On a les moyens de s’en sortir !

La situation semble complètement bloquée, présageant du pire. Une étincelle suffirait à tout faire exploser et on a du mal à voir comment cela pourrait s'arranger, la montagne de dettes accumulées devant être détruite d'une manière ou d'une autre, le plus probable étant par l'inflation (un nouveau cycle de Kondratieff). La décision prise de bloquer les dépenses n'est pas seulement le contraire de ce qu'il faut faire mais elle est tout bonnement impossible.

Avec toutes les autres crises qu'il faut affronter (écologique, géopolitique, technologique, anthropologique), il y a vraiment de quoi paniquer. Et pourtant, largement grâce à l'intervention des Etats et aux protections sociales, tout semble continuer comme avant et on a le plus grand mal à imaginer un désastre prochain. On peut penser que c'est folie mais on peut y voir aussi un acquis du sauvetage du système financier renforçant la certitude d'avoir les moyens de sortir de la crise. Or, cette certitude elle-même peut constituer un facteur aggravant dans un premier temps tout en précipitant malgré tout la réorganisation du système et l'intégration mondiale dans un deuxième temps.

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Le désir comme désir de l’Autre

On ne peut rien comprendre au monde sans dialectique, on ne peut rien comprendre à la succession des idéologies libérales, totalitaires, néolibérales, etc. Ce n'est pas seulement l'identité des contraires, fondement de l'ésotérisme et d'un savoir paradoxal réservé au petit nombre, ni même leur complémentarité ("L'erreur n'est pas le contraire de la vérité. Elle est l'oubli de la vérité contraire". Pascal). Il s'agit bien de leur contradiction active dont nous sommes plutôt les sujets, produits de l'époque que nous produisons, de même que nous sommes les produits des autres, d'une culture et d'un langage que nous participons à (dé)former et transmettre. Le désir illustre parfaitement cette dialectique entre intérieur et extérieur en tant qu'il est désir de désir.

Si la dialectique est indispensable, à condition de n'être pas un simple artifice, pour penser les renversements de situation, les changements de mode et d'idéologie, elle l'est tout autant pour sortir de la logique d'identité et de l'illusion du moi autonome alors qu'on est entièrement pris dans les discours institués et les relations sociales. Il faut bien dire que le dévoilement de la dialectique du désir comme désir de désir peut avoir un véritable effet de désidération en découvrant soudain que, ce qu'on croyait le plus nôtre, notre désir obstiné de ceci ou cela, n'est que le désir de l'Autre (de sa mère par exemple) ! Difficile à avaler, sans doute, mais pour en finir avec l'individualisme méthodologique, il faut marteler ce que la psychanalyse enseigne de l'inconscient : vous ne savez rien de votre désir qui se joue de vous, sur une autre scène. On n'est pas cause de soi, c'est l'Autre qui nous cause. La philosophie y trouve sa limite mais c'est bien le fétichisme du désir qui s'y dénonce et sa perversion intrinsèque qui n'est pas imputable à sa dénaturation causée par les conditions modernes d'existence. Le désir comme désir de l'Autre constitue un des apports fondamentaux de Lacan qui ne semble pas avoir été intégré encore dans notre culture pourtant, refoulé systématiquement sous des métaphores trompeuses machiniques ou biologisantes, quand elles ne sont pas morales ou religieuses, alors que c'est l'énonciation qui est en cause, qui parle et à qui ?

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La lutte pour l’hégémonie

Bien que ce soit au pas lent de l'histoire, il semble qu'on entre cette fois véritablement dans la crise économique avec les chômeurs en fin de droit et la fragilisation des Etats. Tous ? non, pas la Chine qui, pour l'instant, prouve la supériorité des dictatures sur les régimes libéraux (ploutocratiques) en périodes de crise. Elle n'est pas, bien sûr, à l'abri de troubles sociaux et pourrait connaître une résurgence du maoïsme sous une forme nouvelle, même si cela paraît impensable encore. La seule chose qui soit sûre, c'est que les choses vont bouger, en faveur de la Chine inévitablement, on ne sait à quel point et tout est là car on peut attendre le pire de la confrontation d'un empire américain déclinant, dont Obama éprouve l'impuissance, et une puissance chinoise émergente qui monte à la tête de leurs dirigeants.

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Revue des sciences 02/10

  • Le Microchimérisme
  • Les cités perdues d'Amazonie
  • Le darwinisme quantique
  • Trous noirs au LHC
  • La Vie sur Terre détruite par une supernova ?
  • Pourquoi il fait si froid
  • Des centrales solaires spatiales militaires
  • Le rire moqueur
  • C'est le chromosome Y qui nous différencie le plus du singe
  • Les virus dans le génome
  • Le bisphénol A dangereux pour le cœur
  • Bienfaits des anti-inflammatoires
  • Les ondes électro-magnétiques contre l'Alzheimer
  • Une télé sans aucun fil, même pour l'alimentation !

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Sortir du capitalisme

La crise a remis à l'honneur la nécessité de sortir du capitalisme mais la plus grande confusion règne sur ce que cela pourrait signifier et les moyens d'y parvenir. Pour certains, comme les partisans de la taxe Tobin ou de l'interdiction de la spéculation sur les prix, on devrait parler plutôt d'une sortie du capitalisme financiarisé et dérégulé qu'on a connu depuis 30 ans, tout comme pour ceux qui veulent un meilleur partage capital/travail et plus de protectionnisme. Pour d'autres, c'est le marché lui-même qui est en cause, voire la vénalité de l'homme, son individualisme ou son égoïsme. On fait appel aux valeurs, on voudrait moraliser le capitalisme et ses profits sans comprendre qu'il s'agit d'un système qui élimine ceux qui voudraient faire preuve d'un peu trop de moralité justement ! Bien sûr, de nombreuses mesures préconisées sont positives, qu'elles jouent sur les régulations, les normes ou la redistribution mais on ne peut parler en aucun cas d'une sortie du capitalisme.

Il ne fait pas de doute qu'il faut revenir aux analyses de Marx pour apporter un peu plus de rigueur à l'anti-capitalisme, ce qui ne veut pas dire qu'on devrait reprendre les réponses étatiques que le marxisme-léninisme a voulu y apporter et qui ont été infirmées par l'histoire. On doit bien admettre que ce n'est pas aussi simple qu'on le croyait et qu'on ne fait pas ce qu'on veut. Il nous faut trouver d'autres voies pour sortir du salariat et du productivisme, de la détermination de la production par le profit tout comme de la marchandisation du monde.

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Qu’est-ce que l’écologie politique ?

La question de la nature de l'écologie-politique se pose du fait qu'il s'agit d'un mouvement émergent, se constituant en réaction à des questions concrètes, et non de l'application d'une doctrine préalable. On peut dire que son corps de doctrine, encore très disputé, s'est constitué en marchant, ce qui justifie l'approche historique en général adoptée.

L'inconvénient de cette approche est cependant de ne pouvoir sortir tout-à-fait de la confusion initiale, notamment de la religiosité, du romantisme et du volontarisme dont l'écologie-politique a tant de peine à se débarrasser, réduite à une aspiration morale, à une pure question de valeurs, un désir d'harmonie sinon d'amour des hommes et des bêtes, au lieu d'une responsabilité incontournable qui en fait plutôt un enjeu cognitif vital. Il ne s'agit pas, en effet, dans la prise en compte des contraintes écologiques de préférences personnelles : sur ce plan, on n'a pas le choix ! La réduction de l'écologie-politique à l'amour de la nature est à la fois inévitable historiquement et intenable pratiquement. Il faut l'affirmer haut et fort, on n'a pas besoin de faire de sentimentalisme pour prendre l'écologie-politique au sérieux, notamment sa dimension politique qui introduit dès lors la division entre les écologistes qu'on ne peut absolument pas rassembler en un seul courant qui irait de l'écologie profonde à l'écologie sociale.

Il y a nécessité d'un retour au réel et d'une définition plus conceptuelle et critique de l'écologie-politique comme nouveau stade cognitif, celui de la post-modernité et de l'unification du monde dont on est devenu responsables (jusqu'au climat à l'ère de l'anthropocène), avec toutes les implications pour la politique de la prise en compte des enjeux écologiques. Dans ce cadre, et comme son nom composé l'indique, l'écologie-politique doit intégrer la contradiction entre nature et culture (campagne et ville), posant des limites aux possibles, à nos capacités techniques de transformation du monde comme de nous-mêmes, mais il est bien question d'intelligence collective à construire et non de conversion des âmes, il est question de projet politique et non de morale.

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La haine de la pensée

Tout le monde pense, cela ne fait pas question : tout vient de là, c'est une évidence, le pire comme le meilleur, non seulement notre intelligence plus qu'animale mais aussi toute l'étendue de la bêtise humaine qui en représente l'envers, aussi vrai que l'homo sapiens est tout autant l'homo demens. Les progrès des sciences et les grands penseurs du passé nous aveuglent sur nos propres capacités qui n'ont pas tellement progressé pourtant depuis la préhistoire : nous ne sommes guère que des "nains juchés sur des épaules de géants" selon l'expression de Bernard de Chartres.

Ce n'est donc pas parce qu'on pense qu'on ne penserait pas des conneries, tout au contraire, et si le bon sens est la chose du monde la mieux partagée, il se pourrait bien qu'il ne soit constitué que des préjugés de l'époque, de l'idéologie dominante, du "discours courant" et du conformisme de la "pensée de groupe", sans parler de toutes sortes de névroses individuelles ou collectives...

Voilà qui complique singulièrement une démocratie qui n'est pas le royaume de la raison qu'on prétend mais se trouve menacée depuis l'origine par la démagogie, le clientélisme, la fanatisation jusqu'à nos formes modernes de fascismes. C'est tout autant l'économie libérale qui s'en trouve ébranlée par les bulles spéculatives et les krachs qu'elles provoquent régulièrement, répétant systématiquement les mêmes erreurs. Si tout cela n'est pas une évidence, et comme refoulé derrière les beaux discours qui flattent notre intelligence, c'est bien parce que le fait que tout le monde pense et s'en glorifie n'empêche absolument pas une haine de la pensée à peu près universelle dont il faudrait prendre toute la mesure !

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Revue des sciences 01/10

  • Phosphore : une crise imminente
  • Le déplacement (rapide) du Nord magnétique
  • Etoiles à quarks, instantons, temps imaginaire...
  • De la syntaxe chez nos cousins primates
  • C'est de faire la cuisine qui nous aurait différencié des singes
  • Marseillevirus, un virus géant de 3ème type
  • Inflammation et cancers
  • De la viande artificielle bientôt dans nos assiettes?
  • Des batteries en papier avec une encre en nanotubes

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Psychanalyse et politique

échec étant à chaque fois un échec de la liberté. La dialectique de l'histoire nous force donc à innover non seulement pour sauvegarder nos libertés menacées mais en conquérir de nouvelles.

Cette nécessité historique nourrit le retour de toutes sortes d'utopies constituant autant d'obstacles aux luttes concrètes et à la construction d'une véritable alternative. Un idéalisme exacerbé s'imagine qu'il suffirait de faire appel à l'amour et la fraternité plutôt qu'à une solidarité construite, comme si on avait tout oublié de la psychologie des foules. Ce supplément d'âme exprime un volontarisme sans contenu ni projet nous éloignant des enjeux matériels en même temps qu'il accentue paradoxalement la dispersion et le repliement sur soi. La résurgence de ces discours émotionnels, et de l'irrationnel qui va avec, rappelle des années sombres et ne présage rien de bon.

Il apparaît clairement qu'une bonne part de ces égarements qu'on croyait dépassés pourrait être imputée à un certain oubli de la psychanalyse, au refoulement de ce qu'elle a rendu manifeste pourtant aux yeux de tous. Après son éclipse de ces dernières années, il semble bien qu'il y aurait urgence désormais à réintroduire les leçons de la psychanalyse dans la politique comme dans la philosophie.

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La réalisation de la philosophie

Entrer dans le 21ème siècle avec la pensée d’André Gorz, CitéPhilo.

Je ne suis pas un homme de parole, je crois que je l'ai prouvé de nouveau à Lille, le 28 novembre, où j'étais invité à parler d'André Gorz ! Si nous étions trop nombreux et le temps imparti trop court, l'intérêt de ces rendez-vous manqués, c'est de se poser la question de ce qu'on aurait à dire à un public qu'on imagine philosophique.


Il m'est apparu indispensable de ne pas réduire la dimension philosophique d'André Gorz au seul ouvrage qui en relève explicitement, "Fondements pour une morale" qui n'est pas sans faiblesses, et d'insister plutôt sur sa dimension politique de reprise du projet de "réaliser la philosophie" après le terrible échec du communisme.

Il est tout aussi impossible de se couper d'une histoire de l'émancipation que de faire comme si le collectivisme bureaucratique n'avait pas échoué partout. L'indigence de ce qui reste des théoriciens marxistes devrait inciter à refaire ce parcours qui va du marxisme à l'écologie politique, en passant du collectivisme à l'autogestion puis à la réduction du temps de travail avant de se focaliser sur le travail autonome et la sortie du salariat grâce au revenu garanti et l'économie de l'immatériel. Il ne s'agit en aucun cas de revenir en arrière mais bien de continuer l'histoire, et dans l'état de confusion actuelle, une clarification des enjeux semble on ne peut plus nécessaire !

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Revue des sciences 12/09

  • Les dangers des nanomatériaux
  • L'homme de Néandertal
  • Trous noirs ou étoiles noires ?
  • Energies renouvelables
  • Libre arbitre et mécanique quantique
  • Le monde va trop vite pour l'enfant autiste
  • De l'électricité à partir de la chaleur et de la résonance
  • Reconstitution d'un film à partir de l'activité du cerveau

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Penser l’après capitalisme avec André Gorz

Le numéro 33 d'EcoRev', "Penser l'après capitalisme avec André Gorz" vient de sortir avec Changer de système de production et des articles originaux de René Passet, Yann Moulier-Boutang, Bernard Maris, etc. (cliquer sur l'image pour la présentation).

Pour commander le numéro : http://ecorev.org ou http://www.difpop.com

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Revue des sciences 11/09

  • Hasard et incertitude
  • Différence entre espace et temps
  • Explosion de la faim dans le monde
  • Eruption solaire inquiétante
  • L'origine de la vie dans des roches poreuses
  • Une pile nucléaire de la taille d'une pièce de 5 centimes !

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Le pluriel du futur

On voudrait en finir avec le capitalisme comme on a cru en avoir fini avec le communisme. Rompre avec son passé, quel rêve ! Effacer ses traces sur internet ou brûler les livres autrefois adorés. Ainsi, la révolution culturelle voulait faire table rase de l'héritage confucéen, tout comme en 1989 les bibliothèques se sont vidées des oeuvres de Marx...

Ce que notre époque post-moderne devrait apprendre pourtant, c'est tout au contraire que rien ne se perd. Le passé ne disparait jamais complètement et laisse ses traces, ineffaçables. Nous sommes plutôt condamnés à l'éternel retour du même, aux résurgences de souvenirs oubliés, comme la religion orthodoxe en Russie !

Il faut se persuader en effet que toute négation étant partielle ne peut jamais faire que ce qui a été n'ait été et ne reste d'une certaine façon notre présent. On ne fait jamais qu'ajouter de nouvelles possibilités aux anciennes. Peindre notre avenir aux couleurs de nos rêves est aussi absurde que les visions cauchemardesques et si des révolutions sont encore bien nécessaires ce n'est pas pour achever l'histoire par la victoire contre le mal et la réconciliation des coeurs. Non, le futur ne sera pas homogène, ce sera un futur pluriel aussi bien pour les systèmes de production que pour les modes de vie, les idéologies ou les religions.

Reconnaître la division de la société tout comme la division du sujet semble bien notre tâche historique, tâche qui peut avoir l'air insurmontable mais qui est pourtant un préalable indispensable, on le voit bien, à sortir la gauche de l'impuissance et de l'éclatement, écartelée entre un idéalisme débridé et un simple réalisme gestionnaire à courte vue. Il faut revenir encore une fois à Hegel pour critiquer ce que la fin de l'histoire marxiste pouvait avoir gardé de religieux.

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Critique de la valeur, valeur de la critique

Anselm Jappe, Les aventures de la marchandise, pour une nouvelle critique de la valeur

C'est pour répondre à de multiples demandes que j'ai fini par me résoudre à reprendre la critique de la critique lorsqu'elle s'égare sur le terrain des valeurs et prétend nous découvrir le secret du monde dans la tromperie de la marchandise. J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer les propensions de notre époque à l'idéalisme qui s'insinue jusque chez les derniers marxistes s'imaginant encore que ce sont les idées qui mènent le monde !

Il faut bien dire qu'il peut être très difficile de sortir de certaines fourchettes mentales, fasciné par des déductions trop logiques. Ici, on se monte la tête avec un Marx ésotérique, bien caché en effet puisque c'est celui du premier chapitre du Capital (!), et qui n'aurait d'autre souci que de nous guérir de notre fétichisme ! Il est tout de même étrange que les analyses de Marx soient interprétées de façon si peu matérialiste et qu'une critique métaphysique de la valeur prétende nous sauver alors que c'est très matériellement que la valeur-travail est attaquée par les nouvelles forces productives immatérielles.

Il y a une grande étrangeté à pouvoir être d'accord avec une grande partie de ce livre, sur l'abstraction de la valeur et des rapports sociaux dans un système de production devenu autonome, en particulier sur la nécessité de sortir du salariat mais sans que cela puisse signifier une quelconque "fin du travail" ou de tout "système" de production, seulement passer du travail forcé au travail choisi et du salariat au travail autonome ! Il est effectivement très inquiétant de constater qu'on puisse être si proche de la vérité et la rater complètement pourtant, en inversant simplement l'ordre des causalités. Car ce qui est déterminant, qu'on le veuille ou non, c'est bien la production matérielle et "le bon marché des marchandises qui est la grosse artillerie renversant toutes les murailles de Chine" (K.Marx, Manifeste) !

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Le capitalisme et la mort

Le capitalisme et le monde de la marchandise semblent se caractériser par leur évacuation complète de la mort, revendiquant une fin de l'histoire qui serait une histoire sans fin, une culture de paix portée par le commerce ainsi que les promesses publicitaires d'une vie de plaisirs.

Point par point, le réel y fait objection pourtant par l'irruption de la mort tant redoutée, le maître absolu, que ce soit sous la forme de l'effondrement systémique, de la guerre ou du suicide (tellement incompréhensible pour l'homo oeconomicus!).

On n'en a pas fini avec la mort, pas plus qu'avec le réel ni avec l'histoire. Ce n'est pas tant parce que le capitalisme serait mortifère, animé d'une "pulsion de mort" venue on ne sait d'où, mais parce que la mort fait partie de la vie et qu'on se cogne au réel inévitablement. Si le capitalisme monte ainsi invariablement aux extrêmes, c'est tout simplement parce qu'il ne connaît pas de limites et ne rencontre ses limites qu'à mettre en cause notre existence, individuelle ou collective. Si la mort est en jeu, c'est que la vérité n'est pas donnée ni le réel transparent et qu'il ne peut y avoir de changement des règles collectives sans menacer l'existence du collectif comme tel et jusqu'à la vie de chacun, obligé de choisir son camp.

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Revue des sciences 10/09

  • Gare à gauche (les deux cerveaux) !
  • Le hasard au coeur de la vie
  • Une centrale nucléaire flottante !
  • L'antigravité de l'antimatière expliquerait tout !
  • Attention aux rayons cosmiques !
  • Les migrations humaines
  • Une puce dans le corps pour détecter H1N1
  • Parkinson, Alzheimer, des progrès...
  • L'imprimerie nanométrique
  • Le solaire : toujours plus
  • Le CyCab, une voiture sans conducteur
  • Google rend possible l'impression de livres épuisés

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La question de l’organisation

La période est objectivement révolutionnaire avec la conjonction des crises économique, écologique, géopolitique et même anthropologique depuis notre entrée accélérée dans l'ère du numérique, cela ne fait aucun doute. La question n'est pas des raisons de se révolter ou de changer les institutions, elles sont légions depuis longtemps, mais cela ne suffit pas à faire une révolution car les conditions subjectives sont loin d'être remplies alors qu'on assiste à la fois au pourrissement des vieux partis ainsi qu'à la dispersion des forces de gauche impuissantes à surmonter leurs divergences bien réelles, sans parler des syndicats devenus purement opportunistes et dépourvus de projet comme de toute stratégie.

La leçon qu'on devrait en tirer, c'est qu'à l'organisation en partis concurrents ou même en réseaux plus ou moins occultes, il faudrait préférer une organisation en communes et en comités locaux ouverts à tous. Aussi bien pour la démocratisation que pour l'alternative à la globalisation marchande, il faut désormais partir du local. C'est là seulement qu'on peut changer les choses vraiment.

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Un seul monde, plusieurs systèmes

Le capitalisme ne s'est pas effondré, la finance est repartie au quart de tour mais le chômage n'a pas fini de monter et le système restera en panne longtemps encore, tant que les pays les plus peuplés ne tireront pas une croissance mondiale qui ne peut plus reposer sur le crédit américain. En attendant, les effets en chaîne de la faillite du modèle de financiarisation néolibérale continueront à se faire sentir de façon implacable dans les années qui viennent. Une des leçons de la crise (en 1929 déjà), sous l'apparence d'une transmission instantanée à la Terre entière, c'est l'inertie considérable de l'économie mondiale (fonction de la taille), inertie renforcée cette fois par les mesures gouvernementales relativement appropriées ainsi que par les protections sociales qui ne font sans doute que retarder la destruction des emplois et la restructuration de la production sur un modèle plus soutenable. A court terme, une rechute rapide semble inévitable, au moins du dollar, provoquant une récession probablement pire que la précédente, sans signifier pour autant un effondrement total du système en tant que tel, habitué de ces épisodes dramatiques et dont il finit par sortir au bout d'un temps plus ou moins long, au prix de guerres souvent, de profondes restructurations toujours. En tout cas, malgré les signes contradictoires de reprise et de détresse sociale, ni le grand soir, ni le retour de la croissance ne sont pour demain, on pourrait en avoir pour 10 ans ou plus, c'est dans ce contexte qu'il faut penser notre présent et préparer la sortie de crise, même si des accélérations de l'histoire sont toujours possibles.

Si le schéma de la crise est assez classique, on peut la caractériser comme la première véritable crise planétaire et, à coup sûr, la première de l'ère du numérique. Une nouvelle guerre mondiale n'a certes rien d'impossible dans cette ambiance de réarmement général et il faut souhaiter un peu plus de protectionnisme raisonné mais on ne retournera pas à des économies fermées ni à l'affrontement de systèmes car, s'il y a bien un acquis sur lequel on ne reviendra pas, selon toute vraisemblance, c'est sur la mondialisation des réseaux, des images et donc des marchandises. Si "un autre monde est possible" malgré tout, c'est dans ce contexte d'unification planétaire, au moins des communications, même si le processus est, certes, loin d'être achevé.

S'il n'y a plus qu'un seul monde, cela voudrait-il dire qu'il n'y aurait plus qu'un seul système comme on peut le craindre légitimement devant la contamination de toutes les activités par la logique marchande et l'extension infinie des marchés ? Non, bien sûr, ce serait nier l'existence d'une économie familiale et d'une économie publique, au moins. Le néolibéralisme a bien tenté de nier cette pluralité au nom d'un totalitarisme du marché mais son échec et son inhumanité sont désormais patents. Il y a donc bien possibilité d'une pluralité de systèmes, simplement ils ne vont plus se différencier en blocs territoriaux, ni selon les pays comme on changeait de religion en changeant de prince, mais seront obligés de cohabiter sur le même territoire. Il s'agit de voir comment.

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Revue des sciences 09/09

  • Bilan énergétique négatif de la relocalisation ?
  • Un robot herbivore autonome
  • Liberté et manipulations
  • Alzheimer, Parkinson, maladies contagieuses ?
  • La bombe climatique amorcée ?
  • Le traitement de la pierre par le feu, il y a 75 000 ans
  • La protéine de l'oubli
  • Une machine à laver sans eau ou presque
  • L'ADN du bricoleur
  • La Chine divise par 2 le prix du solaire
  • La voiture à air comprimé
  • Le numérique pour réduire la consommation d'énergie
  • Imprimante de livres numériques
  • Interfaces futuristes
  • Un robot qui apprend à sourire en se regardant

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