Droit du travail : l’occasion manquée ?

Pour certains, ça y est, c'est le grand soir. Le risque est grand pourtant qu'on assiste plutôt à un baroud d'honneur, un dernier combat d'arrière garde avant la disparition de la gauche annoncée et le retour d'une droite dure. Les choses sont en tout cas très mal engagées, comme si toute la vieille gauche tombait dans le piège de démontrer son archaïsme et qu'elle n'a rien à dire sur nos nouvelles conditions de vie, simple rejet de la mondialisation et des nouvelles forces productives au nom d'une société salariale mythifiée.

Cela pourrait être aussi son moment de vérité et ouvrir à une réflexion plus en profondeur sur les évolutions du travail et les nouvelles protections nécessaires au travail autonome et à l'extension de la précarité, au lieu de s'arcbouter sur le salariat du passé et la défense des droits acquis (souvent en vain). Le moins qu'on puisse dire, c'est que, pour l'instant, on est loin de prendre le chemin d'une vision d'avenir et d'une remise à plat du droit du travail pour affronter l'économie numérique et conquérir de nouveaux droits. Impossible pour les syndicats de salariés de lâcher la proie pour l'ombre et, de toutes façons, avec le nombre de débats à gauche sur le sujet, on sait bien qu'il est impossible de se mettre d'accord sur ces questions chargées d'idéologie et qui ne se règlent à chaque fois que sous la pression des faits.

Lire la suite

Revue des sciences mars 2016

  • Des particules d’énergie nulle pour résoudre le paradoxe des trous noirs
  • Se masquer pour faire le mal
  • La détection des ondes gravitationnelles
  • Aller sur Mars en 30mn !
  • La traque de la planète X commence
  • La théorie quantique des ondes guides de David Bohm relancée
  • Dans les sédiments, l'Anthropocène commence en 1950
  • La fonte des glaciers augmente le volcanisme (et le CO2)
  • Des arbres artificiels qui transforment les vibrations en énergie
  • Des batteries à 54$ par kWh
  • S'éclairer avec des bactéries
  • L'homme de Florès, un Homo erectus ?
  • La crainte des dieux rapproche des communautés éloignées
  • Pas d'effondrement à l'Île de Pâques ?
  • Le séquençage minute de l'ADN
  • Cultiver des neurones pour remplacer les neurones détruits
  • Un implant bionique contrôle un exosquelette par la pensée
  • Les IPP (anti-acide) augmentent de 50% le risque de démence
  • La cryogénisation du cerveau progresse
  • Tester soi-même le cancer du poumon ou de la bouche avec sa salive
  • Les ondes de choc par ultrasons, meilleure alternative au Viagra ?
  • Un bio-superordinateur à base de protéines et alimenté par ATP
  • Un smartphone indien à 3,30€
  • Valider un paiement par smartphone avec un selfie
  • L'imprimante 3D tous métaux
  • Le temps des robots humanoïdes dans l'industrie est venu

Lire la suite

Pascal, la misère de l’homme et son terrible ennui

Il est vrai que c’est être misérable, que de se connaître misérable ; mais c’est aussi être grand, que de connaître qu’on est misérable. Ainsi toutes ses misères prouvent sa grandeur. Ce sont misères de grand Seigneur, misères d’un Roi dépossédé.

Même s'il dit lui-même que "se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher" (513-4), il est certes contestable de faire de Pascal un philosophe alors qu'il n'a d'autre dessein que de faire l'apologie de la religion chrétienne au regard de la misère de l'homme sans dieu. S'il admet les failles de la raison, c'est pour les boucher immédiatement avec le dogme hérité ("Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison"). Il est justement intéressant de voir comme le vrai peut venir du faux, et ce que la religion - qui a pris la suite des philosophies du bonheur et de leur échec - peut révéler de nous et de nos faiblesses comme de notre incomplétude. En effet, cette lucidité n'aurait sans doute pas été permise s'il n'en proposait immédiatement le remède trompeur de la foi dans une vérité révélée, autre façon de s'empêcher de penser.

Lire la suite

Les philosophies du bonheur

Stoïcisme, épicurisme et sceptiques
Je me suis engagé imprudemment dans l'histoire de la philosophie, d'abord à sentir le besoin de revenir à Socrate, au savoir de l'ignorance qui est au principe des sciences et notre réalité première à laquelle on ne veut pas se résoudre. Impossible de rester semble-t-il dans cette position philo-sophique questionnante sans finir par prétendre à la sagesse qui détient la vérité. C'est ce qu'on a vu ensuite dans le Phédon de Platon avec ses âmes ailées où le monde des idées décolle du réel. S'y manifeste déjà les contradictions entre l'amour et la vérité qu'éprouvera Aristote à se détacher de cette mythologie et de son maître (Amicus Plato, sed magis amica veritas) opposant à son animisme que ce ne sont pas les idées qui déterminent le réel mais les causes efficientes et finales. Le premier enseignement de la recherche philosophique, c'est bien que la question de la vérité nous divise. Cela commence par les présocratiques, avec, entre autres, l'opposition d'Héraclite et Parménide mais on peut dire que ces divisions se généralisent et se vérifieront constamment par la suite dès lors qu'on prétend se fonder sur la raison et non sur l'autorité du lieu. Il ne s'agit plus seulement de savoirs rationnels mais d'une modification de notre position par rapport aux savoirs et par rapport aux autres, en même temps que changeait la position du citoyen dans l'Empire.

Notre propre situation depuis la globalisation marchande et la fin du communisme offre quelques ressemblances avec celle de la constitution de l'Empire (hellénique puis romain), véritable mondialisation à l'époque, se caractérisant à la fois par la fin de la politique et de la citoyenneté active, en même temps qu'une perte d'unité culturelle, confrontée à la diversité des peuples et des croyances. C'est déjà l'émergence de l'individu, de l'intériorité avec la vogue des philosophies du bonheur qui entre en résonance avec la mode actuelle.

Lire la suite

Revue des sciences février 2016

  • La matière manquante de l'Univers cachée dans la toile cosmique
  • Propager la résistance au paludisme chez les moustiques
  • Que serait un temps symétrique à l'espace ?
  • Des variations de luminosité inexplicables
  • Le trou noir de notre galaxie se réveille
  • De nouvelles planètes dans notre système solaire ?
  • Un tissage nanométrique apporte solidité et flexibilité
  • Le réchauffement des océans aurait doublé depuis 60 ans
  • Un polymère transparent qui stocke la chaleur
  • Un revêtement d'herbe en plastique fait de l'électricité avec le vent
  • Les cellules dendritiques réagissent par épigénétique aux infections
  • Un ver qui a 5 formes différentes
  • Il y a 10 000 ans, un massacre entre chasseurs cueilleurs
  • Les contes de notre enfance peuvent avoir 6000 ans
  • Une méthode géométrique de calcul intégral des Babyloniens
  • L'incertitude motive l'exploration par l'acétylcholine (et le tabac)
  • Plus de types de synapses qu'on croyait multiplie les informations traitées
  • Le son de notre propre voix influence nos émotions
  • La greffe de tête sur des singes et des souris, une réussite ?
  • Une puce dans le cerveau qui se dissout
  • La schizophrénie, une perte massive de synapses à l'adolescence
  • Effet oxydatif des nanoparticules sur les macrophages
  • Le cancer se déclenche quand une cellule mutée redevient cellule souche
  • Un robot qui aide les spermatozoïdes à atteindre l'ovule !
  • Détacher une roue de la voiture pour en faire un monocycle
  • Un drone-taxi octocoptère pour se déplacer
  • Des dirigeables stratosphériques comme satellites d'observation

Lire la suite

La naturalisation du capitalisme

Les critiques du capitalisme ont toujours réfuté la naturalisation du capitalisme. Ainsi, du côté de Polanyi, c'est l'encastrement de l'économie dans le social qui est prétendu notre état naturel, et Bourdieu ajoutera qu'il y a, dans les sociétés traditionnelles, une négation constante des rapports économiques entre proches, remplacés autant que possible par le circuit du don. Certains vont même remonter jusqu'à la préhistoire pour démontrer que le capitalisme n'existait pas du tout à cette époque, et que donc nous pouvons vivre sans ! Il faut dire que ces critiques mènent souvent, sinon à la négation de l'évolution, du moins à prendre leurs distances avec le darwinisme considéré comme simple expression de l'idéologie capitaliste (ce qui est le cas pour Spencer, il est vrai) alors que Darwin avait souligné l'importance des instincts sociaux et de l'altruisme dans notre survie, c'est-à-dire des tendances anti-darwiniennes à court terme mais donnant un avantage à long terme. Il faut s'inquiéter lorsqu'une loi scientifique aussi fondamentale est contestée pour des raisons politiques mais il y a effectivement un conflit des interprétations et manipulation du concept d'évolution par les uns ou les autres, justifiant la domination d'un côté ou l'émancipation de l'autre. L'essentiel à reconnaître pourtant, c'est d'abord l'évolution elle-même, sa dynamique comme phénomène extérieur qui s'impose à tous et dans lequel nous sommes pris.

Lire la suite

Et si tout ces bouleversements finissaient par s’arrêter ?

   Vers la fin de l'histoire
Les transformations s'accélèrent sur tous les plans. On ne sait jusqu'où ça peut aller, ayant tant de mal à suivre le rythme, mais, en fait, ce qui se passe, c'est plutôt qu'un monde s'écroule et qu'un autre le remplace. L'accélération technologique n'est peut-être que passagère (et manifestant déjà un certain ralentissement ?), non que les progrès techno-scientifiques puissent jamais s'arrêter mais ils pourraient perdre de plus en plus leur caractère "disruptif" bouleversant l'organisation sociale à mesure qu'une nouvelle organisation se met en place.

L'argument de Francis Fukuyama contre une fin de l'histoire qu'il avait proclamée de façon un peu trop précipitée, c'était que le progrès technique l'empêchait. Ce qu'on peut contester. Certes, nous sommes effectivement très loin encore d'une fin de l'histoire qui n'arrivera pas avant une véritable unification du monde, l'Etat universel et homogène qui est en route depuis la fin du communisme mais est loin d'être achevé (on peut encore en voir des vertes et des pas mûres d'ici là). Préparant cette unification, nous devrions cependant connaître assez rapidement, sur la Terre entière, une adaptation au numérique qui, une fois effective, sera sans doute très durable. Au début tout est à inventer mais une fois les monopoles en place, ils sont presque impossibles à déboulonner et figent les positions. C'est le paradoxe qu'il faut souligner que puisse succéder à notre période de transformations accélérées une longue période de stabilité - un peu comme après la mise en place du Néolithique - et non une singularité exponentielle. Ainsi, notre révolution permanente actuelle ne serait pas forcément le lot de la modernité pour toujours mais seulement du basculement dans l'ère du numérique, du passage de l'ère de l'énergie à l'ère de l'information.

Lire la suite

Rétrospective 2006-2015

   La critique de la critique
10/2015Si j'ai voulu revenir sur mon parcours de ces dix dernières années, c'est que sa cohérence m'est apparue après-coup et que j'ai éprouvé le besoin de faire le point sur une évolution qui n'était sans doute pas seulement la mienne dans ma génération. On peut dire, en effet, que notre situation métaphysique et politique a radicalement changé depuis notre jeunesse, poursuivant le mouvement d'une sortie de la religion, qui ne date pas d'hier, par une sortie de la politique (ou du théologico-politique des grandes idéologies) depuis la chute du communisme. Que cette situation soit objectivement la nôtre dans nos démocraties pluralistes à l'heure de la globalisation numérique, ne signifie pas une fin de l'histoire achevée, loin de là, nourrissant au contraire des réactions agressives de retour du religieux ou de la Nation (des guerres de religions et du rejet de l'étranger) avec les appels lancinants d'intellectuels attardés au réenchantement du monde et au retour des utopies les plus naïves.

Ma propre évolution, tirant les conséquences de cette déception du politique qui ne laisse plus que des alternatives locales à la globalisation marchande, peut se lire comme un approfondissement du matérialisme (dualiste) et du domaine de la nécessité sans pour autant viser, comme le stoïcisme à l'acceptation de son sort ni, comme le marxisme à une impossible réconciliation finale. Il ne peut être question de soutenir l'ordre établi ni renoncer à dénoncer ses injustices. Il ne peut être question de se satisfaire du monde tel qu'il est, ce n'est pas l'exigence de le changer qui doit être mise en cause mais, tout au contraire, qu'elle reste lettre morte, exigence qu'elle se traduise dans les faits quitte à en rabattre sur ses ambitions. C'est donc une conversion au réalisme de l'action, essentiellement locale, sans renier pour autant sa radicalité en allant toujours au maximum des possibilités du temps, ni oublier l'inadéquation de l'homme à l'universel et son étrangeté au monde (espèce invasive qui n'a pas de véritable nature et nulle part chez soi).

Dream is over, même s'il y a un nouveau monde à construire. La belle unité de la pensée et de l'être comme de l'individu et du cosmos est rompue, c'est le non-sens premier, l'absurde de nos vies (la misère de l'homme sans Dieu) que l'existentialisme avait déjà affronté mais qui maintenait une primauté du sujet. Cette position est devenue intenable avec les sciences sociales et surtout l'accélération technologique qui manifeste à quel point la causalité est extérieure - ce qu'il faut prendre en compte, y réagir, s'y adapter, ce dont il nous faut devenir responsables mais que nous ne choisissons pas. Malgré tous les efforts pour retrouver une société totalitaire et une identité perdue, la réalité qu'il nous faut affronter, c'est la pluralité et la non identité à soi, c'est celle d'un sujet divisé, et d'un réel étranger qui nous blesse, nous malmène, sur lequel on se cogne. "Il résulte des actions des hommes en général encore autre chose que ce qu'ils projettent et atteignent, que ce qu'ils savent et veulent" (Hegel). Que cela plaise ou non, on peut penser que le miroir de l'information finira par nous forcer à regarder la réalité en face au lieu de nous aveugler de beaux discours.

Lire la suite

Revue des sciences janvier 2016

  • Le retard des technologies
  • Pourquoi rêvons-nous ?
  • Quand l’environnement façonne les langues
  • Un "holomètre" montre que l'espace-temps est continu, pas quantique
  • Production d’un couple proton-antiproton par annihilation électron-positron
  • Des ballons solaires en altitude
  • La feuille artificielle bientôt opérationnelle ?
  • Siemens veut convertir du CO2 en carburant avec le soleil
  • Une colonne d'algues pour capturer le CO2
  • Les particules métalliques, carburant propre de l'avenir ?
  • Les météorites en phosphures de fer (schreibersite) à l'origine de la vie ?
  • Les eucaryotes, une réaction à la toxicité des océans ?
  • Des animaux marins couvaient leurs oeufs il y a 500 millions d'années
  • Des couples d'oiseaux discutent pour se répartir les tâches
  • Les hommes dorment moins et mieux que les singes
  • La domestication du chien datée par l'ADN de 33 000 ans
  • Des Homo Habilis, il y a 14 000 ans au sud-ouest de la Chine ?
  • L'agrégation hiérarchisée au principe de l'abstraction dans le cerveau
  • Conscience/inconscience, question de fréquence
  • Le cerveau prend ses décisions dans l'action
  • La caféine change radicalement la connectivité du cerveau
  • Les mauvaises actions plus considérées comme intentionnelles que les bonnes
  • Les hommes pauvres ont moins de testostérone et vieillissent plus vite
  • Le THC agit comme l'ocytocine
  • Une caméra laser qui voit même dans les coins
  • Un smartphone transformé en imprimante 3D
  • Naviator, le drone qui va aussi sous l’eau

Lire la suite

L’agrégation hiérarchisée au principe de l’abstraction dans le cerveau

Lien

- L'agrégation hiérarchisée au principe de l'abstraction dans le cerveau

Ce travail d'observation de l'abstraction dans le cerveau (IRM) comme agrégation de sensations de plus bas niveau m'a paru assez important pour en faire une brève, essayant d'en restituer les conclusions qui confirment largement pour une fois nos intuitions sur le sujet.

La fonction cognitive et la pensée abstraite viendraient de l'agglomération de plusieurs sources corticales allant du cortex sensoriel aux zones beaucoup plus profondes du connectome (diagramme du câblage des connexions du cerveau).

Cela démontre non seulement le principe de base de la cognition mais que tous les comportements cognitifs suivent une hiérarchie qui part des comportements les plus corporels, tangibles, comme un tapotement des doigts ou la douleur ressentie, et va jusqu'à la conscience et les pensées les plus abstraites comme la nomination des choses ou des concepts. Cette hiérarchie d'abstraction reflète la structure du connectome de l'ensemble du cerveau humain.

L'observation semble établir que la structure hiérarchique du connectome révèle un continuum de la fonction cognitive, une abstraction fonctionnelle progressive en fonction de la profondeur du réseau, ce qui serait une caractéristique fondamentale du cerveau qui s'observe aussi dans les réseaux artificiels.

Les régions les plus profondes du cerveau représentraient ainsi les fonctions les plus abstraites. Le degré de connectivité d'une région avec les entrées sensorielles se trouve bien corrélé à l'abstraction des fonctions cérébrales effectuées par ces régions, avec des fonctions concrètes figurant dans les zones les plus connectées à des entrées sensorielles et des fonctions abstraites apparaissant dans les zones les moins connectées aux entrées ou enfouies plus profondément dans le cortex.

Notre définition formelle de la hiérarchie (ou la profondeur du réseau de la théorie des graphes) a simplifié les phénomènes de récurrence en un continuum statistique de connectivité avec les entrées sensorielles. Cette notion de hiérarchie était essentiellement probabiliste, la profondeur étant supposée influer sur la probabilité des connexions neuronales, plutôt que les nécessitant. Nos méthodes ont débouché sur une structure pyramidale du connectome humain, avec à la base de la pyramide les entrées sensorielles alors que le sommet de la pyramide se trouve au plus profond du réseau cortical.

Plus précisément, les résultats illustrent deux constatations interdépendantes: 1) une structure de réseau hiérarchique sur la base de l'architecture corticale qui part du cortex sensoriel et se prolonge jusqu'à des régions éloignées moins reliées aux entrées sensorielles, 2) une hiérarchie correspondante des fonctions cognitives qui vont des sensations primaires jusqu'aux fonctions cognitives supérieures. Enfin, les résultats de l'étude indiquent que notre hiérarchie cognitive basée sur la profondeur du réseau correspond bien à nos intuitions en matière d'abstraction de l'information.

Les éléments comportementaux impliquant les zones du cerveau les plus connectées au monde extérieur, à la base de la pyramide, étaient liées à des perceptions simples, au traitement sensoriel ou des actions physiques. Par contre, les éléments comportementaux sollicitant les zones du cerveau les moins connectées au monde extérieur, au plus profond du réseau, dans la partie la plus éloignée des entrées sensorielles, étaient bien liées à des concepts et des symboles plus abstraits. Par exemple, "l'humour" est apparu comme l'élément comportemental le plus abstrait.

L'abstraction est définie comme suit: un processus de création de concepts généraux ou de représentations extrayant ​​les caractéristiques communes de cas particuliers, où les concepts englobants sont dérivés de situations réelles, concrètes, littérales, de l'observation ou de premiers principes concrets, souvent dans le but de compression du contenu d'information d'un concept ou d'un événement observable, en ne retenant que les informations pertinentes pour un objectif ou une action précise.

La structure hiérarchique par agrégation est très robuste, résistante aux perturbations puisque l'agrégation élimine les détails, et elle est de même nature que ce soit à partir de la vision, des sons ou des odeurs. Cette structure hiérarchique qui part des entrées sensorielles expliquerait de plus le rôle de l'insula dans la conscience (ou l'anesthésie) comme plaque tournante des sens, servant à l'intégration multi-sensorielle.

Avec un siège présumé de la conscience ou de l'attention positionné structurellement dans un endroit qui lui permette d'être le coordinateur des entrées sensorielles et de la cognition, ces études pourraient modifier nos conceptions de la conscience, de l'apprentissage automatique et de l'intelligence artificielle.

Travail = Revenu

Il est frappant qu'on n'arrive même pas à s'accorder sur des choses aussi communes que travail et revenu, jusqu'à s'imaginer qu'il n'y aurait là nul réel et seulement de l'idéologie plus ou moins arbitraire ! Il n'est pas inutile de revenir aux bases matérielles (sans tomber pour autant dans un simplisme trompeur), surtout lorsque les discussions s'égarent dans des subtilités où personne n'y comprend plus rien.

Lire la suite

Penser l’émancipation avec et contre Gorz

Amicus Plato, sed magis amica veritas
On voudrait que les intellectuels s'entendent pour nous dire ce qu'il faut penser et faire, ainsi que ce qu'on peut espérer. C'est pourtant bien là-dessus qu'on ne peut s'accorder. Au lieu de le déplorer, il faut en faire le constat fondamental de notre existence, qui lui donne sa dimension de pari et nous fait éprouver la solitude de la pensée dans son errance, alors même qu'il n'y a de pensée que du commun dès lors qu'on est éveillé, comme dit Héraclite, et que toute parole vise l'universel. On se constitue en groupes, en partis, en église pour affirmer une communauté de convictions mais toujours minés par les divisions. Il est naturel de se persuader qu'il suffirait de se mettre autour d'une table pour s'entendre mais on en a assez l'expérience pour savoir que ce n'est pas le cas et que ce n'est pas une question de mauvais caractère ni d'ingratitude ou même de traîtrise si Aristote se sépare de Platon. On organise de grands débats où tous les intervenants disent à peu près la même chose et défendent parfois sans contestation aucune les idées les plus extravagantes tant ce petit monde ne fait qu'essayer de se renforcer dans ses convictions en restant dans l'entre-soi tout en se croyant les sauveurs du monde. La vérité est plus prosaïque de notre rationalité décidément très limitée et de nos différentes conceptions du monde. Gorz s'amusait d'ailleurs de voir comme Alain Caillé arrivait à rassembler pour soutenir un revenu inconditionnel des gens dont aucun ne pensait comme les autres. Il avait aussi particulièrement apprécié dans mon résumé de la phénoménologie (misère de la morale), la partie sur "la république des lettres" (la tromperie mutuelle) où chacun prend les autres pour des imbéciles derrière une reconnaissance de façade. Ce qui nous a réuni est justement de ne pas être seulement des intellectuels mais de se soucier du réel et défendre les mêmes dispositifs. Sinon, malgré une filiation hégélienne et marxienne, nos divergences théoriques, qu'il prenait d'ailleurs assez mal, n'étaient pas négligeables. Cela ne m'empêchait pas de dialoguer avec lui et de rester assez liés pour être convié à ses obsèques confidentielles "dans un de ces lieux perdus au milieu de nulle part, situé en pleine zone industrielle de Rosières-près-Troyes".

Une certaine actualité éditoriale (une rediffusion améliorée de là-bas si j'y suis et la traduction d'une interview allemande : "Le fil rouge de l'écologie", sans parler du dernier EcoRev') m'a rappelé tout cela et donné l'envie de revenir sur un certain nombre de nos désaccords de fond, philosophiques plus que politiques.

Lire la suite

Revue des sciences décembre 2015

  • Guerre et coopération à l'origine de l'humanité
  • Pourquoi les bonnes idées tuent les meilleures
  • Faut-il interdire les robots tueurs autonomes ?
  • Le retour réussi de la fusée New Shepard destinée au tourisme spatial
  • Un liquide poreux (pour stocker le CO2 ?)
  • Le réchauffement retarde la fin de la période inter-glaciaire
  • 100% renouvelables avec stockage souterrain
  • Un kit grand public pour la modification génétique chez soi
  • Il y a un sens de l'évolution prévisible malgré la part d'aléatoire
  • Transformer un ver avec la tête d'une autre espèce sans modifier l'ADN
  • Fonction temporelle des neurones et synapses
  • Nous avons tous un mélange de cerveau mâle et femelle
  • Le cerveau passe du système de punition au système de récompense dans l'apprentissage
  • Les enfants d'athées seraient plus altruistes que ceux élevés dans la religion
  • Déclencher la production de globules rouges au lieu d'une transfusion
  • Bloquer la douleur par des dispositifs sans fil implantables
  • Des micro-doses de LSD contre l'anxiété et l'insomnie
  • Le cannabis de synthèse de plus en plus dangereux et combattu
  • Le mécanisme anticancéreux de l'aspirine
  • Microbiote et santé
  • La transplantation de visage la plus complète
  • Les gyropodes (Wheels) se démocratisent (chez Darty)
  • Skreemr, l’avion hypersonique lancé par piste magnétique pour aller à New York en 30 minutes

Lire la suite

La tentation du National

facebookLa haine se déchaîne, l'état d'urgence est décrété, le Front National monte, la gauche est anéantie et nous voilà enrôlés dans une guerre qu'on croyait ne pas être la nôtre, montrant encore une fois comme nous sommes ballotés par les évènements et dépendants de l'ambiance générale qui nous transforme soudain au plus intime. Malgré toutes les bonnes raisons du monde, j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi Hollande s'était mêlé des affaires de la Syrie où il n'avait aucune légitimité, mais je comprends bien qu'on ne peut plus arrêter maintenant, surtout que dans cette guerre, impossible d'avoir aucune sympathie avec un tel ennemi. C'est l'ennemi idéal pour nous unir contre lui. On ne peut rester neutre, pas plus qu'on ne pouvait l'être avec les nazis mais le combat contre un ennemi comporte toujours une part d'identification (si les nazis préparent une bombe atomique, il faut en avoir une avant).

Quoiqu'on dise, il y a décidément beaucoup de ressemblances avec les suites de la crise de 1929, malgré de si grandes différences entre les époques. Des hommes de bonne volonté comme Paulhan avaient dû renoncer avec effarement à leur pacifisme, tellement consterné par son erreur et sa naïveté qu'il résolut de ne plus jamais se mêler de politique. Je me suis moqué aussi des théories de l'aliénation qui faisaient florès en ce temps là, au moment où montait un péril bien réel celui-là. L'histoire décide de nous très au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer et fait de l'ancien révolutionnaire un bon petit soldat ou résistant, obligé de laisser de côté sa critique de la démocratie et de son pays pour les défendre contre bien pire encore. Ce n'est pas une découverte - l'effet d'une déclaration de guerre sur la population ressoudée autour d'un chef et gommant ses divisions - mais c'est un peu ce que nous vivons, même sous une forme très atténuée.

Lire la suite

Etat de guerre

Qu'est-ce pour nous, Mon Cœur, que les nappes de sang...
Il se trouve que la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est que les guerres font de moins en moins de morts. C'est un fait trop peu connu cette diminution considérable du nombre de guerres et surtout du nombre de morts qu'elles provoquent, ce qui est bien difficile à admettre quand on est en guerre soi-même et qu'on compte ses morts, mais phénomène considérable à l'échelle de l'humanité et qu'on peut mettre sur le compte d'une unification du monde plus avancée qu'on ne croit. Dans ce contexte, ce qui frappe, c'est le caractère spectaculaire des morts du terrorisme malgré leur relatif petit nombre par rapport aux anciens conflits. Certes, nous ne sommes pas à l'abri d'une montée en puissance, mais il y a encore de la marge (le risque nucléaire est cependant toujours présent, sans parler du nouveau risque biologique).

Lire la suite

L’évolution d’Aristote

Il y a un mystère Aristote (-384/-322) dont les écrits parvenus jusqu'à nous, dits "ésotériques" car constituant ses notes personnelles, n'ont été retrouvés et édités qu'au Ier siècle av. J.-C (vers -60), presque 3 siècles après (où il est difficile de départager ce qui est d'Aristote des notes de ses élèves). On s'imagine en général qu'il a dominé toute l'antiquité jusqu'au Moyen-Âge alors qu'assez vite il a été relativement oublié, tout comme Platon ravalé à un simple écrivain, au profit des stoïciens qui vont prendre toute la place, s'identifiant à la philosophie même jusqu'à l'émergence bien plus tardive des néoplatoniciens préparant la venue du christianisme à partir de Philon d'Alexandrie ("Philon platonise, Platon philonise"). Malgré son matérialisme (ou hylèmorphisme) et sa négation de l'immortalité de l'âme, Aristote aura surtout séduit les Musulmans avant que l'Église catholique ne s'en empare tardivement avec Thomas d'Aquin et la scolastique, aux XII-XIIIème siècles. S'il est le seul à ne pas avoir connu de renaissance (p6), c'est de n'avoir plus quitté la scène mais son règne absolu n'aura duré que quelques siècles. On peut dire jusqu'à Descartes bien que ce ne soit pas un événement ponctuel. Même aujourd'hui, et plus encore que Platon, Aristote reste la base de la philosophie, qu'on peut relire avec profit sur n'importe quel sujet ou presque, loin d'être aussi dépassé qu'on l'imagine (après plus de 23 siècles! donnant une impression de proximité troublante).

Il ne fait aucun doute qu'Aristote procède de Platon et bâtit sa philosophie sur le travail préalable de l'Académie, mais, de même que dans son évolution Platon se détache de Socrate, de même l'évolution d'Aristote est celle de son éloignement de Platon comme de sa théorie des Idées, remplaçant la notion animiste de participation par celle, scientifique, de cause (matérielle, formelle, efficiente ou finale). Mais réfuter Platon n'est pas réfuter la philosophie, c'est la continuer au contraire. Par cette répétition de la rupture, se fonde la continuité d'une histoire de la philosophie en progrès où il s'agit de se situer, comme Aristote le fera constamment en citant systématiquement ses prédécesseurs. Il a été, en tout cas, élève de Platon jusqu'à sa mort, en -347, pendant 20 ans, ce qui n'est pas rien. Lorsqu'il est arrivé à l'Académie, en -367, il n'avait que 17 ans, époque du Théétète (dont il reprendra la définition de la philosophie comme étonnement) et de l'arrivée d'Eudoxe à Athènes. Il n'a pas attendu cependant la mort de Platon pour écrire une réfutation en règle de la théorie des idées ("ΠΕΡΙ ΙΔΕΩΝ", sur les idées) où Platon n'a vu qu'une révolte contre lui, disant qu'Aristote "l'avait traité comme les poulains qui, à peine nés, ruent contre leur mère". Il reconnaissait bien cependant ses capacités puisqu'il lui avait confié l'enseignement de la Rhétorique et qu'on l'appelait, paraît-il, "l'intelligence de l'école" (νοῦς τῆς διατριβῆς). Pour justifier sa "trahison" et se défendre de l'interprétation "psychanalytique", Aristote se déclarait "Ami de Platon, mais plus encore de la vérité" (témoignant de l'échec du dialogue et de ce qui rend les relations entre intellectuels si compliquées et fragiles). Comme il le dit au début de l'Éthique à Nicomaque (I-4) : "Vérité et amitié nous sont chères l'une et l'autre, mais c'est pour nous un devoir sacré d'accorder la préférence à la vérité".

C'était justement le sujet de notre lecture du Phèdre de Platon, dont il faut souligner que la fin du dialogue est consacrée à la Rhétorique, sujet confié à Aristote qui en forgera une logique longtemps indépassée, la forme du syllogisme se substituant au dialogue contradictoire. La philosophie devient ainsi l'objet d'un enseignement transmissible tout comme une technique oratoire ou la simple grammaire. Plus globalement Aristote est du côté de l'observation méthodique et du biologique (des sciences matérialistes ioniennes) alors que Platon était du côté de la géométrie et du symbolique (de la théologie idéaliste pythagoricienne ou éléate), l'un désignant la terre matérielle et l'autre pointant vers les cieux (rejouant l'opposition d'Héraclite et Parménide). Il est intéressant d'essayer de comprendre comment on passe de l'un à l'autre en rompant avec ses anciennes appartenances, non par une différence de caractère mais pour résoudre les contradictions précédentes et, comme on le verra, simplement à l'origine par l'analyse rigoureuse du langage et des procédés de démonstration s'appliquant aussi bien à la physique qu'à l'éthique ou la politique.

Lire la suite

Revue des sciences novembre 2015

  • Les incertitudes du climat
  • L'explosion démographique africaine
  • Réduire l'impact écologique du numérique
  • Les clés de la créativité
  • L'effet zénon : l'observation fige une particule
  • La Terre une des premières planètes habitables ?
  • Des extra-terrestres à 1480 années lumières ?
  • Un village international sur la Lune ?
  • Passer par la Lune pour aller sur Mars
  • Un rayon tracteur attire les objets avec des ondes sonores
  • La fusion avec des stellarators
  • Se servir des abeilles pour répandre des pesticides
  • Des traces de vie (carbone organique) de 4,1 milliards d'années ?
  • Des extinctions de masse tous les 26 millions d'années à cause des astéroïdes
  • Le glutamate fournit de l'énergie au cerveau
  • Un implant cérébral pour bouger un curseur par la pensée
  • La taille du cerveau n'est pas corrélée à l'intelligence
  • La main a bien évoluée pour donner des coups de poing
  • Moins croire en Dieu avec la stimulation magnétique…
  • Il suffirait d'injecter des cellules souches dans les ovaires pour les régénérer
  • Le mois de naissance influence les maladies de la vieillesse
  • Un médicament contre l'asthme qui régénère le cerveau des vieux rats
  • L'ingestion de cannabis par des petits enfants peut être très dangereux
  • Le cœur des femmes et des hommes vieillit différemment
  • Des vêtements s'adaptant à la chaleur grâce à un biofilm
  • Détection des mouvements à travers les murs avec le WiFi
  • RoBoHoN, le robot smartphone
  • Des engins de chantier autonomes guidés par des drones
  • Terrafugia, un nouveau modèle de voiture volante

Lire la suite

Actualité de l’histoire

Ce qu'on appelle la conscience se confond peu ou prou avec l'intentionalité, c'est à dire avec le désir et la projection dans le futur, cause finale qui n'est pas le propre de l'homme mais du moins de ses oeuvres, du travail humain comme réalisation d'un plan préconçu. Il est donc on ne peut plus naturel qu'à prendre conscience de l'histoire, on veuille l'orienter vers nos fins, passer de l'histoire subie à l'histoire conçue - mais il n'est sans doute possible que de passer d'un processus particulier subi à un processus corrigé, amélioré, domestiqué. Prétendre plier l'ensemble de l'histoire à notre volonté est tout aussi impossible que de supprimer l'universelle entropie, ce qui ne peut jamais se faire que ponctuellement, travail de correction d'erreur qui est à la base de la vie mais n'en fait pas un processus d'auto-création, de sculpture de soi quand c'est plutôt l'extériorité qu'on intériorise ainsi.

En renonçant au volontarisme utopique et à l'arbitraire subjectif, le marxisme a ouvert une autre voie, celle de nager dans le sens du courant supposé hâter la venue du communisme. L'histoire a montré justement que c'était un peu plus compliqué et que ce qui arrive n'est pas ce qui était espéré. Beaucoup en tirent la conclusion précipitée qu'on ne pourrait rien faire ni rien prévoir (c'est ce qui fait du libéralisme un scepticisme) mais il n'y a rien de plus faux. Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas tout qu'on ne peut rien du tout, c'est juste qu'il faut prendre les problèmes un par un et "diviser chacune des difficultés en autant de parcelles qu’il se pourrait, et qu’il serait requis pour les mieux résoudre" (Discours de la méthode). Ce qui ne marche pas, c'est l'idéalisme, bien qu'il continue à séduire les foules, et notre action reste incontestablement très limitée au regard de la totalité, plus emportée par le mouvement que le dirigeant, même si on agit toujours contre ses dérives. Il n'est pas question pour autant de se laisser faire, de rester passifs. Non seulement notre action a le plus souvent un résultat positif mais elle est même vitale, action concrète, efficiente, loin du pouvoir magique de l'idée ou d'une simple force de conviction (qui participe cependant au rapport de force).

On devrait, dès lors, abandonner la poursuite d'un "sens de l'histoire" qui serait un sens unique alors qu'il y a différentes temporalités, qui ne se totalisent pas dans un présent où elles ne font que se croiser, et différents processus à l'oeuvre très hétérogènes, certains cycliques, d'autres éphémères, d'autres permanents ou presque. Ainsi, l'entropie constitue le sens de l'histoire le plus englobant menant le cosmos à la mort thermique sans doute mais la lutte contre l'entropie est, pour cela même, ce qui englobe tous les êtres vivants depuis la première cellule jusqu'à nos techniques de pointe. L'évolution, c'est toujours "un se divise en deux" (processus de spéciation). Il n'y a pas de conscience pour unifier l'univers, pas plus qu'il n'y a d'ensemble de tous les ensembles mais il y a bien une multitude de totalités effectives sur lesquelles on peut agir de notre place, qui dépendent de nous (dans notre rayon d'action).

Lire la suite

Revue des sciences octobre 2015

  • La ruée vers l'hydrogène naturel ?
  • Newton était un faussaire
  • Vote électronique : un scrutin à sécuriser
  • Démocratie 2.1
  • La matière noire comme matière furtive
  • De l'eau liquide sur Mars (quand il fait beau)
  • Des bombes atomiques pour réchauffer Mars !
  • Une station service pour satellites dans l'espace
  • Vers une généralisation des horloges atomiques miniatures
  • Une machine à photons pour prendre des décisions
  • Biodiversité : 49 % d'animaux marins en moins en 40 ans
  • Des micromoteurs au peroxyde d'hydrogène transforment le CO2 en bicarbonate
  • Plier les cellules pour suivre le soleil
  • Convertir la lumière en courant continu avec des nanotubes
  • En imitant la nitrogénase on pourrait faire des engrais plus écologiques
  • L'aléatoire au coeur du fonctionnement de la cellule
  • Cpf1, une nouvelle enzyme CRISPR plus efficace que Cas9
  • Transfert de gènes de virus des guêpes aux papillons
  • Le traitement du signal des neurones tient compte de leur temporalité
  • Un neurone artificiel fonctionnel
  • Activer des neurones avec des ultrasons
  • Communiquer de cerveau à cerveau
  • Koko, le gorille qui parle (sur la mort)
  • Homo naledi, un nouvel ancêtre de l'homme ?
  • La testostérone rend les hommes moins sensibles que les femmes
  • Un rein fonctionnel créé à partir de cellules souches humaines
  • Un laboratoire dans une aiguille
  • Des tests électrochimiques pas chers avec de l'ADN
  • Un appareil portable débarrasse le sang des pathogènes dans les septicémies
  • Une éponge à cellules cancéreuses
  • Première spermatogénèse humaine créée in vitro
  • Des filles qui deviennent des garçons à la puberté
  • Transwheel un Segway "drone" de livraison terrestre

Lire la suite

La révolution nationale (le retour)

revolution_nationaleLa confusion est à son comble avec des électeurs de gauche qui se mettent à voter à l'extrême-droite et des intellectuels de gauche qui ne comprennent pas qu'ils s'y trouvent assimilés, eux qui ont pourtant de si bonnes intentions ! S'il est presque impossible d'arrêter ce basculement vers la droite et le nationalisme (qui a des raisons objectives mais dont l'ancien marxiste Jean-Pierre Chevènement sert de pivot), on peut du moins essayer de comprendre et dénoncer l'irrationalisme des "vestiges théologiques sur lesquels repose la souveraineté de l’État-nation" comme dit Wendy Brown, ce nouveau souverainisme n'étant qu'une forme de sécularisation ("démocratique") d'un pouvoir de droit divin, conception qu'on peut dire religieuse de la politique mais, surtout, symptôme d'une situation bloquée et de notre impuissance réelle devant la dégradation de nos conditions de vie.

L'incroyable résurgence de tendances fascisantes qu'on croyait complètement refoulées s'explique d'abord par une crise économique assez comparable à celle qui leur a donné naissance (bien que dans un contexte très différent) mais aussi par une méconnaissance de la nature du fascisme trop facilement assimilé aux régimes autoritaires, en oubliant qu'il vient de la gauche et prétend parler au nom du peuple qui le soutient de ses votes. A force de le diaboliser, avec quelques raisons, on n'y voyait plus que la violence alors que l'adhésion populaire considérable qu'il a suscité venait d'un besoin de solidarité et d'appartenance pas si éloigné des aspirations communistes (bien que s'y opposant radicalement par le matérialisme, l'internationalisme et le collectivisme). C'est à cause de cette image tronquée du fascisme que nos souverainistes de gauche ne peuvent absolument pas s'y reconnaître, découvrant soudain tout étonnés que cette solidarité nationale était tout ce qu'ils cherchaient à l'extrême-gauche !

Lire la suite