La relocalisation de la production

Adresse aux 2èmes rencontres de la relocalisation (24 et 25 septembre)
L'écologie, c'est d'abord la relocalisation puisque c'est la réhabitation de notre territoire et la réappropriation de nos vies dans lesquelles la production et le travail occupent une grande place. L'économie locale est à la fois un facteur déterminant de notre qualité de vie et de l'équilibre local. La relocalisation concerne aussi bien la production d'énergie, par le solaire et autres énergies renouvelables, l'agriculture, avec l'organisation de circuits courts, et même l'industrie qui délocalise, mais la relocalisation concerne majoritairement les services (de proximité) et le travail immatériel à l'ère du numérique. Il s'agit non seulement de travailler au pays (sans dépendre de multinationales) mais d'accéder au travail choisi et d'échapper au salariat productiviste (ce qui nécessite un revenu garanti) tout en trouvant à valoriser ses compétences (grâce à des coopératives municipales), en privilégiant les échanges de proximité (avec des monnaies locales).

Du fait que les délocalisations sont surtout industrielles, bien qu'il y ait aussi délocalisations de services comme les centres d'appels, les discours se focalisent sur une réindustrialisation qui masque le fait que l'industrie se transforme profondément et réduit ses effectifs bien plus encore qu'elle ne délocalise. Il est indéniable qu'il faudrait mettre un terme aux délocalisations industrielles et rapprocher les productions de leur marché mais cet objectif est souvent surévalué en terme d'emplois car l'automatisation continue, même le taïwanais Foxconn prévoit de remplacer des travailleurs par 3 millions de robots. Il n'empêche que la production flexible et le juste à temps n'étant plus des productions de masse mais de plus en plus à la demande et personnalisées, elles peuvent être décentralisées et rapprochées des consommateurs. On ne retrouvera pas pour autant le niveau d'emploi industriel des 30 glorieuses, le pourcentage d'ouvriers rejoignant petit à petit celui des agriculteurs, sans que cela signifie une prétendue "fin du travail" mais seulement une réduction du travail non qualifié et du travail de force au profit des services et du travail immatériel (la crise montre que le chômage est un effet de la politique monétaire et budgétaire beaucoup plus que de l'automatisation).

L'industrie est ce qu'il y a de plus capitalistique et productiviste, tirant son profit de l'amélioration de la productivité, ce qui peut être utile en particulier pour le passage aux énergies renouvelables qui devraient fournir une part significative des emplois de ces prochaines années mais il faut sortir de la société industrielle et de la domination de la logique du profit sur toute l'économie (société de consommation et de croissance), ce qui ne peut se faire qu'en offrant des alternatives au salariat industriel ou marchand. Il ne s'agit donc pas vraiment de développer l'industrie mais plutôt d'en sortir même si ce ne peut être que partiellement, dans une économie plurielle. L'écologie, c'est la relocalisation mais c'est aussi la pluralité, une indispensable biodiversité y compris des modes de production.

Certains, notamment tous ceux qui font de la technique l'origine de tous nos maux, voudraient sortir complètement (immédiatement) de la production industrielle mais ce n'est pas réaliste, ni même soutenable écologiquement au moment du pic de la population mondiale. Cela n'empêche qu'il faut sortir du capitalisme et de son productivisme en substituant l'objectif d'un travail choisi épanouissant au travail forcé rémunérateur. Il s'agit bien d'encourager la sortie du salariat (au profit du travail autonome), de l'industrialisme (au profit de l'artisanat mais aussi de la production numérique individualisée).

Pour la part restante, il faudra bien sûr limiter drastiquement les pollutions industrielles et tenter d'aller vers une "écologie industrielle" regroupant des industries complémentaires retraitant leurs déchets ou consommant leurs produits, même si cela ne va pas très loin en général. La principale reconversion concerne indéniablement les énergies renouvelables dont nous avons un besoin urgent non seulement pour gagner la guerre du climat mais pour éviter de nouvelles guerres du pétrole devant la montée en puissance des pays les plus peuplés et de leur demande d'énergie. L'industrie automobile est la première impactée par la question énergétique et sait déjà qu'elle doit se se préparer à sa reconversion forcée.

En dehors de l'encadrement de la production industrielle et de sa décentralisation comme de son intégration au milieu local, il y a aussi des alternatives à l'industrie de masse qui se mettent en place avec la production à la demande et les capacités d'auto-production apportées par le numérique, comme d'un nouvel artisanat avec les fab labs et les imprimantes 3D. On n'en est qu'aux balbutiements mais la production réellement sur place de toutes sortes d'objets ou de pièces détachées est une voie de sortie de l'industrie qui a de l'avenir. Pour les objets de plus grande taille, il peut y avoir aussi des machines plus imposantes permettant de rapatrier une partie de la production à la demande au coeur même de la ville. Ce n'est pas que ce serait généralisable pour autant car le bilan écologique est souvent très défavorable entre une production pièce à pièce et des procédés industriels.

Il ne faut pas s'enfermer dans des débats idéologiques comme si la force de la vérité devait s'imposer à tous, ce qui est l'illusion la plus commune. Dans le sillage des "villes de transition", il ne faudrait discuter que des alternatives concrètes et de questions pratiques qui éclairent beaucoup mieux les enjeux théoriques et nos marges de manoeuvre effectives. C'est à ce titre que je pense utile de se focaliser sur un certain nombre de dispositifs comme le revenu garanti, les coopératives municipales et les monnaies locales qui font système et donnent les bases d'une économie relocalisée où les techniques les plus actuelles suivraient une toute autre logique que la logique marchande et capitalistique, montrant que le productivisme est bien l'apanage du capitalisme et d'un système de production plus que des technologies elles-même qui sont à coup sûr déterminantes mais au même titre que les conditions sociales de production.

Voir aussi Relocalisation, mode d'emploi.

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39 réflexions au sujet de « La relocalisation de la production »

  1. Les arbres fruitiers, certains vendeurs proposent des arbres de 4 ans et plus , qui produiront rapidement. Voir meme des lois pour l'obligation d'un quota par espace publique, et terrains privés.

    Ne vous en faites pas, les personnes sauront s'en occuper, c'est une question de moeurs et d'encadrement ?

    des petits enclos pour poulets, lapins, ( voir porcs ).

    et il faudra bien penser l'énergie ...construire des petites éoliennes, ou monter des cellules solaires ne demande pas de larges compétences.

    mobilité, je prone toujours les vélos électriques comme solution de base, c'est un point de départ : encore faut il revoir la réglementation pour libérer son utilisation et ses capacités. ( ce qu'on ne fait d'ailleurs pas pour les autres engins, limiter la puissance, couple, et le tralala )

    Donc : de l'organisation, des utilisateurs clés ... de quoi redorer le blason des fonctionnaires municipaux ? ou ... ca veut dire des militants, des labs,

    Ca demande quand même un changement de mentalité de la part des personnes au pouvoir ... et d'une partie de la population ( voir des médias eux memes ): un changement, radical , trop radical ... ne plus penser en terme d'assouvissement et de retour capitaliste.

  2. Désolé cela m'insupporte toujours autant ceux qui n'acceptent pas que le travail est mort, et le tertiaire est une connerie,

    ceux qui croient au tertiaire : au service comme fin en soi de l'économie, du monde, et de la soumission économique, et se disent de gauche se sont trompés, eux, et les autres

    et c'est tant mieux quelque part !

    Le travail tertiaire disparait également ... par la machine, est c'est tant mieux !!!

    Plus de fuites dans la connerie, tant mieux !!!

  3. Croire que le travail serait mort est bien une connerie. Le travail, c'est comme la vie, une activité anti-entropique et comme l'entropie est universelle, il y aura toujours du travail, aucun état où il n'y aurait plus rien à faire ce qui serait d'un terrible ennui et même la mort. Quand à passer son tend à s'amuser, rien de plus ennuyeux à la longue !

    Le tertiaire est très vaste. Ce que je défends est plutôt le quaternaire au sens de Roger Sue, c'est-à-dire le travail autonome qui est quand même le plus souvent de l'ordre du service (y compris la programmation). Peu importe que de nombreux services soient informatisés, cela n'a pas plus d'importance que le fait que l'agriculture soit passé de plus de 90% de la population à moins de 3%, ce qui arrive aussi à l'industrie (sans parler de la disparition des militaires). Le secteur tertiaire représente déjà plus des 3/4 des emplois. Ce qui détermine les emplois, c'est l'argent disponible, pas telle ou telle activité.

    Dans la prétendue "fin du travail" dont parlaient aussi bien Robin que Gorz, on confond plusieurs choses. Rifkin parlait de fin de l'emploi, ce qui était pour Gorz une fin du salariat mais beaucoup ont cru que le chômage était dû à l'automatisation alors qu'avant la crise il était très localisé, à la France notamment, et dépend de conditions économiques et sociales, pas du tout à une disparition du travail... Bien sûr on peut dire que ce n'est pas du travail, ce qui reste, mais c'est jouer sur les mots car ce n'est pas seulement une activité, mais bien une activité valorisée. Il vaut mieux s'intéresser aux dispositifs concrets qui changent effectivement la nature du travail. Le revenu garanti est fait pour échapper au travail forcé sans décourager le travail choisi, pas juste pour consommer des marchandises.

    Ces débats théologiques sont fastidieux, complètement en dehors de la réalité que j'ai dû supporter depuis 1997 et qui sont très lassants, je ne cherche à convaincre personne, chacun ses conneries mais ceux qui croient à la fin du travail sont rarement des travailleurs qui savent bien ce que c'est que le travail et plus souvent des bourgeois qui vivent sur leur dos. En tout cas, il faut une singulière capacité à s'aveugler.

  4. Pour ma part, plus ça va moins je travaille et plus je gagne et fait gagner.

    Je retourne chez moi l'après midi pour faire la sieste, c'est dire le stress.

    C'est invraisemblable, encore récemment j'ai débloqué des situations à plusieurs millions d'euros, juste en tapotant sur le net pour trouver la bonne info.

    La bonne info, savoir quoi faire en premier, c'est ce qui permet d'être efficace. Je vois autour de moi des gens qui font l'inverse, c'est le ratage, et j'interviens pour rattraper le coup, pas mal de temps perdu et d'agitation inutile.

    Donc oui, je travaille, mais au moment utile, ça peut être intense, mais ça n'est jamais long.

  5. ouai ouai,on vois que les cons, sont toujours aussi cons

    quand on regarde la réalité, et les FAITS, vous connaissez les faits ou vous faites l'autruche comme tout pseudo gauchistes pseudo intellectuel

    les faits : il y a pas de travail ...

    IL Y EN A PAS

    IL Y A PAS BESOIN DE FONCTIONNAIRE, PAS BESOIN DE PROFESSEUR, PAS BESOIN DE VENDEUR,

    il y a pas de tertiaire dans les villes, de moins en moins de personne vont chez les docteurs, ils commencent à sentir la crise aussi, les pharmaciens sont dans la mouise également.

    Il faut couper les retraites, comme ça avec une richesse totalement centré dans les mains de quelques personnes VOUS N'EN FAITES PAS PARTIE, MEME SI VOUS ETES DES BONS ET CONS LARBINS

    Quand vous achetez, tout y compris votre nourriture, meme locale, meme pour votre chien : sur internet en un clic

    Quand dans l'usine il n'y aura que des machines, totalement plus de comptables administratif

    QUand tout peut etre fait par des machines TOUT DOIT ETRE FAIT PAR DES MACHINES !!!

    MEME VOTRE PUTAIN DE SERVICE A LA CON ! PAS BESOIN DE CAISSIERE, PAS BESOIN DE SERVICE, DE VENDEUSE ... et si vous voulez on vous mets des machines mieux qu'un humain : c'est bon pour la croissance

    Vous installez votre logiciel en un clic, vous achetez votre voiture personnalisé en un clic, quand un logiciel vous aide à choisir, vous parle TOUT CA C'EST MAINTENANT : VOUS FERMEZ VOTRE PUTAIN DE GUEULE DE CONS !

    VOUS COMPRENEZ LES MOTS : ils sont justes, véridiques, vérifiés par les faits, donc scientifiques !

    Vous êtes à coté de la plaque et donc des solutions , et de ce qui devrait etre fait, soit pour la société soit pour vous meme

    https://singularite.wordpress.com/t...

    https://singularite.wordpress.com/2...

  6. De moins en moins d'agriculteur, et moyens

    de moins en moins d'ouvrier meme en chine

    de moins en moins de classe moyenne

    de moins en moins de petits larbins à la cons,

    faites attention, la concurrence est rude, et les loups si vous ne les nourrissez pas, se transforment en hyenne

  7. Allo : M Zin, c'est entropique - "il y a toujours du travail" pourquoi il y a 20% de chomeur et 30% de précaire ?

    ou comment se soumettre à l'idéologie libéral , en croyant la contrecarré

    la gauche depuis 60 ans

  8. Faut pas chercher plus loin :

    aucune personne de gauche ne comprend et n'a de solution, locale, et globale, et hyperglobale

    Année 70 : service c'est l'avenir ( vous en êtes pas revenu : ils ont pas encore compris, leur erreurs, leur connerie !)
    CAE ? Emploie jeune, bientot emploie jeune vieux ( vous en êtes pas revenu : ils ont pas encore compris, leur erreurs, leur connerie !)

    que des cons, ce n'est plus à prouver

    c'est tant mieux : maintenant : vous êtes devant le fait accomplis toutes ces solutions, conneries, sont des conneries

    les gens crevent : le travail ca se chie pas ( non m zin, ca se chie pas )

    on fait quoi, on partage ou on tue ( toute la population ), ou on asservit :

    les solutions sont équivalentes au niveau politique : meme si ca reste une question de point de vue, pour et par des dirigeants politiques ( et des larbins et des penseurs à la con ) toujours tarés et cons !

  9. On se calme. Je vais modérer les commentaires et vous mettre en indésirable, vos insultes manifestant la pauvreté de vos arguments.

    En 1929 aussi il n'y avait plus de travail (même si c'est très relatif la très grande majorité de la population ayant toujours continué à travailler). "La Grande Relève des hommes par la machine" de Jacques Dubouin date de 1932, ce qui n'a pas empêché le plein emploi des 30 glorieuses (avec les femmes en plus, il n'y a jamais eu un tel pourcentage de la population salariée).

    On n'a certes pas besoin de caissières mais on a besoin d'infirmières, de programmeurs, etc. La précarité, c'est autre chose. Je suis d'autant plus pour l'automatisation que j'ai travaillé dans l'informatique industrielle mais il y a toujours bien plus à faire qu'on ne peut. Ce n'est tout de même pas rien que les machines se substituent au travail forcé et fassent tout le sale boulot nous permettant d'accéder au travail choisi, premier besoin de la vie comme disait Marx. Je suis d'accord sur le fait que le revenu ne doit plus dépendre exclusivement du travail et que le travail change considérablement mais on ne va pas rester à se tourner les pouces alors qu'il y a tant à faire (éducation, santé, écologie, informatique, etc).

    Je n'ai bien sûr rien à voir avec la gôche de gouvernement et suis bien d'accord sur le fait que la connerie est universelle que vous manifestez si ouvertement mais, si je répète que vous avez le droit de croire à toutes les conneries que vous voulez, comme vous êtes incapable de rien comprendre aux simples faits, allez donc voir ailleurs si j'y suis.

    A la fin de l'article, qui n'est qu'un message bref à des acteurs de la relocalisation, j'insiste sur la nécessité de fuir les débats idéologiques stériles pour s'attacher aux initiatives concrètes et on voit très mal comment marcherait pratiquement une société sans travail, notamment les villes. Quand on affronte la réalité tout le baratin sur l'automatisation est très relativisé. Plutôt que d'attendre de la Terre entière les mêmes pauvres convictions qui ne témoignent que de notre propre ignorance, plutôt que d'attendre que tous ces connards croient à ces conneries, il vaut mieux voir comment on pourrait s'organiser localement avec nos voisins pour régler les problèmes qui se posent, confrontés à notre finitude.

  10. Je n'aime pas trop les hurlements écrits. Je miilite dans un quartier bien modeste, dans une asso pleine de gens dans la dificulté. Ils ne parlent pas comme çà. C'est de la fausse radicalité.
    Je suis favorable aux initiatives concrètes. Elles ont valeur d'expériences. C'est le seul moyen de ne pas mener les gens en bateau. J'ai par contre un problème avec les coopératives municipales. Je crois maintenant qu'il faut construire des initatives solidaires concrètes et démontrer même à échelle modeste que ça peut marcher. Sinon, malheureusement, dans leur majorité, les élus ne font confiance qu'aux professionnels du capitalisme car ils sont encore fascinés par leur efficacité. J'ai des copains qui ont monté une coopératives pour construire leurs logements en architecture passive. . Ils sont seulement 8 familles, mais dans un projet d'écoquartier eux seuls avancent . Les élus sont en train de complètement changer de regard sur eux et aussi sur la démarche.

  11. "le productivisme est bien l'apanage du capitalisme et d'un système de production plus que des technologies elles-même qui sont à coup sûr déterminantes mais au même titre que les conditions sociales de production." il me semble qu'il y a crise lorsque le capitalisme justement ne regarde plus aux conditions d'un système de production, que seule importe la "financiarisation" de l'économie. Autrement dit qu'on se réintéresse du sujet des conditions sociales de production ne peut-être que de bon augure quant au sujet également de la rémunération. Que la révolution informationnelle occasionne une crise des anciens modèles de production et sociétaux ne peut que nous réjouir quant aux possibilités de vivre autrement. Maintenant je ne crois pas non plus à la résolution de toute entropie par l'information et ces technologies, la question humaine et sociale reste brûlante à moins qu'il ne s'agisse d' "entropie humaine"?

  12. Les technologies en elles-mêmes ne font rien du tout. Il ne s'agit donc pas de croire qu'elles vont nous sauver mais de les utiliser pour contrer l'entropie, tout comme le fait la vie, il n'y a pas d'autre moyens mais cela ne se fera pas tout seul. La question est bien humaine et sociale, question politique, la tendance à l'égalité étant effectivement une entropie humaine qui est cette fois désirable.

    Sinon, la coopérative municipale est un idéal, ce qu'il faudrait faire pour ne pas dépendre du marché, mais je reconnais qu'il faut des conditions exceptionnelles pour pouvoir l'expérimenter. J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il ne faut pas forcer les choses mais il est certain que nous entrons justement dans une période exceptionnelle qui pourrait en fournir l'opportunité (comme des monnaies locales). Il est aussi difficile d'obtenir un revenu garanti, cela ne le rend pas moins indispensable pour autant. Les discours comme ceux de Mélenchon qui prétendent nous faire revenir à la situation antérieure paraissent certes plus réalistes mais je crois que c'est une dangereuse illusion...

  13. Bien d'accord sur Mélanchon. Il réactive le programme du PCF des années 70 -80 (en moins bien)

    L'issus est bien connue.

  14. Des comme Lucie, y'en a des wagons, les nerfs à fleur de peau d'avoir des difficultés à se loger, à se nourrir, à exister, à devoir exécuter des travaux désincarnés et inintéressants tout en baissant la tête pour survivre, alors que la richesse et l'opulence s'affichent partout, insolente La tension monte, jusqu'où?

    
    

    Je partage plus de 90% de vos propositions et réflexions, mais qui porte ces idées sur le plan politique?

  15. Hélas, personne ou presque ne porte ces idées bien qu'elles soient diffuses et insistent dans les débats (ce ne sont pas mes inventions). J'ai dû me résoudre à constater que je n'étais d'accord avec personne, même ceux qui croient reprendre mes idées. Ce sont les Verts qui devraient les reprendre mais ils sont trop étatistes étant juste un parti d'élus. J'aurais espéré que les alternatifs s'y montrent sensibles mais ce ne sont que de vieux gauchistes ringards (au reste bien sympathiques). J'ai des amis dans le Parti de Gauche mais leur archaïsme est désespérant (Jacques Généreux vaut quand même bien mieux que Mélenchon). Je suis assez séduit par le parti des pirates mais ils sont loin de ces préoccupations. Donc, personne ne porte ces idées en dehors d'EcoRev' et de quelques individus (même si c'est assez différent, les transition towns des pays anglo-saxons sont quand même assez proches).

    Ceci dit, c'est très compréhensible. Les partis disent ce que leurs électeurs veulent entendre et lorsqu'on connaît des bouleversement de l'ampleur du néolithique dans un temps tellement plus court, on ne peut attendre que les idéologies suivent au même rythme. Le réflexe de revenir en arrière est irrépressible avant d'en avoir éprouvé l'échec (c'est l'idée - dite de la bifurcation - qu'on aurait fait une erreur quelque part qu'il suffirait de corriger). Ma conception dialectique de l'histoire m'empêche de croire qu'il suffirait de découvrir une vérité (éternelle) pour qu'elle s'applique (inchangée). Il faut du temps et passer par le faux qui est un moment du vrai. De quoi me décourager du moins de l'action politique dans l'immédiat, pas de préparer l'avenir.

    Il n'est pas sans avantage malgré tout de se passer de partis qui sont tous par essence oligarchiques. C'est un des points forts de convergence avec les indignés, l'autre avantage, beaucoup moins partagé, c'est de s'appuyer sur le local, comme l’association Relocalisons pour laquelle j'ai écrit ce petit billet. Plutôt que de trouver des forces politiques qui soutiennent cette relocalisation, ce sont des soutiens locaux qu'il faut trouver pour mettre en place ses dispositifs, une autre façon de penser la politique et la transformation du monde (mais je ne vote plus aux élections avec leurs cortèges de promesses illusoires).

  16. @Jean Zin :
    c'est l'idée - dite de la bifurcation - qu'on aurait fait une erreur quelque part qu'il suffirait de corriger
    C'est un peu caricatural, le fait de réexaminer les bifurcations me semble très intéressante, à condition de ne pas y rechercher LA correction qu'il suffirait de faire. On procède bien par essai erreur sur un plan individuel, pourquoi pas sur un plan idéologique? Par exemple, si on examine la notion de liberté, elle s'est développée dans une version sacralisée, absolue, si bien que le pan concret de responsabilité (conséquences) a été largement mis de côté. Votre idée de relocalisation replace la liberté dans un cadre concret et plus équilibré où les décisions, les actes et leurs conséquences sont reliées. Mais je crois quand même que les processus de décision collective ont encore beaucoup de chemin théorique et pratique à faire pour éviter en pratique l'écueil communautaire dans lequel la liberté se limite trop souvent à être pour la communauté ou contre elle. Le principe de la décision par consentement (je n'ai dit ni consensus, ni abnégation) me semble être une piste à suivre .

  17. La correction d'erreur est à la base de la vie et de l'apprentissage, là n'est pas la question. L'illusion, c'est de croire que ce sont les idées qui déterminent les choses. Là-dessus on peut renvoyer au grand livre de René Passet où il montre au contraire comme les idées sont tributaires de l'état des sciences et techniques. Le thème de la bifurcation est le plus souvent une négation de l'histoire, de sa dialectique et des forces matérielles, volonté de revenir en arrière en effaçant ce qui s'est passé depuis. Par exemple on peut penser que le culte de la personnalité était une simple erreur dénaturant le socialisme en stalinisme alors qu'il s'est imposé matériellement comme Napoléon s'est imposé dans l'anarchie thermidorienne, ce qui n'a pas empêché la dialectique de continuer et la république de revenir sous une autre forme (pour la dialectique, le faux est un moment du vrai). En fait, on peut dire que la bifurcation et la correction d'erreurs sont pertinents dans la pratique et le court terme d'une action tâtonnante mais délirants quand ils s'appliquent à de plus longues périodes (comme on voudrait refaire sa vie ou réformer l'entendement), ce qui motive les changements étant plus une nouvelle situation que d'anciennes idées.

  18. Je découvre et parcours votre blog avec intérêt. Je n'ai pas bien compris ce que vous entendez par Développement humain. Pouvez-vous m'en dire plus ou me renvoyer à un de vos anciens posts ? Merci

  19. Le développement humain est une notion théorisée par Amartya Sen (Prix Nobel 1998) et qui en fait la finalité de l'économie comme développement des capacités de chacun et notamment de son autonomie. Il utilise un terme un peu plus technique de "capabilities". Cela me semble très important pour comprendre que l'autonomie n'est pas une donnée première mais une production sociale. Cela permet aussi de détourner de la consommation comme prétendue satisfaction des besoins au profit d'une valorisation des compétences et de la conquête d'une plus grande autonomie individuelle. Façon aussi de faire, comme René Passet, de l’épanouissement humain la finalité de l'économie au lieu de la croissance du PIB.

  20. La relocalisation est un choix politique ; la délocalisation est un non choix systémique .
    Dès qu'on s'appuie essentiellement sur les énergies fossiles qui sont des stocks accumulés pour faire fonctionner une société ,on triche , on rentre dans une démarche de délocalisation : on ne s'appuie plus sur des ressources locales diversifiées et limitées ; la perte de la limite du local , du lieu et de la terre nouricière au profit d'une exploitation industrielle de la terre comme ressource illimitée.
    On opère donc un glissement , une vraie fausse libération , un vrai faux progrès , une vraie fausse modernité qui s'appuie essentiellement sur le passé..
    Dans ce contexte , au sein de ce non choix qui s'impose à nous ,qui n'est pas un choix de vie au local à organiser mais un choix d'exploitation à mener , la relocalisation est ,tout comme l'écologie , un bon coup de peinture verte .Massivement le système reste inchangé.

    Ce non choix qui s'impose à tous réduit donc drastiquement notre capacité politique et nous condamne à ce qu'on désigne par "sortie par le haut" : la science va pouvoir résoudre le problème .
    Cette option me semble pour le moins prématurée et prétentieuse ; les limites pétrole /climat me semble tout à fait sous évaluées ; on risque fort d'assister au dernier round du grignotage de la planète à la recherche des dernières gouttes énergétiques.

  21. Je crois malheureusement aussi qu'on extraira la dernière goutte de pétrole et qu'on est mal barré pour le climat. Là-dessus la prochaine revue des sciences est un peu désespérante mais il est un fait que le réel existe et qu'il résiste à notre volonté, c'est même cette dureté contre laquelle on se cogne qui fait que ça dure, qu'il y a de la durée.

    Le difficile, c'est de faire avec, de composer, de penser stratégiquement et non pas de tomber dans les excès inverses de croire changer le monde avec des idées ou de se persuader qu'on ne peut rien faire. On ne vivra jamais dans un monde idéal, il ne s'agit que d'améliorer ce qui peut l'être, de corriger nos erreurs, d'éviter le pire, la vie tout simplement dans son activité incessante et qui porte bien assez d'espérance dans la richesse des possibles pour ne pas rester passifs et se laisser faire.

    Pour ma part, je ne désire absolument pas une autarcie qui nous enfermerait dans le local et notre part animale. D'ailleurs, depuis le début la vie se nourrit de la débauche d'énergie fournie par l'astre solaire, il ne s'agit que de réduire les déplacements pas de les interdire, la relocalisation n'est qu'une correction qui équilibre la globalisation plus qu'elle ne l'abolit. On part de loin, elle ne peut être qu'insuffisante, cela ne la rend pas moins nécessaire, effectivement comme choix politique, c'est ce que nous pouvons faire pour inverser un mouvement qui vient de l'extérieur. La seule chose importante, c'est d'arriver à déterminer ce qu'on peut faire dans le contexte actuel.

    Il ne faut pas feindre d'en savoir plus que les autres. On manque encore de certitudes sur le climat mais ce pourrait être bien pire que prévu même si nous ne sommes pas sans ressources pour nous tirer de cette catastrophe annoncée. L'avenir n'est en rien garanti, ce qui est le destin de toute vie, mais nous ne sommes pas encore anéantis et réagissons en général au bord du précipice. L'humanité n'a pas dit son dernier mot mais par quelque bout qu'on le prenne, toute solution passe par une relocalisation qui ne peut venir que du local et de sa repolitisation.

  22. Par exemple on peut penser que le culte de la personnalité était une simple erreur dénaturant le socialisme en stalinisme alors qu'il s'est imposé matériellement
    Je suis un lecteur d'Alexandre Zinoviev, l'inventeur de l'homo sovieticus (avant sa dernière période où il semble avoir dérapé, en gros jusqu'en 1990). Il argumente aussi très fortement dans ce sens, ce qu'il nomme le communisme réel. C'est très Marxien. Je ne crois pas qu'on puisse aller si loin, quand bien même je ne suis pas un adepte du volontarisme. Je crois quand même qu'il y a des marges de manœuvres parmi les possibles. Sinon, à quoi bon s'intéresser à la politique, aux choix collectifs.

    En fait, on peut dire que la bifurcation et la correction d'erreurs sont pertinents dans la pratique et le court terme d'une action tâtonnante mais délirants quand ils s'appliquent à de plus longues périodes
    Pas d'accord à 100%. Par exemple, l'expérience communiste a aussi eu un effet sur nos représentations, et nos représentations font partie des éléments qui participent aux choix actuels possibles.

  23. J'essaie de distinguer une bifurcation qui revient en arrière comme si de rien n'était et une dialectique qui apprend de l'expérience même si elle prend à chaque fois le contrepied de l'époque précédente (négation toujours partielle). Les expériences soviétiques et maoïstes nous ont beaucoup appris (tout comme les expériences du libéralisme et néolibéralisme) mais on est là dans des subtilités théoriques qui n'ont sans doute pas beaucoup d'intérêt.

  24. @Jean Zin :
    Vous pensez à un ou des "bifurcationistes" (selon votre définition très radicale) en particulier?

    Pour le reste, je vois qu'une fois les micromalentendus de la langue et de l'expression résolus on est sur la même longueur d'onde.

  25. C'est Paul Jorion qui se revendique explicitement de la bifurcation mais il y en a beaucoup d'autres qui sont "bifurcationistes" sans le savoir, notamment de nombreux écologistes (et religieux et moralistes), que ce soit à cause du péché originel, de l'orgueil prométhéen, du choix du feu ou de la vitesse, voire de l'avoir contre l'être, etc., toutes façons de ne pas prêter attention aux processus historiques réels et ce qu'ils nous ont appris. Il ne faut pas confondre bifurcation et coupure épistémologique ou changement de paradigme qui ne sont en rien des retours en arrière.

    Tout cela n'empêche pas que Paul Jorion a raison de vouloir refaire de l'économie une science morale (comme Amartya Sen justement ou Hirschman) mais cela ne peut être un retour au XIXè ni réduire à rien l'économie mathématique malgré toutes ses limites.

  26. Revenir en arrière pour appliquer des solutions échouées n'a pas d'intérêt. On peut seulement en tirer quelques hypothèses explicatives dont il faut extrapoler d'autres initiatives qui ne peuvent évacuer l'histoire déroulée entre le point A, où l'on pourrait retourner, et le point B où nous sommes.

    La machine à retourner le temps n'existe pas, car chacun retournerait dans le temps pour le changer dans son instant présent, ce qui n'apporte rien au problème des conflits d'intérêts qui sont une accumulation d'histoires sur lesquelles on ne revient pas.

    Une suite de n-1, n-2, n-3...temporelle.

  27. Je ne crois plus du tout à l'intérêt de débats qui sont aussi impossibles qu'entre religions différentes mais si j'ai de nombreux désaccords avec Paul Jorion je n'en trouve pas moins qu'il est un des intellectuels les plus intéressants du moment, un des meilleurs analystes de la situation financière et je soutiens son action pour obtenir l'interdiction des paris sur les prix, sans que cela aille bien loin ni ne remette en cause en quoi que ce soit le capitalisme, ce qui n'empêche pas que c'est un minimum et qu'il y a urgence à l'adopter.

    Ceci dit, s'il y a un des domaines où la notion de bifurcation est plus que pertinente, c'est bien la programmation. Il est souvent indispensable de tout reprendre à zéro, de changer d'hypothèse. C'est particulièrement clair dans la recherche des bugs où l'on peut s'acharner vainement toute la nuit avant de se résoudre à aller se coucher et trouver soudain au réveil la solution en changeant de point de vue (c'est ce qui me faisait argumenter que le sommeil était partie intégrante du travail pour un programmeur).

  28. Je suis programmeur et je confirme..mais ici nous sommes en face de couches de programme superposer aux relations fractal.
    Le monde a un programme très basic avec l'ONU, ce sont les nations qui programme les masses avec interdépendances entre les nations.
    Il y a les programmes officiel encadré dans les règles et la loi et il y a aussi les programmes pirate, comme la drogue les armes etc..et le nouveau qui n'a pas de cadre "LE PARIS SUR TOUT"..
    Les citoyens électeurs n'ont de pouvoir que sur les règles officiel de leur pays voir en Europe qui serait déjà un pas de géant !
    Si le programme Europe fait flop ce serait terrible ce pourquoi la solution est l'Europe avec un programme audible et visible.
    Tout comme un arbre et ses fruits, nous ne pouvons remettre en cause le développement d'une branche sur la quelle nous sommes perché, les combats pour avoirs de l'espace et de la lumière sont dans nos racines.. 🙂

  29. Je ne suis pas contre les débats qui sont indispensables et j'ai participé à beaucoup mais je suis arrivé à la conclusion qu'ils sont la plupart du temps illusoires. Les prétendus débats entre candidats d'une démocratie compétitive en sont l'expression caricaturale où il s'agit simplement pour chacun de soigner son électorat et de dire ce qu'il veut entendre sans jamais bien sûr acquiescer à ce que disent ses rivaux. C'est ce qu'on appelle un dialogue de sourds même à y mettre les formes de la civilité. Le vrai dialogue, celui de Socrate, est plutôt incompatible avec le pouvoir du nombre.

    La définition de la démocratie comme discussion publique est plutôt anglo-saxonne (JS Mill notamment) même si Habermas en a fait la théorie. Pour la Révolution Française, c'est plutôt l'expression d'une volonté générale. J'ai montré au contraire que la démocratie est un rapport de forces.

    Il y a quelque chose de comique dans la plainte répétitive d'une absence de débat alors même qu'il s'en organise de plus en plus et qu'on n'a jamais eu autant accès aux différentes analyses qu'avec internet et notamment les commentaires. C'est le fantasme d'une illumination finale qui rassemblerait les hommes de bonne volonté mais que les faits obligent à abandonner. Bruno Latour essaie de cartographier les controverses mais il ne fait ainsi que disqualifier un certain nombre d'opinions or, en démocratie, on doit tout supporter, les fous comme les fourbes. La vérité n'est pas donnée et les querelles de voisinages montrent qu'il n'est pas si facile de s'entendre. Pour m'en persuader, il m'a fallu quand même l'expérience d'un groupe de réflexions entre intellectuels où le dialogue semblait aussi impossible qu'entre religions différentes malgré tant de choses qui nous rapprochaient.

    Ce n'est pas dire qu'il n'y aurait pas du tout de dialogue, mais très rarement dans des débats. Les véritables dialogues sont plus silencieux. Il arrive qu'on ait réfuté violemment une opinion dans un débat et qu'on y repense ensuite en trouvant des faiblesses à nos arguments. Il y a pas mal d'arguments qui prennent du poids avec le temps à ne pas trouver de réelle objections, comme il y a des arguments qui peuvent se dégonfler tout-à-coup mais plus par accumulation de données ou événement particulier que par l'échange d'arguments.

    Je crois donc que je participe aux débats par mes textes, du mieux que je peux, bien mieux que dans un débat. Il ne suffit pas de ma parole pour briser les résistances qui ont leurs raisons et ce ne sont pas les insultes qui me font évoluer mais l'évolution du monde et des discours tout comme le travail du texte et de reformulation. Au fond, ce dont il faudrait se méfier dans cette valorisation du débat dont se nourrit le spectacle médiatique, c'est du culte de l'immédiateté et de la présence dont la réflexion s'éloigne. Le débat public renforce la pensée de groupe qui n'est pas toujours bonne conseillère. On peut le dire tout autant des psychanalystes qui se réunissent sans arrêt de journées d'études en congrès et qui croient "travailler" ainsi alors qu'ils ne font que renforcer le conformisme de groupe et le transfert dont ils prétendent pourtant s'être émancipés...

    Il faut se garder cependant de jugements trop généraux. Il y a des débats utiles en groupes restreints, regroupant des compétences diverses pouvant se compléter mais plutôt que parler de débats, il faudrait alors parler de groupe d'étude, ce qui est tout autre chose et moins dans l'immédiateté.

  30. Bien d'accord sur les limites des débats tels qu'on les pratique .
    Je vois le débat comme une méthode au sein d'un outil public de recherche sociétale ; le débat et la recherche sont choses bien trop importantes pour les laisser s'organiser au fil de l'eau et tout comme le droit de vote doivent donner lieu à une organisation qui fait qu'on ne peut pas faire n'importe quoi ; le débat public doit être inséré comme un droit réglementé et organisé permettant à la vie politique et citoyenne de s'exercer ; les grands sujets de société feraient l'objet d'une étude approffondie participative ; les médias y joueraient tout leur rôle d'investigation et d'information mais dans un cadre organisé ,réglementé ; il est paradoxal d'appeler débat ce qu'organise un parti pour ses primaires : le débat public ne pouvant en aucun cas être partisan .
    Le fait que cet outil de recherche prospectif soit public ne le rend pas soumis et dépendant mais libre dans la mesure où sa règle première est l'ouverture et l'accès à tous : le caractère public . C'est le laisser aller au fil de l'eau des médias, des présentateurs , des blogs , des partis etc qui asservi parce qu'on a pas méthodologiquement de vrai débat mais du rapport de force masqué pour sa boutique , son parti , sa carrière, sa gloriole personnelle.Et que pour beaucoup l'accès est interdit. Au bout du compte c'est la confusion des esprits .
    Il y a de remarquables reportages sur certains sujets , de bonnes analyses , des commentaires intéressants mais on retombe dans cette citation : "la dictature c'est ferme la ; la démocratie c'est cause toujours "
    J'en parlais en 2009

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=1502#comment-14543

  31. Cette demande de création d'un outil public de recherche et débat ne correspond pas à l'idée que tout va ainsi se résoudre magiquement et qu'on aboutira forcément à des consensus ; ce n'est pas un angélisme ; mais le refus de ce type de proposition en s'appuyant sur l'imperfection humaine correspond à l'idée libérale qu'il vaut mieux laisser faire le marché parce que si l'aspect public prend le dessus il y aura corruption.
    Cette réforme et nouvelle organisation de la vie politique serait d'après moi un immense progrès.
    Les villes vertes , les coop municipales et autres sujets importants seraient réfléchis dans ce cadre.

  32. je reviens sur la question des partis politiques. Moi aussi, aucun ne me convient. Alors je me suis demandé pourquoi. D'abord je me suis rendu compte au travers de l'action concrête locale que je n'étais pas le seul ! En fait je crois que nous sommes dans une période ou les institutions, en générale, sont inadaptées aussi bien pour identifiier les enjeux que pour imaginer les solutions que pour les mettres en oeuvre.
    les choses se passent ailleurs, dans la société à des niveaux différents. Et finalement, nous aurions besoin à gauche, d'une nouvelle conception de la politique dont la fonction serait plutot de rendre institutionnelement possible les projets que les citoyens actifs inventent et développent trop souvent avec des moyens dérisoires.
    Petit à petit ça viendra. Mais il y a beaucoup de boulot .

  33. Il y a des raisons multiples à la faillite des partis. Il y a d'abord la loi d'airain de l'oligarchie qui pourrit tous les partis à la longue. On s'aperçoit que les grands politiques viennent en général de révolutions antérieures ou d'engagements comme l'affaire Dreyfus (la résistance) qui sélectionnent des hommes de caractère et désintéressés alors que dans le cours normal, ce sont les ambitieux, les carriéristes, les démagogues qui trustent les premières places puisque ce sont les plus motivés. Une fois transformés en parti d'élus, les Verts par exemple, ont perdu toute substance.

    Ce n'est pas encore le cas du parti de gauche mais il y a effectivement une autre raison à l'inadéquation des partis et qui est la rupture que nous connaissons sur tous les plans alors qu'on tente de faire survivre des idéologies dépassées. Le cadre lui-même de l'Etat-nation n'est plus pertinent. Il ne reste qu'un théâtre d'ombres où les grands mots masquent l'impuissance. Difficile d'imaginer qu'on s'en sorte sans un effondrement une guerre ou une révolution. En même temps, il y a actuellement une contagion des révolutions arabes et des mouvements de indignés qui rejettent les partis et se mondialisent, ce qui pourrait apporter du nouveau, ce qu'on ne peut absolument pas attendre des élections présidentielles déjà à moitié jouées.

    Sinon, je répète que je suis pour les débats publics, pour les procédures imparfaites d'une démocratie participative (ou démocratie cognitive) à inventer, j'insiste simplement pour garder conscience de leurs limites et ne pas trop en attendre, comptant plus sur les moments de crise et les mouvements d'alternance que sur la rationalité des acteurs. Nous avançons comme dans un brouillard au milieu de tant de leurres qu'il faut prendre les choses par de multiples côtés et surtout différentes temporalités.

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