Aux écologistes radicaux

La situation est grave, cela commence à se savoir. Dans ce contexte, on a sans conteste besoin qu'il y ait de plus en plus d'écologistes radicaux si cela veut dire des écologistes ayant pris la mesure des problèmes et décidés à consacrer leurs forces à essayer de les résoudre. Par contre, on n'a pas du tout besoin de querelles de chapelles sur ce qui serait la véritable écologie surtout si c'est le prétexte à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui agissent. La plupart des écolos qui traitent les autres d'écotartuffes pourraient bien en être accusés à leur tour et mis devant leurs contradictions. Reconnaître la gravité de la situation, c'est aussi reconnaître qu'il n'est plus temps de faire la fine bouche et carrément débile de s'opposer à la transition énergétique en cours (en prétendant "s’extraire de l’imaginaire transitionniste", on croit rêver !). Il faut redescendre sur terre où il ne suffit pas de vouloir sortir de la croissance, du capitalisme, de l'industrie pour que cela change quoique ce soit à ces puissances effectives qui ont conquis désormais toute la planète. C'est dramatique mais on ne change pas si facilement un système de production lié à l'état de la technique et qui se transforme profondément avec le numérique.

Il est de la plus haute importance de prendre conscience de notre impuissance pour la dépasser au lieu de croire pouvoir réussir là où les générations précédentes ont échoué et halluciner une insurrection de toute la société qui nous sauverait in extremis. On n'a plus de temps à perdre avec ces enfantillages car cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien faire mais que nos moyens sont limités et qu'il faut combiner différentes formes d'action, où les écologistes radicaux restent indispensables, que ce soit pour construire des modes de vie plus écologiques ou défendre des territoires, mais à condition de ne pas se retourner contre les autres acteurs qui sont plus décisifs au niveau mondial - même si on n'appartient pas au même monde ! La première exigence est la prise de conscience de l'urgence, faisant des enjeux écologiques une priorité absolue, mais en second, vient la nécessité de prendre la mesure de l'ampleur du problème et de ce qui résiste à nos bonnes intentions. Il ne suffira ni de sortir tous dans la rue, ni d'une décision gouvernementale, encore moins d'une conversion des esprits.

Si la prise de conscience des conséquences du réchauffement est bien le préalable à une mobilisation de toute la société, ce n'est pas la servir que d'en rajouter dans le catastrophisme comme si on savait mieux que tout le monde. En fait, il faut se rendre compte que la prise de conscience collective actuelle est d'abord celle des scientifiques et du Giec, se faisant de plus en plus alarmants à mesure que les connaissances progressent. Certains trouvent que le Giec est encore trop prudent et ne retient pas les pires scénarios, ils ont apparemment raison mais ce n'est pas une question de conviction personnelle. En tout cas, personne de sérieux ne parle de la fin de l'humanité. Il ne s'agit pas de prétendre que ce serait impossible, j'ai moi-même évoqué le risque d'empoisonnement de l'atmosphère, mais ce n'est pas pour demain, on a le temps de réagir, et ces hypothèses doivent s'étudier sérieusement. Ce qui va certainement se produire, c'est surtout l'effondrement d'écosystèmes aggravant la 6ème extinction. Les risques sont considérables jusqu'au pic de population attendu (en Afrique), pas la peine d'en rajouter, vraiment.

Les conséquences déjà désastreuses d'un réchauffement de 2°C, qui pourrait monter à 5,5°C si on ne fait rien, justifient qu'on se préoccupe de l'éviter à tout prix, raison pour laquelle le Giec avertit qu'étant données nos émissions actuelles et le rythme prévisible de la transition énergétique, on aura absolument besoin de la capture du CO2. Ce n'est certes pas une solution miracle qui nous dédouanerait de toute action, seulement une façon de réduire un peu plus nos émissions, mais, si on a raison de dire que les techniques de capture et d'enfouissement ne sont pas encore complètement maîtrisées, il y a des progrès tous les mois dans la transformation du CO2 en carburant ou en solides (béton, magnésite, basalte, etc). C'est incontestablement une voie à soutenir, la seule géoingénierie raisonnable même si là aussi il ne faut ni se faire d'illusions ni tomber dans le simplisme. Ainsi, la meilleure "technique" de capture du CO2, n'a rien de high tech puisque c'est la reforestation et la gestion des sols (surtout pas de biomasse) mais il y a besoin de dizaines d'années pour que les forêts stockent du carbone et vouloir l'accélérer en plantant des conifères augmente encore les températures (et réduit la biodiversité) ! L'Europe n'est d'ailleurs pas la plus concernée par la reforestation déjà engagée par la Chine et le Pakistan mais il faut des applications intelligentes à chaque fois et de multiples approches. De toutes façons, on n'échappera pas à la nécessité de la capture du CO2. Même s'il n'y a pas de quoi empêcher le réchauffement, seulement en limiter l'impact, ne pas le faire serait un crime. Il faut souligner qu'en introduisant cette nécessité, le Giec passe du diagnostic à l'action, évaluant scientifiquement la meilleure piste pour compenser une impuissance politique constatée jusque-là face à l'inertie planétaire. Mais après avoir dû affronter les climato-sceptiques refusant le diagnostic des scientifiques, ce sont les idéologues et les fausses solutions utopiques qui s'opposent aujourd'hui aux scientifiques et à un climato-réalisme devenu pourtant vital.

Alors que les géoingénieries de science-fiction éveillent avec raison la méfiance, ce n'est pas du tout le cas d'une réduction du CO2 que nous émettons. Si cela paraît malgré tout un scandale aux yeux des écologistes radicaux, c'est qu'ils voudraient - avec quelques raisons - qu'on arrête immédiatement les énergies fossiles et qu'on sorte du capitalisme sur le champ. Le raisonnement des militants peut paraître logique qu'en donnant (comme Anders) dans l'exagération on marquerait mieux les esprits, obtenant une réaction plus forte, mais ce qui marche, hélas, contre l'immigration, n'a fait que décrédibiliser les écologistes. Seuls les scientifiques sont crédibles et ils ne sont déjà pas rassurants du tout. Au-delà même de la dramatisation, ce que rejettent les militants, c'est le "solutionnisme", l'idée qu'il pourrait y avoir des solutions dans ce monde alors qu'un autre monde serait possible ! Laisser croire qu'il y aurait une issue possible serait démobiliser les masses qui seraient prêtes sinon à se convertir à l'écologie et basculer dans un autre système (on ne sait pas trop lequel). Non seulement ce n'est pas du tout ce qui se passe mais ces chimères mènent les écologistes les mieux intentionnés à amplifier le désastre en se battant contre leur camp ! C'est quand même un comble ! Ceux qui croient que le capitalisme va nous sauver sont rejoints dans leur illusion par ceux qui croient que la politique va nous sauver, l'anticapitalisme n'étant ici qu'un vain mot qui sert de solution magique. Pour rejeter les solutions pratiques on déplorera ainsi que la technologie remplace la politique mais le pouvoir de la politique est alors mythifié et on en reparlera quand les écologistes seront majoritaires - ce qui pourrait finir par arriver si on ne leur tape pas trop dessus (même s'ils le méritent souvent), on en est très loin. De toutes façons, il n'y a pas de SOLUTION générale au point où l'on en est, il n'y a que différentes façons de limiter les dégâts. Aucune solution n'est assez efficace assez rapidement, que ce soit la transition énergétique, la capture du CO2 ou les alternatives locales. Il faudrait se donner comme règle de considérer qu'il n'y a pas de faux amis écologistes car il faut agir sur tous leviers, ce qui est gagné est gagné même très insuffisant. C'est une évidence dont il faut se persuader et en tirer les conséquences, les écologistes radicaux ne suffiront certes pas à eux tout seuls !

Les discours de tribune et positions extrémistes qui s'opposent aux compromis et petits pas réduisent souvent la croissance à une idéologie, accusant le capitalisme d'avoir colonisé nos esprits, on ne sait par quel pouvoir médiatique totalitaire. Bien sûr, si c'était vrai, les choses seraient simples, l'économie ne serait qu'une religion de l'argent, il suffirait de changer de religion, de croyance, de représentation et le tour est joué du jour au lendemain. Ainsi, être radical ce serait aller à la racine idéologique supposée des choses et simplement changer nos façons de penser pour une vérité alternative, mais c'est le réel qui disparaît dans cet idéalisme qui s'imagine que ce sont les idées qui mènent le monde alors que ce sont des puissances matérielles. On s'aperçoit vite qu'il ne suffit pas de dire la vérité pour que cela ait un effet quelconque, et notamment de constater que le productivisme capitaliste est antinomique avec l'écologie, ce qui serait effectivement difficile à nier. Si les condamnations du capitalisme ont été virulentes depuis son apparition, elles n'ont pas empêché son triomphe partout. On peut s'en scandaliser mais il faudrait plutôt en comprendre les raisons, qui sont d'efficacité matérielle de l'investissement du capital dans la techno-science et du "bon marché des marchandises" - donnant finalement la puissance militaire. Nous n'avons pas la main et l'histoire nous enseigne que ce qui nous paraît nécessaire n'est pas toujours possible pour autant. C'est bien le communisme qui s'est effondré, pour des raisons économiques, pas le capitalisme malgré ses crises récurrentes, il a pu du moins être humanisé avec des droits sociaux et des normes comme on doit l'écologiser. Ne pas le faire en croyant qu'on pourra se débarrasser facilement du capitalisme au moment où il domine la terre entière, c'est juste ne pas vouloir voir la réalité en face alors que les enjeux écologiques ne sont pas idéologiques mais bien réels et n'attendent pas. C'est maintenant que notre action est décisive. S'il fallait attendre la fin du capitalisme pour réduire le réchauffement on serait tous morts.

Il est difficile pour les militants de se défaire de l'illusion paranoïaque qu'on pourrait décider du monde dans lequel on vit, illusions nourries faussement par la Révolution française et qui ont ouvert l'ère des idéologies dont le fiasco a été complet. On est bien obligé d'opposer à cet idéalisme groupusculaire le matérialisme des puissances effectives, notamment économiques, qui ne nous laissent pas faire et son déterminantes en dernière instance au moins. Devenir matérialiste, donc hélas réaliste, est certes assez déprimant, il n'y a pas tant de possibles, mais c'est une nécessité écologique. Il n'y a rien de plus réaliste que l'écologie. Il ne suffit pas de se déclarer opposé à ce monde pour le changer. Il ne suffit pas de se déclarer anticapitaliste pour se désolidariser de notre monde concret et du négatif de notre industrie, façon trop facile de se croire innocent alors qu'on est tout autant responsable de notre impuissance collective. Etre plus radical en parole ne change absolument rien à l'effondrement écologique auquel on participe.

On peut changer de régime politique mais changer de système de production n'est pas si facile, il faut même que ce soit l'évolution technologique qui impose un nouveau système de production (numérique) et sûrement pas un volontarisme étatique. On peut bien vouloir abolir l'argent, le travail, la société de consommation, cela ne change rien à leur réalité. Notre pouvoir sur les autres pays (Chine, Etats-Unis, etc.) est nul. Par contre, nous pouvons construire localement les bases d'une production plus soutenable privilégiant les circuits courts avec, comme je le propose depuis des années à la suite de Gorz et Bookchin, des coopératives municipales et des monnaies locales (plus un revenu garanti qui reste national). Rien de très enthousiasmant sans doute, ni de suffisant non plus, mais je n'ai rien trouvé de mieux en cherchant pendant mes années militantes quelles étaient les réelles alternatives possibles à la production capitaliste. En dehors de ces alternatives concrètes qui prendront du temps à se généraliser, l'industrie capitaliste continuera à nous ravitailler en marchandises alors que la température n'arrête pas de monter. Quoique prétendent ceux qui se croient les plus radicaux, on a donc absolument besoin du capitalisme vert pour réduire nos émissions et nous fournir en panneaux solaires. On a absolument besoin des technologies aidant à réduire nos émissions et qui seront plus décisives que nos propres actions (nécessaires mais insuffisantes). Ne pas le comprendre est criminel.

Il n'y a pas de bonnes nouvelles, rien de satisfaisant ni qui nous sauverait de conséquences inéluctables, pas de réconciliation finale avec un monde qui reste si souvent insoutenable et injuste, seulement notre effort pour éviter le pire. Reconnaître que ce n'est pas demain la veille que le capitalisme disparaîtra de la planète n'est pas s'en réjouir, c'est reconnaître dans quel monde on vit et ne pas surestimer notre capacité à le changer mais c'est dans ce monde qu'il faut agir, essayer de faire tout ce qu'on peut au lieu de saboter des progrès possibles au nom d'utopies impossibles. Il faut alerter les écologistes sur leurs faiblesses et leur responsabilité historique, ne semblant pas prendre eux-mêmes la mesure de l'urgence, à discuter encore du chemin qu'on aurait dû prendre quand il faut freiner pour ne pas rentrer dans le mur.

Au lieu de prendre de haut la naïveté des nouveaux convertis et se moquer des différents appels de célébrités ayant suivi celui, bien plus important, de 15 000 scientifiques, il faudrait se réjouir d'une prise de conscience des "bobos" ainsi que de la présence médiatique qu'ils ont prolongée des enjeux écologiques puisque c'est toute la société qui doit s'en préoccuper, avec son éventail politique pas forcément à notre goût. On voit qu'il y a aussi des divisions importantes entre écologistes, les plus réalistes se faisant insulter par les idéologues adeptes de la pensée magique, se donnant en tout cas des objectifs inatteignables et ne servant à rien. On peut bien sûr critiquer des tendances autoritaires, individualistes ou spirituelles (alors qu'il s'agit avant tout d'organisation sociale), mais pas en faire les ennemis principaux. Il y a autre chose à faire que de s'insulter entre écologistes sur de grands principes quand il faudrait ajouter nos forces pour gagner quelques batailles, certes toujours trop partielles voire compromettantes, mais qui fait mieux ? On ne pensera jamais tous pareil mais, dans notre situation, il faudrait plutôt réussir à nous unir pour peser sur la politique au lieu de diviser nos maigres troupes au nom de la pureté écologiste. Le risque de l'échec est grand au moment où ce sont les populistes autoritaires qui montent, bien plus que les écologistes.

Devant la catastrophe déjà là et à laquelle il faudra bien s'adapter, la question qui se pose n'est pas celle de l'idéal mais du possible, de ce qu'on peut faire réellement de plus efficace. Et si on est persuadé de la nécessité de changer de vie, il faut le faire, localement sans attendre que le monde change. Ce qui est sûr, c'est que pour le changer, il faut prendre la mesure de notre impuissance et s'engager dans toutes les directions ouvertes : solaire, agroécologie, reforestation, relocalisation, normes européennes, accords mondiaux, communs et que ceux qui prétendent faire mieux le fassent, montrent l'exemple, tous les modes de vie plus écologiques sont à encourager mais le temps nous est compté, il n'est plus temps de faire les malins.

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24 réflexions au sujet de « Aux écologistes radicaux »

  1. Très bon résumé que cet article ;
    Rien n'est à jeter ; néanmoins le local , l'organisation au local de la production et donc de la politique est un élément de fond , qui certes ne s'oppose pas et doit se même se réjouir des avancées en matière de capture du CO2 . Temps long , temps cours doivent se marier ; c'est le sens , le projet qui guide et il peut pour beaucoup se construire au local .
    On est bien dans du global : pas une chose sans l'autre , pas un ou des acteurs sans les autres . C'est bien au local qu'on peut rentrer dans cette réalité nouvelle d'acteurs diversifiés dépassant les chapelles , au service d'un commun , de communes, , d'intercommunalités fédératrices des diversités , d'un monde .

    Il n'y a pas que les écologistes qui déconnent : la pièce maîtresse en défaillance ce sont nos élus qui n'assument pas encore ce rôle de fédérateurs autour du commun qu'ils ont en charge.

    • Les élus dépendent de l'opinion qui est certes de plus en plus concernée par l'écologie mais c'est encore assez faible et récent pour beaucoup. On n'a certes pas un boulevard devant nous...

  2. Le problème est que non seulement le camp écologiste (au sens large) est affaibli, mais que surgit désormais le spectre de l'extrême droite et d'une sorte de néofascisme un peu partout sur la planète (le cas le plus spectaculaire étant en ce moment le Brésil). Plus l’écosystème se dérègle, plus les gens semblent tenter par des sirènes du déni de réalité et s'en remettent à des pouvoirs autoritaires, davantage préoccupés d'étouffer les mouvements sociaux que d'affronter le défi écologique. Il serait intéressant dans ce contexte d'observer la stratégie des grands groupes financiers poussant la logique du capitalisme vert (les gafa par exemple). On aimerait se réveiller de ce double cauchemar qui devient réalité. On se dit en même temps que ces nouveaux régimes autoritaires buteront à leur tour sur le "mur" du réel, mais à quel prix ?

    • Oui, croire que tout le monde va devenir de gentils écolos est n'importe quoi, ce monde nous est hostile, il faut s'affronter à la droite des intérêts et à la violence de l'extrême-droite. L'histoire montre que le balancier devrait revenir ensuite vers la gauche et l'écologie mais il ne faut pas rêver d'une victoire définitive et prendre le parti pour le tout !

  3. Nous ne sommes plus des enfants pour ergoter jusqu'à plus soif sur le pouvoir de l'argent roi mais nous devons procéder en sens inverse pour considérer méticuleusement l'argent du pouvoir et constater que des montages financiers spéculent à fond sur la destruction écologique. A quelle fin ? Je n'en sais rien mais comme ces choses sont maintenant avérées (le savais-tu Jean?), il nous faut réfléchir au but final d'une telle spéculation et ne pas considérer la situation hystérique qui pointe comme inhérente à un système mal géré ou en bout de course mais comme un but final, aussi déroutant que cela puisse apparaître. Que des dégénérés recherchent le pactole, d'accord, mais que des psychopathes les laissent faire à dessein, ça pose question. Le prochain écroulement financier et monétaire annoncé comme chaotique est pourtant parfaitement maîtrisé dans son élaboration, sinon pourquoi auraient-on renfloué les banques avec des fonds publics pour laisser ces cinglés recommencer de plus belle ? Je n'ai aucune idéologie pour avancer quoi que ce soit mais je réclame plus de lucidité avant d'avancer des solutions qui seraient on ne peut plus souveraines mais dont il faudra estimer la viabilité après le prochain krach.

    • Il y a toujours eu des spéculations contre son camp voire son propre intérêt s'il y a une opportunité d'y gagner de l'argent. Il y a toujours eu aussi des krachs financiers après lesquels les affaires repartent de plus belle mais il n'y a pas de plan prémédité, seulement des mesures incontournables prises dans l'urgence. Ce ne sera donc pas du tout la fin du capitalisme et les crises sont plutôt bonnes pour réduire notre consommation énergétique et nos émissions. Les catastrophes ne s'ajoutent pas.

      • Si il n'y a pas de plan prémédité, comment peut-on nommer alors un budget et comment interpréter le fait que le temps du politique se calque sur celui de la finance (cycle Juglar passé de 8 à 5 ans avec inversement "législatives/présidentielle" "présidentielle/législatives" (bien sûr, on connaît le propos qui dit qu'il fallait rétablir la cohérence en passant sous silence que si certains n'avaient pas provoqué le chaos, on n'en serait pas arrivé là, mais en y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que ceux qui avaient intérêt au chaos sont les mêmes qui ont intérêt à l'accélération des cycles...Loin de moi l'idée d'y voir une préméditation ne serait-ce que pour mon équilibre mental personnel...))?

        • Chacun défend son intérêt et la finance ne pense qu'à ses gains, ce n'est pas un mystère, mais le monde a toujours été un chaos sans direction où c'est la puissance militaire, donc économique qui domine. Le pouvoir n'est pas idéologique, il est matériel et les marges de manoeuvre des Etats ne sont pas inexistantes mais très faibles quand même. Les acteurs de l'économie ou de la politique sont sous contraintes fortes. Il y en a certes de plus malfaisants que d'autres mais les idées ne sont pas aussi décisives qu'on le dit et il n'y a jamais accord sur les idées. On réagit aux faits, personne n'en a le plan.

          Dans sa jeunesse Marx disait que lorsque la critique est radicale elle devient une critique ad hominem mais il montrera ensuite à partir de "Travail salarié et capital" que le capitaliste n'est qu'une fonction dans un système de production au développement autonome, où ce n'est plus l'homme la racine des choses mais des processus matériels, où il ne suffit pas de couper des têtes, il faut arriver à changer le système de production, ce qui est une autre paire de manche.

          Prendre conscience de ces forces hostiles est indispensable pour arriver à les surmonter ponctuellement, gagner des améliorations concrètes, au lieu d'être tellement sûr de la puissance de sa propre pensée, de savoir avec certitude ce qu'il faut faire, qu'on se prend pour le maître du monde tout en restant dans sa chambre ou on rejoint un groupuscule qui se prend pour le peuple mais ne sert à rien.

          Comme disait Hegel, après avoir aperçu la formidable révolution apportée par la dialectique et s'être monté la tête puis tombé dans la dépression : "il faut bien admettre que tout continue"...

          • "Chacun défend son intérêt et la finance ne pense qu'à ses gains" c'est juste, mais "ce n'est pas un mystère" n'est pas suffisamment précis pour moi dans la mesure où la finance fait systématiquement mystère de ses intentions à travers la manipulation du politique pour arriver à ses fins. Autrement dit, reconnaître que l'on est pourri jusqu'à la moelle n'a jamais engagé personne du moment que l'on ne dit pas comment on spolie les autres jusqu'à leur mort par dizaines de millions (le monde a toujours été un chaos sans direction où c'est la puissance militaire, donc économique qui domine). Si "Le pouvoir n'est pas idéologique, il est matériel et les marges de manoeuvre des Etats ne sont pas inexistantes mais très faibles quand même"*, alors pourquoi les Etats manoeuvrent idéologiquement à la marge contre les peuples et souvent avec de gros moyens? "Les acteurs de l'économie ou de la politique sont sous contraintes fortes. Il y en a certes de plus malfaisants que d'autres mais les idées ne sont pas aussi décisives qu'on le dit et il n'y a jamais accord sur les idées. On réagit aux faits, personne n'en a le plan", alors qui votent leurs budgets s'ils ne sont pas souverains? "Dans sa jeunesse Marx disait que lorsque la critique est radicale elle devient une critique ad hominem"*, c'est normal étant donné que quand la critique est ad res, on reste à l'écume des choses(ce que s'efforcent de faire les médias en nous bourrant le crâne). "Travail salarié et capital" que le capitaliste n'est qu'une fonction dans un système de production au développement autonome, où ce n'est plus l'homme la racine des choses mais des processus matériels, où il ne suffit pas de couper des têtes, il faut arriver à changer le système de production, ce qui est une autre paire de manche.", ce même livre dit "L'accroissement des forces productrices engendrant le travail à une plus
            grande échelle, la surproduction momentanée devient une nécessité de plus en
            plus grande, le marché mondial s'élargit de plus en plus et, par conséquent, avec la
            concurrence universelle, les crises deviennent de plus en plus violentes. Et comme
            stimulant soudain donné aux ouvriers pour se marier et se reproduire, on les
            concentre en masses plus grandes, ce qui rend leur salaire de plus en plus instable.
            Chaque nouvelle crise provoque donc immédiatement une concurrence beaucoup
            plus grande parmi les ouvriers.
            En général: la croissance des forces 'productrices avec leurs moyens de
            communication plus rapides, la circulation accélérée, le mouvement fébrile du
            capital consiste en ceci que, puisqu'il peut être produit davantage dans le même
            temps, il faut donc, suivant la loi de la concurrence, qu'il soit produit davantage.
            Cela veut dire que la production a lieu dans des conditions de plus en plus difficiles,
            et que dans ces conditions, afin que la concurrence puisse être maintenue, il
            faut travailler à une échelle de plus en plus grande et concentrer le capital dans un
            nombre de mains de plus en plus petit. Et afin que cette production fructifie à une
            échelle plus grande, il faut élargir constamment et disproportionnellement la division
            du travail et l'emploi des machines.", donc c'est bel et bien l'homme la "racine des choses" et il est fort dommage de ne jamais reprendre la théorie de la baisse tendancielle du taux de profit et celle de la création du taux de plus value contenues dans le Capital parce qu'on pourrait mettre à jour que ce n'est pas par hasard que la finance manoeuvre dans l'ombre en entretenant le "mystère" sur ses réelles intentions et depuis fort longtemps déjà.
            Ceux qui se pensent plus malin que les autres au point de dominer le monde des idées sont dominés par le monde des idées, c'est pourquoi Marx a remis Hegel à l'endroit mais Hegel avait compris que le droit du citoyen inscrit dans la constitution garantie par l'Etat se réduit à peau de chagrin dès qu'il devient travailleur. Voilà pourquoi pensait-il que la liberté compatible à la nature n'était pas compatible à l'Etat.

          • Dire que ce n'est pas l'idéologie qui est déterminante mais les puissances matérielles n'est pas réduire l'idéologie à rien. Il y a certes besoin d'avoir un langage commun et que le système marche. Si on avait une meilleure idéologie, plus lucide, ce serait bien mieux, on aurait une meilleure chance de survie au lieu de croire à des mirages mais Rousseau dit bien que "Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir", tout comme Pascal : "La force est la reine du monde, et non pas l'opinion; mais l'opinion est celle qui use de la force. C'est la force qui fait l'opinion". Tout cela bien avant Marx et sa critique de l'idéologie qu'on se persuade encore malgré tout être la reine du monde puisque ce ne serait qu'une question "d'hégémonie idéologique" !

            S'il y a bien une domination de l'économie et de la finance, ce n'est pas que la finance serait unifiée, les financiers ayant des intérêts contradictoires entre eux. Se croire souverain est juste un fantasme, on est pris dans un système de production et des liens sociaux aussi bien que dans l'écologie planétaire. La souveraineté se limite à l’autoritarisme. Les budgets sont des compromis.

            Il est curieux de prétendre que l'homme serait à la racine des choses quand Marx décrit des mécanismes automates et, bien sûr, ce qu'il dit en 1848 doit être réactualisé même si une grande part reste actuelle, le numérique change la donne. Il est difficile de nier que le niveau de vie des salariés a énormément augmenté et si la baisse tendancielle du taux de profit est réelle, elle est cyclique (le profit repart après le krach). Il y a des progrès, notamment du droit, mais cela n'empêche pas les régressions, destructions, aliénations, injustices. Il y a certes des combats à mener mais souvent on perd (le Brésil fait peur).

          • "Dire que ce n'est pas l'idéologie qui est déterminante mais les puissances matérielles n'est pas réduire l'idéologie à rien."

            Si l'on regarde la 2WW, la France était en bien meilleure position sur le plan économique et même pour partie sur le plan militaire avec des avions et blindés très performants. Pourtant, c'est l'idéologie délirante et motivante du nazisme et les armées allemandes qui ont balayé les armées françaises.

            Le fait est qu'il est très difficile de savoir de quel côté se situe la force prédominante en cas de conflit, ça se joue souvent à pas grand chose, toute l'histoire militaire le démontre.

            C'est pareil dans le secteur industriel, des géants se sont effondrés face à des émergents, et l'inverse existe aussi.

            En résumé, si l'on savait où est la force, les krachs boursier spéculatifs seraient impossibles. L'avenir n'est pas écrit, car ses tenseurs sont trop indéterminés.

          • Effectivement le facteur déterminant se voit souvent après-coup, si on savait évaluer objectivement les rapports de force il n'y aurait pas de guerres d'avance perdues mais l'exemple de la guerre de sécession montre que le génie militaire (qui est une force) peut gagner des batailles, mais c'est la puissance industrielle qui a gagné la guerre malgré ses piètres généraux. Il peut y avoir des victoires obtenues par des petits commandos (certains prétendent même que ce sont les petits groupes qui font l'histoire, ce qui est délirant) mais il est quand même clair que se lancer contre un ennemi supérieur réduit le commando en bouilli (la victoire d'Alexandre montre qu'il peut y avoir des exceptions, elles sont très très rares et s'expliquent aussi matériellement).

            Il est certain que le nazisme a enthousiasmé les Allemands et que cette force qu'on retrouve dans le fanatisme religieux a joué un rôle alors que les Français n'avaient pas tellement envie de se battre mais tout de même, de Gaulle a dit qu'on avait été battu par une force mécanique supérieure et le vieux plan des stratèges allemands pour prendre la France à revers appliqué par Hitler a surtout gagné par sa rapidité (entretenue par les amphétamines) mais, au regard de l'histoire, ses 5 années de conquêtes ne comptent pas, ne faisant pas le poids face à l'industrie américaine et l'immensité soviétique. Dans le court terme tout est possible, notamment le pire.

          • Il y a eu le pacte germano soviétique puis la suite. Les forces matérielles et alliances ont suivi les idéologies au gré du vent des humeurs des uns et des autres. Le nazisme était une forme de rationalisme qui a entraîné du monde dans son sillage, le libéralisme US en a fait autant.

            Les blindés et avions français étaient performants, c'est surtout leur emploi tactique et la logistique du carburant qui a été défaillante. Même la ligne Maginot n'était pas si absurde qu'il est dit, sauf qu'elle s'est arrêtée à la frontière belge. Les nazis ont fait le mur de l'Atlantique, les blockhaus, qu'il a été très coûteux de pénétrer.

            Lors des élections présidentielles françaises, hors FN au second tour, ça se joue à 2% près, donc à rien que tout événement récent antérieur peut faire basculer d'un moment à l'autre.

  4. Du côté de certains écolos, le bullshitomètre atteint la zone rouge :

    "Aurélien Barrau affirme, dans son interview chez Thinkerview, ne pas croire au solutionnisme technologique. Pourtant, peu après, il affirme que des solutions sont à chercher du côté d’une « amélioration de l’efficacité énergétique », d’une meilleure isolation thermique des bâtiments et d’une transformation de « notre mode de production d’énergie » — selon toute probabilité, il faisait ici référence aux énergies dites « vertes » ou « renouvelables ». On comprend ainsi que par solutionnisme technologique il n’entendait que la géo-ingénierie."

    http://partage-le.com/2018/10/quelques-petits-problemes-concernant-le-discours-daurelien-barrau-par-nicolas-casaux/

    • Mon article a été écrit en partie à cause du succès rencontré par ce texte de Nicolas Casaux qui est un dangereux crétin qui se la pète (et me rappelle celui que j'ai pu être!) prenant les autres pour des cons et vivant dans une réalité parallèle, celle de l'idéologie déniant la puissance matérielle de l'économie et se croyant toute-puissante, version plus intellectualisée des théories du complot.

      La première chose à rappeler, c’est que si « nous sommes faibles », cela n’a rien de naturel ou d’inéluctable. Il s’agit avant tout du résultat de décennies de conditionnement imposé par l’organisation sociale dominante et ses dirigeants. La société de consommation industrielle produit les individus dont elle a besoin. Au fur et à mesure qu’il parvenait à s’imposer, au cours des dernières décennies — et l’on pourrait probablement étendre cela aux derniers siècles —, l’État et ses institutions se sont mis à usiner leurs sujets, afin de produire le type d’individu dont ils avaient besoin pour fonctionner. C’est-à-dire le type d’individu soumis, conformiste, croyant aux mythes nécessaires de l’État qui l’a formé (« démocratie », « progrès », etc.).

  5. "Il est curieux de prétendre que l'homme serait à la racine des choses quand Marx décrit des mécanismes automates", sauf qu'avant de décrire ces mécanismes, Marx commence à expliquer la plus-value qui est de l'extorsion de force de travail non rémunérée(incréments) à l'homme rendue possible par plusieurs abstractions dont celle de l'argent pour passer de la valeur d'usage à la valeur d'échange (par ailleurs, c'est une raison aussi pour laquelle je m'interroge sur Gorz qui voulait valoriser la valeur d'usage dans une démarche écologique visant à produire utile et de qualité-comment-ce possible?). Sans homme à exploiter et sans volonté de le dominer quitte à le soumettre à la famine avec femme et enfants ou à être roué de coups en supportant les pires souffrances, il n'y aurait pas de plus-value et c'est pourquoi j'estime que l'homme est à la racine du système et que je trouve qu'on passe un peu trop vite sur la théorie de la plus-value de Marx absolument géniale parce qu'effective (en tout cas, c'est ce que je pense). Ensuite, l'explication de Marx sur ce qu'il s'est passé en Angleterre, en Irlande ou en Ecosse quand les paysans se sont vus arrachés et dépossédés de leur terre avec pas d'autre choix que de travailler pour devenir corvéables à merci dans les fabriques, me fait dire que le marché dont on nous rebat les oreilles n'est pas inhérent, avec son porte-étendard diplomatique garant de la Liberté, à une mondialisation qui irait de soi mais bien la volonté de circonscrire une population à un pouvoir et peut-être même à un pouvoir mondial tôt ou tard( les quantités d'or amassés en Amérique et en Afrique a contribué à son expansion à travers des massacres de populations locales et je constate que ceux qui déstabilisent le Moyen-Orient ne sont pas des Martiens). Il n'y a qu'à voir comment le droit anglo-saxon s'est imposé petit à petit avec sa cohorte de guerres à travers le monde pour constater l'hégémonie de la marchandise encore en place aujourd'hui avec une planète qui brûle et certaines crapules qui s'enrichissent sur le dos en spéculant sur sa destruction. Peut-être pas si étonnant non-plus de voir beaucoup de paradis fiscaux actuels être d'anciens repères de pirates avec un Francis Drake qui réservait le meilleur de ses rapines à sa majesté. En tout cas, la City et Wall-Street font la pluie et le beau temps sur la planète finance et même si je prie avec ardeur pour ne jamais voir revenir l'ancien régime que j'abhorre plus que tout, je me dis qu'on est mal barrés et que Marx avait raison sur pas mal de choses qu'on devrait revoir et enrichir plutôt que les garder sous l'éteignoir.

    • Tout cela est une lecture non-matérialiste de Marx, la seule qui reste semble-t-il, lecture qu'on peut dire proudhonienne (voulant supprimer la plus-value) et dont se moque Marx dans Misère de la philosophie. La plus-value n'est pas extorquée aux prolétaires comme aux esclaves par la force mais parce qu'ils ne possèdent pas leur instrument de travail, parce que l'investissement capitaliste augmente la productivité.

      Certes, "l'homme" est bien à la base de l'économie comme producteur et consommateur, le travail vivant mobilise de l'intelligence, des compétences et une force de travail, mais comme dans l'esclavage plutôt broyé par la machine, en tout cas simple rouage qui ne réalise pas son essence mais essaie de remplir la fonction qu'on lui assigne.

      Le problème n'est pas l'existence d'autres modes de production avant le capitalisme mais que celui-ci procure une puissance matérielle supérieure comme on l'a vu en Chine. Ce n'est pas une question de choix politique mais de système de production en fonction des techniques (moulin, machine à vapeur, numérique). Ce monde n'a rien d'idéal mais il ne sert à rien de le rêver. Marx a bien décrit le capitalisme, il était juste trop optimiste sur le collectivisme comme aboutissement de la concentration du capital...

  6. Très bon article.
    On fait comment pour s'unir ?
    On a tout essayé et même créé une confédération écologiste pour accueillir tous les mouvements éclatés, travailler ensemble, se respecter et œuvrer pour le bien commun.
    Les Verts n'en veulent pas et s'estiment être les seuls représentants de l'écologie politique en pratiquant exclusivement l'environnementalisme de gauche.
    Corinne Lepage est dans une logique d'alliance opportuniste changeante et tournante.
    Delphine Batho, nouvelle directrice de Génaration Ecologie, n'a pas déterminé les moyens pour arriver à prendre le pouvoir avec une "force écologiste hégémonique".
    Les animalistes se présentent systématiquement contre nous à toutes les élections avec objectif d'obtenir le financement public qui sert ensuite à soigner les animaux. Il n'y a pas de projet.
    Bon voilà, on nous cantonne à rester dans notre trou pour garder le temple.
    On sera bientôt tous morts et le temple fera partie du passé.
    Pendant ce temps : la terre brûle et les voitures vont bloquer les route parce que le fioul est trop cher.
    Amitiés écolos et bon courage,
    Jean-Marc
    MEI

    • Je ne crois plus aux écologistes au niveau national dans le contexte actuel et, aux législatives, il ne sert à rien de se présenter quand on n'a aucune chance d'être élu. L'essentiel me semble le local et sinon de se retrouver sur des objectifs communs. Tout le monde veut unir tout le monde mais chacun à sa façon ne faisant qu'ajouter aux divisions. Il y a par contre des mobilisations importantes qui se cristallisent sur des objectifs précis.

      Si on arrêtait de prendre les autres écologistes pour cible, ce serait déjà un progrès. Je peux prendre tout autant le MEI pour cible que les Verts ou les animalistes ou les autres cités comme s'ils étaient les principaux responsables de la faiblesse de l'écologie. Il faut regarder vers l'avenir où la question écologique devrait monter en même temps que les températures, donnant de plus en plus de moyens pour faire pression même si ce ne sera jamais ce dont on rêverait. Moi, je soutiens les Verts au niveau européen car ils y font un travail positif et leur score est un message aux politiques, mais j'ai vécu l'échec des Verts à se distinguer des autres politiciens. Je peux faire la litanie des fautes de tous les écologistes du passé. On peut dire qu'il n'y en a pas un pour relever l'autre mais on a besoin de tous quand même, non pas dans une alliance de façade ou d'appareil mais dans des rapports amicaux et des pratiques coopératives. On n'empêchera pas les divisions politiques ni les désaccords que je suis le premier à vouloir exprimer, il faut juste avoir conscience de l'urgence et du possible, et se tourner vers la société plutôt que de cultiver nos différents avec les autres écologistes.

      • Oui, sur le constat, on est d'accord.
        On se voit avec les autres écologistes, lors des marches climat, par exemple.
        On a essayé de laisser agir la "société civile" (les greenpeace, wwf, fne, fondation hulot, ...) et ça a donné exactement la même chose et les mêmes comportements. On voit que Yannick Jadot, qui en faisait partie, avant de se lancer dans la politique, veut faire son 3ième mandat après avoir renoncé à nous représenter il y a un an et demi, pensant qu'il aurait mieux.
        Le problème est qu'on a toujours pas le mode d'emploi pour réunir les écologistes, parce que tout simplement, les plus forts ne veulent pas et croient pouvoir écraser les autres. Bon, on pourrait dire que c'est la loi de la nature (de la jungle) donc qu'il est plus simple de laisser faire ... puis les premiers seront les derniers et vice-versa. Comme cela les "petits" espèrent avoir leur période de gloire à terme. Mais, en fait, non, on se neutralise les uns les autres et les destructeurs du bien commun, peuvent continuer à se moquer de nous.
        C'est évidemment de notre faute, à égalité, sachant que certains sont plus égaux que d'autres.
        Donc, les incantations ne servent à rien.
        Il faut agir.
        A disposition.

        • Il y a une action qui me semble pertinente et qui , marqueur de cette pertinence est d'une immense difficulté à mettre en œuvre .
          Elle est pourtant inscrite dans la loi comme une obligation mais est toujours détournée, mal comprise, mal appliquée tant il s'agit d'un décrochage méthodologique .
          Sans renoncer aucunement aux autres actions , dans tous domaines , celle ci est une approche globale , systémique , au local .
          La loi oblige les collectivité territoriales à élaborer un projet de territoire durable en associant à la démarche l'ensemble des acteurs locaux grâce à un conseil de développement qui associe les habitants , les invitants à s'exprimer au travers d'un rapport obligatoirement débattu par les conseils communautaires .
          Cette loi amène un bouleversement méthodologique , une vraie innovation sociétale dans une culture très cloisonnée où les acteurs se réunissent en partis, organismes , associations , mouvements … en fonction de centres d’intérêt partagés , sans jamais intégrer , l’espace public , le commun , que seul un projet des société , ici au local , un projet de territoire au sens de l’article L 5211-10-1 du code général des collectivités territoriales peut apporter.
          C'est bien au local qu'on peut penser et expérimenter d'autres systèmes de productions non en les prenant par filière mais en les intégrant dans une vision prospective , un projet .
          Hier j'étais à une réunion agricole organisée par biolait , agribio Ardèche sur le thème de l'élevage et son adaptation au changement climatique . Les animateurs ont voulu aborder la réunion sur un thème ludique avec des sortes de jeux et nous ont bassinés avec un long exposé théorique ....Les agriculteurs présents assez inquiets dans l'ensemble auraient aimé des approches techniques très concrètes ...De mon côté , sans dénigrer les nécessaires solutions techniques , j'ai dit qu'il fallait penser le problème avec les autres acteurs du territoire et avec les élus , opérer une approche plus systémique qui modifierait en profondeur les structures et les modalité de productions agricoles en les relocalisant .
          Les problématiques écologiques obligent ce type d'approche

        • Pour l'heure de gloire on peut repasser, c'est plutôt la honte que je ressens à n'avoir servi à rien ou presque jusqu'ici. Les actions comme celles de Loos en Gohelle (plus haut) ou les projets de territoire défendus par Jo paraissent moins glorieuses mais peuvent être plus effectives.

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