Ce sont les autres qui nous font vivre

- Ce sont les autres qui nous font vivre

fourmis

L'étude tente de mesurer l'effet sur l'espérance de vie des interactions de groupe ou de leurs ruptures, aussi bien chez les fourmis, les mouches à fruits ou les humains ! On peut dire qu'il n'y a rien de vraiment nouveau mais il est toujours bon de rappeler comme l'individu dépend du groupe dans les espèces grégaires comme les cellules des organismes pluricellulaires.

Les auteurs mettent en effet sur le même plan la survie des organismes avec le phénomène de l'apoptose qui serait liée à la nécessité pour les cellules de recevoir en permanence un signal "Stay alive" de leurs voisins (ce qui est caractéristique pour les neurones notamment mais n'est pas la seule cause d'apoptose). Le raccourci est critiquable s'il fait croire à une identité des processus en jeu alors qu'on n'est plus du tout dans la même automaticité mais il donne un soubassement biologique à l'interprétation du suicide en terme d'anomie et manifeste à quel point nous n'avons pas en nous notre propre vitalité mais que ce sont les autres qui nous font vivre (ce qui est sans doute plus sensible quand on vit le plus souvent en ermite comme moi, ce qui ne veut d'ailleurs pas du tout dire sans interactions à l'ère du numérique).

On avait déjà rendu compte du fait que les gens en couple vivent plus vieux et que la solitude dégrade le système immunitaire mais il faudrait ajouter l'énergie que donne le fait d'être sur scène ou d'être un chef, c'est-à-dire soutenu par sa troupe et qui se mesure (chez les chimpanzés aussi) en niveaux de testostérone notamment (expliquant les frasques extravagantes de quelques politiques). Cependant, cette étude montre aussi qu'un groupe de 10 fourmis a une espérance de vie plus longue s'il n'y a pas de reine mais la comparaison ne peut se pousser trop loin sans tomber dans le ridicule. Ce genre d'étude a un côté comique indéniable et peut sembler complètement inutile mais pas tout-à-fait, occasion de réfléchir à notre grégarité en dehors même des institutions collectives, du langage commun, du sens commun et des grands récits qui nous rassemblent en masse.

A relier avec le fait qu'on se sent toujours sous le regard des autres.

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