Aux origines du rire

- Aux origines du rire

Aux origines du rire

Comme dans le cas des vocalisations accompagnant les séances de chatouilles chez les grands singes, sa fonction première aurait été de communiquer une intention de s'adonner au jeu ou de signaler le désir de poursuivre un jeu en cours. L'évolution du rire et de l'humour aurait été marquée par trois adaptations distinctes, soit l'acquisition d'une théorie de l'esprit, l'évolution du langage et la reconnaissance d'incongruités dans les représentations symboliques.

Ainsi, non seulement une théorie de l’esprit permet-elle d’identifier chez les autres une contradiction entre leurs intentions et leurs actions ou entre leurs croyances et la réalité, mais elle fournit le socle sur lequel l’humour peut se développer, en ce qu’il est nécessaire d’anticiper les attentes d’autrui afin de leur présenter l’inattendu. Dès lors, bien avant l’évolution du langage, les composantes minimales sont en place pour voir apparaître la capacité de jouer des tours. Vraisemblablement la forme la plus primitive de production humoristique, il est avancé que ce type d’activité étendit l’éventail des stimulations possibles du rire Duchenne. Puisque comportant nécessairement un souffre-douleur, la dépréciation d’un protagoniste serait devenue une composante importante de la production d’humour. Une fois cette étape franchie, l’humour a pu commencer à « servir » la compétition interindividuelle, de par ses effets potentiels sur les hiérarchies de statuts décrits par Alexander.

À son avis, il serait fort probable que la capacité humoristique ait été soumise à l'action de la sélection sexuelle. La manifestation de l'humour aurait ainsi pu fonctionner au cours de l'hominisation comme indicateur de valeur adaptative. L'ethnologie nous informe que la moquerie, l'exagération et l'ironie constituent probablement les formes d'humour les plus anciennes, puisqu'elles sont universelles.

Le rire viendrait donc de la capacité de tromper donnée par la "théorie de l'esprit", preuve qu'on comprend bien l'autre. Il insiste cependant sur la distinction de 2 types de rire (Duchenne et non Duchenne), chacun sollicitant des circuits neuronaux distincts (mais pour qu'un rire soit trompeur, il faut qu'il existe un rire franc). Ce sont les sourires que Duchenne avait étudié au XIXè, les non-Duchenne étant les sourires forcés. Il y a de même des rires spontanés et des rires forcés ou sarcastiques (rire jaune). On a quand même l'impression que certains rires des singes sont bien des rires de moquerie et qu'ils adorent jouer des tours...

En fait, l'étude date de 2009. Voir aussi le début de mon article de 2003 "Rire et guérir".

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