L’amour du maître ou de la démocratie ?

Il faut le dire, les élections présidentielles relèvent d'une conception fasciste de la démocratie, favorisant la démagogie et l'appel d'une dictature de la majorité sur toutes les minorités. C'est encore plus marqué cette fois, au niveau des discours au moins, avec le retour du "Travail, Famille, Patrie" et même de la religion ! C'est un rappel à l'ordre brutal pour la génération 68. Espérons que ce ne soit qu'une dernière divagation avant la démocratie des minorités et des droits de l'homme dont nous avons tellement besoin pour une société écologisée et plus conviviale.

En tout cas, c'est à peu près plié semble-t-il. Il y a bien peu de chance qu'on évite le pire maintenant, mais c'est tout de même assez serré pour que ce ne soit pas complètement impossible. Du coup chaque voix compte, et même si l'abstention d'une élection anti-démocratique est l'attitude la plus logique normalement, cela deviendrait trop irresponsable dans la situation présente, alors qu'il faut se mobiliser sans attendre pour faire barrage à la tentation autoritaire d'un Etat répressif. Ne pas voter, c'est voter Sarkozy. Il ne s'agit pas de faire confiance à Ségolène Royal, qui a bien des défauts assurément et qu'on n'a pas besoin d'idéaliser. Si elle avait de bonnes chances d'être élue je n'aurais même pas idée d'aller voter pour elle, mais, pas de confusionnisme pour autant, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Il y a une différence de logique radicale entre les discours des deux candidats : il faut choisir si nous voulons un maître, qui prétende nous aimer et nous promette la lune, ou si nous voulons une démocratie pour nous gouverner nous-mêmes !

Certes, il y a des ressemblances entre les deux candidats qui peuvent troubler le jugement : le même populisme, l'appel aux valeurs et aux sentiments, les déclarations d'amour même, signes des égarements du temps. Il ne faut pas s'en réjouir car ce pouvoir charismatique déchaîne le plus souvent un irrationnel meurtrier. Seulement, le relatif échec de Ségolène Royal la soustrait justement, pour une part au moins, à cette pente savonneuse. Il apparaît clairement désormais qu'on a d'un côté l'amour du chef (à poigne) et de l'autre l'amour de la démocratie (participative). Malgré les apparences, ce n'est donc pas le Père sévère contre la bonne Mère ou le pouvoir masculin contre le pouvoir féminin, même si l'arrivée des femmes au pouvoir est plus que souhaitable. Certes, on avait pu craindre un côté un peu trop Madone et ancien régime, mais la promotion de la démocratie participative introduit des médiations et des procédures en lieu et place d'un supposé lien mystique entre la Nation et son chef. Il y a bien d'un côté le projet d'une démocratie égalitaire, même s'il y a loin de la coupe aux lèvres, et de l'autre la restauration d'une société hiérarchique et policière. Il n'y a pas photo !

Bien sûr, traiter Sarkozy de fasciste semble très exagéré, voire grotesque, mais c'est bien un discours fasciste qu'il tient, des valeurs fascistes qui reviennent avec toute leur mise en scène, au point que c'en est étonnant. Il n'y a pas de doute là dessus, même si c'est un fascisme light, "berlusconien". C'est surtout un fascisme médiatique, un peu de pacotille, mais qui peut faire très mal quand même, malgré tout son ridicule... Retour du refoulé inévitable sans doute d'un temps qu'on croyait révolu, mais auquel il faut s'opposer tout aussi inévitablement, de façon encore plus décidé (un homme averti en vaut deux) et même si les chances sont bien minces d'une victoire immédiate car ce qui est en question, c'est notre conception du pouvoir et de la démocratie.

Quand le pire est le plus probable il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l'éviter, même quand cela ne sert à rien ou presque, comme de mettre son bulletin dans l'urne ! On a bien peu de chance de renverser le cours de l'histoire, car la fascisation du pouvoir est déjà effective, avec une majorité d'électeurs qui y adhèrent en masse, c'est un fait incontournable mais ce n'est pas une raison pour ne rien tenter. Nous avons sans doute mérité le sort qui nous est fait et les dures leçons que l'histoire nous inflige, mais ce n'est pas une raison pour renoncer à se battre au moment où l'on a le plus besoin de notre résistance. De toutes façons, et quel que soit le résultat, il faudrait surtout se persuader que tout dépend de nous et de notre capacité d'organisation collective mais qu'on n'a pas grand chose à attendre d'un pouvoir central sinon les pires ennuis. Coincés entre l'Europe, les marchés et les médias, les politiques ont perdu l'essentiel de leurs pouvoirs (monétaire entre autres), ce qui reste n'est pas négligeable (fiscalité notamment) et surtout le pouvoir de nuire ! Il n'y a pas de quoi mettre trop d'espoirs dans une élection nationale, comme si tout devenait possible comme par magie !

Il y a pourtant bien besoin effectivement de tout changer, face aux bouleversements que nous vivons depuis notre entrée dans l'ère de l'information et du travail immatériel, sans compter les urgences écologiques qui se font de plus en plus pressantes et l'exigence d'une plus grande démocratie dans nos sociétés développées, mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, il ne faut compter pour cela que sur nous, au niveau local de notre vie concrète, pour une véritable révolution de nos modes de vie et de production. Ce n'est pas dans l'air du temps et paraîtra trop exotique mais c'est bien plutôt par l'écologisme municipal qu'on pourra sans doute reconstruire l'écologie-politique et mettre en place des alternatives locales à la globalisation marchande. On n'en est pas là. A l'évidence, tout ceci est très loin de la campagne actuelle. C'est pour les municipales de l'année prochaine peut-être... il faut l'espérer.

En tout cas, pour l'instant, il faut tout faire pour barrer la route au nouveau fascisme médiatique, arrêter la résistible ascension du discours de la force et de la haine, refuser que tout le pouvoir soit confisqué par les plus riches et les élites à leur service, empêcher qu'on nous impose l'Europe libérale qu'on a rejeté déjà. Pour cela, il n'y a pas de doute, il faut d'abord tout faire pour que Ségolène Royal gagne ces élections coûte que coûte, justement parce que c'est loin d'être gagné d'avance !

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30 réflexions au sujet de « L’amour du maître ou de la démocratie ? »

  1. Eh bien oui, éviter le pire ne manque pas de sens.

    Même s'il ne nous est pas promis la perfection. Les approches de S. Royal m'apparaissent plus favorables à autre chose, à construire, à vouloir et à imaginer.

  2. bonjour,
    ce texte venant d'etre censuré sur bellaciao ?,je ne resiste pas a vous en faire part:
    Analyse Graphologique de Nicolas Sarkosy et de Ségolène Royal:

    Extrait d’une lettre de Fantastique Phoenix

    A réfléchir avant de voter blanc ou nul.... Parfois il faut savoir choisir entre deux maux... le moins PIRE !!!

    La graphologie a pour objet, l’étude des liens significatifs existant entre la façon d’écrire et de signer des personnes et leur psychologie. Quand nous écrivons, nous projetons sur le papier notre propre image intérieure ; nous dévoilons notre détermination, nos hésitations, nos inhibitions, nos angoisses, notre sincérité ou nos tendances à dissimuler, notre altruisme ou notre égocentrisme, etc...

    Le graphologue examinera la forme des lettres, l’ordonnance, la dimension et la direction de l’écriture, la forme et le degré de liaison, la rapidité et la régularité du graphisme. Chacun de ces aspects comporte plusieurs espèces – il y en a plus de 250 – qui permettront au graphologue de définir une écriture et après avoir fait la synthèse de ses observations d’appréhender la personnalité du scripteur. L’examen de l’écriture devra se faire en rapport avec la signature, car, si l’écriture dévoile ce que nous sommes – le moi intime -, la signature, c’est notre carte de visite, ce que nous voulons être face à autrui. Il est donc important d’observer s’il y a concordance entre ce que nous sommes réellement et ce que nous voulons paraître.

    J’ai examiné le texte manuscrit et la signature des professions de foi de Nicolas Sarkosy et de Ségolène Royal. Je donne ici quelques appréciations qui ne peuvent être considérées, bien entendu, comme une étude complète, car pour réaliser une étude complète, il faut examiner au moins trente lignes de texte et si possible plusieurs documents.

    Ecriture de Nicolas SARKOZY :

    Ce qui frappe tout d’abord, c’est la distorsion importante entre son écriture et sa signature. Une écriture petite, fragile, régressive, avec plusieurs lettres à rebours, mal formées ou imprécises, des torsions et une direction chancelante qui sont signes de « mal être », d’anxiété et d’inhibition. Par contre, une signature très différente dans plusieurs aspects et notamment dans sa dimension – voir le « N », le « l » et le « S » surélevés comme s’il voulait grandir et paraître fort aux yeux des autres. Certains psychologues parleraient d’un complexe d’infériorité surcompensé. « j’ai des cicatrices partout » confiait-il récemment à un journaliste. Il le confirme bien par son écriture.

    Quand on compare donc son écriture et sa signature, on peut se demander si cet être tourmenté a réellement les capacités pour réaliser ses ambitions. D’autre part, lorsqu’on lit le texte, on reste atterré. Pourquoi éprouve-t-il le besoin de nous dire qu’il ne nous mentira pas, qu’il ne nous trahira pas, qu’il ne se dérobera pas ? comme si on pouvait douter de sa sincérité. Eh bien oui, on peut en douter, car beaucoup de graphologues considèrent que les lettres à rebours, mal formées, les gestes régressifs, les reprises ou les torsions sont des signes d’insincérité. En quelque sorte, on peut dire que ce qu’il affirme est contredit par son graphisme.

    Ecriture de Ségolène ROYAL :

    C’est une écriture très structurée, claire, précise, anguleuse et en arcades qui révèle à la fois de la ténacité, de la rigueur, une certaine rigidité et un désir d’être comprise. Chez elle, on ne remarque aucune distorsion entre son écriture et sa signature ; au contraire, entre son être intime et ce qu’elle veut paraître, il existe une très grande harmonie qui lui permet de puiser sa force dans la quête d’approbation d’autrui. Elle peut connaître parfois des moments de fatigue ou de découragement ( la direction des lignes est de temps en temps descendante), mais, elle se ressaisit très vite. Il semble bien qu’elle a su faire face aux épreuves, non pas en se repliant sur elle-même, mais au contraire en ouvrant les yeux sur les autres. N’est-ce pas d’ailleurs l’un des messages qu’elle a voulu faire passer pendant sa campagne ?
    Jean-Paul Gauthier, psycho-graphologue Expert judiciaire en écritures.

    N.B. : J’ai soumis ces appréciations à plusieurs collègues graphologues qui les ont approuvées.

    La Mailing-List de Fantastique Phoenix - France :

    fantastiquephoenix.free.f...

    http://www.altermonde-levillage....

  3. Cher JZ,

    Sarko n'est pas un facho, il incarne tout au plus une droite néo bonapartiste, hyper agressive et affairiste.

    Quant au P.S quelques rappels :

    Le tournant de la rigueur en 83

    La désindexation des salaires sur les prix en 84

    La dérégulation des marchés en 85

    Maastricht en 92

    La désinflation compétitive en 93

    Les privatisations massives entre 1997 et 2002 (plus qu'aucun autre gouvernement de Droite)

    Le sommet de Lisbonne en 2002

    Sans compter :

    La destruction concertée du système éducatif français avec la bénédiction de la bureaucratie céleste de la rue de Grenelle...

    ça fait beaucoup, non ?

    Bien à vous, en espérant que vous vous portez bien du côté de Figeac,

    Blixa, abstentionniste actif aux deux tours.

  4. Bonjour Solaris,

    Ce que vous dites est bien réel et n'encourage pas à voter. Ce qui n'influera pas beaucoup.

  5. Je partage entièrement les critiques du PS et même pire. J'aurais préféré m'abstenir mais s'abstenir ici c'est voter Sarkozy et je ne pensais pas du tout que Sarkozy était fasciste avant cette campagne où ses discours en reprennent tous les thèmes pourtant. C'est quand même quelque chose qu'on doit prendre en considération et qui est assez inquiétant pour ne pas vouloir être mêlé à cette dérive fascisante (le fond de la théorie sarkozyste est très cohérente et très simple, d'origine protestante bizarrement : contre la sociologie, pour la prédestination génétique et une liberté qui nous rend coupable de notre condition !).

    L'argument qu'il faut en passer par là pour reconstruire une gauche moins minable est un véritable argument sauf que, ne pas avoir fait barrage à Sarkozy sera considéré comme un faute majeure qui enlèvera toute crédibilité à ceux qui n'auront pas voté contre lui. Le soir même de l'élection de Sarkozy il y aura sûrement des manifestations, dans les banlieues au moins, ce ne seront pas des abstentionnistes... Le point qu'on peut trouver positif dans le programme de Royal, c'est de vouloir refonder la démocratie dans une VIème république. C'est mieux que de vouloir refonder une nation et nous déposséder de notre tradition révolutionnaire !

  6. Bonjour,
    il est dommage que vous ayez censuré mon commentaire envoyé hier après-midi et jamais publié. Je proposais pourtant des liens intéressants. Feriez-vous du sarkozysme ?

  7. Je suis désolé mais c'est mon filtre de spam qui vous a censuré et "Little Susie" fait très spam comme identité !

    Il n'y a pas de modération des messages en ce moment mais j'ai énormément de spam que mon filtre traite assez bien en général, il y a parfois des bavures...

    Vous pouvez réessayer.

  8. Le gouvernement qui arrivera au pouvoir sera illégitime. L’élection est pipée. Les médias sont aux mains des puissances d’argent. Toute opposition est muselée et inaudible. Des partis sans militants et normalement sans ressources comme l’UDF ont pu dépenser des fortunes. La candidate socialiste a été mise en selle par le Medef. Elle a reçu un soutien financier et médiatique comme on n’en avait jamais vu. On l’a traitée comme un chef d’état alors qu’elle pas encore candidate déclarée. Jusqu'au dernier instant Sarkozy est resté à la fois ministre et candidat. Sur les écrans de télé quand on parle de Sarkozy, Royal ou Bayrou, il ne manque que l'arrière fond de violons ! Les journaux « gratuits » soumettent la population à un propagande quotidienne.

    Mais les choses n’en resteront pas là :

    L’AFFAIRE SE REGLERA DANS LA RUE !

    Il nous faut maintenant souffler sur les braises, être prêts à l’affrontement dès la première occasion. C’est pourquoi d’ailleurs je préfère voir Sarkozy au pouvoir plutôt que Ségolène Royal. Les choses seront plus claires et le clash plus sanglant.

    Rappelez vous : avant 1968 la jeunesse était aussi conformiste qu’elle l’est aujourd’hui. La gauche paraissait impuissante. Cette période me fait penser à ce que nous vivons aujourd’hui :
    La JC dont j’étais membre avait transformé son journal en magazine Yéyé tant il paraissait impossible de franchir le mur du silence ! Au lycée où j’étais en 66 la reprise en main prenait la forme d’une répression systématique qui a fini par provoquer le lynchage d’un surveillant. Et puis d’un seul coup : Vlan ! Tout a pété et une génération entière s’est radicalisée.

  9. "Je suis désolé mais c'est mon filtre de spam qui vous a censuré et "Little Susie" fait très spam comme identité !"

    Bon, j'espère que "Petite Susie" aura moins de problèmes 🙂
    Je reposte donc mon commentaire :

    Tout à fait d'accord avec votre analyse : il faut faire barrage à Sarkozy, même si Royal n'est pas la panacée. Mais Sarkozy est un personnage dangereux, incapable d'avoir du recul sur lui-même, qui ne supporte pas le contradiction (voir le compte-rendu de l'entretien avec Michel Onfray: pouvoiretpsychopathie.hau...
    J'apporterai un bémol à votre opinion sur la fascisme médiatique de Sarkozy : pour moi, cela vaut beaucoup plus loin que ça, avec lui nous risquons bel et bien la dictature "moderne" (certes, nous ne parlons pas de fers barbelés, c'est plus subtil mais tout aussi liberticide). Preuve en est son discours : "si vous n'êtes pas avec moi, vous êtes contre moi". L'accusation de "traître" envers ceux qui pensent différemment est l'un des traits d'un régime fasciste. Voir l'article traduit du Guardian à ce sujet, 10 mesures faciles vers le fascisme :
    pouvoiretpsychopathie.hau...
    Jetez aussi un coup d'oeil à toutes les mesures liberticides prises par Sarkozy lors de ses 4 ans de ministère, vous verrez qu'on est pas loin de l'établissement d'un État policier :
    pouvoiretpsychopathie.hau...
    Alors barrage contre Sarko le 6 mai!

  10. il ne fait aucun doute que ceux qui se sont pris la loi sur la sécurité intérieure et la loi perben II ( son parler de la loi sur la prévention de la délinquence ) ne peuvent avoir à l'esprit que ce qu'on est en train de rétablir c'est la dictature et la torture . de mille manières . l'excellence dans l'art d'en torturer un pour en appeurer cent !

    Ici se joue un des actes les plus importants de la tragédie humaine, où, aveuglé par ses peurs, l'homme va opter pour l'illusion de la sécurité en échange de ce qu'il a de plus précieux, sa liberté.

    Les régimes fascistes sont construits sur la peur et l'ignorance d'un peuple. Le seul antidote à cet aveuglement est la connaissance, qui ne peut être acquise qu'à travers la prise d'information. on peut alors supposer que cette matière sera l'objet de tous les contrôle , jusqu'au projet , sans doute impossible ? , de contrôler le net .

    j'espère bien que la réaction ne se fera pas attendre et si il y a de l'agitation au soir du scrutin , ce ne sera sans doute pas du côté des places boursières mais dans les rue et les quartiers populaires . un bon indicateur sera de voir si la réaction dure dans les jours suivants

  11. "Atlantisme":
    http://www.local.attac.org/40/ar...

    Philosophie "protestante" ? plutôt mutation WASP de la prédestination , revue et vitaminée par la SF.
    Le rêve suprême ? "Minority Report" de K.Dick , Tom et de tous les autres fumeurs de rhubarbe.

    Y en a qui pensent que la greffe à déjà pris au coeur de l' Europe institutionnelle, par exemple du côté des chambres de compensations ...

    On est pas sûr de pouvoir empêcher ça , mais est-il nécessaire d' accélérer le mouvement et de rompre les dernières digues républicaines.

    Bon ,comme d' hab , j' déconne , là , c' est carrément la théorie du complot ...Goldwin , au secours !!!

    PS: Malekine , very bien écrit

  12. Cher Jean Zin,

    La gauche de la gauche n'a eu de cesse que de taper sur la seule candidate dont vous comprenez aujourd'hui qu'elle est la seule à faire barrage à un projet de société nocif pour notre pays.

    Le procès en incompétence dont elle a été victime lors de la campagne interne, le procès en "droititude" ont hélas renforcé le candidat de l'UMP comte tenu de la nature du scrutin et des institutions : qui n'est pas pour moi est contre moi !

    J'espère que lundi, nous n'aurons pas la gueule de bois. Sachez que si elle perd, ce qui est hélas probable compte tenu du rapport des forces, nous aurons vous et moi notre part de responsabilité !

    L'attitude la plus rationnelle ne serait-elle pas d'aller mettre un cierge à l'église ? ;+)

    BC.

    NB Quelques raisons d'expérer -> http://www.betapolitique.fr/?pag...

  13. Je ne crois pas qu'on puisse gagner et c'est même pour cela qu'il faut voter contre Sarkozy.

    Je ne me sens pas coupable mais combatif et j'espère que les luttes sociales permettront de surmonter ce moment inévitable de retour de bâton et de reconstruire une gauche qui a besoin d'être détruite pour se régénérer. La responsabilité de l'échec de la gauche, c'est celle du PS, comme l'échec de la gauche de la gauche est la faute du PC et de la LCR, et celle des écolos la faute des Verts...

    On ne peut éviter la dialectique historique et la victoire posthume des nervis d'Occident sur Mai 68, mais la dialectique n'est pas terminée et dépend de nous.

  14. C'est grâce à mouvements.be/ que j'ai découvert votre blog.
    J'apprécie vos articles. Bonne continuation.

    A lire aussi sur basta!:"Comment Sarkozy a conquis les classes populaires.

    La bataille du second tour ne se jouera pas seulement au centre. Une part importante des classes populaires ont voté en faveur de la droite dure, de Sarkozy à Le Pen. La fracture politique et culturelle apparue après le 21 avril 2002 n’a fait que s’agrandir. Dangereusement."

    http://www.bastamag.org/journal/...

  15. Les luttes sociales... alors que la grande majorité de la classe ouvrière ou de ce qu'il en reste vote à droite ! C'est sûr. On est bien parti.

    Avec une population qui vieillit, les luttes sociales ? Dans les hospices... ;+)

    Y a pas que les politiques qui sont hors sol.

  16. Mais je n'ai jamais dit que ce serait facile, encore moins que c'était gagné d'avance. Il est sûr que ceux qui entraient en résistance avant 1942 n'avaient aucune raison de croire à la victoire. Il ne s'agit pas de prendre ses désirs pour la réalité mais de lutter pour défendre ses libertés, personne ne peut le faire pour nous mais il ne faut pas se cacher qu'on vient de subir une grave défaite et que rien n'annonce une victoire prochaine, seulement le fait que l'histoire n'est pas finie et qu'on a perdu une bataille mais que la guerre continue (avec les vieux dans les hospices!).

    "Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien; c’est dans les occasions où tout est à craindre, qu’il ne faut rien craindre; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même."

    Sun-Tse, L’Art de la Guerre

  17. Je ne suis pas sûr qu'on ait perdu la guerre. Loin s'en faut.

    Et puis, je tiens à dire que partage un point important de votre analyse sur la nécessité de réinvestir le champ local : la politique par la preuve. Tiens... ca me rappelle quelque chose. Une certaine S.R. Une femme visionnaire du début du XXIième siècle.

    Alors, oui. Restons Zin... euhhh Zen. ;+) L'Orient contre l'Occident... beau clin d'oeil.

  18. Pour ce qui concerne les ouvriers, en 2002 la majorité s'est abstenu, après seulement venait le vote LePen.
    Mais comme les grands médias ne savant causer qu'en suffrages exprimés...
    Pas encore vu les chiffres de 2007, et quand bien même ils auraient préféré Sarkozy, c'est aussi parce qu'on est qu'une bande de loosers.
    Avec le facteur qui fait péter le champagne parce qu'il fait 4%, complètement enfermé dans la compétition électorale. C'est pitoyable.

  19. Als die Nazis die Kommunisten holten, habe ich geschwiegen, ich war ja kein Kommmunist.
    Als sie die Sozialdemokraten einsperrten, habe ich geschwiegen,ich war ja kein sozialdemokrat.
    Als sie die Gewerkschafter holten, habe ich geschwiegen, ich war ja kein Gewerksschafter.
    Als sie mich holten, gab es keinen mehr, der protestieren konnte.

    Pastor Martin Niemöller

  20. OK, je vais voter pour Ségo, même si je comprends qu'elle ne nous fera probablement pas éviter le pire. D'ailleurs, c'est déjà aujourd'hui le pire. Ici dans notre belle et fleurie capitale savoyarde, je veux parler de Chambéry, au square Delanoy de Bissy, qui joute le cinéma l'Astré, la ville y a retiré tous les bancs.
    Exlications: des habitants, pourtant peu nombreux dans ce coins, mais sans doute influents, sembleraient s'être plaint. Alors voila, la mairie de quartier, démocratie participative oblige, a dit dehors les zonards, et monsieur le maire (socialiste) s'est exécuté...
    Bon, c'est pas tout à fait le pire, loin de là, mais quand même. Je crois que ça commence par des petites touches comme celles-là... l'élimination de....

  21. salut à tous,
    les français sont-ils cons, stupides, bornés, sourds, aveugles ?
    comment se fait-il qu'un peuple qui a vécu sous un gouvernement de vichy , puisse-t-il encore se laisser berner ? Les livres d'histoire sont-ils déjà censurés ?
    Certes, jean-marie Sarkozy a bien préparé son coup depuis les dernières années qui viennent de s'écouler. Il a manipulé les médias et l'opinion, déstructuré le service public, mis dans sa poche la police. ...
    Tout est pret pour son règne, qu'il veut étendre à l'Europe (n'a-t-il pas parler de président de l'Europe ?).
    Nous devons tous, au travail, dans la rue, avec notre famille, nos amis, (etc.), militer et prévenir de la peste qui nous menace. Il reste peu de temps pour sauver notre liberté.
    Non, je ne laisserai pas un homme me prendre ma liberté, celle de mes enfants!
    Je sais bien q'ici sur ce blog mon message n'apporte pas grand chose mais ainsi, on sait qu'on n'est pas seul 😉
    Pourtant en 2002, les français ont bien compris qu'il y avait un danger..et Chirac en a profité.. nous sommes dans le même cas de figure, c'est même pire !
    Que faudrait-il pour que les pro-sarko puissent ouvrir les yeux ?
    La France compte-elle plus de 50 % d'imbéciles ?

    et si par malheur, la racaille passait dimanche, nous devrons tous rejoindre le maquis et resister; nous devrons tous nous battre pour notre liberté.

    Alors, pour les sarkosites, les indécis (et ceux qui veulent voter blanc), je vous en conjure: votez pour Segolène Royale ..en plus ça ferait un pied nez à notre histoire: Madame la présidente Royale 🙂

    Bonne journée à tous
    et vive la liberté!!

  22. il est quand même délicat de votez royal . c'est peut être vrai qu'elle n'a aucunne chance d'être élue , et que voter pour elle c'est ne pas donner trop de légitimité à sarkozy . mais bon , c' est l'heure des bilans et quand je me remémore toutes ses prises de positions , parfois à la limite du grotesque , je me dis qu'on a comme le dit michel onfray , affaire à une giscard en jupon . si encore elle était socialiste , ça serait téllement plus simple . mais elle est même plus proche de bayrou que de fabius . et puis les syndicats semblent tellement la porter en haute estime qu'elle pourrait gouverner à droite , avec son étiquette de gauche ils la laisserons faire . et ont est peut être pas tant assurer que ça d'avoir ce retour des luttes sociales , avec elle . d'autant plus que je ne la trouve pas claire sur ses intentions . notemment vis à vis des plus faibles . avec sarkozy c'est tout de même l'assurance d'avoir un troisième tour . il va enfin nous arriver quelque chose , pour certain ça fait tellement longtemps qu'on attends ça !

    evidemment loin de moi , l'idée de votez sarkozy , ce qui ne fut pas toujours le cas , mais votez blanc pourquoi pas ?

  23. D'abord, oui, la connerie est la chose du monde la mieux partagée, bien loin de l'homo oeconomicus rationnel. Cette élection est l'occasion de nous rappeler notre part sombre, irrationnelle, violente, jalouse, religieuse qu'on avait un peu trop tendance à croire dépassée. Il y a autant de connerie à droite qu'à gauche, les idéologies et la propagande sont aussi stupides et dangereuses d'où qu'elles viennent. Ce n'est donc pas le bien contre le mal et la marche du progrès ne vient pas de notre plus grande lucidité par rapport aux foules du passé mais par une logique historique dialectique. On voit plus facilement la connerie des autres parce qu'on identifie nos ennemis aux pires bêtises qu'ils disent alors qu'on s'identifie à ce qu'il y a de meilleur dans notre camp bien que ce ne soit pas si reluisant ! Il faut lire là-dessus Norbert Elias (Logiques de l'exclusion).

    Je dois dire que, si on n'allait pas au pire, cela remettrait en cause la conception dialectique de l'histoire et ce que je disais (juste avant que cela se manifeste à ce point) en parlant de la vérité interne du nazisme, de la nécessaire réintroduction du nazisme dans la philosophie... Dans cette montée de la droite dure et du volontarisme il y a quand même une réaction au libéralisme (pas au capitalisme) malgré les apparences contraires.

    La nécessité dialectique n'empêche pas qu'il faut opposer notre résistance à la montée des discours de haine. On se rend compte à quel point le ressentiment est profond contre la gauche, ce qui se comprend, mais aussi contre les gauchistes, Mai 68 (qui n'a jamais été majoritaire), surtout contre les pauvres et les chômeurs dont on voudrait bien se débarrasser (Spencer avait déjà ces discours ignobles contre la paresse de cette "surpopulation"!). Cela nous fait descendre de notre piédestal et de notre naïveté sur la nature humaine mais traduit aussi la part de connerie monumentale de la gauche, du gauchisme et des utopies humanistes.

    Il n'est pas question de voter "pour" Royal, elle n'a aucune chance d'être élue. Il s'agit d'éviter que Sarkozy fasse 54% ! Royal, c'est du grand guignol, on croirait dès fois que c'est une marionnette sans vie ! Là n'est pas la question, c'est le symbole de la nullité de la gauche, d'une gauche devenue droitière et religieuse elle aussi. C'est vraiment le fond ! Royal fait partie du problème. Ce n'est pas un hasard si les 2 candidats se ressemblent tant, jusqu'à avoir tous les deux fait un procès à leur Père ! Ce qui se joue est beaucoup plus profond qu'on ne croit, rien à voir avec la "valeur-travail" mais avec la dialectique de l'autorité et de la liberté sûrement, en tout cas avec le changement de génération et l'opposition à la génération précédente. Les bouleversements anthropologiques que nous vivons donnent un tour dramatique à l'urgence de tout changer.

    Il ne s'agit donc pas de voter pour un PS qui devrait éclater (sauf si les législatives ne lui étaient pas trop défavorables) mais contre Sarkozy. Je risque bien de me retrouver en prison avec tous les drogués, marginaux, originaux, insoumis, révoltés, je ne me pardonnerais pas sans doute de n'avoir pas voté contre ce petit cheffaillon. Son élection ne sera sans doute pas si terrible que cela pour la plupart mais pour moi et toute une part de la population cela risque de détruire nos vies. Alors l'idée qu'on a besoin d'un bon coup de pied au cul est certes séduisante, c'est aussi ce que pense la droite fascisante, mais c'est aussi un peu trop maso et, de toutes façons, c'est plié, on n'évitera plus le pire. Joie, nous allons enfin savoir qui haïr et pouvoir surmonter nos divisions ! Il n'empêche que notre lutte sera plus facile s'il n'a pas eu une majorité trop large, voilà tout, ce n'est pas rien...

  24. bonsoir jean ,

    qu'entendez vous par dialectique de l'autorité et de la liberté ? et en quoi c'est tems l'enjeu de cette élection ?

    sinon , ça y est c'est fait . mais j'apprends que quelques voiture ont cramée hier soir . le slogan "sarko facho"va sans doute encore en pousser certains à remettre le couvert pour ce soir . quelle belle nuit étoilée en perspective !

  25. La dialectique de l'autorité et de la liberté se voit en tout groupe où le relâchement de l'autorité amène plus de liberté mais finit par la désorganisation et la perte de toute liberté, ce qui amène un retour de l'autorité plus ou moins brutale. En l'absence de résistance, on peut s'imaginer n'importe quoi, n'importe quelle utopie devient aussi légitime qu'une autre avec pour conséquence qu'on n'en réalise aucune alors que devant l'arbitraire du pouvoir on sait ce qu'on a à faire, s'en libérer autant qu'on peut, jusqu'à retrouver de grandes marges de liberté. Il y a aussi une dialectique de la loi et de sa transgression qui en est un aspect mais on peut dire que c'est géométrique : il y a un point de liberté maximum vers le milieu du cycle qui va de l'autoritarisme au libéralisme ! En fait, j'ai cru comprendre dans l'émission de France 5 de dimanche, jour de l'élection à 5h, que ce qui était en cause ce n'était pas tant Mai 68 que Françoise Dolto, qui serait responsable du laxisme de l'éducation des enfants, avec l'appel d'une restauration de l'autorité paternelle (impossible!). C'est bien une tentative réactionnaire de revenir en arrière qui ne peut qu'échouer et qui donne sens au fait que les 2 candidats avaient fait un procès contre leur père !

    Je me sens étranger dans mon propre pays avec cette montée de la droite autoritaire et de la propagande la plus stupide même si je sais que c'était devenu inévitable. Je ne crois pas trop à une flambée des banlieues. Le discours de Sarkozy président est plus acceptable que les horreurs et débilités de ses discours de campagne mais il serait bien léger de croire que ce retour du refoulé n'aura aucune conséquence dans son action, il faut s'attendre au contraire à des désastres assez rapidement, ce qui permettra de revenir des illusions de ces discours de droite inacceptables et de toutes ces valeurs fascistes. Le discours critique va redevenir légitime et même facile devant l'échec de la révolution conservatrice. Il sera difficile cependant de faire quoi que ce soit avant que cet échec ne se concrétise. Ce qu'on pourra faire de mieux, en attendant, c'est achever les partis de gauche laminés par cette élection.

  26. Finalement, est-ce que le taux de participation ne "donne" pas encore à Sarkozy une meilleure "légitimité" (fictive et spectaculaire bien sûr), à les entendre, c'est comme si la démocratie était de retour.

    Je regrette pas de m'être abstenu (comme au 1er tour).

    De toute façon vu son âge, Sarkozy, c'était maintenant ou la prochaine fois. Alors autant que ce soit fait, le temps qu'on mûrisse (qu'on essaye au moins).
    En même temps c'est sûr qu'on va en chier pendant 5 ans, les précaires, et qu'ils vont pas nous lâcher, autant d'énergie et de temps qu'ils vont nous faire gaspiller, et qu'on ne pourra pas investir dans des commencements d'alternatives. Le coup de devoir faire un tour tous les 15 jours à l'ANPE, est une véritable angoisse.

    D'accord pour dire qu'il faut achever les partis de gauche, tous sans exceptions. à mon petit niveau personnel je les ai pratiqué un peu pendant les réunions des collectifs "anti-libéraux", ya rien, absolument rien à en tirer. Les militants sont abrutis par leurs appareils. Les petites batailles commençaient dès la rentrée 2005, rejouant au niveau local la guerre des chefs.

  27. salut , le vin est tiré , il faut le boire
    Nous sommes toujours enfermé dans ces logiques électoralistes, voté, pas voté, voter pour le moins pire, tout cela lier à la faiblesse du mouvement social, syndicale et pas mal de dogmatisme et purisme de toute part. La droite dure à priori est passé, comme le disent les politologues ; la France à toujours dix ans de retard sur le reste du monde , et sur les USA,nous adoptons le modéle anglo saxons, qui pourtant n'à pas fait preuve de résultats vraiment positif, et un libéralisme qui commence à être remis en cause dans ces mêmes pays.
    Ont aurait put sauter cette étape, cette "mode" qui ne l'est plus ailleurs.
    Mais il faut relativiser, il faut voir la suite car la droite Française n'a pas l'assise culturel, politiques qu'avez Teatcher ou Reagan.
    Un sondage entre autre montre que la droite est passé grâce aux voix des personnes agées de plus de 65 ans, dans les autres tranches d'ages elle est plutôt minoritaire......autant de choses qui permettent , de poser des bases pour l'avenir, par rapport aux jeunes, au monde du travail Sarkozy ne fait pas vraiment l'adhésion. Tous le monde reste sur ses gardes et attend la moindre occasion et faux pas, pour partir à l'offensive.

  28. Pour l'instant cela paraît moins terrible que ce que laissaient attendre les discours de campagne mais il y aura des luttes à mener dès la rentrée, c'est sûr, même si les troupes ne sont guère reluisantes !

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