La maladie de la disparition

Une nouvelle "fable des abeilles" pour notre temps !

Il se murmure que les abeilles disparaissent, annonçant une catastrophe écologique, et que la cause pourrait en être la multiplication des téléphones portables à cause de la pollution électro-magnétique qu'ils provoquent (l'électrosmog).

C'est, en fait, plus que contestable mais selon des chercheurs allemands de la Landau University la saturation des ondes désorienterait tellement les abeilles qu'elles ne pourraient plus rejoindre leur ruche, ce qui pourrait entraîner leur extermination en provoquant ce qu'on appelle en anglais Colony Collapse Disorder, et en français la "maladie de la disparition". Voilà ce qu'on pourrait prendre effectivement pour un signe annonciateur de notre propre disparition...

Cependant, même si les ondes n’en sont probablement pas la véritable cause, non seulement on est bien malgré tout face à un risque majeur mais on peut y voir aussi une fable sur l'inconscience avec laquelle nous travaillons à notre propre destruction en détruisant systématiquement nos conditions vitales, tout cela à cause d'une conception un peu trop myope de la productivité et d'une rentabilité immédiate. On verra que c'est une leçon écologique qui s'applique tout autant à l'économie cognitive et qu'il faudrait aussi en tirer les conséquences dans la préservation des milieux humains.

La disparition

La disparition des abeilles est un risque sérieux qu'il ne faut pas prendre à la légère. Une légende voudrait qu'Albert Einstein ait dit un jour : « Si les abeilles venaient à disparaître, l'homme n'aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d'animaux, plus d'hommes ». C'est sans doute un peu exagéré mais en l'absence de pollinisation, la production agricole s'effondre effectivement déjà. Les abeilles sont les messagères des fleurs en plus d'être les sentinelles de la vie dont elles recueillent le miel. Elles servent de transporteurs pour l'information génétique de l'écosystème végétal, d'entremetteuses pour la fécondation sexuelle des plantes, c'est une fonction vitale pour de nombreuses espèces européennes.

En fait, les antennes-relais ne semblent pas pouvoir être la cause la disparition des abeilles, puisque celle-ci a commencé bien avant, mais cela pourrait du moins constituer le dernier des coups portés à leur environnement naturel, car, ce qui est sûr, c'est que les abeilles disparaissent dans une bonne partie des Etats-Unis...

D'abord les faits. Depuis 1971 la moitié des abeilles ont disparu progressivement des Etats-Unis à cause de l'urbanisation, des pesticides, des acariens (Varroa destructor), etc. mais depuis 2006 l'épidémie de CCD (Colony Collapse Disorder) a touché jusqu'à 75% des abeilles de Géorgie, d'Oklahoma, de Pennsylvanie, du Wisconsin ou de Californie :

En 2007, les disparitions d'abeilles ont atteint un pic alarmant, qualifié de catastrophique par les spécialistes, menaçant la pollinisation de plusieurs cultures maraîchères. Les pommiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l'arachide, le melon, etc. dépendent de 90 % à 100 % des abeilles pour leur pollinisation. L'impact économique de ces disparitions est estimé à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis.

Les disparitions d'ouvrières, bien que déjà observées par le passé, ont en 2007 de nouvelles caractéristiques qui sont estimées alarmantes : les abeilles ne reviennent pas à la ruche et "disparaissent" littéralement, ce qui est un comportement nouveau et très peu caractéristique de ces insectes ; les abeilles mortes ne s'accumulent pas dans la ruche mais disparaissent. Les autres caractéristiques de l'épidémie de 2007 sont que ces pertes sont rapides : en une nuit, une colonie entière disparaît, ne laissant à la ruche que la reine et quelques ouvrières

D'abord circonscrit aux États-Unis, le phénomène semble s'étendre à l'Europe où des cas similaires ont été décrits en Espagne, en Pologne, en Allemagne, au Portugal, en Italie, en Grèce et, peut-être, au Royaume-Uni

La dégradation de l'environnement

La situation est donc bien inquiétante, au moins aux USA. Selon le Los Angeles Time du 27 avril 2007, l'agent responsable de ces disparitions d'abeilles serait probablement un champignon unicellulaire Nosema ceranae, mais c'est loin d'être sûr et contesté par certains car ce parasite est assez bien connu déjà. Ce serait surtout le signe d'une mauvaise santé des ruches, une immuno-déficience dont les causes peuvent être multiples (manque de diversité génétique à cause d'une sélection génétique intensive, utilisation d'antibiotiques, qualité de la végétation, pesticides, voire réchauffement climatique, virus etc.). Tout cela ne semble pas tellement cadrer pourtant avec une disparition si rapide et qui se passerait à l’extérieur dTout cela ne cadre pas tellement pourtant avec une disparition si rapide et qui se passerait à l'extérieur de la ruche.e la ruche (mais les spécialistes assurent que si).

Un article du 15 avril 2007 de The Independent a répandu l'hypothèse, reprise un peu partout, que les téléphones portables pourraient être la cause de la disparition des abeilles. La pollution électro-magnétique (l'électrosmog) provoquée par les lignes à haute tension ou les antennes-relais désorienterait les abeilles suffisamment pour les empêcher de retrouver leur ruche, menaçant ainsi leur survie. La sensibilité des abeilles aux champs magnétiques semble bien établie et cela peut jouer autour des émetteurs, de là à provoquer la disparition de 75% des abeilles, il y a une marge qu'on ne peut franchir, et qui a d'ailleurs fait l'objet d'un démenti. C'est tout au plus, et encore c'est douteux, une perturbation supplémentaire qui s'ajoute à bien d'autres car, malheureusement, ce n'est pas la seule menace qui pèse sur les abeilles : on n'a que l'embarras du choix dans les raisons possibles de leur extinction !

Ont été mis en cause le Gaucho, le Régent, certains OGM, l’introduction d’une espèce d’abeille géante (abeille tueuse) importée d’Afrique au Brésil et qui a par la suite migré vers le Nord (Texas, Californie). Tous ces facteurs semblent jouer un rôle. On ne sait ce qui est le plus déterminant mais on s'acharnerait à les faire disparaître, qu'on ne ferait pas mieux ! Le pire, c'est qu'il se pourrait que la dissémination de ruches sur tout le territoire de l'épidémie pour reconstituer la pollinisation puisse avoir favorisé la contamination par un virus, le remède là aussi (antibiotiques, sélection, OGM) ne faisant qu'aggraver le mal (on a vu au mois d'avril qu'une trop grande uniformisation favorise les épidémies, une des fonctions des virus étant de préserver la biodiversité). Cela pourrait prendre les allures d'une catastrophe où tout ce qu'on fait se retourne contre nous, alors que tout s'écroule autour de nous...

On n'en est pas encore là, ne serait-ce que pour une raison fondamentale : les abeilles ne sont pas originaires des USA, leur disparition éventuelle ne menace donc pas l'écosystème local, seules les plantes importées et surtout les cultures industrielles peuvent en pâtir. Tant que le phénomène est circonscrit aux Amériques, ce n'est pas dramatique mais c'est bien ce qui n'est pas sûr et qu'il faut surveiller. C'est en Europe que le phénomène deviendrait catastrophique se répercutant sur toute la chaîne alimentaire, et il n'y a absolument rien d'impossible à ce que nous ayons déjà importé l'épidémie ! Les abeilles disparaissent aussi en France par exemple. C'est le Gaucho qui a été incriminé dans ce cas, mais ce n'est sûrement pas, là non plus, la seule cause. On l'a dit, les causes ne manquent pas, hélas ! (on en trouvera ici une liste ou sur Wikipédia mais en anglais). C'est peut-être parce que la cause réelle et unique n'est pas encore connue, mais tout de même, la liste a de quoi inquiéter.

Les abeilles pourraient bien être les sentinelles qui nous signalent la détérioration de notre environnement même si ce n'est pas vraiment la clé de voûte de tout l'écosystème. Leur extinction ne serait pas la fin de tout, mais ce serait un véritable désastre en Europe ! Malgré cela, on peut parier que, même si des ondes radios pouvaient en être la cause, il serait trop difficile de revenir en arrière et se passer des téléphones cellulaires qui ne sont pourtant pas si vieux ! On préférerait se passer des abeilles et de quelques fleurs ou de quelques fruits traditionnels. Heureusement, il ne semble pas que la pollution électro-magnétique puisse être si grave, sauf à grande puissance peut-être (en fait des ruches vivent très bien à proximité de lignes à haute tension paraît-il). Toutefois, cela manifeste la difficulté d'appliquer le principe de précaution, aussi indispensable que problématique, exigence impossible à satisfaire, impossible à s'en passer... On est toujours limité à l'état des connaissances de son temps, sans pouvoir imaginer ce qui n'a pas encore été découvert ! De plus, il faudrait avoir des certitudes alors qu'en écologie il n'y a que des probabilités, des risques de réactions en chaîne et des interactions réciproques bien difficilement prévisibles. Il y a donc toutes les raisons de croire qu'on ne pourrait arrêter un tel enchaînement funeste. La seule façon d'éviter de jouer avec le feu serait d'arrêter de s'acharner contre notre environnement, arrêter de se conduire comme des brutes irresponsables et reconstituer plutôt, dans notre intérêt bien compris, les équilibres écologiques trop malmenés de notre milieu vital. Il nous faut cultiver notre jardin après l'avoir dévasté.

La fable des abeilles

Pour finir, on pourrait tirer de cette histoire une nouvelle "fable des abeilles" très instructive. On sait que la première "fable des abeilles" , celle de Mandeville (l'homme du diable!), et qui n'a pas tellement de rapport avec les véritables abeilles, a pu avoir une certaine importance à l'aube du capitalisme britannique, en 1714, réussissant la prouesse de fonder l'économie sur les intérêts les plus bas (l'envie, l'intempérance, le luxe, la friponnerie) au nom du paradoxe que l'appétit de consommation et les vices privés concourent au bien public ! Depuis Robinson Crusoé jusqu'à Malthus ou Spencer (plus que Nietzsche) c'est bien une inversion de toutes les valeurs qui s'est imposée, morale individualiste paradoxale mais toujours bien vivante comme morale de la réussite financière, de la concurrence et du marché.

La seconde "fable des abeilles", plus réaliste, nous dit tout autre chose sur ce qui nous relie aux autres espèces et sur notre dépendance du milieu, sur les limites des perturbations qu'on peut y apporter tout comme les limites de son exploitation au profit de notre intérêt immédiat ! C'est un renversement complet de perspective. Yann Moulier-Boutang donne en exemple l'activité de pollinisation des abeilles comme illustration de la nouvelle richesse sociale qui se constitue dans une société de la connaissance où ce n'est pas la production directe de miel qui est la plus importante mais la contribution des abeilles à la dissémination de l'information génétique, activité "gratuite" dont le coût (plus de 50 milliards) s'avère bien plus considérable, lorsque la pollinisation vient à manquer, que le montant assez ridicule comparativement (quelques centaines de millions) des ventes de miel.

C'est un peu la même chose dans la production immatérielle à l'ère de l'information et des réseaux numériques, lorsque travail et revenus ne sont plus linéaires et ne se comptent plus en temps de travail, lorsqu'il n'y a plus de séparation nette entre le travail et la vie, entre temps de formation, d'information et de loisir, entre la personnalité et la profession, entre producteur et consommateur, lorsque toute avancée résulte de la coopération des savoirs et de l'environnement économique ou social, lorsque les intermittents du spectacle d'un festival culturel assurent la richesse touristique de la ville où ils se produisent ou lorsque bénéfices secondaires et produits dérivés sont plus importants que les recettes directes... Cette situation nouvelle devrait nous mener à l'abandon progressif de la prétention à tout mesurer comme à vouloir une individualisation toujours plus poussée, changement de cap qui paraît bien improbable quand évaluation et individualisme sont à leur paroxysme ! Effectivement pourtant, dans cette économie cognitive, la productivité est devenue largement globale, en grande partie déterminée par les "externalités positives" (infrastructures, niveau de formation, institutions, services publics, biens communs, qualité de la vie, sécurité, relations) de même qu'elle subit les contraintes des "externalités négatives" (pollutions, embouteillages, corruption, défiance, précarité, désorganisation, etc.). Dans ce contexte, il devient bien problématique de faire la part de chacun dans le résultat final, et plus on va vers une économie de l'innovation et de la relation, de créations culturelles et de services, plus le travail indirect ou "non-productif" devient essentiel, ce qu'on peut appeler la pollinisation de la société par toutes sortes d'activités gratuites ou hors travail (justifiant dès lors d'un "revenu garanti"). On voit que les bienfaits d'un développement humain et relationnel, dont nous récolterons tous les fruits, peuvent remplacer avantageusement, dans le modèle de la nouvelle économie cognitive, les bienfaits supposés de nos vices et du calcul égoïste dans l'économie marchande.

Si on ne veut pas tuer la poule aux oeufs d'or, il ne faut pas détruire le tissu social mais le nourrir au contraire et l'ensemencer, favoriser le développement humain et l'épanouissement de chacun au profit de tous ! Utopie ? Non, c'est de continuer à tout détruire qui serait complètement utopique ! C'est un peu comme les premiers paysans qui ont dû apprendre à enrichir la terre plutôt que de continuer la politique de la terre brûlée. Il faudra bien apprendre à prendre soin de nous comme de notre monde, ne pas épuiser nos ressources pour un profit immédiat mais gérer en bon père de famille notre capital naturel et culturel afin de préserver nos richesses pour nous comme pour les générations futures. Ne pas briser la chaîne de la vie mais la répandre à tous vents, de la fleur à l'abeille et de l'abeille au miel pour d'autres récoltes à venir. C'est du moins la morale qu'on peut tirer de cette fable sur la disparition des abeilles et de leur pollinisation, en restant vigilant sur les menaces bien réelles qui pèsent sur elles comme sur notre planète globalisée.

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16 réflexions au sujet de « La maladie de la disparition »

  1. Salut Jean et merci pour ton papier.
    Ayant des amis apiculteurs, je suis de près cette histoire de disparition d'abeilles sans pouvoir me faire une idée du phénomène. Mais il est certain pour beaucoup qu'après l'effet "gaucho", quelque chose d'autre serait à l'œuvre cette année : un hiver trop doux, un nouveau polluant... etc.
    Pour les téléphones, je reste dans l'expectative : nous avons beaucoup d'émissions d'ondes téléphoniques depuis quelques années, et il ne semble pas que cela affectait tant que cela les abeilles...
    Je continue à surveiller les infos sur ce sujet : http://www.google.com/reader/sha...

  2. Oui, il est difficile de savoir ce qui se passe vraiment et c'est un sujet que je ne connais pas spécialement, il y a beaucoup plus d'information dans le lien google ci-dessus ! Espérons qu'on trouvera vite !

  3. merci pour votre article alarmiste ...

    il me fait penser à une autre chose similaire concernant la limite supérieure de température de l'eau suportée par les crustacés ....

  4. Oui, le réchauffement de la mer et surtout son acidification par augmentation du taux de CO2 sont encore plus inquiétants (disparition de coraux par augmentation trop rapide de la température, dissolution des coquilles par acidification, réduction de la production de plancton par diminution des échanges entre fond et surface...). Cette fois, c'est bien toute la chaîne alimentaire qui est concernée et, il n'y a que la réduction de l'émission de gaz à effet de serre qui pourrait éviter une catastrophe trop prévisible !

  5. bonjour,
    merci pour cet article,le signal d'alarme est en cours depuis ?

    Etude de la Maladie de la Disparition aux USA
    Par William T.Wilson et Diana M.Menapace
    American Bec Journal
    Février / mars 1979

    http://www.beekeeping.com/spmf/s...

    c’est dire que le constat n’est pas nouveau
    certes il y a une acceleration propogation avec un petit espoir
    c’est que les apiculteurs bio semblent pour l’instant epargnés:

    No ORGANIC Bee losses
    2007 05 06

    bushfarms.com/bees.htm

  6. D’après l’association Kokopelli (reçu ce jour), ce seraient les pesticides les responsables:
    http://www.liberterre.fr/gaiasop...

    Cela pourrait expliquer que les apiculteurs bios soient épargnés. Je trouve pourtant que ces explications ne rendent pas compte du fait que les abeilles meurent en dehors de la ruche et toutes ensemble. C’est le seul point sur lequel la désorientation par les ondes semble fournir une explication plus plausible même si c’est loin d’être prouvé et même peu probable.

  7. "Ce serait surtout le signe d'une mauvaise santé des ruches, une immuno-déficience dont les causes peuvent être multiples (manque de diversité génétique à cause d'une sélection génétique intensive, utilisation d'antibiotiques, qualité de la végétation, pesticides, voire réchauffement climatique, virus etc.)."

    Tiens, cela me rappelle un certain livre de Michel Bounan qui affirmait cela à propos d'autres maladies bien humaines cette fois-ci. La détérioration de l'environnement entrainant des affaiblissements de nos capacités défensives. Une sorte de d'auto-fabrication de la cause et de l'effet...

  8. Oui, j'aime bien Michel Bounan quoiqu'il s'est laissé entraîné à croire que le virus du sida n'existait pas mais cela n'empêche pas qu'il a largement raison (et qu'il écrit très bien).

  9. Pour Diana
    Cox-Foster, de la Pennsylvania State University, "Le parasite Nosema
    ceranae" serait un facteur clé, même s'il n'est probablement pas le seul
    coupable".
    http://www.enviro2b.com:80/info/...

    Nosema ceranae et le virus DWV associé a Varroa destructor deux suspect d'après ces chercheurs de UCSF pub.ucsf.edu/today/news.p...
    Au sujet du virus DWV
    assocbs2.igh.cnrs.fr/jour...
    D'autres phénomènes peuvent amplifier les problèmes : manque de ressources , sécheresse ,manque de biodiversité , intoxication par des pesticides

    L'affection des abeilles par Nosema Ceranae raccourcit la vie des abeilles , les abeilles affectées meurent a l'extérieur loin des ruches qui se vident progressivement de toutes les abeilles adultes
    Nosema ceranae accomplit totalement son cycle de reproduction en moins de trois jours et présente une plus grande capacité pathogène que Nosema apis pour les abeilles mellifères, tuant celles-ci en peu de jours sans aucun symptôme préalable.

    Les microsporiadis auxquelles appartient Nosema ceranae sont des parasites très répandus chez les insectes . mais en général chaque parasite a son hôte spécialisé et ne passe pas a un autre
    Problème Nosema ceranae est bien passé d'un hôte a l'autre et provoque une symptomatologie particulière non décrite par les ouvrages apicoles et recommandations vétérinaires
    Durant l’évolution de ce processus il est courant de voir apparaître des pathologies associées
    Petit rappel historique en 1870 paraissait un mémoire signé Louis Pasteur "etude sur la maladie des vers a soie ". Nosema bombycis Nageli avait envahi les élevages de vers a soie et était en train de ruiner l'industrie francaise de la soie
    Il est très intéressant de constater a quel point les éleveurs luttèrent d'une manière anarchique contre l'infection et combien ils discutèrent la nature de l'agent et les moyens de le combattre , comme nos apiculteurs au sujet de la dépopulation des ruches Il appartient a Pasteur d'anéantir en peu de temps la maladie et de rétablir l'industrie de la soie
    Apis Mellifera a été introduite en asie lors de la colonisation et en Chine dans les années 50
    En moins de vingt ans ce sont ainsi deux dangeureux parasites( varroa et nosema ceranae ) qui ont trouvé un nouvel hote passant de l'abeille asiatique sur l'abeille européenne : l'équilibre est rompu apis mellifera n'ayant pas de défence contre ces deux dangeureux parasites exotiques

  10. Merci pour ces précisions mais comme je le disais sur NaturaVox, ce que je ne comprends pas si l'infection par un parasite est la bonne explication c'est que les abeilles restées à la ruche ne soient pas mortes et que les abeilles semblent mourir à l'extérieur, ce que les ondes auraient pu expliquer si la maladie n'était si ancienne, mais qu'un insecticide foudroyant expliquerait mieux qu'un parasite qui met 3 jours à tuer l'abeille.

    http://www.naturavox.fr/article....

  11. La réponse qui m'a été donnée sur NaturaVox me semblant convaincante (on peut donc apparemment abandonner l'hypothèse des ondes électro-magnétiques), je la reproduis ici :

    "C’est exactement ce qui se passe avec Nosema ceranae les abeilles meurent loin des ruches... Ce sont les abeilles adultes les butineuses qui sont touchées et ne reviennent pas a la ruche La durée de vie des butineuses saines est de plusieurs semaines, atteintes par N . ceranae leur durée de vie est de quelques jours... Une ruche qui perd ses butineuses est vite carencée la nourriture l’eau , le pollen manque a la colonie

    Par contre avec le virus DWV on voit bien des cortèges de centaines d’abeilles jeunes agonisant incapables de voler naissant par certaines sans ailes par trainée ou coulée devant les ruches En phase finale ces deux affections provoquent l’ascorbing une perte totale d’immunité et a l’analyse on retrouve les ruches mortes touchées par plusieurs maladies simultanément ce qui complique le diagnostique pour les apiculteurs qui font les analyses de recherche".

  12. En complément les spores de noséma céranae éclosent autour de 37°
    La température normale d'une ruche se situe entre 35 a 35,5°
    En période caniculaire comme celle qui a sévit en aout et sept 2006 aux USA les abeilles ont plus de mal a réguler cette température c'est a ce moment que le développement des spores de N.ceranae est sans doute a son maximum
    On sait que le Nosema affecte directement le métabolisme des protéines . En hivers , d'importantes réserves protidiques se déposent dans le corps adipeux des abeilles mais aussi dans les glandes nourricières et les ovaires
    Ces réserves ont un rapport direct avec la longévité de l'abeille ( Maurizio 1954,1961 )
    C'est grâce a ces réserves protidiques d'automne que l'abeille d'hivers peut vivre jusqu'en avril et mai
    Le nosema perturbe fortement ces réserves , ce qui abrège la vie de l'abeille sans autre symptôme remarquable de la maladie
    L'infestation de nosema ceranae en été est sans doute a même de compromettre l'hivernage des ruches
    Reste a connaitre l'étendue de l'infestation : la présence de ce parasite exotique est confirmée dans un certains nombre de pays , dans d'autres on ne signale pas encore sa présence

  13. Dans le traité de biologie de l'abeille sous direction de Remy Chauvin ed Masson e cie Biologie appliquée vol 4 1968
    O. Morgenthaler écrit a propos de nosema Zander chez les abeilles

    "Certaines années la maladie dévaste les ruches et des terrictoires entiers : c'est pourquoi il y a des apiculteurs qui la considèrent comme la plus dangereuse maladie des abeilles
    Qui a eu l'occasion d'étudier de près de telles catastrophes et a pu en compulser les comptes rendus dans les gazettes apicoles de jadis et d'a présent ,ne saurait douter qu'il s'agisse d'une épidémie a carractère contagieux
    Il faut donc écarter l'assertion suivant laquelle le mal ne serait qu'une conséquence du mauvais temps ou d'une année déficiente en miel ou encore du mauvais entretien du rucher
    Au contraire , ce furent souvent les meilleurs praticiens qui la remarquèrent ,et il leur parut un phénomène inhabituel et mystérieux ;
    Il faut pour l'éclairer et le vaincre le secours du laboratoire"

    Ce commentaire est a méditer et s'applique aujourd'hui a la variante asiatique de ce parasite

  14. Nosema ceranae un parasite emergent

    Widespread dispersal of the microsporidian Nosema ceranae,an emergent pathogen of the western honey bee, Apis mellifera
    http://www.fortnet.org/NCBA/Nose...

    Julia Klee a,*, Andrea M. Besana a, Elke Genersch b, Sebastian Gisder b, Antonio Nanetti c,

    Dinh Quyet Tam d, Tong Xuan Chinh d, Francisco Puerta e, Jose´ Maria Ruz e, Per Kryger f,

    Dejair Message g, Fani Hatjina h, Seppo Korpela i, Ingemar Fries j, Robert J. Paxton a

    a School of Biological Sciences, Queen’s University Belfast, 97 Lisburn Road, Belfast BT9 7BL, UK

    b Institute for Bee Research, Friedrich-Engels-Str. 32, D-16540 Hohen Neuendorf, Germany

    c C.R.A., National Institute of Apiculture, Bologna, Italy

    d Bee Research and Development Centre (BRDC), Alley 68, Nguyen Hong Road, Nam Thanh Cong, Hanoi, Viet Nam

    e Centro Andaluz de Apicultura Ecolo´ gica, Universidad de Co´ rdoba, ES-14071 Co´ rdoba, Spain

    f University of Aarhus, Research Center Flakkebjerg, DK-4200 Slagelse, Denmark

    g Department of Animal Biology, Federal University of Vic¸osa, Vic¸osa, Minas Gerais State, Brazil

    h Hellenic Institute of Apiculture (N.AG.RE.F.), GR-63200 N. Moudania, Greece

    i MTT Agrifood Research Finland, Plant Production, FI-31600 Jokioinen, Finland

    j Department of Entomology, The Swedish Agricultural University, Box 7044, SE-75007 Uppsala, Sweden

    Received 12 October 2006; accepted 23 February 2007

  15. C'est largement vérifier en ville les abeilles sont en meilleure fome ...
    Les ondes de portables sont elles bénéfiques aux abeilles ?

    http://www.fao.org/docrep/V6640F...

    Assez curieusement, les abeilles à Paris, et dans toutes les grandes villes, donnent de deux à trois fois plus de miel que leurs cousines de la campagne. En particulier grâce à la température ambiante de trois degrés plus élevée, en moyenne; ces trois petits degrés supplémentaires assurent une floraison précoce et incitent les ouvrières, qui attendent que le mercure dépasse huit degrés, à sortir plus tôt.

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