Revue des sciences 04/08

Leonard de Vinci

  • L'ADN poubelle, source de complexité
  • Piment, cannabis et inflammation
  • Le royaume de Shoa
  • Théorie quantique "relationnelle"
  • Invention technique et innovation utilitaire au néolithique
  • La nutraceutique
  • Une nouvelle physique pour les mésons?
  • Climat : les 10 années cruciales
  • Les structures de base de l'ARN
  • Le papillon se souvient de sa vie de chenille
  • Une imprimante à tissus humains !
  • De l'électricité avec de la chaleur
  • Robots, Paranos, Gratuité, etc.

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Le « Plan B » de Mr Brown pour la planète

Le plan B, pour un pacte écologique mondial, Lester R. Brown
Lester R. Brown dirige l'Earth Policy Institute après le World Watch Institute. C'est l'un des écologistes les plus respectés, notamment des économistes. Ses propositions ne sont certes pas nouvelles d'une éco-économie qui voudrait écologiser l'économie marchande par la vérité des prix écologiques (c'est-à-dire par des écotaxes) ainsi que par des normes ou des éco-labels, sans exclure pour autant des politiques étatiques (éducation, contrôle des naissances, santé).

Bien qu'on nous détaille le processus "d'effondrement" de notre civilisation par surexploitation de nos ressources (génératrice de conflits, de migrations, de pauvreté, de terrorisme), le "plan Brown" pour sauver la planète semble d'une facilité déconcertante, témoignant d'un optimisme technologique sans réserves et persuadé même que cette mobilisation générale pour un monde plus durable sera générateur d'une nouvelle période de croissance, très loin de menacer notre économie ou notre confort. Vraiment pas de quoi s'inquiéter, juste un coup de collier à donner pour redresser la barre !

Il ne faut donc rien attendre de vraiment révolutionnaire dans ce livre qui date de 2006, même si on y parle de "révolution environnementale" mais uniquement dans le sens d'une nouvelle "révolution industrielle" boostée par de nouvelles énergies et de nouveaux marchés. Pour autant, on aurait bien tort de mépriser ce qui constitue une sorte de "programme minimum" de survie, même s'il ne vise qu'à rendre un peu plus durable notre mode de développement, car il reste à peu près le seul programme actuel des écologistes qui soit considéré comme crédible (repris notamment par Nicolas Hulot). Il présente l'avantage de sembler pouvoir être mis en place assez rapidement, puisqu'il ne change rien au système, et d'attirer au moins l'attention sur les grands chantiers du moment même si on peut trouver avec quelques raisons que c'est bien insuffisant, trop irréaliste et complètement déconnecté des transformations de l'économie à l'ère de l'information...

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Revue des sciences 03/08

Leonard de Vinci

  • Un génome entier d'ARN
  • Des formes de vie alternatives
  • PETM : un réchauffement propice aux mammifères
  • Un système solaire chaotique
  • La vitamine D contre le cancer
  • Ordinateur quantique : après les qubits, voilà les qutrits !
  • Réchauffement ou refroidissement ?
  • Stocker le CO2 au fond des océans
  • Manger des insectes plutôt que de la viande
  • Le retour des races
  • Cancers
  • Promesses et dangers pour la santé des nanoparticules
  • Résistance aux OGM
  • Un laser surpuissant
  • 9 litres d'hydrogène dans une boîte d'allumettes
  • Du caoutchouc qui se répare tout seul
  • Google en récession
  • Technologies émergentes et du futur

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L’individualisme pseudo-révolutionnaire

On ne le sait que trop, les hommes ne sont pas ce qu'ils prétendent être ! Ils agissent souvent à rebours de leurs motivations conscientes, et semblent parfois se débattre comme un insecte dans une toile qu'ils referment sur eux par leurs efforts mêmes pour tenter de s'en sortir. C'est caricaturalement, toute la complicité des terroristes avec l'ordre policier qu'ils renforcent à tel point que, lorsque des fanatiques religieux ou quelques crétins d'extrême gauche qui se prennent pour des héros ne font pas le travail pour eux, l'extrême droite ou les pouvoirs établis savent tout le profit qu'ils peuvent tirer à organiser eux-mêmes quelques faux attentats plus ou moins sanglants (on l'a vu en Italie).

Ce n'est pourtant pas la seule confiscation par l'individu de l'action et de la conscience collective. Il est assez étonnant de constater à quel point en effet on rencontre de nos jours une presque totale individualisation de la politique, centrée sur soi, avec un individualisme exacerbé qui se croit révolutionnaire à transgresser les lois pour certains (jouissance perverse), à vivre hors du système pour d'autres (enfermé dans sa folie), quand d'autres encore se contentent de revendiquer une "simplicité volontaire" ou toute autre conduite exemplaire (mais chargée d'une culpabilité névrotique). Le seul point commun à ces stratégies purement individuelles, même si elles n'ont à la bouche que l'intérêt commun et dépensent beaucoup d'énergie, c'est de ne rien changer du tout à la société. C'est un fait, malgré qu'on en ait. Ce ne sont à l'évidence rien que des pseudo-révolutionnaires sans aucune révolution effective, comme s'il ne s'agissait pas tant de faire (la révolution) que d'être ("révolutionnaire" ou "écologiste") et de s'identifier ainsi à quelque figure idéalisée. On peut y voir un retournement véritablement paradoxal du souci de l'authenticité dans la vie quotidienne qui se transforme en spectacle narcissique, une mise en scène permanente et une sorte de moralisme inversé. Pour la révolution on peut attendre.

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Revue des sciences 02/08

Leonard de Vinci

  • Repenser l'écologie
  • Trop de charbon, trop sale !
  • Le point sur la dépression
  • La transformation du temps en espace en expansion !
  • La première image d'un trou noir
  • Les dégagements massifs de méthane peu probables?
  • Le niveau des océans pourrait monter plus vite que prévu
  • Aux origines de la vie : ARN+protéine ?
  • Le premier Big Bang du vivant
  • L'Homme de Néandertal est-il notre ancêtre ?
  • Lire dans les pensées
  • Un vaccin à vie contre la grippe ?
  • Un traitement immédiat contre l'Alzheimer !
  • Clonage humain : première réussite ?
  • La première bactérie entièrement synthétique
  • Une voiture à air comprimé
  • Les Fab@home débarquent

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Le dénouement de la crise

Contrairement aux apparences, on peut décrire la crise actuelle comme un effet de la régulation elle-même, à l'intersection des techniques financières et des injections de liquidités pour effacer les bulles précédentes, tout cela ne faisant qu'aboutir finalement à une explosion du risque ainsi qu'à une bulle immobilière. Cela suffirait à comprendre qu'on n'est pas cette fois dans un simple krach boursier et que les autorités de régulation ne font qu'aggraver la situation quoiqu'ils fassent. Cependant, l'essentiel est de comprendre qu'il s'agit aujourd'hui d'un retour au réel dans sa brutalité, inaugurant un nouveau cycle d'inflation, cycle à la fois économique, technique et générationnel. Ce qui se joue, c'est à la fois un renversement de tendance, retour de l'inflation provoqué par les pays émergents (tensions sur les matières premières et constitution d'un marché intérieur par augmentation des salaires), mais c'est aussi une redistribution des rôles. Les Etats-Unis resteront bien sûr la plus grande puissance, au moins militaire, mais ils perdront sans doute leur hégémonie (et celle du dollar). Derrière le tremblement de terre, il y a une véritable tectonique des plaques.

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Les limites de l’auto-organisation

Le thème de l'auto-organisation vient du systémisme et de la cybernétique dite de second ordre car elle inclut l'observateur dans l'objet observé, introduisant ainsi l'étude des processus autoréférentiels. Ce qui pouvait se présenter comme une limite apportée à la volonté de contrôle et de planification, a fini par prendre toute la place et reléguer les apports de la théorie des systèmes et de la cybernétique aux préoccupations effectivement de second ordre, si ce n'est pire, accusées de tous les maux dans leurs prétentions "totalitaires" ! L'idéologie de l'auto-organisation sera vite récupérée par le néolibéralisme avec d'un côté le bien (les marchés auto-régulés, la liberté) et de l'autre le mal (l'Etat, le système). On ne peut se passer pourtant du point de vue global, macroscopique, qui fait apparaître le système (sanguin ou nerveux) avec la notion essentielle de circuit qui nous totalise, et plus précisément la circulation de matière, d'énergie et d'information (ou d'argent) qui les contrôle. Il y a des limites à l'auto-organisation aussi, différents niveaux, différentes temporalités.

L'enjeu d'une critique, c'est bien à la fois de sortir d'un certain nombre de confusions sur l'auto-organisation et de reconnaître ses limites sans revenir en arrière pour autant, question qui reste posée aux organisations à venir. C'est une question très concrète dans cette phase où les vieilles organisations manifestent leur inadaptation (elles ne savent pas qu'elles sont déjà mortes) mais où les mouvements informels ont montré aussi toutes leurs limites, ne tenant aucune de leurs promesses...

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Quels risques climatiques majeurs ?

Prendre conscience des risques majeurs à long terme : même si ce n'est pas le plus probable à court terme, le risque d'un emballement du climat qui provoque un empoisonnement de l'atmosphère et des extinctions massives doit constituer notre horizon, la menace qu'il faut absolument éviter et, pour cela, même si on n'arrive pas à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui semble hors de notre portée, tout faire pour ne pas dépasser en tout cas les 4°C de réchauffement, ce qui n'est pas gagné d'avance et dépend entièrement des prochaines décennies...

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Une politique de civilisation de droite

Il en est de même de l'écologie, de la refondation sociale ou de la "politique de civilisation". Dès lors que ces enjeux cruciaux ne sont pas assumés pleinement par une gauche minée par ses archaïsmes et ses luttes d'appareils ou d'ambitions personnelles, c'est une aubaine pour la droite et le patronat d'en reprendre à leur compte les mots d'ordre en les vidant largement de leur substance afin de ménager au mieux leurs intérêts. C'est une illustration de la dialectique entre droite et gauche car les lignes ne sont pas immuables, comme on le croit trop souvent, mais bougent toujours et jouent régulièrement à front renversé.

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Revue des sciences 01/08

Leonard de Vinci

  • L'origine de l'inflation cosmique
  • Transformer des plantes annuelles en plantes vivaces
  • Objectif terre 2050 !
  • Objectif Mars ?
  • Les vagues scélérates
  • La théorie de la Terre "boule de neige fondue"!
  • (mauvaises) nouvelles du climat
  • Huile de palme : une catastrophe écologique planétaire
  • Un continent de déchets
  • Les singes nous surpassent...
  • Neandertal mort de froid ?
  • Accélération de l’évolution génétique chez les hommes modernes
  • Vieillissement, inflammation et perte d'énergie
  • Transformer le CO2 en carburant avec le solaire
  • Des nanos code-barres
  • Conversion de lumière en son
  • Wikia Search et Weave pour remplacer Google !
  • Google lance la localisation sur GSM

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L’hypothèse extrême

Les prévisions des climatologues sont en général des prévisions moyennes et raisonnables, d'autant plus qu'elles font l'objet de négociations politiques dans le cadre du GIEC, avec le souci de ne pas désespérer les populations. Cependant, les incertitudes étant immenses, il est toujours fait mention qu'on ne peut exclure des ruptures de seuils et des phénomènes d'emballements qui sortent radicalement des projections actuelles mais seraient trop improbables pour être prises en considération...

Seulement, voilà, les dernières nouvelles du climat ne sont pas bonnes du tout et renforcent justement l'hypothèse d'un emballement possible à relativement court terme. Ce ne sont pas des informations qu'on peut prendre à la légère même s'il ne s'agit pas de paniquer. Il faut du moins sérieusement envisager la possibilité d'un tel enchaînement qui augmenterait les températures dramatiquement, bien au-delà des modèles actuels, par un processus qui s'auto-alimente lui-même et qui aurait peut-être déjà commencé !

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Revue des sciences 12/07

Leonard de Vinci

  • L'empreinte parentale des gènes
  • Les longues traînes
  • De l'ARN dans les télomères
  • Une théorie du tout exceptionnellement simple
  • Des condensats de Bose-Einstein à la demande
  • Fonte de la banquise en Arctique, l'emballement?
  • Une production d'électricité 100% renouvelable
  • Une super-souris
  • Un modèle du cerveau opérationnel
  • Une souris résistante au cancer !
  • Mieux que le vin : la pilule-longévité !
  • Inflammation et diabète ou schizophrénie

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La valeur de vérité !

Il y a toujours la tentation d'en appeler aux valeurs en politique, à l'humanisme, à la morale sinon à Dieu, à l'éducation, la propagande ou l'endoctrinement et de tout promettre jusqu'au bonheur même. Il semble bien que la politique ne puisse être autre chose si l'on en juge aux dernières élections, il y a pourtant une toute autre voie, trop discréditée, qui est plus matérialiste et raisonnable sans être moins révolutionnaire : c'est d'en appeler à la vérité des faits. On pourrait dire que c'est la voie scientifique si le marxisme qui s'en était réclamé n'en avait fait un scientisme borné, c'est du moins la voie philosophique et celle d'une "démocratie cognitive" dont l'écologie a tant besoin. La question de la vérité est une question pratique et s'il n'y a pas véritable séparation des valeurs et des faits, c'est la vérité qui a le dernier mot et change nos valeurs à l'épreuve des faits. C'est pourquoi il faudrait privilégier la vérité sur les bons sentiments : seule la vérité est révolutionnaire !

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Une politique pour le XXIème siècle

Pendant que certains s'enferment dans un romantisme révolutionnaire qui se donne en spectacle et rejoue indéfiniment la même scène, d'autres renoncent à l'essentiel pour se résoudre à renforcer le système. Etre un révolutionnaire sérieux en essayant de changer le monde vraiment est une autre paire de manche. Bien peu s'y essaient. On aura beau les trouver décevants au regard des révoltés métaphysiques, le GRIT fut bien un repère de tels révolutionnaires, si différents soient-ils, d'Henri Laborit à Edgar Morin, Jacques Robin, André Gorz, Félix Guattari, Cornélius Castoriadis, etc.

Il ne s'agit au fond que de comprendre son temps et de s'engager dans son actualité, les possibilités du moment et les perspectives d'avenir, ne pas abandonner la lutte après tant d'échecs mais d'en tenir compte au contraire, tout comme des bouleversements que nous avons subis, pour continuer l'émancipation humaine avec toutes ses difficultés et ses contradictions.

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Revue des sciences 11/07

Leonard de Vinci

  • Notre mémoire numérique s'efface
  • Alzheimer : un autre diabète ?
  • Labourer la Mer pour refroidir la Terre !
  • Des bactéries peuvent nous transmettre leurs gènes
  • Un nouveau mode de transmission neuronal
  • Un modèle animal pour l'autisme
  • Vitesse variable de la lumière ?
  • Matière noire
  • Communiquer avec des neutrinos
  • Vers une nouvelle extinction de masse ?
  • Pourquoi on ne déprime pas plus
  • Téléphone portable et cancer
  • Un virus en cause dans le cancer de la gorge
  • Sucre et maladies dégénératives
  • Des chromosomes artificiels
  • Biocarburants
  • Bioplastiques
  • Un nano poste de radio
  • Batteries supercondensateurs

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L’écologie-politique, avenir de la gauche

On peut analyser de différentes façons l'effondrement des Verts aux dernières élections présidentielles : par leurs défauts internes ou les défauts de l'élection, par la faute à Hulot, à Bové, au PS, aux médias... Certes tout cela a pu jouer mais il faut surtout rapprocher cet effondrement de deux autres faits : d'une part il ne faut pas faire comme si la marginalisation des Verts n'était pas celle de toute la gauche (l'extrême-gauche bien sûr mais jusqu'au PS puisque les valeurs de gauche y étaient marginalisées aussi !), d'autre part cette décrédibilisation du parti écologiste se produit paradoxalement au moment même où les problèmes écologiques commencent à être pris au sérieux par la société toute entière, y compris les partis de droite...

La gauche ne peut se tenir à l'écart de cette prise de conscience écologique et c'est sans doute un des enjeux principaux d'une refondation de la gauche d'arriver non seulement à prendre en compte ces questions écologiques mais à se reconstruire autour d'une véritable écologie-politique qui n'est pas autre chose que la continuation du socialisme par d'autres moyens. En effet, si l'écologie-politique constitue bien une nouvelle façon de faire société, avec de nouveaux biens communs, le sentiment d'une communauté de destin et d'une responsabilité collective, cette solidarité sociale renforcée ne signifie aucunement qu'il faudrait nier pour autant la division de la société ni la nécessaire résistance des dominés. Au contraire, c'est une base solide pour exiger avec plus de force encore la réduction des inégalités, pour ce qui serait une véritable écologie de gauche mais qui aura besoin d'être défendue par toute la gauche, pas seulement par une de ses composantes. La gauche y trouverait sans aucun doute un nouveau souffle pour reprendre l'offensive, une nouvelle légitimité qui pourrait rassembler le mouvement social sur un objectif à long terme. Pour le dire simplement : l'écologie-politique, c'est l'avenir de la gauche ! En effet, la leçon qu'on doit tirer de notre situation historique, c'est qu'il y a une double impasse : celle d'une écologie réduite à un parti groupusculaire, mais tout autant celle d'une gauche tournée vers le passé et sans projet, éclatée en petites chapelles sur le marché des idéologies et confinée à des stratégies purement défensives.

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André Gorz – la richesse du possible

Ce que nous devons à André Gorz est bien plus qu'une leçon de vie, d'honnêteté et d'exigence, c'est une conception politique de l'écologie qui nous relie à l'histoire et touche à la vérité de l'existence dans sa contingence même, mais c'est aussi la proposition d'une véritable alternative écologiste au service de l'autonomie individuelle. Avec une trop grande discrétion sans doute, ce fut l'indispensable passeur entre la philosophie et l'écologie-politique, un penseur de l'avenir qui nous relie au passé dans ce qu'il a de meilleur : ses luttes d'émancipation, l'anticapitalisme et la volonté d'authenticité. On peut dire que c'est lui qui nous a passé le témoin de la tradition révolutionnaire, même atténuée en "réformisme radical", une conception qui reste révolutionnaire de l'écologie, une écologie qui change la vie vraiment et nous rend plus libres, plus vrais, un peu plus nous-mêmes !

André Gorz a été un des premiers à parler d' "écologie politique", mais au-delà de sa vision politique de l'écologie, d'une écologie du vivre-ensemble, il occupe une place singulière parmi les fondateurs de l'écologie, de se situer à la fois en continuité et en rupture avec le marxisme, fidèle au projet d'émancipation tout en rejetant ses illusions et tirant les leçons de l'histoire. C'est sans doute ce chemin hésitant qu'il trace pour l'écologie entre aveuglement et renoncement qui fait sa réelle importance. S'il a pu ancrer l'écologie politique dans l'histoire des luttes ouvrières, c'est par le détour d'une lecture philosophique de Marx, héritée de l'Ecole de Francfort et des théories de l'aliénation centrées sur la critique de la forme marchandise et la recherche d'une authenticité de l'existence. Il ne faut pas oublier que c'est à partir d'un "existentialisme athée" qu'il fait une lecture écologiste de Marx, introduisant une philosophie sans transcendance dans une écologie dont le sens est trop souvent brouillé par les références religieuses (Ellul, Illich, Jonas, etc.). On peut même dire que c'est une philosophie engagée dans la sortie de la religion dès lors qu'elle rejette toute hétéronomie au profit de l'autonomie de l'individu...

Ce n'est pas encore l'heure de dresser le bilan d'une oeuvre qu'il faudrait étudier plus longuement, seulement de témoigner de ce qu'elle pouvait avoir de fondatrice pour l'écologie, d'indispensable pour la sauvegarde de notre avenir, d'encourageante enfin, préservant jusqu'au bout toute la richesse du possible qui ne dépend que de nous !

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Revue des sciences 10/07

Leonard de Vinci

  • Wikipédia, la normalisation ?
  • La raison des singes
  • Les mouvements secrets de l'oeil
  • Cerveaux mâle et femelle identiques
  • Mécanismes neurologiques du refoulement
  • Vacciner les plantes, sans pesticides !
  • Les bactéries et l'espace
  • Des dinosaures aux oiseaux
  • La vitamine C contre le cancer
  • L’ubiquinol contre le vieillissement
  • De la glace chaude
  • Une pile à combustible à hydrazine
  • Le retour des centrales solaires
  • Le photovoltaïque enfin rentable
  • Le dernier Boeing dangereux en cas de crash
  • Grimper aux murs comme Spiderman
  • Un exosquelette sans moteur
  • Un virus crée un réseau gigantesque
  • et nanotubes de carbone, etc.

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Le point sur le climat

Les réactions suscitées ce mois-ci par le rapport du GIEC sur les émissions de gaz à effet de serre justifiaient d'essayer de faire le point sur le climat. En effet, Courrier International joue la provocation en titrant Le réchauffement n'existe pas, du moins certains le croient, pour nous présenter un dossier qui confronte les opinions dissidentes à l'état des connaissances sur le sujet. De son côté, Pour la Science essaie de nous persuader, de façon un peu prématurée, "Réchauffement climatique : le temps des certitudes" !

On verra que ce n'est pourtant pas tout-à-fait aussi simple, les incertitudes sont immenses, on en apprend encore tous les mois ! On n'est donc pas au bout de nos surprises mais il y a peu de chances qu'il y en ait de bonnes, c'est plutôt le pire qui s'annonce, en particulier à cause de notre inaction, et, à la vitesse où ça va, la question de savoir si on pourra faire face ou s'il est déjà trop tard est bel et bien posée...

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André Gorz, une écologie politique

C'est trop méconnu mais la France a produit sans doute les principaux théoriciens de l'écologie-politique, en premier lieu Jacques Ellul et André Gorz (mais aussi René Passet, Jacques Robin, Edgar Morin, Serge Moscovici, etc.). Ce n'est pas que les écologistes français en aient tiré profit en quoi que ce soit car ils les ont toujours ignorés superbement. C'est même une des principales raisons pour lesquelles il m'avait paru si nécessaire de faire une revue écologiste où l'introduction de chaque numéro par un "classique" de l'écologie était donc essentiel pour s'inscrire dans une histoire durable de l'écologie.

Le premier texte que nous avons voulu mettre, dans le premier numéro d'EcoRev' (dans le numéro zéro!), c'était naturellement "Leur écologie et la nôtre" d'André Gorz...

Si André Gorz a été le plus important pour nous, c'est qu'il a été le premier à essayer d'articuler "écologie et politique", à partir du marxisme et de son échec, faisant pour toute une génération le chemin qui va d'un certain marxisme (celui de Sartre) à l'écologie-politique tout en conservant une optique "marxienne", une exigence de communauté, d'émancipation et de vérité rattachée à une histoire de la raison. Rien à voir avec les visions mystiques de l'écologie, même s'il y a, toujours présente, une exigence d'authenticité héritière de toute la culture critique de la philosophie occidentale et de la poésie moderne. On peut dire d'André Gorz qu'il était la conscience de Sartre, lui faisant la morale qu'il n'arrivait pas à faire et puis disant "adieu au prolétariat" comme aux illusions du maoïsme, tout en gardant à la fois l'anticapitalisme et l'idéal d'une existence authentique avec les autres.

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