On peut lire sur son visage la souffrance du bébé qui va naître

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- On peut lire sur son visage la souffrance du bébé qui va naître

Les premières expressions apparaissent vers la 24e semaine de grossesse. À ce moment-là, les fœtus sont capables de réaliser des mimiques simples pour lesquelles une seule région du visage se modifie. Au bout de 36 semaines, leurs expressions sont beaucoup plus complexes et font intervenir au moins quatre mouvements en même temps. À partir de ces images on pourrait penser que le fœtus exprime une douleur.

Bien que les fœtus soient en bonne santé, tous affichaient une expression de souffrance à la fin de la grossesse. Selon les auteurs il est pour le moment difficile de savoir si ces mimiques reflètent une réelle détresse.

Il se pourrait que l'accouchement soit déclenché au moment où le foetus pompe trop d'énergie à la mère (ce dont témoigne le "masque de grossesse"), ce qui signifie sans doute que le foetus n'en reçoit plus assez et qu'il est en manque (il a faim?), ce qui pourrait expliquer son expression de douleur ou de se trouver trop à l'étroit ? De quoi imaginer en tout cas qu'il veuille sortir et non pas rester dans un ventre douillet comme on avait tendance à le penser, les pleurs du nouveau-né n'étant que la fin d'une mauvaise période et non d'une euphorie première horrifiée de découvrir la dure réalité.

BPA : des petites doses plus perturbantes que des doses élevées

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- BPA : des petites doses plus perturbantes que des doses élevées
La Recherche, p40

Ce n'est pas vraiment une nouveauté mais comme c'est contesté par beaucoup au nom du vieux principe "c'est la dose qui fait le poison", il est intéressant d'en connaître la raison qui serait due à "l'agrégation des récepteurs entre eux lorsque la concentration de l'hormone augmente. Une fois agrégés, tous ces récepteurs sont absorbés par la cellule. L'hormone ne peut donc plus se fixer, et son effet diminue". (p44) Les hormones agissent en effet la plupart du temps à très petites doses, ce phénomène protégeant de la saturation.

La culture est-elle dans les gènes ?

Selection_culturelleC'est un article d'histoire des sciences qui revient sur les polémiques entre génétique et culture qu'on retrouve actuellement entre partisans et adversaires des théories du genre et qui témoignent d'une idéologisation de la science des deux côtés assez incroyable car aucune des deux positions n'est tenable jusqu'au bout d'une entière détermination par les gènes ou d'une culture sans rapport aucun avec une nature humaine.

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L’aire de Broca dédiée à la grammaire comme à la rationalité procédurale

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- L'aire de Broca dédiée à la grammaire comme à la rationalité procédurale
Thierry Chaminade, La Recherche, p60

Parler comme on taille des silex | La Recherche

J'ai voulu mettre un titre plus précis mais cela aurait pu être "L'origine commune du langage et de la technique". L'article original s'appelle "Parler comme on taille des silex", Thierry Chaminade mettant en relation langage et taille des silex par l'intermédiaire du développement de l'aire de Broca, bien connue pour son lien au langage mais qui serait aussi nécessaire pour suivre des procédures de fabrication selon des règles du même ordre que la grammaire. C'est bien sûr très important puisque cela identifie langage et technique mais aussi parce que cela ferait remonter la grammaire, et donc peut-être le langage narratif, à des temps un peu trop reculés (une procédure comportant des étapes successives est effectivement de l'ordre de la narration).

Le rôle attribué au langage était jusqu'ici réduit à la transmission alors qu'il devient plutôt un produit de la rationalité et des procédures techniques, non pas de la fiction (des mythes qui n'en seraient que des pathologies) et donc pas des bavardages des femmes ni des contes pour enfant comme on en avait fait l'hypothèse. Cela n'empêche pas que la capacité de transmission permet ensuite d'accélérer l'évolution et de complexifier les techniques, ce qu'on n'observe d'ailleurs pas tellement avant le paléolithique supérieur, les innovations restant très rares avant. Le plus vraisemblable reste que le langage narratif est bien plus récent mais que sa structure préexistait dans les procédures techniques et que son émergence a été plus progressive.

En tout cas, on remet ainsi sur les pieds l'histoire de notre humanisation qui ne commence pas par l'esprit mais par une raison procédurale qui reste ancrée dans le biologique et la pratique manuelle (on avait d'ailleurs vu que la taille de la pierre avait fait évoluer nos mains). L'esprit joue quand même un grand rôle par l'intermédiaire de l'imitation et des neurones miroirs qui activent l'aire de Broca de celui qui regarde de façon semblable à celui qui taille la pierre (identification à l'intentionnalité du geste).

Aucun des proches cousins de l'homme - chimpanzés, gorilles, orangs-outans, etc. - ne parle. Pourtant, la plupart ont à leur disposition certains des prérequis nécessaires au langage. Par exemple, leurs organes vocaux leur permettent des vocalisations simples : ils émettent des sons pour signifier leurs émotions ou signaler un danger. On a aussi observé que des chimpanzés peuvent apprendre la langue des signes, associant des gestes à des objets ou à des actions concrètes. Cette forme de symbolisme constitue une première étape vers le langage.

Cependant, aucun singe ne maîtrise une forme de communication comparable aux langages humains, du point de vue de la richesse de vocabulaire et de la complexité de la grammaire. De la même manière, s'ils utilisent des pierres pour ouvrir des noix, par exemple, ils ne fabriquent pas véritablement des outils. Le langage et la fabrication d'outils ne se sont développés que chez l'homme. (...) Ces deux facultés sont en effet commandés par la même structure cérébrale : l'aire de Broca, structure propre à l'homme et chargée de hiérarchiser les actions.

En 1991, une professeur de psychologie à l'université de Californie à Los Angeles, Patricia Greenfield, a constaté que, chez l'enfant, l'apprentissage du langage semblait se dérouler de manière simultanée avec un autre processus, la manipulation d'objets.

Afin de cartographier les régions du cerveau impliquées lorsqu'un spécialiste de ces outils les fabrique, nous avons utilisé la tomographie par émission de positrons [...] Résultat : les deux types de pierre taillée (les plus primitives de plus de 2 millions d'années et les bifaces acheuléens de 1,7 millions d'années à 500 000 ans) actives l'aire de Broca, mais pas au même endroit. Fabriquer les outils les plus primitifs nécessite une activité dans la partie postérieure de l'ère de Broca, dans l'hémisphère gauche. C'est une zone qui est impliquée dans le contrôle moteur des mouvements de la main, mais aussi dans celui de l'articulation des sons.

La fabrication d'outils acheuléens requiert en revanche une région plus antérieure de l'aire de Broca, dans l'hémisphère droit. C'est dans cette même zone [mais plutôt dans l'hémisphère gauche ?] que le cerveau traite des aspects structurels du langage (la grammaire). Donc de la hiérarchie des mots.

Le recours à cette zone cérébrale pour fabriquer les outils acheuléens semble relever du même type de fonction : la hiérarchisation des gestes.

Nous avons étudié les régions du cerveau activées lorsqu'un observateur regarde un expert qui fabrique ces objets [...] Les résultats ont montré que s'il est novice, l'activité de l'aire de Broca de l'observateur se concentre dans la partie postérieure, celle qui sert au contrôle moteur des actions [...] En revanche, si l'observateur est expert, c'est une zone plus antérieure de l'aire de Broca qui est activée. Or, c'est celle qui contrôle la hiérarchie des différents gestes dans la taille de pierre [...] Il semble donc bien qu'il y ait un phénomène miroir.

Page 24, une petite brève fait état de coquilles d'oeuf d'autruche couverts de signes abstraits datant de 110 000 ans en Afrique du sud, ce qui pourrait être une manifestation du langage ?

Réciprocité, moralité et religion

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- Réciprocité, moralité et religion
The Bonobo and the Atheist: In search of humanism among the primates, Frans de Waal

Frans de Waal distingue 2 sources de la morale chez les animaux, notamment les bonobos : d'une part les rapports individuels, comme la réciprocité, et d'autre part la cohésion du groupe, son harmonie.

Chez l'homme, la moralité ne viendrait donc pas de la religion mais c'est la religion qui ne serait qu'une codification de la moralité (c'est le grand mensonge de la religion de nous persuader que sans elle, il n'y aurait pas de moralité, remplaçant une tendance naturelle par des injonctions extérieures, artificielles).

Il y a incontestablement du vrai, du côté des émotions, mais qui néglige la part du langage (du mythe, du récit, sinon du Livre) et de sa rationalisation jusqu'à pouvoir faire avec Kant de l'universalisation le critère de la moralité autant que de la raison ; ce qui laisse penser que la "moralité animale" n'a rien de contingente mais résulte de contraintes universelles, qu'on peut dire géométriques. De même, on peut voir aussi dans la religion une personnalisation de la communauté qui ferait la synthèse de la moralité d'une relation individuelle, entre interlocuteurs, et des règles sociales, de l'affirmation de l'unité collective ou de la pression du groupe.

Des calculs analogiques avec des cellules vivantes

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- Des calculs analogiques avec des cellules vivantes

On peut transformer des cellules bactériennes en calculatrices vivantes capables de calculer des logarithmes, de diviser, et de faire des racines carrées, en utilisant juste 3 ou 4 séquences génétiques.

Ces systèmes effectuent des calculs analogique en exploitant les fonctions biochimiques naturelles qui sont déjà présents dans la cellule plutôt que de les réinventer avec la logique numérique, les rendant ainsi plus efficace que les systèmes numériques élaborés par la plupart des biologistes synthétiques.

Pour une addition ou une multiplication analogique permettant de calculer la quantité totale de deux ou plusieurs composés dans une cellule, les chercheurs ont combiné deux circuits, dont chacun répond à une entrée différente. Dans un circuit, un sucre appelé arabinose agit sur un facteur de transcription qui active le gène qui produit une protéine fluorescente verte (GFP). Dans le second, une molécule de signalisation appelée AHL active aussi un gène qui produit la GFP. En mesurant la quantité totale de GFP, on obtientr la quantité totale des deux entrées.

Pour soustraire ou diviser, les chercheurs ont substitué un facteur répresseur à l'activateur, désactivant la production de GFP en fonction de la présence d'une molécule donnée. L'équipe a également construit un circuit de racine carrée analogique qui nécessite seulement deux modifications génétiques.

Un autre des circuits peut effectuer une division en calculant le rapport de deux molécules différentes. Les cellules effectuent souvent ce genre de calcul, ce qui est essentiel pour surveiller les concentrations relatives des molécules telles que le NAD et le NADH, qui sont fréquemment converties de l'une en l'autre.

Par ailleurs, on peut signaler un article d'internet actu sur la programmation du vivant.

Une plante carnivore sans « ADN poubelle »

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- Une plante carnivore sans "ADN poubelle"

Cette plante a l'un des plus petits génomes des multicellulaires avec 28 500 gènes mais le plus étonnant c'est que son "ADN poubelle" (non codant pour une protéine) ne serait que de 3% alors qu'il est largement majoritaire d'habitude.

Cela a l'avantage de prouver que cet ADN poubelle n'est pas toujours indispensable, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas de fonction (de régulation ou spatiale dans le repliement de l'ADN pour l'expression des gènes ou leur rapprochement). On doit supposer aussi qu'il y a dans ce cas un mécanisme éliminant l'ADN inutile.

Les Mammouths ont disparu parce qu’on tuait les dominants

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- Les Mammouths ont disparu parce qu'on tuait les dominants

C'est toujours un mystère l'impact disproportionné que semblent avoir eu les humains à une époque où ils étaient si peu nombreux. En tout cas partout où ils pénétraient hors d'Afrique les grands mammifères disparaissaient rapidement. La seule explication qu'on pouvait imaginer était des hécatombes exterminant des troupeaux entiers se précipitant de falaises pour échapper aux feux de broussailles allumés par les chasseurs, ce dont on a peu d'exemples répertoriés. Un tout autre processus, plus indirect, pourrait être la cause de ces extinctions, la propension à s'attaquer aux animaux les plus grands qui sont aussi les mâles dominants.

L'étude en question concerne les Mastodontes, Mammouths à poil laineux d'Amérique du nord, dont un nombre inhabituel de squelettes témoignent avoir succombé aux défenses d'autres Mastodontes et donc d'une augmentation de l'agressivité de ces animaux. Or, on constate le même phénomène en Afrique lorsque des braconniers tuent les plus grands éléphants pour leurs défenses. Ensuite, les jeunes mâles livrés à eux-mêmes deviennent comme fous et peuvent s'entretuer, laissant libre cours à une agressivité déchaînée pour prendre la place du chef. De quoi montrer que la compétition sexuelle n'est pas la seule cause des hiérarchies animales qui ont surtout une fonction pacificatrice de maintien de l'ordre (il vaut toujours mieux un ordre que pas du tout), un peu comme un prédateur qui défend son territoire protège des autres prédateurs.

Que l'extinction des grands mammifères soit due à ce mécanisme de désorganisation n'est encore qu'une hypothèse mais qui rend un peu moins incroyable l'impact disproportionné des premières populations (avec des répercussion notables sur le climat de la disparition des grands animaux). Bien sûr ce n'est qu'un facteur, le coup de grâce à des espèces déjà sur le déclin à cause de conditions climatiques défavorables, notamment la chute d'une météorite, il y a 12 800 ans provoquant un refroidissement soudain, mais elles en avaient vu d'autres avant et avaient survécu des millions d'années. Les hommes ne se sont distingués qu'à éradiquer les derniers survivants jusqu'à l'élimination complète de ce qui était leur principale ressource, comme nous en avons un peu trop l'habitude, hélas.


En fait une nouvelle étude conteste le rôle de l'homme dans la disparition de la mégafaune en Australie, mettant en cause plutôt le climat, sauf qu'il n'y a pas qu'en Australie que la mégafaune a disparu et, comme on le disait, le rôle de l'homme se réduit sans doute à l'extermination des derniers survivants.

Il n'y aurait eu aucune trace d'arme de l'époque permettant la chasse de gros gibier.

Il y a cependant de bonnes preuves comme quoi 8 à 14 espèces de la mégafaune étaient encore présentes lorsque les humains sont arrivés.

Les aborigènes d'Australie semblent effectivement, selon Alain Testart, être des chasseurs assez peu évolués ne pratiquant même pas de pièges mais ils étaient quand même coutumiers des feux de brousse pour en ramasser ensuite le gibier tout cuit. Il est difficile de leur attribuer la chasse préférentielle des mâles dominants mais il faut compter avec le fait que cette mégafaune était la principale menace et qu'elle devait mobiliser toute leur énergie pour s'en défendre. Le mystère reste entier...

L’hormone du vieillissement

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- L'hormone du vieillissement

Il y a différents facteurs de vieillissement mais son accélération post ménopause/andropause a clairement une origine hormonale qu'on pouvait attribuer à la baisse de la mélatonine mais on vient de trouver dans l'hypothalamus ce qui favoriserait l'inflammation (ce tueur silencieux) et réduirait la sécrétion de GnRH (gonadotropin-releasing hormone), hormone sexuelle nécessaire aussi à la production des neurones : la protéine NF-κB (nuclear factor kappa-light-chain-enhancer of activated B cells). En la bloquant, les souris vivraient 20% plus longtemps, ce qui n'est pas tant que ça mais démontre du moins que les hormones cérébrales ont bien un rôle important dans la dégénérescence programmée.

Un seul gène crée des circonvolutions dans le cerveau de souris

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- Un seul gène crée des circonvolutions dans le cerveau de souris

Un seul gène crée des circonvolutions dans le cerveau de souris

Le cerveau humain se distingue nettement du cerveau de souris par sa taille, mais aussi par sa forme. Alors que chez la souris, l’encéphale est lisse, le nôtre est couvert de replis et de crevasses, permettant d’augmenter le volume total. Mais en bloquant l’activité d’un seul gène, nommé Trnp1, il devient possible de façonner ces circonvolutions chez le rongeur.

Des arbres bioluminescents pour éclairer les rues

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- Des arbres bioluminescents pour éclairer les rues

La bioluminescence, vous connaissez ? C’est la capacité qu’ont certains animaux à produire de la lumière. Maintenant, imaginez que l’on arrive à produire des arbres bioluminescents. Les rues ne seraient plus éclairées par ces horribles lampadaires, mais par les arbres eux-mêmes !

Le projet lancé sur Kickstarter il y a 4 jours est déjà financé à 150% ! L’idée est d’introduire des gènes de bioluminescence dans une plante qui s’appelle Arabidopsis et fait partie de la famille de la moutarde. Avec cette plante, plus besoin d’électricité pour s’éclairer.

Cette start-up a fabriqué un système d’impression laser d’ADN qui réduit énormément les coûts de synthétisation de l’ADN. Et pour finir, ils utiliseront une bactérie en tant que vecteur pour insérer le nouvel ADN dans la plante.

Rien d'extraordinaire puisqu'on vient de faire un mouton transgénique phosphorescent.

Un stress intermittent produit plus de neurones

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- Un stress intermittent produit plus de neurones

FGF2

On savait déjà qu'un minimum de stress était bénéfique pour conserver des capacités qui s'usent si on ne s'en sert pas mais à condition de ne pas être constant (chronique) ne laissant pas le temps de recharger ses batteries. On sait désormais qu'un stress intense mais temporaire tient le cerveau en alerte et sécrète une hormone de croissance (FGF2) provoquant la production de nouveaux neurones alors qu'un stress chronique et un niveau trop longtemps élevé des hormones du stress finit par bloquer leur production (dépression qui pourrait être soignée par cette protéine FGF2).

Voir aussi Futura-Sciences.

La vie serait plus ancienne que la Terre

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- La vie serait plus ancienne que la Terre

OriginLifeUne extrapolation au vivant de la loi de Moore pour le numérique, constatant un doublement du nombre de transistors tous les 2 ans, établirait cette fois un doublement de la complexité biologique tous les 376 millions d'années. Si on tente de régresser à partir de ce rythme de complexification à l'origine de la vie, on trouverait 9,7 milliards d'années (±2,5), ce qui est le double de l'âge de la Terre (4,5).

On peut bien sûr penser avec quelques raisons que ces calculs sont n'importe quoi, de l'ordre de la numérologie, mais cela renforce malgré tout l'hypothèse de la panspermie, d'une vie qui vient de l'espace au moins pour ses composants, et qui sans doute aurait le même âge dans tout l'univers ? C'est une idée séduisante mais il reste malgré tout plus probable que les conditions de l'apparition de la vie se trouvent sur Terre, aux confins de volcans en éruption et de cheminées hydrothermales sous-marines, avec des pluies de météorites apportant effectivement les briques de base (voir La soupe primitive à l'origine de la vie).

Les résultats de cette étude ont été contestés par une autre montrant que la vie ne serait bien apparue qu'après la formation de la Terre.

Ce sont les autres qui nous font vivre

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- Ce sont les autres qui nous font vivre

fourmis

L'étude tente de mesurer l'effet sur l'espérance de vie des interactions de groupe ou de leurs ruptures, aussi bien chez les fourmis, les mouches à fruits ou les humains ! On peut dire qu'il n'y a rien de vraiment nouveau mais il est toujours bon de rappeler comme l'individu dépend du groupe dans les espèces grégaires comme les cellules des organismes pluricellulaires.

Les auteurs mettent en effet sur le même plan la survie des organismes avec le phénomène de l'apoptose qui serait liée à la nécessité pour les cellules de recevoir en permanence un signal "Stay alive" de leurs voisins (ce qui est caractéristique pour les neurones notamment mais n'est pas la seule cause d'apoptose). Le raccourci est critiquable s'il fait croire à une identité des processus en jeu alors qu'on n'est plus du tout dans la même automaticité mais il donne un soubassement biologique à l'interprétation du suicide en terme d'anomie et manifeste à quel point nous n'avons pas en nous notre propre vitalité mais que ce sont les autres qui nous font vivre (ce qui est sans doute plus sensible quand on vit le plus souvent en ermite comme moi, ce qui ne veut d'ailleurs pas du tout dire sans interactions à l'ère du numérique).

On avait déjà rendu compte du fait que les gens en couple vivent plus vieux et que la solitude dégrade le système immunitaire mais il faudrait ajouter l'énergie que donne le fait d'être sur scène ou d'être un chef, c'est-à-dire soutenu par sa troupe et qui se mesure (chez les chimpanzés aussi) en niveaux de testostérone notamment (expliquant les frasques extravagantes de quelques politiques). Cependant, cette étude montre aussi qu'un groupe de 10 fourmis a une espérance de vie plus longue s'il n'y a pas de reine mais la comparaison ne peut se pousser trop loin sans tomber dans le ridicule. Ce genre d'étude a un côté comique indéniable et peut sembler complètement inutile mais pas tout-à-fait, occasion de réfléchir à notre grégarité en dehors même des institutions collectives, du langage commun, du sens commun et des grands récits qui nous rassemblent en masse.

A relier avec le fait qu'on se sent toujours sous le regard des autres.

Faire migrer des cellules avec de la lumière

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- Faire migrer des cellules avec de la lumière

Faire migrer des cellules avec de la lumière

En introduisant des récepteurs photosensibles dans des cellules immunitaires, une équipe de recherche a réussi à faire migrer ces cellules grâce à la lumière.

Pour réaliser cette prouesse, les auteurs ont utilisé des récepteurs membranaires appelés opsines. Ces dernières sont présentes dans les cellules oculaires et forment une classe de protéines capables de réagir à l’énergie lumineuse. Elles font partie de la famille des récepteurs couplés aux protéines G. Les cellules immunitaires, quant à elles, possèdent des récepteurs de la même famille, leur permettant de sentir la présence d’agents infectieux et de se diriger dans leur direction. En remplaçant les récepteurs des globules blancs par des opsines, l’équipe a pu modifier le signal : les cellules immunitaires ne se déplacent plus vers un lieu infectieux, mais vers la lumière.

Et l’expérience ne s’arrête pas là, la lumière peut également diriger le mouvement de cellules nerveuses. Encore mieux : dans une étude complémentaire, la même équipe montre que d’autres processus cellulaires peuvent être contrôlés par la lumière. Les chercheurs sont en effet parvenus à faire pousser des ramifications cellulaires aux neurones en les éclairant !

La soupe primitive à l’origine de la vie

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- La soupe primitive à l'origine de la vie

BombardementAsteroid

Cette nouvelle étude montre comment un produit chimique similaire à celui présent dans toutes les cellules vivantes et vital pour générer l'énergie nécessaire aux processus biologiques, aurait été apporté par des météorites contenant des minéraux phosphorés et atterrissant dans des flaques chaudes ou acides autour des volcans, choses susceptibles d'avoir été communes sur la Terre primitive.

Toute vie sur Terre est animée par un processus appelé chimiosmose, où le triphosphate d'adénosine (ATP), sorte de "batterie" chimique rechargeable du vivant, est à la fois cassé et re-formé par la respiration pour libérer de l'énergie utilisée dans les réactions biologiques du métabolisme. Les enzymes complexes nécessaires à la création et cassure de l'ATP sont peu susceptibles d'avoir existé sur la Terre à cette période où la vie a commencé à se développer. Cela a conduit les scientifiques à chercher un produit chimique plus basique avec des propriétés similaires à l'ATP, mais qui ne nécessite pas d'enzymes pour transférer l'énergie.

Le phosphore est l'élément clé de l'ATP, et d'autres éléments fondamentaux de la vie comme l'ADN, mais la forme qu'elle prend généralement sur la Terre est en grande partie insoluble dans l'eau et possède une faible réactivité chimique. Cependant, la Terre primitive était régulièrement bombardée par des météorites et des poussières interstellaires riches en minéraux exotiques, y compris des formes beaucoup plus réactives du phosphore.

Dans l'analyse de la solution résultante, les scientifiques ont découvert du pyrophosphite, une molécule voisine du pyrophosphate responsable des transferts d'énergie de l'ATP. Les scientifiques pensent que ce composé pourrait avoir été une forme antérieure à l'ATP dans ce qu'ils ont surnommé «la vie chimique».

"La vie chimique aurait été l'étape intermédiaire entre la roche inorganique et la première cellule vivante".

Le même phénomène se serait produit sur Mars renforçant l'hypothèse d'une vie proche de la nôtre sur Mars. Ce qui manque cependant ici, c'est la mer qui est plus probablement le milieu de l'origine de la vie (qu'on retrouve à l'intérieur des cellules) et non des volcans terrestres, mais il ne serait pas impossible que la vie vienne de la rencontre des deux, à la frontière entre volcan immergé (cheminées hydrothermales) et sa partie émergée ?

Les pesticides sont bien la cause de la disparition des abeilles

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- Les pesticides sont bien la cause de la disparition des abeilles

Les abeilles perdent la tête en présence de certains pesticides

Les néonicotinoïdes, des pesticides couramment employés en agriculture, désorientent les abeilles à certaines doses. Il apparaît maintenant qu’ils affectent également leurs capacités d’apprentissage et de mémorisation, tout comme le coumaphos (principalement employé aux États-Unis pour lutter contre le varroa, un acarien parasitant les abeilles). Cela s’explique peut-être par les troubles neurologiques qu'occasionnent ces produits phytosanitaires.

Les néonicotinoïdes (clothianidine et imidaclopride) ont directement provoqué une hyperactivité des cellules de Kenyon (elles représentent 40 % des neurones du corps pédonculé), avant de rapidement inactiver l’activité neuronale. Or, ces cellules nerveuses interviennent dans la vision et l’olfaction. La région du cerveau concernée a en quelque sorte fait une crise d’épilepsie, avant d’être réduite au silence (Nature).

Ainsi, les pesticides incriminés provoquent également des troubles de la mémoire et de l’apprentissage, qui réduisent l’efficacité des explorations. Selon les auteurs et leur article paru dans le Journal of Experimental Biology (JEB), les abeilles contaminées auraient plus de mal à trouver une source de nourriture, apprendre sa position et s’en souvenir pour transmettre ensuite l’information à leurs congénères. Le nombre d’éléments prouvant la toxicité de ces pesticides sur les abeilles vient encore d’augmenter, quelques jours à peine après que la Commission européenne a refusé d’interdire ces néonicotinoïdes pour deux ans.