L’abeille et l’économiste

L'abeille et l'économiste, Yann Moulier-Boutang, carnetsnord, 2010
C'est un livre important et très étonnant, surtout dans le contexte actuel, en ce qu'il commence par célébrer le triomphe de la finance, contre l'évidence du présent désastre, mais l'insistance sur sa fabuleuse puissance de création de richesses dans une économie cognitive lui permet de conclure, dans les dernières pages, que c'est donc la finance qu'il faut taxer. La taxation de toutes les transactions bancaires est ici le coeur de la sortie de crise pour le capitalisme cognitif, couplé avec un revenu d'existence, revenu minimum qui peut se cumuler avec un travail. A cela, il faudrait joindre une comptabilité écologique des externalités et une relative extinction de l'Etat qui laisse la plus grande part aux marchés et aux ONG...

La partie prospective n'occupe que les 40 dernières pages, et on peut dire que le livre nous tient en haleine pendant les 200 pages précédentes à nous persuader que la finance a une telle puissance qu'on ne peut rien contre elle, puis que le travail immatériel vivant (cognitif, créatif, social, "caritatif") n'est pas mesurable mais résulte d'une pollinisation de la société non prise en compte, pas plus que les destructions écologiques... C'est au moment où aucun espoir ne pouvait plus subsister que les solutions apparaissent enfin !

Si la crise a eu pour effet de renforcer l'hypothèse d'une sortie du capitalisme, on ne peut dire que sa présentation, aux contours mal assurés, en soit très convaincante. Les mesures préconisées apparaissent bien insuffisantes mais il est indéniable qu'elles semblent s'imposer malgré tout. Il faut sans aucun doute les compléter, ne pas abandonner notamment l'impôt progressif, mais on devrait les ajouter désormais à notre panoplie. C'est ce qui fait la valeur de ce livre qui tient aussi à sa capacité à nous éclairer sur le présent en nous mettant en porte-à-faux par rapport à la vulgate de la crise et une condamnation sans appel de la finance.

C'est devenu un lieu commun que de vilipender la finance qui nous éloignerait infiniment du "réel". p115

On ne parvient à comprendre la finance que comme symptôme de transformations qui la dépassent. Examinons donc ces nouvelles transformations. Nous allons les décliner sur le plan de la financiarisation, mais auparavant, il nous faut exposer la plus importante de ces transformations. Celle du passage d'une économie de l'échange et de production à une économie de pollinisation et de contribution. p117

L'ouvrage s'ouvre par une nouvelle fable des abeilles qui peut faire croire qu'on va parler surtout de pollinisation, alors que c'est la finance et la crise qui en sont les principaux sujets. Par rapport au livre précédent sur "le capitalisme cognitif", dont le chapitre 3 reprend les principales thèses, en particulier celle de la pollinisation héritée de ses travaux précédents sur les externalités positives, la véritable nouveauté, c'est bien l'importance donnée à la finance. D'emblée l'argent est identifié au crédit (au virtuel comme "mode de présence du futur dans le présent", p95), sa valeur étant toute dans sa mobilité. On peut douter de la démonstration que Napoléon aurait été vaincu par une finance déjà toute-puissante mais il ne fait aucun doute aujourd'hui que les Etats sur-endettés en sont complétement dépendants (Marx et Schumpeter l'avaient constaté avant). Ce serait une erreur pourtant de croire que la finance serait parasitaire alors qu'elle se révèle effectivement productive (il n'y a pas une infrastructure réelle et une superstructure supplémentaire, s'y ajoutant inutilement). On pourrait ainsi illustrer l'histoire de la finance esquissée dans le premier chapitre avec le dicton "ce qui ne peut se régler avec de l'argent, peut se régler avec beaucoup d'argent" ! Le fait que la finance ne serait pas condamnée à l'instabilité et aux crises cycliques est par contre bien peu étayé, de l'ordre de la pétition de principe, mais, étant donnée sa productivité ce n'est effectivement pas une raison pour croire qu'on en aurait fini avec le capitalisme financiarisé qui succède au capitalisme industriel. Aucune pause n'est à espérer dans la mondialisation. C'est un système renforcé qui devrait sortir de la crise. Leçon à méditer.

Rien de réjouissant apparemment. C'est l'enfer qu'on semble nous annoncer. "Toi qui entre ici abandonne toute espérance". Et pourtant, la fin nous ramène à une sorte de mondialisation heureuse, le plaidoyer pour la finance aboutissant à la défense du revenu d'existence au nom de la pollinisation, des externalités, de l'écologie. Ce n'est pas aussi paradoxal qu'il y paraît mais la critique qu'on peut faire, dans un cas (la finance) comme dans l'autre (le revenu d'existence), c'est de ne pas se préoccuper assez de la production. Le financier ignore la mécanique : il suffit d'y mettre le prix et l'intendance suivra ! De même, il suffirait d'un revenu d'existence pour que la production se réalise au mieux, comme l'abeille pollinisant nos champs ! C'est ce que je ne crois pas, le revenu d'existence étant nécessaire mais pas suffisant. On reste trop dans l'abstrait, le général, le macro-économique. Dans le même esprit, sous prétexte que l'immatériel a pris le pas sur le matériel et qu'on ne reviendra pas aux vieilles industries, l'auteur se laisse aller à vouloir nous faire croire qu'il n'y a pas de retour au réel possible dans ce monde virtuel dépourvu de tout sol, alors que les krachs démontrent le contraire (même si le réel ne se détermine qu'après-coup). C'est le monde de la mobilité perpétuelle, comme si la précondition de la mobilité marchande n'était pas la sédentarisation des populations !

La focalisation sur la puissance financière rejoint l'analyse de Braudel de la dynamique du capitalisme qu'il fait remonter à Venise et à Gênes. C'est incontestablement l'époque de l'émergence d'une économie-monde, puis de l'économie-politique (mercantiliste) à partir de l'afflux de l'or d'Amérique et de l'inflation qui s'ensuit. C'est ce sens purement financier que Yann Moulier-Boutang donne au capitalisme, ce qui ne manque pas de pertinence au regard de sa récente financiarisation mais il faut savoir que ce n'est pas du tout le même sens que Marx donnait au capitalisme comme système de production basé sur le salariat et la plus-value. Le capitalisme en tant qu'il structure toute la société comme système de production commence seulement avec l'industrie et le salariat. On ne peut faire l'histoire en ne prenant en compte qu'un seul facteur de production, rejetant comme externalités les facteurs naturels, techniques, humains qui d'ailleurs réapparaissent dans la caractérisation du "capitalisme cognitif" et des nouvelles contraintes écologiques. On peut donc tout aussi bien appeler "capitalisme financiarisé" le nouveau système de production ou bien expliquer la financiarisation par la fin du capitalisme industriel et l'émergence d'un système de production qui n'est plus capitaliste ni productiviste. Ce n'est pas qu'une querelle de mots.

Il ne s'agit pas de nier qu'il y a une puissance de l'argent. C'est même le point où le livre est le plus convaincant et dérangeant. J'avais déjà comparé l'argent à l'énergie dans le monde de l'information mais je n'avais pas pris toute la mesure de la puissance donnée, du fait de son caractère abstrait d'équivalent universel, par la mobilisation de ressources financières, puissance qu'on peut redouter mais qu'on ne peut ignorer une fois qu'on la connait, que les entreprises ne peuvent ignorer et dont tous les Etats développés sont dépendants. On peut cependant douter de la validité d'une explication purement financière de l'histoire et des crises ramenées à la question des faillites bancaires sans liaison avec des questions plus matérielles. Seule compterait le crédit et la mobilité que symbolise la pieuvre tentaculaire des réseaux de la banque Rothschild qui passe au-dessus des Etats mais permet de financer leurs guerres, entre autres. Il n'est donc pas question ici de baisse du taux de profit, ni d'épuisement de l'innovation, ni de surproduction, ni d'instabilité politique encore moins de phénomènes générationnels et de cycles longs (réfutés par un sophisme héraclitéen voulant nous faire croire qu'il n'y a le choix qu'entre la pure répétition ou la pure nouveauté). On ne parle pas vraiment de système de production, ni même de marché mais seulement d'une force productive financière, un peu dans le même esprit que l'hydraulique de Keynes, dont on peut considérer qu'il fait simplement une mise à jour plus adaptée à l'économie immatérielle. Les Etats sont d'ailleurs intégrés au système financier comme stabilisateurs, par leurs capacités contra-cycliques (qui restent à prouver) et leur keynésianisme supposé permettre d'assurer le plein-emploi...

Soudain sur cette scène interviennent les OS qui refuseraient leur aliénation ! Fidélité à l'opéraïsme qui semble bien déplacée dans ce cadre. C'est plutôt que le rapport de force était devenu trop favorable aux salariés (à cause du plein emploi justement) autour de 1968 (et de l'arrivée de la génération du baby boom), ce qui faisait monter l'inflation et provoqua en retour la crise pétrolière (pas seulement la dévaluation du dollar). C'est un cycle dans ce qu'il peut avoir de plus typique mais il y a différentes temporalités qu'il ne faut pas confondre. On ne peut trouver satisfaisant la simple constatation : "C'est aussi le temps de la fin du plein-emploi. Le chômage chronique apparaît. Les formes d'emploi changent avec le développement de la précarité" (p59), comme si c'était un changement de météo. Cette époque dépressive de vieillissement de la génération dominante et de lutte contre l'inflation est celle du NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) servant d'indicateur aux politiques néolibérales. L'individualisation a son origine dans la production, avec l'élévation des qualifications et l'individualisation des salaires, plus que dans la poussée des désirs individuels (on est plutôt dans l'autonomie subie). La précarité est liée au travail immatériel et à l'ère de l'information. Ce n'est pas à cause des OS qu'on passera au toyotisme (flux tendus), au contrôle qualité ou à la robotisation, c'est grâce à l'informatisation... Quoiqu'on dise, il y a bien un déterminisme technologique, au moins sur le long terme, c'est même la base de tout matérialisme historique.

On peut trouver très intéressante l'analyse des délocalisations comme conséquence de l'arrêt mis à l'immigration, ce qui aurait fait chercher la main d'oeuvre non qualifiée dans les pays pauvres, mais si on peut l'appliquer à l'Europe, en effet, cela n'explique pas la délocalisation de la production des Etats-Unis en Chine. C'est donc que la raison est ailleurs, liée à notre moment historique et technologique.

Il y aurait bien d'autres choses à discuter mais si j'adopte toujours un point de vue critique et que j'insiste sur nos différences, cela n'empêche pas un large accord pour le reste ni surtout qu'il apporte une dimension nouvelle, macroéconomique, que je considère comme pouvant être complémentaire de la mienne, plus microéconomique et soucieuse de procurer tous les moyens concrets de la relocalisation ainsi que de la valorisation des compétences et de l'autonomie. Nos analyses sont très proches sur les implications du numérique et du travail immatériel (cognitif, affectif, relationnel, créatif ou non...) qui valorise d'autant plus le travail vivant dans ce qu'il peut avoir de plus spécifiquement humain, à mesure que ce qui peut l'être est automatisé. Ce qui ne veut pas dire que les travailleurs soient bien traités pour autant. On peut d'ailleurs penser qu'il reste trop du côté d'un travail hyperqualifié et créatif, porte-parole de la upper middle class ou de la nouvelle classe sociale aspirant à remplacer l'ancienne classe dominante. Ce n'est pas le cas pourtant des services à la personne, de ce qu'on appelle le care en anglais et qu'on devrait appeler le caritatif si cela n'avait un sens trop religieux ou les soignants si cela n'avait un sens trop médical, ou l'assistance, si ce n'était trop dépréciatif ! On se retrouve en tout cas dans la nécessité d'un développement humain lié autant à l'ère de l'information qu'à l'ère de l'écologie.

Le souci de la population vivante réclame la production de la population. Ce qui à son tour exige la production de la biosphère et de la noosphère conjointement. p227

Il faut noter qu'il fait référence à Gorz, en particulier en reprenant sa perspective d'un réformisme radical ("économie solidaire, microcrédit, zones libérées de la monnaie centrale - les systèmes d'économie locale" p175) plutôt qu'une révolution mythique mais aussi dans son diagnostic d'une sortie du capitalisme qui aurait déjà commencé, admettant cette fois qu'il y a bien incompatibilité entre le capitalisme et l'économie immatérielle qui remet en cause toutes ses bases (valeur, travail, propriété). Sauf qu'il nous promet plutôt un renforcement du système d'abord et un achèvement de la mondialisation. Il faut dire que la mesure de taxation de toutes les transactions bancaires (y compris le retrait de billets au distributeur), aussi pertinente soit-elle, n'est certes pas pour demain, encore plus impossible dans un seul pays que le socialisme. Le revenu d'existence aussi parait encore complétement utopique et irréalisable à court terme. Ce sont donc des réflexions pour l'avenir plus que pour notre présent qu'il éclaire pourtant en nous enjoignant d'affronter le déplacement du profit vers les placements financiers plutôt que de le dénier vainement. On comprend aussi qu'on est loin de ce qui peut se faire à court terme, qu'on ne dispose donc pas des solutions et que la crise devrait durer encore jusqu'à ce que, sous la pression des événements, on abandonne une à une les anciennes idéologies devenues obsolètes et qu'on revienne au réel enfin...

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32 réflexions au sujet de « L’abeille et l’économiste »

  1. Bonjour Jean, je me permets de recopier ici le texte d'un économiste proche de l'économie spinoziste (P. F. Moreau et Yann Moulier Boutang). Il dit quelque chose de différent de votre "l'argent est crée à partir du remboursement de la dette".

    Je cite : " On ne peut qu’être étonné – et réjoui – de l’ampleur prise par ce débat qui a d’abord fait son chemin sur Internet à partir de la vidéo de Paul Grignon, Money as debt, mais qui reçoit un fameux coup de main de la crise financière – a-t-on jamais autant parlé qu’aujourd’hui de banques et de liquidités ?... Trop habitués à la parlotte entre initiés mais surtout persuadés de leur monopole « naturel » sur la chose économique, les économistes ne pouvaient imaginer un seul instant voir débarquer dans les cénacles bien propres de l’académie une horde de mal-élevés décidés à se saisir de la question monétaire. Mais les manants ne respectent rien et eux qui ont été si longtemps et si soigneusement tenus à l’écart des débats économiques ont décidé d’un coup que ces choses-là les concernaient aussi et qu’à défaut de se les voir expliquer ils s’en saisiraient eux-mêmes. Seul un réflexe d’ordre, hélas trop prévisible, peut avoir conduit certains économistes, nouvelle noblesse de robe, à s’être scandalisés et à avoir pris pour une insupportable intrusion dans le champ de leurs questions réservées ce qui devrait être tenu pour le plus admirable des réflexes démocratiques : le tiers-état s’intéresse. À la décharge des clercs, il faut bien reconnaître que ce débat « parallèle » sur la création monétaire a été lancé de la plus maladroite des manières et que le sens commun académique a quelques bonnes raisons de renâcler aux accents légèrement paranoïaques de la vidéo de Paul Grignon qui, sur fond de musique inquiétante, dévoile la formidable conspiration : la monnaie est créée ex nihilo par les banques… Evidemment le goût du sensationnel en prend un coup sitôt découvert que la conspiration de la création monétaire ex nihilo fait l’objet des enseignements de première année universitaire, et même des lycées, à l’occasion desquels la « révélation » a jusqu’ici provoqué peu d’évanouissements. Une bonne moitié de la vidéo-scoop de Grignon était donc déjà en vente libre et disponible dans n’importe quel manuel pour classes de Terminale SES…

     Le principe symétrique du droit absolu de saisine des « amateurs », et de leur droit d’effraction dans les débats des « professionnels », devrait donc consister en un minimum de respect pour la division du travail et une obligation, non pas bien sûr d’avoir préalablement accumulé une connaissance « professionnelle », mais au moins de ne pas imaginer « tout inventer », de cultiver le doute méthodique que « la » question (n’importe laquelle) a dû être déjà travaillée, et de faire l’effort minimal « d’y aller voir avant » – manière d’éviter les boulettes du type « complot monétaire »… On pourrait cependant aussi imaginer que la position même du « savoir » devrait valoir à ceux qui l’occupent une sorte de devoir d’indulgence, pour mettre tout ça de côté. Et en venir plus rapidement aux vraies questions. Quitte à résumer grossièrement, il semble que l’objet du tumulte tourne autour des éléments suivants :
     1. On croyait la création monétaire le fait de l’Etat – l’Etat n’était-il pas réputé « battre monnaie » ? – ; on découvre que c’est plutôt l’affaire des banques privées.
     2. Non contente d’être privée, l’émission monétaire-bancaire s’effectue ex nihilo. Or ce qui ne coûte rien à « produire » (l’octroi de lignes de crédit) est facturé quelque chose : le taux d’intérêt. La chose n’est-elle pas profondément illégitime ? Nul ne questionne le privilège de quelques institutions privées, seules détentrices du droit de création monétaire, et encore moins les conditions réelles de leurs profits.
     3. Un qui sait combien l’intérêt lui coûte, c’est l’Etat. Le service de la dette publique n’engloutit-il pas bon mal an l’équivalent des recettes de l’impôt sur le revenu ? Certes, ce ne sont pas des banques qui le lui facturent (l’Etat s’endette sur les marchés), mais – retour au point 1 – si l’Etat disposait du droit de création monétaire, il pourrait en profiter – lui, c’est-à-dire la collectivité des citoyens-contribuables – et, pour peu qu’il soit raisonnable, réserver « sa » création monétaire au financement de l’avenir, c’est-à-dire des biens d’équipement de la nation, le tout bien sûr à intérêt nul, donc avec les économies qu’on imagine.
     4. Or il se trouve que les facilités monétaires que lui accordait la Banque de France ont été interdites par la loi de 1973, et que le verrouillage est devenu quasi définitif avec l’article 123 du Traité européen (Lisbonne) qui prohibe formellement toute avance de la BCE aux Etats membres.
     Il faut bien reconnaître que l’idée de la création monétaire ex nihilo est suffisamment contre-intuitive et suffisamment contraire aux représentations spontanément formées par le sens commun en matière monétaire pour justifier l’effet de stupéfaction qu’entraîne presque systématiquement son énoncé. Car le sens commun se figure le banquier comme l’homme aux écus – il n’a pas totalement tort… – assis sur un tas d’or préalablement accumulé et par conséquent disponible pour être ensuite prêté. C’est là, au sens strict des termes, confondre la finance, où des détenteurs de capitaux déjà accumulés prêtent à des demandeurs de fonds, et la banque, dont l’action caractéristique est le crédit, qui procède par simple écriture et met des fonds à disposition hors de toute accumulation préalable, et sous la forme de la bien nommée monnaie scripturaire, simplement en créditant des comptes d’agent."

    Bonne continuation...

  2. A noter que

    Derrière le capitalisme cognitif, se cache la justification d'une caste intellectuelle qui produit son propre statut en définissant ses propres privilège, car il faut connaître les intimes de YMB. Tout ce qui est de l'ordre du cognitif me gêne. La science n'a pas toujours procédé par connaissance, en tout cas pas avant l'invention du sujet et de l'objet par Descartes. Mais si la Raison s'est épuisée (Spinoza, Pascal et même Leibinz le savait alors même qu'ils s'en réclamaient), la connaissance elle ne s'épuise pas. Alors pourquoi inventer un secte cognitive, sinon pour justifier de sa particularité comme ceux qui avaient inventer le quaternaire (chercheurs) pour ne pas être mélangés avec les prostituées qui elles aussi prodigues leurs offices, quaternaire. La réponse à mon précédent commentaire vous fera aller plus en avant.

  3. @Anthony Le Cazals

    Je ne suis pas sûr de comprendre exactement le sens profond de votre commentaire mais je voudrais y apporter des éclairages

    1) La Physique avait beau faire partie du programme officiel de 1ère, 2ème, 3ème etc... année, cela n'empêchait pas l'étudiant Albert Einstein de la juger obsolète, dépassée, et pas en phase du tout avec la réalité des phénomènes observés, non plus d'ailleurs que des travaux des physiciens expérimentaux et théoriques.

    Il n'y a donc nul critère de légitimité à quoi que ce soit du fait que ce soit enseigné, et toute vérité consensuelle n'est pas à l'abri d'une profonde remise en question.

    2) Le poids de la dette pour l'Etat on s'en fout, tout le monde s'en fout. Le monde, le vrai, celui qui à l'instar du monde d'Einstein refuse l'ordre établi et le consensus mou à l'aune de l'expérimentation véritable et directe, ne se pose pas le problème de la monnaie pour l'Etat. Il se pose le problème de la monnaie pour le CITOYEN, et souhaite que l'Etat soit AUX ORDRES du Citoyen qui in fine est la seule et véritable unité souveraine qui soit.

    Cette idée comme quoi l'Etat serait à même de résoudre les problèmes du Citoyen fait partie d'une crise antérieure qui a déjà eu lieu, et qui a conduit à séparer Monnaie et Etats. Il s'agit maintenant de séparer Monnaie et Banques.

    Aussi seul le Dividende Universel est une solution monétaire acceptable, qui conduira à la réduction insupportable du poids des Etats et Banques qui vivent avec 50 ans de retard sur la complexité individuelle réelle.

  4. @Anthony Le Cazals : Ce n'est pas parce qu'il y a des explications sociologiques qu'on devrait rejeter tout ce qui vient d'autres classes sociales. Il n'y a pas de science prolétarienne. Le capitalisme cognitif est un fait et qui n'a rien à voir avec des connaissances raffinées. Je suis bien d'accord que les cognitivistes sont souvent des analphabètes redécouvrant péniblement Husserl et que c'est une secte qui fait du mal à la psychiatrie mais cela n'a rien à voir avec la fonction cognitive du numérique qui est bien réelle. Il est vrai qu'on ne peut réduire la part humaine au cognitif et que j'ai moi-même critiqué l'expression de capitalisme cognitif en mettant en avant le concept d'information plus général mais il ne faut pas que les mots fassent barrière à la pensée. Ce qui importe, c'est s'il y a des idées utilisables. Il ne suffit pas de refuser une réalité pour l'empêcher d'exister. Quant au quaternaire, la définition que j'en connaissais (par Roger Sue) désignait les travailleurs autonomes.

    Il est bien évident que si la création monétaire n'est pas à hauteur des capacités de remboursements, le système s'écroule, on l' a vu avec les subprimes. Cela n'empêche pas que le film l'Argent-dette (que j'ai critiqué) est mauvais car il fait d'une vérité mensonge, en particulier avec l'invraisemblable obligation d'emprunter pour payer les intérêts ! La supposition, c'est que l'argent n'est pas productif.

    YMB montre le contraire et il a raison. Quand il assimile argent et crédit, c'est qu'ils sont fondés sur la confiance. Ce pourquoi l'argent que Paul Jorion a en poche et qui lui semble plus matériel que les dettes qu'on lui doit, n'empêche pas du tout que son argent peut ne plus valoir grand chose si la confiance dans la monnaie disparaît comme dans la République de Weimar. On peut être d'accord sur la différence de statut entre monnaie et dette sans que cela ne les rende complétement dissemblables. Tous ceux qui ont participé à un SEL savent qu'il y a équivalence entre argent et dette, dette moins assurée que si on était payé en espèces sonnantes et trébuchantes mais qui aboutit aux mêmes échanges finalement.

    @Galuel : Tout le monde peut donc créer de la monnaie, sauf que cela ne sert pas à grand chose sinon à créer de nouvelles mafias sans doute. On peut toujours se prêter entre pairs, en P2P, mais pour la monnaie il faut un tiers (le tiers payant) et même un tiers public, une totalité sociale dont la monnaie représente une part de richesse (c'est le sens de battre monnaie, sous garantie du gouvernement, la pure création monétaire, la planche à billets, n'étant qu'inflationniste). C'est ce qui différencie la monnaie de la dette en grande partie. Pour ma part je défends des monnaies locales, donc politiques, publiques et non pas privées, pas les "monnaies libres" ni un pouvoir de création monétaire qui est illusoire, il n'y a qu'un pouvoir de régulation.

    C'est pareil pour le dividende universel. Même si je n'adhère pas à sa théorisation, je pourrais être d'accord puisque je défends un revenu garanti et donc un revenu pour tous, sauf que ce dividende universel risque d'être bien trop faible. Il faut se méfier de tout ce qui est trop simpliste et ne prend qu'un seul facteur en jeu. Il n'y a vraiment aucune raison de surévaluer les pouvoirs du Citoyen qui doit bien tenir compte des réalités et des divisions multiples. On ne peut balayer d'un revers de main tout le savoir passé. Il est faux qu'Einstein ait rejeté la physique de son temps qu'il n'a fait que reprendre. On ne peut tout changer comme si l'histoire n'avait existé, on ne peut se libérer de tous nos liens non-réciproques, toute négation est partielle et conserve plus qu'elle ne renie. Les utopies merveilleuses qu'on nous raconte retombent vite comme des soufflés. On peut quand même changer la donne mais ce n'est pas seulement une question monétaire.

  5. "C'est pareil pour le dividende universel. Même si je n'adhère pas à sa théorisation, je pourrais être d'accord puisque je défends un revenu garanti et donc un revenu pour tous, sauf que ce dividende universel risque d'être bien trop faible."

    Le Dividende Universel est une CLASSE de solutions de création monétaire, qui comprend toutes les exponentielles à x%, il ne préjuge pas de x% ... Il dit juste que seules ces solutions sont des création monétaires symétriques dans l'espace et le temps.

    Donc il ne "risque pas d'être faible", il sera ou pas faible selon le choix de x%.

    Actuellement x% = 100% par création monétaire centrale (Banques Centrales + Privées), + vous ne le voyez pas, à moins de jeter un oeil et de comprendre ceci : http://www.creationmonetaire.info/2...

  6. Il est exclu que la totalité d'un revenu suffisant soit de la création monétaire, ce serait une inflation galopante et une perte de confiance dans la monnaie.

  7. Le Dividende Universel ne dit pas que le revenu minimum garanti soit en "totalité de la création monétaire".

    Il en fixe le montant par rapport à la MASSE MONETAIRE, rien de plus... Il ne dit pas par quel ensemble de mécanismes il est assuré, mais il dit qu'il doit être assuré selon cette règle, ni que le mécanisme qui l'assure ne dépend pas des circonstances...

  8. C'est la reprise d'un texte de début 2009 qui hélas patauge dans la croyance qu'il y a vraiment création monétaire alors qu'il ne peut y avoir de création monétaire qu'à la marge sauf à s'annuler par l'inflation mais que sinon il n'y a qu'une création de confiance, évaluation d'une capacité de remboursement, certainement pas ex nihilo. Cela n'empêche pas le Professeur Lordon d'être un personnage éminemment sympathique.

  9. J'ai aussi pataugé dans cette question, et j'arrive à la même conclusion, ni les banques privées intermédiaires en premier ressort, ni les banques centrales ou nationales de dernier ressort ne créent de la monnaie ainsi un alchimiste créerait de l'or.

    Ces institutions ne sont que des relais de formation d'un pronostic de solvabilité, sortes d'agences de notation,
    information toujours remise en question.

    On le voit bien en ce moment, vu les hauts et bas des avis divergeant.

  10. En fait il y a bien création monétaire à un moment donné mais qui se réduit sur la durée de sorte qu'il n'y a pas vraiment création, en tout cas pas ex nihilo comme si cela dépendait d'un acte arbitraire. On tire des chèques sur le futur, ce qui est tout autre chose et risqué mais pas tant que ça, ce qui permet aux banques d'en vivre très confortablement (mais il y a beaucoup de faillites, ce qui prouve bien qu'il n'y a pas création ex nihilo puisqu'un prêt non remboursé doit être payé par la banque, déduit de ses bénéfices et non pas payé en monnaie de singe comme peuvent le faire les Etats).

    Le danger de ces conceptions subjectivistes, c'est de tomber dans l'idéalisme voire dans le délire, comme si on pouvait faire fi des contraintes matérielles, sociales, économiques, financières, qu'il ne s'agissait que de "volonté populaire" pouvant décider de tout. Il faut des stratégies plus subtiles que de foncer dans le premier moulin venu. La taxation de toutes les transactions en est une. Les monnaies locales une autre. La régulation des banques et des marchés une autre encore. Tout ça n'est pas très sexy ! On peut considérer que cela participe malgré tout à la maîtrise de notre avenir et de la transformation de l'histoire subie en histoire conçue, par l'écologie mais aussi par les assurances et le crédit...

  11. @Jean Zin

    Pffff "En fait il y a bien création monétaire à un moment donné mais qui se réduit sur la durée"

    Encore un logicien du Dimanche...

    C'est quoi la durée c'est 40 ans ? 5 minutes ? 6 mois ?

    La dette émise crée de l'inflation, sont remboursement crée de la déflation, les intérêts font qu'il est impossible soit d'éviter d'avoir des faillites, soit de rembourser ce qui est dû dans tous les cas.

    Ce système est profondément instable provoquant par sa conception même flux et reflux de masse monétaire dans l'économie, de façon CENTRALISEE, du centre vers l'extérieur, le centre ne faisant jamais faillite par décision purement arbitraire.

    C'est un système de gamins jouant dans un bac à sable.

    C'est nul c'est tout, tout physicien de niveau moyen le voit en quelques heures d'analyses, c'est même pas au niveau du pendule de Foucault à comprendre.

    Les seuls systèmes complets stables sont les systèmes relativistes, qui comprennent un repère spatial expansionniste stable (constante de Hubble) et décentralisés (expansion faible, mais partout identique).

    Le Dividende Universel est la seule solution de monnaie stable et acceptable. La création de monnaie dette est profondément instable et cause de crises monétaires cycliques forcées.

  12. Il est certain qu'inclure le temps dans la logique implique un effort de pensée. La durée ici étant la durée du crédit, existence dont le temps est compté. Pour les intérêts, c'est du délire. Ils sont prélevés sur la consommation comme on paierait d'autres services et sont compensés par la productivité de l'investissement. On n'est pas dans le physique mais le biologique où l'instabilité est productive et dans l'écologie où la diversité est la règle. Surtout, la vérité y est incertaine et n'est pas donnée d'avance. On ne peut s'en tenir à la monnaie mais, bien sûr, on doit éternelle reconnaissance à celui qui a trouvé la seule solution à cette question purement mathématique.

  13. @Jean Zin

    Il est évident qu'un système monétaire n'est pas donné. Il ne s'agit pas de décrire ce qui se passe, ni par rapport à quel système naturel il ferait référence, comme la sélection naturelle, avec le biais d'analyse et de conception que ça suppose.

    Il s'agit bien de prendre conscience que c'est l'homme qui s'impose à lui même tel ou tel type de fonctionnement économique, selon le type de système monétaire qu'il CHOISIT de mettre en place OU PAS.

    Et si on veut faire référence à des systèmes STABLES, pour le faire, avec une CONNAISSANCE, partagée, et une économie COLLABORATIVE plutôt que SELECTIVE, alors c'est possible.

    C'est une question de CHOIX, et absolument rien n'est déterministe quant à ce CHOIX, à moins de se considérer comme un animal totalement conditionné par son environnement évidemment.

  14. Je ne vois pas ce qui peut laisser croire que "l'homme" choisit le système dans lequel il vit mais si tel est le cas, il n'y a plus qu'à convaincre "l'homme" de faire le bon choix...

  15. C'est ainsi que tout le monde découvre que votre conception de la liberté théorique de l'homme aboutit à sa négation pratique.

    Bravo, vous êtes au fond de vos contradictions...

  16. Ce n'est une découverte pour personne, mes textes sur la liberté (les libertés) étant accessibles en ligne depuis de nombreuses années. Ma conception de la liberté n'est d'ailleurs pas très différente de celle de la plupart des philosophes, de Sartre par exemple ou de Hegel et Marx. Ce n'est simplement pas une conception naïve et infantile mais située et matérialiste (c'est-à-dire tenant compte des contraintes effectives et de l'histoire).

    Ceci dit, c'est une question importante au niveau politique, le "tout est possible". C'est la question de la démagogie et des utopies plus ou moins sanglantes dans leur résistance au réel. Etant donné l'expérience historique, je suis moins optimiste que Marx sur la possibilité pour les hommes de récupérer leur pouvoir sur le système qui les détermine. Il ne se fiait pas pour cela à des bons sentiments ni à une solution miracle mais essayait de dessiner une voie de sortie au système en analysant son fonctionnement, par la contradiction des forces productives aux rapports de production. L'essentiel est à reprendre à notre compte, l'idéalisme d'une fin de l'histoire enfin conforme à notre essence devant être remplacé par ce qui y ressemble bien qu'en plus modeste, une écologie qui essaie de maîtriser les effets de masse et le négatif de notre industrie, une régulation contra-cyclique corrigeant nos erreurs plutôt qu'un régime parfait. C'est la réflexion sur le vivant et l'apprentissage qui peut faire sortir des illusions trop logiques et de conceptions religieuses de la liberté qui tiennent au fait de la langue, au fait qu'on peut dire n'importe quoi...

  17. Ce n'est une découverte pour personne, mes textes sur la liberté (les libertés) étant accessibles en ligne depuis de nombreuses années. Ma conception de la liberté n'est d'ailleurs pas très différente de celle de la plupart des philosophes, de Sartre par exemple ou de Hegel et Marx. Ce n'est simplement pas une conception naïve et infantile mais située et matérialiste (c'est-à-dire tenant compte des contraintes effectives et de l'histoire).

    Fichtre, un nihiliste, un idéaliste et un matérialiste. Le grand arsenal est sorti, tremblez braves gens.

    Ce qui porte à sourire, c'est l'ingénuité avec laquelle, au nom des contraintes effectives la liberté s'évapore. Je n'ai pas grand chose à dire, vous finirez sûrement comme Edgar Morin à ressasser vos appels à l'utopie.

    Triste époque que la nôtre...

  18. Plutôt que de faire de l'ironie à deux balles (lassant, facile, et même pas original), vous avez quoi d'intéressant à dire sur la "liberté" ?

  19. C'est tout le contraire, il s'agit de rendre la liberté effective en reconnaissant ses limites (en réfutant toute utopie), un peu comme la science s'appuie sur la gravité pour voler. Ce qui s'évapore c'est seulement la vaine illusion d'une liberté toute théorique, purement verbale et sans aucune consistance. On sait comme la surestimation de la liberté permet d'asservir, pas seulement dans les religions.

    Notre époque est dangereuse mais elle n'est plus si triste, au contraire elle est passionnante alors que nous étions depuis les années 1980 dans une des périodes les plus noires pour l'esprit. Il est d'autant plus important d'avoir des analyses justes des forces en présence et des nécessités du temps.

    Sinon, j'ai trouvé la vidéo très chiante, à part le début mais je connais bien Patrick Viveret et on est très proches sur les monnaies, sauf que pour moi elles sont locales uniquement, et par contre je trouve ridicule la fin bisounours où l'on serait supposé s'aimer tous, préférant l'être à l'avoir comme si l'être n'était pas l'enjeu de compétitions féroces, etc.

  20. Parler de la liberté je ne fais que ça, dans mes derniers textes comme "la réalisation de la philosophie" ou "Psychanalyse et politique", etc, tout comme dans les premiers comme dans le café philosophique ou la production de l'autonomie, sans parler de l'amour, etc. Là dessus aussi je peux renvoyer à "l'improbable miracle d'exister" où la liberté c'est la vie et la lutte contre l'entropie.

    Il y a plusieurs libertés mais plutôt que de définir la liberté par la raison comme la plupart de philosophes cette fois, je la définis plutôt par l'ignorance, comme les existentialistes (mais en prenant le contrepied de Spinoza). L'important ici, cependant, c'est d'évaluer notre part de liberté collective, le nécessaire, le possible et le souhaitable, transformer des potentialités en opportunités, guère plus.

  21. C'est étrange que tant de gens parlent de liberté, sorte d'essence vaporeuse, alors qu'au quotidien ils se trainent les savates dans les ennuis, cherchant le soir venu des évanescences amnésiantes.

    En rabattre de cette liberté sans fondements, autres qu'hormonaux en grande partie, ne serait pas si mal inspiré pour effectivement user de la contingence des gravités.

  22. Je suis revenu sur un de vos coms :

    "C'est seulement à partir du moment où l'individu cesse de penser ainsi pour lui tout seul, où il cesse de considérer le monde comme quelqu'un qui "de l'intérieur" d'une maison regarderait la rue, "à l'extérieur", à partir du moment où, au lieu de cela - par une révolution copernicienne de sa pensée et de sa sensibilité -, il arrive aussi à se situer lui-même et sa propre maison dans le réseau des rues, et dans la structure mouvante du tissu humain, que s'estompe lentement en lui le sentiment d'être "intérieurement" quelque chose pour soi tandis que les autres ne seraient qu'un "paysage", un "environnement", une "société" qui lui feraient face, et qu'un gouffre séparerait de lui."

    Ca me rappelle certaines de mes plongées subaquatiques, où l'on se sent extrait d'une forme de considération centrée, de par l'apesanteur. D'où l'intérêt du décentrage, alors que l'inverse est préconisé.

  23. La citation est de Norbert Elias et illustre bien le ridicule de l'individualisme par un théoricien de la société des individus (car la réalité est contradictoire et ne se résout pas dans la simplicité d'un concept abstrait).

    C'est une illusion cependant de croire que la discussion porterait ici sur "la liberté" qui n'est invoquée, comme toujours, que pour nous forcer la main. La seule question étant de devoir tous adopter "librement" et universellement le système simpliste qui est proposé pour la résolution de tous nos maux. Cette conception idéaliste voulant conformer artificiellement la réalité à un principe logique est le contraire du "mouvement réellement existant" dans sa pluralité.

    Si l'on devait admettre la liberté entière d'une humanité unifiée (on ne sait comment) à choisir cette abstraction, il faudrait admettre qu'on pourrait choisir une autre abstraction tout aussi prometteuse, annulant dès lors la liberté postulée précédemment au profit d'une confrontation dialectique avec la réalité (opposition, division, composition). La liberté se retrouve certes au terme du processus qui est un processus cognitif collectif où le principe abstrait se complexifie en se confrontant au concret de la pratique mais qui ne laisse à la liberté effective qu'un choix limité à chaque fois aux potentialités historiques (politiques) entre lesquelles il faut choisir et prendre parti sans avoir les moyens de le faire, sans disposer de toutes les informations nécessaires, pari sur l'avenir qui dépend des autres.

  24. Les implications de l'unification de l'humanité sont déjà des négations patentes de la liberté, en ce qu'il s'agit d'un dessein politique et non d'un dessein humain. Le mouvement réellement existant (sic) de l'humanité dans sa pluralité est entièrement phagocyté par l'entreprise individuelle et politique qu'est la volonté de pouvoir. Volonté qu'une société génère plus ou moins selon sa structure sociale.

    Ce que vous préconisez donc, au-delà de vos bravades théoriques sur une liberté qui reste chez vous sans effet, c'est une humanité dirigée, dirigée selon un dessein politique dont vous ressassez les traits d'un texte à l'autre ; comme Edgar Morin ressasse sa gauche idéale d'une interview à l'autre.

    Et pour finir, comme Staline sous la contrainte bien effective (sic) de la famine et de la guerre, vos lignes politiques finiront, par leur négation principielle de la liberté pratique, par décider du travail que doivent accomplir les hommes pour équilibrer votre machine mondiale, de l'endroit où ils doivent habiter et la manière dont ils doivent l'habiter. Car il n'y a pas de direction sans décision et qu'il n'y a plus de liberté là où règne le pouvoir en tant que " force collective " expropriée.

    Olaf : tu peux toujours aller planter des choux au milieu d'un rond-point au lieu de nous bassiner avec tes expériences d'apesanteur dans ta piscine et les conclusions philosophiques que tu en tires, ta liberté sera bien mieux mise à l'épreuve.

  25. Puisque les coms sont bloqués, suite à l'intervention branquignole de l'iLumini me bassinant en voulant me faire planter des choux sur des ronds points, ce qui ne m'intéresse pas, et donne une bonne image du monde philanthropique qu'il propose façon potée auvergnate, il n'y manque plus que les chauchiches et la moutarde, je poste ici un lien d'émission avec YM Boutang :

    http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr...

    Virilio voudrait nous mettre la trouille avec sa théorie des vitesses, dont tout le monde se contre fout, comme de ceux qui annonçaient des morts imminentes lors de voyages en trains au XIX éme siècle.

  26. Dans la même veine de Virilio, Dupuy voudrait nous révéler que l'apocalypse nucléaire est à portée de main du moindre pied nickelé et qu'on ne s'en rendrait pas compte, naïfs et inconscients que nous sommes. Ce genre de discours d'alerte infantilisant est pénible de par le mépris qu'il inflige au minimum d'effort syndical des capacités cognitives que nous remuons bien gré mal gré.

    C'est pas loin de si ma grand mère avait des roulettes, elle serait un autobus. Ben oui, la cata est au coin de la rue, c'est pas nouveau.

  27. Je le place encore là, puisque les coms sont bloqués sur le billet suite aux élucubrations du lumini.

    La décision allemande est assez typique de leur dynamique de réflexion, ça prend du temps au début, on croit qu'ils dorment, et puis quand les éléments sont en place, ils foncent. C'est ce que j'ai constaté depuis que je suis dans le pays, des fois je m'endors et puis après je me réveille quand je vois que ça bouge, il faut dire que je vis au pays des frères Grimm dans la Hesse, Land schlafenden Waldes.

    Ceci dit c'est pas gagné, Trichet et la BCE ne seront pas partant et émettent des réserves.

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