L’auto-entrepreneur et la fin du salariat

Le nouveau statut d'auto-entrepreneur est une véritable révolution en ce qu'il supprime toute "barrière d'entrée" pour le travail autonome, contrairement aux professions libérales exigeant des revenus conséquents pour payer charges sociales et impôts, avec un décalage d'un an souvent, ce qui rendait dramatique l'arrêt de l'expérience réservée aux classes moyennes supérieures. Paradoxalement les charges sociales sensées protéger les travailleurs empêchaient donc de travailler les plus modestes : ne pouvant se mettre à leur compte ils étaient condamnés au travail au noir ou au chômage s'ils ne trouvaient pas d'emploi salarié. La suppression de cette barrière d'entrée va amener une concurrence nouvelle pour les professions libérales qu'elle protégeait, réduisant leurs revenus en participant à la déqualification générale. On s'étonne qu'il n'y ait pas eu de réaction de ce côté pour concurrence déloyale. Mais, c'est que les effets ne sont pas encore visibles, puisque l'expérience commence à peine...

Ce n'est pourtant pas de ce côté que la montée en puissance des auto-entrepreneurs sera le plus dévastateur puisqu'il pourrait sonner la fin du salariat, rien de moins, dans une précarité généralisée sans aucune protection sociale pour l'instant. Il ne semble pas qu'il y ait une limite au nombre d'auto-entrepreneurs qu'une entreprise peut employer et les cotisations sociales étant plus que divisée par 2 (23%), on ne voit pas pourquoi l'employeur ne préférerait pas des auto-entrepreneurs qui coûtent moins cher et qui n'obligent à rien, ne bénéficiant d'aucuns droits sociaux.

Il semble bien qu'il faudra compléter et améliorer la loi mais il est indéniable qu'il y a une contradiction entre les salariés (donc les syndicats) et les futurs auto-entrepreneurs. Il est significatif que les appels de la gauche traditionnelle à l'unité restent enfermés dans la défense du système et les revendications salariales, refusant d'admettre la légitimité de droits attachés à la personne et non plus à l'entreprise, ce qui sort de la logique des luttes syndicales dans l'entreprise. Ainsi, j'ai souligné depuis longtemps l'opposition entre réduction du temps de travail et revenu garanti qui ne sont effectivement pas compatibles et divisent le mouvement social, division qui ne peut être surmontée en l'ignorant tout simplement.

Les syndicats et la vieille gauche ont donc lutté contre le revenu garanti, ce qui est un comble, et ils pourraient vouloir remettre en cause ce statut d'auto-entrepreneur mais ce ne serait que peine perdu et un combat d'arrière garde alors que le succès semble bien au rendez-vous de répondre à un véritable besoin, du fait que le travail manque, sans doute, mais surtout du fait d'un travail devenu plus autonome à mesure qu'il est devenu plus qualifié et créatif. Il faut absolument encourager le travail autonome à l'ère de l'information, le passage de la subordination salariale au travail choisi, non seulement en créant ce statut mais en le dotant de protections et d'institutions appropriées (revenu garanti et coopératives municipales) qui le rende viable. Il n'est par contre de l'intérêt de personne de tirer les salaires à la baisse, ce qu'un revenu garanti suffisant pourrait empêcher, ni que la précarité se généralise.

S'il doit y avoir unité, indispensable, avec les salariés, ce ne peut être qu'en limitant le recours aux auto-entrepreneurs par les entreprises de main-d'oeuvre (sachant qu'au-delà de 2000€ par mois, on ne peut plus être auto-entrepreneur), mais surtout en dotant le travailleur autonome de nouveaux droits attachés à la personne, ainsi qu'un certain engagement sur la durée pour les employeurs réguliers permettant de se rapprocher du statut de salarié. On n'a pas encore atteint la masse critique pour ce changement de stratégie pourtant incontournable. Il n'y a aucune raison de défendre le salariat comme temps de subordination du travailleur dépossédé de son propre produit. Il n'y en a pas plus de faire dépendre nos droits de l'entreprise qui nous emploie. Nous avons besoin de plus d'égalité, de droits universels attachés à la personne, véritable reconnaissance d'un droit à l'existence pour toute personne humaine. Surtout, c'est ce que les nouvelles forces productives exigent à l'ère de l'information où la productivité n'est plus linéaire ni individualisable, le développement humain étant devenu la principale base productive.

Des pays comme le Japon distribuent actuellement de l'argent à toute leur population, selon la théorie qui veut qu'en jetant de l'argent par hélicoptère on arrête n'importe quelle déflation (sauf qu'il faudrait pouvoir tout retirer ensuite, sinon on n'a fait que produire l'hyperinflation qui nous pend au nez). C'est quand même quelque chose qui ressemble à un revenu d'existence, du moins qui montre ce que pourrait avoir de stabilisateur un revenu d'existence et rendre son hypothèse moins absurde. Car, il faut bien dire que toutes ces propositions qui paraissaient il y a 10 ans tellement fragiles et improbables (revenu garanti, monnaies locales, coopératives municipales) le sont simplement de moins en moins avec le temps, ce qui est déjà étonnant...

Le statut d'auto-entrepreneur que personne n'attendait y participe en donnant une visibilité soudaine au travail autonome, ce qui est véritablement révolutionnaire et qui pourtant n'a pas grand chose à voir apparemment avec la crise qui bouleverse toutes les institutions. C'est juste comme si la situation chaotique permettait à des phénomènes nouveaux de se manifester, s'introduisant par la bande avant de provoquer une reconfiguration générale de l'ensemble.

http://transversel.apinc.org/spip/a...
http://www.auto-entrepreneur.fr/

Limites de Chiffre d'affaires (pour les services) : 32 000 €, ce qui laisse 24 000 € soit à peine 2000€ par mois (mais plus que la moitié des salariés). Pour les activités de ventes le plafond est de 80 000 €. Lorsqu'on dépasse ces plafonds il faut passer à la micro-entreprise, avec plus de charges mais aussi la capacité de les payer.

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29 réflexions au sujet de « L’auto-entrepreneur et la fin du salariat »

  1. Bien vu, nous sommes au seuil du gué, ou au milieu, la crise écono-ecolo -sociale nous dit à quel point nous y sommes. Faire fondre les atermoiements parait le défit majeur. Ca ressemble à un saut benji. On y va, on y va pas ...toutes considérations envisagées, on y va. Plus ça tarde, plus on reste en recul.

    C'est toute la problématique du commitment, de la décision.

    Pendant ce temps, l'horloge suit sa course.

  2. ON peurt commuler RMI et chômage avec ce statut ? si c'est pas le cas , ça doit être très casse gueule , une manoeuvre de plus pour abaiser le coup de travail et dissoudre toutes solidarités entre les travailleurs . vous avez des chiffres sur la démographie du phénomène ?

    reste la nécéssité d'une orga de travailleurs autonomes notamment pour élaborer des revendications en rapport : RSG, coopérative municipale et intelligence collective , gratuité de l'information......

  3. C'est encore un peu neuf pour que ce soit certain mais il semble qu'on peut cumuler avec le chômage, du moins les sommes touchées sont soustraites aux sommes reçues mais les droits sont reportées permettant de bénéficier d'une sorte de garanti du revenu tant qu'on garde des droits aux allocations. Pour le RMI je ne sais pas, d'autant que c'est le RSA maintenant. Il devrait y avoir possibilité de cumul mais il faudra s'en assurer.

  4. Ce statuts est plafonné, on remarque que la loi ne sert qu'à créer un statuts fiscal aux vendeurs sur Internet.
    Il pourront etre ainsi taxés, si ils sont repérés.
    Au délà, il faut devenir salarié, c'est plus simple.

  5. ça semble pas si mal en effet , surtout si on a droit au RSA . mais qui dit cotisation sociale minimum dit aussi protections aux rabais . cela créer certe un inédit dans le statut du travailleur , qui n'est plus réservé aux créatifs ( qui eux pouvaient cumuler RMI et petite activité artistique) . mais sans protection adéquate , je me doute bien que parmis la foule des candidats il y aura beaucoup de casse , même avec des risques limités, d'autant plus que le monde des affaires tourne plus qu'au ralentit . surpris aussi que les professions libérales n'aient pas gueuler , car 30 000 euros ça fait quand même un sacré chiffre d'affaire !

    l'interet pour les patrons c'est qu'un indépendant coute bien moins cher qu'un salarié syndiqué . aussi dans un premier temps cette mesure va sans doute accéléré la dégradation du salariat et celle de la précarité . espéront qu'il en sortira quelque chose de bon .

    en terme de masse critique , je ne saurais donner de chiffre. pour l'instant ça semble partir sur les chapeaux de roues ( 60 000 en à peine un mois et demi , alors que l'information commence juste à percer dans les grands médias , et que la prévision pour 2009 serait de 300 000!)faudra t-il attendre que les indépendants passent le million pour s'organiser et gagner en visibilité ? je ne sais pas

  6. En fait, il y a peu de contestation de professions libérales puisque la plupart sont réglementées. Les professionels qui contestent aujourd'hui viennent principalement des entreprises du bâtiment. Cette mesure permettra effectivement de réduire le travail au noir et par voie de conséquence, de réduire l'expoitation de travailleurs au noir. On a déjà pu assister à ce même phénomène pour les chèques emploi service. Bien sûr, l'exploitation et le travail au noir ne disparaîtons pas, mais ce type de mesure contribue à les faire diminuer.
    Cette mesure ne consiste pas seulement à taxer les vendeurs sur internet, mais bel et bien de réduire les barrières à l'entrée pour la création d'entreprise.
    Dans tous les cas, l'Etat est gagnant, mais ce système a le mérite de donner l'envie d'entreprendre et pourquoi pas, en le complétant par d'autres réformes, de permettre à nouveau l'ascension sociale.
    Mais là c'est un autre débat, et qui sait si l'Etat le souhaite vraiment....

  7. Je me demande si vous censurez parce que vous sentez la pertinence de la remarque ou si c'est par simple fanatisme idéologique. Si certains intellectuels (je pense à Mandosio) traduise des textes idéologiquement opposés (comme les manifestes d'Hakim Bey), on se doute que ce n'est pas votre cas.

    Pathétique sera mon dernier mot.

  8. J'ai retiré les commentaires qui n'avaient pas de rapport avec le sujet de l'article après que tout le monde ait pu les lire. En espérant que ce soit vraiment le dernier mot.

  9. En ce qui concerne le revenu garanti en dehors d'un autre type de monnaie, je suis assez inquiet des répercussions inflationnistes. Qu'en pensez-vous ?

  10. c'est domage ce passage à doclear 2 , moi je préférais de loin d'ancienne version . la police générale me semblaient de meilleure facture et les outils plus conviviaux ....

  11. @Baz : Il y a de gros risques d'hyperinflation sans revenu garanti. Il est certain que le revenu garanti peut avoir un effet inflationniste mais cela dépend surtout de la politique monétaire. L'inflation n'est pas mauvaise en soi, il est même tout-à-fait souhaitable d'avoir une inflation de l'ordre de 5% mais il est certain qu'au-delà de 10% c'est un problème. L'inflation est cependant beaucoup plus nuisible aux rentiers qu'aux actifs dont les revenus suivent en général l'inflation (bien qu'avec retard souvent).

  12. @brunet : Oui, je suis assez mécontent. Ce n'est pas vraiment de ma propre initiative que je suis passé à dotclear 2 et je le regrette pour l'instant. Il faut dire que tout ne marche pas encore et que je n'ai pas beaucoup le temps de m'en occuper ces jours-ci. Le plus embêtant c'est que les anciens liens ne marchent plus mais il y a toutes sortes d'autres problèmes. Tout cela est très énervant.

  13. Il me semble que l'embauche en tant qu'autoentrepreneur pourrait s'accompagner de parachute doré puisque ceux-ci sont censés compenser la précarité du siège de PDG...

  14. Mon enthousiasme pour l'auto-entrepreneur est mesuré, j'en souligne les problèmes que ça pose mais je ne crois pas qu'on soit condamné au salariat. En tout cas, je me mets en auto-entrepreneur malgré tous ces problèmes, problèmes qui devront être effectivement résolus pour ne pas nuire aux salariés.

  15. Après avoir exercé une profession indépendante non salariée pendant plus de 18 ans je me retrouve Rmiste malgré moi. J’ai été dans l’obligation de cesser mon activité professionnelle et de brader mon droit au bail, à cause de trop de charges sociales (68 %). Il ne me restait pas 500 €uros par mois pour vivre quand j’avais payé toutes ces charges monopolistes et obligatoires en France et je travaillais parfois 50 heures par semaine pour payer des charges et des pénalités de retard sans parvenir à vendre mon droit au bail et donc avec un loyer commercial sur les bras. Des nuits à mal dormir j’en ai passé et puis je me suis rendue malade sans pouvoir me soigner comme il le fallait.
    Je ne pouvais pas m’offrir une mutuelle et cotiser à une retraite par capitalisation comme j’aurais souhaité le faire.
    Je perçois donc le Rmi 400,00 €uros depuis 16 mois, et la prime de Noël en fin d’année. J’aurais préféré qu’à l’époque l’Etat m’aide avec moins de charges sociales et sans pénalités de retard à maintenir mon activité plutôt que de me verser le Rmi maintenant, mais cela fait des années que nos gouvernements continuent à faire du social et de l’assistanat au lieu de traiter le problème à la base en diminuant les charges aux indépendants.
    Je me sens encore jeune et compétente. Je suis ravie de la création du statut d’auto entrepreneur qui va me permettre de rebondir dans une autre. Ce statut est super. Enfin je vais pouvoir vivre, enfin je vais pouvoir me cotiser une retraite capitalisation, enfin je vais pouvoir m’arrêter de travailler sans avoir des charges à payer que je travaille ou non. Avant je ne pouvais pas m’arrêter il fallait travailler pour payer les charges qui « tombaient » que je gagne de l'argent ou non. En 18 ans de travail en indépendante je n'ai jamais su ce que c'était des vacances. Je vais donc pouvoir partir un peu maintenant.
    Enfin je vais pouvoir sortir du Rmi ! Merci donc à Hervé Novelli et à Nicolas Sarkozy pour cette belle révolution dont la France avait besoin. Il faut aller vers du libéralisme ! … Continuez messieurs à libérer les énergies ! ... La diminution des charges sera évidente ensuite pour les indépendants qui n'ont pas ce statut et qui paient de lourdes charges, et vous allez éviter à des petits indépendants qui font moins de 80 000 €uros de chiffre par an de déposer le bilan ou de cesser l'activité. Ils vont
    pouvoir passer au statut d'auto entrepreneur. Il vaut mieux cela que de leur payer le RMI après et de laisser sur le carreau le salarié qu'ils emploient parfois.
    De toute évidence il faudra diminuer les charges aux artisans qui ne sont pas sous ce statut génial. Certains n’ont pas voulu que l’on touche aux 35 heures et bien moi je me marre parce qu’au moins ceux qui veulent travailler plus on le droit de le faire, et bien sûr qu’il y aura engouement pour ce statut parce que ce sont les syndicats qui ne veulent pas que les gens travaillent plus de 35 heures, mais pas la majorité des Français.
    Je suis d’accord aussi pour travailler jusqu’à 70 ans du moment que je suis valide et qu’on me laisse la liberté de faire comme je le souhaite. Vive le travail d’auto entrepreneur ! vive la liberté !

  16. Je rajoute que ce sera bientôt la fin du salariat et du syndicalisme en France. Merci M. Sarkozy de nous foutre ainsi ces syndicats hors du pays avec ce nouveau statut ... Une France d'indépendants ! Houppi ! ... une France qui libère les énergies ! Houppi ! ... Et autoriser les fonctionnaires à bosser plus c'est houppi aussi ! ... on aura moins de candidats au fonctionnariat avec ce statut ! ... Il faut diminuer les fonctionnaires en France parce que nous en avons trop !
    Le monde change et des pays ont changé et évolué depuis longtemps dans ce sens ; la France en revanche s'était trop encroûtée ... donc vive le libéralisme !

  17. Bien sûr que c'est protection sociale au rabais ! et alors vous n'allez pas en creuver rassurez-vous ! vous n'en mourrez pas !
    mon Dieu ces conservateurs d'un système sécu en faillite ! ...
    Votre protection sociale il suffit simplement de vous la cotiser vous-même ; elle vous coûtera moins cher que le système actuel.
    Dites-vous bien que les pays d'Europe, à moins que la France n'ait l'idée de s'en charger avant, vont vous proposer rapidement des solutions privées et aussi à la carte c'est bien heureux ! ... Et alors, vous ne seriez pas d'accord pour vous assurer pour la vue si vous y voyez mal et que vous devez changer de lunettes un jour ou l'autre ? vous ne seriez pas d'accord pour vous assurer pour les problèmes de dentaires ?
    Et vous ne seriez pas d'accord en revanche pour supprimer la prise en charge par votre mutuelle de la location d'un téléviseur
    ou d'une chambre particulière contre de meilleurs soins pour la vue ? ... Il suffit de regarder un peu ce que notre système assure et n'assure pas et vous comprendrez rapidement qu'il est bien mieux d'avoir le droit de choisir des options en assurance. Les systèmes privés vont s'adapter et progressivement la bonne vieille sécurité sociale disparaîtra et heureusement ! ... elle est en faillite parce qu'elle est mal gérée et qu'il y a trop d'aberrations dans le système de remboursement, sans compter tous ceux qui sont pris en charge sans payer quoi que ce soit et aussi en prenant en charge ceux qui sont en situation irrégulière sur notre sol, à cela je rajoute les escroqueries, etc, etc ... Donc, vivement
    l'assurance maladie privée ! ...

  18. Je suis évidemment complètement en désaccord avec cette charge haineuse contre la sécurité sociale qui est un progrès décisif de la civilisation et de l'humanité (il suffit de voir les pays qui en sont dépourvus). Je suis pour les syndicats qui devraient être obligatoires pour les salariés ainsi que pour les protections collectives obligatoires, l'individualisation étant stupide pour des risques qui n'ont pas grand chose d'individuel. Il est certain que les charges sociales étaient une barrière d'entrée insupportable pour le travail autonome jusqu'ici et le statut d'auto-entrepreneur un grand progrès pour cela mais cela ne doit pas remettre en cause une protection collective indispensable. Les idées libérales ne sont vraiment plus de saison, on a vu où ça mène, bien pire que la supposée bureaucratie étatique ! En tant qu'ancien chef d'entreprise, je peux témoigner comme le libéralisme reste très théorique dans la réalité des rapports entre petites et grandes entreprises...

  19. La syndicalisation obligatoire me parait une bonne idée, je le dis d'autant mieux que je ne me suis jamais syndiqué par ignorance de ce qui se passe, d'où ma prise de conscience actuelles de mes lacunes politiques.

    Lorsqu'on est salarié, la mutuelle est quasi obligatoire, pourquoi pas une cotisation syndicale obligatoire ? Avec le choix de son syndicat. Les contre pouvoirs sont essentiels, leur financement aussi.

  20. c'est un progrès dans la liberté d'entreprendre , ce qui me semblait vraiment trop casse gueule jusq'à présent . mais c'est vraiment ne rien comprendre , et être engluée dans son idéologie que de ne pas reconnaitre malgré tout de la nécéssité de nouvelles protections, notemment plus adapté à la réalité du travail autonome . sans quoi c'est juste une oppération déguisée pour faire passer la pillule d'une diminution du coup de travail et d'une déflation salariale, dont on a surtout pas besoin en ce moment .

  21. @[brunet|#c2368] : le chiffre attendu de 300 000 pour 2009 pourrait être largement dépassé vu l'engoument que succite ce dispositif. je me demande bien de quoi cela est le nom ?

    peutre être un refus de la subordination salariale et de la misère du précariat ( j'ai tendance à croire que lorsque les affaires reprendront ce sera du précariat de luxe .)

  22. Une cotisation syndicale obligatoire, tiens on ne l'avait pas encore "pondu" celle-là ? de la dictature en quelque sorte si j'ai bien compris ! ... On a déjà l'obligation de financer avec nos impôts ces syndicalistes et de leaders de syndicats.
    Blondel par exemple qui ne payait pas les heures supplémentaires à son chauffeur, lequel l'a attaqué aux prud'hommes. Heureusement que son chauffeur a gagné contre ce gars-là qui touche une belle retraite maintenant. Le syndicalisme c'est de la dictature en France. Il ne devrait être financé que par l'argent de ceux qui veulent se syndiquer.
    Donc vivement la mort du syndicalisme en France. Elle arrive, elle arrive avec le statut de l'auto entrepreneur qui est une révolution. Enfin les syndicats ne pourront pas empêcher tous les auto entrepreneurs de bosser à leur guise et donc plus s'ils le souhaitent pour gagner plus.

  23. Il y en a qui disent n'importe quoi. La dictature ! Mama mia ! L'obligation de s'inscrire à un syndicat est relativement courant dans les pays du nord qui sont des dictatures comme chacun sait ! Ceci dit, j'ai toujours été très critique envers les syndicats (depuis Mai 68!) et lorsque les syndicats sont moins minoritaires cela les transforme complètement. Il est vrai que Blondel était un vendu et les dirigeants de la CFDT mériteraient la vengeance populaire d'avoir permis une réduction dramatique de la couverture chômage, entre autres. La CGT ne vaut pas beaucoup mieux même si j'aime bien Maryse Dumas. Tout cela n'empêche pas qu'on ne peut se passer de syndicats, les entreprises ne peuvent se passer de syndicats et on ne peut se passer d'actions collectives. Il faudra organiser la convergence des auto-entrepreneurs et des salariés. C'est inévitable sauf à faire encore baisser les salaires et les protections sociales alors qu'on a besoin de leur revalorisation ne serait-ce que pour des questions économiques (peut-être un peu compliqué pour qui croit qu'il suffit de travailler plus pour gagner plus !).

  24. En fait, c'est pas du tout au point encore. Je me suis inscrit sur http://www.lautoentrepreneur.fr/ et je me suis retrouvé en profession libérale avec des charges à payer même si je n'ai aucune activité ! C'est vraiment l'arnaque (et surtout n'importe quoi).

    C'est le cafouillage aussi sur l'éligibilité à l'ACCRE qui devient possible si on s'est inscrit après le 1er mai. Je conseille de lire la fiche du Journal du Net.

  25. Je recopie ici un commentaire qui concerne l'évolution du statut d'auto-entrepreneur.

    C'est un fait qu'un auto-entrepreneur est moins cher qu'un salarié, il y a bien là une concurrence déloyale. Certes, cela ne concerne que les petits revenus car il y a un plafond mais le problème avec l'artisanat, ce n'est pas la fiscalité, c'est qu'il n'y a plus de barrière d'entrée et que n'importe qui peut être maçon ou cordonnier alors qu'avant ne survivaient que les meilleurs, les pros. On augmente la concurrence (en baissant la qualité) mais en même temps on permet à tout le monde de travailler alors que si on remet des barrières d'entrée en les empêchant de travailler, ce seront encore les plus pauvres qui assureront la prospérité des autres (et qu'on accusera par dessus le marché de travailler au noir!).

    Il y a des contradictions entre les intérêts des travailleurs et les socialistes risquent de servir leur clientèle salariée plus que les précaires dont beaucoup ne votent pas. Même si on ne peut gagner beaucoup plus que le smic, le statut d'auto-entrepreneur ne concerne pas que des précaires cependant mais aussi toute une série de nouvelles prestations soit dans les services, soit liés au numérique ou au domaine créatif (rejoignant le problème des intermittents du spectacle). Voilà un domaine où l'on a le "revenu maximum" que certains voudraient imposer aux patrons (mais ce n'est pas le même niveau!). Cela reste un point positif pour la décroissance de ne pas encourager à gagner plus quand on a juste assez.

    Il y a incontestablement des garde-fous à mettre. J'avais proposé ceux-ci dans un commentaire :

    Du côté des entreprises, dans un premier temps, on pourrait interdire d'utiliser plus d'un auto-entrepreneur dans une fonction donnée ou si c'est sur le même poste qu'un ancien salarié. Un contrat d'auto-entrepreneur devrait exclure toute subordination et heures de présences en entreprise (ce devrait être un contrat d'objectif). Il faudrait enfin une différenciation étanche entre proposition d'emploi salarié ou de services externes.

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