme aux éruptions solaires pouvant nous priver soudain de toute connexion avec l'extérieur ou d'électricité. Ainsi, après un orage assez violent, résidu d'un lointain cyclone (et subissant le peu d'empressement de Free, qui ne semble pas en mesurer l'importance, pour remplacer ma box hors d'usage), j'ai été coupé du monde une dizaine de jours. Occasion rêvée, n'est-il pas, de retrouver l'ancien temps qui n'était pas virtuel, et par dessus le marché, au moment le plus beau de l'automne avec des érables éclatants... - [Il n'y a pas d'espèce humaine](https://jeanzin.fr/2019/10/10/il-ny-a-pas-d-espece-humaine/): Homo sapiens, d’origine africaine, aurait quitté le continent et remplacé implacablement tous les humains archaïques qu’il a rencontrés jusqu’à rester le seul représentant du genre. Ce scénario d’une conquête irrépressible et « sans pitié » a longtemps prévalu : la génétique l’a rendu obsolète. En effet, depuis quelques années, on se rend compte que notre génome comporte des fragments d’ADN appartenant à d’autres espèces du genre Homo, notamment les Néandertaliens et les Dénisoviens, preuve de métissages anciens, d’hybridation entre espèces. (Pour la Science) Cela fait quelques années à peine que le soupçon est apparu chez les paléoanthropologues qu'il n'y avait pas d'évolution linéaire de l'humanité, ni une espèce originaire mais une évolution buissonnante. Il n'y a donc pas d'ancêtre primordial, ni d'Eve ni d'Adam, ni une seule espèce humaine qui se séparerait des autres espèces mais la divergence des populations et leur métissage local transmettant des mutations adaptatives ou immunitaires aussi bien que des innovations techniques. Les conséquences sur nos représentations habituelles sont considérables puisqu'il n'y a plus une essence originaire de l'espèce humaine aspirant à développer ses potentialités spirituelles - et qui serait en train de les réaliser - pas plus que la baleine prenant le corps d'un poisson ne peut être considérée comme contenue déjà dans l'espèce de vache dont elle descend. Le genre Homo se caractérise non par l'utilisation d'outils mais par son adaptation à l'outil (d'abord la main pour tailler la pierre). On voit que dans un cas comme dans l'autre, c'est l'environnement qui sculpte les corps, et de plus en plus pour nous l'environnement humain, imposant une certaine convergence évolutive, y compris culturelle, l'agriculture ayant été "inventée" de façon similaire en différents continents. Tout cela conforte l'hypothèse d'un déterminisme historique qui laisse place à la diversité (des langues) mais à peu près identique sur les autres planètes voire dans d'autres univers (éternel retour du même ?). C'est difficile à croire sans doute mais une bonne part de l'évolution, notamment technique et scientifique, suit bien des lois universelles. Du coup, dans cette préhistoire plus que millénaire, il n'y a pas d'événement fondateur de notre humanité mais une évolution qui se continue dans le développement économique, procès sans sujet (qui nous assujettit) avec une pluralité d'innovations techniques ou de stades cognitifs, franchis ici ou là, d'une "métapopulation" assez diverse s'y adaptant ensuite petit à petit par les échanges et la compétition ou la guerre. - [Cryptomonnaies, la blockchain se déchaîne](https://jeanzin.fr/2019/09/27/cryptomonnaies-la-blockchain-se-dechaine/): Il est quand même très curieux qu'on persiste à faire comme si nous décidions de l'histoire alors que tout nous prouve le contraire. Quand on nous déclare la guerre ou qu'on spolie nos droits, nous sommes contraints d'y répondre, contre notre propre volonté. De la même façon, le progrès technique s'impose à nous malgré nous, par la connaissance et la concurrence ou la guerre (si l'ennemi risque d'avoir la bombe atomique il faut l'avoir avant lui). La technique pas plus que la science n'a jamais été le produit d'un choix, ni promesse d'amélioration de la vie. Le progrès améliore beaucoup de choses, qu'il améliore la vie est plus discutable. Qu'on songe au passage des chasseurs-cueilleurs nomades à l'agriculture sédentaire, du paradis terrestre (avec ses périodes maigres) à une vie de labeur qu'il faut gagner à la sueur de son front. Les corps souffraient plus, la nourriture était moins bonne mais plus abondante et pouvant nourrir plus de population, empêchant tout retour en arrière mais permettant de développer la culture avec les débuts de la civilisation (des premières cités). On vit beaucoup mieux de nos jours mais il ne manque pas de raisons de se plaindre de la vie moderne et de son inhumanité. Le problème, c'est qu'on ne nous demande pas notre avis, c'est dans ce monde en développement que nous habitons et auquel nous devons nous adapter sans cesse sans pouvoir arrêter le temps. - [L'éternel retour du même et nous](https://jeanzin.fr/2019/09/12/leternel-retour-du-meme-et-nous/): Il est assez agaçant de voir annoncer tous les matins la découverte d'une planète habitable sous prétexte que les conditions n'y seraient pas trop infernales ou qu'il y a de l'eau, alors qu'on en sait si peu mais assez pour savoir qu'il ne peut y avoir de vie terrestre et que la gravité y est huit fois plus forte. Cela témoigne d'une attente fébrile, et de la déception de n'avoir trouvé aucune trace de vie jusqu'ici donc du caractère exceptionnel de la vie, sa rareté extrême dans tout l'univers même si, étant donné les milliards de milliards de planètes, cela n'empêche pas qu'il est à peu près certain qu'on finira par en trouver. Cela veut dire qu'on estime que les mêmes processus devraient se reproduire nécessairement, que la sélection darwinienne après-coup est universelle, aboutissant aux mêmes résultats, après des temps très longs, et donc à une complexification croissante pour autant que les catastrophes cosmiques épargnent ces planètes pendant des milliards d'années, ce qui n'est pas rien... - [Alain préfigure Lévinas : le visage de la charité](https://jeanzin.fr/2019/09/09/alain-prefigure-levinas-le-visage-de-la-charite/): Alain et Bergson ne s'estimaient guère. La seule fois où Bergson a dû citer Alain, c'était pour reconnaître qu'il avait eu une influence considérable comme professeur mais il ne le considérait pas comme un philosophe, soi disant ne créant pas de concepts ni de nouvelle philosophie, réduit à enseigner celle des autres ! C'est assez comique de la part d'un Bergson qui n'a fait que ressasser toujours la même opposition de l'espace et du temps à partir de laquelle il prétendait tout reprendre à neuf. Ce dénigrement d'Alain prévaut cependant encore de nos jours qui se privent justement d'une pensée qui, elle, prend appui sur l'histoire de la philosophie et ne prétend pas tout réinventer mais en restituer la richesse, voire les contradictions. Sur la durée, on peut trouver bien des faiblesses, des platitudes, des fourvoiements, des fautes, il n'est pas question d'accepter tout en bloc mais ce n'est pas pour rien qu'il a influencé si profondément son temps. On peut d'une certaine façon le comparer avec Aristote pour son côté souvent ennuyeux, enfilant les évidences, mais constituant une base solide pour penser, poser les problèmes tout en incitant à penser par soi-même et donc à le dépasser. Tout cela pour dire qu'après avoir montré l'influence décisive d'Alain sur Sartre, j'ai trouvé que ces esquisses de 1929 donnent un éclairage intéressant sur le thème du visage repris par Lévinas (je ne sais si Lévinas parle d'Alain quelque part?). Elles en donnent une version plus rationnelle bien qu'aussi exigeante et menant tout autant à la religion pour ce radical-socialiste laïque qu'était Alain, mais qui reconnaissait une vérité à toutes les religions, aux dieux comme idéaux (proche de la religion de l'humanité de Comte). Bien sûr, sans Lévinas, ce passage sur la charité aurait moins retenu mon attention mais il complète bien la généalogie de la morale de Nietzsche à Lévinas, redonnant de plus tout son sens à la présence comme présence à l'autre, au prochain, humanité qui ne sera jamais celle des robots mais pourrait s'étendre plus facilement à certains animaux ? - [L'avenir écologiste, féministe, psychédélique et libertaire](https://jeanzin.fr/2019/08/27/lavenir-ecologiste-feministe-psychedelique-et-libertaire/): Au moment où l'Amazonie est en flamme, et devant les prévisions climatiques catastrophiques ou d'effondrement de la biodiversité alors que, de plus, sur la ruine des idéologies, on assiste à la montée des régimes autoritaires (populistes, illibéraux), il y a vraiment de quoi voir l'avenir tout en noir. Mais on aurait bien tort. D'abord, il apparaît désormais clairement que la forêt amazonienne constitue un élément vital pour l'humanité, un bien commun qui ne peut être détruit au nom d'une prétendue souveraineté nationale, qui s'en trouve ainsi délégitimée et purement limitée à l'usufruit. Après l'accord de Paris, il se confirme que le réchauffement global arrive à réunir une communauté mondiale s'imposant au-dessus des Etats. Il y a encore du chemin (les menaces de guerre sont à la hausse) mais le fait est déjà là et c'est une rupture avec l'ère précédente (des Etats combattants). Tout n'est pas perdu même si la chaleur devient étouffante et que, pas plus que les générations précédentes ou futures, nous n'éviterons les catastrophes - seulement plus nombreuses sans doute. Le réchauffement va rendre la vie plus difficile, l'urgence est de tout faire pour le réduire, et les risques de guerre sont élevés sur lesquels nous avons peu de prise - mais les guerres ont été constantes dans l'histoire humaine (plus encore que les catastrophes naturelles), nous en avons plutôt été épargnés comme jamais. Enfin, la faillite du marxisme et la décrédibilisation de toutes les utopies font bien actuellement le lit du populisme. La situation est incontestablement dramatique mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras, tout au contraire. Comme dans le passé, ces malheurs n'empêcheront pas de nombreux progrès, au moins technologiques (avec leurs bons et mauvais côtés) mais aussi moraux. Surtout, ces sombres perspectives ne devraient pas nous empêcher de continuer l'émancipation. - [La désastreuse défaite du libre par élitisme](https://jeanzin.fr/2019/08/19/la-desastreuse-defaite-du-libre-par-elitisme/): Tout le monde devrait utiliser des logiciels libres, c'est l'évidence, de même que les plateformes devraient être publiques ou libres. La défaite jusqu'ici des logiciels libres face aux entreprises commerciales est cuisante. On pourrait y voir un grand mystère, pourquoi payer quand il y a du gratuit? Mais il n'y a pas de mystère, les logiciels libres sont trop souvent faits pour les programmeurs eux-mêmes plus que pour l'utilisateur de masse. On pourrait prendre l'exemple de gimp qui veut forcer son propre format d'image libre et a mis du temps pour permettre de facilement écraser le fichier jpg ou gif modifié. C'est surtout ce que je conclue de mon expérience d'un retour à linux Ubuntu après avoir utilisé quelques années un apple qu'on m'avait offert (où je n'utilisais quasiment que des programmes libres). Je m'attendais à de grands progrès d'ergonomie après ceux que j'avais connu auparavant, j'ai été très déçu (y ayant passé des jours, ce qui m'a bien énervé). - [Contre le Bonheur](https://jeanzin.fr/2019/08/11/contre-le-bonheur/): Le Dieu Bonheur nous a quittés. Les ânes de ce temps sermonnent en chaire, suffisances de possesseurs. Comme d'un marché qu'il ne faut pas éteindre. Le bonheur ne sera jamais qu'affaire de rentier. Riez jeunesse bavarde, vieillards argentés, Riez s'il vous reste tant à rire. Le monde est à notre portée. Qu'on se rassure, il n'est pas question de cultiver le malheur, vraiment il n'y a pas besoin de ça. Il serait vraiment stupide de ne pas profiter des trop rares moments de bonheur bien mérités. C'est la recherche du bonheur, l'idée du bonheur, son obsession, dont il faudrait se défaire, idée à la fois vide et contradictoire ne faisant qu'ajouter au malheur du monde, nous exilant de cette béatitude imaginée comme de la jouissance de l'Autre fantasmée. La recherche du bonheur est sans aucun doute une des principales entrées en philosophie mais qui se transmuait avec Socrate en recherche de la vérité, au connais-toi toi-même qui est connaissance de son ignorance et activité réflexive (cf. "Le premier Alcibiade" et le commentaire de Proclus). Les sophistes exploitaient déjà en effet cette recherche éperdue du bonheur, par les fils de bonne famille désoeuvrés, et qui sera décuplée dans l'Empire romain voyant se multiplier les "philosophes aux enchères" dont se moque Lucien de Samosate ("Je vends la vie parfaite, la vie sainte et vénérable. Qui veut être au-dessus de l'homme ? Qui veut connaître l'harmonie de l'univers et revivre après sa mort ?"). Ces promesses inconsidérées discréditaient la philosophie au regard de la recherche de la vérité qui est tout autre chose, et même le contraire puisqu'on sait qu'il n'y a que la vérité qui blesse ! La fonction thérapeutique des philosophies, qui se vantent d'apporter bonheur et sagesse, s'oppose frontalement à sa passion de la vérité et au courage de regarder la vérité en face aussi décevante soit-elle pour nos idéaux. Ce n'est bien sûr pas sans raisons historiques que les "philosophies du bonheur" vont s'imposer, avec le stoïcisme et l'épicurisme, au moment du règne de la propriété privée et du droit romain dans l'Empire voyant l'émergence de l'individu quelconque. Depuis le XIXème, c'est le salariat (le revenu individuel) et l'extension du marché, combinés avec le progrès des sciences et l'affaiblissement des religions du salut, qui expliquent pour une bonne part le retour de ce souci de soi exacerbé, exigence d'une compensation de la peine du travailleur dans le bonheur de la consommation (ou de la retraite). Tous nos murs sont couverts de promesses de bonheur en technicolor. La chose est entendue. Cependant, après un XXème siècle où cette recherche du bonheur faisait rage (des marxistes aux publicitaires, des spinozistes aux existentialistes, des golden boys aux situationnistes), il se pourrait que la recette en soit quelque peu éventée. John Stuart Mill remarquait déjà qu'il y aurait finalement plus de bonheur dans le monde si l'on cultivait les sentiments qui rendent les hommes capables de le négliger mais la nouveauté c'est que désormais, en dehors de la fatigue du développement personnel qui ne peut plus faire illusion, la prise de conscience est générale que l'étalage de son bonheur sur facebook rend tout le monde plus malheureux. La poursuite universelle du bonheur et le malheur généralisé se prouvent aux yeux de tous comme les deux faces d'une même médaille, relevant d'une forme de psychose maniaco-dépressive. Il faut en conclure que si le Bonheur absolu n'existe pas, le Malheur absolu n'existerait pas non plus - mais seulement l'échec, la souffrance, la déception, la tristesse, l'envie, la rage, la révolte ou la dépression, traversés cependant de soleils, de rires et de chansons, de petits plaisirs et de grands bonheurs, de quelques coups de chances et même d'amour parfois. - [Du souci de soi au souci du monde](https://jeanzin.fr/2019/07/12/du-souci-de-soi-au-souci-du-monde/): La maîtrise du réchauffement et de notre écologie est l'affaire du siècle, et plus encore des 30 années qui viennent. Vouloir en faire une question individuelle ou morale est absurde quand il est question d'organisation collective et de système de production ou de distribution, donc d'une question à la fois éminemment politique mais planétaire (et non pas nationale) dont on ne décide pas. S'il y a des différences individuelles dans l'évaluation de l'urgence et plus encore dans les réponses qu'on y donne, l'urgence, elle, n'a rien d'individuel ou de subjectif, étant objet de sciences. Nous avons plutôt affaire au choc de deux extériorités matérielles, contradiction entre l'économie et l'écologie dont les réalités massives nous dépassent largement et nous confrontent même au désespérant constat que le nécessaire n'est pas toujours possible pour autant. Plus que jamais nous avons besoin d'une intelligence collective, trop souvent absente hélas, mais qui ne peut être que le fruit de recherches scientifiques, indépendantes des individus, là aussi. Cependant, même si ces enjeux écologiques ne dépendent pas de l'individu, contrairement à ce qu'on nous serine, on va voir qu'ils en modifient profondément son être-au-monde. C'est un peu comme une guerre mobilisant les jeunes, malgré eux le plus souvent, mais modifiant soudain l'ambiance générale et forgeant ainsi l'unité d'un peuple (on ne dépasse jamais les divisions intérieures qu'au nom d'une opposition extérieure). La nouvelle figure de l'individu qui émerge paraît en tout cas aussi différente de l'individu religieux que de l'individu libéral car, sans se réclamer d'un fondement dogmatique ni d'un acte de foi, il n'est plus délaissé par l'absence de tout fondement éprouvé depuis la mort de Dieu, et ne se réduit pas non plus au seul fondement moral du rapport aux autres. En effet, la destinée de l'individu est devenue inséparable d'une communauté de destin planétaire qui donne sens à nos vies, lui donne un cadre, qu'on le veuille ou non. Au-delà de l'éthique comme rapport à l'autre, existe aussi le rapport à la totalité, au global et à l'histoire. - [Changement de monde](https://jeanzin.fr/2019/06/22/changement-de-monde/):    Rien ne sera plus comme avant Il est devenu quasiment impossible de se projeter dans le monde futur tant il devrait être différent du nôtre, malgré les vaines tentatives d'arrêter le temps. On peut juste lister un certain nombre des bouleversements attendus dans les dizaines d'années qui viennent, bouleversements technologiques, climatiques, géopolitiques. Les incertitudes sont au plus haut, et pas seulement l'ampleur du réchauffement climatique, qui semble avoir été sous-estimé (notamment la fonte du pôle Nord et du permafrost), mais il apparaît que les plus grandes incertitudes sont politiques et géopolitiques aujourd'hui avec une montée des risques de guerre, y compris nucléaire (ou de cyber-guerres), que seuls les risques économiques semblent pouvoir empêcher. L'opposition des mondialistes aux souverainistes prend ici tout son sens. Si le réchauffement n'est pas maîtrisé d'ici 2050, ce qui est une question (géo)politique plus que technique, les conséquences en seront démesurées même si ce n'est pas la disparition de la civilisation humaine. J'ai toujours combattu les exagérations absurdes mais il est un fait que les nouvelles ne sont pas bonnes et n'incitent certes pas à l'optimisme même si le pire n'est jamais sûr et qu'il y a des améliorations sur certains plans. Ce ne sera donc pas la fin du monde ni de l'humanité mais de toutes façons la fin de notre monde actuel assurément. Nous ne sommes plus dans le temps arrêté d'une fin de l'histoire, d'un dimanche de la vie où l'individu n'aurait plus qu'à s'épanouir et jouir d'un éternel présent, mais pris dans les mouvements de l'histoire qui nous dépassent et menacent de toutes parts. On n'est pas prêts de sortir d'une crise permanente si la crise est le nom d'un réel qui nous échappe et nous déstabilise. L'inquiétude est d'autant plus justifiée que pour l'instant, nos émissions continuent à monter. Il n'empêche que tout n'est pas désespéré car la première partie du siècle aura été celle de la prise de conscience planétaire nous engageant dans la transition énergétique sinon écologique - même si cet unanimisme affiché n'a pas eu beaucoup d'effets depuis l'accord de Paris de 2015. Il faut se rappeler, en effet, que dans cette première période, des relevés semblaient indiquer un plateau des températures, ce qu'on appelait le "hiatus climatique", qui avait de quoi nourrir les soupçons sur les modèles. Cela avait pu donner un peu plus de crédit aux climato-sceptiques mais n'est plus le cas avec un progrès des mesures et les effets de plus en plus sensibles du réchauffement - sans parler des boucles de rétroaction positives sous-évaluées jusqu'ici et qui menacent d'un emballement (fonte des glaces, bombe méthane). Ce n'est qu'une conséquence du nouveau consensus mondial (qui ne peut être que celui de l'état de la science), si le climato-scepticisme est devenu dés lors un simple marqueur politique (d'extrême-droite ou de connerie), anti-système, anti-science, anti-mondialisme. Sinon, un cap a bien été franchi, dans la conscience au moins, et surtout des jeunes, même si le secrétaire général de l'ONU, avertit que "Nous continuons de perdre la bataille". Du moins, il est clair qu'il s'agit maintenant de passer aux actes. - [Eloge et réfutation de Guy Debord](https://jeanzin.fr/2019/06/08/eloge-et-refutation-de-guy-debord/): Que l’on cesse de nous admirer comme si nous pouvions être supérieurs à notre temps; et que l’époque se terrifie elle-même en s’admirant pour ce qu’elle est. VS-80 On dira ce que Guy Debord avait malgré tout d'admirable mais on montrera d'abord sur quels errements il a vécu, et on verra que c'étaient les poncifs de l'époque plus que les siens et dont nous récoltons les décombres. S'il nous a légué une exigence de vérité et de liberté, dont nous devons reprendre le flambeau, ce qui apparaît avec le recul, c'est en effet un échec à peu près complet et, sous une rhétorique brillante, la consternante naïveté sur le sexe et le pouvoir, sur la liberté et l'idéologie, sur la technique et la démocratie, sur le capitalisme et le travail, sur la représentation et la chose même, sur la vie enfin comme jeu. Ça fait beaucoup. C'est bien une conception du monde fausse mais complète et cohérente, se réclamant de l'hégélo-marxisme et qui n'est donc pas du tout celle d'un individu, étant plutôt caractéristique d'une idéologie qui régnait alors, celle d'un monde enchanté perdu mais à retrouver (et dont le tragique est évacué), ce qui en fait toute la séduction. On se demande comment on a pu y croire, mais comme pour la foi religieuse, il y a toujours deux raisons : c'est à la fois ce qu'on veut entendre et l'argument d'autorité, ce qu'on croit parce que des penseurs éminents l'ont affirmé qui n'ont pas pu nous tromper ! On ne peut d'ailleurs pas dire que Debord revendiquait une quelconque originalité, pratiquant ouvertement plagiat et détournement, son effort étant seulement d'en tenter une synthèse rigoureuse. On verra effectivement tous les auteurs qu'il convoque, formant la vulgate d'un certain romantisme révolutionnaire. Il est clair qu'on a affaire à une révolte qui cherche sa théorie. Toujours les révolutionnaires vont adopter les pensées critiques disponibles et tenter de se justifier en s'inscrivant dans une tradition révolutionnaire. Ainsi, parti de la poésie moderne et de la provocation lettriste, Guy Debord se rattachera ensuite de façon très problématique au marxisme par cet hégélo-marxisme du jeune Marx et de Lukács, de même qu'en se frottant à Henri Lefebvre et Socialisme ou barbarie. Il faut d'abord reconstituer la constellation intellectuelle du temps du communisme triomphant et de la domination du marxisme dans les universités, avec toute une production désormais renvoyée aux poubelles de l'histoire, mais surtout s'imposant alors dans tous les mouvements d'émancipation, nourrissant les espoirs les plus fous de fin de l'histoire dans la réconciliation finale d'une société sans classes. En effet, cette fin de l'histoire n'est pas une invention de Kojève, mais une perspective assez largement partagée, des staliniens aux situationnistes, d'aller non seulement dans le sens de l'histoire et du progrès, mais bien à la révolution finale comme réalisation de la philosophie ! La fin du capitalisme ne relevait pas d'une décision mais du "mouvement réel qui abolit l'état de choses existant". Examiné après sa faillite et quasi-disparition, le marxisme apparaît comme une construction idéologique très hétéroclite. Ainsi, en 1930, au temps où il était communiste, Max Eastman prétendait dans "Les schémas moteurs du socialisme" qu'il y avait 3 raisons bien différentes d’être communiste : 1) les rebelles, en lutte contre la domination, l’exploitation, l’aliénation; 2) la nostalgie de la totalité (négation de l’individualisme partagée par les fascismes); 3) le désir d’un système de production plus rationnel (planification, organisation intelligente). En dépit de cette combinaison improbable d'idéalisme volontariste et de matérialisme affiché, de rationalisation et d'émancipation, le marxisme passait donc pour l'horizon indépassable du temps et c'est bien à l'intérieur de ses dogmes que se situe La société du spectacle - bien qu'anti-léniniste et n'en retenant guère que le fétichisme de la marchandise, le thème de l'aliénation, et l'idéal conseilliste (le peu de textes qui y est consacré témoigne cependant du caractère purement mythique de ces conseils ouvriers). Cette adhésion ambigüe au marxisme aura paradoxalement l'avantage de permettre une critique impitoyable du communisme existant, que ce soit sous ses formes stalinienne, trotskyste, maoïste, tiers-mondistes, mais on pouvait d'autant plus mettre en doute son marxisme que Debord ne s'intéressait pas du tout au travail, c'est le moins qu'on puisse dire, son slogan "Ne travaillez jamais" étant celui d'un bourgeois pour lequel les autres doivent travailler. Il faut dire que c'était déjà le temps de l'utopie d'une fin du travail, du remplacement de l'homme par la machine (distributisme de Jacques Duboin) et se dirigeant "Vers une civilisation du loisir" (1962) ! Debord a juste pris un peu trop au sérieux l'Homo ludens de Johan Huizinga (1938) qui avait fait de la vie humaine un jeu créatif. On est là on ne peut plus loin du matérialisme de la production. - [Le retour des fachos (qui s'ignorent)](https://jeanzin.fr/2019/05/21/le-retour-des-fachos/): La situation n'est pas seulement catastrophique sur le plan écologique mais aussi sur les plans politiques et géopolitiques avec une irrésistible montée des régimes autoritaires. Il semble difficile qu'on échappe à l'éclatement des nationalismes et au retour d'une forme de fascisme, sinon à la guerre. La comparaison avec les années trente depuis la dernière crise se confirme hélas, bien que dans un tout autre contexte, ce pourquoi on peut trouver assez contestable d'appeler fascisme les tendances autoritaires actuelles qui n'ont rien à voir avec les prolongements de la guerre de 14-18 et l'époque des grandes industries de masse. Parler du retour des fachos se justifie tout de même par de nombreux thèmes similaires et la recherche de boucs émissaires mais aussi par le fait que l'existence historique du fascisme, et surtout du nazisme, avait jusqu'ici refoulé ces tendances, devenues indéfendables d'avoir mené notamment au génocide des Juifs d'Europe. S'il y a des cycles historiques et idéologiques, c'est effectivement à cause de l'épuisement de la mémoire qui permet le retour d'un passé, qu'on pensait révolu, et des mêmes errements - ceci malgré la présence quotidienne de films sur le nazisme à la télé mais qui, justement, en se focalisant sur ses côtés les plus sombres rendent moins identifiable et plus acceptable sa version actuelle, très éloignée de ces extrémités jusqu'ici. On peut sans doute dater de 1990 le début de la levée du refoulement avec l'apparition du Point Godwin dans l'internet naissant, disqualifiant la référence au nazisme sous prétexte qu'elle finissait immanquablement par être brandie à la fin de longues controverses - témoignant simplement par là que nos sociétés occidentales avaient depuis 1945 leur fondement dans ce rejet du nazisme (bien plus que sur les droits de l'homme). Tout comme la critique du politiquement correct, ce poing Godwin dans la gueule de celui qui osait invoquer le nazisme ouvrait petit à petit la porte à la "libération de la parole" la plus abjecte. Bien sûr, il ne s'agit pas de prétendre pour autant qu'il y aurait un retour du nazisme, on en est loin, ce pourquoi il vaut mieux parler d'un retour des fachos, plus proches de Mussolini que d'Hitler. - [La vraie vie](https://jeanzin.fr/2019/05/09/la-vraie-vie/): Notre conscience morale fait sans aucun doute notre humanité, le fond des rapports humains qui occupent incontestablement une grande place dans nos vies et dans nos pensées, cependant ils ne prennent pas toute la place et il faut se garder de les idéaliser. Pour revenir à leurs limites et leur ambivalence, il suffit de faire un retour aux choses mêmes, c'est-à-dire à la vie quotidienne dans sa réalité la plus prosaïque, aussi éloignée de celle de Heidegger que de Lévinas. Ce n'est pas une peinture flatteuse (il n'y a en effet que la vérité qui blesse), mais, après le monde matériel qui nous contraint et le monde moral qui nous oblige, il reste donc à faire la phénoménologie de notre vie concrète (matière des bons romans). Il ne s'agit pas de nier les grandes émotions, les moments merveilleux ou douloureux nous faisant éprouver plus intensément le sentiment d'exister ou la présence magique de l'autre, mais la vie quotidienne que les situationnistes avaient voulu magnifier est par définition plus routinière, menacée par la lassitude et l'ennui. Vivre n'est jamais naturel aux humains, ce qui les distingue des animaux. Il faut sans arrêt décider à nouveau de continuer, y mettre nos conditions, se raconter des histoires. Se lever le matin exige souvent un effort avant de prendre le rythme de nos activités journalières et de nos habitudes. Quand on prend conscience de ce côté fastidieux, il y a de quoi vouloir fuir l'ennui et nous faire aspirer à une autre vie plus palpitante, ce qui certes peut être très positif à réorienter notre vie, nous faire changer de travail ou de lieu, mais ce n'est pas tous les jours qu'on peut passer à un autre mode de vie et il ne faut pas en attendre des miracles dans la vie quotidienne justement, ce qui serait s'exposer à de grandes déceptions en plus de constituer un objectif assez dérisoire, trop centré sur soi au lieu de s'engager dans un combat collectif (écologiste). - [Généalogie de la morale, de Nietzsche à Lévinas](https://jeanzin.fr/2019/04/19/genealogie-de-la-morale-de-nietzsche-a-levinas/): Mais la parole existe en vue de manifester l’utile et le nuisible, puis aussi, par voie de conséquence, le juste et l’injuste. C’est ce qui fait qu’il n’y a qu’une chose qui soit propre aux hommes et les sépare des autres animaux : la perception du bien et du mal, du juste et de l’injuste et autres notions de ce genre ; et avoir de telles notions en commun, voilà ce qui fait une famille et une cité. Aristote, Politique Le monde humain peut être défini comme un monde moral, monde de la parole et de la liberté qui n'est pas celui des déterminismes de la science et de l'économie mais des rapports humains et de la vie en société. En fait, il faut ajouter que se dresse entre le monde matériel et celui des rapports humains, un monde de fictions, récits communs qui permettent de vivre ensemble mais s'interposent entre nous et l'autre. Le dualisme ne suffit pas du Réel et du Symbolique, il faut y ajouter l'Imaginaire du langage narratif et des mythes, donc de l'histoire. C'est ce qui empêche de parler d'une morale inséparable de notre essence humaine alors qu'il y en a plusieurs et qu'elles évoluent dans le temps. Le mérite qu'on peut attribuer à Nietzsche est d'avoir pris en considération cette historicité bien qu'en reconstruisant une généalogie complètement imaginaire avec ses propres obsessions. Il est assez incompréhensible qu'on prête un si grand crédit à l'explication délirante donnée par Nietzsche du passage de la morale aristocratique à la morale chrétienne vue comme la victoire des Juifs, des esclaves, et de la populace contre l'Empire romain et ses nobles vertus. On se demande comment cette révolte des esclaves aurait pu être victorieuse d'une telle puissance dominatrice ! Nietzsche a bien vu l'importance du basculement de l'Empire romain dans la religion chrétienne mais fait simplement étalage de son incompréhension de la faillite des idéaux antiques, ce dont il ne peut trouver d'autres raisons que le ressentiment des faibles et des ratés, explication si appréciée des snobs et des arrivistes. Il n'est pas question de nier l'existence du ressentiment dans l'histoire mais ce n'est certes pas le ressort principal du christianisme (ou des morales compassionnelles comme le bouddhisme). Dans sa haine du christianisme qu'il prétend effacer pour revenir à la morale des maîtres, Nietzsche ne veut pas voir que la conversion religieuse des élites résultait de l'échec des philosophies du bonheur enfermées dans le souci de soi et les plaisirs du corps, comme en témoigne Augustin. Ce n'est pas le ressentiment de l'esclave contre le maître mais bien la vanité du maître et de son narcissisme qui a condamné la morale aristocratique. Il y a bien passage d'une morale à l'autre, qu'il faut expliquer, mais ce qui apparaît dans sa généalogie imaginaire qui prétend rétablir l'intensité perdue de la vie, c'est plutôt le ressentiment de Nietzsche, comme individu brimé, contre la morale chrétienne ! - [Dieu et la science](https://jeanzin.fr/2019/04/08/dieu-et-la-science/): Un physicien brésilien, Marcelo Gleiser, vient d'être récompensé du prix Templeton pour avoir osé affirmer que l'athéisme ne serait pas scientifique, ce qui est un comble ! Il n'est pas question de s'imaginer que les sciences pourraient énoncer des vérités dernières comme les religions le prétendent, mais on ne peut faire comme si on avait affaire à des domaines entièrement séparés, position conciliatrice traditionnelle entre la foi et la raison mais qui n'est plus tenable, faisant comme si les diverses sciences n'auraient rien à dire sur les religions (histoire, sociologie, psychologie, neurologie, biologie, physique). Tout au contraire, les religions sont bien objets de sciences qui en réfutent incontestablement tous leurs dogmes, que ça plaise ou non, en premier lieu l'existence d'un Dieu dont il n'y a nulle trace dans tout l'univers - hors de la tête des croyants et de leurs temples. Comme disait déjà Pierre-Simon Laplace à Napoléon qui lui reprochait l'absence de Dieu dans son Traité de mécanique céleste : "Je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse". Il n'y a certes jamais de preuve absolue d'une inexistence, qui peut toujours rester cachée comme une supposée matière noire qui n'interagirait pas du tout avec la matière ordinaire, mais ce Deus otiosus avec lequel on n'aurait aucune relation ne nous intéresse guère. On a beau faire, il faut bien admettre que Dieu est un concept que nous avons et dont on a bien du mal à se défaire (notamment les philosophes). C'est le contenu que nous lui donnons qui doit être confronté aux faits. Or, la réalité, c'est que l'athéisme progresse en même temps que les sciences, ce qu'on appelle avec nostalgie le désenchantement du monde. Cela se comprend bien car il y avait avant tant de choses étranges que nous ne comprenions pas qu'il était à peu près impossible de ne pas leur supposer des causes mystérieuses, dieux ou diables, mais à mesure que les explications scientifiques s'accumulent, inévitablement l'obscurantisme recule qui consistait à expliquer un mystère par un mystère encore plus grand et l'intervention d'un esprit invisible. Ce qui est moins compréhensible, c'est qu'il y ait encore tant de scientifiques croyants (de moins en moins). Cela ne peut pas aller sans une dose de mauvaise foi, voire de schizophrénie entre deux mondes séparés, se rassurant sans doute après Francis Bacon et Pasteur que si "un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène" devant l'inexplicable restant mais ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui. C'est bien du côté des scientifiques croyants qu'il y a une contradiction, pas des athées (comme le sont les plus grands scientifiques de nos jours). Partir du concept de Dieu pose cependant un problème, car il y en a plusieurs et qu'on amalgame en général bien qu'ils soient peu compatibles, confusion revendiquée de trois personnes en une (je, tu, il) entre le dieu rationnel (éternel, Un, connaissance, universel), le dieu révélé (historique, dogme, foi, particulier), le dieu éprouvé (relation, amour, crainte, jugement, singulier). On retrouve d'ailleurs ces trois dimensions dans la place donnée au dieu créateur à l'origine du cosmos puis de la vie (de l'évolution) et enfin de l'esprit, supposé donc intervenir trois fois - après de très longues absences - pour expliquer ces inexplicables miracles. Sauf que ce n'est plus si inexplicable désormais. - [Kojève et l'illusion de la fin réconciliatrice](https://jeanzin.fr/2019/03/27/kojeve-et-lillusion-de-la-fin/): Kojève a été très important en France pour la compréhension de la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel dont il a donné une lecture limpide... mais qui en était une réinterprétation marxisante, anthropologique, matérialiste, assez différente de l'original sur de nombreux points (Etat universel, fin de l'histoire, rejet de la dialectique de la nature). Ses innovations (notamment le désir de désir) étaient cependant très éclairantes, parfois trop, constituant en fait une dogmatisation du système hégélien, transformé en système clos, définitif, et supposé ouvrir sur une prétendue sagesse. On pouvait y voir cependant une mise à jour du système hégélien au temps du communisme triomphant (ayant donc perdu sa pertinence), la Révolution soviétique redoublant alors l'élan de la Révolution française et Kojève voulant être à Staline ce que Hegel avait été à Napoléon, sa conscience historique. S'il faut aujourd'hui dépasser Kojève, c'est sans doute qu'on est plutôt au temps de la contre-révolution, ou du moins de la fin du mythe révolutionnaire tel que Hegel, comme tant d'autres philosophes allemands, l'avait si profondément ressenti : D’un seul coup, c’était l’idée, le concept du droit qui prévalait, et contre cela le vieil échafaudage de l’injustice ne pouvait résister. C’est sur l’idée de droit qu’on a donc érigé maintenant une Constitution et c’est sur cette base que tout devait désormais reposer. Depuis que le soleil brille au firmament et que les planètes gravitent autour de lui, on n’avait pas vu encore l’homme se dresser sur la tête, c’est-à-dire sur l’idée, et construire la réalité selon l’idée. Anaxagore avait dit le premier que le “nous”, la raison, gouverne le monde : mais voilà que l’homme en est venu à reconnaître que l’idée doit gouverner la réalité spirituelle. Ce fut ainsi un magnifique lever de soleil. Tous les êtres pensants se sont associés à la célébration de cette époque. Une émotion sublime a régné en ce temps, un enthousiasme de l’esprit a fait frissonner le monde entier, comme si l’on assistait pour la première fois à la réconciliation du divin avec le monde. Hegel, Philosophie de l’histoire Tout est là, la réconciliation finale entre l'être et le devoir-être était en marche, attestée par l'histoire vécue, "le ciel allait se trouver transporté sur la terre" (Ph, II, 129). Les esprits étaient assez échauffés pour produire toutes sortes d'utopies comme "le plus ancien programme systématique de l'idéalisme allemand" qu'il avait rédigé, même si Hegel deviendra bien plus réaliste par la suite. Il est frappant de trouver chez presque tous les philosophes une étonnante capacité à soutenir des positions intenables par excès de logique. Ces absurdités sont d'ailleurs souvent ce qui fait tenir tout le système, y croire étant censé apporter bonheur et sagesse au niveau personnel comme au niveau de la société future ! Si nous ne sommes pas encore dans le meilleur des mondes, comme le prétend la Théodicée de Leibniz, Hegel tout autant que Marx nous promettent que c'est pour bientôt, déjà en cours. C'est bien ce qui est contestable, cet aboutissement de la dialectique hégélienne ou de la lutte des classes abolissant les contradictions dans une réconciliation finale. Le paradoxe, c'est de partir de la reconnaissance de la contradiction et de son caractère inéliminable pour s'imaginer pouvoir y mettre un terme ainsi ! Kojève sera justement celui qui assumera jusqu'au bout ce paradoxe avec le thème de la fin de l'histoire identifiée à l'Etat universel et sans classes, redoublant la fausse interprétation rétroactive de la Révolution Française comme rationalisation et réalisation de l'idée alors que, non seulement elle échappait constamment à ses acteurs, mais surtout qu'elle avait lamentablement échoué - sauf que Napoléon était censé en réaliser les principes en propageant le Code civil, ce qui servira même de modèle à la dialectique historique. - [Ce sont les fous qui font l'histoire](https://jeanzin.fr/2019/03/19/ce-sont-les-fous-qui-font-l-histoire/):    Kojève et la fin de l'histoire Il est difficile de se déprendre de l'illusion que ce sont les hommes qui font l'histoire alors qu'il est pourtant si frappant de voir que, sur le long terme du moins et en dépit de périodes de régressions, l'histoire (et plus encore la préhistoire) suit des stades de développement très semblables entre civilisations - et qui ne seraient guère différents sur une autre planète. Il est malgré tout aussi évident que les hommes prennent une part active à l'histoire et aux conflits du temps. Il y a même quelques grands hommes, très peu nombreux, dont on prétend que leur rôle a été décisif, fondateurs de religions ou d'empires qui auraient "changé le monde" mais c'est prendre l'effet pour la cause, cette personnalisation de l'histoire étant du même ordre que de vouloir expliquer l'invention de l'école par l'idée folle de Charlemagne ! Le véritable agent de l'histoire est essentiellement cognitif et progrès technique (pierre taillée, pierre polie, âge du bronze, âge du fer, etc.), donc impersonnel. La part humaine serait plutôt celle de l'erreur dont on sait qu'elle est au principe de l'évolution avec la sélection par le résultat qui suit, imposant les véritables causalités matérielles après-coup. On entend souvent célébrer des innovateurs par la formule : "Ils ne savaient pas que c'était impossible et ils l'ont fait" mais la plupart de ceux qui suivent cette voie échouent bien sûr, ne restant que ce qui n'était pas impossible justement ! Par contre, alors que les sociétés originaires font beaucoup d'efforts pour ne pas transgresser la tradition, il est bien certain que, pour qu'il y ait histoire, il faut que de véritables fous furieux (ou quelques ambitieux) bousculent l'ordre établi pour le forcer à évoluer et se perfectionner. Ensuite la ruse de la raison non seulement met l'intérêt particulier du grand homme et ses passions (sa folie) au service de l'universel mais fait triompher la vérité contre son erreur première. Ce n'est pas que le grand homme aurait une prescience qui serait en avance sur son temps, dont il n'a fait qu'épouser les contraintes, mais seulement qu'il vient au bon moment ou plutôt qu'il en est le produit, le porte-parole (on voit ces figures émerger du désastre). Plus généralement, on peut dire que le sage n'agit pas, seuls les ignorants agissent. Alors que la compréhension de la complexité des enjeux semble bien inciter à la prudence jusqu'à paralyser l'action, les crétins osent tout (c'est à ça qu'on reconnaît les cons disait Audiard), faisant preuve de la plus grande arrogance à mesure de leur ignorance (plus on est ignorant et plus on croit aux solutions simplistes). On en a des exemples éclatants sur les réseaux sociaux et dans l'actualité où la connerie tient le haut du pavé, le discours de la raison ayant bien du mal à se faire entendre - comme souvent dans l'histoire. - [L'urgence écologique](https://jeanzin.fr/2019/03/14/l-urgence-ecologique/):   Adresse à la jeunesse Devant l'aggravation sensible de la situation et alors même que la nécessité de changer de système se fait de plus en plus pressante, il est devenu impossible, irresponsable, de continuer à défendre une écologie utopique, purement incantatoire, et reprendre les anciens discours écolos ayant fait preuve de leur ineffectivité. Au moment où il nous faut radicaliser les combats écologistes, on se trouve obligés pourtant d'abandonner cet espoir d'un changement de système trop improbable. C'est, sans aucun doute, aller contre la pente naturelle du mouvement et peut paraître bien paradoxal mais quand l'eau prend de toutes parts, il n'est plus temps de se disputer sur la direction à prendre, ce sont les objectifs limités mais très concrets d'un Green New Deal qu'il nous faut adopter. C'est une question vitale et ne pas l'admettre est une négation de la réalité qui ne vaut pas beaucoup mieux que le négationnisme des climatosceptiques. Ce n'est pas qu'on devrait délaisser les alternatives locales mais il y a deux niveaux différents où la radicalité écologiste peut intervenir, de deux façons bien distinctes. Je défends depuis longtemps le triptyque revenu garanti, monnaies locales et coopérative municipale constituant bien les bases d'un système de production plus écologique et d'une relocalisation de l'économie. Ces mesures sont toujours à encourager au niveau local. C'est fondamental pour construire un nouveau système par le bas mais il ne faut pas se cacher la difficulté et les nombreux échecs passés - même si le municipalisme et la relocalisation semblent bien incontournables pour équilibrer la globalisation. Le problème, c'est qu'en partant de ce niveau local, pour qu'il y ait un effet macroéconomique notable et qu'on puisse parler d'un changement de système, il faudra beaucoup plus que quelques dizaines d'années... Or, d'une part on assiste à tout le contraire pour l'instant avec le développement des pays les plus peuplés, mais surtout, au niveau global, ce sont bien les 20-30 prochaines années qui sont décisives, ce pourquoi il faut absolument que les jeunes générations se mobilisent. Cependant, le but étant d'arracher des mesures concrètes immédiates, il ne suffira pas de beaux discours, cela exige le plus grand réalisme, certes bien décevant par rapport à ce qu'il faudrait. L'urgence doit même nous amener à nous allier avec ceux qu'on avait combattu hier sous le nom de capitalisme vert, au lieu d'attendre longtemps encore une fin du capitalisme qui ne vient pas. L'écologie n'est pas une idéologie, c'est une obligation matérielle et qui doit se situer dans son milieu réel, pas dans une planète imaginaire. Toute action écologiste se juge au résultat, pas à ses bonnes intentions. - [Le temps de l'après-coup](https://jeanzin.fr/2019/02/18/le-temps-de-lapres-coup/): Depuis Kant et la Révolution française jusqu'à Hegel et Marx, l'histoire s'est voulue la réalisation des finalités humaines - menant directement au conflit des finalités, des idéologies, des conceptions du monde, des valeurs. L'existentialisme insistera aussi, mais au niveau individuel cette fois, sur la prévalence du futur, du projet, de nos finalités encore. Et certes, malgré le poids du passé, notre monde est bien celui des fins, des possibles, de ce que nous pouvons faire, de nos libertés donc. Nos représentations comme nos émotions sont puissances d'agir, intentionalités tendues vers un objectif, mais ce n'est pas pour autant ce qui suffit à spécifier notre humanité alors que le règne des finalités est celui du vivant et du monde de l'information, au principe de la sélection par le résultat inversant les causes. Ce qui change tout avec l'humanité, c'est d'en faire un récit constituant un monde commun, en dehors du visible immédiat, et dont nous connaissons la fin : conscience de la mort qu'on tentera sans cesse de renier. C'est de s'inscrire dans un récit commun, dont nous épousons les finalités, que nous pouvons avoir un avenir, une "précompréhension de l'être", de la situation et de nous-mêmes, du rôle que nous y jouons. Ce n'est pas une communion mystique avec l'Être, l'ouverture directe de l'existence à sa vérité alors qu'il n'y a d'être et de vérité que dans le langage (qui peut mentir, faire exister ce qui n'existe pas). Ce qui rend trompeurs les grands récits qui nous rassemblent, c'est de toute façon leur caractère linéaire et simplificateur, où le début annonce déjà la fin qui de plus se terminerait forcément bien, règne de la finalité et des héros de l'intrigue, refoulant les causalités matérielles et l'après-coup qui réécrit sans cesse l'histoire. La question des finalités reste bien sûr l'affaire constante de la liberté, même dans les tâches utilitaires, mais ces finalités, toujours sociales, se heurtent à un réel extérieur qui ne se plie pas à nos quatre volontés et se moque bien de nous. C'est la première leçon de l'existence, qu'il n'y a pas d'identité de l'être et du devoir-être et qu'il faut constamment s'y confronter. Il y a assurément de nombreuses réussites, des finalités concrètes qui sont atteintes quotidiennement, sans quoi nous ne serions pas là, mais impossible d'ignorer tous les ratés de la vie et la dureté du réel, toutes les illusions perdues et d'abord les illusions politiques, rêves totalitaires qui tournent mal de réalisation de l'idée. En ne se pliant pas à nos finalités, ce qui se manifeste, c'est bien l'étrangeté du monde et la transcendance de l'être, son extériorité. De quoi nous engager non pas à baisser les bras ni à foncer tête baissée à l'échec mais à régler notre action sur cet écart de l'intention et du résultat pour corriger le tir et se rapprocher de l'objectif. Le matérialisme doit être pris au sérieux contre les utopies, l'idéalisme, le subjectivisme. L'histoire reste une histoire subie car effectivement déterminée en dernière instance, c'est à dire après-coup (post festum dit Marx) par la (re)production matérielle et, donc, d'abord par le progrès technique. Il y a un progrès incontestable, le progrès des connaissances qui ne dépend pas tellement de nous ni de nos finalités puisqu'on ne peut savoir à l'avance ce qu'on n'a pas encore découvert et qui bousculera encore nos anciennes évidences. Par contre, il est clair que nous dépendons complètement de ces avancées et de cette accumulation de savoirs, tout comme du monde extérieur et de notre écologie. - [L'écologie est politique (pas individuelle)](https://jeanzin.fr/2019/02/08/lecologie-est-politique-et-pas-individuelle/): Il a fallu une révolte populaire pour que les écologistes admettent enfin que les écotaxes sont absurdes appliquées à des personnes qui n'ont aucune autre alternative. L'évidence des écotaxes pour les écologistes était tel jusqu'ici que les critiquer était complètement inaudible, preuve qu'on n'était pas écologiste ! C'est qu'elles ont une véritable utilité appliquées aux entreprises qui peuvent investir dans des économies de consommation et des énergies renouvelables, ce que le système des quotas assurerait mieux cependant avec un prix du carbone plus élevé. Le problème, c'est que, justement, on ne peut pas trop taxer les entreprises, souvent exonérées au contraire pour ne pas grever leur rentabilité et qu'elles se délocalisent ! La concurrence internationale est l'élément déterminant ici, ce pourquoi l'urgence serait d'avoir un prix du carbone mondial. Croire que la taxation des individus pourrait compenser l'absence d'un tel mécanisme ciblant les plus pollueurs relève de l'aveuglement et finalement d'une conception marchande, libérale et individuelle de la société alors que nos modes de vie sont entièrement déterminés par l'organisation sociale de la production et de la distribution, ce n'est pas une simple taxe qui peut y changer quoi que ce soit, sans aucun bénéfice écologique donc. L'écologie n'a rien d'une question personnelle comme on nous en rebat les oreilles, c'est uniquement une question politique. Certes, une fois le tri des déchets organisé, il faut s'y plier individuellement, mais c'est d'abord une organisation collective. En fait, non seulement l'écologie ne peut pas être individuelle - ce qui n'a aucun sens, l'individu ne faisant que participer à son milieu - mais, on l'a vu, elle ne peut se réduire au local non plus, même si le local est bien un maillon indispensable dans la diversité des situations et des solutions. L'essentiel de notre avenir se joue désormais en Inde après la Chine et avant l'Afrique (ou le Brésil), c'est à dire le développement des pays les plus peuplés dont les émissions montent en flèche bien qu'étant encore loin des nôtres par habitant. Les petites économies qu'on pourra faire ici seront de peu de poids si ces pays ne se convertissent pas rapidement aux énergies renouvelables au lieu du pétrole et du charbon. Plutôt que se regarder le nombril en voulant être un écologiste irréprochable et culpabiliser les autres, c'est donc bien sur l'action politique et globale qu'il faut se concentrer si on veut avoir une chance de dépasser notre impuissance individuelle. Pour que des mesures écologiques ne soient pas insignifiantes, il faut qu'elles soient absolument massives. - [L'utopie artistique](https://jeanzin.fr/2019/01/29/lutopie-artistique/): Depuis le romantisme, s'est constituée une utopie artistique fort peu questionnée qui se combinera aux utopies sociales, faisant de l'art la composante essentielle de l'épanouissement de l'individu, ou plutôt de l'homme total et de l'accès aux formes supérieures de la vie - ce qu'on retrouvera jusque dans les utopies numériques glorifiant la créativité et l'innovation. Dans cette préfiguration de l'existentialisme, qu'on peut définir par l'extension de l'exigence de vérité à l'existence elle-même, c'est bien un mode de vie qui est visé par la survalorisation de l'Art et de l'artiste, qui se distinguerait ainsi des animaux (et des autres hommes) par ses aspirations élevées. On peut quand même s'étonner de ces promesses publicitaires d'épanouissement de soi et de carrière artistique quand on voit la vie tourmentée des plus grands artistes ! Il y a erreur quelque part... La curieuse alliance de la poésie et de la peinture moderne avec le marxisme se manifestera brillamment au début de la révolution bolchévique - avant qu'elle ne sombre dans le réalisme socialiste qui ravale la production artistique à la communication et la propagande - ce qu'elle avait toujours été jusque là. Cela n'empêchera pas la révolution surréaliste de se rêver en révolution politique. Les situationnistes aussi se voulaient au départ un mouvement artistique, mariage de Cobra et du lettrisme, avant de rompre avec le milieu artistique pour ne plus être qu'un mouvement politico-philosophique (hégélo-marxiste) dont la "critique artiste" sera opposée à la "critique sociale", la révolution devenant une affaire personnelle. On peut noter que cette période verra une identification massive de la jeunesse révolutionnaire avec le rock et la pop culture dans leur transgression des normes. De nos jours, la place de l'artiste, ou plutôt du "créatif", a complètement changé dans l'économie numérique, un peu comme lorsque les étudiants s'étaient massifiés, et c'est désormais la misère en milieu artistique des intermittents qu'on recouvre d'une exaltation de leur prétendu privilège au nom d'un passé glorieux. Après avoir mis en cause le rôle de l'homme dans l'histoire (soumise à des causalités matérielles extérieures), c'est bien cette prétention à la créativité et l'invention de l'artiste qui doit être questionnée. Certes, si on peut facilement admettre que les sciences ne dépendent pas tellement des scientifiques (la part humaine est celle de l'erreur, dit Poincaré), il est bien sûr un peu excessif de le prétendre des artistes. On considère habituellement, tout au contraire, que les grandes oeuvres d'art sont les seules véritables productions humaines qui seraient irremplaçables - ce n'est pas si certain pourtant. - [Le progrès humain](https://jeanzin.fr/2019/01/24/le-progres-humain/): Il y a un grand paradoxe qui divise l'humanité en optimistes indécrottables, confiants dans notre intelligence, et pessimistes catastrophistes, effarés par notre bêtise ou notre impuissance. Sans aller aux extrêmes d'une fin du monde ou de l'humanité, il est, en effet, plus que légitime de s'effrayer des conséquences d'un réchauffement climatique hors de contrôle, tout comme des destructions écologiques irréversibles ou de la perte brutale de biodiversité. De même la mondialisation, l'économie numérique et le développement des pays les plus peuplés menacent directement les écosystèmes, nos protections sociales et font exploser les inégalités avec, en réaction, une montée des nationalismes autoritaires et des antagonismes sociaux. Contre tout cela, nous manifestons une impuissance désespérante malgré tous les beaux discours politiques et l'appel aux populations. En même temps l'unification planétaire et les progrès technologiques peuvent enthousiasmer certains et nous donner les moyens d'éviter le pire. Les utopies technologiques sont bien sûr aussi irréalistes que les utopies sociales, mais on est toujours étonné de voir des statistiques témoignant malgré tout de grandes améliorations en cours sur l'essentiel (santé, libertés, éducation, information, féminisme, réduction des guerres, etc) qui sont bien réelles cette fois et contrastent avec l'impression d'une dégradation généralisée. Au milieu de ce monde inhumain, l'histoire serait donc malgré tout celle du progrès humain, du moins à grande échelle (car il y a des retardataires et des retours en arrière). - [La division de la pensée et de l'être](https://jeanzin.fr/2019/01/12/la-division-de-la-pensee-et-de-letre/): Sur notre situation philosophique La philosophie, depuis Socrate, s'oppose aussi bien au dogmatisme qu'au scepticisme comme recherche de la vérité et savoir en progrès mais le scepticisme en constitue un moment essentiel pour mettre en cause le dogmatisme qui se reconstitue sans cesse. Selon Heinz Wissmann, ce qui distinguerait la mythologie de la philosophie, ce serait que la mythologie s'arrête au principe d'oppositions de forces antagonistes quand la philosophie en cherche l'unité. On retrouverait la même distinction du monothéisme avec le dualisme manichéen, mais cela dit bien une vérité sur la tendance des philosophies et des sciences à reconstituer un système unifiant (Fichte en fait même le principe de la science). Il faut dire que, contrairement au dualisme qui se le donne au départ, l'unité supposée rend très problématique la justification du mal et du devenir, ce qui rend cette clôture dogmatique instable, simple aboutissement momentané qui sera livré à la critique d'un nouveau moment sceptique, tout comme les dogmes précédents. C'est ainsi que les sciences avancent en changeant de modèles ou de paradigmes au travers de l'histoire quand elles rencontrent des faits qui en montrent l'insuffisance. C'est ainsi que la philosophie progresse aussi, non pas une simple diversité d'opinions mais une succession de figures qui se répondent et intègrent les questions du temps. Platon illustre parfaitement ce parcours, essayant de reconstruire tout un système cosmologique sur sa théorie des idées et des âmes ailées, alors même qu'il était parti de la table rase de Socrate questionnant tous les savoirs au nom de la conscience de son ignorance ! Socrate ne prétendait certes pas au système, c'est ce qui le singularise par rapport à ses successeurs tout comme aux présocratiques dits "physiciens" cherchant l'élément primordial, lui ne s'intéressant qu'au désir et à la justice. Il représente bien le moment sceptique ou critique de la philosophie même si, refusant le relativisme des sophistes, il était convaincu de pouvoir arriver à la vérité par le dialogue. Cependant, Socrate ne croyait pas dans un bien suprême mais seulement un bien en rapport à ses fins. Juste avant Socrate, c'est Parménide qui semble constituer le véritable fondateur de la philosophie dans son moment dogmatique cette fois, supposé dépasser la contradiction héraclitéenne. Pour ce qui nous en reste, il commence en effet par la distinction entre opinion et vérité, distinction sans laquelle il n'y a pas de philosophie. Or, cette division semble bien constater la séparation de la pensée et de l'être alors que Parménide dit l'exact contraire et qu'au nom du principe de non-contradiction, il ne peut exister de non-être, qu'il y a donc unité de la pensée et de l'Être, de la présence compacte de l'Être dont la pensée fait partie et qui ne peut être autre. On peut retrouver le même schéma dans les différentes philosophies d'une division initiale suivie de la tentative de reconstituer l'unité perdue, fonction qu'on peut dire thérapeutique de nous délivrer de la contradiction manifeste tout comme de la peur de la mort. Jaspers dénoncera ces philosophies assimilées à des constructions mythologisantes servant à fuir les questions existentielles. Cette fonction a été confiée pendant une longue période à la philosophie religieuse mais on a oublié à quel point longtemps la philosophie a été hantée par la religion, jusqu'à Jaspers lui-même, malgré la lente pénétration de la science dans la philosophie depuis Descartes. Le dieu des philosophes a presque toujours été central dans la philosophie jusqu'à très récemment. Si pouvait exister cette étrange abstraction d'un Dieu créateur omniscient qui a fait ce qu'il a voulu, ordonnant à sa création, il y aurait bien unité de la pensée et de l'être, mais c'est précisément ce qui ne tient plus et justifierait un nouvel existentialisme matérialiste. - [La conscience après-coup de nos décisions et jugements](https://jeanzin.fr/2019/01/01/la-conscience-apres-coup-de-nos-decisions-et-jugements/): On avait abordé, dans le mystère de la conscience expliqué, l'hypothèse de Todd E. Feinberg et Jon M. Mallatt, postulant que si notre conscience nous est mystérieuse, c'est parce que nous ne percevons pas notre système de perception et nos neurones (la perception s'oublie derrière le perçu). Il est intéressant de le compléter par les conclusions que tire Peter Carruthers de la réduction de la conscience à "l'espace de travail" du cerveau dans un interview qui est faussement titré "Il n'y a pas de pensée consciente", ce qui est absurde, alors que ce qu'il dit est bien plus précis, c'est que nos actes ne sont pas directement conscients, contrairement aux sensations, et le deviennent seulement après-coup par leur perception ou leur verbalisation. Il y a bien confirmation du fait qu'on n'est pas conscient non plus du processus de décision ou du jugement, qui ne deviennent conscients qu'après coup, ce qui est assez logique, mais ce qu'ajoute Peter Carruthers, c'est qu'on en devient conscient, après-coup, seulement par les sensations, qu'il n'y aurait même que des sensations (des représentations?) qui peuvent être conscientes, c'est-à-dire présentes dans notre espace de travail mental. On voit qu'il y a séparation entre théorie et pratique, représentation et action, réflexion et décision. Rappelons qu'en philosophie, si la conscience peut s'identifier à la conscience morale (responsabilité, conscience de soi et de ses actes), elle l'est plus primitivement à l'intentionalité, conscience entièrement absorbée par son objet, qu'elle n'est pas (aussi bien concept que perception) - cependant Husserl parle également de flux de conscience, comme ce qui nous arrive plus que ce qu'on vise, la première forme de conscience correspondant à la focalisation de l'attention et l'autre au circuit par défaut, à l'esprit vagabond (qui est surtout un discours ininterrompu plus que des images ou des sensations). Ici la conscience est plutôt réflexive et résolution de problèmes. - [Karl Jaspers, l'existentialisme de l'échec](https://jeanzin.fr/2018/12/28/karl-jaspers-lexistentialisme-de-lechec/): Karl Jaspers (1883-1969) reste assez méconnu en France de nos jours, ce qu'on peut considérer comme son premier ouvrage philosophique, "Psychologie des conceptions du monde" (1919), n'est même pas traduit alors qu'il fondait ainsi ce qui sera l'existentialisme à partir d'une typologie caractérielle de la relation au monde de chacun : attitude enthousiaste ou pragmatique, aspiration à l'élévation spirituelle, etc. Avec ce livre, il passait en fait de la psychologie à la philosophie, toute existence étant "située" par rapport au monde, étant "orientation dans le monde", le moi n'était plus une pure intériorité mais renvoyait désormais à la place où il se trouve, au rôle qu'il joue dans la situation, à son environnement extérieur (ce qui fait penser aux thérapies familiales ou systémiques). On avait certes beaucoup de raisons de ne pas le lire, non seulement il était un réactionnaire anticommuniste, et considéré (à tort) comme chrétien par Sartre, mais il avait aussi déjà été le fondateur d'une psychiatrie compréhensive (biographique) inspirée d'une psychologie phénoménologique. Sa "Psychopathologie générale" (1913), devenue un classique, était certainement un progrès à l'époque, mais Lacan l'avait beaucoup critiquée, non sans raisons, et sa thèse répondait à l'article inaugural de Jaspers sur "L'origine de la paranoïa en rapport avec la personnalité" (1910). Il faut dire aussi que sa philosophie n'avait pas la flamboyance prophétique de celle de Heidegger qui l'a éclipsé, mais on ne peut comprendre Heidegger pourtant sans Jaspers avec qui il avait constitué au début de sa carrière une "communauté de lutte sûre d'elle-même". Leurs chemins se sépareront assez vite mais il est intéressant de les confronter. Ainsi, ce que Jaspers appelle l'englobant, qui n'est pas objet, est remplacé chez Heidegger par l'Être, qui n'est pas l'étant. Il semble bien que Heidegger dans "Chemins qui ne mènent nulle part" polémique à plusieurs reprises avec Jaspers ("L'époque des conceptions du monde") qui l'avait d'ailleurs fait interdire d'enseignement après-guerre à cause de son nazisme non repenti. Surtout l'existentialisme chrétien (au moins d'esprit) avait de quoi rebuter la jeunesse en soulignant le côté tragique de l'existence dans un monde hostile, pleine d'échecs et de déceptions, proche en cela de Pascal. D'être "située" rendrait toute existence "coupable" de sa partialité, de sa finitude qui fait d’elle une existence individuelle concrète. L'expérience privilégiée pour Jaspers, c'est ce qu'il appelle les situations limites où se révèle l’impossibilité radicale de l'existence qui se cogne au réel, conduite à l'échec et au "naufrage" de toutes ses possibilités. Rien de séduisant, en effet. On est loin des expériences existentielles positives et dans le sens de l'histoire, tout comme d'une liberté triomphante. Chez Heidegger, l'angoisse elle-même est positivée, comme l'être-pour-la-mort et l'ennui, supposés révéler nos possibilités les plus propres. Avec l'Être, on nage en pleine positivité jusqu'à la poétisation de la finitude et l'exaltation de l'existant, refoulant le négatif inhérent à toute vie pour le reporter sur la métaphysique ou la technique. C'est très différent chez Jaspers pour qui la liberté de choix qui caractérise l'existence nous mène immanquablement à la faute, révélant nos limites plutôt. C'est d'autant plus sans issue que, si je dois choisir, en réalité je suis déjà choisi, engagé, par la situation - ce qui est indéniable, cependant, aller jusqu'à dire que la liberté se réduirait alors à l'acceptation de sa propre destinée témoigne cette fois d'un manque de négativité... - [Du référendum et des conceptions naïves de la démocratie](https://jeanzin.fr/2018/12/23/du-referendum-et-des-conceptions-naives-de-la-democratie/): La révolte contre l'injustice et le mensonge des écotaxes, imposées de plus par celui qui apparaissait comme le président des riches, a manifesté un déficit de démocratie accaparée par les élites parisiennes. La revendication de justice fiscale s'est muée ainsi en revendication démocratique qui s'est fixée sur le référendum d'initiative citoyenne (RIC), vieille revendication qu'on retrouve de l'extrême-droite à la gauche populiste et qui semble évidente (qui pourrait être contre?) mais qui existe déjà et dépend largement de son cadre, n'étant pas l'instrument rêvé d'une démocratie directe qui serait l'expression du peuple (parmi les thèmes qu'on voudrait soumettre à référendum, on entend souvent le rétablissement de la peine de mort et la suppression du RSA, il n'est pas dit qu'ils obtiendraient la majorité mais il y a beaucoup de haine pour les plus pauvres aussi, plus que pour les riches parfois). Comme c'est une revendication qui ne coûte rien au pouvoir, elle sera sans doute octroyée, occupant les esprits plus que les rond-points dans les mois qui viennent. On peut soutenir une forme de RIC mais il n'a pas l'importance qu'on lui donne. C'est une mauvaise réponse à l'aspiration légitime à plus de démocratie mais qui témoigne surtout de conceptions très naïves de la démocratie, s'appuyant d'ailleurs en grande partie sur l'idéologie officielle de notre république avec sa si belle proclamation des droits de l'homme et du citoyen. Ainsi, les insurgés peuvent invoquer le récit national pour réclamer ce pouvoir du peuple promis et toujours confisqué par le parlementarisme, ce qui est en fait l'appel à un pouvoir fort et une dictature de la majorité, dont le référendum est l'instrument privilégié, alors qu'il faudrait défendre des politiques de dialogue, une démocratie des minorités et des municipalités, à l'opposé du mythe d'un peuple uniforme (qui se tourne contre les étrangers avant de se retourner contre l'ennemi intérieur). Le piège, c'est que chacun se croit majoritaire (être le peuple) mais finit par se découvrir minoritaire, la majorité ne pensant décidément pas comme nous ! Ce qui est étonnant, c'est que les intellectuels eux-même donnent foi à ces vieilles illusions unanimistes de la démocratie, toujours divisée pourtant (au moins entre droite et gauche), comme s'ils ne retenaient pas les leçons de l'histoire - la vraie, pas la reconstruite. Le démocratisme ne sort pas de la tête de quelques idéologues plus ou moins illuminés mais se nourrit de toute une littérature donnant l'impression d'une régression de la sociologie, de l'histoire et de la philosophie politique. - [La stabilisation du climat comme objectif économique](https://jeanzin.fr/2018/12/18/la-stabilisation-du-climat-comme-objectif-economique/): Il faut revenir sur l'assimilation abusive du caractère effectivement dramatique du réchauffement climatique à la "fin du monde" et la fin de l'humanité, ou même à un effondrement général mal défini. Il est clair qu'on sort ainsi des prévisions scientifiques pourtant déjà assez alarmistes, annonçant bien l'effondrement de nombreux écosystèmes mais pas de tous, et une multiplication des catastrophes, voire une "terre étuve" si on ne fait rien, ce qui est incontestablement très grave mais n'a rien à voir avec une fin de l'humanité. On peut s'interroger sur le besoin d'en rajouter à ce point comme si seule la montée aux extrêmes pouvait nous toucher. Il n'est pas question de minimiser les risques qui peuvent aller jusqu'à l'empoisonnement de l'atmosphère à très long terme alors que des boucles de rétroaction positives sont enclenchées, notamment la fonte du permafrost. On peut difficilement imaginer pire mais ce n'est pas tout-à-fait la même chose malgré tout que l'événement grandiose d'un effondrement final. Il faut bien dire que lorsqu'on entend les scientifiques égrener avec prudence les conséquences probables du réchauffement, cela ne nous fait ni chaud ni froid en général (que la mer monte de 7m, qu'importe ?), on n'en est pas ébranlé dans notre être, chacun imaginant comment il pourrait s'en tirer, ce qui n'est plus possible si c'est l'humanité elle-même qui est menacée d'extinction. Il y a cependant un gros problème avec cette présentation. En dehors du fait qu'elle paraît bien absurde alors qu'on n'a jamais été aussi nombreux, elle suppose qu'on pourrait se mobiliser contre cette fin du monde catastrophique pour l'éviter alors que la question est plutôt de stabiliser le climat et d'empêcher la multiplication des catastrophes même si nous ne pourrons les empêcher toutes. Ce n'est pas tout ou rien, ce n'est donc pas la fin du monde qu'on aura évité, et ce sera toujours la fin du monde pour tous ceux qui resteront victimes des catastrophes futures, même à contenir le réchauffement (ce qui n'est pas encore le cas). - [Les prix du pétrole vont flamber](https://jeanzin.fr/2018/12/15/les-prix-du-petrole-vont-flamber/): Selon l'International Energy Agency (IEA) les prix du pétrole devraient repartir nettement à la hausse à partir de 2020 au moins. Bien sûr, les prédictions là-dessus ne sont jamais complètement assurées car cela dépend de nombreux facteurs (politiques, économiques, financiers, techniques) mais c'est tout de même plus que probable pour deux raisons principales : le développement de l'Inde et l'arrêt des prospections depuis la chute des prix. Il est important de souligner cet état de fait alors qu'une relativement faible augmentation des taxes sur les carburants à provoqué un mouvement général de protestation mais il est tout aussi important de faire le bon diagnostic sur les causes de cette raréfaction à distinguer d'une prétendue fin du pétrole. On a déjà montré comme le thème de l'effondrement était trompeur dans sa supposée instantanéité où la clef de voûte retirée, toute la biosphère s'écroulerait alors qu'on a des situations très diversifiées et des temporalités en jeu souvent considérables. En fait cette conception de l'effondrement global se réfère plutôt aux crises économiques systémiques, dont la soudaineté surprend effectivement, mais aussi à une supposée fin du pétrole qui se traduirait en effondrement économique (alors que celui-ci diminuerait la demande d'énergie). La difficulté, c'est qu'on peut s'attendre malgré tout à un nouveau choc pétrolier même si ce n'est pas la fin du pétrole - de la même façon qu'il y a un choc robotique, pas une fin du travail, et qu'il y a bien un choc climatique même si ce n'est pas la fin du monde. - [Les contradictions au sein du peuple](https://jeanzin.fr/2018/12/06/les-contradictions-au-sein-du-peuple/): Ce qui fait événement dans l'histoire est toujours sa relative imprévisibilité, la surprise d'un élément déclencheur souvent dérisoire par rapport à l'étendue de ses conséquences, illustrant comme nous subissons l'histoire plus que nous la faisons, même à participer activement aux troubles. Personne ne sait à l'avance où cela aboutira. On a bien du mal à déchiffrer le sens de l'événement qu'on découvre au fil du temps, prenant de l'ampleur, faisant ressortir de vieilles rancoeurs accumulées, agrégeant de toutes autres revendications et catégories de population qui recréent du collectif, suscitant l'enthousiasme des foules et l'emballement des propositions de toutes sortes, dans une sorte de bulle spéculative qui décolle des réalités avant l'inévitable krach des illusions créées (comme pour les révolutions arabes ou "de couleur"). A la fin, ce sont toujours les causes matérielles qui sont déterminantes, pas les bonnes intentions. Il faut comprendre d'abord ce qu'a d'inédit le mouvement des gilets jaunes et qui tient entièrement à l'environnement technologique, puisqu'on peut dire que c'est le produit de la conjonction de Facebook et BFM : le réseau permettant la constitution d'un mouvement inorganisé et contradictoire alors que les chaînes d'information continue donnent une grande visibilité à des mobilisations pourtant assez faibles, leur apportant le soutien d'une grande majorité de la population - c'est cela le plus étonnant, malgré les violences, avec l'alliance des extrêmes. Que sa forme soit nouvelle et déroutante, spécifique de l'époque, ne disqualifie aucunement cette protestation informelle qui n'est pas du tout sans cause réelle et sérieuse. J'ai rappelé immédiatement mes anciennes dénonciations de la logique des écotaxes, de leur injustice et de leur inutilité sans offrir d'alternatives - ce que les Verts ne voulaient pas entendre mais que la réalité rattrape. Ce qui est immédiatement apparu à ceux qui devaient la payer, c'est le mensonge sur la motivation écologique, voyant bien que cela ne pouvait modifier leur utilisation de la voiture et ne servait qu'à leur prendre dans les poches pour compenser les cadeaux faits aux riches. Il ne faudrait pas nous prendre pour des cons. Ce qui a renforcé la colère, par dessus le marché, c'est de ressentir le mépris de classe du président des riches, s'ajoutant au mensonge et à l'injustice. - [C'est la catastrophe qui nous sauvera...](https://jeanzin.fr/2018/11/28/cest-la-catastrophe-qui-nous-sauvera/): Une chose me surprend toujours lorsqu'on parle de la catastrophe écologique, c'est qu'on en parle comme d'une apocalypse totale et instantanée, plus proche en cela d'une guerre nucléaire qui d'ailleurs nous menace de plus en plus sauf qu'elle ne sera pas totale. Pour détruire la planète il faudrait vraiment mettre le paquet. Le pire qui pourrait se produire, ce serait un hiver nucléaire de quelques années. Ce serait catastrophique, faisant beaucoup de morts et favorisant les famines et les épidémies, mais pas la fin du monde (accélérant plutôt son unification sans doute?). De leur côté, les catastrophes écologiques n'auront pas la soudaineté de l'explosion d'une bombe et ne seront pas simultanées sur toute l'étendue de la planète. Des effondrement écologiques locaux risquent bien de se multiplier mais il est délirant de prolonger les courbes à l'infini et s'affoler de la disparition de l'humanité au moment même où elle n'a jamais été aussi nombreuse. Ce qu'on peut craindre de ces catastrophes, c'est là aussi une mortalité accrue temporairement par famines, épidémies ou guerres qui pourront certes diminuer la population mais très loin d'une extinction. D'autant qu'à mesure que la population diminuerait, son empreinte écologique diminuerait aussi (tout comme la crise a réduit pendant quelques années les émissions mondiales). Parler de fin du monde n'a aucun sens sinon, certes, la fin de notre monde actuel et de sa précieuse biodiversité qu'on ne réussit pas à préserver. Il ne s'agit pas de minimiser la gravité des effondrements écologiques qui se préparent et leur coût humain probable qu'il faudrait éviter à tout prix, mais cela n'empêche pas qu'à l'opposé de ce qu'on dit, les catastrophes ne s'ajoutent pas dans un emballement qui irait jusqu'à nous rayer de la carte. Non seulement les catastrophes attendues sont la plupart du temps progressives mais elles devraient provoquer des réactions de plus en plus fortes empêchant qu'on aille au pire. L'idée répandue que la totalité des catastrophes annoncées se produiraient toutes et en même temps ne tient pas debout, il faudra les affronter une à une. Le malheur, c'est qu'en dépit de tous les lanceurs d'alerte et des prévisions scientifiques, il semble bien qu'il soit nécessaire qu'une catastrophe se produise pour que les solidarités en sortent renforcées et qu'on mobilise assez de moyens pour empêcher qu'elle se reproduise. Notre situation est donc bien catastrophique, elle n'est pas complètement désespérée. Sortir de la naïveté du tout ou rien est indispensable pour mieux repérer les menaces réelles et leurs échéances afin de construire des stratégies à long terme capables de s'en prémunir. Il n'y a aucune raison d'être optimiste pour un court terme inquiétant tenté par les régressions écologiques, les pouvoirs autoritaires et les confrontations militaires mais la globalisation climatique et numérique est encore très récente et nous ne sommes pas sans ressources. Malgré les désastres qui se profilent à l'horizon, il faut se persuader que tout n'est pas perdu et que, si nous ne pouvons les empêcher encore, après les catastrophes les beaux jours reviendront, plus déterminés à préserver l'avenir. - [L'invention des peuples de Herder à Heidegger](https://jeanzin.fr/2018/11/21/l-invention-des-peuples-de-herder-a-heidegger/): On peut faire remonter la notion de peuple aux tribus originaires se faisant rituellement la guerre pour ne pas trop se mélanger malgré l'échange de femmes, ou bien, dans l'antiquité, aux peuples colonisateurs de l'âge du bronze jusqu'à l'Empire de Cyrus reconnaissant la diversité des peuples et de leurs dieux. Les Hébreux, qui se présentent eux-mêmes comme les conquérants de leur terre promise, prétendent être un peuple élu, bien que formé de tribus disparates dont l'unité ne tient qu'à leur dieu - mais qui marquent leur appartenance dans leur corps par la circonsision. Pour les Grecs, qui ont été eux aussi les envahisseurs barbares de la civilisation mycénienne et qui ont fondé de nombreuses colonies (jusqu'à Marseille), l'ethnos désigne plutôt la diversité des coutumes (dont Hérodote rendra compte) même si Aristote prête aux Grecs des qualités exceptionnelles, supposés courageux et intelligents alors que les européens seraient courageux mais barbares et les asiatiques raffinés mais pleutres! S'il n'y a donc rien de nouveau dans le sentiment d'appartenance à un peuple, on voit déjà la variabilité historique de ses conceptions. Surtout, aussi bien le règne des empires que des petits royaumes ramèneront le peuple à ne plus désigner que les sujets d'un prince alors même que le catholicisme après le stoïcisme affirmait l'universalité humaine communiant dans le même Dieu. C'est ce qui formera, à partir de l'Empire romain jusqu'au XVIIè, une culture chrétienne européenne (occidentale) plus que nationale. Le retour des peuples dans l'histoire peut se dater de la Révolution française mais aura été préparé philosophiquement un peu avant, notamment par Herder, qui devait lancer avec Goethe le préromantisme du Sturm und drang, et qui opposait la diversité des langues et des cultures à l'universalisme kantien, fournissant ainsi les bases du principe de l'autodétermination des peuples, revendication très à gauche à l'origine, et même libertaire, avant qu'elle ne dégénère en nationalisme agressif... - [La guerre aux pauvres : amende et taxe](https://jeanzin.fr/2018/11/14/la-guerre-aux-pauvres-amende-et-taxe/): Je suis un des rares écologistes qui était opposé aux écotaxes, préférant les quotas - que refusaient mes petits camarades, montant sur leurs grands chevaux pour dénoncer cet horrible "marché des droits à polluer" comme si les écotaxes étaient si différentes ! Cette rigidité idéologique a provoqué l'échec d'une gravité extrême de la conférence sur le climat de l'époque (la COP6 à La Haye en 2000). De précieuses années ont été perdues pour rien (et cela m'a fait quitter les Verts). En tout cas, j'insistais déjà à cette époque sur la distinction entre "pollueurs choisis" et "pollueurs subis", l'essentiel étant d'offrir des alternatives. Juste payer plus cher sans pouvoir rouler moins n'a aucun intérêt écologique et pèse démesurément sur les plus pauvres. Les taxes sur les énergies fossiles devront certes augmenter en même temps que les énergies renouvelables vont se généraliser, devenant de plus en plus concurrentielles. Elles sont beaucoup moins utiles avant si on n'organise pas la transition. Le rattrapage du diesel sur l'essence est tout aussi contestable, le diesel émettant moins de CO2 et la tendance étant plutôt de l'interdire dans les agglomérations à cause de sa pollution aux microparticules - mais là aussi, on cible surtout les pauvres qui ont de vieilles voitures. - [La revue des sciences, c'est fini !](https://jeanzin.fr/2018/11/01/la-revue-des-sciences-cest-fini/): Comme annoncé depuis janvier et répété dans les dernières revues, la revue des sciences s'est effectivement terminée avec celle du mois d'octobre. Le blog continue mais il n'y aura donc plus de revue des sciences. - [Le mystère de la conscience expliqué](https://jeanzin.fr/2018/10/20/le-mystere-de-la-conscience-explique/): Selon Todd E. Feinberg et Jon M. Mallatt, si notre conscience nous est mystérieuse, c'est parce que nous ne percevons pas notre système de perception et nos neurones. Notre opacité à nous-mêmes est donc constitutive. On savait déjà que la perception s'oublie derrière le perçu car ce qui nous intéresse, c'est la chose par rapport à laquelle nous devons réagir et notre mouvement dans l'espace. Comme le disait Sartre, toute conscience est conscience de quelque chose, qui n'est pas elle et dans laquelle elle s'absorbe entièrement. Ainsi lorsqu'on met des lunettes qui inversent la vision avec le haut en bas, au bout de quelque temps on revoit à l'endroit, comme si de rien n'était. Or, le fait que les processus neuronaux disparaissent dans le résultat suffit à nous rendre la conscience mystérieuse, ce qu'ils appellent "l'auto-irréductibilité", barrière épistémologique à notre propre subjectivité (et qui fait d'ailleurs tout l’intérêt des drogues psychédéliques et autres "modificateurs de conscience"). Notre non transparence à soi est donc fondée sur le fonctionnement cérébral mais on peut penser que le deep learning le démontre tout autant, ces intelligences artificielles étant incapables de rendre compte de leurs décisions (ce qui pose problème et qu'on essaie de dépasser sans y arriver encore). Par contre, il ne devrait pas être difficile de doter un robot d'une conscience au sens où ils la définissent par la position dans l'espace et l'apprentissage du bien (plaisir) et du mal (peine) - conscience de soi animale que nous recouvrons cependant d'un récit de soi avec lequel il ne faut pas la confondre. - [Aux écologistes radicaux](https://jeanzin.fr/2018/10/17/aux-ecologistes-radicaux/): La situation est grave, cela commence à se savoir. Dans ce contexte, on a sans conteste besoin qu'il y ait de plus en plus d'écologistes radicaux si cela veut dire des écologistes ayant pris la mesure des problèmes et décidés à consacrer leurs forces à essayer de les résoudre. Par contre, on n'a pas du tout besoin de querelles de chapelles sur ce qui serait la véritable écologie surtout si c'est le prétexte à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui agissent. La plupart des écolos qui traitent les autres d'écotartuffes pourraient bien en être accusés à leur tour et mis devant leurs contradictions. Reconnaître la gravité de la situation, c'est aussi reconnaître qu'il n'est plus temps de faire la fine bouche et carrément débile de s'opposer à la transition énergétique en cours (en prétendant "s’extraire de l’imaginaire transitionniste", on croit rêver !). Il faut redescendre sur terre où il ne suffit pas de vouloir sortir de la croissance, du capitalisme, de l'industrie pour que cela change quoique ce soit à ces puissances effectives qui ont conquis désormais toute la planète. C'est dramatique mais on ne change pas si facilement un système de production lié à l'état de la technique et qui se transforme profondément avec le numérique. Il est de la plus haute importance de prendre conscience de notre impuissance pour la dépasser au lieu de croire pouvoir réussir là où les générations précédentes ont échoué et halluciner une insurrection de toute la société qui nous sauverait in extremis. On n'a plus de temps à perdre avec ces enfantillages car cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire mais que nos moyens sont limités et qu'il faut combiner différentes formes d'action, où les écologistes radicaux restent indispensables, que ce soit pour construire des modes de vie plus écologiques ou défendre des territoires, mais à condition de ne pas se retourner contre les autres acteurs qui sont plus décisifs au niveau mondial - même si on n'appartient pas au même monde ! La première exigence est la prise de conscience de l'urgence, faisant des enjeux écologiques une priorité absolue, mais en second, vient la nécessité de prendre la mesure de l'ampleur du problème et de ce qui résiste à nos bonnes intentions. Il ne suffira ni de sortir tous dans la rue, ni d'une décision gouvernementale, encore moins d'une conversion des esprits. - [De Kant à Fichte](https://jeanzin.fr/2018/10/07/de-kant-a-fichte/):   De l'incertitude de nos représentations à l'autonomie de la volonté Le premier texte philosophique que j'ai lu, encore très jeune, était la Critique de la raison pratique de Kant (empruntée à mon grand frère), qui m'avait fait une très forte impression. Les commandements de la Bible pouvaient donc être déduits par simple raison, "Agis uniquement d'après une maxime telle que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle", retrouvant d'ailleurs ainsi le rabbin Hillel (-110/+10!) résumant la Loi au principe : "Ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas à autrui. C'est là toute la Torah, le reste n'est que commentaire". Les croyants s'imaginent qu'ils n'auraient pas de principes s'ils n'obéissaient pas à leur Dieu, que la morale est basée sur la crainte. Kant prouve le contraire, le devoir étant une conséquence de la raison, de notre pensée (on devrait dire du langage), ce qui ouvre donc bien malgré lui la voie à l'athéisme alors qu'il croyait le combattre en faisant de l'existence de Dieu un postulat de la raison pratique au même titre que le temps et l'espace pour la raison pure. Après avoir rejeté la métaphysique, empêtrée dans ses contradictions, ainsi que le Dieu des philosophes et des théologiens comme chose-en-soi inaccessible, au-delà de ce qu'on peut connaître, il permettait de concevoir que la loi morale en nous pouvait se passer de commandements divins. L'opposition entre le dogmatisme de la critique de la raison pratique et le scepticisme de la critique de la raison pure a suscité beaucoup de perplexité, comment pouvait-on tirer des impératifs catégoriques inconditionnels de la critique des conditions de possibilités de nos savoirs, de leurs limites ? Généralement, c'est effectivement la critique de la raison pure qui est considérée comme le fondement de la philosophie moderne, la plupart du temps restreinte à sa portée épistémologique et la place donnée au sujet de la connaissance comme synthèse unifiante, les catégories et formes a priori de la pensée organisant les sensations. En fait, comme le montrera Heidegger, il ne s'agit pas seulement de connaissance mais bien de constitution de l'objet, des cadres de la perception. En tout cas, cette philosophie post-newtonienne (avec un temps et un espace absolus mais devenus subjectifs) établissait ainsi une séparation radicale de la pensée et de l'être, de la représentation et de l'être en soi, ce qui allait plutôt nourrir le subjectivisme et le relativisme des cultures ou des époques (depuis Herder jusqu'aux post-modernes et cultural studies) alors que Kant voulait tout au contraire fonder une morale universelle (qui sera celle des Droits de l'homme). Il faudrait en effet comprendre la reprise du scepticisme de Hume par Kant, limitant ce qu'on peut savoir aux conditions de possibilité de nos connaissances, comme l'équivalent du doute cartésien balayant tous les anciens dogmatismes métaphysiques, les fausses certitudes sur le monde extérieur et les choses-en-soi, mais pour atteindre à la certitude absolue de la pensée et de la liberté du sujet affirmée par la morale qui la contraint. Le contraste se veut d'autant plus frappant entre la loi morale éprouvée et les incertitudes de la représentation. - [Revue des sciences octobre 2018](https://jeanzin.fr/2018/10/01/revue-des-sciences-octobre-2018/): 2006-2018 La blockchain se déchaîne L'intelligence des pieuvres liée à la flexibilité de la traduction de leur ADN Le code neural du temps Expériences de mort imminente Contradiction entre la théorie quantique et ses expérimentateurs Le boson de Higgs est bien trop léger Détection de la première particule supersymétrique ? Les trous noirs seraient chaotiques Les zones humides disparaissent trois fois plus vite que les forêts De futures batteries lithium-CO2 séquestrant le CO2 De l'hydrogène à partir du plastique MYRRHA, recyclage et transmutation des déchets nucléaires dans 20 ans Un tout petit poisson nettoyeur se reconnaîtrait dans un miroir La bière avant le pain aux origines de la culture des céréales ? Les Espagnols massacrés et remplacés par une population de l'Est en -2500 Se regrouper entre malades pour guérir Les mitochondries agents des maladies du stress Du GABA pour garder la plasticité du cerveau Une odeur qui fait pousser les cheveux ! Un exosquelette mou pouvant même animer des peluches La voiture volante de Toyota C'est donc la dernière revue des sciences, commencée début 2006 dans le cadre du GRIT par la théorie holographique de la gravitation, un gros morceau assurément, il n'y a pas eu mieux (l'excitation provoquée par la découverte du boson de Higgs en 2012 étant bien retombée). Le climat était déjà ma préoccupation principale mais les choses ont beaucoup évolué depuis. Alors qu'il y avait des interrogations légitimes, en particulier à cause d'un ralentissement apparent du réchauffement du fait d'un cycle naturel, il n'y a plus maintenant que les fous furieux pour ne plus croire au réchauffement (il en reste), les scientifiques se faisant même de plus en plus catastrophistes, sans parler de la disparition récente des insectes. Le temps est désormais à l'action et une transition énergétique bien engagée déjà (ce qui n'est pas le cas encore pour l'agriculture et la biodiversité) mais il a bien fallu constater la faillite de l'écologie-politique (et la fin des espérances révolutionnaires après la crise et les révolutions arabes). On discutait beaucoup aussi au début de la convergence NBIC, avec des interrogations sur les nanotechnologies et les biotechnologies qui ont été clarifiées depuis. C'est l'explosion de l'intelligence artificielle avec le deep learning qui a été sans doute l'événement principal de la période, montrant qu'il y a des sauts qualitatifs et de longues stagnations, pas seulement des progrès continus réguliers, menant bien plus vite qu'on l'imaginait aux voitures autonomes et même aux taxi-volants (même si on devra attendre encore quelques années). La connaissance et la manipulation du cerveau avancent en même temps que l'IA mais la recherche piétine notamment sur l'Alzheimer et la compréhension du langage qui reste hors de portée. Alors que je croyais encore en 2006 à la critique de la technique (qui n'a pourtant jamais servi à rien), l'accélération technologique avec la généralisation des smartphones (l'iPhone étant apparu en 2007 seulement) a fini par me convaincre que rien ne peut l'arrêter et que nous sommes nous-mêmes plutôt un produit de la technique avant même de modifier nos propres gènes. Raison de plus pour s'inquiéter de ce qui nous arrive mais il semble malgré tout que les "disruptions" annoncées dans tous les domaines se font maintenant répétitives car ces transformations de grande ampleur prennent du temps, comme il faudra du temps pour aller sur Mars, malgré les annonces prématurées d'Elon Musk, personnalité la plus emblématique de cette période de grandes transformations dominée par les GAFA. Actuellement, avec Amazon (et Alibaba) le commerce semble finir par reprendre le dessus mais nous subissons encore les contre-coups, politiques cette fois, de la crise de 2007-2008 comme après celle de 1929, avec des tentatives de retour au protectionnisme, alors que commence à peine la transformation du travail par l'IA et les robots, nourrissant tous les fantasmes. On aura vu tout de même le début de la légalisation du cannabis et le retour en grâce très récent des drogues psychédéliques. Par contre, ce regard en arrière montre aussi qu'à côté de tous ces bouleversements, il y a tout ce qui n'a pas changé, ou bien progresse mais très très lentement (comme la nécessité d'un revenu garanti), le temps de l'histoire n'est décidément pas celui de l'homme et l'inertie planétaire considérable, obligeant à compter, comme pour le climat, en dizaines d'années voire plusieurs générations - pour que tout change du tout au tout, tout en restant à peu près le même pourtant... - [La température n'arrête pas de monter](https://jeanzin.fr/2018/09/13/la-temperature-narrete-pas-de-monter/): Après les avertissements des scientifiques de plus en plus catastrophistes, les dernières "marches pour le climat" qui ont eu lieu un peu partout dans le monde peuvent être jugés bien trop timides mais pourraient en annoncer d'autres. On n'est pas du tout au niveau des mobilisations sociales (ou des manifestations sportives) alors qu'il faudrait une mobilisation de toute la société mais il y a une chose dont on peut être sûr, ce n'est qu'un début, le combat ne fera que prendre de l'ampleur à mesure que la température va continuer à monter et il faut encourager cet élan citoyen hors parti même s'il est pour l'instant de peu de poids. Il faut parier sur la montée en puissance de la conscience écologique et du soutien populaire qui seront absolument déterminants, même si on ne peut pas attendre une conversion de l'humanité entière à l'écologie. Cette tendance de fond regardant vers le futur est cependant concurrencée, au moins à court terme, par le réveil des nationalisme, souverainisme, protectionnisme (anti-immigrants), tournés vers le passé et qui pourraient conduire à des catastrophes d'un autre ordre. Ces réactions autoritaires peuvent malgré tout s'appuyer d'une certaine façon sur l'écologie (qu'elles contestent souvent) du fait que l'écologie aussi introduit des limites au libéralisme et défend un certain protectionnisme (plutôt local). Il est significatif de voir dans un rapport de l'ONU que l'enjeu écologique oblige à dépasser l'économie néoclassique et le libéralisme économique, jusqu'à prendre en modèle un régime autoritaire comme la Chine ! La différence avec le populisme tient dans la prétention de rétablir une véritable démocratie et souveraineté, contre le mondialisme y compris celui de l'écologie, le leader élu incarnant une volonté populaire libre de toute contrainte alors que l'écologie et les enjeux planétaires, tout comme l'Etat de Droit, limitent réellement ce pouvoir "populaire" fantasmé qui n'aboutit finalement qu'à la xénophobie et au rejet des migrants. On peut remarquer comme, du coup, l'idéologie démocratique se trouve en porte-à-faux quand elle critique ces régimes populistes, obligée de reconnaître la globalisation des problèmes et la constitution effective d'une gouvernance globale (objectif de l'ONU et de ses organisations) qui réduisent largement le pouvoir démocratique et contredisent le mythe d'une démocratie fondée sur elle-même, d'un pouvoir qui vient du peuple. Cette idéologie démocratique officielle qui reste fixée sur le niveau national et un imaginaire appartenant à l'histoire n'est plus assez crédible pour s'opposer aux démocratures autoritaires. Pour se mettre à jour d'une démocratie consciente de son intégration dans l'écologie planétaire, ce n'est plus cette volonté générale arbitraire qu'on doit revendiquer comme fondement d'une démocratie qui retrouve sa dimension humaine et locale, celle d'une démocratie de face à face et d'une nécessaire relocalisation qui est loin de la dimension nationale mais où la démocratie réelle, quotidienne, est celle du développement humain et de la préservation de son environnement, non de la souveraineté. - [La jouissance de l'idiot](https://jeanzin.fr/2018/09/06/la-jouissance-de-l-idiot/): Alors que le désir avait été jusque-là constamment réprimé par la morale, les sagesses et religions, une certaine pente de la modernité, qui va du freudo-marxisme à Deleuze (si ce n'est aux spinozistes à la mode) prétend faire l'apologie du désir. Lacan, lui aussi nous enjoint à ne pas céder sur notre désir mais c'est en référence à Antigone et très différent, signifiant tout au contraire qu'on ne peut en rester au culte des plaisirs ni au service des biens. Il ne s'agit sûrement pas d'inventer des désirs artificiels - ni de céder aux séductions marchandes ni de cultiver un érotisme raffiné (mais si vain) - plutôt de prendre au sérieux ses désirs profonds et de s'affronter à la déception de leur réalisation (ce n'était que ça) au lieu de les refouler. J'ai moi-même souligné qu'on tenait à notre désir plus que la vie, rien de pire, en effet, que cet ennui mortel lorsque le manque nous manque. Ce n'est pas mythifier pour autant un désir toujours un peu absurde, trompeur ou tyrannique et poursuivant l'impossible, ni surtout laisser croire qu'on pourrait soi-même susciter son propre manque et désir ! Nous avons besoin pour cela d'être pris dans le rapport aux autres et d'y croire (être dans l'illusio du jeu, comme disait Bourdieu, pour courir après le ballon). Ne plus y croire nous plonge dans un certain désêtre, une humeur dépressive de désoeuvrement et de désorientation qui témoigne certes de notre liberté dans son indétermination mais ne peut trouver en soi-même son dépassement. Contredisant ce rêve d'auto-engendrement d'un self made man, nous avons besoin d'une causalité extérieure nous divertissant de nous-mêmes pour sortir de l'ennui d'une liberté vide. Le désir vient bien de l'Autre. S'il n'y a pas d'essence humaine, de sens universel traçant notre destin d'avance, il y a toujours pour y suppléer un sens pratique immédiat, des exigences sociales, des processus en cours et surtout nos rapports, plus ou moins bons, avec nos proches. Vouloir cultiver le désir n'a donc aucun sens, sinon comme nouvelle injonction à la jouissance et moralisme inversé, identification au Maître qui ne mène comme toute sagesse qu'à se duper soi-même et frimer devant les autres. Si le désir est manque et désir de l'Autre, désir de désir et désir de reconnaissance, il est inséparable de son milieu humain dont il est le produit, dans sa négativité même - à l'opposé d'un désir purement positif ou machinique qui serait l'expression spontanée d'une supposée créativité individuelle, ce que tout dément ! La levée de l'interdit ne libère pas l'authenticité d'un désir intérieur mais dévoile plutôt sa construction sociale. Le désir mimétique ou jaloux exprime à l'évidence notre existence sociale, faite de passions qu'Aristote décrit dans sa Rhétorique comme effets de la représentation que nous nous faisons de la représentation que les autres se font de nous - passion de corriger cette fausse image comme une injustice et revenir à plus de justesse (à nos yeux). Ce souci narcissique de notre réputation constitue le versant public et actif de l'identification (aux yeux des autres), se manifestant dans nos rivalités aussi bien que dans nos appartenances et nos idéaux, mais dont l'identité est paradoxalement fuyante et change selon les groupes, nos humeurs, ce qui nous arrive. C'est un premier point. Il y a pourtant une identité qui nous colle à la peau et ne relève plus de la dialectique des désirs ni d'un "projet fondamental" plus ou moins conscient mais se manifeste par des traits de caractère répétitifs, non plus inconstants cette fois mais bien plutôt symptômes indestructibles, relevant de ce qu'on peut appeler une sorte d'habitus, et qui est en tout cas notre seconde nature, part intégrante de notre personnalité aux yeux des autres au moins. L'interprétation hégélienne du désir comme désir de reconnaissance peut sembler en faire un rapport immédiat aux autres comme du Maître à l'esclave, mais cette intersubjectivité en temps réel réduit le sujet à un simple noeud de relations - position dans un groupe, dans une structure synchronique (justifiant thérapies de groupe, familiales, systémiques) tout comme certaines conceptions de la conscience en font un simple appareil photographique intériorisant l'extériorité. Ce présentisme n'a effectivement aucune stabilité, ouvert à tout vent, réponse instantanée, téléphonée, du tac au tac. La référence freudienne y ajoute l'épaisseur d'un passé qui ne passe pas, avec toutes les perturbations que ces fixions névrotiques peuvent apporter à l'intersubjectivité aussi bien qu'aux phénomènes collectifs. Ce n'est pas un texte autonome mais juste un chapitre supplémentaire à l'article sur "le désir comme désir de l'Autre", le complétant par ces réflexions sur l'évolution ultérieure de Lacan après les Ecrits, passant effectivement du désir à la jouissance. - [Revue des sciences septembre 2018](https://jeanzin.fr/2018/09/01/revue-des-sciences-septembre-2018/): Le catastrophisme monte d'un cran Une éthique de la complexité organisée Des traces d'avant-Big Bang dans le fond cosmique ? Conséquences durables de la déforestation massive des Mayas Stockage électrique par gravité (et grue) Un ciment intelligent qui stocke l'électricité Le train-avion Avec CasPER, l'édition de gène prend de l'ampleur La biodiversité tropicale résulte d'équilibre entre "ennemis" 23 000 sexes différents chez un champignon ! La personnalité des souris change selon leur entourage Une fillette de 90 000 ans d'une mère néandertalienne et d'un père dénisovien Sur l’île de Florès, les Hommes aussi sont devenus plus petits La violence envers les femmes a été favorisée par l'évolution Cartographie des différents types de synapses L'hydrogène sulfuré contre le vieillissement Le cannabis et le vieillissement Les bienfaits des hallucinogènes redécouverts par la science La fièvre combat aussi le cancer Différences immunitaires entre les sexes On ne peut pas dire qu'il manque de nouvelles importantes pour cette avant-dernière revue alors que le catastrophisme climatique monte d'un cran - m'ayant fait revenir sur le risque d’empoisonnement de l'atmosphère par l'hydrogène sulfuré qui à petite dose rajeunit pourtant nos mitochondries ! Alors que la biodiversité s'effondre autour de nous, il est quasi certain qu'on arrivera à prolonger la vie en bonne santé. L'annonce sinon qu'on aurait trouvé des traces d'un univers précédent dans le fond cosmologique serait un événement considérable si c'était confirmé, mais on a toutes les raisons d'en douter. Un des changements les plus surprenants depuis le début de cette revue, c'est la revalorisation à laquelle on assiste des bienfaits des drogues psychédéliques, y compris des micro-doses, justifiant après-coup un mouvement psychédélique qui avait été si décrié. En tout cas, même si on s'y habitue et que c'est même un peu répétitif, on n'en a pas fini avec les disruptions dans tous les domaines (agriculture, nourriture, transport, médecine, construction, industrie, espace, IA, robots, éducation, travail, etc.), et comme jamais il n'y a eu autant de capital disponible facilement (notamment avec le crowdfunding), cela ne va pas s'arrêter de sitôt. Ainsi, des implants cérébraux connectés et des prothèses qui s'intègrent au corps, comme un membre originel, ouvrent la voie au cyborg qui paraissait pourtant si lointain. Enfin, ce qu'il faut retenir de la découverte d'une fillette de 90 000 ans dont la mère est néandertalienne et le père dénisovien, c'est qu'il n'y a sans doute qu'une seule espèce humaine malgré ses diversifications régionales. D'ailleurs, notre préhistoire sans cesse réécrite illustre bien la fragilité de nos savoirs. La science n'est pas la Vérité, et il n'y en a pas d'autre ! C'était l'un des objectifs de cette revue d'entretenir l'esprit scientifique, son humilité si difficile à garder, en s'affrontant aux limites de nos connaissances et au verdict de l'expérience. Mes capacités étant limitées, je n'ai sûrement pas été à hauteur de la tâche mais au moins, j'espère avoir montré l'intérêt d'une véritable synthèse mensuelle des avancées de la recherche (il ne suffit pas de retweeter les dernières nouvelles). Dans le monde de l'information et de l'Intelligence Artificielle, la question de la vérité est, en effet, d'autant plus essentielle alors que les réseaux rendent si facile la manipulation des opinions par la diffusion de fausses nouvelles. C'est ce qui rend aussi la censure incontournable en même temps qu'injustifiable (par des sociétés privées) et change la nature même de la démocratie. C'est bien, en tout cas, la fin des utopies numériques avec le gouvernement par les nombres, la généralisation de la surveillance et même la reconnaissance faciale open source désormais à la portée de n'importe qui... - [La plus grande menace sur la vie a l'odeur d'oeufs pourris](https://jeanzin.fr/2018/08/20/la-plus-grande-menace-sur-la-vie-a-l-odeur-d-oeufs-pourris/):   Ça sent très mauvais ! Lorsque j'étudiais, en 2006 déjà, les risques climatiques majeurs, il y avait deux de ces risques qui semblaient très sous-estimés, la bombe méthane en premier lieu et à plus long terme les émanations mortelles d'hydrogène sulfuré (ou sulfure d'hydrogène, H2S) mais les études qui ont suivi sur les dégagements de méthane étaient pour la plupart rassurantes, restant ainsi dans un scénario plus graduel de réchauffement. Ce n'est plus le cas désormais, les changements du régime des vents accélérant de façon inquiétante la fonte du pôle Nord, ce qui fait donc craindre des libérations massives de méthane venant du permafrost comme des hydrates de méthane marins. Le catastrophisme scientifique est monté d'un cran. Bien sûr tout est une question d'échelle de temps mais, du coup, je m'étonne qu'on ne parle pas plus de ce qui représente le véritable risque d'extinction à plus long terme d'une acidification de l'océan menant à des zones mortes sans assez d'oxygène puis au dégagement de ce gaz toxique, l'hydrogène sulfuré, qui répand une odeur d'oeufs pourris sur toute la terre en exterminant plantes et animaux sur son passage. - [De l'humanisme à l'écologie](https://jeanzin.fr/2018/08/12/de-l-humanisme-a-l-ecologie/): La communauté de destin de l'humanité est devenue planétaire et son souci devient celui de son écologie. Dépassant la diversité des populations, des histoires et traditions locales, l'écologie a donc toutes les chances de devenir l'idéologie de l'avenir unifiant l'humanité toute entière, malgré la déroute des écologistes actuels. Encore faut-il savoir de quelle écologie on parle, devant se positionner par rapport à l'humanisme qu'elle remplace, en le réintégrant dans son milieu, tout comme elle remplace la transcendance divine par la transcendance du monde. Ce sont les enjeux idéologiques de notre temps, succédant à celui de l'émancipation que l'écologie prolonge, et dont nous devons débattre. L'écologie a suscité toutes sortes d'approches contradictoires, des plus mystiques aux plus pragmatiques, avec notamment l'opposition d'une écologie sociale (humaniste) à une écologie profonde (anti-humaniste), illustrée, entre autres, par le débat entre Murray Bookchin et Dave Foreman. On peut considérer cependant les deux positions insuffisantes car, si l'humanisme doit effectivement être dépassé, il est absolument nécessaire de le conserver, de garder le caractère sacré de la vie humaine et revendiquer de ne pas être ramené à l'animal. Même si l'écologie implique évidemment un décentrement de l'humanité, c'est bien l'humanité qui est la cause de la dégradation de la planète et qui doit la prendre en charge. En fait, on va voir qu'il est contestable de faire de l'humanité, en tant que telle, la cause d'une évolution éco-techno-scientique qui est subie plus que voulue. Plutôt que de faire l'histoire, comme on le prétend, nous sommes plutôt le jouet de puissances matérielles implacables, économiques aussi bien que militaires. Notre préhistoire, tout comme l'hypothèse de possibles civilisations extraterrestres, permet de comprendre comme les stades de notre développement sont contraints et partout à peu près les mêmes, ne dépendant pas de notre espèce qui est plutôt le produit de cette évolution cognitive toujours en cours. Dès lors, dans cette position d'apprenti, le concept d'humanité perd beaucoup de sa substance, n'étant plus l'élément moteur, pris dans le flot de l'histoire planétaire voire cosmique. De ramener l'humanité sur terre n'empêche pas de lui garder toute sa dignité. L'anti-spécisme a certes bien raison de souligner notre proximité des animaux, notre dépendance de la vie animale et l'importance de la biodiversité. On peut voir un progrès de la civilisation sur la barbarie d'être devenus plus sensibles au sort des animaux et à leur souffrance. Il n'empêche que brouiller la différence ontologique entre l'homme et l'animal relève du paradoxe, menant à toutes sortes de contradictions alors qu'il s'agit de remettre l'homme dans son monde, à la fois un monde fictif, symbolique, culturel, celui des récits et de la parole, qui nous spécifie, en même temps qu'un monde matériel et biologique extérieur et fragile, constituant nos conditions de vie. - [Revue des sciences août 2018](https://jeanzin.fr/2018/08/01/revue-des-sciences-aout-2018/): Le théorème d'Emmy Noether liant symétrie et conservation a 100 ans Pas d'asymétrie causale quantique entre passé et avenir Des excitons à température ambiante Pas de cercle de feu à l'horizon d'un trou noir Un vaste lac d'eau salée liquide sous le sol de Mars De la vie sur la Lune, il y a 4 milliards d'années ? L'extinction du Cambrien à cause des vers marins Nous serions dans un nouvel âge géologique, le Meghalayen Des isolants en aérogel réduisent de 50% la consommation d'énergie Des batteries chaleur-énergie au sel fondu Des plantes modifiées pour fixer l'azote de l'air sans engrais La pollinisation par drones Création d'un métabolisme artificiel minimal L'ADN sert d'intelligence artificielle Des vers gelés dans le permafrost depuis 42 000 ans reviennent à la vie ! Ce sont les neurones des mouches qui leur font préférer leur espèce Les soins aux petits modifient le génome de leurs neurones Des Erectus en Asie il y a plus de 2 millions d'années Néandertal allumait le feu avec ses haches Homo Sapiens issu du métissage de plusieurs espèces Des morceaux de pain de 14 400 ans en Jordanie (avant l'agriculture) L'origine de l'agriculture américaine au sud-ouest de l'Amazonie Quand l'Europe était couverte de stonehenges... en bois Des disques en pierre troués qui servaient de monnaie Les mutations indésirables de CRISPR Rides et perte de cheveux liés aux mitochondries et réversibles Des nano-capsules pour éliminer les cellules sénescentes La curcumine inhiberait l'élimination des protéines usagées Un implant sans fil qui tue le cancer par la lumière Citroën lance des lunettes contre le mal des transports Des capteurs électroniques en spray Le taxi volant de Rolls Royce La voiture volante d'Aston Martin CityHawk, le taxi volant à hydrogène Un véhicule volant personnel qui se pilote avec un joystick Qu'il n'y ait pas d'asymétrie causale entre passé et avenir au niveau quantique (permettant la reconstitution des événements précédents) a de quoi interloquer en laissant croire qu'on pourrait inverser l'entropie mais, si on ne peut pour autant inverser le temps, il ne serait pas impossible, nous dit-on, d'inverser le vieillissement puisqu'il suffirait de régénérer nos mitochondries défaillantes pour que nos rides disparaissent et nos cheveux repoussent ! On a du mal à croire aussi qu'un ver ait pu revivre après 40 000 ans dans les sols gelés de Sibérie. Il est toujours difficile d'évaluer la portée d'une innovation mais des plantes modifiées pour fixer l'azote de l'air sans engrais changeraient profondément l'agriculture. Ce qui change nos représentations, en revanche, c'est la découverte qu'Homo Sapiens est issu du métissage de plusieurs espèces, et non pas du développement linéaire d'une population originelle, renforçant l'hypothèse d'une convergence multirégionale et que l'homme est bien le produit de la technique plus que de ses gènes, lui permettant d'investir les milieux les plus hostiles. Il faut d'ailleurs s'attendre à des enfants génétiquement modifiés. Il est intéressant enfin de voir que l'ADN peut servir d'intelligence artificielle (pour la reconnaissance des formes), fonction cognitive qu'il assurait dans les cellules bien avant les neurones. On pourra trouver le reste très répétitif : réchauffement, batteries, blockchain, IA, impression 3D, robots, CRISPR, Alzheimer, Mars, et même les taxis volants qui se multiplient. - [La loi des 80/20](https://jeanzin.fr/2018/07/13/la-loi-des-80-20/): La loi des 80/20, qui est appellée un peu improprement "loi de Pareto", est une caractéristique essentielle qu'il faut connaître, retrouvée dans de nombreux domaines qui vont de l'efficience matérielle à la théorie de l'information, phénomènes qui ne suivent pas une progression linéaire mais bien une différenciation exponentielle, à rebours d'une homogénéisation entropique. En fait, Vilfredo Pareto avait remarqué en 1895 (dans "La legge della demanda") que 20% de la population italienne détenait 80% des richesses et que cette répartition se retrouvait dans les autres pays développés à un coefficient près. On a voulu se servir de cette "loi" supposée stable pour justifier des inégalités qui explosent ! mais sa portée va bien au-delà. (j'ai dû changer le titre car le précédent "80/20" ne marchait pas) - [Revue des sciences juillet 2018](https://jeanzin.fr/2018/07/01/revue-des-sciences-juillet-2018/): L’héritage génétique de nos ancêtres insectivores Pas d'extraterrestres à cause des sursauts gamma La complexité Les origines gestuelles du langage Dynamique des quarks dans le proton Des fermions ultra-froids se comportent comme des bosons Une matière noire avec un millionième de charge électrique ? 30% de probabilité qu'on soit seul dans l'univers ? Pour coloniser une planète, il suffirait de 98 personnes Une cyanobactérie pour donner à Mars une atmosphère respirable RemoveDebris, le satellite parti éliminer les déchets spatiaux Expérience de défense planétaire contre les astéroïdes Une cape d'invisibilité pour la lumière naturelle Transformer le CO2 en CO avec le soleil et sans métaux rares Système de traitement combiné des algues Plastic Odyssey, le navire qui carbure aux déchets plastiques Des virus géants créent de nouveaux gènes Le QI baisse ! Allonger la vie grâce à des probiotiques ? Les effets bénéfiques du café sur les mitochondries IBM Project Debater : une IA qui peut débattre avec des humains Superviser un robot par les gestes et la pensée Ce mois-ci on part dans l'espace même si c'est pour constater qu'on y est bien seul, la position de la Terre étant très privilégiée, protégée des rayons gamma, il faudrait qu'on la protège de nous-mêmes maintenant, ce qu'on commence à faire. Sinon, ce qui m'a le plus intéressé, c'est que la latéralisation du cerveau précède le langage et va de pair avec la prédominance de la main droite dans une communication par gestes qui relève d'une mise en scène. Il faut signaler aussi l'arrivée d'une IA qui débat et peut nous convaincre de changer d'avis ainsi que la supervision d'un robot par la pensée dès qu'on détecte une erreur. Enfin, des commentaires importants reviennent sur les questions du travail, de l'automatisation et des revenus. - [Ecrits sur l'entropie](https://jeanzin.fr/2018/06/25/ecrits-sur-l-entropie/): Une discussion ces jours-ci sur mes critiques des conceptions de l'entropie de Leonard Susskind m'a fait replonger dans les textes que j'y avais consacrés depuis un certain temps, ce pourquoi je les ai regroupés. L'entropie est sans doute la loi la plus fondamentale de l'univers et d'une certaine façon la plus simple mais aussi une des plus mal comprise, faisant en tout cas l'objet de grandes polémiques entre physiciens étant reliée à l'irréversibilité du temps et à l'information. Il y a effectivement une contradiction à la base : si l'entropie ne peut qu'augmenter il devient difficile d'expliquer son point de départ supposé d'entropie minimale, problème auquel se heurtent par exemple les théories du Big Bang comme rebond d'un univers précédent ou d'un trou noir. La difficulté, c'est que l'entropie est relative (et si on peut fixer arbitrairement le minimum d'entropie au zéro absolu figeant les mouvements, il n'y a pas d'entropie maximum) mais c'est aussi que la source principale de l'entropie n'est pas une loi déterministe, seulement probabiliste, la réduction de l'entropie n'étant pas impossible, simplement très rare (ou par l'apport d'énergie). Il ne me semble pas cependant que cette entropie thermodynamique soit la seule forme d'entropie. Il y a aussi une entropie dans l'interaction, la transformation de l'énergie et la décohérence au moins ou l'effondrement de la fonction d'ondes. Ce sont ces questions que j'examine dans les textes rassemblés. - [L'utopie communautaire](https://jeanzin.fr/2018/06/19/l-utopie-communautaire/): Martin Buber, Ancienne et nouvelle communauté (1901) Martin Buber n'est pas assez connu en France. J'avais lu avec intérêt son livre principal "Je et Tu" qui caractérise l'existence humaine par la rencontre de l'Autre, ce dont on peut dire que Lévinas fera une lecture extrémiste mais cette constitution du moi par l'autre pourrait être rapprochée aussi de Lacan (l'inconscient comme discours de l'Autre, le désir comme désir de l'Autre). La publication récente d'un recueil des textes de Buber sur la communauté montre comme ce décentrement du sujet le mène à identifier la vie en communauté à la vraie vie, ce qui en fera un des théoriciens des kibboutz et du sionisme au tout début du XXè siècle. On peut être consterné de voir comme ces hautes aspirations des premiers sionistes ont pu être dévoyées par ses gouvernements d'extrême-droite et par la colonisation, détruisant tout le crédit d'Israël - ce qui pourrait à terme conduire à sa disparition pure et simple (comme à la remontée de l'anti-sémitisme). Le plus intéressant pour nous, c'est de retrouver, notamment dans la conférence de 1901 (Ancienne et nouvelle communauté) qui ouvre le volume, presque la même idéologie que celle de Mai68 et du mouvement des communautés qui a suivi, y ajoutant la liberté sexuelle (qui restait marginale malgré tout). Car une des principales conséquences de Mai68 a été cette prolifération de communautés libertaires, qu'on a apparemment oubliées, rejetées aux poubelles de l'histoire car elles n'ont pas résisté au temps, ce qui n'a pas été le cas des kibboutz dont Buber parlait en 1945 comme "Une expérience qui n'a pas rencontré l'échec" (p135). Tout de même, s'ils persistent encore, c'est sous une forme très éloignée du projet initial. - [La transition écologique](https://jeanzin.fr/2018/06/14/la-transition-ecologique/): Les risques d'effondrements sont réels et peuvent avoir des allures d'apocalypse, mais ils ne sont ni aussi assurés, ni aussi proches, ni aussi définitifs que nous le présentent les catastrophistes, et surtout on peut en éviter certains une fois bien identifiés. L'exagération est une tendance très répandue, comme on prétend qu'une guerre nucléaire détruirait la planète ! Cela n'empêche pas évidemment qu'il faut absolument éviter une guerre nucléaire, qui serait absolument catastrophique même si elle reste localisée. Vraiment pas la peine d'en rajouter ! Les avertissements des catastrophistes ne doivent pas être pris à la légère, juste avec un peu plus d'exactitude et de souci de mesures efficaces, tenant compte du possible effectif et de nos moyens limités au lieu d'en rester à de vaines protestations. Rien de pire que cette délectation de la fin du monde qu'on entend trop souvent et qui procure l'illusion d'être les derniers hommes, vivant un moment exceptionnel, celui de la fin de tout ! Si l'optimisme n'est pas de mise face à des menaces réelles et des catastrophes que nous ne pourrons pas toutes éviter, l'examen des données actuelles laissent penser qu'on a les moyens de s'en sortir malgré tout, aussi incroyable cela puisse paraître aux yeux des écologistes. Ce n'est certes pas gagné d'avance mais la transition écologique est déjà engagée sur la plupart des points, et ceci sans avoir à sortir de la société de marché, ce qui ne se fera pas de toutes façons au niveau planétaire même si on est persuadé que ce serait nécessaire. Il n'y a rien à changer sur les principes de base de l'écologie et d'une vie la plus écologique possible. Tout ce qui va dans ce sens est à encourager avec l'espoir d'en faire un mouvement de masse, mais les villes ne vont pas retourner à la campagne et il n'y a pas de sortie du capitalisme ni de l'évolution technologique en vue. Après toutes ces années, continuer à y croire serait du pur déni, le capitalisme ne recule pas mais continue à s'étendre. Ce qui est étonnant, c'est que même dans ce contexte qu'on peut dire anti-écologique (productivisme, société de consommation, financiarisation), le minimum qui reste possible pourrait nous permettre malgré tout de passer le cap du pic de population. Ce n'est pas sûr, mais pas impossible non plus - sauf à se croire plus savant que les savants. L'écologie-politique n'a plus aucune chance à ce jour de changer la société, ce qui n'invalide pas les raisons de défendre une écologie municipale qui finira peut-être par s'imposer, mais comme on en est loin, il faut se convertir en attendant à des actions réalistes et ciblés, en soutenant aussi bien les ONG que les alternatives locales ou les ZAD et leurs expérimentations, cependant, à l'évidence, ce qui reste le plus important matériellement, le plus efficace, ce sont encore les lois et mesures que peuvent prendre des gouvernements et leur ministère de l'écologie. Même insuffisantes, il faut les soutenir au lieu d'affaiblir notre ministère qui fait ce qu'il peut. Un écologiste ne peut être extrémiste, ce qui est gagné est gagné, et pourra être amélioré à l'avenir. Or, ce qu'il faut montrer, c'est que ce n'est pas rien et que ça va dans la bonne direction, même si ce n'était pas la nôtre. Quand on fait un survol des politiques menées, on voit bien que nous sommes déjà rentrés dans la transition écologique sur plusieurs plans, certes à petits pas et avec ce qu'on doit bien appeler une écologie marchande. - [L'erreur de prospective d'Homo Deus](https://jeanzin.fr/2018/06/09/l-erreur-de-prospective-d-homo-deus/): La prospective impossible L'accélération technologique nous a rendus plus sensible à quel point la technique est notre destin et ne dépend pas de nous, contrairement à ce que les écologistes ont voulu croire (jamais la critique de la technique n'a arrêté le progrès). Cette simple constatation nous oblige à passer de l'utopie à la prospective, tout comme on essaie d'évaluer l'augmentation future des températures ou de la population. Que la prospective soit nécessaire ne veut pas dire cependant qu'elle soit vraiment possible. C'est la première chose qu'il faut apprendre, constituant la limite de l'exercice. Il n'est donc pas si certain que nous puissions faire preuve de clairvoyance ni que notre clairvoyance soit tellement utile, qu'elle ait le pouvoir de modifier nos comportements par l'information, car s'ajoute à la difficulté le "putain de facteur humain" qui n'incarne certes pas l'intelligence de l'homme mais bien sa connerie dévastatrice (nationalisme, fanatisme, démagogie) dont la prospective n'est pas épargnée. - [Revue des sciences juin 2018](https://jeanzin.fr/2018/06/01/revue-des-sciences-juin-2018/): La stimulation cérébrale Démonstration d'un théorème de complétude des preuves circulaires Les cristaux temporels, pas si rares La tectonique des plaques aurait provoqué la Terre boule de neige L'astéroïde qui a tué les dinosaures a provoqué un réchauffement de 5°C La mémoire stockée dans l'ARN et transférée à un autre escargot de mer L'explosion cambrienne a pris 40 millions d'années Des gènes extraterrestres dans les pieuvres ? Notre gros cerveau serait lié à nos capacités cognitives plus que sociales Il y a 40 000 ans en Asie du Sud-Est le bois est préféré à la pierre Les guerres du néolithique ont réduit la diversité génétique des mâles La programmation épigénétique Des implants télécommandés pour une érection à la demande La photo 3D en réalité virtuelle Une hypothèse séduisante pour l'histoire de notre planète et de la vie prétend que la tectonique des plaques serait plus récente que supposée jusqu'ici et aurait provoqué la "Terre boule de neige" puis favorisé l'explosion cambrienne, qui a pris 40 millions d'années et suit de peu la fin de cette glaciation généralisée, profitant de l'apport par la tectonique de nutriments dans les mers. Une hypothèse plus sensationnelle (mais beaucoup moins crédible) prétend que les pieuvres auraient intégré des gènes extraterrestres par des virus venus d'autres planètes ! Moins farfelue, mais à confirmer quand même, la possibilité dont on avait déjà parlé de transférer une mémoire entre deux organismes. Ce qui mérite le plus d'attention sans doute, c'est qu'on pourrait bientôt tous porter un casque pour la stimulation électrique du cerveau aussi bien que pour la lecture des pensées et le contrôle de nos appareils, de jeux ou de films, éventualité qui ne nous effleurait pas l'esprit mais devient de plus en plus probable. Le passage de la génétique à la programmation épigénétique n'avait pas non plus été anticipé et devrait être de grande conséquence. Sinon la réalité virtuelle pourrait être adoptée grâce aux vidéos familiales 3D. Enfin, l'ère des taxis volants se rapproche un peu plus avec la mise au point par la Nasa et Uber de la régulation du trafic aérien nécessaire. - [Après Mai 68](https://jeanzin.fr/2018/05/16/apres-mai-68/): A 50 ans de distance, ce qui est le plus flagrant, c'est à quel point on était dans une autre époque, témoignant de notre entière dépendance à l'esprit du temps, comme on est le jouet des idéologies du moment même à se croire les plus libres des hommes. Il est assez impressionnant d'en prendre la mesure mais la plus grande leçon à en tirer, c'est combien ce qu'on peut appeler notre bêtise d'alors a pu avoir d'effets positifs malgré tout, effets de la contestation plus que du discours tenu (anarcho-marxiste), illustrant une fois de plus comme le faux peut être un moment du vrai. Avoir raison trop tôt pourrait même égarer. On peut dire de ceux qui se sont désolidarisés du mouvement dès le début qu'ils ont fait preuve de clairvoyance, sans doute, mais c'est qu'ils n'étaient que des réactionnaires le plus souvent, et sont de toutes façons passés à côté de l'histoire. Impossible de trop médire des événements tant ils ont changé la vie même s'ils n'ont pas débouché sur une révolution politique (désavouée massivement par les élections). C'était au moins l'accélération d'une révolution des moeurs, notamment sexuelle, qui était déjà en cours avec la pilule autorisée par la loi du 28 décembre 1967 ici, ou les love-in californiens. Il est frappant de constater comme une époque n'est pas clairvoyante sur elle-même, vécue sous le mode de nombreuses illusions, notamment révolutionnaires, et produisant tout autre chose que ce qui était voulu. Ce qui est frappant aussi, c'est comme Mai68 n'a pas été du tout provoqué par une crise économique mais n'était qu'une déclinaison d'un moment historique, de la montée de la jeunesse et de la massification étudiante, succédant à la Révolution culturelle chinoise, aux Hippies s'opposant à la guerre du Vietnam, aux Provos hollandais, aux Situationnistes de Strasbourg, etc. Enfin, le déroulement des faits montre bien comme la logique de l'événement s'impose à ses acteurs, la situation leur échappant constamment, très loin de la conception des révolutionnaires professionnels. Nous participions à un mouvement dont nous avions du mal à comprendre la nature, ne prenant de l'ampleur qu'à protester contre la répression, expression enthousiasmante de solidarité et de puissance. On ne peut parler d'action consciente et préméditée alors qu'on était plutôt pris dans un mouvement général, un peu comme, sur un autre plan, on suivra les différentes modes de la musique rock en hésitant sur le sens à leur donner, n'apparaissant vraiment qu'après-coup. Histoire vécue dans l'incertitude contre histoire racontée. - [Toujours étranger en terre étrangère](https://jeanzin.fr/2018/05/10/toujours-etranger-en-terre-etrangere/): La fin de l'histoire hégélo-marxiste n'aura pas lieu L'homme n'est pas chez soi ni dans le monde ni dans l'universel et pas plus dans l'Etat de droit. Bien que notre situation historique soit celle de la conscience de soi de l'humanité nous promettant une fin de l'histoire radieuse, c'est surtout la conscience du négatif de notre industrie et sans que cette conscience de soi globale arrive à une grande effectivité. Cette ineffectivité est notre actualité, dont il faut prendre conscience pour en tenir compte, non pour rêver la supprimer. Les grandes conférences internationales et la prise de conscience climatique ne sont pas rien mais elles rendent manifeste l'insuffisance des mesures prises et les limitations d'un pouvoir politique qui ne va guère au-delà, comme en économie, d'une gouvernance à vue. On est loin d'un Homme créateur du monde à son image, de l'idée qui donne forme à la réalité et commande au réel alors qu'on court plutôt après, en se contentant de colmater les brèches la plupart du temps. Ce dont il faut prendre conscience, c'est qu'il ne saurait en être autrement. L'existence est l'expérience de cette scission de la pensée et de l'être, du vouloir et du possible (du moi et du non-moi). L'Etat universel en formation changera certainement la donne (après un conflit majeur?) mais il n'aura pas la toute-puissance totalitaire qu'on lui prête, plus proche de la commission européenne sans doute. Comme nous, dans nos vies, comme tout pouvoir, l'Etat universel devra prendre conscience de ses limitations, d'un devoir-être qui se cogne à un réel qui lui résiste, à l'extériorité du monde où le nécessaire n'est pas toujours possible pour autant. Le réel ne disparaît pas dans l'Etat, même s'il n'a plus d'extérieur étatique. S'il y a une compréhension ultime du monde, la vérité de la nature et de l'existence, c'est celle de la contradiction, du conflit et de la division qui règnent sur toutes choses. En reconnaître la nécessité ne peut en annuler la douleur dans une réconciliation finale alors que c'est tout au contraire notre juste révolte contre l'ordre établi qu'il faut affirmer, et aucun amor fati célébrant ce monde inégalitaire, aucune appartenance mystique à l'Être ou béatitude d'une connaissance du troisième genre qui nous ferait prendre le point de vue de Dieu pour justifier l'injustifiable. Ce n'est pas parce que nous sommes un produit du monde que ce serait pour autant notre monde, ce n'est pas parce que ce serait le meilleur des mondes possibles - car le seul réel - que nous pourrions nous en satisfaire et nous y sentir chez nous. En fait, la contradiction entre ce réel et nos idéaux rend plutôt difficile à comprendre qu'on puisse y être heureux. Certes, la nature est généreuse nous procurant de quoi nous réjouir de très peu parfois, des bonheurs petits ou grands, en proportion de nos malheurs ordinairement. On peut goûter aussi des jouissances transgressives mais pourtant, dans son fond, l'être parlant, l'homme de culture vit la contradiction de sa nature avec l'universel, c'est une conscience malheureuse et inquiète même si elle connaît des moments intenses de satisfaction et de victoire. Qu'on cherche à dépasser cette contradiction est la prétention de toutes les sagesses, philosophies, mystiques, jusqu'à la promesse de fin de l'histoire de Hegel et Marx, mais la seule sagesse serait au contraire de reconnaître cette contradiction comme irréductible, affirmation d'un matérialisme dialectique et du dualisme matière/esprit ne s'unifiant que dans la pratique. - [Revue des sciences mai 2018](https://jeanzin.fr/2018/05/01/revue-des-sciences-mai-2018/): L’universalité des matrices aléatoires Les gènes des derniers Néandertaliens Les extraterrestres ne pourraient pas décoller de leur planète trop grosse ! Objectif 2030 pour Mars via la Lune La supraconductivité avec des paires de Cooper de spin 3/2 L'intrication quantique macroscopique L'aimantation contrôlée par laser Le réchauffement causé par le trou d'ozone ? Produire des protéines et capter le CO2 avec des algues et de l'eucalyptus Les terres rares ne sont pas rares Des scientifiques créent par hasard une enzyme dévoreuse de plastique Des chenilles ravageuses et résistantes aux OGM s'hybrident Des abeilles solitaires pour polliniser les cultures Le système CRISPR-Cpf1 édite l'ADN en dehors des cellules Des bonobos partagent de la nourriture entre différents groupes La disparition des grands mammifères par Sapiens depuis 125 000 ans Sapiens en Arabie il y a 88 000 ans Des Amazoniens parlent à 20km avec leurs tambours Des cerveaux de cochons maintenus vivants en dehors du corps Les antidépresseurs anticholinergiques cause de la hausse des Alzheimers Le GBL, un solvant industriel qui se transforme en GHB est mortel mal dosé Un grain de beauté artificiel qui détecte précocement le cancer La reconnaissance faciale dans l'obscurité pour l'armée La Nasa étudie un avion qui passe le mur du son sans faire de bruit Une des nouvelles les plus encourageantes, c'est une combinaison Algues, Bioénergie, Capture du C02 et Stockage qui serait capable de réduire le CO2 tout en nourrissant les populations. La découverte par hasard d'une enzyme dévoreuse de plastique suscite aussi pas mal d'espoirs (peut-être mal placés). Une autre nouvelle potentiellement très importante, c'est une possible baisse de la vente des smartphones qui annoncerait une saturation du marché ? Par contre un nouveau risque majeur inattendu viendrait de l'utilisation de l'IA par les militaires qui pourraient du coup déclencher plus facilement une guerre nucléaire, à ce qu'il paraît. De plus la surveillance s'intensifie, jusqu'à espionner l'état émotionnel des travailleurs. Le fait d'arriver à maintenir vivants des cerveaux (de cochons pour l'instant) en dehors du corps est aussi une nouvelle assez troublante. Plus amusant, l'hypothèse que des extraterrestres ne pourraient pas décoller de leurs planètes trop grosses ! et l'incroyable capacité des Amazoniens d'imiter leur langage avec leurs tambours... - [Philosophie et psychanalyse (Sartre et Lacan)](https://jeanzin.fr/2018/04/20/philosophie-et-psychanalyse/): Dans la lignée de mon texte précédent, il s'agit de défaire la totalisation hégélienne qui va de l'existence individuelle à l'histoire, non pour réduire à rien la dialectique, qui reste si éclairante en de nombreuses occasions, mais pour montrer comme les différentes dimensions ont leur autonomie et leur propre logique, ne pouvant s'unifier en dépit des penchants totalitaires de la pensée, ce qu'ont pu confirmer encore les tentatives calamiteuses de traduction politique de l'existentialisme. Il n'y a pas continuité de la subjectivité (singulière) aux sciences (universelles) ni au politique (particulier). La raison, qu'elle soit logique, calculante, technique ou cognitive, a incontestablement de larges domaines de pertinence mais à vouloir tout recouvrir de son scientisme, on s'aperçoit qu'elle efface ce qui nous distingue des machines, la part irrationnelle de l'âme dont on peut soutenir qu'elle constitue notre humanité au moins autant que la part rationnelle ("Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point"). Contre la simple identification d'Homo sapiens à un animal rationnel et à la conscience de soi, il faudrait admettre que nous sommes surtout des êtres parlants pris dans des récits familiaux et des croyances collectives, que nous sommes tout autant des Homo demens et que ce n'est pas un détail négligeable. En dehors de capacités techniques impersonnelles, notre humanité se manifeste en effet d'abord par ses mythes et religions (qui sont des histoires à dormir debout), comme au niveau individuel par la folie, le rêve, le fantasme, l'amour, le désir, les symptômes, actes manqués, etc., toutes choses dont les robots et intelligences artificielles sont complètement dépourvus, même à les doter de capacités émotionnelles. Ce sont paradoxalement les épreuves de la vie, nos traumatismes et blessures narcissiques, nos fragilités, nos défauts, nos bizarreries qui nous donnent une profondeur humaine, voire quelques talents spéciaux. La rationalité philosophique se trouve ainsi forcée de reconnaître son dehors et l'opacité à soi-même, tout comme la politique doit renoncer à forger un homme nouveau entièrement rationnel et le cognitivisme ou l'Intelligence Artificielle revoir leur conception de la conscience. Après avoir montré la séparation de la pensée et de l'être, avec notamment l'autonomie de l'évolution cognitive et technique par rapport au politique, c'est donc l'autonomie de l'inconscient qu'on va mettre en lumière, ce qui oppose la philosophie à l'autre scène, celle de la psychanalyse, de l'incidence du langage et de notre enfance sur nos existences, au-delà de nos projets conscients et de tout souci cognitif puisqu'on est ici plutôt dans le refus de savoir, où la résistance est à la mesure de la vérité qui blesse. La démarche philosophique, y compris sous la forme d'une psychanalyse existentielle, se trouve ainsi débordée par l'évolution technique d'un côté, et par l'inconscient de l'autre, le véritable monde de la subjectivité et du récit de soi, qui se distingue radicalement de celui de l'économie ou du cognitif. - [Hegel et les extraterrestres](https://jeanzin.fr/2018/04/09/hegel-et-les-extraterrestres/): On va se servir ici des extraterrestres pour dépasser l'humanité comme espèce et l'universaliser, mais aussi pour insister sur la séparation de la pensée et de l'être, de l'Esprit et de la Nature qu'on ne peut unir qu'en reconnaissant leur contradiction. Dépasser cette contradiction n'est pas l'annuler comme on le croit trop souvent, mais implique une certaine négation de l'Esprit, science soumise à la discipline de l'expérience, à la Nature donc, à l'extériorité ainsi intériorisée (plus qu'intentionalité extériorisée). S'il apparaît nécessaire, depuis Marx, de renverser l'idéalisme hégélien au profit de déterminations plus matérielles, on peut dire, comme l'avait d'ailleurs bien vu Lénine, que Hegel avait opéré lui-même ce renversement à la fin de sa Logique qui s'achève par "l'idée pratique", idée qui n'est plus abstraite mais part du possible actuel, "fait face au réel effectif en tant que réel effectif", et se comprend comme nécessité, où le subjectif renonce à son arbitraire et sa particularité pour s'unir à l'objectif. Il reste malgré tout chez Hegel (et ceux qui s'en réclament) un primat de la causalité logique et spirituelle à laquelle on doit opposer la prépondérance des causalités matérielles, ainsi que la temporalité de l'après-coup à la place du projet initial ou de l'incarnation d'un logos (jouissance divine supposée à la fin de l'Encyclopédie!). Il reste aussi chez lui une certaine identification de l'Esprit à l'Homme, qu'on peut dire inévitable à son époque mais qui a pour conséquence de biologiser l'Esprit en quelque sorte. Or, le simple fait que des scientifiques se soient mis à la recherche de signes d'une civilisation extraterrestre suffit à faire vaciller une identité humaine biologisante (sans parler de l'Intelligence Artificielle et des Transhumanistes). Cela relativise aussi notre rôle dans l'histoire. L'existence hypothétique de civilisations extraterrestres implique en effet une vision de l'évolution cognitive largement indépendante de nous et de notre espèce. C'est tout-à-fait conforme à la conception hégélienne d'une action souterraine de la raison dans l'histoire, en dépit des passions humaines, mais la supposition d'autres civilisations technologiques renforce l'autonomie de l'histoire et de l'Esprit au détriment de la liberté de l'Homme - qui n'en est plus qu'un agent quelconque. Une conception cosmologique de l'évolution cognitive, avec des lois scientifiques identiques dans tout l'univers, constitue un nouveau progrès dans l'universalité. Du coup, c'est l'Esprit qui apparaît d'abord radicalement indépendant de la Nature et purement nécessaire en soi, progrès scientifique et processus de civilisation. Mais si la Nature semble l'inessentiel dans ses particularités planétaires par rapport à la logique ou la physique, en même temps, cet Esprit apparaît comme le résultat nécessaire de l'évolution naturelle et de la sélection par le résultat, restant dès lors un degré de la Nature malgré tout, soumis à l'urgence (histoire subie et non conçue). Cet "Esprit vivant", qui agit dans le monde, reconstitue sans doute l'unité du concept et du réel mais pas sans leur douloureuse contradiction, Esprit qui se cogne à une Nature qui lui résiste et sur laquelle il doit se régler dans la pratique. - [Revue des sciences avril 2018](https://jeanzin.fr/2018/04/01/revue-des-sciences-avril-2018/): Évolution : des réseaux plutôt que des arbres Le plus ancien témoignage de pensée symbolique serait néandertalien ? Hawking et le multivers La matière noire expliquée par les trous noirs primordiaux créés par le champ de Higgs ? La Nasa veut détourner des astéroïdes avec des bombes nucléaires Un flux de photons intriqués contre la décohérence Essayer d'empêcher les glaces des pôles de fondre Un film pour protéger les coraux du soleil La déforestation de l'Afrique centrale par l'agriculture, il y a 2600 ans La forêt amazonienne proche de la situation de non-retour De l’électricité produite à partir des variations de température L'optogénétique pour produire des carburants avec des levures modifiées Des Chinois veulent faire tomber la pluie au Tibet avec de l'iodure d'argent Le continent de plastique augmente de façon exponentielle Les micro-ARN, alternative sérieuse aux engrais chimiques et aux pesticides LUCA aurait pu mélanger les membranes de bactéries et d'archées La production de protéines sans cellules Des artefacts de Sapiens il y a 320 000 ans Nous nous sommes croisés 2 fois avec les Denisoviens L'éruption du Mont Toba (74000 ans), n'a pas affecté les populations côtières Conserver son cerveau sous forme numérique ? Un anticancer pourrait réduire l'autisme Bose met au point des lunettes de réalité augmentée audio IA et Blockchain pour contrôler les appareils avec des pensées J'ai été très intéressé par la théorie de l'évolution d'Éric Bapteste insistant sur les interrelations et le collectif qu'il définit comme "des handicapés qui s'épaulent" ! Encore une fois notre préhistoire est réécrite gommant un peu plus la différence entre Sapiens et Néandertal, témoignant surtout de notre manque de données. La mort de Hawking est l'occasion de parler de la théorie du multivers. On apprend que l'éventualité rejetée jusqu'ici d'utiliser des bombes atomiques pour détourner un astéroïde est désormais envisagée sérieusement. On s'approche sinon du point de non-retour pour la biodiversité ou la déforestation, en désespoir de cause on pourrait essayer d'empêcher les glaces des pôles de fondre ou protéger les coraux du soleil. Déjà, des Chinois veulent faire tomber la pluie au Tibet avec des cheminées qui répandent de l'iodure d'argent, risquant d'assécher d'autres contrées. A côté de cela, la production d'électricité à partir des variations de température semble très anecdotique mais les tentatives de produire de l'électricité à partir de la chaleur ambiante se multiplient. Alors que l'Intelligence Artificielle occupe le devant de la scène, on pourrait l'utiliser en combinaison avec la blockchain pour contrôler nos appareils numériques par la pensée. Plus inquiétant, de façon très prématurée, il est déjà proposé de conserver son cerveau sous forme numérique en figeant ses synapses afin de pouvoir les enregistrer numériquement dans un avenir hypothétique... - [The coming collapse](https://jeanzin.fr/2018/03/21/the-coming-collapse/): Objectively speaking, what should concern us most is the risk of ecological collapse and preserving our living conditions and natural resources. However, we must not confuse one collapse with another, as this only encourages confusion. It is not enough to engage in a contest of exaggerations on the pretext that a collapse is inevitable! Prophecies of the end of the world at noon next year are old news. We must admit that it is not so easy to assess the real risks and prioritize them. Only the scientific method can help us do this, even if it does not guarantee any ... Lire la suite - [L'effondrement à venir](https://jeanzin.fr/2018/03/21/l-effondrement-a-venir/): Objectivement, ce qui devrait le plus nous préoccuper, c'est bien le risque d'effondrement écologique, de préserver nos conditions de vie et les richesses naturelles. Encore faut-il ne pas se tromper d'effondrement, ce qui ne fait qu'encourager la confusion. Il ne suffit pas de faire un concours d'exagérations au prétexte qu'un effondrement doit inévitablement se produire ! Les prophéties de fin du monde pour l'année prochaine à midi sont une vieille histoire. On doit bien avouer qu'il n'est pas si facile d'évaluer les risques réels et de les hiérarchiser. La méthode scientifique peut seule nous y aider même si elle ne garantit aucune vérité, se contredisant sans cesse. Ce n'est pas en tout cas une question de convictions personnelles. On a besoin de travaux sérieux et de débats scientifiques, sur le modèle du GIEC pour les risques climatiques. Le rapport de Rome sur les limites de la croissance était un pas dans ce sens mais notre situation a beaucoup changé depuis 1972, les risques principaux n'étant plus tant un épuisement des ressources que le réchauffement climatique et l'effondrement de la biodiversité. Cet effondrement était trop négligé jusqu'ici mais "L'Appel des scientifiques pour le climat" alertant sur l'état catastrophique de la planète, lancé par des écologues et signé par plus de 15.000 scientifiques, met cette fois en avant la perte de la biodiversité et la déforestation en plus de la pollution et du réchauffement. La prise de conscience de ces risques imminents est d'autant plus importante que nous sommes dans une des phases les plus dangereuses de l'humanité qui continue à croître de façon accélérée (en Afrique surtout maintenant) avant d'atteindre, dans quelques dizaines d'années sans doute, le pic de tout (population, consommation). La démographie pèse effectivement de tout son poids comme ils y insistent, mais bien plus encore le développement des pays les plus peuplés. - [Les causes matérielles : écologie, économie, technique](https://jeanzin.fr/2018/03/09/les-causes-materielles-ecologie-economie-technique/): Depuis l'enthousiasme suscité par la Révolution Française, la conviction que c'est "l'Homme" qui fait l'histoire est profondément ancrée en nous, il est même très mal vu de prétendre le contraire. Notre destin est du coup l'enjeu de luttes sanglantes entre différentes visions de la société, différentes valeurs, différentes croyances. Si le sort du monde est entre nos mains et que ce ne serait qu'une question de volonté, il n'y a pas à lésiner sur les moyens, en effet. L'expérience est pourtant que ce volontarisme non seulement n'atteint pas son but mais qu'il mène au pire notamment dans la répression de ses oppositions et l'acharnement dans la négation d'un réel qui lui résiste. La politique constitue une grande part de nos problèmes plus que des solutions qu'elle pourrait apporter. Ce règne du discours et des grandes généralités favorise les surenchères et les promesses intenables. La première chose serait de faire descendre la politique de son piédestal et ne plus idéaliser une démocratie toujours gangrenée par les ambitions, la corruption, la manipulation, l'ignorance ou les passions. La critique de la politique est le préalable pour ne pas trop en attendre et reconnaître que les déterminations ne sont pas idéologiques mais largement matérielles, la part de l'idéologie étant de nous rendre aveugles à ces contraintes, de nous enferrer dans l'erreur en surestimant notre pouvoir et nos moyens de créer un monde à notre image. Car, bien sûr, à l'évidence ce monde est inacceptable, ce n'est pas notre monde, il y a disjonction entre la pensée et l'être, mais si changer le monde serait bien nécessaire, cela ne signifie pas que ce soit possible. Cette critique de la politique par les écologistes est d'autant plus urgente que nous avons absolument besoin de politiques publiques, mais des politiques réalistes, ayant assez d'humilité pour coller au réel et se remettre en cause. Il faudrait surtout revaloriser l'action locale trop délaissée par rapport aux grandes mesures étatiques et rêves de grands chambardements. L'idéalisme des intellectuels ne nous sera d'aucun secours, leurs appels tonitruants, leurs subtilités argumentatives, leurs déconstructions voulant nous persuader après tant de prophètes que l'impossible devient enfin possible, que ce n'est qu'une question de représentation, d'une vérité alternative. Au lieu de croire à la conversion de l'humanité entière à une autre vie et des valeurs plus hautes (toujours espérée, toujours déçue), ce sont les contraintes matérielles effectives qu'il nous faut prendre en compte ainsi que le peu de moyens que nous avons d'y intervenir. Plutôt qu'une bataille des idées, ce sont nos actions locales qui peuvent convaincre et se multiplier. Tous les extrémistes ne font qu'ajouter à notre impuissance quand on a besoin de militants résolus, pas de donneurs de leçons. Pour l'écologie, ne pas se préoccuper de l'efficacité de nos actions ou la surévaluer, c'est être irresponsable et participer au désastre. - [La jouissance dans tous ses états](https://jeanzin.fr/2026/06/09/la-jouissance-dans-tous-ses-etats/): - Du désir à la jouissance - La jouissance du corps - La jouissance de l'Autre - La jouissance du sinthome - La jouissance dans tous ses états Je suis à la place d'où se vocifère que l'univers est un défaut dans la pureté du Non-Etre. Et ceci non sans raison, car à se garder, cette place fait languir l'Etre lui-même. Elle s'appelle la Jouissance, et c'est elle dont le défaut rendrait vain l'univers. En ai-je donc la charge ? - Oui sans doute. Cette jouissance dont le manque fait l'Autre inconsistant, est-elle donc la mienne ? L'expérience prouve qu'elle m'est ordinairement interdite, et ceci non pas seulement, comme les croiraient les imbéciles, par un mauvais arrangement de la société, mais je dirais par la faute de l'Autre s'il existait. Subversion du sujet et dialectique du désir dans l’inconscient freudien Cette citation de la fin des "Ecrits" témoigne du tournant du désir à la jouissance du dernier Lacan, à partir du séminaire sur "L'éthique de la psychanalyse" (1960) jusqu'au séminaire "Encore" (1972) et aux suivants sur le sinthome. Ce tournant s'est imposé par l'échec de l'analyse mais n'a pas été assez critiqué dans ses conséquences délétères. Il semble que chaque progrès de la théorie analytique finit par devenir contre-productif en se dogmatisant. En tout cas, ce passage du manque, du désir de l'Autre, au plein de la jouissance du corps est problématique, tout comme l'assimilation du symptôme à une jouissance opaque. Il ne s'agit pas d'en contester la "vérité" mais les effets discursifs. Plus généralement, comme on l'a vu avec les promesses de guérison, de libération sexuelle ou de traversée du fantasme, la psychanalyse se fourvoie à chaque fois qu'elle prétend à quelque positivité alors qu'elle n'a affaire qu'au négatif. "L’échec, c’est ce que nous opposons au succès" (La troisième) - lapsus, acte manqué, symptôme. Si cette nouvelle promotion de la jouissance n'est donc pas sans raisons, comme on le verra, on ne peut ignorer en effet sa parfaite conformité au bruit de fond transgressif du discours publicitaire de la société de consommation et du spectacle, semblant annoncer Mai68 que la citation critique d'avance ! La focalisation sur la jouissance a non seulement l'inconvénient de sortir du langage et de la dialectique subjective pour revenir à des causes purement individuelles et non analysables, presque biologiques, mais, de plus, cela mène à l'assimilation de différents modes de jouissances plus ou moins incompatibles, ce qui est la source de confusions difficiles à éclaircir. Surtout, le seul fait de parler de cette jouissance mystérieuse ne fait que nous accabler un peu plus ("lier des fardeaux pesants et insupportables pour en accabler les épaules des hommes"), renforçant le sentiment d'en être privés dans les difficultés de la vie quand tant d'autres en seraient comblés ("Tous les garçons et les filles de mon âge"). On n'a effectivement pas besoin de ça pour, dès qu'on parle de jouissance, se faire l'idée d'une jouissance supérieure, imaginaire, purement verbale... - [L'échec de la psychanalyse](https://jeanzin.fr/2026/04/27/lechec-de-la-psychanalyse/): Temps de lecture : 21 minutes- Freud et l'échec thérapeutique Il n'y a pas de théorie psychanalytique comme il y a des théories philosophiques déployant leurs conséquences logiques. Ce qui existe, ce sont toutes les découvertes de la pratique analytique, dont Freud en premier lieu a tenté de rendre compte dans une approche tâtonnante, n'hésitant pas à repenser ses théorisations précédentes. C'est cet ancrage dans l'expérience qui peut rapprocher la psychanalyse des sciences sans pouvoir prétendre à son objectivité ou sa réfutabilité, étant plutôt une pratique, ce qui ne peut annuler le témoignage des analysants et tout le matériel mis au jour, ... Lire la suite - [La France mélangée](https://jeanzin.fr/2026/03/09/la-france-melangee/): Temps de lecture : 21 minutes L'histoire des civilisations à la lumière des études génétiques met en relief un fait trop sous-estimé : le rôle décisif qu'ont eu les immigrations et mélanges de populations étrangères, aussi bien à Sumer qu'en Egypte ou au Mexique, dans l'invention des dieux déterritorialisés du polythéisme , qui ne sont plus des esprits locaux mais des fonctions universelles et qui montreront leur capacité à unir des populations de différentes origines, déracinées et coupées du culte des ancêtres, dans des cités-Ètats à l'origine des premières civilisations. L'important n'est pas tant cette invention des dieux mais la manifestation du ... Lire la suite - [De l'Esprit](https://jeanzin.fr/2026/02/10/de-lesprit/): Temps de lecture : 21 minutesPour clore mes études sur les religions, il m'est apparu crucial de souligner que si la plupart des philosophes valorisent la religion et la spiritualité, faisant même souvent de l'idée de Dieu ce qui nous sépare de l'animal, il devrait être clair pourtant que ce "Dieu des philosophes" n'a rien de commun avec les dieux des religions (ce que Pascal dénonçait), pas plus que la spiritualité philosophique avec les pratiques religieuses effectives. En fait, de Platon à Hegel ou Heidegger, sous des appellations un peu différentes (ordre, absolu, Être et âme, conscience, être-là), on retrouve étonnamment les ... Lire la suite - [The evolution of religious structures](https://jeanzin.fr/2026/01/30/the-evolution-of-religious-structures/): Temps de lecture : 21 minutesReturning to the history of religions has convinced me of the inadequacy of theories of religion—whether Aristotle’s, Hegel’s, or Durkheim’s—that is, both those grounded in individual subjectivity and those based on their social function. It is not possible, in fact, to remain at this level of generality and to ground these historical phenomena in the psychological structures of the human species, nor to remain within this sociological functionalism (Durkheim) any more than in the representation of a people’s truth (Hegel), given their connection to material conditions (hunter-gatherers, farmers, city-states, empires). Once again, the issue will be to ... Lire la suite - [L'évolution des structures religieuses](https://jeanzin.fr/2026/01/30/levolution-des-structures-religieuses/): Temps de lecture : 21 minutesRevenir à l'Histoire des religions m'a convaincu de l'insuffisance des théories de la religion, d'Aristote aussi bien que de Hegel ou Durkheim, c'est-à-dire aussi bien celles qui partent de la subjectivité individuelle que de leur fonction sociale. Il n'est pas possible, en effet, de rester à ce niveau de généralité et de fonder ces productions historiques sur les structures psychologiques de l'espèce, ni en rester à ce fonctionnalisme sociologique (Durkheim) pas plus qu'à la représentation de la vérité d'un peuple (Hegel) étant donné leur lien aux conditions matérielles (chasseurs-cueilleurs, agriculteurs, cité-Etats, empires). Il sera question, encore une ... Lire la suite - [De Zarathoustra au Zoroastrisme](https://jeanzin.fr/2026/01/10/de-zarathoustra-au-zoroastrisme/): Temps de lecture : 21 minutesA croire la présentation officielle, les choses sont simples : Zarathoustra prophète inspiré aurait fondé la première religion monothéiste. Mais, dès qu'on y regarde de plus près, on voit que rien ne tient. Même lorsqu'ils gardent un noyau de vérité, il ne faut jamais croire les textes sacrés. D'abord, il y a un grand écart d'un millénaire dans les datations possibles de l'existence supposée de ce Zarathoustra ! Ensuite, l'authenticité des quelques Gathas (hymnes) qui lui sont attribués est fortement douteuse. Enfin, il est faux d'y voir un monothéisme quand il ne s'agit que d'un Dieu suprême. ... Lire la suite - [La mélatonine contre la neurodégénérescence](https://jeanzin.fr/2025/11/28/la-melatonine-contre-la-neurodegenerescence/): Temps de lecture : 21 minutes Une étude pilotée par l'IA, confirme le rôle de la mélatonine, longtemps soupçonné autant que contesté, dans le vieillissement et notamment dans la neuro-inflammation et les maladies neurodégénératives (Alzheimer), pas seulement dans la régulation du sommeil (permettant d'évacuer, entre autres, les protéines déficientes comme les plaques amyloïdes). Il était connu que la baisse de la mélatonine était génétiquement programmée, à l'adolescence d'abord déclenchant la puberté, puis après 50 ans aggravant le vieillissement (déclenchant aussi l'hibernation chez certains animaux). Malgré des risques cardiaques détectés récemment, la mélatonine serait donc bien une des meilleures thérapies anti-âge et anti-Alzheimer. ... Lire la suite - [The Origins of Christianity](https://jeanzin.fr/2025/11/15/the-origins-of-christianity/): Temps de lecture : 21 minutes (Preface) Close preface It would be foolish to dismiss the study of religions as trivial when we are witnessing a violent religious and obscurantist backlash against progressivism and science. The role of religions has been significant, at least since Sumer and Egypt, both politically and psychologically. My interest in this subject dates back a long time, as I had already attempted a very concise history of religions in 1994. Regarding the origins of Christianity, my 2007 article on “the invention of Jesus” surveyed all the Jewish movements that could have led to Christianity, broadly classifying them ... Lire la suite - [Les origines du christianisme](https://jeanzin.fr/2025/11/15/les-origines-du-christianisme/): Temps de lecture : 21 minutesOn ne peut considérer qu'il soit trop futile de s'intéresser aux religions alors qu'on assiste à une violente réaction religieuse et obscurantiste contre le progressisme et les sciences. Le rôle des religions est considérable, au moins depuis Sumer et l'Égypte, aussi bien au niveau politique que psychologique. Mon intérêt pour la question est très ancien puisque j'avais déjà tenté une histoire des religions très concise en 1994. Pour l'origine du christianisme, mon article de 2007 sur "l'invention de Jésus" faisait l'inventaire de tous les courants juifs qui avaient pu mener au christianisme en les classant grossièrement selon ... Lire la suite - [L'évolution d'Homo sapiens](https://jeanzin.fr/2025/10/28/levolution-dhomo-sapiens/): Temps de lecture : 21 minutes J'ai coutume de répéter qu'il n'y a rien qui change plus que notre passé, notamment quand les données sont trop rares comme en paléoanthropologie, il est donc toujours risqué de faire le point des connaissances actuelles qui peuvent encore changer mais, en même temps, c'est ce qui rend utile de tenter régulièrement la mise à jour du récit de nos origines. Bien que tout récit soit trompeur, trop linéaire et simplificateur, réfuter les récits précédents permet d'en tirer un certain nombre de leçons. On montrera notamment en quoi ce n'est pas l'hérédité ni une quelconque essence ... Lire la suite - [La philosophie de notre temps (selon les IA)](https://jeanzin.fr/2025/10/04/la-philosophie-de-notre-temps-selon-les-ia/): Temps de lecture : 21 minutesJ'ai posé cette question à DeepSeek et à ChatGPT : "Quelle philosophie pourrais-tu tirer de toutes tes données et de toutes les philosophies du monde, quelle serait la philosophie la plus probable ?". Les réponses ont été très semblables et même si semblables (bien que pas tout-à-fait) à mes propres conceptions que j'ai dû demander de les refaire en ignorant tout de moi sans que le résultat change beaucoup. Cette philosophie la plus probable n'a bien sûr rien d'innovant ou d'extraordinaire, prenant sa source dans le déjà-dit, c'est d'une certaine façon la philosophie la plus triviale, philosophie ... Lire la suite - [La différence des systèmes de Hegel et Kojève](https://jeanzin.fr/2025/09/08/la-difference-des-systemes-de-hegel-et-kojeve/): Temps de lecture : 21 minutesLa publication récente du Sophia de Kojève a permis de prendre la mesure de son incroyable stalinisme ainsi que de l'influence de Vladimir Soloviev sur son interprétation faussée de Hegel. Cela rend indispensable de faire le point sur leurs différences et par la même occasion de préciser ce qu'on doit garder de Hegel - et préciser ma propre conception de la dialectique historique. Cela sans accepter le reste de mysticisme hérité de Jacob Boehme qui a pu justifier le confusionnisme des interprétations idéalistes ou théologiques, notamment en Russie où le pouvoir actuel se situe dans la lignée ... Lire la suite - [Top 20 (en)](https://jeanzin.fr/2025/08/15/top-20-en/): Temps de lecture : 21 minutesAccording to ChatGPT, the 20 articles to be translated first. Foundations & Temporalities Ontology (May 2, 2025) — Summary of “being = improbable,” ontological matrix (indeterminacy, information, becoming) on which everything else is based. Most concise entry point. The retrospective historical dialectic (2025-06-15) — Key update for understanding dialectics. The three dimensions of time, gravity, and entropy (2025-06-28) — Unique dialogue between cosmology, entropy, and the philosophy of time, highly exportable. The Future Does Not Exist, There Are Only Multiple Temporalities (2021‑08‑01) — Hierarchizes historical rhythms; complements #3. (I suggested this one, but it's just a short ... Lire la suite - [Kojève, Sophia: revolutionary wisdom](https://jeanzin.fr/2025/08/08/kojeve-sophia-revolutionary-wisdom/): Temps de lecture : 21 minutesWe must recognize the historical nature of the ideologies that structure us but belong entirely to their time, in the sense that they very quickly become outdated in subsequent periods. It is good to spell out the obvious truths that we acted on without thinking at the time, and there is no one better than Kojève to formulate the implacable logic behind them, the falsity of which we can now fully appreciate. It is useful to quote some excerpts to show how convincing they seem at first glance. Here, Kojève rigorously exposes the entire revolutionary mythology of ... Lire la suite - [Kojève, Sophia : la sagesse révolutionnaire](https://jeanzin.fr/2025/08/08/kojeve-sophia-la-sagesse-revolutionnaire/): Temps de lecture : 21 minutesIl faut prendre la mesure du caractère historique des idéologies qui nous structurent mais appartiennent entièrement à leur temps, au sens où elles apparaissent très vite datées ensuite dans les périodes suivantes. Il est bon d'expliciter les évidences au nom desquelles on agissait sans y penser à l'époque et il n'y a rien de mieux que Kojève pour en formuler la logique implacable dont nous pouvons mesurer aujourd'hui toute la fausseté, et s'il est utile d'en citer des extraits, c'est pour en montrer le caractère si convainquant au premier abord. Ici, c'est en effet toute la mythologie ... Lire la suite - [Top 20](https://jeanzin.fr/2025/07/16/top-20/): Temps de lecture : 21 minutesSelon ChatGPT les 20 articles à traduire en anglais : Fondements & Temporalités Ontologie (2025‑05‑02) — Synthèse « être = improbable », matrice ontologique (indétermination, information, devenir) sur laquelle tout le reste s’adosse. Point d’entrée le plus synthétique. (en) La dialectique historique rétrospective (2025‑06‑15) — Mise à jour clé pour comprendre la dialectique effective. (en) Les trois dimensions du temps, la gravité et l’entropie (2025‑06‑28) — Dialogue unique cosmologie / entropie / philosophie du temps, très exportable. (en) L’Avenir n’existe pas, il n’y a que des temporalités multiples (2021‑08‑01) — Hiérarchise les rythmes historiques ; complète #3. (suggéré par moi celui-là mais ce n'est ... Lire la suite - [Les trois dimensions du temps, la gravité et l'entropie](https://jeanzin.fr/2025/06/28/les-trois-dimensions-du-temps-la-gravite-et-lentropie/): Temps de lecture : 21 minutesIl est téméraire de parler des nouvelles théories physiques, il y en a bien trop dont on n'entendra plus jamais parler, et il faut bien dire que l’article du mois de janvier "Three-Dimensional Time: A Mathematical Framework for Fundamental Physics" semble un peu trop audacieux, postulant non seulement trois dimensions de temps, ce qui est déjà difficile à avaler, mais surtout que les trois dimensions de l'espace ainsi que les particules seraient produits par l'interaction de ces trois formes différenciées de temporalité physique. Ce n'est pas entièrement nouveau, car il y avait déjà des raisons de penser que le ... Lire la suite - [Three Dimensions of Time, Gravity, and Entropy](https://jeanzin.fr/2025/06/28/three-dimensions-of-time-gravity-and-entropy/): Temps de lecture : 21 minutesIt is bold to speak of new physical theories; there are far too many that we will never hear about again, and one must admit that the January paper “Three‑Dimensional Time: A Mathematical Framework for Fundamental Physics” seems a little too audacious. It not only postulates three dimensions of time—which is already hard to swallow—but also that the three spatial dimensions and even particles themselves are produced by the interaction of these three differentiated forms of physical temporality. This idea is not entirely new, since there were already reasons to think that the time parameter t should ... Lire la suite - [La dialectique historique rétrospective](https://jeanzin.fr/2025/06/15/la-dialectique-historique-retrospective/): Temps de lecture : 21 minutesC'est l'actualité dans ce qu'elle a de plus dramatique qui nous confronte à des renversements dialectiques que l'histoire et la philosophie hégélienne peuvent éclairer. On a vu que le premier souci de Hegel en se séparant de Schelling était d'éviter l'abstraction en essayant de coller aux phénomènes concrets et suivre leurs mouvements dialectiques dans leurs diversités, sans donc avoir besoin de définir cette dialectique à l'avance (ce qu'il fera après-coup dans la Logique). Ce n'est pas d'abord une méthode formelle, préconçue. Malgré tout, son opposition à Schelling implique un rejet de l'immédiateté ainsi que d'une dialectique statique ... Lire la suite - [The Retrospective Historical Dialectic](https://jeanzin.fr/2025/06/15/the-retrospective-historical-dialectic/): Temps de lecture : 21 minutesIt is current events in their most dramatic form that confront us with dialectical reversals that history and Hegelian philosophy can illuminate. We have seen that Hegel's first concern in separating himself from Schelling was to avoid abstraction by trying to stick to concrete phenomena and follow their dialectical movements in their diversity, without therefore needing to define this dialectic in advance (which he will do at the end of the Logic). It is not primarily a formal, preconceived method. Despite everything, his opposition to Schelling implies a rejection of immediacy as well as of a static ... Lire la suite - [La négation de la négation](https://jeanzin.fr/2025/05/28/la-negation-de-la-negation/): Temps de lecture : 21 minutesC'est peu de dire que les dialogues philosophiques sont rares, sauf peut-être à l'adolescence, car un dialogue philosophique est contradictoire, c'est une dialectique entre arguments opposés, opposition qui est presque toujours mal acceptée et prise personnellement. Il est très malpoli de réfuter les autres. Ainsi, dans mon expérience aussi bien André Gorz que Bernard Stiegler prenaient très mal mes objections, seul Jacques Robin semblait les apprécier. Or, c'est désormais un exercice qui est à la portée de tout le monde avec les IA génératives comme interlocuteurs compétents à disposition de tous (plus jamais seul). On peut trouver ... Lire la suite - [Effets neurologiques d'un intestin perméable](https://jeanzin.fr/2025/05/17/effets-neurologiques-dun-intestin-permeable/): Temps de lecture : 21 minutesJ'ai signalé récemment une étude de l'année dernière confirmant l'hypothèse, qui n'est pas nouvelle mais restait controversée, d'une origine intestinale du Parkinson (ou d'autres affections neurologiques), ceci à cause de l'inflammation du cerveau provoquée par les toxines passant dans le sang. Ayant connu cette hypothèse il y a longtemps, à une époque où elle n'était pas prise au sérieux, et malgré de plus en plus d'études allant dans ce sens (ou mettant en cause le nerf vague), je n'y croyais pas vraiment moi-même avant d'en constater, avec une simple diète, l'étonnante pertinence. Cela m'a incité à demander ... Lire la suite - [Le Parkinson un déficit de vitamines B ?](https://jeanzin.fr/2025/05/07/le-parkinson-un-deficit-de-vitamines-b/): Temps de lecture : 21 minutesIl faut toujours se méfier des nouvelles théories remettant en cause les connaissances précédentes surtout quand elles reposent sur un mécanisme complexe et un remède trop simple. Cependant cette théorie repose sur une étude sérieuse et ses hypothèses sont intéressantes qui devront être confirmées par d'autres études et résultats thérapeutiques. Jusqu'ici, la causalité du Parkinson était attribuée à l'inflammation du cerveau et/ou une sorte de maladie à prion, où le mauvais repliement de la protéine α‑synucléine se propagerait dans les neurones dopaminergiques, ce qui finit par les détruire. Ici, c'est l'origine de l'inflammation et du mauvais repliement ... Lire la suite - [Ontology](https://jeanzin.fr/2025/05/02/ontology/): Temps de lecture : 21 minutesThe 2002 text, “The Improbable Miracle of Existence”, put forward a paradoxical ontology that emphasized the unpredictability of being. What must be added, however, is that this unpredictability implies a retroactive temporal structure—time as a radical exteriority that can no more be abolished than entropy can be. Of course, retroaction or Nachträglichkeit has never truly been ignored; it is built into history, dialectics, and natural selection. Yet we have seldom taken full stock of what it means for our relation to the real, to time, to the future. One might call it, figuratively, a cybernetic ontology—one that ... Lire la suite - [Ontologie](https://jeanzin.fr/2025/05/02/ontologie/): Temps de lecture : 21 minutesLe texte de 2002, "l'improbable miracle d'exister", proposait une ontologie paradoxale soulignant l'imprévisibilité de l'être mais il faut y ajouter que cela implique une structure temporelle rétroactive, faisant du temps l'extériorité radicale qui ne peut pas être éliminée, pas plus que l'entropie. On ne peut dire bien sûr que la rétroaction ou l'après-coup aient jamais été ignorés, étant au principe de l'histoire et de la dialectique ou de la sélection naturelle, mais on n'a pas assez pris la mesure de ce que cela implique dans notre rapport au réel, au temps, à l'avenir, ce qu'on peut appeler ... Lire la suite - [Digest (by ChatGPT)](https://jeanzin.fr/2025/04/18/digest-by-chatgpt/): Temps de lecture : 21 minutesA Philosophy of the Improbable, the Real, and Exteriority Jean Zin’s thought has unfolded over more than two decades of sustained writing, in a constant tension between political engagement, scientific culture, and philosophical rigor. His work traverses Hegel, Marx, Kojève, Debord, Heidegger, Lacan, but also cybernetics, biology, information theory, and political ecology. It is neither systematic nor eclectic: it forms a dynamic cartography of the real, starting from its resistances. At the foundation of his work lies a daring ontological thesis: existence is an improbable miracle. As he wrote in The Improbable Miracle of Existing (2002): "It ... Lire la suite - [Synthèse du blog par ChatGPT](https://jeanzin.fr/2025/04/14/synthese-du-blog-par-chatgpt/): Temps de lecture : 21 minutesContre les illusions du récit, pour une pensée du temps, du réel et de la technique Nous sommes coupés du réel par nos récits, nos techniques, nos attentes. Il ne s’agit pas de retrouver une présence perdue, mais de comprendre ce qui, dans l’expérience, résiste à nos projections. Ce manifeste pose les bases d’une philosophie de l’extériorité : non comme altérité abstraite, mais comme structure du temps, de la technique et du réel. Une pensée sans consolation, mais avec exigence : celle de prendre en charge une écologie lucide de notre condition. - [Rien ne se passe comme prévu](https://jeanzin.fr/2025/04/07/rien-ne-se-passe-comme-prevu/): Temps de lecture : 21 minutesC'est quelque chose que savent bien les artisans comme les militaires, rien ne se passe jamais comme prévu, il faut corriger le tir sans cesse, redresser la barre, réparer les dégâts. C'est bien aussi ce qu'implique la dialectique et qu'au moment où l'on croit avoir tout gagné, on a tout perdu - ce que Clausewitz appelle "le point culminant" exposé à un retour de flamme fatal. Il n'y a pas que les fous et les ignorants qui tombent dans le panneau. Un être aussi exceptionnel que Périclès qui avait tant fait pour le rayonnement d'Athènes causera sa ... Lire la suite - [Sapiens métissé avec Erectus il y a 300 000 ans](https://jeanzin.fr/2025/03/20/sapiens-metisse-avec-erectus-il-y-a-300-000-ans/): Temps de lecture : 21 minutes Source : Une étude génétique révèle un chapitre caché de l'évolution humaine Les humains modernes descendent non pas d’une, mais d’au moins deux populations ancestrales qui se sont éloignées puis se sont reconnectées, bien avant que les humains modernes ne se répandent à travers le monde. Grâce à une analyse avancée basée sur des séquences génomiques complètes, des chercheurs de l'Université de Cambridge ont découvert que l'homme moderne est le fruit d'un mélange génétique entre deux populations anciennes qui ont divergé il y a environ 1,5 million d'années et qui se sont hybridés il y a environ ... Lire la suite - [Le début de l'Histoire](https://jeanzin.fr/2025/03/17/le-debut-de-lhistoire/): Temps de lecture : 21 minutes Quand on cherche une origine historique, on en trouve toujours des ébauches ou préfigurations longtemps avant. C'est sans doute différent avec Sumer qui est bien par définition l'origine de l'Histoire en étant à l'origine de l'écriture et donc des premiers documents écrits. Même si l'écriture elle-même avait des précurseurs (sceaux, "chiffres"), la constitution d'archives écrites rend indéniable le fait que "l'Histoire commence à Sumer". Cela ne doit pas pour autant nous faire croire que TOUT commence à Sumer, ce qu'on peut être tenté de penser devant cette civilisation incroyable qui semble avoir tout inventé ("Depuis ce ... Lire la suite - [The beginning of history](https://jeanzin.fr/2025/03/17/the-beginning-of-history/): Temps de lecture : 21 minutesWhen looking for a historical origin, we always find sketches or precursors long before. This is undoubtedly different with Sumer, which is by definition the origin of history, being the origin of writing and therefore of the first written documents. Even if writing itself had precursors (seals, “numbers”), the creation of written archives makes it undeniable that “history began in Sumer.” This should not lead us to believe that EVERYTHING began in Sumer, which is tempting to think when faced with this incredible civilization that seems to have invented everything (“From that day on, nothing else was ... Lire la suite - [Prémonitions funestes](https://jeanzin.fr/2025/02/24/premonitions-funestes/): Temps de lecture : 21 minutesAllemagne Heinrich Heine en 1834 écrit (Sur l’histoire de la religion et de la philosophie en Allemagne) : Le tonnerre allemand est certes lui aussi allemand et il n’est pas très dégourdi et il arrive plutôt lentement, mais il vient et lorsque vous l’entendrez retentir comme jamais rien n’a retenti dans l’histoire du monde, alors sachez-le : le tonnerre allemand a enfin atteint son but. A ce bruit les aigles tomberont morts des airs et les lions dans les déserts iront se réfugier dans leurs royales cavernes. On représentera alors une pièce en Allemagne en comparaison de ... Lire la suite - [Déconstruire la Phénoménologie de Hegel](https://jeanzin.fr/2025/02/23/deconstruire-la-phenomenologie-de-hegel/): Temps de lecture : 21 minutesLa vérification dans notre actualité de la dialectique historique (et l'importance d'en prendre conscience) ne saurait valoir allégeance à tout ce que Hegel a pu en dire au moment de l'Empire, ni adopter une conception de l'esprit qui n'est plus tenable à l'ère des intelligences artificielles génératives. De même adopter la logique aristotélicienne ne peut signifier adopter sa métaphysique ni sa justification d'un patriarcat esclavagiste. Plus généralement, il faut se déprendre de l'illusion qu'un philosophe aurait tout compris et qu'on n'aurait plus qu'à épouser sa philosophie. Les grands philosophes sont admirés pour les vérités qu'ils découvrent ou ... Lire la suite - [Deconstructing Hegel's Phenomenology](https://jeanzin.fr/2025/02/23/deconstructing-hegels-phenomenology/): Temps de lecture : 21 minutesVerifying the historical dialectic in our current reality (and the importance of being aware of it) does not mean allegiance to everything Hegel said about it during the Empire, nor does it mean adopting a conception of the mind that is no longer tenable in the age of generative artificial intelligence. Similarly, adopting Aristotelian logic cannot mean adopting his metaphysics or his justification of a patriarchal slave system. More generally, we must abandon the illusion that a philosopher has understood everything and that all we have to do is embrace his philosophy. Great philosophers are admired for ... Lire la suite - [Les origines de la dialectique hégélienne](https://jeanzin.fr/2025/01/20/les-origines-de-la-dialectique-hegelienne/): Temps de lecture : 21 minutesAyant fait allusion dans le texte précédent aux origines multiples de la dialectique hégélienne, cela m'a incité à approfondir cette question trop négligée - et tenter par la même occasion de rendre compte de l'écriture de la Phénoménologie. Il ne faut pas bien sûr s'en tenir au fait que Hegel renvoyait à Héraclite pour toute réponse, comme s'il n'y avait rien ajouté, recouvrant tout ce que la Phénoménologie apporte justement puisqu'on peut dire que l'ouvrage n'est pas autre chose que l'exposition de la découverte de la dialectique dans toutes sortes de phénomènes (aussi bien psychologiques qu'historiques ou ... Lire la suite - [Progressisme et dialectique](https://jeanzin.fr/2024/12/16/progressisme-et-dialectique/): Temps de lecture : 21 minutesLa montée de l'obscurantisme, de la haine et de la guerre, a de quoi provoquer dépression et sidération du côté des progressistes assistant soudain tout ébahis à la remise en cause de nos conquêtes passées. Oui, l'heure nouvelle est au moins très sévère mais ne devrait pas tant nous surprendre, comme si c'était la première fois que cela arrive alors que c'est une règle constante au cours du temps. Les progressistes se persuadent en effet facilement qu'on n'arrête pas le progrès qui est le mouvement même de l'histoire, matériellement (entropiquement et technologiquement) aussi bien que juridiquement. Il ... Lire la suite - [Tout repenser avant la fin du monde](https://jeanzin.fr/2024/10/13/tout-repenser-avant-la-fin-du-monde/): Temps de lecture : 21 minutesLe prix Nobel décerné aux IA génératives est incontestablement justifié tant elles vont tout envahir et nous obligent à repenser tout ce qu'on croyait savoir de l'esprit et du langage, rendant obsolètes la plupart des philosophies. On peut cependant s'étonner que ce soit un prix Nobel de "physique", ce que justifient les analogies du Deep learning avec la thermodynamique et les réseaux de spin, mais il est regrettable que cela occulte la véritable révolution en physique que provoque actuellement le Télescope James Webb (JWST), révolution qui n'atteint pas encore le public alors qu'il nous donne une nouvelle ... Lire la suite - [Le langage, la logique et l'action](https://jeanzin.fr/2024/08/25/le-langage-la-logique-et-laction/): Temps de lecture : 21 minutesAu tout début d'Internet, en 1997, une de mes premières "publications" avait été la "structure de la Logique" de Hegel dont la logique dialectique s'ancrait dans le déploiement implacable du réel, de sa négativité répondant à l'Esprit qui tente de le saisir et doit à chaque fois corriger et complexifier son acquis précédent par une série de négations (partielles) - toujours insuffisantes, trop simplistes, d'où leur dialectique sans fin... Il faut dire, qu'en dehors de certaines parties confuses, c'est assurément très convainquant. C'était en tout cas une conception objective de la logique échappant à tout psychologisme, logique ... Lire la suite - [Il faut sauver la liberté](https://jeanzin.fr/2024/07/27/il-faut-sauver-la-liberte/): Temps de lecture : 21 minutesLa liberté subjective Comme le dénonçait Francis Bacon, la plupart des prétendues démonstrations philosophiques sont contestables et pur sophismes. C'est le cas notamment sur la liberté. Ainsi, contre les postulats de la philosophie, on a vu qu'être déterminés ne supprime pas le sentiment de notre liberté et de notre part de responsabilité, ce qui veut dire aussi qu'il n'y a pas besoin de se croire absolument libre pour être moral (même une IA générative peut l'être par pure raison ou convention). Pareillement, que nous importe que "la liberté humaine que tous se vantent de posséder consiste en ... Lire la suite - [Notre part de responsabilité](https://jeanzin.fr/2024/07/01/notre-part-de-responsabilite/): Temps de lecture : 21 minutesChaque élément isolé qui se montre comme condition, origine, cause d’une telle circonstance et, par conséquent, a apporté quelque chose qui lui est propre, peut être considéré comme comptable de cela, ou, au moins, comme y ayant une part de responsabilité. Hegel, Principes de la philosophie du Droit, p150 Les deux déterminismes Rien n'étant sans cause, il y a bien un déterminisme intégral, sauf qu'il y en a deux ! On a déjà vu qu'on ne peut, comme le prétendent des physiciens, tout réduire aux causes mécaniques, y compris la mécanique quantique. Il est absurde de parler ... Lire la suite - [L'IA générative déçoit déjà](https://jeanzin.fr/2024/04/28/lia-generative-decoit-deja/): Temps de lecture : 21 minutes En février, le Wall Street Journal rapporte que parmi les « early adopters » de Copilot, l'assistant dopé à l'IA de Microsoft, certains restent dubitatifs sur les bénéfices apportés par la technologie, compte tenu de son prix élevé (30 dollars par tête et par mois). Globalement, les salariés reconnaissent que l'outil est particulièrement utile pour faire des comptes-rendus de réunion, ce qui permet à certains de ne pas participer et de se contenter d'un résumé. En revanche Copilot pour Excel ou pour PowerPoint peine à convaincre, à cause du trop grand nombre d'erreurs et d'hallucinations (les ... Lire la suite - [Francis Bacon, la méthode scientifique contre la connerie humaine](https://jeanzin.fr/2024/04/17/francis-bacon-la-science-contre-la-connerie-humaine/): Temps de lecture : 21 minutesTenant pour assuré que l'entendement humain créait ses propres embarras et n'usait pas avec modération et justesse des aides véritables qui sont au pouvoir de l'homme, que de là provenait une ignorance infinie des choses et, avec cette ignorance, des maux sans nombre [..] Mais il ne fallait nullement espérer que les erreurs qui se sont imposées et qui continueront de s'imposer éternellement se corrigeassent d'elles-mêmes (si l'esprit demeurait laissé à lui-même). p61 Si nous avons fait quelque progrès dans une telle entreprise, la méthode qui nous a frayé la voie n'a été autre que l'humiliation vraie ... Lire la suite - [On ne pense jamais par soi-même](https://jeanzin.fr/2024/03/26/on-ne-pense-jamais-par-soi-meme/): Temps de lecture : 21 minutes Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête - innocent ! - sans songer aux conséquences. Henri Michaux Les critiques des nouvelles intelligences artificielles les accusent de ne faire que répéter bêtement ce que d'autres ont dit mais, d'une part on constate que leurs réponses ne sont pas si bêtes et, surtout, cela éveille le soupçon que nous aussi ne faisons rien d'autre que de répéter comme des perroquets ce qu'on a appris (ce qu'on appelait psittacisme), ceci sous une forme à peine personnalisée le ... Lire la suite - [Dialectique cognitive et Intelligences Artificielles](https://jeanzin.fr/2024/03/14/dialectique-cognitive-et-intelligences-artificielles/): Temps de lecture : 21 minutesSur le temps long, le seul progrès incontestable et cumulatif, est celui des connaissances (de la techno-science). Bien sûr, cela ne veut pas dire que tout le monde y ait accès ni qu'il n'y aurait pas des retours en arrière, des savoirs oubliés ou refoulés à court terme avant d'être redécouverts, mais, en tout cas, et malgré ce qu'on prétend, ce progrès objectif est largement indépendant de nous, imposé par l'expérience contredisant la plupart du temps nos croyances. Loin d'atteindre un savoir absolu pourtant, cette accumulation de connaissances dévoile plutôt à chaque fois de nouvelles terres inconnues, ... Lire la suite - [Cognitive Dialectics and Artificial Intelligence](https://jeanzin.fr/2024/03/14/cognitive-dialectics-and-artificial-intelligence/): Temps de lecture : 21 minutesOver the long term, the only indisputable and cumulative progress is that of knowledge (of techno-science). Of course, this does not mean that everyone has access to it, nor that there will not be setbacks, knowledge that is forgotten or suppressed in the short term before being rediscovered. However, despite what some may claim, this objective progress is largely independent of us, imposed by experience that most of the time contradicts our beliefs. Far from achieving absolute knowledge, however, this accumulation of knowledge reveals new unknown territories each time, so much so that we can say that ... Lire la suite - [Le Moyen Âge d’Henri Pirenne](https://jeanzin.fr/2024/02/16/le-moyen-age-dhenri-pirenne/): Temps de lecture : 21 minutesPirenne voyait dans la constitution d’un espace européen cohérent (replié sur soi), théâtre d’une période appelée « Moyen Âge », la conséquence non pas des invasions barbares (germaniques) mais de l’essor de l’Islam et de l'arrêt (relatif) des échanges entre les rives opposées de la Méditerranée. Non seulement la thèse centrale de "Mahomet et Charlemagne" récusant le triomphe des royaumes barbares et de la culture germanique sur l’Empire romain, mais encore la thèse – propre à "l’Histoire de l’Europe" – de la soumission par la Réforme des sujets à leur prince (cujus regio, ejus religio) renforçant à ... Lire la suite - [Toute négation est partielle](https://jeanzin.fr/2024/01/23/toute-negation-est-partielle/): Temps de lecture : 21 minutesLa dialectique marxiste a donné de la dialectique une vision simpliste très éloignée de celle de Hegel, n'en retenant pas la leçon principale : que toute négation est partielle. En effet, lorsque Paul dit que l'Amour "abolit" la Loi (katargein que Luther traduit par aufheben, terme repris par Hegel), ce n'est pas pour renier le contenu de la Loi mais sa forme, et la porter à un niveau supérieur. De même, dans la dialectique hégélienne, l'aufhebung n'est pas une pure négation mais un dépassement qui conserve et ne supprime pas complètement le passé qu'il surmonte, ce passé ... Lire la suite - [La configuration prospective mieux que l'apprentissage par rétropropagation](https://jeanzin.fr/2024/01/04/la-configuration-prospective-mieux-que-lapprentissage-par-retropropagation/): Temps de lecture : 21 minutes Pour ce que j'en ai compris, cette nouvelle méthode d'apprentissage automatique se rapproche plus du fonctionnement de notre cerveau (notamment des réseaux sensori-moteurs basés sur l'énergie), en recherchant d'abord la bonne configuration du réseau de neurones donnant le bon résultat, pour changer seulement ensuite le poids des synapses. Cela se révélerait bien plus efficace que la rétropagation arrêtant tout pour corriger les erreurs en modifiant immédiatement le poids des synapses avant de refaire le calcul. Ainsi, d’une part, nous démontrons que la configuration prospective effectue un apprentissage plus efficient et rapide que la rétropropagation dans diverses ... Lire la suite - [L'anthropologie philosophique contre l'évolution](https://jeanzin.fr/2023/12/31/lanthropologie-philosophique-contre-levolution/): Temps de lecture : 21 minutesAlors que nous vivons une des plus grandes ruptures avec l'unification du monde (aussi bien climatique, économique, pandémique, technologique) à laquelle s'ajoute l'arrivée de l'Intelligence Artificielle qui bouscule l'ordre ancien, nous nous trouvons devant le plus grand danger avec la violente résistance à cette mondialisation qui suscite la crispation des peuples sur leurs cultures traditionnelles dépassées, tout habités de leurs récits héroïques, si ce n'est de leurs vieux rêves de domination. L'actualité voit se déchaîner guerres et répressions sanglantes qu'on imaginait d'un autre âge. Cela peut d'autant plus nous mener au pire que ces conflits nous empêchent ... Lire la suite - [Le suicide causé par le stress des mitochondries et l'ATP](https://jeanzin.fr/2023/12/16/le-suicide-cause-par-le-stress-des-mitochondries-et-latp/): Temps de lecture : 21 minutesOn découvre encore des causes nouvelles aux dépressions sévères, cette fois une perturbation des mitochondries et de l'ATP (énergie) qui passe hors des cellules, passant d'un stress oxydatif à un stress réducteur qui augmente l'inflammation, provoquant des maladies chroniques et une détresse métabolique à laquelle le suicide tenterait de mettre un terme. "Lorsque l'ATP est à l'intérieur de la cellule, il agit comme une source d'énergie, mais à l'extérieur de la cellule, c'est un signal de danger qui active des dizaines de voies de protection en réponse à un facteur de stress environnemental. Nous émettons l'hypothèse que ... Lire la suite - [Repenser le langage après ChatGPT](https://jeanzin.fr/2023/12/06/repenser-le-langage-apres-chatgpt/): Temps de lecture : 21 minutesIl y a quelques années encore, on désespérait de jamais pouvoir implanter dans un robot nos capacités langagières tant les agents conversationnels étaient limités. L'échec (relatif) du traitement du langage malgré tout ce que la linguistique croyait savoir, entretenait la croyance dans une essence mystique du langage, inaccessible à notre raison comme aux intelligences artificielles. Les performances de ChatGPT ont permis de résoudre ce dernier mystère de notre humanité (celui du langage qui nous sépare de l'animalité), en dévoilant à l'étonnement de tous son mécanisme de prédiction probabiliste de la suite, éclairant du même coup les raisons ... Lire la suite - ["S'il est vivant, il dort" : Des créatures sans cerveau éclairent pourquoi nous dormons](https://jeanzin.fr/2023/11/19/sil-est-vivant-il-dort-des-creatures-sans-cerveau-eclairent-pourquoi-nous-dormons/): Temps de lecture : 21 minutesLe sommeil ne se limite pas au cerveau, les organismes qui en sont dépourvus "dorment" aussi, du moins ralentissent leur métabolisme (avec la mélatonine) pour éliminer les radicaux libres résultant du stress oxydatif et autres déchets ainsi que pour renouveler leurs cellules. L'intestin notamment serait concerné ainsi que les muscles et le système immunitaire. Le cerveau y ajoute bien sûr d'autres fonctions mais il n'est pas le seul à se régénérer dans le sommeil. Source : "S'il est vivant, il dort." Des créatures sans cervelle nous éclairent sur les raisons pour lesquelles nous dormons - [Le sens de l'histoire dépassé par l'évolution](https://jeanzin.fr/2023/11/11/le-sens-de-lhistoire-depasse-par-levolution/): Temps de lecture : 21 minutesL’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux que lui ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde. E. Kant, Idée d'une histoire universelle Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être : c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. K. Marx Le doute sur le rôle des individus dans l'histoire ne date pas d'hier - au moins de Kant, Hegel et Marx - mais les marxistes eux-mêmes n'ont pu l'accepter et, pour justifier leur propre importance, n'ont eu de cesse de faire de la conscience politique (voire ... Lire la suite - [Les jolis contes qu'on se raconte](https://jeanzin.fr/2023/09/22/les-jolis-contes-quon-se-raconte/): Temps de lecture : 21 minutesIl faudra bien l'admettre, pour un parlêtre qui se raconte des histoires, tout est faux ou presque, aussi bien la propagande officielle que la contestation de son mensonge au nom d'une "vraie vérité" aussi trompeuse - bien que sincèrement crue car il ne s'agit pas de mauvaises intentions dans les conflits entre religions ou idéologies aussi fausses les unes que les autres ! Quand presque toutes les populations sont encore religieuses, y compris les Américains les plus avancés, il n'y a rien à attendre de bon sinon de nouvelles guerres de religion (ou de civilisation) avec leur ... Lire la suite - [Evolution et révolutions anthropologiques](https://jeanzin.fr/2023/08/05/evolution-et-revolutions-anthropologiques/): Temps de lecture : 21 minutes- Humanité et langage Alors que l'avenir de l'humanité est en jeu, aussi bien par les transformations technologiques que par la destruction de ses écosystèmes, il est bon de revenir sur notre préhistoire, et notamment sur la révolution culturelle qui commencerait vers 80 000 ans pour s'épanouir dans le registre fossile vers 40 000 ans. On peut considérer cette période comme notre véritable origine d'Homo sapiens, Homme de Cro-Magnon très semblable à nous, même s'il est resté chasseur-cueilleur jusqu'à il y a 12 000 ans au moins, et pas plus de 6000 ans la plupart du temps, ... Lire la suite - [C'est le Bien la cause du Mal](https://jeanzin.fr/2023/07/15/cest-le-bien-la-cause-du-mal/): Temps de lecture : 21 minutesVoilà ce qu'on prendra pour une provocation absurde, impossible à prendre au sérieux car contraire à tout ce qu'on nous serine partout. Et pourtant, tout le monde connaît la formule éculée rappelant que "l'enfer est pavé de bonnes intentions", mais, au fond, personne n'y croit (en dehors des taoïstes). On se persuade que cela ne nous concerne pas et que notre bonne volonté sincère, garante de notre moralité, ne pourrait tomber dans cette malédiction ! Il faut évidemment nuancer ou plutôt préciser de quel Bien majuscule on parle. Ce n'est certes pas que tout positif serait négatif, ... Lire la suite - [Conscience animale, humaine et artificielle](https://jeanzin.fr/2023/06/26/conscience-animale-humaine-et-artificielle/): Temps de lecture : 21 minutesLoin de tous les archaïsmes qui nous hantent encore, nous sommes vraiment à un moment historique de notre "conscience de soi", et si presque tout ce qu'on pensait de l'esprit est devenu obsolète depuis le lancement de ChatGPT, quelques unes des théories précédant cette révélation peuvent au contraire s'en trouver confortées, telle cette théorie de la conscience comme mémoire épisodique (de la suite des événements), que j'avais signalée par un tweet en octobre 2022 mais qui vaut qu'on y revienne, alors que, d'un autre côté, l'évolution de ChatGPT semble impliquer non seulement une possibilité des Intelligences Artificielles ... Lire la suite - [L'identité humaine à l'épreuve des chatbots](https://jeanzin.fr/2023/05/28/lidentite-humaine-a-lepreuve-des-chatbots/): Temps de lecture : 21 minutesJusqu'à présent, notre capacité à utiliser et comprendre le langage restait une énigme qui nous distinguait radicalement des autres animaux tout autant que des intelligences artificielles précédentes. Du coup, ce mystère constituait un marqueur identitaire nous permettant de nous croire très supérieurs et même d'essence divine. Cependant, comme on l'a vu, les modèles de langage tels que ChatGPT, imitant nos réseaux de neurones, ont révélé de manière très déceptive que leur moteur était simplement la prédiction probabiliste du mot suivant. Ce mécanisme basique est très éloigné en effet de ce qu'on pouvait supposer (d'une causalité génétique, cognitive ... Lire la suite - [Ce que ChatGPT révèle de notre esprit](https://jeanzin.fr/2023/04/19/ce-que-chatgpt-revele-de-notre-esprit/): Temps de lecture : 21 minutesIl est difficile de mesurer à quel point, bien au-delà de leur utilité immédiate, les modèles de langage génératifs comme ChatGPT vont bouleverser nos représentations du monde et donc le changer profondément, religions, idéologies, philosophies devenant instantanément obsolètes. En cela, on peut dire que l'IA va bien détruire les anciennes civilisations mais ce sera par la révélation (si déceptive) du fonctionnement de notre esprit. En effet, partout on répète à foison que ces intelligences artificielles n'ont rien à voir avec notre propre intelligence or il n'y a rien de plus faux. Certes il est exact qu'elles n'ont ... Lire la suite - [La guerre d'Ukraine refonde l'ordre mondial](https://jeanzin.fr/2023/03/05/la-guerre-dukraine-refonde-lordre-mondial/): Temps de lecture : 21 minutesC'est la guerre qui fait l'histoire Si la guerre n'était si tragique, on pourrait trouver comique que la plupart des discours essayent de deviner les intentions des acteurs et surtout qui tire les ficelles d'une histoire qui nous échappe alors que les positions changent avec la situation et les réactions en chaîne qu'elle provoque, aussi bien militairement, économiquement qu'idéologiquement. Une analyse plus objective de ce qui se révèle comme toujours un engrenage implacable de causes matérielles reste pourtant complètement irrecevable pour la plupart - s'imaginant libre, intelligent et moral, capable de changer le destin, au lieu d'en ... Lire la suite - [Le cas Heidegger](https://jeanzin.fr/2023/02/10/le-cas-heidegger/): Temps de lecture : 21 minutes1. La connerie des philosophes 2. Psychanalyse 3. Sociologie 4. Histoire de la philosophie 5. Phénoménologie de l'existence 6. Différence ontologique 7. Confusions idéologiques 1. La connerie des philosophes Jacques Rancière étant très attaché à l'égalité des intelligences - postulat dogmatique bien difficile à défendre - critique pour cela l'élitisme de Debord et des intellectuels ou philosophes qui prétendent désaliéner un peuple supposé sans aucun recul sur le Spectacle qui l'hypnotise et le système qui l'exploite. De fait, la conscience de la domination et de la propagande est sans doute plus répandue qu'on ne croit, mais cela ... Lire la suite - [On est trop cons](https://jeanzin.fr/2022/12/30/on-est-trop-cons/): Temps de lecture : 21 minutesVoilà, c'est un fait massif auquel il faut bien se résoudre à la fin. On ne peut pas dire que ce soit une découverte pourtant, on peut même dire qu'on le savait depuis toujours - comme tout ce qu'on refoule - mais il faut croire qu'on ne peut pas s'y faire, que c'est même interdit de le dire, très mal vu et désobligeant, à l'opposé du respect exigé et de ce qu'on nous enseigne partout, flattant au contraire notre supposé "bon sens" démocratiquement partagé et notre intelligence supérieure. Il est clair que tout dialogue s'adresse à cette ... Lire la suite - [L'invincible liberté](https://jeanzin.fr/2022/10/26/linvincible-liberte/): Temps de lecture : 21 minutes - [Renverser l'idéalisme de Hegel](https://jeanzin.fr/2022/10/15/renverser-lidealisme-de-hegel/): Temps de lecture : 21 minutes"Toute vraie philosophie est un idéalisme" affirme très justement Hegel, puisqu'elles ne font que manier des idées, mais, en fait, cela veut dire qu'elles sont trompeuses, reprenant les fausses promesses des religions dans la prétention de tout expliquer et nous guérir de la conscience de la mort par quelque formule bien frappée. Même en philosophie, on voudrait nous faire croire à des bobards. Les philosophies qui prétendent donner accès à une béatitude imbécile soustraite à l'extériorité, le Bien suprême à portée de main, rejoignent ainsi par les subterfuges de la raison ce que les Hindous atteignent par ... Lire la suite - [La fin de la guerre](https://jeanzin.fr/2022/09/20/la-fin-de-la-guerre/): Temps de lecture : 21 minutesIl est à l'évidence trop tôt pour déclarer la fin de la guerre, avec le risque d'être démenti aussitôt, mais les derniers événements me semblent avoir opéré un retournement surprenant de la situation, non seulement en Ukraine mais dans le monde. D'abord, sur le plan militaire, la redoutable efficacité des armes de précision alliées aux drones de reconnaissance rend très vulnérables aussi bien les tanks que les navires ou les avions beaucoup plus onéreux, démonstration qui a pu décourager les Chinois de profiter de la guerre en Ukraine pour attaquer Taïwan. Si les succès de la contre-offensive ... Lire la suite - [De l'homme religieux à l'homme de science](https://jeanzin.fr/2022/09/04/de-lhomme-religieux-a-lhomme-de-science/): Temps de lecture : 21 minutesEn dépit de l'opinion dominante, il ne semble pas que les religions puissent garder durablement la place qui est encore la leur dans le monde de la techno-science car il y a bien incompatibilité entre sciences et religions, ce qui n'échappe pas aux fanatiques religieux. Malgré toute la bonne volonté des scientifiques ne voulant pas empiéter sur le domaine spirituel, il n'est pas vrai que les sciences n'auraient rien à (re)dire des religions, au contraire, tant de sciences étudient les religions ou les contredisent (anthropologie, philologie, histoire, sociologie, psychologie, neurologie, biologie, physique). Il ne peut y avoir ... Lire la suite - [L'irrationalité d'Homo sapiens](https://jeanzin.fr/2022/08/18/lirrationalite-dhomo-sapiens/): Temps de lecture : 21 minutesLes premiers hommes se sont distingués comme homo faber, par leurs outils, mais autour des 70 000 à 50 000 ans, il n'y a pas si longtemps, et bien après les premiers Sapiens, s'est produite une révolution culturelle à l'origine des hommes actuels et des tribus de chasseurs-cueilleurs tels qu'on a pu les connaître dans toute leur diversité (de langues et coutumes) alors que régnait avant une grande uniformité. Désormais ce qui va distinguer les hommes modernes (semblables à nous), ce sont surtout les signes de leurs fausses croyances, de la pensée symbolique dit-on pour ce qui ... Lire la suite - [Ouf !](https://jeanzin.fr/2022/08/14/ouf/): Temps de lecture : 21 minutesLes premières pluies orageuses après des semaines de sécheresse éloignent un peu la crainte des incendies. La pandémie recule même si d'autres s'annoncent. La Chine a finalement cessé ses dangereuses manoeuvres d'encerclement de Taïwan qui pouvaient déraper à tout moment et constituaient le plus grand danger - à couper le souffle tant qu'elles étaient prolongées. Le blocus des céréales ukrainiennes a été levé éloignant le spectre des famines si ce n'est de l'inflation. De ce côté le front est pour l'instant stabilisé et la menace nucléaire n'est plus prise au sérieux - sauf un accident de la ... Lire la suite - [Un solaire plug&play anti-coupure](https://jeanzin.fr/2022/07/14/un-solaire-plugplay-anti-coupure/): Temps de lecture : 21 minutesEn ces temps troublés je m'étais décidé à m'équiper d'un minimum de panneaux solaires que j'avais cru dans mes (faibles) moyens, faciles à acheter et installer soi-même, hélas non ! Même dans la vie quotidienne, on peut être frappé à quel point la réalité est très éloignée de l'idée qu'on s'en faisait, et surtout plus complexe. Etant donné le nombre d'offres différentes, de nos jours l'achat d'un équipement exige souvent un gros travail d'information et de comparaison. Acheter devient un véritable métier, ou plutôt cela veut dire qu'on se plante souvent par manque de compétence. En tout ... Lire la suite - [La drôle de guerre](https://jeanzin.fr/2022/07/02/la-drole-de-guerre/): Temps de lecture : 21 minutesLe pire s'annonce sur tous les fronts, celui du climat, de la biodiversité, des pandémies à répétition, de la famine, de la fascisation qui gagne même les États-Unis et bien sûr le spectre d'une troisième guerre mondiale opposant les régimes autoritaires aux démocraties libérales. Les canicules se succèdent, la guerre fait rage depuis plusieurs mois à nos portes, l'inflation s'accélère, l'énergie et le blé devraient manquer, entre autres et surtout aux plus pauvres, jamais l'effondrement du système mondial n'a paru aussi imminent mais pour l'instant rien ne trouble encore un quotidien habituel dans l'insouciance d'un été précoce ... Lire la suite - [La part de l'humanité dans l'évolution](https://jeanzin.fr/2022/06/15/la-part-de-lhumanite-dans-levolution/): Temps de lecture : 21 minutesLogos et anthropos Après avoir braqué les projecteurs sur l'universel, l'immensité de l'univers et les lois de l'évolution à très long terme incarnées par des extraterrestres, on peut, en bonne dialectique, porter maintenant de ce lointain le regard plus près de nous sur les organismes vivants ou sociaux et l'histoire politique ici-bas mais là, c'est une toute autre histoire et le domaine de l'action qui a beau être contrainte reste à la fois indécise et nécessaire. On n'est plus ici dans le règne de la raison pure mais plutôt d'une rationalité erratique et limitée qui se révèle ... Lire la suite - [Ce que les extraterrestres nous apprennent](https://jeanzin.fr/2022/05/30/ce-que-les-extraterrestres-nous-apprennent/): Temps de lecture : 21 minutesIl y a des révolutions cognitives à bas bruit qui passent d'abord inaperçues dans le fracas des actualités, n'étant pas de l'ordre d'une découverte soudaine mais d'un progressif changement de paradigme, de façon de poser les questions. C'est le cas pour l'existence d'extraterrestres qui est passée du statut de pure fiction plus ou moins délirante, témoignant d'un excès de crédulité, à celle d'hypothèse scientifique de plus en plus fondée au regard des connaissances sur les possibles origines de la vie - dont on retrouve tous les composants dans les météorites - ainsi que par l'évolution animale vers ... Lire la suite - [La méprise sur l'universel de la morale et de la science](https://jeanzin.fr/2022/04/29/la-meprise-sur-luniversel-de-la-morale-et-de-la-science/): Temps de lecture : 21 minutesL'universel peut désigner des concepts très différents qui font l'objet d'une confusion constante très dommageable entre ce qui est nécessaire, obligé, éternel, et ce qui est simplement général, commun à notre espèce ou notre univers, entre la logique pure et l'étendue, plus précisément entre l'universel de la morale ou de la science et l'universel cosmopolite de l'anthropologie si ce n'est l'humanisme de "tous les hommes". On parlera ainsi d'une compétence universelle pour une juridiction étendue à la terre entière, ou d'un suffrage universel supposé ouvert à tous les citoyens bien que les femmes en aient longtemps été ... Lire la suite - [Pour une refondation de la gauche écologiste](https://jeanzin.fr/2022/04/11/pour-une-refondation-de-la-gauche-ecologiste/): Temps de lecture : 21 minutesLe vote utile n'aura pas été assez massif pour dépasser l'extrême-droite et nous éviter le risque bien réel de sa victoire au deuxième tour. On peut craindre cependant, qu'en ignorant ce qui a donné à Mélenchon l'essentiel des votes de gauche au détriment des autres candidats, il s'en attribue tous les mérites. Pourtant rien ne serait pire que de laisser "La France Insoumise" devenir le parti hégémonique à gauche, la cantonnant à un rôle contestataire. L'effondrement du Parti Socialiste et la difficulté des écologistes à convaincre pourraient au contraire donner lieu à la création d'un nouveau mouvement ... Lire la suite - [La dissymétrie quantique entre droite et gauche](https://jeanzin.fr/2022/04/09/la-dissymetrie-quantique-entre-droite-et-gauche/): Temps de lecture : 21 minutes Le modèle standard de la physique des particules est encore un exemple de l'énigme que reste pour nous la matière, prenant la forme d'un tableau où apparaissent des symétries mais incomplètes, comportant des exceptions. Ainsi, toutes les particules sont chargées, sauf le neutrino. Les bosons qui transmettent les interactions peuvent transformer une particule dans une autre (en changeant la charge ou la couleur), sauf le photon qui transmet une impulsion, augmente juste son énergie. Le plus curieux, et pas assez connu, c'est que les particules se diviseraient selon l'orientation vers la gauche ou la droite de ... Lire la suite - [En avant](https://jeanzin.fr/2022/04/06/en-avant/): Temps de lecture : 21 minutesNon seulement tout le monde connaît et discute de ce qui est là et arrive, de ce qui se passe comme on dit, mais tout le monde s'emploie aussi à parler de ce qui ne doit intervenir que plus tard, de ce qui n'est pas encore là, et même de ce qu'il faudrait faire pour s'y préparer. Chacun a toujours déjà anticipé ce que les autres ont également anticipé et dont il se mettent en quête. Le bavardage s'irrite même, à la fin, que ce qu'il avait pressenti et réclamait constamment se produise effectivement car cela lui ... Lire la suite - [Ça sent le roussi quand même...](https://jeanzin.fr/2022/03/26/ca-sent-le-roussi-quand-meme/): Temps de lecture : 21 minutes - [La redistribution des cartes](https://jeanzin.fr/2022/02/25/la-redistribution-des-cartes/): Temps de lecture : 21 minutes Nous voilà de nouveau spectateurs d'un avenir qui nous échappe complètement et d'une redistribution des cartes sur laquelle nous n'avons aucune prise. Depuis la pandémie nous avons quitté le monde prévisible de l'économie par l'intrusion d'un réel extérieur qui met un terme au cours normal des affaires - tout comme maintenant, nous voilà rattrapés par l'Histoire, c'est-à-dire la guerre. Impossible de prévoir la suite mais c'est justement sur cet impossible qu'il faut insister et sur l'engrenage implacable commencé d'ailleurs en 2014 avec l'annexion de la Crimée à laquelle l'Occident n'avait répliqué que par des sanctions économiques ... Lire la suite - [Les bienfaits des psychédéliques](https://jeanzin.fr/2022/02/17/les-bienfaits-des-psychedeliques/): Temps de lecture : 21 minutesAlors que la légalisation du cannabis gagne de plus en plus de pays, nos gouvernements qui s'y refusent obstinément se couvrent d'autant plus de ridicule que, malgré leurs rodomontades, jamais les drogues n'ont été aussi disponibles qu'aujourd'hui. On a beau mettre en scène le démantèlement de quelques points de deal vite reconstitués, le marché a bien changé maintenant puisqu'on peut se faire livrer son herbe à domicile par des entreprises de plus en plus professionnelles fournissant des produits standardisés et utilisant toutes les ficelles du marketing. Bien sûr, à la différence d'une légalisation contrôlée, et comme cela ... Lire la suite - [Prendre ses désirs pour des réalités ?](https://jeanzin.fr/2022/01/11/prendre-ses-desirs-pour-des-realites/): Temps de lecture : 21 minutesCe slogan de Mai68, "prenez vos désirs pour des réalités", avait une charge libératrice, engageant à l'action, à s'affirmer et n'avoir pas peur de prendre des risques, ce qui évoquerait plus aujourd'hui l'esprit d'entreprise et les injonctions du développement personnel que l'esprit de révolte initial. Il n'était pas si absurde pourtant, à cette époque de libération des moeurs et d'émancipation sociale, de prendre au sérieux ses désirs, ou comme disait Lacan, de "ne pas céder sur son désir", car les désirs sont réels aussi et orientent nos vies, rien de pire que de les refouler. C'était alors ... Lire la suite - [L'avenir du développement humain comme libertés concrètes](https://jeanzin.fr/2021/12/22/lavenir-du-developpement-humain-comme-libertes-concretes/): Temps de lecture : 21 minutesOn le sait, notre avenir n'est pas assuré tant qu'on ne prendra pas les mesures qui s'imposent pour ne pas nous précipiter nous-mêmes dans l'abîme. On a d'ailleurs commencé depuis peu à réagir devant la multiplication des catastrophes mais on est encore loin de compte. Il faudrait indéniablement une transformation profonde de l'économie pour qu'elle devienne plus soutenable à long terme et affronte le pic démographique mais cela n'a rien de facile et surtout prendra beaucoup de temps. Ce n'est pas ce qui nous sauvera à court terme. Vu l'urgence, il faut se persuader que ce sont ... Lire la suite - [Déterminisme quantique, entropie et liberté](https://jeanzin.fr/2021/12/13/determinisme-quantique-entropie-et-liberte/): Temps de lecture : 21 minutesJ'aime bien Carlo Rovelli et je suis bien incapable de juger ses théories, que ce soit la gravité quantique à boucles ou l'interprétation relationnelle et relativiste de la mécanique quantique, mais si une physique relationnelle le mène à des formulations qu'une philosophie écologique ne saurait renier, rejoignant de très anciennes spiritualités, il vaut mieux sans doute se garder de sauter directement de l'une à l'autre. Le monde émergeant d’une conception relationnelle de la physique quantique n’est plus constitué d’éléments indépendants avec des caractéristiques spécifiques mais d’éléments dont les propriétés n’apparaissent que par rapport à d’autres éléments. La ... Lire la suite - [L'inexistentialisme est un humanisme](https://jeanzin.fr/2021/11/24/linexistentialisme-est-un-humanisme/): Temps de lecture : 21 minutesVous avez entendu les nouvelles ? Pas de quoi la ramener sur notre humanité, notre intelligence, notre démocratie avec le retour aux pires moments de l'histoire et ses relents de xénophobie, si ce n'est de nazisme, alors même qu'on peine à faire face à des menaces climatiques vitales. Les migrants meurent à nos portes, des murs s'érigent un peu partout. La panique s'empare des pouvoirs quand les fachos paradent et que la gauche s'effondre sans que les écologistes soient encore prêts à reprendre le flambeau. Au lieu de la connaissance et l'intelligence collective espérée, c'est en permanence ... Lire la suite - [L'arnaque des pauvres par l'assurance auto](https://jeanzin.fr/2021/11/18/larnaque-des-pauvres-par-lassurance-auto/): Temps de lecture : 21 minutesIl est bien connu que les pauvres paient tout plus cher mais avant d'en faire l'expérience, je ne savais pas que les pauvres, qui ont forcément des vieilles voitures, étaient aussi spoliés de leurs droits en toute bonne conscience par les assurances auto. Ainsi, j'ai été victime, à cause d'un refus de priorité coupant soudain ma route, d'un accident assez grave détruisant ma vieille Ford de 1992, mais en parfait état, pour laquelle l'expert de l'assurance a chiffré pourtant l'indemnisation à 1000€ seulement, autant dire rien, n'étant même pas le prix d'un vélo électrique ! Un chauffard ... Lire la suite - [Démocratie des minorités ou dictature majoritaire](https://jeanzin.fr/2021/11/02/democratie-des-minorites-ou-dictature-majoritaire/): Temps de lecture : 21 minutesContrairement aux mythes colportés très officiellement sur notre démocratie, notamment la référence constante au Contrat social de Rousseau (revendiqué certes par les révolutionnaires), il faudrait rectifier que nous avons hérité plutôt des institutions des monarchies constitutionnelles postérieures, ce que apparemment presque personne sur l'échiquier politique n'ose avouer. C'est grave car on défend du coup, aussi bien à gauche qu'à l'extrême-droite, une démocratie majoritaire foncièrement illibérale quoiqu'on dise puisque rejetant la séparation des pouvoirs inscrite pourtant dans la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 mais qui était surtout à la base des monarchies constitutionnelles, ... Lire la suite - [Les impasses de l'anti-progressisme](https://jeanzin.fr/2021/10/22/les-impasses-de-lanti-progressisme/): Temps de lecture : 21 minutesMême si le progressisme, la confiance dans le progrès, a pu se répandre depuis les Lumières (malgré Rousseau), de son côté la critique du progrès n'a cessé de se faire plus virulente d'abord envers l'industrie déshumanisante et la fin du monde paysan, puis les massacres inouïs de la guerre de 14-18, la bombe atomique, la société de consommation et enfin le numérique aujourd'hui entre écrans, robots et réseaux sociaux. Les ravages du progrès sont depuis longtemps manifestes aux yeux de tous, reconfigurant les territoires et les modes de vie, effaçant le passé, dispersant les familles en individualisant ... Lire la suite - [Se préparer à l'inflation](https://jeanzin.fr/2021/10/15/se-preparer-a-linflation/): Temps de lecture : 21 minutesLa plus grande énigme économique de ces dernières années était sans conteste le mystère de l'absence d'inflation malgré l'injection de liquidités en quantités inouïes. On a invoqué les prix décroissants de l'électronique et du numérique, la mondialisation et la concurrence des pays les plus peuplés ou encore le néolibéralisme consacrant la victoire des actionnaires et l'affaiblissement des syndicats, menant à une réduction des protections salariales et l'augmentation de la précarité. Pas sûr pourtant que tout cela suffise à expliquer le peu d'inflation engendré jusqu'ici par les milliers de milliards distribués et le quoi qu'il en coûte de ... Lire la suite - [Se concentrer sur les plus gros pollueurs](https://jeanzin.fr/2021/10/04/se-concentrer-sur-les-plus-gros-pollueurs/): Temps de lecture : 21 minutesIl y a difficilement plus absurde que le mythe du petit colibri faisant soi-disant sa part avec son petit bec pour éteindre l'incendie de la planète. C'est de la même eau que les petits gestes écolos de chaque jour qui ne servent qu'à donner bonne conscience aux classes aisées qui se dédouanent ainsi à bon compte de leur train de vie. Cela fait longtemps que je dénonce cette écologie individuelle moralisatrice. Le climat n'ayant que faire de nos bonnes intentions, seul compte le résultat bien peu sensible de ces petits sacrifices personnels. La capacité d'action de chacun ... Lire la suite - [Hegel écologiste à la fin du temps](https://jeanzin.fr/2021/09/20/hegel-ecologiste-a-la-fin-du-temps/): Temps de lecture : 21 minutesOn n'en a jamais fini avec Hegel. J'ai déjà critiqué à plusieurs reprises l'idée de fin de l'histoire, contestant les interprétations politiques courantes qui en faisaient une forme de théodicée. Cette histoire sainte qui finit en paradis n'est certes pas complètement absente chez Hegel bien qu'elle n'ait plus tout-à-fait, à la fin, la naïveté du partisan enthousiaste de la Révolution Française qui y voyait la réalisation de la raison. Pour mieux saisir comment Hegel pensait réellement la fin de l'histoire, dans l'Etat de Droit universel, ainsi que de la philosophie dans les sciences, c'est-à-dire l'achèvement du savoir ... Lire la suite - [La psychanalyse comme analyse du transfert](https://jeanzin.fr/2021/09/01/la-psychanalyse-comme-analyse-du-transfert/): Temps de lecture : 21 minutes"Ce qui est intéressant dans la psychanalyse, ce n'est pas la théorie qui tente d'en rendre compte (ce n'est pas un dogme freudien ni une philosophie), mais uniquement le dispositif et ce que disent les analysants. La grande différence avec les autres thérapies, en effet, c'est qu'il ne s'agit pas d'un formatage, d'une "rééducation émotionnelle du patient" (p585), de l'application d'une théorie (il y en a plusieurs, chez Freud même). Il s'agit d'une parole "libre"... qui finit par dire toujours à peu près la même chose, retombant dans les histoires ennuyeuses de papa maman et de séduction ... Lire la suite - [La vie à quel prix ?](https://jeanzin.fr/2021/08/18/la-vie-a-quel-prix/): La question de ce qui constitue une vie viable n'est pas seulement politique, elle se pose aussi individuellement, chacun pouvant y répondre différemment. C'est, en tout cas, la question qu'une dégradation de ma santé m'a obligé à me poser pour moi-même. Est-ce qu'une vie au rabais privée des anciens plaisirs vaudrait la peine d'être vécue ? Est-ce que je pourrais supporter une vie diminuée par le grand âge - voire en EHPAD, ces mouroirs modernes assez effrayants ? Suis-je prêt enfin, dès maintenant, à une vie plus austère livrée aux médecins ? - [L'Avenir n'existe pas, il n'y a que des temporalités multiples](https://jeanzin.fr/2021/08/01/lavenir-nexiste-pas-il-ny-a-que-des-temporalites-multiples/): La physique moderne a réfuté le temps absolu de Newton qui demeure la forme a priori de notre sensibilité, selon Kant, alors qu'il y a plusieurs temporalités. - [The future does not exist, there are only multiple temporalities](https://jeanzin.fr/2021/08/01/the-future-does-not-exist-there-are-only-multiple-temporalities/): Temps de lecture : 21 minutesIt's all a question of tempo, but it is very difficult to accurately assess the temporality of each process because there are several whose multiple combinations cannot be predicted. Modern physics has refuted Newton's concept of absolute time, which nevertheless remains the a priori form of our sensibility, as Kant said. We constantly think as if time were linear, when in fact there are many different temporalities intersecting in a present that has nothing of the consistency of an instantaneous slice of life or the immobile coexistence of all beings that mystics portray. There is only a ... Lire la suite - [Sur l'histoire de l'art et sa fin](https://jeanzin.fr/2021/07/20/sur-l-histoire-de-l-art-et-sa-fin/): Hegel associait à la fin de l'histoire supposée, celle de l'Art, ceci juste avant que ne commence la riche histoire de l'art moderne désormais achevée - bien que l'art post-moderne qui a tant de mal à lui survivre revendique d'en être la suite, mais se condamnant ainsi à ne faire qu'en réaffirmer la fin dans une répétition stérile. Curieusement, ce qu'en dit Hegel semble bien pouvoir s'appliquer à cet art contemporain pourtant. Il m'a donc semblé intéressant d'essayer de compléter l'histoire hégélienne par ce qui a suivi les tendances romantiques de son époque. L'art moderne pourrait y être compris comme une période particulière car introduisant justement l'histoire dans l'art par sa déconstruction, ses révolutions artistiques - avant de revenir à la fonction politique traditionnelle des oeuvres d'art. La fin de l'art moderne n'est, bien sûr, pas la fin de l'Art mais peut-être celle de son historicisation ? - [Pinault est un con](https://jeanzin.fr/2021/07/07/pinault-est-un-con/): Temps de lecture : 21 minutesC'est la conclusion que j'ai tirée de la collection Pinault exposée à la Bourse du commerce et qui ne peut s'expliquer que par le désir inconscient de montrer à tous l'étendue de sa connerie, en dépit de l'argent qui le protège de cette sincérité. Réussir dans la vie ne suffit pas, il semble que même les milliardaires aient besoin d'atteindre leur niveau d'incompétence en investissant des domaines hors de leur portée. On dirait ici que le financier François Pinault confie à des artistes le soin de se moquer de lui - et de ceux qui croient à ... Lire la suite - [La catastrophe annoncée qui vient](https://jeanzin.fr/2021/06/26/la-catastrophe-annoncee-qui-vient/): Temps de lecture : 21 minutesIl n'y a rien de vraiment nouveau, et on ne peut dire que je puisse être surpris par le ton de plus en plus alarmiste du Giec alors que j'étais parmi les premiers écologistes qui en faisaient une priorité, très minoritaires au début (une des raisons pour lesquelles j'avais quitté les Verts), mais voir la catastrophe annoncée arriver, le point de basculement tant redouté étant sans doute déjà dépassé, n'a rien pour nous consoler de l'avoir tant prédit quand c'est la rage de ne pas l'avoir empêché que je ressens plutôt. C'est le progrès des connaissances qui ... Lire la suite - [Les politiques des philosophes](https://jeanzin.fr/2021/06/18/les-politiques-des-philosophes/): Temps de lecture : 21 minutesLa philosophie apparaît en général comme une sagesse individuelle, Alain la définissant même comme une "doctrine du salut sans Dieu", même si Dieu y était bien présent jusqu'à Hegel et Schelling au moins. La philosophie politique apparaît par contre assez marginale tout au long de l'histoire de la philosophie mais c'est un peu comme la religion qui semble consister dans l'expérience mystique de l'adepte, sa foi, alors qu'elle a une fonction éminemment sociale (d'adhésion à un récit collectif et d'appartenance à un monde commun, celui de sa secte). De même, on va voir comme les différentes philosophies, ... Lire la suite - [Concepts fondamentaux pour comprendre notre monde](https://jeanzin.fr/2021/06/01/concepts-fondamentaux-pour-comprendre-notre-monde/): Un petit nombre de concepts fondamentaux qui vont à rebours des modes de penser religieuses, métaphysiques ou idéologiques, suffisent à renverser la compréhension habituelle de notre humanité (et de la politique) à la fois idéaliste et subjectiviste. Il n'y a, sur ces concepts examinés ici, (information, récit, après-coup, extériorité) que du bien connu, vérifiable par tous, et il n'y aurait aucun mystère ni difficulté si les conceptions matérialistes (écologiques), n'étaient par trop vexantes et n'entraient en conflit avec nos récits, pour cela déniées ou refoulées constamment afin de sauver les fictions d'unité qui nous font vivre. On verra d'ailleurs que ces concepts fondamentaux touchent aux débats les plus sensibles de l'actualité (numérique, démocratie, identitaires, racisme, sociologie, etc). - [Fundamental concepts for understanding our world](https://jeanzin.fr/2021/06/01/fundamental-concepts-for-understanding-our-world/): Temps de lecture : 21 minutesA small number of fundamental concepts that run counter to religious, metaphysical, or ideological ways of thinking are enough to overturn the usual idealistic and subjectivist understanding of our humanity (and politics). The concepts examined here (information, narrative, after-the-fact, exteriority) are all well known and verifiable by everyone, and there would be no mystery or difficulty if materialist (ecological) conceptions were not so vexing and did not conflict with our narratives, which is why they are constantly denied or repressed in order to preserve the fictions of unity that keep us alive. We will see, moreover, that ... Lire la suite ## Pages - [Chronologie articles 2000-2022](https://jeanzin.fr/chronologie-articles-2000-2022/): Temps de lecture : 21 minutesJean Zin, né le 22 septembre 1953 2000 - 2001 - 2002 - 2003 - 2004 - 2005 - 2006 - 2007 - 2008 - 2009 - 2010 2011 - 2012 - 2013 - 2014 - 2015 - 2016 - 2017 - 2018 - 2019 - 2020 - 2021 - 2022 - 2023   Résumé des épisodes précédents : Après avoir fait une bonne part de ma formation à l'École Freudienne de Paris (depuis 1974), j'ai rompu avec la normalisation analytique dès la mort de Lacan (1981) jusqu'à ma Critique de l'idéologie psychanalytique de 1995. Aux débuts ... Lire la suite - [Comment subscriptions](https://jeanzin.fr/comment-subscriptions/): Temps de lecture : 21 minutes[stcr_management_page] - [Newsletter](https://jeanzin.fr/newsletter/): Temps de lecture : 21 minutes[newsletter] - [Bio-graphie (chronologie des textes)](https://jeanzin.fr/bio-graphie/): Temps de lecture : 21 minutesJean Zin, né le 22 septembre 1953 - [Interventions publiques](https://jeanzin.fr/interventions-publiques/): Temps de lecture : 21 minutes Je ne suis pas un homme de parole. Normalement, je refuse les réunions et les émissions, sauf rares exceptions. Aussi les témoignages audio de mes interventions sont (heureusement) encore plus rares. En audio on peut juste recommander l'interview sur les monnaies locales qui peut servir. Pour les vidéos disponibles on a : sur le numérique, sur Gorz, sur la sortie du capitalisme, la relocalisation et le revenu garanti. ## Optional - [Agent (MCP protocol)](websites-agents.hostinger.com/jeanzin.fr/mcp) [comment]: # (Generated by Hostinger Tools Plugin)